Une initiative remarquable du mouvement Habad unit des enfants ukrainiens réfugiés et israéliens à travers un programme estival innovant qui transforme le traumatisme en espoir.

 

 

Le camp Yeka, organisé par les émissaires Habad, a réussi à créer un pont unique entre les jeunes victimes de guerre en Ukraine et leurs homologues israéliens, offrant un programme éducatif et thérapeutique qui dépasse les frontières géographiques et émotionnelles. Cette initiative témoigne de la capacité du mouvement Loubavitch à adapter ses méthodes d’éducation juive aux défis contemporains les plus pressants.

Un refuge virtuel contre les bombes

L’histoire du camp Yeka trouve ses racines dans les premières semaines de l’invasion russe en Ukraine. Alors que les sirènes résonnaient dans les villes ukrainiennes et que les familles se réfugiaient dans les abris anti-bombes, les organisateurs Habad ont rapidement compris qu’il fallait agir pour préserver la santé mentale et spirituelle des enfants.

« Nous avons réalisé que ces enfants avaient besoin de plus qu’un simple divertissement », explique l’un des coordinateurs du programme. « Ils avaient besoin d’un sens de normalité, d’appartenance et d’espoir. » C’est ainsi qu’est née l’idée d’un camp virtuel qui pourrait atteindre les enfants où qu’ils se trouvent, même dans les sous-sols servant d’abris.

Le programme initial s’est concentré sur les enfants ukrainiens, mais les organisateurs ont rapidement élargi leur vision pour inclure les jeunes israéliens. Cette décision s’est révélée particulièrement pertinente après les attaques du 7 octobre, qui ont créé des traumatismes similaires chez de nombreux enfants israéliens.

Une pédagogie adaptée au trauma

Le camp Yeka ne ressemble à aucun programme estival traditionnel. Les organisateurs ont développé une approche pédagogique spécifiquement conçue pour des enfants ayant vécu des traumatismes de guerre. Les activités mélangent enseignement religieux, thérapie par l’art, jeux interactifs et sessions de partage d’expériences.

Les séances quotidiennes incluent des cours de Torah adaptés à l’âge des participants, des ateliers créatifs permettant aux enfants d’exprimer leurs émotions, et des moments de connexion avec des pairs vivant des expériences similaires. « Quand un enfant de Kiev peut parler avec un enfant de Sderot et réaliser qu’ils partagent les mêmes peurs et les mêmes espoirs, quelque chose de magique se produit », témoigne une conseillère du programme.

L’utilisation de la technologie a permis de créer des salles virtuelles où les enfants peuvent se retrouver en sécurité, loin des menaces physiques mais proches émotionnellement. Les Ba’hourim (étudiants) des Yechivot Habad du monde entier ont été mobilisés comme conseillers, apportant leur énergie juvénile et leur compréhension des défis contemporains.

Des résultats qui dépassent les attentes

Les retours des familles participantes témoignent de l’impact profond du programme. « Mon fils avait cessé de sourire après avoir fui Marioupol », raconte une mère ukrainienne réfugiée en Pologne. « Après quelques semaines au camp Yeka, il a recommencé à rire et même à poser des questions sur nos traditions familiales. »

Du côté israélien, les parents rapportent des améliorations similaires. « Ma fille faisait des cauchemars depuis le 7 octobre », explique un père de la région de Gaza. « Le fait de pouvoir partager ses expériences avec d’autres enfants qui comprennent vraiment ce qu’elle vit l’a énormément aidée. »

Le programme a également eu des effets inattendus sur la compréhension interculturelle. Malgré les différences linguistiques et culturelles, les enfants ukrainiens et israéliens ont développé des amitiés durables, unis par leur héritage juif commun et leurs expériences similaires.

Les organisateurs prévoient déjà d’étendre le programme l’année prochaine, avec l’ambition d’inclure davantage d’enfants et de développer des modules spécifiques pour différents groupes d’âge. Cette initiative illustre parfaitement comment le mouvement Habad continue d’innover dans sa mission éducative, s’adaptant aux réalités contemporaines tout en préservant ses valeurs fondamentales.

Le camp Yeka démontre qu’même dans les circonstances les plus difficiles, l’éducation juive peut servir de bouclier protecteur et de source de résilience pour les nouvelles générations.