En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
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Vayikra – La conscience du Prince Source : Likouté Si’hot volume 17, cinquième Si’ha sur Vayikra
1 – Dans notre Paracha : Les expiatoires du Cohen Gadol, du peuple et du Prince
Vayikra 4, 3-24 : Si c’est le Cohen-oint (Gadol) qui a péché, au détriment du peuple, il offrira à D.ieu, pour le péché qu’il a commis, un jeune taureau sans défaut, comme expiatoire.
…Si toute la communauté d’Israël commet une erreur : qu’un devoir se trouve méconnu par l’assemblée, que celle-ci transgresse un commandement négatif et se rende ainsi coupable – lorsqu’on aura connaissance du péché, l’assemblée offrira un jeune taureau comme expiatoire … c’est l’expiatoire de la communauté.
Quand (acher) un Prince péchera en faisant, par inadvertance, quelqu’une des choses que l’Eternel son D.ieu défend de faire, et se trouve ainsi en faute ; s’il vient à connaître le péché qu’il a commis, il apportera pour offrande un bouc mâle sans défaut … c’est un expiatoire.
Rachi : Quand (acher) un Prince péchera. Le mot acher (« quand ») est apparenté à achrei (« heureux ») : heureuse est la génération dont le Prince prend à cœur de présenter une kappara (une demande de pardon) pour ses fautes commises par mégarde, à plus forte raison [qu’une telle personne] regrette ses fautes délibérées !
2 – Analyse (a) : Qui doit s’estimer « heureux » : le Prince ou « sa génération » ?
Guemara Horayot 10b : « Quand (acher) un Prince péchera » : …heureuse (achrei) est la génération dont le Prince apporte un sacrifice pour ses fautes commises par mégarde ; si son chef apporte un sacrifice, combien en sera-t-il pour les hommes simples (si le roi qui n’a pas le cœur courbé, ressent sa faute et apporte un sacrifice, à plus forte raison que les hommes simples, au cœur courbé, en feront de même ! – Rachi).
Likouté Si’hot : (a) D’où voit-on que le « bonheur (achrei) » se réfère à la « génération » et pas au Prince même ? (b) Quel bonheur la génération tire-t-elle du fait que le Prince apporte une kappara ? (c) Pourquoi Rachi modifie-t-il les termes de la Guemara, en évoquant les notions de « prendre à cœur » et de « kappara » ?
3 – Analyse (b) : Le préfixe « Acher » : la prolongation d’un sujet en cours
Likouté Si’hot : Le sens simple du mot « Acher (quand) » signifie que nous sommes en plein milieu d’un sujet. La question se pose donc : quel est le lien entre les termes « c’est l’expiatoire de la communauté » et « quand un Prince péchera » ? Rachi en conclut donc que le « Achrei (bonheur) » du prince n’est pas lié à son sacrifice mais plutôt à sa faute, au fait que le Prince « prenne à cœur d’apporter une kappara etc. »
4 – Développement : Le peuple est-il responsable des erreurs de ses dirigeants ?
Rachi sur Vayikra 4, 13 : [Si toute] la communauté d’Israël [commet une erreur]. Il s’agit du Sanhedrin, qui autorisèrent par erreur une faute passible de retranchement, et que la communauté a suivi ses directives.
5 – Explication : La prise de conscience exceptionnelle d’un Prince d’Israël
Likouté Si’hot : Lorsqu’un Prince commet une faute par inadvertance : il ne se contente pas d’accomplir le commandement d’apporter un sacrifice pour expier son péché, mais il ressent également le défaut et la gravité de la faute même ! Il « prend à cœur de présenter une kappara pour ses fautes commises par mégarde, à plus forte raison qu’il regrette ses fautes délibérées ! ». La génération d’un tel Prince est heureuse, car ce dernier les éveille directement sur la gravité d’une faute et la vigilance à avoir pour ne pas transgresser involontairement.
6 – Annexe : La différence entre l’expiatoire du Cohen Gadol et celui du Prince
Likouté Si’hot : Le rôle du Cohen Gadol est d’apporter des sacrifices pour expier l’ensemble du peuple juif. Lorsque les gens de sa génération le voient apporter un sacrifice pour une faute involontaire, cela leur fait ressentir qu’il n’y a pas de honte à apporter un sacrifice et à réparer ses fautes. Le rôle du Prince est de diriger la génération, le royaume et le pays etc. Lorsqu’un tel homme « prend à cœur d’apporter une kappara », il ressent et fait ressentir à tous la gravité d’une faute, au point de s’empêcher de fauter, d’emblée ; une telle génération est « heureuse » !
7 – Approfondissement : Le « Cohen Gadol » et le « Prince » dans le service divin
Michna Horayot 10a : Qui est le Prince ? C’est le roi, qui n’a que « l’Eternel son D.ieu » au-dessus de lui.
Likouté Si’hot : Le Cohen Gadol inspire aux enfants d’Israël l’amour divin – un amour puissant, alors que le Roi leur inspire la soumission et la crainte divine. L’amour est la base de toutes les 248 Mitsvot positives (y compris la Mitsva d’apporter un sacrifice), alors que la crainte est la base des 365 Mitsvot négatives, il s’agit bien de « la crainte de se rebeller contre le Roi des rois des rois, l’Eternel » (voir Tanya ch. 4).
8 – La conscience du « Prince » : La faute par inadvertance existe-t-elle vraiment ?
Igueret Hakodèch ch. 28 : Le fait même qu’un homme ait pu trébucher involontairement sur un péché est une preuve que sa situation n’est pas comme il faut, car cette faute provient du renforcement de l’âme animale issue [des forces du mal de] Noga, du renforcement de l’existence essentielle et de l’égo de l’homme.
9 – Enseignement : « Prendre à cœur » : le bonheur de ne pas fauter, d’emblée !
Likouté Si’hot : L’univers est appelé « un grand corps » et l’homme est comparé à « un petit monde ». De même que le monde possède un chef de la génération, un roi, aussi le corps humain possède son roi : l’intellect qui domine l’intégralité du corps. C’est cela l’enseignement : « Heureuse est la génération », l’homme est heureux lorsque « son chef prend à cœur », qu’il domine ses pulsions pour s’empêcher de fauter, d’emblée.
Lorsque l’homme comprend la gravité de faire un acte contre la Volonté Divine, cela soumet son cœur qui sera brisé. Ainsi, non seulement sa faute est pardonnée, mais aussi l’esprit du mal disparait et l’âme animale se brise et se soumet. C’est cela qui produira la venue de Machia’h, où la royauté divine se dévoilera !
Le Prince « prend à cœur » la gravité de la faute au point d’inspirer au peuple la « crainte de la faute ».
Le Cohen Gadol inspire l’envie de se faire pardonner ; le Prince inspire la gravité de la faute : « heureuse » est la génération qui ne faute pas !
Le Cohen Gadol : l’amour divin des Mitsvot positives.
Le Prince : la crainte divine des Mitsvot négatives.
L’inadvertance est liée à un problème profond.
Enseignement : « Heureux » est l’homme dont le cerveau (le chef) domine le cœur, pour réaliser d’emblée la gravité d’une faute et nous conduire vers le dévoilement messianique !
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Vayakhel – Construction individuelle et collective Source : Likouté Si’hot volume 26, seconde Si’ha sur Vayakhel
MEKOROT
1 – Dans notre Paracha : Moché transmet l’Injonction de construire le Tabernacle
La Paracha Vayakhel évoque un nouveau type de don : celui « de bonne volonté ». Pourquoi n’est-il pas cité dans la Paracha Terouma ?
Vayakhel 35, 4 : Moché parla en ces termes à toute la communauté d’Israël : « Voici ce que D.ieu m’a ordonné de vous dire : « prenez, parmi vous, une offrande pour D.ieu ; que toute personne de bonne volonté l’apporte, ce tribut pour D.ieu : de l’or, de l’argent et du cuivre… » ».
Keli Yakar : Au début, le texte dit « prenez », ce qui implique que l’on prenne le don contre le gré du donateur, puis le texte dit ensuite : « que toute personne l’apporte », ce qui signifie qu’il l’amènera seul. Dans la Paracha Terouma également, le terme « prendre » est employé. En fait, deux types d’offrandessont traitées : une offrande obligatoire à valeur fixe pour chacun, puis une offrande libre, sans aucune obligation, au bon vouloir de chacun
2 – Tous les membres du Peuple juif étaient§ils concernés par ce dons?
Dans la Paracha Terouma, seuls les percepteurs sont cités et pas toute l’assemblée. Pourquoi ?
Terouma 25, 1 : « Invite les enfants d’Israël à prendre pour Moi un prélèvement (une offrande) » – [Je désire que des percepteurs encaissent pour Moi, un prélèvement – Sforno].
Vayakhel 35, 1 : Moché rassembla toute l’assemblée des enfants d’Israël et leur dit : « …que toute personne de bonne volonté l’apporte, ce tribut pour D.ieu » – [Les percepteurs n’iront pas pour l’encaisser par la force – Sforno].
3 – Développement : Quel était l’objectif de la construction du Tabernacle ?
En construisant le Tabernacle, le zèle du veau d’or fut remplacé par celui du Tabernacle – ce que produit le pardon divin.
Rachi Pekoudé 38, 21 : [Le Tabernacle est un] témoignage pour [le peuple] d’Israël que D.ieu a renoncé à le punir pour l’affaire du veau d’or, puisqu’Il a fait résider Sa Che’hina (présence divine) parmi eux.
Midrach Rabba Vayakhel 48 : D.ieu dit à Moché : « Teste-les par le Tabernacle. Avec quoi ont-ils fauté ? En donnant leurs « pendants d’or » ? Ils donnèrent également leurs « pendants d’or » pour la construction du Tabernacle ! ». Avec les « pendants d’or » ils fautèrent, avec les « pendants d’or » D.ieu accepta leur pardon.
Vayakhel 36, 5 : …Le peuple fit surabondamment d’offrandes, au-delà de ce que D.ieu avait ordonné de faire.
4 – Le profond regret ne peux s’exprimer par un don « imposé »
Seul un don libre et facultatif pouvait exprimer le regret profond et durable du peuple d’Israël
Likouté Si’hot : C’est précisément lorsqu’un don n’est pas obligatoire, qu’il n’a pas de montant fixe et qu’il est donné par chacun tel qu’il le ressent –que s’exprime le regret parfait, la volonté sincère de faire résider la Che’hina (à l’opposé de la faute du veau d’or). Voilà pourquoi D.ieu n’ordonne pas le don de cette offrande !
UNE SPONTANÉITÉ INDISPENSABLE POUR FAIRE RÉSIDER DURABLEMENT LA CHE’HINA
Maamar Vayered Hachem 5643 (Le Rabbi Rachab) : Bien que les enfants d’Israël furent témoins au don de la Torah de choses extraordinairement élevées, il trébuchèrent peu après par la faute du veau d’or. En effet, le dévoilement du don de la Torah provenait « d’en Haut » et n’était pas le produit de leurs propres efforts.
5 – Cela explique une autre nuance sur l’identité des donateurs du Tabernacle
« Emetteur » et « récepteur » : la Paracha Vayakhel inclut les femmes, qui servent D.ieu plus naturellement que les hommes.
Terouma 25, 2 : …De tout homme au cœur inspiré, vous prendrez Mon prélèvement.
Na’hmanide sur Vayakhel 35, 1 : « Toute l’assemblée d’Israël » : les hommes et les femmes, car tout le monde était volontaire pour le travail [de la construction] du Tabernacle.
Likouté Si’hot : L’homme et la femme font aussi référence à l’émetteur et au récepteur, à D.ieu et au peuple d’Israël. De ce fait, les femmes ont un avantage : elles « réceptionnent » D.ieu et Le servent plus naturellement que les hommes, elles ont moins besoin d’être stimulées. La croyance éclaire en elles et leur crainte divine dépasse celle des hommes. C’est pourquoi elles sont citées dans notre Paracha, [celle du « don naturel »].
6- Approfondissement : Un commentaire énigmatique du Zohar sur notre Paracha
Le Zohar compare le Vayakhel au Hakhel de six cent mille personnes.
Zohar Vayakhel 195a : « Moché rassembla (Vayakhel) ». Rabbi Abba commenta : « [Il est dit à propos du Hakhel], « rassemble le peuple – hommes, femmes et enfants » (Vayélè’h 31, 12) : de même que toute l’assemblée d’Israël était présente au Hakhel, là aussi, Moché rassembla (Vayakhel) tout le peuple. Qui sont-ils ? Six cent mille.
Bo 12, 37 : Environ six cent mille hommes [voyagèrent depuis l’Egypte], sans compter les enfants.
7 – Les femmes et les enfants ne font-il pas partie des 600 000 personnes?
L’innovation de Vayakhel : les femmes et les enfants ont leur part individuelle, en plus de leur part « familiale ».
Likouté Si’hot : Au don de la Torah, le dévoilement provenait « d’en Haut », on ressentait « l’émetteur » plus que le « récepteur » ; c’est pourquoi les femmes n’étaient pas comptées séparément, car elles étaient incluses [par leur mari] avec les six cent mille hommes. Dans Vayakhel, les femmes et enfants ont leur part individuelle.
Guemara ‘Haguiga 3a : Les hommes viennent (au Hakhel) pour étudier, les femmes viennent pour entendre [et s’inspirer]. Les enfants, pourquoi viennent-ils ? Pour apporter un mérite à ceux qui les ont emmenés.
8 – Construire un Tabernacle en rapprochant les juifs à la Torah
Enseignement : Le véritable « Hakhel » : avoir un impact sur chaque membre de la famille, pour se rassembler tous autour de D.ieu !
Likouté Si’hot : Chacun a le devoir et le mérite de faire en sorte que la Che’hina réside durablement dans le foyer, que la famille entière et l’intégralité du foyer deviennent un « Tabernacle » pour D.ieu. Cela n’est possible que lorsqu’on ne se contente pas d’influencer le mari et chef de la maison, mais qu’un effort est fourni pour influencer également la femme, le pilier de la maison (de façon cachère et permise), ainsi qu’en s’occupant activement des enfants [en s’adaptant à leur niveau] et en fournissant des efforts pour y parvenir.
Mala’hie 3, 24 : [D.ieu] ramènera le cœur des pères à leurs enfants. (Les parents reviendront par leurs enfants – Rachi)
Jérémie 31, 7 : Je vais les ramener de la région du Nord, les rassembler des extrémités de la terre ; l’aveugle, le boiteux, la femme enceinte et l’accouchée – tous ensemble : en grande foule, ils reviendront ici.
La Torah, ou ce qu’on appelle la Bible, est une œuvre divine, écrite par D.ieu, dictée par D.ieu, et a donc plusieurs niveaux de sens, de multiples couches de signification.
Et nous pouvons continuer à chercher pour toujours des idées plus profondes et des significations plus riches dans les histoires et les enseignements familiers et les commandements de la Torah.
Un très bon exemple est l’histoire d’Adam et Ève. Tout le monde connaît l’histoire. Mais voici le reste de l’histoire. La manière dont elle est lue dans son sens littéral simple. D.ieu a créé Adam et Ève, il les a mis dans le jardin d’Éden. Il leur dit, en fait, il dit à Adam de tous les arbres, vous pouvez manger les fruits, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, vous ne pouvez pas manger. Car le jour où vous en mangerez, vous mourrez.
Selon les historiens, c’était neuf heures après leur création dans le jardin d’Éden. Neuf heures après leur création, on leur dit de ne pas manger de l’arbre de la connaissance. Eh bien, une heure plus tard, la dixième heure, ils ont mangé de l’arbre de la connaissance.
Maintenant, D.ieu vient à Adam et dit : « Tu as mangé de l’arbre que je t’ai dit de ne pas manger ».
Adam dit : « Elle me l’a donné et je l’ai mangé », comme si c’était de sa faute.
D.ieu dit à Ève, à Hava, « Qu’as-tu fait ? »
Elle dit : « Le serpent m’a fait le faire, m’a convaincue, m’a trompée ».
Alors D.ieu dit : « D’accord, parce que vous avez fait cela, à la sueur de votre front, vous ferez du pain et vous donnerez naissance à des enfants dans la douleur. Le serpent sera votre ennemi, il vous mordra au talon et vous le frapperez à la tête ».
D’accord, c’est l’histoire. Elle a beaucoup de leçons morales. Mais les faits de l’histoire ne se rassemblent pas très bien. Juste rapidement, une liste de questions :
1) D.ieu parle à Adam et lui dit de ne pas manger de cet arbre. Une heure plus tard, il mange de l’arbre. Y a-t-il quelque chose qui ne va pas avec D.ieu ? N’est-il pas impressionnant, pas convaincant ? On peut le rejeter une heure plus tard.
Ce n’est pas comme si Adam n’était pas sûr que D.ieu parlait de lui. Imaginez Adam en train de dire : « Tu parles de moi ? »
« Oui, je te parle, il n’y a personne d’autre autour ». Alors D.ieu parle à Adam de près et personnellement et lui dit de ne pas faire cela et une heure plus tard il le fait. D.ieu n’est pas très efficace. Quelque chose ne va pas. Lorsque D.ieu a parlé au peuple juif au mont Sinaï, tout le monde s’est évanoui. Adam rejette simplement cela.
2) Qu’est-ce qui ne va pas avec Adam ?
Il a été créé par D.ieu. Il n’a pas eu de traumatismes à la naissance, sa mère ne l’a pas traumatisé pendant l’apprentissage de la propreté. Il n’a pas eu de mauvais amis, il n’a pas grandi dans un mauvais quartier. Et il n’avait pas d’inclination au mal qui vous pousse à pécher, il n’avait pas ça.
Qu’est-ce qui ne va pas chez lui ? Ensuite, vous découvrez que l’arbre était en réalité un figuier. Allez, à quel point c’est tentant ? Irrésistible.
3) D.ieu dit à Adam : « Le jour où tu mangeras de cet arbre, tu mourras. » La mort était-elle une menace ? Cela signifiait-il quelque chose pour Adam ?
Il avait neuf heures de vie. D’accord, il avait la maturité d’un jeune homme de 20 ans, mais il n’était en vie que depuis neuf heures. Avait-il déjà un instinct de survie ? Savait-il ce qu’était la mort ? Rien n’était jamais mort. C’est étrange.
4) Quel genre de message contradictoire est-ce de dire « ne mange pas de l’arbre, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » ? Il y a un jour où je vais manger de cet arbre ? Voyez, il n’est pas dit « si » vous en mangez, mais « le jour où vous en mangez, vous mourrez ». Confus.
5) D.ieu lui demande « Tu as mangé de l’arbre dont je t’ai dit de ne pas manger ? » Il la blâme. C’est trop de corruption trop rapidement. Il était déjà tellement corrompu qu’il ne pouvait même pas être honnête. Cela ne dit pas grand-chose sur la race humaine. Et puis elle blâme un serpent. C’est bizarre.
6) Ensuite, D.ieu dit : « Parce que vous avez fait cela, voici les conséquences : douleur lors de l’accouchement, à la sueur de votre front. »
Ce n’était pas le marché. Le marché était : « Le jour où tu mangeras de cet arbre, tu mourras. » Maintenant, D.ieu dit : « Oh, non, non, pas seulement mourir. D’abord, vous souffrirez, puis vous mourrez. » Ce n’était pas le marché et on ne peut pas, ce n’est pas juste d’ajouter plus de punition après coup.
6) C’est une histoire décourageante, déprimante. Pourquoi la Torah commencerait-elle ainsi ?
D’accord, cela s’est produit, mais cela ne signifie pas que vous devez me raconter cette histoire dès le début de la Torah.
Parce que si une personne qui n’a pas eu de traumatismes, de mauvais amis, de mauvaises influences, pas de mauvaise inclination, a reçu un seul commandement et qu’elle n’a pu se retenir plus d’une heure, quelle chance avons-nous ? Ce n’est pas une bonne histoire pour commencer la Torah. Donc essayons de la comprendre à un autre niveau, reculons un peu.
D’où venaient Adam et Ève ? Ils ont été créés par D.ieu. D.ieu a façonné leur corps à partir de la terre et a ensuite insufflé une âme en eux. D’où venait cette âme ?
L’histoire commence donc avec deux âmes au paradis, un homme et une femme, et D.ieu leur dit : « Je vais vous envoyer dans le plus bas de tous les mondes possibles, vous investir dans un corps physique fait de terre, et vous allez élever ce monde, le plus bas de tous les mondes, et le rendre plus saint et plus divin que le paradis. »
Ils ont accepté la mission. Maintenant, ils ouvrent les yeux et se retrouvent dans le jardin d’Éden.
D.ieu dit à Adam : « Tu peux manger de tous les arbres, sauf celui-ci. » Imaginez-les assis là, perplexes. Nous sommes censés réparer ce monde, l’élever. Tous les arbres sont cacher, ils n’ont pas besoin d’être élevés. Il y a un arbre qui n’est pas si cacher, quelque chose ne va pas avec lui, il a besoin d’être réparé, mais nous n’avons pas le droit de le manger. Alors que faisons-nous ici ? Qu’est-il arrivé à notre mission ? Où est notre travail ? Ils étaient perplexes.
Puis Adam dit : « C’est très déroutant. D.ieu a dit de ne pas le manger, ou a-t-il dit « qu’un jour nous le mangerions » ? Parce qu’il a dit que « le jour où nous en mangerions, nous mourrions. »
Ève lui dit : « ce n’est pas un message confus et ce n’est pas déroutant. D.ieu nous demande de choisir, de prendre une décision : ne pas en manger et vivre, ou en manger et mourir. C’est notre choix ».
Alors Adam lui dit : « Eh bien, c’est un choix assez simple à faire. Ne mangeons pas et vivons. »
Ève dit : « D.ieu veut que nous mangions de l’arbre. Il espère que nous en mangerons! ».
Adam a demandé « comment le sais-tu?.
Ève lui répond : « Parce que notre mission se trouve dans le monde le plus bas, et ici ce n’est pas le monde le plus bas. Il y a un monde où les gens meurent, un monde de mortalité, c’est le monde le plus bas et c’est là que se trouve notre mission. D.ieu veut que nous mangions de l’arbre et que nous allions dans le monde de la mortalité. »
Adam lui dit : « Tu sais, si D.ieu nous a mis ici, ça ne peut pas être une erreur. Alors s’il nous met ici, il doit vouloir que nous restions ici. »
Et Ève lui dit : « Non, ce n’est pas comme ça que cela fonctionne. D.ieu t’emmène là où se trouve ta mission, mais tu dois te porter volontaire pour franchir cette frontière. D.ieu t’emmène au seuil de la porte, mais c’est à toi de décider si tu la franchis ou non. Il veut que nous nous portions volontaires. »
Adam lui dit : « Tu sais, ce que tu dis a beaucoup de sens », et ils ont mangé le fruit de l’arbre.
Maintenant, D.ieu vient vers Adam et lui dit : « Tu as mangé le fruit de l’arbre dont je t’ai dit de ne pas manger. »
Naturellement, nous supposons que D.ieu crie, qu’il est en colère et qu’il est sur le point de frapper.
Cela peut être une interprétation, mais pas nécessairement. D.ieu n’est pas en colère. D.ieu s’émerveille. « Comment avez-vous su ? Je vous ai dit de ne pas en manger, mais vous avez compris que j’espérais que vous le fassiez. Comment avez-vous su cela ? »
En tant qu’âme nouvelle, fraîche, pure et innocente, Adam a dit : « Je ne savais pas, c’est elle qui savait. »
Alors D.ieu dit à Ève : « Comment le savais-tu ? »
Elle a répondu : « Tu sais, ce que le serpent m’a dit m’a donné l’impression que c’était là que se trouvait notre véritable mission. Le serpent a dit que si nous mangions de cet arbre, nous serions comme D.ieu, nous connaîtrions le bien et le mal. Eh bien, le bien et le mal ont besoin d’être réparés. »
Alors D.ieu dit : « C’est formidable, c’est exactement ce que je voulais dire en disant qu’il n’est pas bon pour l’homme d’être seul. Parce qu’Adam seul n’aurait pas mangé de l’arbre. »
Alors D.ieu dit : « Laissez-moi vous en dire plus sur ce monde dans lequel vous descendez. C’est un monde mortel, il y a aussi de la douleur, des luttes, des déceptions, Ce sera une bataille difficile, c’est le monde le plus bas. Êtes-vous sûr de vouloir essayer de le réparer ? »
Ils ont dit « Oui ! Si c’est ce dont vous avez besoin, c’est ce que nous ferons! ».
Voilà l’histoire d’Adam et Ève. Très différente de la compréhension conventionnelle.
D.ieu n’était pas en colère, ils n’ont pas été punis car ils n’ont jamais commis de péché.
Maintenant, nous nous référons à cela comme le péché de l’arbre de la connaissance, mais le mot que nous utilisons en hébreu n’est pas vraiment traduit par péché. Il y a d’autres mots pour péché.
Le mot « het », qui est utilisé pour décrire l’action dans le jardin d’Éden, ne signifie pas « péché ». Le mot « het » signifie une « rétrogradation », une « démotion ». Ils ont fait un grand pas en arrière, mais il n’y a eu aucune violation, aucun péché, rien de malveillant, rien de lubrique. C’était innocent et c’était juste, mais c’était un pas en arrière.
En fait, lorsque D.ieu a dit de « ne pas manger de cet arbre, le jour où vous en mangerez, vous mourrez », il voulait qu’ils mangent de l’arbre.
Alors pourquoi a-t-il dit de ne pas le faire ? Pour leur donner un choix.
Mais D.ieu ne peut pas dire un mensonge. Quand D.ieu a dit de ne pas manger de l’arbre, cela signifiait qu’il ne voulait pas qu’ils mangent de l’arbre.
Voici ce que vous devez vraiment savoir : D.ieu a dit de ne pas manger de l’arbre parce que « vous allez mourir, vos enfants seront imparfaits, ils ne me connaîtront pas. Je ne veux pas que cela arrive, mais j’espère que vous le ferez parce que sinon, le vaste plan éternel ne sera jamais accompli ».
Alors D.ieu dit : « Je ne veux pas que vous fassiez cela, mais j’ai besoin que vous le fassiez. »
C’est comme un roi envoyant son armée à la guerre. S’il est un bon roi, il ne le veut pas, il le déteste, mais cela doit arriver.
Alors quand D.ieu a dit de ne pas manger de l’arbre, il voulait dire : « Je ne veux vraiment pas que cela arrive, mais j’espère que vous mangerez de l’arbre parce que cela doit arriver. »
Qu’est-ce que cela nous dit sur D.ieu ? Il ne siège pas là-haut au paradis, insensible, invulnérable, insensible à ce qui nous arrive, et ne fait que nous regarder pour voir quand il devrait nous punir. Ce n’est pas D.ieu.
D.ieu a investi dans la création, comme un homme qui se marie. Il doit faire des sacrifices, il doit abandonner beaucoup de choses. Mais comment pourrait-il avoir une âme sœur ?
D.ieu fait des sacrifices, fait des choses contre sa propre volonté, sort de sa zone de confort pour obtenir cette création qui est une relation. C’est pourquoi tout ce que nous faisons est si important pour lui, cela le touche, cela l’affecte, lui procure du plaisir, lui cause de la peine.
On peut se demander comment D.ieu peut ressentir du plaisir ou de la douleur. Oui, pas comme nous. Notre plaisir est faible et notre douleur est pathétique. Sa douleur est infinie et son plaisir est éternel. Bien sûr, il est plus que nous, pas moins. Mais cela en vaut la peine si nous le faisons.
C’était la sagesse d’Ève. Elle avait compris cela, elle a entendu D.ieu. Adam était tellement impressionné par la grandeur de D.ieu qu’il ne l’a pas entendu, il n’a pas entendu sa vulnérabilité. Elle, l’a entendu.
Et grâce à elle, nous sommes occupés depuis toutes ces années à élever le monde, à réparer le monde, à combattre les injustices, à remettre les choses en ordre du mieux que nous le pouvons.
Et elle était convaincue que ses enfants seraient capables de le faire. C’est un énorme compliment.
Ainsi, nous voyons comment une histoire peut être vue à un niveau simple et à un niveau profond. Chaque histoire de la Torah est ainsi. Si une histoire nous semble trop conventionnelle, trop simple, trop ordinaire, banale, c’est que nous l’avons pas comprise.. Nous n’avons pas besoin que D.ieu descende sur le Mont Sinaï pour nous enseigner des choses que même Dr Phil pourrait nous dire. Les histoires de la Torah sont souvent bien plus profondes et complexes qu’il n’y paraît à première vue. Elles sont conçues pour être lues à plusieurs niveaux, avec des couches de sens qui se révèlent à mesure que l’on approfondit sa compréhension.
Alors creusons profondément, nous y trouverons la magnificence.
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Ki-Tissa – L’enseignement du Kyor Source: Likouté Si’hot volume 6, première Si’ha sur Ki-Tissa
MEKOROT
1 – Dans notre Paracha: L’injonction de fabriquer le Kyor (bassin d’ablution)
Ki-Tissa 30, 17: D.ieu parla ainsi à Moché: « Tu feras un bassin de cuivre, avec son support en cuivre, pour les ablutions ; tu le placeras entre la Tente d’assignation et l’autel et tu y mettras de l’eau. Aharon et ses fils y laveront leurs mains et leurs pieds ».
Maïmonide, lois de la maison d’élection 1, 5: Voici les éléments essentiels de l’édification du Temple: on y construit le Kodèch (le Saint), le Kodèch HaKodachim (le Saint des Saints) … le Kyor (bassin d’ablution) et son socle, avec lequel les Cohanim se sanctifiaient les mains et les pieds pour le service du Temple.
2 – Analyse: Pourquoi l’injonction du Kyor est-elle séparée des autres ustensiles ?
L’usage du Kyor ne fait pas partie du service, il sert de préliminaire.
‘Hizkouni Ki-Tissa 30, 18: Etant donné que le Kyor ne servait qu’à la préparation de la Mitsva, l’injonction de sa fabrication n’est pas citée plus tôt (dans les Parachiot précédentes) avec les autres ustensiles.
Rachi Ki-Tissa 30, 18: Le Kyor n’était pas devant la tente d’assignation. Il était légèrement décalé vers le sud.
3 – Analyse: Quelles étaient les dimensions du Kyor et à qui était-il destiné ?
Le Kyor devait contenir de quoi sanctifier quatre personnes.
Guemara Zva’him 19b: Un Kyor ne pouvant [contenir assez d’eau pour] sanctifier quatre Cohanim, ne peut être utilisé, car il est écrit (Pekoudé 40, 31): « Moché, Aharon et ses fils s’y laveront » (« Moché et Aharon »: cela fait deux personnes, « ses fils »: encore deux personnes. Car Moché était également Cohen durant les sept jours d’inauguration – Rachi).
4 – Pourquoi inclure Moché alors qu’il n’était en service que pour l’inauguration ?
Le paradoxe du Kyor: un acte préliminaire au service, mais qui inclut Moché, rendant cet acte plus important que le service même.
Likouté Si’hot: Les jours d’inauguration étaient une préparation à l’ensemble du service d’Aharon et de ses fils. Ainsi, puisque le Kyor aussi servait de préparation au service quotidien, sa quantité devait inclure également Moché qui s’en servit durant l’inauguration, la période de préparation. Le Kyor possédait donc une qualité particulière, par laquelle il se distinguait de tous les autres ustensiles du Tabernacle: on y fait mention à Moché qui est plus grand qu’Aharon, et bien plus: à la présence de Moché avec tous les Cohanim de cette génération.
5 – On retrouve ce paradoxe dans la fabrication atypique du Kyor, par Moché
Autre paradoxe du Kyor: un ustensile construit avec des miroirs que Moché refusa au départ, mais que D.ieu trouva « plus chers que tout »…
Vayakhel 38, 8: Il fabriqua le Kyor en cuivre et son support, au moyen des miroirs des [femmes qui s’étaient] attroupées à l’entrée de la Tente d’assignation.
Rachi: Avec les miroirs des attroupées (תֹואבְ ֹוצּ הַ ). Les femmes d’Israël possédaient des miroirs dans lesquels elles se regardaient pour se maquiller. Et même ces miroirs, elles n’ont pas hésité à les offrir pour le Tabernacle. Moché répugnait à les accepter, car ils servaient au mauvais penchant. D.ieu lui dit: « Accepte-les ! Ils me sont plus chers que tout, c’est grâce à eux que les femmes ont donné le jour à des armées (תוֹ אבָ צְ ) d’enfants en Egypte ! ».
6 – Développement: Ces miroirs étaient-ils indispensables pour le Tabernacle ?
L’objectif du Tabernacle: même les éléments les plus « bas » contribuent à la « demeure divine ici-bas ».
Likouté Si’hot: L’innovation de l’injonction divine de: « construire un sanctuaire dans lequel D.ieu résidera » (Terouma 25, 8) est que les enfants d’Israël prennent des objets matériels pour en faire un sanctuaire pour D.ieu. Ainsi sera achevé le but: « D.ieu désire avoir une demeure ici-bas », « ici-bas » désignant même un objet « le plus bas possible ». Voilà pourquoi il fallait avoir, dans le Tabernacle, les miroirs qui servent « au mauvais penchant »: afin que même cet objet désignant la bassesse devienne lui-même une « demeure pour D.ieu ».
7 – Alors pourquoi, initialement, « Moché répugnait-il à accepter ces miroirs » ?
Moché estimait qu’il ne fallait pas descendre aussi « bas », il voulait élever le peuple d’Israël à « Zé » – l’Essence Divine !
Rachi sur Matot 30, 2: Les prophètes commencent leurs prophéties par la formule: « Ainsi (‘Ko’) a parlé D.ieu… » ; Moché les dépasse par le fait qu’il prophétise par la formule: « Ceci (‘Zé’) est la chose… ».
Guemara Yevamot 49b: Tous les prophètes observaient [le Divin] par une « vitre non transparente » [qui reflète la lumière (comme un miroir)], alors que Moché observait par une « vitre transparente », [directement].
Likouté Si’hot: Moché observait l’Essence même du divin [et pas que son reflet], voilà pourquoi il désirait que l’émanation Divine résultant du Tabernacle soit également une émanation liée à cette Essence divine (« ceci – ‘Zé’ »). Bien que l’objectif divin est de construire une demeure divine ici-bas, Moché estimait qu’à son niveau (auquel il désirait élever tout Israël), les autres matériaux de la collecte du Tabernacle (et surtout le « cuivre » et ce qu’il représente) – étaient suffisamment « bas » pour réaliser cet objectif divin…
8 – La réponse de D.ieu à Moché: le Tabernacle a besoin de ces « miroirs » !
D.ieu répond que la soumission d’un homme pour ne pas écouter le mauvais penchant est « plus chère que tout » !
Likouté Si’hot: D.ieu répondit à Moché que dans un Tabernacle il faut aussi un élément aussi « bas » qu’un objet « suscitant le mauvais penchant ». Bien au contraire: lorsqu’on se sert d’un objet aussi bas pour ériger « les armées de D.ieu », l’armée désignant l’effort de la soumission à D.ieu, un effort qui s’apprécie surtout lorsque le mauvais penchant s’exprime…, alors D.ieu affirme: ces éléments « me sont plus chers que tout ! ».
9 – Enseignement: Le « nettoyage spirituel » d’un juif est « plus cher que tout » !
Le nettoyage spirituel de l’être humain, en « préparation » au service divin, est plus précieux que le service même ! Cette soumission à D.ieu exprime la qualité de Moché, combinée à celle d’Aharon et de tous les Cohanim.
Likouté Si’hot: Bien que le Kyor ne soit qu’un acte préliminaire au service, ce qui le rend inférieur aux autres ustensiles de service (ce qui son injonction dans une Paracha distincte) – cependant, puisque cette préparation sert à « se laver les mains et pieds », au fait qu’un juif se nettoie des éléments indésirables – cette préparation est plus chère à D.ieu que le service divin qui suivra sur l’autel ou dans la Tente d’assignation !
En effet, c’est spécifiquement dans ce nettoyage que l’on retrouve l’objectif de « repousser le mal », à l’image des « armées de D.ieu » qui résultèrent des « miroirs des attroupées ». Voilà pourquoi, c’est justement dans l’ustensile du Kyor qu’il est fait allusion à Moché (et à tous les Cohanim), car le fait de repousser le mal et de se soumettre à D.ieu exprime l’effacement authentique et absolu devant D.ieu, ce qui constitue la qualité de Moché, associée aux qualités d’Aharon et de tous les Cohanim, exprimant également la discrétion et la soumission à D.ieu: « Aharon fut distingué pour être éminemment saint, lui et ses fils » (Chroniques I 23, 13).