La communauté juive mondiale pleure la disparition soudaine de Avi Piamenta, l’un des musiciens hassidiques les plus emblématiques de ces dernières décennies. Ce virtuose de la flûte traversière, qui avait eu l’honneur de jouer à de nombreuses reprises devant le Rabbi, s’est éteint vendredi soir à l’âge de 69 ans. Sa mort brutale survient une semaine après avoir participé aux commémorations du Guimel Tamouz dans les cours saintes de Crown Heights.
Avi Piamenta, musicien hassidique de renom international, est décédé subitement le vendredi 8 Tamouz 5785 à l’âge de 69 ans. Né à Jérusalem dans une famille traditionnelle, il avait fondé avec son frère Yossi le célèbre « Groupe Piamenta » après la guerre de Yom Kippour. Devenu progressivement un hassid Habad, il avait développé une relation privilégiée avec le Rabbi et s’était produit pendant des années lors des grandes célébrations hassidiques à Crown Heights et au 770. Après avoir vécu à New York, il s’était installé à Kfar Habad en Israël où il résidait jusqu’à sa mort.
Des débuts musicaux à Jérusalem
Né le 27 Chevat 5716 (1956) à Jérusalem au sein d’une famille jérusalémite traditionnelle, Avi Piamenta grandit dans un environnement éloigné de l’observance religieuse stricte. Dès son plus jeune âge, il manifeste un talent exceptionnel pour la musique, apprenant le piano et la flûte traversière qui deviendra sa signature artistique.
À l’âge de 17 ans, le jeune prodige rejoint son frère aîné Yossi Piamenta, guitariste déjà reconnu, pour former un duo musical prometteur. Ensemble, ils commencent à se produire dans différents concerts, posant les bases de ce qui deviendra l’une des formations musicales juives les plus influentes de leur génération.
L’émergence du phénomène Piamenta
Une année après la guerre de Yom Kippour, les frères Piamenta créent officiellement le « Groupe Piamenta », une formation qui connaîtra rapidement un succès retentissant dans le monde de la musique juive. Leur style unique, mêlant mélodies traditionnelles hassidiques et arrangements modernes, séduit un public de plus en plus large.
« Le groupe Piamenta a révolutionné la musique hassidique en y apportant une dimension contemporaine sans trahir l’essence spirituelle », témoigne un proche de la famille. Cette approche novatrice leur vaut une popularité considérable et ouvre la voie à une nouvelle génération de musiciens juifs.
Le chemin vers la spiritualité
Au fil des années, Avi Piamenta développe un lien de plus en plus profond avec la spiritualité hassidique. Sa progression vers l’observance religieuse l’amène naturellement vers le mouvement Habad, où il trouve l’équilibre parfait entre sa passion musicale et sa quête spirituelle.
Son frère Yossi suit ses traces dans cette démarche de techouva, et progressivement, la majeure partie de leur famille adopte le mode de vie hassidique. Cette transformation spirituelle collective conduit la famille Piamenta à s’installer dans le quartier emblématique de Crown Heights, cœur battant du mouvement Habad mondial.
Une relation privilégiée avec le Rabbi
La rencontre entre Avi Piamenta et le Rabbi marque un tournant décisif dans sa carrière artistique. Au-delà de la simple admiration mutuelle, se développe une véritable relation de guidance spirituelle, le Rabbi prodiguant au musicien des conseils précieux concernant son travail et sa mission.
Cette proximité avec le dirigeant spirituel de Habad confère à Rav Piamenta une légitimité particulière dans le monde hassidique. Ses performances deviennent des moments de communion spirituelle, transformant chaque concert en expérience mystique partagée.
Les années de gloire à Crown Heights
Pendant de nombreuses années, les frères Piamenta deviennent les musiciens attitrés des grandes célébrations hassidiques de Crown Heights. Leurs prestations lors des festivités de Sim’hat Beth Hachoéva marquent les esprits et établissent leur réputation de virtuoses capables d’élever les âmes par leur art.
Régulièrement, ils se produisent au célèbre 770, siège mondial du mouvement Habad, lors des défilés de Lag BaOmer et d’autres occasions festives. L’une de leurs performances les plus mémorables a lieu le 5 Tevet 5747, lors de l’annonce d’une nouvelle particulièrement joyeuse pour la communauté.
Le retour aux sources en Terre Sainte
En 5751 (1991), un changement majeur s’opère dans la trajectoire des frères Piamenta. Yossi décide de retourner en Israël pour y poursuivre sa carrière musicale, tandis que Avi choisit initialement de demeurer à New York, où il s’est construit une vie et une carrière florissantes.
Quelque temps plus tard, l’appel de la Terre Sainte se fait également sentir pour Avi, qui prend la décision de s’installer à Kfar Habad. Ce village emblématique, fondé par les premiers émissaires du Rabbi en Israël, devient son nouveau foyer et le cadre de ses dernières années de création artistique.
Une fin soudaine après un pèlerinage spirituel
La semaine précédant sa disparition revêt une dimension particulièrement symbolique. Commencée le jour du Guimel Tamouz, date anniversaire du décès du Rabbi, cette période voit Rav Piamenta effectuer un véritable pèlerinage spirituel dans les lieux saints de Crown Heights.
Dimanche, il participe encore activement à un rassemblement d’enfants au 770, où sa flûte enchante une dernière fois son public. « Il était rayonnant et plein d’énergie », se souvient un témoin de cette ultime performance. Vendredi soir, de manière totalement inattendue, son cœur s’arrête, emportant avec lui l’une des voix musicales les plus pures du monde hassidique.
Un héritage musical et spirituel
Avi Piamenta laisse derrière lui son épouse Yehoudit, que D.ieu la préserve, ainsi qu’une nombreuse descendance : ses enfants Yehouda de Crown Heights, Génia Sved du Mexique, Rivka Eichler de New Haven, Mouchka de Monsey, ‘Hanna Atar du Nicaragua, Mendy de New Haven, Dovi de New Haven, et de nombreux petits-enfants qui perpétueront son héritage.
Au-delà de sa famille, c’est toute la communauté hassidique mondiale qui perd en Avi Piamenta un artiste exceptionnel, capable de transformer chaque mélodie en prière et chaque concert en moment de transcendance spirituelle.
Barouh Dayan HaEmet
















