Rouven Benhamou, membre de la communauté Habad de Nof HaGalil, est retourné pour la première fois sur les lieux où il avait été violemment attaqué par une foule arabe dans le village de Kana il y a quatre ans et trois mois. Cette visite émouvante s’est déroulée lors d’une cérémonie d’introduction d’un Sefer Torah au poste de police de Kana. L’événement a permis au survivant de réciter la bénédiction du « Gomel » et de revivre avec émotion les moments terrifiants qu’il avait vécus.

 

L’attaque s’était produite au début des émeutes de « Shomer Homot » (Gardien des murailles), lorsque Rouven avait été pris pour cible par une foule en colère qui tentait de le lyncher. Il n’avait dû son salut qu’à l’intervention providentielle d’un habitant local qui l’avait mis à l’abri dans sa maison.

Un retour chargé d’émotion

Lors de cette visite mémorable, Rouven était accompagné des policiers qui l’avaient secouru ce jour fatidique. Ensemble, ils se sont rendus dans la maison où il avait trouvé refuge, revivant les moments dramatiques de cette journée qui avait failli lui coûter la vie.

Les larmes aux yeux, Rouven a partagé tous les détails du miracle qui lui était arrivé, décrivant les minutes interminables durant lesquelles il avait cru sa dernière heure arrivée. Les policiers présents ont également été émus de revoir ce « miracle ambulant », se remémorant leurs propres sentiments difficiles lorsqu’ils avaient vu le véhicule en flammes et leur joie immense en découvrant que Rouven avait survécu.

L’équipe de secours avait ensuite évacué la victime vers l’hôpital Poriya de Tibériade, où elle avait reçu les soins nécessaires. Cette intervention rapide et coordonnée avait été déterminante dans le sauvetage de Rouven.

Une cérémonie symbolique au poste de police

La cérémonie d’introduction du Sefer Torah au poste de police de Kana revêtait une dimension particulièrement symbolique. Pour Rouven, pouvoir réciter la bénédiction du « Gomel » – traditionnellement prononcée par ceux qui ont échappé à un danger mortel – sur le lieu même de l’attaque représentait un moment de grande intensité spirituelle.

Cette bénédiction, qui remercie D.ieu pour la protection accordée dans les moments de péril extrême, prenait ici tout son sens. La présence du Sefer Torah dans ce lieu chargé d’histoire personnelle transformait ce retour traumatisant en moment de reconnaissance et de foi renouvelée.

Un témoignage poignant sur les réseaux sociaux

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Rouven a exprimé ses sentiments contradictoires : « Encore un voyage dans ma vie après 4 ans et 3 mois, retourner sur le lieu du lynchage au village de Kana, un endroit très traumatisant pour moi. Quoi de mieux que d’arriver un jour de mérite lors de l’introduction d’un Sefer Torah au poste de police du village de Kana – que D.ieu les préserve et les protège. Grande émotion mêlée de peurs. »

Ce témoignage reflète la complexité des émotions vécues : entre la peur persistante liée au traumatisme et la joie spirituelle de participer à un événement religieux significatif sur ce même lieu.

Rouven était accompagné lors de cette visite par son ami Menahem Gandel, membre du conseil municipal de Nof HaGalil, qui l’accompagne depuis le jour de l’incident dans son processus de réhabilitation. Cette présence bienveillante témoigne de l’importance du soutien communautaire dans le parcours de guérison des victimes de violences.