Mike Eman, chef du gouvernement arubais et fier de ses origines juives, a reçu le Rav Aharon Blasberg pour marquer le mois d’Elloul par la prière, le son du chofar et la pose d’une Mezouza. Cette rencontre illustre l’engagement du dirigeant caribéen envers ses racines religieuses, quelques semaines avant les fêtes de Tichri. L’île d’Aruba, destination touristique prisée, abrite une communauté juive historique désormais dynamisée par les activités du mouvement Habad.
Aruba est une petite île des Antilles néerlandaises située au large du Venezuela, qui offre un climat sec et ensoleillé, des plages dorées et une mer peu agitée. Les alizés apportent une brise fraîche constante et forcent les arbres divi-divi à s’incliner vers le sud-ouest. L’influence européenne se traduit dans l’architecture avec ses façades à pignons aux couleurs pastel, comme aux Pays-Bas. On retrouve aussi cette influence dans la langue, car les habitants parlent anglais, néerlandais et espagnol, en plus du dialecte local, le papiamento.

Une tradition respectée au sommet de l’État
Le Rav Aharon Blasberg, directeur de Habad Aruba, s’est rendu cette semaine au bureau du Premier ministre Mike Eman dans le cadre des préparatifs pour la nouvelle année juive. Durant cette visite officielle, le dirigeant arubais a mis les Tefilines et récité le Chema Israël sous la guidance du Rav Blasberg.
La cérémonie s’est poursuivie par la sonnerie du chofar, pratique traditionnelle du mois d’Elloul destinée à éveiller les sentiments de techouva chez les fidèles. Cette démarche spirituelle témoigne de l’attachement personnel du Premier ministre à ses origines maternelles juives, qu’il revendique publiquement depuis de nombreuses années.

Des liens tissés avec Habad à travers le monde
Mike Eman entretient des relations privilégiées avec le mouvement Habad, tant sur son île natale qu’à l’international. Il accueille régulièrement les groupes de Merkos Chli’hout, ces étudiants rabbiniques qui sillonnent les Caraïbes pour renforcer la vie juive locale.
Lors d’un déplacement officiel à New York, le Premier ministre s’était rendu au 770 Eastern Parkway de Crown Heights, siège mondial du mouvement Loubavitch, où il avait été chaleureusement reçu. Ces gestes diplomatiques et personnels illustrent sa volonté de maintenir des ponts entre Aruba et la communauté juive mondiale.
Aruba, perle des Caraïbes néerlandaises
Située à 29 kilomètres au large du Venezuela, Aruba constitue l’une des quatre nations autonomes du Royaume des Pays-Bas. Cette île de 180 kilomètres carrés jouit d’un statut particulier depuis 1986, gérant ses affaires intérieures de manière indépendante tout en conservant des liens constitutionnels avec Amsterdam.
L’économie arubaise repose principalement sur le tourisme, attirant plus de deux millions de visiteurs annuels grâce à ses plages de sable blanc et son climat sec subtropical. L’île accueille également une importante raffinerie pétrolière et développe progressivement les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire. La population multiethnique parle quatre langues officielles : le papiamento, le néerlandais, l’espagnol et l’anglais.

Une communauté juive caribéenne en développement
L’histoire juive d’Aruba remonte au XVIIe siècle, lorsque les premiers colons sépharades s’installèrent dans les Caraïbes néerlandaises fuyant l’Inquisition. La communauté connut son apogée au XIXe siècle avec l’essor du commerce maritime et l’exploitation des mines de phosphate.
Aujourd’hui, cette communauté bénéficie de l’encadrement spirituel du Rav Aharon Blasberg et de son épouse, Mme Chaya Blasberg. Le couple propose des services religieux et des programmes éducatifs tant pour les résidents locaux que pour les nombreux visiteurs juifs qui séjournent sur l’île durant les vacances.
Ces initiatives reçoivent le soutien actif du gouvernement arubais, comme l’a démontré la récente installation d’une nouvelle Mezouza sur la porte du bureau du Premier ministre. « C’était une belle rencontre », a confié le Rav Blasberg au site COLlive.com, soulignant la dimension à la fois officielle et personnelle de cet échange interculturel au cœur des Caraïbes.
Mike Eman, né le 1er septembre 1961 à Oranjestad, est le 5e Premier ministre d’Aruba depuis 2024, après avoir déjà occupé ce poste de 2009 à 2017. Issu d’une famille politique influente – son frère Henny Eman fut également Premier ministre -, il grandit dans le quartier de Rancho avec une mère juive et un père protestant.
- Diplômé en droit de l’Université des Antilles néerlandaises en 1992, puis en droit notarial civil en 1996, Eman exerce comme notaire adjoint avant d’entrer en politique en 2001 au sein du parti AVP. Élu leader du parti en 2003, il mène l’AVP à la victoire en 2009 et forme son premier gouvernement, puis un second en 2013.
- Fervent défenseur du développement durable, Eman prône la transition énergétique d’Aruba vers les énergies renouvelables, notamment lors de l’inauguration du parc solaire Sunrise en 2017. Après la défaite électorale de 2017, il se retire temporairement de la vie politique avant de revenir au pouvoir en 2024 grâce à une coalition entre l’AVP et le parti FUTURO.
- Eman joue un rôle actif dans la communauté juive arubaise et soutient activement la présence du mouvement Habad sur l’île, reflétant son engagement envers ses racines religieuses maternelles.
















