Les campagnes deviennent de plus en plus sophistiquées et manipulatrices. Certaines d’entre elles nous les voyons de manière évidente, mais elles se cachent aussi derrière des influenceurs et des « bots ». Les médias se mobilisent également au profit de ces campagnes de manipulation de l’opinion publique.

 

Chronique du Rav Mena’hem Brod, porte parole du mouvement Habad en Israel

 

Nous entrons cette semaine dans le mois d’Elloul. Nous aspirons tous tellement à un autre souffle, à l’apaisement des tensions, à la conciliation, au rapprochement des cœurs en vue des jours redoutables. N’est-ce pas qu’il y a seulement deux ans nous avons vécu cette terrible déchirure interne, qui a fait croire à nos ennemis que c’était le moment de nous frapper. N’avons-nous vraiment pas tiré la leçon ?

En ces jours, il aurait été approprié que nous mettions tous de côté toutes les controverses et les luttes, et que nous ouvrions nos cœurs en vue de la nouvelle année. Dans nos prières, nous demandons « bénis-nous notre père, nous tous comme un » – la bénédiction d’en haut se répand sur nous quand nous sommes unis. Et qui ne veut pas de la bénédiction divine pour une année bonne et douce ?

La sophistication s’accroît

Seulement, tandis que les masses du peuple aspirent à l’unité et aux connexions, nous sommes captifs dans les mains de forces très puissantes qui tentent de faire l’inverse. Au-dessus de nos têtes se déroulent des campagnes aux budgets considérables, dont tout l’objectif est de dresser un public contre l’autre, de repousser tout dialogue et compromis, et de créer une atmosphère permanente de colère et d’agitation.

Les êtres humains tendent à se voir comme indépendants et dotés d’une pensée libre, mais s’il en était ainsi, il n’y aurait pas de gagne-pain pour tous les bureaux de publicité et toute l’industrie géante qu’ils animent. Les campagnes nous influencent, consciemment ou inconsciemment. Elles nous font acheter certaines marques, adopter de nouvelles modes, préférer un produit à un autre.

Les campagnes deviennent de plus en plus sophistiquées. Certaines d’entre elles nous les voyons de manière évidente – dans les panneaux publicitaires, dans les annonces des journaux, dans toutes sortes de vidéos. Mais elles se cachent aussi derrière des influenceurs et derrière des « bots » dont le public n’a pas les outils pour examiner le degré de fiabilité. Les systèmes médiatiques se mobilisent également au profit des campagnes, et ainsi nous nous trouvons soumis à un lavage de cerveau incessant.

Les campagnes s’emparent d’un sujet douloureux et exploitent celui-ci. Cela peut être les otages ou l’allègement du fardeau des réservistes. Les dirigeants des campagnes savent extraire la douleur et jouer sur les cordes sensibles de l’émotion, mais ils ne proposeront bien sûr jamais de vraie solution. Au contraire, la plupart du temps, l’intensification émotionnelle et l’élévation du niveau de protestation et de colère ne font qu’éloigner la solution.

Chercher une solution et non une protestation

Prenez par exemple la question du service militaire. Qu’ont accompli les campagnes à part dresser un public contre l’autre ? Est-ce que cela amènera ne serait-ce qu’un soldat supplémentaire dans les unités de combat ? Est-ce que l’autoritarisme causera l’allègement du fardeau des réservistes et de leurs familles ? Quiconque s’y connaît dans le sujet sait que non. Seulement, les dirigeants des campagnes ne s’intéressent pas à la solution mais à la protestation et à l’agitation.

Il n’est pas facile de faire face à de telles forces redoutables, mais le simple fait de savoir que nous sommes dans une campagne peut fournir une certaine protection. Quand tu sais qu’on essaie de te laver le cerveau, tu deviens plus méfiant envers les messages qu’on tente de te faire avaler. Tu développes un sens critique plus aiguisé, et tu ne laisses pas les bureaux de publicité te mener par le bout du nez.

Certes, il y a ici de vrais problèmes qui demandent une solution, mais elle ne viendra pas de l’intensification de l’agitation et de l’élévation du niveau de haine, mais au contraire du dialogue dans le respect et la sensibilité, à partir de la compréhension des besoins et des valeurs de chacun. Pour cela, nous devons secouer de nous les campagnes, et aspirer à de vraies connexions entre les parties du peuple. Une telle approche peut nous amener à une autre réalité en vue de la nouvelle année.