Le Rav Haïm Zvi Ehrenreich de Nyack, dans l’État de New York, a reçu un dollar du Rabbi avec l’instruction de « le donner en Terre sainte ». Pendant 34 ans, il a conservé ce billet précieux sans savoir à qui le confier, jusqu’à sa rencontre avec un autre émissaire, le Rav Liraz Ze’ira. Cette histoire bouleversante illustre comment une mission confiée par le Rabbi trouve parfois son accomplissement des décennies plus tard.
Par le Rav Haïm Zvi Ehrenreich – émissaire à Nyack, New York
Cette semaine, mon épouse et moi sommes rentrés d’Israël. Cette visite nous a profondément inspirés : nous avons été témoins de la résilience du peuple juif, entendu des récits de courage, de perte et de bravoure, et ressenti plus que jamais le lien indéfectible du peuple d’Israël.
Notre dernier jour en Israël m’a touché personnellement d’une manière totalement inattendue.
La rencontre avec le Rav Liraz Za’ira
Parmi les personnes que nous avons visitées se trouvait le Rav Liraz Za’ira, émissaire Habad qui œuvre au Beth Habad du Campus à Jérusalem.
Beaucoup connaissent son histoire : juste avant Yom Kippour dernier, alors qu’il servait dans les réserves de Tsahal en Syrie, il a perdu ses deux jambes au combat en défendant le peuple d’Israël. Mais connaître les faits et le rencontrer en personne sont deux expériences totalement différentes.

Malgré tout ce qu’il a enduré, sa chambre rayonne de force et de lumière. Son regard porte à la fois la douleur et une détermination inébranlable. Même maintenant, au milieu de sa difficile convalescence, il se comporte comme un véritable émissaire, apportant élévation, encouragement, chaleur et foi à tous ceux qui l’entourent. Sa présence exprime, sans mots : je continuerai à servir. Am Israël ‘Haï.
Un dollar conservé pendant 34 ans
Avant de partir pour Israël, j’avais glissé quelque chose dans mon sac, quelque chose que je porte avec moi depuis 34 ans : un dollar que le Rabbi m’avait personnellement remis avant mon voyage en Israël en 1991, avec l’instruction : « Donnez-le en Terre sainte ». Comme le voulait la coutume, j’avais donné un dollar de ma propre poche à la Tsedaka à sa place, et j’avais conservé le dollar du Rabbi. Sur le bord du billet, j’avais noté les paroles que le Rabbi m’avait dites.
Pendant des années, j’ai gardé ce dollar, me demandant quand viendrait le bon moment. À de nombreuses reprises, j’ai pensé avoir peut-être manqué l’occasion. Pourtant, à chaque fois, quelque chose me disait d’attendre.
Et puis j’ai rencontré le Rav Za’ira.
Après avoir entendu son histoire et découvert sa foi, son courage et sa lumière intérieure malgré tout ce qu’il a traversé, j’ai su avec une certitude absolue : c’était la personne avec qui je voulais partager mon dollar.

Le moment de la transmission
J’ai sorti le dollar de ma poche, partagé son histoire et l’ai placé dans sa main. Il s’est arrêté, l’a regardé et m’a dit ressentir des frissons. Je les ai ressentis aussi.
Mais plus encore que des frissons, je me suis senti humble, profondément humble. Donner quelque chose de sacré, qui m’avait été confié par le Rabbi, à un collègue émissaire qui a littéralement sacrifié des parties de lui-même pour le peuple d’Israël… c’était comme se tenir sur une terre sainte. Comme si la mission que le Rabbi avait placée entre mes mains il y a des décennies avait enfin atteint sa véritable destination.
Le paradoxe de ‘Hayé Sarah
La section de la Torah de cette semaine commence par un paradoxe : elle s’appelle « ‘Hayé Sarah », « La vie de Sarah », et pourtant elle s’ouvre sur sa disparition.
Nos Sages enseignent que la vraie vie ne se mesure pas en années, mais par l’impact, le sens et l’héritage qu’elle laisse.
La vie de Sarah était définie par le but, la force et la foi, des qualités qui se sont perpétuées dans la génération suivante et continuent de nous inspirer aujourd’hui.
En me tenant aux côtés du Rav Za’ira, j’ai senti ce message prendre vie. Sa vie a été transformée par un immense sacrifice, pourtant son esprit, sa foi, sa détermination, son engagement envers sa mission rayonnent d’un héritage vivant qui élève chaque personne qui le rencontre.
Il incarne une expression moderne de ‘Hayé Sarah : une vie définie par la lumière qu’elle apporte aux autres. D’ailleurs, le prénom Li-raz se traduit par « J’ai de la lumière » ! Liraz possède la lumière et il la partage !
Je suis honoré que le dollar du Rabbi ait trouvé sa demeure entre les mains de Liraz, une personne qui inspire simplement par sa présence et son être.
Une vie mesurée par son impact
‘Hayé Sarah nous enseigne que la vraie vie se mesure par la force que nous transmettons, la foi que nous inspirons et la lumière que nous apportons au monde.
Cette semaine, j’ai été témoin de cette vérité de la manière la plus inoubliable.
S’il vous plaît, gardez le Rav Za’ira dans vos prières, et que Hachem envoie une guérison complète et immédiate à :
הרב לירז צבי הלוי בן שרה יהודית
Rav Liraz Tsvi Halévi ben Sarah Yehoudith.
Qu’Il protège nos frères et sœurs en Israël et renforce ceux qui nous défendent.
Et puissions-nous tous être inspirés à vivre une vie de ‘Hayé Sarah, une vie dont l’impact continue bien au-delà du moment présent, une vie qui renforce le peuple d’Israël, maintenant et pour toujours.

















