Au cœur de la nuit, en plein hiver soviétique, une famille ‘hassidique tente de franchir le rideau de fer avec des passeports polonais falsifiés. Mais trente secondes de retard vont changer le cours de leur destinée pour les dix-neuf années suivantes. Voici le récit extraordinaire de foi et de détermination de la famille Vichitski, dont l’attachement au Rabbi a transcendé les frontières du possible.
Une demi-minute qui coûta dix-neuf années
Au milieu de la nuit, dans le cadre de l’opération d’exfiltration massive des ‘hassidim hors de Russie soviétique au moyen de faux passeports polonais, le dernier train s’apprête à partir. Comme tant d’autres familles ‘hassidiques, la famille Vichitski se dirige vers la gare. À sa tête, le ‘hassid Rav Méir Ich Vichitski et les siens sont en route vers la liberté.
Quelques minutes avant d’atteindre la gare, des policiers surgissent de nulle part et arrêtent le véhicule pour un contrôle. Ils s’emparent des faux passeports et, comme par l’œuvre du Satan à l’instant le plus critique, ils ne se pressent nullement. Ils examinent chaque passeport avec une lenteur calculée avant de finalement les restituer, alors que l’heure est déjà très tardive.
On presse le conducteur d’accélérer, de rouler vite pour atteindre le train. Ils arrivent jusqu’à la gare même, s’approchent des rails aussi près que possible, sautent de la voiture pour se rapprocher du train… et découvrent qu’ils sont arrivés trop tard. Le train est fermé et déjà en mouvement.
Un retard d’une demi-minute dont le prix fut dix-neuf années supplémentaires en Russie soviétique, dont dix-sept années d’exil et de travaux forcés dans les camps du Kazakhstan pour le chef de famille, Rav Méir Ich Vichitski.
La réaction d’un ‘hassid face à l’impossible
Face à cette terrible occasion manquée, alors que le train défile sous leurs yeux et que personne ne sait ce qui allait se produire, Rav Vichitski réagit comme seul un ‘hassid peut réagir. Il déclara simplement : « Nous sommes ici en mission. Notre mission comporte des éclaircissements que nous devons accomplir ici. Tant que nous ne les aurons pas accomplis, nous ne quitterons pas cet endroit. Il y a ici une mission. »
La raison principale pour laquelle le grand-père, Rav Méir Ich Vichitski, fut emprisonné, comme le précise le dossier d’enquête, était son appartenance aux ‘hassidim du Rav Schneerson. Qu’il s’agisse du Rabbi Rachab, du Rabbi précédent ou de notre Rabbi à cette époque, le grand-père n’avait jamais vu ne serait-ce qu’une photographie. Posséder une image était quelque chose de précieux et de rare, une chose dangereuse à garder chez soi.
Un lien plus fort que la distance
Pendant de nombreuses années, ils ne savaient pas à quoi ressemblait le Rav. Et cela ne les empêchait nullement d’être liés à lui de la manière la plus forte imaginable, au point du sacrifice de soi. Concrètement, d’où puisaient-ils la force pour ce sacrifice face à toutes les épreuves et difficultés ? C’était leur attachement incroyable au Rabbi.
À la maison, ils ne vivaient et ne respiraient que pour le Rabbi. L’aspiration, le seul désir qu’ils avaient était : quand aurons-nous le mérite de voir le Rabbi ? Comment vivre ainsi ? Il était peut-être impossible de rencontrer le Rabbi de manière naturelle, par aucun moyen. C’était peut-être simple, mais vivre avec le Rabbi, ce n’était pas seulement un désir, c’était une certitude et une conviction absolue qu’ils allaient rencontrer le Rabbi. Ils ne savaient pas par quelle voie, mais l’espoir ne faiblissait pas un seul instant.
La lettre qui changea tout
De nombreuses années après cette tentative de fuite avortée, le moment arriva enfin où ils purent envisager une nouvelle tentative de sortie de Russie. Ils trouvèrent alors un moyen d’envoyer une lettre au Rabbi par l’intermédiaire de l’oncle Yaakov Yossef Raskin, de mémoire bénie, qui vivait à Kfar Habad. Une lettre proposant ce plan : était-il possible d’emprunter cette voie inhabituelle ?
La lettre parvint à destination et arriva au Rabbi. La réponse vint sous forme d’un message : « Qu’ils viennent tous ensemble. » Le message codé utilisait le terme « Doudka » – le surnom du Rabbi dans la correspondance de cette époque.
Lorsqu’ils reçurent ce message, la réaction immédiate de la famille fut : « Nous avons reçu une promesse explicite du Rav. Nous nous reverrons avec le Rabbi ! » Dès lors, cette confiance et cette foi qui les avaient accompagnés jusqu’à ce jour se transformèrent en certitude absolue. « Nous avons reçu une promesse, nous allons nous revoir, sans aucun doute. »
La promesse accomplie
Et effectivement, le 9 Kislev 5748, les membres de la famille eurent le mérite de quitter la Russie. Au terme d’un long processus, ils arrivèrent en Terre Sainte et rejoignirent le Rabbi.
En écoutant ces récits, il est impossible de ne pas remarquer la similitude frappante entre la situation dans laquelle se trouvaient alors les ‘hassidim et celle où nous nous trouvons aujourd’hui. Particulièrement pour ma génération, celle de mes pairs nés après Guimel Tamouz.
Voici des Juifs qui n’ont pas eu le mérite de voir le Rabbi, et même ce que nous possédons – photos, vidéos, enregistrements, enseignants – tout cela leur faisait défaut. Pourtant, ils étaient attachés à lui de tout leur cœur et de toute leur âme, et n’ont jamais cessé de croire et d’espérer qu’ils auraient effectivement le mérite de le voir.
Une promesse pour notre génération
D’un autre côté, cette même promesse de « nous nous reverrons » qu’ils ont reçue, nous l’avons également reçue, et de la manière la plus claire possible du Rabbi. Tous ces discours merveilleux du Rabbi sur la venue du Machia’h et de la Délivrance très prochainement ne sont allés nulle part. Ses paroles sont vivantes et éternelles à jamais.
Comme le Rabbi l’a écrit : « Nous nous reverrons. » Même si pour certaines personnes cela peut sembler un rêve lointain, pas vraiment réaliste, déjà à l’époque cela ne semblait pas non plus réaliste. Et cela n’empêchait pas les ‘hassidim de croire et d’avoir confiance jusqu’à la certitude absolue que cela allait se produire.
Comment vivre avec cette certitude
Comment ont-ils fait ? Comment est-il vraiment possible de vivre des dizaines d’années, une vie entière, dans une telle situation et avec un tel attachement, une telle confiance ? Certainement que pour des êtres de chair et de sang, sans que le Rabbi ne donne de force, sans qu’il y ait un commandement divin, une chose pareille serait impossible.
C’est le Rabbi qui commande et nous relie à lui. Et le Rabbi est au-dessus des limitations de l’espace et au-dessus des limitations du temps, que l’on parle du rideau de fer soviétique ou que nous nous trouvions près de trente ans après Guimel Tamouz 5754.
Mais comme le Rabbi l’explique, après qu’il y ait un commandement divin, il doit y avoir « et ils prendront ». Pour qu’un Juif désire la révélation divine, il doit travailler sur cela. Pour que nous ressentions et vivions cette aspiration que le Rabbi nous donne, nous devons nous en occuper, la faire vivre, vivre avec elle.
Le secret des ‘hassidim de Russie
Ce qui maintenait concrètement les ‘hassidim en Russie était qu’ils ne cessaient jamais de se réunir en Farbrenguen, de parler, de réfléchir, de s’éveiller eux-mêmes, de s’éveiller les uns les autres dans ce même sentiment d’aspiration et dans cette même confiance et certitude qu’ils allaient rencontrer le Rabbi.
Chacun d’entre nous a la possibilité d’éveiller en lui-même un sentiment de nostalgie pour le Rabbi, même celui qui est né après Guimel Tamouz.
Un témoignage personnel
Je voudrais partager avec vous quelque chose de personnel. J’ai eu le mérite de grandir dans une mission du Rabbi. Dans mon enfance en Ukraine, mes ancêtres, le Rav Yossef Vichitski que D.ieu le préserve, et son père, y œuvraient. Aujourd’hui, je suis en mission en France, lieu d’origine du grand-père, le Rav Zelig Blich Chtroum que D.ieu le préserve.
En mission, comme le sait tout émissaire, le ‘hassid a d’abord et avant tout une responsabilité. Avant de commencer à penser à ce qui va se passer pour moi, la première chose est de penser aux Juifs dont j’ai la responsabilité.
Les leçons d’un enfant d’émissaire
Par exemple, lorsqu’arrive une fête, lorsqu’arrive le mois de Tichri, l’émissaire qui part en mission doit savoir qu’il n’aura probablement pas de Roch Hachana, de Yom Kippour, de Souccot, de Sim’hat Torah comme il le voudrait et comme il en a l’habitude. Ici, il doit veiller à ce que celui-ci ait un arrangement, que celui-là ait un endroit et qu’il se sente à l’aise. C’est ainsi en mission, c’est ainsi en Ukraine, c’est ainsi en France, et c’est probablement ainsi partout.
J’ai grandi avec cette éducation. Mais en même temps, ce que je retiens le plus de mon père et maître, que D.ieu l’assiste ainsi que tous les émissaires en Ukraine et les fasse sortir de la détresse vers l’espace, ce sont précisément les moments où j’ai senti qu’avant tout, l’émissaire est d’abord et avant tout simplement un ‘hassid.
Depuis l’enfance, cela s’est gravé en moi : la Tefilah, c’est un temps sacré. C’est un moment où papa se trouve dans un autre temps et un autre lieu. Il est alors auprès du Rabbi, répétant après lui, la voix étranglée par l’émotion, les psaumes, les bénédictions. De même lors de la lecture de la Torah à la fin du saint Chabbat, c’est un moment où papa est concentré de toutes ses forces sous le Talit et s’adresse au Rabbi.
L’éducation ‘hassidique la plus profonde
Comment savais-je à quoi il pensait ? Je ne sais pas, mais je présume que j’avais deviné juste. Et ce sont précisément ces moments, ces moments naturels, non planifiés, ces images qui constituent l’éducation ‘hassidique la plus profonde qu’on pouvait me donner. Pourquoi ? Parce qu’alors je ressentais qu’il s’agissait de quelque chose de vivant, de quelque chose de divin.
Et grâce à cela, moi aussi qui suis né après Guimel Tamouz, l’un de ceux qui apparemment n’ont pas vu les lumières, moi aussi j’ai de quoi m’élever, j’ai de quoi m’éveiller, et j’ai un moyen de ressentir un sentiment de nostalgie pour le Rabbi.
Préserver et revivre ces moments
Chacun d’entre nous a des moments où il s’est senti appartenir, où il s’est senti connecté, où il s’est élevé avec le Rabbi. Et ces moments, nous devons les chérir, les faire revivre et vivre avec eux encore et encore, autant que possible.
Si en Russie c’était possible, c’est possible aujourd’hui aussi. Et comme en Russie les ‘hassidim savaient avec certitude qu’ils auraient le mérite de ce que le Rabbi a écrit – « nous nous reverrons » – ils auraient le mérite de rencontrer le Rabbi, nous aussi, nous pouvons et devons être convaincus avec une certitude absolue que très bientôt, immédiatement, véritablement !
L’histoire bouleversante d’un émissaire Habad et de son fils, où une tragédie s’est transformée en source d’inspiration pour des milliers de personnes. Un témoignage puissant sur la foi, le courage et la capacité de voir la lumière même dans les moments les plus sombres. Une famille qui a choisi de transformer l’insurmontable en force spirituelle rayonnante.
Rav Mena’hem Feldman, Chalia’h du Rabbi à Ness Tsiona
Debout devant le 770 Eastern Parkway, le quartier général mondial du mouvement Habad-Loubavitch à Brooklyn, le Rav Mena’hem Feldman observe la scène qui se déploie devant lui. C’est un dimanche matin lors du Kinous Hachlouhim, le rassemblement annuel des émissaires du Rabbi. Des centaines de Chlouhim affluent de tous les coins du monde pour la photo légendaire qui immortalisera cette armée spirituelle.
« Je regarde et encore des émissaires, et encore des émissaires, et encore… », se souvient-il. « Et je me dis : Wow, je vais faire partie de cette photo ! »
Les débuts de la Chli’hout
Seize ans plus tôt, le Rav Mena’hem et son épouse s’installaient à Ness Tsiona, une ville israélienne, dans le cadre d’un projet d’émissaires. Au début, sa mission se concentrait principalement sur l’enseignement de cours de Torah. Mais avec le temps, la Chli’hout s’est enracinée, la famille s’est agrandie — sept enfants sont nés — et le travail s’est étendu.
« C’était environ la dixième année de notre Chli’hout », raconte-t-il. « Je sentais que nous étions sur une vague porteuse. Il y avait énormément de travail, la communauté grandissait, le Rabbi était avec nous. »
La vie suivait son cours, entre les cours de Torah, les événements communautaires et l’éducation d’une famille nombreuse. Une routine bien huilée, empreinte de sens et de dévouement.
Un vendredi qui change tout
Ce vendredi-là commence comme les autres. Le Rav Mena’hem a un programme chargé : à 8h30, il doit participer à une Mesibat ‘Houmach, la cérémonie célébrant le début de l’étude de la Torah pour les enfants de deuxième année de l’école Savionim.
Mais au réveil, quelque chose ne va pas. Zalmy, l’un de leurs fils, présente une éruption cutanée sur tout le corps.
« Nous avions déjà sept enfants », explique le Rav Mena’hem. « Un peu de fièvre, même une légère éruption, ça ne nous inquiétait pas outre mesure. Mais nous avons tout de même décidé de consulter. »
Il dépose son épouse à la clinique et se précipite à la synagogue pour accueillir les enfants qui l’attendent déjà. Mais quelques minutes plus tard, en sortant de son cours, il découvre sur son téléphone plus de vingt appels manqués de sa femme.
Lorsqu’il la rappelle immédiatement, sa voix tremble : « Mena’hem, je suis en route vers les soins intensifs. »
La bataille pour la vie
À l’hôpital Assaf Harofeh, c’est l’effervescence. « Équipe en salle de trauma ! Équipe médicale, venez immédiatement ! » Les médecins affluent de partout. Derrière la porte close, les parents attendent, ne sachant rien de ce qui se passe.
Puis un médecin sort et leur explique la terrible réalité : Zalmy a été attaqué par une bactérie dévastatrice, extrêmement agressive. Sa vie est en danger. Personne ne peut leur dire s’il survivra, s’il pourra entendre, voir, marcher…
« Nous comprenions que la situation n’était pas simple », dit le Rav Mena’hem avec pudeur.
Les pensées se bousculent. « C’est ton enfant. Tu n’as rien de plus précieux que lui. Pourquoi cela arrive-t-il ? Que veut le Saint, béni soit-Il ? Comment allons-nous vivre avec ça ? Comment allons-nous gérer ? Pourrons-nous même continuer notre Chli’hout ? À quoi ressemblera notre mission à l’avenir ? »
La prière la plus intense
Dans la tourmente, le Rav Mena’hem cherche un lieu de recueillement. Il entre dans une petite synagogue de l’hôpital, vide. Il prend un Sidour.
« De manière surprenante, ce fut la prière où j’ai ressenti la présence du Saint, béni soit-Il, le plus intensément de toute ma vie. »
Pendant ce temps, Zalmy entre en salle d’opération. Ses parents attendent derrière la porte, plongés dans les prières et l’espérance.
Puis le chirurgien sort.
« Écoutez », leur dit-il, « nous avons tout fait… Il n’y a pas le choix… Il faudra amputer ses deux jambes. »
« Je suis un Chalia’h du Rabbi »
Le lendemain, une psychologue de l’hôpital vient proposer son aide au couple pour les soutenir émotionnellement.
« J’ai le souvenir d’avoir dit : je n’ai pas besoin », raconte le Rav Mena’hem. « Elle a insisté : ‘Pourquoi ? Cela vous fera du bien, je vous aiderai.’ Je lui ai répondu : ‘J’ai la force. Je réussirai à traverser cette épreuve.’ »
La psychologue, interloquée, demande : « Quelle force as-tu ? »
« Écoutez », lui répond-il, « je suis un Chalia’h du Rabbi de Loubavitch. »
Et il explique : « Être Chalia’h, ce n’est pas seulement être un représentant. Je suis littéralement la force du Rabbi de Loubavitch qui se trouve à Ness Tsiona. Quand je suis là-bas, c’est comme si lui-même y était. Je suis certain que tout cela arrive pour une raison précise. Même si je ne parviens pas encore à comprendre laquelle, je suis certain que tout sera finalement pour le bien. »
« Nous allons prendre cette épreuve, même si nous ne savons pas comment elle nous aidera, et nous en grandirons. Cela deviendra notre étendard. »
Le premier soir de ‘Hanoukka
Près de deux mois après le début de cette épreuve, la famille Feldman rentre enfin à la maison avec Zalmy, le premier soir de ‘Hanoukka.
« Nous avons allumé les bougies de ‘Hanoukka et nous avons remercié le Saint, béni soit-Il, profondément, parce que nous sentions qu’un miracle s’était produit pour nous. »
« Peut-être que d’autres ne pouvaient pas comprendre. Quel miracle ? Quel miracle ? Mais nous, qui savions que cet enfant aurait pu ne plus être avec nous, nous avons choisi de regarder, dans ces moments-là, ce que nous avons et non ce qui nous manque. »
Choisir de voir la lumière
« Il a des mains, il a des yeux », dit le Rav Mena’hem avec émotion. « Sur les 613 membres du corps humain, pourquoi choisir de se concentrer uniquement sur ce qui manque ? Il y a tellement plus ! »
Cette philosophie n’est pas qu’une belle pensée abstraite. Zalmy lui-même l’incarne au quotidien.
« Zalmy n’est pas seulement un enfant qui ne s’est pas affaibli face à cette épreuve. Sa force et son énergie sont quelque chose d’extraordinaire. Il est devenu une source d’inspiration pour les autres. »
« Personne ne peut se plaindre quand il voit Zalmy. Personne ne peut se lamenter quand il voit Zalmy. Personne ne peut dire ‘je ne peux pas’ — qu’est-ce que tu ne peux pas ? Tu peux tout ! »
Une Chli’hout transformée
Loin d’affaiblir leur mission, l’épreuve de Zalmy a donné à la Chli’hout du Rav Mena’hem une force considérable.
« Jusqu’à l’histoire de Zalmy, j’aurais pu dire : je ne peux pas, je n’en suis pas capable, c’est trop grand pour moi, je ne réussirai pas à faire cela. Depuis l’histoire de Zalmy, plus rien ne constitue un obstacle. Aucune difficulté n’est pertinente. Il suffit de décider, de se fixer un objectif, et tu es certain de l’atteindre. »
Cette transformation ne concerne pas seulement le Rav Mena’hem. Elle rayonne sur toute la communauté de Ness Tsiona et bien au-delà.
Un futur émissaire
« Je crois que Zalmy lui-même sera un Chalia’h », confie le Rav Mena’hem. « Sous quelle forme il sera émissaire, je ne sais pas. Mais dans mon esprit, je le vois comme je me voyais moi-même dans cette photo géante de tous les émissaires, faisant partie de la grande armée du Rabbi. Je vois certainement Zalmy debout là-bas — ou peut-être assis — dans cette photo, faisant partie de l’armée du Rabbi. »
« Parce que Zalmy est un enfant du Rabbi. »
Sur scène au Kinous
L’histoire du Rav Mena’hem et de Zalmy Feldman a touché le cœur de milliers de personnes. Lors du Kinous Hachlouhim 5786 (2025), père et fils ont été invités à partager leur témoignage lors du banquet de gala.
Lorsque Zalmy est monté sur scène, sous les applaudissements nourris de milliers d’émissaires venus du monde entier, il a incarné un message puissant : la foi peut transformer la tragédie en triomphe, l’épreuve en force, et chaque défi en opportunité de grandir.
Cette histoire nous rappelle que la véritable force ne réside pas dans l’absence d’obstacles, mais dans notre capacité à les surmonter avec foi, détermination et la certitude profonde que tout ce qui nous arrive — même ce qui semble insurmontable — peut devenir source de lumière et d’inspiration pour nous-mêmes et pour les autres.
Il existe des moments dans la vie d’un rabbin où la mission spirituelle croise le poids de l’histoire collective. Ce témoignage du Rav Eizer Cohen, émissaire du Rabbi à Versailles, illustre avec une intensité rare comment la transmission de la tradition juive peut devenir un acte de réparation historique et de consolation profonde.
Rav Eizer Cohen, Chalia’h du Rabbi à Versailles
Un appel inattendu
Tout commence par un simple appel téléphonique. Une institution s’occupant des rescapés de la Shoah contacte le Rav Cohen pour lui demander de réciter des prières pour une dame juive qui vient de décéder. Une démarche habituelle dans le cadre de ses fonctions rabbiniques. Mais ce qui allait suivre était loin d’être ordinaire.
Sur place, le mari de la défunte, lui-même non-juif, révèle au rabbin une volonté testamentaire troublante : sa femme avait demandé à être incinérée. La raison invoquée était déchirante : pendant la Seconde Guerre mondiale, sa mère et sa sœur avaient péri dans les fours crématoires nazis. En choisissant l’incinération, elle pensait leur rendre hommage, partager symboliquement leur destin tragique.
Un dilemme moral et spirituel
Face à cette situation délicate, le Rav Cohen se trouve confronté à un dilemme profond. D’un côté, la compassion pour une survivante marquée à jamais par le traumatisme de la Shoah. De l’autre, les principes fondamentaux du judaïsme qui interdisent formellement la crémation et exigent l’enterrement selon la tradition.
Sa réponse, empreinte de délicatesse et de clarté, fut remarquable : « Je comprends votre émotion, mais je ne pourrai pas participer à une telle démarche, car je ne voudrais pas, symboliquement, achever le travail de Hitler. »
Ces mots, prononcés avec respect mais fermeté, touchent au cœur du paradoxe : alors que la défunte pensait honorer ses proches en imitant leur sort, elle risquait en réalité de perpétuer l’œuvre destructrice nazie en renonçant volontairement aux pratiques juives que les nazis avaient voulu anéantir.
La recherche d’une solution respectueuse
Le mari, bouleversé par ces paroles, se retrouve face à une alternative qu’il n’avait pas envisagée. Le Rav Cohen lui propose alors de prendre personnellement en charge l’enterrement selon la tradition juive, garantissant que tout se déroulerait dignement.
Mais une étape supplémentaire s’imposait : obtenir l’accord du fils. Lors de leur rencontre, celui-ci confie au rabbin son désarroi : « Mon père n’est pas juif, ma mère l’était. Vous me dites en tant que rabbin qu’il est interdit de l’incinérer. Si je vais voir le curé, il me dira de ne pas l’incinérer aussi. Alors… faites ce que vous pensez juste. Moi, je ne peux pas m’en charger. »
Cette déclaration révèle l’isolement spirituel de nombreux descendants de survivants, pris entre différentes traditions religieuses, souvent déconnectés de leurs racines juives par les traumatismes familiaux de la Shoah.
Le Rav Cohen saisit cette occasion pour créer un lien : il propose au fils de mettre les Tefilin pour la première fois de sa vie, initiant ainsi une reconnexion avec son héritage juif au moment même où il honore la mémoire de sa mère.
Des documents bouleversants
Restait à établir officiellement l’identité juive de la défunte pour les autorités communautaires. C’est alors que le mari présente au rabbin un document d’une valeur inestimable : une lettre écrite en 1942 par la mère de la défunte, au moment de sa déportation.
On y lit ces mots poignants : « Venez chercher ma fille. Je pars vers un chemin inconnu. Si vous ne pouvez pas la prendre, confiez-la au rabbin. »
Cette lettre, rédigée dans les derniers instants avant la déportation vers les camps de la mort, contient une instruction testamentaire claire : confier l’enfant à la communauté juive, au rabbin. C’était le dernier souhait d’une mère juive pour sa fille.
Le mari présente également la carte d’identité de sa belle-mère, portant la mention infamante « Juif » imposée par l’administration collaborationniste, preuve administrative tragique mais indéniable de son appartenance au peuple juif.
Des funérailles comme acte de réparation
Grâce à l’intervention du Beth Habad de Versailles, en collaboration avec l’ACIV (Association Cultuelle Israélite de Versailles), des funérailles selon la tradition juive ont pu être organisées. Le Minian, le quorum de dix hommes nécessaire aux prières funéraires, fut réuni. Toutes les cérémonies prescrites par la loi juive furent accomplies avec respect et dignité.
Au moment de l’enterrement, le Rav Cohen prononça des paroles qui résonnent comme une conclusion profonde à cette histoire : « Nous n’avons pas pu ramener sa première fille des camps. Mais aujourd’hui, nous avons pu confier la seconde au rabbin, pour qu’elle repose comme une juive, enterrée selon la pratique et les valeurs du judaïsme. »
Ces mots accomplissent symboliquement la volonté ultime de la mère déportée en 1942. Quatre-vingts ans plus tard, sa fille est effectivement confiée au rabbin, comme elle l’avait demandé dans sa dernière lettre.
Réflexions sur la mémoire et la transmission
Cette histoire soulève plusieurs questions essentielles sur la manière dont nous honorons la mémoire de la Shoah et sur la nature même de la fidélité aux victimes.
Le paradoxe de l’hommage : la défunte pensait rendre hommage à sa mère et sa sœur en partageant symboliquement leur sort par l’incinération. Mais comme le souligne le Rav Cohen, ce choix aurait paradoxalement accompli l’objectif nazi : la destruction de l’identité juive et de ses pratiques millénaires.
Les nazis n’ont pas seulement cherché à détruire physiquement les Juifs, mais aussi à effacer leur culture, leurs traditions et leur mémoire. Dans cette perspective, maintenir les traditions juives, y compris l’enterrement selon la halakha, devient un acte de résistance posthume et de victoire spirituelle sur la barbarie.
La transmission interrompue
Le fils, né d’un mariage mixte, privé de transmission juive, illustre une réalité fréquente chez les descendants de survivants : une identité juive fragmentée, des traditions oubliées ou rejetées, parfois par traumatisme familial. Sa rencontre avec le Rav Cohen représente une opportunité de renouer avec un héritage que la Shoah avait failli faire disparaître.
Le fait qu’il accepte de mettre les Tefilin pour la première fois au moment des funérailles de sa mère constitue un acte puissamment symbolique : la chaîne de transmission, interrompue par la guerre, se renoue au moment même où l’on honore la mémoire de celle qui l’avait subie.
Le rôle du rabbin dans la réparation
L’instruction de la mère déportée « confiez-la au rabbin » prend ici une dimension prophétique. Elle avait compris, dans les ténèbres de 1942, que seule la communauté juive incarnée par le rabbin pourrait préserver l’identité juive de sa fille.
Des décennies plus tard, c’est effectivement un rabbin qui permet à cette fille de reposer en paix selon les traditions de son peuple, accomplissant ainsi la volonté maternelle malgré le gouffre temporel et les ruptures historiques.
Les enseignements de cette histoire
Ce récit nous enseigne plusieurs leçons importantes.
Sur la mémoire de la Shoah : honorer les victimes ne signifie pas reproduire leur martyre, mais perpétuer ce qu’ils cherchaient à préserver, la vie juive, ses valeurs et ses traditions.
Sur la résilience juive : la continuité du peuple juif ne réside pas seulement dans la survie physique, mais dans la transmission des pratiques et des valeurs spirituelles que chaque génération doit transmettre à la suivante.
Sur le rôle pastoral : le rabbin n’est pas seulement un guide spirituel, mais parfois un pont entre les générations, celui qui aide à renouer des fils brisés par l’histoire.
Sur la force de la tradition : face aux traumatismes les plus profonds, la tradition juive offre un cadre de sens, de dignité et de continuité qui peut aider à transformer la douleur en mémoire constructive.
Quand l’histoire rencontre l’éternité
L’histoire racontée par le Rav Eizer Cohen est bien plus qu’une anecdote rabbinique. C’est un témoignage puissant sur la manière dont la foi, la tradition et la sensibilité humaine peuvent se conjuguer pour réparer, autant que possible, les déchirures causées par la plus grande tragédie du peuple juif.
En refusant l’incinération tout en offrant une alternative respectueuse, en créant les conditions d’une reconnexion spirituelle pour le fils, en accomplissant la volonté testamentaire d’une mère déportée huit décennies plus tôt, le Rav Cohen a transformé une situation potentiellement conflictuelle en un moment de guérison et de continuité.
Cette défunte, dont la vie fut marquée par la perte atroce de sa mère et de sa sœur dans les fours crématoires, repose désormais selon la tradition millénaire de son peuple. Elle n’a pas partagé le destin physique de ses proches assassinés, mais elle partage avec eux l’honneur d’une sépulture juive, affirmant jusqu’au-delà de la mort son appartenance au peuple éternel.
Comme le dit magnifiquement le Rav Cohen : la première fille n’a pas pu être ramenée des camps, mais la seconde a pu être confiée au rabbin. Dans cette continuité brisée puis restaurée se lit toute la résilience d’un peuple qui, malgré les abîmes de l’histoire, continue de transmettre, de perpétuer et de vivre selon ses valeurs ancestrales.
Que sa mémoire soit une bénédiction. Tehei nichmatah tsrourah bitsror ha’haïm.
Chère Madame, Je suis ici a Lyon, partie pour le grand voyage vers l’inconnu. Je veux remettre la petite Monique entre vos mains par l’intermédiaire de quelqu’un qui retourne à Nice.Si ce n’est pas possible.Je vous en prie. Madame, prenez ici sur place tout de suite contact avec le Rabbin ou l’Aide Sociale ou alors venez immédiatement chercher ma pauvre Monique. Je vous en supplie. Marg. Feigel Frankfurt
L’immense salle d’exposition transformée en espace de banquet vibrait d’une énergie extraordinaire lors de la clôture de la 42e Conférence internationale des émissaires du Loubavitch. Les 6 500 émissaires Habad réunis à New York ont démontré que face aux défis contemporains, leur détermination ne faiblit jamais. Ce n’était pas la satisfaction de l’accomplissement qui emplissait la pièce, mais l’enthousiasme pour l’avenir.
Une croissance exponentielle à travers le monde
Le banquet de gala du Kinous Hachlouhim est venu clore cinq journées riches en programmes, rassemblant des émissaires et leurs invités venus des quatre coins du monde. Depuis des décennies, ces Rabbanim convergent vers New York chaque année, leurs rangs grossissant alors que ville après ville, pays après pays deviennent les nouvelles frontières de Habad.
Le Rav Yehouda Krinsky, 91 ans, a souligné qu’une étude récente révèle que la plus forte augmentation de l’engagement juif après le 7 octobre s’est produite parmi les Juifs en lien avec Habad.
L’événement culmina avec l’appel annuel, où les émissaires de plus de cent nations furent accueillis, reflet de la croissance exponentielle du mouvement. Tandis que les dernières lettres d’un Sefer Torah dédié au Rav Moshe Kotlarsky étaient tracées, la salle éclata en danses spontanées, générant une joie rayonnant par-delà les océans.
Le monde entier est invité à suivre la cérémonie de clôture du plus grand rassemblement de dirigeants juifs, un événement qui mettra en lumière les héros de première ligne, une croissance historique et la résilience juive contre vents et marées. Plus de 6 500 émissaires de Habad-Loubavitch et leurs invités se réuniront ce dimanche à 13 heures pour célébrer une année d’accomplissements et tracer la voie de l’avenir du judaïsme mondial.
Aujourd’hui, plus de 6 500 émissaires de Habad-Loubavitch et invités se rassembleront pour le gala de clôture de la Conférence internationale des émissaires de Habad. Le banquet, qui constitue le plus grand repas assis de la région de New York et le plus grand repas cacher au monde, marque la conclusion du plus vaste rassemblement de dirigeants juifs. « Partout dans le monde, les Juifs s’interrogent sur ce que l’avenir nous réserve », a déclaré le Rav Mendy Kotlarsky, directeur de la Conférence internationale des Chlouhim. « Ici, vous voyez la réponse. Des milliers de Chlouhim et leurs partenaires visionnaires accomplissent la vision du Rabbi : construire, enseigner, soutenir et élever chaque Juif partout. Ce gala célèbre un mouvement dynamique qui fera avancer notre peuple avec confiance et espoir. »
Un événement suivi par des communautés du monde entier
L’événement, diffusé en direct à un public mondial, est devenu un moment fort annuel pour les communautés juives du monde entier. Connu pour ses récits personnels, son appel emblématique des pays et ses danses spontanées, le banquet offre un aperçu rare de l’énergie et de l’impact mondial du plus grand mouvement juif au monde, tout en célébrant les personnes dévouées qui en sont l’âme. Chaque année, la conférence sert de tremplin à de nouvelles initiatives, allant de nouvelles maisons Habad et Mikvaot à des plateformes innovantes comme OneMitzvah.org. L’année dernière, quelques jours seulement après l’assassinat de l’émissaire Rav Zvi Kogan, que sa mémoire soit bénie, des fonds d’amorçage pour 100 nouveaux centres ont été annoncés en sa mémoire. Ces engagements pris lors du Kinous résonnent bien au-delà de la salle de banquet, impactant la vie juive dans le monde entier.
Récits de résilience et de dévouement face à l’adversité
Le programme de cette année présentera de puissants témoignages de résilience et d’action dans des circonstances extrêmes. À Montego Bay, en Jamaïque, le Rav Yaakov Raskin dirige la vie juive dans un contexte marqué par l’éloignement, des ressources limitées et des tempêtes violentes. Il y a quelques semaines à peine, l’ouragan Melissa a dévasté l’île avec des vents de 185 mph, brisant les fenêtres et inondant la maison Habad. Alors que l’électricité tombait en panne et que les communications étaient coupées, la famille Raskin s’est réfugiée dans la salle obscure du mikvé, protégeant leur famille et les rouleaux de la Torah. Son segment, « L’émissariat à travers le feu et l’eau », capture la force tranquille nécessaire pour tenir bon quand tout s’effondre autour de soi. Dans « D’une armée à l’autre », le sergent Ben Crage du Corps des Marines américain et le Rav Levi Pekar, aumônier de l’Armée de l’Air, réfléchissent à l’appel du Rabbi à défendre la vie juive dans tous les contextes, en particulier ceux qui sont en première ligne. Pour Crage, les enseignements du Rabbi ont offert un cadre pour approfondir son identité juive tout en servant son pays ; pour Pekar, c’est une mission d’aider les autres à faire de même.
Hommage au Rav Moshe Kotlarsky
Un Sefer Torah sera achevé et consacré à la mémoire du Rav Moshe Kotlarsky, que sa mémoire soit bénie, le bien-aimé vice-président de Merkos L’inyonei Chinuch et président de la Conférence internationale des Chlouhim, qui a consacré sa vie à accomplir la vision du Rabbi de bâtir la vie juive à travers le monde et à s’assurer que chaque émissaire dispose du soutien nécessaire pour réussir.
L’appel international emblématique
Le banquet culminera avec l’emblématique appel international, au cours duquel les représentants de chaque continent se lèveront lorsque leur pays sera nommé. De Paris à Sydney, en passant par des communautés isolées où la vie juive repose sur une seule famille d’émissaires, ce moment phare met en valeur un mouvement qui s’étend à travers le globe pour garantir qu’aucun Juif ne reste seul.te seul.
Le Rav Haïm Zvi Ehrenreich de Nyack, dans l’État de New York, a reçu un dollar du Rabbi avec l’instruction de « le donner en Terre sainte ». Pendant 34 ans, il a conservé ce billet précieux sans savoir à qui le confier, jusqu’à sa rencontre avec un autre émissaire, le Rav Liraz Ze’ira. Cette histoire bouleversante illustre comment une mission confiée par le Rabbi trouve parfois son accomplissement des décennies plus tard.
Par le Rav Haïm Zvi Ehrenreich – émissaire à Nyack, New York
Cette semaine, mon épouse et moi sommes rentrés d’Israël. Cette visite nous a profondément inspirés : nous avons été témoins de la résilience du peuple juif, entendu des récits de courage, de perte et de bravoure, et ressenti plus que jamais le lien indéfectible du peuple d’Israël.
Notre dernier jour en Israël m’a touché personnellement d’une manière totalement inattendue.
La rencontre avec le Rav Liraz Za’ira
Parmi les personnes que nous avons visitées se trouvait le Rav Liraz Za’ira, émissaire Habad qui œuvre au Beth Habad du Campus à Jérusalem.
Beaucoup connaissent son histoire : juste avant Yom Kippour dernier, alors qu’il servait dans les réserves de Tsahal en Syrie, il a perdu ses deux jambes au combat en défendant le peuple d’Israël. Mais connaître les faits et le rencontrer en personne sont deux expériences totalement différentes.
Malgré tout ce qu’il a enduré, sa chambre rayonne de force et de lumière. Son regard porte à la fois la douleur et une détermination inébranlable. Même maintenant, au milieu de sa difficile convalescence, il se comporte comme un véritable émissaire, apportant élévation, encouragement, chaleur et foi à tous ceux qui l’entourent. Sa présence exprime, sans mots : je continuerai à servir. Am Israël ‘Haï.
Un dollar conservé pendant 34 ans
Avant de partir pour Israël, j’avais glissé quelque chose dans mon sac, quelque chose que je porte avec moi depuis 34 ans : un dollar que le Rabbi m’avait personnellement remis avant mon voyage en Israël en 1991, avec l’instruction : « Donnez-le en Terre sainte ». Comme le voulait la coutume, j’avais donné un dollar de ma propre poche à la Tsedaka à sa place, et j’avais conservé le dollar du Rabbi. Sur le bord du billet, j’avais noté les paroles que le Rabbi m’avait dites.
Pendant des années, j’ai gardé ce dollar, me demandant quand viendrait le bon moment. À de nombreuses reprises, j’ai pensé avoir peut-être manqué l’occasion. Pourtant, à chaque fois, quelque chose me disait d’attendre.
Et puis j’ai rencontré le Rav Za’ira.
Après avoir entendu son histoire et découvert sa foi, son courage et sa lumière intérieure malgré tout ce qu’il a traversé, j’ai su avec une certitude absolue : c’était la personne avec qui je voulais partager mon dollar.
Le moment de la transmission
J’ai sorti le dollar de ma poche, partagé son histoire et l’ai placé dans sa main. Il s’est arrêté, l’a regardé et m’a dit ressentir des frissons. Je les ai ressentis aussi.
Mais plus encore que des frissons, je me suis senti humble, profondément humble. Donner quelque chose de sacré, qui m’avait été confié par le Rabbi, à un collègue émissaire qui a littéralement sacrifié des parties de lui-même pour le peuple d’Israël… c’était comme se tenir sur une terre sainte. Comme si la mission que le Rabbi avait placée entre mes mains il y a des décennies avait enfin atteint sa véritable destination.
Le paradoxe de ‘Hayé Sarah
La section de la Torah de cette semaine commence par un paradoxe : elle s’appelle « ‘Hayé Sarah », « La vie de Sarah », et pourtant elle s’ouvre sur sa disparition.
Nos Sages enseignent que la vraie vie ne se mesure pas en années, mais par l’impact, le sens et l’héritage qu’elle laisse.
La vie de Sarah était définie par le but, la force et la foi, des qualités qui se sont perpétuées dans la génération suivante et continuent de nous inspirer aujourd’hui.
En me tenant aux côtés du Rav Za’ira, j’ai senti ce message prendre vie. Sa vie a été transformée par un immense sacrifice, pourtant son esprit, sa foi, sa détermination, son engagement envers sa mission rayonnent d’un héritage vivant qui élève chaque personne qui le rencontre.
Il incarne une expression moderne de ‘Hayé Sarah : une vie définie par la lumière qu’elle apporte aux autres. D’ailleurs, le prénom Li-raz se traduit par « J’ai de la lumière » ! Liraz possède la lumière et il la partage !
Je suis honoré que le dollar du Rabbi ait trouvé sa demeure entre les mains de Liraz, une personne qui inspire simplement par sa présence et son être.
Une vie mesurée par son impact
‘Hayé Sarah nous enseigne que la vraie vie se mesure par la force que nous transmettons, la foi que nous inspirons et la lumière que nous apportons au monde.
Cette semaine, j’ai été témoin de cette vérité de la manière la plus inoubliable.
S’il vous plaît, gardez le Rav Za’ira dans vos prières, et que Hachem envoie une guérison complète et immédiate à :
הרב לירז צבי הלוי בן שרה יהודית
Rav Liraz Tsvi Halévi ben Sarah Yehoudith.
Qu’Il protège nos frères et sœurs en Israël et renforce ceux qui nous défendent.
Et puissions-nous tous être inspirés à vivre une vie de ‘Hayé Sarah, une vie dont l’impact continue bien au-delà du moment présent, une vie qui renforce le peuple d’Israël, maintenant et pour toujours.
Lors du Kinous Hachlouhim, des centaines d’émissaires du monde entier ont choisi de passer le Chabbat près du Ohel, dans les « quatre coudées » du Rabbi. Ensemble, ils ont prié, étudié et échangé lors de Farbrenguen, se fortifiant mutuellement dans leur mission d’émissaires.
Un Chabbat de ressourcement spirituel
Des centaines d’émissaires présents pour le Kinous Hachlouhim ont fait le choix singulier de vivre le Chabbat Hayé Sarah à proximité immédiate du Ohel, dans ce que la tradition juive appelle les « Daled Amot » – les quatre coudées – du Rabbi. Cette présence continue de vingt-quatre heures dans l’espace sacré témoigne de leur profond attachement et de leur volonté de puiser force et inspiration à la source même de leur mission.
Tout au long du Chabbat, ces émissaires ont maintenu une atmosphère de ferveur et de fraternité. Les prières communautaires se sont succédé avec intensité, portées par l’émotion d’être réunis en ce lieu si particulier. Entre les offices, les émissaires se sont consacrés à l’étude de la Torah, approfondissant ensemble les enseignements qui nourrissent quotidiennement leur travail sur le terrain.
Des Farbrenguen pour renforcer la mission commune
Les Farbrenguen – ces réunions hassidiques empreintes de chants, de paroles de Torah et de partages d’expériences – ont ponctué l’ensemble du Chabbat. Ces moments d’échanges ont permis aux émissaires venus des quatre coins du monde de se renforcer mutuellement dans leur Chlihout, cette mission d’émissaires qui les anime au quotidien. Chacun a pu partager ses défis, ses réussites et recevoir l’encouragement de ses pairs confrontés aux mêmes réalités sur leurs différents terrains d’action.
Cette expérience collective au Ohel représente bien plus qu’un simple moment de pause pendant le Kinous. Elle constitue un véritable temps de rechargement spirituel, permettant à chaque émissaire de renouveler son engagement et de repartir vers sa communauté avec une énergie renouvelée, fortifié par la présence spirituelle du Rabbi et par la solidarité fraternelle de ses compagnons de mission.
C’est avec une immense tristesse que nous vous informons du décès de Mme Arlette Nizard née Saadia à l’âge de 82 ans.
Elle laisse derrière elle ses enfants
Mme Corinne Guez (Jérusalem)
Mr Éric Nizard (Saint Cloud)
Rav Ytsh’ak Nizard (Brunoy)
Les chiva de notre chère Arlette Yamila Bat Eliaou et Myriam Zal se dérouleront au : 19 rue de l’Abbaye 91800 Brunoy jusqu’au mardi 18 novembre, de 10h à 22h
Cha’harit : 9h00 Min’ha : 13h35 Arvit : 18:20
והקיצו ורננו שוכני עפר, והיא בתוכם