La communauté juive d’Aubervilliers en deuil après le décès de la Rabbanit Batya Kalmenson, 95 ans, (née Hazanov), figure emblématique de l’éducation religieuse. La fondatrice des institutions et école Chne Ohr s’est éteinte, laissant derrière elle un héritage éducatif considérable. Épouse du Rav Shalom Mendel Kalmenson, émissaire du Rabbi à Aubervilliers, elle avait consacré sa vie à l’enseignement après avoir elle-même traversé les épreuves de la Seconde Guerre mondiale. De quinze élèves à l’ouverture, l’établissement accueille aujourd’hui près de 700 élèves.

  Levaya à Jérusalem

Les shiva pour la Rabbanit Kalmenson se tiendront à partir de jeudi matin chez la famille Shapira.

* Adresse : Rehov Hanina Shif 7/12, Yerushelaim (code d’entrée : #9507)
* Accès : 2e étage G
* Tefilot : Les horaires seront communiqués ultérieurement.
Nous vous demandons de ne pas venir avec des enfants.

Elle laisse dans le deuil ses enfants : Beila Gansbourg (Milan, Italie), Rivka Lipsker (Crown Heights), Rochel Bruchstat (Crown Heights), Feiga Levitin (New Haven, CT), Leah Raskin (Australie), Sterna Deitsch (Migdal Ha’emek, Israël), Haya Niselevitch (Aubervilliers, France), Meir Simha Kalmenson (Aubervilliers, France), et Yossef Itshak Kalmenson (Aubervilliers, France).

Elle laisse également dans le deuil ses frères et sœurs : Rivka Rubashkin – Boro Park, Meir ‘Hazanow – Crown Heights, et Rahel Dagan – New Haven, CT.

 

Un couple au service de l’éducation juive

C’est avec une profonde émotion que la communauté juive française apprend le décès de la Rabbanit Batya Kalmenson, figure incontournable de l’enseignement religieux en région parisienne. Aux côtés de son époux, le Rav Shalom Mendel Kalmenson, Chalia’h du Rabbi à Aubervilliers, elle avait bâti un véritable empire éducatif fondé sur les valeurs authentiques de la Torah et de la ‘Hassidout.

Le Rav Kalmenson, pionnier dans le domaine de l’éducation juive en France, avait lui-même connu la clandestinité dans la Russie communiste où il étudiait la Torah en secret. Devenu l’un des artisans du départ de nombreux Juifs du « paradis communiste » au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il avait trouvé en Batya une compagne partageant sa vision éducative et son dévouement communautaire.

Des débuts modestes à une réussite exceptionnelle

L’école maternelle Chne-Or avait ouvert ses portes avec une quinzaine d’enfants seulement. La Rabbanit incarnait alors la polyvalence absolue : elle cuisinait, encadrait, supervisait, dispensant généreusement sourires et encouragements aux élèves. Son dévouement allait jusqu’à passer son permis de conduire catégorie poids lourds pour assurer elle-même le transport scolaire des enfants.

Cette petite école de jadis est devenue aujourd’hui une structure impressionnante accueillant près de 700 élèves de la Maternelle à la Terminale. Les propres enfants du Rav et de la Rabbanit Kalmenson, qui comptaient parmi les premiers élèves de l’établissement, sont devenus à leur tour des animateurs de l’école Chne-Or, perpétuant ainsi l’héritage familial.

 

L'œuvre du Rav Chalom Mendel Kalmenson, Fondateur de Chné-Or

 

Un parcours forgé par l’adversité

L’histoire personnelle de Mme Batya Kalmenson témoigne d’une résilience exceptionnelle. Enfant durant la Seconde Guerre mondiale, elle avait vécu paisiblement à Moscou avant de connaître les bombardements, les restrictions alimentaires, la peur constante et l’exil jusqu’à Samarkand en Ouzbékistan. Comme le souligne sa fille, Haya Nissilevitch : « Ma mère sut triompher de ces épreuves, et de bien d’autres encore, sans se départir de sa joie. »

Cette expérience douloureuse avait forgé son caractère et nourri sa vocation éducative, lui permettant de transmettre aux jeunes générations des valeurs de courage et d’espoir face aux difficultés de l’existence.

Une équipe dévouée pour perpétuer l’œuvre

Aujourd’hui, l’école Chne-Or s’appuie sur une chaleureuse équipe d’une centaine de collaborateurs dévoués et passionnés. Le Rav Kalmenson, qui occupait les fonctions de Cho’het, Bodek et Mohel, était apprécié pour ses qualités de cœur et son amour envers tous. Ensemble, ils ont rapproché des milliers de Juifs de la pratique religieuse et permis à de nombreuses familles de se construire sur la base du judaïsme authentique.

Derniers hommages

Conformément à la tradition, la Rabbanit sera inhumée au mont des Oliviers à Jérusalem. Une cérémonie de Tehilim aura lieu au 34 rue du Goulet à Aubervilliers, permettant à la communauté de rendre un dernier hommage à cette personnalité qui aura marqué plusieurs générations. Son héritage perdurera à travers l’institution qu’elle a fondée et les milliers de vies qu’elle a touchées.

 

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