Une initiative remarquable du mouvement Habad unit des enfants ukrainiens réfugiés et israéliens à travers un programme estival innovant qui transforme le traumatisme en espoir.
Le camp Yeka, organisé par les émissaires Habad, a réussi à créer un pont unique entre les jeunes victimes de guerre en Ukraine et leurs homologues israéliens, offrant un programme éducatif et thérapeutique qui dépasse les frontières géographiques et émotionnelles. Cette initiative témoigne de la capacité du mouvement Loubavitch à adapter ses méthodes d’éducation juive aux défis contemporains les plus pressants.
Un refuge virtuel contre les bombes
L’histoire du camp Yeka trouve ses racines dans les premières semaines de l’invasion russe en Ukraine. Alors que les sirènes résonnaient dans les villes ukrainiennes et que les familles se réfugiaient dans les abris anti-bombes, les organisateurs Habad ont rapidement compris qu’il fallait agir pour préserver la santé mentale et spirituelle des enfants.
« Nous avons réalisé que ces enfants avaient besoin de plus qu’un simple divertissement », explique l’un des coordinateurs du programme. « Ils avaient besoin d’un sens de normalité, d’appartenance et d’espoir. » C’est ainsi qu’est née l’idée d’un camp virtuel qui pourrait atteindre les enfants où qu’ils se trouvent, même dans les sous-sols servant d’abris.
Le programme initial s’est concentré sur les enfants ukrainiens, mais les organisateurs ont rapidement élargi leur vision pour inclure les jeunes israéliens. Cette décision s’est révélée particulièrement pertinente après les attaques du 7 octobre, qui ont créé des traumatismes similaires chez de nombreux enfants israéliens.
Une pédagogie adaptée au trauma
Le camp Yeka ne ressemble à aucun programme estival traditionnel. Les organisateurs ont développé une approche pédagogique spécifiquement conçue pour des enfants ayant vécu des traumatismes de guerre. Les activités mélangent enseignement religieux, thérapie par l’art, jeux interactifs et sessions de partage d’expériences.
Les séances quotidiennes incluent des cours de Torah adaptés à l’âge des participants, des ateliers créatifs permettant aux enfants d’exprimer leurs émotions, et des moments de connexion avec des pairs vivant des expériences similaires. « Quand un enfant de Kiev peut parler avec un enfant de Sderot et réaliser qu’ils partagent les mêmes peurs et les mêmes espoirs, quelque chose de magique se produit », témoigne une conseillère du programme.
L’utilisation de la technologie a permis de créer des salles virtuelles où les enfants peuvent se retrouver en sécurité, loin des menaces physiques mais proches émotionnellement. Les Ba’hourim (étudiants) des Yechivot Habad du monde entier ont été mobilisés comme conseillers, apportant leur énergie juvénile et leur compréhension des défis contemporains.
Des résultats qui dépassent les attentes
Les retours des familles participantes témoignent de l’impact profond du programme. « Mon fils avait cessé de sourire après avoir fui Marioupol », raconte une mère ukrainienne réfugiée en Pologne. « Après quelques semaines au camp Yeka, il a recommencé à rire et même à poser des questions sur nos traditions familiales. »
Du côté israélien, les parents rapportent des améliorations similaires. « Ma fille faisait des cauchemars depuis le 7 octobre », explique un père de la région de Gaza. « Le fait de pouvoir partager ses expériences avec d’autres enfants qui comprennent vraiment ce qu’elle vit l’a énormément aidée. »
Le programme a également eu des effets inattendus sur la compréhension interculturelle. Malgré les différences linguistiques et culturelles, les enfants ukrainiens et israéliens ont développé des amitiés durables, unis par leur héritage juif commun et leurs expériences similaires.
Les organisateurs prévoient déjà d’étendre le programme l’année prochaine, avec l’ambition d’inclure davantage d’enfants et de développer des modules spécifiques pour différents groupes d’âge. Cette initiative illustre parfaitement comment le mouvement Habad continue d’innover dans sa mission éducative, s’adaptant aux réalités contemporaines tout en préservant ses valeurs fondamentales.
Le camp Yeka démontre qu’même dans les circonstances les plus difficiles, l’éducation juive peut servir de bouclier protecteur et de source de résilience pour les nouvelles générations.
Les Institutions Chneor d’Aubervilliers ont orchestré une rentrée mémorable avec animations festives, ballons et distribution de chocolats, confirmant leur réputation d’établissement où l’excellence pédagogique se conjugue avec la bienveillance.
Cette rentrée scolaire 2025-2026 restera gravée dans les mémoires des 700 élèves des Institutions Chneor. L’établissement Habad d’Aubervilliers a transformé cette journée traditionnellement stressante en véritable fête, mêlant joie des retrouvailles, découvertes pour les nouveaux arrivants et surprises colorées. Entre rires spontanés et émotion palpable, l’équipe pédagogique a réussi son pari : offrir à chaque enfant un démarrage d’année empreint de confiance et de sérénité.
Un accueil festif orchestré dans les moindres détails
Le son du chofar a donné le ton de cette rentrée exceptionnelle, résonnant à travers les 7700 m² de l’établissement. Ballons multicolores, distribution généreuse de chocolats et animations surprises ont ponctué cette journée spéciale. « Tout était au rendez-vous pour accueillir au mieux nos élèves », souligne la direction, visiblement satisfaite de cette organisation millimétrée.
Cette approche festive s’inscrit dans la philosophie profonde de l’école : créer un environnement où chaque enfant se sent attendu et valorisé dès son arrivée. Du Gan (maternelle) au Lycée, en passant par l’École Primaire, le Collège et le Heder, chaque niveau a bénéficié de cette attention particulière.
Une école pionnière dans l’inclusion et l’excellence
Depuis sa création il y a plus d’un demi-siècle par le Rav Shalom Mendel Kalmenson et son épouse, sous l’égide du Rabbi de Loubavitch, l’établissement n’a cessé d’innover. Chneor fut précurseur dans « la campagne de l’école juive pour tous », brisant les barrières financières, géographiques et religieuses qui peuvent freiner l’accès à l’éducation juive.
« L’école du cœur qui accueille tous les enfants juifs », comme elle se définit, a développé un modèle unique alliant tradition et modernité. L’enseignement de Torah et Mitsvot de qualité s’associe harmonieusement à un enseignement général d’excellence, avec des résultats probants : 100% de réussite au baccalauréat en 2023, dont 43% avec mention.
Une pédagogie innovante centrée sur l’épanouissement
L’innovation pédagogique constitue l’un des piliers de l’établissement. L’équipe utilise des supports modernes et ludiques pour optimiser l’apprentissage, dans un esprit où « apprendre doit devenir un plaisir ». Cette approche se traduit par des méthodes d’enseignement adaptées, des classes à effectifs réduits et un accompagnement personnalisé de chaque élève.
L’établissement propose également un éventail d’activités extra-scolaires : natation, sports en gymnase, sans oublier l’accompagnement des familles à travers des initiatives comme l’école des parents, des conférences ou encore le « Torah café des mamans ».
Un engagement communautaire reconnu
Au-delà de sa mission éducative, Chneor rayonne dans la communauté d’Aubervilliers et bien au-delà. L’établissement a récemment organisé une fanfare d’enfants devant la mairie, démontrant son ancrage local et sa volonté d’ouverture sur la cité.
Cette rentrée 2025-2026 confirme la vitalité d’une institution qui place l’enfant au centre de toutes ses préoccupations. « Chaque élève doit sortir armé pour être plus tard un citoyen accompli et engagé dans sa Cité », rappelle la direction, fidèle à sa mission de former des individus épanouis et responsables.
L’enthousiasme manifesté lors de cette journée de rentrée témoigne de la réussite d’un modèle éducatif où tradition millénaire et innovation pédagogique se rencontrent pour offrir à chaque enfant les clés de sa réussite future. Un grand merci à toute l’équipe pour son dévouement et son enthousiasme qui donnent à cette rentrée une si belle énergie.
Un voyage historique révèle l’impact profond d’une visite de deux semaines qui marqua à jamais la communauté juive d’Erets Israël en 1929.
Le sixième Rabbi de Loubavitch, connu sous le nom de Rabbi précédent, entreprit en 1929 un voyage extraordinaire en Terre Sainte qui transcenda toutes les divisions politiques de l’époque. Cette visite de quatorze jours transforma non seulement les communautés locales mais laissa une empreinte indélébile dans l’histoire du judaïsme en Erets Israël.
L’annonce qui changea tout
C’était une chaude journée d’été à Jérusalem – le jour de jeûne de Chiva Assar B’Tamouz – lorsqu’une lettre bouleversa l’atmosphère de la Yechiva Torat Emet. La missive provenait du Rabbi précédent à Riga, adressée à la Yechiva et à ses directeurs.
« Dans ma patrie », écrivait le Rabbi précédent, « j’avais l’habitude de visiter – de temps à autre – les tombes de mes ancêtres, les Rebbeim, pour prier en notre nom, au nom des étudiants, d’Anash et du peuple juif. » Deux ans plus tôt, après son emprisonnement par les autorités soviétiques, il avait été contraint de quitter l’Union soviétique pour ne jamais y retourner. Ne pouvant plus visiter les tombes de ses ancêtres en Russie, le Rabbi précédent annonçait sa venue aux lieux saints d’Erets Israël.
La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Le célèbre Rabbi de Loubavitch, héros de la lutte contre le communisme, allait visiter la Terre Sainte. L’annonce reçut une couverture médiatique exceptionnelle : des affiches de bienvenue furent installées par le Grand Rabbinat, l’Agoudat Israël et l’Edah Haharedit. Même le journal de gauche Haaretz et le quotidien de droite de Ze’ev Jabotinsky appelèrent les résidents de Jérusalem à accueillir « le cœur battant des deux millions de Juifs de Russie soviétique ».
Un voyage périlleux vers la Terre promise
Le parcours fut long et ardu. Erets Israël de 1929 était difficile d’accès, sans liaisons directes par bateau ou train. Dix jours s’écoulèrent entre le départ du Rabbi précédent de Riga et son arrivée. Le 22 Tamouz au matin, une foule importante de Hassidim se rassembla à la gare de Riga pour lui faire ses adieux.
Le voyage traversa la Lituanie, Königsberg et l’Allemagne, avec un arrêt à Berlin où le Rabbi précédent passa du temps en compagnie du Rabbi et de la Rebbetzin. Puis ce fut Vienne, Trieste, une traversée en mer Adriatique, Brindisi, Alexandrie où la communauté juive locale l’accueillit avec tous les honneurs, et finalement El Qantara; en Egypte; d’où il prit le train vers Lod.
Une arrivée triomphale à la gare de Lod
Le correspondant S. Petrushkin du journal Der Tag décrivait l’atmosphère extraordinaire : « Les rues de Tel Aviv sont encore vides, mais en arrivant à la gare, je vois des bus remplis de Hassidim portant leurs habits de Yom Tov en route vers Lod. Près du Shtible de la rue Yavneh, quelques autres bus sont prêts, et les Hassidim – qui ont déjà fini de prier – se passent une bouteille de mashke de main en main, disant Lehaïm et chantant des niggunim joyeux. »
À 5h30 du matin le 2 Av, quand le train du Rabbi précédent traversa Rehovot, la gare était déjà bondée. La véritable apothéose eut lieu à Lod, où des centaines de Juifs venus de Jérusalem, Hébron, Safed et Jaffa attendaient. Le Rabbi décrivit plus tard cette scène émouvante à sa fille, la Rebbetzin Sheina : « Il fallut dix minutes avant que je puisse sortir du wagon. Debout sur le seuil, ils criaient avec émotion ‘chalom aleihem’, et le ‘barou’h haba’ s’accompagnait de larmes saintes et chaleureuses. »
Jérusalem accueille son visiteur royal
Des centaines de personnes accompagnèrent le train vers Jérusalem, qui arriva en gare à 9h30. Des foules sans précédent attendaient le Rabbi précédent, et des applaudissements tonitruants éclatèrent à son apparition. Des dizaines de policiers britanniques formèrent un cordon autour du Rabbi et de son entourage, les aidant à rejoindre la voiture qui les mènerait à l’hôtel Amdursky où ils séjourneraient.
La visite suscita quelques tensions. Des extrémistes publiè rent un pamphlet critiquant la rencontre prévue avec le Rav Kook, provoquant une rixe jusqu’à ce que la police arabe sépare les protagonistes. Le Rabbi précédent exprima son mécontentement face à ces polémiques, clarifiant que sa visite était personnelle, dans le simple but de se rendre aux lieux saints, sans prendre parti dans la politique locale.
Des moments d’élévation spirituelle
L’après-midi du premier jour, la nouvelle se répandit que le Rabbi visiterait le Kotel pour la prière de Min’ha. Des centaines de personnes convergèrent vers l’étroite esplanade. Dans son journal, le Rabbi précédent écrivit que Min’ha fut priée avec une ferveur digne de la veille de Yom Kippour. Après la prière et la récitation des Tehilim, il baisa les pierres sacrées : « Pendant ces moments », écrivit-il plus tard, « j’étais vivant ; j’oubliais tout, j’étais un tefah hecher (au-dessus du mondane), je goûtais un moment de vie. »
Les rencontres avec les grands rabbins de Jérusalem furent particulièrement chaleureuses. Le Rav Yossef Haïm Sonnenfeld, vénérable Rav de Jérusalem âgé de quatre-vingts ans, se rendit à l’hôtel quelques minutes seulement après l’arrivée du Rabbi précédent. Le Rav Avraham Its’hak Hakohen Kook, qui avait personnellement œuvré pour la libération du Rabbi deux ans plus tôt, fut visiblement ému de l’accueillir enfin dans sa demeure.
L’héritage indélébile d’une visite historique
Le voyage dura quatorze jours intenses, avec des visites aux tombes des grands maîtres à Safed, Miron, Tibériade, au tombeau de Rachel et à la grotte de Makhpela à Hébron. Le Rabbi tint des audiences privées (yehidus) jusqu’à tard dans la nuit, prononça des discours hassidiques (Maamarim) devant des milliers de personnes et visita d’innombrables institutions.
Reb Shimon Glitzenshtein, secrétaire de la Yechiva Torat Emet, témoigna de l’impact profond de cette visite : « Durant la visite du Rabbi en Erets Israël, un authentique sentiment de sainteté envahit le cœur de chacun. Quand le Rabbi repartit, le vide était indéniable, mais l’impression laissée dans nos cœurs par cette visite ne s’effacera jamais. »
Le 16 Av, après quatorze journées édifiantes en Terre Sainte, le Rabbi précédent quitta Erets Israël. Des centaines de personnes vinrent lui faire leurs adieux à la gare. Bien qu’il n’y ait pas eu suffisamment de temps pour de longs discours, le Rabbi remit un texte de Maamar à étudier après son départ. Cette visite royale marqua à jamais l’histoire du judaïsme en Erets Israël, créant des liens durables entre la Terre Sainte et le mouvement Habad-Loubavitch.
Chronologie du voyage du Rabbi precedent en Terre Sainte
Le départ de Riga et le voyage vers Berlin
Mardi matin, 22 Tamouz, une foule nombreuse de Hassidim se rassembla dans la gare de Riga pour faire leurs adieux au Rabbi précédent. Bien qu’il ne dût passer que deux semaines en Terre d’Israël, le Rabbi précédent devait continuer vers l’Amérique et ne rentrer chez lui qu’une année complète plus tard. Quatre-vingts Hassidim l’accompagnèrent dans le train sur une courte distance. Les Hassidim proches et la famille du Rabbi se joignirent au voyage jusqu’à la ville de Meitene, à la frontière lettone. Après avoir voyagé dans deux trains traversant la Lituanie, Königsberg et l’Allemagne, ils arrivèrent à Berlin mercredi matin.
Mercredi 23 Tamouz, le Rabbi précédent passa la journée en compagnie du Rabbi et de la Rabbanit, qui vivaient alors à Berlin, et monta dans un train pour Vienne mercredi soir, accompagné du Rabbi et de plusieurs autres Hassidim de Berlin.
De Prague à Trieste
Jeudi 24 Tamouz, la prière de Chaharit fut récitée lors d’un arrêt à Prague, et ils arrivèrent à Vienne jeudi après-midi.
Vendredi 25 Tamouz, le groupe voyagea en train jusqu’à Trieste, en Italie.
Chabbat 26 Tamouz fut passé sur un navire traversant la mer Adriatique.
L’arrivée en Terre Sainte
Dimanche 27 Tamouz, lorsque le navire arriva au port italien de Brindisi, le Rabbi et les Hassidim de Berlin prirent congé du Rabbi précédent et de Rachag, qui embarquèrent sur un navire appelé « The Hollywood » pour un voyage de deux jours vers Alexandrie.
Mardi-mercredi 29 Tamouz-1er Av, le Rabbi précédent passa 24 heures comme invité d’honneur dans la communauté juive d’Alexandrie, visitant la synagogue locale et les institutions juives. Ceci fut suivi d’un voyage en train de sept heures jusqu’à El Qantara, où ils traversèrent le canal de Suez et montèrent dans un train avec pour destination finale Lod.
L’accueil triomphal à Jérusalem
Jeudi 2 Av, le Rabbi précédent arriva à Yerouchalaïm via Lod. Des milliers de personnes l’accueillirent à la gare, à l’hôtel Amdursky et au Kotel Hamaaravi. Rav Yossef Haïm Zonnenfeld lui rendit visite et reçut une visite en retour.
Vendredi 3 Av, le Rabbi précédent visita les maisons de Rav Kook et du Richon Letziyon, Rav Yaakov Meir. Certaines valises n’arrivèrent pas, alors le Rabbi précédent acheta un nouveau chtreimel.
Chabbat Hazon et les enseignements
Chabbat Hazon, 4 Av, des membres d’Anach de toute la Terre d’Israël convergèrent vers l’hôtel Amdursky. Dans les dernières heures de Chabbat, le Rabbi précédent prononça un Maamar de deux heures, Tziyon B’michpat Tipadeh.
Motsei Chabbat 4 Av, Rav Kook rendit une visite au Rabbi précédent.
Visites aux grands Rabbanim et voyage vers Tsfat
Dimanche 5 Av, Rav Yaakov Meir rendit une visite au Rabbi précédent, et le Rabbi visita ses parents Reb Israël Asher Liba (l’un des dirigeants du Kollel Habad) et le Rabbi âgé, Reb Nohum’tche de Rachmastrivka. Le Rabbi précédent ne tourna pas le dos à Reb Nohum’tche, et dit plus tard à Reb Alter Simchovitch : « Il y a un Juif à Yerouchalaïm comme Reb Nohum’tche, et les gens ne vont pas le voir ? C’est une injustice ! »
À midi, le Rabbi précédent entreprit un voyage vers Tsfat, s’arrêtant à Afula pour visiter le Grand Rabbin de Tel Aviv Chlomo Aharonson. Malgré seulement une demi-heure de préavis, les Rabbanim de Tsfat se rassemblèrent pour une courte réception, suivie d’une visite au tombeau de l’Arizal (c’était son anniversaire de décès), du Ramak, de Reb Chlomo Alkabetz, du Beth Yossef et de l’Alchich. Une seconde réception eut lieu plus tard dans la soirée où le Rabbi rencontra les Juifs locaux. Le bâtiment où eut lieu la rencontre est l’actuelle maison du Mechon Alte.
Pèlerinage à Miron et Tibériade
Lundi 6 Av, à 4h15 du matin, tout le groupe se dirigea vers Miron et visita le tombeau de Rachbi et de Rabbi Its’hak Nafha. Sur le tombeau de Rabbi Its’hak Nafha, où le Rabbi précédent entra en privé, un Hassid trouva l’écriture du Rabbi : « Tous les Talmidim en Russie. Klal Israël souffre de manque matériel et spirituel. » Après Chaharit, ils visitèrent la Yechiva Bar Yohaï et le Mochav Zkeinim local.
À 7h30, ils arrivèrent à Tibériade et visitèrent les tombeaux de Rabbi Meir Baal Hanes, Reb Mendel Vitebsker, Reb Avraham Kalisker, le Rambam, Rabbi Akiva, Rabbi Yohanan ben Zakaï et le Chelah.
Alors qu’ils conduisaient de Rabbi Meir Baal Hanes vers Reb Mendel Vitebsker, les résidents de Tibériade, qui venaient d’apprendre la visite, coururent vers la voiture, et le Rabbi précédent donna chalom à chacun depuis la fenêtre. Ils retournèrent à Yerouchalaïm cet après-midi, et le Rabbi précédent commença à recevoir en yehidout ce soir-là, de six heures jusqu’à onze heures du soir.
Visite historique au Colel Habad
Mardi 7 Av, après avoir reçu plusieurs visiteurs le matin, le Rabbi précédent rendit une visite historique aux bureaux du Kolel Habad, qui avait été enlisé dans des disputes pendant de nombreuses années. Il accepterait par la suite d’assumer la direction du Kolel.
Le pèlerinage à Rachel et Hévron
À midi, le Rabbi précédent partit pour le tombeau de Rachel. Tant de gens se joignirent que le Rabbi nomma cinq Hassidim pour recevoir tous les panim. Le Rabbi précédent passa deux heures et demie à prier et lire les panim là-bas. Après une courte visite à Migdal Eder, ils continuèrent vers Hévron, où toute la communauté et la Yechiva de Hévron sortirent pour accueillir le Rabbi et l’accompagner au Mearat Hamachpelah.
Une prière de Min’ha émouvante fut priée sur la septième marche, le point le plus proche où les Juifs étaient autorisés à s’approcher du Mearat Hamachpelah en ces jours. Les Hassidim entendirent le Rabbi précédent sangloter tout le temps, priant sur l’air des Yamim Noraïm ; la prière dura une heure et quarante minutes. Ensuite, dans un geste historique de la direction arabe, le Rabbi précédent et un petit groupe furent autorisés à entrer dans le bâtiment pour une courte visite.
Du Mearat Hamachpelah, le Rabbi précédent visita la synagogue Avraham Avinou et Beth Romano, sa propriété personnelle en Terre d’Israël et l’ancienne maison de la Yechiva Torat Emet. Après un court repos, il prononça un Maamar dans la synagogue centrale puis rendit une courte visite à la Yechiva de Hévron. Tard dans la nuit, le Rabbi précédent retourna à Yerouchalaïm.
Ticha BeAv et visites spirituelles
Mercredi 8 Av, toute la journée fut consacrée aux yehidout. La nuit, un minyan fut tenu pour Eikha près de la chambre du Rabbi précédent.
Jeudi, Ticha BeAv, le Rabbi précédent passa l’après-midi sur le mont des Oliviers, visitant les lieux de repos de Zeharyah Hanavi, l’Or Hahayim, le Pri Hadach, Chimon Hatzaddik et d’autres. Après la conclusion du jeûne, le Rabbi précédent tint une visite spéciale à la Yechiva Torat Emet, où il fit un Farbrenguen avec les Ba’hourim et prononça un Maamar.
Vendredi et Chabbat Nahamu
Vendredi 10 Av, après avoir transcrit le Maamar de la nuit précédente, le Rabbi précédent visita l’orphelinat Diskin, la maison pour personnes âgées et les hôpitaux Chaarei Tzedek et Bikkur Holim. Plus de yehidout furent tenues, et le Rabbi de Rachmastrivka rendit une visite.
Chabbat Nahamu, une fois de plus, les foules affluèrent vers l’hôtel pour passer Chabbat avec le Rabbi précédent. Cette fois, une bimah spéciale fut construite pour le Maamar de Chabbat après-midi, auquel assistèrent des milliers de personnes.
Le dernier jour à Jérusalem
Dimanche 12 Av fut le dernier jour à Yerouchalaïm. Aux premières heures du matin, le Rabbi précédent pria et transcrivit le Maamar de la soirée précédente. À neuf heures, il commença une longue série de visites aux institutions et dignitaires.
Il visita les maisons de Reb Chlomo Leib Eliezrov (l’un des Hassidim les plus distingués en Terre d’Israël), Rav Yaakov Meir et le philanthrope Reb Yehochoua Yehoudayov (dont la maison est aujourd’hui le Beth Hanna de Yerouchalaïm). Une réception fut tenue par la communauté boukhare, et le Rabbi précédent visita le Talmud Torah Bnei Tziyon pour enfants séfarades, la Yechiva Eitz Haïm, l’hôpital Misgav Ladah, la bibliothèque du Sdei Hemed, la Yechivat Porat Yossef et la Yechivat Chaar Hachamayim.
Dans l’après-midi, le Rabbi précédent visita la synagogue Tzemah Tzedek et tint une visite finale avec Rav Kook et le Rabbi de Rachmastrivka. De retour à son hôtel, des centaines de personnes attendaient pour yehidout. Le Rabbi précédent donna une birkhat preidah publique dans le hall, et les yehidout continuèrent jusqu’à une heure trente du matin.
Départ vers Tel Aviv
Lundi 13 Av, après une visite finale au Kotel et quelques derniers visiteurs, le Rabbi précédent partit pour Tel Aviv accompagné de dix bus de Hassidim. Plus d’un millier de personnes sortirent pour l’accueillir. Pendant la majeure partie de l’après-midi et de la soirée, le Rabbi précédent reçut des centaines de visiteurs ; chaque personne n’eut que l’opportunité de dire Chalom Aleikhem et de mentionner son nom au Rabbi. Pendant une courte pause, le Rabbi précédent rendit visite à Rehovot. De retour à Tel Aviv, les foules avaient tellement grandi que le Rabbi précédent sortit sur le balcon et donna une bénédiction générale à tous.
Visites dans les communautés environnantes
Mardi 14 Av, des centaines d’autres passèrent devant le Rabbi précédent dans les heures matinales, et il visita Rav Avraham Avihazir (grand rabbin retraité d’Alexandrie) et Reb Chneur Zalman Slonim, le Rav des Hassidim à Jaffa.
Dans l’après-midi, le Rabbi précédent voyagea vers Petah Tikva, visitant la synagogue principale pour une réception et visitant aussi la Yechiva de Lomzhe. Ensuite, le Rabbi précédent vint à Bnei Brak où une réception fut tenue à nouveau. Plus tard dans la soirée, le Rabbi précédent prononça un Maamar depuis son balcon à Tel Aviv, auquel assistèrent des milliers de personnes. Le tumulte des visiteurs fut si accablant que le Rabbi précédent passa les deux nuits suivantes dans un hôtel différent, ne revenant que pendant la journée pour recevoir des visiteurs.
Le dernier jour en Terre Sainte
Mercredi 15 Av fut le dernier jour en Terre d’Israël. Dans les heures matinales, le Rabbi précédent transcrivit le Maamar de la soirée précédente. Dans l’après-midi, il rendit visite au Rabbin Aharon Eliyahou Mileikovsky puis reçut des gens pour yehidout. À partir de neuf heures du soir, de grands nombres de personnes furent autorisées à entrer, par groupes de quarante ou cinquante, pour recevoir une bénédiction d’adieu du Rabbi ; quelque deux mille personnes passèrent.
Le départ final
Jeudi 16 Av, après quelques yehidout finales, le Rabbi précédent partit pour la gare de Lod, suivi par quinze bus et trois cents Hassidim. D’autres Hassidim arrivèrent à Lod dans le train de Yerouchalaïm. D’énormes foules remplirent la gare (qui devint plus tard la maison des Tomhei Temimim de Lod). Avant de partir, le Rabbi précédent se tint sur la marche la plus haute du train et donna une bénédiction d’adieu aux Hassidim. « Je les ai bénis, » écrivit le Rabbi précédent dans son journal, « et ils m’ont béni, et nous nous sommes séparés dans une grande joie. »
Le Rabbi précédent monta dans le train pour Al-Qantara, puis un autre train pour Le Caire. À minuit, le Rabbi précédent visita les pyramides.
Vendredi 17 Av, le Rabbi précédent embarqua sur le navire pour Trieste et continua vers l’Allemagne, d’où il entreprit le voyage vers les États-Unis d’Amérique.
En ce mois d’Elloul, mois de miséricorde et de mission, nous devons nous préparer à la nouvelle année en nous souvenant des miracles extraordinaires que D.ieu accomplit pour nous. À travers des récits authentiques, découvrons comment la vérification des Tefilines et Mezouzot peut transformer nos vies, et comment la Providence divine opère des retrouvailles impossibles après des décennies de séparation.
L’importance cruciale de la vérification des objets de sainteté
Nous nous trouvons au cœur du mois d’Elloul, le mois de la miséricorde et de la mission. Nous devons plaider en faveur des Juifs, nous préparer à la nouvelle année et faire le bilan de l’année écoulée. Nous devons remercier pour les miracles qui nous sont arrivés.
En cette période, il convient d’éveiller l’attention sur la vérification des Tefilines et des Mezouzot, comme l’a dit le Rabbi. Permettez-moi de raconter une seule histoire courte à ce sujet.
Il était une fois un Juif qui avait acheté de nouvelles Mezouzot ou Tefilines d’un scribe craignant D.ieu, et soudain des problèmes anormaux ont commencé chez lui. Un véritable chaos dans tous les domaines importants de la vie. Il a essayé toutes sortes de choses, mais rien n’a aidé, jusqu’à ce que quelqu’un lui suggère d’écrire au Rabbi.
Le Rabbi lui a écrit : « Vérification de Tefilines et de Mezouzot ». Il les a apportés à plusieurs vérificateurs, et tous lui ont dit : « Nous ne savons pas ce que tu veux. C’est beau, c’est casher, c’est intact. » Les problèmes ont continué.
Il a écrit à nouveau au Rabbi. Le Rabbi lui a écrit de s’adresser à un Rav posek, un décisionnaire halakhique. Il s’est adressé au Rav Wozner. Le Rav Wozner, comme je l’ai entendu à l’époque raconter par le Rav Altov, a pris une loupe très puissante. À première vue, il a vu que tout était casher.
Quand il a entendu que le Rabbi l’avait envoyé vers lui, il a examiné avec une grande précision et il a remarqué plusieurs choses étranges. Il est connu que la pression de l’écriture change beaucoup selon l’état de vigilance de la personne, selon son humeur, selon son état d’âme. Il a vu qu’il y avait plusieurs changements.
Alors il a décidé de convoquer le scribe et de vérifier avec lui. Il a commencé à vérifier avec le scribe, et le scribe lui a raconté qu’il avait l’habitude de se tremper dans le mikvé avant chaque nom de D.ieu.
Il lui a demandé : « Où habites-tu ? » Il lui a donné telle adresse dans le quartier d’Aharon. Il a dit : « Attends, il n’y a pas de mikvé là-bas. »
Le Rav Wozner était de Bnei Brak. « Alors que fais-tu pour le mikvé ? Tu veux me dire qu’à chaque fois tu dois prendre le bus vers un autre quartier ? » Il a dit : « Non, je laisse tous les noms de D.ieu vides et j’écris toute la Mezouza et tous les Tefilines, puis je vais me tremper et j’écris tous les noms de D.ieu. »
Alors il a compris. Il lui a fait remarquer qu’il lui disait cela sans même réaliser quel était le problème. « Quel problème y a-t-il ? » a-t-il demandé.
L’ordre d’écriture : une règle fondamentale
Pour un Sefer Torah, il n’y a pas de problème. Pour les Tefilines et Mezouzot, il y en a un. Dans les Tefilines et Mezouzot, tout doit être écrit dans l’ordre. S’il écrit un mot puis revient en arrière, il ne peut pas écrire un autre mot.
Pour un Sefer Torah, il n’y a pas de problème d’antérieur et postérieur. Dans la Torah, les Tefilines et Mezouzot, c’est un problème. À cause du fait que le nom de D.ieu a été écrit hors de l’ordre, et toutes les influences qu’un Juif reçoit du nom de D.ieu, cela a créé chez lui un chaos dans tous les domaines de la vie.
La première chose qu’il a dite à ce scribe, c’était d’arrêter immédiatement d’écrire jusqu’à ce qu’il révise les lois et soit examiné sur elles. Ensuite, il lui a dit de contacter tous ceux qui avaient acheté chez lui et de leur expliquer.
Depuis lors, une réglementation a été instaurée obligeant à faire des examens répétés et renouvelés de temps en temps pour renouveler le permis d’écriture, car cela engendrait des problèmes anormaux.
L’histoire de retrouvailles miraculeuses après cinquante ans
Il y a dans le village Habad un Juif nommé Lazar Glibstein, descendant de la famille Glibstein. Voici l’histoire qu’il a racontée – une histoire très précise qui s’est passée il y a 25 ans, en Elloul, le 20 Elloul.
Il a raconté qu’une fois, il voyageait en autobus dans la région de Kfar Habad, et soudain un couple religieux est monté dans l’autobus. L’autobus était plein et il était assis à une place. Le mari a poliment demandé s’il pouvait se déplacer pour qu’ils puissent s’asseoir ensemble.
Il a compris qu’ils voulaient s’asseoir ensemble et soudain il a vu qu’il se déplaçait vers une autre place et que l’homme s’asseyait devant et la femme passait derrière. Alors il n’a pas compris pourquoi il lui avait demandé de se déplacer.
Il lui a dit : « Tu es un ‘Hassid Habad ? » Il a dit : « Oui ». Il a dit : « Viens t’asseoir à côté de moi, je veux te raconter quelque chose. Cette femme n’est pas ma femme, c’est ma sœur. Et je veux te raconter une histoire de bouclement de cercle historique dont tu seras peut-être le premier à entendre parler. »
Une enfance brisée en Roumanie
Il lui a raconté : « Je suis né en Roumanie après la Seconde Guerre mondiale. Des Juifs sont restés en Roumanie. Nous étions frère et sœur à la maison, nous étions une famille religieuse en Roumanie.
Un jour, ma sœur ne se sentait pas bien, on l’a amenée à l’hôpital. Elle avait quelque chose, de l’eau bouillante lui était tombée dessus, elle avait une brûlure. Mes parents sont restés à ses côtés jour et nuit pendant plusieurs jours. Elle avait moins de cinq ans.
Après que son état se soit amélioré, ils ont compris qu’ils pouvaient rentrer à la maison pour se reposer un peu. Ils sont allés se reposer et quand ils sont revenus, ils ont trouvé le lit vide.
Ils ont été très inquiets, ils ont demandé ce qui s’était passé. On leur a dit : ‘Nous ne savons pas, elle a soudain disparu.’ ‘Comment ça soudain disparu ? Comment une enfant disparaît-elle soudain ?’ Ils ne savaient pas, peut-être l’avait-on enlevée. Ils ont fait un désordre là-bas, mais ils ne voulaient apparemment pas expliquer.
Ils ont vu que la situation était ainsi – c’était dans les années quarante – et de chagrin, ils ont décidé de monter en Terre Sainte. Ils sont montés en Terre Sainte, m’ont envoyé au Talmud Torah et ont ainsi essayé de surmonter leur chagrin. Apparemment, ils n’ont pas eu d’autres enfants.
Je suis allé au Talmud Torah lituanien puis à la yechiva lituanienne. »
La maladie et la visite chez le Rabbi
« Quand j’étais enfant, soudain la maladie a éclaté chez moi. J’ai suivi des traitements et, béni soit D.ieu, ils ont réussi à me guérir et j’ai oublié cela. Plus tard, quand je suis arrivé à la grande yechiva, la maladie a de nouveau éclaté.
Je ne sais pas pourquoi, peut-être à cause du bruit qui se faisait autour de Habad. Alors j’ai dit : ‘Je vais chez le Rabbi de Loubavitch demander une bénédiction.’
Bien que j’aie étudié dans une yechiva qui était l’opposé – une yechiva lituanienne forte – j’ai décidé d’y aller. Ce n’est pas comme s’ils étaient une antithèse, mais à cette époque, D.ieu nous garde de ce qui se passait.
Je suis allé chez le Rabbi, je suis arrivé à la distribution de dollars. J’ai demandé une bénédiction, le Rabbi m’a donné une bénédiction qu’avec l’aide de D.ieu je guérirais et me rétablirais complètement.
Puis j’ai dit : ‘Rabbi, mes parents ont demandé – en passant, j’ai une sœur qui a disparu en Roumanie il y a des dizaines d’années. Je demande au Rabbi une bénédiction pour que mes parents surmontent leur chagrin et peut-être réussirons-nous à la trouver.’
Le Rabbi m’a donné un dollar et m’a dit : ‘Avec l’aide de D.ieu, d’ici l’an 5760, vous aurez de grands miracles.’ C’était en 5750, jusqu’en 5760, ‘vous verrez des miracles’, quelque chose comme ça. »
Le miracle des retrouvailles
« Les années ont passé et voici qu’est arrivé le 20 Elloul 5760, vers la fin de 5760. Sa femme lui a dit avant Pessa’h de cette année-là qu’elle avait besoin de quelqu’un pour l’aider à la maison. À cette époque, il y avait beaucoup de travailleurs étrangers, beaucoup de Roumanie.
Il est sorti dehors, il a trouvé une femme qui travaille dans le nettoyage, il l’a amenée à la maison. Je ne sais pas comment ils ont parlé, elle parlait hébreu relativement bien, elle a dit qu’elle était déjà dans le pays depuis un certain temps.
Elle a dit : ‘Mais on m’a dit que j’ai des racines juives.’ Alors il a commencé à l’interroger, il s’est assis avec elle et elle a dit : ‘J’ai compris que quand j’étais enfant, on m’a remise à un couvent pour adoption, mais en fait j’ai des racines juives.’
Ses parents habitaient à une distance pas très grande, il a couru vers eux en disant : ‘Vous entendez ceci et ceci et ceci ?’ Ils ont dit : ‘Vérifie deux choses : regarde si elle a une photo, si elle a des documents, et aussi vérifie si elle a une cicatrice sur le front car alors il lui était resté une cicatrice de la brûlure.’
Il est allé vérifier et elle avait une cicatrice sur le front. Il a dit : ‘As-tu peut-être une photo ou quelque chose comme ça ?’ Elle a dit : ‘Oui’, elle a dit : ‘C’est ma mère qui l’a prise.’ Il ne l’a pas reconnue d’abord. Elle a dit : ‘C’est ta mère.’ Il a couru vers sa mère qui a dit : ‘Oui, c’est moi quand j’étais jeune.’
En bref, il s’est avéré que c’était la sœur, la travailleuse. Il a dit : ‘L’an 5760, vers la fin de 5760.’ Alors il lui a dit dans l’autobus : ‘C’est ma sœur et elle a encore honte de s’asseoir à côté de moi, mais voici, béni soit D.ieu, de la maladie il ne reste aucune trace, et béni soit D.ieu, nous avons trouvé la sœur.' »
Le Cohen qui allait épouser une non-juive
Il y a au Brésil le Rav Its’hak Michoel, il habite à Jérusalem. Il raconte une histoire qui lui est arrivée.
Il y avait dans sa communauté un jeune homme, un Cohen, qui était en relation avec une non-juive et voulait l’épouser. Toutes les tentatives de le convaincre ont échoué.
Il a écrit au Rabbi : « Que fait-on avec lui ? » Le Rabbi lui a répondu d’expliquer la grandeur des pouvoirs qu’a un Cohen pour bénir, et dès qu’il épouse une non-juive, il porte atteinte à cette sainteté et on lui retire le pouvoir de bénir les Juifs.
Il a immédiatement appelé le jeune homme, s’est assis avec lui et a commencé à lui expliquer. Le jeune homme a dit : « Je suis déjà avec elle depuis cinq ans, je l’aime beaucoup, c’est une bonne femme, je ne vais pas renoncer à elle pour toutes sortes de choses que je ne comprends pas. »
Il a essayé et essayé, le Rabbi avait écrit d’expliquer, mais il n’a pas été convaincu. Alors il s’est assis dans son bureau en se demandant : « Que fais-je ? Le Rabbi a écrit d’expliquer et rien n’aide. »
Soudain, une pensée lui est venue : le Rabbi n’a pas écrit à qui expliquer. Peut-être vais-je essayer de lui expliquer à elle. Il l’a appelée et l’a invitée à une rencontre.
Une conversation qui change tout
Dès son arrivée, il a commencé à l’interroger : « Dis-moi, tu es attachée à lui, tu l’aimes sûrement, je ferai tout pour lui », etc. Puis il lui a dit : « Tu sais que ton compagnon est un Cohen ? »
« Oui, j’ai entendu dire que chez les Juifs c’est quelque chose de grand, c’est pourquoi je l’apprécie encore plus. »
Mais il lui a dit : « Tu sais qu’un des droits qu’ont les Cohanim, c’est qu’ils peuvent bénir », etc. « Wow, quelle grande chose, alors cela renforce encore plus ma relation avec lui. »
Alors il lui a ouvert le Kitsour Choul’han Aroukh traduit en espagnol-portugais : « Regarde, il est écrit ici qu’un Cohen n’a pas le droit d’épouser une divorcée et aussi une convertie. Même si tu deviens juive, il ne peut pas t’épouser. C’est ce que dit la loi juive et c’est quelque chose d’inchangeable et d’inaltérable.
Et sache aussi que ce que je t’ai dit, il va le perdre. »
Alors elle a éclaté en sanglots : « Quoi ? À cause de moi, il va perdre toutes ces choses importantes ? Et même selon la loi, il ne peut pas m’épouser ? Alors je le quitte immédiatement. »
Elle lui a téléphoné : « Écoute, j’ai compris que l’histoire entre nous est très problématique. Tu es juif, tous tes mérites viennent du fait que tu es juif, que tu es Cohen, et tu vas tout perdre pour moi. Qu’est-ce que ça change ? Ce sont des choses anciennes, ce n’est pas pertinent. »
Elle a dit : « Non non non, tout est pertinent et vivant. J’ai compris que votre Torah ne change jamais. Je te quitte. » Il a dit : « Tu me quittes ? » « Je te quitte pour ton bien. Au revoir. » Elle l’a quitté.
Béni soit D.ieu, aujourd’hui il a déjà fondé un foyer juif ‘hassidique authentique, au moins un foyer juif.
Des étudiants de Yechiva organisent un voyage pédagogique sur les traces du sixième Rabbi de Loubavitch, explorant les lieux emblématiques de sa visite de 1929. Cette initiative permet aux jeunes générations de se reconnecter avec l’héritage spirituel et historique du mouvement Habad. L’expédition révèle l’impact durable de cette visite fondatrice sur le développement du judaïsme en Terre Sainte.
Un groupe de Ba’hourim (étudiants de Yechiva) a entrepris un voyage extraordinaire pour revivre l’itinéraire historique du Rabbi précédent (le sixième Rabbi de Loubavitch) lors de sa visite mémorable en Terre d’Israël en 1929. Cette expédition éducative unique permet aux jeunes générations Habad de comprendre l’importance cruciale de cette visite dans l’histoire du mouvement hassidique.
Sur les traces d’une visite fondatrice
L’initiative, organisée par plusieurs Yechivot Habad, a rassemblé des dizaines de Ba’hourim désireux d’explorer les sites visités par Rabbi Yosef Its’hak Schneersohn il y a près d’un siècle. Le parcours inclut les principales villes saintes comme Jérusalem, Hébron, Tiberias et Safed, où le Rabbi précédent avait établi des contacts cruciaux avec les communautés juives locales.
Les participants découvrent les lieux précis où le sixième Rabbi avait prié, enseigné et rencontré les dirigeants communautaires de l’époque. À Jérusalem, ils visitent le Mur occidental où le Rabbi précédent avait passé de longs moments en prière, ainsi que les quartiers historiques où il avait établi les premières bases institutionnelles du mouvement Habad en Israël.
Un héritage spirituel vivant
Cette visite de 1929 revêt une importance particulière dans l’histoire Habad, car elle marquait la première fois qu’un Rabbi de Loubavitch se rendait en Terre Sainte depuis des générations. Le Rabbi précédent avait alors posé les fondations spirituelles et organisationnelles qui allaient permettre l’expansion future du mouvement dans la région.
Les Ba’hourim étudient sur place les enseignements dispensés par le Rabbi lors de cette visite historique, notamment ses directives concernant l’éducation juive et la diffusion de la Torah en Terre d’Israël. Ils explorent également les archives et témoignages de l’époque, découvrant les défis auxquels faisait face la communauté juive d’alors et les solutions proposées par le leader hassidique.
Une expérience transformatrice pour les jeunes
Les organisateurs soulignent l’impact profond de cette expérience sur les participants. « Marcher sur les traces du Rabbi précédent permet aux Ba’hourim de comprendre concrètement la vision et la mission de nos dirigeants », explique l’un des coordinateurs du programme.
L’itinéraire comprend également des visites aux premières institutions Habad établies grâce à l’impulsion donnée par cette visite de 1929. Les participants découvrent comment les graines plantées lors de ce voyage historique ont germé pour donner naissance au réseau actuel d’institutions éducatives et communautaires Habad en Israël.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de transmission de l’héritage hassidique aux nouvelles générations. En connectant l’histoire à l’expérience personnelle, les organisateurs espèrent renforcer l’engagement des jeunes envers les valeurs et la mission du mouvement Habad.
Le programme se termine par une cérémonie spéciale à Kfar Habad, où les Ba’hourim partagent leurs réflexions et s’engagent à perpétuer l’œuvre commencée par le Rabbi précédent il y a près d’un siècle. Cette expérience unique illustre la continuité remarquable du mouvement Habad et sa capacité à inspirer les générations successives.
Mike Eman, chef du gouvernement arubais et fier de ses origines juives, a reçu le Rav Aharon Blasberg pour marquer le mois d’Elloul par la prière, le son du chofar et la pose d’une Mezouza. Cette rencontre illustre l’engagement du dirigeant caribéen envers ses racines religieuses, quelques semaines avant les fêtes de Tichri. L’île d’Aruba, destination touristique prisée, abrite une communauté juive historique désormais dynamisée par les activités du mouvement Habad.
Aruba est une petite île des Antilles néerlandaises située au large du Venezuela, qui offre un climat sec et ensoleillé, des plages dorées et une mer peu agitée. Les alizés apportent une brise fraîche constante et forcent les arbres divi-divi à s’incliner vers le sud-ouest. L’influence européenne se traduit dans l’architecture avec ses façades à pignons aux couleurs pastel, comme aux Pays-Bas. On retrouve aussi cette influence dans la langue, car les habitants parlent anglais, néerlandais et espagnol, en plus du dialecte local, le papiamento.
Une tradition respectée au sommet de l’État
Le Rav Aharon Blasberg, directeur de Habad Aruba, s’est rendu cette semaine au bureau du Premier ministre Mike Eman dans le cadre des préparatifs pour la nouvelle année juive. Durant cette visite officielle, le dirigeant arubais a mis les Tefilines et récité le Chema Israël sous la guidance du Rav Blasberg.
La cérémonie s’est poursuivie par la sonnerie du chofar, pratique traditionnelle du mois d’Elloul destinée à éveiller les sentiments de techouva chez les fidèles. Cette démarche spirituelle témoigne de l’attachement personnel du Premier ministre à ses origines maternelles juives, qu’il revendique publiquement depuis de nombreuses années.
Des liens tissés avec Habad à travers le monde
Mike Eman entretient des relations privilégiées avec le mouvement Habad, tant sur son île natale qu’à l’international. Il accueille régulièrement les groupes de Merkos Chli’hout, ces étudiants rabbiniques qui sillonnent les Caraïbes pour renforcer la vie juive locale.
Lors d’un déplacement officiel à New York, le Premier ministre s’était rendu au 770 Eastern Parkway de Crown Heights, siège mondial du mouvement Loubavitch, où il avait été chaleureusement reçu. Ces gestes diplomatiques et personnels illustrent sa volonté de maintenir des ponts entre Aruba et la communauté juive mondiale.
Aruba, perle des Caraïbes néerlandaises
Située à 29 kilomètres au large du Venezuela, Aruba constitue l’une des quatre nations autonomes du Royaume des Pays-Bas. Cette île de 180 kilomètres carrés jouit d’un statut particulier depuis 1986, gérant ses affaires intérieures de manière indépendante tout en conservant des liens constitutionnels avec Amsterdam.
L’économie arubaise repose principalement sur le tourisme, attirant plus de deux millions de visiteurs annuels grâce à ses plages de sable blanc et son climat sec subtropical. L’île accueille également une importante raffinerie pétrolière et développe progressivement les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire. La population multiethnique parle quatre langues officielles : le papiamento, le néerlandais, l’espagnol et l’anglais.
Une communauté juive caribéenne en développement
L’histoire juive d’Aruba remonte au XVIIe siècle, lorsque les premiers colons sépharades s’installèrent dans les Caraïbes néerlandaises fuyant l’Inquisition. La communauté connut son apogée au XIXe siècle avec l’essor du commerce maritime et l’exploitation des mines de phosphate.
Aujourd’hui, cette communauté bénéficie de l’encadrement spirituel du Rav Aharon Blasberg et de son épouse, Mme Chaya Blasberg. Le couple propose des services religieux et des programmes éducatifs tant pour les résidents locaux que pour les nombreux visiteurs juifs qui séjournent sur l’île durant les vacances.
Ces initiatives reçoivent le soutien actif du gouvernement arubais, comme l’a démontré la récente installation d’une nouvelle Mezouza sur la porte du bureau du Premier ministre. « C’était une belle rencontre », a confié le Rav Blasberg au site COLlive.com, soulignant la dimension à la fois officielle et personnelle de cet échange interculturel au cœur des Caraïbes.
Mike Eman, né le 1er septembre 1961 à Oranjestad, est le 5e Premier ministre d’Aruba depuis 2024, après avoir déjà occupé ce poste de 2009 à 2017. Issu d’une famille politique influente – son frère Henny Eman fut également Premier ministre -, il grandit dans le quartier de Rancho avec une mère juive et un père protestant.
Diplômé en droit de l’Université des Antilles néerlandaises en 1992, puis en droit notarial civil en 1996, Eman exerce comme notaire adjoint avant d’entrer en politique en 2001 au sein du parti AVP. Élu leader du parti en 2003, il mène l’AVP à la victoire en 2009 et forme son premier gouvernement, puis un second en 2013.
Fervent défenseur du développement durable, Eman prône la transition énergétique d’Aruba vers les énergies renouvelables, notamment lors de l’inauguration du parc solaire Sunrise en 2017. Après la défaite électorale de 2017, il se retire temporairement de la vie politique avant de revenir au pouvoir en 2024 grâce à une coalition entre l’AVP et le parti FUTURO.
Eman joue un rôle actif dans la communauté juive arubaise et soutient activement la présence du mouvement Habad sur l’île, reflétant son engagement envers ses racines religieuses maternelles.
Une opération militaire israélienne d’envergure a décimé la direction politique et militaire du mouvement Houthi au Yémen, confirmant l’élimination du Premier ministre et de plusieurs hauts responsables de l’organisation terroriste.
Les Houthis ont officiellement reconnu samedi la mort de leur Premier ministre Ahmed al-Rahawi et de plusieurs dirigeants de premier plan lors de la frappe aérienne israélienne menée jeudi dernier dans le cadre de l’opération « Goutte de chance ». Cette confirmation marque un tournant majeur dans l’escalade militaire entre Israël et le mouvement yéménite soutenu par l’Iran.
Une décapitation sans précédent du leadership Houthi
Selon notre correspondant militaire Hillel Biton Rosen, l’élimination ne se limite pas au seul Premier ministre. La liste des victimes confirmes comprend également le directeur du bureau politique, le ministre du Bien-être social, le ministre de l’Agriculture, le ministre de l’Économie, le ministre de la Justice, le ministre de la Communication, le ministre des Affaires étrangères, le secrétaire du gouvernement et le secrétaire général du gouvernement.
Cette frappe chirurgicale représente un coup sans précédent porté à la structure dirigeante de l’organisation terroriste yéménite. Les services de renseignement israéliens estiment qu’au moins 15 hauts responsables Houthis ont péri dans cette opération, incluant potentiellement le chef d’état-major, le ministre de la Défense et le ministre de l’Intérieur.
Confirmation officielle de Tsahal
Dans un communiqué officiel diffusé en soirée, le porte-parole de Tsahal a détaillé les circonstances de cette opération d’envergure : « Des avions de chasse de l’armée de l’air ont attaqué avant-hier (jeudi), sous la direction de la division du renseignement, une infrastructure où séjournaient des dizaines de hauts responsables du régime terroriste Houthi. »
L’état-major israélien précise que cette frappe a été rendue possible grâce à l’exploitation d’une opportunité de renseignement et à un bouclage opérationnel rapide, réalisé en quelques heures seulement. « L’infrastructure abritait des dirigeants responsables de l’activation de la force, du renforcement militaire du régime terroriste Houthi et de la promotion de plans terroristes contre Israël », ajoute le communiqué.
Succession et continuité du mouvement
Malgré cette décapitation majeure, les Houthis ont rapidement annoncé la nomination d’un successeur. Mohammed Muftah, qui occupait le poste de vice-Premier ministre, a été désigné pour assurer l’intérim. Cette nomination rapide témoigne de la volonté du mouvement de maintenir une façade de continuité politique malgré les pertes considérables subies.
Il convient de noter qu’Abdul Malik al-Houthi, le leader suprême du mouvement, n’était pas présent lors de cette réunion et reste donc en vie. Sa survie pourrait permettre au mouvement de maintenir une certaine cohésion malgré la perte de son appareil gouvernemental.
L’opération « Goutte de chance » s’inscrit dans la stratégie israélienne de réponse aux attaques répétées des Houthis contre le territoire israélien et la navigation maritime en mer Rouge. Cette frappe marque une escalade significative dans l’engagement militaire d’Israël contre les proxys iraniens dans la région, démontrant sa capacité de projection de force jusqu’au Yémen.
L’étudiant Dovber Zaklas de la Yechiva Tomkhei Temimim d’Elad a achevé l’étude complète du Talmud en cinq ans et demi. Son grand-père, le Rav Shimon Eisenbach, Rabbin du quartier Hashakhmon à Eilat, lui a posé plusieurs questions sur cette remarquable réalisation qui a été célébrée lors de la cérémonie de fin d’année scolaire 5785.
Par le Rav Shimon Bentsion Eiseinbach
La décision de commencer cette aventure spirituelle
L’étudiant distingué Dovber Zaklas, élève de la petite Yechiva Tomkhei Temimim d’Elad, figurait parmi ceux qui ont terminé l’étude du Talmud cette année. Cet accomplissement a été souligné et célébré parmi les étudiants de la Yechiva et leurs parents lors de la fête de fin d’année scolaire Impressionné par cette réalisation, j’ai interrogé ce jeune prodige sur son parcours exceptionnel.
Quand as-tu décidé de commencer l’étude du Talmud ? J’ai pris cette décision il y a quelques années, avant même d’entrer à la petite Yechiva, quand j’étudiais encore au Talmud Torah. J’ai décidé de commencer l’étude du Talmud, non pas comme un essai, mais comme un fait accompli : étudier l’intégralité du Talmud.
Un projet de longue haleine réalisé plus rapidement que prévu
Combien de temps a duré cette étude longue et exigeante ? L’étude a duré environ cinq ans et demi.
Quand tu as commencé, avais-tu estimé combien d’années il te faudrait pour parcourir tout le Talmud ? Quand j’ai commencé, j’estimais que cela prendrait au moins dix ans, mais finalement, avec l’aide divine, cela n’a pris que la moitié du temps que j’avais initialement planifié. Je pensais le terminer vers la fin de la grande Yechiva, mais le Ciel a fait que je le termine avant même d’entrer à la grande Yechiva.
Méthode d’étude et défis rencontrés
As-tu étudié le Talmud avec Rachi et les Tossafot ? Non. J’ai principalement étudié avec les commentaires explicatifs comme Steinsaltz, Schottenstein et Metivta. Ainsi, il m’était facile d’avancer avec clarté et de ne pas me bloquer sur des questions ou un manque de compréhension des propos du Talmud.
Y a-t-il eu des traités particulièrement difficiles dans tout le Talmud ? Il y a un dicton connu selon lequel « il est difficile d’être pauvre », et le sigle עני correspond aux premières lettres d’Erouvin, Nidda et Yevamot. J’ai effectivement constaté à quel point celui qui a prononcé cette phrase avait raison, car ces trois traités sont vraiment difficiles et défient énormément l’étudiant.
As-tu étudié tout le Talmud dans l’ordre ou es-tu passé d’un traité à l’autre selon un autre ordre ? J’ai étudié dans l’ordre, de manière organisée. J’ai commencé par l’ordre Zeraïm, Moed, Nachim, etc., du début à la fin.
L’expérience d’apprentissage : défis et facilités
Qu’est-ce qui était le plus difficile pour toi : la première moitié du Talmud ou la seconde ? J’imagine que la seconde moitié était plus facile puisque tu avais plus d’expérience après avoir parcouru la première moitié Non, exactement l’inverse. J’ai d’abord étudié l’ordre Moed où l’on apprend des sujets plus familiers, mais quand on arrive à la seconde moitié du Talmud, on est exposé à des sujets et des discussions qui sont parfois complètement nouveaux et presque totalement inconnus, ce qui est plus difficile que la première moitié.
Combien de temps faut-il pour étudier une page de Talmud en moyenne ? Pour une page normale, cela prend entre vingt minutes et une demi-heure. Mais évidemment, il y a des pages plus longues ou plus complexes, et alors le temps s’allonge.
Y a-t-il un traité parmi tous ceux que tu as étudiés auquel tu t’es particulièrement attaché et que tu aimes plus que les autres ? Je n’ai pas de traité de ce genre. Tous les traités sont égaux à mes yeux, sans préférence de l’un sur l’autre.
Organisation et discipline dans l’étude
Connais-tu d’autres étudiants qui ont décidé d’étudier tout le Talmud comme toi ? Oui. Il y a un étudiant à la Yechiva qui est plus âgé que moi d’au moins un an, nommé Levi Kanelsky, et lui aussi a terminé le Talmud à la Yechiva Tomkhei Temimim de Kfar Habad. Sa réussite a été soulignée et célébrée avec lui à la Yechiva de Kfar Habad comme ils ont célébré avec moi à Tomkhei Temimim d’Elad.
L’étude du Talmud se faisait-elle seulement pendant le temps libre des programmes de la Yechiva ou empiétait-elle aussi sur les heures d’étude de la Yechiva ? Elle n’empiétait pas sur les heures d’étude de la Yechiva car je veillais à n’étudier qu’en dehors des programmes de la Yechiva. Bien sûr, les jours de congé et entre les sessions, je réussissais à étudier une quantité plus respectable pendant ces jours-là, car mon temps était à ma disposition.
L’importance de l’étude du Rambam
Tu as sûrement eu des lacunes dans l’étude du Rambam, et je ne t’ai pas encore demandé si tu as veillé à étudier tout au long de ces années un chapitre ou trois chapitres du Rambam ? J’ai toujours étudié trois chapitres du Rambam et non pas seulement un chapitre, et cela n’a fait que m’aider dans l’étude du Talmud. En effet, l’étude du Rambam, étant écrite de manière très organisée et avec de nombreux résumés, mettait de l’ordre dans ma tête, et de nombreuses discussions du Talmud ont acquis une clarté particulière précisément grâce à l’étude du Rambam.
Moments difficiles et persévérance
L’étude s’est-elle déroulée de manière continue tout au long des années d’apprentissage ou y a-t-il eu des interruptions et des moments de crise où tu as pensé abandonner l’idée et tout arrêter ?
Il ne fait aucun doute qu’il y a eu des périodes très difficiles et il y a eu aussi des moments durs où tu penses à baisser les bras, mais toujours le bon sens et le désir intérieur ont réussi à surmonter les obstacles et les empêchements, et j’ai réussi à avancer sans m’arrêter du tout.
As-tu étudié tout le Talmud y compris les Michnayot qui complètent les soixante traités ? Malheureusement, je n’ai pas encore eu le temps d’étudier les Michnayot et j’espère les compléter bientôt.
Concilier différents types d’apprentissage
Y a-t-il eu une collision entre les études régulières de la Yechiva et l’étude du Talmud ? Il y a clairement eu une collision entre les deux, car l’ordre d’étude enseigné à la Yechiva et l’étude de tout le Talmud sont deux types d’apprentissage complètement différents l’un de l’autre. L’un s’étudie plus en profondeur et lentement et demande plus d’approfondissement, l’autre consiste à apprendre le minimum et à se dépêcher autant que possible. Mais grâce à D.ieu, j’ai réussi à naviguer entre les deux malgré cette difficulté.
Y a-t-il des traités dont tu te souviens favorablement parce que tu as réussi à les étudier facilement ? Il y a des traités comme Taanit, Moed Katan et Haguiga qui contiennent beaucoup d’Aggadot et le flux y est très rapide, et ils sont gravés chez moi comme des traités très faciles.
Rythme et horaires d’étude
Quand préférais-tu étudier : le matin ou le soir et la nuit ? Tu ne peux pas choisir pour toi-même matin ou nuit, tu fais des efforts à chaque minute possible pour étudier et tu dois profiter de chaque minute pour réussir autant que possible, que ce soit le matin ou la nuit.
Conseils et encouragements pour les autres
Quel est le message pour tes amis ? Leur proposerais-tu aussi de se lancer dans cette « aventure » qui dure plus de cinq ans ? Clairement oui. Je le leur proposerais et je les encouragerais à le faire sans leur cacher qu’il y a des jours ici et là qui sont difficiles, mais avec une volonté forte, ils réussiront à le faire et c’est recommandé car cela élève la personne vers de hauts sommets.
Projets d’avenir et nouvelles ambitions
Prévois-tu d’étudier à nouveau tout le Talmud dans l’avenir ? En effet oui. Sauf que je ne sais pas quand je recommencerai. Je n’ai pas encore pris de décision sur le moment où je pourrai le faire et j’espère que cela arrivera bientôt.
Après avoir terminé le Talmud, as-tu des projets pour terminer d’autres parties de la Torah, comme par exemple terminer tout le Choulhan Aroukh et autres ? Celui qui a cent veut deux cents, et il est évident qu’après avoir franchi tout le Talmud, l’envie se réveille aussi d’étudier d’autres parties de la Torah. Puissé-je y réussir.
Y a-t-il eu une figure particulière qui t’a influencé et sur laquelle tu peux pointer en disant qu’elle t’a fait persévérer dans l’étude de tout le Talmud ? Il n’y a pas de telle figure. C’était ma décision depuis ce moment-là qui a mûri dans mon cœur et qui s’est développée de jour en jour et de mois en mois. Peut-être que c’était parce que j’ai pensé combien cela fait plaisir au Rabbi qui s’est exprimé plusieurs fois avec admiration quand il entendait que des Temimim étaient examinés sur une quantité respectable de pages de Talmud.
Aurais-tu été heureux d’avoir un partenaire d’étude pour apprendre le Talmud ensemble ? Pas nécessairement. Je suis quelqu’un qui aime étudier seul et réussit aussi à étudier et avancer plus quand j’étudie seul.
Je te souhaite que grâce à la conclusion du Talmud, nous arrivions bientôt à la fin de l’exil qui perdure et que nous méritions la venue de notre juste Machia’h très bientôt, Amen.
Le Rav Chimon Aizenbakh : Une vie dédiée à la Chli’hout à Eilat
Le Rav Chimon Bentsion Aizenbakh, né en 1964 à Jérusalem, est l’émissaire du Rabbi à Eilat depuis 1986, où il dirige les institutions Habad de la ville et sert comme rabbin du quartier Hachamon. Reconnu pour son expertise dans l’étude du Rambam et son dévouement communautaire, il a transformé la vie juive à Eilat au cours de ses quatre décennies de service.
Formation et jeunesse
Né le 25 Elloul 5723 (1964) à Jérusalem, fils du Rav Its’hak Tsvi Aizenbakh, il fut nommé d’après son grand-père le Rav Chimon ben-Tsion Aizenbakh. Il grandit dans le quartier Habad de Jérusalem et étudia à la Yechiva Torat Emet puis à Tomkhei Temimim à Kfar Habad. En 5740 (1980), il eut le privilège de se rendre chez le Rabbi à New York et de recevoir un entretien privé.
Mission à Eilat
Après avoir consulté le Rabbi et des conseillers spirituels, il partit en mission à Eilat en 5746 (1986) avec sa famille. Il épousa Léa, fille du Rav Chmouël Yehouda Weinfeld, et dirigea dès lors les institutions éducatives Habad de la ville. Il développa considérablement les activités communautaires et devint une figure respectée de la ville.
Réalisations communautaires
Le Rav Aizenbakh établit le centre communautaire « Netsah Israël », la plus grande institution juive d’Eilat et de la vallée de l’Arava, avec une vaste bibliothèque spécialisée en littérature hassidique. Il créa également une réplique précise du Tabernacle selon l’interprétation de Rachi, construisit un nouveau Sefer Torah pour la communauté, et maintient d’excellentes relations avec les autorités locales, contribuant ainsi au rayonnement du judaïsme dans cette ville du sud d’Israël.
Les campagnes deviennent de plus en plus sophistiquées et manipulatrices. Certaines d’entre elles nous les voyons de manière évidente, mais elles se cachent aussi derrière des influenceurs et des « bots ». Les médias se mobilisent également au profit de ces campagnes de manipulation de l’opinion publique.
Chronique du Rav Mena’hem Brod, porte parole du mouvement Habad en Israel
Nous entrons cette semaine dans le mois d’Elloul. Nous aspirons tous tellement à un autre souffle, à l’apaisement des tensions, à la conciliation, au rapprochement des cœurs en vue des jours redoutables. N’est-ce pas qu’il y a seulement deux ans nous avons vécu cette terrible déchirure interne, qui a fait croire à nos ennemis que c’était le moment de nous frapper. N’avons-nous vraiment pas tiré la leçon ?
En ces jours, il aurait été approprié que nous mettions tous de côté toutes les controverses et les luttes, et que nous ouvrions nos cœurs en vue de la nouvelle année. Dans nos prières, nous demandons « bénis-nous notre père, nous tous comme un » – la bénédiction d’en haut se répand sur nous quand nous sommes unis. Et qui ne veut pas de la bénédiction divine pour une année bonne et douce ?
La sophistication s’accroît
Seulement, tandis que les masses du peuple aspirent à l’unité et aux connexions, nous sommes captifs dans les mains de forces très puissantes qui tentent de faire l’inverse. Au-dessus de nos têtes se déroulent des campagnes aux budgets considérables, dont tout l’objectif est de dresser un public contre l’autre, de repousser tout dialogue et compromis, et de créer une atmosphère permanente de colère et d’agitation.
Les êtres humains tendent à se voir comme indépendants et dotés d’une pensée libre, mais s’il en était ainsi, il n’y aurait pas de gagne-pain pour tous les bureaux de publicité et toute l’industrie géante qu’ils animent. Les campagnes nous influencent, consciemment ou inconsciemment. Elles nous font acheter certaines marques, adopter de nouvelles modes, préférer un produit à un autre.
Les campagnes deviennent de plus en plus sophistiquées. Certaines d’entre elles nous les voyons de manière évidente – dans les panneaux publicitaires, dans les annonces des journaux, dans toutes sortes de vidéos. Mais elles se cachent aussi derrière des influenceurs et derrière des « bots » dont le public n’a pas les outils pour examiner le degré de fiabilité. Les systèmes médiatiques se mobilisent également au profit des campagnes, et ainsi nous nous trouvons soumis à un lavage de cerveau incessant.
Les campagnes s’emparent d’un sujet douloureux et exploitent celui-ci. Cela peut être les otages ou l’allègement du fardeau des réservistes. Les dirigeants des campagnes savent extraire la douleur et jouer sur les cordes sensibles de l’émotion, mais ils ne proposeront bien sûr jamais de vraie solution. Au contraire, la plupart du temps, l’intensification émotionnelle et l’élévation du niveau de protestation et de colère ne font qu’éloigner la solution.
Chercher une solution et non une protestation
Prenez par exemple la question du service militaire. Qu’ont accompli les campagnes à part dresser un public contre l’autre ? Est-ce que cela amènera ne serait-ce qu’un soldat supplémentaire dans les unités de combat ? Est-ce que l’autoritarisme causera l’allègement du fardeau des réservistes et de leurs familles ? Quiconque s’y connaît dans le sujet sait que non. Seulement, les dirigeants des campagnes ne s’intéressent pas à la solution mais à la protestation et à l’agitation.
Il n’est pas facile de faire face à de telles forces redoutables, mais le simple fait de savoir que nous sommes dans une campagne peut fournir une certaine protection. Quand tu sais qu’on essaie de te laver le cerveau, tu deviens plus méfiant envers les messages qu’on tente de te faire avaler. Tu développes un sens critique plus aiguisé, et tu ne laisses pas les bureaux de publicité te mener par le bout du nez.
Certes, il y a ici de vrais problèmes qui demandent une solution, mais elle ne viendra pas de l’intensification de l’agitation et de l’élévation du niveau de haine, mais au contraire du dialogue dans le respect et la sensibilité, à partir de la compréhension des besoins et des valeurs de chacun. Pour cela, nous devons secouer de nous les campagnes, et aspirer à de vraies connexions entre les parties du peuple. Une telle approche peut nous amener à une autre réalité en vue de la nouvelle année.
En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
au Beth Loubavitch – 8 rue Lamartine 75009 Paris
Ce cours est retransmis en direct par téléphone Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯) ET SUR RADIO HASSIDOUT RADIO HASSIDOUT
La différence fondamentale entre les policiers
de Choftim et ceux de Devarim Likouté Si’hot Michpatim volume 34, Siha 1
Rachi explique deux fois le rôle des « Chotrim » (policiers) dans deux contextes différents, révélant une distinction essentielle dans leurs fonctions. Cette analyse du Likoutei Sih’ot dévoile la dimension spirituelle de cette différence et son application dans le service de D.ieu. L’enseignement nous éclaire sur la nature du jugement et de l’application de la loi dans la Torah.
Dans le commentaire de Rachi sur le verset (16, 18) : « Juges et policiers : les juges sont ceux qui tranchent le jugement. Les policiers sont ceux qui dirigent le peuple selon leurs ordres, frappant et punissant avec le bâton et les lanières jusqu’à ce qu’il accepte sur lui le jugement du juge. » Il faut comprendre pourquoi Rachi avait déjà expliqué dans la section Devarim (1, 15) : « Et les policiers : je les ai établis sur vous selon vos tribus. Ce sont ceux qui frappent et punissent avec les lanières selon les juges. » Pourquoi explique-t-il encore une fois, et pourquoi développe-t-il davantage son explication dans notre section ?
Deux types distincts de policiers
L’explication est la suivante : les policiers de notre section sont différents de ceux de la section Devarim. Dans la section Devarim, il s’agit de ceux qui exécutent concrètement la sentence des juges – « selon les juges ». Mais les policiers de notre section agissent pour que le justiciable respecte la décision du juge, et de manière générale pour que les gens acceptent sur eux l’autorité du juge – « jusqu’à ce qu’il accepte sur lui le jugement du juge. » La nécessité pour Rachi d’expliquer qu’ici il s’agit d’un type différent de policiers vient du fait que le juge dans la Torah n’est pas seulement celui qui juge mais aussi celui qui exécute la sentence – comme par exemple à la fin de la section Balak (25, 5) : « Aux juges d’Israël : tuez chacun ses hommes. » Si c’est le cas, on ne peut pas expliquer que les policiers sont ceux qui exécutent la sentence, car l’exécution de la sentence est incluse dans les juges. Seule dans la section Devarim peut-on expliquer que les policiers sont ceux qui exécutent la sentence car là n’est pas mentionné « juges » mais « vos chefs. »
L’indication textuelle de cette différence
Dans la section Devarim, Rachi explique qu’il s’agit de policiers qui exécutent la sentence des juges – et non comme dans notre section – car il est dit là « et des policiers pour vos tribus, » c’est-à-dire que c’était une nomination sur les enfants d’Israël, qu’il y ait ceux qui jugent et ceux qui exécutent la sentence. Mais si l’intention était des policiers qui menacent le justiciable d’accepter le décret des juges, il aurait fallu dire dans le verset « et des policiers pour (aider) vos juges. »
L’application spirituelle : juges et policiers intérieurs
L’enseignement spirituel de la Torah : il est connu l’explication du Chla sur la Torah concernant « tes portes » qui sont les portes du corps – la bouche et les oreilles etc. – et il faut placer sur elles des juges et des policiers. En apparence, « juges » est l’aspect de l’étude et « policiers » est l’aspect de l’action. Mais selon ce qui précède, l’action aussi est incluse dans les juges – car la finalité de la sagesse est le repentir et les bonnes actions – et s’il manque dans l’action, alors il manque aussi dans l’étude elle-même.
Le rôle des policiers spirituels
Donc « policiers » c’est l’annulation du mauvais penchant en lui disant « tu es mauvais etc. » pour exciter le bon penchant contre le mauvais penchant, car par cela s’annule la domination du penchant. C’est pourquoi dans l’avenir il y aura « et Je restaurerai tes juges » – et non des policiers – car alors le mal sera annulé et donc on n’aura pas besoin de policiers mais seulement de juges – l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot.