Vendredi 2 février 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Yitro – « Le premier commandement » – Likouté Si’hot volume 26, 2ème Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

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Yitro – Le premier commandement
Source : Likouté Si’hot volume 26, deuxième Si’ha sur Yitro

1. Différence entre accepter la royauté divine qui n’enlève pas la liberté personnelle, et être « asservi » à Dieu dans tous les aspects de sa vie.
2. Lien entre la sortie d’Égypte et l’asservissement à Dieu : les Enfants d’Israël étaient esclaves en Égypte, d’où l’insistance sur le fait qu’il fallait en sortir pour être totalement asservis à Dieu.
3. Rachi donne trois explications au verset pour éviter aux Enfants d’Israël des erreurs de compréhension, même si ces explications sont plus éloignées du sens littéral.
4. Importance pour D.ieu que Moché puisse défendre les Juifs même dans le grave péché du veau d’or : Dieu veut qu’on prenne la défense de chaque Juif.
5. Enseignement : dès le premier des Dix Commandements, Dieu insiste sur le fait qu’il faut tout faire pour sauver et rapprocher chaque Juif, sans exception, en toutes circonstances. Le but étant d’arriver à la Délivrance finale avec Machia’h.

 

Dans notre Paracha : Le premier commandement : « Je suis l’Eternel ton D.ieu »

Yitro 20, 2 : Je suis l’Éternel, ton D.ieu, Qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, d’une maison d’esclavage. Tu n’auras point d’autre dieu que Moi.

Rachi : Qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte. Il valait la peine que vous sortiez, [pour que] que vous soyez asservis à Moi.

  • Autre explication : Tandis qu’Il s’est manifesté sur la mer comme un puissant guerrier, Il s’est montré ici comme un vieillard rempli de miséricorde ; …et comme Je me suis manifesté successivement sous des apparences différentes, ne dites pas qu’il existe deux pouvoirs : C’est Moi-même qui vous ai fait sortir d’Egypte, et aussi [Celui qui vous ai sauvés] sur la mer.
  • Autre explication : Etant donné qu’ils ont entendu de nombreux sons, .. qui venaient tout à la fois des quatre points cardinaux, du ciel et de la terre – ne dites pas qu’il existe plusieurs pouvoirs. Et pourquoi le texte emploie-t-il le singulier : « ton D.ieu » ? Pour procurer un argument à Moché lorsqu’il prendra leur défense lors de l’affaire du veau d’or, où il dira : « Pourquoi, Hachem, Ta colère s’enflamme contre ton peuple ? » (Ki-Tissa 32, 11), signifiant ainsi : « Ce n’est pas à eux que Tu as ordonné : “Tu n’auras point d’autres dieux !”, mais à moi seul ! ».

Mizra’hi sur Rachi : Si D.ieu fait dépendre Sa divinité [sur Israël] par le fait qu’Il les a fait sortir d’Egypte et pas par le fait qu’Il créa l’univers et tout ce qu’il contient, c’est justement puisque c’est avec cette libération d’Israël de l’esclavage égyptien qu’Il gagna leur asservissement à Lui, afin qu’Il soit leur D.ieu. Ainsi qu’il est écrit (Chla’h 15, 41) : « Je vous ai fait sortir d’Egypte pour être votre D.ieu, Je suis l’Eternel, votre D.ieu ».

Likouté Si’hot : Selon le sens littéral, il n’y a pas lieu, d’emblée, de poser la question pourquoi il n’est pas écrit « Qui a créé l’univers », car cela fait suite au début du verset « Je suis l’Eternel ton D.ieu » ; il était donc impératif d’indiquer un élément lié aux enfants d’Israël. De plus, ce sujet est mentionné précédemment dans la Torah (Chemot 3, 12 ; Vaéra 6, 6) ; quelle est donc la difficulté que Rachi vient résoudre ici, spécifiquement ?

Enseignement : Les Enfants d’Israël ignoraient l’objectif de leur libération !

Chemot 3, 12 : Lorsque tu feras sortir le peuple d’Egypte, vous servirez D.ieu sur cette montagne.

Yitro 19, 4 : Vous avez vu ce que J’ai fait à l’Egypte, Je vous ai portés sur l’aile des aigles et Je vous ai rapproché de Moi. …Si vous écoutez Ma voix … vous serez, pour Moi, une dynastie de Cohanim et un peuple saint.

Likouté Si’hot : Que vient nous apprendre le précision que l’acceptation de la divinité était l’objectif de la sortie d’Egypte ? C’est pourquoi Rachi indique qu’il s’agit là d’un sujet distinct : l’objectif d’être asservis à D.ieu.

Rachi sur le premier commandement : « Il valait la peine que vous sortiez d’Egypte, pour que vous soyez asservis à Moi ».

Quel est le lien entre « Je suis l’Éternel ton D.ieu » et « Qui t’a fait sortir du pays d’Égypte » ?

Ce n’est pas la première fois que D.ieu déclare cet objectif à Israël.

Le fait nouveau est la mention de « l’asservissement à D.ieu ».

Likouté Si’hot : Accepter la royauté d’un roi ne retire pas la liberté de la vie privée et personnelle du sujet, elle signifie uniquement le fait d’accepter la réalisation les ordres du roi. Etre « asservi » à D.ieu signifie que le Juif ne possède pas d’existence indépendante, qu’il n’a aucune liberté personnelle : l’intégralité de son être, tout ce qui lui appartient et toutes ses actions – le tout est entièrement asservi à D.ieu.

Le lien entre la sortie d’Egypte et l’acceptation de l’asservissement à D.ieu

Likouté Si’hot : Le terme « asservi » indique l’asservissement du serviteur à son maître par un joug constant – même dans les périodes où le maître n’assigne aucune tâche au serviteur, ce dernier ressent dans son essence même l’asservissement à son maître. En effet, étant donné que les Enfants d’Israël étaient asservis en Egypte par un travail rude et forcé, c’est pourquoi : « Il valait la peine que vous sortiez [de cet asservissement égyptien, afin que vous ne soyez pas que Mes « serviteurs » mais] que vous soyez asservis à Moi ».

Pourquoi Rachi propose-t-il deux interprétations supplémentaires ?

Likouté Si’hot : Selon la première explication de Rachi, la phrase « Je suis l’Eternel, ton D.ieu » est distincte de « Qui t’a fait sortir du pays d’Égypte » ; de ce fait, le terme « Qui » reliant les deux parties de la phrase n’est pas clair. C’est pourquoi Rachi apporte deux explications supplémentaires, pour lesquelles la phrase est très claire : « Je suis [bien] Celui Qui t’a fait sortir etc. ». [Néanmoins, ces explications, mettant en avant le fait qu’il était nécessaire, dans un tel moment, d’éviter de telles erreurs chez Israël – sont plus éloignées du sens littéral].

Analyse : L’importance de défendre Israël dans l’affaire du veau d’or !

Likouté Si’hot : Il s’agit là de Juifs qui, non seulement ne sont pas « asservis à D.ieu », mais qui sont à l’opposé absolu [du commandement] « Je suis l’Eternel ton D.ieu » ; et, pour de tels Juifs, D.ieu s’adresse au singulier, au Don de la Torah et pour toutes les générations, dans le but que Moché puisse prendre la défense de ces Juifs ! Et même si cette défense parait peu convaincante, et que cela donne lieu à une possibilité de se tromper – D.ieu affirme que cela vaut la peine, peut-être pourra-t-on ainsi prendre la défense d’un Juif !

Enseignement : Prendre la défense de chaque Juif, dans chaque situation !

Likouté Si’hot : Il faut faire en sorte de rapprocher chaque Juif ! Il n’y a pas lieu de faire des calculs et décider que pour tel Juif il faut se donner et pas pour tel Juif – car la Torah désapprouve cela et insiste sur le fait que, dès le premier des Dix Commandements, D.ieu créa une excuse pour prendre la défense d’un Juif qui trébuchera par la faute du veau d’or ! A plus forte raison en notre génération, dans laquelle quasiment tous ceux qui doivent être rapprochés du judaïsme ont la définition de « bébés captivés par des idolâtres » – il faut donc trouver des moyens d’atteindre chaque Juif, [sans exception]. Ainsi, nous mériterons la venue de Machia’h, maintenant !

Vendredi 26 janvier 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Bechala’h – « Le plaisir de la Manne et du Chabbat » – Likouté Si’hot volume 31, 3ème Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 26 janvier 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Bechala’h – « Le plaisir de la Manne et du Chabbat » – Likouté Si’hot volume 31, 3ème Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Bechala’h – Le plaisir de la Manne et du Chabbat
Source : Likouté Si’hot volume 31, troisième Si’ha sur Bechala’h

  • Au début, lorsque la manne est apparue, les enfants d’Israël ne savaient pas ce que c’était. Ce n’est qu’après le premier Chabbat qu’ils en ont découvert pleinement la nature agréable et nourrissante.
  • Moché ne leur avait pas encore transmis toutes les lois du Chabbat à ce moment-là. Celles-ci leur ont été données plus tard, au Sinaï.
  • Il existe un lien étroit entre la manne et le Chabbat : la manne représente une nourriture donnée aux Juifs de façon reposante et plaisante, à l’image du Chabbat.
  • Après le premier Chabbat, on insiste sur le côté savoureux de la manne, « comme un gâteau au miel ». Et on leur demande d’en garder en réserve, montrant que Dieu peut les nourrir sans effort les jours de Chabbat.
  • D’après le Zohar, la bénédiction de la manne émane spécifiquement du Chabbat, et se répand sur les autres jours.
  • La différence entre les Juifs et les non-Juifs : ces derniers reçoivent l’abondance « gratuitement » alors que pour les Juifs, elle dépend de leurs efforts. Mais les Juifs reçoivent ce flux divin « avec plaisir », directement de Dieu.

 

 

Dans notre Paracha : L’historique de la première semaine de la Manne

Bechala’h 16, 14 : La couche de rosée s’est levée et on vit sur le sol du désert quelque chose de menu, de floconneux, fin comme le givre sur la terre. A cette vue, les enfants d’Israël se dirent les uns aux autres : « Qu’est ceci ? » car ils ne savaient ce que c’était. Et Moché leur dit : « C’est là le pain que D.ieu vous donne pour nourriture ».

…Le sixième jour, ils recueillirent une provision double ; …tous les chefs de la communauté vinrent l’annoncer à Moché. Il leur dit : « C’est ce que D.ieu avait dit : demain est le saint Chabbat solennel, en l’honneur de D.ieu ! Ce que vous avez à cuire, cuisez-le … et toute la provision restante, gardez-la en réserve pour demain ».

…Le septième jour, certains allèrent à la récolte, mais ils ne trouvèrent rien. D.ieu dit à Moché : « Jusqu’à quand vous refuserez-vous à garder Mes préceptes et Mes enseignements ? Regardez ! D.ieu vous a gratifiés du Chabbat ! …Que chacun demeure où il est, que nul ne sorte de chez soi le septième jour ». Et le peuple chôma le septième jour.

La maison d’Israël donna à cette substance le nom de Manne. Elle ressemblait à de la graine de coriandre, était blanche et avait la saveur d’un beignet au miel. Moché dit : « Voici ce qu’a ordonné D.ieu : Qu’un ômer (2.49 litres) plein de cette Manne reste en dépôt pour vos générations, afin qu’elles voient le pain dont Je vous ai nourris dans le désert… ».

Analyse : Pourquoi attendre le Chabbat avant de définir ce qu’est la Manne ?

Likouté Si’hot : Les détails des événements du vendredi et du Chabbat ne sont pas des éléments annexes liés à la Manne, elles sont plutôt liées au concept même de la Manne. Ce n’est qu’après un cycle entier (une semaine) de réception de la Manne que les enfants d’Israël eurent la pleine conscience de ce qu’était la Manne.

Développement : Moché n’avait-il pas encore transmis les lois du Chabbat ?

Rachi sur Bechala’h 16, 22 : Ils l’annoncèrent à Moché. Ils lui ont demandé en quoi ce jour-là était différent des autres. D’où nous apprenons qu’il ne leur avait pas encore dit le paragraphe sur le Chabbat.

Rachi sur Bechala’h 16, 25 : Il leur a donné à Mara quelques portions de la Torah pour qu’ils se préoccupent [à les étudier] : les portions concernant le Chabbat, la vache rousse et les tribunaux.

Likouté Si’hot : A Mara, les enfants d’Israël ne reçurent pas l’injonction du Chabbat, on leur donna simplement le sujet pour l’étudier. L’injonction complète des lois du Chabbat n’intervint qu’au don de la Torah. Auparavant, D.ieu leur donna uniquement les commandements relatifs à la récolte et à la préparation de la Manne.

Explication : Le lien particulier entre le respect du Chabbat et la Manne

Rachi sur Bechala’h 16, 7 : Le matin vous verrez [la gloire de D.ieu]. Le pain que vous avez demandé, …vous verrez le matin, quand il tombera, la gloire du rayonnement de Sa face. Car Il vous le fera tomber avec amour, au matin où l’on dispose du temps pour le préparer, entre deux couches de rosée, comme posé dans un écrin.

Cela explique la véritable définition de la Manne, après le premier Chabbat

Midrach Chemot Rabba 25, 3 : Par la Manne, chaque Juif pouvait goûter tout ce qu’il désirait.

Likouté Si’hot : La pleine conscience du « plaisir » de la Manne n’arriva que lorsque le peuple respecta le Chabbat. Alors, le verset insiste sur le fait qu’elle avait « la saveur d’un beignet au miel ». Ensuite, vint l’injonction d’en garder pour les futures générations, car il est important de savoir que D.ieu peut nourrir les enfants d’Israël de sorte qu’ils n’aient besoin de s’occuper d’aucun travail, afin de pouvoir s’occuper de la Torah dans la sérénité absolue.

Approfondissement : La bénédiction de la Manne provient du Chabbat (Zohar)

Zohar sur Bechala’h 66b : Si la Manne ne tombait pas le Chabbat, cela ne concernait que la descente physque ici-bas, mais en haut c’était justement le contraire : la bénédiction de la Manne intervenait spécifiquement le Chabbat ; et c’est de ce jour que sont bénis les autres jours, les six jours « profanes » qui suivent le Chabbat.

Likouté Si’hot : Etant donné que le concept de la Manne est la transmission de nourriture de façon plaisante, le timing adapté à ce flux divin est spécifiquement le jour du Chabbat, étant un jour de repos et de plaisir.

La différence fondamentale entre le gagne-pain d’Israël et celui des Nations

Kountrass Ouma’ayane, discours n° 8 : Les Nations reçoivent un flux abondant car, chez eux, ce dernier est « gratuit » et n’est pas conditionné par un effort spirituel. Chez Israël, en revanche, le flux est mesuré, car il dépend de leurs efforts. Néanmoins, chez les Nations, le flux n’est pas associé à un « plaisir », alors que pour Israël, le flux est associé à un plaisir, y compris divin : D.ieu prend plaisir à donner ce flux aux Enfants d’Israël, Son peuple rapproché ; ainsi, « Quand le visage du Roi s’éclaire, c’est un gage de vie » (Proverbes 16, 15).

Guemara Yoma 75a : Des pierres précieuses et des perles tombaient pour Israël en même temps que la Manne.

Un enseignement éternel : Apprécier le « flux divin » dignement mérité !

Likouté Si’hot : Les enfants d’Israël doivent apprécier le flux lié à la sainteté, au « visage lumineux du Roi », même s’il faut pour cela renoncer au flux abondant donné « derrière l’épaule », et c’est ainsi qu’on arrive au véritable repos et plaisir ; puis, ce qui était initialement « peu » (matériellement) est béni pour être abondant, au point de mériter d’emblée un gagne-pain et un flux matériel abondants, jusqu’à l’abondance de l’ère messianique, maintenant !

Vendredi 19 janvier 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Bo – « Youd Chevat – Diffuser, avec empressement ! » – Likouté Si’hot volume 6, Si’ha sur Youd Chevat,  par le Rav Levi Azimov

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 Youd Chevat – Diffuser, avec empressement !
Source : Likouté Si’hot volume 6, Si’ha sur Youd Chevat

Le Ma’amar « Bati Legani » résume l’œuvre essentielle du Rabbi précédent :
(a) diffuser la Torah et les Mitsvot partout, y compris là où cela semble impossible,
(b) avec empressement.

Notre monde est intrinsèquement bon car la Présence divine y réside. Le mal n’est qu’une modification provisoire. Chaque parcelle du monde contient du bien qu’il faut révéler.

Le corps juif est éternel car choisi par l’Essence divine. Sa reconstitution future à partir de l’os de « Louz » le prouve.

Bien que le monde soit bon, il faut agir car chaque âme a sa mission et son timing précis. Comme pour la sortie d’Egypte, tout retard est risqué.

Il est donc crucial d’accomplir avec empressement notre rôle : diffuser la Torah et la ‘Hassidout pour hâter la venue de Machia’h quand « la terre sera remplie de la connaissance de D-ieu. »

Vendredi 12 janvier 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Vaéra – « L’objectif des dix plaies, pour Israël » – Likouté Si’hot volume 36, 2ème Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 12 janvier 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Vaéra – « L’objectif des dix plaies, pour Israël » – Likouté Si’hot volume 36, 2ème Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Vaéra – L’objectif des dix plaies, pour Israël
Source : Likouté Si’hot volume 36, deuxième Si’ha sur Vaéra

 

  • Le but des plaies est de punir les Égyptiens, mais aussi de leur prouver que D.ieu existe et agit dans le monde. C’est un objectif en soi, au-delà de la punition.
  • D.ieu « endurcit le cœur » de Pharaon, c’est-à-dire l’empêche de se repentir, pour plusieurs raisons : afin de pouvoir le punir complètement (Maïmonide) ; pour qu’il y ait plus de miracles et que les Égyptiens reviennent à D.ieu (Sforno) ; pour qu’Israël en tire un bénéfice (Rachi).
  • Tout ce qui se passe dans le monde a pour finalité les enfants d’Israël et la Torah. Les événements du monde, même très importants, peuvent n’avoir comme but que l’utilité de quelques personnes.
  • La haftara contient un message pour notre génération : ne pas avoir peur, intensifier la confiance en D.ieu car tout se fait pour Israël ; déployer de grands efforts pour ramener chaque Juif vers la Torah et les mitsvot, car chaque acte peut hâter la délivrance finale.
Vendredi 5 janvier 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Chemot – « L’impatience, clé de la délivrance » – Likouté Si’hot volume 36, 2ème Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

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L’impatience, clé de la délivrance
Source : Likouté Si’hot volume 36, deuxième Si’ha sur Chemot

Le texte analyse un dialogue entre Moïse et Dieu dans la paracha Chémot, où Dieu explique que les enfants d’Israël sont libérés d’Égypte grâce au mérite de la Torah qu’ils allaient recevoir plus tard au mont Sinaï.
Le texte explore plusieurs aspects liés à cet épisode :

  • Le fait que Dieu puisse récompenser à l’avance pour un futur mérite (car Il connaît l’avenir)
  • Le fait que l’acceptation de la Torah par Israël au Sinaï, bien que contrainte, comportait une part de libre-arbitre, révélée par l’impatience des enfants d’Israël à la recevoir.
  • L’idée que l’impatience des enfants d’Israël pour la Torah constituait déjà un grand mérite qui explique leur libération d’Égypte.
  • Le sens profond de cette « impatience » qui révèle leur aspiration à devenir les vrais « serviteurs » de Dieu, en surmontant toutes leurs limites intérieures.

Cette analyse révèle un enseignement profond sur la nature de la délivrance. Trop souvent, nous voyons la délivrance comme un événement pur de l’histoire, déconnecté de notre état intérieur.
Or, le texte montre que la libération d’Égypte fut le fruit même du désir et de « l’impatience » des enfants d’Israël à recevoir la Torah – impatience qui traduisait leur soif de dépasser toutes leurs limites pour devenir les vrais serviteurs de Dieu.
De même, la délivrance finale que nous appelons tous de nos vœux dépendra grandement de notre propre aspiration intérieure à nous élever spirituellement et à établir le règne de Dieu dans le monde.
Plus cette impatience spirituelle grandira, plus la délivrance se rapprochera. Cultivons donc en nous ce désir intense et cette sainte impatience !

 

Vendredi 29 décembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de Vaye’hi – Ra’hel, « la maman juive »- Likouté Si’hot volume 30, 1ère Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 29 décembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de Vaye’hi – Ra’hel, « la maman juive »- Likouté Si’hot volume 30, 1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Vaye’hi – Ra’hel, « la maman juive »
Source : Likouté Si’hot volume 30, première Si’ha sur Vaye’hi

Le texte présente un passage du Talmud relatant une demande de Yaakov à son fils Yossef. Yaakov demande à Yossef de l’enterrer dans le Caveau des Patriarches, alors qu’il n’avait pas fait de même pour Rachel, la mère de Yossef, après sa mort soudaine en chemin.

Certains commentateurs (Rachi, Nahmanide) analysent cette demande de Yaakov comme des excuses auprès de Yossef. Le Sforno y voit plutôt l’expression de la grande tristesse qui habite encore Yaakov depuis la mort de Rachel, au point qu’il n’a plus eu d’enfants après.

Mais selon le Rabbi, il est évident que Yossef ne soupçonnait pas son père de négligence. Simplement, la demande de Yaakov a ravivé en Yossef la peine qu’il ressentait de ne pas voir sa mère honorée de la sépulture au Caveau des Patriarches.

Le Rabbi explique alors le sens profond de l’inhumation de Rachel « sur le bord du chemin » : loin d’être une défectuosité, c’est au contraire la volonté divine afin que Rachel puisse venir en aide à ses enfants lors de l’exil, en implorant la miséricorde divine pour eux. Ainsi Rachel accepte de renoncer à être dans le Caveau pour se mettre entièrement au service de ses enfants.

Le Rabbi conclut sur l’enseignement exceptionnel que représente le sacrifice consenti de Rachel : la mise entre parenthèses de soi-même et de ses propres intérêts pour se dédier au bien de ses enfants.

 

 

 

 

Vendredi 22 décembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de Vayigach – Likouté Si’hot volume 20, 1ère Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 22 décembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de Vayigach – Likouté Si’hot volume 20, 1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Vayigach – Parler « dans les oreilles »
Source : Likouté Si’hot volume 20, première Si’ha sur Vayigach

 

 

 

Vendredi 8 décembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets – Likouté Si’hot volume 10, Si’ha sur Hanouccah,  par le Rav Levi Azimov

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‘Hannoucah – Jours de fête, de joie et de louange
Source : Likouté Si’hot volume 10, Si’ha sur ‘Hannoucah

 


Guemara (Talmud) : La Guemara expose que Hannouka commémore le miracle de la fiole d’huile qui brûla 8 jours au lieu d’1 dans le Temple. Les Sages ont ensuite établi cette fête comme jours de joie et louange.

Tour / Maharam de Rothenburg : Les repas supplémentaires de Hannouka sont facultatifs, la fête étant axée sur la louange/remerciement, non sur la joie matérielle.

Maïmonide : Hannouka fut instaurée pour manifester publiquement le miracle, à travers notamment les bougies allumées.

Maharshal : Contrairement au Maharam, le Maharshal estime que les repas sont une mitsva liée à l’aspect « joie » de la fête selon Maïmonide.

Maïmonide : Description de la persécution grecque et de la victoire militaire des Hasmonéens, qui permit de reprendre le Temple. Hannouka commémore ensuite spécifiquement le miracle de la fiole d’huile.

Chaare Orah : Question : le miracle essentiel est celui de la victoire militaire miraculeuse. Pourquoi le Talmud ne relate-t-il que l’histoire annexe de la fiole d’huile ?

Likouté Sihot : Selon Maïmonide, la question talmudique « Qu’est-ce que Hannouka ? » ne signifie pas « Pour quel miracle cette fête a-t-elle été instituée ? », mais plutôt « Pourquoi la louange et le remerciement ont-ils été institués ? » Cela signifie que même sans le miracle de la fiole d’huile, le jour de la victoire militaire aurait été établi comme un jour de fête et de joie. Le fait que Hannouka soit établi pour « la louange et le remerciement » est donc lié au miracle de la fiole d’huile spécifiquement.

Annexe : Maïmonide base son interprétation sur la prière « Veal Hanissim » et sur des midrashim rabbiniques relatant le miracle. Il est possible qu’il ait également eu accès à une version du « Midrash Hannouka » citant des détails sur l’ampleur du décret grec.

« Jours de joie » et « jours de louange » : deux célébrations pour deux miracles : La « joie » est liée au corps, la « louange » à l’âme. Le salut physique face aux Grecs fut célébré par des « jours de joie ». Le miracle spirituel de la fiole d’huile mena à l’établissement de « jours de louange ».

Une raison supplémentaire de célébrer des « jours de joie » à Hannouka : Selon le Mordekhi, Hannouka fut aussi établie pour commémorer l’inauguration de l’autel par des festins et de la joie. Le miracle de la fiole d’huile est spécifiquement commémoré par la louange et le remerciement.

Choulhan Aroukh : Les repas supplémentaires à Hannouka sont facultatifs mais peuvent devenir une mitsva en y ajoutant des chants et louanges.

Farbrenguen : Même la joie « matérielle » liée à la nourriture peut devenir spirituelle si on la relie à la diffusion du miracle. La joie est nécessaire en notre époque pour adoucir le jugement avant la délivrance finale, à l’image de Hannouka où la lumière jaillit de l’obscurité.

En résumé, ces sources explorent les multiples significations et niveaux de célébration de la fête de Hannouka, alliant joie physique et spirituelle.

Vendredi 1er décembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Vayichla’h – Likouté Si’hot volume 20, 1ère Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

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Rabbi Chimon et le baiser d’Essav
Source : Likouté Si’hot volume 20, première Si’ha sur Vayichla’h

Rachi explique que l’étreinte entre les deux frères était sincère, car Essav fut pris de pitié en voyant Yaakov se prosterner devant lui à plusieurs reprises. Cependant, le baiser est plus ambigu, le mot étant ponctué dans le texte pour en atténuer le sens.
Deux approches sont données :

  1. Le baiser n’était pas sincère, contrairement à l’étreinte.
  2. Le baiser était sincère sur le moment, sous l’effet de la compassion d’Essav, mais ne reflétait pas ses sentiments habituels et durables de haine envers son frère.

Rabbi Chimon Bar Yohaï, qui vivait à une époque de persécutions, estime que la haine d’Essav (Rome) envers Yaakov (Israël) est une « Hala’ha », c’est-à-dire immuable. Mais ponctuellement, grâce à l’influence de Justes habitués aux miracles, cette haine peut s’atténuer et même se transformer temporairement en amour.

L’enseignement est qu’Israël ne peut compter en exil sur l’aide durable des nations, représentées par Essav. Mais les juifs pieux peuvent avoir une influence positive passagère sur leur attitude, jusqu’à la Délivrance finale avec la venue du Machia’h.

 

Vendredi 24 novembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Vayetsé – Likouté Si’hot volume 35, 2ème Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 24 novembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Vayetsé – Likouté Si’hot volume 35, 2ème Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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L’ordre des Tefilot quotidiennes
Source : Likouté Si’hot volume 35, deuxième Si’ha sur Vayétsé

Tour, lois d’Ora’h ‘Haïm 98 (lois de la prière) : Ainsi faisaient les hommes pieux et les hommes de bonnes actions : ils s’isolaient et avaient de l’intention (kavana) dans leur prière, au point d’arriver à se libérer de la matière et à renforcer l’esprit intellectuel jusqu’à atteindre un niveau proche de la qualité de la Prophétie.

Likouté Si’hot : D’une part, la prière est le « service du cœur », dont le but est d’accepter le joug du Royaume des cieux et de s’attacher à D.ieu ; d’autre part, le sens simple du mot « prière » est : « demande », le fait que l’homme sollicite D.ieu pour ses besoins personnels. Ses deux sujets de la prière sont radicalement différents et correspondent aux deux définitions de la prière : « Sainteté » et « récit de la Création » [et de ses besoins].

Likouté Si’hot : Le « récit de la Création » fait référence à l’effort visant à introduire la sainteté dans la matière du monde, alors que la « Sainteté » fait référence à l’effort investi dans les choses sur lesquelles la sainteté est révélée. Il en est de même dans le service divin individuel de chacun, l’homme étant composé d’une âme et d’un corps : la « Sainteté » fait référence à l’effort qui produit le dévoilement de la sainteté de l’âme, qui est « une partie de D.ieu, littéralement », alors que le « récit de la Création » fait référence au raffinement du corps (et du monde).

Likouté Si’hot : Dans la « Sainteté » (aussi), le commencement du travail est lumineux (« jour ») ; ensuite, l’homme s’élève progressivement pour intensifier la lumière de la sainteté, au point que la « nuit » dépasse la lumière du « jour » qui la précède, car il s’agit d’une « lumière cachée », appelée « obscurité » car elle dépasse l’entendement humain. Par contre, dans le « récit de la Création », le « jour » vient après la nuit, car l’objet de cet effort est l’action effectuée dans le monde qui est encore « sombre » au commencement du travail ; puis, par l’effort de l’homme, cette « nuit » devient « jour », l’obscurité est éclairée jusqu’à être transformée en lumière !

Likouté Si’hot : Le service divin de la prière consiste à :
(a) fournir un effort pour révéler la lumière de son âme, en éveillant dans son cœur l’amour et la crainte de D.ieu ;
(b) ensuite, il y a l’aspect verbal qui est le sujet essentiel de la prière, permettant de raffiner le corps et l’âme animale ; cet effort s’effectue dans un lieu « obscur », spécifiquement.
C’est pourquoi, l’ordre des prières est bien : Arvit, Cha’harit, Min’ha – car l’effort se passe dans le domaine de « l’obscurité », en s’élevant progressivement pour introduire de la sainteté dans cette obscurité, jusqu’à parvenir à transformer cette obscurité même en lumière.

Seder Hayom, prière de Min’ha : La qualité essentielle de la prière de Min’ha est le fait que son timing soit en plein milieu de la journée, alors que l’homme est occupé avec son gagne-pain etc., et pourtant, il s’arrête et se met en place pour prier, exprimant ainsi l’effort de l’homme dans le domaine matériel, spécifiquement.

Guemara Bera’hot 6b : Un homme fera toujours attention [à prier convenablement] la prière de Min’ha, car le prophète Élie ne fut exaucé qu’au moment de la prière de Min’ha.

En résumé, le texte décrit les deux catégories de prières et d’efforts spirituels dans le judaïsme : orienté vers la révélation de la sainteté de l’âme versus orienté vers la transformation de la matière du monde. La prière de Minha joue un rôle culminant dans cet effort de spiritualisation du monde physique.

Vendredi 17 novembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Toldot – Likouté Si’hot volume 20, 1ère Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

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Toldot – Marier bonté et rigueur
Source : Likouté Si’hot volume 20, première Si’ha sur Toldot

Vendredi 3 novembre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Vayéra – Likouté Si’hot volume 25, 3ème Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

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Vayéra – L’alliance divine de la circoncision
Source : Likouté Si’hot volume 25, troisième Si’ha sur Vayéra

 

  • Le dialogue entre Its’hak et Yichmaël porte sur le moment idéal pour la circoncision: à 8 jours ou à l’âge adulte.
  • La circoncision à 8 jours reflète la passivité de l’enfant, tandis que la circoncision à l’âge adulte implique une pleine conscience. Cependant, le moment de 8 jours est préférable car l’alliance est initiée par Dieu indépendamment de la compréhension humaine.
  • L’alliance de la circoncision est une alliance éternelle établie exclusivement par Dieu avec le peuple juif.
  • La circoncision à 8 jours chez Its’hak, à la différence de celle d’Avraham à 99 ans, montre clairement que l’alliance ne résulte pas des efforts humains mais uniquement de Dieu.
  • Bien qu’Avraham se soit pleinement effacé devant la volonté divine, on attendait encore sa décision personnelle avant la circoncision, ce qui n’était pas le cas pour Its’hak.
  • L’enseignement est qu’un juif ne doit pas hésiter à s’engager dans une mitsva avant même de la comprendre, afin d' »intégrer Dieu dans sa chair » le plus tôt possible, comme l’illustre Its’hak.
Vendredi 27 octobre 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Le’h Le’ha – Likouté Si’hot volume 15, 5ème Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

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Le’h Le’ha – Propriété éternelle de la Terre d’Israël
Source : Likouté Si’hot volume 15, cinquième Si’ha sur Le’h Le’ha

 


 

Le’h Le’ha 12, 7 : D.ieu apparut à Avram et dit : « C’est à ta postérité que Je donnerai cette Terre ». Il bâtit en ce lieu un autel au D.ieu qui lui était apparu.

Ibid. 13, 14 : D.ieu dit à Avram, après que Loth se fut séparé de lui : « Lève les yeux et regarde .. au nord, au midi, à l’orient et à l’occident : toute la Terre que tu aperçois, Je te la donnerai, ainsi qu’à ta descendance, à perpétuité. … Lève-toi ! parcours cette Terre en long et en large, car c’est à toi que Je la donnerai ».

Ibid. 15, 7-21 (l’alliance entre les parts) : Et Il lui dit : « Je suis l’Éternel, qui t’ai tiré d’Our-Kasdim, pour te donner ce pays en héritage ». [Avram] dit : « D.ieu-Éternel, comment saurai-je que je l’hériterai ? » …Ce jour-là, l’Éternel conclut avec Avram un pacte, en disant : « J’ai donné à ta descendance cette Terre, depuis le torrent d’Egypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate… ».

Tsafnat Panéa’h sur Le’h Le’ha : Dans la troisième promesse, D.ieu parle « d’héritage » de la Terre d’Israël, alors que les versets précédents évoquent un « don (cadeau) ». Il y a donc bien ici deux manières, de la part de D.ieu, de donner la Terre d’Israël aux Enfants d’Israël : le « don » et « l’héritage ».
C’est, globalement, la différence qui peut être faite entre la première conquête du pays [à l’époque de Josué], qui fut un don (de l’intégralité de la Terre), alors que la seconde conquête fut un héritage (pouvant être partiel).

Maïmonide, lois de la Maison d’Election 6, 16 : La première sanctification [de la Terre d’Israël]… ne tient qu’à sa conquête par une collectivité, et puisque la Terre leur a été ôtée, la conquête est annulée et la Terre est donc dispensée par la Torah de l’obligation de dîmes et de jachère, car elle ne [fait plus partie] de la « Terre d’Israël ».
Par la suite, lorsque Ezra vint et sanctifia la Terre, il ne le fit pas par le biais d’une conquête, mais plutôt par une prise de possession. C’est pourquoi, tout lieu dont les exilés au retour de Babel ont repris possession, et qui a reçu cette seconde sanctification à l’époque d’Ezra, est aujourd’hui encore sanctifié, même si la Terre nous a été reprise, et ce lieu est donc assujetti aux lois de jachères et des dîmes.

Kessef Michné sur Maïmonide, ibid. :
(a) Je ne sais pas pourquoi la prise de possession serait-elle plus forte que la conquête. Pourquoi ne pas dire également que, quand le pays nous fut repris, la prise de possession fut, elle aussi, supprimée ?
(b) En outre, lorsque le pays fut sanctifié la première fois par la conquête, n’y eut-il pas, à l’époque, une prise de possession ? Cela signifierait donc qu’une simple prise de possession sans conquête aurait plus de poids qu’une prise de possession associée à une conquête ?

Radbaz, lois des Prélèvements 1, 5 : A l’époque de Yehochoua, la sanctification de la Terre n’était pas orale, alors qu’à l’époque d’Ezra, la Terre fut sanctifiée verbalement.

Tossefot Yom Tov, Edouyot 8, 6 : La conquête par les non-Juifs supprime celle des enfants d’Israël, ce qui n’est pas le cas pour une prise de possession des mains du roi de Perse, qui les avait autorisés à la conserver. Une conquête ne peut supprimer une telle prise de possession, faite du plein gré de celui qui l’a accordée.
On ne peut répondre qu’il s’agit d’un cadeau de D.ieu à Israël, car on pourrait alors objecter que, tout comme D.ieu donna cette Terre à Israël, Ses prophètes annoncèrent aussi que des destructeurs allaient venir la reprendre. Ils prophétisèrent aussi que Korèch, le roi de Perse, la rendrait. Mais, on ne trouve pas de prophétie claire sur le fait que la Terre nous soit reprise, elle nous fut donc reprise indûment. Et un terrain ne peut pas être volé.

Likouté Si’hot :
(a) Si la conquête (militaire) des non-Juifs est effectivement un moyen d’acquisition supprimant la possession antérieure d’Israël, qu’importe alors le fait que la propriété précédente fut de plein gré de celui qui l’a accordée ?
(b) Une partie de la prise de possession, lors de la conquête de Josué, était aussi du plein gré des Guivonim (Josué 9) ; pourtant, Maïmonide ne donne pas un autre statut à ce terrain.
(c) Lorsqu’il y a une acquisition, qu’importe le fait qu’il y ait une prophétie, ou pas, à propos de cette conquête ?

Likouté Si’hot : Quand la Terre d’Israël fut donnée aux enfants d’Israël, il y eut deux éléments nouveaux :
(a) l’acquisition financière, la propriété de la Terre d’Israël, qui désormais leur appartenait. Ceci s’opéra avec Avraham, comme le déduit le Talmud de Jérusalem (‘Halla 2, 1) du verset : « J’ai donné », signifiant qu’Il a « déjà donné » : avant même la conquête effective de la Terre par les enfants d’Israël, celle-ci leur appartient, d’une manière définitive.
(b) La sainteté de la Terre, qui ne s’opéra que lorsque les Enfants d’Israël entrèrent en Israël.

Devarim 3, 18 : L’Éternel, votre D.ieu, vous accorde cette Terre pour l’hériter ; [mais] vous marcherez en armes à la tête de vos frères, les enfants d’Israël, vous tous, hommes vaillants.

Jérémie 29, 10 : Voici ce que dit D.ieu : « Quand Babylone sera au terme de soixante-dix ans révolus, Je prendrai soin de vous et J’accomplirai, pour vous, Ma bienveillante promesse de vous ramener en ce lieu ».

Likouté Si’hot : Lors de la première entrée en Israël, l’Injonction divine imposait que cela se fasse par une conquête militaire, précisément. La sainteté de la Terre ne pouvait s’opérer que par cette conquête militaire et pas par une « prise de possession ».
En revanche, pour l’entrée à l’époque d’Ezra, la Volonté de D.ieu et Son Injonction furent, non pas de conquérir la Terre d’Israël, mais bien de se rendre dans ce pays et de s’y installer. La sanctification fut alors obtenue directement par la prise de possession effective du pays.

Likouté Si’hot : Etant donné que la sanctification, à l’époque de Josué, fut réalisée par l’entrée dans la Terre de la manière prescrite, c’est-à-dire par la conquête, et qu’une conquête consiste à s’approprier ce qui appartient à l’autre, contre son gré – cela signifie que, dans un premier temps, la Terre appartenait aux autres nations et que la sanctification fut obtenue par la victoire contre ces nations.
C’est la raison pour laquelle, dès que cette victoire fut annulée, la sanctification qui en résultait disparut donc également.
En revanche, la seconde entrée s’opéra par une prise de possession. Or, la définition d’une prise de possession est d’indiquer l’appartenance intégrale d’une chose à son propriétaire : la chose lui appartient par lui-même, sans avoir besoin de retirer la possession d’une autre personne.
Il en fut donc de même pour la sanctification qui résulta de cette prise de possession : elle dépendait, en l’occurrence, de leur retour dans le pays qui leur appartenait avant même la conquête de Josué. De ce fait, cette sainteté ne peut donc pas disparaître.

Likouté Si’hot : Lors de la première sanctification, les Enfants d’Israël étaient des Justes, alors qu’à la seconde sanctification, ils étaient parvenus au niveau de Ba’al Techouva.
Le service divin des Justes est essentiellement orienté « du haut vers le bas ». Un tel accomplissement est d’une nature céleste et il n’est donc pas clairement attaché au monde, ici-bas ; de ce fait, il peut cesser, être interrompu.
Le Ba’al Techouva, par contre, son service divin est « du bas vers le haut », il raffine la matière pour faire un « réceptacle » à la divinité, sans interruption.

Likouté Si’hot : Si le service divin d’un Juif est sans relation avec le monde, s’il n’a pas été mis à l’épreuve en se confrontant à « l’autre côté », il n’est pas certain qu’il sera en mesure de surmonter une épreuve qui surviendrait par la suite.
En revanche, celui qui a déjà été en contact avec le monde, qui a même trébuché, malheureusement, en allant à l’encontre de la Volonté de D.ieu, puis qui s’en retourne vers D.ieu, Sa Torah et Ses Mitsvot, fait ainsi la preuve qu’il s’est pénétré de cette Torah et de ces Mitsvot, au point que même une telle chute ne pourrait l’éloigner et le détacher de D.ieu. Son attachement est permanent et n’est pas limité.
Cela est comparé à la seconde sanctification, qui fut le résultat d’une prise de possession. Ainsi, même après que : « du fait de nos fautes, nous avons été exilés de notre terre », les Juifs retournèrent en Terre d’Israël, non pas comme dans un pays qu’il faut conquérir (car il ne leur appartient pas encore), ils y reviennent plutôt comme sur leur Terre : un lieu qui leur appartient de façon permanente, [sans avoir recours à une conquête].

Likouté Si’hot : Un héritage n’a pas d’interruption, à l’inverse d’un cadeau, qui peut être interrompu car il est lié principalement à celui qui le donne, qui pourrait « l’interrompre », même après l’avoir donné.
Aussi, le concept du « cadeau » de la Terre d’Israël est essentiellement lié à la première entrée dans le pays. Il était alors question d’une conquête, orientée « du haut vers le bas » : il s’agissait d’un cadeau, qui est à l’initiative de Celui Qui le donne (« haut »), et non pas pour faire suite à la demande de ceux qui le reçoivent (« bas »).
Dans un héritage, à l’inverse, l’héritier est un proche parent de celui qui le lui lègue. Il est donc en droit de demander, d’exiger cet héritage. Il est l’essence même de celui de qui il hérite !
Aussi, lors de la seconde sanctification, le cadeau prend la forme d’un « héritage » : l’entrée des Enfants d’Israël dans le pays, au sens le plus simple comme dans son application au service divin, fut une « prise de possession », signifiant que les enfants d’Israël étaient d’ores et déjà liés à la Terre d’Israël, car ils sont les propriétaires de la Terre, à jamais.

Likouté Si’hot : La différence entre le « don » et « l’héritage », s’agissant de la Terre d’Israël, ne concerne que la sainteté acquise par l’entrée des Enfants d’Israël dans cette Terre.
En revanche, la propriété des Enfants d’Israël sur la Terre d’Israël reste toujours entière et elle conserve l’intégrité la plus totale, depuis que D.ieu a donné le pays à notre père Avraham, lors de « l’alliance entre les parts », en tant qu’« héritage éternel », car une alliance ne peut être ni altérée ni interrompue.
Peu importe donc dans quelle situation les Juifs se trouvent. Même si : « du fait de nos fautes, nous avons été exilés de notre pays et éloignés de notre terre », la Terre d’Israël n’en demeure pas moins « notre pays » et « notre terre ».

Guemara Baba Batra 119a : La propriété de la Terre d’Israël est établie [à jamais], …« Je vous la donnerai en héritage, Je suis l’Eternel » (Chemot 6, 8), cette Terre vous est léguée en héritage, depuis vos ancêtres.

Likouté Si’hot : On en déduit qu’il s’agit d’un sujet sur lequel il ne peut y avoir aucune négociation ou « marchandage » etc. Tout d’abord, l’ensemble de la Terre d’Israël, en toutes ses frontières, « depuis le torrent d’Egypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate », est l’héritage du Peuple Juif et de chaque Juif, et nul n’est donc habilité à renoncer à une partie de la Terre d’Israël, ce qu’à D.ieu ne plaise.
De plus, le simple fait de vouloir rendre ses territoires va à l’encontre de la Volonté de D.ieu, Qui : « Par Sa Volonté, nous l’a donnée » en tant qu’héritage éternel.
Ainsi, lorsque les Juifs feront preuve, en la matière, de la détermination qui convient, sans mettre en avant : « ma force et la puissance de ma main », mais uniquement parce que la Terre d’Israël est « l’héritage éternel » du D.ieu éternel, transmis au peuple éternel, ils connaîtront le succès, en la matière.
Alors, s’accomplira la promesse selon laquelle : « les rois seront tes serviteurs et les princesses, tes nourrices » (Isaïe 49, 23). Les nations du monde viendront en aide aux Juifs pour qu’ils puissent mettre en pratique la Volonté de D.ieu, en général et dans ce domaine, en particulier, encore pendant le temps de l’exil.
Et, ceci hâtera la venue de notre juste Machia’h, lorsque l’integralité de la Terre d’Israël sera en possession des Juifs, y compris les territoires des Kini, Knizi et Kadmoni.
Puis, « Je transformerai les nations en un langage clair, pour qu’elles invoquent toutes le Nom de l’Eternel et Le servent à l’unisson », très bientôt et véritablement de nos jours.