La Commission de la Sécurité nationale a approuvé en première lecture une proposition de loi instaurant la peine de mort pour les terroristes ayant assassiné des citoyens israéliens. Cette décision marque un tournant historique, soutenue pour la première fois par les services de sécurité, malgré les débats sur la marge de manœuvre judiciaire.
Une proposition de loi sans précédent adoptée par la commission
La Commission de la Sécurité nationale, présidée par le député Tsvi Fogel, a approuvé en première lecture la proposition de loi sur la peine de mort pour les terroristes. Le texte stipule : « Un terroriste qui a assassiné un citoyen israélien par racisme ou hostilité envers le public, dans le but de nuire à l’État d’Israël et à la renaissance du peuple juif sur sa terre – sera condamné à mort, et à cette peine uniquement. »
De plus, la proposition modifie la loi pour permettre à un tribunal militaire de prononcer une peine de mort à la majorité simple des juges, et non plus à l’unanimité. Il ne sera également plus possible d’alléger la peine d’une personne condamnée à mort par un jugement définitif.
Un revirement historique des services de sécurité
Lors d’une réunion à huis clos tenue par la commission, un changement d’attitude du système de sécurité a été enregistré. Pour la première fois, des représentants du Shin Bet et d’autres responsables de la sécurité ont exprimé un soutien de principe à l’avancement de cette loi, contrairement aux positions précédentes qui s’y opposaient fermement.
Les responsables de la sécurité présents lors de la réunion ont indiqué qu’il fallait laisser une marge d’appréciation au juge concernant l’application de la peine de mort aux terroristes.
Le coordinateur des prisonniers et des disparus, le colonel de réserve Gal Hirsch, a également exprimé pour la première fois son soutien à la loi, après s’y être opposé par le passé en raison de considérations liées à la sécurité des otages, et a mentionné le soutien du Premier ministre Netanyahou à cette loi.
« Par le passé, je m’opposais à cette loi en raison du danger pour les otages à Gaza. Puisque tous les otages vivants sont revenus, la réalité a changé et j’ai discuté avec le Premier ministre qui est favorable à la loi », a déclaré Hirsch. Il a ajouté : « Je considère cette loi comme un outil de lutte contre le terrorisme. Le coordinateur des prisonniers et des disparus aura la possibilité de s’adresser au tribunal et de soumettre un rapport confidentiel au juge avant le prononcé d’une peine de mort pour les terroristes. »
L’opposition ferme du ministre de la Sécurité nationale à toute marge d’appréciation judiciaire
En revanche, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui a initié cette proposition de loi, a exprimé une opposition catégorique au maintien d’une marge d’appréciation judiciaire. « Il n’y aura pas de marge d’appréciation dans cette loi. C’est ma position, ma conception, celle de la proposition de loi, la conception de nous tous – et j’expliquerai aussi pourquoi et comment je vois les choses.
Dès que vous donnez une marge d’appréciation, vous ne comprenez pas que tout a changé ici : la conception a changé. Et il a été dit ici, par les professionnels lors de la réunion à huis clos – tous reconnaissent qu’une loi sur la peine de mort pour les terroristes peut avoir un effet dissuasif. Je ne détaillerai pas davantage ce qui a été dit ; ce qui a été dit là-bas reste là-bas. Dès que vous donnez une marge d’appréciation, vous portez atteinte à l’effet dissuasif.
« Je veux que cette loi soit dissuasive, je veux que leur motivation à enlever des personnes disparaisse. Et dès que chaque terroriste qui a commis un meurtre saura qu’il est passible de la peine de mort – il n’y aura pas de doutes, pas d’hésitations, pas de velléités de peut-être enlever à nouveau quelqu’un pour influencer telle ou telle peine. Il n’y en aura pas.
« C’est pourquoi c’est ma position. Et aussi celle de la proposition de loi. C’est une position très très claire : il ne doit pas y avoir de marge d’appréciation, ce doit être une peine obligatoire. Et cette peine incarne le changement de conception – la sécurité de l’État d’Israël. Que chaque terroriste sache, que chaque terroriste femme sache, que lorsqu’ils vont assassiner un enfant, une enfant, un adolescent, une adolescente, un vieillard, une vieille femme, un homme ou une femme – qu’ils sachent qu’ils s’exposent à une seule peine : la peine de mort.
« Celui qui a assassiné, violé et enlevé nos enfants et nos filles ne mérite pas de voir la lumière du jour et doit être condamné à mort. Après la réforme des prisons que j’ai menée et la politique du strict minimum pour les terroristes, il est temps de franchir une étape supplémentaire dans la dissuasion.
La loi sur la peine de mort n’est pas seulement une mesure éthique et juste, mais aussi critique pour la sécurité de l’État. Il s’agit d’un outil dissuasif de premier ordre, qui fera entrer dans le cœur des terroristes la certitude claire – le sang des citoyens israéliens n’est pas impuni. C’est ainsi que l’on combat le terrorisme, c’est ainsi que l’on crée une dissuasion. »
Les initiateurs de la loi appellent à la justice et à la dissuasion
La députée Limor Son Har-Melech, initiatrice de la loi : « Le chef de la cellule qui a assassiné mon mari Chouli, de mémoire bénie, et m’a blessée, a été libéré dans l’accord Shalit, et est retourné commander la cellule qui a assassiné Malachie Rosenfeld. Il a continué et était un commandant supérieur dans le bataillon du Hamas à Rafah et a participé au massacre du 7 octobre avant d’être éliminé quand il était déjà trop tard.
« D’autres assassins de la cellule ont été libérés lors du dernier accord. Cette réalité crie : un terroriste mort ne revient pas pour nuire. Il ne sort pas de prison, n’est pas libéré dans des accords, et ne redevient pas un danger pour notre peuple. La peine de mort pour les terroristes est aussi une dissuasion.
Un message clair que ceux qui assassinent des Juifs ne se contenteront pas de les emprisonner, mais paieront de leur vie. C’est aussi une justice morale. Il est inacceptable que celui qui a assassiné des femmes et des enfants reste en prison, reçoive une télévision et un diplôme universitaire, pendant que les familles endeuillées financent par leurs impôts son maintien en détention. »
Le député Tsvi Fogel, président de la Commission de la Sécurité nationale : « C’est un moment historique – celui qui vient assassiner des Juifs par haine de l’État d’Israël, son sang retombe sur sa tête. Il n’y aura plus d’hôtels pour les terroristes, il n’y aura plus d’accords de libération. C’est une première étape importante et significative pour créer une véritable dissuasion et rendre justice aux victimes. »
La proposition de loi sera soumise à la Knesset pour un vote en première lecture.
Sarit Kurtzman vit avec son mari et sa fille de 14 mois au Kiboutz Alumim, à seulement quatre kilomètres de la frontière de Gaza. Habitués au bruit des roquettes, des avions et des chars, les sons qu’ils ont entendus le 7 octobre étaient inédits. Pendant 26 heures, ils se sont cachés dans leur pièce sécurisée tandis que des terroristes infiltraient leur Kiboutz et ravageaient tout ce qu’ils rencontraient.
Rohr Jewish Learning Institute (JLI)
Une vie au Kiboutz Alumim
Sarit Lesnik Kurtzman a 28 ans et vit au Kiboutz Alumim. Son mari est originaire de là-bas, il y est né et a grandi toute sa vie. Sarit a découvert le Kiboutz pendant son année sabbatique, l’année avant l’armée, lorsqu’elle est allée au Mechinat, un programme pré-militaire au Kiboutz où elle est restée un an. Situé dans le sud d’Israël, le Kiboutz se trouve à seulement 4 kilomètres de la frontière de Gaza.
Jusqu’à ce jour fatidique, Sarit n’était pas vraiment préoccupée par cette proximité. Elle ne s’était jamais sentie très effrayée. Le Kiboutz avait connu de nombreuses vagues de missiles, mais ils avaient leur mamad, leur pièce sécurisée, l’abri. La routine était bien établée : on avait 15 secondes pour entrer dans l’abri, puis on devait simplement s’asseoir et attendre 10 minutes, et ensuite tout allait bien. Sarit n’avait jamais été inquiète, elle n’avait jamais imaginé quoi que ce soit comme ce qui allait se passer. Si quelqu’un lui avait dit qu’une telle chose arriverait, elle ne l’aurait pas cru.
Le 7 octobre : 6h29 du matin
Tout a commencé à 6h29 avec un son très familier du Dôme de fer qui se déclenchait pour intercepter les missiles venant de Gaza. Immédiatement, Sarit a sauté de son lit, est allée au lit de sa fille et l’a attrapée pour l’emmener dans la pièce sécurisée qui servait de chambre. La petite dormait dans la pièce juste à côté. Sarit l’a saisie et l’a emmenée dans la pièce sécurisée, a fermé la porte, fermé la fenêtre.
Normalement, parce qu’ils étaient malheureusement familiers avec ces situations, ils recevaient généralement un avis. L’armée israélienne annonçait avoir tué un grand terroriste et les prévenait qu’ils pourraient tirer parce qu’ils étaient contrariés. C’était ainsi qu’ils avaient appris à connaître le fonctionnement de leur ennemi. Mais cette fois-ci, il n’y avait aucun avis, rien ne venait, personne ne les prévenait. La fenêtre de leur abri anti-bombes était ouverte, ils ont dû fermer cette fenêtre, fermer la porte. Sarit et son mari se sont retrouvés assis dans leur pièce sécurisée. En plus, ce n’était pas seulement Chabbat, c’était une journée qui aurait dû être paisible.
Assis dans l’abri, ils ont réalisé que les missiles ne s’arrêtaient pas. Habitués à ces attaques, ils connaissaient le protocole : la sirène retentit, on entre, on ferme la porte, on reste là pendant 10 minutes, puis on sort. Mais cette fois-ci, les missiles ne s’arrêtaient tout simplement pas.
Sarit a regardé son mari et lui a dit que quelque chose était bizarre, que ce n’était pas l’une des attaques normales auxquelles ils étaient habitués, que quelque chose se passait. Son mari et elle observaient tous les deux Chabbat et n’utilisaient pas leurs téléphones ce jour-là. Après environ 20 minutes de missiles non-stop, Sarit a dit à son mari qu’ils devaient savoir ce qui se passait, que quelque chose était en train de se produire et qu’elle devait allumer l’un des téléphones.
Les premiers messages d’alerte
Lorsqu’elle a allumé son téléphone, il n’y avait pas vraiment beaucoup d’informations. Les messages parlaient d’une attaque surprise et demandaient simplement de rester dans les pièces sécurisées, de ne pas sortir. C’était 6h29 quand tout avait commencé. Ils sont restés là avec leurs téléphones, car il était temps de comprendre ce qui se passait.
Le Kiboutz Alumim est un Kiboutz religieux, ce qui signifie que personne n’est normalement sur son téléphone pendant Chabbat. Mais parce qu’ils étaient habitués à ces attaques, les gens savaient que parfois il fallait utiliser son téléphone. Tout se passait via le groupe WhatsApp de sécurité. Ils avaient également une application de sécurité différente sur leurs téléphones.
Vers 7h30, le message est arrivé : terroristes sur le Kiboutz. Tout le monde devait rester dans la pièce sécurisée, s’assurer que les portes étaient verrouillées, que la porte de la pièce sécurisée était verrouillée. Aucune sortie de la pièce sécurisée pour quoi que ce soit. Sarit était choquée.
Des bruits inconnus et terrifiants
Puis ils ont commencé à entendre des bruits auxquels ils n’étaient pas habitués. Ils étaient habitués aux missiles, au Dôme de fer, aux hélicoptères, aux avions, aux chars. C’étaient des choses qu’ils connaissaient. Mais ils ont commencé à entendre des coups de feu, et ce n’était pas quelque chose auquel ils étaient habitués. Sarit et son mari avaient tous les deux servi dans l’armée, et ils ont reconnu que ces coups de feu ne provenaient pas des armes qu’ils connaissaient. Les sons étaient différents. Malheureusement, ils pouvaient faire la différence. C’était une Kalachnikov, pas l’une de leurs armes. Et cela semblait vraiment juste à l’extérieur de leur fenêtre.
Le mari de Sarit s’est posté près de la porte. À un moment donné, il a tenu la porte pendant environ 12 heures, maintenant simplement la porte fermée. Il était au téléphone avec ses parents qui vivaient également au Kiboutz, s’assurant qu’ils allaient bien, qu’ils étaient aussi dans leur pièce sécurisée. Ils essayaient d’avoir une image claire de la situation, mais à aucun moment on ne leur a dit qu’il n’y avait plus de terroristes dans le Kiboutz, qu’ils pouvaient sortir. À aucun moment. Ils sont restés dans le mamad toute la journée.
Sur le groupe de sécurité, les mises à jour continuaient. À un moment donné, ils ont appris que trois personnes avaient été blessées au Kiboutz. Il n’était toujours pas sûr de sortir. À aucun moment il n’était sûr de simplement sortir, même pour aller aux toilettes ou prendre quelque chose.
Une longue attente dans l’angoisse
La fille de Sarit s’est réveillée. Sarit essayait constamment de s’assurer qu’elle ne pleure pas. On leur avait dit d’essayer de rester silencieux pour que les terroristes ne sachent pas qu’il y avait des gens dans la pièce. Alors Sarit lui chantait la plupart du temps, essayant vraiment de la garder calme.
Vers midi, il y a eu une coupure de courant. L’électricité s’est éteinte. Cela a rendu les choses encore plus difficiles car ils n’avaient plus de climatisation ni de ventilateur, et l’atmosphère était étouffante. De temps en temps, ils ouvraient simplement la porte une seconde pour avoir de l’oxygène et la refermaient aussitôt.
Puis ils ont reçu un message disant qu’à 2 heures du matin, ils allaient être évacués. Rapidement, ils ont ouvert la porte, couru à travers toute la garde-robe de leur fille, mis tout dans un sac. Sarit a attrapé pour elle deux t-shirts, fermé le sac et couru de nouveau vers l’abri. Mais l’évacuation a été reportée. Dans deux heures, disaient-ils. Puis trois heures. À 8 heures du matin, ils ont annoncé qu’à 8h30, ceux qui avaient leur propre voiture seraient évacués avec une escorte de l’armée.
La préparation à l’évacuation
Les parents du mari de Sarit avaient une voiture, contrairement à eux. Ils sont venus directement à leur maison. Toute la famille est montée dans la voiture et a attendu dans une file avec toutes les autres voitures à l’entrée du Kiboutz avant de finalement quitter les lieux.
Sarit avait envoyé sa localisation en direct à sa sœur. Une fois qu’ils avaient vu que des gens se faisaient enlever et que des terroristes entraient vraiment dans les maisons, elle avait envoyé sa localisation à sa sœur en lui disant qu’elle allait trouver un moyen de cacher son téléphone. Elle avait mis le téléphone dans la couche de son bébé avec la localisation activée, pensant que peut-être les terroristes se soucieraient des enfants. Maintenant, ils savent que cela n’avait pas d’importance pour eux, mais à ce moment-là, c’était son seul espoir.
Quand Sarit a revu sa sœur quelques jours plus tard, celle-ci l’a serrée dans ses bras en lui disant que ce message avec la localisation l’avait vraiment brisée, que cela l’avait profondément touchée. Son plus jeune frère, qui était dans l’armée, avait également essayé de venir au Kiboutz. Ils s’envoyaient des messages sur WhatsApp. Il lui avait envoyé une capture d’écran de sa localisation en lui demandant si elle était encore là, si elle était toujours au même endroit.
Des images d’horreur
Lorsqu’ils ont quitté le Kiboutz, tout ce qu’ils ont vu était horrifiant. Les voitures brûlées, les maisons détruites, les images que tout le monde a probablement vues. C’était vraiment terrible. Ils sont allés chez la sœur de Sarit pendant quelques jours, puis chez sa belle-mère dans le nord où ils sont restés environ une semaine et demie.
C’est à ce moment-là qu’ils ont commencé à recevoir toutes les informations sur ce qui s’était réellement passé au Kiboutz. Le jour même, ils n’avaient pas eu beaucoup d’informations. Les messages disaient simplement : terroristes, restez à l’intérieur, ne sortez pas. C’était tout ce qu’ils savaient.
L’héroïsme de l’équipe d’intervention
Progressivement, ils ont découvert que le Kiboutz avait une équipe d’intervention d’urgence, une équipe de premiers intervenants composée de civils du Kiboutz. Ces hommes avaient reçu une certaine formation, ils avaient des armes et des gilets pare-balles. Dès qu’ils avaient entendu les coups de feu, cette équipe était sortie. Il y avait cinq personnes dans cette équipe. Ces cinq personnes ont combattu les terroristes.
Trois d’entre eux ont été gravement blessés. L’un s’est fait tirer dans les deux jambes, un autre dans le bras et l’épaule, et un troisième dans le ventre. Ils ont combattu sous le feu ennemi. Tout était vraiment un énorme miracle. D.ieu merci, ils allaient tous bien, ils fonctionnaient tous et devaient suivre une thérapie physique. C’était vraiment miraculeux. C’était cette équipe rapprochée à laquelle Sarit et sa famille devaient leur vie.
L’armée n’est arrivée qu’environ 5 heures après l’attaque initiale, dans l’après-midi. Cette équipe de civils avait combattu pendant 5 heures contre les terroristes dans le Kiboutz et avait réussi à les arrêter. Les terroristes étaient entrés par huit zones différentes dans le Kiboutz, mais l’équipe avait réussi à les stopper.
À un moment donné, l’un des hommes âgés du Kiboutz était sorti pour voir ce qui se passait après avoir entendu des bruits. L’un des terroristes lui avait tiré dessus. Un homme de 78 ans avait reçu une balle dans le ventre et allait maintenant bien. Encore un miracle parmi tant d’autres.
Les interventions miraculeuses
Des parties du puzzle devenaient plus claires. Des parachutistes étaient venus en hélicoptère. L’hélicoptère avait atterri juste à l’extérieur du Kiboutz. Au moment de l’atterrissage, ils s’étaient fait tirer dessus par un RPG et l’hélicoptère avait été touché. Mais ils avaient quand même réussi à atterrir en toute sécurité. Tous les soldats étaient sortis de l’hélicoptère pendant qu’on leur tirait dessus. Les terroristes avaient commencé à leur tirer dessus dès leur sortie de l’appareil. Une fois tous les soldats évacués, l’hélicoptère avait été touché à nouveau et cette fois il s’était enflammé. Mais tous les soldats allaient bien, personne n’avait été blessé.
Ces soldats se trouvaient juste à l’extérieur du Kiboutz. Leur mission était d’aller à Be’eri, mais quand ils avaient entendu ce qui se passait à Alumim, qu’il y avait aussi des terroristes là-bas, ils avaient également combattu pour protéger le Kiboutz.
Une autre unité d’élite de l’armée de l’air, nommée Shaldag, était également en route vers Be’eri. Be’eri se trouvait juste à côté d’Alumim et la situation y était très grave. En route vers Be’eri, ils avaient vu environ 30 terroristes venant vers Alumim par la porte arrière. Ils avaient réussi à les intercepter et à les arrêter. Malheureusement, un soldat de Shaldag avait été tué. C’était une personne à qui ils devaient leur vie.
Un autre soldat de Yahalom, une autre unité, avait également été tué au Kiboutz. L’un des membres du Kiboutz, qui était dans l’armée et se trouvait à la maison pour Chabbat, était sorti dès le début de l’attaque. Il était parti sous le feu ennemi, avait pris une voiture et était malheureusement mort en chemin.
Des pertes déchirantes
Le meilleur ami du mari de Sarit vivait à Kfar Aza. Il avait été porté disparu pendant environ une semaine. Personne ne savait s’il avait été enlevé ou tué. Malheureusement, environ une semaine après le début des événements, un vendredi après-midi, ils étaient venus leur annoncer qu’il avait été tué.
Sarit et sa famille étaient partis à 8h30 du matin, mais toute la communauté avait été évacuée un peu plus tard en bus vers Netanya, dans deux hôtels. Depuis lors, cela faisait presque un mois que le Kiboutz, en tant que communauté unie, vivait dans un hôtel. Ils essayaient d’établir un emploi du temps pour les enfants et les bébés, tentant de rester soudés en tant que communauté.
Des questions et l’espoir de réponses
Ils avaient beaucoup de questions. Sarit croyait qu’ils obtiendraient des réponses, mais elle pensait que ce n’était pas encore le moment. Pour l’instant, c’était vraiment le moment pour Am Israël d’être uni et fort ensemble. L’aide et le soutien qu’ils recevaient de tout le monde étaient incroyables.
Après environ deux semaines, Sarit était allée voir le chef du Kiboutz pour lui dire qu’ils recevaient tellement de dons et de bénévoles qu’ils devaient s’assurer de remercier tout le monde. Il lui avait confié la tâche d’écrire les lettres de remerciement. Elle pensait en avoir envoyé plus de 50. C’était sa façon d’essayer de rester saine d’esprit, même si ce n’était pas toujours simple. À la fin, toute personne a besoin d’une maison. Mais D.ieu merci, elle avait sa famille, ils avaient du soutien, et le pays faisait vraiment beaucoup pour eux. Ils restaient optimistes et unis.
La résilience d’un peuple
C’était leur force en tant que nation, en tant que peuple. Depuis la création d’Israël, les ennemis avaient toujours voulu les évacuer, les tuer et détruire leur nation. Mais ils gagnaient. C’était ce qu’ils faisaient : ils combattaient, ils gagnaient, ils survivaient et ils reconstruisaient. C’était ce qu’ils voyaient et croyaient qui allait se passer cette fois. C’était pourquoi ils étaient si patients.
Personne ne parlait de cessez-le-feu immédiat, car la seule façon dont cela pouvait se terminer n’était pas une question de « si » mais de « quand » : quand ils élimineraient complètement le Hamas. C’était ce qu’ils attendaient tous et ils seraient patients jusqu’à ce que cela arrive, car c’était la seule façon dont les choses pouvaient vraiment se terminer.
Un appel au monde
Pour ceux qui n’étaient pas en Israël et qui voulaient aider, Sarit avait un message clair. Ils avaient d’abord besoin de porte-parole, de gens qui les aideraient à combattre cette guerre contre ceux qui voulaient détruire leur nation. Il fallait faire passer le mot, sur les réseaux sociaux, dans les universités, sur les campus. L’antisémitisme dans les grandes universités était horrifiant. C’était à leur nation de le combattre partout, car il était partout. Que ce soit à Londres ou à New York, où vivaient tant de Juifs, ils voyaient ce qui se passait.
La première chose était donc de faire passer le mot, via les réseaux sociaux, les rassemblements, peu importe. Sarit voyait ces efforts et toute la communauté les soutenait vraiment. Ensuite, il y avait les organisations qui collectaient des dons. C’était incroyable. Ces dons allaient vraiment aider à reconstruire les Kiboutzim qui en avaient besoin. Alumim avait également un lien de don pour la reconstruction. Les terroristes avaient brûlé toute la zone de la ferme laitière, mais ils avaient pu réparer une partie. Ces dons allaient vraiment reconstruire les Kiboutzim détruits.
Un message de foi et d’espoir
L’histoire de Sarit était miraculeuse, et elle la partageait avec courage. Ce qu’elle espérait par-dessus tout, c’était que les gens comprennent que la chose la plus importante était l’après. Avec la foi et l’unité d’Am Israël, ils allaient avancer et reconstruire. Ils étaient là pour rester et chacun allait tout faire pour pouvoir rentrer chez lui et se sentir en sécurité. Sarit voulait pouvoir se promener à nouveau avec sa fille sur le Kiboutz, aller courir dans les champs comme elle le faisait avant. C’était vraiment grâce à l’unité et à la générosité de tout le monde qu’ils y parviendraient.
Ils allaient avancer, car rester immobile signifierait couler ou reculer. C’était leur détermination, leur foi, leur force collective qui les porteraient vers l’avenir.
Le vaste ensemble immobilier situé à l’angle de Carroll Street et Troy Avenue, qui a été utilisé avec grand succès lors du dernier Tichri pour accueillir des centaines de jeunes élèves des Yechivot Habad en Terre d’Israël, servira désormais à héberger des centaines d’émissaires qui arrivent pour la prochaine convention des émissaires. Cette initiative témoigne d’une organisation exemplaire au service de la communauté. Les installations modernes garantissent confort et sécurité à tous les participants.
Un projet généreux et bien coordonné
Le vaste ensemble immobilier situé à l’angle de Carroll Street et Troy Avenue, qui a été utilisé avec grand succès lors du dernier Tichri pour accueillir des centaines de jeunes élèves des Yechivot Habad en Terre d’Israël, servira désormais à héberger des centaines d’émissaires qui arrivent pour la prochaine convention des émissaires (Kinous HaShluchim).
La propriété spacieuse, appartenant à Reb Avremel Lokshin, a été généreusement mise à disposition pour ce projet. Le complexe de Tichri a été organisé et géré par le philanthrope et homme d’action Reb Meir Kabakov, qui a assumé l’entière responsabilité de toute la logistique, de la construction et des fournitures – de la sécurisation des lits et matelas à la coordination de l’électricité, des systèmes de sécurité et des commodités – veillant à ce que les centaines d’invités qui ont passé Tichri à Crown Heights soient logés confortablement et dignement.
Collaboration pour la convention des émissaires
Après Tichri, le site a été remis en état pour être utilisé par le Vaad HaKinous, dirigé par le Rav Mendy Kotlarsky de Merkos L’Inyonei Chinuch, dans le cadre d’une collaboration conjointe avec Reb Meir Kabakov.
« Nous sommes très reconnaissants envers Reb Avremel Lokshin d’avoir si généreusement offert sa propriété au profit des invités du Rabbi », a déclaré Kabakov. « Après avoir accueilli avec succès les jeunes élèves pendant Tichri, nous sommes heureux de remettre le site à l’équipe du Kinous, qui s’occupera désormais des arrangements et du retour de tout l’équipement loué après la convention. »
Organisation et équipements modernes
La logistique de l’hébergement pour le Kinous est supervisée par le Rav Shneur Najar, qui coordonne la préparation du site pour les émissaires arrivants et supervisera plus tard la restauration complète et le retour de l’équipement et de l’infrastructure une fois la convention terminée.
Le complexe comprend des dizaines d’unités de logement modulaires modernes, chacune climatisée et entièrement équipée pour fournir un hébergement confortable et organisé. Chaque unité contient des lits neufs et solides avec des matelas de haute qualité, des armoires en bois massif et de la literie fraîche, ainsi que des systèmes d’éclairage, de chauffage et de climatisation.
Sécurité assurée pour tous les participants
L’accès au campus est limité aux invités enregistrés, et du personnel de sécurité ainsi que des patrouilles de police seront stationnés près du site tout au long du week-end du Kinous pour assurer la sécurité de tous les participants.
Dans une salle affichant complet avec près de 2 000 participants, et rejoints par plus de 100 000 cœurs suivant l’événement en ligne à travers le monde, le Tenathon 2025 a élevé la Mitsva de Hakhnassat Kalla à un nouveau niveau de splendeur et d’émotion. La soirée a démontré la beauté et la force d’une communauté unie dans un objectif commun. Chaque participant et donateur a contribué à illuminer l’avenir des futures mariées et de l’ensemble du peuple juif.
Une soirée historique de générosité
Hier soir, nous avons été témoins de la beauté et de la force d’une communauté unie dans un objectif commun. Dans une salle affichant complet avec près de 2 000 participants, et rejoints par plus de 100 000 cœurs suivant l’événement en ligne à travers le monde, vous avez élevé la Mitsva de Hakhnassat Kalla à un nouveau niveau de splendeur et d’émotion. À chaque participant et donateur qui a fait du Tenathon 2025 une réalité, Ten Yad vous remercie. Les futures mariées vous remercient. Et l’avenir du Klal Israël brille plus intensément grâce à vous.
La dignité et l’espoir restaurés
Votre générosité a préservé la dignité, suscité l’espoir et rempli les cœurs de joie, aidant chaque future mariée à avancer avec grâce vers sa propre nouvelle étape de vie. Vous n’avez pas simplement assisté à une belle soirée. Vous l’avez construite. Vous avez apporté la lumière là où elle était nécessaire, l’espoir là où il était mérité, et une joie qui résonnera longtemps après que la dernière note se sera éteinte.
Le Grand Split : une nouvelle opportunité
Alors que nous portons l’énergie de cette soirée vers l’avenir, une autre opportunité se présente. Le Grand Split de l’année dernière a dépassé 800 000 dollars. Cette année, un seul ticket pourrait changer votre vie. La cagnotte augmente, et le tirage au sort aura lieu le 26 novembre 2025. Visitez GrandSplit.com pour sécuriser votre chance.
Une bénédiction pour tous
Que le mérite de cette Mitsva apporte à chacun d’entre vous et à vos familles des bénédictions sans limites, et puissions-nous bientôt célébrer ensemble sur la scène ultime avec Machia’h.
Les Nechei Oubnot ‘Habad de Paris organisent ce mardi 4 novembre 2025 une soirée spéciale pour commémorer l’anniversaire du Yortzeit de Madame Bassie Azimov, le 17 Hechevan. Cet événement, qui se tiendra aux Salons ‘Haya Mouchka à Paris, sera l’occasion de se ressourcer autour du thème « Donner : de force en force ! » présenté par Madame Hanna Gershovitz. Une soirée inspirante pour perpétuer l’héritage d’une femme exceptionnelle qui a marqué la renaissance juive parisienne.
Les détails de la soirée
La soirée se déroulera le mardi 4 novembre 2025, 13 Hechvan 5786, à 20h30 aux Salons ‘Haya Mouchka, situés au 49 rue Petit, 75019 Paris. Le témoignage sera présenté par Madame Hava Mimoun, Chlou’ha du Rabbi à Montrouge.
La soirée comprendra un buffet, une vidéo et un enseignement oral. L’entrée est libre et l’événement est réservé au public féminin. La citation qui accompagne cette invitation résume parfaitement l’esprit de cette rencontre : « Continuons à nous construire et à parfaire le monde à travers les enseignements du Rabbi. »
Témoignage de Mme HAVA MIMOUN Chlou’ha à Montrouge
Une jeunesse marquée par le dévouement
Mme Bassie Azimov, fille du célèbre ‘hassid Rav Bentzion Shemtov, est décédée le lundi 14 novembre 2011, 17 Hechevan, à l’âge de 67 ans. Élevée à Londres, elle a appris dès son plus jeune âge la valeur du don de soi auprès de ses parents, figures majeures du réseau juif clandestin derrière le Rideau de Fer. Sa famille établit par la suite des institutions Habad-Loubavitch au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde, à la demande du sixième Rabbi, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, de mémoire bénie, et de son successeur, le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson.
Une pionnière de la renaissance juive à Paris
Arrivée à Paris en 1968 avec son époux le Rav Chmouel Azimov, Madame Azimov jouit rapidement d’une grande considération au sein de la communauté juive parisienne. Le couple établit le premier Beth Habad de la capitale, développant un vaste réseau d’institutions s’adressant aux étudiants, touristes, écoliers, femmes et jeunes couples. Des centaines de personnes ont rempli la rue des Vinaigriers le jour de son décès, et des milliers d’élèves lui ont rendu hommage au complexe éducatif Beth ‘Haya Mouchka. Elle a contribué à ramener de très nombreux Juifs vers leurs racines, laissant un héritage spirituel qui continue d’inspirer la communauté.
Continuons à nous construire et à parfaire le monde à travers les enseignements du Rabbi.
-Public féminin -Entrée libre
Possibilité de participer au goral sur le site: neshehabad.com
À une époque où les Yechivot se disputent le prestige, les frais de scolarité et la reconnaissance tape-à-l’œil, une Yechiva se distingue discrètement et refuse de jouer le jeu. Si nous admirons les écoles pour leur marketing plus que pour leur Messirat Nefech, peut-être que la crise dans le ‘Hinoukh n’est pas la leur — c’est la nôtre.
Par Levi Lieberman
Les neuf survivants qui ont reconstruit Tom’hei Temimim
Fin 1941, neuf jeunes survivants descendirent d’un train à Montréal. Ils ne portaient presque rien — pourtant ils apportaient avec eux tout ce qui comptait : l’esprit et l’érudition de Tom’hei Temimim, sauvés de l’enfer qui consumait l’Europe juive.
Ils rétablirent immédiatement leur Yechiva. Elle devint la deuxième Tom’hei Temimim en Amérique du Nord — la seule plus ancienne étant la branche que le Rabbi précédent avait fondée à New York juste un an plus tôt. Et leur mission était claire — parce que le Rabbi précédent la leur avait définie.
Une mission définie par le Rabbi précédent
Dans le Hayom Yom du 1er Tamouz, il exposa ce que signifie véritablement le Messirat Nefech pour les Bnei Torah : que même les conforts triviaux qui leur sont accordés dans leur nouvelle terre ne doivent jamais émousser le tranchant de leur dévouement à la Torah.
Dans le Hayom Yom du 8 Tamouz, il insista sur le fait que leur but ne pouvait se limiter à la croissance personnelle. Comme Avraham Avinou, ils devaient influencer les autres dans le Yiddishkeit — même s’ils craignaient que cela se fasse au détriment de leur propre étude et de leur Avoda personnelle.
Ensemble, ces lettres établirent une identité différente de toute autre : une Yechiva où l’étude est prise au sérieux, mais où un Bo’hour ne se prend pas seulement lui-même au sérieux. Parce qu’un véritable Tamim ne grandit pas seul.
C’est l’ADN de Tom’hei Temimim Montréal — une Yechiva fondée sous le feu, construite par ceux qui ont choisi la continuité plutôt que le confort, l’avenir de la Torah plutôt que les cendres de son passé.
Quand le ‘Hinoukh nord-américain commence à changer
Plus récemment, le ‘Hinoukh en Amérique du Nord a commencé à changer. Dans un monde qui valorise la visibilité, même les bonnes institutions peuvent ressentir la pression de suivre le rythme. Et alors que les frais de scolarité continuent leur montée implacable, l’acceptation peut commencer à suivre les finances plutôt que le potentiel.
Montréal refuse ce courant.
Ici, la valeur d’un étudiant ne se mesure pas à un compte en banque. La Torah ne peut devenir un produit de luxe. Une Tom’hei Temimim qui se souvient pour qui elle existe ne traitera jamais les Talmidim comme des clients.
Montréal, la montagne humble comme le Har Sinaï
Tandis que d’autres poursuivent la reconnaissance, Montréal est restée ce qu’elle a toujours été : une Yechiva qui ne confond pas publicité et raison d’être.
Le Har Sinaï n’était pas la plus haute montagne. C’était simplement celle assez humble pour porter la vérité. Montréal est cette montagne.
Et cette vérité continue aujourd’hui.
Un témoignage personnel de Messirat Nefech
Cet auteur a reçu une place quand d’autres fermaient leurs portes. Le camp d’été se terminant, et avec peu de moyens pour payer les prix « hors de la ville », mon père m’appela :
« Va à Montréal. Ils veulent cinq mille dollars, mais je pense pouvoir négocier. »
C’était il y a de nombreuses années. Et d’après tout ce que j’entends, rien n’a changé. Baroukh Hachem.
Parce que la grandeur d’une Yechiva ne se cache pas dans ses bâtiments, mais dans les personnes qu’elle refuse d’abandonner.
Une question nécessaire pour nous tous
Ce qui nous laisse avec une question nécessaire :
Si une Yechiva est tout ce que les Rabbanim ont demandé — et pourtant nous la négligeons simplement parce qu’elle refuse de se faire de la publicité — qu’est-ce que cela dit de nous ?
Tom’hei Temimim Montréal est restée fidèle à sa mission. La seule question qui reste est de savoir si nous resterons fidèles à la nôtre.
Cameron Hayes a passé près d’une décennie en tant que skinhead néo-nazi, arborant fièrement des tatouages de croix gammées et propageant une idéologie de haine violente. Puis vint une rencontre qui allait tout changer : dans les murs froids de la prison d’État de l’Oregon, le Rav Avraham Its’hak Perlstein, Chalia’h du Rabbi aumônier, a ouvert un dialogue qui semblait impossible.
Les racines de la violence : une enfance brisée dans les rues de Portland
L’histoire de Cameron Hayes commence dans le sud-est de Portland, Oregon, un quartier où la pauvreté et la criminalité tissent la trame quotidienne de nombreuses vies. Ce n’est pas un endroit facile pour grandir, et Cameron n’a pas eu la chance d’une enfance protégée. Son histoire personnelle illustre comment les circonstances peuvent façonner un jeune esprit vulnérable et le conduire sur des chemins destructeurs.
Lorsque Cameron avait quatre ans, ses parents divorcèrent. Sa mère sombra dans la dépendance aux drogues, et son père, après la séparation, devint une figure de plus en plus distante et absente. L’enfant se retrouva essentiellement livré à lui-même, sans les repères moraux et affectifs dont tout jeune a besoin pour se construire. Dans ce vide éducatif et émotionnel, Cameron apprit très tôt que la survie primait sur tout le reste.
À l’adolescence, la situation avait déjà basculé dans l’irréparable : Cameron consommait des drogues avec sa propre mère, qui non seulement tolérait mais encourageait activement ce comportement autodestructeur. Dans cet environnement toxique, l’activité criminelle n’était pas présentée comme quelque chose de moralement répréhensible, mais simplement comme risquée. Il n’y avait pas de notion de bien ou de mal, seulement de risque et de récompense.
Dès son plus jeune âge, Cameron fut donc introduit à un monde de criminalité où la moralité traditionnelle que la plupart des gens acquièrent durant leur enfance n’avait tout simplement aucun sens, aucune valeur, aucune réalité tangible. Les valeurs fondamentales qui guident la plupart des êtres humains dans leurs choix n’avaient jamais été transmises, jamais été enseignées, jamais été vécues.
La spirale de la destruction : drogues dures et violences
À dix-sept ans, Cameron franchit un seuil critique dans sa descente : il commença à consommer de l’héroïne par voie intraveineuse. Cette drogue particulièrement destructrice allait accélérer sa chute et le conduire vers des actes de plus en plus graves. L’héroïne crée une dépendance physique et psychologique si puissante qu’elle pousse ses victimes à des comportements qu’elles n’auraient jamais imaginés.
À dix-neuf ans seulement, dans un état de dépendance totale et désespéré de trouver de l’argent pour sa consommation, Cameron commit quatorze braquages en seulement un mois et demi. Cette frénésie criminelle lui valut une condamnation à douze ans de prison. Mais même l’incarcération ne marqua pas la fin de sa violence : une fois derrière les barreaux, il commit une agression qui lui valut deux années supplémentaires de détention. Son séjour en prison allait durer quatorze ans au total, quatorze années qui allaient le transformer de manière inattendue.
Pour beaucoup de jeunes criminels, la prison n’est pas un lieu de rédemption mais plutôt une université du crime, un endroit où les comportements destructeurs sont renforcés plutôt que corrigés. Cameron n’allait pas faire exception à cette règle, du moins pas au début.
L’université de la haine : initiation au néo-nazisme carcéral
C’est en prison que Cameron rejoignit les rangs des suprémacistes blancs et adopta pleinement l’idéologie néo-nazie. Ironiquement, comme il le reconnaît lui-même aujourd’hui, la transition fut presque naturelle. La culture du sud-est de Portland ressemblait déjà à celle de la prison, puisque de nombreux habitants du quartier finissaient tôt ou tard derrière les barreaux. Il y régnait déjà des tensions raciales importantes, principalement entre communautés noires et blanches, mais sans véritable fondement idéologique. C’était une hostilité tribale, primitive : « ce sont nos rivaux là-bas », sans autre justification.
Mais en prison, Cameron fut initié à quelque chose de beaucoup plus structuré et dangereux : la véritable suprématie blanche, une doctrine élaborée qui ciblait spécifiquement deux groupes : les Noirs et les Juifs. Cette idéologie néo-nazie qu’il adopta avec ferveur n’était pas monolithique, elle comportait différents niveaux de sophistication et d’engagement.
Au niveau le plus superficiel, certains membres se contentaient de crier des insultes raciales, remplis de haine sans pouvoir expliquer d’où venait cette rage ni pourquoi ils haïssaient. Si on leur demandait de justifier leurs croyances, ils en étaient incapables. C’était une haine pure, non réfléchie, presque instinctive.
Mais il existait un niveau beaucoup plus profond et plus sinistre. À ce niveau, l’idéologie reposait sur une mythologie médiévale concernant les Juifs, adaptée à une vision moderne. Cette doctrine incluait des croyances délirantes et ancestrales, comme le prétendu sacrifice d’enfants chrétiens par les Juifs, un mythe médiéval appelé « accusation de meurtre rituel » qui a causé des siècles de persécutions. Cameron découvrit avec stupeur que ce genre de mentalité existait encore dans le mouvement néo-nazi contemporain.
L’idéologie ésotérique : une guerre raciale cosmique
Au-delà de ces mythes médiévaux, Cameron fut également exposé à une dimension ésotérique du mouvement suprémaciste blanc. Cette vision considérait les Juifs et les Européens (ou « Aryens », selon leur terminologie) comme deux races engagées dans une compétition cosmique et existentielle. Selon cette croyance, une seule de ces deux races pouvait survivre. Comme Cameron le résume avec un humour noir : « La ville n’est pas assez grande pour nous deux. »
Cette idéologie n’était pas nécessairement religieuse au sens traditionnel, mais elle possédait un aspect quasi-religieux important. Les adeptes pratiquaient ce qu’ils considéraient comme des rites païens européens indigènes. Leur raisonnement était que puisque les Juifs avaient soi-disant influencé toutes les religions modernes depuis des millénaires, la seule façon de retrouver une spiritualité pure, non contaminée par l’influence juive, était de revenir au paganisme préchrétien.
Mais Cameron reconnaît aujourd’hui l’hypocrisie fondamentale de cette démarche : si on demandait aux adeptes s’ils croyaient réellement que le tonnerre était produit par Thor ou que les forces naturelles étaient contrôlées par des divinités nordiques, ils ne le croyaient pas vraiment. C’était tout simplement une performance, un spectacle, une façade pour justifier leur haine et créer un sentiment d’identité tribale. La spiritualité n’était qu’un prétexte pour l’exclusion et la violence.
Asatru : quand une religion païenne devient un masque pour l’extrémisme
En prison, cette idéologie quasi-religieuse se manifestait notamment à travers la religion Asatru, une pratique païenne néo-nordique. L’histoire de l’Asatru aux États-Unis est révélatrice de la manière dont des mouvements apparemment innocents peuvent être détournés par des extrémistes.
Le mouvement Asatru devint populaire aux États-Unis dans les années 1960 et 1970 parmi les hippies et les personnes en quête de spiritualité basée sur la nature, désirant renouer avec les traditions préchrétiennnes européennes. À l’origine, il s’agissait d’un mouvement spirituel relativement pacifique et centré sur l’écologie.
Mais après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les néo-nazis cherchaient des moyens de se rattacher symboliquement à l’Allemagne nazie tout en évitant l’ostracisme social ouvert, ils trouvèrent dans l’Asatru un véhicule parfait. Cette religion n’était pas encore associée au nazisme dans l’esprit du public, elle permettait donc aux suprémacistes blancs d’exprimer leur identité raciale à travers une « performance religieuse » sans être immédiatement rejetés.
Cameron se souvient d’une conversation révélatrice avec un membre du groupe qui avait dans sa cellule une image de nazis avec une croix gammée. Lorsqu’il fut confronté à ce sujet, l’homme répondit : « Oh, ça n’a rien à voir avec ça. Je suis Asatru et ce symbole a été volé par les nazis. La croix gammée a été officiellement volée et mal utilisée, mais en réalité c’est une expression de ma foi. »
Et techniquement, il y avait une part de vérité dans cette affirmation. La croix gammée existe effectivement dans de nombreuses cultures à travers le monde : chez les Hindous d’Asie, les Amérindiens, et c’est un symbole bouddhiste important. Mais comme l’a dit un humoriste que Cameron cite : « Après la Seconde Guerre mondiale, peu importe à quel point vous êtes fan de Charlie Chaplin, vous ne pouvez plus porter cette moustache. » Le symbole a été tellement associé à l’horreur nazie qu’il ne peut plus être dissocié de cette signification, quelles que soient ses origines historiques. Toute personne arborant ce symbole s’associe consciemment à la suprématie blanche, avec une petite échappatoire hypocrite si jamais elle est remise en question.
Un rabbin au milieu des suprémacistes : l’ironie du devoir
C’est dans ce contexte hautement toxique et chargé de haine que le Rav Avraham Its’hak Perlstein entra en scène. Aumônier à la prison d’État de l’Oregon, il travaillait auprès de toutes les populations carcérales, quelle que soit leur affiliation religieuse ou idéologique. Dans le cadre de ses fonctions officielles, il était tenu de superviser les services religieux en plein air pour les adeptes de l’Asatru, ce groupe dont il savait pertinemment qu’il était associé à l’idéologie suprémaciste blanche dans le système pénitentiaire.
Le Rav Perlstein précise qu’il s’y rendait « simplement par obligation professionnelle en tant qu’aumônier ». Bien qu’il aurait pu choisir de ne pas y assister, il se sentait profondément responsable de garantir le droit légal du groupe à la présence d’un aumônier, un droit constitutionnel même pour ceux dont les croyances étaient diamétralement opposées aux siennes.
Le Rav ne participait jamais aux cérémonies elles-mêmes. Du point de vue du judaïsme, ces pratiques païennes avec leurs multiples divinités étaient considérées comme de l’idolâtrie, quelque chose à laquelle un Juif ne peut en aucun cas participer. Mais pour que les détenus puissent se rassembler légalement et pratiquer leur culte en plein air, un aumônier devait être présent pour s’assurer notamment qu’ils ne découvraient pas leurs tatouages de croix gammées ou ne tenaient pas de propos trop explicitement violents.
L’ironie de la situation n’échappait à personne, et certainement pas au Rav lui-même : c’était le rabbin, l’homme juif, qui permettait aux suprémacistes blancs de se rassembler et de crier leurs louanges à leurs dieux païens, de proclamer leur idéologie raciste. Sans sa présence, ces rassemblements n’auraient pas pu avoir lieu. Cette ironie profonde constituait son introduction au monde de la suprématie blanche en prison.
Les premiers signes d’humanité : Mike et le respect inattendu
Durant ces services en plein air, rares étaient les détenus suprémacistes blancs qui osaient s’adresser au Rav Perlstein. L’hostilité était palpable, le mépris évident. Mais il y avait quelques exceptions notables, dont un homme nommé Mike Willie, considéré comme un ancien ou un aîné au sein du groupe.
Mike était impliqué dans certains programmes de la prison et avait acquis un statut respecté qui lui permettait de transgresser certaines règles non écrites du groupe. Personne n’oserait le défier ou remettre en question ses actions. Mike prenait parfois l’initiative de s’approcher du Rav pour le remercier de sa présence ou échanger quelques mots en marchant vers le lieu du rassemblement. Ces brefs moments d’interaction humaine, aussi minimes soient-ils, n’étaient pas passés inaperçus.
Cameron Hayes observait ces échanges. Il se souvient avoir remarqué le Rav assis tranquillement à proximité pendant que les détenus criaient leurs slogans haineux. Quelque chose dans cette présence silencieuse, dans cette dignité tranquille face à l’hostilité, l’interpellait. Il respectait le fait que le Rav continuait à venir, semaine après semaine, malgré l’atmosphère de haine qui l’entourait. Le Rav n’était pas là pour juger, condamner ou prêcher. Il était simplement là, accomplissant son devoir avec une dignité discrète.
Une main tendue : l’acte de courage qui déclencha tout
Après l’un des services en plein air, Cameron prit une décision qui allait changer le cours de sa vie. C’était un geste simple en apparence, mais lourd de signification dans le contexte carcéral suprémaciste : il décida de s’approcher du Rav Perlstein pour lui serrer la main et le remercier sincèrement de sa présence continue, de son engagement à venir malgré tout.
Cette action déclencha immédiatement une réaction violente de la part de son gang. Ses camarades l’ont interpellé avec incrédulité et colère : « Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi serres-tu la main d’un Juif ? » Dans la hiérarchie et le code moral du groupe suprémaciste, ce geste constituait une trahison manifeste, une violation des principes fondamentaux de leur idéologie. On ne fraternise pas avec l’ennemi. On ne montre pas de respect à ceux que l’on est censé haïr.
Ce moment de confrontation avec son propre groupe força Cameron à une introspection douloureuse. Il dut se poser des questions fondamentales : quel type de personne était-il devenu ? Qu’est-ce que ce geste simple de remerciement disait sur lui et sur les valeurs qu’il incarnait vraiment ? Et surtout, qu’est-ce que la réaction de son gang révélait sur la nature profonde de l’idéologie qu’il avait adoptée ?
Pour la première fois, Cameron commença à réfléchir sérieusement à ce que signifiait réellement la décence humaine, au-delà des slogans et de la rhétorique haineuse qui avaient occupé son esprit pendant tant d’années.
Le moment de vérité en isolement : quand le miroir devient insupportable
Mais l’événement décisif qui allait véritablement bouleverser Cameron se produisit plus tard, lorsqu’il se retrouva en isolement cellulaire de longue durée. L’isolement en prison est une expérience éprouvante qui peut briser psychologiquement même les détenus les plus endurcis. Dans cet environnement de privation sensorielle et sociale, Cameron s’accrochait à une routine d’exercices physiques pour maintenir son équilibre mental.
Un jour, alors qu’il s’entraînait, un autre détenu l’interpella depuis l’autre côté du bloc cellulaire. Ils entamèrent une conversation à travers les barreaux et les couloirs. Cette conversation se révéla extraordinaire : l’homme était chaleureux, réfléchi, humain. Il parlait de sa sortie prochaine de prison avec un optimisme mesuré et sincère. Il partageait ses projets de rédemption : être présent pour ses enfants, reconstruire les relations brisées, devenir l’homme et le père qu’il aurait toujours dû être. Cameron fut touché par cette authenticité, par cette vulnérabilité. Il se dit qu’il avait rencontré quelqu’un de véritablement bien.
Le lendemain, Cameron s’entraînait à nouveau lorsque le même homme le héla depuis sa cellule. Cameron s’approcha, s’attendant à poursuivre leur conversation agréable. Mais instantanément, tout avait changé de manière radicale et incompréhensible. Ce furent des insultes raciales virulentes, des propos haineux, la caricature même du raciste le plus extrême. C’était comme si l’homme avait soudainement endossé un personnage, jouant ce qu’il pensait qu’un raciste devait être.
Cameron fut d’abord désorienté, puis la réalisation le frappa avec la force d’un coup de poing : la veille, pendant leur première conversation, il s’entraînait torse nu. L’homme avait vu le tatouage de croix gammée sur sa poitrine. Il avait vu l’encre de gang qui marquait définitivement son appartenance au mouvement suprémaciste blanc. Et confronté à cette révélation visuelle, l’homme était devenu ce qu’il pensait que Cameron voulait qu’il soit. Il avait abandonné son humanité authentique pour se conformer à ce qu’il imaginait être les attentes d’un suprémaciste blanc.
Cette prise de conscience frappa Cameron avec une force dévastatrice. Il réalisa dans un moment de clarté douloureuse que peu importe qui l’entourait, peu importe les circonstances, il rendait le monde objectivement pire par sa seule présence. Son existence même, telle qu’il la vivait, était une force destructrice qui poussait les autres à abandonner leur meilleur moi. Il ne se contentait pas d’incarner la haine, il la provoquait et la propageait autour de lui comme un virus.
Ce fut, selon ses propres mots, « un sentiment vraiment, vraiment terrible ». Une dépression existentielle profonde, une confrontation avec le vide moral au cœur de son identité. Cameron sortit de l’isolement transformé, prêt à faire les choses différemment, même s’il ne savait pas encore exactement ce que cela signifierait.
Le début du dialogue : les questions pièges qui n’ont pas fonctionné
Leur véritable dialogue, celui qui allait progressivement démanteler l’édifice idéologique de Cameron, débuta de manière inattendue dans un couloir de la prison. Cameron, encore imprégné de l’idéologie suprémaciste mais intérieurement ébranlé par ses récentes expériences, décida d’approcher le Rav Perlstein d’une manière qui lui semblait à la fois sûre et provocatrice.
Il commença à poser ce qu’il appelle aujourd’hui des « questions pièges » sur les Juifs et le judaïsme. Ces questions n’étaient pas posées avec une curiosité sincère, mais plutôt inspirées directement de la propagande antisémite qu’il avait lue et intériorisée durant ses années dans le mouvement néo-nazi. C’étaient des questions chargées, conçues pour mettre le Rav dans l’embarras, pour le pousser à se défendre, peut-être même pour confirmer certains stéréotypes négatifs.
Cameron admit franchement qu’il essayait de provoquer une réaction émotionnelle, d’obtenir une confirmation de ses préjugés. Dans son esprit, le Rav devait soit s’énerver et révéler une nature supposément vindicative, soit se montrer défensif d’une manière qui confirmerait les théories conspirationnistes véhiculées par la propagande suprémaciste.
Mais rien de tel ne se produisit. Au lieu de réagir avec colère, défense ou condescendance, le Rav Perlstein resta remarquablement calme et imperturbable. Il ne prit pas les questions comme des attaques personnelles. Il ne se sentit pas obligé de « gagner » un débat ou de « vaincre » Cameron dans une joute intellectuelle. À la place, il répondait posément, factuellement, avec une patience apparemment inépuisable à chaque question, aussi chargée ou absurde soit-elle.
Cette réaction, ou plutôt cette absence de réaction émotionnelle, déstabilisa profondément Cameron. Toute sa stratégie reposait sur l’idée que le Rav se comporterait d’une certaine manière, confirmant ainsi les stéréotypes. Mais la réalité était tout autre : le Rav incarnait une dignité tranquille, une patience qui ne pouvait pas être réduite aux caricatures haineuses que Cameron avait été conditionné à croire.
La transformation progressive : quand les certitudes s’effondrent
Ces petites conversations se poursuivirent au fil des semaines et des mois. Elles n’étaient pas des débats formels ou des confrontations dramatiques. C’étaient de brefs échanges dans les couloirs, des questions et des réponses, des moments de dialogue humain dans un environnement profondément inhumain.
Progressivement, presque imperceptiblement au début, Cameron commença à percevoir les fissures et les contradictions flagrantes dans l’idéologie sur laquelle il avait construit toute son identité adulte. Les réponses du Rav n’étaient pas des sermons moralisateurs, mais elles contenaient une logique claire, une cohérence, une humanité qui contrastait fortement avec les slogans simplistes et les mythologies délirantes du mouvement suprémaciste.
Le Rav partagea avec Cameron certains concepts fondamentaux du judaïsme qui résonnèrent profondément. L’un d’eux était le Tikoun Olam, littéralement « la réparation du monde », un concept central de la pensée juive qui affirme que chaque personne a la responsabilité de contribuer à améliorer le monde.
Mais ce qui frappa peut-être le plus Cameron, c’était une idée encore plus fondamentale que le Rav exprima : chaque personne, chaque chose créée par D.ieu dans ce monde est fondamentalement bonne à son cœur, à son essence la plus profonde. Tout. Sans exception. Cette affirmation radicale allait directement à l’encontre de l’idéologie suprémaciste qui catégorise les êtres humains en supérieurs et inférieurs, en purs et impurs.
Le Rav expliqua que son rôle en tant que rabbin, en tant que Juif, et dans son travail d’aumônier en prison, était précisément de faire ressortir cette bonté fondamentale en chaque personne. Même chez ceux impliqués dans la suprématie blanche. Même chez ceux qui le haïssaient pour ce qu’il était. Cette mission n’était pas naïve ou sentimentale, elle reposait sur une conviction théologique profonde sur la nature humaine.
Le Rav Perlstein réfléchit philosophiquement au fait que l’interaction elle-même, le simple fait du dialogue, est ce qui rend le changement possible. Une fois qu’une conversation authentique commence, une fois que deux êtres humains se reconnaissent mutuellement comme tels au-delà des étiquettes et des idéologies, « on ne sait jamais où cela peut réellement mener ». Le potentiel de transformation existe toujours, latent, attendant simplement l’opportunité de se manifester.
Anatomie de la haine : comprendre les mécanismes du suprémacisme
Avec le recul et une compréhension nouvelle de lui-même et du monde, Cameron peut aujourd’hui analyser les mécanismes psychologiques et sociaux qui alimentent le mouvement suprémaciste blanc. Son témoignage de l’intérieur offre un aperçu précieux des raisons pour lesquelles des gens, en particulier des jeunes vulnérables, sont attirés par ces idéologies destructrices.
Cameron établit une distinction importante entre deux factions principales au sein du mouvement suprémaciste blanc. D’une part, il y a les skinheads, issus principalement d’une sous-culture ouvrière pauvre et marginalisée. Ce sont généralement des jeunes qui manquent de quelque chose de fondamental dans leur vie. Leurs vies ont été difficiles, marquées par la pauvreté, la négligence, l’absence de structures familiales stables. Ce qu’ils cherchent avant tout, c’est une famille, un sentiment d’appartenance, une identité qui leur donne un sens et une valeur.
Cameron se reconnaît pleinement dans cette catégorie. Il n’était pas né raciste, il n’avait pas été élevé avec une idéologie haineuse sophistiquée. Il cherchait simplement quelque chose à quoi s’accrocher, un groupe qui le reconnaîtrait et lui donnerait un rôle. Le mouvement suprémaciste blanc offrait cela : une fraternité, des règles claires, une identité forte, un sens de la mission. Le fait que cette mission soit destructrice et immorale était secondaire face au besoin primordial d’appartenance.
D’autre part, il existe ce que Cameron appelle les « vrais suprémacistes blancs ». Ce sont les intellectuels du mouvement, ceux qui écrivent les livres et les manifestes, qui organisent et théorisent, qui fournissent le cadre idéologique que les skinheads adoptent ensuite sans nécessairement le comprendre pleinement.
Cameron mentionne spécifiquement William Pierce, un exemple frappant de cette catégorie. Pierce était un physicien qui enseigna à l’Université de l’Oregon et eut une carrière académique relativement réussie. Ce n’était pas un marginal sans éducation. Pourtant, il écrivit des textes suprémacistes influents et devint une figure centrale du mouvement néo-nazi américain. Dans ses écrits autobiographiques, Pierce révèle qu’il n’a jamais vraiment obtenu ce qu’il voulait dans la vie, et il blâme les Juifs pour ses déceptions personnelles.
Pour Cameron, cela révèle quelque chose de profond sur cette catégorie de suprémacistes : il y a un niveau d’amertume personnelle, un ressentiment profond, un besoin psychologique de trouver quelqu’un ou quelque chose à blâmer pour ses propres échecs ou insatisfactions. Peut-être même, suggère Cameron, une forme de psychopathie ou de trouble de la personnalité qui permet de construire des systèmes idéologiques entiers autour de la haine rationnalisée.
Mais Cameron insiste sur un point crucial : pour les skinheads, pour ces jeunes qui saluent dans les rues avec des tatouages de croix gammées, ils cherchent avant tout une famille, un lieu d’appartenance. Et ce sont paradoxalement eux les plus faciles à « déprogrammer », à sortir de l’idéologie haineuse.
La raison est simple mais profonde : si on peut leur montrer de l’amour authentique dans un environnement sain, ils réaliseront assez rapidement la différence entre l’amour sain, inconditionnel, qui ne demande pas de haïr pour être accepté, et « l’amour idéologique » du mouvement suprémaciste, qui n’est en réalité qu’une forme de manipulation émotionnelle. Ce dernier vous dit : « Nous t’aimons, mais seulement si tu hais avec nous. Tu n’appartiens qu’à condition d’exclure les autres. » C’est un amour profondément conditionnel et toxique.
Cameron résume avec une clarté poignante : « Tu peux t’aimer toi-même et tes gars, mais c’est tout. » Il n’y a pas de véritable ouverture au monde, pas de compassion universelle, juste un tribalisme étroit et destructeur.
La découverte troublante : l’antisémitisme de gauche
Une fois sorti mentalement de l’idéologie néo-nazie, Cameron fit une découverte profondément troublante qui allait compliquer sa compréhension de l’antisémitisme dans la société contemporaine. Venant de l’extrême droite raciste, il pensait connaître toutes les formes que pouvait prendre la haine antisémite. Il se trompait.
Lorsqu’il commença à s’impliquer dans des mouvements de justice sociale, des groupes progressistes centrés sur l’abolition du système carcéral, les droits civiques et le travail communautaire, il s’attendait à trouver des alliés naturels dans la lutte contre le racisme et l’intolérance. Ce qu’il découvrit fut beaucoup plus complexe et dérangeant.
Cameron se souvient d’un moment particulièrement révélateur. Il marchait dans la cour de la prison avec un autre détenu impliqué dans des travaux d’abolition et de justice communautaire, quelqu’un qui se positionnait clairement du côté progressiste du spectre politique. La conversation dériva vers les Juifs, et soudainement, l’homme déclara avec désinvolture : « Oui, mais ils méritaient tout ça. »
Cameron fut littéralement choqué. « Whoa. Quoi ? » Habitué à entendre ce genre de propos de la part des suprémacistes blancs avec qui il avait passé des années, il ne s’attendait absolument pas à l’entendre de la bouche d’un libéral progressiste, quelqu’un censé lutter contre toutes les formes d’oppression et d’intolérance.
Lorsqu’il pressa l’homme de justifier cette affirmation choquante, celui-ci n’avait fondamentalement rien pour l’étayer. Son raisonnement se résumait essentiellement à ceci : en regardant l’histoire, on constate que les Juifs sont constamment opprimés à travers les siècles et dans différentes cultures, donc ils doivent nécessairement mériter cette oppression d’une manière ou d’une autre.
Cameron, même avec son passé de suprémaciste blanc, reconnut immédiatement les sophismes logiques massifs dans ce raisonnement : « Comment ça ? Il y a des sophismes logiques partout dans ce que tu dis. » Blâmer la victime pour sa victimisation, utiliser la persistance de la persécution comme preuve de culpabilité plutôt que comme témoignage de préjugés enracinés, c’était un renversement moral complet.
Cette prise de conscience s’intensifia après le 7 octobre et les événements qui suivirent au Moyen-Orient. Cameron observa cet antisémitisme se développer et s’intensifier dans les milieux progressistes avec lesquels il était désormais associé. Et il réalisa quelque chose de profondément troublant : cet antisémitisme de gauche était en réalité beaucoup plus difficile à combattre que celui de l’extrême droite néo-nazie.
L’antisémitisme de droite, aussi toxique soit-il, repose sur des croyances factuelles, même si ces « faits » sont complètement faux. Les gens de droite pensent que les Juifs ont des cornes sous leurs kippas ? On peut lever une kippa, montrer qu’il n’y a pas de cornes, et dissiper cette croyance ridicule. C’est relativement simple à réfuter parce que c’est basé sur une affirmation vérifiable.
Mais l’antisémitisme de gauche fonctionne différemment. Il n’est généralement pas enraciné dans des affirmations factuelles spécifiques et réfutables. Ce que Cameron observe, c’est une « passion folle », une ferveur idéologique intense qui rend le dialogue pratiquement impossible. Il n’y a aucune volonté réelle d’avoir une conversation, d’examiner les prémisses, de considérer des perspectives alternatives.
Les affirmations sont présentées comme des vérités absolues et indiscutables : « Les Juifs sont des oppresseurs. Point final. Les Juifs sont des occupants. Point final. » Aujourd’hui, tout est mélangé en un seul amalgame confus : Juifs, Israël, sionisme, tout devient un bloc monolithique qu’on ne peut même pas questionner ou nuancer.
Cameron explique : « On ne peut même pas poser la question de savoir si ces affirmations sont vraies. Si on le fait, maintenant on est de l’autre côté de l’allée, du mauvais côté de l’argument, et on ne vaut plus la peine qu’on nous parle. » C’est une forme d’orthodoxie idéologique qui ne tolère aucune déviation, aucun questionnement, aucune complexité.
Le Tikoun Olam authentique : la vraie réparation du monde
Face à cette découverte troublante de l’antisémitisme dans les milieux progressistes, Cameron dut trouver un moyen de donner un sens à cette contradiction apparente. Comment des gens engagés dans la justice sociale, des gens luttant contre l’oppression et pour l’égalité, pouvaient-ils simultanément véhiculer des préjugés antisémites qu’ils ne reconnaissaient même pas comme tels ?
La réponse, Cameron la trouve ironiquement dans un concept juif lui-même : le Tikoun Olam, la réparation du monde. En tant que praticien de la justice réparatrice, quelqu’un qui essaie activement de combattre l’antisémitisme sous toutes ses formes, Cameron comprend qu’il doit d’abord faire un travail sur lui-même. Il doit remettre en question et déconstruire les visions antisémites sociétales avec lesquelles il a été élevé, les préjugés profondément enracinés qu’il a absorbés pendant près d’une décennie dans le mouvement néo-nazi.
C’est un travail intérieur difficile, un processus de transformation personnelle continu. Mais ce qui manque cruellement chez les progressistes qu’il observe, c’est précisément ce travail intérieur. Ils veulent réparer le monde sans se réparer eux-mêmes d’abord. Ils veulent combattre l’oppression sans examiner leurs propres préjugés et angles morts.
Un autre enseignement crucial que Cameron a tiré du judaïsme est l’importance fondamentale du questionnement. Dans la tradition juive, poser des questions n’est pas un signe d’insolence ou de manque de foi, c’est au contraire la voie vers une compréhension plus profonde. On n’arrive au fond des choses qu’en continuant à questionner, à débattre, à approfondir les idées, à examiner les prémisses sous tous les angles.
Mais les progressistes qu’il observe ne sont pas disposés à faire cela. Ils ne sont pas disposés à questionner leurs propres certitudes, à examiner leurs propres préjugés, à se demander si leurs passions les plus intenses pourraient les aveugler sur certaines réalités. « Ils ne sont pas disposés à faire ce travail avec eux-mêmes, donc ils ne sont pas disposés à le faire avec aucune idée extérieure. »
Cameron conclut avec une observation cinglante : ils suivent le Tikoun Olam d’une manière très superficielle, en pensant qu’ils vont « sauver le monde ». Mais on ne peut pas faire cela si on n’est pas d’abord dans une position de comprendre véritablement le monde, de se comprendre soi-même, d’avoir fait le travail intérieur nécessaire pour voir clairement au-delà de ses propres préjugés et passions aveugles.
Les leçons de la transformation : exposition et vulnérabilité
Alors, qu’est-ce qui permet véritablement de combattre l’antisémitisme et la suprématie blanche ? Pour le Rav Perlstein et Cameron Hayes, la réponse est claire : il faut une transformation profonde, un changement de caractère qui permet de voir le monde d’une manière fondamentalement différente.
Le mot clé est « exposition ». L’exposition authentique à l’autre, à celui qu’on a été conditionné à haïr ou à craindre. C’est une tâche beaucoup plus difficile que de simplement passer les menottes à quelqu’un, de l’enfermer, de le punir. Mais c’est la seule approche qui produira réellement des résultats durables, qui transformera véritablement les cœurs et les esprits plutôt que de simplement supprimer les manifestations extérieures de la haine.
Le Rav Perlstein croit profondément que la haine vient fondamentalement de l’arrogance. Pour ne pas s’engager avec l’autre, pour maintenir notre séparation et notre hostilité, nous devons le nier, le réduire, affirmer qu’il ne vaut pas la peine d’être connu parce qu’il est ceci ou cela. Mais ces jugements sont presque toujours faits à distance, sans véritable connaissance.
Personne ne s’est réellement impliqué pour découvrir ce que l’autre est vraiment, au-delà des stéréotypes et des caricatures. L’exposition, amener les gens ensemble et leur permettre d’entendre directement les uns des autres, de voir l’humanité commune qui transcende les différences, rend beaucoup plus difficile de maintenir la haine. Comme le dit simplement le Rav : « C’est beaucoup plus difficile de haïr ce qu’on apprend à connaître véritablement. »
C’est exactement le type de thérapie par exposition ou de changement de caractère nécessaire lorsqu’il s’agit de personnes blanches impliquées dans des idéologies suprémacistes. Les programmes qui fonctionnent ne sont pas ceux qui punissent simplement ou isolent, mais ceux qui créent des opportunités d’interactions humaines authentiques, qui brisent les murs de séparation et permettent aux gens de se voir mutuellement comme des êtres humains complets plutôt que comme des catégories ou des ennemis.
Un film pour transmettre l’espoir
Cette histoire extraordinaire de transformation et de rédemption est maintenant racontée dans un nouveau film produit par JLI (Jewish Learning Institute, l’Institut d’Apprentissage Juif). Dans ce documentaire poignant, Cameron Hayes raconte de sa propre voix comment la compassion du Rav Perlstein dans l’un des endroits les plus sombres imaginables – une prison où régnaient la violence et la haine – a ouvert son cœur fermé depuis si longtemps et l’a aidé à redécouvrir sa propre humanité enfouie.
Le film ne cache pas les aspects les plus difficiles de l’histoire de Cameron. Il montre franchement son passé violent, ses tatouages de haine, les années perdues à propager une idéologie destructrice. Mais il montre aussi la possibilité réelle de changement, la capacité humaine à la transformation même dans les circonstances les plus improbables.
C’est un témoignage puissant qui va à contre-courant de notre culture contemporaine du « cancel », qui préfère souvent exclure et condamner plutôt que d’engager le dialogue difficile. L’histoire de Cameron et du Rav Perlstein suggère une voie alternative : celle qui reconnaît que les gens peuvent changer, que personne n’est irrémédiablement défini par son passé ou ses erreurs les plus graves.
Un message pour notre époque fragmentée
Le message final que Cameron souhaite transmettre résonne avec une urgence particulière dans notre monde contemporain de plus en plus polarisé et fragmenté : les gens valent la peine qu’on croie en eux. Les gens valent la peine qu’on investisse en eux, même quand ils semblent perdus, même quand ils incarnent tout ce que nous trouvons répugnant.
Aujourd’hui, tant de forces sociales, politiques et médiatiques tentent activement de créer des divisions entre les groupes, les classes, les origines et les identités. Il est plus facile de diaboliser que de comprendre, plus simple de rejeter que d’engager le dialogue. Les algorithmes des réseaux sociaux nous enferment dans des bulles de confirmation où nous ne rencontrons jamais véritablement ceux qui pensent différemment.
Mais Cameron et le Rav Perlstein proposent un contre-modèle radical : si nous nous défiions un peu nous-mêmes, si nous sortions de nos zones de confort pour véritablement apprendre à connaître la personne que nous sommes censés haïr ou qui représente « l’autre », on ne sait jamais ce qui peut arriver. Leur histoire est un témoignage vivant que si on fait cet effort, si on prend ce risque, on peut absolument changer une vie. Et en changeant une vie, on change le monde.
La chose la plus importante à reconnaître, insiste Cameron, est que les gens sont capables de changer. C’est une vérité fondamentale sur la nature humaine que notre culture contemporaine semble avoir oubliée ou rejetée. Nous préférons souvent croire que les gens sont fixes, déterminés, enfermés dans leurs identités et leurs erreurs passées.
Mais Cameron souligne que c’est une voie à double sens, une responsabilité partagée : il faut aussi reconnaître qu’on est soi-même capable de changer. Ce n’est pas seulement une question de transformer les autres, mais d’être ouvert à sa propre transformation. Si on regarde le monde en voyant que chacun est capable de transformation, de croissance, de devenir meilleur, et qu’on est soi-même capable de cela, alors le monde devient un endroit fondamentalement meilleur.
Cette perspective transforme la manière dont nous approchons les conflits, les désaccords, même les situations qui semblent les plus désespérées. Au lieu de voir des ennemis irréconciliables, nous pouvons voir des êtres humains capables d’évolution. Au lieu de murs infranchissables, nous pouvons voir des opportunités de dialogue et de compréhension.
Conclusion : l’espoir dans les lieux les plus sombres
L’histoire de Cameron Hayes et du Rav Avraham Its’hak Perlstein est bien plus qu’une anecdote inspirante. C’est un témoignage profond sur la nature humaine, sur notre capacité tant à la destruction qu’à la rédemption, sur le pouvoir transformateur du dialogue authentique et de la compassion persistante.
Dans les couloirs froids d’une prison de l’Oregon, au milieu de la violence et de la haine institutionnalisées, une conversation improbable a commencé. Un rabbin juif et un skinhead néo-nazi, deux personnes qui selon toute logique auraient dû être des ennemis irréductibles, ont trouvé un terrain d’humanité commune. Ils n’ont pas ignoré leurs différences ou prétend qu’elles n’existaient pas. Ils les ont affrontées directement, honnêtement, avec courage.
Cette rencontre extraordinaire démontre que même face aux préjugés les plus profondément enracinés, aux idéologies les plus destructrices, aux tatouages de haine les plus permanents, la patience, la dignité humaine et la volonté de dialoguer peuvent créer des ouvertures inattendues vers la compréhension et la transformation personnelle.
Le Rav Perlstein n’a pas essayé de « vaincre » Cameron dans un débat. Il n’a pas cherché à l’humilier ou à le punir pour ses croyances haineuses. Il a simplement été présent, humain, patient, incarnant les valeurs qu’il professait. Et cette présence constante, cette dignité tranquille, cette volonté de voir la bonté fondamentale même chez celui qui le haïssait, a finalement fait ce que la punition seule n’aurait jamais pu accomplir.
Dans notre époque de polarisation intense, où les réseaux sociaux amplifient nos divisions et où la « culture du cancel » préfère exclure plutôt que dialoguer, l’histoire de Cameron et du Rav Perlstein offre une leçon essentielle et un message d’espoir. Elle nous rappelle que la transformation est possible, que les gens peuvent changer, que le dialogue authentique a un pouvoir que la punition et l’exclusion n’auront jamais.
Elle nous rappelle aussi notre responsabilité partagée : si nous voulons voir le changement dans le monde, nous devons commencer par être ouverts au changement en nous-mêmes. Le véritable Tikoun Olam, la véritable réparation du monde, commence par le travail intérieur de confronter nos propres préjugés, nos propres angles morts, nos propres zones d’arrogance et d’ignorance.
L’espoir peut fleurir dans les lieux les plus sombres. La rédemption est possible même pour ceux qui semblent les plus perdus. Et chacun de nous, dans nos interactions quotidiennes, a le pouvoir de choisir : construire des murs ou tendre des ponts, confirmer les préjugés ou découvrir l’humanité commune, perpétuer la haine ou planter les graines de la transformation.
Cameron Hayes, l’ancien néo-nazi devenu défenseur de la justice réparatrice, et le Rav Avraham Its’hak Perlstein, l’aumônier qui a vu la bonté même là où personne d’autre ne la cherchait, nous montrent le chemin. À nous maintenant de choisir si nous suivrons leur exemple.
Décès de Mme Léa Schontal, figure de la communauté Loubavitch de Yerres
La communauté Loubavitch de Yerres est en deuil. Mme Léa Schonthal, née Sebbagh (ע »ה), membre active des femmes Habad de Yerres, s’est éteinte ce samedi soir 1er novembre 2025. Les obsèques se dérouleront entre la France et Israël.
C’est avec une profonde tristesse que la communauté Loubavitch de Yerres annonce le décès de l’une de ses membres les plus dévouées. Mme Léa Schonthal, née Sebbagh (ע »ה), s’est éteinte samedi soir 1er novembre 2025, laissant derrière elle un vide au sein des femmes Habad de Yerres.
Inhumation en Israël mardi 4 novembre
La cérémonie d’inhumation débutera à 9h30 précises au Beit Halevayot Shamgar, 26 Rehov Shamgar à Jérusalem. Mme Schonthal reposera ensuite au cimetière du Mont des Oliviers (Har Hazeitim), dans le carré Habad, section 3.
Le célèbre chanteur hassidique Avraham Fried révèle comment le Rabbi l’a encouragé et guidé tout au long de sa carrière exceptionnelle. Pour des millions de Juifs à travers le monde, sa voix est devenue synonyme de musique juive, et chaque note qu’il chante est liée à une mission directement encouragée et bénie par le Rabbi.
Une mission qui donne vie
Ce n’est pas une exagération de dire que c’est ce qui le fait avancer. Avraham Fried confie que c’est cette mission qui le maintient en vie. Sans cette dimension spirituelle, il aurait peut-être déjà pris sa retraite après avoir atteint un certain niveau de succès. Mais c’est précisément la mission qui lui donne la force de continuer, surtout lorsque les gens veulent toujours l’entendre chanter.
L’enfance à Crown Heights et une voisine exceptionnelle
Avraham Fried est né le 22 mars 1959, et a grandi à Crown Heights, Brooklyn, au cœur de la communauté Loubavitch. Son histoire commence au 1414 President Street, un immeuble qui allait marquer sa destinée de manière extraordinaire. Au 1418 de la même rue vivait la Rebbetzin Hanna, la mère du Rabbi.
Cette proximité géographique a créé un lien unique. La famille Fried était connue comme une famille de chanteurs, et les mélodies qui s’échappaient de leur appartement pendant Chabbat ne passaient pas inaperçues. La Rebbetzin Hanna, qui appréciait énormément cette musique, invitait régulièrement le jeune Avraham à chanter pour elle.
Ces moments restent gravés dans sa mémoire, même s’il n’avait que quatre ans à l’époque. Il se souvient avoir chanté depuis derrière un rideau, car il était un peu timide. La Rebbetzin Hanna lui disait simplement en yiddish de chanter, et il s’exécutait, probablement avec des mélodies de Tanya ou d’autres nigounim traditionnels. Pour le jeune garçon, c’était son plus grand public.
Une prophétie maternelle
L’histoire devient encore plus remarquable lorsqu’on apprend qu’il existe une bénédiction de la Rebbetzin Hanna qui accompagne Avraham Fried jusqu’à ce jour. Selon ce qui lui a été rapporté par la fille de Mendel Marozov, qui était le secrétaire du Rabbi, la Rebbetzin Hanna se tenait un jour à parler avec le Rav Weinberg. Elle mentionna le jeune garçon de l’immeuble voisin en disant qu’il aurait un avenir dans le chant.
Des années plus tard, le Rav Hodakov, secrétaire du Rabbi, jouait les cassettes d’Avraham Fried dans la voiture pour la Rebbetzin Hanna. Elle appréciait particulièrement « Tate’nou », une chanson dont les paroles décrivaient le Rabbi et la mission hassidique. Il est même écrit dans un livre qu’un vendredi après-midi avant son décès, elle chantait ce nigoun.
Le Rabbi en personne
Au-delà de sa mère, le Rabbi lui-même manifestait une attention particulière envers le jeune Avraham. Chaque jour, le Rabbi venait rendre visite à sa mère, et le jeune garçon se tenait dehors pour chanter. Le Rabbi s’arrêtait et lui faisait signe de la tête en reconnaissance. C’était leur rituel, simple mais profond.
Avraham Fried était présent à pratiquement tous les événements du Rabbi. Vivant à Crown Heights, il était là pour chaque rassemblement, chaque Farbrenguen. Quand les téléavertisseurs sonnaient pour annoncer un événement spécial, il courait vers le 770 Eastern Parkway comme tous les autres membres de la communauté.
Des racines familiales particulières
L’histoire de la famille Fried présente une particularité intéressante. Contrairement à beaucoup de familles de Crown Heights, ni le grand-père paternel ni le grand-père maternel d’Avraham n’étaient connectés à Loubavitch à l’origine. Son père avait rencontré le Rashag (le gendre du précédent Rabbi) à Tachkent, en Ouzbékistan. Lorsque la famille arriva en Amérique, le Rashag offrit à son père un poste de travail dans une yechiva à Bedford Avenue, entre Bedford et Dean Street.
Le père d’Avraham y travailla pendant 45 ans, tout en conservant ses propres traditions et coutumes. Il était définitivement un ‘Hassid du Rabbi, mais il ne changea pas ses minhaguim (coutumes) ou son style vestimentaire. Cependant, tous ses enfants, il les confia au Rabbi, les inscrivant dans les institutions Loubavitch.
Initialement, les parents avaient tenté une autre école pendant un an, mais cela n’avait pas fonctionné. C’est ainsi que Loubavitch devint leur maison spirituelle. Avraham fréquenta l’école Oholei Torah, où il eut d’excellents professeurs qui marquèrent sa vie.
Les années de formation
Parmi ses enseignants figuraient le Rav Sholom Ber Chaikin, qui enseignait au tout début, puis le Rav Vashetski et le Rav Freedman dans les classes plus avancées. Plus tard vint le Rav Majesky, l’un des jeunes enseignants qui apportait une énergie nouvelle. Avraham décrit ces éducateurs comme « la crème de la crème ».
Certaines personnalités plus âgées de la communauté laissèrent également une impression durable sur lui. Le Rav Rosenfeld, bien que considérablement plus âgé, l’appelait de temps en temps pour l’encourager en lui disant : « Tu rends Loubavitch célèbre dans le monde entier. Continue comme ça ! » Ces paroles d’encouragement d’un sage respecté avaient une valeur inestimable pour le jeune chanteur.
Dans son bureau, Avraham Fried garde très peu de photos de ses performances ou de célébrités. Par contre, il conserve précieusement deux images : l’une du Rav Rosenfeld lui donnant une grande accolade et un baiser lors d’un dîner, et une autre du ‘Hassid vénérable Rav Nissan Neminov avec le Rav Gurary. Ce dernier, déjà dans ses années quatre-vingt-dix, était un grand admirateur qui assistait aux concerts d’Avraham. Il existe une photo de lui embrassant la main du chanteur après un concert.
Pour Avraham, ces marques de reconnaissance de la part d’anciens respectés étaient précieuses et sans prix. Entendre un sage lui dire qu’il écoutait sa musique signifiait énormément pour un jeune ‘Hassid.
Le passage à la Yechiva centrale
Après Oholei Torah, Avraham passa à la Yechiva centrale 770, où il étudia pendant plusieurs années. À cette époque, il était régulièrement appelé pour chanter lors des événements et des Farbrenguens. Sa réputation de chanteur talentueux grandissait au sein de la communauté.
Il se souvient avoir fait partie du groupe qui se rendait quotidiennement pour compléter le minyan de prière. Ces moments de connexion avec la communauté et les rituels quotidiens formaient le tissu de sa vie spirituelle.
Les débuts de la carrière musicale
L’entrée d’Avraham Fried dans le monde de la musique juive professionnelle s’est faite progressivement. Il commença à enregistrer ses premiers albums alors qu’il était encore un jeune étudiant. Chaque étape était accompagnée par les bénédictions et l’encouragement du Rabbi.
Lorsqu’il sortait son tout premier album en tant que jeune étudiant, le Rabbi lui manifesta une attention personnelle remarquable. Avec la tendresse d’un père, le Rabbi prit le temps de lui donner une directive (hora’ah) qu’Avraham chérit encore aujourd’hui. Cette implication directe du Rabbi n’était pas un événement isolé, mais établissait un modèle de guidance continue.
L’argent des missions et les devises du monde
Un aspect fascinant de la relation entre le Rabbi et Avraham Fried concerne les tournées internationales. Avant chaque départ pour une tournée à l’étranger, le Rabbi lui remettait de l’argent de Mitsva d’émissaire (Chaliah Mitsva Gelt), et ce qui est remarquable, c’est que cet argent était spécifiquement dans la devise du pays où il se rendait.
Au fil des années, Avraham a accumulé toute une collection de ces différentes devises du monde entier. Chaque billet ou pièce représente un symbole tangible de la bénédiction du Rabbi pour sa mission dans ce lieu spécifique. Cette collection est un témoignage matériel du soutien continu et de l’implication personnelle du Rabbi dans chaque aspect de sa carrière.
Une bouteille de vin et un message silencieux
Parmi les nombreuses interactions avec le Rabbi, un moment particulier reste gravé dans la mémoire d’Avraham Fried. Lors d’une distribution après un Farbrenguen, alors qu’il était encore un jeune étudiant, le Rabbi lui tendit une bouteille de vin.
Surpris, Avraham demanda silencieusement avec son regard : « C’est pour moi ? » Sans prononcer un mot, le Rabbi prit une seconde pause, comme pour confirmer, puis lui donna la bouteille. Le Rabbi ne dit rien, mais le message était clair.
En s’éloignant, Avraham était stupéfait. Le Rabbi lui avait donné une bouteille entière. Ce moment lui donne encore aujourd’hui une force énorme. Il comprit que chaque concert était comme un Farbrenguen, une célébration hassidique. Il prit cette bouteille à chaque concert et la distribua au public, perpétuant ainsi la bénédiction du Rabbi.
L’enregistrement du Kapitel
Une autre connexion importante entre Avraham Fried et le Rabbi concerne l’enregistrement du Tehilim du Rabbi récité lors des rassemblements hassidiques. Avraham fut choisi pour enregistrer le Tehilim, une tâche qu’il effectua pendant une période, bien qu’il décida finalement de se retirer de cette responsabilité pour se concentrer sur d’autres aspects de sa mission musicale.
Néanmoins, il eut le mérite d’enregistrer le Tehilim du Rabbi. Cette année-là, tout au long de l’année, c’était la chanson qui était chantée lors des rassemblements hassidiques. Certaines chansons fonctionnaient mieux que d’autres, et celle-ci marqua particulièrement les esprits.
Plus tard, d’autres mélodies furent adoptées, notamment celles sur la Gueoulah (Rédemption). Les premières années, lorsque le compositeur prenait d’anciens nigounim et les adaptait avec de nouvelles paroles, ces mélodies devinrent très populaires et le restent encore aujourd’hui.
La chanson Tate’nou et la Rebbetzin Hanna
La chanson « Tate’nou » occupe une place spéciale dans le répertoire d’Avraham Fried, non seulement pour sa beauté musicale mais aussi pour son lien avec la Rebbetzin Hanna. Cette chanson apparut sur son troisième album et contenait des paroles qu’il avait écrites décrivant le Rabbi et la mission hassidique.
Le Rav Hodakov, qui conduisait souvent la Rebbetzin Hanna, jouait les cassettes d’Avraham dans la voiture. Elle appréciait particulièrement « Tate’nou » et ses paroles significatives. Selon ce qui a été rapporté et même écrit dans un livre, un vendredi après-midi avant son décès, elle chantait ce nigoun, créant ainsi un lien éternel entre cette mélodie et la mère du Rabbi.
La mission : utiliser ses talents pour D.ieu
Lorsqu’on lui demande quel message il tire de son expérience avec le Rabbi, Avraham Fried est catégorique : tout le monde a un talent. Il cite le dicton célèbre : « Si vous savez cuisiner, enseignez la cuisine. » Chacun possède un don qu’il peut utiliser pour servir D.ieu et impacter le monde.
Il encourage les gens à ne pas jouer l’humilité fausse en prétendant ne pas avoir de talent à offrir. Tout le monde a quelque chose. Il s’agit simplement de l’identifier et de l’utiliser. Ne pas utiliser son don, c’est gaspiller un cadeau divin.
Avraham reconnaît qu’il a la chance d’avoir un don qui a une portée mondiale, ce qui explique pourquoi il est interviewé et connu internationalement. Mais il souligne que chaque enseignant qui n’est pas sur une scène mondiale possède néanmoins le grand privilège d’enseigner, d’être un émissaire et d’inspirer les autres à son niveau.
Le message est clair : utilisez votre talent, même si vous n’êtes pas interviewé sur des podcasts ou reconnu publiquement. Faites ce que vous devez faire. Vous avez un talent, utilisez-le. Sinon, c’est simplement du gaspillage.
Une mission totale, pas une carrière
Depuis le tout début, la musique d’Avraham Fried n’a jamais été simplement une carrière. C’était, et c’est toujours, « totalement une mission » (Chli’hout). Cette distinction est fondamentale pour comprendre sa longévité et sa passion qui ne faiblit pas après des décennies.
Il partage des récits émouvants et personnels des bénédictions directes et de l’encouragement du Rabbi, qui ont guidé son parcours d’un jeune étudiant à une icône musicale juive mondiale. Le mérite incroyable de son enfance précoce, incluant le fait de chanter pour le Rabbi et pour la Rebbetzin Hanna, établit le ton pour une vie entièrement dédiée à utiliser ses talents pour le service de D.ieu.
Une voix qui vieillit comme un bon vin
Ceux qui ont assisté récemment à des événements où Avraham Fried se produisait sont impressionnés par le fait que sa voix vieillit comme un bon vin. Après tant d’années, il continue de chanter avec passion et qualité, un témoignage de sa dévotion à sa mission.
Mais Avraham exprime un souhait profond : il espère pouvoir continuer à chanter pendant de nombreuses années encore, mais avec un changement crucial. Au lieu de chanter sur « quand viendra Machia’h », il espère bientôt chanter sur le fait que Machia’h est enfin arrivé. Le texte devrait changer, pas seulement la mélodie.
Et il est prêt. Il a déjà une chanson préparée pour ce moment. « Nous sommes prêts, prêts à partir », dit-il avec une conviction palpable. C’est le but ultime de toute sa mission : pouvoir chanter la chanson de la Rédemption finale.
Le message central du Rabbi
À travers toutes ces histoires et expériences, un message central émerge, celui que le Rabbi a transmis à Avraham Fried et qu’il transmet maintenant au monde : chacun a une mission. Chacun peut avoir un impact. Utilisez vos talents uniques pour D.ieu.
Ce n’est pas une question d’échelle ou de reconnaissance mondiale. C’est une question d’authenticité et de dévouement. Que vous soyez sur une scène internationale ou dans une salle de classe locale, que vous chantiez devant des milliers de personnes ou que vous enseigniez à quelques élèves, vous avez un rôle à jouer dans le plan divin.
Le Rabbi a investi Avraham Fried d’une mission avec un microphone, mais le principe s’applique à tous : trouvez votre microphone, votre outil, votre talent, et utilisez-le pour élever le monde et apporter la lumière de la Rédemption.
Un héritage vivant
Pour des millions de Juifs à travers le monde, la voix d’Avraham Fried est synonyme de joie juive, de spiritualité hassidique et de connexion au Rabbi. Chaque mélodie qu’il chante porte en elle les bénédictions du Rabbi, l’encouragement de la Rebbetzin Hanna, et des décennies de dévouement à une mission sacrée.
Son histoire n’est pas simplement celle d’un chanteur qui a réussi. C’est l’histoire d’un émissaire qui a pris au sérieux la directive du Rabbi d’utiliser ses talents pour servir D.ieu et le peuple juif. C’est l’histoire d’un homme qui, chaque fois qu’il monte sur scène, ne cherche pas les applaudissements mais accomplit une mission spirituelle.
Et dans cette mission, il trouve non seulement sa raison de vivre, mais aussi l’inspiration qui le maintient en vie, la force qui le fait continuer, et l’espoir qui le porte vers le jour où il pourra enfin chanter la chanson ultime : celle de Machia’h qui est arrivé.
Puissions-nous tous mériter de l’entendre bientôt chanter cette chanson, et puisse chacun de nous trouver sa propre mission unique et l’accomplir avec la même dévotion et la même joie.