En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
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Pirké Avot (ch. 3) – Respecter l’espace d’autrui Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur le troisième chapitre de Pirké Avot
Rabbi ‘Hanina enseigne de prier pour la paix du royaume, car sans la crainte qu’il inspire, « chacun avalerait son prochain tout vivant »
Cette notion d' »avaler son prochain » ne fait pas référence à des actes de violence physique, mais plutôt à « absorber » l’existence et l’identité d’autrui
La tentation d’effacer l’autre
Même une personne pieuse peut être tentée de dominer son prochain moins observant
Paradoxalement, cette attitude peut sembler justifiée par de bonnes intentions, comme vouloir élever l’autre vers un niveau spirituel supérieur
La solution : la crainte de Dieu
Prier pour la paix du royaume éveille la crainte du « Roi des rois » (Dieu)
Cette crainte divine efface le sentiment de supériorité envers autrui
Comme l’enseigne la liturgie : Dieu « égalise le grand et le petit »
L’étude en binôme et la Présence divine
Rabbi ‘Hanina ben Teradion enseigne que lorsque deux personnes étudient la Torah ensemble, la Présence divine réside parmi elles
Cette étude ne peut atteindre sa plénitude que lorsqu’elle se fait sans sentiment de supériorité
La véritable étude conjointe mène à un niveau supérieur de perception de la Torah, où l’on ressent que « toute la Torah est constituée des noms du Saint béni soit-Il »
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Pirké Avot (ch. 2) – Le « métier » de Rabbi Chimon Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur le deuxième chapitre de Pirké Avot
1. Les maximes de Rabbi Chimon ben Nethanel
Rabbi Chimon ben Nethanel était l’un des cinq disciples de Rabban Yo’hanane ben Zakaï
Il a enseigné trois maximes importantes :
Être scrupuleux dans la récitation du Chema et la prière
Ne pas faire de sa prière une obligation fixe mais plutôt des supplications
Ne pas se considérer comme impie à ses propres yeux
2. Le statut particulier de Rabbi Chimon ben Nethanel
Il était qualifié comme ayant « la Torah pour métier », à l’instar de Rabbi Chimon bar Yo’haï
Cette qualification explique pourquoi il devait spécifiquement avertir ses disciples d’être rigoureux avec le Chema et la prière, car lui-même, en raison de son niveau élevé, n’interrompait pas son étude pour ces pratiques
3. L’étymologie et la signification de son nom
Le prénom « Chimon » est lié au mot « écouter » (chemia) dans le sens de compréhension profonde
Cette compréhension permet l’unification totale avec la Torah, caractéristique de ceux dont « la Torah est leur métier »
4. La signification de « la Torah comme métier »
Expression désignant ceux qui sont constamment unis à la présence divine
Leur existence entière est imprégnée par la Torah
Ils sont principalement liés au donateur de la Torah (Dieu lui-même)
5. L’exemple de Rabbi Chimon bar Yo’haï
Son niveau spirituel était si élevé qu’il vivait dans un état permanent d’effacement devant Dieu
Il n’avait donc pas besoin du Chema pour atteindre cet état d’annulation de soi
6-7. La manifestation spirituelle chez Rabbi Chimon ben Nethanel
Il pouvait, comme Rabbi Yossé, révéler les secrets du « Char céleste »
Lors de cette révélation, l’arc-en-ciel est apparu, signe d’une haute révélation divine
8. L’enseignement final
Même si la présence d’un grand tsadik dispense le monde du jugement, chacun doit néanmoins faire techouva (retour à Dieu)
Cette techouva peut se faire sereinement, sans souffrance
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Pirké Avot (ch. 1) – L’évaluation du comportement Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur le premier chapitre de Pirké Avot
Introduction
Objectif des Pirké Avot : Développer la piété au-delà de l’obligation légale
Contexte : Les maximes des pères visent à guider vers un comportement pieux
Les trois maximes de Chamaï
Faire de la Torah une occupation fixe : Établir l’étude comme activité principale
Parler peu et agir beaucoup : Privilégier l’action concrète sur les paroles
Accueillir chacun avec bienveillance : Maintenir des relations sociales positives
Interprétation des maximes
Relation avec la loi standard : Ces maximes semblent relever de la Halakha mais s’inscrivent dans une démarche de piété
Les trois piliers du monde : Torah, Service divin, Bienfaisance – comment les concilier
L’étude approfondie : Ne pas se limiter à la connaissance de la Halakha pratique
L’importance de l’équilibre : Savoir gérer son temps et ses capacités
Signification profonde
Le nom « Chamaï » : Évoque l’évaluation et la mesure réfléchie
Unité fondamentale : « Israël, la Torah et Dieu ne font qu’un »
Vision messianique : Préparer l’ère où la Halakha suivra l’opinion de Beit Chamaï
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Pekoudé – Précision infinie : le compte de Moché Source : Likouté Si’hot volume 26, deuxième Si’ha sur Pekoudé
1. Les comptes du Tabernacle
Le texte commence par analyser les versets de Pekoudei 38:21 qui décrivent les comptes du Tabernacle établis par Moché, et la mention de Betsalel et Aholiav comme maîtres d’œuvre. La paracha détaille les comptes précis des matériaux utilisés pour le Tabernacle.
2. Question sur le décompte de l’or
Le document soulève une interrogation: pourquoi Moché n’a-t-il pas présenté le décompte des dépenses d’or? D’après le Kli Yakar, Moché ne pouvait pas encore comptabiliser l’or car une partie servait aux vêtements sacerdotaux qui n’étaient pas terminés. Le Midrach rapporte également que lorsque Moché voulut rendre compte de l’argent, il manquait 1775 sicles, jusqu’à ce qu’une voix divine confirme leur utilisation pour les crochets, prouvant ainsi l’honnêteté de Moché.
3. La répétition des maîtres d’œuvre
L’analyse explique pourquoi le texte mentionne à nouveau Betsalel et Aholiav. Selon Rachi, le verset souligne que Betsalel exécuta « tout ce que D.ieu ordonna à Moché » – même ce que Moché ne lui avait pas explicitement communiqué.
4. La propriété collective du Tabernacle
Un point fondamental est soulevé: le Tabernacle devait appartenir entièrement à la communauté d’Israël. Rachi explique qu’il servait de « témoignage pour Israël que D.ieu avait renoncé à les punir pour la faute du veau d’or ». Tous les matériaux devaient donc devenir la propriété collective, sans rester liés aux individus qui les avaient donnés. Ce transfert s’effectuait en apportant tous les matériaux à Moché, chef de tout Israël.
5. Le statut des maîtres d’œuvre
D’après le Tsafnat Panea’h, les maîtres d’œuvre ne recevaient aucun salaire et apportaient donc quelque chose de leur propre bien. Cela exigeait d’être formellement remis à la communauté, car tant que leur nom restait associé aux objets, le transfert n’était pas complet.
6. Exception pour les vêtements sacerdotaux
Les vêtements sacerdotaux n’étaient pas soumis à la même exigence de « transfert de propriété » car ils n’étaient confectionnés qu’après l’achèvement du Tabernacle et ne faisaient pas partie de sa structure.
7. Le rôle unique de Moché
Deux raisons supplémentaires sont données pour expliquer pourquoi le « transfert de propriété » devait passer par Moché:
Moché était le seul à n’avoir aucune association avec la faute du veau d’or
Le Tabernacle avait une dimension éternelle parce qu’il était l’œuvre de Moché
8. La pérennité par l’union avec Moché
Le terme « Pekoudé » (comptes) est lié étymologiquement au terme talmudique « Lifkod » (s’unir à sa femme). Le fait que le Tabernacle soit « compté » par Moché établit une union entre Moché et le Tabernacle, créant une seule réalité.
9. L’unification du fini et de l’infini
L’enseignement profond révélé est que le Tabernacle avait pour fonction d’unifier des éléments limités avec l’infini divin. La Guemara Yoma 21a mentionne que « l’Arche Sainte n’occupe pas de place » – illustrant comment l’infini peut résider dans le fini. C’est précisément cette unification du limité et de l’illimité, de la précision comptable et de l’union spirituelle, qui constitue l’essence du Tabernacle.
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Vayakhel – Les « piquets » d’une éducation stable Source : Likouté Si’hot volume 31, première Si’ha sur Vayakhel
Le mystère des piquets du Tabernacle
Dans la Paracha Vayakhel, Rachi explique la fonction des piquets du Tabernacle : « Pour enfoncer et fixer au sol les extrémités des tentures, pour qu’elles ne bougent pas par le vent. » Cette explication peut sembler superflue, puisque Rachi avait déjà longuement décrit ces piquets dans la Paracha Terouma.
Pourtant, cette répétition recèle un enseignement profond. Comme le souligne le Likouté Si’hot, la Paracha Vayakhel ne mentionne que les éléments du Tabernacle nécessitant l’expertise des « Sages du cœur » (Hakhmé Lev). La présence des piquets dans cette liste révèle qu’eux aussi requéraient une telle expertise, bien qu’ils puissent sembler secondaires.
L’exigence du détail dans la construction du sacré
Rachi précise que les piquets faisaient partie intégrante des tentures elles-mêmes. Sans ces piquets, les tentures auraient été instables, ballottées par le vent. Cette précision n’est pas anodine : les « Sages du cœur » ne se contentaient pas de créer les éléments principaux, mais veillaient à les parfaire jusque dans leurs moindres détails.
L’insistance de Rachi sur le fait que les piquets étaient « enfoncés » dans le sol (et non simplement suspendus) souligne leur rôle fondamental dans la structure du Tabernacle. Ils ne constituaient pas un élément accessoire, mais assuraient l’ancrage solide des tentures à la terre, garantissant ainsi la stabilité de l’ensemble.
L’éducation : un édifice à parfaire jusqu’aux moindres détails
Cet enseignement se transpose parfaitement au domaine de l’éducation. Comme le rappelle Maïmonide, chaque Sage d’Israël a l’obligation d’enseigner à tous les disciples, même s’ils ne sont pas ses enfants biologiques. Mais le devoir de l’éducateur ne s’arrête pas à la simple transmission du savoir.
Le véritable « Sage du cœur » dans l’éducation est celui qui veille à ce que ses élèves soient accomplis dans tous les détails. Il ne néglige aucun aspect de leur formation, même ceux qui pourraient sembler secondaires ou périphériques – tels des « piquets » et des « cordages » – car c’est précisément cette attention aux détails qui garantira la stabilité future du disciple.
La stabilité face aux vents contraires
Seul un disciple dont l’éducation a été « achevée » jusque dans ses aspects les plus extérieurs pourra rester ferme face aux « vents » qui soufflent dans le monde. Cette complétude de l’éducation est le signe que l’enseignement du maître a véritablement imprégné l’élève jusque dans les moindres recoins de sa personnalité.
Comme nous le rappelle Rachi dans son commentaire sur Ekev : « Une Mitsva n’est attribuée qu’à celui qui l’achève. » De même, la réussite éducative n’est pleinement accomplie que lorsque le maître a veillé à parfaire chaque détail de la formation de son disciple.
Notre génération : les « piquets » qui achèvent l’œuvre
Ce message est particulièrement encourageant pour notre génération, celle qui précède la venue du Machia’h. Bien que nous puissions nous considérer comme les « talons » par rapport aux générations précédentes, c’est précisément notre rôle d’achever le raffinement du monde qui est déterminant.
Tels les piquets qui fixent fermement les tentures au sol, notre génération a pour mission d’ancrer solidement l’œuvre spirituelle des générations précédentes. Ce travail d’achèvement, même s’il peut sembler modeste, est celui qui permettra finalement d’amener la Délivrance véritable et complète par notre juste Machia’h.
En conclusion, l’attention aux détails que nous portons dans notre service divin et dans la transmission de nos valeurs constitue la garantie de leur pérennité. Ne négligeons pas les « piquets » qui assurent la stabilité de notre édifice spirituel, car c’est par eux que nous achèverons l’œuvre et mériterons la Rédemption finale.
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Tetsavé – Tradition et archéologie Source : Likouté Si’hot volume 26, deuxième Si’ha sur Tetsavé
La controverse du Tsits : Une divergence existe entre la tradition talmudique, qui affirme que l’inscription « Saint pour D.ieu » sur le Tsits était gravée sur deux lignes, et le témoignage de Rabbi Eliezer ben Rabbi Yossi qui déclare avoir vu à Rome un Tsits avec l’inscription sur une seule ligne.
La position de Maïmonide : Il concilie ces positions en statuant que l’idéal est d’avoir l’inscription sur deux lignes, mais qu’une inscription sur une seule ligne reste valide a posteriori.
Parallèle avec la Menorah : Une controverse similaire existe concernant la forme des branches de la Menorah (candélabre), droites selon la tradition, alors que l’Arc de Titus à Rome montre des branches courbes.
Trois approches explicatives :
Selon le Meïri : L’objet vu à Rome n’était pas le véritable Tsits du Temple
Selon Maïmonide : Il s’agissait d’un Tsits valide mais non idéal
Selon le Likouté Si’hot : Il pouvait s’agir d’une imitation ou d’un leurre
Enseignement : Les découvertes archéologiques, même appuyées par des témoignages oculaires, ne peuvent pas remettre en question la tradition massorétique transmise de génération en génération depuis Moïse. Les objets trouvés peuvent être des copies ou avoir été mis de côté précisément parce qu’ils n’étaient pas conformes.
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Terouma – Le Ta’hach תחַּשַׁ et les coutumes juives Source : Likouté Si’hot volume 31, première Si’ha sur Terouma
Cette Si’ha analyse le Ta’hach mentionné dans Exode 25:3, qui a été utilisé dans la construction du Tabernacle. L’analyse explore plusieurs interprétations :
L’interprétation de Rachi : Rachi identifie le Ta’hach comme une espèce animale unique qui n’a existé que temporairement et qui possédait plusieurs couleurs. Il base cette interprétation sur la traduction d’Onkelos « Sassgona », indiquant un animal qui « se réjouit et se glorifie de sa polychromie ».
Sources talmudiques : Plusieurs sources sont citées, notamment :
Talmud Chabbat 28b : Décrit le Ta’hach comme une créature unique avec une corne sur le front
Talmud de Jérusalem : Mentionne des opinions divergentes – certains disent qu’il s’agit de peaux colorées, d’autres qu’il s’agissait d’un animal miraculeux
Midrach Tan’houma : Le décrit comme un grand animal pur avec six couleurs
Analyse linguistique : La formulation dans le verset « et des peaux de Ta’hach » (plutôt que « peaux teintes en Ta’hach ») prouve qu’il s’agit d’une espèce animale et non d’une couleur.
Signification spirituelle : Lien entre la nature polychrome du Ta’hach et des concepts plus profonds :
Les offrandes animales sont considérées comme plus importantes que les offrandes végétales
Les couleurs étant intrinsèques à l’animal (non ajoutées ultérieurement) symbolisent comment même les aspects extérieurs font partie de la création divine
La relation entre toute existence et « la vérité de Son existence » (Dieu comme source de toute vie)
Application pratique : La Si’ha conclut en comparant les trois dimensions du Ta’hach aux trois dimensions de chaque mitsva :
L’acte lui-même (commun à tous)
L’intention intérieure (kavana, qui varie selon chaque personne)
L’embellissement (hidour) et les détails, particulièrement liés aux coutumes juives (minhagim)
L’enseignement final souligne l’importance de respecter scrupuleusement les coutumes juives, car certaines ont des racines spirituelles encore plus élevées que certaines lois explicites de la Torah.
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Michpatim – Les « bassins » de l’alliance divine Source : Likouté Si’hot volume 36, troisième Si’ha sur Michpatim
« Les bassins de l’Alliance divine : Une analyse approfondie »
1. Le contexte dans la Torah
La Torah décrit les préparatifs du Don de la Torah, où Moïse prend le sang des sacrifices, le divise en deux, place une partie dans des bassins et asperge l’autre sur l’autel. Il utilise ensuite ce sang pour asperger le peuple, marquant ainsi l’alliance avec Dieu.
2. L’interprétation de Rachi
Rachi explique que deux bassins distincts furent utilisés :
– Un pour le sang des offrandes d’élévation (‘Ola)
– Un pour le sang des offrandes de paix (Chelamim)
Cette division servait à l’aspersion sur le peuple pour sceller l’alliance, accompagnée de la circoncision et du bain rituel.
3. Une innovation unique
La division égale du sang en deux moitiés est présentée comme un acte inédit. Bien que la répartition du sang des sacrifices soit courante, la division précise en deux parts égales est exceptionnelle ici.
4. Le concept d’Alliance
Le ‘Hizkouni compare cette division à la tradition de couper un animal en deux pour sceller une alliance, faisant référence à l’alliance d’Abraham. Cette pratique symbolique représente l’engagement mutuel des parties.
5. L’approche particulière de Rachi
Rachi se concentre sur les « deux bassins » plutôt que sur la division du sang elle-même, suggérant que seul le sang destiné au peuple fut placé dans ces récipients.
6. La signification profonde
Les deux types de sang représentent deux aspects de l’alliance :
– Le sang de l’offrande d’élévation : la part divine
– Le sang des offrandes de paix : la part d’Israël
7. Une alliance unique
Cette méthode d’alliance par aspersion du sang représente une innovation par rapport à l’alliance traditionnelle qui nécessitait de passer entre les morceaux d’un animal divisé.
8. L’enseignement final
Cette alliance du Don de la Torah représente un niveau supérieur d’union avec Dieu, permettant une fusion totale plutôt qu’une simple soumission, symbolisée par l’unification des différents types de sang sur le peuple.
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Bechala’h – L’inspiration fusionnelle de la Chira Source : Likouté Si’hot volume 31, première Si’ha sur Bechala’h
L’origine et la forme du cantique
La Chira, le cantique chanté par les Israélites après la traversée de la mer Rouge, représente un moment unique d’unité spirituelle. Selon le texte, ce chant fut entonné de manière particulière, avec trois approches différentes rapportées par les Sages : 1. La version de Rabbi Akiva : Moïse chantait d’abord, puis le peuple répondait par des refrains courts, à la manière d’un chant responsorial. 2. L’interprétation de Rabbi Eliezer : Le peuple répétait chaque verset après Moïse, comme un écho. 3. La vision de Rabbi Néhémia : Tout le peuple chanta simultanément, dans une parfaite harmonie.
Le rôle central de Moïse
La fonction unique du leader spirituel Le texte souligne le rôle essentiel de Moïse comme initiateur du cantique. Cette position n’est pas anecdotique mais reflète sa fonction unique de « Chef de la génération » (Nassi HaDor). Le texte explique que Moïse possédait la capacité unique de révéler le « point de judéité » (Nekoudat HaYahadout) présent en chaque Juif.
L’unification à travers le leadership
Le texte développe une analogie intéressante en comparant Moïse au cœur du corps : tout comme le cœur distribue le sang de manière égale à tous les organes, Moïse avait la capacité de transmettre une vitalité spirituelle uniforme à tout le peuple.
Les trois niveaux d’unité Le texte présente une progression dans les niveaux d’unité possibles : 1. L’unité fraternelle : Le niveau basique où les Juifs sont unis comme des frères 2. L’unité corporelle : Un niveau plus profond où le peuple fonctionne comme un seul corps 3. L’unité essentielle : Le niveau le plus élevé où l’unité transcende toute différenciation
La joie comme catalyseur
Un aspect particulièrement intéressant est le rôle de la joie dans cette expérience d’unité. Le texte mentionne que « la joie brise toutes les barrières », suggérant que l’état émotionnel positif facilita cette unification spirituelle extraordinaire.
Implications contemporaines
Le texte conclut sur une note messianique, faisant référence à une « Dixième Chira » future qui sera chantée lors de la rédemption finale. Cette perspective suggère que l’unité atteinte lors de la Chira originelle sert de modèle pour l’unité spirituelle à laquelle le peuple juif aspire.
Conclusion
La Chira représente bien plus qu’un simple cantique de victoire. Elle illustre la capacité du peuple juif à atteindre une unité spirituelle transcendante sous la direction du leader authentique, créant ainsi un paradigme d’unité qui résonne à travers les générations.
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Roch ‘Hodèch Chevat – La Torah en soixante-dix langues Likouté Si’hot volume 36, Si’ha sur Roch ‘Hodèch Chevat
Quand Moïse traduisit la Torah en 70 langues
Le 1er Chevat de l’an 2488 du calendrier hébraïque, un événement mémorable se produisit : Moïse, sur le point d’achever sa mission, entreprit d’expliquer la Torah au peuple juif en 70 langues différentes (Devarim 1,3 et Rachi).
Pourquoi une telle démarche ? Certains commentateurs suggèrent que Moïse voulait ainsi s’assurer que tous, y compris ceux qui ne maîtrisaient pas l’hébreu, puissent comprendre les enseignements de la Torah. D’autres y voient une anticipation de l’exil à venir parmi les nations, afin que les juifs puissent continuer à étudier la Torah où qu’ils soient (Levouch et Imrei Shefer).
Cependant, cela soulève une question : la Torah, parole divine, n’est-elle pas intrinsèquement liée à la langue sacrée ? Étudier et transmettre la Torah dans une autre langue ne risque-t-il pas d’en altérer le caractère divin ?
C’est tout le contraire, enseigne le Rabbi de Loubavitch. En traduisant lui-même la Torah dans les langues des nations, Moïse leur conféra un statut sacré. Ainsi, celui qui étudie ou transmet des paroles de Torah dans une autre langue énonce bel et bien des paroles saintes !
De plus, en inscrivant la Torah sur les pierres du mont Ebal dans toutes les langues (Devarim 27,8), Moïse montra que même couchées par écrit dans un autre alphabet, les paroles de Torah conservent leur sainteté.
Cette démarche prend tout son sens à la lumière du livre de Devarim, qui n’est autre que le « Michné Torah » (Deutéronome), la répétition de la Torah par Moïse. Bien qu’inspiré par D.ieu, il fut énoncé par Moïse « de lui-même ». Pourtant, il fait partie intégrante de la Torah ! De même, les livres des Prophètes et les Hagiographes, fruits d’une inspiration divine, sont eux aussi « Torah ».
Là est le fondement de la Torah orale : sa révélation se fait par l’homme, mais son contenu reste parole divine. C’est le sens profond de l’entreprise de Moïse : même énoncée en 70 langues, passant par le prisme de l’intellect humain, la Torah demeure sacrée.
Le Rabbi précédent, rappelé à D.ieu le 10 Chevat, fit de la traduction des enseignements de la ‘Hassidout un axe majeur de son action, afin que la partie la plus profonde de la Torah touche chaque juif dans sa langue et révèle la partie divine de son âme, hâtant ainsi la venue de Machia’h.
En ce jour anniversaire, puissions-nous nous aussi diffuser la lumière de la Torah au plus grand nombre, en l’adaptant à chacun, afin d’éclairer le monde et préparer la Délivrance prochaine !
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La Plaie des Ulcères :
Une Manifestation Unique de la Puissance Divine Likouté Si’hot volume 36, 1ère Si’ha
La plaie des ulcères (Che’hine) représente un moment charnière dans la série des dix plaies d’Égypte. Cette étude, basée sur le Likouté Si’hot (volume 36), analyse ses caractéristiques uniques et sa signification profonde.
Caractéristiques Distinctives
Une Action Directe
Contrairement aux autres plaies où l’action de Moïse ou d’Aaron était suivie d’effets immédiats, la plaie des ulcères impliquait un processus en deux temps :
– Moïse jette la suie qui se répand d’abord sur l’Égypte
– La suie cause ensuite les ulcères
Un Paradoxe Intentionnel
Cette plaie présente une dualité remarquable :
– Apparence naturelle : utilisation de suie de fournaise
– Réalité miraculeuse : la suie froide produit des inflammations
Impact sur les Magiciens
L’effet sur les magiciens fut sans précédent :
– Avant : simple reconnaissance du « doigt de D.ieu »
– Après les ulcères : incapacité totale à se tenir devant Moïse
Signification
Progression Divine
La séquence des plaies révèle une stratégie divine :
1. Plaies imitables par les magiciens
2. Plaies dépassant leurs capacités
3. Plaies sans action humaine visible
Message Universel
Cette plaie démontre que D.ieu peut :
– Maîtriser les forces naturelles
– Combiner nature et miracle simultanément
– Manifester Sa puissance de manière subtile et évidente
Conclusion
La plaie des ulcères illustre parfaitement la capacité divine à transcender la dichotomie entre naturel et miraculeux, établissant ainsi Sa souveraineté absolue sur la création.
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Délivrance individuelle et collective Source : Likouté Si’hot volume 11, première Si’ha sur Chemot
1. Le Dialogue Initial (שמות ג, יג)
Dans ce passage fondamental, Moïse interroge D.ieu sur Son nom, et reçoit la réponse énigmatique « Je serai Celui que Je serai » (אהיה אשר אהיה). Le Midrash explique une distinction cruciale : D.ieu agit différemment avec les individus et avec le collectif. Pour les individus, Il respecte leur libre arbitre, mais pour le collectif, Il peut agir « même contre leur gré ».
2. Les Deux Types de Délivrance
A) La Sortie d’Égypte :
– Caractérisée par une approche collective
– Certains individus qui ne voulaient pas sortir sont morts pendant les plaies (notamment pendant celle de l’obscurité)
– La libération était principalement collective, même si certains individus n’étaient pas méritants
B) La Délivrance Future :
– Plus personnalisée et individuelle
– D.ieu « prendra chacun par la main »
– Même les « perdus » et « relégués » seront sauvés
– Basée sur une transformation intérieure (techouva)
3. Le Changement Fondamental après le Don de la Torah
Le texte explique qu’un changement radical s’est opéré après le don de la Torah :
– Avant : possibilité d’être exclu de la délivrance (comme lors de la sortie d’Égypte)
– Après : chaque Juif a une connexion essentielle avec D.ieu qui ne peut être rompue
– Cette connexion est décrite comme venant de « l’Essence même » de D.ieu
4. Le Paradoxe du « Racha » (L’Impie)
Le texte aborde le cas particulier du « racha » (l’impie) :
– Dans la Haggadah : « S’il avait été là-bas (en Égypte), il n’aurait pas été délivré »
– Mais pour la délivrance future : même l’impie sera sauvé
– Cette différence s’explique par le don de la Torah qui a créé un lien indissoluble
5. La Notion de Choix Divin
Un point crucial du texte concerne le choix divin :
– Au moment du don de la Torah, D.ieu a « choisi » le peuple juif
– Ce choix est décrit comme plus profond qu’une simple préférence naturelle
– Il créé une connexion essentielle qui transcende le comportement extérieur
Conclusion :
Le texte présente une évolution remarquable dans la conception de la délivrance : d’une approche principalement collective lors de la sortie d’Égypte vers une approche qui combine le collectif et l’individuel dans la délivrance future, garantissant que personne ne sera laissé de côté, grâce au lien essentiel créé lors du don de la Torah.
Cette perspective offre un message d’espoir : malgré les apparences extérieures, chaque Juif possède une connexion intérieure profonde avec le divin qui finira par se manifester, menant à une délivrance à la fois personnelle et collective.
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LA RÉVÉLATION DU TEMPS MESSIANIQUE :
LE DESSEIN CACHÉ DE YAAKOV Source : Likouté Si’hot volume 20, 1ère Si’ha
Pourquoi Yaakov voulait-il révéler la fin des temps à ses enfants et quelle est la signification profonde de ce refus divin ? Une analyse des commentaires traditionnels éclaire d’un jour nouveau cet épisode mystérieux et ses implications contemporaines.
À l’approche de sa mort, Yaakov notre patriarche rassemble ses enfants avec une intention précise : leur dévoiler la date de la rédemption finale. Mais au moment crucial, la présence divine se retire, l’empêchant de réaliser son projet. Cette scène, rapportée dans le Talmud, soulève une question fondamentale : quel intérêt y avait-il à révéler une échéance si lointaine ?
La réponse est surprenante. Selon une analyse approfondie des sources, Yaakov ne cherchait pas à annoncer une date distante mais à partager une possibilité immédiate : la sortie d’Égypte elle-même pouvait devenir la rédemption finale si le peuple s’en montrait digne.
« La délivrance divine a deux temporalités possibles », explique la Guemara : « en son temps » ou « accélérée » selon le mérite du peuple. Yaakov espérait que la révélation de cette possibilité motiverait ses enfants à intensifier leurs efforts spirituels pour mériter une rédemption anticipée.
Pourquoi alors cette révélation fut-elle empêchée ? Les commentateurs expliquent que le service divin atteint sa perfection précisément lorsqu’il émane d’un effort personnel, sans être motivé par une connaissance extérieure. Comme l’enseigne le Talmud : « Un homme préfère une mesure acquise par son propre effort à neuf mesures reçues d’autrui. »
RÉSONANCES CONTEMPORAINES
Cette histoire trouve un écho particulier à notre époque. Comme le soulignent nos Sages, « tous les délais sont dépassés » et la rédemption ne dépend plus que de nos actes. L’aspiration messianique et l’engagement personnel qu’elle suscite demeurent aussi pertinents aujourd’hui qu’à l’époque de Yaakov.
Le désir de Yaakov n’est pas resté lettre morte. Sa volonté de révélation a ouvert pour chaque Juif la possibilité d’accéder à une forme de « libération » personnelle – du joug des nations comme des entraves intérieures – à travers un service divin authentique et engagé.
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L’Ambiguïté de l’Installation en Égypte : Analyse de Vayigash Likouté Si’hot volume 15, 4e Si’ha
L’Apparent Paradoxe
Le verset « Et ils s’établirent (vayéa’hazou) dans le pays de Goshen » présente une dualité intéressante :
1. Selon Rashi : « Vayéa’hazou » signifie une possession héréditaire (a’houzah), notion positive 2. Selon le Midrash : C’était un « emprisonnement », la terre les retenait contre leur volonté
La Résolution Géographique
La Torah précise délibérément « en terre d’Égypte, dans le pays de Goshen » pour souligner :
– Goshen était une partie intégrante de l’Égypte
– Malgré le confort relatif, c’était toujours un exil
– La prophétie « ton descendant sera étranger » s’accomplissait même dans l’aisance
L’Héritage Particulier de Goshen
Un aspect unique émerge concernant Goshen :
1. L’Origine : Cette terre fut donnée à Sarah par Pharaon
2. La Transmission : Les Enfants d’Israël en héritèrent de Sarah
3. Le Paradoxe : Comment concilier cet héritage avec la notion d’exil ?
La Dégradation Progressive
La situation se détériora en plusieurs étapes :
1. Initialement :
– Installation confortable mais conscience de l’exil
– Sentiment de distance avec la Terre Promise
2. Après la mort de Yossef :
– Perte de la conscience d’être en exil
– Adaptation excessive au confort de Goshen
– Disparition du désir de retourner en Terre d’Israël
La Dimension Spirituelle
Le texte révèle plusieurs niveaux de lecture :
1. Le Sens Simple (Pshat) :
– Une possession héréditaire physique
– Un établissement matériel
2. Le Sens Profond (Pnimiyut) :
– Une mission de récupération d’étincelles de sainteté
– Un exil nécessaire pour une élévation future
L’Unification des Interprétations
Les deux lectures, apparemment contradictoires, se complètent :
– L’aspect positif : La capacité d’établir une présence juive même en exil – L’aspect négatif : Le danger de trop s’attacher à la terre d’exil – La synthèse : L’exil comme moyen d’accomplir une mission spirituelle tout en maintenant l’aspiration au retour
La Leçon Contemporaine
Cette analyse nous enseigne que :
1. Le confort matériel en exil ne doit pas faire oublier notre véritable foyer
2. Même dans l’aisance, il faut maintenir la conscience de notre mission spirituelle
3. L’exil peut avoir un objectif positif tout en restant fondamentalement un état temporaire
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« ביקש יעקב לישב בשלוה » – Jacob voulait vivre en paix » :
la volonté et le plaisir de l’homme soient la volonté et le plaisir de D.ieu. Vayéschev – Likoutei Si’hot volume 15, Si’ha 2
« ביקש יעקב לישב בשלוה » « Jacob voulait vivre en paix » – il désirait la paix et la sérénité qui viennent du plaisir intrinsèque des commandements. C’est pourquoi « קפץ עליו רוגזו של יוסף » « la tourmente de Joseph s’abattit sur lui » – car la révélation du plaisir intrinsèque se fait à travers le raffinement du niveau le plus bas.
« וישב יעקב בארץ מגורי אביו » « Jacob s’installa dans le pays où son père avait séjourné. » Rashi commente : « Jacob voulait vivre en paix, mais la tourmente de Joseph s’abattit sur lui. Les justes ne se contentent pas de ce qui leur est réservé dans le monde futur, ils veulent aussi vivre en paix dans ce monde. »
Du langage de Rashi, il apparaît que vivre en paix est une chose souhaitable, mais qui n’appartient généralement qu’au monde futur. Cependant, après « רוגזו של יוסף » « la tourmente de Joseph », Jacob atteignit la paix dans ce monde, en Égypte.
L’explication est la suivante : Concernant les commandements, leur récompense est secondaire, car « אין הקב »ה מקפח שכר כל בריה » « D.ieu ne prive aucune créature de sa récompense ». Néanmoins, la récompense est liée au commandement, car par sa récompense nous connaissons son essence. Les commandements sont une volonté qui transcende la raison, mais parfois cette volonté se revêt de raison.
Cela vient du fait que la volonté divine est que le bien des commandements soit ressenti à chaque niveau, c’est pourquoi le commandement vient avec une récompense et une raison. Mais l’essence du bien, le plaisir intrinsèque des commandements, ne se révélera que dans le futur. Il y a de grands justes qui méritent de « עולמך תראה בחייך » « voir ton monde de ton vivant », pour qui le plaisir intrinsèque des commandements se révèle dans ce monde.
Mais pour ressentir le plaisir intrinsèque, il faut
(a) être dans un état d’annulation totale
(b) et que la volonté et le plaisir de l’homme soient la Volonté et le Plaisir de D.ieu.
C’est le sens de « שלום רב לאוהבי תורתך » « Grande paix à ceux qui aiment Ta Torah » – à travers « אוהבי תורתך » « ceux qui aiment Ta Torah », où « Torah » représente l’annulation totale de « ma langue proclamera Ta parole », et l’amour de la Torah parce qu’elle est le plaisir divin – « Ta Torah », se produit une « grande paix », l’extension de la paix qui est le raffinement en tout lieu et même chez les érudits, révélant en eux la véritable paix de la Torah qui est enracinée dans l’essence divine et peut donc unir divinité et monde.
C’est pourquoi « ביקש יעקב לישב בשלוה » « Jacob voulait vivre en paix » – il désirait la paix et la sérénité qui se révèle dans le raffinement du niveau le plus bas (car c’est là que se révèle le plaisir intrinsèque qui peut se manifester partout). Mais il ne put y parvenir qu’après « רוגזו של יוסף » « la tourmente de Joseph », qui représente l’ultime descente par laquelle se fait précisément le raffinement du niveau le plus bas.
La France et la Marseillaise (Vayechev 5752)
La possibilité de transformer le profane en sacré s’illustre remarquablement dans l’histoire de la Marseillaise. Les hassidim prirent cet hymne révolutionnaire et le transformèrent en nigoun sacré, y intégrant les paroles « HaAderet VeHaEmunah » (La Majesté et la Foi). Cette métamorphose démontre comment la sainteté peut être révélée même dans les expressions culturelles apparemment les plus éloignées du divin.
La reconnaissance des miracles quotidiens joue un rôle essentiel dans ce processus de transformation spirituelle. Particulièrement durant Hanoucca, période dédiée à la publication du miracle, chaque juif est appelé à percevoir et proclamer les interventions divines dans sa vie. Cette gratitude et cette reconnaissance constituent des éléments essentiels pour hâter la rédemption finale.
La véritable paix, enseignent les maîtres hassidiques, ne réside pas dans l’absence de conflit mais dans la capacité à unifier les opposés, à révéler la présence divine dans chaque aspect de l’existence. L’accomplissement des Mitsvot avec une conscience profonde de leur source divine, la transformation du mondain en sacré, et la reconnaissance des miracles quotidiens constituent les étapes de cette élévation spirituelle menant à la rédemption messianique.
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PAS DE RETRANSMISSION RQDIO AUJOURD’HUI
Vayichla’h – La divine Providence sur Israël Source : Likouté Si’hot volume 30, première Si’ha sur Vayichla’h
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Sur le verset « Et Jacob se leva et porta ses enfants et ses femmes sur les chameaux », Rachi explique la différence entre les versets en disant que Jacob « a fait passer les mâles avant les femelles », tandis qu’Ésaü « a fait passer les femelles avant les mâles ». Cette explication n’indique cependant pas la raison profonde de ces changements, ni s’ils sont liés à une élévation spirituelle ou à une dégradation.
Les commentateurs de Rachi expliquent qu’Ésaü… car seuls ses enfants étaient importants pour lui, puisque c’étaient d’eux que devaient sortir ses descendants, mais Jacob ne portait pas ses femmes uniquement pour avoir des descendants, comme déjà expliqué plus haut, car il ne se maria pas jusqu’à l’âge de 40 ans, disant « Quand pourrais-je aussi faire quelque chose pour ma maison ? »
Et ainsi également concernant Moïse, il est dit « Moïse prit sa femme et ses fils ». Et bien que les commentateurs aient longuement expliqué les différences entre ces versets – après tout cela – ce n’est toujours pas compris :
Après que Rachi ait écrit de manière sûre que Jacob « fit passer les mâles avant les femelles », ce qui était le comportement approprié pour un homme juste – comment est-il possible que Rachi se contente dans tous ces endroits de ne pas expliquer en quoi ils sont différents pour s’écarter de la règle générale que Jacob « fit passer les mâles avant les femelles » ?
[Et comme expliqué dans les commentaires], c’est précisément cette longue explication dans les commentaires de Rachi qui est déconcertante, car elle construit et démolit de cette manière et de cette autre – alors qu’il aurait été plus simple d’offrir l’explication la plus simple qui écarte toutes les questions dès le départ : il n’est pas logique de dire que Rachi avait besoin de se tenir sur les différentes explications des commentateurs – quand dans les commentaires eux-mêmes il y a cette difficulté, l’un construit et l’autre démolit.
On pourrait dire que Rachi résout tout cela précisément par sa formulation « il fit passer les mâles avant les femelles et Ésaü fit passer les femelles avant les mâles » – car de toute façon, comment est-il compréhensible qu’après avoir dit que Jacob a agi ainsi par respect (pour les femmes), Rachi n’a pas adopté ce même langage : « ses enfants… ses femmes » ?
La section « Torah » dans Rachi : La raison interne pour laquelle Rachi mentionne le comportement d’Ésaü – « il fit passer les femelles avant les mâles » – dans le verset parlant de Jacob, on peut dire en introduction :
Bien que selon l’ordre de la Torah les mâles passent avant, et selon le langage du verset « il dominera sur elle » – néanmoins nous trouvons parfois que les femelles passent avant. Et d’ailleurs – l’un des premiers exemples parmi les patriarches – dans le futur c’est la femme qui « entourera l’homme » (comme expliqué ailleurs), car alors commencera l’élévation de la femme.
Entre mari et femme, l’essentiel du mariage (et de son étude) est dans l’individu. Et la femme (par rapport à l’homme) traite des questions de tête et de mesures.
Et l’excellence dans chacun :
L’excellence de l’esprit et de l’intellect est que l’homme voit et saisit avec son intellect la vérité de la chose telle qu’elle est (sans mélange de « soudoiement » et d’inclination naturelle) ; alors que la tête et le cerveau de l’homme « saisissent » la chose en accord avec les tendances et les désirs de l’homme.
L’intellect qui est dans les mesures (et en conséquence le comportement de l’homme) est comme il devrait être.
Cependant, il arrive parfois que l’homme soit forcé de servir son Créateur au-delà de l’ordre du goût et de la raison, comme lorsque les obstacles et les dissimulations se multiplient pour le service divin, alors il ne peut plus servir D.ieu de manière limitée et mesurée selon le goût et la raison, mais il a besoin d’un service plus élevé, au-delà des limites de l’intellect. Et cela se manifeste particulièrement dans le service du cœur (et comme on le sait) que l’âme elle-même se révèle particulièrement dans le cœur, et non dans le cerveau.
Et c’est l’allusion dans le commentaire de Rachi que « Jacob fit passer les mâles avant les femelles et Ésaü les femelles avant les mâles » : le service de Jacob, « homme intègre habitant les tentes », est un service ordonné, d’abord les mâles puis les femelles, le service du cœur venant après (et le cœur influence le reste du corps).
Mais dans le service d’Ésaü – « homme des champs » – service dans un lieu de « dissimulations et obstacles » – l’ordre est inversé, les femelles avant les mâles, car dans ce service on ne peut pas se contenter du service selon l’ordre, limité et mesuré, mais il faut un service au-dessus de l’ordre, au-dessus de la limite et de la mesure, comme mentionné ci-dessus.
Et c’est aussi l’une des explications de ce qui viendra dans le futur où « la femme entourera l’homme », car tous les dévoilements du futur dépendent de « nos actions et notre service pendant toute la durée de l’exil », et alors se révéleront toutes les élévations qui ont été accomplies par notre service pendant l’exil, et particulièrement dans notre dernier exil (l’exil d’Edom, Ésaü) où se sont multipliées les dissimulations etc. – le service est celui du sacrifice de l’âme, qui est au-dessus du goût et de la raison, se manifestant principalement dans le cœur.
Et c’est l’allusion dans le commentaire de Rachi ici, concernant l’alliance de Jacob : lorsque l’exil de Jacob chez Lavan fut terminé (c’est-à-dire que Jacob avait achevé son service et accompli le raffinement chez lui et que commença la préparation de son service avec Ésaü – l’un des moments principaux et essentiels de notre service pendant l’exil, et en particulier dans cet exil dernier (exil d’Edom, Ésaü) où abondent les dissimulations et les obstacles, etc. – c’est le service du sacrifice de l’âme, qui est au-dessus du goût et de la raison, se manifestant principalement dans le cœur.
Selon cela, il faut aussi expliquer la raison intérieure pour laquelle cet aspect – qu' »Ésaü fit passer les femelles avant les mâles » – est mentionné dans le commentaire de Rachi en lien avec le récit du départ de Jacob de chez Lavan et sa rencontre avec Ésaü.
Il est expliqué dans les commentaires que la raison pour laquelle Jacob envoya des messagers à Ésaü (comme raconté dans la paracha mentionnée) est que Jacob était déjà prêt pour la situation future, quand « des sauveurs monteront sur le mont Sion pour juger la montagne d’Ésaü », mais ensuite les anges informèrent Jacob qu’Ésaü était encore au niveau le plus bas, et au contraire, « il va à ta rencontre et quatre cents hommes avec lui » – ce qui signifie qu’il était dans un état d’opposition totale, et par conséquent ils devaient encore traverser l’exil d’Ésaü (Edom), et l’achèvement du raffinement n’aurait lieu qu’aux temps messianiques, comme Rachi l’explique dans la paracha Vayishlach.
Et c’est pourquoi il arrive que dans la vision d’Ésaü par Jacob – comme il est dit « quand il le vit » au sens littéral – il le vit tel qu’il était dans sa racine, c’est-à-dire comme il serait après le raffinement et prêt pour la rédemption, alors la précédence des « femelles avant les mâles » serait au niveau supérieur, « la femme entourera l’homme ».
Que cela soit ainsi pour nous avec la venue de notre juste Messie très prochainement.
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Propriété légale de la Terre d’Israël Source : Likouté Si’hot volume 30, première Si’ha sur ‘Hayé Sarah
Le texte du Likouté Si’hot présente une analyse approfondie de la nature complexe de la propriété de la Terre d’Israël, à travers l’épisode de l’achat du Caveau des Patriarches par Abraham. Cette exégèse révèle une distinction fondamentale entre deux types de propriété : collective et individuelle.
Les Deux Dimensions de la Propriété
La Propriété Collective
– Appartient à l’ensemble du peuple juif
– Fut établie lors de la conquête de la terre par Josué
– Ne peut être soumise à aucun contrôle étranger
– Représente la dimension nationale du territoire
La Propriété Individuelle
– Concerne les parcelles spécifiques appartenant à chaque individu
– Fut établie quand chacun s’installa sur sa terre
– Peut coexister avec certains droits accordés aux non-juifs
– Représente la dimension personnelle du territoire
L’Épisode du Caveau des Patriarches
L’achat du Caveau des Patriarches par Abraham illustre parfaitement cette dualité :
1. **L’Approche Initiale** : Abraham propose d’abord d’acquérir uniquement la propriété individuelle, se présentant comme « étranger »
2. **L’Alternative** : Si refusé, il invoque son droit à la propriété collective, se positionnant comme « habitant »
3. **La Résolution** : L’achat final respecte la distinction entre propriétés individuelle et collective
Le Serment aux Jébuséens
Le texte explique la validité du serment d’Abraham aux Jébuséens :
– Ne concernait que la propriété individuelle
– N’affectait pas la souveraineté collective d’Israël
– Permettait leur présence sous autorité israélite
L’Action du Roi David
Le cas de la conquête de Jérusalem par David illustre l’application pratique de ces principes :
1. Agissant pour l’intérêt collectif (construction du Temple)
2. Droit d’exproprier justifié par la propriété collective
3. Achat final pour respecter la dimension individuelle