Un haut responsable militaire du groupe terroriste a révélé à la BBC l’effondrement quasi-total de leur structure de commandement après 21 mois de guerre avec Israël. Ces déclarations confirment la désintégration progressive de l’autorité du Hamas sur l’enclave palestinienne. L’officier blessé évoque la mort de 95% des dirigeants et l’absence totale de contrôle sécuritaire.
Un lieutenant-colonel du Hamas, blessé en octobre 2023, a confié à la BBC que son organisation avait perdu le contrôle d’environ 80% de la bande de Gaza. Dans des messages vocaux transmis au média britannique, il décrit un effondrement total de la structure militaire et sécuritaire, avec 95% des dirigeants tués et une société gazaouie au bord du chaos. Ces révélations interviennent alors que l’armée israélienne poursuit ses opérations et que de nouvelles milices anti-Hamas émergent sur le terrain.
Les révélations d’un officier du terrain
Dans un témoignage rare et saisissant, un officier supérieur du Hamas a brisé l’omerta pour décrire la réalité sur le terrain à Gaza. « Soyons réalistes : il ne reste pratiquement plus rien de la structure de sécurité », a-t-il confié dans des messages vocaux obtenus par BBC News.
Ce lieutenant-colonel, blessé lors des premiers combats d’octobre 2023, dresse un tableau catastrophique de son organisation. « La majorité des chefs du Hamas, environ 95%, sont morts… Les personnalités qui étaient actives ont toutes été tuées », précise-t-il avec une franchise inhabituelle.
L’officier s’interroge sur la poursuite du conflit : « Alors, qu’est-ce qui empêche Israël de poursuivre cette guerre ? » Une question qui révèle l’ampleur de la défaite militaire subie par le groupe terroriste.
Un effondrement sécuritaire sans précédent
Depuis la fin du dernier cessez-le-feu en mars dernier, la situation s’est encore dégradée selon le commandant. « Le contrôle sécuritaire exercé par le Hamas à Gaza s’est complètement effondré. Il n’y a plus rien », affirme-t-il.
Les symptômes de cet effondrement sont multiples et dramatiques. « Il n’y a plus de contrôle nulle part », déplore l’officier en évoquant le pillage à grande échelle d’un complexe appartenant au Hamas, sans aucune intervention des forces de sécurité.
La désorganisation atteint tous les niveaux : « Il n’y a pas de leadership, il n’y a pas de commandement, il n’y a pas de communication. Les salaires arrivent en retard et quand ils arrivent, ils sont à peine utilisables. Certains meurent en essayant de les toucher. C’est l’effondrement total. »
L’émergence de forces rivales
Cette vacance du pouvoir a permis l’émergence de milices non-affiliées au Hamas, notamment le clan Abu Shabab dans le sud de Gaza. Pour la première fois dimanche, le chef de cette milice, Yasser Abu Shabab, a confirmé publiquement à la chaîne israélienne Makan que ses forces coopéraient avec l’armée israélienne.
Cette déclaration marque un tournant majeur dans la guerre. Abu Shabab n’a pas exclu « l’éventualité d’une guerre civile avec le Hamas », signalant l’émergence du premier mouvement d’opposition armé représentant une menace significative pour l’hégémonie du groupe terroriste.
Ces milices, que Tsahal a armées et renforcées, opèrent désormais à Rafah et Khan Younès, contestant directement l’autorité du Hamas sur les populations civiles.
La progression militaire israélienne
L’évaluation du commandant du Hamas diverge légèrement des chiffres officiels israéliens. Tandis qu’il évoque une perte de contrôle de 80% du territoire, Tsahal revendique le contrôle d’environ 65% de la bande, se rapprochant de son objectif déclaré des trois quarts de l’enclave.
Cette différence s’explique notamment par la montée en puissance des milices anti-Hamas, que le commandant semble inclure dans sa comptabilité territoriale. Certaines zones restent néanmoins préservées des opérations militaires par crainte pour la sécurité des otages encore détenus.
L’armée israélienne maintient cinq divisions militaires composées de dizaines de milliers de soldats qui poursuivent leurs opérations. Au cours des dernières 24 heures, l’aviation a frappé des dizaines de cibles, incluant des terroristes, des dépôts d’armes et des infrastructures militaires.
Un bilan humain dramatique
Ces révélations interviennent dans un contexte de pourparlers indirects au Qatar pour un possible cessez-le-feu. Sur le terrain, la violence ne faiblit pas. Lundi, l’agence de défense civile gazaouie a annoncé douze nouveaux décès.
« Nous perdons des jeunes, des familles et des enfants tous les jours, et ça doit s’arrêter maintenant. Le sang a suffisamment coulé », témoigne Osama al-Hanawi, un habitant de Gaza, exprimant la lassitude d’une population prise en étau.
Depuis le pogrom du 7 octobre 2023, qui avait coûté la vie à plus de 1200 Israéliens et conduit à l’enlèvement de 251 otages, les opérations militaires ont fait 441 morts côté israélien. À Gaza, le ministère de la Santé, contrôlé par le Hamas, revendique plus de 57 000 victimes, des chiffres invérifiables qui ne distinguent pas civils et combattants.
Israël affirme avoir éliminé quelque 20 000 terroristes depuis le début du conflit, auxquels s’ajoutent 1600 combattants tués lors de l’attaque initiale du 7 octobre.
















