EN IMAGES.  Levaya de la Rabbanit Batya Kalmenson a’h à Aubervilliers

EN IMAGES. Levaya de la Rabbanit Batya Kalmenson a’h à Aubervilliers

La communauté Habad de Paris rend hommage à une figure emblématique de l’éducation juive française. Mme Batya Kalmenson, décédée à 95 ans, laisse derrière elle un héritage exceptionnel après des décennies consacrées à la formation de générations d’élèves. Son cercueil sera rapatrié en Israël pour l’inhumation, témoignant de l’impact international de son œuvre éducative.

    Levaya à Jérusalem

 

 

Les membres de la communauté Habad d’Aubervilliers, rejoints par l’ensemble des communautés Habad de Paris et de sa région, se sont rassemblés pour rendre un dernier hommage à la Chli’ha senior, Mme Batya Kalmenson, disparue le 25 Av 5785 à l’âge de 95 ans.

Une pionnière de l’éducation juive en France

Mme Kalmenson était la fondatrice et directrice de longue date des institutions éducatives Chnei-Ohr, où elle a consacré plusieurs décennies à l’édification de générations d’étudiants et à façonner l’avenir de l’éducation juive en France. Son dévouement exceptionnel a marqué durablement le paysage éducatif de la communauté juive française.

Cette figure emblématique du mouvement Habad en France a bâti une œuvre pédagogique remarquable, transmettant les valeurs et traditions juives à travers un système éducatif qu’elle a développé avec passion et détermination. Son approche novatrice de l’enseignement a permis de former des centaines d’élèves qui perpétuent aujourd’hui son héritage à travers le monde.

Un dernier voyage vers la Terre Sainte

Suite a la Levaya organisée en France, le cercueil sera transporté en Israël pour l’inhumation. La levaya aura lieu demain mercredi à 14h00 à Shamgar à Jérusalem, suivie de l’enterrement au mont des Oliviers (Har HaZeisim), près du lieu de repos de son époux, le Chalia’h Rav Chalom Mendel Kalmenson zal.

Un héritage familial international

Mme Kalmenson laisse derrière elle neuf enfants qui perpétuent son œuvre à travers le monde : Beila Gansbourg (Milan, Italie), Rivka Lipsker (Crown Heights), Rahel Bruchstat (Crown Heights), Feiga Levitin (New Haven, Connecticut), Leah Raskin (Australie), Sterna Deutsch (Migdal Ha’emek, Israël), Haya Nisselevitch (Aubervilliers, France), Meir Simcha Kalmenson (Aubervilliers, France), et Yossef Its’hak Kalmenson (Aubervilliers, France).

La disparition de Mme Batya Kalmenson marque la fin d’une époque pour la communauté Habad française, mais son héritage éducatif continuera d’inspirer les futures générations d’enseignants et d’élèves dans les institutions qu’elle a contribué à bâtir.

 

 

Renouvellement – Le pouvoir de dépasser les limites de notre caractère

Renouvellement – Le pouvoir de dépasser les limites de notre caractère

 

La Torah nous enseigne une vérité profonde : chacun d’entre nous doit apprendre à être à la fois constant comme le soleil et renouvelé comme la lune. Cette double nature, symbolisée par l’union du calendrier solaire et lunaire, révèle le secret d’une vie juive authentique et épanouie. Ce voyage spirituel nous dévoile comment briser les barrières de notre caractère pour atteindre notre véritable potentiel.

 

Par le Rav Shabtai Slavaticki
Le Rav Chabtaï Slavatitski, Chaliah du Rabbi a Anvers, représente l’excellence de la mission Habad en Europe. Parti d’un milieu non-Habad, il est devenu l’une des figures les plus respectées du mouvement, dirigeant la communauté d’Anvers avec sagesse et créant des institutions durables pour l’avenir du Judaïsme européen. Son parcours illustre parfaitement la capacité de transformation personnelle et l’impact profond qu’un individu déterminé peut avoir sur sa communauté et au-delà.

 

Une leçon de lumière dans les ténèbres

À la Yechiva de Kfar Habad enseignait un homme extraordinaire, Rav Mendel Futerfas. Né vers Tichri 5668 et décédé le 4 Tamouz 5755, ce Juif hassidique au cœur rempli d’amour pour son peuple vivait en Russie où il accomplissait des merveilles avec un dévouement total pour répandre la Torah et le judaïsme. Cette mission lui valut dix années d’exil et de travaux forcés dans les camps glacés de Sibérie.

Dans ce lieu désolé, il partageait sa cellule avec des prisonniers de toutes origines. L’électricité n’existait pas ; chaque soir, les gardiens distribuaient à chaque détenu une petite bougie. Un Chabbat, quand vint le moment d’allumer, son compagnon de cellule – un homme simple qui avait appris à respecter ce Juif singulier – le vit demeurer dans l’obscurité.

« Pourquoi ne rallumes-tu pas ta bougie ? » demanda-t-il avec curiosité.

« Le Chabbat, il m’est interdit d’allumer le feu, » répondit simplement Rav Mendel.

Touché par cette explication, l’homme prit la flamme de sa propre bougie et alluma celle de son compagnon juif. Mais selon la loi juive, il est interdit de profiter d’un feu allumé par un non-Juif le Chabbat. Avec délicatesse, Rav Mendel proposa : « Cela te dérangerait-il que nous échangions nos bougies ? »

L’homme accepta de bon cœur, sans comprendre la raison de cette demande.

Le Chabbat suivant, voulant éviter toute complication, le compagnon de cellule eut une idée qu’il crut ingénieuse : il alluma d’abord sa bougie, puis celle de Rav Mendel, et procéda immédiatement à l’échange.

Mais voilà que Rav Mendel se retrouvait face à un nouveau dilemme ! En allumant « sa » bougie, l’homme avait en réalité l’intention de l’allumer pour le Juif. Une fois de plus, il fallut demander l’échange.

Perplexe, l’homme s’exclama : « Chez vous les Juifs, tout fonctionne à l’envers, tout est différent ! »

Le mystère du mois d’Aviv

Cette observation nous mène vers un enseignement profond de la Torah. Dans Parachat Re’eh, nous lisons : « Garde le mois d’Aviv et célèbre Pessah pour l’Éternel ton D.ieu, car c’est au mois d’Aviv que l’Éternel ton D.ieu t’a fait sortir d’Égypte. »

Rachi nous éclaire : « Garde le mois d’Aviv » signifie : planifie à l’avance pour que Pessah tombe toujours au printemps, au moment où la nature renaît. Si ce n’est pas le cas, il faut intercaler l’année en ajoutant un mois.

Le Netsiv explique pourquoi la Torah insiste sur ce « mois d’Aviv » – le mois du renouveau. C’est que D.ieu parle à un peuple qui connaîtra l’exil. Au printemps, les graines germent, la vie renaît, la terre se réveille. Pessah au printemps nous rappelle cette vérité éternelle : « En Nissan ils furent délivrés, et en Nissan ils seront délivrés à nouveau. »

Toutes nos fêtes suivent ce rythme naturel : Chavouot coïncide avec la moisson, Souccot avec la récolte. Pour maintenir cet équilibre, nous devons parfois intercaler une année en ajoutant un treizième mois.

Quand les astres nous parlent

Pourquoi cette complexité ? Le soleil règne sur une année de 365 jours et un quart, divisée en douze mois de trente jours environ. La lune, elle, gouverne des mois de 29 jours et demi, créant une année de 354 jours seulement – soit onze jours de moins.

Les musulmans ont choisi de suivre uniquement la lune ; c’est pourquoi leur Ramadan voyage à travers les saisons. Le monde occidental suit le soleil pour sa simplicité et sa régularité.

Mais la Torah, dans sa sagesse, unit les deux luminaires. Nous comptons les mois selon la lune tout en gardant l’année alignée sur le soleil. Tous les trois ans environ, nous ajoutons un mois pour harmoniser ces deux rythmes.

Cette complexité soulève une question profonde : pourquoi D.ieu n’a-t-Il pas créé le soleil et la lune avec le même cycle ? Pourquoi cette apparente contradiction ? Quel message se cache derrière ce système qui nous semble « à l’envers » ?

Le monde comme théâtre divin

La réponse se trouve dans les premiers mots de la Torah : « Au commencement, D.ieu créa les cieux et la terre. » Rachi nous enseigne que le monde fut créé « pour Israël » et « pour la Torah » – autrement dit, comme un théâtre où l’humanité peut révéler le divin.

Chaque élément de la création a un but spirituel. Pourquoi les arbres ? Pour construire la Souccah. Pourquoi nos mains ? Pour mettre les Tefillines et donner la Tsedaka. Chaque détail du monde matériel est un instrument au service de la sainteté.

Comme l’enseigne le Baal HaTanya : « Il a mis le monde dans leur cœur. » Chaque action, parole ou pensée humaine a le pouvoir de transformer et d’élever le monde. C’est pourquoi le Baal Chem Tov répétait que tout ce que nous voyons ou entendons contient un enseignement pour notre service divin.

Soleil et lune – Deux facettes de l’âme

Que symbolisent donc le soleil et la lune dans notre vie spirituelle ?

Le soleil représente la constance, la fidélité, la persévérance. Il se lève chaque jour à l’heure exacte, sans état d’âme ni variation. Il symbolise ces personnes sur qui on peut compter, dont on connaît les réactions, qui tiennent parole en toute circonstance. Quand nous voulons exprimer quelque chose de certain, nous disons : « Aussi sûr que le soleil se lèvera demain. »

Ces « personnes-soleil » sont organisées, méthodiques. Elles se couchent et se lèvent aux mêmes heures, planifient leurs voyages des mois à l’avance. Leur régularité est leur force.

La lune, elle, évoque le renouvellement constant. Elle grandit et décroît, disparaît et reparaît. Elle symbolise les âmes créatives, toujours en quête de croissance, jamais satisfaites de leurs acquis. Ces « personnes-lune » se demandent chaque jour : « Qu’ai-je appris de nouveau ? Comment puis-je grandir ? »

L’art de l’équilibre

Une histoire illustre les limites de chaque approche. Un Suisse méticuleux réserva son siège d’avion six mois à l’avance, appelant chaque mois pour confirmer sa place côté couloir. Le jour du voyage, on lui attribua un siège au milieu ! Furieux, il gâcha les retrouvailles familiales. Son petit-fils lui demanda : « Pourquoi n’as-tu pas demandé à échanger avec ton voisin ? » Le grand-père répondit : « J’y ai pensé, mais le siège était vide ! »

Cette rigidité excessive montre qu’il faut savoir doser sa constance.

La Torah nous enseigne l’art de l’union : être à la fois soleil et lune, constant et renouvelé.

Les fondations et l’élévation

Dans le judaïsme, le « soleil » représente l’acceptation du joug divin – ces fondements inébranlables qui ne dépendent ni de notre humeur ni de nos sentiments. Quand nous enseignons à un enfant de treize ans à mettre les Tefillines, nous lui transmettons une chaîne ininterrompue : ces mêmes Tefillines que portaient nos frères à Auschwitz, pendant l’Inquisition, en Sibérie.

Cette constance forge notre identité juive. Pendant des millénaires, nous avons préservé le Sefer Torah sans qu’une seule lettre ne change, aux quatre coins du monde, même quand les communautés ne se connaissaient pas.

Mais sans la « lune » du renouvellement, cette constance risque de devenir routine mécanique. Si nous n’insufflons pas de vie nouvelle à notre pratique, nous risquons de devenir des robots spirituels, perdant la passion, l’émotion, cette élévation de l’âme qui donne sens à nos actes.

L’exemple vivant de Pessah

Voyez comme cet enseignement s’exprime dans le Seder de Pessah ! D.ieu a voulu que cette fête de la liberté – Pessah signifie « sauter », « bondir » – soit la soirée la plus ordonnée de l’année. Quinze étapes précises, un rituel méticuleux où rien n’est laissé au hasard.

Pourquoi cette apparente contradiction ? Parce qu’il faut les deux : de l’ordre dans la liberté, et de la liberté dans l’ordre. Comme le carré et le cercle – l’un délimité et structuré, l’autre sans commencement ni fin.

Certains selon la Kabbale offrent des alliances de mariage combinant ces deux formes : carrée d’un côté, ronde de l’autre. Le mariage aussi unit ces deux dimensions. D’un côté la Houppa symbolise l’engagement inconditionnel (« Il plaça sur eux le mont comme un tonneau »), de l’autre l’amour libre et choisi.

L’enfant qui sommeille en nous

Le Bobover Rabbi raconta un jour cette histoire touchante : lors d’un Tisch nocturne, les boissons vinrent à manquer. « Qui ira en chercher ? » demanda-t-il. Silence. « Alors j’irai moi-même, » dit-il en quittant la salle.

Les minutes s’écoulèrent, puis les heures. À son retour, il expliqua : « Quand j’ai eu ma Bar Mitsva, j’ai dit à l’enfant en moi : ‘Je ne te renvoie pas, je te mets dans ma poche. Quand j’aurai besoin d’être un enfant, je te sortirai.’ Ce soir, j’ai senti que j’avais besoin de cette spontanéité enfantine. »

Comme Yehouda qui implora : « Comment monterai-je vers mon père si l’enfant n’est pas avec moi ? » – comment nous élever spirituellement si nous perdons notre capacité d’émerveillement ?

Tsaddikim et Baalei Techouva

Le Zohar enseigne que les « gens de la lune » sont les Baalei Techouva (les repentants), toujours en mouvement, toujours en croissance. Les « gens du soleil » sont les Tsaddikim (les justes), constants dans leur perfection.

Mais même les Tsaddikim ont besoin de Techouva ! Non pas repentir d’une faute, mais retour vers un niveau toujours plus élevé. Comme l’enseigne l’Admour HaZaken : il faut faire Techouva même sur le bien qu’on aurait pu faire mieux.

Une anecdote l’illustre : une mère inquiète vint voir son Rabbin : « Mon fils est devenu fou ! Il est parti en Israël et depuis, il mange cachère, met les Tefillines, observe Chabbat. Nous, nous sommes des Juifs normaux – synagogue pour les Bar Mitsva, Roch Hachana, Yom Kippour, ça suffit ! »

Le Rabbin répondit : « Moi aussi je fais tout cela. Suis-je fou ? »

« Mais vous, c’est différent ! C’est votre habitude, votre métier. Lui, il y croit vraiment, il le vit vraiment ! »

Voilà le défi : accomplir nos Mitsvot avec la fraîcheur de la foi et non par simple habitude.

Le courage de rester juif

Une histoire illustre magnifiquement cette force du « soleil » juif. Pendant le mandat britannique en Terre d’Israël, un haut fonctionnaire anglais visitait le bureau du gouverneur à l’hôtel King David de Jérusalem. Impressionné par le travail accompli, il offrit à chaque employée une chaînette en or ornée d’une croix.

Toutes acceptèrent avec gratitude – sauf une jeune secrétaire, Esther. « Je vous remercie de votre générosité, mais je ne peux accepter ce présent. »

« Pourquoi ? »

« Parce que je suis juive. »

L’homme s’excusa et continua sa distribution. Les collègues d’Esther la critiquèrent : « Pourquoi ce refus ? Tu aurais pu l’accepter et le revendre ! Tu risques de nous causer des ennuis ! »

Esther ne répondit pas. Pourtant, cette femme courageuse avait maintes fois risqué sa vie pour aider le peuple juif, cachant notamment des lettres qui tentaient d’imposer le dimanche comme jour de repos au lieu du Chabbat.

Le lendemain, surprise générale : le fonctionnaire britannique revint et offrit à Esther une chaînette ornée d’une étoile de David ! Quand d’autres employées juives, qui avaient accepté la croix la veille, demandèrent à échanger leurs bijoux, l’homme répondit fermement : « Ceci n’est donné qu’à quelqu’un qui est toujours juif. »

Le message de l’année intercalaire

Nous entrons dans le mois d’Elloul, mois de la Techouva. Le Rabbi enseigne que l’année intercalaire nous délivre ce message : unis le soleil et la lune de ton âme. Prends ta constance, prends ton renouvellement, et marie-les ensemble.

Quand on intercale l’année, celle-ci grandit. De même, quand nous unissons notre fidélité aux Mitsvot avec notre soif de croissance spirituelle, notre « année » personnelle s’agrandit. Notre service constant s’approfondit, nos « perpétuels selon leur ordre » deviennent plus riches de sens.

Un Grand Rabbin de Gour disait : « Comme j’aimerais être un Baal Techouva ! » Car au début du mouvement hassidique, tous les disciples du Baal Chem Tov s’appelaient ainsi – non qu’ils eussent fauté, mais parce qu’ils incarnaient ce retour perpétuel vers un niveau toujours plus élevé.

Rabbi Naftali de Ropshitz raconta un jour ses illustres origines familiales, remontant jusqu’au roi David. Un homme simple l’interrompit : « Rabbi, je suis plus noble que vous ! Mon père était un ignorant, mon grand-père ne portait pas les Tefillines, l’autre ne séparait pas la viande du lait, mes oncles avaient épousé des non-juives. Mais moi, j’ai éduqué tous mes enfants dans la Torah et les Mitsvot. Cela fait de moi un vrai noble ! »

Le Rabbi acquiesça : « Tu as raison. »

Puissions-nous tous mériter ce titre de noblesse : être des Baalei Techouva, des êtres en constant renouvellement, tout en gardant la fidélité du soleil à nos traditions éternelles. Que nous méritions bientôt de voir la venue du Machia’h, dans la justice et la paix.

Barouh Dayan Haemet : La Rabbanit Batya a’h Kalmenson, 95 ans, a quitté ce monde le 25 Menahem Av 5785

Barouh Dayan Haemet : La Rabbanit Batya a’h Kalmenson, 95 ans, a quitté ce monde le 25 Menahem Av 5785

La communauté juive d’Aubervilliers en deuil après le décès de la Rabbanit Batya Kalmenson, 95 ans, (née Hazanov), figure emblématique de l’éducation religieuse. La fondatrice des institutions et école Chne Ohr s’est éteinte, laissant derrière elle un héritage éducatif considérable. Épouse du Rav Shalom Mendel Kalmenson, émissaire du Rabbi à Aubervilliers, elle avait consacré sa vie à l’enseignement après avoir elle-même traversé les épreuves de la Seconde Guerre mondiale. De quinze élèves à l’ouverture, l’établissement accueille aujourd’hui près de 700 élèves.

  Levaya à Jérusalem

Les shiva pour la Rabbanit Kalmenson se tiendront à partir de jeudi matin chez la famille Shapira.

* Adresse : Rehov Hanina Shif 7/12, Yerushelaim (code d’entrée : #9507)
* Accès : 2e étage G
* Tefilot : Les horaires seront communiqués ultérieurement.
Nous vous demandons de ne pas venir avec des enfants.

Elle laisse dans le deuil ses enfants : Beila Gansbourg (Milan, Italie), Rivka Lipsker (Crown Heights), Rochel Bruchstat (Crown Heights), Feiga Levitin (New Haven, CT), Leah Raskin (Australie), Sterna Deitsch (Migdal Ha’emek, Israël), Haya Niselevitch (Aubervilliers, France), Meir Simha Kalmenson (Aubervilliers, France), et Yossef Itshak Kalmenson (Aubervilliers, France).

Elle laisse également dans le deuil ses frères et sœurs : Rivka Rubashkin – Boro Park, Meir ‘Hazanow – Crown Heights, et Rahel Dagan – New Haven, CT.

 

Un couple au service de l’éducation juive

C’est avec une profonde émotion que la communauté juive française apprend le décès de la Rabbanit Batya Kalmenson, figure incontournable de l’enseignement religieux en région parisienne. Aux côtés de son époux, le Rav Shalom Mendel Kalmenson, Chalia’h du Rabbi à Aubervilliers, elle avait bâti un véritable empire éducatif fondé sur les valeurs authentiques de la Torah et de la ‘Hassidout.

Le Rav Kalmenson, pionnier dans le domaine de l’éducation juive en France, avait lui-même connu la clandestinité dans la Russie communiste où il étudiait la Torah en secret. Devenu l’un des artisans du départ de nombreux Juifs du « paradis communiste » au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il avait trouvé en Batya une compagne partageant sa vision éducative et son dévouement communautaire.

Des débuts modestes à une réussite exceptionnelle

L’école maternelle Chne-Or avait ouvert ses portes avec une quinzaine d’enfants seulement. La Rabbanit incarnait alors la polyvalence absolue : elle cuisinait, encadrait, supervisait, dispensant généreusement sourires et encouragements aux élèves. Son dévouement allait jusqu’à passer son permis de conduire catégorie poids lourds pour assurer elle-même le transport scolaire des enfants.

Cette petite école de jadis est devenue aujourd’hui une structure impressionnante accueillant près de 700 élèves de la Maternelle à la Terminale. Les propres enfants du Rav et de la Rabbanit Kalmenson, qui comptaient parmi les premiers élèves de l’établissement, sont devenus à leur tour des animateurs de l’école Chne-Or, perpétuant ainsi l’héritage familial.

 

L'œuvre du Rav Chalom Mendel Kalmenson, Fondateur de Chné-Or

 

Un parcours forgé par l’adversité

L’histoire personnelle de Mme Batya Kalmenson témoigne d’une résilience exceptionnelle. Enfant durant la Seconde Guerre mondiale, elle avait vécu paisiblement à Moscou avant de connaître les bombardements, les restrictions alimentaires, la peur constante et l’exil jusqu’à Samarkand en Ouzbékistan. Comme le souligne sa fille, Haya Nissilevitch : « Ma mère sut triompher de ces épreuves, et de bien d’autres encore, sans se départir de sa joie. »

Cette expérience douloureuse avait forgé son caractère et nourri sa vocation éducative, lui permettant de transmettre aux jeunes générations des valeurs de courage et d’espoir face aux difficultés de l’existence.

Une équipe dévouée pour perpétuer l’œuvre

Aujourd’hui, l’école Chne-Or s’appuie sur une chaleureuse équipe d’une centaine de collaborateurs dévoués et passionnés. Le Rav Kalmenson, qui occupait les fonctions de Cho’het, Bodek et Mohel, était apprécié pour ses qualités de cœur et son amour envers tous. Ensemble, ils ont rapproché des milliers de Juifs de la pratique religieuse et permis à de nombreuses familles de se construire sur la base du judaïsme authentique.

Derniers hommages

Conformément à la tradition, la Rabbanit sera inhumée au mont des Oliviers à Jérusalem. Une cérémonie de Tehilim aura lieu au 34 rue du Goulet à Aubervilliers, permettant à la communauté de rendre un dernier hommage à cette personnalité qui aura marqué plusieurs générations. Son héritage perdurera à travers l’institution qu’elle a fondée et les milliers de vies qu’elle a touchées.

 

https://www.allodons.fr/bdhrabbanitkalmenson

 

 

 

 

 

EN IMAGES. Prestigieux Kinous Torah Yarhei Kalla avec le Rav ‘Hilik Kalmenson, Roch Yechiva de Brunoy, au séminaire des 2 Alpes

EN IMAGES. Prestigieux Kinous Torah Yarhei Kalla avec le Rav ‘Hilik Kalmenson, Roch Yechiva de Brunoy, au séminaire des 2 Alpes

Le prestigieux Kinous Torah Yarhei Kalla s’est déroulé aux 2 Alpes en l’honneur du 20 Av, avec la participation exceptionnelle du Rav Ye’hiel Kalmenson, Roch Yechiva de Brunoy, devant des centaines de participants réunis dans le cadre du séminaire annuel du Beth Loubavitch.

 

 

Cet événement d’exception, organisé sous la direction du Rav Mendel Azimov, Chalia’h principal et directeur du Beth Loubavitch, a transformé la station alpine en véritable centre d’excellence talmudique. L’assemblée a été marquée par des pilpoulim remarquables présentés par une pléiade de Rabbanim prestigieux venus spécialement pour l’occasion.

Un aréopage rabbinique d’exception

L’événement a réuni une assemblée rabbinique prestigieuse venue spécialement pour cette occasion unique. Outre le Rav Ye’hiel Kalmenson, invité d’honneur et Roch Yechiva de Brunoy, plusieurs éminentes personnalités ont honoré l’assemblée de leur présence et de leurs enseignements.

Le Rav El’hanan Morozov, le Rav Eliezer Wolff, Dayan d’Amsterdam, le Rav Markowitz, Dayan de la communauté Satmar de Londres, le Rav Ifergan, Dayan de la ville d’Argenteuil, et le Rav Elbaz, membre du Rabbinat du 15ème arrondissement de Paris, ont chacun contribué à l’excellence de ce Kinous par leurs interventions érudites.

Cette convergence exceptionnelle de l’élite rabbinique européenne aux 2 Alpes témoigne du prestige croissant de ce rassemblement alpin. Les participants ont ainsi bénéficié d’une diversité d’approches et de perspectives halakhiques rarement réunie en un même lieu.

Des pilpoulim d’une rare intensité

Le programme a été marqué par la qualité exceptionnelle des pilpoulim présentés par les Rabbanim participants. Ces analyses dialectiques pointues, caractéristiques du plus haut niveau d’étude talmudique, ont captivé l’assistance venue nombreuse pour cette session d’excellence.

Le Rav Ye’hiel Kalmenson a particulièrement brillé par ses développements novateurs sur des sujets halakhiques complexes, démontrant une fois de plus pourquoi la Yechiva de Brunoy jouit d’une réputation internationale. Ses interventions, alliant rigueur méthodologique et clarté pédagogique, ont établi la référence de ce Kinous alpin.

Les échanges entre les différents intervenants ont créé une dynamique intellectuelle remarquable, chaque Rav apportant sa perspective unique aux débats. Cette confrontation d’idées dans le respect mutuel illustre parfaitement l’esprit du Yarhei Kalla traditionnel adapté au contexte européen contemporain.

Une clôture émouvante et festive

Le Yarhei Kalla s’est achevé en beauté par quelques mots chaleureux du Rav Mendel Azimov, qui a su exprimer toute la signification spirituelle de cette rencontre exceptionnelle. Son discours de clôture a souligné l’importance de perpétuer ces traditions d’excellence dans le contexte alpin unique des 2 Alpes.

L’événement s’est prolongé par un grand farbrenguen, moment privilégié de partage et de célébration hassidique. Cette assemblée festive a permis aux participants de prolonger les échanges dans une atmosphère plus détendue, consolidant les liens tissés pendant les sessions d’étude intensive.

Ce farbrenguen final, tradition emblématique du mouvement Habad, a transformé la conclusion académique en véritable célébration communautaire. Les ‘Nigounime hassidiques ont résonné dans les Alpes, créant une symbiose unique entre la majesté montagnarde et la ferveur spirituelle loubavitch.

Un impact communautaire majeur

L’organisation du Kinous Torah aux 2 Alpes s’inscrit dans la stratégie du Beth Loubavitch de renforcement de l’identité juive en France. Dirigé par le Rav Mendel Azimov, l’organisation perpétue ainsi l’héritage de son père, le regretté Rav Chmouel Azimov, en innovant constamment.

Cette initiative alpine permet de démocratiser l’accès à l’excellence talmudique, traditionnellement réservée aux grands centres d’étude américains ou israéliens. Les participants repartent enrichis de cette expérience unique, devenant à leur tour vecteurs de transmission dans leurs communautés respectives.

Le succès de cette édition alpine pourrait inspirer d’autres initiatives similaires, positionnant les 2 Alpes comme nouveau pôle d’attraction pour l’élite rabbinique européenne. Cette transformation de la station en centre d’étude temporaire illustre parfaitement la capacité du Beth Loubavitch à réinventer les traditions ancestrales.

L’événement marque ainsi une étape historique dans l’évolution des séminaires d’étude juifs en Europe, démontrant que l’excellence talmudique peut rayonner depuis les sommets alpins. Cette réussite exceptionnelle du Kinous Torah aux 2 Alpes ouvre la voie à de futures éditions, consolidant la réputation de cette station comme nouveau pôle d’attraction pour l’élite rabbinique internationale.

 

 

  

Semaine #2 au séminaire des Deux Alpes : 600 participants pour une immersion spirituelle unique

Semaine #2 au séminaire des Deux Alpes : 600 participants pour une immersion spirituelle unique

 

Plus de 600 personnes, dont 180 étudiants venus de toute l’Europe, se sont rassemblées aux Deux Alpes pour un séminaire d’études organisé par le Beth Loubavitch durant le mois d’août à l’Hôtel Le Panorama.

 

 

Ce rassemblement exceptionnel transforme temporairement la station de ski savoyarde en véritable centre d’études juives, offrant une expérience spirituelle intensive dans un cadre montagnard privilégié. Les participants bénéficient d’un programme complet alliant apprentissage, prière et vie communautaire.

Une organisation logistique d’envergure

L’ampleur de cet événement nécessite une coordination remarquable. Les étudiants sont hébergés directement sur place à l’Hôtel Le Panorama, tandis que les familles ont opté pour la location d’appartements dans la station afin de participer pleinement aux cours proposés. Cette répartition permet d’accueillir dans de bonnes conditions l’ensemble des 600 participants.

L’organisation prévoit également des activités spécialement dédiées aux enfants grâce à un centre aéré, permettant aux parents de suivre sereinement les enseignements dispensés. Cette attention portée aux plus jeunes illustre la dimension familiale de ce séminaire.

Une vie spirituelle intense

L’ambiance extraordinaire qui règne durant ces journées d’études se traduit notamment par l’organisation de huit minyanim quotidiens. Cette multiplicité des offices de prière témoigne de la ferveur des participants et de leur désir d’approfondir leur pratique religieuse dans ce cadre exceptionnel.

Les cours et études font l’objet d’un véritable reportage photographique, immortalisant ces moments d’apprentissage collectif. Cette documentation permet de garder une trace de cette expérience unique où se mélangent tradition séculaire et modernité alpine.

Une infrastructure gastronomique adaptée

Pour répondre aux besoins alimentaires spécifiques de cette communauté, plusieurs solutions ont été mises en place. Au carrefour Montagne proche, les participants peuvent se procurer une gamme complète de produits : viande, fromages, vin, crackers, chips, gâteaux, œufs blancs, légumes, poisson et fromage panés surgelés, boîtes de thon et bien d’autres articles.

Le restaurant bassari « Le Smithys », situé 7 rue du Cairou aux Deux Alpes, fonctionne sous la stricte surveillance du Rav Avraham Barouh Pevzner. Suite au succès rencontré la semaine précédente, l’établissement recommande vivement aux clients de ne pas attendre la dernière minute pour passer commande. Les quantités étant limitées, le principe du « premier arrivé, premier servi » s’applique. Les commandes doivent être passées avant le mercredi 20 août à 22h, avec un retrait prévu le vendredi entre 12h et 14h.

Des programmes éducatifs élargis

Au-delà du séminaire principal, l’événement génère d’autres initiatives pédagogiques. Suite à une conférence sur le thème « Être présent et disponible pour chacun de nos enfants » organisée au Panorama, une forte demande s’est exprimée concernant les programmes destinés aux parents.

Les ateliers Enfance font ainsi leur retour, spécifiquement conçus pour les parents d’enfants âgés de 6 à 12 ans. Ces sessions de septembre complètent l’offre éducative proposée par la communauté, démontrant une approche globale de la formation.

Une expérience gastronomique raffinée

L’Hôtel Signature des Deux Alpes enrichit l’offre en proposant des dîners et brunchs raffinés dans un cadre élégant. Ces prestations sur réservation permettent aux participants de prolonger leur séjour dans des conditions particulièrement confortables.

Ce séminaire d’été aux Deux Alpes illustre parfaitement la capacité d’adaptation de la communauté Loubavitch, qui réussit à créer un véritable écosystème spirituel et culturel temporaire en montagne, réunissant tradition millénaire et cadre alpin exceptionnel.

 

 


 

Evénement historique à Kfar Habad pour célébrer les 70 ans du camp d’été « Gan Israël »

Evénement historique à Kfar Habad pour célébrer les 70 ans du camp d’été « Gan Israël »

Pour la première fois de son histoire, Kfar Habad a accueilli une cérémonie grandiose marquant sept décennies d’existence du célèbre réseau de camps d’été « Gan Israël », réunissant campeurs, équipes pédagogiques et familles dans une atmosphère unique. L’événement s’est déroulé dans la cour du bâtiment 770 de Kfar Habad, créant un moment historique pour la communauté Habad mondiale.

 

 

Le 20 Mena’hem Av (correspondant à cette semaine), la place du bâtiment de l’Association des Hassidim de Habad – 770 – s’est transformée en un théâtre d’émotion pour accueillir cet événement exceptionnel. Cette cérémonie historique a marqué non seulement les 70 ans du réseau « Gan Israël », mais également la clôture des programmes estivaux 5785, rassemblant l’ensemble des campeurs et du personnel de tous les camps d’été de Kfar Habad, garçons et filles confondus, accompagnés de leurs parents.

L’ampleur de ce rassemblement témoigne de l’importance du réseau « Gan Israël » dans l’éducation juive contemporaine. Depuis sa création, ce programme estival est devenu une référence mondiale pour l’épanouissement spirituel et culturel des jeunes générations juives.

Une programmation riche en émotion et en tradition

Sous la direction experte du Rav Binyamin Wilhelm, la cérémonie a débuté par l’intervention du Rav Shimon Rabinowitz, président du conseil local de Kfar Habad et directeur du réseau de camps d’été. Ce dernier a donné lecture d’une lettre particulière que le Rabbi avait adressée au camp « Gan Israël », créant immédiatement une atmosphère de recueillement et de connexion spirituelle.

La production artistique élaborée autour du thème « Gan Israël » a proposé une programmation diversifiée et captivante. Les spectateurs ont pu découvrir un panorama historique retraçant l’évolution de « Gan Israël » depuis ses premières années jusqu’à aujourd’hui, agrémenté de clips émouvants et de chants originaux dans de nouveaux arrangements musicaux.

L’un des moments forts a été la présentation d’une série de chansons emblématiques de Gan Israël Kfar Habad, ces mélodies devenues familières et chères au cœur de nombreuses générations de campeurs.

Un film bouleversant inspire l’assemblée

Le point culminant artistique de la soirée fut la projection en première mondiale d’un film particulièrement touchant. Cette œuvre cinématographique, basée sur une histoire vraie, raconte le parcours d’un enfant juif de l’Utah dont la participation au camp « Gan Israël » a profondément transformé son existence ainsi que celle de sa famille entière.

Pour accompagner cette projection, une chanson thématique a été spécialement enregistrée, ajoutant une dimension musicale originale à cette production exceptionnelle. Ce récit authentique illustre parfaitement l’impact durable que peuvent avoir ces programmes estivaux sur la vie des participants et leur environnement familial.

La force de ce témoignage réside dans sa capacité à démontrer comment une expérience estivale peut devenir un catalyseur de transformation personnelle et spirituelle, dépassant largement le cadre temporel du camp lui-même.

Un cadeau spirituel exceptionnel au Rabbi

L’apogée émotionnel de la cérémonie s’est cristallisé autour de la présentation du cadeau offert au Rabbi par les campeurs de « Gan Israël ». Cette offrande spirituelle consistait en des milliers de chapitres de Tanya et de Mishna que les jeunes participants avaient étudiés et mémorisés par cœur tout au long de leur période d’activité estivale.

Cette démarche illustre parfaitement la philosophie éducative de « Gan Israël », qui privilégie l’apprentissage approfondi et l’intériorisation des textes fondamentaux du judaïsme. L’engagement des campeurs à mémoriser ces enseignements témoigne de leur dévouement et de la qualité de l’encadrement pédagogique dont ils bénéficient.

La présentation de ce cadeau collectif a créé un moment de communion intense entre tous les participants, soulignant l’unité qui caractérise l’esprit « Gan Israël ».

Une atmosphère unique qui marque les esprits

L’émotion palpable, l’unité manifeste et l’atmosphère particulière ont conféré à cet événement un caractère exceptionnel et profondément marquant. L’ambiance caractéristique des camps « Gan Israël », combinée à une production artistique de très haut niveau, a laissé une impression durable sur l’ensemble des participants.

Les parents, membres du personnel et campeurs sont repartis chez eux avec le sentiment d’avoir vécu une expérience hassidique unique en son genre. Cette cérémonie démontre la vitalité et la pérennité du mouvement Habad, capable de rassembler plusieurs générations autour de valeurs partagées et d’une vision éducative commune.

L’événement confirme également l’importance stratégique de Kfar Habad comme centre névralgique du mouvement, capable d’organiser des rassemblements de cette ampleur tout en préservant l’intimité et l’authenticité qui caractérisent l’esprit hassidique.

 

 

 

15e congrès « Yar’hei Kala » à Kfar Habad : un événement exceptionnel réunit un millier de participants

15e congrès « Yar’hei Kala » à Kfar Habad : un événement exceptionnel réunit un millier de participants

 

Un grand Kinous Torah, Halakha et ‘Hassidout s’est tenu à Kfar Habad à l’occasion du 20 Av, Hilloula de Rabbi Levi Its’hak Schneersohn, père du Rabbi. Malgré les températures caniculaires, près d’un millier de participants se sont réunis pour huit heures d’étude intensive, marquant le 15e congrès annuel « Yar’hei Kala » en Terre Sainte.

 

 

L’événement a confirmé sa position de rendez-vous incontournable du calendrier académique ‘hassidique en Israël, attirant des Chlou’him du monde entier, des dirigeants rabbiniques et des érudits de renom.

Un honneur particulier pour Loubavitch

Ce rassemblement exceptionnel s’est déroulé à l’occasion de la Hilloula de Rabbi Levi Its’hak Schneersohn, père du Rabbi, transformant cette journée en véritable célébration de l’étude et de la transmission. L’événement a débuté à 14h et s’est achevé vers 22h, proposant une série de conférences et de cours magistraux qui ont captivé l’assistance.

Parmi les participants figuraient des émissaires venus d’Allemagne, des pays de l’ex-URSS, des États-Unis et du Canada, profitant de leur séjour estival en Terre Sainte pour participer à ce rendez-vous spirituel unique. La présence de centaines d’étudiants avancés témoigne de l’importance accordée à cet événement dans le calendrier ‘hassidique.

La participation remarquée du Grand Rabbin

L’honneur particulier de cette édition fut la présence du Grand Rabbin d’Israël, le Gaon Rabbi Kalman Bar, ami de longue date du mouvement Habad et soutien de l’œuvre de Chli’hout mondial. Durant sa longue intervention, il a développé une analyse approfondie des lois relatives à la lecture du Chema, apportant des innovations remarquables concernant les bénédictions qui l’accompagnent.

Le Grand Rabbin a particulièrement mis l’accent sur l’héritage de Rabbi Levi Its’hak, soulignant comment, malgré l’exil et les persécutions, ce dernier a continué à diffuser son enseignement et à influencer les Juifs de son entourage. « Même dans les moments les plus difficiles, cela reste une mission divine », a-t-il déclaré, citant le verset : « Si c’est ainsi, va, car l’Éternel t’envoie. »

Une coïncidence remarquable a marqué sa visite : les lettres du Rabbi mentionnant précisément l’anecdote qu’il avait évoquée sont parues dans le nouveau volume des « Igrot Kodech » vendu lors de l’événement, suscitant son émotion face à cette providence manifeste.

Des sessions thématiques d’excellence

Le programme s’est articulé autour de quatre sessions principales. La première, consacrée à l’étude de la Halakha, a vu intervenir des figures éminentes comme le Rav Meir Ashkenazi, responsable rabbinique de Kfar Habad, qui a approfondi les lois de l’ablution matinale des mains, et le Rav Its’hak Koenig, directeur de la Yechiva centrale de Lod, qui a traité la question complexe de la « demi-mesure » en matière d’interdits.

Un moment particulièrement émouvant s’est produit lorsque le Rav Yossef Its’hak Blinov, directeur de la Yechiva de Kfar Habad, a pris la parole concernant les décrets gouvernementaux touchant les étudiants des Yechivot. « Je parle au nom de tous les étudiants de Terre Sainte qui crient ‘Au secours !’ Laissez-nous étudier ! Donnez-nous la possibilité de terminer encore deux années ! », a-t-il lancé avec passion, soulevant l’émotion de l’assemblée.

Soixante ans de commentaires sur Rachi

La session la plus attendue célébrait les soixante ans des commentaires du Rabbi sur Rachi. Le Rav Tovia Bloy, doyen des Rabbanim Habad en Terre Sainte et éditeur des « Klalei Rachi », malgré ses quatre-vingt-dix ans, a fait le déplacement spécialement pour cet événement. Ses explications sur la méthode unique du Rabbi dans l’étude de Rachi et les directives qu’il avait reçues personnellement ont fasciné l’auditoire.

Le Rav Aaron Shapira, responsable du projet « Metivta de Rachi », et le Rav Ye’hezkel Sofer, auteur des « Mayanei Rachi », ont enrichi cette session de leurs analyses approfondies sur les principes et méthodes développés par le Rabbi dans ses commentaires.

L’événement s’est conclu par une session pratique de Halakha, avec notamment l’intervention du Gaon Rabbi Eliahou Bar-Shalom, Grand Rabbin de Bat Yam, qui a traité des spécificités du mariage juif et de la préservation des traditions face aux influences extérieures.

 

 

Un nouveau couple de Chlou’him du Rabbi s’installe au Paraguay

Un nouveau couple de Chlou’him du Rabbi s’installe au Paraguay

Un nouveau couple de Chli’hout s’installe au Paraguay pour développer la vie juive dans ce pays d’Amérique du Sud où Habad représente la seule présence orthodoxe

 

Le Rav Mendel et Hanna Pink, accompagnés de leur fille Sheina, s’apprêtent à rejoindre Asunción au Paraguay pour débuter leur mission de Chli’hout le 18 Eloul 5785. Cette initiative vise à renforcer et développer la communauté juive locale, estimée à un peu plus de 1 000 personnes, dans un pays où Habad constitue l’unique représentation orthodoxe.

Le Paraguay, nation en développement d’Amérique du Sud, abrite une petite mais dynamique communauté juive qui manifeste un véritable appétit pour la judaïcité. Cette soif spirituelle s’est particulièrement révélée lors des deux Tichri que le Rav Mendel a déjà passés sur place, où la question qui revenait le plus souvent était : « Quand allez-vous vous installer ici définitivement ? Il y a tant à accomplir ! »

Un héritage familial à perpétuer

Pour Hanna Pink, cette mission représente l’aboutissement d’un rêve de longue date. Pendant plus de deux décennies, elle a vu ses parents, le Rav Levi et Miri Feigelstock, diriger le centre Habad d’Asunción avec un dévouement total. Leur action s’est étendue de la représentation de la communauté juive auprès des autorités gouvernementales à la fourniture de nourriture cachère dans des conditions difficiles, en passant par la construction d’une synagogue et d’un mikvé.

Le moment est désormais venu d’élargir cette œuvre avec un accent particulier mis sur la jeunesse, les familles et l’éducation. Cette continuité familiale témoigne de l’enracinement profond de Habad dans ce pays sud-américain.

Des projets ambitieux pour la communauté

Les projets des Pink s’articulent autour de plusieurs axes stratégiques. Ils envisagent d’abord de créer un espace chaleureux et accueillant proposant des offices de Chabbat pour enfants, des célébrations de fêtes juives et des activités « Maman et moi » destinées aux jeunes familles.

Le développement de programmes Ckids et Cteen constitue un autre pilier de leur action, avec des activités hebdomadaires visant à cultiver la fierté juive et le sentiment d’appartenance chez les enfants et adolescents. L’éducation juive personnalisée complète cette approche, offrant des cours individuels, une préparation à la Bar Mitzva et des leçons adaptées à chaque enfant juif.

Des signes encourageants d’engagement communautaire

L’enthousiasme de la communauté se manifeste déjà concrètement. Lors du dernier Souccot, un événement pour enfants organisé sans publicité a attiré plus de 25 participants enthousiastes. Cette année, sept bébés sont nés dans la communauté, et de nouvelles familles israéliennes s’installent à Asunción, à la recherche de connexions spirituelles et communautaires.

Cette dynamique démographique positive augure bien de l’avenir de la communauté juive paraguayenne et justifie les investissements envisagés par le couple Pink.

Un appel au soutien pour concrétiser la vision

Les Pink ont lancé une campagne de financement visant à réunir 100 000 dollars, avec déjà plus de 150 donateurs ayant apporté leur contribution. Leur vision consiste à établir des fondations solides qui pourront être soutenues par la communauté locale pendant de nombreuses années.

« C’est une opportunité extraordinaire de faire grandir la vie juive au Paraguay », déclare le Rav Mendel. « Nous sommes prêts à concrétiser cette mission. Avec votre partenariat, nous pouvons réaliser le rêve du Rabbi. »

Cette initiative s’inscrit dans la vision globale du mouvement Habad-Loubavitch de renforcer la présence juive dans le monde entier, particulièrement dans les régions où les communautés ont besoin d’un soutien spirituel et organisationnel renforcé.

givingamp.com/paraguay

 

 

 L’histoire méconnue des Juifs du Paraguay : de l’exil européen à l’intégration latino-américaine

L’histoire juive du Paraguay illustre un phénomène migratoire unique en Amérique latine. Contrairement aux destinations privilégiées comme l’Argentine ou le Brésil, ce pays enclavé a servi de refuge temporaire puis permanent à des milliers de Juifs européens, créant une communauté discrète mais influente au cœur d’Asunción.

Les premiers pas d’une migration organisée

Dès la fin du XIXe siècle, le Paraguay adopte une politique d’immigration libérale suite à la guerre de la Triple Alliance (1864-1870) qui décima les deux tiers de sa population. La Constitution de 1870 garantit la liberté religieuse, attirant les premiers immigrants juifs français et italiens dans les années 1890.

Cette ouverture contraste avec les restrictions imposées par les pays voisins. Alors que l’Argentine et le Brésil durcissent leurs politiques migratoires, le Paraguay ne reqiert ni visa ni permis de travail, devenant une porte d’entrée stratégique vers l’Amérique du Sud.

En 1881, les médias paraguayens relaient déjà les persécutions antisémites européennes, témoignant d’une sensibilité précoce aux droits juifs. Cette bienveillance gouvernementale facilitera les vagues migratoires ultérieures.

L’afflux massif de l’entre-deux-guerres

Les années 1920 marquent l’arrivée de Juifs polonais et ukrainiens, suivis dans les années 1930 par environ 20 000 Allemands fuyant le régime nazi. Entre 1933 et 1939, les lois libérales paraguayennes offrent une échappatoire aux persécutés d’Autriche et de Tchécoslovaquie.

La Seconde Guerre mondiale intensifie cette migration. En 1942, 3 000 Juifs s’installent définitivement au Paraguay, soit 150% d’augmentation depuis 1930. Beaucoup utilisent le pays comme tremplin vers l’Argentine, obtenant des visas paraguayens avant de franchir clandestinement la frontière.

Cette période révèle les contradictions du Paraguay. Si le gouvernement accueille les réfugiés juifs, il abrite simultanément la colonie allemande Fernheim, composée de 2 000 mennonites pro-nazis qui voient d’un mauvais œil l’immigration juive. Josef Mengele lui-même trouvera refuge temporaire dans cette communauté après 1945.

Entre diplomatie et tensions géopolitiques

L’indépendance d’Israël en 1948 transforme la donne. Le Paraguay établit des relations diplomatiques dès 1949, mais les tensions du Proche-Orient résonnent jusqu’à Asunción. Le 4 mai 1970, l’ambassade israélienne subit un attentat palestinien qui tue un employé juif paraguayen.

Cet incident divise la communauté. Le Conseil représentatif juif paraguayen refuse d’importer le conflit israélo-arabe, revendiquant une neutralité qui préserve l’intégration locale. Cette position illustre la volonté d’autonomie d’une communauté soucieuse de son ancrage national.

En 2018, le Paraguay devient le deuxième pays à transférer son ambassade à Jérusalem, avant de revenir sur cette décision quelques mois plus tard lors du changement présidentiel, provoquant la fermeture de l’ambassade israélienne.

Une influence culturelle durable

Aujourd’hui, les 1 000 Juifs paraguayens, majoritairement ashkénazes concentrés à Asunción, maintiennent trois synagogues dédiées aux communautés ashkénaze, séfarade et Habad. Leur nombre diminue depuis 1967 (1 200 membres) en raison de l’émigration, notamment vers Israël avec 51 Alyah entre 1948 et 2018.

L’école Escuela Integral Estado de Israel, créée en 1959, accueille 70% des enfants juifs paraguayens et s’ouvre depuis 2009 à tous les Paraguayens. Cette évolution symbolise l’intégration réussie d’une communauté qui a su transformer les difficultés socio-économiques initiales en ascension vers les classes moyennes et supérieures.

La production culturelle témoigne de cette mémoire vivante. Le film « Passeports pour le Paraguay » (2019) et le roman « Barrio Palestina » de Susana Gertopan (2005) racontent ces parcours migratoires, perpétuant le souvenir d’une histoire singulière au cœur de l’Amérique latine.

 

 

Quatre ans après l’attentat, un ‘hassid Habad retourne sur le lieu où il a échappé de justesse à un lynchage

Quatre ans après l’attentat, un ‘hassid Habad retourne sur le lieu où il a échappé de justesse à un lynchage

Rouven Benhamou, membre de la communauté Habad de Nof HaGalil, est retourné pour la première fois sur les lieux où il avait été violemment attaqué par une foule arabe dans le village de Kana il y a quatre ans et trois mois. Cette visite émouvante s’est déroulée lors d’une cérémonie d’introduction d’un Sefer Torah au poste de police de Kana. L’événement a permis au survivant de réciter la bénédiction du « Gomel » et de revivre avec émotion les moments terrifiants qu’il avait vécus.

 

L’attaque s’était produite au début des émeutes de « Shomer Homot » (Gardien des murailles), lorsque Rouven avait été pris pour cible par une foule en colère qui tentait de le lyncher. Il n’avait dû son salut qu’à l’intervention providentielle d’un habitant local qui l’avait mis à l’abri dans sa maison.

Un retour chargé d’émotion

Lors de cette visite mémorable, Rouven était accompagné des policiers qui l’avaient secouru ce jour fatidique. Ensemble, ils se sont rendus dans la maison où il avait trouvé refuge, revivant les moments dramatiques de cette journée qui avait failli lui coûter la vie.

Les larmes aux yeux, Rouven a partagé tous les détails du miracle qui lui était arrivé, décrivant les minutes interminables durant lesquelles il avait cru sa dernière heure arrivée. Les policiers présents ont également été émus de revoir ce « miracle ambulant », se remémorant leurs propres sentiments difficiles lorsqu’ils avaient vu le véhicule en flammes et leur joie immense en découvrant que Rouven avait survécu.

L’équipe de secours avait ensuite évacué la victime vers l’hôpital Poriya de Tibériade, où elle avait reçu les soins nécessaires. Cette intervention rapide et coordonnée avait été déterminante dans le sauvetage de Rouven.

Une cérémonie symbolique au poste de police

La cérémonie d’introduction du Sefer Torah au poste de police de Kana revêtait une dimension particulièrement symbolique. Pour Rouven, pouvoir réciter la bénédiction du « Gomel » – traditionnellement prononcée par ceux qui ont échappé à un danger mortel – sur le lieu même de l’attaque représentait un moment de grande intensité spirituelle.

Cette bénédiction, qui remercie D.ieu pour la protection accordée dans les moments de péril extrême, prenait ici tout son sens. La présence du Sefer Torah dans ce lieu chargé d’histoire personnelle transformait ce retour traumatisant en moment de reconnaissance et de foi renouvelée.

Un témoignage poignant sur les réseaux sociaux

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Rouven a exprimé ses sentiments contradictoires : « Encore un voyage dans ma vie après 4 ans et 3 mois, retourner sur le lieu du lynchage au village de Kana, un endroit très traumatisant pour moi. Quoi de mieux que d’arriver un jour de mérite lors de l’introduction d’un Sefer Torah au poste de police du village de Kana – que D.ieu les préserve et les protège. Grande émotion mêlée de peurs. »

Ce témoignage reflète la complexité des émotions vécues : entre la peur persistante liée au traumatisme et la joie spirituelle de participer à un événement religieux significatif sur ce même lieu.

Rouven était accompagné lors de cette visite par son ami Menahem Gandel, membre du conseil municipal de Nof HaGalil, qui l’accompagne depuis le jour de l’incident dans son processus de réhabilitation. Cette présence bienveillante témoigne de l’importance du soutien communautaire dans le parcours de guérison des victimes de violences.