L’ouragan Melissa dévaste la Jamaïque et son Beth Habad

L’ouragan Melissa dévaste la Jamaïque et son Beth Habad

L’ouragan Melissa a frappé la Jamaïque avec une violence inouïe, laissant derrière lui un paysage de désolation. Le centre Habad de l’île, dirigé par le Rav Yaakov et Mushky Raskin, figure parmi les structures gravement endommagées. La communauté juive locale et internationale se mobilise désormais pour venir en aide aux sinistrés et reconstruire ce lieu de spiritualité.

 

 

Une catastrophe naturelle d’une ampleur exceptionnelle

L’ouragan Melissa, classé en catégorie 4, a balayé la Jamaïque avec des vents dépassant les 250 km/h, provoquant des destructions massives à travers l’île. Les infrastructures ont été lourdement touchées, des milliers de foyers se retrouvent sans électricité ni eau potable, et de nombreuses habitations ont été réduites en ruines. Les autorités locales peinent à évaluer l’étendue complète des dégâts, mais il est d’ores et déjà certain que la reconstruction prendra des mois, voire des années.

Le centre Habad de Kingston, qui servait de point de ralliement pour la communauté juive de l’île et les visiteurs de passage, n’a pas été épargné. Le bâtiment a subi des dommages structurels importants, avec une toiture partiellement arrachée, des fenêtres brisées et des infiltrations d’eau massives qui ont endommagé le mobilier et les objets rituels.

Le Rav Raskin et sa famille témoignent

Le Rav Yaakov Raskin, émissaire du Rabbi à la Jamaïque depuis plusieurs années, et son épouse Mushky ont vécu des heures terrifiantes durant le passage de l’ouragan. « Nous avons entendu les vents hurler comme jamais auparavant », témoigne le Rav Raskin. « Lorsque nous avons pu sortir pour constater les dégâts, le spectacle était déchirant. Des années de travail et de construction communautaire semblaient anéanties en quelques heures. »

Malgré le choc et la dévastation, la famille Raskin fait preuve d’une détermination exemplaire. « Notre mission ne s’arrête pas face à une tempête », affirme Mushky Raskin. « Au contraire, c’est dans les moments les plus difficiles que notre présence est la plus nécessaire. » Le couple s’efforce déjà d’apporter du réconfort aux membres de la communauté, qu’ils soient juifs ou non, dans un esprit d’entraide et de solidarité.

Une mobilisation communautaire immédiate

Dès l’annonce des dégâts, le réseau mondial des émissaires Habad s’est mobilisé pour apporter son soutien. Une campagne de collecte de fonds a été lancée pour permettre la reconstruction du centre et venir en aide aux victimes locales. Les dons affluent du monde entier, témoignant de la solidarité qui unit la communauté juive face à l’adversité.

Le siège mondial de Habad-Loubavitch à New York a également pris contact avec les Raskin pour coordonner l’aide d’urgence. Des équipes sont en train d’organiser l’envoi de fournitures essentielles, notamment de la nourriture casher, des vêtements et du matériel de première nécessité. L’objectif est non seulement de reconstruire le centre Habad, mais aussi de permettre à la famille Raskin de continuer ses activités d’assistance auprès de la population locale.

Un centre au service de toute la communauté

Avant la catastrophe, le centre Habad de Jamaïque remplissait de nombreuses fonctions cruciales pour la vie juive sur l’île. Il servait de synagogue pour les offices de Chabbat et des fêtes, organisait des cours de Torah, proposait des repas casher aux voyageurs et aux résidents, et coordonnait diverses activités éducatives et sociales. Pour de nombreux Juifs vivant ou visitant la Jamaïque, ce centre représentait un véritable foyer spirituel loin de chez eux.

Les Raskin avaient également développé des liens étroits avec la communauté non-juive locale, participant à diverses initiatives caritatives et humanitaires. Cette ouverture et cette générosité leur ont valu le respect et l’affection de nombreux Jamaïcains, qui expriment aujourd’hui leur solidarité et leur volonté d’aider à la reconstruction.

Les défis de la reconstruction

La remise en état du centre Habad représente un défi considérable. Au-delà des réparations structurelles du bâtiment, il faudra remplacer de nombreux objets rituels endommagés, dont plusieurs Sefer Torah, des livres de prières et des Mezouzot. Le coût estimé de la reconstruction s’élève à plusieurs centaines de milliers de dollars, une somme importante pour une petite communauté.

Les conditions locales compliquent également la situation. L’infrastructure de l’île a été gravement touchée, rendant difficile l’acheminement de matériaux et de main-d’œuvre. Les délais de reconstruction risquent de s’étendre, et la famille Raskin devra faire preuve de patience et de persévérance pour voir leur centre renaître de ses cendres.

Un message d’espoir et de résilience

Malgré l’ampleur de la catastrophe, le Rav Raskin refuse de se laisser abattre. « Le Rabbi nous a enseigné que chaque défi contient en lui les forces nécessaires pour le surmonter », déclare-t-il. « Nous voyons cette épreuve comme une opportunité de reconstruire un centre encore plus fort, encore plus accueillant, qui pourra servir la communauté pour les générations à venir. »

Ce message de résilience trouve un écho dans toute la communauté Habad mondiale. De nombreux émissaires qui ont eux-mêmes fait face à des catastrophes naturelles par le passé partagent leurs expériences et leurs conseils, créant une véritable chaîne de solidarité et de soutien mutuel.

Comment apporter son aide

Pour ceux qui souhaitent contribuer à l’effort de reconstruction, plusieurs options sont disponibles. Une campagne de financement participatif a été mise en place, permettant à chacun de faire un don, quelle que soit son importance. Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, représente un geste de solidarité et d’encouragement pour la famille Raskin et la communauté de Jamaïque.

Au-delà de l’aide financière, les Raskin sollicitent également les prières de la communauté juive mondiale. Ils invitent chacun à accomplir une Mitsva supplémentaire en leur honneur et au bénéfice de tous ceux qui ont été touchés par l’ouragan. Cette dimension spirituelle de l’entraide rappelle que, dans la tradition juive, le soutien moral et spirituel est aussi important que l’assistance matérielle.

L’histoire du centre Habad de Jamaïque face à l’ouragan Melissa illustre la force de l’esprit humain et la puissance de la solidarité communautaire. Alors que la reconstruction s’annonce longue et difficile, la détermination des Raskin et le soutien de la communauté mondiale laissent présager qu’un jour prochain, le centre rouvrira ses portes, plus fort et plus accueillant que jamais.

Un incendie se déclare dans un dortoir en face du 770 : tous sont sains et saufs

Un incendie se déclare dans un dortoir en face du 770 : tous sont sains et saufs

Un important incendie s’est déclaré cet après-midi dans le bâtiment de dortoir du 770 situé au 755 Eastern Parkway, en face du 770. Plus de dix camions de pompiers et unités d’urgence sont rapidement arrivés sur les lieux et tous les étudiants ont été évacués en toute sécurité du bâtiment sans blessure. Les autorités enquêtent actuellement sur les causes de l’incident.

 

 

Un incendie majeur dans un bâtiment historique

Un important incendie s’est déclaré cet après-midi dans le bâtiment de dortoir pour étudiants situé au 755 Eastern Parkway, juste en face du 770 Eastern Parkway. Le bâtiment appartient à l’Igud Talmidei HaKvutza, et des dizaines d’étudiants de la Kvutza y résident.

Intervention massive des services d’urgence

Plus de dix camions de pompiers et unités d’urgence sont rapidement arrivés sur les lieux, alors qu’une épaisse fumée était visible provenant des étages supérieurs. Tous les étudiants ont été évacués en toute sécurité du bâtiment sans blessure, Baroukh Hachem.

Enquête sur l’origine du sinistre

La cause de l’incendie fait l’objet d’une enquête, bien que les premiers rapports indiquent que le feu aurait commencé dans un appartement n’appartenant pas aux étudiants. Les pompiers continuent d’évaluer les dégâts, et le bâtiment reste temporairement fermé jusqu’à ce qu’il soit déclaré sûr pour y retourner.

 

 

















Netanya : Le stand des Tefilines du Rav Menahem Laloum fête 11 ans de rayonnement spirituel

Netanya : Le stand des Tefilines du Rav Menahem Laloum fête 11 ans de rayonnement spirituel

Depuis plus d’une décennie, un stand dédié aux Tefilines illumine le cœur de Netanya, permettant à des milliers de passants de renouer avec cette mitsva fondamentale. Sous la houlette du Rav Menahem Laloum, cette initiative s’inscrit dans une action plus vaste qui a touché plus d’un demi-million de Juifs.

 

 

Au centre animé de Netanya, sur la célèbre Kikar, un point de rencontre spirituel attire chaque jour de nombreux passants. Le stand des Tefilines, qui célèbre cette année son onzième anniversaire, représente bien plus qu’une simple installation urbaine : c’est un véritable pont entre tradition et modernité, permettant à des milliers de personnes de renouer avec leurs racines juives.

Une mission portée par un engagement sans faille

Le Rav Menahem Laloum dirige cette initiative avec une détermination remarquable. Jour après jour, il accueille Israéliens et touristes, jeunes et moins jeunes, pour leur offrir l’opportunité d’accomplir la mitsva des Tefilines. Pour nombre d’entre eux, il s’agit d’une première expérience, un moment de connexion spirituelle souvent chargé d’émotion.

Cette action locale s’inscrit dans un cadre plus large, sous la supervision du Rav Yaacov Mazouz, émissaire du Rabbi pour les francophones de Netanya. Les chiffres témoignent de l’ampleur de cette mission : plus de 500 000 Juifs ont eu le mérite de poser les Tefilines grâce à cette démarche. Un demi-million d’âmes touchées par la sainteté de cette mitsva, un accomplissement qui illustre la portée d’un engagement quotidien et sincère.

Un nouveau stand, symbole de continuité

L’évolution de cette initiative se concrétise par l’installation récente d’un nouveau stand moderne. Cette structure contemporaine remplace l’ancienne installation tout en conservant l’esprit originel de la mission : créer un espace accueillant où chacun peut se reconnecter à sa judéité sans jugement ni pression.

Ce nouvel équipement a été inauguré à la mémoire d’un défunt, perpétuant ainsi la tradition juive d’honorer la mémoire des disparus par des actions de bien et de spiritualité. Le stand devient alors non seulement un lieu de pratique religieuse, mais également un monument vivant dédié au souvenir.

L’impact d’une présence au quotidien

La force de cette initiative réside dans sa constance. Présent régulièrement sur la Kikar, le stand des Tefilines fait désormais partie intégrante du paysage de Netanya. Cette visibilité permanente permet d’atteindre des personnes qui n’auraient jamais franchi le seuil d’une synagogue ou d’un centre communautaire.

Le message véhiculé est celui de l’unité et du retour aux valeurs spirituelles, dans un esprit d’ouverture et de bienveillance. Chaque personne qui s’arrête au stand, même par simple curiosité, est accueillie avec chaleur et respect. Cette approche a permis de créer un climat de confiance qui favorise les échanges authentiques et les prises de conscience spirituelles.

Au fil de ces onze années, le stand des Tefilines de Netanya s’est imposé comme un exemple inspirant de diffusion du judaïsme dans l’espace public. Une lumière qui continue de briller au cœur de la ville, touchant chaque jour de nouvelles âmes.

 

Après les violations flagrantes répétées du Hamas, Netanyahou ordonne des frappes massives à Gaza

Après les violations flagrantes répétées du Hamas, Netanyahou ordonne des frappes massives à Gaza

 

Après les violations flagrantes répétées du Hamas, le Premier ministre Netanyahou a ordonné à l’armée de procéder immédiatement à des frappes de grande envergure dans la bande de Gaza. Parallèlement, le Hamas a annoncé qu’il ne libérerait pas de dépouille d’otage. Cette escalade intervient après des semaines de provocations et d’attaques terroristes contre les forces israéliennes.

 

 

 

Une riposte immédiate après des violations répétées

Au terme de consultations sécuritaires, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a ordonné ce mardi soir à l’état-major militaire de procéder immédiatement à des frappes de grande envergure dans la bande de Gaza. Cette directive intervient après les violations flagrantes de l’organisation terroriste meurtrière et l’humiliation continue d’Israël face à ces violations.

Plus tôt dans la journée, des terroristes dans la bande de Gaza ont ouvert le feu avec des missiles antichars et des tirs de précision contre des soldats de Tsahal dans la zone de Rafah. Nos forces ont riposté et lancé des opérations de ratissage. Suite à l’autorisation du Premier ministre, elles s’apprêtent à débuter une série de frappes massives contre l’organisation terroriste.

Le Premier ministre a achevé plus tôt une réunion en présence du ministre de la Défense Israël Katz, du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et du ministre Betsalel Smotrich. Lors de cette réunion, il a été décidé qu’on ne pouvait laisser la violation du Hamas sans réponse, et des décisions ont été prises à ce sujet.

Le Hamas a rendu des restes d’Ofir Tsarfati, dont le corps avait déjà été récupéré

Parallèlement à l’atermoiement israélien, le Hamas poursuit ses mises en scène et sa tromperie. Hier, des membres de l’organisation ont été filmés en train d’extraire des restes d’un corps d’un bâtiment, de les enterrer, puis peu de temps après d’inviter des représentants de la Croix-Rouge sur place afin de créer l’illusion d’une « découverte » du corps. Ces images prouvent que le Hamas détient des dépouilles et ne les libère pas comme il s’y était engagé, tout en avançant de fausses allégations sur des difficultés de localisation et un manque d’équipement technique.

La supercherie s’est poursuivie aujourd’hui, lorsqu’il s’est avéré que le corps transmis hier par l’organisation a été identifié comme appartenant au soldat tombé et otage Ofir Tsarfati, dont la dépouille avait déjà été rapatriée en Israël lors d’une opération militaire il y a près de deux ans. Ce soir, l’organisation terroriste a annoncé son intention de transmettre un autre corps à la Croix-Rouge à 20h00.

Des attaques meurtrières qui s’accumulent

Les tirs du Hamas interviennent après qu’il y a une semaine et demie, un officier et un combattant sont tombés lors d’une attaque de terroristes du Hamas contre nos forces. Il s’agit du commandant Yaniv Kola et du sergent-major Itaï Yaavets, tombés à Rafah, lorsque des terroristes du Hamas sont sortis d’un puits de tunnel et ont tiré un missile antichar sur le véhicule blindé dans lequel se trouvaient les combattants. Cela s’est produit parallèlement à des tirs de précision contre une force de la brigade Nahal, dont un réserviste a été blessé modérément. Cette violation n’a été suivie que d’une frappe aérienne, Israël ayant choisi de ne pas infliger au Hamas une réponse à la hauteur.

Appels à détruire définitivement le Hamas

Au sein de la coalition comme de l’opposition, des appels généralisés se font entendre pour détruire le Hamas une fois pour toutes et reprendre une guerre intensive qui mènera à son anéantissement, sans qu’il dispose de la carte des otages vivants – qui ont empêché Israël de neutraliser de nombreuses infrastructures terroristes, même au prix d’un risque pour les combattants.

Rav Yossef Its’hak Kalmenson a’h, une vie de grandeur dans la Torah née de la prière sincère d’une mère

Rav Yossef Its’hak Kalmenson a’h, une vie de grandeur dans la Torah née de la prière sincère d’une mère

Lorsque Batsheva Kalmenson pria pour avoir des fils jumeaux qu’elle pourrait nommer d’après son père et le Rabbi précédent, elle demanda également qu’ils deviennent de grands érudits de la Torah. Des années plus tard, son fils, le Rav Yossef Its’hak Kalmenson, exauça cette prière en devenant un génie brillant et un ‘Hassid dévoué à New Haven, où sa force tranquille, son humilité et son amour ardent pour la Torah inspirèrent tous ceux qui le rencontrèrent.

 

 

New Haven, Connecticut, ville d’accueil de l’Université de Yale, compte de nombreux intellectuels et universitaires de renom. Et pendant près de cinq décennies, elle a été honorée par la présence d’un éminent érudit talmudique, dont la puissance intellectuelle était éclipsée par son humilité et dont l’acuité talmudique n’avait d’égal que sa foi inébranlable, sa piété et son dévouement.

Le Rav Yossef Its’hak Kalmenson, décédé subitement le matin de Roch Hachana à l’âge de 70 ans, a dirigé la communauté Habad pendant toute sa vie d’adulte et laisse derrière lui un héritage exceptionnel d’érudition, de bonté et de raffinement. Ses parents, le Rav Yekusiel Dov Ber et Batsheva, étaient des survivants de la répression stalinienne de la vie juive en Union soviétique, qui avaient reconstruit leur vie à Brunoy, une banlieue tranquille de Paris. Là-bas, Yekusiel Dov Ber servait comme enseignant et collecteur de fonds pour la Yechiva Habad qui y avait été fondée, et le couple élevait sa famille grandissante.

La prière d’une mère exaucée

Batsheva, une femme dotée d’un sens extraordinaire de la sensibilité spirituelle, confia à une connaissance qu’elle priait pour être bénie de jumeaux garçons, afin de pouvoir nommer l’un d’après son père et l’autre d’après le Rabbi précédent, décédé cinq ans plus tôt. Elle priait également pour que ces garçons grandissent et deviennent de grands érudits de la Torah. Elle tomba bientôt enceinte. Et le deuxième jour d’Adar 1955, ses deux prières furent exaucées. Elle donna naissance à des fils jumeaux, dont chacun dirigerait plus tard une Yechiva : le Rav Yossef Its’hak Kalmenson à New Haven, et son frère aîné, le Rav Yechiel Menachem Mendel Kalmenson à Brunoy.

Dès leur enfance, les jumeaux Kalmenson se distinguèrent par l’assiduité, la diligence, la curiosité et la créativité qu’ils investissaient dans leurs études de Torah. Aussi loin qu’à New York et en Israël, on parlait dans les cercles Habad de deux garçons, portant encore casquettes et shorts, qui étudiaient la Torah ensemble à toute heure du jour et de la nuit.

Sous la tutelle du célèbre Roch Yechiva, le Rav Yossef Goldberg, ils devinrent de jeunes talmudistes en herbe, et guidés par leur mentor spirituel, le Rav Nissan Nemenow, ils se développèrent en aspirants ‘Hassidim.

Et déjà à cette époque, ils consignaient leurs nouvelles pensées sur la Torah dans des carnets, préfigurant ce qui allait advenir.

La quête de la vérité

À l’âge de 15 ans, Yossef Its’hak voyagea à New York, où il rencontra le Rabbi pour la première fois.

En 1977, il avait 23 ans et étudiait à Brooklyn, lorsqu’il fut appelé à New Haven pour diriger une Yechiva que le Rabbi avait établie un an plus tôt.

Bien qu’il fût à peine plus âgé que ses étudiants, il gagna leur respect et leur vénération par sa manière modeste. « Il avait une façon étonnante de voir le bien en tous ses étudiants », se souvient l’ancien étudiant, le Rav Moshe Levin. « Chaque fois que quelqu’un entrait dans la Yechiva, le Rav Kalmenson se levait d’un bond – littéralement – avec une poignée de main, une accolade, un sourire. Peu importait qu’ils viennent tous les jours ou une fois par an. Sa joie était la même. Et quand il le faisait, toute la Yechiva s’arrêtait. Nous savions tous que quelque chose de spécial se passait.

« Être en sa présence », conclut Levin, « c’était se sentir vu, valorisé et élevé. »

Son style d’enseignement était le reflet de sa propre personnalité. Il commençait chaque cours doucement, presque timidement. Mais au milieu du cours, sa voix devenait plus forte et plus puissante, animée par son amour pour la Torah.

Pour lui, rien ne comptait sinon la Torah elle-même, et il se consacrait à son explication avec abnégation et le plus haut niveau d’intégrité intellectuelle. Il était connu pour passer un cours entier à proposer une certaine approche nuancée du Talmud, pour revenir en classe le lendemain, après une nuit de réflexion et de recherche, avec une approche entièrement nouvelle. Cela pouvait alors se répéter encore et encore jusqu’à ce qu’il soit finalement satisfait que sa compréhension soit pleinement alignée avec et reflète le texte et les commentaires qu’il étudiait.

« Pour quelqu’un de l’extérieur, cela pourrait sembler étrange », dit l’ancien étudiant, le Rav Mendel Banon. « Qui était cet homme à la voix douce qui haussait soudain le ton ? Mais quiconque le connaissait vraiment comprenait : c’était le Rav Kalmenson. La Torah était sa vie, et ce feu, c’était lui. »

Banon raconte qu’il regardait parfois simplement le Rav immergé dans son propre monde, où tout le bruit extérieur se taisait et où la seule chose réelle était les livres ouverts devant lui. « Il fredonnait, il chantait, il regardait fixement en silence et de temps en temps, il saisissait avec enthousiasme son stylo et griffonnait furieusement, exprimant une pensée ou répondant enfin à une contradiction apparente. »

Pourtant, aussi avancés que fussent ses cours, il était accessible à tous ses étudiants. Avec l’étudiant qui n’était pas académiquement prêt à étudier le Talmud, il étudiait personnellement la Michna, l’aidant à progresser à son propre rythme.

Un géant humble

En 1978, il épousa Hindy Shanowitz, et elle le rejoignit pour servir la communauté de New Haven, lui en tant que Rav de la communauté et elle en tant qu’enseignante de Torah bien-aimée à part entière.

Il s’assurait d’être disponible pour les membres de sa communauté, même, ou surtout, pour ceux que les autres négligeaient. Et son attention s’étendait à chaque détail. Un homme, qui souffrait de punaises de lit, devait être emmené à un rendez-vous médical. Il enveloppa l’homme dans une couverture et le conduisit personnellement au rendez-vous.

« Le Rav Kalmenson était un homme de superlatifs », atteste le Rav Hano’h Bistritsky, qui sert comme administrateur de la Yechiva. « Selon tous les critères, c’était un gaon (génie). Ses livres sont des classiques, utilisés par des enseignants du monde entier – tant au sein de Habad que dans la communauté au sens large – lorsqu’ils préparent leurs cours. »

Pourtant, son trait le plus remarquable était son humilité authentique. Dans la cafétéria de la Yechiva, il se mettait en file derrière ses étudiants, attendant son tour pour prendre de la nourriture pour lui-même.

Aussi calme et effacé qu’il fût, il était aimé comme un conversateur talentueux qui avait une anecdote ou une pensée de Torah pour chaque situation. Plus d’une fois, son fils, le Rav Mendel Kalmenson, se souvient qu’il s’asseyait dans un silence captivé pendant que quelqu’un lui répétait une de « ses » histoires emblématiques, ne laissant jamais transparaître le moindre signe qu’il l’avait entendue auparavant. Ce n’était qu’une des nombreuses expressions de son dévouement à conférer dignité et validation à chaque personne avec laquelle il interagissait.

Il accordait une grande valeur à la Mitsva d’accueillir des invités. La maison Kalmenson était juste à côté de celle de Dovid Deitsch, le principal mécène de la Yechiva. De nombreux collecteurs de Tsedaka s’arrêtaient à la maison Kalmenson après avoir reçu un don généreux de Deitsch. Quelle que soit l’heure, le Rav prenait leurs manteaux, cuisinait personnellement de la nourriture pour eux et préparait un lit pour eux dans la chambre d’amis.

Certes, le travail aurait pu être fait par d’autres ; en tant que soldat humble dans l’armée du Rabbi, aucune tâche n’était indigne de lui et aucun devoir ne lui pesait jamais.

Rav Hano’h Bistritsky atteste que le Rav avait un circuit régulier d’entreprises juives qu’il visitait régulièrement, partageant un enseignement de Torah et une opportunité de Mitsva avec chacun de ses « clients ».

« Pendant une période, j’ai eu la chance de le rejoindre dans sa tournée de Mivtsaïm le vendredi à West Haven », se souvient l’ancien étudiant Moshe New, « Mivtsaïm faisant référence à la pratique de mener les campagnes de Mitsvot du Rabbi, comme mettre les Tefillin avec les hommes juifs et offrir des bougies de Chabbat aux femmes juives, dans les rues. Il nous conduisait dans son vieux minivan bordeaux cabossé – sa conduite était pour le moins erratique. Il rencontrait des propriétaires de toutes sortes de magasins et partageait une réflexion sur la portion de Torah de la semaine, traitant le mécanicien, le propriétaire du magasin d’alcools et l’homme du petit magasin de chaussures avec le même respect et la même chaleur. »

Il y avait des personnes qu’il visitait chaque semaine et d’autres qu’il visitait quotidiennement. Normalement timide et réservé, lorsqu’il s’agissait d’aider les autres à accomplir une Mitsva, il se transformait presque en une autre personne, audacieux, affirmé et sociable.

Il faisait cela non seulement chez lui, mais aussi lorsqu’il voyageait à l’étranger pour rendre visite à ses enfants. Lorsqu’il passait du temps à Jérusalem, où sa fille Nechama Dina dirige une Maison Habad avec son mari, le Rav Avraham Hendel, il avait développé un circuit de « clients » qu’il visitait quotidiennement, toujours avec un sourire et un mot d’encouragement.

Pour le reste du monde, il était un talmudiste du plus haut calibre, mais pour eux, il était le gentil Rav qui ne se lassait jamais de les aider à mettre les Tefillines et de répondre à leurs questions.

Cette humilité s’étendait aux membres de la communauté, à la famille et à tous ceux qu’il rencontrait. « Voici un géant de la Torah », dit le Rav Yossef Katzman, dont la fille est mariée au fils du défunt Rav. « Pourtant, il me faisait personnellement frire un œuf chaque fois que je restais chez eux. C’était inutile, c’était humiliant, c’était désarmant – et c’était lui. Un homme dont la grandeur n’avait d’égale que sa simplicité. »

Il détestait la controverse et valorisait la paix. Chaque fois qu’il sentait qu’une conversation pouvait éventuellement se diriger vers le commérage ou le dénigrement d’autrui, il la dirigeait vers un sujet neutre ou partait simplement. Lorsque deux partenaires commerciaux avec lesquels il mettait les Tefillin eurent un désaccord, il facilita personnellement leur réconciliation.

Notes de cours

Pendant la majeure partie des près de cinq décennies où il dirigea la Yechiva de New Haven, son cercle d’étudiants était relativement restreint.

Alors que sa renommée se répandait, on lui offrit des postes dans de plus grandes Yechivot, mais il était déterminé et satisfait de rester à New Haven, où il avait été envoyé par le Rabbi.

De là, son influence s’étendit aux Yechivot du monde entier, en grande partie grâce à la série de 14 livres savants qu’il écrivit. Sous le titre modeste Kovetz Reshimot Shiurim (« Recueil de notes de cours »), ils devinrent un guide incontournable pour les enseignants du Talmud dans le monde entier lorsqu’ils préparaient leurs propres cours.

En fait, la famille et les étudiants racontaient que les essais étaient si bons que les enseignants « empruntaient » souvent ses idées et les présentaient comme les leurs. Plusieurs histoires sont racontées d’éminents conférenciers du Talmud l’appelant pour s’excuser d’avoir approprié ses enseignements sans les lui attribuer, l’un pendant la semaine d’introspection entre Roch Hachana et Yom Kippour et un autre pendant le festin de Pourim arrosé de vin.

La publication des livres était elle-même un témoignage de sa personnalité unique. À un moment donné, il confia ses manuscrits à quelqu’un qui allait les préparer pour publication. La personne disparut alors pendant sept ans. Après que son gendre en Israël eut finalement localisé la personne, l’homme prétendit avoir perdu tous les fichiers sur lesquels il avait travaillé au fil des ans. Malgré cet énorme revers, la seule demande du Rav fut : Assurez-vous de le payer pour le temps qu’il avait consacré au manuscrit.

Dans les semaines précédant son décès, il travailla fiévreusement à la préparation des textes pour les volumes quinze et seize, insistant auprès de l’éditeur sur son désir urgent de les achever avant Roch Hachana, comme s’il savait que son heure approchait.

Ses derniers jours

Pourtant, la période précédant Roch Hachana, la dernière de sa vie, fut remarquablement ordinaire. Bien qu’il fût souffrant, il visita ses « clients » des Tefillines et conduisit un groupe de Juifs en visite au Ohel, pria, ramena des invités pour le repas de Roch Hachana et accueillit la nouvelle année avec joie.

Cette nuit-là, incapable de dormir, il étudia la Torah jusqu’à l’aube. Puis, tôt le matin de Roch Hachana, son âme s’éleva vers les hauteurs.

 

Israël : Habad va-t-il participer à la manifestation géante contre la loi sur la conscription organisée jeudi à Jérusalem?

Israël : Habad va-t-il participer à la manifestation géante contre la loi sur la conscription organisée jeudi à Jérusalem?

Face à l’intensification du débat sur la conscription des étudiants de Yechiva en Israël, les dirigeants du mouvement Habad examinent la possibilité de participer à une manifestation massive prévue à Jérusalem et qui devrait rassembler 1 millions de personnes. Cette décision intervient alors que des centaines de milliers de juifs orthodoxes se préparent à descendre dans la rue pour protester contre une nouvelle législation qui pourrait bouleverser leur mode de vie traditionnel. La position Habad, traditionnellement modéré sur les questions politiques, pourrait avoir un impact significatif sur l’ampleur et la nature de cette mobilisation historique.

 

 

Une mobilisation sans précédent en préparation

Les dirigeants de la communauté orthodoxe en Israël organisent ce qui pourrait devenir l’une des plus grandes manifestations de l’histoire du pays, avec l’objectif ambitieux de rassembler un million de personnes à Jérusalem. Cette mobilisation massive vise à s’opposer à une nouvelle proposition de loi sur la conscription qui étendrait l’obligation de service militaire aux étudiants des Yechivot, actuellement exemptés pour poursuivre leurs études religieuses à temps plein.

Le rassemblement, prévu jeudi 30 octobre à 14h30 à Jérusalem, a reçu le soutien des principaux dirigeants rabbiniques des communautés orthodoxes lituaniennes et hassidiques. Les organisateurs affirment que cette législation représente une menace existentielle pour le monde de la Torah en Israël et appellent à une réponse unie et déterminée de tout le secteur religieux.

La position délicate de Habad

Le mouvement Habad en Terre sainte, connu pour son approche généralement modérée et son engagement à éviter la confrontation politique directe, se trouve face à un dilemme complexe. D’un côté, le mouvement maintient un profond respect pour l’étude de la Torah et le système des Yechivot. De l’autre, Habad a historiquement maintenu des relations cordiales avec un large éventail de groupes au sein de la société israélienne, y compris les institutions gouvernementales et militaires.

Selon des sources proches des dirigeants Habad en Israël, des discussions intenses ont lieu pour déterminer si le mouvement devrait participer officiellement au rassemblement. Certains dirigeants plaident pour une participation active, arguant que la question de l’étude de la Torah transcende les considérations politiques habituelles. D’autres expriment des réserves quant à l’association du mouvement avec une manifestation politique de masse qui pourrait être perçue comme antagoniste envers l’État.

Les précédents historiques et la vision du Rabbi

Dans leurs délibérations, les dirigeants Habad se réfèrent aux enseignements et aux positions du Rabbi de Loubavitch sur des questions similaires. Le Rabbi a toujours souligné l’importance primordiale de l’étude de la Torah tout en exprimant un profond respect pour ceux qui servent dans Tsahal et protègent la terre d’Israël.

Le Rabbi a également enseigné que les étudiants de Yechiva qui se consacrent pleinement à l’étude de la Torah fournissent une protection spirituelle essentielle pour le peuple juif et la Terre d’Israël. Cette position théologique constitue un argument central dans le débat actuel sur l’exemption de la conscription pour les étudiants religieux.

Cependant, Habad a traditionnellement évité de participer à des manifestations politiques de masse, préférant exercer son influence par le dialogue, l’éducation et l’action communautaire. Cette approche reflète la philosophie du Rabbi selon laquelle le changement positif s’effectue mieux par la persuasion bienveillante que par la confrontation.

Les enjeux de la nouvelle législation

La proposition de loi sur la conscription qui a déclenché cette controverse vise à réduire progressivement le nombre d’exemptions accordées aux étudiants de Yechiva et à augmenter leur participation soit dans l’armée, soit dans un service national alternatif. Les partisans de la législation affirment qu’elle est nécessaire pour répartir équitablement le fardeau de la défense nationale et promouvoir l’intégration de la communauté orthodoxe dans la société israélienne au sens large.

Les opposants, y compris la majorité de la direction orthodoxe, soutiennent que cette loi compromettrait le monde de l’étude de la Torah qui a toujours été au cœur de l’identité et de la survie du peuple juif. Ils craignent également que l’exposition à l’environnement séculier de l’armée n’érode les valeurs religieuses et le mode de vie traditionnel des jeunes hommes orthodoxes.

Pour de nombreux étudiants de Yechiva et leurs familles, l’étude de la Torah à temps plein n’est pas simplement un choix de carrière, mais une vocation sacrée et un pilier fondamental de leur identité religieuse. L’idée d’interrompre cette étude pour le service militaire est perçue comme une atteinte à leurs convictions les plus profondes.

Les voix au sein de Habad

Au sein de la communauté Habad, différentes opinions se font entendre sur la question de la participation au rassemblement. Certains émissaires et Rabbanim Habad, particulièrement ceux qui travaillent étroitement avec les communautés orthodoxes traditionnelles, expriment un fort soutien à la manifestation et encouragent la participation active du mouvement.

D’autres voix, notamment parmi les émissaires Habad qui travaillent avec des populations plus diverses, y compris des juifs laïcs et des soldats de Tsahal, expriment des préoccupations quant à l’impact potentiel d’une participation de Habad sur leurs relations avec ces communautés. Ils craignent qu’une présence visible Habad à la manifestation ne soit interprétée comme une opposition au service militaire en général, ce qui ne reflète pas la position nuancée du mouvement.

Des étudiants de Yechivot Habad ont également exprimé des opinions variées. Alors que beaucoup ressentent une obligation morale de soutenir leurs frères orthodoxes dans la défense du droit à l’étude de la Torah, d’autres se sentent mal à l’aise avec l’idée de participer à une manifestation politique de masse, préférant se concentrer sur leurs propres études et leur travail de diffusion.

Les implications pour l’unité du mouvement

La décision que prendra Habad concernant sa participation au rassemblement pourrait avoir des implications significatives pour l’unité et la cohésion du mouvement. Habad est connu pour sa capacité à transcender les divisions politiques et à maintenir des relations positives avec un large éventail de groupes au sein du monde juif.

Certains dirigeants Habad craignent qu’une participation officielle à la manifestation ne crée des tensions au sein du mouvement lui-même, entre ceux qui soutiennent fortement l’action et ceux qui préfèrent une approche plus discrète. Ils soulignent l’importance de préserver l’unité de Habad et d’éviter de polariser le mouvement sur des questions politiques controversées.

D’autres arguent que certaines questions sont si fondamentales qu’elles exigent une position claire, même si cela comporte des risques. Pour eux, la défense du droit à l’étude de la Torah sans interruption est une question qui touche au cœur de la mission deHabad et justifie une prise de position publique forte.

Les consultations en cours

Selon des sources informées, des consultations intensives sont en cours entre les principaux Rabbanim et dirigeants Habad en Israël et à travers le monde. Ces discussions impliquent non seulement des considérations théologiques et halakhiques, mais aussi des évaluations pratiques de l’impact potentiel sur les activités de Habad et ses relations avec différents secteurs de la société israélienne.

Des réunions ont eu lieu entre les dirigeants Habad et d’autres chefs de la communauté orthodoxe pour discuter de la nature et des objectifs du rassemblement prévu. Habad cherche à s’assurer que tout événement auquel il pourrait participer reste dans l’esprit de respect et de dignité qui caractérise l’approche du mouvement envers tous les juifs.

Il y a également des discussions sur la possibilité d’organiser des événements parallèles ou complémentaires qui refléteraient mieux la philosophie distinctive de Habad tout en exprimant un soutien à la cause de l’étude de la Torah. Ces alternatives pourraient inclure des rassemblements d’étude massive de la Torah, des initiatives de sensibilisation publique, ou des campagnes de Mitsvot à grande échelle.

Le contexte social et politique plus large

Cette controverse sur la conscription s’inscrit dans un débat plus large en Israël sur la place de la communauté orthodoxe dans la société et sur la répartition des responsabilités civiques. La question divise profondément la société israélienne, avec des opinions fortes de part et d’autre.

Pour de nombreux Israéliens laïcs et traditionalistes, l’exemption des étudiants de Yechiva du service militaire est perçue comme injuste, particulièrement à une époque où les réservistes sont appelés à servir de plus en plus fréquemment. Ils arguent que tout le monde devrait partager le fardeau de la défense nationale et que les exemptions massives créent du ressentiment et divisent la société.

Du point de vue orthodoxe, cependant, l’étude de la Torah n’est pas une simple exemption ou un privilège, mais une contribution essentielle à la sécurité et au bien-être spirituel de la nation. Ils citent des sources traditionnelles affirmant que les érudits de la Torah protègent le peuple juif par leurs études, et que cette protection spirituelle est tout aussi vitale que la défense physique.

Les options devant Habad

Alors que la date du rassemblement approche, Habad semble avoir plusieurs options devant lui. La première serait une participation officielle et visible, avec des bus affrétés depuis les communautés Habad et une présence organisée lors de l’événement. Cette approche enverrait un message clair de solidarité avec la communauté orthodoxe dans son ensemble.

Une deuxième option serait de permettre une participation individuelle sans engagement officiel du mouvement. Dans ce scénario, les membres Habad qui le souhaitent pourraient assister au rassemblement à titre personnel, mais sans représenter officiellement l’organisation. Cette approche permettrait d’exprimer un soutien tout en maintenant une certaine distance institutionnelle.

Une troisième possibilité serait de s’abstenir complètement de participer à la manifestation tout en exprimant un soutien à la cause de l’étude de la Torah par d’autres moyens, tels que des déclarations publiques, des initiatives éducatives, ou des campagnes de sensibilisation alternatives.

Enfin, Habad pourrait choisir de jouer un rôle de médiateur, utilisant ses relations avec différents secteurs de la société israélienne pour faciliter le dialogue et rechercher des solutions de compromis qui respectent à la fois l’importance de l’étude de la Torah et les préoccupations légitimes concernant le partage équitable des responsabilités nationales.

L’impact potentiel de la décision de Habad

Quelle que soit la décision finale, elle aura probablement un impact significatif sur la perception de Habad au sein de la société israélienne et du monde juif en général. Une participation active pourrait renforcer les liens de Habad avec les secteurs orthodoxes plus traditionnels, mais pourrait également compliquer ses relations avec les communautés laïques et modernes orthodoxes.

À l’inverse, une décision de ne pas participer pourrait être interprétée par certains comme un manque de solidarité avec la communauté orthodoxe, mais pourrait également être perçue positivement par ceux qui apprécient l’approche généralement inclusive et non-conflictuelle de Habad.

Les observateurs notent que Habad a toujours réussi à naviguer dans des situations complexes en restant fidèle à ses principes tout en maintenant des relations positives avec un large éventail de groupes. Beaucoup espèrent que le mouvement trouvera une voie qui reflète cette sagesse traditionnelle dans ce cas également.

En attendant une décision finale

Alors que les dirigeants Habad continuent leurs délibérations, la communauté attend avec intérêt de voir quelle direction le mouvement prendra. Cette décision sera observée de près non seulement par les membres de Habad, mais aussi par l’ensemble de la société israélienne et la communauté juive mondiale.

Dans les Yechivot et les centres Habad à travers le pays, les discussions sur cette question se poursuivent, reflétant la complexité et la profondeur des enjeux en jeu. Quelle que soit la décision finale, elle sera sans aucun doute prise après mûre réflexion et dans l’esprit de service au peuple juif qui a toujours caractérisé le mouvement Habad Loubavitch.

En ces temps de division et de polarisation croissantes, beaucoup espèrent que Habad trouvera une voie qui non seulement défend les valeurs essentielles de l’étude de la Torah, mais contribue également à rapprocher les différents secteurs du peuple juif et à promouvoir la compréhension mutuelle et le respect.

 

 

Le Beth Habad de Jamaïque se prépare face à l’ouragan Melissa, d’une puissance redoutable

Le Beth Habad de Jamaïque se prépare face à l’ouragan Melissa, d’une puissance redoutable

 

Alors que l’ouragan Melissa se dirige vers la Jamaïque avec des vents dévastateurs, les émissaires du Rabbi sur l’île prennent des mesures d’urgence pour protéger leur communauté et leur centre. Les préparatifs s’intensifient tandis que les autorités locales appellent à la vigilance face à cette tempête qui pourrait être l’une des plus violentes de la saison. La Rav Yaakov Raskin, qui dirige le centre Habad, reste déterminé à assurer la sécurité de tous malgré les défis à venir.

 

EN DIRECT

 

Un ouragan de catégorie 5 en approche imminente

Un ouragan de catégorie 5 s’apprête à frapper ce mardi, dans les toutes prochaines heures, la Jamaïque dans les Caraïbes, où il risque de causer des inondations et glissements de terrain catastrophiques. Des vents soufflant à plus de 280 km/h sont attendus, faisant de Melissa l’une des tempêtes les plus dangereuses jamais enregistrées dans cette région.

Le Centre national des ouragans a émis une alerte rouge maximale pour l’ensemble de l’île, appelant les résidents à finaliser immédiatement leurs préparatifs d’urgence et à évacuer les zones côtières les plus vulnérables. Les météorologues avertissent que l’impact pourrait être dévastateur, avec des précipitations pouvant atteindre 500 millimètres en quelques heures.

Le Beth Habad de Jamaïque se mobilise

Le Rav Yaakov Raskin et son épouse Moushky, émissaires du Rabbi en Jamaïque depuis plus de quinze ans, coordonnent activement les préparatifs pour protéger leur centre communautaire situé à Kingston. Le couple a commencé à sécuriser les fenêtres avec des planches, à stocker de l’eau potable et des provisions, et à mettre en place un générateur de secours.

« Notre priorité absolue est la sécurité de notre communauté », a déclaré le Rav Raskin. « Nous avons contacté tous les membres de notre communauté juive locale ainsi que les touristes juifs actuellement sur l’île pour nous assurer qu’ils disposent d’un refuge sûr. Le temps presse et nous faisons tout notre possible pour que chacun soit en sécurité avant l’arrivée de l’ouragan. »

 

 

Un refuge pour la communauté juive

Le centre Habad a ouvert ses portes comme refuge d’urgence pour les membres de la communauté qui pourraient avoir besoin d’un abri sûr pendant la tempête. Les Raskin ont préparé le bâtiment pour accueillir plusieurs familles, avec des provisions kasher suffisantes pour tenir plusieurs jours, voire plusieurs semaines si nécessaire.

La famille a également coordonné avec les autorités locales et d’autres organisations juives dans la région pour établir un plan d’intervention d’urgence. Des lignes de communication ont été mises en place avec les centres Habad des îles voisines et du continent pour assurer un soutien continu même en cas de coupure des communications principales.

Protection des objets sacrés

Parmi les préparatifs urgents figure la protection des objets religieux précieux du centre, notamment leurs Sifrei Torah, les Tefilines et les Mezouzot. Ces objets sacrés ont été soigneusement emballés et placés dans des conteneurs étanches et résistants, puis déplacés vers les parties les plus sûres et les plus élevées du bâtiment.

« Nous prenons toutes les précautions nécessaires pour protéger nos objets sacrés », a expliqué la Rabbanit Raskin. « Ces Sifrei Torah servent notre communauté depuis des années et représentent le cœur spirituel de notre présence ici en Jamaïque. Nous avons le devoir de les préserver pour les générations futures. »

Solidarité et soutien international

La nouvelle des préparatifs du Habad de Jamaïque s’est rapidement répandue dans le réseau mondial du Habad Loubavitch. Des émissaires du monde entier ont contacté la famille Raskin pour offrir leur soutien, leurs prières et leur aide matérielle. De nombreux centres Habad ont organisé des récitations de Tehilim (Psaumes) pour la sécurité de la communauté jamaïcaine.

Le siège du mouvement Habad Loubavitch à Crown Heights, Brooklyn, suit de près la situation et reste en contact constant avec la famille Raskin. Des fonds d’urgence ont été mobilisés pour aider à la reconstruction après le passage de l’ouragan et pour fournir une assistance immédiate aux personnes touchées.

Appel à la prière et à la vigilance

Alors que l’ouragan Melissa approche dangereusement, le Rav Raskin a lancé un appel à toute la communauté juive mondiale pour qu’elle prie pour la sécurité de tous les habitants de la Jamaïque. « Nous avons foi en D.ieu et nous savons que nos prières ont le pouvoir de changer le cours des événements », a-t-il déclaré.

Les Raskin ont également exhorté tous les résidents de l’île à prendre cette menace au sérieux et à suivre strictement les consignes des autorités locales. Ils ont rappelé que la vie humaine est la valeur suprême et qu’aucun bien matériel ne vaut la peine de prendre des risques inutiles.

Un engagement indéfectible

Malgré le danger imminent, la famille Raskin a réaffirmé son engagement envers la communauté juive de Jamaïque. « Nous sommes ici pour rester », a déclaré le Rav Raskin avec détermination. « Quelle que soit l’ampleur des dégâts causés par cet ouragan, nous reconstruirons et continuerons notre mission d’apporter la lumière de la Torah et des Mitsvot à cette belle île. »

Le couple prévoit de rester sur place pendant et après la tempête pour coordonner les efforts de secours et de reconstruction. Ils se sont engagés à aider non seulement la communauté juive, mais aussi leurs voisins de toutes confessions qui pourraient avoir besoin d’assistance dans les jours et semaines à venir.

Un message d’espoir dans la tourmente

Dans un message vidéo diffusé sur les réseaux sociaux quelques heures avant l’arrivée prévue de l’ouragan, la Rabbanit Raskin a partagé un message d’espoir et de résilience. « Nous traversons une épreuve difficile, mais nous ne sommes pas seuls. La force de notre communauté réside dans notre unité et notre foi. Ensemble, avec l’aide de D.ieu, nous surmonterons cette tempête. »

Les Raskin ont demandé à tous ceux qui suivent la situation de continuer à prier et d’accomplir des actes de bonté supplémentaires en l’honneur de la sécurité de la communauté jamaïcaine. Ils ont exprimé leur gratitude pour le soutien mondial qu’ils ont reçu et ont promis de tenir tout le monde informé dès que possible après le passage de l’ouragan.

Alors que les vents commencent déjà à se renforcer sur l’île, la communauté juive de Jamaïque, guidée par ses émissaires dévoués, fait face à cette épreuve avec courage, foi et détermination, incarnant l’esprit de résilience qui a toujours caractérisé le peuple juif face à l’adversité.

 

 

L’histoire méconnue des « agents secrets Loubavitch »

L’histoire méconnue des « agents secrets Loubavitch »

Le 6 Hechvan marque le 128ème anniversaire du décès de Reb Guershon Ber Paharer, un émissaire légendaire du Rabbi. Cet article explore l’histoire fascinante des Chadarim et Hozrim, ces messagers qui voyageaient de ville en ville pour collecter des fonds, transmettre les enseignements hassidiques et maintenir le lien entre les communautés éloignées et le Rabbi. Leurs visites transformaient la vie spirituelle des communautés juives isolées.

 

 

Introduction : Les institutions anciennes de Habad

Les Chadarim et Hozrim sont des institutions Habad qui remontent à l’époque de l’Admour Hazaken. Le rôle d’un Chadar (cheloua’h derabanan) est de collecter de l’argent. Historiquement, ce terme était principalement utilisé pour les émissaires collectant des fonds pour soutenir les Juifs vivant en Erets Israël. Lorsque l’Admour Hazaken a établi le Colel Habad pour soutenir les ‘hassidim Habad en Erets Israël, des Chadarim Habad ont été envoyés. Des Chadarim étaient également envoyés pour collecter l’argent du maamad pour les dépenses personnelles du Rabbi, ainsi que pour d’autres causes de Tsedaka urgentes.

Les Hozrim qui répètent les discours hassidiques du Rabbi remontent également à la génération de l’Admour Hazaken. Le rôle original du Hozer était dans la cour du Rabbi : un ‘hassid doté d’une mémoire exceptionnelle écoutait attentivement le discours du Rabbi, puis le répétait ensuite pour les ‘hassidim afin de les aider à apprendre la nouvelle Torah qui n’avait pas encore de forme écrite.

Le Rabbi précédent décrit le rôle et l’histoire du Hozer dans la cour des Rabbis en détail dans Divrei Yemei Hahozrim, et à d’autres endroits dans ses Sihot et écrits. Voici une magnifique description d’un Hozer dans la cour du Rabbi, tirée des marges du Habad, d’une nouvelle de fiction historique écrite par Fishel Schneerson, le petit-fils du Rabbi de Rechitza :

« Le Hozer ajuste sa ceinture en soie tissée au-dessus de son manteau de Chabbat, caresse sa barbe, un sourire radieux sur son visage, et commence à répéter le discours ».

« Et alors le grand miracle se produit : grâce à sa mémoire extraordinaire, le Hozer est capable de répéter le discours mot pour mot, exactement comme il a été prononcé par le Rabbi, sans manquer une seule lettre ».

« Et pourtant, apparemment sans effort, par sa manière même de parler, avec une infinité de nuances et de subtilités d’expression, il réussit à affiner, souligner et mettre en lumière non seulement le contenu des mots eux-mêmes, mais toutes leurs profondeurs cachées, les secrets qui se trouvent au-delà des mots ».

« Au milieu du discours, les mots semblent se transformer naturellement en mélodie ; mais dès que la mélodie s’enflamme, elle s’arrête, pour éclater à nouveau tandis que le discours continue ».

« Puis le Hozer prend une petite gorgée de boisson forte, et élève sa voix comme une tempête turbulente. Les mots se transforment alors en un murmure ardent, puis ils s’intensifient à nouveau. Les ‘hassidim boivent ses paroles avec avidité, vivant à nouveau toutes les subtiles douceurs contenues dans le discours original. »

L’évolution du rôle : la fusion du Chadar et du Hozer

En plus des Hozrim dans la cour, il y avait aussi des Hozrim temporaires informels : un ‘hassid qui avait passé du temps auprès du Rabbi et entendu des discours les répétait aux ‘hassidim de sa ville après son retour chez lui.

À la génération du Mitteler Rebbe, les rôles de Hozer et de Chadar ont été fusionnés. Le Chadar-Hozer le plus connu – et peut-être le premier – était le Rav Hillel Paritcher. Le Rabbi précédent raconte l’histoire de sa nomination et la définition classique du Mitteler Rebbe de ce nouveau rôle :

« Le Mitteler Rebbe a demandé au Rav Hillel Paritcher en 5578-1818 de voyager dans les colonies [établissements agricoles dans la région de Cherson]. Il lui a dit : récolte le matériel et sème le spirituel. Depuis lors, le Rav Hillel a pris cela comme mission de vie. »

Depuis l’époque du Rav Hillel Paritcher, les Chadarim ont porté ce double rôle : collecter de l’argent au nom du Rabbi et répéter la ‘hassidout pour les ‘hassidim. Pour de nombreux ‘hassidim Habad vivant loin de Loubavitch et sans la commodité des communications modernes, la visite du Chadar était une bouée de sauvetage les reliant au Rabbi. Le Chadar partageait les récents discours du Rabbi, racontait des histoires sur les Rabbis et les informait des nouvelles de la cour.

Les Chadarim les plus connus après le Rav Hillel Paritcher étaient ses trois principaux disciples : Rav Chalom Rav Hillel, Rav Bere Volf Kozevnikov et Rav Guershon Ber Paharer.

Rav Guershon Ber Paharer : un messager légendaire

Le Rabbi note dans Reshimat Hayoman que Rav Guershon Ber Paharer est décédé en 5658-1898, mais la date précise de son anniversaire n’a apparemment pas été notée jusqu’à présent. Un compte rendu d’un discours du Rabbi précédent du Chabbat Parchat Noa’h 5706 rapporte qu’il y avait un anniversaire pour Rav Guershon Ber Paharer, et le Rabbi précédent a partagé quelques histoires à son sujet et a discuté de sa personnalité ‘hassidique avec son petit-fils, le Rav Chemouel Levitin.

Le compte rendu du discours ne précise pas la date exacte de l’anniversaire, et par conséquent, la date approximative de « Hechvan 5658-1898 » est souvent donnée pour le décès de Rav Guershon Ber. Cependant, les notes non publiées du Rav Avraham Weingarten de 5708 enregistrent la date du 6 Hechvan comme l’anniversaire, tel qu’il l’a entendu du Rav Chemouel Levitin. Le Chabbat Parchat Noa’h 5706-1946 était en fait le jour réel de l’anniversaire.

Menachem Mendel (Manuel Morris) Tumaroff est né à Pahar (aujourd’hui Lubiane, Ukraine) en 5638-1878. Il a étudié à la Yechiva de Volozhin et est devenu plus tard un éducateur juif moderne. Il a déménagé en Amérique en 5667-1907, où il a été l’un des fondateurs du Hebrew Teachers College à Boston et a écrit des manuels pour enseigner l’hébreu aux enfants.

L’autobiographie de Tumaroff, Misaviv Leorot Vetzlalim, reflète ses souvenirs chaleureux de son éducation ‘hassidique et son attitude positive envers Habad tout au long de sa vie. Un passage du livre raconte ses souvenirs d’enfance des visites de Rav Guershon Ber Paharer à Pahar. Dans la période ultérieure de sa vie, Rav Guershon Ber vivait à Nevel et visitait Pahar en tant que Chadar.

Tumaroff écrit :

« Les résidents de cette ville étaient des ‘hassidim passionnés. Les émissaires des Rabbis de Loubavitch visitaient fréquemment la ville, illuminant son obscurité d’une lumière sublime ».

L’un de ces émissaires, qui voyageait à travers les villes du district de Tchernigov, était Rav Guershon Ber, qui avait servi le saint Rav Hillel Paritcher. Ce vénéré Hozer venait en ville deux fois par an et était reçu avec les honneurs appropriés : tous les magasins fermaient, et les tailleurs et cordonniers cessaient leur travail.

Cet émissaire était comme un ange divin sous forme humaine. Son visage rayonnait de noblesse, et son cœur était rempli d’un amour immense pour toute créature créée à l’image de D.ieu. C’était une fontaine jaillissante des secrets du Habad, mais il n’était pas doté d’une langue éloquente. Ses auditeurs sages absorbaient l’essence de ses enseignements à travers ses mouvements et gestes de la main. Ses simples disciples s’asseyaient penchés en avant, contemplaient son visage radieux avec révérence et bougeaient en harmonie avec ses mouvements. Leur doux balancement les berçait jusqu’au sommeil, et dans leurs rêves ils contemplaient des mondes dans l’étendue de l’infini, des mondes qu’ils n’auraient jamais pu imaginer voir dans leur esprit éveillé…

Il y avait deux enseignants avancés en ville, Rav Binyamin et Rav Ze’ev Levitin – le père du bien connu Rav Chemouel – qui enseignaient aux élèves plus âgés et ne gagnaient même pas un revenu minimal. Les enseignants de Torah de cette ville souffraient de pauvreté et de privation, mais ils ne se vautraient pas dans leur misère et ne devenaient pas amers à cause de leurs souffrances. Ils absorbaient le poison de la vie et le transformaient en un élixir vivifiant. Ils adhéraient à la devise ‘hassidique du « bitoul hayech », et ne cherchaient aucun plaisir de ce monde. Lors des jours de fête, ils entraient dans les lieux désignés pour la joie et la célébration et en ressortaient contents et joyeux, gais et rafraîchis. »

Le récit de Tumaroff sur Rav Guershon Ber correspond bien aux connaissances existantes à son sujet. Ce Hozer célèbre n’était en fait pas du tout un orateur talentueux ; il parlait de manière confuse et était difficile à comprendre. Ce qui attirait les gens vers lui et sa répétition était la crainte du Ciel intense et palpable qu’il dégageait.

Le machpia à Loubavitch, Rav Gronem, a dit à Rav Chemouel Levitin qu’il s’était tenu à côté de son grand-père, Rav Guershon Ber, pendant qu’il priait la prière du soir : « Croyez-moi, vous pouviez sentir sa crainte du Ciel depuis son manteau. Je l’ai entendu dire les mots avec une telle crainte du Ciel, et j’ai commencé à pleurer. »

Les visites du Hozer à Kvatki

Notre prochaine description de la visite d’un Hozer provient de la ville de Kvatki, en Lita. L’auteur, Menachem Mendel Freiden, est né en 5639-1879 dans une famille qui était ‘hassidim des Rabbis Habad de Liadi. Freiden a étudié dans des Yechivot dans sa jeunesse, mais, influencé par l’époque, il est devenu plus moderne. Cependant, il est resté un Juif engagé et observant de la Torah et des Mitsvot. Il a déménagé en Amérique en 5665-1905, puis en Erets Israël en 5681-1921.

Freiden a écrit un mémoire de sa vie en hébreu, et le livre a été publié en traduction anglaise avec des commentaires et notes de bas de page par son petit-fils, Lee Shai Weissbach, professeur d’histoire. Nous n’avons pas l’hébreu original de l’auteur, et il est évident que le traducteur n’a pas toujours saisi les nuances juives et ‘hassidiques du texte, mais le mémoire, publié sous le titre A Jewish Life on Three Continents, est une lecture fascinante.

Dans le passage suivant, Freiden décrit éloquemment les visites périodiques des Hozrim Habad dans sa ville natale de Kvatki :

« Le ‘hassidisme insufflait un sentiment de vie nouvelle aux os desséchés du judaïsme traditionnel ».

« Je voyais cet effet de mes propres yeux lorsque les divers émissaires des Rabbis étaient hébergés dans la maison de mon père. Père était un disciple du Rabbi de Liadi, mais sa maison était néanmoins ouverte à tous les émissaires hassidiques, qu’il soit de Kapust ou de Siroutzina. Tous étaient accueillis dans notre maison, et tous bénéficiaient de l’hospitalité qui était coutumière dans notre foyer ».

« Lorsqu’un émissaire arrivait, une célébration était déclarée dans notre ville, et ce type d’occasion festive durait généralement une semaine. Chaque soir, tous les ‘hassidim de notre ville se réunissaient chez nous. L’émissaire répétait pour eux les enseignements hassidiques de son Rabbi ; chaque soir quelque chose de nouveau ».

« Parmi ceux rassemblés, il y en avait beaucoup qui ne comprenaient rien aux canaux de l’énergie divine ou à l’émanation, mais ils écoutaient néanmoins attentivement pour ne rien manquer, et ils poussaient un soupir de soulagement lorsque l’émissaire avait terminé. Ils savaient que maintenant il allait en venir à l’élément fondamental qui les intéressait le plus : des récits sur les miracles et actes merveilleux du Rabbi et, surtout, des gorgées de whisky pour tous les présents pendant que les récits étaient racontés ».

« Et quand ils se sentaient bien, remplis d’alcool et des desserts que ma mère servait en portions généreuses, l’émissaire commençait une mélodie. Il apportait toujours une nouvelle mélodie qui avait émergé de la bouche du Rabbi et de ses disciples lors de leurs rassemblements festifs et qui était destinée à être diffusée parmi ses nombreux adhérents dispersés ».

« De cette première nouvelle mélodie, ils passaient aux anciennes mélodies que tous les ‘hassidim connaissaient, et un nouvel esprit prenait immédiatement le dessus dans la pièce. Le chant se renforçait, les visages devenaient plus rouges, les rides se lissaient et les yeux brillaient d’une nouvelle étincelle. Les mains commençaient à battre et les pieds se levaient dans une danse hassidique extatique ».

« Ces Juifs, qui étaient occupés toute la journée dans leurs travaux difficiles, peinant et travaillant pour faire vivre leurs familles, recevaient soudainement un nouveau souffle de vie, une âme supplémentaire. Un nouvel esprit était évident sur leurs visages. La fatigue et l’épuisement étaient oubliés. Une inspiration céleste planait sur eux tous, et ils ressentaient un sentiment exquis que la vie, même telle qu’elle est, valait la peine d’être vécue ; qu’il valait la peine d’être un Juif hassidique. C’est l’influence du ‘hassidisme sur les masses du peuple. Si le ‘hassidisme Habad n’était venu que pour répandre ce rayon de lumière momentané, il aurait été digne de son existence. »

Zalman Shazar et le Hozer à Steybetz

Le troisième président de l’État d’Israël, Zalman Shazar, est né en 5650-1890 sous le nom de Chneur Zalman Rubashov dans la ville de Mir (maintenant en Biélorussie), dans une famille Habad depuis l’époque de l’Admour Hazaken. Son grand-père maternel, Rav Moshe Ginzberg de Mir, était un ‘hassid de Loubavitch puis de Liadi.

Bien qu’il soit devenu un sioniste laïque de premier plan, Zalman Shazar a maintenu un lien avec Habad et avait une relation exceptionnellement chaleureuse avec le Rabbi. Dans ses dernières années, il est devenu plus observant de la Torah et des Mitsvot.

L’histoire de la relation de Zalman Shazar avec Habad et le Rabbi est racontée en détail dans le livre hébreu, Nassi Vehasid. Ce qui nous intéresse maintenant est un chapitre des mémoires de Shazar, Kochvei Boker, dans lequel il décrit la visite d’un Hozer Habad non identifié au shtetl de Steybetz, où la famille de Shazar a déménagé quand il avait trois ans, après que leur maison à Mir ait été détruite dans un incendie.

Ce chapitre décrit le shtiebel ‘hassidique à Steybetz, partagé par les ‘hassidim Habad et Koidanov, et les hauts et les bas de leur relation. Nous ne traduirons que la section qui décrit la visite du Hozer :

« Au fil des ans, un statu quo d’amitié et de tolérance s’est développé entre les deux factions du shtiebel. Lorsque l’émissaire de Koidanov venait en ville, les ‘hassidim Habad contribuaient également à sa collecte de maamad, et lorsque le Hozer Habad venait chez nous, les ‘hassidim principaux de Koidanov venaient entendre des paroles du D.ieu vivant de lui ».

« Je suis devenu très profondément lié à tous les membres du shtiebel ; un lien sincère, presque familial. Je pouvais facilement distinguer – même en marchant dans la rue – entre un homme du shtiebel et un homme du Beth Midrach Hagadol… »

« Pour ‘Hanouka, le Hozer Habad venait chez nous. Il venait chaque année : Youd Teth Kislev, il célébrait avec mon grand-père à Mir tout proche, et pour ‘Hanouka, il venait chez nous. Il était de petite stature, avec une large barbe, et toute sa conduite était gracieuse ».

« Même les filles aimaient interrompre leurs études et s’occuper de l’invité, qui mangeait chez nous et restait avec nous environ une semaine. Pendant toute la semaine, je l’accompagnais au shtiebel de Koidanov, appréciant l’élévation spirituelle de la dévotion pure du Habad. En ces jours, chaque prière prenait un caractère spécial. Après chaque prière, il disait tranquillement, petit à petit, quelques mots de ‘Hassidout. Il le disait de manière factuelle, pas depuis la bima D.ieu nous préserve, et même pas assis à la table. Il le disait simplement en se tenant à sa place après avoir prié et enlevé son talith, avant de venir pour un petit verre, que mon père avait déjà préparé ».

« Et dans les soirées de ces jours, les ‘hassidim de la ville – Habad et Koidanov ensemble – se rassemblaient chez nous pour entendre le Hozer faire la bénédiction sur les bougies de ‘Hanouka. Et avec quelle festivité il accomplissait l’allumage ! Les ‘hassidim s’asseyaient autour de la table de la salle à manger, et ma mère faisait attention, bien sûr, de ne pas servir le thé avant que les bougies ne soient allumées ».

« Il parcourait seul la vaste salle, d’avant en arrière, ceint de sa large ceinture, alors qu’il se préparait pour la prière du soir. La nouveauté de sa prière était qu’il récitait le Hallel avant d’allumer les bougies. C’était quelque chose d’inouï dans la ville. Les ‘hassidim de Koidanov n’osaient pas le déranger, mais leurs cœurs n’étaient pas entièrement à l’aise avec cette innovation. Mon père m’a expliqué que c’est la coutume d’individus uniques ».

« Je dois admettre que ce Hallel inhabituel – au milieu d’une soirée de ‘Hanouka dans notre salle – m’a fait une impression extraordinaire également. Sa prière était très festive, accompagnée du claquement net de ses doigts qui claquaient, son pouce sous sa ceinture, et sa voix exaltée et montante : Mekimi me’afar dal, me’achpot yarim evyon… »

« Après la prière, le Hozer s’approchait de la Menora en argent avec ses branches et formes complexes, avec ses petites coupes d’huile au fond. Cette Menora avait été gardée cachée dans son étui toute l’année, et maintenant elle était accrochée sur le montant de la porte entre la salle à manger et le hall. Mon père avait préparé ses mèches à l’avance. Je me tenais prêt avec l’allumette à la main, préparé à assister l’estimé Hozer. Tous les gens rassemblés se levaient, avec tous les membres de la famille, comme si notre salle autrement banale avait été transformée en sanctuaire, et mes yeux assistent au Cohen accomplissant son service, tandis que moi, un enfant, je suis l’un des Cohanim juniors moi-même ».

« Voyant les ‘hassidim de Koidanov, leurs visages désapprouvant l’innovation du Hozer, je savais que peut-être ils étaient justifiés de penser ainsi. Mais je ne pouvais pas comprendre comment ils pouvaient ne pas apprécier pleinement la splendeur impressionnante de l’allumage. En ce moment, ils étaient presque comme des mitnagdim à mes yeux. »

La coutume du Hozer de réciter le Hallel avant d’allumer les bougies de ‘Hanouka est inconnue d’autres sources Habad, et ne semble pas être la coutume dans d’autres communautés non plus. Nous ne savons pas qui était ce Hozer, et il convient de noter que nous ne savons pas non plus de quelle branche du Habad il était.

Conclusion : un portrait littéraire

Nous conclurons notre enquête sur les Chadarim et Hozrim dans l’histoire du Habad avec un récit littéraire de Zalman Shneur. Né à Shklov en 5647-1887 dans une famille Habad, Zalman Shneur s’est éloigné de ses racines religieuses et est devenu écrivain et poète en hébreu et en anglais, vivant à Paris, New York et en Erets Israël. Il est décédé en Erets Israël en 5719-1959.

Beaucoup de ses livres ont des intrigues et des protagonistes centrés sur le Habad, y compris l’un de ses livres les plus connus, Pandre Hagibor (Noach Pandre dans la version yiddish). Dans l’extrait suivant de Pandre Hagibor, l’un des personnages fournit une excellente description de la fonction du Hozer. Ce récit provient d’une œuvre de fiction, mais c’est un portrait historique précis. La figure d' »Itche le Hozer » peut être basée sur le Hozer bien connu de Kopust, Rav Israël Its’hak de Rudniye :

« Tu ne sais même pas qui est Itche le Hozer ? Entre toi et moi – comment connaîtrais-tu le nom d’un érudit comme lui ? Cet Itche était le Hozer du Rabbi de Kopust. Je suis sûr que tu ne sais même pas ce que le terme Hozer signifie ».

« Un Hozer est en partie kabbaliste et en partie émissaire. Il est très proche du Rabbi et transmet toute sa ‘hassidout, et les diffuse dans toutes les saintes communautés des ‘hassidim Habad ».

« Si je devais t’expliquer la signification de Habad, une nuit entière ne suffirait pas. En bref : le Rabbi prononce un enseignement de ‘Hassidout avant la Havdala du Chabbat, et le Hozer l’absorbe dans son esprit, mot pour mot. Des jours et des semaines plus tard, il enseigne les paroles du Rabbi de mémoire, comme s’il lisait directement d’un livre – ligne par ligne, mot pour mot. Pas une seule goutte n’est perdue, car il n’y a pas de mémoire comme la mémoire d’un Hozer ! Il possède un esprit d’un genre unique. Le Rabbi ne peut pas visiter chaque communauté qui a besoin de ‘Hassidout. Alors il envoie le Hozer ».

« Le Hozer voyage de ville en ville, diffusant les enseignements du Rabbi de Kopust aux Anach. Penses-tu que notre guide spirituel, qu’il vive longtemps, voyage à Kopust chaque lundi et jeudi pour entendre un nouveau discours de ‘Hassidout ? Si tu le penses – tu te trompes. Son absence serait déduite de son salaire, et les quelques pièces qu’il recevait du gabbaï, Rav Israël, à la fin de chaque semaine ne lui suffiraient pas ».

« De nos jours, Rav Baruch le Hozer est vivant et en bonne santé. À l’époque dont je te parle, c’était Rav Itche le Hozer. Les Hozrim vont et viennent, mais les enseignements du Habad perdurent éternellement – ils perdureront jusqu’à la venue du Machiah… »