Vendredi 15 novembre 2024 à 10h30 : Kovets Vayéra – Likouté Si’hot volume 5,  par le Rav Levi Azimov

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En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
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Vayéra – Le challenge d’une Mitsva
Source : Likouté Si’hot volume 5, Si’ha sur Vayéra

1. Le Moment de la Visite :
– Dieu a rendu visite à Avraham le troisième jour après sa circoncision
– Il y a une discussion pour savoir si le troisième jour a été choisi parce qu’il était le plus dangereux (selon certaines opinions) ou s’il y avait d’autres raisons
– Le texte explore pourquoi Dieu n’a pas rendu visite les jours précédents

2. La Nature de la Guérison :
– Un ange (Raphaël) était impliqué dans la guérison d’Avraham
– Le texte explique que les processus de guérison naturels proviennent en fait de sources spirituelles
– Avraham était capable de percevoir la source spirituelle (l’ange) derrière sa guérison naturelle

3. La Signification Profonde des Mitsvot :
– La circoncision représente un type spécial de Mitsva qui fait le pont entre deux périodes :
– L’ère pré-Torah des Patriarches
– L’ère post-Torah
– Cette Mitsva devait s’intégrer pleinement dans le monde physique

4. Principe Fondamental pour l’Accomplissement des Mitsvot :
– Les Mitsvot doivent être accomplies selon les lois naturelles, sans recours aux miracles
– Même la préparation d’une Mitsva doit suivre les voies naturelles
– Cela permet à la nature elle-même de devenir un réceptacle pour la divinité

5. Enseignements pour la Visite aux Malades :
– Le texte souligne l’importance de visiter les malades, comme Dieu l’a fait
– La visite a un effet réel sur le bien-être du malade
– Il y a des règles spécifiques concernant qui peut rendre visite et quand

 

Vendredi 8 novembre 2024 à 10h30 : Kovets Le’h Le’ha – Likouté Si’hot volume 30 – Si’ha 1,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 8 novembre 2024 à 10h30 : Kovets Le’h Le’ha – Likouté Si’hot volume 30 – Si’ha 1, par le Rav Levi Azimov

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Le’h Le’ha – Les trois autels d’Avraham
Source : Likouté Si’hot volume 30, première Si’ha sur Le’h-Le’ha

 

 

Dans la Paracha Lekh Lekha, nous découvrons qu’Avraham érige trois autels en trois endroits différents. Cette triple construction n’est pas anodine – elle représente une structure fondamentale du service divin qui résonne jusqu’à nos jours.

I. Les Trois Autels : Contexte et Signification

Premier Autel
« D.ieu apparut à Avram et dit : ‘C’est à ta postérité que Je destine ce pays’. Il érigea, en ce lieu, un autel au D.ieu qui lui était apparu. » (Lekh Lekha 12:7)

Selon Rachi, cet autel fut érigé « par gratitude pour l’annonce de sa future descendance et pour la promesse de la terre d’Israël. » Il représente la dimension matérielle et spirituelle de base du service divin.

Deuxième Autel
Construit entre Béthel et Ha’aï, ce second autel avait une fonction prophétique. Comme l’explique Rachi, Avraham y pria pour ses descendants, anticipant la future faute de ‘A’han.

Troisième Autel
Érigé à Hébron (חברון), ce dernier autel est particulièrement significatif. Son emplacement n’est pas commenté par Rachi, suggérant une fonction plus profonde et plus pure.

II. Une Triple Structure du Service Divin

Les Trois Fonctions de l’Autel
1. Mézin (מזין) – Nourrir le monde
2. Mézia’h (מזיח) – Repousser les mauvais décrets
3. Me’habev (מחבב) – Faire chérir Israël auprès de D.ieu

Correspondance avec les Sacrifices
1. Chelamim (Offrandes) : Dimension nutritive
2. ‘Hatate (Expiatoire) : Dimension du pardon
3. ‘Ola (Holocauste) : Dimension de l’attachement à D.ieu

III. Applications Contemporaines

Dans le Service Personnel
1. Torah et Mitsvot : Nourrissent l’âme
2. Techouva : Permet la réparation
3. Don de Soi : Établit un lien désintéressé avec D.ieu

Parallèle avec les Trois Temples
1. Premier Temple : Service des justes
2. Deuxième Temple : Service de la réparation
3. Troisième Temple : Perfection ultime du service divin

Conclusion : L’Héritage d’Avraham

Le Midrach nous enseigne : « Tout ce qui est arrivé à Avraham arrivera à ses enfants. » Les trois autels d’Avraham ne sont pas simplement des événements historiques, mais une structure fondamentale du service divin qui doit se retrouver dans la vie de chaque Juif.

La progression des trois autels – du service intéressé au don de soi total – trace le chemin de notre propre évolution spirituelle. Le fait que le troisième autel soit érigé à Hébron (חברון), dont la racine signifie « attachement » (חיבור), nous enseigne que le véritable lien avec D.ieu ne peut s’établir que dans un service totalement désintéressé.

Cette structure triple continue de nous guider aujourd’hui, nous rappelant que même en exil, notre service doit intégrer ces trois dimensions, tout en gardant à l’esprit que sa perfection ultime ne sera atteinte qu’avec la venue du Machia’h, rapidement et de nos jours.

Vendredi 1er novembre 2024 à 10h30 : Kovets Noa’h – Likouté Si’hot volume 35 Si’ha 1,  par le Rav Levi Azimov

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Noa’h, Avraham, Moché et le Roi David
Source : Likouté Si’hot volume 35, première Si’ha sur Noa’h

I. Introduction

Le Zohar établit une comparaison intrigante entre Noa’h et trois autres grandes figures de justice : Avraham, Moché et David. Cette comparaison soulève une question fondamentale : pourquoi le Zohar affirme-t-il que Noa’h « n’aurait été nullement considéré » dans les générations de ces trois autres justes, alors même que la Torah le qualifie explicitement d’homme « juste et parfait » ?

II. Les trois principes fondamentaux

La comparaison s’articule autour de trois principes fondamentaux de la Création, incarnés par ces trois justes :

A. Avraham : Naissance du peuple d’Israël

  • Représente la capacité de se tenir seul contre le monde entier
  • Premier à reconnaître et servir D.ieu par sa propre réflexion
  • Qualifié d' »Ivri » (l’Hébreu) car il était d’un côté alors que le monde entier était de l’autre

B. Moché : Stabilisation du monde par le Don de la Torah

  • La Torah comme condition fondamentale de l’existence du monde
  • Sans la Torah, le monde retournerait au « tohu vavohu » (chaos)
  • Établissement d’un ordre divin permanent dans la création

C. David : Élévation du monde par la Royauté Divine

  • Établissement de la royauté divine sur terre
  • Préfiguration du règne messianique
  • Perfectionnement final de la création

III. L’œuvre de Noa’h : une préparation

Le texte révèle que l’œuvre de Noa’h contenait en germe ces trois principes :

  1. Se tenir seul contre sa génération corrompue
  2. Stabiliser le monde après le déluge par l’alliance divine
  3. Créer dans l’arche un microcosme de paix universelle

Cependant, ces réalisations n’étaient qu’une « éducation » (חינוך), une préparation aux accomplissements futurs des trois autres justes.

IV. La différence fondamentale

A. Nature de l’accomplissement

  • Noa’h : Actions dictées par la nécessité et la crainte
  • Les trois justes : Actions motivées par l’amour et la reconnaissance de la vérité divine

B. Portée de l’impact

  • Noa’h : Impact temporaire et limité
  • Les trois justes : Transformation permanente et universelle

C. Niveau spirituel

  • Noa’h : Niveau accessible à la création (בריאה)
  • Les trois justes : Niveau de la « couronne » (כתר), transcendant la création

V. Enseignement pour notre service divin

Le texte conclut avec un enseignement pratique pour chaque Juif :

Première étape : Service « à la manière de Noa’h »

  • Effort personnel
  • Résistance à l’environnement négatif
  • Action basée sur la compréhension personnelle

Seconde étape : Service « à la manière des trois justes »

  • Dépassement de soi
  • Connection au niveau divin transcendant
  • Action inspirée par les « trois couronnes » (prêtrise, Torah, royauté)

Conclusion

La comparaison établie par le Zohar n’est pas une critique de Noa’h mais plutôt un enseignement sur les niveaux progressifs du service divin. Elle nous apprend que notre service doit commencer par un effort personnel (comme Noa’h) mais doit ultimement s’élever au niveau transcendant représenté par les trois justes.

Vendredi 27 septembre 2024 à 10h30 : Kovets Nitsavim Vayele’h – Likouté Si’hot volume 29,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 27 septembre 2024 à 10h30 : Kovets Nitsavim Vayele’h – Likouté Si’hot volume 29, par le Rav Levi Azimov

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Nitsavim-Vayéle’h – Stabilité et développement
Source : Likouté Si’hot volume 29, Si’ha sur Nitsavim-Vayéle’h

 

La particularité de la Paracha Nitsavim-Vayéle’h, précédant Roch Hachana

1. D’après le Hayom Yom du 25 Elloul, le Baal Chem Tov enseignait que le mois de Tichri est béni par D.ieu Lui-même lors du dernier Chabbat d’Elloul. Cette bénédiction donne la force aux Juifs de bénir les 11 autres mois de l’année.

2. La Paracha Nitsavim, lue avant Roch Hachana, évoque le « jour du jugement » et affirme que les Juifs en sortiront victorieux. C’est la bénédiction divine pour Roch Hachana.

3. Nitsavim et Vayéle’h forment en réalité une seule Paracha divisible. Cela représente deux aspects apparemment opposés mais complémentaires du service divin :
– Nitsavim : stabilité, immuabilité
– Vayéle’h : mouvement, développement

4. Ces deux aspects se retrouvent dans les trois piliers du monde :
A) La Torah :
– Loi Écrite : immuable, donnée par D.ieu
– Loi Orale : développée par les Sages au fil des générations
B) La Tefila (prière) :
– Structure constante quotidienne
– Expression de sentiments variables selon chaque personne et chaque jour
C) Les Mitsvot :
– Nombre fixe de 613 commandements
– Possibilité de les « embellir » (hidour) au-delà de la stricte obligation

5. Cette dualité reflète deux aspects de l’essence des Mitsvot :
– Volonté divine (ratsone) : implique un mouvement vers l’extérieur
– Satisfaction divine : implique un état de repos

6. Ces deux aspects se retrouvent également dans le service divin de Roch Hachana :
– « Comme des enfants » : procurant de la satisfaction à D.ieu
– « Comme des serviteurs » : accomplissant Sa volonté

Conclusion : À Roch Hachana, le Juif « choisit » D.ieu à travers ces deux aspects du service divin. En retour, D.ieu « choisit » le peuple juif et inscrit chacun pour une bonne et douce année.

Vendredi 20 septembre 2024 à 10h30 : Kovets Ki Tavo – Likouté Si’hot volume 34 – 1ère Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 20 septembre 2024 à 10h30 : Kovets Ki Tavo – Likouté Si’hot volume 34 – 1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Ki Tavo – L’Obligation des Prémices : Entre Immédiateté et Héritage
Une Analyse du Sifri et ses Implications dans le Service Divin
Source : Likouté Si’hot volume 34, Si’ha 1

 

Le concept de l’obligation immédiate et différée

Pour le Sifri, l’obligation des prémices est « immédiate », tandis que l’héritage et l’installation servent à lever « le lion qui repose dessus ». Dans le service divin : il y a la reconnaissance immédiate au réveil, puis vient la reconnaissance dans la prière – « après l’héritage et l’installation ».

1. L’apparente contradiction dans le Sifri

Au début de la section, sur le verset « Et il arrivera, quand tu entreras dans le pays », le Sifri interprète : « Le terme ‘Et il arrivera’ signifie immédiatement ». Cela semble étonnant, comme l’ont souligné les commentateurs, car juste après il est dit « tu en hériteras et tu t’y installeras », ce qui nous enseigne (selon Rashi et comme expliqué explicitement dans le Talmud) que l’obligation des prémices ne s’appliquait qu’après l’héritage et l’installation.

2. Explication de la contradiction

L’explication est la suivante : En général, l’interprétation « après l’héritage et l’installation » signifie après les 14 années de conquête et de partage, c’est-à-dire que même après que l’individu ait reçu sa part, il n’est pas obligé jusqu’à ce que tous les enfants d’Israël aient reçu leur part. C’est pourquoi le Sifri nous informe qu’en ce qui concerne les prémices, l’obligation est « immédiate » – dès que l’individu reçoit sa part, il est obligé d’apporter les prémices.

3. Clarification supplémentaire

Cependant, cela ne semble pas correspondre au langage du Sifri « immédiatement » – immédiatement à l’entrée dans le pays – car il a fallu du temps avant que même l’individu reçoive sa part ? On peut dire que l’intention du Sifri est qu’en ce qui concerne les prémices, l’obligation s’applique – non pas par l’héritage et l’installation comme pour les autres commandements liés à la terre – mais immédiatement à l’entrée dans le pays. L’héritage et l’installation ne servent qu’à permettre l’accomplissement concret du commandement (lever « le lion qui repose dessus », car il faut pouvoir dire « que Tu m’as donné, Éternel »).

4. Le cas particulier des fils de Jethro

On peut dire qu’en ce qui concerne les pâturages de Jéricho donnés aux fils de Jethro, ils étaient obligés d’apporter les prémices « immédiatement », car les fils de Jethro ont reçu leur part immédiatement.

5. L’aspect intérieur : deux formes de reconnaissance

Dans l’aspect intérieur des choses : Il est connu que « ces paroles et celles-là sont les paroles du Dieu vivant », et dans le service divin de l’homme, ces deux opinions existent – l’obligation des prémices est immédiate ou seulement après l’héritage et l’installation. En effet, dans la reconnaissance envers Dieu, il y a :
– L’obligation « immédiate » : dès le réveil, où la reconnaissance est au-dessus de la raison puisqu’on n’a pas encore médité sur la grandeur de Dieu.
– La reconnaissance dans la prière : jusqu’à sa conclusion « Mais les justes » qui est la reconnaissance « après l’héritage et l’installation » – après la méditation sur la grandeur de Dieu, et donc la reconnaissance est établie.

6. Lien avec le 18 Elloul et les « deux grandes lumières »

La section Ki Tavo tombe à proximité du 18 Elloul, où les deux aspects de la reconnaissance sont liés aux « deux grandes lumières » :
– Le Baal Shem Tov : la foi qui est une reconnaissance générale
– L’Admour Hazaken : l’extension de la foi dans la raison en Habad, Hohma, Bina et Daat – héritage et installation.

 

Vendredi 6 septembre 2024 à 10h30 : Kovets Choftim – Likouté Si’hot volume 34 – 2e Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 6 septembre 2024 à 10h30 : Kovets Choftim – Likouté Si’hot volume 34 – 2e Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Choftim – Propriété des biens et du corps
Source : Likouté Si’hot volume 34, deuxième Si’ha sur Choftim

 

 

 

Autour de notre Paracha : Les limites de l’inculpation par l’aveu personnel

Maïmonide, lois du Sanhédrin 18, 6 : C’est un décret de l’Ecriture que le tribunal ni ne met à mort, ni ne donne le fouet à une personne sur la base de son propre aveu, mais seulement « sur la base [du témoignage] de deux témoins » (Choftim 17, 6). …En règle générale, [la nullité de cet aveu] est un décret du Roi [D.ieu].

Radbaz sur Maïmonide : On pourrait avancer une certaine raison à cette loi : l’âme d’un homme ne lui appartient pas, elle appartient à D.ieu ainsi qu’il est dit : « les âmes sont à Moi » (Ezéchiel 18, 4). Aussi, l’aveu d’une personne ne peut être effectif sur ce qui ne lui appartient pas (la vie), la flagellation est aussi une mort partielle. En revanche, le patrimoine financier d’une personne lui appartient, c’est pourquoi : « l’aveu d’une personne est valable comme cent témoins [pour l’inculper] » (Guemara Guittin 40b). Et pourtant, j’admets que [cette différence entre les domaines du civil et du pénal] est un décret divin, auquel il ne faut pas songer [outre mesure].

Analyse : Le monde entier n’est-il pas la propriété exclusive de D.ieu ?!

Psaumes 24, 1 : La terre, et ce qu’elle contient, appartient à D.ieu.

‘Hagaï 2, 8 : A Moi l’argent et à Moi l’or, parole de l’Eternel.

‘Hinou’h Mitsva n° 628 (Chemita) : Par le comportement de l’homme, durant cette année, on doit percevoir que c’est tout comme rien ne lui appartenait spécifiquement, car tout appartient au Maître de toute chose.

Likouté Si’hot : L’âme et la vie d’un homme ne lui ont été transmises par D.ieu qu’en tant que dépôt, pas en tant que propriété personnelle, ainsi que l’Admour Hazakène stipule dans son Choul’han Arou’h (lois des dommages physiques et moraux 4) que: « l’homme n’a aucun droit [et propriété] sur son corps pour le frapper etc. ». En revanche, le patrimoine financier d’un homme lui a été transmis [par D.ieu] pour en devenir le propriétaire. Aussi, pour tout ce qui concerne le corps et l’âme, qui restent la propriété exclusive de D.ieu, on ne peut pas inculper l’homme sur la base de son aveu étant donné qu’il n’est pas leur « propriétaire ».

Développement : Faut-il demander à D.ieu l’autorisation de gagner de l’argent ?

Guemara Bera’hot 35a : Un homme n’a pas le droit de profiter de ce monde sans réciter de bénédiction [au préalable], et tout celui qui le fait est considéré comme s’il avait profité de façon illicite de choses sacrées.

Likouté Si’hot : L’obligation de réciter une bénédiction avant de tirer un profit n’est applicable que lorsque s’agit d’un profit du corps (manger, boire etc.), en revanche, aucune bénédiction n’a été instaurée pour un profit financier. En effet, étant donné que le corps et l’âme sont la propriété exclusive de D.ieu, les profits qui leur sont liés sont également la propriété de D.ieu, ils sont donc sacrés et on ne peut en tirer profit sans bénédiction. Ce qui n’est pas le cas des biens financiers et de l’argent de l’homme, qui lui appartiennent.

Explication : Entre le patrimoine financier et celui de l’âme et du corps

Likouté Si’hot : Du point de vue de D.ieu, il n’y a aucune différence entre la propriété de l’âme et du corps d’un homme et celle de son argent ; la différence est du point de vue de l’homme : l’âme et le corps ont été donnés de telle sorte que la propriété divine y est apparente, car l’homme se rappelle chaque jour que D.ieu lui redonne son âme, qu’il est assujetti à la Torah et aux Mitsvot etc. et il ressent dans son corps la sainteté de l’âme, puis, le corps même d’un Juif possède la sainteté ! En revanche, cette sainteté n’apparait pas dans l’argent d’un homme et la propriété divine n’y apparait donc pas à l’évidence. Or, étant donné que la Torah a été donnée ici-bas, un homme est bien considéré propriétaire de son argent et de ses biens, d’après les lois de la Torah.

Approfondissement : Une autre différence entre le droit civil et le droit pénal

Guemara Sanhedrin 2b : Selon l’ordre biblique, les lois civiles tout comme les lois pénales exigent des enquêtes approfondies, ainsi qu’il est dit : « une seule loi sera pour vous » (Emor 24, 22). Pourquoi dit-on que les lois civiles n’exigent pas des enquêtes approfondies ? Pour ne pas que la porte des prêteurs se referme.

Likouté Si’hot : Selon « l’ordre biblique », l’homme ne possède pas l’intégralité de son patrimoine, il ne possède que la partie qu’il utilise pour des choses profanes, car étant donné que cela lui a été donné pour qu’il s’en serve à sa guise (en conformité avec la Hala’ha), cet argent lui appartient donc. En revanche, l’argent que l’homme a besoin pour accomplir les Mitsvot, ne lui a pas été donné d’emblée : cet argent n’est qu’en dépôt chez l’homme, tout comme son âme, afin qu’il puisse réaliser des tâches sacrées avec cet argent.

Enseignement : Notre mission est de « dévoiler » la présence divine, partout !

Isaïe 43, 10 : Vous êtes Mes témoins, parole de l’Eternel.

Likouté Si’hot : Le but d’un témoignage est de dévoiler ce qui est caché. En ce qui nous concerne, les Enfants d’Israël sont appelés les « témoins » de D.ieu car leur objectif est de révéler l’existence de D.ieu même dans la matière, même dans le monde (« Olam ») qui occulte (« E’lem ») la propriété divine – au point que la Torah stipule qu’il fut transmis à la propriété de l’homme. Il faut y dévoiler le fait que tout ne provient que « l’existence authentique » de D.ieu, et il n’y a aucune véritable existence hormis D.ieu, « il n’est rien d’autre que Lui ».

Histoire : Le total d’un bilan comptable : « Il n’est rien d’autre que Lui »…

Likouté Si’hot : Un des grands ‘Hassidim de l’Admour Hazakène (Reb Binyamin Kletsker) était un homme d’affaires dans le commerce du bois. Une fois, lorsqu’il établissait le bilan de ses affaires, en arrivant à la ligne de total du bilan, il inscrivit : « Il n’est rien d’autre que Lui ». L’innovation de cette histoire est que ce ‘Hassid était occupé par son gagne-pain, comme D.ieu le souhaite, et qu’il écrivait donc tous ses comptes avec précision ; cependant, étant entièrement pénétré de la reconnaissance que « Il n’est rien d’autre que Lui », même lorsqu’il était occupé par un bilan comptable, cette reconnaissance se révéla pleinement dans la conclusion du bilan, pour affirmer que le « total » et l’objectif de toutes ses affaires est bien que : « Il n’est rien d’autre que Lui » !

 

Vendredi 30 août 2024 à 10h30 : Kovets Réé – Likouté Si’hot volume 33,  Si’ha sur Elloul, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 30 août 2024 à 10h30 : Kovets Réé – Likouté Si’hot volume 33, Si’ha sur Elloul, par le Rav Levi Azimov

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  1. Contexte et importance du mois d’Elloul :

Le mois d’Elloul est une période cruciale dans le calendrier juif, précédant Roch Hachana et les Dix Jours de Pénitence. L’enseignement souligne que ce mois partage des caractéristiques avec les Dix Jours de Pénitence, notamment en ce qui concerne l’importance accrue de la Tsedaka.

  1. La Tsedaka comme préparation spirituelle :

L’accent mis sur la Tsedaka durant cette période n’est pas simplement une coutume, mais une préparation spirituelle essentielle. Le Rambam (Maïmonide) met en avant cette pratique, la distinguant même des autres « bonnes actions », ce qui souligne son importance particulière.

  1. Dualité dans le service divin :

L’enseignement présente deux approches du service divin : a) La prière : Une demande de grâce divine, indépendamment des mérites. b) L’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot : Une réception basée sur le mérite strict.

Cette dualité reflète la complexité de la relation entre l’homme et D.ieu, oscillant entre la demande de miséricorde et l’aspiration à mériter par ses propres actions.

  1. La nature paradoxale de la Tsedaka divine :

Un point crucial de l’enseignement est la notion que même lorsqu’on « gagne » le jugement divin selon la loi stricte, cela reste une forme de Tsedaka divine. Cela souligne l’humilité nécessaire face à D.ieu, reconnaissant que toutes nos actions, aussi méritoires soient-elles, proviennent ultimement de Lui.

  1. La double nature de Roch Hachana :

L’enseignement présente Roch Hachana sous deux angles :
a) Du point de vue divin : Un couronnement de D.ieu comme Roi.
b) Du point de vue humain : Un jour de jugement des actes de l’année écoulée.

Cette dualité reflète la complexité de ce jour sacré, mêlant célébration et introspection.

  1. Le rôle spécifique de la Tsedaka :

L’augmentation de la Tsedaka durant Elloul est liée à l’aspect du couronnement divin. En donnant la Tsedaka, on reconnaît la souveraineté de D.ieu et on cherche à mériter Sa propre Tsedaka. C’est une façon de s’aligner avec la volonté divine et de reconnaître notre dépendance envers Sa bonté.

  1. La dimension préventive de la Tsedaka :

L’enseignement suggère que l’augmentation de la Tsedaka avant Roch Hachana peut influencer positivement le jugement à venir. C’est une approche proactive, visant à « gagner » le jugement avant même qu’il n’ait lieu.

  1. L’objectif ultime :

Le but de toute cette préparation spirituelle est d’obtenir une « inscription et un scellage positifs pour une bonne et douce année, avec des bienfaits visibles et dévoilés ». Cette formulation souligne l’aspiration à des bénédictions concrètes et manifestes, pas seulement spirituelles.

  1. Implications pratiques :

Bien que l’enseignement soit profondément ancré dans la pensée mystique et philosophique juive, il a des implications pratiques claires : l’importance d’augmenter les actes de Tsedaka durant le mois d’Elloul, non seulement comme un acte de bonté envers les autres, mais comme un moyen de se préparer spirituellement au jugement de Roch Hachana.

  1. La Tsedaka comme lien entre l’homme et D.ieu :

En fin de compte, cet enseignement présente la Tsedaka comme un pont entre le monde matériel et le monde spirituel, entre l’homme et D.ieu. C’est un acte qui, paradoxalement, nous permet à la fois de donner et de recevoir, de juger et d’être jugés, de couronner D.ieu tout en aspirant à Sa grâce.

 

Vendredi 26 juillet 2024 à 10h30 : Kovets Pin’has – Likouté Si’hot volume 33,  Si’ha 1, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 26 juillet 2024 à 10h30 : Kovets Pin’has – Likouté Si’hot volume 33, Si’ha 1, par le Rav Levi Azimov

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Pin’has et le concept de « Pélé »
L’essence du miracle et de l’abnégation dans le service divin, de Pin’has à nos jours

  • 1. La Guemara dit que voir Pin’has en rêve signifie qu’un miracle (« Pélé ») se produira. Rachi explique que c’est comme le miracle fait pour Pin’has mentionné dans le Sanhédrin.
  • 2. Question : Pourquoi utiliser le singulier « Pélé » alors que plusieurs miracles sont mentionnés pour Pin’has ?
  • 3. Explication : Bien que « Pélé » soit parfois considéré comme inférieur à « Ness » (miracle), ici « Pélé » désigne un niveau supérieur de miracle, au-delà des lois naturelles.
  • 4. Le principal aspect miraculeux chez Pin’has n’était pas la quantité de miracles, mais leur qualité – plusieurs miracles dans un même événement, montrant que toute la situation était miraculeuse dès le départ.
  • 5. Pin’has incarnait l’essence même du « Pélé » – son abnégation totale était sa nature même, pas seulement pour des actes spécifiques.
  • 6. C’est pourquoi il a mérité la prêtrise de manière extraordinaire, dépassant les règles normales de la Torah.
  • 7. On retrouve cette qualité chez le précédent Rabbi Loubavitch, dont la libération est commémorée pendant la semaine de la paracha Pin’has. Il faisait preuve d’abnégation totale dans toutes les périodes de sa vie.
  • 8. Leçon pour nous : s’engager dans le renforcement du judaïsme avec un dévouement illimité, ce qui hâtera l’accomplissement de la promesse « Je te montrerai des merveilles comme au temps de la sortie d’Égypte ».

 

Il est dit dans la Guemara (Berakhot 56b) : « Celui qui voit Pin’has dans un rêve, un miracle lui sera fait ; un éléphant dans un rêve, des miracles lui seront faits ; des éléphants, des miracles des miracles lui seront faits ». Et Rachi commente : « Un miracle lui sera fait : comme il a été fait pour Pin’has, comme nous le disons dans le Sanhédrin ».

Il faut comprendre pourquoi, apparemment dans la Guemara là-bas, il est dit que six miracles lui ont été faits (et dans le Sifri : douze miracles), alors pourquoi est-il dit « pele » (miracle) au singulier ?

L’explication : Bien que parfois il soit expliqué que « pele » est inférieur à « nes » (miracle), ici l’intention de « pele » est supérieure à « nes » (comme dans « Comme aux jours de ta sortie d’Égypte, Je te montrerai des merveilles »).

En effet, l’essentiel de la nouveauté chez Pin’has n’était pas dans la quantité de miracles mais dans la qualité du miracle – que de nombreux miracles ont été faits dans un seul domaine, ce qui montre clairement que la conduite était dès le départ de nature miraculeuse (« pele » est une conduite qui est complètement au-dessus de l’ordre naturel et cela devient une chose habituelle).

Selon cela, il faut dire que le « pele » de Pin’has est supérieur aux « merveilles » de l’éléphant – où il y a de nombreuses merveilles et non un état de « pele ».

Or, l’aspect du « pele » était l’essence même de Pin’has (pas seulement dans cet événement, c’est pourquoi « celui qui voit Pin’has dans un rêve, un miracle lui sera fait »), c’est pourquoi il a mérité cette conduite.

En effet, l’aspect du miracle – qui montre la grandeur de D.ieu au point de changer la conduite de la nature – dans le service divin est un travail avec abnégation qui tient fermement à accomplir la volonté divine. Et il y a une manière où l’essentiel de l’homme est le service avec raison et connaissance, et seulement quand l’abnégation est nécessaire, alors dans chaque action c’est une nouvelle abnégation. Mais il y a une manière de « merveilles » où l’état général de l’homme est dans l’abnégation – cette conduite est sa conduite naturelle et habituelle.

C’est l’aspect de Pin’has, qui parce qu’il était un homme d’abnégation par essence, n’est pas entré dans des discussions etc., mais a vengé la vengeance de D.ieu. C’est pourquoi il a mérité la prêtrise mesure pour mesure – ce qui est un aspect au-dessus de la sagesse de la Torah, car selon la Torah la prêtrise est pour les fils d’Aaron, et la prêtrise lui a été donnée en héritage – la prêtrise est devenue sa nature – comme il a été expliqué pour le « pele » que le miracle est devenu sa nature.

Et de la même manière nous trouvons chez le précédent Rabbi – dont le 12 Tamouz tombe la semaine de la paracha Pin’has – qui était un homme d’abnégation par essence – dans les trois périodes de sa direction, dans ce pays-là, en Pologne, et aux États-Unis, où dans chaque période il a dû faire preuve d’abnégation d’une manière différente et il a plongé dans la vague de chacune avec une abnégation sans limite du tout.

Et c’est une instruction pour nous de s’occuper du renforcement de la religion avec abnégation au-dessus de toute mesure et limite, et en particulier que maintenant l’abnégation est dans un état d’expansion. Et cela hâte l’accomplissement de la promesse « Comme aux jours de ta sortie d’Égypte, Je te montrerai des merveilles ».

Vendredi 28 juin 2024 à 10h30 : Kovets Chla’h – Likouté Si’hot volume 33, 2e Si’ha par le Rav Levi Azimov

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La Leçon Profonde des Explorateurs : De l’Amour à la Vérité Divine
Likouté Si’hot volume 33, 2e Si’ha

 

 

 

Du verset (14:27) « Jusqu’à quand [supporterai-Je] cette communauté mauvaise », on apprend qu’une communauté en ce qui concerne les choses sacrées est constituée de dix hommes. Et cette idée, que quelque chose de sacré soit appris des explorateurs, est une allusion dans la partie révélée à ce qui est expliqué dans le hassidisme, que dans la dimension intérieure des choses, les explorateurs étaient à un niveau élevé, et leur erreur était qu’ils pensaient que la vie spirituelle dans le désert – qui a une importance et une valeur comme préparation à l’entrée en Terre d’Israël – était le but ultime.

En préambule, Maïmonide, dans les Lois de la repentance chapitre 10 loi 1, écrit : « Qu’une personne ne dise pas… Je vais accomplir les commandements de la Torah… afin de mériter la vie dans le monde à venir… Ce n’est pas le niveau des prophètes ni le niveau des sages… mais celui des gens simples… » Cependant, au chapitre 9 loi 2, il écrit : « C’est pour cela que tout Israël, leurs prophètes et leurs sages ont désiré l’ère messianique… afin de mériter la vie du monde à venir », et au chapitre 10 loi 2 il poursuit en disant que « celui qui sert par amour… fait la vérité parce que c’est la vérité… et tous les sages ne méritent pas cela ». Mais apparemment au chapitre 10 loi 1, il a écrit que les prophètes et les sages servent par amour ?

L’explication de tout cela est la suivante : Les sages et les prophètes ont désiré l’ère messianique etc. afin de mériter la vie du monde à venir, non pas parce que le monde à venir est une récompense, mais parce que c’est la continuation de l’amour, qu’ils veulent constamment méditer et s’attacher à Dieu par la connaissance dans le monde à venir. C’est le niveau de la plupart des sages qui servent par amour.

Au-dessus de cela se trouve le mode de service dans lequel l’homme n’a aucune requête et fait simplement « la vérité parce que c’est la vérité » – parce que c’est la volonté divine. « Et c’est un niveau extrêmement élevé que tous les sages ne méritent pas. »

Or, les explorateurs voulaient rester dans le désert pour accroître leur sagesse et atteindre la vie du monde à venir sans les perturbations de ce monde matériel. Mais ils n’ont pas atteint le niveau de faire la vérité parce que c’est la vérité. C’est pourquoi les enfants d’Israël sont restés dans le désert pendant quarante ans, où leur sagesse a grandi et ils ont atteint le niveau supérieur d’amour, puis ils sont entrés en Terre d’Israël.

Du fait que l’histoire des explorateurs est écrite dans la Torah, il y a une leçon pour chacun que même celui qui n’a pas atteint ce niveau d’amour dans le sentiment du cœur peut néanmoins atteindre « faire la vérité » dans l’action concrète en accomplissant le commandement parce que c’est l’ordre de Dieu. (C’est pourquoi Maïmonide poursuit : « Tout ce que vous faites, ne le faites que par amour, et c’est le niveau qu’Il nous a ordonné par l’intermédiaire de Moïse, comme il est dit : ‘Et tu aimeras…' »)

Et il ajoute ensuite : « Quand on enseigne aux enfants et aux femmes… à servir par crainte… jusqu’à ce que leur connaissance augmente et qu’ils acquièrent une sagesse supplémentaire, on leur révèle ce secret peu à peu. » Même quand il n’y a pas la qualité d’amour dans le cœur, on y parvient néanmoins en accomplissant les commandements concrètement et en les faisant parce qu’ils sont la vérité.

Vendredi 21 juin 2024 à 10h30 : Kovets Behaalote’ha – Likouté Si’hot volume 23, 2e Si’ha par le Rav Levi Azimov

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ET SUR RADIO HASSIDOUT
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Beha’alote’ha – Ennemis d’Israël, ennemis de D.ieu
Source : Likouté Si’hot volume 23, deuxième Si’ha sur Beha’alote’ha
volume 9, première Si’ha sur Devarim

 

Vendredi 14 juin 2024 à 10h30 : Kovets Nasso – Likouté Si’hot volume 33, première Si’ha par le Rav Levi Azimov

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Le plus haut niveau de la Torah par l’abnégation ultime : Toute étude doit conduire à l’action

 

Dans « trois couronnes, etc. », il est question de la grandeur de la Torah par rapport aux autres domaines de grandeur, et « elle est plus précieuse que les perles, etc. » se réfère à la grandeur au-delà des autres domaines de grandeur – lorsque l’étude de la Torah se fait avec abnégation et conduit à l’action.

Maïmonide a écrit dans les Lois sur l’étude de la Torah (fin du chapitre 3) : « Les Juifs ont été couronnés de trois couronnes, etc. la couronne de la Torah les surpasse, etc. », et dans la loi suivante : « Les Sages ont dit qu’un mamzer érudit a la préséance sur un grand prêtre ignorant, comme il est dit ‘elle est plus précieuse que les perles’, plus que le grand prêtre qui entre dans le Saint des Saints ».

On peut dire que Maïmonide a divisé cela en deux lois car dans la première loi, il parle de la grandeur que la Torah confère à l’homme qui est en proportion des autres domaines de grandeur, et dans la seconde loi, il parle de la grandeur que la Torah confère à l’homme et l’élève au-dessus des autres domaines de grandeur (au point qu’elle a le pouvoir d’élever le mamzer même au-dessus du « Saint des Saints » – le niveau de sainteté le plus élevé).

C’est l’explication du Midrash Rabba au début de notre Paracha : « Comptez les têtes des fils de Guershon, etc. comme il est dit ‘elle est plus précieuse que les perles et aucun de tes désirs ne la vaut, etc.’ un mamzer érudit a la préséance sur un grand prêtre ignorant comme il est dit ‘elle est plus précieuse que les perles, etc.’ autre explication ‘elle est plus précieuse que les perles’ parle de Kehat et Guershon, bien que Guershon soit l’aîné et que nous trouvions que partout on rend honneur à l’aîné, parce que Kehat portait l’Arche où se trouvait la Torah, l’Écriture l’a placé avant Guershon ». On peut dire que la première explication du Midrash parle de la supériorité de la Torah sur tous les autres domaines de grandeur (et n’explique pas le verset « comptez les têtes » mais c’est une introduction à la supériorité de la Torah), et dans la deuxième explication, il s’agit de la supériorité de la Torah par laquelle la Torah passe avant le statut d’aîné – qui est aussi une supériorité – car pour Guershon aussi il est dit « comptez » mais il place Kehat en premier en raison de la supériorité de la Torah.

On peut dire plus profondément que même la première explication du Midrash explique le verset. L’explication est la suivante : la supériorité essentielle de la Torah sur tous les autres domaines est lorsque l’étude de la Torah se fait avec abnégation, car alors l’étude conduit à l’action. Cela est souligné par le fait que l’élévation véritable de la tête n’a lieu qu’après les fils de Kehat – la supériorité de l’étude – viennent les fils de Guershon – le domaine de l’action, c’est pourquoi c’est précisément cette Paracha qui parle des fils de Guershon qui est appelée la Paracha « Nasso ».

Ce point est aussi suggéré dans la suite de la Paracha, où les fils d’Issachar – qui ont la supériorité de la Torah – ont fait leur offrande le deuxième jour, et pourtant Nahshon fils d’Aminadav, prince de Juda, a fait son offrande le premier jour en raison de la supériorité du dévouement, car c’est précisément par l’abnégation ultime qu’on atteint l’essence de la supériorité de la Torah – « les paroles que J’ai mises dans ta bouche » – « le serviteur d’un roi est un roi ».

 

Netilat Yadaïm du matin, pourquoi deux fois? – Rav Yossef Itshak Havlin

Netilat Yadaïm du matin, pourquoi deux fois? – Rav Yossef Itshak Havlin

Ce texte explique la signification profonde de la coutume ‘Habad de se laver les mains deux fois le matin au réveil. Le premier lavage vise à éliminer l’impureté spirituelle qui s’attache aux mains pendant le sommeil, tandis que le second lavage, accompagné d’une bénédiction, sanctifie la personne et élève ses traits de caractère. L’eau utilisée représente la sagesse et l’abnégation, permettant de transformer les traits négatifs en traits positifs et saints.

 

Il y a deux lavages des mains, comme le veut la coutume ‘Habad : d’abord on se lave les mains près du lit, en veillant bien à ce que ce soit près du lit. Puis, après être allé aux toilettes et s’être habillé, on se lave à nouveau les mains. On prend donc une serviette, on se lave les mains, puis on commence les bénédictions du matin – Al Netilat Yadayim, Asher Yatsar, etc.

Il y a deux raisons à ces lavages des mains :

Lorsque le corps monte durant la nuit, la kelipa (force impure) et l’esprit impur viennent s’attacher au corps. Car le jour, quand l’âme est présente, ils n’ont pas le pouvoir de s’attacher. L’âme sainte ne les laisse pas s’habiller sur elle. Mais quand elle se retire, ils trouvent l’opportunité d’entrer. Et quand l’âme redescend, ils restent accrochés aux extrémités des doigts, au bout des mains. C’est pourquoi on se lave les mains, car cette impureté est là durant la nuit. C’est une première raison.

La deuxième raison est qu’il est écrit dans le Shaarei Orah que de même qu’un Cohen qui se sanctifie doit se laver les mains et faire une immersion avant le service, nous aussi, avant d’aller servir D.ieu, ce qui est comme les sacrifices, nous devons nous laver les mains. Comme le Cohen le fait avant son service dans le Temple.

D’abord, on doit se laver les mains. C’était la première ablution. Puis il y a le second lavage des mains. [Le premier] juste après s’être réveillé, avant même de descendre du lit. Et [le second] avant de commencer les bénédictions du matin, on se lave à nouveau les mains correctement.

Soit dit en passant, le Rabbi insistait beaucoup sur le fait que cela devait être près du lit. Et dans le livre que nous avons publié il y a un an, « Mena’hem Tzion », il est écrit que le Rabbi plaçait non pas un seul récipient, mais deux ou trois récipients, car s’il se réveillait au milieu de la nuit, il se lavait les mains à chaque fois, pas seulement une fois à la fin. Nous savons que celui qui servait le Rabbi, lui préparait le lavage des mains. Une nuit, il a vu le Rabbi descendre du deuxième étage au premier pour aller chercher de l’eau dans un récipient, car le Rabbi veillait scrupuleusement à ce que l’eau du lavage des mains ne provienne pas de la salle de bain ou des toilettes, mais de l’extérieur. Le Rabbi insistait beaucoup pour que l’eau ne provienne pas de la salle de bain. Depuis, [le secrétaire] mettait deux ou trois récipients pour le Rabbi afin qu’il n’ait pas besoin de redescendre chercher de l’eau.

Durant tout le sommeil, le corps est impur, et lorsque l’âme revient, il redevient pur mais l’impureté reste sur le bout des ongles des mains seulement. Cette impureté est retirée par le lavage des mains à l’eau.

Pourquoi l’esprit impur s’attache-t-il spécifiquement au corps d’un Juif ? J’ai vu une parabole quelque part : c’est comme les voleurs, où vont-ils voler ? Ils ne vont pas cambrioler des maisons vides, mais des maisons de riches. Pourquoi ? Car c’est là qu’il y a quelque chose à voler.

Il en va de même ici : l’esprit impur s’attache à un endroit de sainteté, là où il y a de la sainteté. C’est pourquoi les non-Juifs ont toujours cherché à installer leurs monastères sur des lieux saints – sur le Mont du Temple où ils ont mis la mosquée, également à Hébron au Caveau des Patriarches. Simplement, la kelipa s’attache aux endroits où il y a de la sainteté.

Alors qu’un non-Juif, il n’y a aucune raison que [l’impureté] s’y attache. Il faut comprendre pourquoi les ongles restent impurs bien que tout le corps redevienne pur avec le retour de l’âme. Pourquoi les ongles ne sont-ils pas purifiés avec tout le corps ?

Lorsque l’homme se lève, si l’esprit impur le quitte, pourquoi reste-t-il sur les ongles, au bout des doigts ? C’est ce que nous savons maintenant. Il y a un maamar du Rabbi Rashab qui l’explique :

Les mains représentent les midot (traits de caractère) – la main droite représente la bonté et la main gauche la rigueur. Ce sont des midot saintes, mais au bout se trouvent les ongles, qui symbolisent le mal pouvant découler des bonnes midot.

Par exemple, quand on réprimande son prochain pour l’améliorer, c’est fondamentalement une critique positive, comme le dit le dicton ‘hassidique : « Aime la critique car elle t’élèvera réellement ». La critique est une bonne chose, la Torah dit aussi « Hokhea’h Tokhi’ah », il faut réprimander.

Mais parfois la réprimande est accompagnée d’ongles qui griffent. Réprimander est une bonne chose, avec l’amour d’Israël, c’est important, mais parfois on peut y introduire aussi du mal. La réprimande elle-même est bonne et souhaitable, mais cela dépend de la façon dont elle est faite. Si elle est faite de façon exagérée et extrême au point de blesser et peiner l’auditeur, c’est cela le sens de l’impureté accrochée aux ongles même quand tout le corps est pur et saint.

La main droite c’est le ‘Hessed, la main gauche la Guevoura. D’un côté c’est la sainteté, c’est tout bon, mais il y a une certaine aspiration des forces extérieures, « les ongles » qui sont le mal de cette Midah.

Un autre exemple de midot négatives émergeant de midot positives se trouve dans les paroles de nos Sages. Il est écrit qu’Abraham était la Midah de ‘Hessed mais Ismaël est issu de lui. D’Isaac, Ésaü est issu. Sur Jacob il est dit que « sa couche était complète », que tout était parfait. Mais pour Abraham il est écrit qu’Ismaël en est issu, et d’Isaac qu’Ésaü en est issu.

D’Abraham notre patriarche qui était un homme de bonté, aimant D.ieu et Ses créatures, Ismaël est issu, qui représente le ‘Hessed de la kelipa. Et d’Isaac qui servait D.ieu avec la Midah de Guevoura, craignant Isaac, Ésaü est issu, qui représente la Guevoura de la kelipa.

C’est-à-dire qu’il y a toujours une certaine influence de la sainteté vers la kelipa. Même dans le service divin, il y a une possibilité qu’à partir d’une pensée de sainteté vienne un ‘Hessed de kelipa.

Un Juif prie avec une grande ferveur et un grand amour de D.ieu, son âme s’échauffe de la chaleur de la sainteté, se rapproche du Saint béni soit-Il, et c’est bien sûr un phénomène tout à fait positif. Mais parfois, cette ferveur peut faire qu’après la prière, lorsqu’il s’assied pour manger, il se jette sur la nourriture avec ferveur, car cette ferveur a pris une autre direction. La ferveur qu’il avait dans la prière s’est transposée  aux désirs de ce monde. De l’amour de D.ieu a découlé l’amour de ce monde.

Il en va de même pour la Midah de Guevoura. Un Juif prie D.ieu, médite sur Sa grandeur jusqu’à atteindre une compréhension profonde et un sentiment réel que D.ieu est présent et proche.

C’est-à-dire que cette méditation amène à la crainte, pas à l’amour. C’est la crainte du Saint béni soit-Il « qui est là et voit tout ce qu’il fait, pour voir si Son serviteur agit correctement ». C’est un phénomène tout à fait positif qu’une personne craigne D.ieu.

Mais de cela peut découler un état de contraction de l’âme, où la personne s’isole et se replie sur elle-même. Et bien que cette contraction pendant la prière soit positive et vienne du côté de la sainteté, si après la prière le Juif poursuit son chemin avec un mouvement de contraction et de crainte, sa conduite sera faite de tension, de nervosité, d’impatience envers son entourage, une conduite avec la Midah de Guevoura de la kelipa, qui finit par s’exprimer dans la colère et le manque d’égard pour autrui. C’est-à-dire qu’une personne qui entre dans un tel sérieux, dans une telle crainte de D.ieu, cela peut rester chez lui sous forme de nervosité, d’exigence. Qu’est-ce que la nervosité et l’exigence ? C’est la force de Guevoura, la force d’être exigeant sur chaque chose. Il y a donc la sainteté dans son service de D.ieu, mais ensuite cela peut aussi affecter les choses matérielles, ce qui n’est pas bon.

Le Rabbi explique pourquoi deux lavages des mains sont nécessaires.

Il dit que la réparation des mauvais traits de caractère est similaire à la médecine physique, comme pour soigner des dents. Par exemple, tant que la dent fait mal et est infectée, on ne peut pas faire un traitement de fond. D’abord, il faut apporter les premiers soins, soulager la douleur et guérir l’infection. Ce n’est qu’ensuite qu’on peut faire un traitement de la racine et transformer une dent malade en dent saine.
C’est-à-dire qu’il y a d’abord la nécessité d’éliminer le mal, on ne peut pas réparer le trait de caractère d’un coup. Il faut d’abord apporter les « premiers soins ».

Il en va de même pour la guérison des mauvais traits de caractère. Dans un premier temps, il faut surmonter l’intensité du trait de caractère et le neutraliser. Dans un second temps, une fois le trait de caractère apaisé, il faut le traiter en profondeur, en méditant sur la nature du trait existant et sur celle du trait souhaité. L’objectif final du traitement est de le transformer en un bon trait de caractère.

Maïmonide aussi, lorsqu’il parle de la façon de s’éloigner des mauvais traits de caractère, dit qu’il faut d’abord aller dans la direction opposée, comme on dit « fuir ». Après la période où la personne fuit dans la direction opposée, elle peut revenir à la voie médiane. C’est-à-dire qu’elle peut alors réparer le trait pour qu’il soit équilibré. Mais au début, quand il est « malade », il faut simplement le fuir.

L’homme peut passer d’une expérience émotionnelle authentique et spirituelle à une expérience émotionnelle matérielle et superficielle. La méditation permet de faire comprendre que l’essentiel n’est pas l’expérience émotionnelle mais son but : accomplir la Torah et les Mitsvot dans une vie conforme à la loi juive. Quand la vérité illumine l’expérience émotionnelle, alors le trait de caractère attire la personne vers l’amour de D.ieu.

Donc la première chose à faire, c’est le premier lavage des mains. On commence à réfléchir à ce qu’il faut vraiment faire avec ce trait de caractère, à quoi il doit conduire. Il doit mener à un plus de sainteté, d’amour et à la crainte de D.ieu.

C’est à cela que servent les deux lavages des mains le matin. Le premier est destiné à enlever l’impureté, c’est-à-dire à se détacher du mauvais trait. Le second sanctifie la personne, et on y soulève les mains avec la bénédiction, car il élève le mauvais trait et le transforme en un trait saint. C’est pourquoi il y a deux lavages des mains.

C’est la coutume ‘Habad. D’abord on place un récipient d’eau et on se lave les mains près du lit, sans même poser les pieds par terre.

Le Rabbi était très strict sur le fait de ne pas prendre d’eau des toilettes. Une fois, le Rabbi a visité la Yeshiva pour voir le dortoir, voir comment les choses se passaient. Il voit un étudiant sortir des toilettes après s’être lavé les mains dans les toilettes. Le Rabbi demande à l’étudiant : « Pourquoi n’as-tu pas fait la bénédiction à l’intérieur ? » Donc il ne pouvait pas non plus se laver les mains à l’intérieur. Le Rabbi a vraiment insisté là-dessus.

La sanctification des traits de caractère se fait par le déversement d’eau. Qu’est-ce que l’eau ? Comment l’eau en quelque sorte élimine cette impureté des ongles ?

L’eau fait allusion à la sagesse, dont l’essence est l’abnégation. Lorsque l’on verse l’eau, la sagesse, sur les ongles, on opère l’abnégation et la transformation des traits de caractère en traits saints.

Dans le langage ‘hassidique, « le cerveau domine le cœur ». L’eau, c’est l’abnégation . Sa nature est de descendre dans les niveaux les plus bas. L’eau, c’est le fondement de l’abnégation. On introduit l’abnégation afin d’annuler les mauvais traits.

 

 

  • Le Rav Yossef Its’hak Havlin est né en 1951 à Jérusalem. Son père était Dov Eliezer Havlin, fils du Rav Shlomo Zalman Havlin, et sa mère était Elka, une descendante du Rav Yossef Haïm Zonnenfeld.
  •  Dans sa jeunesse, il a étudié à la Yeshiva Mir de Jérusalem et a été éduqué par le Rav Nahum Partzovitch. Après s’être rapproché du hassidisme Habad, il est passé étudier à la Yeshiva Tomchei Tmimim Lubavitch centrale d’Israël.
  •  En 1972, il s’est rendu étudier quelques mois à la Yeshiva Tomchei Tmimim centrale au 770 à New York. À la fin de cette année, il a épousé Adina, la fille du superviseur de la Yeshiva de Kamenitz, le Rav Moshe Aharon Stern.
  •  Pendant des années, il a servi comme Rosh Metivta (directeur d’études) à la Yeshiva Torat Emet à Jérusalem.
  •  En 1996, lorsque le quartier de Ramat Shlomo a été établi, il y a déménagé avec sa famille et a été nommé Rav de la communauté Habad locale.
  •  En 1988, après le décès de la Rabbanit Chaya Mushka, le Rav Havlin a fondé avec le philanthrope Yossef Its’hak Gutnick la « Bibliothèque Loubavitch « Institut Heichal Mena’hem ».
  •  En 1997, le Rav Havlin a fondé le séminaire « Shoshanat Yerushalayim », destiné aux filles des émissaires Habad à travers le monde.
  •  En 2001, à son initiative, la construction de la « Synagogue 770 » a commencé dans le quartier de Ramat Shlomo.
  • En 2003, la synagogue a été inaugurée en présence de Ravs et de personnalités publiques.
  •  Un projet spécial dans lequel le Rav Havlin a investi pour la construction de la synagogue est une réplique exacte de la pièce du Rabbi de Loubavitch, telle qu’elle apparaît dans sa synagogue à New York.
  •  En 2016, il a établi une maison d’études (Beit Midrash) adjacente à la synagogue.
  • En 2020, il a fondé le Beit Midrash « Iyun Hala’ha » qui sert d’institut d’ordination Ravique.
  • Le Rav Yossef Its’hak Havlin est une figure importante du mouvement Habad en Israël, connu pour son travail éducatif, communautaire et dans la diffusion du hassidisme à travers ses institutions.

 

Vendredi 7 juin 2024 à 10h30 : Kovets Bamidbar – Likouté Si’hot volume 33, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 7 juin 2024 à 10h30 : Kovets Bamidbar – Likouté Si’hot volume 33, par le Rav Levi Azimov

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avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
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Bamidbar – L’impact du voisinage
Source : Likouté Si’hot volume 33, deuxième Si’ha sur Bamidbar

La disposition précise des campements des tribus d’Israël dans le désert, détaillée dans la Torah, révèle l’impact majeur du voisinage, tant négatif que positif. Rachi enseigne que la proximité avec les méchants comme Kora’h a eu une influence néfaste sur une partie de la tribu de Ruben, tandis que le voisinage des justes, Moïse et Aaron, a permis aux tribus de Juda, Issachar et Zevouloun de s’élever dans l’étude de la Torah.
Les Midrashim nuancent cet impact, le Tan’houma le voyant comme externe, Rachi comme transformateur de l’essence, et le Midrash Rabba comme le révélateur d’une nature déjà existante. Rachi limite l’impact négatif au minimum.
Cependant, l’influence positive du bon voisinage est bien plus puissante et étendue que la négative. S’entourer de personnes vertueuses et s’éloigner de la discorde par l’étude de la Torah représente donc la meilleure protection spirituelle. C’est aussi la clé pour recevoir pleinement la Torah, comme ce fut le cas à Chavouot, et mériter la vraie paix et l’unité, qui seront dévoilées à l’ère messianique.

 

L’impact du voisinage des tribus dans le désert

Introduction : Le positionnement des campements des tribus d’Israël

La Torah détaille précisément l’emplacement des campements des tribus d’Israël autour du Tabernacle dans le désert. À l’est se trouvait la bannière de Juda, accompagnée des tribus d’Issachar et Zevouloun. Au sud était positionnée la bannière de Ruben, avec les tribus de Shimon et Gad à ses côtés (Bamidbar 2, 2). Parmi les Lévites, les familles des enfants de Kehat campaient au sud du Tabernacle, tandis que Moïse, Aaron et ses fils étaient à l’est, devant la Tente d’Assignation (Bamidbar 3, 29).

L’impact produit par le voisinage des tribus, négativement et positivement

Rachi commente : « Les familles de Kehat camperont au Sud. Près d’eux se trouvait le drapeau de Reouven qui campait au sud : « Malheur au méchant, malheur à son voisin ! ». C’est pourquoi ont été frappés parmi eux Dathan, Aviram et 250 hommes avec Kora’h et son assemblée, car ils ont été attirés avec eux dans leur discorde. Moché, Aharon et ses fils. Près d’eux se trouvait le drapeau du camp de Yehouda, près duquel campaient Yissa’har et Zevouloun : « Bonheur au Juste, bonheur à son voisin ! ». Du fait qu’ils étaient les voisins de Moché qui étudiait la Torah, ils sont devenus grands en Torah : [les tribus de] Yehouda, Yissa’har et Zevouloun. »

Rachi enseigne donc que le voisinage a un impact majeur, négatif pour les méchants mais positif pour les justes. La proximité avec Moïse et Aaron a permis aux tribus voisines de s’élever dans l’étude de la Torah.

Les divergences entre l’approche de Rachi et celle des Midrachim

Cependant, les Midrashim rapportent cet impact du voisinage avec plusieurs nuances. Le Midrash Tan’houma (Bamidbar 12) affirme que les 3 tribus voisines de Kora’h « périrent avec lui dans sa discorde », tandis que celles proches de Moïse « devinrent tous des grands en Torah, du fait de leur voisinage ». Le Midrash Rabba (3, 12) va plus loin en disant que Ruben, Shimon et Gad « étaient tous des hommes de discorde » comme Kora’h.

Le Likouté Si’hot explique : pour le Tan’houma, l’impact est externe (punition, entraînement). Selon Rachi, le voisinage modifie le comportement et l’essence même du voisin. Et pour le Midrash Rabba, le voisinage révèle une ressemblance déjà existante dans l’essence des voisins.

Rachi limite au minimum l’impact négatif sur la tribu de Ruben

Notablement, Rachi ne mentionne que Ruben et pas Shimon et Gad. Le Likouté Si’hot explique que pour Rachi, l’impact dépend de chacun. Seule une infime partie de Ruben fut influencée négativement : « Dathan, Aviram et 250 hommes ». On ne peut généraliser aux autres tribus.

L’impact positif transforme plus fortement et plus loin que le négatif

La Guemara (Sota 11a) enseigne : « Toujours, la mesure du bien sera plus importante que celle du malheur. » Selon le Tan’houma, le mauvais voisinage n’a qu’un impact externe, alors que le bon transforme l’essence du voisin en bien. Pour Rachi aussi, l’influence vertueuse de la bannière de Juda avec Moïse et Aaron s’étendit jusqu’à Issachar et Zevouloun.

Enseignement : Le bon voisinage nous protège de l’impact du mauvais

Le Likouté Si’hot conclut : « La façon d’être préservé de l’entraînement dans la discorde est d’être occupé par la Torah. Cela est aussi vrai dans l’autre sens : pour que l’étude soit parfaite et que l’homme devienne un « grand de la Torah », totalement uni avec elle, il faut s’éloigner complètement de la discorde, jusqu’au bout. »

Annexe : Le lien avec la fête de Chavouot, célébrée juste après Bamidbar

Maïmonide (‘Hanouka 4, 14) écrit : « Grande est la Paix : toute la Torah fut donnée pour la pratiquer dans le monde. » Le Midrash (Derekh Eretz, Paix) enseigne : « Lorsque les enfants d’Israël arrivèrent au Sinaï, ils campèrent d’un seul campement. Dieu dit alors : puisqu’ils haïssent la discorde et aiment la paix, l’heure est venue que Je leur donne Ma Torah ! »

L’annulation de la discorde et la grandeur dans la Torah s’obtiennent donc par le voisinage vertueux, l’étude avec un Juste. Sa Torah est dans la paix, unie à Dieu. Ainsi, nous mériterons la vraie paix messianique, quand Machia’h enseignera la Torah au monde entier d’une façon unificatrice.

En conclusion, la disposition des campements dans le désert nous dévoile l’immense pouvoir du voisinage et de l’entourage. S’éloigner de l’influence négative en cultivant la proximité avec les justes et leur Torah représente la meilleure protection, permettant de s’élever spirituellement et de mériter les plus hautes révélations divines dans l’unité et la paix.