Rav Yossef Goutnick, le légendaire magnat australien des mines, a vécu une existence hors du commun. À plus de 70 ans, celui que Benjamin Netanyahu appelait autrefois « son âme sœur » incarne une histoire extraordinaire : comment ce jeun homme devint l’émissaire secret du Rabbi auprès des dirigeants israéliens, découvrit les plus grandes mines de diamants du monde, et fit de la philanthropie sa véritable mission.
Un héritage familial au service de la spiritualité
L’histoire commence à Sydney, puis à Melbourne, où le jeune Yossef Its’hak Goutnick, né en juin 1952, étudie au Moriah College avant d’intégrer la Yechiva. Son père, le Rav Chneour ‘Haïm HaCohen Goutnick, était né à Zolotonosha, en Ukraine, en 1921. Après avoir étudié à la célèbre Yechiva de Telz en Lituanie jusqu’en 1940, il avait fui l’annexion soviétique pour rejoindre l’Australie via l’Extrême-Orient, arrivant à Cairns en 1941.
Après avoir servi dans l’armée australienne jusqu’en 1944, le Rav Chneour ‘Haïm épouse Rose Chester en 1945. Le couple aura six enfants : Channah, Peninah, le Rav Morde’haï Goutnick, le Rav Moché Goutnick, Avraham et Yossef. Cette figure paternelle, qui deviendra président du Conseil rabbinique de Victoria en 1967, entretenait une relation étroite avec le Rabbi, une connexion qui allait façonner le destin de toute la famille. Grand orateur reconnu comme le rabbin des survivants de la Shoah, il s’éteindra en 2003, après une vie d’influence considérable dans la communauté juive australienne.
Contrairement à ce que beaucoup pourraient croire, l’homme d’affaires n’a pas toujours été Diamond Joe. Avant les mines d’or et les gisements de diamants, il y avait un jeune étudiant en Yechiva, profondément ancré dans les valeurs de Habad. Après ses études, Yossef travaille dans le textile pour son beau-père, Max New, dont il épouse la fille en 1974. Le couple aura 11 enfants. Parallèlement, le jeune homme étudie pour l’ordination rabbinique à Brooklyn, New York, et dirigera même un séminaire religieux pour filles à Melbourne. Rien ne laisse présager la fortune qui l’attend. C’est seulement plus tard, lorsqu’il se lance dans les investissements boursiers, que tout bascule.
Le crash de 1987 et le tournant décisif
En 1987, le krach boursier faillit ruiner Yossef Goutnick. C’est alors qu’intervient un conseil qui changera le cours de sa vie. Le Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson lui dit de retourner dans le désert australien et d’y chercher « de l’or et des diamants ». Selon Goutnick, en 1988, le Rabbi lui aurait spécifiquement indiqué d’exploiter les mines d’or dans le désert australien.
Vint alors un moment où le Rabbi lui donna de nombreuses bénédictions, et durant ces années, il commença à connaître un succès phénoménal. Les journaux australiens ne tardèrent pas à s’emparer de l’histoire de cet homme au toucher de Midas. On le surnomma « Diamond Joe ». Mais pour lui, tout était enraciné dans la spiritualité et sa mission divine.
Les bénédictions du Rabbi coïncidèrent parfaitement avec ses découvertes extraordinaires. Goutnick supervisa la découverte du gisement d’or de Plutonic, puis le développement et l’exploitation des mines d’or de Bronzewing et Jundee en Australie. En 1991, sa compagnie, Great Central Mines, paya 115 millions de dollars australiens au prospecteur Mark Creasy pour le gisement d’or de Bronzewing. Il devint également directeur du World Gold Council et reçut le tout premier Diggers Award lors de la cérémonie Diggers and Dealers Industry Awards de 1997.
Un empire minier entre succès et turbulences
À partir de 1987, Goutnick occupa le poste de directeur chez Regis Resources, assumant tour à tour les rôles de directeur général et de président. Il conserva ces fonctions jusqu’en août 2004, date de sa démission de tous ses postes au conseil d’administration. Dans le cadre de ce changement de direction, il réduisit également sa participation dans l’entreprise de 65 % à moins de 20 %.
Le parcours ne fut pas exempt de controverses. En 1999, Goutnick et son partenaire Robert Champion de Crespigny furent reconnus coupables d’avoir structuré illégalement le rachat de Great Central Mining. Goutnick fut condamné à restituer 28,5 millions de dollars aux investisseurs. Il fit appel de la décision, qui fut finalement annulée pour vice de compétence. Goutnick exprima sa confiance dans le fait qu’il aurait pu gagner sur le fond si cela avait été nécessaire. Le 5 avril 2000, Yossef Goutnick, Robert Champion de Crespigny et Ian Gould démissionnèrent de leurs postes de directeurs de Great Central Mining.
En janvier 2014, Blackham Resources, dont Goutnick était président depuis février 2013, acquit la mine d’or de Wiluna, une mine que Great Central Mines, sous sa direction, avait exploitée de 1997 à 2000. La mine fut rachetée à APEX Minerals, une entreprise en redressement judiciaire depuis juin 2013. Coïncidence remarquable : Eduard Eshuys, qui était alors président d’APEX, était aussi celui qui avait dirigé le programme de forage ayant découvert Plutonic pour Goutnick.
L’épreuve de la faillite et la résilience
Le 8 juillet 2016, Goutnick se déclara en faillite personnelle avec des dettes dépassant 275 millions de dollars. Cette épreuve majeure aurait pu briser n’importe quel homme, mais pas celui qui avait reçu les bénédictions du Rabbi. La formule que lui avait transmise le Rabbi pour rester positif, étudier et avoir une grande foi continua de le guider dans cette période difficile.
Aujourd’hui, à plus de 70 ans, Goutnick reste actif en Tasmanie, où il développe des gisements de minéraux critiques nécessaires à la technologie moderne. « Ce sont les diamants de cette génération, les minéraux futuristes », explique-t-il. La famille Goutnick s’apprête à redevenir très éminente dans la charité, avec des projets prometteurs en développement.
Parmi ses participations commerciales actuelles figurent Legend International Holdings, une compagnie minière axée sur l’exploration de phosphate dans le Queensland, en Australie, dont il est président et directeur général, ainsi que Top End Minerals, où il occupe le poste de président exécutif et directeur général.
Quand un jeune homme devient messager d’un Rabbi
L’histoire la plus extraordinaire commence en 1978, après les accords de Camp David. Yossef Goutnick n’a que 26 ans lorsque le Rabbi le convoque dans son bureau à minuit. Une lettre doit être remise en mains propres au Premier ministre Menahem Begin. Le message est clair et sans équivoque : ne pas rendre le Sinaï, ne pas céder un seul pouce de terre.
Goutnick devint proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans son rôle d’émissaire spécial du Rabbi pour l’intégrité de la Terre d’Israël. La relation entre les deux hommes fut si étroite que Netanyahu avait l’habitude de l’appeler son âme sœur. Toutefois, avec le temps, de nombreuses divergences sont apparues dans leur approche des questions de sécurité nationale.
Dans les années 1990, Goutnick dépensa des millions de dollars en campagnes pour Netanyahu et contre le Parti travailliste lors des élections israéliennes, cherchant à empêcher le gouvernement israélien de céder des territoires. Pour lui, comme le Rabbi l’avait affirmé, rendre des terres ne contribuerait jamais à la paix.
Le Rabbi avait pris une position ferme : Israël ne devait jamais rendre de territoire. Il insistait constamment sur le fait qu’Israël devait être fort, qu’Israël devait annexer la Judée et la Samarie, et que Gaza faisait partie d’Israël. Une vision qui entre aujourd’hui en conflit avec de nombreux compromis politiques contemporains.
Le Rabbi, conseiller en affaires et guide spirituel
Mais la relation entre Goutnick et le Rabbi dépassait largement le cadre politique. Goutnick a publié un livre contenant 120 réponses qu’il a reçues du Rabbi. Ces réponses couvrent de nombreux aspects : comment élever des enfants, comment gérer les affaires, comment se comporter, comment donner la Tsedaka, où investir, où ne pas investir, avec qui s’associer, avec qui ne pas s’associer.
Le Rabbi n’était pas qu’un guide spirituel, il était un conseiller en tout. « Il était bien plus qu’un Rabbi pour moi. Il était comme un père pour moi », confie Goutnick avec émotion. Cette proximité se manifestait dans les détails les plus intimes. Un jour, lors d’une audience, le Rabbi lui dit simplement : « Tu sembles fatigué. » Lorsque Goutnick expliqua ses nombreux voyages, le Rabbi s’inquiéta : « Voyager n’est pas bon pour la santé. »
Puis vint une observation qui changea sa vie : « Tu dois te marier. » Le Rabbi ajouta : « Garde un œil sur ce qui se passe chez toi en Australie. Il y a une fille qui grandit et tu devrais te marier avec elle. » De retour en Australie, son père mentionna précisément la fille de Max New. Le Rabbi l’avait vu avant même que le jeune homme ne rentre chez lui.
Des bénédictions qui dépassent l’imagination
Les bénédictions du Rabbi prenaient parfois des formes prophétiques. « Le Rabbi m’a donné des bénédictions que je trouverais de l’or et des diamants dans l’arrière-pays australien », témoigne Goutnick. « Et en effet, j’ai trouvé beaucoup d’or et de diamants et tout ce qu’il y avait à trouver. » Mais la promesse allait encore plus loin : « Le Rabbi m’a dit que j’aurais un succès bien au-delà de ce que je peux imaginer, au-delà de ce que lui imagine et au-delà de ce que les gens imaginent. »
Cette bénédiction extraordinaire continue de se réaliser. Les projets en Tasmanie, axés sur les minéraux critiques pour la technologie moderne, représentent les « diamants du futur », selon ses propres termes. Son fils est également très actif dans le domaine des minéraux rares, assurant la continuité de l’héritage familial.
Une philanthropie qui traverse les continents
Si les journaux adoraient raconter l’histoire de ses succès miniers, ce qui impressionne vraiment, c’est ce qu’il en a fait. Goutnick a enseigné à des milliers de personnes ce que signifie donner, car il a toujours donné avec un grand cœur, très rapidement, fièrement et ouvertement.
La liste est vertigineuse : d’innombrables Beth Habad à travers le monde, des institutions de tous les courants du judaïsme, des individus et des familles en difficulté. Partout dans le monde, des gens témoignent : « Il a construit notre mikvé », « Il a aidé notre synagogue », « Il a soutenu notre communauté quand nous n’avions rien », « Il a aidé notre famille et je ne l’oublierai jamais. »
Un épisode illustre particulièrement cette générosité. Lors de l’un de ses voyages, séjournant au Plaza à New York, il y avait une file d’attente telle qu’il ne pouvait même pas ouvrir la porte de sa chambre au quatrième étage. La file commençait à l’entrée et montait jusqu’à son étage. Des gens attendaient pour recevoir de la Tsedaka, et il donna à tous.
Goutnick est bien connu pour sa philanthropie dans le monde juif, soutenant des institutions éducatives, des synagogues et des organisations caritatives à travers le monde. Son engagement envers la communauté juive s’étend bien au-delà du soutien financier, incarnant les valeurs de responsabilité et de générosité que lui a transmises le Rabbi.
Le rôle essentiel d’une épouse extraordinaire
Derrière cet homme au grand cœur se tient une femme tout aussi remarquable. Sarah Goutnick, fille du fabricant de textile Max New, n’était pas simplement une spectatrice de cette générosité, elle en était l’architecte silencieuse. Elle n’a jamais dit : « Non, tu devrais économiser pour acheter ceci ou cela. » Ce n’était tout simplement pas son style. Elle ne s’intéressait pas aux bijoux ni à rien de ce genre. Elle était toujours très heureuse que son mari donne.
La maison Goutnick était connue pour son hospitalité. Sarah voulait vraiment que tout le monde se sente à l’aise et bienvenu. Rav Goutnick lui-même reconnaît ce rôle essentiel avec humour : « En raison de mes positions fermes sur différentes questions, je ne suis pas toujours nécessairement très populaire. Mais ma femme Sarah est toujours très populaire et très sympathique. Parfois, elle contrebalance mes prises de position fermes. Cela adoucit le coup. »
Derrière chaque grand homme se trouve une femme encore plus grande. Sarah a toujours maintenu la maison ouverte, dans les moments de triomphe comme dans les périodes difficiles. Elle a élevé 11 enfants pendant que son mari parcourait le monde, bâtissant des empires et finançant des communautés. Elle a toujours été une mère très dévouée, tandis que son mari travaillait sans relâche, rentrant très tard chaque soir.
Des voyages familiaux qui forgent une identité
Pour les enfants Goutnick, grandir signifiait accompagner leur père dans ses missions. La famille faisait régulièrement des voyages en Terre d’Israël pour voir la Judée et la Samarie et les communautés qu’il aidait à soutenir et à construire. Ces voyages n’étaient pas de simples vacances, mais des occasions de rencontrer Netanyahu et de nombreux dirigeants israéliens influents.
Mais les moments les plus précieux restaient les voyages à New York pour rendre visite au Rabbi. Ces déplacements familiaux à New York offraient l’occasion d’être témoins des bénédictions que le père recevait. Voir le Rabbi de ses propres yeux, être témoin de certaines bénédictions et avoir des expériences personnelles restent des souvenirs profondément chéris par toute la famille.
Un souvenir particulier émeut encore Goutnick. « J’ai une réponse du Rabbi qui me rappelait de ne pas oublier ma femme quand je recevais une bénédiction », se souvient-il. « Mes enfants étaient toujours avec moi au moment de recevoir une bénédiction. J’ai une belle vidéo des enfants se tenant là avec moi et Sarah. C’était Simhat Torah dans les années 1990, avant que le Rabbi ne parte. »
Une passion pour le football australien
Au-delà du monde des affaires et de la philanthropie, Goutnick s’est également distingué dans l’administration sportive. De 1996 à 2001, il occupa le poste de président du Melbourne Football Club, un club professionnel de football australien qui évolue dans l’Australian Football League (AFL). Son mandat à la tête du club prit fin le 18 décembre 2001, lorsqu’il fut évincé lors d’un vote majoritaire du conseil d’administration. L’équipe « Team Vision » de Gabriel Szondy, favorable à son éviction, remporta 65 % des voix contre 35 % pour l’équipe « Melbourne First » de Goutnick. Gabriel Szondy lui succéda alors à la présidence.
Un combat juridique historique sur Internet
En 2000, Goutnick se trouva au cœur d’une affaire judiciaire qui fit date dans l’histoire du droit d’Internet. Il poursuivit Dow Jones and Company devant la Cour suprême de Victoria pour diffamation concernant un article publié à son sujet dans Barron’s Online. Ce fut l’une des premières affaires juridiques internationales impliquant la diffamation sur Internet.
L’affaire fut hautement controversée et fit l’objet de nombreux commentaires d’analystes juridiques. L’auteur de l’article, William Alpert, fit appel à l’ONU en vertu du droit de pétition directe pour les particuliers. Avec la perspective de cet appel, préparé par Geoffrey Robertson QC, Tim Robertson SC, l’avocat londonien des droits de l’homme Mark Stephens et l’avocat sydnéen Paul Reidy, l’affaire fut réglée le 15 novembre 2004. Dow Jones régla l’affaire en acceptant de payer à Goutnick une partie de ses frais juridiques.
Traverser la tempête avec foi et persévérance
La vie de Rav Goutnick n’a pas été un long fleuve tranquille. Il a connu l’apogée de la réussite et traversé des périodes difficiles, passant d’un extrême à l’autre. Mais il est resté constamment positif et a maintenu une grande confiance en D.ieu.
La réponse à cette résilience est à la fois simple et profonde. « Pas facile », reconnaît-il avec franchise. « Mais le Rabbi m’a donné la formule pour être positif, pour étudier, pour avoir une grande foi. Et bien sûr, j’avais une grande foi en ce que le Rabbi m’a dit. » Les promesses du Rabbi continuent de le guider : un succès au-delà de toute imagination, qui se manifeste encore aujourd’hui dans ses projets en Tasmanie.
Le Rabbi lui avait également transmis une autre leçon essentielle sur le vieillissement. « Le Rabbi a dit : « Ne jugez pas quelqu’un par son passé » », se souvient Goutnick. « Il a dit à propos de lui-même que lorsqu’il aura 70 et 80 ans, ne le jugez pas d’après ce qui est écrit sur son passeport. Vous jugez une personne à travers ses activités et son énergie. Et j’ai appris de lui. J’ai encore beaucoup d’énergie en moi. » À plus de 70 ans, il n’a aucune intention de ralentir.
Un message pour Israël qui défie le consensus
Aujourd’hui, Rav Goutnick continue de remplir la mission que le Rabbi lui a confiée il y a des décennies. Récemment encore, une page entière du Jerusalem Post portait son message : « Ne jouez pas avec des vies juives. » Le contenu est sans ambiguïté : Israël ne devrait pas céder Gaza sous administration étrangère, doit contrôler Gaza et annexer la Judée et la Samarie.
L’actualité récente, selon lui, lui donne raison. Ces meurtriers qui ont été échangés contre les otages – que D.ieu soit loué, les otages ont été sauvés – mais l’un d’eux a été arrêté avec toutes sortes d’armes à feu alors qu’il tentait de faire exploser de nombreux endroits. Quelques jours seulement après leur libération, ils essayaient déjà activement de tuer des Juifs.
« Nous partageons le message selon lequel nous vivons des temps très difficiles et Israël doit rester fort », explique Goutnick. « Notre Premier ministre doit rester fort et sans compromis. Il vaut mieux ne pas céder l’administration à d’autres pays comme la Turquie, le Qatar et d’autres pour gérer Gaza. Israël doit contrôler Gaza et Israël doit annexer la Judée et la Samarie. C’est une partie d’Israël. »
Son message s’adresse même au président américain. « Le président Trump pourrait ne pas aimer cela aujourd’hui, mais à la fin, il réalisera que c’est le destin du peuple juif. Le destin du peuple juif est d’avoir sa propre patrie, et la Judée et la Samarie font partie d’Israël, et Gaza fait partie d’Israël. Aucune nation, aucun président, que ce soit celui de la France ou le chancelier d’Allemagne, personne ne peut nous enlever cette fierté. »
Un signe du Rabbi pour conclure
Un moment remarquable illustre la guidance continue du Rabbi dans la vie de Goutnick. En ouvrant au hasard son livre de réponses du Rabbi, une page apparut qui semblait choisie par une main invisible. « Ici, je demandais au Rabbi si je devais donner une interview à la presse sur mes activités commerciales et les promesses qu’il m’avait faites », lit Goutnick. « Le Rabbi répond : « Je ne peux rien voir de négatif là-dedans. Quelle est la question ? Bien sûr que vous devriez. » »
Le sourire de Goutnick en dit long. « Vous voyez, le Rabbi est très positif. » Pour lui, ce n’est pas une coïncidence. Dans sa vision du monde, rien n’arrive par hasard, surtout pas lorsqu’il s’agit du Rabbi.
Un privilège devenu obligation
« Comme je le dis, c’est un privilège d’avoir toutes ces réponses », réfléchit Rav Goutnick en pesant ses mots. « Mais c’est aussi une obligation. C’est une obligation de réaliser ce que le Rabbi voulait de nous. C’est pourquoi je place des publicités dans les journaux. C’est pourquoi je fais ce que je fais. »
Sa définition du succès reflète cette philosophie. « Le succès consiste à faire de son mieux pour atteindre ses objectifs. Nous ne réussissons pas toujours à 100 %, mais nous devons donner notre maximum, 101 % d’efforts, d’énergie et de zèle. Le succès vient par l’effort et le travail acharné. »
Il partage un verset des Psaumes qui guide sa vie : « Fais confiance à Hachem dans toutes tes voies et compte sur Lui, et Il fera ce qu’Il doit faire. En d’autres termes : aie confiance, aie la foi, fais ce que tu es censé faire et Hachem t’aidera. »
L’héritage d’une vie guidée par la foi
L’histoire de Rav Yossef Goutnick se dessine ainsi : celle d’un homme qui a su transformer des bénédictions spirituelles en réalité matérielle, puis reconvertir cette richesse en impact social massif. Un homme qui, à plus de 70 ans, continue de creuser la terre tasmanienne à la recherche des « diamants du futur », tout en défendant inlassablement la vision politique du Rabbi pour Israël.
La famille qu’il a bâtie avec Sarah témoigne de ses valeurs. Leurs 11 enfants ont grandi dans une maison connue pour son hospitalité, où des Juifs de tous horizons étaient accueillis avec chaleur. Ils ont vu leur père tendre la main à tous, sans distinction, incarnant les enseignements du Rabbi dans chaque aspect de sa vie.
L’histoire de Diamond Joe n’est pas celle d’un simple homme d’affaires chanceux. C’est le récit d’une vie consacrée, d’une mission reçue à 11 ans et poursuivie avec une détermination inébranlable pendant des décennies. C’est l’histoire d’un homme qui a compris que la véritable richesse ne se mesure pas en carats de diamants, mais en vies touchées, en communautés bâties, en vérités défendues.
« Espérons que nous ne reverrons plus jamais le 7 octobre », conclut-il, « et que nous ne verrons que de bons moments en Israël et la paix en Israël. La paix par la force. »
Cette saga extraordinaire révèle un homme qui a su rester fidèle, contre vents et marées, à la vision d’un Rabbi qui voyait en lui bien plus qu’il ne voyait en lui-même. Un homme qui continue, aujourd’hui encore, de transformer les bénédictions en or – non pas pour lui-même, mais pour le peuple juif tout entier.
Bien que le Rabbi soit connu pour ses prières prolongées, il ne les accomplissait pas toujours de manière visible. Le Rav Mikhaël ‘Hano’h Golomb explore ici une dimension méconnue du service divin du Rabbi : la discrétion. À travers des récits du Baal Chem Tov et des témoignages personnels, il révèle comment cette humilité apparente cachait en réalité un service spirituel profond pour l’élévation du peuple juif tout entier.
Rav Mikhaël ‘Hano’h Golomb
L’accent mis sur les prières du Rabbi Rachab
Bien que nous ne trouvions rien dans la chronique de Kapust, je n’ai pas vu qu’on accorde de l’attention à la longueur des prières du Rabbi Maharach. Tout le monde parle toujours de la longueur des prières du Rabbi Rachab et même du Rabbi précédent. Dans les premières années du Rabbi, le Rabbi mentionne que chez le Rabbi Maharach, tout était en raccourci, et même les prières. Parfois, c’était différent le matin après la prière de Chaharit. Il est connu que concernant les Sefirot supérieures que nous avons mentionnées auparavant, il est écrit dans un Sidour qu’on appelle parfois le miroir du Maharach, car on peut y regarder et y voir se refléter toutes les Sefirot supérieures.
Voir les traits des Rebbeïm précédents
C’est-à-dire qu’il est possible de regarder et de voir parfois des sujets relatifs au Alter Rebbe, au Mitteler Rebbe, au Tzemach Tzedek, au Baal Hatanya Maharach et au Rabbi Rachab selon le niveau de chacun. On peut tout observer et voir parfois des conduites ou des sujets des Rebbeïm et des Nesiim précédents. Si on demandait quel sujet on voit chez le Rabbi qui ressemble au Rabbi Maharach, tout le monde dirait probablement que c’est le sujet du Lé’hat’hila Ariber – cette approche de ne pas regarder en arrière et de ne s’arrêter pour aucune chose qui pourrait causer un retard dans les bonnes actions. C’était fondamental chez le Maharach, et le Rabbi en a parlé longuement lors du centenaire de sa Histalkout.
Le sujet de la discrétion
Mais il y a encore un autre sujet qu’on peut dire qu’on voit chez lui, et c’est selon la voie du Maharach, et cela touche un peu à la question que j’ai entendue : quand on regarde le Rabbi, on ne voit pas… Seulement ceux qui ont vu la conduite ne l’ont pas vu. Ils ont vu le Rabbi prier avec le Minyan, mais nous n’avons pas vu l’aspect de la longueur, et c’est ce que j’ai parfois entendu comme question. L’un des éléments dans lequel le Rav dit que le Rabbi Maharach incarnait, c’est le sujet de la discrétion. Chez le Rabbi Maharach, tout l’essentiel était caché.
Le récit du Baal HaGuela et le voyage mystérieux
Il y a un récit peu connu qui est aussi un sujet extrêmement important. Il y a un récit qui n’est pas vraiment connu concernant le Rabbi, dans l’un des Dibourim. Voici ce qui s’est passé : une fois, les ‘Hassidim ont découvert que chaque jour, le Rabbi Maharach partait pour une sorte de promenade et personne ne savait où il allait. Ils ont demandé au Baal HaGuela où il allait, et il a répondu qu’il avait fait le serment de ne rien pouvoir révéler. Ils ont d’abord essayé en vain. Alors qu’ont-ils fait ? Que fait-on quand on veut extraire un secret de quelqu’un ? Il y a un conseil : il faut lui donner à boire et cela aidera. Ils ont donc pris le Baal HaGuela et lui ont donné à boire jusqu’à ce qu’il s’ouvre et dise : « Le Rabbi Maharach dit : je ne le comprends pas. Je l’emmène chaque jour à un endroit au milieu de la forêt. Il s’assoit sur la terre, et tous les accusateurs et tous les dénonciateurs arrivent et passent devant lui. Et il est assis et pleure. Pourquoi pleure-t-il ? Je ne comprends pas. Puis à un certain moment, il essuie ses larmes, ne pleure plus, et immédiatement tous les accusateurs et tous les dénonciateurs le quittent complètement. Il se lève, arrange ses vêtements, remonte dans la calèche et retourne. »
Une démonstration de discrétion
C’est ainsi qu’il a raconté. C’est un exemple de discrétion. Le matin, c’était normal, mais au milieu de la journée, à un certain moment, il allait dans la forêt, s’asseyait et pleurait. Et nous ne comprenons pas vraiment ce qui s’est passé. Nous voyons parfois que c’était ainsi. De cette manière, chez le Rabbi, il y a plusieurs sujets qui ne deviennent visibles qu’après coup. Par exemple, récemment, un exemple a été publié parmi tant d’autres concernant la montée des escaliers avant la prière. On voit maintenant dans les vidéos qu’on peut observer un exemple parmi tant d’autres.
L’exemple des escaliers
En montant les escaliers avant le début de la prière, on voit que le Rabbi faisait attention à ce que sa main ne touche pas le côté des escaliers. En descendant les escaliers après la prière, le Rabbi touchait effectivement, tenait le côté et ainsi descendait un peu les marches. Mais quand il montait, ce n’était pas simple. Avant de se préparer pour la prière de Min’ha, il mettait ses mains de telle sorte qu’il ne voulait toucher à rien. C’est un exemple de conduite que si on n’y prête pas attention, si on ne regarde pas attentivement, on ne peut pas voir.
L’expérience de Mendel Futerfas
Il y a plusieurs choses que je vais maintenant mentionner brièvement. Quand on regarde la carte des Rebbeïm, j’arrive au point où différents n’ont pas vu… Et maintenant nous arrivons au récit de Mendel Futerfas. Mendel Futerfas, quand il est arrivé ici après toutes les années qu’il avait passées en Sibérie, il arrive enfin pour voir le Rabbi. Évidemment, sa joie d’arriver pour Tichri. Que voit-il ? Il voit que le Rabbi prie avec le Minyan, c’est ainsi que cela semble. Il priait avec le Minyan et quand c’était terminé, on n’avait presque rien vu. Je me souviens qu’à Tamouz, la prière immédiate du Rabbi à Roch Hachana durait environ 10 minutes de plus, et c’était surprenant que la prière dure encore quelques minutes. Mais ouvertement, il n’a pas vu cela chez le Rabbi.
Les prières prolongées en Europe
On raconte qu’il était dans un état de confusion. Il était habitué à des prières prolongées. En Amérique, j’ai entendu dire qu’à l’époque, de tous les quartiers voisins, ils venaient écouter la prière à Roch Hachana, simplement pour entendre les pleurs, les cris et les gémissements. Cela éveillait simplement la Techouva, et ils venaient écouter pendant des heures et des heures de prière. Mendel était habitué à ce genre de prière. Il arrive ici après toutes ces années en Sibérie, il arrive enfin pour voir le Rabbi. Évidemment sa joie. Il arrive pour Tichri. Que voit-il ? Il voit que le Rabbi prie avec le Minyan, comme le Rabbi Maharach en raccourci.
Le récit du Baal Chem Tov et la Souccah
Il faut se rappeler que le Rabbi a mentionné cela lors des dernières Si’hot et a dit que tout devait être comme cela, ce n’était pas par hasard. Alors il arrive à Soukkot, jusqu’à ce qu’arrive la première nuit de Soukkot – je ne sais pas si c’était cette année-là ou une autre année. Il arrive à la première nuit de Soukkot, et le Rabbi se lève et raconte le récit du Baal Chem Tov. Quelle était l’histoire du Baal Chem Tov ? C’était aussi un récit intéressant et célèbre. Le Baal Chem Tov, une fois, a construit une Souccah qui n’était pas tout à fait correcte. Il y avait plusieurs questions halakhiques pour savoir si elle était cachère ou non. Des gens de la ville sont arrivés et chacun a posé une question : ceci n’est pas en ordre, cela n’est pas en ordre, et autre chose encore. Tout le monde était presque comme si on disait que ce n’était pas cachère, parce que s’ils étaient ‘Hassidim, ils ne seraient pas arrivés avec des critiques. Mais ils n’étaient pas ‘Hassidim et disaient probablement que ce n’était pas cachère.
Le certificat du Ciel
Qu’a fait le Baal Chem Tov ? Il a mis la main dans sa poche, a sorti un papier et l’a montré à tout le monde. Qu’était-il écrit sur le papier ? Il était écrit : « La Souccah du Rabbi Israël Baal Chem Tov est cachère », et qui signait en dessous ? Le Maître du Monde Lui-même. Alors personne ne pouvait discuter, même si on pouvait poser des questions au Ciel, c’était ainsi, c’était en ordre. C’est le récit du Baal Chem Tov. Mais quelque chose n’est pas clair dans ce récit, il faut réfléchir davantage.
La signification profonde de l’humilité
Pour rendre cachère une Souccah sur laquelle il y a plusieurs questions, pourquoi le Baal Chem Tov ne construirait-il pas une Souccah parfaite avec toute la précision requise ? À priori, il n’était pas nécessaire de commencer à dire que… Le genre qu’il a fait sans… L’explication est que le Baal Chem Tov était un voyageur, et « voyageur » signifie qu’il voyageait. En d’autres termes, il élevait les gens simples. Et il y a quelque part dans le monde un Juif qui ne sait pas grand-chose et qui construit une Souccah sur laquelle il y a une certaine question. Et il y a un autre Juif dans un autre endroit du monde qui a une Souccah avec aussi une question différente. Et ainsi il y a plusieurs questions sur toutes sortes de Soukkot partout dans le monde. Le Baal Chem Tov a pris toutes les questions, les a mises dans sa Souccah, et pour s’humilier lui-même, pour s’asseoir dans une telle Souccah, par cela il a élevé tous ces gens, toutes les Soukkot du monde entier, car c’est un sujet d’amour.
La leçon pour Mendel et pour nous
Quand Mendel a entendu ce récit, alors il a compris. On peut regarder ce que le Rabbi fait, on peut comprendre ce que le Rabbi fait, on ne peut pas comprendre ce que le Rabbi fait. Il se peut que dans le fait qu’il s’est humilié d’une certaine manière, c’était pour quelqu’un que nous ne connaissons pas. Par conséquent, ce que les gens demandent parfois – j’ai entendu des gens demander – quel exemple du Rabbi devons-nous transmettre ? Que devrait être l’exemple, ce qui est révélé pour nous, ce que nous devons faire et ce qui nous est donné ? Dans cela, je vais raconter encore une fois ce que j’ai raconté récemment.
Le Ye’hidout de Tichri
Lors du Ye’hidout Klali à Tichri, l’ordre était que quatre groupes entraient au Ye’hidout Klali : tous les enseignants ensemble, puis il y avait encore une Si’ha, une continuation du Ye’hidout pour les Hatan Klali, et encore une continuation pour les fiancés, et après il n’y avait que pour les Temimim. C’était plein, je pensais que c’était plein pour tous les Temimim. Et dans le livre, j’écoute une Si’ha comme une Si’ha privée spéciale du Rabbi. Quand nous arrivons au sujet où le Rabbi parle de ce qui doit être dans le rôle d’un étudiant des Temimim, il commence à parler d’un certain niveau.
Le message sur l’annulation de soi
Qu’il devait y avoir une annulation complète et un langage qu’il devait y avoir d’annulation. La vie d’annulation du Rabbi devait être comme les fils du Roi David Mé’haya et ainsi de suite. Et puisque pendant l’année où j’étais alors à la Yechiva, j’avais entendu de nombreuses fois du Rav Ofen sur le sujet de l’annulation à priori. Et j’avais aussi entendu de camarades qui disaient : oui, mais il n’en parle pas beaucoup, beaucoup de Si’hot et on ne voit pas. Alors apparemment les paroles de mes camarades sont entrées un peu dans ma tête. Et au milieu du Ye’hidout, j’entends qu’il ne parle pas de cela, et qu’il doit y avoir une annulation complète, être comme le Roi David Mé’haya et ainsi de suite.
La réponse du Rabbi à ma pensée
Et soudain, une pensée m’a traversé l’esprit : le Rabbi n’est vraiment pas d’accord avec ce sujet, nous sommes maintenant au Ye’hidout Klali. Au moment même où cette pensée est entrée dans mon esprit, j’entends soudain le Rabbi dire : « Et comme tout cela se trouve dans l’introduction du Likoutei Amarim Tanya sur l’annulation à priori, précisément par l’introduction sur l’élévation de la prière, comme expliqué dans le Kitzour Choul’han Arou’h. » Donc évidemment, il fallait se taire sur la pensée au milieu du Ye’hidout.
Étudier les Kountrissim
Alors voilà l’exemple de ce qu’il faut faire. Le Rabbi veut que nous regardions dans les Kountrissim. Qu’est-ce qui est le fondement là dans les Temimim et ce qu’on demande des Temimim ? Par conséquent, je suggérerais que finalement, le 19 Kislev, puisque le Rabbi s’est tenu pendant de nombreuses, nombreuses heures et a distribué les Kountrissim comme un cadeau d’un maître à l’étudiant par une Maamar. C’est comme si le Rabbi avait dit : je fais l’effort, si je ne dis pas que c’est exactement cette chose, qu’est-ce ? Le Rabbi a distribué cela à chacun. Par conséquent, je suggérerais qu’il faut simplement regarder ce qui est écrit là et voir quelles sont les bonnes choses des sages, et le Rabbi a donné un cadeau, il l’a distribué lui-même personnellement à chacun.
Le chemin à suivre
Par conséquent, il veut que nous accomplissions ce qui est écrit là. Si quelqu’un ne peut pas pour une certaine raison étudier tout le Kountres d’un côté, s’il s’arrête un peu, alors il y a un conseil de commencer au milieu, au chapitre 17, où il commence à parler de quel est le fondement chez les Temimim. De là, on peut comprendre ce qu’il faut faire. Et il se peut qu’arrivent encore toutes sortes de pensées et d’arguments du côté opposé qui travaillera la vie dans ces sujets. Sur cela, nous avons l’arme : sur ces choses, il faut suivre les instructions et faire ce que le Rabbi veut.
La Paracha Vayétsé nous enseigne que la perfection spirituelle de Yaakov se réalise précisément à ‘Haran, lieu symbolisant la colère divine dans le monde. C’est là, au cœur de l’exil et des épreuves matérielles, que se forge véritablement la sainteté du foyer juif. Cette leçon reste d’une actualité brûlante pour notre génération.
La construction du foyer juif dans l’adversité
L’enseignement tiré de « Vayétsé Yaakov miBé’er Chéva » révèle une vérité fondamentale : bien qu’avant de fonder un foyer en Israël il faille étudier dans les tentes de la Torah, la véritable construction d’une maison juive se réalise précisément à ‘Haran – lieu représentant « la colère de l’Omniprésent dans le monde ». C’est paradoxalement là que « sa couche fut parfaite ».
La protection à ‘Haran s’obtient par ce que fit Yaakov lorsqu’il « sortit » : il prit « des pierres du lieu et les plaça à son chevet ». Une question se pose : s’il avait besoin de protection, pourquoi ne protéger que sa tête et non tout son corps ? La réponse réside dans le principe « tu mangeras du labeur de tes mains » – le labeur de tes mains et non le labeur de ta tête. Les facultés supérieures doivent demeurer exclusivement consacrées à la sainteté. Et cette protection s’opère spécifiquement par des pierres – l’inanimé – symbolisant l’acceptation du joug divin (Kabbalat Ol).
La confiance en D.ieu, fondement de la perfection
La couche de Yaakov demeura parfaite bien qu’il fût en terre d’exil, qu’il ait enduré « le jour la chaleur me dévorait », et qu’il soit même devenu matériellement riche. Tout cela fut possible grâce à sa confiance absolue en D.ieu. L’enseignement pour notre génération est clair : nous devons placer notre confiance en D.ieu et éduquer nos enfants dans l’esprit de « peuple qui demeure à part », et par cette voie, nous marcherons à la rencontre de Machia’h Tsidkénou avec l’armée « directement venue d’Amérique ».
Ne pas mélanger deux joies : un enseignement antérieur au don de la Torah
Du verset « accomplis la semaine de celle-ci », nos Sages ont appris le principe « on ne mélange pas une joie avec une autre joie ». Bien que généralement on n’apprenne pas de lois à partir d’événements antérieurs au don de la Torah, ce cas fait exception. En effet, cela ne concerne que les lois strictes – car les Mitsvot après le don de la Torah prirent une dimension entièrement nouvelle, permettant par l’annulation du décret divin et « C’est Moi qui commence », de faire descendre la sainteté dans les choses matérielles elles-mêmes.
En revanche, concernant les traits de caractère de l’âme (comme la question de savoir si une joie supplémentaire perturbe la première joie), il n’y eut aucun changement depuis avant le don de la Torah. Car la finalité même du don de la Torah est de rectifier également les aspects qui l’ont précédé.
Le but ultime : le dévoilement des étincelles à ‘Haran
Tous les récits de la Torah, et particulièrement ceux concernant Yaakov dont « la beauté ressemblait à celle d’Adam Harishone », contiennent un enseignement. La leçon de « Vayétsé Yaakov » est que le but ultime consiste à sortir de la Terre d’Israël pour dévoiler les étincelles divines enfouies à ‘Haran. Et c’est précisément par cette démarche que l’on s’élève à un niveau spirituel encore plus élevé. Lors de sa sortie de Terre d’Israël, il est dit « il rencontra le lieu », indiquant que Yaakov devait rechercher la sainteté. En revanche, lors de son retour, il est écrit « les anges de D.ieu le rencontrèrent » – ils vinrent à lui.
Vingt années sans sommeil pour l’éducation des enfants
Sur le verset « il se coucha en ce lieu », nos Sages commentent : « Là il se coucha », mais durant vingt années chez Lavan, il ne dormit pas. Il est évident que cette absence de sommeil n’était pas uniquement due à la garde des troupeaux de Lavan – car il n’aurait pas sacrifié sa vie pour cela – mais bien pour l’éducation de ses enfants, afin qu’ils ne tombent pas sous l’emprise de Lavan qui prétendait « les filles sont mes filles, les troupeaux sont mes troupeaux » – c’est-à-dire que les enfants et les biens matériels devaient se conformer à sa volonté.
C’est pourquoi nos Sages enseignent qu’il récitait les quinze Cantiques des degrés, dans lesquels est expliqué que la force de triompher de Lavan ne provient pas de l’homme lui-même mais de « mon secours vient de D.ieu, Créateur du ciel et de la terre » – faisant descendre ainsi la sainteté même sur la terre.
La ‘Hassidout, force pour le dévoilement dans l’exil
Même lorsqu’on se rend à ‘Haran pour accomplir des dévoilements spirituels, il faut établir une séparation, un « tas de pierres » entre Yaakov et ‘Haran, créant une démarcation entre lui et Lavan. La force nécessaire pour ériger ce tas de pierres – maintenir une séparation même au moment précis où l’on s’engage dans le travail de dévoilement – provient de l’étude de la dimension intérieure de la Torah (la ‘Hassidout). Par elle, on ressent profondément que « il n’y a rien en dehors de Lui ».
Quatre grands artistes de la musique juive se réunissent pour un moment spirituel unique à l’approche de Youd Tet Kislev. Avraham Fried, Akiva, Moti Steinmetz et Binyamin Berby interprètent ensemble le nigoun sacré « Benei Heikhalah » composé par le Rabbi Hazaken. Cette performance émouvante préfigure les événements « Tseamah » qui débuteront prochainement à Binyaneï Haouma.
Un nigoun pour l’heure la plus sacrée du Chabbat
Chabbat Kodech. Le soleil va bientôt se coucher, une magie particulière flotte dans l’air. C’est la sainteté de l’heure appelée en araméen dans le saint Zohar « Reava Derevaïn » – « la volonté des volontés ». Il s’agit d’un moment privilégié où nous mettons de côté toutes les distractions matérielles de ce monde pour nous concentrer sur le désir le plus profond de notre âme : être attachée au Créateur.
Pour cette heure si particulière et sacrée, le saint Ari composa le piyout « Benei Heikhalah ». Son nom, Rav Its’hak Louria, est évoqué dans les initiales des strophes. Ce piyout est l’un des trois que le Ari écrivit pour les moments particuliers du Chabbat Kodech : « Azamer Bichevahin » pour la nuit de Chabbat, « Esader Lesseoudeta » pour le jour du Chabbat, et « Benei Heikhalah » pour l’heure de Reava Derevaïn. Nombreux sont ceux qui ont pour coutume de les chanter lors des repas du Chabbat à ces moments précis. C’est le Rabbi Hazaken qui composa la mélodie de ce piyout, l’un des dix nigunnim qu’il créa, appelés « nigunnim mekhouvanim » (mélodies avec intention spirituelle).
Une union artistique transcendante
À l’approche des spectacles Tseamah 5786, qui débuteront dans une semaine et demie à Binyaneï Haouma à Yérouchalaïm, les quatre artistes se produisant à Tseamah se sont réunis : Avraham Fried, Akiva, Moti Steinmetz et Binyamin Berby – représentant toutes les nuances du peuple d’Israël – pour une interprétation divine de ce nigoun sacré. Cette œuvre magistrale souligne la force de l’âme et la capacité d’être unis si nous nous concentrons simplement sur ce qui nous lie : notre esprit et notre âme. Il s’agit d’une étape supplémentaire dans le cadre du projet musical « Tseamah », dirigé par le Rav Moché Shilat et produit par Naor Karmi.
Huit jours de célébration spirituelle
Les événements « Tseamah » en l’honneur de Youd Tet Kislev – la fête de la délivrance – se dérouleront pendant huit jours à Binyaneï Haouma à Yérouchalaïm, du mardi Youd Bet Kislev jusqu’au mercredi Kaf Kislev. Outre le spectacle principal, se tiendront de nombreux Farbrenguen pour hommes, des Farbrenguen pour femmes, des conférences, des spectacles pour la jeunesse, une foire aux livres, ainsi qu’un spectacle unique « Tefilive » qui aura lieu le dimanche Youd Zayin Kislev, et des événements spéciaux en anglais.
Le ministre David Amsalem a dirigé une mission gouvernementale exceptionnelle au Kazakhstan, incluant un moment de recueillement sur la tombe de Rabbi Lévi Its’hak Schneerson à Almaty. Cette visite historique illustre le renforcement des liens entre Israël et ce pays d’Asie centrale, tout en soulignant le rayonnement des communautés Habad dans la région.
Une mission officielle aux multiples dimensions
Une visite d’une portée historique s’est déroulée cette semaine au Kazakhstan. Une délégation gouvernementale israélienne, menée par le ministre de la Coopération régionale David Amsalem, a effectué une tournée officielle dans les centres Habad d’Astana et d’Almaty, marquant une étape significative dans les relations bilatérales entre les deux nations.
La délégation comprenait des personnalités de premier plan : Gilad Shadmon, directeur général du ministère de la Coopération régionale, Roee Kahlon, directrice de l’Autorité des entreprises publiques, ainsi que Sonia Ishenko et Eli Hakuk. Des hauts fonctionnaires d’autres ministères et des figures importantes du monde des affaires israélien se sont joints à cette mission d’envergure. L’ambassadeur d’Israël au Kazakhstan, Yoav Bistritsky, ainsi que le Grand Rabbin du pays et émissaire du Rabbi, le Rav Yechaya Elazar Kohen, ont accompagné la délégation tout au long de son séjour.
Des accords stratégiques signés dans la capitale
La visite a débuté dans la capitale Astana, où la délégation israélienne a été reçue avec les honneurs par de hauts responsables du gouvernement kazakh et des représentants du secteur privé local. Les membres de la mission ont participé à une série de réunions de travail avec plusieurs ministres kazakhs, aboutissant à la signature de nouveaux accords de coopération dans les domaines cruciaux de l’économie, de l’énergie et de l’innovation. Ces partenariats prometteurs devraient contribuer substantiellement à la prospérité mutuelle des deux nations et consolider davantage leurs relations bilatérales.
Un accueil chaleureux au Beth Habad d’Astana
Le ministre Amsalem, qui place le renforcement des communautés juives locales au cœur de ses priorités, a inauguré sa visite par le centre juif « Beth Rahel – Habad Loubavitch » à Astana. Le Rav Chemouel Karnaouch, rabbin de la ville et émissaire du Rabbi, lui a réservé un accueil particulièrement chaleureux.
Cette visite revêtait une dimension symbolique profonde, puisqu’elle coïncidait avec le 20 Hechvan, date de l’anniversaire de naissance du Rabbi Rachab et jour de commémoration du décès de l’émissaire du Rabbi, le Rav Zvi Kogan, que sa mémoire soit bénie. Lors de la prière d’Arvit célébrée sur place, le ministre a allumé une bougie commémorative à la mémoire du Rav Kogan, et l’office fut dédié à l’élévation de son âme. Dans son allocution empreinte d’émotion, le ministre a déclaré : « Le peuple d’Israël est un peuple d’éternité qui ne craint pas le long chemin, mais qui l’emprunte dans la foi et la fierté juive. »
Une réception impressionnante a ensuite été organisée en l’honneur du ministre Amsalem dans la synagogue, en présence du Rav Acher Tomerkin, émissaire du Rabbi à Karaganda, et du Rav Mena’hem Mendel Zelmanov, émissaire du Rabbi à Kostanay, tous deux en route vers le congrès international des émissaires à New York. Le ministre a exprimé son admiration profonde pour l’œuvre remarquable et le dévouement exemplaire des émissaires, qui œuvrent avec une détermination sans faille pour diffuser la lumière du judaïsme au cœur du Kazakhstan.
La visite s’est conclue par la remise d’une distinction spéciale au Rav Chemouel Karnaouch, en reconnaissance de ses nombreuses années d’engagement au service de la vie juive, de l’éducation et de la communauté juive au Kazakhstan, ainsi que pour le remercier d’avoir accompagné la délégation israélienne avec tant de dévouement.
Recueillement sur la tombe sacrée de Rabbi Lévi Its’hak
La délégation a ensuite poursuivi son périple vers Almaty, où elle a été reçue par le maire de la ville, Darhan Amangeldyuly Satybaldy. Au cours de cette rencontre, le ministre Amsalem et le Grand Rabbin du Kazakhstan ont exprimé leur profonde gratitude au maire pour la coopération étroite et fructueuse entre l’administration municipale et la communauté juive locale, ainsi que pour l’attitude respectueuse et bienveillante envers les activités de Habad dans la ville.
Ils ont particulièrement souligné l’estime que les autorités manifestent à l’égard de la figure et de l’héritage du grand Gaon, Rav et kabbaliste Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, père du Rabbi de Loubavitch, dont la dépouille repose à Almaty. Les délégués ont remercié le maire pour l’honneur accordé à ce lieu sacré et à la mémoire de ce Tsaddik dont la sainteté protège la ville.
Le moment le plus émouvant de la visite fut sans conteste le recueillement sur la tombe sacrée de Rabbi Lévi Its’hak Schneerson. Exilé et persécuté pour avoir diffusé le judaïsme sous le régime communiste, ce grand érudit fut inhumé dans cette ville lointaine. Le site, reconnu comme patrimoine historique par les gouvernements des États-Unis et du Kazakhstan, attire chaque année des milliers de visiteurs du monde entier et constitue un pôle spirituel majeur pour le judaïsme mondial.
Durant son séjour à Almaty, le ministre Amsalem a rencontré le Grand Rabbin du Kazakhstan, le Rav El’hanan Cohen, rabbin de la ville et responsable de la communauté Habad d’Almaty, ainsi que d’autres émissaires du Rabbi actifs dans le pays. Dans les centres Habad, la délégation a été accueillie avec une grande chaleur par les représentants de la communauté juive, dont M. Alexander Baron, président de l’organisation « Hessed » au Kazakhstan.
Un renouveau communautaire sans précédent
La communauté juive au Kazakhstan connaît actuellement une floraison remarquable, avec huit centres Habad dynamiques répartis dans différentes villes du pays, tous gérés par « l’armée des émissaires » du Rabbi de Loubavitch. Ces centres constituent de véritables foyers de vie juive, offrant services religieux, éducation et soutien communautaire à une population juive en pleine renaissance.
Dans le sillage des Accords d’Abraham
Grâce aux Accords d’Abraham signés en 2020 entre Israël et plusieurs pays arabes, notamment les Émirats Arabes Unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan, l’État d’Israël a considérablement élargi sa politique étrangère. Cette nouvelle dynamique diplomatique a permis d’établir des liens privilégiés avec le Kazakhstan, un pays à majorité musulmane, renforçant la coopération dans des domaines aussi variés que l’économie, l’énergie, la santé, l’agriculture et l’éducation.
La visite du ministre Amsalem s’inscrit directement dans la continuité de cette politique de « paix régionale élargie ». Elle témoigne du renouveau prometteur des relations entre l’État d’Israël et un pays musulman qui promeut activement la paix, la tolérance et la coopération avec le peuple juif.
Une excellente nouvelle pour les Hassidim
Au cours des échanges qui ont ponctué cette visite historique, la question de la remise en service de vols directs entre Israël et le Kazakhstan a été évoquée, suscitant une joie immense parmi les Hassidim de Habad et l’ensemble du peuple juif. Cette initiative devrait considérablement faciliter l’accès du grand public au lieu saint de Rabbi Lévi Its’hak et permettre aux pèlerins de séjourner au Beth Habad du Kazakhstan, situé à proximité du tombeau. Cet établissement offre hébergement, espaces de prière et d’étude à tous ceux qui viennent solliciter une bénédiction auprès de Rabbi Lévi Its’hak, perpétuant ainsi le lien spirituel entre les générations.
L’affrontement qui existe dans l’âme de l’homme, entre l’âme divine et l’âme animale, constitue en grande partie le but de la vie humaine sur terre. L’âme est descendue de sa place sous le Trône de Gloire pour combattre le corps et l’âme animale, et accomplir la volonté de D.ieu malgré leurs perturbations et leur résistance.
Une âme humaine aux caractéristiques particulières
Que signifie la Hassidout lorsqu’elle affirme qu’à côté de l’âme divine présente en l’homme, réside également en lui une « âme animale » ? Cela signifie-t-il qu’il existe en nous une âme de bête ?
À D.ieu ne plaise ! Il s’agit d’une âme humaine, d’une âme d’un juif. C’est une âme qui possède des sentiments humains nobles, une logique humaine et toutes les autres caractéristiques humaines. Et pourtant, nous la nommons « âme animale ».
Cette âme n’est pas aussi mauvaise qu’on pourrait le penser. Elle contient beaucoup de bien. Voici que les trois qualités naturellement bonnes de tout juif – la pudeur, la compassion et la bienfaisance – proviennent précisément de l’âme animale. Seulement, le bien présent dans l’âme animale n’est pas un bien pur ; il est mélangé à beaucoup de mal, et c’est le mal qui domine cette âme. C’est pourquoi elle est appelée « âme animale ».
Le « moi » au centre
L' »animalité » s’exprime dans l’attraction puissante que cette âme éprouve pour les plaisirs de ce monde et dans le grand enthousiasme qu’elle manifeste pour ces choses. Certes, cette âme est prête à accomplir aussi de bonnes actions, mais généralement elle ne s’enflamme pas outre mesure. Quand s’embrase-t-elle ? Quand s’éveille-t-elle dans tous ses 248 membres ? Lorsqu’il s’agit des plaisirs de ce monde. C’est là une caractéristique typiquement « animale », d’où le nom de cette âme.
Toutes les forces et tous les sens de l’âme animale tournent autour d’un seul axe : « Comment faire pour que j’aille bien ? ». La première question que cette âme pose concernant toute chose est : « Qu’est-ce que j’en retirerai ? ». Elle n’accomplit pas les choses pour elles-mêmes, parce que c’est ainsi qu’il faut agir. S’il n’y a pas de bénéfice concret pour la personne elle-même, l’âme animale n’y trouve aucun intérêt.
C’est la raison pour laquelle l’âme animale est naturellement attirée par les plaisirs du monde, car par leur intermédiaire elle atteint immédiatement son aspiration au profit personnel immédiat. Lorsqu’une personne mange et boit, la jouissance est immédiate et directe. Lorsqu’elle dépense des fortunes en luxe et choses similaires, là aussi elle reçoit immédiatement une contrepartie sous forme de plaisir instantané. C’est pourquoi l’âme animale est naturellement attirée par ces choses.
Les racines spirituelles de l’âme animale
L’âme animale possède une racine « d’où elle a été prise », mais cette racine elle-même trouve sa source dans le monde du chaos primordial (Olam HaTohou).
Sa racine manifeste se situe dans la face du bœuf du char céleste. Plus précisément encore, dans la face d’homme qui se trouve dans la face du bœuf.
La racine de sa racine remonte au monde du chaos, car il est connu que les récipients du monde du chaos qui se sont brisés sont tombés dans le monde de la Création. Le Tséma’h Tsédek explique que ce sont eux qui constituent la vitalité du char céleste.
Issue d’une contraction de l’âme divine
Bien que l’origine de son existence provienne du monde du chaos, sa formation effective résulte d’une contraction de l’âme divine, à tel point qu’elle est « adaptée » à l’âme divine. C’est-à-dire que chez chacun, son âme animale est adaptée à son âme divine de manière à ce que précisément son âme puisse la réparer. C’est ce qu’ont dit nos Sages : « Plus grand est l’homme, plus grand est son mauvais penchant » – car la grandeur du penchant correspond à la grandeur de l’âme (puisqu’en vertu de l’élévation de son âme, il peut réparer même un tel penchant).
Composée de bien et de mal
Comme toute autre créature, l’âme animale est composée des quatre éléments, mais puisque ses quatre éléments proviennent de l’écorce de Noga, qui mêle le bien et le mal, cette âme produit non seulement les mauvais traits de caractère (comme la colère et l’orgueil), mais aussi les bonnes qualités naturelles de tout Israël de génération en génération (comme la compassion et la bienfaisance).
Ses quatre éléments fondamentaux
Les quatre éléments de l’âme animale sont la racine de tous les mauvais traits de caractère.
L’élément eau est la racine des désirs et des plaisirs. Puisque l’eau constitue l’essentiel du sang (qui est la vitalité du corps), la plupart des questions de plaisir sont liées à l’eau. Cet élément est le principal de l’âme animale.
L’élément feu est la racine de la colère et de l’orgueil, car tout comme le feu aspire constamment à s’élever vers le haut, ainsi est le sentiment d’orgueil – une impression d’être supérieur aux autres, et donc de se mettre en colère lorsqu’on pense que son honneur a été bafoué.
L’élément air est appelé la racine de la légèreté, de la moquerie, de la vantardise et des paroles vaines, car tout comme l’air n’est pas quelque chose de solide et de concret, ces choses n’ont pas de substance réelle.
L’élément terre – paresse et tristesse – la terre, dont la caractéristique est la lourdeur et l’enfoncement dans le sol.
Au-delà de la simple neutralisation : la transformation
L’âme animale, ou mauvais penchant, est généralement perçue comme une gêne et un facteur perturbateur qu’il faut principalement surmonter et écarter du chemin. Mais la vérité est qu’il ne suffit pas de surmonter les obstacles que l’âme animale dresse, il faut aussi la conquérir elle-même et planter en elle l’amour de D.ieu. Ces propos se fondent sur les paroles de nos Sages concernant le verset « Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu de tout ton cœur » : « De tout ton cœur – avec tes deux penchants, avec le bon penchant et avec le mauvais penchant » ; il faut amener aussi le mauvais penchant à l’amour de D.ieu.
Comment apprivoiser l’âme animale
Cette mission est la plus difficile. Lorsqu’on a affaire à un bœuf qui frappe, qui se déchaîne et rue et blesse tout ce qui se trouve sur son chemin, on peut avec un certain effort l’enfermer derrière un enclos fermé et l’empêcher de nuire. Mais exploiter ce bœuf même pour un travail positif et le transformer d’un « bœuf qui frappe » au sens de « une abondance de récoltes par la force du bœuf » – c’est la chose la plus difficile. Pourtant, c’est ce qu’on exige de l’homme : exploiter les forces de son âme animale et son mauvais penchant pour le service de D.ieu.
Pour que ce processus se produise, il est nécessaire de changer l’essence de l’âme animale. Cette âme, dans son état brut, n’a aucune notion ni sensation des affaires de sainteté. Elle comprend et ressent très bien les désirs de ce monde, et y est attirée avec une grande force ; mais dans les affaires de sainteté, elle n’a aucune connaissance ni aucune sensation. C’est pourquoi elle est appelée « âme animale », car en ce qui concerne l’existence divine, elle est comme un animal, qui n’a aucune notion ni sensation des affaires spirituelles. Et pour que cette âme aussi commence à ressentir du goût dans les affaires divines, l’homme doit changer son essence.
Ce changement essentiel dans l’âme animale se fait en s’adressant à elle dans son langage et ses concepts. On peut comparer cela au dressage d’un animal. On ne peut dresser un animal par la parole ordinaire ; il faut trouver des moyens de lui « parler » dans son langage et l’amener à vouloir faire ce qu’on lui commande. Ainsi, l’homme doit expliquer les affaires spirituelles à son âme animale, dans son langage à elle. Pour cela, il doit étudier et comprendre la grandeur de D.ieu par son intellect, méditer sur les choses encore et encore jusqu’à ce qu’elles soient comprises même par un intellect matériel et grossier. Et alors il pourra expliquer à son âme animale qu’il vaut la peine pour elle aussi d’aimer D.ieu et d’accomplir Sa volonté.
Le cheval et son cavalier
On peut se demander pourquoi il faut tant s’efforcer et amener l’âme animale à l’amour de D.ieu ; pourquoi ne suffit-il pas de l’empêcher de perturber l’âme divine dans son service de D.ieu ? L’une des explications est que c’est précisément l’âme animale qui peut amener l’âme divine à un amour de D.ieu si grand que l’âme divine elle-même ne peut l’atteindre.
À quoi cela ressemble-t-il ? À un cheval et son cavalier. Certes, le cheval n’est qu’un cheval, et sans le cavalier il n’a aucun avantage ni mérite ; mais lorsque le cavalier est assis sur lui et le dirige selon sa volonté – le cheval a un énorme avantage, car c’est précisément par lui que le cavalier peut atteindre des endroits qu’il n’aurait pu atteindre par ses propres forces. De même pour l’âme animale : lorsqu’elle est exploitée pour le service de D.ieu, elle élève l’homme à des hauteurs que son âme divine seule n’aurait pu atteindre.
L’amour de D.ieu de l’âme animale possède un autre avantage sur celui de l’âme divine : lorsque l’âme divine aime D.ieu et accomplit Sa volonté, il n’y a là aucune nouveauté ; c’est son état naturel. Mais lorsque l’âme animale, qui par sa nature n’est attirée que par les choses matérielles et grossières, parvient soudain à l’amour de D.ieu – c’est une nouveauté essentielle, et cette chose est très précieuse en haut, à tel point que c’est pour cela que l’âme est descendue en bas, afin d’amener aussi le corps et l’âme animale à l’amour de D.ieu.
Utiliser la chaleur naturelle
Mais d’un autre côté, il est possible d’exploiter cette caractéristique également pour le service de D.ieu. Puisque l’âme animale n’est pas mauvaise dans son essence même, mais qu’elle recherche le plaisir personnel, lorsqu’on lui montre que les choses spirituelles lui apporteront une jouissance et une satisfaction bien plus grandes, elle est prête à se laisser « convaincre ». Il en résulte que lorsqu’on prouve à l’âme animale qu’une vie de Torah et de Mitsvot est bien meilleure, plus agréable et bien plus satisfaisante qu’une vie de débauche et de vide, cette âme est capable d’aimer aussi le Saint, béni soit-Il, ainsi que Sa Torah et Ses Mitsvot.
Le défaut de cette approche utilitariste est évident, mais d’un autre côté elle présente un avantage : l’âme animale possède une chaleur naturelle et un enthousiasme excessif ; et lorsqu’on lui enseigne à diriger sa chaleur et son enthousiasme vers la Torah et le service de D.ieu, les choses se font avec une grande joie et une ardeur intense, bien plus que si elles étaient accomplies par les seules forces de l’âme divine.
Mais pour parvenir à ce bouleversement intérieur dans l’âme animale, le travail personnel de l’homme est nécessaire, et c’est de cela que traite largement la pensée hassidique.
L’aviation israélienne frappe Dahiyeh à Beyrouth et vise le numéro 2 du Hezbollah. Pour la première fois depuis cinq mois, Tsahal a mené une frappe ciblée contre un haut responsable terroriste dans la capitale libanaise. L’opération intervient dans le cadre de la lutte continue d’Israël contre les organisations terroristes sur plusieurs fronts.
Pour la première fois depuis cinq mois, Tsahal a mené dimanche une frappe ciblée contre un haut responsable de l’organisation terroriste Hezbollah à Beyrouth. Selon notre correspondant militaire Hillel Biton Rosen, la cible de cette opération d’élimination était Haytham Ali Tabatabai, considéré comme le numéro 2 de l’organisation terroriste Hezbollah.
Sur la tête de Tabatabai est placée une prime de 5 millions de dollars par le département d’État américain.
Une décision prise en temps réel
Notre correspondant militaire a révélé qu’il s’agissait de renseignements urgents. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont approuvé la frappe alors que les avions étaient déjà en vol, et quelques minutes plus tard, les munitions ont été larguées. Par ailleurs, Israël se prépare à la possibilité que le Hezbollah choisisse de riposter.
Le profil du haut responsable visé
Haytham Ali Tabatabai est un terroriste libanais. Selon les rapports, il occupait un poste de haut rang au sein de l’Unité 3800, où il était responsable des opérations militaires du Hezbollah dans des pays arabes tels que la Syrie, le Yémen et l’Irak. Il a également été par le passé commandant de la Force Radwan, l’unité d’élite de l’organisation terroriste Hezbollah. Le 26 octobre 2016, le département d’État américain l’a désigné comme terroriste mondial spécialement déclaré, avec une prime de 5 millions de dollars sur sa tête.
La détermination affichée du Premier ministre
Plus tôt dans la journée, lors de la réunion du gouvernement, Netanyahu a évoqué la lutte continue contre le Hezbollah au Liban et le Hamas dans la bande de Gaza : « Nous continuons à frapper le terrorisme sur plusieurs fronts », a déclaré le Premier ministre. « Ce week-end, Tsahal a frappé au Liban, et nous continuerons à faire tout ce qui est nécessaire pour empêcher le Hezbollah de reconstituer sa capacité de menace contre nous. »
« Nous agissons de manière indépendante, sans dépendre de quiconque. Les actions immédiates visant à déjouer les attaques sont menées par Tsahal de manière automatique. Concernant les ripostes, cela passe par le ministre de la Défense et arrive finalement jusqu’à moi, et nous décidons en toute indépendance de tout facteur extérieur, et c’est ainsi que cela doit être. Israël est responsable de sa propre sécurité », a-t-il souligné.
Au fil des années, le Rabbi de Loubavitch a abordé à maintes reprises la question de l’argent, de la Tsedaka et de la gestion des biens matériels dans le service divin. À travers ses enseignements, ses directives pratiques et son exemple personnel, il a tracé une voie équilibrée entre l’idéal spirituel et les nécessités concrètes de l’existence. Voici un recueil de ses paroles et de témoignages édifiants sur ce sujet fondamental.
Des Sedarim publics pour répandre la lumière de Pessa’h
Au mois d’Adar Cheni 5746 (1986), les deux Grands Rabbins d’Israël de l’époque, Rav Avraham Shapira et Rav Mordekhaï Eliyahou, rendirent visite au Rabbi. Une longue et passionnante conversation s’engagea, portant sur des sujets de Torah, de Halakha et d’actualité. Au cours de l’échange, le Rabbi proposa que les Rabbanim de chaque localité organisent des Sedarim publics de Pessa’h, auxquels seraient conviés les habitants, et particulièrement les enfants.
Le Rabbi explicita ensuite sa pensée :
« L’organisation de « Sedarim publics » implique des dépenses financières. Par conséquent, afin que les Rabbanim — qu’il s’agisse des Rabbanim de villes, de Mochavim ou de quartiers — puissent réaliser ces « Sedarim publics », il faut leur rembourser l’ensemble des frais engagés. Concernant la question « d’où viendra l’argent ? », le verset proclame explicitement : « À Moi est l’argent, à Moi est l’or, parole de l’Éternel des armées ! »
« Concrètement, je suis disposé à participer à ces dépenses selon mes moyens, et j’y associerai d’autres personnes qui seront heureuses de contribuer à ces frais. »
Le Rabbi sourit et ajouta :
« Il existe un dicton selon lequel un Juif est par nature un « commerçant »… Moi aussi, je réfléchis déjà à ce que l’on pourra « gagner » de toute cette entreprise après Pessa’h ! Or le « bénéfice » est le suivant : grâce à l’organisation d’un « Seder public » où viendront de « nouveaux visages », une relation se nouera avec les enfants et leurs parents, etc. Il sera alors possible de poursuivre ce lien après Pessa’h également, concernant de nombreux aspects du judaïsme, de la Torah et de ses Mitsvot. »
Plus que ce que le maître de maison fait pour le pauvre
Lors du Farbrenguen du Chabbat Parachat Beréchit 5714 (1953), le Rabbi déclara :
« Il faut savoir que l’on ne fait pas une faveur au Rabbi — le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak — en participant aux dépenses financières de son œuvre. Car le fait que le Rabbi ait permis de participer à son travail n’est destiné qu’au mérite d’autrui. C’est pourquoi il a établi que cela se fasse par le biais de l’argent, afin que s’accomplisse pour ces donateurs la promesse : « Donne la dîme afin que tu t’enrichisses »… »
Le Rabbi poursuivit :
« Que s’imaginent-ils — qu’ils font une faveur au Rabbi avec leur argent ? Et que le Rabbi, qui se trouve au « Gan Eden », au septième ciel, et même lorsqu’il était parmi nous ici-bas ne pouvait être attaché qu’à l’Essence et à l’Être du Ein Sof, béni soit-Il… aurait besoin de leur argent ?! »
« Je ne sais pas si quelqu’un me doit quelque chose »
La veille de Roch Hachana 5712 (1951), après la prière du matin et la cérémonie d’annulation des vœux, le Rabbi déclara que selon les paroles de l’Admour Hazakène, il convient de rédiger un Prozboul la veille de Roch Hachana de l’année de Chemita. Il conclut en s’adressant au Beth Din qui procédait à l’annulation :
« Je ne sais pas si quelqu’un me doit une dette quelconque, mais dans l’affirmative : « Je vous transmets toutes les créances que je possède, afin que je puisse les recouvrer à tout moment. » »
À une autre occasion, le Rabbi évoqua l’interprétation populaire de l’enseignement des Sages : « Rabbi honorait les riches. » Selon cette explication, Rabbi lui-même étant riche, il honorait les riches pour souligner que l’honneur qu’on lui témoignait n’était pas dû à ses qualités et mérites personnels, mais à sa richesse. Le Rabbi s’interrompit alors et dit avec humour :
« En ce qui me concerne, on ne peut me soupçonner de cela — je ne possède ni pierres précieuses, ni argent, ni or… »
Pourquoi Rabbi honorait-il les riches ?
Dans cette même causerie, le Rabbi poursuivit en expliquant la signification profonde de l’enseignement « Rabbi honorait les riches ». Il exposa que la raison essentielle pour laquelle il convient d’honorer les riches est qu’Hachem les honore. De plus, l’épreuve de la richesse est plus grande que celle de la pauvreté : en effet, un pauvre qui ne possède rien n’est pas en mesure d’agir, tandis qu’un riche doit résister à l’épreuve d’utiliser son argent pour les véritables finalités.
Lorsqu’il s’agit de Tsedaka pour une Yechiva, le Rabbi décrivit longuement et en détail les combats intérieurs de l’âme, les hésitations qui se livrent dans le cœur de l’homme lorsque le mauvais penchant s’oppose à lui. Le Yetser Hara’ vient et argumente :
« Pourquoi dépenses-tu ton argent pour ces étudiants de Yechiva ? Ce sont des jeunes gens capables de travailler et de gagner leur vie. Ils sont en mesure de fournir les mêmes efforts que toi. Et simplement parce qu’ils ne veulent pas travailler, tu serais obligé de travailler pour eux et de les entretenir ?! »
Bien plus — poursuit le Yetser —, si au moins ils étudiaient quelque chose d’utile pour le monde moderne, on pourrait encore comprendre la nécessité de les soutenir. Mais ils restent assis à étudier la Torah de D.ieu dans l’esprit ancien et désuet, comme on l’étudiait il y a des années, sans suivre l’air du temps. Est-ce que cela vaut vraiment la peine de gaspiller de l’argent pour cela ?
« Non seulement ces jeunes — les étudiants de Yechiva — n’apportent aucune utilité, mais en plus, en tant que jeunes hommes, ils « gaspillent » leurs forces qui s’en vont en pure perte. Et tout cela se fait avec l’aide de « ton argent ». En résumé — conclut le Yetser — tu aides à « corrompre » le monde ! »
« Et donc, poursuivit le Rabbi, puisque la richesse constitue une grande épreuve et que malgré cela Hachem leur a accordé cette richesse — cette immense épreuve — en leur confiant ce dépôt avec la confiance qu’ils l’utiliseront comme il se doit : si Hachem les honore, il convient de les honorer également. »
« Puisse D.ieu leur accorder d’utiliser ce dépôt pour sa véritable finalité. »
« Qu’il y ait l’abondance chez tout Juif »
Le 13 Nissan 5735 (1975), le Rabbi convoqua de manière inattendue un groupe de militants Habad pour leur parler de la campagne de l’allumage des bougies de Chabbat. Le Rabbi évoqua la conduite du Tsemah Tsedek, chez qui les meubles n’étaient pas peints mais simplement blanchis, et qui malgré cela encouragea le Rabbi Maharach à ce que ses meubles soient justement peints et avec raffinement.
Le Rabbi conclut :
« Aujourd’hui, nous sommes tous des disciples du Tsemah Tsedek. Puisse Hachem accorder l’abondance à tout Juif… »
« J’accepte de tout cœur »
À une autre occasion se déroula un long et fascinant dialogue entre le Rabbi et l’Admour de Kopitchinitz. Le Rabbi le pressait d’accepter qu’il y ait la richesse chez les Juifs. L’Admour hésitait, évoquant les épreuves que cela implique. Mais le Rabbi expliqua que l’épreuve de la pauvreté est plus grande. Il dit également que puisque « aucun banni ne restera rejeté » et que tous feront Techouva, cela inclut aussi les riches. Finalement, l’Admour acquiesça en disant : « J’accepte de tout cœur ! » Le Rabbi en fut satisfait.
La controverse entre Moché Rabbénou et les explorateurs
Rav Yehouda Leib Posner de New York cita dans une lettre des extraits d’un Farbrenguen du Rabbi qui s’était tenu l’un des Chabbatot Mevarekhim, avant la période de la direction.
Le Rabbi demanda : Quel était l’essentiel de la divergence d’opinions entre Moché Rabbénou et les explorateurs ? Et si l’intention des explorateurs était de médire de la Terre, pourquoi en rapportèrent-ils les fruits ?
Le Rabbi expliqua que l’opinion des explorateurs était que leur situation présente dans le désert était meilleure que s’ils entraient en Terre d’Israël. Dans le désert, ils mangeaient la manne « venue du ciel », et même les Mitsvot, ils ne les accomplissaient que spirituellement (à l’instar de la conduite des Patriarches avant le don de la Torah). Ils ne voulaient pas entrer en Terre d’Israël et être contraints de s’occuper de matérialité. Ils préféraient rester « pauvres » dans le désert — comme le Rabbi s’exprima en yiddish : « Tsu blaybn oremlayt in midbar » — plutôt que d’être « riches » en Terre d’Israël, car ils craignaient de ne pouvoir servir D.ieu convenablement au sein d’une richesse matérielle.
Tel était aussi le sens de leur argument : « C’est une terre qui dévore ses habitants » — le Rabbi fit le parallèle : « Comme l’Amérique. » Comme preuve de la richesse prodigieuse qui s’y trouvait, ils montrèrent les fruits en disant « Voici ses fruits », affirmant qu’il était impossible, selon eux, d’être de véritables serviteurs de D.ieu au sein d’une telle opulence.
Moché, quant à lui, soutenait que tout cela était vrai avant le don de la Torah, mais qu’après le don de la Torah, le service divin devait s’accomplir précisément dans la matérialité, et justement au sein de la richesse.
Moché Rabbénou, un « Gabaï Tsedaka » exemplaire
Lors du Farbrenguen du Chabbat Parachat Vayakhel-Pekoudei 5743 (1983), le Rabbi dit que lorsque la Torah relate « Voici les comptes du Tabernacle… », c’est-à-dire que Moché Rabbénou rendit compte aux Enfants d’Israël de tout l’or, l’argent et le cuivre collectés pour la construction du Tabernacle, l’enfant de cinq ans qui étudie la Torah comprend qu’il y a là un enseignement pratique :
« Lorsqu’un Gabaï Tsedaka (trésorier de charité) ou similaire reçoit des fonds publics pour un objectif déterminé, il doit rendre des comptes au public sur l’utilisation de ces fonds. Et ce — même lorsqu’il s’agit d’un Juif de confiance, etc., afin qu’il n’y ait pas lieu de soupçonner qu’il aurait pris quelque chose pour lui-même, etc. Moché Rabbénou ne tint pas compte du fait que les Enfants d’Israël connaissaient la grandeur de sa vertu, etc., et il rendit néanmoins des comptes… pour nous enseigner que telle doit être la conduite de chacun, même d’une personne de confiance, afin de ne donner aucune prise à un quelconque soupçon. »
Et le Rabbi d’ajouter :
« D’autant plus que lorsque les Enfants d’Israël se trouvaient dans le désert, il n’y avait pas de place pour des affaires d' »escroqueries », de spéculations boursières et autres, car on n’avait pas vraiment besoin d’argent — ce qui n’est pas le cas de nos jours !… »
Témoignage du secrétaire personnel
Chaque émissaire doit également se consacrer aux aspects matériels de sa mission. Rav Hodakov déclara un jour à Rav Israël Tsvi Glitzenstein, lors d’un entretien :
« Bien que le temps du Rabbi soit précieux — chaque instant étant consacré à l’étude de la Torah ou à d’autres sujets élevés qui sont au sommet des préoccupations du monde — malgré cela, chaque jour, il consacre au minimum quelques minutes (cinq minutes, dix minutes, etc.) aux questions financières des institutions placées sous sa direction. Cela montre qu’un directeur d’institution ou un émissaire ne peut pas dire : « Les questions financières ne me concernent pas », et ainsi de suite. »
Ce qu’un enfant comprend
En Israël, il est de coutume d’envoyer des « Mechoula’him » (émissaires collecteurs) pour recueillir des fonds de Tsedaka. En 5746 (1986), le Rabbi aborda la question du pourcentage que ces collecteurs peuvent percevoir sur les fonds récoltés, et nota :
« Un enfant comprend que lorsqu’on collecte pour la Tsedaka et qu’ensuite on donne la moitié [des revenus de la collecte] à un particulier [le Mechoula’h], c’est contraire à l’honnêteté et c’est tromper chaque donateur qui a donné sa pièce… »
« La reliure peut être simple »
En 5714 (1954), le Rabbi eut besoin d’un livre intitulé « Kéter Chem Tov » (Coutumes et raisons) paru à Londres, et demanda à Rav Ben-Tsion Chem-Tov de se le procurer. Le Rabbi précisa que ce livre figurait « dans le catalogue d’un libraire à Londres », mais que « comme c’est souvent le cas dans les catalogues, le prix est excessivement élevé ». « Et je vous prie — poursuivit le Rabbi — que celui qui achètera les deux parties mentionnées ci-dessus les envoie ici dans les plus brefs délais, par l’intermédiaire d’un voyageur ou par courrier postal — mais pas par avion. Et il est évident que la reliure peut être simple… car on connaît l’adage de nos Sages selon lequel « la Torah a eu compassion de l’argent d’Israël ». »
Un exemple édifiant
Au fil des années, le Rabbi a servi d’exemple édifiant d’une extrême frugalité, d’économie et de refus du gaspillage. Les secrétaires du Rabbi ont ainsi raconté que le Rabbi écrivait ses réponses en marge des lettres, et qu’il arrachait parfois des morceaux de papier restés vierges des lettres qu’il recevait, afin qu’ils soient utilisés. Pour lui-même, le Rabbi ne demandait rien et se comportait avec une humilité hors du commun.
Voici deux faits datant de la période précédant son accession à la direction du mouvement.
« Nous aussi, nous sommes économes »
Lorsque le Rabbi résidait à Paris, les envois d’argent passaient par lui. Rav Israël Jacobson et d’autres lui envoyaient les chèques, qu’il remettait ensuite selon les instructions du Rabbi précédent. Dans une lettre datée du 20 Chevat 5699 (1939), le Rabbi lui écrit :
« Votre lettre de fin Tévet est bien arrivée. Conformément à sa demande, je lui ai télégraphié le jour même que j’avais remis le chèque de mille [francs] pour encaissement ici, et il l’a certainement reçu en temps voulu. »
« Bien que ce soit une dépense inutile et sans aucune utilité, car dans la grande majorité des cas, le lendemain de la réception des chèques ici, ils les remettent à l’encaissement (si ce n’est pas un Chabbat, etc., bien entendu). Par conséquent, pour l’avenir, on peut facilement estimer le jour où les chèques seront remis à l’encaissement. Et la Torah a eu compassion de l’argent d’Israël, qu’il s’agisse de celui d’un particulier, du public ou du Temple. Nous aussi, nous sommes économes. »
« Télégramme urgent » sans nécessité…
Sur le même sujet : lorsque le Rabbi parla en 5746 de la campagne « Assé Lekha Rav » (« Choisis-toi un Rav »), il raconta entre autres :
« Le Rabbi précédent reçut un jour une lettre en « télégramme urgent ». Après avoir lu la lettre et y avoir répondu, etc., il ajouta qu’il ne voyait pas l’urgence de l’affaire qui aurait nécessité l’envoi d’un « télégramme urgent » plutôt qu’une lettre ordinaire, car il est dommage de dépenser l’argent supplémentaire pour le prix des « timbres » d’un « télégramme urgent ». »
Et le Rabbi de poursuivre :
« Il est évident et simple que ces quelques pièces supplémentaires qu’il fallut ajouter pour le « télégramme urgent » n’avaient aucune importance ni pour le Rabbi précédent, ni pour l’expéditeur de la lettre, d’autant plus qu’il s’agissait d’une lettre adressée au Nassi de la génération !… Néanmoins, le principe selon lequel « la Torah a eu compassion de l’argent d’Israël » s’applique même pour une somme modique, et lorsqu’il n’y a pas de nécessité, il ne faut pas gaspiller même une somme modique. »
« Cependant, lorsqu’il s’agit d’une affaire susceptible d’apporter un bénéfice pour l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot, il vaut la peine de dépenser, même pour un doute ou un doute de doute, plus que quelques pièces.
Le Rabbi sourit alors et dit :
« Mon intention n’est pas que dès la sortie du Chabbat, tout le monde coure à l' »aéroport » et monte dans l’avion le plus rapide (même s’il faut payer une somme très élevée), pour aller personnellement transmettre et informer de la directive « Assé Lekha Rav »…
« Il existe de nombreuses voies et moyens pour transmettre cette directive avec la même rapidité et la même efficacité — sans le gaspillage de voyages en avion ! »
« J’ai eu pitié de son argent »
En 5690 (1930), alors que le Rabbi se trouvait à Berlin, Rav Hodakov (qui se trouvait alors auprès du Rabbi précédent à Riga) lui demanda de se procurer des calendriers et des tables horaires, afin de pouvoir imprimer les horaires d’allumage des bougies de Chabbat pour les villes de Russie.
Le Rabbi lui expliqua les tentatives qu’il avait faites pour les obtenir, mais lui proposa une autre solution :
« Je lui répéterai encore une fois ce que je lui ai dit l’année dernière : il trouvera certainement à la bibliothèque de l’université de Riga… dans l’Annuaire astronomique, tout ce qui est nécessaire pour établir le calcul du coucher du soleil selon les horizons de Moscou, Leningrad, etc. J’ai eu pitié de son argent… le prix de chacun est de 12 marks — et je ne les ai pas achetés, car de toute façon, ensuite, il n’en aura plus besoin ; qu’on les lui prête certainement pour quelques jours. »
« Qu’ils ne donnent pas un seul sou »
En 5736 (1976), des négociations étaient en cours concernant l’éviction d’un locataire qui avait envahi la synagogue « Tsemah Tsedek » et les pièces adjacentes dans la Vieille Ville de Jérusalem. Celui-ci refusait de partir sans qu’on lui verse une somme d’argent faramineuse. À Roch ‘Hodech Nissan 5736, à trois heures du matin, Rav Hodakov téléphona au domicile de Rav Ephraïm Wolf à Lod. Il lui lut un billet que le Rabbi avait écrit concernant cette négociation, où il était notamment écrit :
« C’est un Din Torah (une règle halakhique) que la Torah a eu compassion de l’argent d’Israël, et il est évident qu’il ne faut pas donner un seul sou contrairement à la justice, contrairement au Choul’han Aroukh et au Tsemah Tsedek. Qu’ils ne donnent pas un seul sou à cette personne, et c’est un grand étonnement qu’on puisse même envisager cela. »
« Et de plus — voler l’argent des institutions de nos Maîtres et Guides, et le donner à cette personne — c’est incroyable. Il semble que tous les ‘Hassidim qui se sont occupés de cette affaire jusqu’à présent l’ont fait de la manière la plus étrange. Et si cette personne n’échange pas son appartement contre un autre sans l’ajout d’un seul sou supplémentaire — qu’ils cessent immédiatement toute discussion avec lui. »
« Et si l’un des ‘Hassidim trouve qu’il est capable de faire quelque chose dans cette affaire — qu’il le fasse uniquement par l’intermédiaire des bureaux officiels, et qu’il ne parle qu’avec le bureau et coupe tout contact avec cette personne, comme mentionné ci-dessus. (Et l’échange d’appartement ne sera pas immédiat.) Ils accompliront certainement tout cela. »
« Ce n’est pas avec de l’argent que vous serez rachetés »
Durant l’été 5726 (1966), l’un des éminents ‘Hassidim, Rav Ben-Tsion Chem-Tov, l’émissaire renommé, fit un Farbrenguen à Kfar Habad lors d’un Chabbat, où il exhorta les ‘Hassidim à donner pour le « Maamad ». Il y eut une certaine impression que c’était comme si cette directive venait du Rabbi. Le Rabbi réagit immédiatement. La veille de Chavouot, les télégrammes suivants furent reçus en Israël :
Premier télégramme :
« J’ai été stupéfait en recevant aujourd’hui leur lettre [disant] que j’aurais comme accepté, etc., et que vous vous êtes immédiatement engagés, etc. Qu’ils remettent toute la collecte effectuée sur cette base à nos institutions en Israël. »
« Et tous ceux qui veulent véritablement renforcer leur attachement à nos Maîtres et Guides — qu’ils se renforcent avec énergie dans la diffusion des sources et dans la consolidation de leurs institutions. « Ce n’est pas avec de l’argent que vous serez rachetés. »
« Dans l’attente de la confirmation de réception du télégramme et avec bénédiction pour un travail intérieur et pour recevoir la Torah dans la joie et l’intériorité. »
Mena’hem Schneerson
Deuxième télégramme :
« En continuation de mon télégramme précédent : qu’ils cessent immédiatement les actions dont ils ont écrit, et qu’ils fassent savoir que cela a été fait sans mon accord et qu’il est évident que c’est contraire à ma volonté. Qu’ils envoient ici en réalité tous les carnets de reçus mentionnés dans le premier télégramme ainsi que celui-ci aux autres localités où ils ont fait de même.
Ma double demande est de transmettre tout cela en mon nom. Avec mes sincères remerciements d’avance.
Décès soudain d’une enseignante dévouée du jardin d’enfants Pardess ‘Hanna de la rue Compan dans le 19e. La communauté pleure la disparition brutale de Madame Daniella Bokobza, femme discrète qui a consacré plus de quarante ans à l’éducation des enfants depuis les années 80. Son décès survenu pendant Chabbat Parchat Toldot rappelle symboliquement son héritage de générations d’élèves qu’elle a façonnées.
Une disparition qui endeuille la communauté
La communauté a été bouleversée par le décès soudain d’une figure bien-aimée du monde éducatif. Madame Daniella Bokobza, de mémoire bénie, enseignante appréciée et dévouée au jardin d’enfants Pardess ‘Hanna, est décédée de manière inattendue pendant Chabbat Parchat Toldot, 2 Kislev 5786.
Plus de quarante ans de dévouement discret
Depuis les années 80, Madame Daniella incarnait la discrétion et le dévouement au service de l’éducation. Pendant plus de quatre décennies, elle a marqué des générations d’enfants par son engagement silencieux et son amour profond pour l’enseignement. Son dévouement au jardin d’enfants Pardess ‘Hanna était reconnu de tous, et elle laisse derrière elle un vide immense parmi ses collègues, les familles et tous ceux qui ont eu le privilège de la connaître.
Un départ pendant la Paracha des générations
Il est particulièrement poignant que son âme soit montée au ciel pendant Chabbat Parchat Toldot, la section de la Torah qui évoque les générations et leur transmission. Tel le thème de cette Paracha, Madame Daniella laisse derrière elle des générations entières d’élèves qu’elle a éduqués et influencés, perpétuant ainsi son héritage spirituel et éducatif.
Informations complémentaires à venir
Les détails concernant les funérailles en Israël et les arrangements seront communiqués ultérieurement. La communauté est invitée à se joindre à la famille pour accompagner Madame Daniella lors de sa dernière demeure et présenter ses condoléances aux proches endeuillés.
Afin de lui offrir une levaya digne et de soutenir la famille dans cette épreuve, nous faisons appel à votre générosité.
Les frais liés aux funérailles représentent une charge importante. Chaque don, même modeste, sera d’une aide précieuse pour honorer sa mémoire avec respect et dignité.