La Méguila d’Esther on line – PDF et MP3
קריאת המגילה נוסח חב’ד
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre7
Chapitre 8
Chapitre9
Chapitre10











קריאת המגילה נוסח חב’ד
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre7
Chapitre 8
Chapitre9
Chapitre10











Le choix impossible d’Esther
« Va, rassemble tous les Juifs… et jeûnez en ma faveur… De mon côté, je jeûnerai, moi aussi, avec mes servantes. » — Esther 4, 15-16
Esther mesura alors toute l’étendue du péril qui menaçait son peuple. Son cœur était résolu : elle était prête à donner sa vie pour les siens. Pourtant, la situation semblait sans issue. Quand bien même le roi consentirait à l’entendre, les décrets royaux, scellés du cachet impérial, étaient irrévocables. Le souverain lui-même ne pouvait les défaire. Les chances de réussite étaient infimes. Mais Morde’haï avait raison — il n’y avait pas d’autre voie. Esther prit alors la résolution solennelle de ne pas abandonner son peuple dans l’heure de la détresse.
Elle s’adressa à Morde’haï en ces termes : « Dis à tous les Juifs, jeunes et vieux, de jeûner et de prier pendant trois jours, jusqu’à ce que l’Éternel nous entende et nous accorde Sa miséricorde. Ici même, au palais, mes servantes et moi nous joindrons à ce jeûne et à ces prières, car seul un miracle venu d’En-Haut peut sauver nos frères. À l’issue de ces trois jours, j’irai trouver le roi — même si cela m’est interdit. Et si je dois périr, je périrai. »
Un jeûne au cœur de la fête
La demande d’Esther, aussi juste que sage, plaça Morde’haï dans une position délicate : ce jeûne tomberait en plein cœur de la fête de Pessa’h. Comment pouvait-on imposer un tel deuil en pleine célébration de la libération ? Pourtant, c’était le sort du peuple tout entier qui était en jeu. Morde’haï n’hésita pas longtemps. Il proclama le jeûne.
Dans chacune des cent vingt-sept provinces de l’empire perse, partout où vivait un Juif, le même élan s’empara des âmes. Tous se soumirent au jeûne, suppliant D.ieu de toutes leurs forces. Beaucoup revêtirent des habits de sac et se couvrirent de cendres en signe de deuil et de pénitence.
La prière des enfants, plus puissante que tout
À Suse, Morde’haï avait rassemblé les enfants des écoles et des institutions d’étude. Vêtus de sac et la tête couverte de cendres, ils criaient et priaient, nuit et jour, implorant l’Éternel d’avoir pitié de Son peuple. Quand D.ieu vit ces enfants innocents et entendit leurs supplications déchirantes, Son cœur s’émut. Il dit alors : « C’est pour les enfants que Je viendrai au secours de Mon peuple. »
Haman, apprenant que Morde’haï avait organisé de grandes assemblées de prière à Suse, se rua vers l’endroit où les enfants s’étaient réunis. À son arrivée, il découvrit Morde’haï entouré de vingt-deux mille enfants en pleurs, les yeux levés vers le ciel. Ce spectacle n’éveilla en lui aucune compassion. Bien au contraire, il se moqua d’eux avec mépris : « Vos prières ne serviront à rien. Tout est perdu, votre sort est scellé. » Puis il ordonna à ses soldats d’enchaîner les enfants et de les garder sous bonne garde. « Les enfants mourront les premiers », lança-t-il avec cruauté.
La fidélité indéfectible des enfants
Les mères, le cœur brisé, accoururent avec de la nourriture et de l’eau pour leurs enfants. Mais ceux-ci, dans un élan de foi admirable, refusèrent. Ils jurèrent qu’ils préféraient mourir en jeûnant plutôt que de rompre leur engagement. Et ils dirent à Morde’haï, les yeux emplis de larmes : « Nous resterons ici avec toi jusqu’à ce qu’on nous sépare par la force. »
Le Chofar perce les cieux
À ce moment précis, douze mille prêtres juifs s’avancèrent, le rouleau de la Torah dans une main et le Chofar dans l’autre. D’une seule voix, ils élevèrent leur supplication vers l’Éternel : « Ô D.ieu d’Israël, Ton peuple élu doit-il périr ? Qui étudiera Ta Torah ? Qui restera pour sanctifier Ton Nom ? Réponds-nous, ô Seigneur, réponds-nous. »
Puis chacun d’eux porta le Chofar à ses lèvres. Les sons graves et plaintifs de l’instrument se mêlèrent aux sanglots et aux prières des enfants enchaînés — et ensemble, ils percèrent les voûtes du ciel.
Aujourd’hui, où nous n’avons plus le Beth Hamikdach, nous avons gardé l’habitude de donner de l’argent en souvenir du Mahatsit hashekel pendant le jeûne d’Esther car nos sages enseignent dans le traité de Meguila 13b :
« Il était dévoilé devant le Créateur du Monde qu’Haman ferait peser des Chékalim pour l’extermination d’Israël, et c’est pourquoi Hachem a ordonné la Mitsva de donner le demi-Chékel, afin que les Chékalim d’Israël devancent les Chékalim d’Haman. »

Combien faut-il donner pour le demi-shekel?
Nous devons donner trois pièces à une œuvre caritative. Chaque pièce doit représenter la moitié de la devise devise utilisée dans son pays. Par conséquent, en France, la monnaie étant l’euro, nous donnerons trois pièces d’un demi-euro. En Israël, la monnaie étant le shekel, nous donnerons trois pièces d’un demi-shekel et ainsi de suite pour la monnaie de chaque pays.
Certains Poskim cependant, décident que si quelqu’un a les moyens, il doit donner une demi-pièce en argent pur de la valeur du demi-shekel de l’époque du Temple. Si une telle pièce n’est pas disponible, on donnera une somme correspondant à l’équivalent monétaire du demi-shekel à l’époque du Temple.
Le demi-shekel valait à l’origine 9,6 grammes d’argent pur. La valeur du demi-shekel fluctue donc en fonction du cours de l’argent. En février 2020, un gramme d’argent vaut environ 0,5 euros, donc environ 5 euros pour le demi-shekel d’argent. Chaque Pourim on doit vérifier le cours du marché de l’argent. Ainsi, celui qui désire accomplir la Mitsva dans sa forme la plus élevée donnera cette somme d’argent à la charité. S’il ne peut pas se le permettre, il peut donner 3 pièces de la moitié de la monnaie du pays comme indiqué ci-dessus.
Donner pour les membres de sa famille ?
La coutume veut que le père de la maison donne trois demi-pièces au nom de chaque membre de sa famille, y compris sa femme et ses enfants, y compris même au nom du fœtus d’une femme enceinte. En outre, il est préférable de donner aux enfants l’argent pour qu’ils accomplissent eux-mêmes la mitsva.
Que faire s’il n’a pas de demi-pièces disponibles?
Il peut donner trois pièces entières avec l’intention que la moitié de chaque pièce soit donnée en tant que Machatzis Hashekel et l’autre moitié en cadeau.
On peut donner la valeur équivalente à une institution.
Le demi-shekel dans la Hassidout
(Discours du Rabbi, Likouteï Sithot, tome 1, page 178)
Le verset Tissa 30, 13 dit : «Voici ce qu’ils donneront, tous ceux qui sont dénombrés dans les comptes, un demi-Shekel du Shekel sacré, le Shekel étant de vingt Guéras, un demi-Shekel en prélèvement pour l’Eternel».
Le Talmud Babli, s’interroge à ce sujet : «Moché fut surpris, en l’occurrence : que peut donner l’homme pour le rachat de son âme?» Et, le Talmud Yerouchalmi, précise que : «D.ieu fit sortir comme une pièce de feu de sous Son Trône de gloire. Il la montra à Moché et II lui dit : « voici ce qu’ils donneront », c’est ceci qu’ils donneront».
Il semble, cependant, que la question de Moché, notre maître, n’ait pas reçu de réponse, dans cette explication : le don d’un demi-Shekel est-il susceptible d’effacer une faute aussi grave que celle du veau d’or ? En quoi D.ieu lui répondit-II en lui montrant un exemple de la pièce qu’ils devaient donner ?
Le Trône de gloire de D.ieu illustre la contraction de sa grande Lumière, qui fut nécessaire pour que le monde et ses créatures puissent l’intégrer. En effet, Kissé, le Trône est de la même étymologie que Kissouï, l’occultation, en l’occurrence celle de la Lumière infinie, afin que la «gloire de D.ieu» soit connue dans les mondes.
La réflexion à tout cela fait surgir deux sentiments opposés. D’une part, on ressent effectivement la merveilleuse richesse de la révélation divine, allumant le feu d’un désir intense de se libérer des entraves de ce monde, de recevoir l’élévation et de s’inclure en cette grande Lumière, tout comme un feu qui se dresse vers le haut.
Mais, d’autre part, lorsque l’on comprend que D.ieu s’est «installé» dans ce monde, qu’Il y est «descendu» afin de l’emplir de Sa Lumière, on en fait de même et l’on se maintient dans ce monde. Malgré le fort désir de le quitter, on se soumet à la Volonté de D.ieu et l’on mène une action ici-bas, dans le cadre des lois de la nature.
Tout comme une pièce est un objet dur, qui n’est pas malléable, selon le besoin, l’introduction de la Lumière dans les réceptacles du monde n’est en aucune façon modifiée par l’intensité du désir de fuir les entraves de ce monde.
D.ieu attend de l’homme une «pièce de feu». Celui-ci doit Le servir avec la soumission la plus totale, de même qu’avec un profond enthousiasme. Cependant, il faut avoir conscience qu’une telle pièce de feu présente plusieurs aspects contradictoires. En effet, elle émane de : «sous Son Trône de gloire», de la source de l’âme qui se trouve en cet endroit.
Lorsque l’on met en éveil l’essence de son âme, il est possible de racheter chaque faute, y compris la plus grave. En effet, cette âme est pure et aucune faute ne pourrait la souiller.
Une autre coutumes des jours de jeûnes instituée par nos Sages : « l’Ègra DeTaanita » (le don à la Tsédaka lié au jeûne)
Sur les jours de jeûne, nos Sages ont dit : « Ègra DeTaanita Tsedakta » , « la principale récompense du jeûne est en échange de la charité donnée pendant celui-ci ».
La raison de cette coutume est expliquée ainsi : étant donné qu’en conséquence du jeûne, une personne a économisé de l’argent en n’achetant pas de nourriture pour son repas, elle devrait donc donner ce montant à la charité, afin de ne pas profiter du jeûne.
Il est d’usage de donner l’argent de « l’Ègra DeTaanita » lors de la prière de Min’ha (après-midi), comme le suggère la haftara (lecture des prophètes) du jeûne : « Observez la justice et pratiquez la charité ».
Qui doit donner de l’Ègra DeTaanita et quel montant cela représente-t-il ?
a) Il est d’usage de donner l’équivalent du montant des repas « qui ont été économisés ». Le montant exact du rachat n’a pas été précisé, et certains disent qu’il s’agit de l’équivalent des repas non consommés pendant le jeûne. Chacun évaluera par lui-même.
b) Cela s’applique à ceux qui jeûnent. Mais même ceux qui ne jeûnent pas pour des raisons médicales, les décisionnaires ont écrit qu’il convient de racheter le jeûne par la charité.
Pour faire un don à la Tsédaka lié au jeûne. >>>>











A Min’ha, lecture de la Torah et dans la «Amida», on rajoute la prière «Anénou».
Le jeûne d’Esther (en hébreu : תענית אסתר (Ta’anit Esther)) est un jeûne observé de l’aube au crépuscule du 13 Adar, à la veille de la fête de Pourim, en commémoration du jeûne de trois jours prescrit par la reine Esther aux Juifs de Suse (Est 4,16 : «Va, rassemble tous les Juifs qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi, sans manger ni boire pendant trois jours, ni la nuit ni le jour»).
L’instauration du jeûne
Contrairement à une croyance populaire, le jeûne d’Esther ne célèbre pas les jours anniversaires du jeûne. En effet, ce jeûne eut lieu, selon la tradition rabbinique le 13, le 14 et le 15 Nissan, c’est-à-dire à la veille de Pessa’h et ses deux premiers jours. L’interdit de jeûner à Pessa’h aurait été outrepassé car, aurait dit Esther, s’il n’y avait plus d’Israël, à quoi servirait Pessa’h? Toutefois, l’état d’urgence étant passé, et le Second Temple reconstruit, cet usage ne pouvait être maintenu et le jeûne fut transféré au premier et second lundi ainsi qu’au premier jeudi suivant Pourim.
Ce fut selon toute vraisemblance au temps des Gueonim que fut institué le jeûne d’Esther à la date du 13 Adar, car dans le Talmud de Jérusalem, qui se basait sur la Meguilat Ta’anit, le 13 Adar était un jour de joie, appelé le «Jour de Nicanor», commémorant la victoire de Judas Maccabée sur le général hellène Nicanor (également mentionné dans Macc. 15:35-36), et la coutume de jeûner le 13 Adar n’apparaît ni dans le Tanakh ni dans le Talmud. En revanche, Rachi, et Moïse Maïmonide la mentionnent.
La première occurrence du jeûne, ainsi que le calcul de la date se trouvent dans le She’iltot de Rav A’haï Gaon (parashat Vayaqhel she’ilta 67:18) :
Rabbenou Tam (cet enseignement ne se trouve pas dans les Tossafot, mais est cité par le Rosh), le plus éminent des Tossafistes (xiie siècle) enseignait que le jeûne ne commémorait pas celui prescrit par Esther, mais était néanmoins suggéré dans la Meguila : zman qehila signifiait selon lui que le peuple se serait réuni à la veille de la bataille, le 13 Adar, afin de s’attirer la faveur divine. Afin d’appuyer ses dires, Rabbenou Tam faisait remarquer que Moïse jeûna lors de la bataille contre Amalek.
Ordonnances du jeûne
Ce jeûne n’étant cependant pas l’un des quatre prescrits par la Torah et les prophètes, les restrictions sont moindres, et les femmes enceintes, les mères au foyer, toute personne trop malade ou affaiblie pour supporter ce jeûne, en sont dispensés.
Certains jeûnaient trois jours mais de nos jours, seul le jeûne du 13 continue d’être observé.
Lorsque le 13 Adar tombe un jour de Chabbat, le jeûne est repoussé au jeudi précédent, car le vendredi est nécessaire pour se préparer pour le Chabbat, et la fête de Pourim à venir.
Le jeûne d’Esther dans la Kabbale
Selon Joseph Caro, le jeûne prescrit à la veille de Pourim, ainsi que celui à la veille de Pessa’h ont pour but de rappeler à l’homme que s’il lui est permis de boire du vin à volonté, ce n’est pas pour satisfaire son « mauvais penchant » (yetzer hara), mais pour honorer son Créateur.
De plus, le jeûne d’Esther ne célèbre pas seulement le passé mais aussi les jours à venir, la demande de libérer les Juifs de Haman s’appliquant aussi à l’exil.
La signification et le moment de la pratique de « l’Ègra DeTaanita » (le don à la Tsédaka lié au jeûne)
Sur les jours de jeûne, nos Sages ont dit : « Ègra DeTaanita Tsedakta » , « la principale récompense du jeûne est en échange de la charité donnée pendant celui-ci ».
La raison de cette coutume est expliquée ainsi : étant donné qu’en conséquence du jeûne, une personne a économisé de l’argent en n’achetant pas de nourriture pour son repas, elle devrait donc donner ce montant à la charité, afin de ne pas profiter du jeûne.
Il est d’usage de donner l’argent de « l’Ègra DeTaanita » lors de la prière de Min’ha (après-midi), comme le suggère la haftara (lecture des prophètes) du jeûne : « Observez la justice et pratiquez la charité ».
Qui doit donner de l’Ègra DeTaanita et quel montant cela représente-t-il ?
a) Il est d’usage de donner l’équivalent du montant des repas « qui ont été économisés ». Le montant exact du rachat n’a pas été précisé, et certains disent qu’il s’agit de l’équivalent des repas non consommés pendant le jeûne. Chacun évaluera par lui-même.
b) Cela s’applique à ceux qui jeûnent. Mais même ceux qui ne jeûnent pas pour des raisons médicales, les décisionnaires ont écrit qu’il convient de racheter le jeûne par la charité.
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Un Pourim pas comme les autres
Dans une lettre envoyée en Adar 5726 (1966) à son ami, l’émissaire — le Rav Yehouda Leib Raskin, alors en poste au Maroc — un hassid de la maison du Rabbi écrivait avec une conviction absolue : « Un tel Pourim n’avait encore jamais eu lieu au 770. » Cette affirmation, loin d’être une hyperbole, résume fidèlement ce que vécurent ce soir-là tous ceux qui eurent le mérite d’être présents au 770 Eastern Parkway.
Les Farbrenguen de Pourim avaient toujours été des moments d’intensité spirituelle rare : discours profonds sur la Méguilah dans toutes les dimensions du Pardès de la Torah, joie débordante, atmosphère hors du commun. Mais Pourim 5726 se distingua même par rapport à ces réunions exceptionnelles, tant par l’ampleur des révélations que par l’élan de générosité sans précédent que le Rabbi manifesta en ce soir mémorable.
Le Farbrenguen : quatre heures et demie de révélations
À 20h30, le Rabbi entra dans la salle du Farbrenguen. Durant ces heures intenses, il prononça une série de discours d’une profondeur remarquable : une explication lumineuse sur le « point de judaïsme » qui est égal chez chaque Juif, ce même point qui dérangeait Haman et qui s’est révélé à l’heure du décret de destruction ; la leçon que l’on doit en tirer — qu’il est absolument interdit de désespérer d’un seul Juif, quel que soit son état, car aucun Juif ne désire réellement être séparé de la Divinité.
Le Rabbi développa également une explication bouleversante sur les versets que Mardochée entendit de la bouche des trois enfants sortant de l’école : une éducation qui commence par le sacrifice de soi et une foi simple, capable de vaincre la nature du monde. Il parla du célèbre enseignement sur « ils ont profité du festin de ce misérable », soulignant que le salut du peuple juif ne vient jamais de la diplomatie, mais uniquement de la reconnaissance de l’unité de D.ieu et de son intériorisation profonde.
Il évoqua aussi le sens profond du nom « Pourim » en persan, qui enseigne que même au cœur des occupations les plus mondaines, on reconnaît qu’un Juif reste un Juif, et que la lumière de la Torah éclaire jusque dans les ténèbres les plus épaisses. Il prononça un discours magistral sur le verset « Lorsque Moïse levait la main, Israël l’emportait », expliquant que l’unique remède contre Amalek est précisément le service de la prière, qui prime même sur l’étude de la Torah. Et il termina par une analyse spirituelle d’une grande subtilité sur l’intériorité de la faute du Veau d’Or, expliquant qu’il ne s’agissait nullement d’idolâtrie — les enfants d’Israël croyaient en D.ieu avec une foi intacte — mais que le doute avait germé quant à Moïse lui-même, car « nous ne savons pas ce qu’il est devenu » (ce discours fut par la suite corrigé et publié dans Likkoutei Si’hot, vol. 11, p. 139 et suivantes).
Un témoin de la soirée raconte avec stupéfaction : « Entre les discours, le Rabbi remplissait sa coupe encore et encore — la moitié à partir des bouteilles que des hassidim lui tendaient, l’autre moitié versée par le directeur de la Yéchiva, le Rav Mentlik, qui servait régulièrement d’échanson lors des Farbrenguen. C’était inconcevable : le Rabbi but de nombreuses coupes pleines de vin et d’eau-de-vie, et continua à délivrer des discours d’une clarté et d’une profondeur absolues. Les enseignements de ce seul Farbrenguen s’étalent dans le Torat Menahem sur soixante-dix pages ! »
« Fais le Kiddouch sur du 95 % »
Après plus de quatre heures et demie de Farbrenguen, passé minuit, le Rabbi s’écria soudain : « Puisque nous sommes déjà après minuit — nous voilà plus près de la fin du Farbrenguen que de son début — et jusqu’à présent on ne voit pas une seule personne accomplir le ‘ad d’lo yada’ au sens littéral. Peut-être que quelqu’un ferait preuve d’abnégation et l’accomplirait réellement ? »
Le Rav Na’houm Zevin se trouvait parmi l’assemblée. Il témoigne : « Le Rabbi dit : ‘Le petit-fils du Rav Zevin est ici. Qu’il dise L’haïm pour son grand-père.’ Je m’approchai avec un petit verre. Le Rabbi ordonna immédiatement qu’on m’en apporte un grand, et dit : ‘Avant de dire pour le grand-père, prends d’abord pour toi-même.’ Il me versa… Je tendis mon verre presque plein… mais le Rabbi dit : ‘Tu ne peux pas mélanger le tien et celui de ton grand-père.’ J’avais compris — je devais boire la coupe entière. Le Rabbi m’en versa alors une deuxième pour le grand-père, en m’ordonnant de la terminer également. Je voulus prendre un peu de mezonot, et le Rabbi dit avec un sourire : ‘Ton grand-père fait le Kiddouch sur du 95 et n’a pas besoin de mezonot.’ Il me tendit lui-même des mezonot du plateau posé près de lui et me souhaita : ‘L’haïm ve’vracha !’ »
Une grande effervescence s’empara de la salle. R’ Zalman Duchman se porta volontaire pour accomplir le « ad d’lo yada ». Le Rabbi lui versa à boire et lui donna même quelques morceaux de mezonot. Puis il demanda, l’air étonné : « C’est ça que l’on appelle ‘ad d’lo yada’ ?! » Il lui ordonna de dire L’haïm sur une autre coupe pleine. Quand R’ Zalman fut bien enivré et commença à parler à voix haute, le Rabbi dit avec un sourire malicieux : « Essayez de toucher sa cravate — vous verrez comment il va dégriser… »
Le Rabbi appela ensuite : « R’ Chaïm Asher Kahanov ! Il est Cohen, est-il là ? » R’ Chaïm Asher s’avança ; le Rabbi lui versa une coupe pleine et le bénit pour une « année large ». R’ Chaïm Asher implora une bénédiction pour la spiritualité, pour un vrai repentir. Le Rabbi répondit : « Amen ! Joie et bonté de cœur ! » Or, à cette époque, R’ Chaïm Asher souffrait d’un ulcère sévère. Le lendemain, à l’hôpital, les médecins constatèrent avec stupéfaction que l’ulcère avait disparu comme s’il n’avait jamais existé. Ce fut un miracle à part entière.
« Quiconque tend la main — on lui donne ! »
Le Rabbi appela différentes personnes par leur nom et les invita à dire L’haïm. Au directeur de la Yéchiva, le Rav Mordekhaï Mentlik, il s’adressa avec un large sourire : « Faites-moi une faveur… et dites L’haïm. » Le Rav Mentlik, qui s’était tenu à la droite du Rabbi tout au long de la soirée, reçut un verre plein d’alcool à 95 % qu’il vida jusqu’à la dernière goutte. À la fin du Farbrenguen, au moment où le Rabbi quitta la synagogue, il s’effondra sur le sol.
R’ Leib Motzkin s’approcha et demanda un L’haïm. Le Rabbi lui proposa un marché : il étudierait chaque semaine les discours hassidiques sur la paracha. Devant son hésitation, le Rabbi dit fermement : « Fait-on l’affaire ou pas ? » R’ Leib accepta. Le Rabbi lui tendit un verre plein et conclut : « Coupe pleine et étude complète. »
Vers la fin de la réunion, le Rabbi s’arrêta soudain au milieu de son discours et s’exclama avec un air étonné : « Il reste encore du machké sur la table ?! Qu’on le finisse ! » Il ajouta avec humour : « Je ne dis pas de le verser — c’est simplement que le Choul’han Arou’h interdit de transgresser le ‘Bal Tach’hit’ (ne pas gaspiller). Et qui plus est, en année de Chemita… Là où il y a un récipient qui n’est pas encore vide — qu’on le vide ! »
Puis, à l’issue du dernier discours, le Rabbi s’écria d’une voix puissante : « Quiconque tend la main — on lui donne ! » En un instant, le 770 fut en ébullition. Des centaines de hassidim se précipitèrent vers la place du Rabbi, dans des bousculades colossales. Des chapeaux, des chaussures, des paires de lunettes volaient dans les airs. Un pied de la chaise du Rabbi se brisa sous la pression. Un peu de vin se renversa sur le Siddour du Rabbi ; il le posa, ouvrit le Siddour, prononça la bénédiction finale et se dirigea vers la sortie tandis que l’assemblée entonnait Ki Besimlah Tetsou.
À l’extérieur du 770, la foule immense se rua vers le Rabbi. Une témoin, Mme Dvora Bootman, se souvient : « J’entendis le Rabbi crier : ‘Pense à un autre Juif ! Pense à un deuxième Juif !’ » Les bousculades étaient si violentes que lorsque le Rabbi voulut monter dans son véhicule, la portière fut arrachée de sa place, et le toit de la voiture s’enfonça sous le poids des hassidim qui s’y étaient hissés pour tendre leurs verres. Le Rabbi continua à distribuer du machké près de la voiture, en précisant que celui qui avait déjà reçu ne devait pas reprendre.
Miracles et merveilles
Beaucoup n’avaient pas réussi à s’approcher. Le jeune Natan Gurary, incapable de traverser la foule, attendit le Rabbi le lendemain matin et lui dit qu’il n’avait pas reçu de L’haïm et que c’était son anniversaire. Le Rabbi le fit entrer dans son bureau et lui versa de son propre gobelet.
Le philanthrope R’ Berel Weiss n’avait pas pu s’approcher non plus — mais son jeune fils, Moshe Aharon, y était parvenu. Le Rabbi lui dit en anglais avec douceur : « Don’t be scared » (N’aie pas peur). Un mois avant le Pourim de l’année suivante, l’enfant fut miraculeusement préservé d’un accident de voiture causé par un véhicule lancé à toute vitesse.
Le Rav Chaïm Paro, quant à lui, avait glissé sur la glace quelques jours auparavant et s’était gravement fracturé la jambe. Les meilleurs spécialistes de New York étaient unanimes : une opération avec prothèse métallique était indispensable. Malgré la douleur, il assista au Farbrenguen avec un plâtre spécial, sans chirurgie. Le Rabbi l’appela, lui donna des mezonot et du machké et le bénit pour une « guérison complète et proche ». Six semaines plus tard, il marchait sans plâtre. Le Rabbi avait tracé un mot sur sa jambe avec un crayon, et toutes ses douleurs s’étaient évanouies. Les médecins n’en croyaient pas leurs yeux.
L’un des miracles les plus émouvants fut celui du Rav David Moshe Klein, marié depuis onze ans sans enfants. Il réussit à se frayer un chemin jusqu’au Rabbi. Celui-ci lui versa de l’eau-de-vie et lui dit d’une voix forte et distincte : « Et ces jours de Pourim — ne cesseront pas de leur descendance. » L’année suivante, exactement à la période de Pourim, leur premier fils vit le jour.
Un « remède avant la plaie » — la guerre des Six Jours
Une lecture spirituelle des événements de ce Pourim hors du commun fut proposée dans les cercles hassidiques. Dans l’un des discours prononcés ce soir-là, le Rabbi avait expliqué comment annuler spirituellement la pensée malveillante des nations du monde. Or, à cette époque précise — exactement un an avant la guerre des Six Jours — les dirigeants arabes entourant Israël élaboraient des plans d’attaque pour anéantir le peuple juif. Il est possible que ce Farbrenguen d’exception ait constitué un « adoucissement des rigueurs » célestes qui neutralisa leurs desseins. Le Rabbi anticipait souvent les dangers qui pesaient sur son peuple, préparant, selon l’expression hassidique, le « remède avant la plaie ».
Le décret de Haman et la réponse divine : d’une menace à une fête éternelle
La Guezérat Haman (décret de Haman) est survenue parce que Haman accusait les Juifs de toujours célébrer, de dire « Chabbat aujourd’hui » ou « Yom Tov (fête) aujourd’hui ». D.ieu répondit qu’Il ferait tomber Haman et ajouterait une fête aux Juifs. Puisque le décret de Haman visait l’ensemble du peuple juif — « du jeune au vieux, enfants et femmes » — la fête de Pourim qui en résulte doit elle aussi réunir tous ces niveaux.
L’unité à Pourim se manifeste dans le fait que, contrairement à la lecture de la Meguila ou aux dons de mishloach manot et matanot la’evyonim (cadeaux aux pauvres), qui dépendent des capacités de chacun, l’interdiction des lamentations et du jeûne, ainsi que le commandement de la fête et de la joie (mishteh ve’simchah), sont universels pour tous. Puisque la Torah est vérité, l’interdiction des lamentations et du jeûne signifie qu’il n’existe objectivement aucune raison au chagrin ni au jeûne. La joie de Pourim, à travers le mishteh ve’simchah, permet d’atteindre un niveau où le jeûne n’est plus nécessaire pour l’expiation ou la purification — comme l’enseigne le Rav Chneur Zalman de Liadi, le Baal HaTanya.
L’unité englobe même les enfants (taf) qui ne sont pas encore en âge de comprendre. La joie doit atteindre le niveau de « jusqu’à ce qu’il ne sache pas » (ad delo yada), même pour le vieil homme — une joie qui dépasse toute compréhension et toute perception. Le point culminant de Pourim est le festin (seudat Pourim), où l’obligation principale est de s’enivrer « jusqu’à ce qu’il ne sache pas ». C’est l’unité de tous les Juifs dans la joie de la Mitsva, une joie qui transcende la raison et la connaissance, et qui se prolonge tout au long de l’année.
L’essence de Haman face à l’essence du Juif : « ne pas s’incliner »
La raison pour laquelle le décret de Haman visait tous les Juifs « du jeune au vieux, enfants et femmes » est que ce qui dérangeait Haman chez Mardochée était précisément le point en lequel Mardochée était égal à tout Juif. Haman avait compris que l’attitude de Mardochée — « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner » — n’était pas une exception individuelle, mais l’essence même de l' »am Mordechai » (le peuple de Mardochée) tout entier.
Ce point de « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner » est l’essence du judaïsme : un Juif « n’est pas séparé de la Divinité (Elokout) ». Cela s’applique à tous les niveaux, « du jeune au vieux, enfants et femmes ». Même le corps d’un Juif ne peut être séparé de la Divinité, même par un acte physique comme se prosterner devant une idole si cela contredit la foi en D.ieu. L’essence de Haman était le « culot sans couronne » (chutzpah belo taga) — une existence pure et brute incapable de tolérer qu’existe dans le monde un point ne reconnaissant pas son autorité. Son décret visait donc tous les Juifs, expression de la « part de D.ieu d’en haut vraiment » (chelek Elokah mi’maal mamash).
La joie de Pourim et son caractère unique parmi toutes les fêtes
La joie de Pourim est unique, car elle atteint le niveau de « jusqu’à ce qu’il ne sache pas » (ad delo yada), contrairement aux autres fêtes — même celles qui sont des commandements positifs de la Torah. La raison en est que Pourim engage l’âme et le corps dans le principe de « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner », qui est le point du judaïsme situé au-dessus même de la Torah. Cela vaut également pour les enfants (taf), qui furent les premiers à apporter de « bonnes nouvelles » (béourot tovot) de la rédemption à Mardochée.
Le récit midrachique évoque la joie de Mardochée lorsqu’il entendit trois versets récités par trois enfants revenant de l’école : « Ne crains pas… » (Al tira), « Faites un plan, et il sera annulé… » (Outsouo etsa), « Jusqu’à la vieillesse… » (Ve’ad zikna). Ces trois versets représentent trois niveaux d’éducation, allant de l’état de l’homme sauvage (ir pera) jusqu’à la conviction que le plan du mal sera annulé par la seule présence de D.ieu.
La brit mila, fondement du mésirout nefech et début de l’éducation juive
Avant ces trois niveaux d’éducation se trouve la brit mila (circoncision), expression du mésirout nefech (abnégation). Le peuple juif, étant « le moins nombreux de tous les peuples » (ha’me’at mikol ha’amim), a toujours eu besoin d’être ancré dans le principe du mésirout nefech. La brit mila, qui constitue une situation de danger pour la vie (sakkanat nefachot) selon le Rambam, est pourtant le début de la vie d’un enfant juif, établissant une alliance éternelle (brit olam) avec D.ieu.
Après la brit mila vient l’éducation.
Le premier niveau est « Ne crains pas », qui est la foi sans raisonnement face à la domination des méchants dans le monde.
Le deuxième niveau consiste à utiliser l’intellect pour contrecarrer les mauvais plans : « Faites un plan, et il sera annulé ».
Le troisième niveau est la réalisation que les lois de la nature — symbolisées par la « vieillesse et les cheveux gris » (zikna ve’séiva) — n’ont aucun pouvoir sur le Juif qui a reçu une éducation juive.
La joie de Mardochée en entendant ces versets venait du fait que les enfants étaient pénétrés de foi et de confiance. Haman l’avait compris : la vraie bataille était avec ces enfants, et sans les éliminer en premier, son décret n’aurait aucun effet.
La leçon éternelle : garantir l’éducation des enfants pour conjurer les décrets
La leçon pour toutes les générations est que même lorsque tout va bien, les Juifs demeurent « le moins nombreux de tous les peuples ». La seule façon de prévenir les décrets est de veiller au comportement des enfants revenant de l’école — qu’ils ne soient pas impressionnés par le monde et qu’ils sachent qu’ils ont le pouvoir de vaincre la nature. Cela engendre une grande joie et entraîne l’annulation de tout mauvais décret.
La Torah et tous ses sujets sont vérité, et le judaïsme est l’union des extrêmes : la Kabbale (sod) et le sens simple (péchat) se rejoignent. La Halakha (loi juive) et le Drouch (exégèse homilétique) ont chacun leurs règles, et le Drouch doit être vérité.
L’explication kabbalistique et ‘hassidique des trois versets est la suivante : « Ne crains pas » (Al tira) concerne les midot (attributs) du cœur ; « Faites un plan » (Outsouo etsa) concerne le mo’hin (intellect) ; le niveau supérieur du mo’hin est appelé « vieillesse » et « cheveux gris », conduisant au niveau le plus élevé : « C’est Moi qui ai fait, Je porterai, J’endurerai et Je sauverai. »
Aucun Juif n’est perdu : l’interdiction du désespoir
Le point essentiel est que chaque Juif — « du jeune au vieux, enfants et femmes » — se trouve en position de « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner », car il est une « part de D.ieu d’en haut vraiment » (chelek Elokah mi’maal mamash). Même ceux qui avaient « profité du festin de ce méchant » ou qui s’étaient « prosternés devant l’idole » firent téchouva (repentir) et se montrèrent prêts au mésirout nefech lorsque le décret fut promulgué. L’histoire de la Choah prouve que même un Juif ayant péché reste Juif et ne peut être séparé de D.ieu. Par conséquent, il est absolument interdit de désespérer d’un Juif.
Le commandement « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Ve’ahavta le’réa’ha kamocha) s’applique à chaque Juif, car même celui qui ne vit pas selon la Torah ne fait qu’une erreur et finira par choisir de « ne pas s’incliner et ne pas se prosterner ». En rapprochant un Juif de D.ieu, on n’ajoute pas seulement une Mitsva, mais une fête à toutes les fêtes qui existaient déjà. Un talmid ‘hakham (érudit de la Torah) est appelé Chabbat, et en révélant le judaïsme de chacun, on ajoute une fête.
La Meguila, instruction pour tous les temps — lire l’histoire comme un présent
Le principe de « l’œuvre des pères est un signe pour les fils » (ma’assé avot siman labanim) signifie que chaque récit de la Torah est une instruction pour la vie quotidienne. La Meguila doit donc être lue non pas comme une histoire passée — ce qui revient à « lire la Meguila à l’envers » et annule le commandement — mais comme un événement se produisant maintenant.
Les fêtes de Pourim et de ‘Hanoukka sont particulières : elles correspondent aux séfirot de Netsah’ (éternité) et Hod (splendeur), qui sont « en dehors du corps » (le’bar migufa). Elles ont été établies alors que les Juifs n’étaient pas maîtres d’eux-mêmes. ‘Hanoukka s’est déroulée en Terre d’Israël sous le joug grec. Pourim, en revanche, s’est produit en Galout (exil), alors que les Juifs étaient « dispersés et séparés parmi les peuples » (méfouzar ouméforad bein ha’amim).
Le festin de ce méchant : quand la proximité avec les nations met Israël en danger
Avant le décret de Haman, le royaume était bienveillant envers les Juifs, et Mardochée « siégeait à la porte du roi », où il avait établi une Yéchiva avec le Sanhédrin (la haute cour). Comment un décret a-t-il pu survenir dans une telle situation, avec des Juifs occupant de hautes fonctions ?
Le problème était que des Juifs « profitaient du festin de ce méchant » (néhounou mis’oudato chel oto racha), se sentant inférieurs et cherchant l’approbation du roi. Malgré leur position élevée au sein du royaume, leur désir de se fondre parmi les nations a mis en péril l’existence même du peuple d’Israël.
La source des difficultés vient lorsque les Juifs s’associent aux méchants et que le mal commence à « s’apitoyer » sur les enfants juifs — comme la plainte de Haman concernant la brit mila à huit jours, et sa protestation contre l’observance du Chabbat et de la Shmita (année sabbatique), qui nuisaient selon lui à l’économie du royaume.
L’annulation du décret : la téchouva avant l’action naturelle
L’annulation du décret ne vint pas par des moyens naturels — la diplomatie ou l’intercession auprès du roi — mais par la téchouva (repentir) et le jeûne. Mardochée, chef du Sanhédrin, continua d’étudier les lois relatives au Temple (Halakhot Kémitsa) même en temps de danger. L’action dans la voie naturelle n’intervint qu’après le renforcement du lien avec D.ieu.
La Meguila est une instruction pour tous les temps, même en temps de paix. Il y a toujours ceux que dérange le fait que les Juifs « ne s’inclinent pas et ne se prosternent pas ». Les Juifs doivent se comporter en peuple à part, sans honte — et c’est précisément cela qui les élève.
L’attitude de Mardochée et d’Esther à la cour du roi montre qu’ils ont maintenu leur mode de vie juif (observance du Chabbat, de la Cacherout). Le respect d’Assuérus pour Esther ne fit que croître lorsqu’il sut qu’elle était liée à Mardochée. La leçon : la quantité (être « le moins nombreux de tous les peuples ») est compensée par la qualité.
La leçon morale (Moussar Haskel) de la Meguila est de ne pas se laisser séduire par ceux qui « profitent du festin de ce méchant ». Mardochée savait que le décret ne venait pas de Haman ni d’Assuérus, mais d’un décret céleste (Beit Din chel Ma’ala) à cause de nos péchés. Le changement d’attitude des non-Juifs ne suffisait pas à l’annuler. L’annulation du décret céleste n’eut lieu qu’après le jeûne de trois jours de l’ensemble du peuple.
La leçon pratique : dans la vie quotidienne, il faut d’abord obtenir l’approbation de D.ieu en annulant les péchés, et seulement ensuite agir par des voies naturelles. Ouvrir son commerce plus tôt n’est pas le moyen de « soudoyer » D.ieu ; l’étude de la Torah et la prière le sont.
Le nom de Pourim et le concept du hester : l’identité juive même dans la dissimulation
Le nom « Pourim » en persan (pour — sort) et l’absence du Nom de D.ieu dans la Meguila enseignent qu’un Juif doit être « reconnu » comme Juif même lorsqu’il traite d’affaires mondaines et parle d’autres langues. L’essence du nom « Pourim » est chargée de sens, et l’absence du Nom divin signifie que même dans un lieu impur, le Juif est au-dessus de la nature.
Le nom « Pourim » et le fait que la Meguila ait été rédigée par Esther soulignent l’importance du concept de « הסתר » (hester — dissimulation), voire du double hester (hester astir — dissimulation dissimulée). La grandeur d’Esther réside dans le fait que même étant reine, elle « faisait ce que disait Mardochée » (et ma’amar Mordekhai Esther ossa). Cela enseigne que la femme juive, akeret habayit (maîtresse du foyer), a le pouvoir d’établir des générations de « postérité bénie de D.ieu » (zéra baroukh Hachem).
L’observance du Chabbat et du Yom Tov par les Juifs n’est pas seulement bénéfique pour eux — elle est condition de survie pour le pays tout entier.
Kfar Habad et la distinction entre village et ville : l’élan (chtoure’mm) dans la diffusion du judaïsme
La distinction halakhique de Pourim entre les villages (kéfarim), les grandes villes (ayarot guédolot) et les villes entourées de murs (moukafot ‘homa) est liée à la signification du nom de Kfar Habad. L’habitant du village (ben kéfar) est plus ému et s’émerveille davantage devant le roi que l’habitant de la grande ville (ben karakh), habitué à ces spectacles. Cela signifie qu’il faut agir avec chtoure’mm (élan, enthousiasme) pour répandre le judaïsme — ce qui a plus d’effet que la simple compréhension intellectuelle.
Nizkarim et na’assim : la compréhension qui se transforme immédiatement en action
Le fait que Pourim tombait le dimanche cette année-là (en 1966 / 5726) crée une connexion particulière entre « Se souvenir » (nizkarim — lecture de Parchat Zakhor le Chabbat) et « Être accompli » (na’assim — actions de Pourim le dimanche). Cela signifie que l’élimination d’Amalek (et de Haman) se produit immédiatement, et conduit à la rédemption. La compréhension intellectuelle (nizkarim) doit se transformer sans délai en action pratique (na’assim).
La séquence des sections de la Torah lues à Pourim (Ki Tissa) est reliée au concept que D.ieu « envoie la guérison avant la maladie » (makdim réfoua lamaka). Le problème du veau d’or était superficiel, tout comme la prosternation des Juifs devant l’idole au temps d’Assuérus.
Le Tsémah’ Tsédek (troisième Rabbi de Loubavitch) explique que la bénédiction « Qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents » (chélo nétannou téref léchiné’hem) fait référence à la lettre chin (ch), la petite parcelle de bien dans le mal (racha), racine du Tohou (chaos). En ôtant le chin (les dents), il ne reste plus que le ra (le mal pur). En agissant par la Torah et les Mitsvot, le Juif est capable de vaincre ce mal.
L’acceptation de la Torah à Pourim : « ils ont maintenu et accepté »
À Pourim, les Juifs « ont maintenu et accepté » (kiyémou vékibélou) ce qu’ils avaient reçu au mont Sinaï. L’essence de Pourim est la réaffirmation de cette acceptation de la Torah — non pas sous la contrainte comme au Sinaï (« la montagne suspendue au-dessus d’eux »), mais librement, par amour et par joie.
Les différences d’ordre entre la Shmita (année sabbatique) et le Yovél (jubilé) dans le Targum Chéni et l’Aggadat Esther reflètent deux opinions halakhiques. La leçon spirituelle est qu’il existe deux approches : d’une part, le Yovél (compréhension, étude — Bina) suit la Shmita (acceptation du joug — Malkhout), voie pour la majorité des gens (Halakha du Talmud de Babylone) ; d’autre part, le Yovél précède la Shmita, voie des individus exceptionnels (Halakha du Talmud de Jérusalem).
La Tsedaka à Pourim : donner « jusqu’à ce qu’il ne sache pas »
Le commandement de la Tsedaka (charité) à Pourim doit être accompli de manière « jusqu’à ce qu’il ne sache pas » (ad delo yada), car D.ieu ne reste jamais débiteur : la Tsedaka est une garantie de bénédictions matérielles.
Le but de chaque Juif est de travailler dans son environnement avec l’ensemble des Juifs — « du jeune au vieux, enfants et femmes » — afin que la joie de Pourim demeure éternellement et mène à la Rédemption imminente.
La veille de Pourim — le Rabbi lit la Méguila dans sa demeure
La veille de Pourim, le Rav Yaakov Holtzman rapporta que le Rabbi avait tenu à lire lui-même la Méguila dans sa maison, et ce, en dépit de l’absence de la Rebbetzin ce soir-là. Loin de reporter la lecture, il la accomplit avec la même dévotion, comme pour souligner que la sainteté de la fête ne souffre aucun déloi.
Un Farbrenguen comme le monde n’en avait jamais vu
Ce soir de Pourim 5718 (1958) reste gravé dans la mémoire de tous ceux qui eurent le privilège d’y être présents. Jamais encore un tel Farbrenguen n’avait été organisé : des centaines de personnes se pressaient dans la grande salle de Rutland Road, à Brooklyn — le plus grand rassemblement hassidique que l’on eût connu jusqu’alors.
À 20h30 précises, le Rabbi fit son entrée. Nul ne pouvait alors imaginer que cette assemblée se poursuivrait jusqu’à 5h30 du matin, quand les premiers rayons du soleil commencèrent à effleurer les toits de Brooklyn. Neuf heures de révélations continues, d’enseignements profonds et de joie débordante — un événement qui laissa tous les participants sans voix.
Chants et enseignements — un rythme qui ne s’arrêtait pas
Dès l’ouverture du Farbrenguen, l’atmosphère fut marquée par une joie intense et communicative. Le Rabbi ordonna de chanter des nigoune joyeux, entrecoupant chaque chant d’une Chiha, et chaque Chiha d’un nouveau nigoune — une alternance fluide et vivante qui entraîna l’assemblée dans un élan collectif irrésistible.
Ceux qui observaient le Rabbi ce soir-là remarquèrent qu’il rayonnait d’une allégresse intérieure particulière, différente de celle des autres soirs. On comprend aujourd’hui que ces jours coïncidaient avec l’anniversaire de la fondation de la Yéchiva « Tomkhei Témimim » en Amérique, qui tombait précisément lors de ce Chabbat de Pourim — une date qui tenait une place toute particulière dans le cœur du Rabbi.
Des nigoune qui portent l’âme vers les sommets
Au début de la soirée, alors que l’assemblée commençait à chanter, le Rabbi demanda d’entonner le nigoune « Kaéts mi’houd ». Il précisa avec soin la manière dont il devait être chanté, veillant à ce que chaque inflexion fût juste et conforme à la tradition. Puis il demanda de poursuivre avec le nigoune de « Ta’anit Esther » — un nigoune de joie profonde, propre à Pourim, qui chasse toute mélancolie et élève l’âme.
Le Rabbi lui-même se mit à fredonner, d’une façon inhabituellement animée, comme si la joie de la fête avait pleinement pris possession de son être.
L’enseignement sur la Michké — une profondeur insondable
Dans le courant du Farbrenguen, le Rabbi aborda le sens spirituel de la Michké à Pourim. Il déclara que tout Hassid — tout homme attaché à la Torah — a le devoir de boire à Pourim. Mais ce n’est pas une boisson ordinaire : la Michké, dit-il, est une boisson aux cinq essences profondes — « arbre », « rivière », « Éden », « Aleph Hochma », « intériorité de la sagesse » et « intériorité du désir ». L’exposé du Maamar sur ce sujet fut d’une telle densité et d’une telle richesse qu’il en devint difficile à résumer.
Puis commencèrent les grandes révélations. Le Rabbi nomma un à un les élèves fondateurs de la Yéchiva « Tomkhei Témimim » en Amérique, ainsi que les premières générations de Témimim qui avaient étudié là-bas dix-sept ans auparavant, précisément lors de ce Chabbat de Pourim. Il les bénit chacun par leur nom : Zaav Zèldrowitz, Avraham Barnetzki, Mendel Féldman, Its’hak Kaladni, Yehoua Goodman, et bien d’autres encore. « Aujourd’hui, les Témimim ont fondé la Yéchiva en Amérique », dit-il avec émotion, avant de consacrer de longs développements à l’éloge de cet établissement.
Le Rabbi plonge dans ses profondeurs intérieures
À un moment de la soirée, il devint évident pour tous que le Rabbi était entré dans un état intérieur d’une profondeur particulière. Une source de joie invisible semblait se répandre sur son visage, et les Hassidim, en le contemplant, sentaient qu’ils se trouvaient en présence de quelque chose d’exceptionnel.
Le Rabbi livra alors un enseignement saisissant selon lequel le mouvement hassidique est « Hemên » — la manne — du côté de Mordékhaï, et qu’il en serait ainsi d’année en année.
Avant d’entonner le nigoune « Dérékh », il s’adressa à l’assemblée en ces termes :
« Je ne sais pas si vous connaissez toutes les paroles de ce nigoune — mais nos ancêtres étaient de bonnes gens, et leur nigoune leur ressemble… En toutes circonstances, à chaque instant où l’on ne voit pas encore l’aboutissement de l’acte, les uns et les autres se diront : ‘Le’haïm — à la vie !' »
Un témoignage écrit — la nuit qui n’en finissait pas
Dans une lettre, le Rav Arié Tzimmer décrivit ainsi l’atmosphère de ce Farbrenguen :
« Le Farbrenguen coulait sans interruption, comme on dirait ‘jusqu’à l’aurore’. Il ne révélait que l’intériorité cachée. Tous y étaient présents — car même un seul suffit à faire descendre du Ciel les bontés et les bienfaits — et la Torah de Pourim, dans son essence, est la conduite du Roi. »
Au cœur de cette nuit mémorable, un Hassid répondant au surnom de « Hourbitch » se leva et s’avança. Le Rabbi, amusé, lança aussitôt : « Donnez-lui une coupe de Michké — offrez-lui un cocktail et dites-lui que c’est un ‘Cocktail’ ! » L’assemblée éclata de rire.
L’enseignement sur « Ad délo yada » — jusqu’où peut-on aller ?
Vers la fin du Farbrenguen, le Rabbi aborda avec une rare profondeur la question du « Ad délo yada » — « jusqu’à ce qu’on ne sache plus distinguer » — commandement central de la fête de Pourim :
« Il y a des gens intelligents qui pensent ne jamais pouvoir atteindre cet état, parce qu’ils n’ont jamais bu suffisamment de vin. Mais ce n’est pas là l’essentiel. Ce que l’on doit chercher, c’est l’annulation de l’ego de l’intellect — car c’est lui, véritablement, la Roch — la tête — qu’il faut dissoudre. Et alors, une seule coupe suffit, remplie à ras bord depuis le début, pour atteindre l’état de Lévsommi — l’ivresse intérieure — et parvenir à l’état de ‘d’Arour Aman’ (maudit soit Aman), jusqu’au ‘Ad délo yada’. »
Et il conclut, avec un sourire : « Il n’est donc pas nécessaire de se préparer longuement — inutile de tarder pour dire ‘Le’haïm’. On peut y parvenir d’un seul coup, en une seule fois. »
Aussitôt, le Rabbi donna le signal : l’assemblée entonna un nigoune de danse d’une puissance extraordinaire, et la salle tout entière fut emportée dans un tourbillon de joie et d’allégresse.
Le Farbrenguen s’acheva à 5h30 du matin, à l’heure où l’aube blanchissait le ciel de Brooklyn.
I. Chabbat Zakhor (Le Chabbat précédant Pourim)
II. Le Jeûne d’Esther (Ta’anit Esther)
III. Le Demi-Sicle (Ma’hatsit HaShekel)
IV. Préparatifs et Entrée dans la fête
V. La lecture de la Meguila
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I. Chabbat Zakhor (Le Chabbat précédant Pourim)
La fête de Pourim approche, et avec elle un ensemble de lois qu’il convient de maîtriser : Chabbat Zakhor, le demi-sicle (Ma’hatsit HaShekel), le jeûne d’Esther, les Michloa’h Manot, les dons aux pauvres et la lecture de la Méguilah. C’est tout un univers que deux cours ne sauraient épuiser, mais que l’on s’y emploiera avec l’aide de D.ieu.
Commençons par Chabbat Zakhor. Il existe une obligation de se souvenir d’Amalek, commandement explicitement inscrit dans la Torah : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek. » Idéalement, ce souvenir doit s’accomplir selon la prescription de nos Sages, à savoir la lecture publique de la Torah.
Que se passe-t-il si quelqu’un ne peut assister à cet office ? L’obligation étant la lecture en public, il est possible de l’accomplir le jour de Pourim lui-même, en assistant à la lecture de la paracha « Vayavo Amalek » (Et Amalek vint), qui se conclut par l’injonction d’effacer le souvenir d’Amalek. Ainsi, l’homme ou la femme qui n’aura pu venir à Chabbat Zakhor pourra se rendre à la synagogue quelques minutes avant la lecture de la Méguilah pour entendre cette lecture et s’en acquitter. Celui qui maîtrise les accents de cantillation (Ta’amei HaMikra) aura tout intérêt à les mettre en valeur, tant leur importance est grande.
Concernant les femmes, de nombreux grands décisionnaires — Richonim et A’haronim — ont établi qu’elles ne sont pas tenues par cette obligation. Le Sefer HaHinoukh le précise explicitement. La décision halakhique suit cette voie : stricto sensu, elles ne sont pas obligées, mais il y a néanmoins une Mitsva à accomplir cette lecture. Ce n’est pas une obligation, mais un acte méritoire. C’est pourquoi l’on voit les femmes juives se presser à la synagogue le matin de Chabbat Zakhor, s’arrangeant du mieux possible avec leurs maris et leurs enfants.
Que faire lorsque cela n’est pas envisageable ? Peut-on organiser un Minian et sortir un Sefer Torah spécialement pour une lecture destinée aux femmes ? Il est en principe interdit de sortir un Sefer Torah sans obligation formelle de lecture. Certains décisionnaires l’admettent toutefois, en s’appuyant sur les opinions qui reconnaissent aux femmes une certaine obligation.
La solution la plus sage, de l’avis du Rav, consiste à organiser la lecture pour les femmes et les enfants à la suite de l’office de Min’ha. Si l’on ne peut les réunir le matin, on organisera un Minian pour Min’ha Guedola à 13h00. Puisque le Sefer Torah est de toute façon sorti pour la lecture obligatoire de Min’ha, on roulera le parchemin jusqu’à la section « Zakhor » et on la lira pour elles après les trois montées réglementaires. C’est la voie la plus droite pour dissiper tout doute.
Pourquoi ne prononce-t-on pas de bénédiction sur cette Mitsva ? Si c’est un commandement de la Torah, ne devrait-on pas dire « Acher kidéchanou… al mikra Zakhor » ? Les décisionnaires expliquent que cette Mitsva est associée à l’anéantissement d’êtres humains. Or, même s’il s’agit de méchants, le Saint Béni soit-Il ne Se réjouit pas de leur perte — comme lors de la traversée de la Mer Rouge, où les anges furent empêchés de chanter. Ce n’est donc pas un moment de louange et d’exaltation, et par extension, on ne prononce pas de bénédiction.
II. Le Jeûne d’Esther (Ta’anit Esther)
Venons-en au jeûne d’Esther. Pourquoi jeûnons-nous ? Maïmonide enseigne que ce n’est pas le jeûne de trois jours qu’Esther avait accompli (celui mentionné dans la Méguilah, qui eut lieu à Pessa’h). Ce jeûne est institué parce que, selon la Halakha, lorsque l’on part en guerre, on se prépare par le jeûne — à l’image de Moïse lors de la bataille contre Amalek. Cependant, ceux qui combattent physiquement ne doivent pas jeûner, afin de conserver leurs forces. Ce sont donc les non-combattants qui jeûnent. Dans le cadre de l’histoire de Pourim, Esther, qui demeura au palais, jeûna pour ceux qui se battaient. Cette interprétation du Rabbi explique de façon lumineuse pourquoi ce jeûne porte le nom de « jeûne d’Esther ».
Qui en est dispensé ? Une femme enceinte ou allaitante — soit jusqu’à vingt-quatre mois après l’accouchement, même en l’absence d’allaitement effectif — n’est pas tenue de jeûner. Il en va de même pour tout malade, même sans danger vital. Toutefois, le Echel Avraham de Boutchatch apporte une précision importante : bien qu’elles ne soient pas obligées de jeûner, il convient que ces femmes ne se livrent pas à des agapes. Elles doivent réduire quelque peu leur consommation, en qualité ou en quantité, pour s’associer à la peine de la communauté. Une alimentation simple — salade, omelette — plutôt que viande et mets délicats.
Pour les jeunes mariés encore dans les sept jours de festin (Cheva Brakhot), la question se pose de savoir s’ils doivent jeûner. La Michna Beroura tend à l’indulgence, et compte tenu de la faiblesse de notre génération, on suit l’avis qu’ils ne jeûnent pas.
Concernant le rinçage de la bouche : le Choul’han Aroukh indique qu’on ne se rince pas la bouche pendant un jeûne, par crainte d’avaler de l’eau. Or, de nos jours, les gens sont habitués à se brosser les dents quotidiennement et souffrent de ne pas le faire. Il est donc permis de se rincer la bouche, à condition de pencher la tête en avant pour s’assurer de ne rien avaler. L’utilisation de bain de bouche ou de dentifrice rend cette permission encore plus évidente, car l’eau mélangée à ces produits n’est plus potable en aucune façon. L’essentiel demeure de ne rien avaler.
La Ségoula du Kav HaYashar mérite d’être mentionnée : cet ouvrage de moussar et de kabbala très estimé (chapitre 99) enseigne que le jour du jeûne d’Esther est un moment d’une grâce particulière (Et Ratson) pour que les prières soient exaucées. Il conseille de réciter le Psaume 22 (Lamnatséa’h al Ayélet HaSha’har), qui fait allusion à Esther, puis d’épancher son cœur devant D.ieu en demandant ce dont on a besoin — santé, enfants, subsistance — en invoquant le mérite de Mardochée et d’Esther. C’est un jour d’amour et de volonté divine.
III. Le Demi-Sicle (Ma’hatsit HaShekel)
L’usage consiste à donner trois pièces dont la valeur faciale représente « la moitié » — un demi-shekel en Israël, un demi-dollar aux États-Unis. Le chef de famille donne pour lui-même, mais il est d’usage de donner également pour sa femme et ses jeunes enfants. Certains ont même la coutume de donner pour un fœtus (oubar), car le verset dit « tout ce qui passe (over) par le dénombrement », allusion au fœtus à naître.
Certains zélés (Méhadrin) souhaitent donner la valeur réelle d’un demi-sicle en argent (environ neuf à dix grammes d’argent pur). C’est une pratique louable, mais la coutume répandue est de se contenter des trois pièces de monnaie locale.
D’où doit provenir cet argent ? On ne saurait utiliser l’argent du Maasséur (la dîme) pour cette obligation, car il s’agit d’une obligation personnelle (‘Hovat Gavra). On ne s’acquitte pas de ses dettes avec l’argent de la charité.
À qui remettre cette somme ? Aux besoins de la synagogue ou à des érudits en Torah dans le besoin. Quant au moment, à Jérusalem et selon la coutume Habad, on le donne le jour du jeûne d’Esther avant Min’ha. D’autres le donnent le soir de Pourim avant la lecture de la Méguilah.
IV. Préparatifs et Entrée dans la fête
Doit-on porter des vêtements de Chabbat le soir de Pourim ? Oui. Le Kav HaYashar mentionne qu’en Pologne, la coutume était de revêtir des habits de fête pour se rendre à la synagogue ce soir-là. Bien que cela soit évoqué comme une « coutume de Rabbanim », la grande majorité des gens s’habille aujourd’hui en vêtements de Chabbat.
Il est également très important pour les hommes de s’immerger au Mikvé, même ceux qui n’y vont pas quotidiennement. Il convient de se purifier pour accueillir la sainteté du jour. Certains le font avant le jeûne, d’autres — à l’instar du Arizal — avant la Méguilah, et beaucoup le matin de Pourim.
Dès le coucher du soleil, il est interdit de prendre un vrai repas ou de s’endormir avant d’avoir entendu la Méguilah. Quelqu’un qui a très faim ou se sent faible peut goûter quelque chose après la sortie des étoiles — jamais avant. « Goûter » signifie : fruits, légumes, viande sans restriction de quantité, ou du pain et des gâteaux en quantité inférieure à un œuf (Kambetsa).
Les femmes qui attendent à la maison que leur mari revienne de la synagogue pour leur lire la Méguilah peuvent manger ce « goûter » permis après la sortie des étoiles. Si elles sont épuisées et souhaitent somnoler en attendant, cela est permis à condition de demander à quelqu’un de les réveiller (un chomer).
V. La lecture de la Meguila
La lecture peut avoir lieu tout au long de la nuit. Idéalement, il ne faut pas dépasser minuit (Hatsot), mais en cas de force majeure, on peut lire jusqu’à l’aube (Alot HaSha’har).
Bien qu’il soit écrit qu’il faut rassembler sa famille à la synagogue (« Bérov Am Hadrat Mélekh »), de nombreuses familles organisent aujourd’hui des lectures à domicile pour les femmes, en raison des contraintes logistiques.
Si quelqu’un arrive tard et que la lecture de la Méguilah débute alors qu’il n’a pas encore prié Maariv : selon la Kabbale, la prière a la priorité. Mais s’il risque de manquer la lecture publique (Betsibour), il vaut mieux écouter la Méguilah avec l’assemblée et prier ensuite, à condition d’être certain de pouvoir le faire.
Les femmes sont obligées d’entendre la Méguilah au même titre que les hommes, car « elles aussi ont bénéficié du miracle » — et ce miracle s’est d’ailleurs accompli par l’intermédiaire d’une femme, Esther elle-même. Sont-elles tenues de l’entendre en présence d’un Minian ? Le débat existe, mais la conclusion — citant le Rav Chelomo Zalman Auerbach — est qu’une femme n’est pas strictement obligée de chercher un Minian. Si elle le peut, c’est préférable ; sinon, une lecture individuelle à domicile est parfaitement valable.
Sur l’éducation des enfants, le Rav insiste chaque année : il faut apprendre aux enfants à écouter réellement la Méguilah, et pas seulement à être présents pour faire du bruit avec leurs gragers lorsque le nom de Haman est prononcé. Ils doivent entendre chaque mot. S’ils en ratent un à cause du brouhaha, ils ne sont pas quittes de leur obligation.
Concernant les bénédictions pour les femmes : qu’une femme lise pour elle-même ou qu’un homme lise pour elle, elle peut réciter les bénédictions. Le Rabbi avait une belle coutume : il récitait les bénédictions à voix basse en même temps que l’officiant. Quant à la bénédiction finale (Harav et rivénou), la coutume Habad — et celle du Rabbi précédent — est de la réciter même en l’absence de Minian.
Que D.ieu nous accorde de célébrer ce Pourim dans la joie et la sainteté, et que le Ma’hia’h vienne bientôt nous délivrer et nous enseigner la Torah en plénitude. Amen.
Rav Shraga Nathan Dahan
À Pourim, nous sommes tenus d’accomplir plusieurs Mitsvot : donner la charité aux pauvres (matanot la’évionim), offrir des plats de nourriture à notre entourage (mishloach manot), lire la Meguila et organiser un festin (mishteh). Je voudrais m’attarder particulièrement sur ces actes de donner – la nourriture à autrui et la charité aux nécessiteux.
Ces Mitsvot comportent une particularité : on ne peut pas donner autant qu’on veut, il existe un taux minimal précis. Je dois donner à deux pauvres, et concernant les plats de nourriture, je dois en offrir à au moins une personne. Pourquoi ces lois stipulent-elles un minimum ?
En réalité, c’est parce que ces Mitsvot sont accomplies avec notre cerveau. Pourim possède un règlement précis, un ordre établi. On dit souvent que Pourim est une fête de désordre, d' »ad lo yada » (jusqu’à ne plus savoir distinguer), où tout est « balagane » (désordre) et où tout le monde est excité. Non ! Il existe un ordre très précis à Pourim.
Laissez-moi vous expliquer quelque chose de fascinant. Nous avons souvent envie de faire des choses, mais d’où viennent ces envies ? L’envie naît dans le cœur – j’ai envie d’un bon steak, j’ai envie de boire un jus. Après que cette envie se manifeste, je commence à réfléchir avec mon cerveau et j’essaie de la rationaliser.
Cela provient de l’âme animale (nefesh habehamit), qui est située dans le cœur, plus précisément dans la chaleur du sang qui circule dans la partie gauche du cœur. Cette énergie influence nos désirs et envoie également du sang au cerveau, qui comprend qu’il doit trouver des raisonnements pour justifier nos envies.
À l’inverse, l’âme divine (nefesh ha’elokit) fonctionne différemment. Elle est installée dans notre cerveau et raisonne différemment. Elle ne part pas de l’envie, mais du besoin. Qu’est-ce qui est nécessaire ? De quoi le monde a-t-il besoin ? Comment puis-je faire avancer le monde ? Après avoir réfléchi à une idée que nous devrions réaliser, l’âme divine, depuis le cerveau, envoie des ordres au cœur pour qu’il s’active et désire accomplir ces actions raisonnées. C’est alors que nous pouvons réaliser ces choses avec beaucoup de joie – le cœur fonctionne, mais sous la direction du cerveau.
Cet ordre des choses est essentiel, et c’est ce que nous enseigne la fête de Pourim. Nous commençons par la lecture de la Meguila. Si l’on examine l’histoire de la Meguila, elle raconte comment un peuple voulait anéantir le peuple juif, mais n’a finalement pas réussi – un scénario qui s’est répété maintes fois dans notre histoire.
Ce qui rend Pourim unique, c’est qu’il s’agit du seul événement où un décret visait l’annihilation de tout le peuple juif en un seul jour. Ce décret a été annulé, mais l’enseignement va plus loin. Des miracles se produisent quotidiennement – prenons-nous le temps de les observer et d’exprimer notre gratitude ? Parfois, nous attribuons les événements au hasard, mais il existe une Providence divine précise derrière chaque chose.
« Megilat Esther » signifie non seulement « le rouleau d’Esther », mais aussi « dévoiler les secrets » (Esther étant lié au mot « seter », secret). Lorsque nous lisons la Meguila, nous devons utiliser notre cerveau pour discerner la Providence divine dans l’histoire de la Meguila et dans notre vie quotidienne. C’est alors que nous découvrons que la Meguila est imprégnée de Providence divine, que chaque événement suit un ordre précis.
Une fois cette compréhension acquise, la joie s’installe naturellement et le cœur commence à fonctionner. Ensuite, nous partageons des plats avec notre entourage et organisons le festin. Maintenant que notre cerveau a fonctionné et que nous avons compris pourquoi nous devons nous réjouir, nous pouvons exprimer les sentiments du cœur – une joie sans limite.
Cet ordre est crucial, car quelle différence y aurait-il sinon entre celui qui boit du vin lors du festin de Pourim et celui qui s’enivre dans un bistrot jusqu’à perdre ses moyens ? Lors du mishteh, nous buvons du vin parce que nous avons d’abord compris pourquoi nous le faisons – c’est le cerveau qui nous a fait raisonner et comprendre les secrets de Pourim. Cette compréhension nous amène ensuite à une joie sans limite, mais nous savons qu’elle provient de l’âme divine.
Celui qui accomplit les pratiques de Pourim sans respecter cet ordre nécessaire n’a rien compris. Il faut d’abord faire fonctionner notre cerveau, puis notre cœur.
Rav Mihael Taieb
Il y a près de 20 ans vivait encore parmi nous un homme nommé le Machpia Shalom Feldman, que la paix soit sur lui. Ceux qui ont eu le privilège d’entendre ses nombreuses histoires témoignent de sa sagesse profonde. Durant une année de travail commun à la Yeshiva Habad de Holon, chaque trajet nocturne offrait l’occasion d’entendre de véritables perles de sagesse de sa bouche.
Une fois, il a partagé cette réflexion : même si quelqu’un prend beaucoup de « Lé’haïm » (boissons alcoolisées) – alors que généralement l’alcool délie les langues selon l’adage « le vin entre, le secret sort » – un secret vraiment profond, qu’une personne ne veut absolument pas révéler, restera gardé même après tous les « Lé’haïm » du monde.
Cette observation fait écho à l’enseignement de la Michna qui stipule : « L’homme est toujours responsable [mouad] ». Une personne demeure entièrement responsable de ses actes et ne peut jamais prétendre « c’était une erreur ». Plus surprenant encore, la Michna affirme que cette responsabilité s’étend même au sommeil.
Comment comprendre cette responsabilité pendant le sommeil ? La Hassidout l’explique ainsi : notre cerveau subconscient fonctionne de telle façon que si, pendant la journée, il était absolument certain pour nous qu’une certaine chose n’arriverait pas pendant notre sommeil, alors elle n’arriverait pas. Si quelque chose se produit pendant notre sommeil, c’est le signe que pendant la journée, ce n’était pas totalement exclu dans notre esprit.
De même pour l’alcool : si certains comportements émergent sous son influence, on ne peut se défendre en disant « ce n’était pas ma faute, j’avais bu ». Ces actes révèlent des tendances qui auraient pu se manifester même sans alcool ; l’ébriété a simplement abaissé les barrières du contrôle.
Le Rav Leibel Groner, de mémoire bénie, racontait qu’un Chabbat Mevar’him Iyar, le Rabbi avait déclaré que ce Chabbat représentait l’alliance de tous les mois d’été à venir. Après Pessah commence l’été, et le Rabbi enseignait que tout commencement doit se faire dans la joie, car la joie brise les barrières. Ayant demandé aux Hassidim d’entonner un air joyeux, le Rabbi s’est alors levé et a commencé à danser avec une intensité extraordinaire. La foule l’a rejoint dans cette danse exultante.
Après quelques minutes, le Rabbi s’est rassis, essoufflé par l’effort. Le Rav Groner, se tenant à ses côtés, l’a entendu murmurer : « Que produira tout cela dans la pensée, la parole et l’action ? » Cette anecdote nous enseigne qu’à Pourim, même dans la joie des « Lé’haïm », il faut garder à l’esprit que D.ieu se tient au-dessus de nous.
La Meguila dit : « Les Juifs eurent la lumière, la joie, l’allégresse et l’honneur. » Nos Sages interprètent : « la lumière » représente la Torah, « l’allégresse » symbolise le festin. La halakha recommande d’étudier la Torah avant de participer au festin de Pourim.
L’essence de Pourim, selon la Hassidout, surpasse celle des autres jours de fête (yom tov). Lors des jours de fête ordinaires, le travail est interdit, des vêtements spéciaux sont requis, et à Yom Kippour, même manger est prohibé – un détachement complet du monde matériel est exigé. Pourquoi ces restrictions ? Parce qu’une lumière divine particulière descend dans le monde ces jours-là. Cette révélation divine ne peut résider que dans un réceptacle approprié, capable de la contenir.
Si quelqu’un ne se détache pas des activités mondaines durant ces fêtes, ne porte pas les vêtements appropriés, n’assiste pas aux offices – alors il ne s’est pas positionné, physiquement et spirituellement, là où la révélation se manifeste. Par conséquent, bien que la révélation soit présente, il ne la reçoit pas. Plus la révélation est élevée, plus grand doit être notre détachement des affaires mondaines.
À Pourim, cependant, le travail est permis. La tradition Hassidique explique qu’à Pourim, ce n’est pas simplement une révélation divine qui se manifeste, mais l’essence même de D.ieu.
Cette essence transcende toutes les catégories. Dire de D.ieu qu’Il est « sans limites » est à la fois vrai et faux, car cette définition elle-même constitue une limitation. De même, Le décrire comme « limité » est également vrai et faux. La vérité est que D.ieu échappe à toute définition. Dans le langage de la Hassidout, Il est simultanément sans limites et limité, au-delà de ces catégories mêmes. L’ouvrage kabbalistique « Avodat Hakodesh » affirme que « l’Infini, béni soit-Il, est la perfection de tout » – et si l’on dit de Lui qu’Il est sans limites mais pas limité, on L’a déjà limité, diminuant Sa perfection.
De là découle l’expression Hassidique que D.ieu « porte les contraires en Lui-même ». L’infini et le fini sont contradictoires, normalement incompatibles, mais en D.ieu ils coexistent harmonieusement. D.ieu, qui transcende à la fois l’infini et le fini, peut les unir parfaitement. C’est l’essence de Pourim.
Cette révélation de l’Essence divine peut donc nous atteindre même si nous continuons nos activités quotidiennes – conduire, cuisiner, téléphoner. Bien qu’il soit préférable de ne pas travailler ce jour-là, Pourim n’exige pas le détachement complet imposé par Yom Kippour.
Le miracle, comme l’enseignait le Rabbi dans son discours de Pourim 5716, est que cette révélation de l’Essence divine se manifeste spécifiquement dans le festin de Pourim. Les femmes qui préparent la nourriture pour ce festin doivent savoir que leurs plats serviront de réceptacle à la révélation de D.ieu Lui-même.
Le festin de Pourim n’est donc pas une simple occasion de réjouissance, mais une joie imprégnée de sainteté et de pureté. Une joie de repentir dans l’allégresse. Une joie qui brise les barrières et révèle l’Essence divine.
C’est pourquoi « les Juifs eurent la lumière et la joie. » Pour aborder ce repas dans l’esprit approprié, il convient d’étudier préalablement un sujet de Torah – un midrash sur Pourim, un passage de la Guemara du traité Meguila, un discours Hassidique, un chapitre du Tanya – de réciter quelques psaumes, de se purifier les mains, puis de se réjouir sans limites. Mais à chaque verre de « Lé’haïm », il faut se rappeler : « Que produira tout cela dans ma pensée, ma parole et mon action ? »
La halakha prescrit une bénédiction spéciale – « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui est bon et qui fait le bien » – lorsqu’on boit un vin de qualité supérieure au premier. Cette bénédiction fut instituée après que les Romains eurent finalement permis d’enterrer les martyrs de Beitar. Pourquoi prononcer cette bénédiction en buvant du vin ? Pour se rappeler, même dans le plaisir, les tragédies passées et éviter les comportements qui pourraient provoquer de nouvelles destructions. Cette prescription révèle la profonde compréhension psychologique des Sages.
Dans son fameux discours de Pourim 5718, lors d’une hitvaadout mémorable qui dura de 21h30 jusqu’à 6h du matin, le Rabbi expliqua le sens profond de l’injonction de boire jusqu’à « ne plus distinguer entre ‘maudit soit Haman’ et ‘béni soit Morde’haï' ». L’intention n’est pas d’atteindre un état d’ivresse où l’on confondrait réellement le bien et le mal. Au contraire, il s’agit d’arriver à un niveau transcendant l’intellect où, même dans cet état de « Ad DéLo Yada, ne pas savoir », demeure une clarté fondamentale sur ce qui est béni et son contraire.
La tradition raconte que certains justes, comme le Rama, parcouraient les maisons après le festin de Pourim pour rappeler aux gens de prier la prière du soir. Cette conduite exemplifie l’attitude juive authentique : même dans l’état de « Ad Délo Yada » (jusqu’à ne plus savoir), conserver une conscience claire de ce qui est béni et et son contraire.
La Hassidout met en garde contre « l’absorption des forces extérieures ». L’Admour Hazaken emploie cette parabole : un voleur cible naturellement les endroits où il y a des richesses à dérober. De même, les forces négatives (klipot) cherchent à détourner l’énergie divine. D.ieu accorde à ces forces une vitalité minimale, « par l’arrière », sans générosité ni désir – contrairement à la sainteté qu’Il alimente abondamment.
Ces forces négatives, tels des voleurs rusés, tentent constamment de s’infiltrer pour détourner l’énergie spirituelle : transformer la crainte divine en colère, l’amour de D.ieu en passions matérielles, ou l’exaltation de l’étude en orgueil. Ces subtiles incursions requièrent un discernement aiguisé pour être détectées.
Une histoire illustre ce concept : Rabbi Menahem Nahoum Twerski de Tchernobyl, (né en 1730, Garinsk, Volhynie – mort en 1797, Tchernobyl, en Ukraine), reçut un don considérable d’un visiteur, au moment même où un de ses fidèles avait besoin exactement de cette somme pour marier sa fille. Il remit donc l’argent à ce Hassid nécessiteux. Mais ensuite, un doute l’assaillit : n’aurait-il pas été préférable de répartir cette somme entre plusieurs familles ? Il finit par reconnaître que sa première impulsion venait de l’âme divine, tandis que le second raisonnement émanait de l’âme animale.
Le Baal Shem Tov enseignait que la Hassidout n’est pas venue pour rendre les gens plus religieux – la religion peut parfois transformer la dévotion en colère contre ceux qui perturbent la prière, ou en irritation envers les enfants qui ne se comportent pas comme souhaité. On peut être religieux et rester un « naval birshut haTorah » (un scélérat avec la permission de la Torah). La Hassidout vise plutôt à développer la perspicacité spirituelle, à affiner les sens pour discerner les ruses du mauvais penchant.
Une anecdote révélatrice raconte comment le Rabbi Rachab, 5e Rabbi de Loubavitch, lors d’un Farbrenguen, remarqua un Hassid qui, tout en écoutant attentivement son enseignement, mangeait distraitement du sarrasin. Le Rabbi l’interpella : « N’oublie pas que tu manges du kasha. » Son fils, le Rabbi précédent, expliqua plus tard que le plaisir spirituel que ce Hassid ressentait en écoutant la Hassidout était subtilement détourné vers le plaisir matériel de la nourriture. Le Rabbi l’avertissait de cette infiltration du mauvais penchant.
Cette vigilance constante s’enracine dans la conscience que « D.ieu se tient au-dessus de nous et toute la terre est remplie de Sa gloire, Il nous regarde et examine nos reins et notre cœur, pour voir si nous Le servons comme il convient. »
Depuis la destruction du Temple, où D.ieu réside-t-Il ? « D.ieu n’a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha. » L’Admour Hazaken explique que chaque fois qu’un Juif étudie la Torah dans la sainteté et la pureté, D.ieu réside en lui. Étudier la Torah, c’est inviter D.ieu chez soi – devenir Son hôte (ouchpizikhin). De même, quand nous célébrons le festin de Pourim avec des paroles de Torah, des chants spirituels, en nous élevant dans la sainteté, nous invitons D.ieu à notre table.
Le Rabbi Rachab notait que dans la tradition Habad, on n’écrit pas sur le pupitre de l’officiant « Sache devant qui tu te tiens », car cette conscience doit être gravée dans l’esprit, non sur un meuble. La présence divine devant laquelle on se tient doit être une réalité intérieure constante.
Une histoire illustre parfaitement cette idée. Un riche homme d’affaires, Hassid de l’Admour Hazaken, avait souvent l’occasion de rencontrer le Tsar russe lors de réceptions. Étant Hassid, il n’était pas impressionné par cette royauté terrestre – il se levait par respect protocolaire, mais sans manifester la révérence admirative des non-juifs. Le Tsar, remarquant cette attitude, lui envoya une convocation officielle.
Inquiet, l’homme se présenta au palais. Conduit de salle en salle, il finit par se retrouver devant le Tsar, complètement terrifié. L’empereur lui dit alors : « Tu vois comment tu te tiens maintenant ? C’est ainsi que je veux que tu te tiennes chaque fois que tu me vois. Maintenant tu as compris ? Tu peux partir. »
Cette leçon s’applique au festin de Pourim. Même en disant « Lé’haïm » et en se réjouissant, il faut garder à l’esprit que « D.ieu se tient au-dessus de nous, examine nos reins et notre cœur ». Cette conscience doit nous accompagner : « Que produira tout cela dans ma pensée, ma parole et mon action ? »
Le Choul’han Arou’h (Code de loi juive) stipule qu’à Pourim, « quiconque tend la main, on lui donne » – obligation de répondre à toute demande de charité. Selon le principe « Il déclare à Jacob Ses statuts et Ses lois à Israël » – ce que D.ieu ordonne à Israël de faire, Il le fait Lui-même – D.ieu s’engage en ce jour à exaucer toutes nos requêtes.
En ce jour béni, prions pour le retour de tous les otages, la protection des soldats et de tous les Juifs du monde entier, et surtout pour la venue du Machia’h, afin que nous nous réjouissions tous ensemble dans le troisième Temple reconstruit, d’une joie véritable et éternelle.
Rav Yaacov Goldstein / shulchanaruchharav.com
A. Taanit Esther :
La date :[2]
Lorsque Pourim tombe un dimanche, le jeûne a lieu le jeudi précédent, le 11 Adar.[3]
A mangé accidentellement le jeudi ?[4]
Si on a mangé pendant Taanit Esther qui a été avancé au jeudi [c’est-à-dire Taanit Esther Nid’hé, Pourim tombe un dimanche], on doit jeûner le vendredi.
Brit Mila pendant Taanit Esther Nid’hé :[5]
Dans le cas où le jeûne tombait Chabbat et a donc été avancé au jeudi, celui qui a une Brit ce jeudi doit faire le repas ce jour-là, et jeûner le vendredi en compensation.[6] Tous les invités peuvent participer au repas, même s’ils sont plus de dix personnes, et même si le repas a lieu le matin.[7] Cependant, ils doivent tous jeûner le lendemain en compensation, à l’exception des Baalei Brit qui sont exemptés de jeûner.[8] Toutefois, certains décisionnaires[9] contestent cela et statuent que le repas doit avoir lieu le jeudi soir après le jeûne. En pratique, certains décisionnaires[10] statuent comme cette dernière opinion, tandis que d’autres[11] statuent qu’on peut être indulgent comme la première opinion.
B. Machatzit Hashekel :[12]
Lorsque Pourim tombe un dimanche, le demi-shekel est donné le jeudi de Taanit Esther. [Cependant, à Jérusalem et dans les autres villes entourées de murs, il est donné le dimanche.[13]]
C. Av Harachamim et Tzidkatecha le Chabbat :
Av Harachamim est récité pendant la prière de Moussaf avant midi.[14] Tzidkate’ha est omis à Min’ha.[15]
D. La Meguila le Chabbat :
La Meguila est-elle Mouktsé le Chabbat Erev Pourim ?
Il y a une discussion parmi les décisionnaires pour savoir si la Meguila est Mouktsé lorsque Pourim tombe Chabbat.[16] Selon l’opinion stricte, le Chabbat Erev Pourim, la Meguila est Mouktsé à partir de Plag Hamin’ha.[17]
Peut-on apporter la Meguila à la synagogue le Chabbat si Pourim tombe Motsaei Chabbat ?
On ne peut pas apporter la Meguila à la synagogue le Chabbat pour l’utiliser après Chabbat.[18]
Il est même interdit de demander à un enfant de l’apporter.[19]
Cependant, certains décisionnaires[20] statuent qu’on peut apporter discrètement la Meguila à la synagogue le Chabbat si on l’étudie à l’intérieur en arrivant à la synagogue, pendant qu’il fait encore Chabbat.
D’autres décisionnaires[21] contestent cela et affirment que même dans un tel cas, il est préférable de s’abstenir d’apporter la Meguila à la synagogue le Chabbat.
Selon l’opinion stricte [mentionnée dans la question précédente], il est certainement interdit d’apporter la Meguila à la synagogue après Plag Hamin’ha, car elle est alors considérée comme Mouktsé selon leur opinion.
Peut-on apporter la Meguila à la synagogue le vendredi pour qu’elle soit prête à être utilisée Motsaei Chabbat ?
Certains décisionnaires[22] rapportent que la coutume est d’apporter la Meguila à la synagogue la veille de Chabbat.
Cependant, le Rabbi[23] conclut que cette question nécessite une analyse plus approfondie, car il n’est pas respectueux de déplacer la Meguila de son emplacement fixe vers un logement temporaire.
Le Chabbat Erev Pourim, le lecteur de la Meguila peut-il préparer la lecture ?[24]
Oui. Il peut même utiliser une Meguila cachère pour préparer la lecture.
Cependant, certains décisionnaires statuent qu’à partir de Plag Hamin’ha, la Meguila est Mouktsé et ne peut pas être utilisée, comme expliqué dans la question précédente !
Lire la Meguila à Plag Hamin’ha :[25]
Lorsque Pourim tombe Motsaei Chabbat, on ne peut pas être indulgent et lire la Meguila le Chabbat après Plag Hamin’ha, même en cas de besoin.[26]
E. Seoudat Chlishit :
Doit-on arrêter de manger Seoudat Chlichit lorsque la nuit tombe ?
Si on a commencé[27] son repas avec du pain[28] avant le coucher du soleil[29], on n’est pas obligé d’arrêter de manger lorsque le coucher du soleil arrive. [Cependant, on est obligé de s’arrêter pour rejoindre la lecture communautaire de la Meguila.[30]]
Seoudat Chlichit s’est terminée après la tombée de la nuit :[31]
Si on a commencé à manger un repas le Chabbat, comme Seoudat Chlichit, et que le repas s’est terminé après la tombée de la nuit, lorsque Pourim a déjà commencé, on ne doit dire que Retzé et pas Al Hanissim dans le Birkat Hamazon.
Cela s’applique même si on a mangé un kezayit de pain après la tombée de la nuit. [Néanmoins, dans un tel cas, on doit réciter Al Hanissim dans les Harachamans.[32]]
Cependant, si on a prié la prière du soir avant le Birkat Hamazon, on ne doit pas dire Retzé, et donc si on a mangé un kezayit après la tombée de la nuit, on doit réciter Al Hanissim.[33] Si on a dit la Havdala, ou même dit « Barou’h Hamavdil »[34], avant le Birkat Hamazon, cela suit la même loi que si on avait prié la prière du soir et Retzé ne peut donc pas être récité.[35]
F. Motsaei Chabbat :
Mela’ha – Barou’h Hamavdil :[36]
On doit veiller à réciter « Barou’h Hamavdil Bein Kodesh Le’hol » avant de faire toute mela’ha le Motsaei Chabbat, ou avant de faire des préparatifs interdits pour la lecture de la Meguila, comme se maquiller pour un déguisement et autres.
Certains décisionnaires[37] statuent qu’on n’est pas obligé de réciter « Barou’h Hamavdil Bein Kodesh Le’hol » avant de simplement changer de vêtements pour un déguisement.
Cependant, on doit réciter « Barou’h Hamavdil » avant de déplacer la Meguila.[38] Il est également approprié pour les hommes de ne faire aucune melakha biblique jusqu’à la fin de la prière du soir.[39]
Déguisements :[40]
On doit attendre que Chabbat soit terminé avant de se déguiser.
Cela s’applique également aux enfants. [Certains décisionnaires[41] statuent qu’on n’est pas obligé de réciter « Barou’h Hamavdil Bein Kodesh Le’hol » avant de changer de vêtements.
Cependant, on est obligé de le dire avant de faire toute melakha réelle, comme se maquiller, etc.[42]
Il est cependant approprié pour les hommes de ne faire aucune melakha biblique jusqu’à la fin de la prière du soir, même après avoir récité « Barou’h Hamavdil ».[43]]
Prière du soir et ordre de la soirée de Pourim :[44]
Lorsque Pourim tombe Motsaei Chabbat, le Kaddish avec Titkabel est récité immédiatement après la Amida, comme d’habitude. Ceci est ensuite suivi de la lecture de la Meguila. La prière de Vihi Noam est retardée jusqu’après la lecture de la Meguila.[45] Après la lecture de la Meguila[46], la congrégation récite Vihi Noam avant Veata Kadosh.[47]
Havdala :
La Havdala est récitée après la lecture de la Meguila [et la conclusion de la prière du soir[48]].[49]
Vayiten Lekha est récité [après la Havdala[50]].[51]
[Cependant, l’ordre ci-dessus ne concerne que la lecture publique. Cependant, pour une lecture privée de la Meguila chez soi qui ne contient pas un Minyan, certains décisionnaires[52] statuent qu’on doit faire la Havdala avant la lecture de la Meguila afin de ne pas faire de melakha avant la Havdala.]
Si après la lecture à la synagogue le Motsaei Chabbat, on lit la Meguila chez soi pour en dispenser d’autres personnes, on doit réciter la Havdala avant la lecture.[53]
Festivités de Pourim après la prière du soir et la Meguila :[54]
En rentrant de la synagogue après la prière du soir et la lecture de la Meguila, on doit être accueilli à la maison par des bougies allumées et une table dressée.[55]
On doit se réjouir et augmenter légèrement le repas festif.[56] Cela s’applique même lorsque Pourim tombe Motsaei Chabbat et qu’on a fait un grand repas pour Seoudat Chlichit.[57]
Endeuillé pendant les Shiva venant à la synagogue :[58]
Lorsque Pourim tombe Motsaei Chabbat, l’endeuillé doit aller à la synagogue pour Min’ha et rester à la synagogue pour la prière du soir et la lecture de la Meguila.
[Cependant, si l’endeuillé doit rentrer chez lui pour Seoudat Chlichit, il ne peut pas retourner à la synagogue pour la prière du soir et la lecture de la Meguila, sauf si un Minyan ne sera pas disponible chez lui pour la lecture de la Meguila, auquel cas il doit aller à la synagogue avant la fin de Chabbat, avant Bare’hou, et rester à la synagogue jusqu’après la lecture de la Meguila.[59]]
NOTES
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[1] Voir Nitei Gavriel Pourim 28.
[2] Michaber 686:2.
[3] La raison pour laquelle le jeûne n’a pas lieu le vendredi : La raison en est que les jours de jeûne impliquent des prières plus longues qui empêcheraient de se préparer correctement pour Chabbat. [Tour 686] Ou bien, il n’est pas respectueux d’entrer dans Chabbat dans un état de faim et de détresse. Il a donc été avancé au jeudi. [M »A 686 ; M »B 249:18 ; M »B 686:3 ; Beit Yossef 686 au nom du Haram ; Bach rapporté dans Kaf Hachaim 686:15].
[4] Shvout Yaakov 3:50 rapporté dans Shaareiy Teshouva 668:5 ; M »B 686:3 ; Kitsour Choul’han Arou’h 141:3 ; Shevah Hamoadim 136.
[5] Rama 686:2.
En ce qui concerne Tisha BeAv et les autres jeûnes bibliques : Dans le cas où le jeûne tombait Chabbat et a donc été reporté au dimanche, celui qui a une Brit ce dimanche n’est pas tenu de jeûner jusqu’à la nuit. [Voir Mi’haber 559:9 concernant Tisha BeAv Nid’hé et cela s’applique certainement aux quatre autres jours de jeûne qui sont Nid’hé. Ainsi statuent : Elya Raba ; Chayei Adam ; M »B 559:37 ; Shaareiy Tsiyon 559:39 ; Degoul Merivava ; Heishiv Moshe 36 ; Yeshouot Yaakov 559:5 ; Kitsour Choul’han Arou’h 125:8 ; Ben Ish Chai Shoftim 17 ; Igrot Moshe 4:69-4 ; Yabia Omer 1:34 ; Voir Piskei Teshuvot 559:9 note 74] Voir cependant le M »A 559:11 qui rapporte au nom du Kneset Hagedola que la coutume est d’être strict concernant tous les jeûnes, même Nid’hé, et de jeûner jusqu’à la nuit comme d’habitude.
[6] Rama ibid.
[7] M »B 686:7 ; Shaar Hatsiyon 686:13.
En ce qui concerne les autres jeûnes bibliques : Le repas doit avoir lieu après Min’ha. [Voir M »A 559:13 ; M »B 559:37]
[8] M »B ibid ; Kaf Hachaim 686:28 au nom du Chayei Adam 155:3 et Kitsour Choul’han Arou’h 141:3 concernant le Baal Brit.
[9] Taz 686:2 ; Elya Raba 686:6 rapporté dans Kaf Hachaim 686:27 ; M »B 686:7.
En ce qui concerne les quatre jeûnes bibliques, le M »A 559:11 au nom du Kneset Hagedola statue que la coutume est d’être strict concernant tous les jeûnes, même Nid’hé, et de jeûner jusqu’à la nuit comme d’habitude.
[10] Chayei Adam 155:3 basé sur le fait que la coutume suit le Taz puisque nous n’avons jamais vu de repas fait pendant le jour du jeûne. Ainsi statue également Kitsour Choul’han Arou’h 141:3 ; Kaf Hachaim 686:27.
[11] PM »G 686 M »Z 2 ; Mor Ouketsia ; Shvout Yaakov 3:50, rapporté dans M »B 686:7.
[12] Sefer Haminhagim p. 170 [édition anglaise] ; Kaf Hachaim 694:25 ; Darkei Chaim Veshalom 843.
[13] Loua’h Kolel Habad ; Coutume ancienne et répandue à Jérusalem ; Voir le contexte et les autres opinions mentionnées ci-dessus !
[14] Voir M »A 685 au nom du Maharil ; M »B 685:18 ; Ketsot Hashoulhan 83 note 13.
[15] Nitei Gavriel 28:1.
[16] Voir Sharrei Teshouva 693:2 et 308:9 ; Sdei Hemed Marehet Pourim 5 ; M »B 308:22 ; 688:18 ; Kitsour Choul’han Arou’h 141:17 ; Shevah Hamoadim 140 ; Piskei Teshuvot 688:18.
Contexte : Le Peri Hadash 688:6 statue que la Meguila est Mouktsé le Chabbat car on ne peut pas la lire le Chabbat en raison du décret de Raba selon lequel on pourrait en venir à la transporter. Il n’est pas clair dans le Peri Hadash si cette interdiction s’applique à tous les Chabbat de l’année ou seulement au Chabbat Pourim. En dehors de cela, il y a des décisionnaires qui contestent complètement la décision du Peri Hadash. Le problème est que de nombreux décisionnaires qui discutent de cette question n’expliquent pas explicitement dans leur décision s’ils se réfèrent à tous les Chabbat de l’année ou simplement au Chabbat Pourim. Cela laisse la question peu claire quant à savoir s’il y a un véritable différend entre les décisionnaires. [Voir Sdei Hemed ibid ; Shaarei Teshouva ibid ; Piskei Teshuvot ibid note 148].
[17] Rabbi dans Sihot du 13 Adar 1956 ; Nitei Gavriel 28:6 ; Voir Hatam Sofer ibid qui comprend cela dans le M »A 692:6.
La raison : Car à partir de Plag Hamin’ha, on peut lire la Meguila et s’acquitter de son obligation, comme le statue le Michaber 692:4, mais lorsque Erev Pourim tombe Chabbat, on ne peut pas le faire en raison du décret de Raba [voir M »A 692:6], et la Meguila est donc Mouktsé à partir de Plag Hamin’ha.
Autres opinions : Voir Sdei Hemed ibid qui explique pourquoi la Meguila n’est pas Mouktsé à partir de Plag Hamin’ha même selon le Peri Hadash.
[18] Shaarei Teshouva 693:1 ; Mahatsit Hashekel fin de 688 ; Kitsour Choul’han Arou’h 141:17 ; Beit Efraim 62 et 63 ; Mor Ouketsia ; Aroukh Hashoulhan 693:3 ; Chayei Adam 154:10 ; Voir Admour 254:10 [concernant le retrait de la Halla du four, du vin de la cave] ; 302:10 [concernant la préparation des lits] ; 319:18 [concernant le retrait de la graisse de la soupe] ; 321:6 [concernant l’arrosage des légumes] ; 323:6 [concernant la vaisselle] ; 324:11 [concernant le changement d’assiette de nourriture du bœuf à l’âne] ; 338:8 [concernant le déplacement des fruits du toit] ; 611:5 [concernant la préparation des légumes à Yom Kippour].
La raison : Car il est interdit de préparer le Chabbat pour un jour de semaine. [254:10 ; 302:10 ; 323:6 ; 503:3 ; 611:5] Et il est interdit de se donner de la peine le Chabbat pour un jour de semaine. [319:18 ; 321:6 ; 323:6 ; 324:11 ; 338:8 ; 611:5]. Agir ainsi est interdit rabbiniquement [302:10] parce que c’est une action profane et un mépris du Chabbat. [338:8]
[19] Shaarei Teshouva ibid.
[20] Shaarei Teshouva 693:1 ; Loua’h Kolel Habad et Shevah Hamoadim p. 140.
[21] Aroukh Hashoulhan 693:3 ; Mahatsit Hashekel ibid ; Implication du Chayei Adam et du Kitsour Choul’han Arou’h ibid qui omettent cette autorisation ; Voir le Rabbi dans Siha 5750 Tetsavé p. 351 note 130 qui déclare qu’il faut veiller à ne pas transporter la Meguila à la synagogue le Chabbat. Le Rabbi ne fait pas de distinction entre celui qui regarde à l’intérieur de la Meguila ou non. Il est donc clair que le Rabbi n’est pas d’accord avec l’autorisation écrite dans le Shaarei Teshouva. [Hiskasherous 1025 note 15]
[22] Mahatsit Hashekel fin de 688.
[23] Rabbi dans Siha 5750 Tetsavé p. 351 note 130.
[24] Sdei Hemed Marehet Pourim 5 au nom de Ikarei Daat ; Piskei Teshuvot 688:18 ; Nitei Gavriel Pourim 28:4 ; Voir Az Nidbarou 7:8.
[25] M »A 692:6.
[26] La raison : C’est à cause du décret des Sages contre la lecture de la Meguila le Chabbat. [M »A ibid]
[27] En ce qui concerne le cas où l’on s’est lavé les mains pour le pain mais que l’on n’a pas encore dit le Hamotsi, si c’est avant 30 minutes avant la tombée de la nuit [Tset], on peut continuer son repas et cela suit la même loi que ci-dessus. Si cependant c’est dans les 30 minutes avant la tombée de la nuit, si on n’a pas encore dit le Al Netilat Yadayim, on ne peut pas commencer son repas. [Rama 235:2] Si cependant on a déjà dit la bénédiction, on doit manger un Kezayit:Kebeytsa de pain et réciter le Birkat Hamazon. [M »B 235:25]
[28] Si, cependant, on n’a pas mangé de pain, on doit arrêter de manger trente minutes avant la tombée de la nuit. Voir question précédente !
[29] Kaf Hachaim 692:35 écrit qu’on peut manger jusqu’au coucher du soleil, mais apparemment on ne peut pas manger dans les 30 minutes précédant la tombée de la nuit, même si c’est avant le coucher du soleil, comme expliqué dans la question ci-dessus dans les notes.
Si on a commencé son repas après le coucher du soleil : Si on a transgressé et commencé son repas après le coucher du soleil, ou dans les 30 minutes précédant la tombée de la nuit, alors on doit arrêter son repas pour dire le Shema, bien qu’on ne soit pas obligé d’arrêter son repas pour prier Maariv ou écouter la Meguila. [235:2 ; Admour 75:5]
[30] 687:1 qu’on est obligé d’annuler toutes les Mitsvot pour entendre la lecture communautaire de la Meguila. A plus forte raison, on doit donc arrêter son repas pour se joindre à cette lecture. Oupashout ! Voir Chapitre 7 Halakha 7.
[31] Admour 188:17 ; Ketsot Hashoulhan 47:11 note 23 ; M »B 188:33 ; Piskei Teshuvot 682:1.
Contexte : Admour ibid rapporte une discussion quant à savoir si l’on peut dire à la fois les prières supplémentaires du jour précédent et du jour actuel dans le Bentching si on a commencé un repas pendant la journée et qu’il s’est poursuivi dans la nuit, en mangeant un Kezayit de pain la nuit. [M »A 188:18 interdit ; Taz 188:7 permet]. Il conclut qu’on peut le faire si l’ordre dans le Bentching est qu’on récite d’abord l’événement du jour précédent puis celui de la nuit en cours. [Comme quelqu’un qui a fait un repas le Chabbat après-midi et que Motzei Chabbat est Rosh Hodesh où Retsé précède Yaalé Veyavo.] Si cependant l’événement de la nuit précède celui du jour précédent, on ne peut pas dire les deux prières même selon l’opinion indulgente, car c’est une contradiction. On doit donc ne dire que l’événement de la nuit en cours ou l’événement le plus obligatoire, et Retsé est plus obligatoire que Al Hanissim. [Admour ibid ; Taz 188:7 ; M »A 188:18 419:1 ; Ketsot Hashoulhan ibid que cela s’applique selon tous ; M »B ibid]
Décision des Rebbeïm Habad : En pratique, concernant Retsé et Yaalé Veyavo, le Rabbi a statué, et c’est la coutume Habad, de dire à la fois la prière de la nuit et celle du jour précédent même si la prière de la nuit est dite en premier [c’est-à-dire Yom Tov qui se poursuit Chabbat]. Cela ne correspond à aucune des deux opinions rapportées dans Admour Hazaken ibid, et ne correspond pas à la décision finale du Ketsot Hashoulhan ibid. [Shaarei Halakha Ouminhag p. 211 ; Siha de Simhat Torah 1957 ; Sefer Hasihot 5704 p. 40] Néanmoins, concernant Al Hanissim, il n’y a aucun précédent pour dire que les Rabbis tiendraient qu’on doive dire les deux prières même si elles forment une contradiction, car Al Hanissim n’est pas une obligation à mentionner comme le sont Yaalé Veyavo et Retsé. [Voir Admour ibid ; Ketsot Hashoulhan 47 note 22 ; M »B ibid] Vetsaroukh Iyoun.
[32] Ketsot Hashoulhan 47 note 23 ; Ashel Avraham Boutchach Tinyana 695 [Alternativement, le Ashel Avraham ibid suggère de penser le Al Hanissim dans son esprit].
[33] Admour ibid ; Ketsot Hashoulhan 47:8 ; Car c’est une contradiction d’avoir prié la prière du jour suivant puis de mentionner celle du jour précédent.
[34] Admour ibid ; Ketsot Hashoulhan 47:8.
Contexte du Admour Hazaken ibid : Admour ibid laisse cette question en suspens et conclut que Shev Veal Taaseh Adif – qu’il vaut mieux ne pas le dire. Vetsaroukh Iyoun quant à l’intention des parenthèses qui indiquent « Selon ce qui est écrit ici, il n’y a aucun doute, car ce n’est pas mieux que de mentionner Rosh Hodesh ». Peut-être cela signifie-t-il que lorsqu’on dit « Barou’h Hamavdil », c’est comme si on avait mentionné Yaalé Veyavo et donc on ne peut certainement plus dire Retsé. Vetsaroukh Iyoun !
[35] Admour ibid ; Ketsot Hashoulhan 47:8.
[36] Voir mon Sefer « Les lois du Erev Chabbat et Motsei Chabbat » chapitre Motsei Chabbat 1 Halakha 1 !
[37] Elya Raba 299:22 ; Shaarei Teshouva 299:2 ; M »B 299:40 ; Piskei Teshuvot 299 note 110.Autres opinions : Certains décisionnaires statuent qu’il est interdit de faire même des actions de préparation du Chabbat au jour de semaine jusqu’à ce qu’on entende la Havdala ou qu’on récite « Barou’h Hamavdil ». [Alef Hamagen 599:5 au nom des Aharonim ; Nitei Gavriel 28:7 ; Hiskashrous 1025].
Décision du Admour Hazaken :
En ce qui concerne la nécessité de dire « Barou’h Hamavdil » avant d’effectuer une melakha, Admour 299:15 déclare « De même, certains permettent d’effectuer, après que Chabbat soit terminé mais avant de dire la Havdala, toutes les interdictions rabbiniques qui sont interdites simplement parce qu’elles sont un acte profane. »
Ainsi, si préparer du Chabbat à un jour de semaine est considéré comme une interdiction d’acte profane, ce serait permis selon cette opinion.
Dans 338:8, Admour Hazaken statue que l’interdiction de préparer le Chabbat pour un jour de semaine est due au fait que c’est un acte profane, et donc en conséquence, cela serait permis d’être effectué selon cette opinion.
Cependant, Tsaroukh Iyoun si la position finale du Admour Hazaken sur la question suit cette opinion, car
a) La première opinion considère qu’on ne peut faire aucune de ses préparations ou de son travail avant d’avoir escorté le roi par la Havdala. Cela semble impliquer que même les préparatifs d’Ouvdin Dehol sont interdits selon cette opinion. De même,
b) Admour ne conclut jamais que nous statuons comme la deuxième opinion et déclare simplement qu’en ce qui concerne Yom Kippour, nous sommes indulgents pour la suivre. Vetsaroukh Iyoun si l’on peut apprendre de Yom Kippour à d’autres endroits. D’ici, on peut comprendre la source de la décision du Alef Hamagen ibid qui statue strictement sur cette question. C’est une interrogation sur les Piskei Teshuvot ibid qui ont omis cette première opinion rapportée dans Admour Hazaken. C’est aussi une interrogation sur Nitei Gavriel ibid qui omet complètement tous les décisionnaires qui sont indulgents sur cette question.
[38] Selon les décisionnaires ci-dessus ibid qui permettent de faire des préparatifs avant de dire la Havdala, on n’est pas obligé de dire « Barou’h Hamavdil » avant d’apporter la Meguila à la synagogue. Cependant, selon les décisionnaires qui statuent que la Meguila est Mouktsé le Chabbat, on serait obligé de réciter « Barou’h Hamavdil » avant de la déplacer, même selon leur opinion.
En pratique, le Rabbi dans Siha 5750 Tetsavé p. 351 note 130 mentionne que la Meguila devient Mouktsé. Certains Melaktim écrivent qu’on ne peut pas apporter la Meguila à la synagogue avant d’avoir récité « Barou’h Hamavdil », et que le monde est ignorant de cette question halakhique. [Hiskashrous 1025; Nitei Gavriel Pourim 28:7] Ils ne mentionnent pas les nombreuses opinions indulgentes rapportées ci-dessus sur lesquelles le monde peut s’appuyer.
[39] Voir 299:19.
[40] Admour 254:10 [concernant le retrait de la Halla du four, du vin de la cave]; 302:10 [concernant la préparation des lits]; 319:18 [concernant le retrait de la graisse de la soupe]; 321:6 [concernant l’arrosage des légumes]; 323:6 [concernant la vaisselle]; 324:11 [concernant le changement d’assiette de nourriture du bœuf à l’âne]; 338:8 [concernant le déplacement des fruits du toit]; 611:5 [concernant la préparation des légumes à Yom Kippour].
La raison : Car il est interdit de préparer le Chabbat pour un jour de semaine. [254:10; 302:10; 323:6; 503:3; 611:5] Et il est interdit de se donner de la peine le Chabbat pour un jour de semaine. [319:18; 321:6; 323:6; 324:11; 338:8; 611:5]. Agir ainsi est interdit rabbiniquement [302:10] parce que c’est une action profane et un mépris du Chabbat. [338:8]
[41] Elya Raba 299:22; Shaarei Teshouva 299:2; M »B 299:40; Piskei Teshuvot 299 note 110.
Autres opinions : Certains décisionnaires statuent qu’il est interdit de faire même des actions de préparation du Chabbat au jour de semaine jusqu’à ce qu’on entende la Havdala ou qu’on récite « Barou’h Hamavdil ». [Alef Hamagen 599:5 au nom des Aharonim; Nitei Gavriel 28:7; Hiskashrus 1025].
Décision du Admour Hazaken : En ce qui concerne la nécessité de dire « Barou’h Hamavdil » avant d’effectuer une melakha, Admour Hazaken 299:15 déclare « De même, certains permettent d’effectuer, après que Chabbat soit terminé mais avant de dire la Havdala, toutes les interdictions rabbiniques qui sont interdites simplement parce qu’elles sont un acte profane. » Ainsi, si préparer du Chabbat à un jour de semaine est considéré comme une interdiction d’acte profane, ce serait permis selon cette opinion. Dans 338:8, Admour statue que l’interdiction de préparer le Chabbat pour un jour de semaine est due au fait que c’est un acte profane, et donc en conséquence, cela serait permis d’être effectué selon cette opinion. Cependant, Tsaroukh Iyoun si la position finale du Admour Hazaken sur la question suit cette opinion, car a) La première opinion considère qu’on ne peut faire aucune de ses préparations ou de son travail avant d’avoir escorté le roi par la Havdala. Cela semble impliquer que même les préparatifs d’Ouvdin Dehol sont interdits selon cette opinion. De même, b) Admour Hazaken ne conclut jamais que nous statuons comme la deuxième opinion et déclare simplement qu’en ce qui concerne Yom Kippour, nous sommes indulgents pour la suivre. Vetsaroukh Iyoun si l’on peut apprendre de Yom Kippour à d’autres endroits. D’ici, on peut comprendre la source de la décision du Alef Hamagen ibid qui statue strictement sur cette question. C’est une interrogation sur les Piskei Teshuvot ibid qui ont omis cette première opinion rapportée dans Admour Hazaken. C’est aussi une interrogation sur Nitei Gavriel ibid qui omet complètement tous les décisionnaires qui sont indulgents sur cette question.
[42] Admour 299:15.
[43] Voir 299:19.
[44] 693:1.
[45] Voir note suivante.
[46] Siddour Admour Hazaken; Tour; implication du Rama ibid.
Autres opinions : Certains décisionnaires statuent qu’on doit réciter Vihi Noam avant la lecture de la Meguila, et Veata Kadosh est ensuite dit immédiatement après la lecture, afin de pouvoir rapprocher Veata Kadosh de la lecture. [Orḥot Ḥaïm; Kol Bo; Erekh Hashoulḥan 693:2; Yifei Laleiv 2:1; Rouaḥ Ḥaïm 693:1; Moed Lekhol Ḥaï 31:78; Kaf Haḥaïm 693:6].
[47] Michaber ibid; Siddour Admour Hazaken.
La raison : Vihi Noam est généralement omis le Motsei Chabbat, s’il y a une fête cette semaine, car il n’est dit que lorsqu’on a une semaine complète de six jours ouvrables devant soi et que pendant une fête, il est interdit d’effectuer une melakha. Or Pourim est permis en melakha selon la lettre de la loi et ce n’est qu’en raison de la coutume que nous ne faisons pas de melakha. Il n’y a donc aucune raison d’omettre Vihi Noam. [Erekh Hashoulḥan 693:2; Kaf Haḥaïm 693:5 et 295:8; Shaarei Teshouva 295:2].
[48] M »B 693:2.
[49] Rama ibid; Darkei Moshe 693:2; Levush; Kneset Hagedola; Yifei Laleiv 2:2.
La raison : On doit retarder le départ de Chabbat autant que possible. Par conséquent, la Havdala est retardée jusqu’à la fin de Maariv. [Gr »a; Levush; M »B 693:3].
Autres opinions : Certains décisionnaires statuent qu’on récite la Havdala avant la lecture de la Meguila. [Kol Bo; Aboudarham; Dvar Shmuel 128 rapporté dans Shaarei Teshouva 693:2].
La bénédiction de Meorei Haeish : Certains décisionnaires statuent que la bénédiction de Meorei Haeish doit être récitée avant la lecture de la Meguila, en dehors de l’ordre de la Havdala. La raison en est qu’on profite de la lumière pour lire la Meguila, et donc on devrait dire la bénédiction sur ce bénéfice avant de le recevoir. [Opinion dans Kol Bo 41; Beit Yossef 693; 298; Orḥot Ḥaïm; Pereḥ Shoushan 3:2; Beit Yehouda 107; Mahrkash; Birkeï Yossef 693:1; Erekh Hashoulḥan 693:2; Yifei Laleiv 2:2]. D’autres cependant statuent que ce n’est pas nécessaire et donc la bénédiction de Meoreï Haeish est retardée jusqu’à la Havdala. [Deuxième opinion dans Kol Bo 41; Beit Yossef 298; implication du Rama ibid; Levush ibid; Kneset Hagedola]. En pratique, chaque communauté doit suivre sa coutume. [Kaf Haḥaïm 693:10]. La coutume ashkénaze et Habad est de réciter la bénédiction dans la Havdala. Selon la première opinion, selon laquelle on doit réciter la bénédiction avant la lecture de la Meguila, si la lecture a commencé alors qu’il fait encore jour [comme après Plag Haminḥa, ou même après Tset et qu’il y a encore assez de lumière], on ne doit pas s’arrêter pour dire la bénédiction lorsque la nuit commence. [Kaf Haḥaïm 693:12 contrairement à Beit Yehouda et Erekh Hashoulḥan ibid].
Lecture en privé : En ce qui concerne le fait de savoir si la lecture précède la Havdala même lors d’une lecture privée chez soi – Voir question !
[50] Voir Poskim dans la note suivante.
[51] Rama ibid; Darkei Moshe 693:2; Levush; P »M 693 M »Z 1; Nehar Shalom 693:1; Kaf Haḥaïm 693:7; M »B 693:2.
Autres opinions : Certains décisionnaires statuent qu’on ne récite pas Vayiten Lekha le Motsei Chabbat qui est Pourim. [Kol Bo rapporté dans Darkei Moshe ibid].
[52] Bigdei Yesha rapporté dans Kaf Haḥaïm 693:9; Daat Torah 693 [comme c’est la loi à Ḥanoucca]; Piskei Teshuvot 693:1; Nitei Gavriel 28:8; Hiskashrus 1025 note 17.
[53] Bigdei Yesha rapporté dans Kaf Haḥaïm 693:9; Daat Torah 693 [comme c’est la loi à Ḥanoucca]; Piskei Teshuvot 693:1; Nitei Gavriel 28:8; Hiskashrus 1025 note 17.
[54] Rama 695:1.
[55] Seder Hayom; Elya Raba 695:5; M »B 695:3; Kaf Haḥaïm 695:11.
[56] Rama ibid; On doit boire avec une grande joie et se réjouir avec sa famille, en éloignant d’eux toute dispute ou conflit. [Elya Raba 695:5 rapporté dans Kaf Haḥaïm 695:12].
[57] M »B 695:3 basé sur M »A 695:1 rapporté dans Kaf Haḥaïm 695:4.
[58] Michaber 696:5 au nom de Rokei’aḥ.
[59] M »A 696:10; M »B 696:15; Kaf Haḥaïm 696:30. [Le M »B et le Kaf Haḥaïm ibid limitent la décision ci-dessus du M »A au cas où il n’a pas de Minyane disponible chez lui].
À propos de l’auteur
Le Rav Yaakov Goldstein est un descendant de la 6ème génération du célèbre Grand Rav d’Izmir, Rav Yehoshua Avraham Krispin, qui a rédigé plusieurs Sefarim et était un collègue de Rav Chaim Falagi, ainsi que le beau-père de Pesach Hadvir. Il vit actuellement avec son épouse Shayna et leurs douze enfants, qu’ils puissent vivre longtemps, à Safed, en Israël.
- Le Rav Goldstein a reçu son ordination rabbinique (Semicha) du Rav Schneur Zalman Labkowski du siège de Tomchei Temimim en 2005 et a servi comme aumônier dans l’unité Lotar/Kalatz et l’unité K9 de Tsahal de 2005 à 2008. Il est également un Shochet (abatteur rituel) certifié et a effectué des travaux de supervision de la cacheroute dans des abattoirs.
- Le Rav Goldstein est le directeur de Shulchanaruchharav.com, la principale base de données en ligne sur la Halakha au monde, et dirige le programme d’ordination rabbinique en ligne Home Study Semicha Program. Il est un auteur prolifique de plus de 50 Sefarim étudiés par un large éventail de lecteurs à travers le monde, qui sont régulièrement utilisés dans les programmes d’ordination rabbinique du monde entier.
- C’est un décisionnaire (Posek) de renommée mondiale, répondant aux questions halakhiques en ligne. Il sert également de Posek, Rav et conférencier local à la synagogue de la communauté Tzemach Tzedek à Safed, en Israël. Ses nombreux cours peuvent être écoutés sur son site web, sa chaîne Vimeo et YouTube. Les étudiants peuvent se joindre en direct aux cours donnés à la synagogue Tzemach Tzedek, via la chaîne YouTube « בית חבד צפת Chabad Tsfat ».
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Voici une recette de hamantaschen (oumentash), une pâtisserie traditionnelle juive pour la fête de Pourim :
Ingrédients :
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Bonne dégustation et joyeuse fête de Pourim !