Choftim: D.ieu nous a-t-Il vraiment laissés tomber ? Comment vaincre le stress & la peur de l’avenir ?
Le fondement scripturaire : servir D.ieu dans la joie
Le verset des Psaumes nous enseigne : « Servez l’Éternel avec joie, présentez-vous devant Lui avec allégresse ». Le Rabbi précédent explique que ces deux expressions ne constituent pas deux commandements distincts, mais révèlent plutôt une relation de cause à effet. Lorsque nous servons l’Éternel avec joie, nous venons naturellement devant Lui avec allégresse. Ainsi, « présentez-vous devant Lui avec allégresse » confirme et valide notre service de D.ieu dans la joie.
Cette compréhension nous offre un critère de vérification : si nous constatons que nous ne nous présentons pas devant D.ieu avec allégresse, c’est le signe que nous n’avons pas servi avec une joie authentique. La joie devient donc à la fois un moyen et une mesure de notre service divin.
Les trois piliers du monde dans la joie
Le service de D.ieu englobe trois dimensions fondamentales que nous devons accomplir dans la joie : l’étude de la Torah, la prière et l’accomplissement des Mitsvot. Ces trois éléments correspondent aux « trois choses sur lesquelles le monde repose » mentionnées dans la Michna : la Torah, le service (Avoda) et les actes de bonté (Guemilout Hassadim).
Il est significatif que l’accomplissement des Mitsvot soit désigné par l’expression « Guemilout Hassadim » (actes de bonté). Cette terminologie révèle la nature profonde des commandements divins : ils constituent un don gratuit de D.ieu, une bonté qui dépasse la stricte justice. Car contrairement à un salaire qui est dû selon la justice, les actes de bonté découlent d’un amour transcendant toute logique.
La prière comme clé de voûte du service quotidien
Bien que ces trois dimensions doivent toutes s’accomplir dans la joie, le Rabbi précédent accorde une attention particulière à la prière. Pourquoi cette priorité ? Parce que la prière constitue la clé de toute la journée du juif. Lorsque la prière s’effectue correctement, son influence se répand sur toutes nos activités.
La prière est appelée « le service du cœur » car elle engage à la fois le cœur comme agent actif et comme récepteur passif. Le cœur ressent l’amour et la crainte, et simultanément, la prière transforme et élève ce même cœur. C’est pourquoi la prière matinale détermine l’orientation spirituelle de toute notre journée.
L’importance cruciale de la joie dans le service divin
À quel point la joie est-elle essentielle dans notre service ? Le verset nous met en garde : « Parce que tu n’as pas servi l’Éternel ton D.ieu avec joie et d’un cœur content, tu serviras tes ennemis ». Cette formulation révèle que l’absence de joie dans le service divin entraîne automatiquement un service aux forces opposées.
Le Rambam interprète ce verset de manière frappante : il ne s’agit pas de punir quelqu’un qui n’a pas du tout servi D.ieu, mais quelqu’un qui L’a bel et bien servi, mais sans joie. Cette lecture souligne que la joie n’est pas un simple ajout agréable au service divin, mais une composante absolument essentielle.
La nature de la prière : connaissance et reconnaissance
L’essence de la prière réside dans la connaissance et la contemplation de la divinité. Avant de prier, il faut se préparer selon le principe « Prépare-toi à rencontrer ton D.ieu, Israël ». Cette préparation consiste à savoir devant qui nous nous tenons, comme l’enseigne la maxime : « Sache devant qui tu te tiens ».
La prière comprend trois éléments : la louange et la gratitude pour les bienfaits passés, la demande et l’éveil de la miséricorde pour nos besoins présents, et la contemplation de la grandeur divine. Tout cela vise à éveiller en nous l’amour et la crainte du Créateur.
L’exigence de clarté dans la communication divine
Même dans nos relations humaines, si nous nous exprimons de manière confuse et inintelligible, notre interlocuteur ne pourra pas nous comprendre et risque même de nous considérer comme manquant de bon sens. À plus forte raison lorsque nous nous adressons au Roi des rois, le Saint béni soit-Il.
Que notre prière soit de louange, de gratitude ou de demande, elle doit être formulée avec ordre et clarté. Nous devons non seulement prononcer les mots distinctement, mais aussi les faire parvenir à notre esprit et à notre cœur, comprenant le sens des paroles que nous prononçons.
La contemplation comme cœur de la prière
L’essence du service de la prière réside dans la contemplation et la compréhension de la divinité. Il ne suffit pas de réciter les mots établis par nos Sages ; nous devons également nous engager dans le travail intérieur de la prière, qui constitue l’âme de cette pratique.
Cette contemplation vise à éveiller en nous l’amour et la crainte, qu’elle porte sur la vitalité divine qui anime les mondes ou sur l’infinité même du Créateur. Le but est de comprendre la grandeur divine et de sentir qu’elle nous concerne personnellement, suscitant ainsi l’amour et la crainte authentiques.
Le paradoxe de la crainte et de la joie
Une question fondamentale se pose : si l’essence de la prière est la contemplation qui doit éveiller l’amour et la crainte, pourquoi la joie est-elle si cruciale ? Quel avantage particulier apporte le service dans la joie ?
Le Midrash Okhel Tov sur les Psaumes aborde cette apparente contradiction : d’un côté, il est écrit « Servez l’Éternel avec joie », et de l’autre « Servez l’Éternel avec crainte ». Rabbi Aiva résout ce paradoxe : lorsque tu te prépares à prier, que ton cœur soit joyeux, car tu sers un D.ieu qui n’a pas d’égal.
Les mouvements opposés de la crainte et de la joie
La crainte et la joie représentent deux forces émanant de sources et de causes opposées. La crainte naît de la perception de la distance et de l’élévation divine. Plus nous saisissons l’immensité du fossé entre nous et le Créateur, plus notre mouvement naturel est le recul, l’éloignement respectueux face à cette grandeur qui nous dépasse.
La joie, au contraire, provient du rapprochement. Lorsque nous sommes joyeux, nous nous sentons plus proches de l’objet de notre joie. Comme nous le constatons concrètement, la joie crée un mouvement de rapprochement et de connexion. Une personne joyeuse renonce à sa dignité habituelle, se rapproche de tous et rapproche tout le monde d’elle.
La résolution du paradoxe par Rabbi Aiva
Rabbi Aiva explique que le service de la prière doit commencer par la crainte, car « l’Éternel scrute le cœur ». Notre première approche doit reconnaître notre petitesse face à la grandeur divine. Mais cette crainte même doit générer la joie : nous devons nous réjouir du privilège extraordinaire de servir D.ieu.
La joie naît donc de la reconnaissance de notre privilège unique : servir un D.ieu qui n’a pas d’égal. Cette joie transforme notre parole en prière authentique, créant un plaisir spirituel qui éveille à son tour le plaisir divin.
Le principe cosmique de correspondance
Le Rabbi précédent développe un principe fondamental : « Il n’y a pas de brin d’herbe en bas qui n’ait son étoile en haut qui le frappe et lui dit ‘Pousse !' » Tout phénomène terrestre correspond à une réalité spirituelle supérieure. La croissance et les caractéristiques des plantes proviennent de leur constellation spirituelle.
Cette correspondance s’étend même aux qualités sensorielles : la douceur de la pomme physique provient de la « douceur » de son étoile spirituelle. Bien que cette douceur spirituelle diffère radicalement de la douceur physique que nous percevons, elle en est néanmoins la source véritable.
L’homme et son archétype céleste
Ce principe s’applique de manière encore plus significative à l’être humain. L’homme terrestre correspond à l’Homme céleste, comme il est écrit : « Faisons l’homme à Notre image, selon Notre ressemblance ». Malgré l’immense différence entre l’homme d’en bas et l’Homme d’en haut, l’homme terrestre reste créé à l’image de l’archétype céleste.
Cette correspondance se manifeste dans les facultés de l’âme, qui se divisent en trois catégories : les facultés, les sens et les vêtements (pensée, parole et action). Certaines sont intrinsèques à l’âme, d’autres ne sont que des extensions.
Les niveaux de vitalité dans l’être humain
Parmi nos facultés, certaines comme la vue, l’ouïe et la parole ne constituent que des extensions, des émanations de l’âme vers l’extérieur. La vitalité qu’elles contiennent est limitée et ne ressemble pas à la vitalité qui se déploie dans les membres du corps, où se manifeste l’essence même de la force vitale.
Bien que toute la vitalité qui anime le corps ne soit qu’une émanation de l’âme – car l’âme ne s’occupe pas directement d’animer le corps, comme le feu n’a pas besoin de « s’occuper » d’échauffer ce qui l’entoure – il existe néanmoins différents niveaux d’émanation.
La hiérarchie des facultés et le paradoxe du plaisir
Du point de vue de la vitalité, les sens externes occupent un rang inférieur aux facultés internes comme les traits de caractère et l’intellect. Pourtant, nous constatons un phénomène remarquable : les sens procurent un plaisir bien plus intense que les facultés supérieures.
Le plaisir de l’âme dans les sens constitue un délice extraordinaire et immense qui n’a pas d’équivalent, non seulement dans la vitalité des membres, mais même dans les facultés les plus élevées. Lorsqu’une personne contemple une belle peinture ou quelque chose d’agréable à voir, elle s’émeut profondément dans son âme et prend un tel plaisir que toutes ses autres facultés s’effacent devant cette intense satisfaction.
L’emprise de la beauté visuelle
Cette attraction est si puissante que la personne ne peut se détacher de l’objet de sa contemplation. Même lorsqu’elle s’éloigne physiquement, l’image reste gravée dans son esprit, comme si elle continuait à la voir. Cette persistance témoigne de l’extraordinaire intensité du plaisir procuré par la vision, bien supérieur au plaisir intellectuel.
Certes, l’activité intellectuelle procure aussi du plaisir, comme il est écrit : « La sagesse de l’homme illumine son visage » – le plaisir de la compréhension se manifeste extérieurement. Mais ce plaisir ne se compare en rien à celui de la vision, qui saisit tout l’être de la personne.
La vision comme degré suprême de l’intellect
Il existe cependant une exception : lorsque la compréhension intellectuelle atteint le niveau de la « vision de la sagesse », elle acquiert alors la même force d’attraction. Car la notion de « vision » représente l’union parfaite, l’identification complète avec l’objet contemplé. Cette union crée le véritable plaisir.
Dans les autres formes de perception qui n’atteignent pas ce degré de vision – cette connexion parfaite avec l’objet – le plaisir reste limité. Mais lorsque même la compréhension intellectuelle parvient au niveau de l’union parfaite caractéristique de la vision, elle génère alors un plaisir authentique et profond.
Cette étude sera poursuivie la semaine prochaine, pour approfondir la compréhension de ces enseignements fondamentaux sur la joie dans le service divin.
La Yechiva Tomhei Tmimim d’Anvers en Belgique a inauguré ce mardi le « Zman Elloul », période d’études intensive précédant les fêtes de Tichri. Cette institution d’élite du mouvement Habad-Loubavitch rassemble désormais près de cent étudiants, constituant un véritable vivier pour les fils d’émissaires de tout le continent européen.
Un rassemblement familial exceptionnel
La cérémonie d’ouverture s’est transformée en mini-congrès des Chlou’him européens, avec la présence nombreuse des parents venus accompagner leurs fils dans cette étape cruciale de leur formation. Ces jeunes gens intègrent les rangs des « Tmimim » – étudiants d’élite – selon la tradition hassidique établie par les Rabbis de Loubavitch.
L’établissement accueille les nouveaux arrivants dans le « Chiour Alef », aux côtés des classes supérieures « Chiour Beth » et « Chiour Guimel » pour les étudiants plus avancés. Cette organisation pyramidale permet un accompagnement personnalisé selon le niveau de chaque étudiant.
Une direction rabbinique renforcée
Le Rav Mena’hem Mendel Tverdovitz, directeur de la Yechiva, a prononcé les paroles d’ouverture aux côtés du Rav Chabti Slavitzki, président des institutions et Machpia général. Leurs interventions ont souligné l’importance de cette période d’Elloul dans la préparation spirituelle des futurs émissaires.
Moment fort de la journée : l’étude commune entre pères et fils du traité talmudique Baba Kama, programme d’étude de l’année. Cette séance d’apprentissage s’est déroulée dans une atmosphère d’enthousiasme et d’émotion palpable, témoignant de la transmission générationnelle qui caractérise le mouvement Habad.
Le yiddish au cœur du renouveau pédagogique
L’administration de la Yechiva annonce plusieurs innovations pour cette nouvelle année académique. L’équipe pédagogique s’enrichit de nouveaux Rabbanim, renforçant l’encadrement spirituel et intellectuel des étudiants.
L’accent sera particulièrement mis sur l’apprentissage du yiddish, qualifié par l’institution de « Dem Rebbin Shprakh » (la langue du Rabbi). Cette démarche s’inscrit dans une volonté de préservation culturelle et de retour aux sources du hassidisme. La direction considère cette langue comme essentielle à la compréhension profonde des enseignements du mouvement Loubavitch.
La Yechiva d’Anvers confirme ainsi son statut d’institution de référence pour la formation des futures générations d’émissaires Habad en Europe, alliant tradition séculaire et adaptation aux défis contemporains de la transmission du Hassidisme
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L’ouverture solennelle de l’année d’études 5786 à la Yechiva Tomhei Temimim de Migdal HaEmek s’inscrit dans la continuité d’une institution prestigieuse fondée il y a près de cinquante ans. Le grand hall d’étude résonne des voix studieuses des Ba’hourim venus approfondir leur connaissance de la Torah révélée et de la ‘Hassidout.
Une fondation visionnaire sous l’égide du Rabbi
L’histoire de cette Yechiva remonte au mois d’Eloul 1977, lorsque le Rav Its’hak David Grossman, directeur des institutions « Migdal Or », sollicita l’aide du mouvement Habad pour créer une continuité à sa Yechiva élémentaire. Face aux défis de préservation de la foi chez les jeunes, il se tourna vers Habad comme solution pédagogique.
Initialement réticente, la direction de la Yechiva Tomhei Temimim de Kfar Habad accepta finalement la proposition grâce à l’intervention du Rav Israël Grossman, père d’Its’hak David et directeur de l’établissement de Kfar Habad. La réponse décisive du Rabbi fut claire : « Si le Rav Grossman s’engage à ne pas se laisser influencer par les opposants qui surgiront, c’est une bonne chose. »
Les premiers Temimim et l’expansion institutionnelle
Un groupe de jeunes Temimim de Kfar Habad fut envoyé pour établir le nouveau centre d’études. Dirigé par Yossef Its’hak Zalmanov, le groupe comprenait Barou’h Levkivker, ‘Haïm Lévi Its’hak Ginzburg, ‘Haïm Chelomo Diskin et Chimchon Halperin. Cette équipe pionnière reçut des encouragements exceptionnels du Rabbi, notamment une invitation spéciale à New York financée à 90% par le secrétariat du Rabbi.
L’année 1978 marqua un tournant décisif avec l’arrivée de nouveaux responsables pédagogiques. Le Rav Its’hak Goldberg fut nommé directeur, le Rav Israël Yossef Hendel devint surveillant, tandis que les Rabbins Yossef Its’hak Segal et Yossef Its’hak Gorvitz assumèrent les fonctions de conseillers spirituels et de surveillants.
Développement et modernisation des infrastructures
L’institution connut une croissance remarquable au fil des décennies. En 1988, elle acquit son autonomie complète sous le nom de « Tomhei Temimim Loubavitch Migdal HaEmek ». La construction du campus « Ahalei Mena’hem » débuta en 1994 avec la pose de la première pierre, et fut achevée en 1999.
Un second campus, « Beth Mordekhaï David », vit le jour en 2006, témoignant de l’expansion continue de l’établissement. En 2013, les étudiants intégrèrent un nouveau bâtiment moderne tandis que l’ancien servait désormais à la section « Or Mena’hem ».
Aujourd’hui, la Yechiva Tomhei Temimim de Migdal HaEmek accueille environ 220 étudiants répartis entre le site principal et ses annexes. Cette institution a formé des centaines de jeunes hommes qui sont devenus des émissaires du mouvement Habad à travers le monde, perpétuant ainsi la vision originelle de ses fondateurs et les enseignements du Rabbi de Loubavitch.
















































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L’institution emblématique de Lod, considérée aujourd’hui comme « la Yechiva phare de Habad », accueille désormais 300 Ba’hourim contre 180 il y a trente ans. Cette expansion témoigne de l’attractivité maintenue du système éducatif hassidique, malgré les bouleversements sociétaux.
Une approche pédagogique en mutation
« La génération a changé, et nous avons dû nous adapter », explique le Rav Boutman, qui dirige l’établissement depuis des décennies. « Autrefois, un étudiant devait simplement s’exécuter, quelles que soient les circonstances. Aujourd’hui, cette approche ne fonctionne plus. Les étudiants sont plus ‘gâtés’, et chaque difficulté devient insurmontable si on ne s’y adapte pas. »
Cette évolution se manifeste par une attention particulière portée au bien-être psychologique des Ba’hourim. L’établissement a développé un système d’accompagnement personnalisé, avec des entretiens individuels et un suivi rapproché. « Nous organisons désormais des sorties à la piscine, des Chabbatot communautaires, des excursions – des activités qui n’existaient pas à notre époque », précise le responsable.
L’épineuse question d’Internet
Le défi majeur reste la gestion d’Internet et des nouvelles technologies. Chaque Ba’hour et ses parents signent un contrat interdisant tout accès non filtré au web. « Internet représente un niveau de gravité très élevé », affirme le Rav Boutman. « Notre mouvement Habad est paradoxalement le plus problématique car, contrairement à d’autres courants hassidiques qui maintiennent une rigidité stricte dès le départ, nous pratiquons une plus grande ouverture. »
Cette problématique affecte-t-elle le niveau spirituel de la Yechiva ? « Sans aucun doute, nous en sommes conscients. Chaque établissement tente de faire le maximum pour limiter les dégâts », reconnaît-il.
Maintien des exigences académiques
Malgré ces adaptations, les standards académiques demeurent inchangés. L’emploi du temps reste dense : lever à 6h30, Mikvé, ‘Hassidout à 7h, puis études jusqu’à 21h. Les examens oraux ont lieu toutes les deux semaines, et le programme inclut toujours l’étude du Choul’han Aroukh.
« Les étudiants peuvent parfaitement s’adapter à ce rythme », assure le superviseur. « Nous avons maintenu les mêmes examens qu’autrefois. Si un étudiant ne peut pas suivre, nous organisons un examen de rattrapage ou adaptons le programme. »
Relations transformées avec les familles
L’une des évolutions les plus marquantes concerne les relations avec les parents. « Autrefois, les parents confiaient entièrement leur enfant à la Yechiva et disparaissaient, sauf en cas de problème. Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus présents et n’hésitent pas à téléphoner pour poser des questions ou exprimer des préoccupations. »
Cette proximité accrue se reflète dans les moments de séparation. Le Rav Boutman décrit des scènes émouvantes lors des derniers jours de l’année scolaire, où les étudiants s’échangent des carnets de souvenirs et maintiennent des contacts étroits avec l’équipe pédagogique même après leur départ.
Sanctions adaptées aux temps modernes
Le système de sanctions a également évolué. « Aujourd’hui, je ne donne une amende qu’une fois tous les quelques mois, pour quelque chose d’exceptionnel », explique le responsable. « Toutes les amendes peuvent être récupérées si l’étudiant améliore son comportement. Il n’y a pas de ‘caisse’ qui se remplit avec l’argent des Ba’hourim. »
Cette approche plus souple reflète une philosophie éducative repensée, où la compréhension et l’accompagnement priment sur la sanction pure. « J’utilise davantage ma voix aujourd’hui – un cri suffit, maximum dans le bureau », précise le Rav Boutman.
L’évolution de la Yechiva de Lod illustre les défis auxquels font face les institutions éducatives religieuses contemporaines : maintenir l’excellence académique et spirituelle tout en s’adaptant aux réalités d’une nouvelle génération, plus exigeante en termes d’accompagnement personnel mais également plus ouverte au dialogue.
Le Rav Yossef Its’hak Boutman : Figure emblématique de la Yechiva Tomkhei Temimim de Lod
Né le 9 Tamouz 5719 (1959) à New York, le Rav Yossef Its’hak Boutman est le fils du Rav Chalom Ber Boutman et de Madame Devorah Boutman, fille de Rav H’aïm Chemaryahou Gouraré. À l’âge de neuf ans, sa famille s’installe en Terre sainte et s’établit à Tel Aviv. Avant leur départ, les membres de la famille ont eu le privilège d’une audience privée (Yih’oud) auprès du Rabbi.
Durant sa jeunesse, il étudie à la petite Yechiva de Torah Emeth en 7ème et 8ème années, puis en 9ème année à la Yechiva Tomkhei Temimim de Lod, et enfin à la grande Yechiva de Kfar Habad.
L’orientation déterminante
Au mois d’Elloul 5735 (1975), il entre en audience privée auprès du Rabbi et demande dans quelle Yechiva étudier, ses camarades de classe de Torah Emeth étant partis dans d’autres établissements et la classe s’étant dispersée. Le Rabbi lui répond de consulter son père, qui lui conseille de poursuivre ses études à la Yechiva Tomkhei Temimim de Lod. Là, il se lie d’amitié avec le surveillant le Rav H’aïm Achkénazi, qui finira par l’intégrer au personnel de la Yechiva.
En 5740 (1980), le Rav Boutman devait partir pour l’année de « Kvoutza », mais suite à une directive du Rabbi et à la décision de l’éducateur Rav Mendel Foutervas, il se rend à la Yechiva Habad de Migdal Haémek, ouverte l’année précédente, pour y servir comme émissaire, accompagné de ses camarades Yossef Its’hak Zalmanov, H’aïm Lévi Its’hak Guinzbourg, H’aïm Its’hak Isaac Landa, Menashé Althouz et d’autres.
L’expérience à Crown Heights
À l’approche de l’année 5741 (1981), il part pour l’année de « Kvoutza » au 770 de Crown Heights. Après son mariage avec son épouse de la famille Landsberg de Jérusalem, il dirige le Beth Habad du quartier Jessi Cohen à H’olon.
Son activité à la Yechiva
Au mois d’Elloul 5742 (1982), il commence à servir comme surveillant et éducateur principal à la Yechiva Tomkhei Temimim de Lod, avec l’approbation du Rabbi. Lorsqu’il écrit au Rabbi qu’il serait peut-être préférable qu’il quitte son poste, le Rabbi souligne le mot « quitter » et écrit à la place « continuer ».
En 5756 (1996), il est nommé directeur spirituel et surveillant principal de la Yechiva, et en 5762 (2002), son rôle est recentré sur celui d’éducateur et surveillant uniquement, sous la direction spirituelle du Rav Menh’em Kénig. Il sert également comme membre de la direction pédagogique du Talmud Torah de Lod et comme activiste au Beth Habad de l’aéroport.
L’engagement pour les activités de diffusion
Au fil des années, il commence à diriger les activités de diffusion (Ahavat Israël) de la Yechiva. Depuis les années 5760, il prend également en charge le financement de ces activités suite aux difficultés économiques rencontrées par la Yechiva et au manque de couverture des coûts par les dons et les caisses de Tsedaka. Aujourd’hui, les activités de diffusion de Lod sous sa direction sont réputées dans tout le centre du pays.
Aujourd’hui, le Rav Boutman occupe les fonctions de surveillant principal, d’éducateur en classe de 3ème année, de directeur des activités de diffusion et de responsable de l’organisation des mélodies à la Yechiva.
Par le Rav Yossef Itshak Havlin
(Cours basé sur « Lilmod Et Hamoadim » du Rav Zalman Goupin)
La révolution spirituelle apportée par la Hassidout
Comme pour tout concept de notre riche tradition, la Techouva et le pardon dans le mois d’Elloul reçoivent une lumière nouvelle et une signification intérieure profonde grâce aux enseignements de la Hassidout. Cette sagesse intérieure offre un regard supplémentaire, une perspective spirituelle renouvelée sur ce mois sacré d’Elloul, transformant radicalement notre compréhension de sa nature véritable.
Avant que la Hassidout n’éclaire la nature profonde du mois d’Elloul, ce mois était traditionnellement perçu comme une période redoutable et angoissante, empreinte d’appréhension face au jugement divin imminent. Il fallait se préparer dans la crainte et l’inquiétude, l’atmosphère était chargée de tension spirituelle. Cette perception était si intense que, selon la tradition, même les poissons dans les profondeurs marines tremblaient de crainte, et les étudiants de Yechiva qui se trouvaient en mer se hâtaient de regagner la terre ferme à l’approche d’Elloul.
Cependant, la Hassidout, dans sa sagesse pénétrante, révèle que chaque aspect de l’existence spirituelle possède une dimension intérieure lumineuse. C’est précisément dans cette exploration de la dimension intérieure du mois d’Elloul que nous découvrons sa véritable nature spirituelle.
La perception superficielle traditionnelle du mois d’Elloul
Dans sa dimension superficielle, le mois d’Elloul était compris comme une période d’examen de conscience rigoureux, servant de préparation et d’introduction aux jours solennels de jugement que sont Roch Hachana et Yom Kippour. Ces jours décisifs déterminent la continuation de l’abondance divine et des bénédictions pour l’année à venir, car chaque année voit se renouveler l’attribution de l’abondance céleste.
Il est naturellement compréhensible que face à un procès spirituel d’une telle importance et d’une portée si considérable, l’âme ressente une inquiétude légitime et s’efforce d’améliorer sa conduite morale et spirituelle. L’objectif était de se présenter devant le tribunal divin de manière digne et méritante, afin que le Saint béni soit-Il nous inscrive et nous scelle dans le livre de la vie pour une année de bonheur et de bénédiction.
Cette compréhension, bien que fondée, demeurait néanmoins limitée à la surface des choses, créant une atmosphère d’appréhension et de crainte qui caractérisait traditionnellement l’approche du mois d’Elloul.
La transformation révolutionnaire par la Hassidout
De cette manière, le mois d’Elloul était perçu comme une période intimidante et décourageante. Il était naturel que tout être sensible tremble en s’approchant des Jours redoutables. Cette appréhension était si profonde que dans les Yechivot et les communautés traditionnelles, il était d’usage de ne pas célébrer de mariages durant le mois d’Elloul, considérant que ce n’était pas un moment approprié pour des festivités, le temps devant plutôt être consacré à la Techouva et au repentir.
Paradoxalement, chez le Rabbi de Loubavitch, Elloul est précisément considéré comme le moment le plus propice pour célébrer des mariages ! Lorsque les Hassidim interrogeaient le Rabbi sur l’opportunité de se marier en Elloul, il encourageait ces unions, expliquant qu’Elloul est le mois de miséricorde par excellence, un mois particulièrement propice et béni, doté de nombreuses vertus spirituelles. D’ailleurs, de nombreux Hassidim illustres se sont mariés dans le mois d’Elloul, notamment le Rabbi précédent et le Rabbi Rachab eux-mêmes ! Cette approche révèle un renversement complet de perspective.
La révélation de la dimension intérieure d’Elloul
Nous avons le privilège extraordinaire de recevoir la lumière de la Hassidout, qui nous révèle que la particularité véritable de ce mois réside dans sa nature de mois de miséricorde authentique. Durant cette période bénie, le Saint béni soit-Il Se révèle au peuple d’Israël d’une manière particulièrement accessible, ouvrant une fenêtre spirituelle privilégiée pour permettre un rapprochement intime avec Lui et offrant la possibilité d’accomplir une Techouva complète et parfaite.
Il s’agit donc, en réalité, d’un mois empli de joie spirituelle profonde, marqué par la révélation de l’amour divin et de la proximité exceptionnelle du Saint béni soit-Il envers le peuple d’Israël. Le mois d’Elloul se révèle être un mois de joie et de célébration spirituelle, une période où le Saint béni soit-Il Se rapproche de nous de manière particulièrement tendre et accessible.
La parabole fondatrice du Roi dans les champs
Ce rapprochement extraordinaire entre le Saint béni soit-Il et le peuple d’Israël durant le mois d’Elloul est magnifiquement décrit par l’Admour hazaken à travers sa célèbre parabole du Roi dans les champs, enseignement fondamental rapporté dans les Likoutei Torah dans le discours hassidique intitulé « Ani leDodi veDodi li » (Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi).
Cette parabole révolutionnaire commence par aborder une question fondamentale qui interpellait les esprits éclairés : comme il est enseigné dans les livres de Kabbale que le mois d’Elloul bénéficie de la révélation particulière des 13 attributs divins de miséricorde, pourquoi ce mois ne constitue-t-il pas une période de fête liturgique ?
La question théologique fondamentale
En effet, si Elloul est caractérisé par des jours de révélation divine exceptionnelle, des jours de dévoilement de miséricorde céleste immédiate, la logique voudrait qu’à l’instar du Chabbat et des fêtes – où il est interdit d’accomplir des travaux précisément parce que ces jours sont marqués par une révélation particulière du Saint béni soit-Il – le mois d’Elloul devrait également être sanctifié par un statut de fête.
Si le mois d’Elloul bénéficie d’une révélation divine si élevée qu’elle transcende l’ordre habituel des mondes (Chitlout), pourquoi ne jouit-il pas d’une sanctification particulière interdisant les activités profanes, à l’image des autres moments de révélation divine ?
La réponse révolutionnaire de l’Admour hazaken
L’Admour hazaken apporte une réponse d’une profondeur saisissante : certes, Elloul constitue effectivement un moment de révélation divine extraordinaire, mais il s’agit d’une révélation d’un type particulier, celui du « Roi dans les champs ».
Contrairement aux moments où le Roi Se révèle dans toute la majesté de Sa royauté – ce qui constitue alors un jour de fête liturgique – durant Elloul, le Roi descend dans les champs, là où Se trouvent Ses sujets, venant vers eux dans leur état actuel, selon leur forme et leur niveau spirituel respectifs. C’est ainsi que le Saint béni soit-Il Se révèle au peuple juif durant cette période bénie.
Cette forme de révélation ne s’exprime donc pas par les manifestations extérieures d’une fête, mais paradoxalement, elle permet une proximité infiniment plus grande et plus intime que toute autre forme de révélation divine.
Le développement de la parabole du Roi
Laissons maintenant l’Admour hazaken développer lui-même cette parabole fondamentale dans ses propres termes lumineux : « Ceci ressemble à un roi qui, avant son arrivée dans la ville royale, voit les habitants de cette ville sortir à sa rencontre dans les champs pour recevoir sa présence bienveillante. À ce moment privilégié, quiconque le désire peut sortir à sa rencontre, et le roi reçoit tous ses sujets avec un visage bienveillant et rayonnant, manifestant à chacun des expressions de joie et de satisfaction. »
Imaginons cette scène : le Roi se trouvait initialement dans les champs, dans la campagne, et s’apprête maintenant à regagner son palais royal. Durant ce voyage de retour, il traverse les champs où tous ses sujets peuvent venir librement à sa rencontre. Dans cette configuration unique, chaque personne, quelle que soit sa condition sociale ou spirituelle, peut s’approcher directement du Roi et bénéficier de sa bienveillance immédiate.
Le contraste avec le protocole royal habituel
« En marchant vers sa ville royale, tous l’accompagnent et marchent derrière lui. Cependant, dès son arrivée dans son palais royal, l’accès devient strictement réglementé : seuls peuvent alors pénétrer dans l’enceinte royale ceux qui en ont reçu l’autorisation expresse. Même parmi les plus distingués du royaume – les ministres, les conseillers et les hauts dignitaires de la cour royale – l’accès au Roi devient extrêmement limité et soumis à un protocole rigoureux. »
Ainsi, quand le Roi se trouve dans les champs, dans cet espace ouvert et accessible, chaque sujet peut s’approcher de lui sans restriction. C’est un moment de révélation extraordinaire où le Roi Se manifeste dans toute Sa gloire, permettant à toutes les personnes, même les plus simples du peuple, de venir Le rencontrer dans les champs et de L’accompagner ensuite dans Sa marche royale.
En revanche, lorsqu’Il regagne les fastes et la majesté de son palais royal, l’ordre protocolaire reprend ses droits : un système hiérarchique strict s’établit, et seuls les plus proches du Roi peuvent prétendre à un accès direct, encore que selon des degrés variables de proximité et d’intimité avec le souverain.
Les deux modalités de la révélation royale
Cette parabole met donc en lumière deux modalités distinctes de la manifestation royale face au peuple : d’une part, l’état précédant l’entrée officielle dans la capitale, où le Roi se trouve dans les champs et Se rapporte à tous ses sujets avec une égalité parfaite, les recevant tous avec la même bienveillance et la même joie visible ; d’autre part, l’état consécutif à son installation dans le palais royal, où seuls les plus éminents du royaume et les élites spirituelles obtiennent le privilège d’un accès à sa personne royale.
Cette parabole, qui constitue l’une des contributions les plus remarquables de l’Admour hazaken à la compréhension de la spiritualité juive, ne représente pas une innovation au sens d’une création nouvelle, mais plutôt une révélation profonde de la modalité particulière selon laquelle la divinité Se manifeste durant le mois d’Elloul : sous la forme sublime du « Roi dans les champs ».
L’application spirituelle de la parabole
Dans son application spirituelle (Nimshal), cette parabole révèle que durant le mois d’Elloul, le Saint béni soit-Il Se révèle à l’ensemble du peuple d’Israël d’une manière extraordinairement accessible. Tous ceux qui le souhaitent – y compris les pécheurs et ceux qui ont transgressé – peuvent s’approcher de Lui sans crainte, et Il les reçoit tous avec un visage rayonnant de bienveillance, leur manifestant Sa joie et Sa satisfaction paternelles.
Cette accessibilité universelle contraste remarquablement avec ce qui se produit à Roch Hachana, lorsque le Saint béni soit-Il « rentre » pour ainsi dire dans Sa sainteté transcendante. À ce moment-là, seuls peuvent L’approcher ceux qui ont accompli leur Techouva durant le mois d’Elloul et sont ainsi devenus proches du Roi divin.
La progression spirituelle d’Elloul vers les Jours redoutables
Pour accéder à cette proximité lors des Jours redoutables, il faut au préalable avoir accompli sa Techouva durant Elloul, avoir accepté le joug de la royauté divine, et avoir intégré tous les concepts spirituels propres à Roch Hachana et Yom Kippour. Cette progression constitue l’ordre spirituel établi et reconnu.
Cependant, durant le mois d’Elloul qui précède cette période, règne un état spirituel unique où le Saint béni soit-Il Se trouve dans une proximité particulière avec chaque individu, l’rencontrant selon son niveau et sa situation spirituelle actuels. Même les personnes éloignées de la spiritualité, même les âmes simples peuvent s’approcher du Roi divin et bénéficier de cette proximité extraordinaire.
La résolution de la grande question kabbalistique
C’est par cette parabole magistrale que l’Admour hazaken résout une question théologique majeure et une perplexité profonde qui interpellait les esprits éclairés. Les livres de Kabbale enseignent en effet que durant le mois d’Elloul sont révélés aux enfants d’Israël les 13 attributs divins de miséricorde, révélation spirituelle d’une élévation exceptionnelle.
Or, il convient de distinguer entre deux aspects fondamentalement différents de la miséricorde divine : d’une part, la miséricorde que nous connaissons ordinairement, qui correspond à la Sefirah de Tiféret et s’exprime dans le cadre habituel de la providence divine ; d’autre part, les 13 attributs de miséricorde évoqués dans le contexte d’Elloul, qui transcendent l’ordre naturel du Chitlout (l’enchaînement des mondes).
La parabole du juge et du roi
Pour expliquer cette distinction fondamentale, l’Admour hazaken propose une analogie éclairante : la différence entre ces deux types de miséricorde ressemble à celle qui existe entre un juge qui manifeste sa compassion envers un accusé et un roi qui témoigne sa clémence à l’égard de son sujet. Il existe donc une miséricorde de type judiciaire et une miséricorde de nature royale, dont les caractéristiques diffèrent profondément.
Le juge, dans l’exercice de ses fonctions, est chargé d’appliquer les lois selon les principes stricts de la justice. Il dispose d’un corpus juridique qu’il doit interpréter et appliquer avec rigueur, veillant à ce que la justice soit rendue dans sa plénitude. Néanmoins, lorsque les circonstances s’y prêtent et que des raisons particulières le justifient – par exemple, quand le magistrat estime qu’une condamnation sévère ne servirait pas l’intérêt véritable de l’accusé et qu’il serait préférable de l’aider à se réhabiliter pour construire une nouvelle existence – il possède alors l’autorité nécessaire pour tempérer la rigueur de la justice par la miséricorde.
Les limites de la miséricorde judiciaire
Le juge peut donc adopter une approche empreinte de compassion et décider : « Si je prononce la sentence la plus sévère, quel bénéfice en résultera-t-il vraiment ? Je constate que cet homme a la capacité de se repentir et de se transformer. » Cette possibilité de clémence entre dans ses prérogatives légitimes et constitue un exercice approprié de son autorité judiciaire.
Cependant, cette miséricorde judiciaire demeure circonscrite dans des limites précises et définies. Le juge reste lié par le cadre légal, soumis aux lois et aux règlements qui régissent son action. Sa marge de manœuvre, bien que réelle, s’inscrit nécessairement dans les bornes établies par le système juridique dont il est le serviteur.
La miséricorde illimitée de la royauté
Le roi, en revanche, qui constitue lui-même la source et l’origine des lois du royaume, n’est nullement limité par le corpus législatif. Il possède la prérogative souveraine de manifester sa clémence envers ses sujets, même lorsque, selon la lettre stricte de la loi, ils mériteraient châtiment. Il peut accorder sa grâce royale à son peuple même quand les circonstances ne correspondent pas aux dispositions habituelles des lois du royaume.
Cette prérogative royale était d’ailleurs reconnue et institutionnalisée dans les périodes historiques anciennes : si une personne condamnée à mort parvenait, par quelque circonstance que ce soit, à apercevoir le visage du roi, elle recevait immédiatement sa vie en don, car « dans la face du roi réside la vie ». Il existait donc un principe établi selon lequel la simple vision du souverain suffisait à annuler la sentence capitale, le roi accordant automatiquement sa grâce à celui qui avait eu le privilège de croiser son regard royal.
La transcendance de la miséricorde royale
Cette institution révèle une vérité profonde : pour un roi véritable, il n’existe aucune limitation à l’exercice de sa miséricorde. Sa compassion transcende toute borne et toute restriction. Il peut manifester sa bonté de manière absolue, car il se situe naturellement au-dessus des lois qu’il a lui-même établies. N’étant pas limité par les règles qu’il a créées, il possède la liberté souveraine d’exercer sa clémence selon sa volonté royale, au-delà de toute contrainte juridique.
Il existe donc des degrés de miséricorde : certains types de compassion, bien que réels et authentiques, demeurent circonscrits dans des limites définies ; d’autres manifestations de miséricorde ne connaissent aucune restriction. Cette miséricorde illimitée trouve sa source dans le fait que celui qui l’exerce transcende par nature l’ordre qu’il a lui-même institué.
L’application divine de cette distinction
Cette distinction éclaire parfaitement la différence entre les 13 attributs de miséricorde qui se situent au-dessus d’Atsilout et les attributs de miséricorde qui s’expriment au niveau d’Atsilout même. L’attribut ordinaire de miséricorde demeure limité, mesuré et borné selon les lois et les règles que le Saint béni soit-Il a établies dans le monde d’Atsilout, dans l’ordre du Chitlout d’Atsilout.
Atsilout ayant été créé selon un ordre déterminé (Chitlout), les manifestations de miséricorde qui s’y déploient sont nécessairement circonscrites par cet ordre. Il s’agit donc de miséricorde limitée et mesurée – non pas qu’elle manque de miséricorde, mais elle s’exprime dans le cadre des limitations inhérentes aux mondes créés. Même lorsque cette miséricorde se manifeste, elle demeure soumise aux contraintes structurelles de la création.
En revanche, les 13 attributs de miséricorde évoqués dans le contexte d’Elloul émanent d’un niveau qui transcende l’ordre du Chitlout et ne sont limités par aucune règle ni condition. Ils possèdent la capacité d’embrasser tous et tout dans une compassion sans frontières ni restrictions.
La révélation transcendante d’Elloul
Cette qualité particulière trouve son explication dans le fait que durant Elloul, le Saint béni soit-Il Se révèle à un niveau qui transcende les mondes créés. Lorsqu’Il Se manifeste au-dessus des mondes, toutes les limitations cessent de Le circonscrire. Ces limitations, qu’Il a Lui-même établies lors de Sa volonté de Se contracter (Tsimtsoum) pour créer les mondes, ne L’affectent plus lorsqu’Il choisit de Se révéler au niveau qui précède cette contraction volontaire.
Ainsi, quand survient une révélation de ce niveau transcendant, toutes les restrictions habituelles perdent leur emprise et leur pertinence. C’est cette réalité spirituelle extraordinaire qui caractérise le mois d’Elloul et explique pourquoi, malgré la grandeur de la révélation divine qui s’y déploie, ce mois ne nécessite pas le cadre restrictif d’une fête liturgique.
La proximité qui s’établit alors entre le Saint béni soit-Il et chaque âme juive dépasse infiniment celle que permettraient les formes habituelles de révélation divine, aussi élevées soient-elles. C’est là le secret profond du mois d’Elloul : une intimité divine accessible à tous, une miséricorde sans limites, un amour paternel qui embrasse chaque enfant d’Israël là où il se trouve, dans son état actuel, avec une tendresse infinie.
Puissions-nous tous mériter de saisir cette opportunité spirituelle unique et de nous rapprocher du Saint béni soit-Il durant ce mois béni d’Elloul, afin d’être inscrits et scellés pour une année de vie, de santé, de prospérité spirituelle et matérielle, rapidement et de nos jours, Amen !
Par le Rav Yossef Itshak Ofen
Le Tsema’h Tsedek pose une question essentielle : Quand les enfants d’Israël ont demandé au prophète Chmouel de leur donner un roi, Chmouel s’est fortement indigné et D.ieu lui a dit que c’était négatif. Pourtant, à l’entrée en Terre d’Israël, ils ont reçu l’ordre d’accomplir trois Mitzvot : la nomination d’un roi, l’extermination d’Amalek et la construction du Beth HaMikdash. Pourquoi cette contradiction apparente ?
Cette question révèle la profondeur de la Mitsva royale et ses implications spirituelles pour chaque génération, culminant avec l’époque messianique où tous les mystères seront élucidés.
Le concept de l’annulation face au roi
Le Tsema’h Tsedek explique la nature véritable de la nomination d’un roi : par son intermédiaire, le peuple sera annulé face au Saint béni soit-Il. Le roi lui-même étant annulé face à D.ieu, comme David qui a déclaré : « Si je ne me suis pas apaisé et calmé » – il était parvenu à un tel niveau d’annulation qu’il était comme inanimé, sans mouvement propre, totalement soumis à la volonté divine.
Le roi constitue un char pour l’attribut de royauté du Créateur. Tout comme un char s’efface devant le cavalier et suit sa direction, le roi est annulé face à la royauté céleste, et Israël devient annulé face à D.ieu par l’intermédiaire du roi. Cette annulation n’est pas une soumission passive, mais une élévation spirituelle qui permet de transcender les limitations de l’ego individuel.
C’est le concept des quatre pieds du char divin : Avraham notre père représente la bonté (Hessed), Its’hak la rigueur (Gevoura), Yaakov l’harmonie (Tiféret), et David la royauté (Mal’hout). Chaque Patriarche nous transmet une force spirituelle particulière : l’amour de D.ieu, la crainte de D.ieu, la miséricorde, et l’acceptation du joug de la royauté céleste.
La nécessité du roi pour les différents niveaux spirituels
Au niveau le plus simple, la Michna enseigne : « Si ce n’était la crainte de la royauté, chacun dévorerait son prochain vivant ». L’autorité royale maintient l’ordre social et empêche l’anarchie. Cependant, cette explication ne suffit pas pour comprendre la profondeur spirituelle de cette Mitsva.
Il existe deux catégories principales en Israël : les érudits en Torah qui possèdent déjà l’annulation par leur sagesse, et les âmes simples qui ont besoin d’un roi pour les guider vers cette annulation. Les érudits en Torah, par leur étude constante, développent naturellement un état d’annulation face à D.ieu, car la sagesse véritable mène à l’humilité et à la reconnaissance de la grandeur divine.
Chmouel le prophète souhaitait que tous atteignent le niveau d’érudits en Torah et n’aient pas besoin d’un roi de chair et de sang, mais plutôt d’un prophète ou d’un juge spirituel. Il voulait élever tout le peuple à un niveau où chacun serait directement connecté à D.ieu par la sagesse de la Torah.
L’indignation de Chmouel et la réalité spirituelle
Mais puisqu’en réalité ils se trouvaient à un niveau inférieur et n’avaient pas tous atteint le niveau d’érudits en Torah, D.ieu a ordonné de leur donner un roi selon leurs besoins spirituels du moment. Cette décision divine ne constitue pas un compromis, mais une adaptation parfaite aux capacités spirituelles réelles du peuple.
L’indignation de Chmouel et de D.ieu venait du fait que le peuple avait les moyens spirituels d’atteindre un niveau supérieur, mais qu’ils n’avaient pas saisi cette opportunité. C’est pourquoi leur demande a été considérée comme un manque de foi en leur potentiel spirituel élevé.
Néanmoins, D.ieu dans Sa miséricorde leur a accordé ce dont ils avaient besoin selon leur niveau actuel, tout en gardant l’espoir qu’ils s’élèveraient progressivement vers l’idéal initial.
La différence fondamentale entre Chaoul et David
Chaoul était un roi temporaire, spécialement choisi pour inaugurer l’institution royale en Israël. Bien qu’il fût spirituellement très élevé, se situant au niveau de Bina (compréhension divine), sa royauté était imprégnée de compréhension intellectuelle plutôt que d’annulation pure.
Le Tsema’h Tsedek explique que Chaoul a été « emprunté » de son niveau spirituel élevé pour descendre créer l’institution royale. Comme tous les commencements sont difficiles, il fallait commencer par un niveau très élevé, similaire à l’inauguration du Temple où l’on consacre des éléments exceptionnels.
David, en revanche, a mérité la couronne éternelle car il était une âme collective, un char véritable pour la royauté d’En-Haut. Sa royauté ne se limitait pas à l’aspect d’annulation, mais incluait la sagesse dans chaque détail de la gouvernance royale. La femme de Tekoua lui a dit : « Mon seigneur est sage comme la sagesse de l’ange de D.ieu ».
La sagesse collective de David
David possédait une caractéristique unique parmi tous les rois : sa sagesse englobait celle de tout Israël. Comme il est écrit concernant Yehochoua : « un homme en qui il y a l’esprit », capable de s’adapter à l’esprit de chacun, David en tant qu’âme collective pouvait comprendre et diriger les 600 000 âmes d’Israël selon leurs besoins particuliers.
Les autres rois, même les plus grands comme Chlomo dont il est dit « il fut plus sage que tout homme », possédaient une sagesse personnelle qui n’éclairait pas spécifiquement leur rôle royal. Leur sagesse et leur royauté constituaient deux aspects séparés de leur personnalité.
Chez David, la sagesse et la royauté étaient parfaitement intégrées. Il dirigeait le peuple comme un berger qui connaît chaque brebis de son troupeau, veillant à son bien-être spirituel et matériel. Il s’occupait aussi bien de l’élévation spirituelle par l’accomplissement des Mitzvot que des besoins matériels comme la subsistance.
Les niveaux de royauté selon le Tsema’h Tsedek
Le Tsema’h Tsedek distingue plusieurs niveaux de royauté : la royauté simple où règne l’ordre sans annulation mutuelle, la royauté d’annulation où le peuple s’annule face au roi qui s’annule face à D.ieu, et la royauté de David où la sagesse divine s’exprime dans chaque aspect de la gouvernance.
Cette progression correspond aux niveaux spirituels : Assiya (action) pour la royauté de base, et Hokhma (sagesse) dans Mal’hout pour la royauté de David. Cette distinction est fondamentale pour comprendre ce que sera la royauté messianique.
David a reçu des Patriarches l’aspect des attributs divins (Midot) et d’Adam HaRichon l’aspect de la sagesse (Hokhma), lui permettant d’être une âme collective capable d’englober toute la diversité d’Israël dans son leadership spirituel.
Le paradoxe de l’époque messianique
La question centrale se pose avec une acuité particulière : à l’époque messianique, quand « la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent la mer » et que « ils n’enseigneront plus chacun son frère », quand tous seront des érudits en Torah au plus haut niveau, pourquoi auront-ils encore besoin d’un roi ?
Cette question révèle un paradoxe apparent dans la Mitsva elle-même : si la Torah s’adresse à tous, y compris aux érudits en Torah, comment peut-on dire qu’ils sont exemptés de la Mitsva royale ? Et si l’époque messianique représente l’apogée de la perfection spirituelle, pourquoi maintenir une institution qui semble destinée aux niveaux spirituels inférieurs ?
Le Tsema’h Tsedek résout ce paradoxe en révélant qu’il existe une royauté supérieure, même pour les plus grands érudits en Torah. Cette royauté ne se base pas sur le manque d’annulation, mais sur la reconnaissance qu’il existe des niveaux de révélation divine qui transcendent même la plus haute compréhension intellectuelle.
La Torah sans limites et la royauté supérieure
Le Tsema’h Tsedek explique que la Torah est sans limite : « Ils iront de force en force », il y a des niveaux infinis dans la saisie de la Torah. À l’époque messianique, il y aura une révélation extraordinaire de la divinité, et les gens saisiront la dimension intérieure de la Torah (Pnimiyout HaTorah) qui est actuellement cachée.
Le Machia’h enseignera cette dimension intérieure à tout le peuple, révélant ce qui est maintenant caché même aux plus grands Maîtres. Cependant, lui-même connaîtra infiniment plus que ce qu’il pourra révéler aux autres. Cette différence qualitative et quantitative dans la connaissance justifie son statut royal.
Même les grands érudits de l’époque messianique, qui comprendront les raisons des Mitzvot et les mystères de la Torah, ne pourront pas saisir tout ce que le Machia’h comprendra. Cette limitation n’est pas due à un défaut de leur part, mais à la nature infinie de la révélation messianique elle-même.
Le Machia’h : Rabbi et Roi simultanément
Le Machia’h sera à la fois Rabbi et Roi, combinant ces deux rôles de manière parfaite. Ce qu’il enseignera et que les gens saisiront constitue l’aspect de Rabbi – l’éducation et la transmission de la sagesse selon la capacité de réception de chacun.
Ce qu’ils ne pourront pas saisir malgré leur niveau élevé nécessite l’aspect royal – l’acceptation et l’annulation face à ce qui dépasse leur compréhension actuelle. Cette annulation ne diminue pas leur grandeur, mais au contraire l’augmente en les connectant à des niveaux encore plus élevés.
La royauté représente l’acceptation de ce qui transcende la compréhension personnelle. Même le plus grand érudit doit reconnaître qu’il existe des dimensions de la vérité divine qui dépassent sa saisie intellectuelle actuelle. Cette reconnaissance constitue la forme la plus élevée d’humilité spirituelle.
L’annulation au-dessus de la sagesse
Quand a-t-on besoin de l’aspect royal, de l’annulation face à l’autorité ? Précisément quand notre intellect ne peut pas saisir la nécessité d’une action ou d’une compréhension particulière. Ce que nous comprenons naturellement par notre propre sagesse, nous l’accomplirons de toute façon par conviction personnelle.
Mais ce qui va au-delà ou même à l’encontre de notre compréhension actuelle requiert une décision royale, un commandement qui transcende la logique immédiate. C’est alors que nous annulons notre volonté personnelle face à la volonté supérieure du roi, reconnaissant que « le cœur des rois ne peut être connu ».
Cette dynamique existe également dans la Torah : il y a des Mitzvot compréhensibles comme les Tefillin (souvenir de la sortie d’Égypte) et des décrets (Houkim) comme la vache rousse que nous ne pouvons pas comprendre rationnellement. À l’époque messianique, les raisons seront révélées, mais il subsistera toujours des niveaux plus profonds accessibles uniquement au Machia’h.
L’élévation extraordinaire du Machia’h
Concernant le Machia’h, il est écrit dans Isaïe : « Voici, Mon serviteur prospérera, il sera élevé, exalté et très haut ». Cette élévation progressive indique des niveaux spirituels qui dépassent même ceux des plus grandes figures de l’histoire.
Le Rabbi cite souvent la promesse divine : « Et Je vous ferai marcher la tête haute » vers notre terre. Cette « tête haute » (Komemiyout) fait référence à la stature spirituelle d’Adam HaRichon. Selon Rabbi Meïr, ce sera 200 coudées, selon Rabbi Yehouda, 100 coudées – des dimensions qui indiquent une connexion parfaite entre la terre et les cieux.
Tandis que tous les Juifs de l’époque messianique atteindront le niveau d’Adam HaRichon après la faute (après sa Techouva), ayant la perfection des Sefirot, le Machia’h atteindra le niveau d’Adam HaRichon avant la faute, et même davantage. Il sera « très haut » (Méod Méod) – un niveau qui dépasse toute limitation.
Les âmes collectives et le niveau du Machia’h
Le concept d’âme collective révèle la hiérarchie spirituelle des dirigeants d’Israël : Adam HaRichon était « Haya collective » (âme collective du niveau le plus élevé), Moché Rabbénou était une « Néchama collective », David le roi était « Néfech collective » (correspondant à Mal’hout), et Élie le prophète est « Rouah collectif ».
Le Machia’h sera « Yéhida collective » – le niveau d’âme le plus élevé, correspondant à l’Eïn Sof. Yéhida représente l’étincelle du Créateur qui s’unit parfaitement avec l’étincelle de la créature, réalisant l’unité absolue entre le divin et l’humain.
Cette élévation explique pourquoi le Machia’h pourra régner même sur les plus grands érudits en Torah de l’époque messianique. Sa source spirituelle transcende tous les niveaux de saisie intellectuelle, même les plus élevés, nécessitant une forme d’annulation qui est en réalité une élévation vers l’infini divin.
La source divine du Machia’h selon la Kabbale
Le Tsema’h Tsedek explique selon la Kabbale que David puisait de Mal’hout d’Atsilout, recevant des Patriarches et d’Adam HaRichon. Mais concernant le Machia’h, il est écrit : « Vie, il T’a demandée, Tu lui as donnée » – indiquant qu’il reçoit directement de l’Eïn Sof lui-même.
Cette différence de source explique la différence de niveau : tandis que David était limité aux révélations d’Atsilout, le Machia’h puisera directement de l’Essence divine infinie, lui permettant de révéler des aspects de la divinité jamais encore manifestés dans les mondes.
Selon la terminologie kabbalistique, les créatures de Briya, Yetsira, Assiya (BYA) ont comme roi l’Atik de Mal’hout d’Atsilout – ce qui dépasse leur compréhension. Les âmes d’Atsilout, appelées « fils » et « frères », ont comme Atik la Mal’hout d’Eïn Sof d’Adam Kadmon. Le Machia’h représente cette Mal’hout d’Eïn Sof elle-même.
L’acceptation du joug et la connexion à l’Essence
Le concept d’acceptation du joug (Kabbalat Ol) révèle la connexion directe à l’Essence divine. Contrairement à l’action basée sur l’intellect, l’acceptation du joug transcende la compréhension rationnelle et connecte directement à la volonté divine essentielle.
L’exemple de Chaoul illustre les limites de l’approche purement intellectuelle : bien qu’ayant parfaitement raison selon la logique, il a échoué face à Amalek parce que cette guerre nécessitait une approche supra-rationnelle. Notre génération, la septième depuis le Rabbi Rachab, correspond à ce niveau d’acceptation du joug qui, bien qu’il semble inférieur à l’intellect, est en réalité enraciné dans ce qui dépasse infiniment l’intellect.
La Mal’hout (royauté) est enracinée dans l’Atsmout (Essence divine), expliquant pourquoi D.ieu désire être roi et avoir une résidence dans les mondes inférieurs. Ces deux désirs – royauté et résidence – constituent en réalité un seul objectif : révéler l’Essence divine à travers l’annulation des créatures.
Notre génération et l’accomplissement final
Le Rabbi a enseigné un point crucial concernant notre génération : nous terminons la mission de toutes les générations précédentes. Citant Rachi sur « si on commence une Mitsva, il faut la terminer », le Rabbi explique que « toute la Mitsva » se réfère à notre génération qui achève l’intention de toutes les générations depuis la création.
Comme les enfants d’Israël ont été appelés sur leur nom pour avoir accompli la Mitsva des ossements de Yossef, notre génération sera appelée sur son nom pour avoir achevé l’œuvre spirituelle de l’histoire.
Le 16ème Chabbaton juif russe international s’est tenu à l’hôtel Armon de Stamford, Connecticut, réunissant plus d’un millier de participants venus des États-Unis, du Canada et d’Europe. Dirigé par le Rav Benzion Laskin, cet événement annuel est devenu bien plus qu’un simple week-end religieux : une expérience transformatrice qui change véritablement les vies.
Une tradition de transformation spirituelle
Organisé conjointement par la Lubavitch Youth Organization, Chamah et la Jewish Soul Organization, ce Chabbaton illustre parfaitement la vision du mouvement Habad. Depuis seize années consécutives, le Rav Benzion Laskin dirige cet événement avec une dévotion infatigable, créant un véritable phare d’inspiration pour la communauté juive russophone.
Les résultats parlent d’eux-mêmes : d’innombrables participants ont adopté de nouvelles mitzvot suite à leur participation. Des familles qui n’allumaient les bougies qu’occasionnellement respectent désormais pleinement le Chabbat. Des parents qui luttaient avec leur identité juive envoient maintenant leurs enfants dans des écoles juives. Des célibataires qui participaient seuls reviennent aujourd’hui mariés, avec leurs propres enfants.
Un programme riche en enseignements et émotions
Le week-end a débuté vendredi par une cérémonie d’ouverture dirigée par le Rav Laskin, accompagnée d’une méditation pré-Chabbat unique en musique. Le Rav Kasriel Kastel, directeur des programmes de la Lubavitch Youth Organization, a prononcé un discours émouvant sur l’importance de l’unité juive. Mme Slovie Jungreis-Wolff a également marqué l’assistance par ses paroles passionnées sur la fierté juive.
Le point culminant du Chabbat fut le célèbre « Crossfire : Challenge the Rabbis », attirant un public nombreux pour poser toutes les questions, même les plus difficiles. Le panel distingué comprenait le Rav Manis Friedman, penseur et auteur mondialement reconnu, Mme Slovie Jungreus-Wolff, le Rav Zusha Winner du Beth Din de Loubavitch, et le Rav Yehoram Ulman, dirigeant du tribunal rabbinique de Sydney.
Des intervenants d’exception venus du monde entier
Le programme proposait une variété éblouissante de conférences : chaque heure, cinq à six sessions se déroulaient simultanément sur la halakha, la philosophie juive, l’histoire, le développement personnel et l’actualité. D’Israël sont venus le Rav Alex Pruchansky et le Rav Dov Ber Baitman, dont les cours mêlaient enseignements profonds de la Torah et esprit israélien.
Le domaine médical était représenté par des spécialistes internationalement respectés. Le Dr Marina Yuabova de Boca Raton, experte en médecine fonctionnelle, a aidé d’innombrables couples à avoir des enfants et guidé de nombreux patients vers la guérison de maladies auto-immunes. Le Dr Marika Cherfas, médecin holistique new-yorkaise respectée, a partagé des conseils précieux pour une vie plus saine.
Des moments d’émotion intense
La soirée de Motséi Chabbat a été marquée par une cérémonie de Havdalah grandiose, avec deux interprétations émouvantes : une dirigée par le Hazzan Moshe Shur, l’autre dans la tradition séfarade par le Rav Baruch Babaev, Grand Rabbin de la communauté juive boukhare aux États-Unis et au Canada.
L’apparition inoubliable de Dudu Fisher, hazzan et chanteur mondialement reconnu, a constitué un moment fort de la soirée. Il a partagé comment sa naissance même résulta d’une bénédiction du précédent Rabbi de Loubavitch, et comment le Rabbi l’a béni dans sa carrière, à condition qu’il ne se produise jamais pendant Chabbat ou Yom Tov. Il a transformé la ballade « Bring Him Home » en prière juive sincère pour le retour des otages, encourageant l’assistance à se renforcer par une mitzvah supplémentaire.
Le Chabbaton s’est conclu dimanche par l’intervention bouleversante de Judith Ra’anan, libérée de la captivité du Hamas. Elle a partagé son histoire de survie dans les tunnels de Gaza et la foi qui l’a soutenue, laissant l’assistance dans un silence complet avant une ovation debout.
Avec plus de 70 conférences et ateliers, des programmes spéciaux pour enfants et célibataires, ce 16ème Chabbaton a une fois de plus prouvé sa capacité unique à toucher les âmes et transformer les vies, perpétuant seize années de tradition inspirante.
















































































C’est une période où il convient de considérer l’année passée et se préparer pour les Fêtes Solennelles de Roch Hachana et Yom Kippour, qui approchent rapidement. Voici sept pratiques propres à ce mois qui nous mettent sur la voie d’une bonne et douce nouvelle année.
Vous serez peut-être surpris d’apprendre que ce n’est pas seulement à Roch Hachana que nous sonnons le chofar. Chaque jour (mis à part le Chabbat et la veille de Roch Hachana), nous sonnons le chofar après l’office du matin. Les émouvants sons du Chofar nous inspirent à nous rapprocher de D.ieu, comme nous lisons : « La trompette sonnera-t-elle dans une ville sans mettre le peuple ne tremble ? » (Amos 3,6)
Les mots ont du pouvoir. En signant des lettres ou en concluant des conversations, nous nous souhaitons mutuellement une « ketivah va’hatima tova », d’être « inscrit(e) et scellé(e) pour le bien [dans le Livre de la vie] ». La version moderne de cette pratique serait probablement de définir ceci comme votre signature d’email, votre statut WhatsApp et votre profil Facebook.
Après les prières du matin et de l’après-midi (ou dans certaines communautés, celles du soir), nous récitons le psaume 27, qui commence par les mots : « De David : le Seigneur est ma lumière et mon salut. » Le kabbaliste Rabbi Binyamin Benish Cohen écrivait en 1706 que celui qui récite ce psaume dans un état de sainteté, de pureté et de grande concentration verra ses prières exaucées, et que ce psaume a le pouvoir d’annuler les décrets divins.
Nous continuons cette pratique jusqu’à Hochaana Rabba, le dernier jour de Soukkot.
Le Baal Chem Tov a institué la coutume de réciter chaque jour trois chapitres supplémentaires de Psaumes, du 1er Elloul jusqu’à Yom Kippour (à Yom Kippour, les 36 derniers chapitres sont récités, de sorte à compléter la lecture du livre des Psaumes).
Elloul est un moment pour augmenter et améliorer notre pratique des mitsvot. De nombreuses personnes ont l’habitude de faire inspecter leur Téfilines et leurs Mezouzot par un scribe au cours de ce mois pour s’assurer qu’ils sont toujours casher. Le Rabbi a écrit que cette pratique (mentionnée dans les sources halachiques classiques) est « utile et très appropriée pour que tout le monde puisse faire connaître ».
Vous ne savez pas où trouver un scribe ? Contactez votre centre ‘Habad le plus proche.
Les Seli’hot (« Pardon ») sont des prières spéciales prononcées les jours de jeûne et pendant cette période. Le point culminant des Seli’hot est la récitation des 13 Attributs de Miséricorde, formule que D.ieu enseigna à Moïse pour obtenir le pardon divin. Les Ashkénazes commencent à dire les Seli’hot plusieurs jours avant Roch Hachana (toujours un samedi soir). Les Séfarades commencent au début du mois d’Elloul et terminent 40 jours plus tard à Yom Kippour.
En cette période particulière, il convient de consacrer du temps au ‘hechbone hanefech(« bilan comptable de l’âme »), en faisant le bilan de nos activités, nos pensées et nos conversations de l’année écoulée. Dans quel domaine nous sommes-nous améliorés et dans quel domaine devons-nous encore nous améliorer ? Réfléchissez honnêtement et profondément, et vous prendrez un bon départ à Roch Hachana