Vendredi 21 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Devarim – « Chabbat ‘Hazone – La parabole du vêtement » – Rav Levi Azimov

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En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
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Chabbat ‘Hazone – La parabole du «vêtement»
Source : Likouté Si’hot volume 29, Si’ha sur Chabbat ‘Hazone

 

1 – La parabole de Rabbi Levi Its’hak de Berditchov sur le « Chabbat ‘Hazone » 

Ohr HaTorah sur le Na’h tome 2, page 1097 : Rav Hillel de Paritch dit : J’ai entendu au nom du Rav de Berditchov la parabole suivante : Un père avait un fils précieux, pour lequel il confectionna un vêtement précieux pour qu’il le porte. Le fils n’y fit pas attention, ne se comporta pas comme il faut et déchira le vêtement en morceaux. Son père lui confectionna un second vêtement précieux que le fils déchira aussi. Que fit le père ? Il lui confectionna un troisième vêtement, mais il ne le laissa pas le porter et il le dissimula. A certains moments définis, le père montrait le vêtement à son fils en lui disant : « Regarde ! Si tu te comportes dans le droit chemin, tu pourras porter ce vêtement ». Et cela même habitue l’enfant à suivre le droit chemin, au point que cela devienne comme une nature chez lui, alors le père le laissera porter le vêtement sans craindre que l’enfant ne retrouve son mauvais comportement, car [le bon comportement] est devenu comme sa nature.
C’est cela le sujet de « Chabbat ‘Hazone », « ‘Hazone » signifiant « vision » : [au cours de ce Chabbat], on montre à chaque Juif le futur Temple, de loin etc. ; et cela est suffisamment clair pour celui qui comprend…

2 – Analyse : Cette vision est-elle destinée aux Tsadikim ou « à chaque Juif » ? 

Guemara Meguila 3a : « Moi Daniel, je fus seul à voir l’apparition ; les hommes qui étaient avec moi ne la voyaient point ; mais, une grande frayeur s’étant emparée d’eux, ils s’enfuirent pour se cacher » (Daniel 10, 7) – même si [ceux qui étaient avec Daniel] ne voyaient pas, leur Mazal voyait, c’est pourquoi ils prirent peur.

Likouté Si’hot : Il en est de même en ce qui nous concerne : le fait de voir le futur Temple durant Chabbat ‘Hazone n’est pas un sujet réservé aux seuls Tsadikim, qui le raconteraient ou dévoileraient ensuite aux enfants d’Israël ; les Sages précisent bien que l’on « montre à chaque Juif » – le Mazal (une partie de très élevée) de l’âme voit le Temple et cela a un impact concret sur l’homme, y compris sur son corps et sur son âme animale.

3 – Développement : Pourquoi le Temple serait-il comparé à un « vêtement » ? 

Likouté Si’hot : Un vêtement est adapté à la taille de l’homme qui le portera : il doit être ni plus court et ni plus long, ainsi que la Hala’ha stipule que les vêtement du Cohen, représentant « l’honneur et la gloire » (Tetsavé 28, 2) doivent correspondre à la taille du Cohen. En revanche, les dimensions d’une maison sont bien plus grandes que celles d’un homme, ainsi que la Hala’ha stipule qu’une maison est assujettie à la Mezouza uniquement si elle mesure au moins 4 x 4 coudées (environ 2 x 2 mètres) (Guemara Souccah 3a), ce qui dépasse amplement les dimensions [de l’espace] qu’un homme occupe : 1 x 1 coudée (environ 1 x 1 mètre) (Guemara Erouvine 4b).
On comprend donc que le lien entre le vêtement et l’homme qui le porte est bien plus proche que le lien entre la maison et l’homme qui y réside. En regardant un vêtement, on peut apprendre certains détails sur l’homme qui le porte, sur sa longueur et sa largeur etc., étant donné que le vêtement est adapté à la taille de cet homme.

4 – L’image du vêtement : La précision extrême de chaque détail du Temple

Chroniques I 28, 19 : Tous les détails du plan sont consignés par écrit, tel que l’Eternel me l’a fait connaître.

Midrach Tan’houma Michpatim 18 : Le Temple d’en bas correspond [à l’identique] au Temple d’en haut.

Likouté Si’hot : La sainteté du Temple n’est pas « une sainteté générale », celle d’être « la maison de D.ieu »… En effet, le Temple comporte plusieurs « saintetés » : le saint des saints, les différentes sections etc., chacune correspondant à une partie [similaire] dans le Temple spirituel. De même, les différences de sainteté relatives à l’espace du Temple sont liées à des différences de niveau dans le peuple d’Israël : [Israël, Lévi, Cohen etc.].

5 – L’apport du troisième Temple : chacun verra la précision spirituelle des détails !

Zohar 3 221a : Le Temple fut construit par un homme, il ne put donc se maintenir. C’est pourquoi Salomon avait déclaré : « Si l’Eternel ne bâtit pas une maison, c’est en vain que peinent ceux qui la construisent » (Psaumes 127, 1). A ce jour, aucun Temple ne fut construit par D.ieu. A l’avenir, il est écrit : « L’Eternel rebâtira Jérusalem » (Psaumes 147, 2), et c’est cette construction que nous attendons et pas celle d’un homme, éphémère.

6 – Approfondissement : « Chaque créature, chaque détail, chaque instant » ! 

Tanya, portique de l’unicité et de la foi, ch. 1 : Il est écrit : « Pour l’éternité, D.ieu, Ta parole demeure immuable dans les cieux » (Psaumes 119, 89) ; le Ba’al Chem Tov commente ainsi : la « parole » avec laquelle D.ieu déclara « Qu’un espace s’étende au milieu des eaux etc. » [ainsi que les autres « dix paroles » créatrices], ce sont bien ces mots et ces lettres qui restent à jamais dans l’espace et dans tous les cieux, et qui les vivifient.

7 – Le rôle essentiel du Temple dans l’innovation majeure de l’ère messianique

Isaïe 40, 5 : La gloire de D.ieu se révélera, et toute chair, [avec les autres], verront que c’est D.ieu Qui parle.

Likouté Si’hot : En plus du fait, qu’à l’avenir, « la gloire de D.ieu » se révélera et on pourra reconnaître le fait que chaque créature fut créée par D.ieu – « toute chair » verra que la véritable essence de chaque créature, avec ses caractéristiques particulières, [provient] bien de la « la parole de D.ieu » qui est habillée en cette créature.

8 – Enseignement : Le « droit chemin » doit « devenir une nature » chez le « fils » ! 

Likouté Si’hot : Lorsqu’un Juif sert D.ieu par soumission, le fait de suivre le « droit chemin » n’est pas « naturel » chez lui, au contraire : c’est à l’opposé de sa nature ; et même lorsque cet homme parvient à servir D.ieu avec ses traits de caractère, il reste limité à la tendance naturelle de son âme animale. En revanche, lorsque l’homme parvient à s’adonner entièrement au service divin, ce service devient toute l’essence de l’homme, [l’essence de chaque détail de son être, à l’image des détails du « vêtement »] ; alors, suivre le droit chemin devient « comme une nature » chez l’homme. Et c’est bien ce service qui accélérera le dévoilement du troisième Temple qui « descendra tout prêt du Ciel », ici-bas, dans notre monde, rapidement et de nos jours, littéralement !

Vendredi 21 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Devarim – « Chabbat ‘Hazone – La parabole du vêtement » – Rav Levi Azimov

Vendredi 14 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Mattot-Massé – « Kefar : l’essence divine du villageois » – Rav Levi Azimov

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Matot – «Kefar» : l’essence divine du villageois
Source : Likouté Si’hot volume 38, Si’ha sur Matot

1 – Dans notre Paracha : Yaïr s’empare des « ‘Havote », des villages de l’ennemi

Matot 32, 41 : Yaïr, descendant de Menaché, alla et s’empara de leurs ‘Havote, qu’il nomma ‘Havote de Yaïr.

Rachi : Leurs ‘Havote. « Leurs villages » (selon la traduction d’Onqelos). Qu’il nomma ‘Havote de Yaïr. Comme il n’avait pas d’enfants, il appela [ces villages] à son nom, à titre de souvenir.

2 – Analyse : L’appellation « ‘Havote » désigne-t-elle des villes ou des villages ? 

Ezra Ibn : Havote. Des villes puissantes.

Radak sur Chmouel II 23, 11 : ‘Haya (de la même racine que ‘Hava). Une ville sans murailles.

Devarim 3, 4-14 : Nous prîmes alors toutes ses villes ; il n’y a pas un bastion que nous ne leur ayons pris : soixante villes formant tout le district d’Argov, … toutes fortifiées de hauts remparts. … Yaïr, descendant de Menaché, s’empara de tout le district d’Argov, … auquel il donna son nom, ‘Havote de Yaïr, jusqu’aujourd’hui.

‘Houkat 21, 25 : Et Israël s’établit dans toutes les villes des Amorréens, à Hechbone et dans toutes ses Banote [littéralement : ses filles] (les villages qui lui étaient contigus – Rachi).

3 – Analyse : Les conquérants nommaient-ils les villes au nom de leurs enfants ?

Na’halat Ya’akov sur Rachi ibid. : Qu’est-ce qui oblige Rachi à expliquer qu’il appela ainsi les villages parce qu’il n’avait pas d’enfants ? Pourtant, ceux qui partaient à la conquête de territoires, avaient justement l’habitude de nommer ces territoires à leur propre nom, comme Nova’h le fit, dans le verset suivant : « Nova’h aussi y alla et s’empara de Kenath et de sa banlieue, qu’il appela Nova’h, de son propre nom » (Matot 32, 42).

Berechit 4, 17 : …Caïn bâtit une ville, qu’il appela au nom de son fils ‘Hano’h (en souvenir de son fils – Rachi).

Likouté Si’hot : Si Yaïr avait simplement attribué le nom de la ville à son nom, comme le font tous les conquérants, la Torah ne l’aurait pas raconté ! Certainement que cela vient nous apprendre quelque chose.

Explication : La particularité de la nomination de ce « village », par Yaïr 

Likouté Si’hot : Les deux commentaires de Rachi sur ce verset se suivent : Rachi privilégie l’interprétation d’Onqelos que Yaïr dédia des « villages » à son nom ; et pourquoi ne choisit-il pas des « villes » qui sont bien plus importantes ? C’était pour faire allusion à la mémoire de son nom, en précisant le fait qu’il n’avait pas d’enfants : en effet, le « village » symbolise « l’enfant », car il est le dérivé, la « banlieue » de la cité.
Le terme « ‘Havote » évoque la notion de mémoire, car « ‘Havote » est le pluriel de « ‘Hava » qui vient de la même racine que « ‘Haya (vivante) » (voir Berechit 3, 20). En appelant les villages « ‘Havote Yaïr (vies de Yaïr) », Yaïr souhaitait ainsi faire en sorte ces villages soient la continuité et la mémoire perpétuelle de sa vie.

5 – Approfondissement : Pourquoi modifièrent-ils le nom de ces villes ? 

Rabbénou Be’hayé sur Matot 32, 3 : Par les noms de ces villes, le texte fait allusion au fait que ces dernières faisaient partie du territoire de Si’hon et ‘Og, qui étaient idolâtres. Ainsi, les enfants de Gad et de Reouven ont modifié le nom des villes qu’ils ont conquises, et ils voulaient s’y installer et servir D.ieu, Lui seul. C’est pourquoi ils demandèrent : « Que cette terre soit donnée à tes serviteurs en héritage » (Matot 32, 5), en d’autres termes : « nous voulons être la source de l’annulation de l’idolâtrie et de l’établissement de l’Unicité divine ! ».

Likouté Si’hot : Le sens spirituel du verset : « Yaïr .. alla et s’empara de leurs ‘Havote » est qu’il s’empara spirituellement de ces villages en y supprimant toute trace d’idolâtrie. Son nom « Yaïr » – celui qui éclairera – fait également allusion à la métamorphose qu’ils ont faite de l’autre côté du Jourdain : ils transformèrent un lieu de culte de l’idolâtrie, « comparée à la mort » (Tanya ch. 22), en un lieu de « ‘Havote Yaïr » – de vitalité et de lumière (synonymes de la sainteté), au point d’être source de vitalité (‘Hava), d’un éclat qui brillera à l’ère messianique. Et cette transformation des forces du mal s’exprime dans l’idée d’un « Kefar », d’un village.

6 – « Kefar » : une appellation qui symbolise la transformation du mal en bien 

Guemara ‘Haguiga 13b : Ce qu’Ezéchiel a vu, Isaïe l’a aussi vu. A quoi ressemble Ezéchiel ? A un villageois qui observe le Roi. A quoi Isaïe ressemble ? A un habitant de la cité qui observe le Roi.

Rachi : Isaïe ne cherche pas à raconter chaque détail de sa vision : en tant que prince ayant grandi dans le palais, il n’est pas impressionné et étonné par chaque détail [de la scène à laquelle il est témoin].

Likouté Si’hot : Il en est ainsi spirituellement, en ce qui concerne l’observation de D.ieu, le Roi des rois des rois : l’habitant de la ville (« Ben Kera’h ») fait référence à l’homme qui travaille toujours dans le monde de la sainteté, qui n’est pas impressionné par le dévoilement divin car ce n’est pas nouveau pour lui. Le villageois (« Ben Kefar ») représente l’homme qui évolue dans l’obscurité de ce monde. Dès qu’il parvient à raffiner et à purifier une parcelle de ce monde pour l’élever à la Sainteté, l’innovation dont il fait preuve l’impressionne énormément ! L’appellation « Kefar » désigne donc l’essentiel de l’effort du raffinement de la matière !

7 – Enseignement : L’impact éternel de l’effort du « villageois », dans ce monde !

Likouté Si’hot : Bien que, en termes de dévoilement, le service divin du « villageois » – évoluant dans un lieu où la divinité est occultée, est inférieur à celui du « citadin » – évoluant dans une réalité plus proche du Roi, de D.ieu ; et pourtant, du fait de sa soumission à D.ieu, le « villageois » atteint l’Essence Divine même, transcendant et dépassant toute révélation [niveau auquel le « citadin » ne parvient pas concrètement].
Ainsi, lorsque les enfants d’Israël attribuent un « nouveau nom » à un « village », cela y apporte la « mémoire », car l’« Essence » divine, transcendant toute notion de révélation, produit la notion d’éternité, qui ne peut être altérée ou oubliée. C’est pourquoi, c’est bien le nom « ‘Havote Yaïr » qui est resté « jusqu’aujourd’hui ».

Vendredi 21 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Devarim – « Chabbat ‘Hazone – La parabole du vêtement » – Rav Levi Azimov

Vendredi 7 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de Pin’has – « Education à la Tsedaka » – Rav Levi Azimov

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Pin’has – Education à la Tsedaka
Source : Likouté Si’hot volume 38, deuxième Si’ha sur Pin’has

1 – Maïmonide sur les devoirs du tuteur (liés aux lois de l’héritage, dans notre Paracha) 

Maïmonide, lois de l’héritage 11, 10-11 : Les tuteurs font pour les orphelins [en bas âge] un Loulav, une
Soucca, des Tsitsit, un Choffar, un Sefer Torah, des Tefillines, des Mezouzot et une Meguila. Telle est la
règle générale : toutes les Mitsvot positives qui impliquent [des dépenses] fixes, qu’elles relèvent de la Torah
ou soient d’ordre rabbinique, on le fait pour les orphelins, bien que ces derniers ne soient astreints à ces
Mitsvot que dans le but de les éduquer. Cependant, les tuteurs ne feront pas d’engagement à la Tsedaka sur
le compte des orphelins, même pour le rachat des prisonniers, car ces Mitsvot n’ont pas de limite.
Une personne qui devient aliénée ou sourde-muette, le tribunal lui impose pour la Tsedaka, si elle en a la
capacité [financière] (car certainement tout homme est intéressé à ce qu’on fasse la Tsedaka avec son argent – Kessef Michné).

Guemara Guittin 52a : Les tuteurs ne feront pas d’engagement, pour les orphelins, sur la Tsedaka, ni sur le
rachât des prisonniers et ni sur toute chose qui n’a pas de limite (car il y a toujours des pauvres, et le patrimoine des
orphelins finira donc par être intégralement dépensé – Rachi).

2 – Analyse : Les montants de la Tsedaka ne sont-ils pas délimités par la Hala’ha ? 

Maïmonide, lois des dons aux pauvres 7, 1-5 : Il est un commandement positif de donner la Tsedaka aux pauvres, selon [les montants] convenables [pour les besoins] du pauvre, si le donneur en a les moyens.
…Si le pauvre se présente et demande ce dont il a besoin mais que le donneur n’a pas les moyens, il lui donne selon ses moyens. Combien ? Un cinquième du patrimoine, c’est la Mitsva de choix ; un dixième du patrimoine, c’est [un comportement] moyen. S’il donne moins, [on considère qu’il a] un mauvais œil.

Likouté Si’hot : En quoi les orphelins sont-ils différents des autres ? Le risque de tout dépenser concerne chacun, mais on n’y prête pas attention car l’obligation concrète de la Tsedaka dépend des moyens de chacun.

3 – Peut-on estimer justement le montant que l’enfant souhaite donner?

Responsa du Ya’abetz 1, 1 : Toute chose qui est liée a un moment fixe et qui est une obligation personnelle – on le fera pour les orphelins. Le cas échéant, tout ce qui dépend de la bénédiction divine, que l’homme a le choix de donner le montant du don, de rajouter pour avoir plus de salaire – on préfèrera attendre que les orphelins grandissent afin qu’ils fassent eux-mêmes cette Mitsva, ce qui est un plus grand mérite que le faire par l’émissaire.
Par ailleurs, la Tsedaka n’est limitée que pour le montant maximal mais pas le montant minimal : les barèmes établis par les Sages ne sont que pour « une Mitsva de choix », l’homme est donc libre d’augmenter ou de réduire le don à sa guise. Or, on ne peut mesurer l’esprit des orphelins pour déterminer combien auraient-ils voulu donner, un petite ou une grande somme. Dans le doute, on ne peut donc sortir cet argent de leur possession.

4 – Développement : Comment éduquer un enfant à la pratique d’une Mitsva ?

Choul’han Arou’h Admour Hazakène, Ora’h ‘Haïm 343, 3 : La mesure de l’éducation pour une Mitsva positive dépend de la vivacité d’esprit et de la connaissance de chaque enfant, dans chaque chose, selon les détails du sujet. Par exemple : un enfant qui sait ce que c’est Chabbat – devra écouter le Kiddouch et la Havdala.

Likouté Si’hot : Les obligations du tuteur lui sont imposées dans le cadre de l’éducation de cet orphelin ; or, les méthodes éducatives imposent de ne pas obliger des enfants à faire une chose dont la nécessité n’est pas délimitée. C’est une notion fondamentale dans l’éducation : il n’y a aucun lieu d’éduquer un enfant à une chose que l’enfant n’est pas en mesure de comprendre, au point de l’étonner. En pareil cas, il est préférable de s’en abstenir et de compter sur le fait qu’une éducation générale dans l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot fera en sorte que lorsque cet enfant arrivera à l’âge d’assujettissement des Mitsvot, il réalisera cette Mitsva aussi.

5- Tsedaka de montant un délimiter à enfant un éduquer on-Peut : Explication

Likouté Si’hot : Etant donné que la nécessité de ces Mitsvot n’est pas limitée et que les mesures imposées (un dixième ou un cinquième – et pas plus !) ne sont là que pour éviter au donateur de s’appauvrir – un enfant aura beaucoup de mal à comprendre ce concept : il y a là un pauvre nécessiteux, le don selon les mesures imposées ne suffit pas à combler les besoins, et pourtant on interdit au donateur de gaspiller plus qu’un cinquième de son patrimoine, pour laisser le pauvre dans sa détresse et le captif dans sa captivité ! C’est pourquoi, les Sages disent qu’on n’impose pas la Tsedaka aux orphelins, pour ne pas les embrouiller dans l’ensemble de leur éducation.
On comprend aisément que cela ne s’applique qu’aux orphelins et que cela ne concerne pas les enfants en général (qui n’ont pas de biens personnels), qu’il faudra donc éduquer à donner une pièce à un pauvre etc.

6 – Le lien avec la Hala’ha suivante sur l’attention du « Père de ces orphelins » 

Maïmonide, lois de l’héritage 11, 12 : Bien que le tuteur n’ait pas à rendre compte [de sa gestion], …il doit lui-même faire un compte personnel, être minutieux et prendre garde au Père de ces orphelins [D.ieu] qui chevauche dans les hauteurs célestes, ainsi qu’il est dit (Psaumes 68, 5) : « Exaltez (‘Solou’) Celui qui chevauche dans les hauteurs célestes… le père des orphelins… ». Fin des lois relatives à l’héritage, avec l’aide de D.ieu.

7 – Enseignement : Le but de l’éducation : tracer un « chemin » éternel de Torah ! 

Notes du Rabbi Tsema’h Tsedek, Tehillim 68 : « Exaltez (‘Solou’) Celui qui chevauche dans les hauteurs célestes » signifie : tracer un chemin (« Messila ») à D.ieu afin qu’Il puisse se révéler ici-bas, comme il est écrit : « Nivelez, nivelez, faites une route .. et ce sera un chemin pour le reste de son peuple » (Isaïe 57, 14 ; 11, 16).

Likouté Si’hot : Le rôle du tuteur est d’éduquer les orphelins dans la voie de la Torah et des Mitsvot, pour faire ainsi « des chemins dans leurs cœurs » (Psaumes 84, 6) pour ce qui est relatif à la conduite selon la Torah, afin de faire en sorte que cette conduite devienne le « chemin » tracé pour eux, pour toute leur vie : « éduque le jeune homme selon son chemin, même quand il vieillira il ne s’en écartera point » (Proverbes 22, 6).

Vendredi 21 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Devarim – « Chabbat ‘Hazone – La parabole du vêtement » – Rav Levi Azimov

Vendredi 30 juin 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de ‘Houkat-Balak – « Moché devait-il répondre à Zimri ? » – Rav Levi Azimov

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Balak – Moché devait-il répondre à Zimri ?
Source : Likouté Si’hot volume 18, troisième Si’ha sur Balak


MAKOROT


1 – Dans notre Paracha : L’attaque personnelle de Zimri contre Moché Rabénou

Balak 25, 1 : Israël s’établit à Chittîm. Là, le peuple se livra à la débauche avec les filles de Moav. …Puis, un israélite (Zimri) s’avança, amenant parmi ses frères la Midianite (Kozbi), aux yeux de Moché et de toute la communauté des enfants d’Israël, et eux pleuraient au seuil de la tente d’assignation.

Rachi : Aux yeux de Moché. Ils lui ont dit : « Moché ! Cette femme est-elle interdite ou permise ? Et si tu dis qu’elle est interdite, la fille de Yitro, qui te l’a autorisée ? »… Et eux pleuraient. La règle à appliquer, laquelle stipule que « tout celui qui s’accouple avec une Aramith, que ceux qui manifestent du zèle le frappent à mort ! » échappa à Moché, …et ce, afin que Pin‘has se présente pour prendre la part qui lui était due.

2 – Analyse (a) : Pourquoi Tsipora était-elle effectivement autorisée à Moché ?

Rachi sur Guemara Sanhendrin 82a : La fille de Yitro, qui te l’a autorisée. Moché s’était marié avant le don de la Torah ; or, au moment où la Torah fut donnée, tous [les enfants d’Israël] avaient le statut de Noa’hides et ils devinrent assujettis au Mitsvot ; elle était donc avec eux, ainsi que de nombreux convertis du Erev Rav.

Likouté Si’hot : Zimri, qui était chef de tribu, ignorait-il la différence évidente entre un mariage antérieur au don de la Torah et celui qui lui était ultérieur ?! D’autre part, pourquoi ne voit-on pas dans la Guemara que Moché ou quelqu’un d’autre ait répondu à cet argument que Zimri souleva devant Moché ?

3 – Analyse (b) : Moché, le Cohen, avait-il le droit de se marier avec une convertie ?

Tossefot sur Guemara Yevamot 61a : Une femme convertie est interdite à un Cohen, même si elle a moins de trois ans, car elle provient des nations qui se maintiennent dans la débauche. Cet interdit est biblique.

Emor 21, 7 : Une femme prostituée ou déshonorée, ils ne prendront point ; une femme divorcée par son mari, ils ne prendront point. …Quant au Cohen [Gadol], il ne prendra pas une veuve ni une femme divorcée, déshonorée ou prostituée ; seule une femme vierge d’entre son peuple, il prendra pour femme.

Guemara Zeva’him 101b : Rav dit : Moché notre maître était Cohen Gadol et recevait sa part dans les choses sacrées. Les Sages disent : Moché n’était Cohen que pour sept jours d’inauguration [du Tabernacle].

4 – Développement : Zimri argumentait-il sur la non-judéité ou sur la conversion ?

Likouté Si’hot : Zimri, avec son argument « la fille de Yitro, qui te l’a autorisée », faisait effectivement
allusion à l’interdiction faite au Cohen d’épouser une convertie. Le rapport entre cet interdit et celui de la « Midyanite » est que l’interdiction de la convertie est liée au fait « qu’elle provient des nations idolâtres (les Aramim) qui se maintiennent dans la débauche ». Toutefois, les questions subsistent : (a) comment, de fait, répondre à cet argument ? (b) Et, pourquoi cette réponse n’a-t-elle pas été donnée à Zimri ?

5- Annexe : Et si Moché avait effectivement divorcé discrètement de son épouse…

Guemara Chabbat 87a : Trois éléments furent introduits par Moché de sa propre initiative et D.ieu lui donna Son accord : Il rajouta un jour supplémentaire [de préparation au don de la Torah], il se sépara de son épouse (il l’a divorça lorsqu’il voulut accéder à la prophétie – voir Rachi sur Beha’alote’ha 12, 1) et il brisa les Tables de la Loi.

6 – Explication : Moché s’était marié avant que cet interdit ne soit promulgué

Guemara Yevamot 61a : Michna. Si un simple Cohen se fiance avec une femme veuve, puis qu’il est
nommé Cohen Gadol, il pourra [finaliser] son mariage. Guemara. D’où le sait-on ? Car il est écrit (Emor ibid.) « il prendra pour femme » (ce mot est superflu, le texte aurait pu dire : « seule une femme vierge .. il prendra » – Rachi).

Likouté Si’hot : A fortiori dans notre cas, où le mariage était déjà contracté, et d’une manière permise : même après que Moché soit devenu Cohen, la fille de Yitro lui restait permise, bien qu’elle ait été convertie.

7 – Zimri ne savait-il pas tout cela ? Et pourquoi Moché ne répond rien à Zimri ?

Likouté Si’hot : Zimri n’était pas d’accord avec cette interprétation de la Torah orale sur le mot « pour femme » et, d’après lui, Moché devait donc divorcer. Cependant, Moché ne pouvait pas lui répondre en lui expliquant cette interprétation, car la Hala’ha stipule (Rama, Yoré Déa 242) qu’un Sage qui enseigne une Hala’ha sur laquelle il est personnellement concerné n’est pas habilité à dire : « ainsi j’ai reçu de mes maîtres ».

8 – Enseignement : Doit-on s’efforcer à répondre à toutes les questions d’autrui ?

Likouté Si’hot : Il n’est pas toujours nécessaire de répondre aux questions d’autrui : parfois, cette personne cherche, avec sa question, à autoriser une Midyanite ! Si son intention est bonne, il faut « répondre (même) à l’insensé selon sa sottise » (Proverbes 26, 5). En revanche, s’il cherche à autoriser ce que la Torah interdit : « il ne faut pas répondre à l’insensé selon sa sottise » (Proverbes 26, 4). Le moyen de vaincre un tel opposant n’est pas le dialogue, mais bien par la détermination transcendant toute rationalité.

Guemara Souccah 52b : Si le mauvais penchant [t’attaque] – tire-le vers la maison d’étude ! S’il [est dur] comme la pierre – il fondra, s’il est [tenace] comme du fer – il explosera !

9 – Le lien entre la conduite de Pin’has et celle du Rabbi précédent (libéré le 12 Tamouz)

Likouté Si’hot : Pin’has ne laissa pas entraîner dans le dialogue et, s’il avait demandé, on ne lui aurait pas dit de le faire. Il se mit en danger, en tuant Zimri, afin de venger la vengeance divine – par une méthode rigoureuse.
Le Rabbi [précédent], dont nous célébrons la libération et la joie, ne tint pas compte des arguments de certaines personnes qu’il n’était nécessaire de risquer sa vie pour chaque chose. Puisqu’il s’agit d’une cause divine, il mit concrètement sa vie en danger, constamment, afin de diffuser la Torah et le judaïsme. Cependant, chez un Chef d’Israël, même la « vengeance divine » se fait par une méthode généreuse et bénie, avec bonté et miséricorde !

Vendredi 21 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Devarim – « Chabbat ‘Hazone – La parabole du vêtement » – Rav Levi Azimov

Vendredi 21 juin 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de Kora’h – « La communauté et l’individu » – Rav Levi Azimov

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PAS DE COURS EN DIRECT CETTE SEMAINE
(Le Rav Levi Azimov est chez le Rabbi)

La communauté et l’individu
Source : Likouté Si’hot volume 33, première Si’ha sur Kora’h

Au plus fort de la querelle de Kora’h, Moché fait une requête spéciale à D.ieu. Dans le verset 16:15 du livre de Kora’h, Moché, fort irrité, dit à D.ieu : « Ne Te tourne pas vers leur offrande (oblation) ! Je n’ai jamais pris à un seul d’entre eux son âne, je n’ai jamais fait de mal à un seul d’entre eux ».

Rachi commente ce verset en expliquant que Moché demande à D.ieu de ne pas accepter l’offrande d’encens que les rebelles apporteront le lendemain. Moché sait que ces rebelles ont une part dans les offrandes perpétuelles de la collectivité, mais il souhaite que D.ieu n’accueille pas favorablement leur part et que le feu ne la consume pas.

Dans le développement de l’histoire, on analyse la première réaction de Moché à cette querelle. Dans les versets 16:6-7, Moché demande à Kora’h et à son parti de se munir d’encensoirs et de mettre du feu et du parfum dedans devant D.ieu. Il leur dit que celui que D.ieu choisira sera celui qui est saint. Rachi explique que Moché propose aux rebelles de s’adonner au service éminent de la combustion de l’encens, qui est une offrande particulière, mais il leur rappelle également que cette offrande a été la cause de la mort de Nadav et Avihou.

Moché tente ensuite de calmer la situation en disant à Kora’h dans le verset 16:8 : « …est-ce donc peu, pour vous, que le D.ieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir ? ». Moché envoie chercher Dathan et Aviram, mais ils refusent de se présenter.

Le texte continue en expliquant que Moché demande à D.ieu de ne pas prêter attention à Kora’h et à son groupe, ni à leurs offrandes. Cette demande est faite en raison de leur persistance dans leur rébellion, ce qui pousse Moché à demander une punition plus radicale.

Le texte se poursuit en évoquant l’idée que Moché savait que les rebelles avaient une part dans les offrandes perpétuelles. Dans le midrash Bamidbar Rabba Kora’h 18:10, Moché déclare devant D.ieu qu’il sait qu’ils ont une part dans cette offrande qu’ils apportent, se référant à l’offrande quotidienne du Tamid.

Selon Rachi, ce qui vaut moins d’une Perouta n’est pas considéré comme étant « à soi ». Il modifie donc le texte du midrash et explique que les rebelles ont une part dans les offrandes quotidiennes, celles de toute l’année, car la part de toute l’année a une valeur supérieure à une Perouta.

Le texte approfondit ensuite la question de savoir si un sacrifice collectif peut appartenir à un individu. Selon le Likouté Si’hot, la définition d’une « collectivité » ne se limite pas à une simple association d’individus, mais elle crée une nouvelle entité dans laquelle les individus ne sont plus considérés individuellement, mais indissociables. Ainsi, un sacrifice collectif ne peut jamais être détaché de sa relation avec l’individu qui l’a offert, en tout ou en partie.

Dans ce contexte, Moché précise « je sais qu’ils ont une part… » pour souligner que la part des rebelles dans les offrandes perpétuelles ne peut être dissociée d’eux. Moché, en tant que chef de la génération, est capable de relier les qualités de la communauté et de l’individu, et il sait comment gérer cette relation complexe.

Cet enseignement trouve également un lien avec le 3 Tamouz, qui marque à la fois la libération du Rabbi précédent et la Hilloula du Rabbi actuel. Le Likouté Si’hot souligne que le Rabbi, dans ses actions et son engagement envers le judaïsme, a réussi à concilier l’attention portée à l’ensemble du peuple juif et celle portée à chaque individu. Il était capable de se dévouer au bien-être matériel et spirituel de chaque personne, tout en travaillant pour la délivrance collective et individuelle de la communauté.

Ainsi, cet enseignement souligne l’importance de l’engagement du leader envers la communauté tout en prenant soin de chaque individu. Le Rabbi transmet cette qualité à ceux qui marchent dans ses voies, contribuant ainsi à la délivrance collective et individuelle du peuple juif.

Vendredi 21 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Devarim – « Chabbat ‘Hazone – La parabole du vêtement » – Rav Levi Azimov

Vendredi 16 juin 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de Chela’h – Dépasser les «Nefilim» – Rav Levi Azimov

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Chela’h – Dépasser les « Nefilim »
Source : Likouté Si’hot volume 28, première Si’ha sur Chela’h

 

 


MEKOROT


 

1 – Dans notre Paracha : Les Explorateurs médisent sur la Terre d’Israël

Chela’h 13, 32 : Et ils médirent sur le pays qu’ils avaient exploré, en disant aux enfants d’Israël : « …c’est un pays qui dévore ses habitants et, le peuple que nous y avons vu, sont tous gens de haute taille. Et là-bas nous avons vu les Nefilim, les enfants d’Anak (le géant), descendants des Nefilim : nous étions à nos propres yeux comme des sauterelles, et ainsi étions-nous à leurs yeux ».

Rachi. Les Nefilim. Les géants parmi les enfants de Chem’hazaï et de ‘Azael qui sont tombés du ciel à l’époque de la génération d’Enoch. Et ainsi étions-nous à leurs yeux. Nous les avons entendus se dire : « Il y a, dans les vignobles, des fourmis qui ressemblent à des hommes ! ». ‘Anak. Ils dépassaient le soleil par leur stature.

2 – Analyse : Qui étaient les « Nefilim » : des anges ou des êtres humains ?

Berechit 6, 4 : Les Nefilim parurent sur la terre à cette époque et aussi depuis, lorsque les fils de Elokim se mêlaient aux filles de l’homme et qu’elles leur donnaient des enfants. Ce furent ces forts d’autrefois, ces hommes si renommés.

Rachi sur Berechit 6, 2-4 : Les fils de Elokim. Enfants de princes et de juges. Autre explication : Les fils de Elokim étaient des êtres célestes accomplissant une mission divine. Eux aussi s’étaient mélangés [aux filles de l’homme]. Toutes les fois que l’on trouve dans le texte le mot Elokim, il a un sens de « suprématie ». Les Nefilim. Parce qu’ils sont tombés (naflou) et ont fait tomber l’humanité. En hébreu, cela a le sens de : « géants ».

3 – Explication : Pourquoi les Explorateurs évoquent-ils, à nouveau, les géants ?

Likouté Si’hot : Dans les versets précédents, il est raconté comment les Explorateurs décrivirent la puissance des habitants d’Israël : « Le peuple qui habite ce pays est puissant, les villes sont fortifiées .. et nous y avons vu aussi des descendants d’Anak (le géant) ! » ; la question se pose : que rajoutent les Explorateurs dans [leur deuxième prise de parole], à part l’ajout de l’appellation « Nefilim » ? Rachi explique donc qu’ils ajoutèrent un fait entièrement nouveau : on ne parle plus de géants qui font peur par leur taille hors norme, mais plutôt à une autre catégorie de « Nefilim », des géants d’un tout autre genre : ils descendent des anges, « tombés du ciel » !

4 – Les Explorateurs ajoutèrent cet élément, en réponse à l’argument de Calev !

Chela’h 13, 30 : Calev fit taire le peuple soulevé contre Moché, [il leur dit : « Moché n’a-t-il pas fendu pour nous la mer ? N’a-t-il pas fait tomber pour nous la manne ? N’a-t-il pas fait venir des cailles ? » (Rachi)], puis il dit : « montons, montons-y et prenons-en possession, car certes nous en serons vainqueurs, [même au ciel ! S’il nous demande de faire des échelles et d’y monter, nous réussirons en tout ce qu’il nous dira (Rachi)] ». Mais les hommes qui étaient partis avec lui, dirent : « nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous (littéralement : que Lui) » ! [Ils ont dit cela, si l’on peut s’exprimer ainsi, contre le Très-Haut (Rachi)].

5 – Développement : Comment un ange pourrait-il se révolter contre D.ieu ?!

Likouté Si’hot :
(a) A propos de la génération d’Enoch, il est écrit (Berechit 4, 26) : « Alors on commença d’invoquer le nom de l’Éternel », comme l’explique Rachi : « on rendit aux hommes un culte idolâtre pour en faire des dieux ». On comprend donc que les « anges tombés du ciel », dans cette même génération, étaient liés à la révolte contre D.ieu.
(b) Etant donné que les « Nefilim » sont les descendants de ces anges « tombés du ciel à l’époque de la génération d’Enoch », cela signifie qu’ils ne périrent pas au déluge dans lequel « les cataractes du ciel s’ouvrirent » pour « effacer toute l’existence ». Cela prouve bien que la puissance des Nefilim est tellement grande, au point que même une punition céleste ne les affecte point, car telle est la volonté de D.ieu !

6 – Cela explique la précision des noms des « Nefilim » : Chem’hazaï et ‘Azael

Likouté Si’hot : « Chem’hazaï » est composé de deux mots : « cham » (désolation) et « ‘hazaï » (vision) – en l’observant, on y voit la destruction. « ‘Azael », en plus d’indiquer la férocité (‘azoute), rappelle aussi la dureté extrême du « Azazel » : « une montagne abrupte et escarpée, un rocher élevé » (Rachi sur A’harei 16, 8).

7 – Approfondissement : L’histoire des Nefilim appuyait l’approche des Explorateurs

Likouté Si’hot : Les Explorateurs ne voulaient pas entrer en Israël car ils préféreraient rester dans le désert, sans les tracas du gagne-pain, afin de s’adonner entièrement au service divin. Leur erreur était de penser que le matériel et le spirituel soient forcément opposés, et qu’il est donc impossible d’être occupé avec des choses matérielles tout en restant attaché à la spiritualité. Telle était leur erreur.
On comprend la suite de leurs propos – « et là-bas nous avons vu les Nefilim » : en effet, nos Sages racontent (Yalkout Chim’oni Berechit 6) que les Nefilim étaient bien intentionnés en descendant ici-bas, mais qu’ils ne réussirent pas à vaincre la matière et les épreuves de ce monde-ci, ce qui occasionna leur chute. Aussi, les Explorateurs argumentèrent que l’entrée en Israël occasionnerait également leur chute, leur baisse de niveau !

8 – Enseignement : La réponse de Yehochoua et Calev : une âme dépasse un ange !

Chela’h 14, 8 : Si l’Éternel nous désire, Il nous fera entrer dans ce pays et nous le livrera ! …Ne craignez point le peuple de ce pays, car ils seront notre pâture…

Likouté Si’hot : Certes, la descente les anges ici-bas, dans la matière du monde, les fit chuter de leur niveau pour en faire des « Nefilim (chutés) », mais les enfants d’Israël sont différents car : « l’Eternel nous désire », le désir et le plaisir de D.ieu est porté sur les enfants d’Israël et sur leurs efforts ici-bas ; de ce fait, ces derniers ont des forces bien plus élevées que celles des anges ! En effet, une âme juive est « une partie du D.ieu suprême, littéralement », elle possède donc la puissance de D.ieu et Sa capacité à relier deux opposés : le matériel et le spirituel, la matière et l’esprit de toute chose. De ce fait, un Juif ne doit pas avoir du « peuple de ce pays », et bien plus : « ils seront notre pâture », les enfants d’Israël vont raffiner la terre, ils seront les « maîtres à bord » sur la terre, pour la transformer et en faire une demeure pour D.ieu, béni soit-Il .

 

 

Vendredi 21 juillet 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Devarim – « Chabbat ‘Hazone – La parabole du vêtement » – Rav Levi Azimov

Vendredi 9 juin 2023 à 10h30 : Etude du Kovets de Béhaaloté’ha – « Quand le peuple attendit Myriam »- Rav Levi Azimov

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Beha’alote’ha – Quand le peuple attendit Myriam
Source : Likouté Si’hot volume 18, cinquième Si’ha sur Beha’alote’ha

 

 


Résumé de la Si’ha de Beha’alote’ha – Likouté Si’hot volume 18, 5e Si’ha

Dans la Paracha Beha’alote’ha, nous lisons la punition que D.ieu inflige à Myriam pour avoir médit contre Moché. D.ieu déclare : « qu’elle soit donc isolée sept jours hors du camp, et ensuite elle y sera admise ». Ainsi, Myriam est isolée hors du camp pendant sept jours et le peuple ne part que lorsqu’elle y est réintégrée.

Rachi nous dit que D.ieu a accordé cet honneur à Myriam, en référence à son acte de patience et de veille sur Moché lorsqu’il a été jeté dans le Nil. Cependant, une question se pose : est-ce que cet honneur a été accordé par D.ieu lui-même, ou est-ce que c’est le peuple d’Israël qui a choisi d’attendre Myriam ?

La Michna Sotta suggère que c’est le peuple d’Israël qui a attendu Myriam, en référence à sa patience pour Moché. Le Sifri, quant à lui, va plus loin et suggère que D.ieu a non seulement fait patienter la Che’hina, l’Arche Sainte, les Cohanim et les Lévites, mais aussi les sept Nuées de Gloire.

Cela pose la question de qui décidait véritablement des mouvements du peuple d’Israël. Beha’alote’ha 9, 17 nous dit que chaque fois que la nuée s’élevait au-dessus de la tente, les enfants d’Israël levaient le camp ; puis, à l’endroit où se fixait la nuée, là s’arrêtaient les enfants d’Israël. Ainsi, il semble que D.ieu dirigeait véritablement les mouvements du peuple.

Toutefois, le Rabbi met en doute l’idée que l’attente était uniquement due à l’honneur que D.ieu rendait à Myriam. Si les enfants d’Israël ne voulaient pas attendre Myriam, pourquoi le texte dit-il simplement « et le peuple ne partit pas » ? Pourrait-on suggérer qu’ils ne voulaient pas attendre Myriam ?

Par ailleurs, il est crucial de se demander ce qui serait arrivé à Myriam si le peuple d’Israël avait décidé de partir. Torat Moché propose que si le peuple avait voyagé, ils auraient laissé Myriam seule dans le désert. Ainsi, l’attente peut être vue comme une récompense pour Myriam d’avoir attendu Moché.

Rachi explique que lors des campements du peuple, il y avait trois camps : le camp de la Che’hina à l’intérieur des tentures, le camp des Lévites autour de ce camp, et le « camp des Israélites » qui s’étendait dans les quatre directions à partir de là. Cela soulève une autre question : si le peuple reprenait la route, Myriam ne serait-elle plus « hors du camp » ?

Selon le Rabbi, si les enfants d’Israël n’avaient pas attendu Myriam durant sept jours dans le camp, elle aurait pris la route avec eux, mais sa guérison aurait pris plus de sept jours. C’est-à-dire que le respect et l’honneur qui ont été accordés à Myriam étaient en fait liés à l’impératif divin de s’isoler pendant sept jours.

L’acte de permettre à Myriam de rester dans le camp pendant sept jours pour permettre à son processus de guérison de commencer immédiatement est vu comme un grand honneur accordé par D.ieu et le peuple d’Israël. Cela montre un respect non seulement pour Myriam en tant qu’individu, mais aussi pour la gravité de sa maladie.

Cela peut également être vu comme un acte de miséricorde et de bonté, reflétant l’engagement du peuple d’Israël envers l’un des leurs, même dans des circonstances difficiles. Cela illustre également la nature mesure pour mesure de la justice divine – comme Myriam a attendu pour veiller sur Moché, le peuple d’Israël a attendu pour elle.

Rachi met l’accent sur l’honneur accordé à Myriam et fait référence à l’implication de Myriam dans le sauvetage de Moché, en disant qu’elle « se tint loin » de son frère, incapable de le sauver en raison de la distance entre eux.

Cependant, Myriam a joué un rôle crucial dans la suite de l’histoire. Elle a suggéré à la fille de Pharaon de trouver une nourrice parmi les femmes hébreux pour Moché, ce qui a permis à Moché de grandir dans sa propre culture et sa propre foi.

En fin de compte, le Rabbi nous rappelle que tout vient de D.ieu, même la « crainte de D.ieu » qui est produite par les efforts de l’homme. En ce sens, même la volonté des enfants d’Israël d’honorer Myriam provient d’un éveil céleste.

Finalement, le Rabbi conclut en rappelant que l’aide divine permet à l’individu isolé, le « lépreux », de revenir sur le droit chemin. La pureté du lépreux vient d’en haut, spécifiquement, symbolisant le pouvoir de la repentance et la promesse divine que « personne ne sera repoussé de lui ».