Roch Hachana : Et si le monde n’existait… que pour que tu le changes ?
Cette célébration unique s’est déroulée dans un contexte symbolique fort : tandis que des milliers de coureurs participaient à une course d’endurance dans les rues d’Arnhem, une autre forme d’endurance était honorée à quelques pas de là. Le Rav Jacobs, qui a commencé son service rabbinique en 1975 sous l’autorité du défunt Grand Rav Eliezer Berlinger, a consacré sa vie à servir les communautés juives de onze des douze provinces néerlandaises, devenant par la suite Grand Rav du Grand Rabbinat Interprovincial.
Un demi-siècle au service de la communauté
Le Rav Binyamin Jacobs a débuté sa carrière rabbinique il y a cinquante ans, marquant le paysage juif néerlandais par son engagement infatigable. Successeur du Rav Berlinger, il s’est imposé comme un défenseur inlassable de la vie juive et de l’éducation, tout en devenant une voix prépondérante dans la lutte contre l’antisémitisme.
Lors de son intervention, le Rav Jacobs a tenu des propos particulièrement marquants sur la situation actuelle : « L’antisémitisme n’est plus quelque chose que nous pouvons décrire comme ‘en hausse’. Il est, malheureusement, devenu une réalité. Pourtant, nous ne devons pas rester passifs. Nous devons répondre par l’éducation, l’engagement, et en n’abandonnant jamais le combat. »
Une célébration musicale dans un cadre historique
L’événement, organisé par David Simon, s’est déroulé dans la synagogue d’Arnhem, vieille de 170 ans, transformée pour l’occasion en un véritable auditorium. Le Chœur de la Synagogue d’Amsterdam, dirigé par Ilia Belianko et mené par le Hazzan Sacha van Ravenswade, a empli le sanctuaire de mélodies liturgiques judéo-néerlandaises particulièrement appropriées à l’approche des Hautes Fêtes.
Un moment particulièrement émouvant a marqué la cérémonie lorsqu’un père et ses deux fils ont interprété Avinou Malkénou exactement comme le Rav Jacobs le leur avait enseigné au fil des années. Ils ont commencé par la mélodie traditionnelle néerlandaise avant de passer à l’air de Habad, reflétant symboliquement la personnalité du rabbin : un mélange de rigueur judéo-néerlandaise et de chaleur hassidique authentique.
Des personnalités de premier plan présentes
L’assemblée réunissait un public d’exception, témoignant de l’influence et du respect dont jouit le Rav Jacobs dans la société néerlandaise. Parmi les invités de marque figuraient l’ambassadeur d’Israël Zvi Aviner, l’ambassadeur d’Allemagne Nikolaus Meyer-Landrut, la présidente du Sénat Mei Li Vos, ainsi que plusieurs personnalités politiques comme Pieter Omtzigt, Don Ceder, Gerdi Verbeet, Ullysse Elian et l’ancien ministre Eppo Bruins.
Des maires et des Rabbanim des communautés juives néerlandaises et européennes ont également honoré l’événement de leur présence, soulignant l’importance de cette célébration qui dépasse les frontières communautaires.
Un engagement familial et une vision d’avenir
Dans son discours, le Rav Jacobs a tenu à rendre hommage à sa compagne de route, la Rabbanite Blouma Jacobs-Raskin, soulignant la dimension familiale de leur mission commune. « Ce n’est pas seulement mon jubilé, » a-t-il déclaré. « C’est le nôtre – celui de Blouma et le mien ensemble. Notre mission a toujours été comme une entreprise familiale ; nous sommes dans ce combat ensemble. »
Tourné vers l’avenir, le Rav Jacobs a annoncé que les postes vacants dans le rabbinat sont désormais en cours de pourvoir, garantissant ainsi que la prochaine génération de dirigeants juifs néerlandais continuera à prospérer. Cette annonce revêt une importance particulière dans le contexte actuel de renaissance de la vie juive européenne.
La soirée s’est enrichie d’interventions remarquées de l’historien Prof. Bart Wallet et d’Ellen van Praagh, présidente du Comité Central du Nederlands Israelitisch Kerkgenootschap (NIK). Ces témoignages ont souligné que cet événement constituait non seulement une célébration de cinq décennies de service, mais également une assurance pour un avenir construit sur les fondations que le Rav Jacobs a si fidèlement établies.

































Des annulations qui semblaient catastrophiques
Les jeunes filles de CTeen France avaient attendu ce voyage toute l’année. Elles arrivèrent de Marseille en avion, de Lyon en train, de Lille en voiture, convergeant vers Paris depuis toute la France et au-delà. Mais juste au moment où elles se rassemblaient, valises faites et passeports prêts, la compagnie aérienne annula leurs billets. Les jeunes filles se retrouvèrent bloquées à Paris, sans possibilité d’avancer et sans voyage à entreprendre.
Pour beaucoup, cela aurait pu marquer la fin du voyage. Mais les adolescentes, leurs parents et les Chlou’him étaient clairs : annuler complètement n’était pas une option. L’équipe d’été de CTeen chez Merkos 302 se mobilisa rapidement, avec le Rav Mendy Lepkivker coordonnant l’effort. En seulement deux semaines environ, un itinéraire entièrement nouveau fut créé, emmenant les jeunes filles à travers l’ouest des États-Unis pour un programme rempli de fierté juive, d’apprentissage et d’amitié.
Une seconde annulation qui ouvre des portes inattendues
Le voyage nouvellement conçu devait commencer par un vol de Paris à Boston puis de là vers Las Vegas. Mais dès le premier jour, alors qu’elles étaient à l’aéroport, leur vol fut encore une fois annulé.
Les jeunes filles étaient dévastées, réalisant qu’elles perdraient une journée entière de camp. Les responsables se démmenèrent pour trouver une solution, explorant toutes les options possibles. À un moment donné, il fut même question de prendre un ferry vers l’Angleterre puis un train vers Londres juste pour attraper un autre vol. Mais toutes les portes semblaient fermées. Pendant ce temps, l’aéroport de Paris était dans le chaos, avec des passagers frustrés qui criaient tandis que le personnel de la compagnie aérienne offrait peu d’aide.
Et puis quelque chose de remarquable se produisit.
Le superviseur de la compagnie aérienne remarqua le groupe et fit des commentaires sur la politesse et le respect dont avaient fait preuve les jeunes filles malgré le stress environnant. Il expliqua qu’il y avait un vol privé du personnel qui partait bientôt pour New York. Ce n’était même pas un vol avec des billets publics, juste un transfert ponctuel pour les employés. Mais il pouvait arranger pour mettre le groupe de CTeen France dessus.
Non seulement cela donnait aux jeunes filles un moyen de continuer leur voyage, mais cela signifiait aussi que leur escale était maintenant à New York au lieu de Boston. Ce changement ouvrit la porte à quelque chose de très spécial.
Une visite providentielle au Ohel
Au lieu de rester assises dans un aéroport, le groupe fut récupéré par un bus, emmené directement au Ohel, et eut le temps de prier et de se connecter dans un lieu si significatif.
Pour les adolescentes, c’était leur première fois sur ce site saint, et ce fut une expérience très émouvante. Après leur visite, le bus les ramena à l’aéroport à temps pour leur vol de correspondance vers Las Vegas pour commencer leur aventure dans l’ouest.
Les jeunes filles arrivèrent plus tard que prévu, mais aucune d’entre elles ne se sentait plus contrariée. La chance de visiter le Ohel transforma ce qui avait commencé comme un vol annulé et de la frustration en un moment fort édifiant de leur voyage.
« Nous avions initialement construit le voyage autour d’une visite au Ohel, mais quand le timing ne fonctionna pas, nous pensions que cette opportunité était perdue. Et puis tout ‘alla mal’ : les vols furent annulés, les plans s’écroulèrent. Mais c’est exactement ce qui rendit cela possible. Le Rabbi s’assura que les jeunes filles y arrivent, » dit le Rav Mendy Mottal, directeur de CTeen France. « En regardant en arrière, c’est évident : ce qui ressemblait à des revers faisait en fait partie du plan de D.ieu pour les amener exactement là où elles devaient être. »
Des expériences transformatrices à travers l’Amérique
Une fois aux États-Unis, l’itinéraire des jeunes filles les emmena à travers le Nevada, la Californie et au-delà. À Los Angeles, elles passèrent Chabbat avec Friendship Circle puis rejoignirent ses enfants pour un programme de bénévolat très spécial. Les jeunes filles furent associées à des enfants ayant des besoins spéciaux pour une journée d’amusement, incluant une sortie dans un parc de trampolines et un déjeuner de groupe. Pour les adolescentes, c’était une opportunité de partager chaleur et amitié ; pour les enfants, c’était une journée inoubliable de joie et d’inclusion.
CTeen organisa également un programme séparé pour les garçons au même moment, avec un itinéraire parallèle. Leur voyage commença aussi à Las Vegas, où ils passèrent Chabbat avec le Rav Yossi Shuchat à Habad Or Bamidbar. La connexion entre les garçons séfarades français et la communauté séfarade locale fut immédiate et puissante. Des membres de la communauté, y compris quelqu’un qui avait longtemps été sceptique quant à la continuité juive, furent profondément touchés par l’énergie, la joie et l’esprit des adolescents.
Un local remarqua même après Chabbat : « Après avoir vu ces adolescents, je vois qu’il y a un avenir pour le peuple juif. » Les garçons continuèrent vers l’Utah, l’Arizona et la Californie, forgeant des amitiés et renforçant leur fierté juive en chemin.
Un impact durable sur l’identité juive
« Le Rabbi nous a enseigné que le camp n’est pas juste une belle idée, c’est une expérience cruciale qui reste avec un jeune longtemps après la fin de l’été, » dit le Rav Mendy Kotlarsky, directeur exécutif de Merkos 302. « Pour ces adolescents, spécialement en France, où s’accrocher à la fierté juive peut être un vrai défi, ce programme n’était pas un luxe ; c’était une bouée de sauvetage. Nous savions que quelque chose devait se passer. Et maintenant ils rentrent chez eux plus forts, plus confiants, et prêts à vivre comme des Juifs fiers. »
























Depuis plus d’une décennie, l’association Beyahad développe une méthode révolutionnaire d’accompagnement des enfants ayant des besoins spécifiques. Cette initiative, portée par les Ba’hourim des Chiourim Beth et Guimel de la Yechiva de Brunoy, crée des ponts d’amitié entre adolescents volontaires et enfants différents, offrant une alternative humaine aux approches thérapeutiques traditionnelles.
Un partenariat fidèle avec la Yechiva de Brunoy
La collaboration entre Beyahad et la Yechiva de Brunoy illustre parfaitement l’engagement communautaire dans l’aide aux plus vulnérables. Chaque année, les étudiants des classes supérieures participent activement aux programmes de l’association, bénéficiant du soutien indéfectible de la direction et de Rav Yoel Edelman. Cette partnership durable témoigne de l’importance accordée aux valeurs de solidarité dans l’éducation juive.
Les photos des Ba’hourim en action lors des précédentes éditions révèlent l’investissement sincère de ces jeunes dans leur mission d’accompagnement. Leur participation transforme non seulement la vie des enfants qu’ils accompagnent, mais enrichit également leur propre parcours éducatif.

L’innovation par l’amitié : une approche unique
Contrairement aux structures classiques proposant des services thérapeutiques ou para-médicaux, Beyahad mise sur la dimension relationnelle pure. L’association crée des « Cercles d’Amitié » où l’enfant différent trouve en l’adolescent volontaire un véritable copain, libéré des contraintes professionnelles habituelles.
Cette méthode s’appuie sur des activités variées : visites à domicile, Super Dimanches, séances de piscine, danse, sorties de groupe et préparation des fêtes. Chaque programme vise à créer un environnement dynamisant où l’amour gratuit devient le moteur principal de l’épanouissement.
L’efficacité de cette approche réside dans sa simplicité : les adolescents atteignent ces enfants dans des aspects souvent inaccessibles aux professionnels ou aux familles, renforçant naturellement leur confiance en soi et leur intégration sociale.

Un écosystème complet au service de l’inclusion
Le modèle Beyahad repose sur cinq piliers interdépendants. Les enfants différents constituent le cœur du projet, attendant avec impatience leurs rendez-vous hebdomadaires et les événements spéciaux. Les « Volontaires Beyahad » développent parallèlement leur maturité et leur sens des responsabilités à travers cette expérience formatrice.
Les familles trouvent dans ce dispositif un soutien précieux face aux défis quotidiens, ainsi qu’un espace de partage avec d’autres parents confrontés à des situations similaires. Les amis et bénévoles forment la base logistique indispensable, contribuant financièrement ou par leur temps pour accompagner les activités.
Enfin, le staff professionnel garantit la sécurité et l’éthique du projet, rassurant toutes les familles impliquées quant à la qualité de l’encadrement proposé. Cette structure complète assure la pérennité et la fiabilité de l’initiative, permettant à chaque enfant de bénéficier d’un accompagnement optimal dans un cadre bienveillant et sécurisé.

C’est une nouvelle étape qui s’ouvre pour nos étudiantes, venues de toute la France et de l’étranger (Israël, USA, Canada, etc.) Sur le campus Beth Rivkah, elles entament un chemin passionnant : études approfondies de textes, formation pédagogique, et mise en pratique à travers des projets formateurs et porteurs de vision.
Le Séminaire est un environnement de vie, un laboratoire d’avenir où se forment les éducatrices et les leaders de demain, porteuses de valeurs et d’engagement.
Nous leur souhaitons une année riche d’apprentissage, de croissance personnelle et surtout de rayonnement futur, où chacune pourra affirmer son influence éducative.












La ville de Nikolaïev dont Rabbi Méir Chlomo fut le Rav.
Rabbi Méir Chlomo, le grand père du Rabbi, naquit (semble-t-il) entre les années 1850 et 1855, dans la ville de Nikolaïev.
La ville de Nikolaïev est située sur la rive de la Mer Noire : son port est central car il relie cette ville avec le reste du pays ainsi qu’à des ports situés à l’étranger.
A certaines époques, les Juifs n’eurent pas le droit d’y habiter, sauf un : Reb Sender Raphaélovitch. C’était un architecte réputé et comme il s’occupait des structures portuaires, les autorités lui avaient permis de résider dans la ville avec ses ouvriers.
Ce Juif au bon cœur utilisa cette permission pour faire figurer sur la liste de ses ouvriers de nombreux Juifs. Ce fut lui qui invita Rabbi Avraham Lavout, que son mérite nous protègele père de la mère de Rabbi Méir Chlomo à devenir le Rav de la ville. C’est ainsi que, sous la direction de Rabbi Avraham David, la communauté juive se développa à Nikolaïev au point que, par la suite, elle devint un bastion de la ‘Hassidout ‘HaBaD et elle vit grandir de nombreuses personnalités marquantes de ce mouvement, comme par exemple le Rachbatz et d’autres.
Durant près de cent ans, les ancêtres du Rabbi furent les Rabbanim et les décisionnaires de la ville de Nikolaïev, célèbre pour sa piété et c’est là que naquit celui qui devait par la suite devenir le chef de la génération, le Rabbi.
Ses ancêtres
Le premier Rav de la ville de Nikolaïev fut Rabbi Avraham David Lavout, que son mérite nous protège, auteur des livres « Kav Naki », « Chaar Hakolel », « Beth Aharone Vehossafot », « Netiv Ha’haïm », « Pisské Péri Méguadim » ainsi que de nombreux autres ouvrages importants et célèbres. Il fut nommé Rav de la ville aux environs de l’année 1850.
Une brève biographie a été écrite par le Rabbi (en introduction au livre « Kav Naki ») qui raconte entre autres :
« Il était le Rav du village de Romanovka. En 1844-1845, le Rabbi Tséma’h Tsédek y avait fondé un Kollel pour jeunes gens sous la direction de Rav Avraham David. A l’âge de 35 ans environ, il fut nommé Rav de la communauté de Nikolaïev, poste qu’il occupa durant quarante ans, jusqu’à son dernier jour… Rav Avraham David décéda le lundi 18 Adar 1890 dans la ville de Nikolaïev et c’est là qu’il est enterré ».
Rabbi Méir Chlomo – que son mérite nous protège – était le fils du Gaone, Rabbi Israël Leïb Yanovski qui était le directeur de la Yechiva de Romanovka et de la Rabbanit Beïla Rivka, la fille du ‘Hassid Rabbi Avraham David Lavout, le Rav de Nikolaïev.
Cette Yechiva de Romanovka était très connue ainsi que le signale le Rabbi dans son introduction du livre « Kav Naki » : « Les élèves y accourraient de près comme de loin ». Dernièrement on a découvert (comme c’est relaté dans les magazines Kfar ‘HaBaD n 948 et 956) des livres de questions et réponses hala’hiques de Rabbi Israël Arié Leïb Halévi de Romanovka, datées du 8 Éloul 1883, qui sont imprimées dans le fascicule « Yagdil Torah » n 9, alinéa 125 et qui furent édités dans la ville d’Odessa.
Le couple eut quatre fils :
L’aîné : Rav Méir Chlomo (auquel est consacré ce fascicule)
Rav Mena’hem Mendel qui était Cho’het dans la ville de Krémentchoug
Rav Eïzer qui était Rav de la ville de Krivoï Rog, dans la province de ‘Harsonne.
Rav Moché qui était commerçant à ‘Harsonne
et six filles :
Feiga
‘Hava
Dina
Moussia
Odel
Mindel
Le père, Rav Israël Leïb décéda apparemment en 1884 ou 1885.
Son éducation et sa position dans le ville de Loubavitch
Alors qu’il était encore très jeune, Rav Méir Chlomo fut élevé dans la maison de son grand père, Rav Avraham David Lavout qui l’éleva comme son propre fils. On suppose que c’est parce qu’il était devenu orphelin très jeune mais, dernièrement (Kfar ‘Habad n 956), on a appris, grâce au Rav Oberlander, que Rabbi Israël Arié Leïb – le père de Rabbi Méir Chlomo – assista à son mariage et mérita de connaître plusieurs de ses petites filles (qui naquirent avant ses petits fils qui portèrent son nom), comme la Rabbanit ‘Hanna. Il semble donc que si le grand père éleva Rabbi Méir Chlomo, ce soit dû au fait que Rabbi Israël Arié Leïb lui-même désira que son fils soit élevé et éduqué par son illustre grand père, Rabbi Avraham David.
Dans l’introduction de la biographie citée ci-dessus, le Rabbi écrit : « Rabbi Avraham David prit avec lui le fils aîné de sa fille Beïla Rivka, Rabbi Méir Chlomo, et l’éleva comme son propre fils dans sa maison. Avant sa mort, il laissa une lettre adressée aux notables de la ville de Nikolaïev leur enjoignant de nommer le fils de sa fille comme Rav de la ville car il était pour lui comme son propre fils. Effectivement, Rabbi Méir Chlomo se distingua par ses grandes connaissances talmudiques, sa piété et ses qualités remarquables. Comme son grand père, il aimait la paix et fuyait les honneurs ; les notables de la ville s’empressèrent de se conformer à cette dernière volonté ».
Rabbi Méir Chlomo était un ‘Hassid dévoué corps et âme à ses Rébbéim, Rabbi Chmouël et Rabbi Chalom Dov Ber de Loubavitch.
Dans de nombreuses Si’hot, le Rabbi rapporte qu’après son mariage, son grand père comptait parmi les « Yochevim », c’est-à-dire les jeunes gens mariés qui avaient le privilège de rester étudier plusieurs années auprès du Rabbi MaHaRaCh à Loubavitch. Pendant cette période, il ne s’occupait que d’étudier (Niglé et ‘Hassidout) et de prier. Rabbi Méir Chlomo resta environ sept mois (ou un an) à Loubavitch.
Dans d’autres occasions, le Rabbi raconta ce que lui avait rapporté son grand père, Rabbi Méir Chlomo sur ce qu’il avait remarqué chez le Rabbi MaHaRaCh.
Voici ce que raconta le Rabbi : « Mon grand père faisait partie des « Yochevim » auprès du Rabbi MaHaRaCh durant quelque temps puis il s’installa à Nikolaïev, une ville dont les habitants s’opposaient – au début de la prise de fonction du Rav – à tout ce qui concerne la ‘Hassidout.
« Quand il évoquait devant eux le Rabbi MahaRaCh et sa façon de se conduire, certains vinrent le voir avec un argument très précis : Comment se faisait-il que le Rabbi portait sur lui deux montres en or ? Comment se permettait-il d’utiliser de l’or ? Quand il écrivait ou signait, il utilisait une plume ou un crayon recouverts d’or ; sa boîte à tabac était également recouverte d’or !
« Nous nous trouvons en exil et on peut utiliser l’or et l’argent pour la Tsedaka mais comment peut-on se permettre un tel luxe et utiliser de l’or même pour des objets de tous les jours, pas même de Chabbat ?
« Mon grand père écouta tous ces arguments avec patience puis s’écria : « Sot ! Pour qui crois-tu que l’or et l’argent ont été créés : pour les non Juifs ? Ou peut-être – Lehavdil pour des Juifs comme toi et moi ? Le Saint Béni soit-Il a créé l’or dans le monde afin qu’un Juif Tsadik s’en serve ! Sinon, il n’y aurait aucune justification à l’existence de l’or ! »
A propos de son attachement au Rabbi MaHaRaCh, nous en trouvons mention dans la Si’ha de Rabbi Yossef Yits’hak dans laquelle il raconte (Séfer Hassi’hot – été 1942 p. 149) : « En hiver 1891, le Chabbat Parachat Terouma, mon père, le Rabbi prononça le discours ‘hassidique : « Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux ». Ce Chabbat là, Rabbi Méir Chlomo était venu de Nikolaïev… »
Dans le Séfer Hassi’hot (1943 – page 157), il est encore raconté : « Le Chabbat Parachat Chemot, étaient venus Rav Méir Chlomo avec Rav Achère Grossman de Nikolaïev… »
De même le Rabbi raconte (dans une Si’ha de Chabbat Vayéle’h, le 6 Tichri 1989 – Séfer Hassi’hot page 45) à propos des Maamarim du Rabbi MaHaRaCh qui étaient parvenus à son grand père, Rabbi Méir Chlomo : « La personne dont on célèbre le Yahrzeit – (la Rabbanit ‘Hanna – note de l’éditeur) dès son plus jeune âge, avant son mariage, alors qu’elle était dans la maison de son père Rabbi Méir Chlomo Halévi Yanovski, le Rav de Nikolaïev (une des villes importantes qui, à une certaine époque, était un bastion de la ‘Hassidout ‘HaBaD, s’occupait entre autres à recopier les Maamarim du Rabbi MaHaRaCh, de mémoire bénie. Elle le faisait soit par écrit, soir par oral grâce à un « ‘Hozère » (un ‘Hassid doué d’une très bonne mémoire qui pouvait répéter par cœur les Maamarim qu’il avait entendus). Elle agissait ainsi de sa propre initiative car elle désirait œuvrer pour la diffusion de la ‘Hassidout ».
Doué pour le chant ‘hassidique
Rabbi Méir Chlomo était également connu pour être un chanteur extraordinaire, doué d’une très grande intuition pour la mélodie. Quand il chantait, on était profondément pénétré au point que même un cœur de pierre aurait fondu en extase. On connaît particulièrement le chant appelé « Vollo’h » : un chant de bergers qui provient de la région orientale de Vollo’h et que Rabbi Méir Chlomo chantait fréquemment (voir le Séfer Hanigounim, 1ère partie, pages 19, chant n 203).
Le regretté Rav Yehouda Leïb Raskin raconta : « A Sim’hat Torah 1960, après que le Rabbi nous ait enseigné la mélodie Ra’hamana Déani, je suis entré chez la Rabbanit ‘Hanna, la mère du Rabbi, et elle me demanda quelle mélodie le Rabbi avait enseignée. Je répondis Ra’hamana Déani. Elle me demanda de le chanter encore et encore et je m’efforçai de le faire bien qu’il fût nouveau pour moi et que je ne le connaisse pas très bien. Cependant elle l’avait reconnu de suite et elle déclara, émue : « C’est le chant de mon père, Rabbi Méir Chlomo, de mémoire bénie ! »
Dans le livre racontant la biographie de Rabbi Lévi Yits’hak (1ère partie, page 72 et suivantes), il est raconté au nom de Rav Avraham David Yanovski : « Un jour, un émissaire particulier arriva chez Rabbi Méir Chlomo et lui raconta que son gendre, Rabbi Lévi Yits’hak, qui habitait à Yékatronislav, était cloué au lit à cause d’une forte inflammation des poumons. En entendant cela, Rabbi Méir Chlomo s’enflamma, mit son pied sur la chaise et se mit à chanter le fameux chant des bergers, Vollo’h, d’une façon particulièrement suave et enthousiaste. Quand il termina le chant, il déclara de façon très sérieuse : « Si, que D.ieu préserve, quelque chose avait été décrété contre lui, je désire prendre sa place ! »
Dans les « Rechimot » (fascicule 14 page 14), dans son journal du mois de Tichri 1933, le Rabbi évoque une mélodie du Rabbi MaharaCh et son origine et, entre autres, mentionne : « Je l’ai apprise de mon grand père, qu’il vive longtemps ».
Rav de la ville
De toutes les villes de la région, on s’adressait à Rabbi Méir Chlomo avec des questions variées, entre autres des problèmes commerciaux et des questions liées à la politique du gouvernement du Tsar de l’époque.
Dans le livre de Questions et Réponses « ‘Hazone Lamoëd » du Gaone Rav Morde’hai Dov Eidelberg qui était Rav dans le Beth Din de Rabbi Méir Chlomo à Nikolaïev, il rapporte plusieurs remarques de Rabbi Méir Chlomo : « Mon ami le Gaone Rav Méir Chlomo m’a fait remarquer que ce jugement est évoqué dans … » ou encore : « A ce propos, le Gaone Rav Méir Chlomo Yanovski apporte la preuve que… » ou encore : « Après quelque temps, mon ami le Gaone Rav Méir Chlomo Yanovski m’a montré dans le livre Chéélot Outechouvot… »
Dans le livre Kérem Israël (Piétrkov 1929), le Gaone, Rav Israël Halévi Borenstein, président du tribunal Rabbinique de Plounsk (et qui fut pendant un certain temps membre du Beth Din de Nikolaïev), dans le fascicule Mekorot Israël qu’il édita au début de son livre, raconte longuement les souffrances du peuple juif en Russie et écrit entre autres :
« Nous avons décidé – en 1929 – de quitter la ville et de nous installer à Nikolaïev. Nous avons subi de nombreux problèmes et de nombreux contretemps jusqu’à ce que nous ayons pu atteindre la ville, un vendredi. Après avoir résidé dans cette ville pendant trois mois, j’ai été élu membre du Comité de la communauté orthodoxe ; grâce à cela, j’ai été élu membre du Comité directeur à la tête duquel siégeait Rav Chmouël Schneersohn, gendre du Rav Méir Chlomo Yanovski. Ensemble, nous avons œuvré pour le développement religieux de la communauté, jusqu’à mon départ.
« La communauté m’octroyait un salaire grâce aux revenus de la Ché’hita (abattage rituel) comme pour le salaire des Rabbanim qui m’avaient précédé, Rav Méir Chlomo Yanovski et Rav Morde’hai Dov Eidelberg (auteur du livre « Hazone Lamoëd déjà mentionné). »
Plusieurs fois, le Rabbi le mentionne avec les titres : « Le Rav, le Gaone, le Rav, le Tsadik etc. Rav Méir Chlomo, qu’il repose en paix, que sa mémoire nous protège ». (Si’ha corrigée Parachat Véyéle’h 1989 ainsi que dans une note ajoutée à une lettre collective, imprimée dans le Séfer Hassi’hot 1991, seconde partie, p. 877).
La Rabbanit ‘Hanna, que son mérite nous protège, évoqua une fois son père devant Rav Dov Ber Younick ; elle souligna le fait que, à part son érudition en Torah et ‘Hassidout, il était aussi imprégné d’une profonde crainte de D.ieu et en donna un exemple : « Avant la fête de Souccot, mon père vendait des Éthroguim (pour compléter le petit salaire qu’il recevait de la communauté en tant que Rav). Quand un acheteur potentiel se présentait et avait déjà choisi son Éthrog, mon père lui suggérait de le vérifier encore une fois pour s’assurer qu’il était bien cachère et parfait, que le Pitom était entier etc. bien que cela signifiât qu’il lui resterait beaucoup de Éthroguim invendus. Cependant pour lui, l’essentiel était que ses clients possèdent les plus beaux Éthroguim ».
Dans de nombreuses lettres du Rabbi RaChaB et de Rabbi Yossef Yits’hak, nous trouvons des lettres adressées à Rabbi Méir Chlomo à propos de son action et de ses efforts en faveur du Kollel ‘HaBaD pour les nécessiteux de Éretz Israël puis, par la suite, pour la Yechiva Tom’hé Tmimim qui avait été construite entre-temps à Loubavitch.
Ses descendants
Rabbi Méir Chlomo eut trois filles et un fils :
La Rabbanit ‘Hanna qui épousa le Gaone, le Mekoubal Rabbi Lévi Yits’hak et qui devint la mère du Rabbi. Leurs biographies sont relatées dans les livres Toledot Rabbi Lévi Yits’hak (en trois volumes) et Em Beisraël ainsi que dans les livres Yemé Méle’h.
Myriam Guittel qui épousa, le 1er Éloul 1911, Rav Chmouël Schneersohn, frère de Rabbi Lévi Yits’hak : elle n’eut qu’un fils, appelé Mena’hem Mendel.
C’est à propos de cette union (deux frères avec deux sœurs) que le Rabbi RaChaB écrivit (p. 823) : « Si un Rav est d’accord, elle pourra accepter la suggestion. Il convient que les deux couples habitent dans des villes différentes. Que D.ieu fasse que cela se passe avec succès, matériellement et spirituellement ».
Dans une lettre datée du 13 Éloul 1949, le Rabbi écrivit : « Mon père, mon maître ainsi que mon oncle avaient épousé deux sœurs sur le conseil du Rabbi RaChaB, que son mérite nous protège, avec la recommandation qu’ils n’habitent pas dans la même ville…
Rabbi Chmouël, comme son beau père et le grand père de celui-ci devint Rav de Nikolaïev ainsi qu’en témoigne le Rabbi dans une lettre datée du 7 Kislev 1948 (dans le second volume) : « Le Rav, le Gaone Rav Chmouël Schneersohn, président du Tribunal Rabbinique de Nikolaïev ainsi que son épouse Mme Myriam Guittel ».
Nous avons mentionné plus haut les notes de Rav Israël Borenstein dans lesquelles il est mentionné que Rav Chmouël Schneersohn était à la tête du Comité de la communauté orthodoxe de Nikolaïev. Bien que ceci ne soit pas très clair, il semblerait d’après ces notes, que Rabbi Chmouël Schneersohn ait été le Rav de la ville de 1920 à 1928, sans doute à la mort de son beau père Rabbi Méir Chlomo.
Dans le livre « Toldot ‘HaBaD Beroussia Hassoviétit » est imprimée la liste des Rabbanim et des responsables communautaires qui participèrent au grand Congrès de Korastine qui se déroula en ‘Héchvane 1927 : il y est mentionné la participation de Rav Chmouël Schneersohn de Nikolaïev.
De même dans l’une des notes de Rabbi Yossef Yits’hak de l’année 1930 (imprimée dans Yemé Méle’h, 1ère partie, page 328) il est mentionné : « Une lettre à mon gendre, Rabbi Mena’hem Mendel -(le Rabbi – note de l’éditeur), à son père (Rabbi Lévi Yits’hak) et son oncle (Rabbi Chmouël) afin qu’ils agissent en harmonie avec Razine ». De là on comprend que les deux frères agissaient de concert pour tout ce qui concernait la diffusion de la Torah et Rabbi Yossef Yits’hak leur demandait par l’intermédiaire du Rabbi -d’agir avec le Dr. Razine, le célèbre responsable du Joint.
On a appris dernièrement, à propos du décès de la Rabbanit Myriam Guittel – par l’intermédiaire de sa belle fille, l’épouse de Rav Mena’hem Mendel, Madame Génia : « Elle décéda après une longue et douloureuse maladie le 20 Kislev 1940, du vivant de sa mère, la Rabbanit Ra’hel Yanovski, la grand-mère du Rabbi. A la mort de son épouse à un âge si jeune, Rav Chmouël était brisé et bouleversé ».
Leur fils, Rav Mena’hem Mendel reçut de nombreuses lettres de son cousin, le Rabbi. Dernièrement, on a découvert dans les Rechimot, la lettre qu’il lui envoya à l’occasion de sa Bar Mitsva :
« Le 28 Éloul – Riga
Mon cher cousin, le fils de mon frère Mena’hem Mendel,
A l’occasion de ton treizième anniversaire, du jour de ta Bar Mitsva, je désire bavarder un peu avec toi, comme si nous étions assis ensemble et que nous pouvions nous parler face à face. Jusqu’à ce que nous puissions nous revoir, je suis obligé de te transmettre mes paroles par écrit et j’espère que d’ici peu, après que tu aies étudié ce que je t’écris, tu me répondras par écrit ou par oral, tes commentaires sur ce que je t’écris, ainsi que tout ce que tu en penses et les idées que cela te donne… »
Et le Rabbi conclut sa lettre :
« Que D.ieu fasse qu’à partir du jour de ta Bar Mitsva, tu ailles en augmentant et en progressant. Sois fidèle à tout ce qui est saint pour nous, garde et protège tout ce qui nous est cher. Sois un exemple pour tous dans ta vie et dans tes voies, pour la gloire et l’honneur parmi nous et sois un Gaone dans notre famille.
Dans une note de l’éditeur : « Le fils de mon frère : comme il est écrit dans Yebamot (17 :2) : Comme Loth à propos duquel il est écrit : « Nous sommes des frères », car même le frère du père est appelé frère. Le corollaire est à remarquer à propos de la reine Esther : il est écrit explicitement qu’elle était la fille de son oncle ; or de nombreux commentateurs précisent qu’elle était la fille de son frère, que (Morde’hai) était donc son oncle ».
Rabbi Mena’hem Mendel et son épouse, Madame Génia se marièrent à Odessa le 13 Tévet 1941. Le Messader Kidouchine était le père du marié, Rabbi Chmouël Schneersohn, de mémoire bénie.
Après l’incarcération de Rabbi Lévi Yits’hak et son départ en exil au Kazakstan, son frère Rabbi Chmouël lui envoyait des colis de nourriture. Madame Génia se souvient encore aujourd’hui de son adresse en exil car c’était elle qui apportait les paquets à la poste.
Le ‘Hassid Rav Chmouël Schneerson fut également arrêté par les autorités soviétiques et, le 4 Tamouz 1941 fut condamné à trois ans d’exil dans la ville de Tomsk, en Sibérie. Au bout d’un an et demi, en Adar 1 de l’année 1943, il fut libéré de son exil à cause de sa faiblesse et de ses problèmes cardiaques. Après sa libération, Rabbi Chmouël arriva dans la maison de son fils, Mena’hem Mendel, qui habitait alors dans la ville de Tcherdzov en Turkménistan. Quand les Allemands s’étaient apprêtés à envahir l’Ukraine, Mena’hem Mendel et sa famille s’étaient enfuis là bas.
Éttil, épouse de Rav Zalman Mariachine. En 1942, elle s’enfuit devant l’avance allemande vers la ville de Offa, en Russie et c’est là qu’elle décéda.
Israël Leïb, de mémoire bénie. Il mourut très jeune du typhus à l’âge de 15 ans, en 1901, un an avant la naissance de son neveu, le Rabbi chef de notre génération. La mort de ce jeune homme causa une très grande peine à Rabbi Méir Chlomo et le Rabbi RaChaB lui envoya immédiatement une lettre de condoléances (imprimée dans le livre des Lettres du Rabbi RaChaB – 1ère partie page 252). Au début il écrit :
« Veille du Chabbat Kodech 9 Nissan 1901 – Worriassabène
A mon ami, le célèbre et honoré Rav, qui a la crainte de D.ieu etc.
Méir Chlomo, qu’il vive longtemps
J’ai entendu de notre ami commun, Rav Achère, (Cho’het Oubodeck) que vous souffrez et soupirez beaucoup, que D.ieu nous en préserve, au point que vous vous affaiblissez et que vous n’avez plus la force de vous occuper de quoi que ce soit… »
(Rav Achère Grossman de Nikolaïev est réputé pour certains de ses Nigounim (mélodies ‘hassidiques) mais aussi pour s’être tenu à la droite du Rabbi RaChaB quand celui-ci annota le Tanya et le Likouté Torah. Il était un ami proche de Rabbi Méir Chlomo (comme on peut le lire dans Toldot Rabbi Lévi Yits’hak, 1ère partie, p. 102 et suivantes).
Dans la lettre, Rabbi Chalom Dov Ber écrit longuement à propos de la façon dont il convient d’accepter les épreuves et la nécessité de s’éloigner de la tristesse etc. C’était alors juste avant la fête de Pessa’h et le Rabbi lui conseillait d’étudier durant les premiers jours tout le long « Hemchè’h Veka’ha » et ceci « avec son gendre » (Rabbi Lévi Yits’hak, le père du Rabbi).
Le mariage de Rabbi Lévi Yits’hak et de la Rabbanit ‘Hannah
C’est dans cette maison que naquit la Rabbanit ‘Hanna. Dans sa jeunesse, elle reçut une chaude éducation ‘hassidique par son père, le Rav Méir Chlomo et sa mère, la Rabbanit Ra’hel, ainsi que par son illustre grand père, Rabbi Avraham David qui décéda quand elle avait 10 ans, en 1890.
La Rabbanit ‘Hanna hérita de nombre des qualités extraordinaires de son père ainsi que de son ouverture d’esprit et de sa gentillesse.
Quand Rabbi Lévi Yits’hak eut l’âge de se marier, le Rabbi RaChaB proposa la Rabbanit ‘Hanna, la fille de Rabbi Méir Chlomo.
Après que la date du mariage eut été fixée au 13 Sivane 1900, la jeune fille tomba gravement malade et son père voulut retarder le mariage. Il envoya pour cela un émissaire au Rabbi RaChaB pour obtenir son accord pour le report. Mais le Rabbi RaChaB refusa et donna sa bénédiction pour que tout se passe pour le mieux, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Effectivement, le mariage se déroula à la date prévue, le 13 Sivane 1900, dans la maison d’un notable de la ville, M. Brichkovski, de mémoire bénie.
Trois mois auparavant, Roch ‘Hodech Adar Chéni, le Rabbi RaChaB avait envoyé une lettre au Rav Achère de Nikolaïev, l’ami de Rabbi Méir Chlomo, le père de la fiancée, dans laquelle il lui disait entre autres (Second volume des Lettres – p. 106) : « Je ne comprends pas qu’il ne mentionne rien au sujet de la fille de notre ami, Rav Méir Chlomo, et je lui serais reconnaissant qu’il me tienne au courant le plus rapidement possible ; que D.ieu lui envoie une prompte guérison, parmi tous les malades du peuple juif »
A l’approche du jour du mariage, le Rabbi RaChaB révéla à Rabbi Lévi Yits’hak, le fiancé, certaines préparations spirituelles en prévision du foyer éternel qu’il s’apprêtait à bâtir ainsi que l’écrivit Rabbi Lévi Yits’hak à son fils, le Rabbi avant le mariage de celui-ci (Lettres 3ème partie – page 106) : « Quand tu te tiendras sous la ‘Houppa (le dais nuptial), réfléchis tout le temps à la crainte de D.ieu. C’est ce que m’avait recommandé le Rabbi – de mémoire bénie, que son mérite nous protège, avant mon mariage ». (Likouté Lévi Yits’hak – Lettres).
En plus du télégramme que le Rabbi envoya avant le mariage, il envoya encore une lettre quelques semaines après le mariage au père du fiancé, Rabbi Barou’h Chnéour (Lettres – 3ème partie – page 136), à la date du mardi 6 tamouz 1900 :
« Du fond du cœur, je le félicite avec ma bénédiction de Mazal Tov pour le mariage de son fils Lévi Yits’hak, qu’il vive longtemps. Que D.ieu fasse que leur union dure longtemps et se déroule de façon agréable, matériellement et spirituellement, avec la réussite dans tous les détails, avec des enfants bénis de D.ieu selon la volonté de nos ancêtres, les saints Rébbéim, que leur mérite nous protège. Que le Rav obtienne d’eux une grande satisfaction selon son désir dans tous les domaines. Du fait de mes nombreuses occupations, cette lettre a été retardée jusqu’à maintenant mais vous avez certainement reçu le télégramme en temps voulu… »
Après le mariage, Rav Lévi Yits’hak resta auprès de son beau père, le Rav de Nikolaïev à peu près dix ans et il étudiait la Torah jour et nuit. (On raconte plusieurs histoires quant à sa conduite auprès de son beau père durant cette période dans les livres Toldot Lévi Yits’hak, Yemé Méle’h et d’autres).
Rav Chmouël Grossman raconte : « Rabbi Méir Chlomo étudiait avec moi à 5 heures du matin. Plus d’une fois, il me fit remarquer comment son gendre, Rabbi Lévi Yits’hak se préparait à aller dormir après qu’il ait étudié la Torah toute la nuit ».
Avec son petit-fils, le Rabbi
C’est pendant ces années où il habitait chez son beau père que naquit son fils aîné, le Rabbi, le 11 Nissane 1902.
La Brit Mila eut lieu le 18 Nissane, quatrième jour de ‘Hol Hamoëd Pessa’h (qui est également le jour de l’anniversaire de Rabbi Lévi Yits’hak). On raconte que le ‘Hassid, Rav Achère, le Cho’het de la ville de Nikolaïev était invité au repas. Cependant, comme il était particulièrement scrupuleux et – selon la tradition ‘hassidique – ne mangeait pas en dehors de chez lui, il ne goûta à rien. Rabbi Méir Chlomo le remarqua et en fut attristé mais il déclara : « De fait, je serais en droit d’être vexé et de vous en vouloir car, chez moi, vous pouvez manger sans crainte. Mais que puis-je faire ? Un jour, vous m’avez sauvé la vie ! »
Voilà ce qui s’était passé : un jour, Rabbi Méir Chlomo avait contracté la maladie du typhus – une maladie mortelle à l’époque, car on n’avait pas encore trouvé de remède efficace. Afin d’éviter la contamination d’autres personnes, les malades étaient envoyés de force par les autorités sanitaires dans des camps fermés, loin de la ville, sans médicaments. De fait, les malheureux souffraient terriblement jusqu’à leur mort inévitable dans ces conditions, que D.ieu nous en préserve. Seul le médecin était autorisé à leur rendre visite une fois par jour et à leur donner des médicaments qui ne faisaient qu’alléger un peu leurs douleurs. Personne d’autre n’avait le droit de les réconforter et de les aider dans leurs derniers moments sur terre tant était grande la crainte de la contagion.
Dès qu’on eut constaté son état, Rabbi Méir Chlomo fut lui aussi amené sans ménagements dans ce véritable mouroir, sans aucun espoir d’en sortir vivant.
Quand son plus proche ami, Rav Achère Grossman apprit la nouvelle, il se précipita en dehors de la ville avec un livre de Tanya sous le bras. Comme il n’était pas autorisé à entrer dans la chambre du malade ni même de se tenir à sa porte, il se tint debout non loin de sa fenêtre et se mit à lire à voix haute le Igrot Kodech 11 « Leaskilera Bina » dans lequel il est expliqué que rien de mauvais ne provient de D.ieu : l’homme doit se réjouir à chaque instant en plaçant sa confiance en D.ieu qui désire le combler de bienfaits à tout instant ; le croyant ne ressentira aucune souffrance car tout est pour le bien, véritablement et entièrement etc.
Après avoir achevé sa lecture, Rav Achère rentra chez lui sans avoir pu voir son ami mais il revint ainsi chaque jour, durant trente jours sans interruption, pour lire à voix haute ce chapitre.
Rabbi Méir Chlomo lui-même raconta par la suite que, dès la première lecture, il avait senti une petite amélioration de son état. Progressivement, il s’était renforcé et, au bout de trente jours dans cet enfer, il avait été déclaré guéri et avait pu en sortir, VIVANT !
On demanda un jour au Rabbi s’il avait eu un Pidione Habène (rachat du premier né) mais il s’avéra que cela n’avait pas été nécessaire puisque sa mère, la Rabbanit ‘Hanna, était une Bat Lévi !
Il y a plus de vingt ans, quelqu’un a fait remarquer qu’aucun des Rébbéim n’avait eu besoin de Pidione Habène, sauf Rabbi Chnéour Zalman et le Rabbi Tséma’h Tsédek. A propos de Rabbi Yossef Yits’hak, Reb Rephoël Cohen écrivit dans le livre Chemouot Vessipourim qu’il y avait un doute quant au fait qu’il soit un aîné (selon les paroles de la Rabbanit Sterna Sara qui, interrogée une fois par la fille aînée de Rabbi Yossef Yits’hak refusa de répondre à cette question).
(Cependant, sur la Matséva – pierre tombale – de la Rabbanit ‘Hanna, le nom de son père est mentionné mais sans aucune allusion au fait qu’il fût un Lévi… Ceci n’est pas non plus mentionné dans l’introduction du livre « Kav Naki »)
Il semble que, dans sa tendre enfance, le petit fils étudia et fut élevé en partie par son illustre grand père qui imprima sur lui son empreinte.
Même par la suite, quand Rabbi Lévi Yits’hak fut nommé Rav de Yékatronislav, le lien entre le petit fils et le grand père ne fut pas coupé. On connaît la note écrite par le Rabbi au début du « Hadrane » en l’honneur de sa grand-mère (Séfer Hassi’hot 1990 – 1ère partie) :
« 24 Tichri – jour du Yahrzeit de ma grand-mère – que D.ieu venge son sang, épouse du Rav, le Gaone etc. Rav Méir Chlomo Yanovski (Nikolaiëv). Quelques semaines avant la fin de l’été, durant plusieurs années je restai à Nikolaïev et elle s’occupait de moi etc ».
Cette note a été écrite par le Rabbi à propos de sa grand-mère, mais de là on comprend qu’il avait certainement davantage encore de contact avec le Rabbi Méir Chlomo. Même après le départ du Rabbi de Nikolaïev – aux environs de l’année 1909 – il continua de se rendre de temps en temps chez son illustre grand père dont il reçut une influence bénéfique.
Le mariage du Rabbi
Dans le livre Toldot Lévi Yits’hak (seconde partie – page 385) il est raconté au nom du regretté Rav Yits’hak Goldschmidt qui était Cho’het à Yékatronislav et qui se trouvait souvent dans la maison de Rabbi Lévi Yits’hak : « Dans la maison de Rabbi Lévi Yits’hak, on fêta ce soir-là (le 14 Kislev 1928) le mariage du Rabbi, dans les moindres détails – bien que le mariage se déroulât à Varsovie… Il y avait même des instruments de musique.
« Au moment du repas, après quelques verres de vodka…, Rabbi Lévi Yits’hak demanda à son beau père, Rabbi Méir Chlomo, de danser avec sa fille (la Rabbanit ‘Hanna) en guise de « Mitsva Tanz ». Rabbi Méir Chlomo refusa jusqu’à ce que Rabbi Lévi Yits’hak s’écria d’une voix forte : « Je vous l’ordonne ! ». Alors Rabbi Méir Chlomo s’exécuta et dansa avec sa fille ».
Cependant, dans Likouté Si’hot 34ème volume – page 291), en réponse à Rav Gavriel Tzinner (auteur des réponses hala’hiques Néta Gavriel) qui, après avoir lu cet épisode, avait demandé pourquoi chez Loubavitch on n’a pas l’habitude de faire Mitsva Tanz dans les mariages, le Rabbi écrit : « Je n’ai pas entendu parler de cela – mais celui qui voit concrètement à quoi aboutit cette habitude de nos jours dans certains mariagesen comprend la raison ».
Par la suite, on peut voir ce qu’en écrit la Rabbanit ‘Hanna elle-même à propos de cette soirée : « Le Rav (Rav Lévi Yits’hak) dansa avec son beau-père (Rabbi Méir Chlomo) et son frère pendant très longtemps et les gens les regardaient danser tandis que les larmes coulaient de tous les visages. Personne ne pouvait s’empêcher de pleurer. Telle était la joie qui régnait alors ».
Dans une lettre qu’écrivit le Rav, le ‘Hassid, Rav Chmouël Schneersohn à propos de son frère, en date du 17 Kislev, il décrit comment se déroula le mariage dans la maison de Rabbi Lévi Yits’hak et conclut : « Voici en bref comment se déroula la journée chez nous et nous allons encore célébrer les sept jours de festin et c’est pour cela que je suis resté jusqu’au lundi ainsi que mon beau père (Rabbi Méir Chlomo) et ma belle-mère (la Rabbanit Ra’hel) ».
Son décès
Rabbi Méir Chlomo décéda le 23 Éloul et fut enterré à Nikolaïev. Ce cimetière fut détruit par les Soviétiques – que leur nom soit effacé ! – et, à sa place, ils construisirent un parc, que D.ieu nous en préserve !
Dans le calendrier de l’année 1946, le Rabbi a noté la date du 23 Éloul comme « le jour de mon grand père, le Rav Méir Chlomo ».
Le Rabbi avait l’habitude tous les ans, de réciter le Kadich ce jour là mais les premières années, on ignorait pour qui c’était. Ce n’est qu’en 1986 que le Rabbi en révéla la raison et prononça même une Si’ha en cette occasion à propos de son grand père.
On estimait qu’il décéda en 1937 mais dernièrement on apprit que c’était en 1933 : dans les Rechimot (fascicule 14 page 14), dans le « journal » de Tichri 1933, le Rabbi écrit à propos d’une mélodie du Rabbi MaHaRaCh et de son origine. Il écrit alors la phrase suivante : « Je l’ai appris de mon grand père, qu’il vive longtemps ». Il était donc encore vivant à ce moment-là.
De même dans le numéro 834 du magazine Kfar ‘HaBaD (page 28), on trouve une lettre envoyée par Rabbi Méir Chlomo au Rabbi à la date du 24 Éloul 1930.
Finalement, on est obligé de trancher d’après une lettre écrite par Rabbi Chmouël Schneersohn, l’oncle du Rabbi et qui était aussi le gendre de Rabbi Méir Chlomo Yanovski : cette lettre a également été imprimée dans Kfar ‘HaBaD (718, page 112) et est datée de la veille de Yom Kipour 1933 : « J’ai subi une grande perte car mon beau père, le Gaone (Rav Méir Chlomo) est décédé la semaine précédant Roch Hachana. Quel malheur ! Ah, ceux qui partent et ne sont pas oubliés ! C’était un véritable Tsadik, que D.ieu nous console parmi tous les endeuillés de Tsione et de Yerouchalayim et qu’Il dise à nos souffrances : Suffit ! Que son mérite nous protège ! »
De là on apprit donc que Rabbi Méir Chlomo décéda en 1933.
Le Rabbi avait l’habitude de désigner de façon spéciale les dates dans les livres édités par Kehot. Dans le livre Atéret Roch qui fut imprimé en 1949 le Rabbi précise que la date d’impression est le 23 Éloul
Son épouse, la Rabbanit Ra’hel
La Rabbanit Ra’hel Yanovski était la fille du Rav Yits’hak Pushnitz, le Rav de Dobrinka (une ville proche de Nikolaïev).
Le Rabbi écrit à son sujet dans un manuscrit du début du Hadrane en l’honneur du Yahrzeit de sa grand-mère (Séfer Hassi’hot 1990 – 1ère partie) :
« Le 24 Tichri, jour du décès de ma grand-mère, la Rabbanit Ra’hel – que D.ieu venge son sang, l’épouse du Gaone, du Rav, Rabbi Méir Chlomo Yanovski (Nikolaïev)… »
Madame Génia Schneersohn raconte à propos de la Rabbanit Ra’hel :
« Quand les Allemands approchèrent de l’Ukraine, nous avons décidé de nous enfuir de Nikolaïev vers l’Asie lointaine. Nous avons voulu emmener avec nous la grand-mère de mon mari, la Rabbanit Ra’hel. Nos voisins non juifs ont vu que nous nous apprêtions à l’emmener pour un long voyage et nous ont proposé de la laisser chez eux : « C’est une femme âgée et les aléas du voyage seront trop pénibles pour elle. Laissez-la chez nous et nous la protègerons contre les Allemands ! ». C’est ce qu’ils promirent. En accord avec la grand-mère, les membres de sa famille décidèrent de la laisser dans la maison des voisins non juifs. Effectivement, les voisins tinrent leur promesse : quand les Allemands envahirent l’Ukraine, les voisins cachèrent la grand-mère Ra’hel dans leur maison et les Nazis n’eurent pas connaissance de son existence. Mais, pour son malheur, d’autres voisins, des bandits sans foi ni loi, avaient compris qu’elle se cachait dans cette maison. Quand les Nazis – que leur nom soit effacé rassemblèrent les Juifs de Nikolaïev pour les tuer, elle fut dénoncée et emmenée elle aussi de force par les Nazis avec les milliers d’autres Juifs qui furent assassinés Al Kidouch Hachem, que D.ieu venge leur sang !
En 1948, le vendredi 8 Adar, naquit une fille au foyer du regretté Rav Moché Hecht. Ce jour-là, le Rabbi lui téléphona et lui demanda une faveur : jusqu’à présent, aucune petite fille n’avait été nommée du nom de sa regrettée grand-mère, la Rabbanit Ra’hel, que D.ieu venge son sang. Pouvait-il donner à sa fille le prénom Ra’hel ? C’est ce qu’il fit.
Quand le Rabbi apprit que sa demande avait été exaucée, il envoya une lettre à Rav Hecht : « J’ai appris par son frère qu’il lui est née une fille et qu’il l’a appelée Ra’hel. Je le remercie du fond du cœur d’avoir accepté ma suggestion et je le bénis pour qu’il puisse l’élever dans la Torah, vers la ‘Houppa et pour les bonnes actions, dans la largesse, matériellement et spirituellement !
« Et pour conclure avec des paroles de Torah : son nom représente quelque chose de particulier comme il est écrit dans le livre Yonat Élème
– chapitre 5 : « Il y eut de la lumière » Guematria : Ra’hel. Et il faut expliquer d’après ce qui écrit dans Torah Ohr, au début du Maamar : « Vatossef Esther : l’assemblée d’Israël est appelée Ra’hel quand elle est dans une perspective dévoilée et il en est ainsi dans chaque Juif, dont la volonté est de s’annuler et de se fondre dans Sa Lumière céleste alors qu’Il est dévoilé et enthousiaste.
« Or voici : chez les Bné Israël, toute chose doit être grâce à un travail.
Et la lumière a un avantage justement par rapport à l’obscurité comme on le sait. C’est ainsi qu’on comprend ce que disent nos Sages : « Hachem et ce fut la lumière » en accord avec le livre de Chemot dans lequel les Bné Israël sont sortis de l’obscurité vers la lumière. Et ce n’est pas ici l’endroit pour s’approfondir sur tout cela.
« Avec ma bénédiction de Mazal Tov et mes souhaits pour un Pourim joyeux du fond du cœur
Harav Mena’hem Schneersohn
(inclus le reçu de 18 pièces en faveur de Ra’hel fille de Rivka Hecht pour la Tsedaka en son mérite).
Le regretté Rav Moché Hecht raconte : « La Rabbanit ‘Hanna – de mémoire bénie la mère du Rabbi fut très heureuse de cela et quand nous arrivâmes à New York et que nous lui avons rendu visite avec le bébé, elle nous dit que son fils lui avait déjà annoncé qu’elle portait le nom de sa mère et elle s’en montra enchantée. Depuis ce jour, chaque fois que nous allions lui rendre visite, elle nous recevait particulièrement chaleureusement ».
Rav Guerchone Mendel Garélik déclara que, lors de la première Ye’hidout (entretien privé) qu’il eut avec le Rabbi, celui-ci lui demanda d’ « apprendre les Hil’hot Birkot Hanéénine avec les explications de Dére’h Ha’haïm et du Netiv ‘Haïm de mon grand père ».
Traduit par Feiga Lubecki
Chants composés par le Rav Meir Chlomo HaLevy Yanovsky








Rav Shneor Ashkenazi
La douleur de la grandeur manquée
Pendant des années, nombreux sont ceux qui se demandent ce qui provoque leurs larmes les plus profondes. Quelle est cette douleur cachée qui réside au fond de l’âme et que chaque contact fait remonter à la surface ? Souvent, en lisant certains textes, surgissent soudain des larmes, des frissons, un tremblement intérieur. Qu’y a-t-il là ? Les douleurs de l’homme révèlent son essence véritable. Cette année nous a donné la réponse à cette question fondamentale.
Cette souffrance naît de la grandeur manquée.
Quand nous lisons des textes sur la grandeur, quelque chose s’émeut dans le cœur. On comprend qu’il est possible de vivre autrement. Lorsque nous découvrons l’histoire d’un soldat qui – que cela n’arrive ni à nous ni à personne – a perdu une jambe à la guerre, et à qui sa belle-fille demande : « Rétrospectivement, serais-tu parti à la guerre ? » Et qui répond : « Pour le peuple d’Israël, j’aurais été prêt à perdre deux jambes » – que cela n’arrive ni à nous ni à personne – quelque chose s’émeut dans le cœur.
Quand nous entendons parler d’un Rav important qui a reçu l’appel d’une femme : deux semaines après le début de la guerre, elle demande : « Honneur au Rav, des années nous attendons un enfant, soudain un miracle s’est produit, soudain je découvre que je suis enceinte, mais c’est deux semaines après Sim’hat Torah et mon mari est aux réserves. Dois-je lui raconter que ce miracle nous est arrivé ou non ? Car le Rambam écrit que quand un homme part à la guerre, il doit oublier sa femme et ses enfants pour se battre uniquement pour l’objectif de la guerre sans aucune autre considération. »
Quand on lit de tels textes et de telles questions, quelque chose s’émeut dans le cœur, car la douleur la plus profonde en nous, c’est la rencontre avec la fille du Roi, c’est la rencontre avec la grandeur infinie qui réside en nous, enveloppée de haillons, enchaînée. Elle est la véritable captive qui ne s’exprime pas dans la vie.
Le Saint béni soit-Il accepte les pots-de-vin
Approchant de Roch Hachana, nous arrivons aux derniers enseignements de cette année immense et gigantesque. Cette année qui nous a construits pour les générations futures. Longtemps après la délivrance, après la venue de Machia’h, nous aspirons aux mérites. Vers la nouvelle année, nous voulons venir les mains pleines à Roch Hachana.
Nous devons poser la question peut-être la plus importante sur les lois de la Techouva, sur la signification de la Techouva. Comment vivre une vie de grandeur ? Comment prendre la décision de quitter le péché et commencer à vivre une vie véritable d’acceptation de la royauté céleste ? Comment cesser d’avoir peur de prononcer ces mots et commencer à vivre la vie la plus noble à laquelle nous sommes dignes ?
Commençons par une parabole parfaite, la plus belle enseignement de cet Elloul.
Le roi Salomon dit : « Et un pot-de-vin aveugle les sages et pervertit les paroles de justice. » Le Saint béni soit-Il accepte les pots-de-vin. On peut Lui passer des enveloppes sous la table pour qu’Il change le verdict. Quelles sont les enveloppes qu’Il accepte ? Des dollars et de l’euro, Il n’en a pas besoin. Il en a assez. « À moi l’argent et à moi l’or », dit le Nom. Qu’écrit-on dans ces enveloppes ?
Enseigne Rachi : le Saint béni soit-Il accepte les paroles d’apaisement. Il accepte l’apaisement, Il se laisse apaiser, Il se laisse amadouer. Il est du type qu’on peut amadouer. Comment L’amadoue-t-on ? Écoutons le grand des apaisants, l’artiste de l’apaisement qui nous enseignera ce qu’il faut dire pour conquérir le cœur.
Enseigne la Guemara ailleurs – la Guemara dans Erouvin : « Si la Torah n’avait pas été donnée, nous aurions appris la pudeur du chat, le vol de la fourmi, et la politesse du coq. Car le coq apaise d’abord puis fait l’acte. » Que fait-il pour apaiser ? Que dit-il à la poule ? Il agite ses ailes de haut en bas pour lui signaler qu’il lui achètera un vêtement de la terre. Il lui achètera un manteau qui l’enveloppera jusqu’à terre. Ensuite, il secoue sa tête de haut en bas pour symboliser que s’il ne lui achète pas le vêtement, s’il ne tient pas son engagement, qu’on lui coupe la crête.
Quelle est la signification de cet apaisement ? D’abord, il ne peut pas lui acheter de vêtement. Deuxièmement, elle a déjà vu qu’il s’était engagé envers elle une ou deux fois et qu’il n’avait pas tenu sa promesse. Alors pourquoi s’émeut-elle ? Pourquoi l’accepte-t-elle ? De quoi est-elle si impressionnée par cet apaisement ? Comment cela lui conquiert-il le cœur ?
La vérité de l’engagement
Le Torat ‘Haïm du Rav Avraham ‘Haïm Hacohen Chor, des grands du monde, de la famille Chor célèbre, petits-fils du Rabbi Yossef Pe’hor Chor des Baalei Hatossafot, frère du Tevouot Chor, écrit que ce n’est qu’un symbole pour nous. Le coq ne symbolise pas, n’indique pas et ne vise rien. Le Saint béni soit-Il a gravé en lui par nature qu’il agisse ainsi avec les ailes pour enseigner à l’homme comment il faut apaiser.
Mais nous pouvons comprendre dans cette Guemara un sens immense. Immense et formidable. Un sens avec lequel on peut commencer Elloul.
La poule se laisse apaiser car il dit la vérité. Car elle entend qu’il n’a pas peur d’exprimer sa vérité. Il s’engage envers elle de tout cœur. Elle entend que dans la promesse « je t’achèterai un manteau », il y a son cœur, il y a sa profondeur, son âme, son désir de tout lui donner. C’est cela qu’elle accepte. Elle a besoin du manteau, elle a besoin du cœur, de son âme, et elle sait qu’à la fin cela s’exprimera concrètement. Quand un homme s’engage de manière authentique, à la fin il tient parole. Alors il ne lui achètera pas de manteau, alors il lui apportera du pain et des graines et de l’eau et de l’espace et de la sécurité et de la protection. Il fera tout – il lui donnera tout ce dont elle a besoin pour vivre.
L’apaisement que nous sommes tenus, enseigne Rachi, de donner devant le Saint béni soit-Il. L’apaisement qui peut ouvrir les portes du ciel au jour du jugement, l’apaisement qui peut faire la différence entre une telle année et une autre année, l’apaisement c’est la promesse et l’engagement de tout cœur. Vers le Saint béni soit-Il : ce qui était était. Désormais, nous quitterons le péché et nous accepterons la royauté céleste.
Comment s’engager véritablement ?
Alors nous comprenons ce que nous devons faire, ce qui est exigé de nous. Et la question que chacun se pose : comment s’engage-t-on ? Qui peut vivre une vie de grandeur ? Le mauvais penchant ne va nulle part. Le mauvais penchant a l’intention de continuer à être là.
Il faut souligner quelque chose d’effrayant qu’on ne remarque pas au premier regard. À quel point il est difficile de quitter le péché. À quel point il est difficile de se libérer des chaînes. Kol Nidré – toute la demande dans Kol Nidré c’est que nous nous libérions des chaînes qui nous lient à l’année précédente. Du goût, de l’odeur, du contact – quiconque transgresse une faute y est lié comme un chien.
Il est si difficile de se libérer. La Guemara dit quelque chose d’effrayant. Pourquoi Rabbi Elazar ben Dordaya est-il mort ? On ne peut pas parler d’Elloul sans parler de Rabbi Elazar ben Dordaya. Ce pécheur qui va chez cette femme et elle lui dit : « Toi, va-t’en, il n’y a aucun espoir », et entendre cela d’elle l’a frappé, et il pose sa tête entre ses genoux et expire en pleurant jusqu’à ce que son âme sorte en pureté. Pourquoi ? Pourquoi est-il mort ? Qu’est-ce qui l’a fait mourir ?
On pourrait penser qu’il est mort de chagrin, de honte, de regret – l’âme n’a pas pu supporter le corps dépendant et misérable. Mais c’est faux. La Guemara enseigne le contraire : « Tous ceux qui y viennent ne reviendront pas et n’atteindront pas les sentiers de vie. »
Enseigne la Guemara : il y a des fautes dont on ne peut revenir. Des fautes qui dominent l’homme à un tel niveau, qui dominent non pas seulement la pensée, la parole, l’acte, mais l’intelligence et les traits de caractère et le plaisir et toutes les forces intérieures de l’homme qu’on ne peut s’en libérer. Et donc ils n’atteindront pas les sentiers de vie. Celui qui pèche par elles, celui qui en souffre, mourra. Il ne mourra pas de chagrin sur la faute, il mourra au contraire. Il mourra de la difficulté à se libérer de la faute. Il mourra des souffrances de se libérer, de changer, de se sevrer du poison qu’il s’est introduit dans le corps.
Enseigne la Guemara : cela concerne l’idolâtrie, et elle demande : mais c’est ce qui est arrivé à Rabbi Elazar ben Dordaya avec la faute de prostitution. Rabbi Elazar ben Dordaya n’est pas mort du chagrin sur le péché mais du chagrin de la libération du péché. De la connaissance que pour se sevrer de tout ce qu’il a introduit dans le corps, il devra subir une opération de pontage multiple.
Le changement est possible
Et donc nous demandons : comment peut-on apaiser ? Le Saint béni soit-Il attend que nous Lui disions les mots justes, que nous profitions du jour du jugement et que nous ne soyons pas honteux. Nous devons nous regarder comme des fils de rois, penser le plus grand, le plus authentique possible, mais les mots ne sortent pas de la bouche. Qui peut faire Techouva ? Qui peut changer ?
Mes amis, on peut changer. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un petit interrupteur dans le cerveau. Distinguer entre ce que nous voulons et ce qui nous dérange. Distinguer entre notre vérité et les bruits de fond. Distinguer entre ce que nous voulons vraiment – crier, nous engager envers le Saint béni soit-Il, nous sommes à Toi – et le péché qui est une imprudence qui nous dérange.
Le Saint béni soit-Il attend des paroles d’apaisement pour nous dire, nous faire signe : « Je crois en votre Techouva, je ne crois pas en votre péché. Je crois en ce que vous dites car c’est la vérité. » Et ce dont l’homme a besoin pour recommencer sa vie, c’est comprendre qui il est et ce qu’il veut et ce qui lui manque, et séparer toutes les perturbations et bavardages qui l’en détournent. Mais ce n’est pas plus qu’une perturbation et un bavardage. Ce ne sont que des obstacles qui gênent en chemin. Ce n’est pas la vérité intérieure.
Quand l’homme comprend qui il est et ce qu’il veut, il sait se tenir sur ses deux pieds et cette promesse arrive aussi à se concrétiser.
L’essence halakhique de la Techouva
Commençons par comprendre l’essence. Si nous comprenons que l’acte halakhique de la Techouva est de quitter le péché, alors se posera la question : comment quitte-t-on le péché ? Comprenons d’abord ce qu’est l’acte halakhique de la Techouva.
Il faut comprendre : la Techouva est parfois perçue comme une légende ou un concept émotionnel ou un farbrenguen hassidique. La Techouva est halakha. Il y a chez le Rambam « Hilkhot Techouva ». La Techouva, c’est de la halakha comme s’envelopper dans le tsitsit et comme poser les téfilines et comme écrire un Sefer Torah. C’est une mitsva pratique. Non dans son aspect pratique, mais dans son aspect du cœur. Il y a une pratique qu’il faut accomplir pour faire Techouva.
Nous sommes dans les jours de Techouva, veille de Roch Hachana, veille de Yom Kippour. Qu’est-ce que l’acte de Techouva ? Que doit faire l’homme pour réparer ? Cette période, c’est le moment. Parashat Nitsavim est la paracha de la Techouva de la Torah.
Étonnant. Jusqu’aux derniers versets de la Torah, la mitsva de « vechavouta » n’a pas été énoncée. La possibilité de la Techouva n’a pas été mentionnée. Il a été dit « et ils confesseront leurs fautes » – on peut dire vidouy. Mais le concept de Techouva comme Techouva, simplement revenir vers le Nom. C’est la surprise que Moché Rabbenou garde pour ce moment.
La paracha éternelle de la Techouva
Parashat « Atem Nitsavim » qui fut prononcée le 7 Adar. D’ailleurs, la paracha qui est toujours lue avant Roch Hachana, qui clôt toujours l’année juive. Pourquoi ? D’abord « Atem Nitsavim Hayom » – « Aujourd’hui » c’est Roch Hachana. « Hayom » – le grand jour, le grand jour du jugement, et viendront les fils de D.ieu, le jour où viennent les fils de D.ieu devant le Nom. « Atem Nitsavim Hayom » – c’est Roch Hachana.
Mais au-delà de cela, c’est la paracha qui est lue en dernier car cette paracha est la paracha de la Techouva. 14 versets – Moché Rabbenou souligne ses faveurs : « Vechavta Vechav Hachem Elokeikha et Chevoutekha Veri’hamekha » – Moché Rabbenou dit : n’allez nulle part, le Saint béni soit-Il laissera toujours la porte ouverte. Ne croyez pas à ces histoires que vous êtes perdus. Ne croyez pas que vous avez perdu l’essence de l’âme, que vous avez perdu cette force de revenir et réparer, cette huile divine intérieure – vous ne l’avez pas perdue.
« Vechavta » – même si viennent vers vous la bénédiction et la malédiction que j’ai mises devant vous, et vous serez exilés de la terre et subirez des souffrances terribles dans le corps et l’âme, la porte du Saint béni soit-Il restera ouverte et Il continuera à vous attendre.
Deux approches de la Techouva
« Vechavta » enseigne le Ramban – « Vechavta ad Hachem Elokeikha » – c’est une mitsva qu’Il nous commande de faire. Nous avons une mitsva de faire Techouva. Qu’est-ce que la mitsva ? Un homme se lève le matin, se souvient de ce qui s’est passé hier, comprend qu’il doit demander pardon, il doit apaiser le Saint béni soit-Il. Quoi ? Que fait-il ? Jeûner, démissionner du travail, se cogner la tête contre le mur ? Que doit-il faire ? Promettre que cela n’arrivera plus ? Qu’est-ce que la Techouva ?
Prenons un exemple humain. Un père qui court au travail, travaille jour et nuit, rentre au milieu de la nuit, entre à la maison, découvre qu’un désastre s’est produit – que cela n’arrive pas. C’était l’anniversaire d’un des enfants et il a oublié, il est si pressé et si occupé par lui-même et sa carrière qu’il a oublié. Il entre à la maison à minuit, les enfants se sont endormis sur le canapé, les ballons sur le sol, le pop-corn répandu sur la table. Que doit-il faire maintenant ? Pleurer, caresser chacun des enfants, quitter le travail, promettre que demain sera différent. Quelle est la Techouva halakhique ?
Question très simple. Rabbenou Yona – il y a là-dessus deux questions opposées et complètement contradictoires d’un extrême à l’autre chez les Richonim.
Rabbenou Yona écrit : la Techouva, c’est le regret sur le passé. La Techouva, c’est le courage de faire face au péché. La Techouva, c’est le courage d’avouer avoir fauté. Faire face au péché. Comprendre avoir erré. Pleurer amèrement pour dissoudre l’orgueil sur lequel pousse le péché. Dissoudre cette grossièreté d’esprit dans laquelle le péché pousse et se développe. Comprendre le prix de ce qui a été causé. Les conséquences de ce qui a été fait, et de là quitter le péché. Alors l’essentiel de la Techouva, c’est le regret sur le passé. De ce regret sur le passé où on a tellement honte de ce qui a été fait, vient la deuxième étape qui est l’étape de « ceci est un mouvement d’âme en soi ». Dire ce qui était était et désormais c’est complètement différent.
Et Rabbenou Yona ajoute : le chagrin. La Techouva chez lui – quitter le péché – est enveloppée et entourée de regret, de honte, de dégoût de soi et de beaucoup de chagrin et de pleurs pour dissoudre l’arrière-plan, l’infrastructure sur laquelle pousse le péché.
Très bien. Le Rambam écrit exactement l’opposé. Le Rambam écrit : « Et qu’est-ce que la Techouva ? Que le pécheur quitte son péché et l’écarte de sa pensée et décide dans son cœur de ne plus le faire, et qu’il regrette également ce qui est passé. »
La Techouva, c’est la capacité d’oublier le péché, de dire ce qui était était, ce n’est pas moi. La Techouva, c’est la capacité de se détacher du péché, de s’en libérer, de ne pas lui permettre de nous définir et de dire au Saint béni soit-Il : qui sommes-nous aujourd’hui ? Nous sommes à Toi.
L’Admour Hazaken dit cela de manière encore plus tranchante. Igueret Hatechouva, chapitre 1 : « L’essentiel de la mitsva de Techouva de la Torah, c’est seulement quitter le péché. C’est-à-dire décider dans son cœur, de tout cœur, de ne plus jamais revenir se rebeller contre Sa royauté bénie et de ne plus transgresser les commandements du Roi, que ce soit les mitsvot positives ou les mitsvot négatives. Et non selon l’opinion du peuple que la Techouva consiste en jeûnes et acceptation de souffrances sur le passé. Seulement pour la perfection de la Techouva, il faut vidouy et demande de pardon. »
Le Rambam et l’Admour Hazaken écrivent exactement l’opposé de Rabbenou Yona. Qu’est-ce que la Techouva ? Si nous traduisons cela pour le père qui rentre à la maison, que doit-il faire ? Ne pas pleurer et ne pas regretter, mais faire la chose simple. Dire : demain je rentre deux heures plus tôt. Chaque jour je rentre à la maison à 20h30, demain je rentre à 18h30. Je serai avec vous et je rattraperai, je m’assiérai avec chaque enfant sur le canapé, je vous raconterai une histoire, je vous borderai, je vous mettrai au lit, je rattraperai ce que j’ai perdu hier.
La Techouva ce n’est pas pleurer sur le passé, mais au contraire. La Techouva c’est décider que le passé était et demain c’est un avenir complètement nouveau. Demain j’accepterai la royauté du Roi.
L’orientation vers l’avenir
Pourquoi est-ce si important pour le Rambam et l’Admour Hazaken de souligner cette question ? D’abord, il y a là la question essentielle. Le Rabbi a souligné une fois une conception essentielle très importante : le judaïsme s’occupe de l’avenir, il ne s’occupe pas du passé. Il n’y a pas de mitsva dans la Torah de pleurer sur ce qui n’a pas été fait. Il n’y a pas de mitsva dans la Torah de regarder en arrière. Il y a une mitsva dans la Torah de regarder en avant. Ce qui était était, maintenant il faut regarder en avant.
Seulement quoi ? Le Rambam aussi est d’accord qu’on dit vidouy. Le Rambam n’efface pas l’ordre du vidouy de la prière. Le Rambam aussi est d’accord que Yom Kippour a pour sujet le vidouy. Mais c’est seulement pour assurer l’acceptation sur l’avenir. Celui qui ne se détache pas du passé ne peut pas accepter sur l’avenir car le passé le trouble, le passé l’entrave, le passé le tire en arrière. Alors pour que vraiment l’acceptation pour l’avenir soit forte, soit essentielle, alors nous avons besoin aussi de regretter le passé. Mais le regret sur le passé n’est pas une condition pour l’acceptation sur l’avenir.
Les limites de la réparation
En effet, les choses arrivent. Voici une question halakhique effrayante. Le Rabbi écrit une question halakhique effrayante : il y a des fautes qu’on ne peut pas réparer, des fautes dont les effets ne peuvent être annulés. Parfois un homme fait, provoque, pèche par une faute terrible – que cela n’arrive ni à nous ni à personne – qui produit des résultats dans le monde. Un homme qui a des relations avec une femme interdite et engendre un mamzer – que cela n’arrive pas. Celui qui épouse une non-juive et engendre… Il y a déjà une réalité qui existe dans le monde de klipa, de force du mal qui existe dans le monde. Comment réparer ?
Le résultat existe, l’interdit existe par lui-même de manière objective. Il ne peut pas réparer le passé et pourtant il peut accepter que désormais il ne fera plus cela. Et cela ouvre la porte. Avant, quand il était méchant, sa Techouva n’était pas entendue en haut, mais maintenant qu’il accepte sur lui pour l’avenir, cela au moins ouvre la porte pour l’avenir. Le compte est en déficit, en découvert, il faut s’en occuper, mais cela n’empêche pas un avenir nouveau désormais.
Une histoire de transformation
Voici l’histoire d’un juif de Habad, le Rav Ruben Dunin. Ruben Dunin a vécu une vie pleine de péripéties, né dans une famille religieuse, puis il est allé étudier dans une institution moins pratiquante. Il a beaucoup dévié du chemin. Il semble qu’il ait beaucoup, beaucoup dévié du chemin et péché par de nombreuses choses interdites. Son âme juive s’est réveillée et il a fait Techouva avec toutes ses forces et avec tout le charisme et les forces que le Saint béni soit-Il lui avait donnés. Il est devenu un grand baal techouva. Il avait une maison Habad active à Haïfa qui a des centaines et des milliers de baalei techouva qui parcourent le monde.
Quand il est arrivé chez le Rabbi pour la première fois, il a éclaté en sanglots. Pour la première fois, il a mis sur la table tout. Tout ce qu’il avait vécu, tout ce qu’il avait fait, tout ce qu’il avait provoqué. Et il a demandé au Rabbi comment faire Techouva. Techouva comment réparer tout ce qu’il avait causé dans le monde.
Le Rabbi lui a donné une réponse étonnante : qu’il quitte tout ce qui était, qu’il investisse ses forces pour monter sur le chemin de la Torah et des mitsvot dans la joie. Et il y aura encore du temps pour parler du passé.
Combien de temps s’est écoulé depuis qu’il a commencé à monter sur le chemin de la Torah et des mitsvot dans la joie désormais jusqu’à ce que le Rabbi lui enseigne comment réparer le passé ? 25 ans. Un quart de siècle s’est écoulé entre l’essentiel de la Techouva selon l’opinion du Rambam et la perfection de la Techouva selon l’opinion du Rambam. Un quart de siècle. Jusqu’à la fête de Tichri 5742, il écrivait au Rabbi : « Rabbi, qu’en est-il de la Techouva ? Qu’en est-il de la Techouva ? » Le Rabbi ne lui répondait pas. Jusqu’à cette assemblée où il a senti que le Rabbi lui résolvait la question de ce qu’il faut faire pour s’occuper du passé.
Ainsi, selon l’opinion du Rambam et de l’Admour Hazaken : qu’est-ce que la Techouva ? Regarder en avant, ne pas regarder en arrière. Seulement pour la perfection de la Techouva, il faut aussi regarder en arrière, mais cela peut prendre de nombreuses années jusqu’à y arriver.
Pourquoi cette approche est-elle si importante ?
Pourquoi est-ce si important ? Nous l’avons dit d’abord d’un point de vue essentiel, car le judaïsme s’occupe de l’avenir et non du passé. Mais au-delà de cela, il y a quelque chose d’étonnant : Rabbenou Yona lui-même dans un autre endroit écrit des choses opposées à ce qu’il dit apparemment sur celui qui commence.
Il écrit quelque chose d’effrayant : le regret est même dangereux. Le regret d’un côté dissout l’orgueil. Il sépare entre l’homme et le péché, mais d’un autre côté il le connecte aussi au péché, car il crée le désespoir. Un homme peut venir et dire : si c’est ce que je suis, alors c’est ce que je sais faire. Il peut se convaincre que lui et le péché sont une seule chose.
Ainsi l’occupation excessive du passé – alors de qui parlait-il avant ? Comme nous l’avons lu dans Chaarei Techouva, il parlait du roi David. Quand un homme se renforce, quand un homme se trouve dans le processus et « ma faute est constamment devant moi », il doit se rappeler qui il est. Pour qu’il n’ait pas l’endurcissement du cœur, pour qu’il n’ait pas la grossièreté d’esprit, pour qu’il n’ait pas l’orgueil.
Mais quand un homme se trouve au début du chemin – que cela n’arrive pas – s’il intensifie le passé, que cela n’arrive pas s’il retourne penser à ce qu’il a fait, il pourrait encore vouloir y retourner. Donc au début du chemin, la bonne voie est justement l’opposé. Dire ce qui était était. Maintenant on commence depuis le début. Le Saint béni soit-Il ouvre la porte et courir en avant.
Les pleurs ne libèrent pas du péché
Nous pouvons peut-être dire cela d’une autre manière encore. Les pleurs ne libèrent pas du péché. Les pleurs ne changent pas la situation. Les pleurs ne nous font pas avancer vers l’action. Les pleurs peuvent certes nous faire avoir honte, nous faire regretter, nous faire nous mépriser à nos propres yeux. C’est une partie de la Techouva. C’est très important. Mais cela ne nous fait pas encore sortir du cercle du péché. Cela ne nous motive pas encore à l’action.
L’exemple de Yossef le Juste
Nous pouvons réfléchir à une preuve de cela, sur le grand mystère auquel nous avons consacré un cours, et peut-être faut-il en parler encore une fois. La figure énigmatique de Yossef le Juste. Comment peut-on comprendre la contradiction extrême – la plus extrême d’un côté, comme la plus extrême de l’autre – que la Torah crée dans la figure de Yossef le Juste ?
Dans la première partie de l’histoire, quand il descend et descend et descend de fosse en fosse, de solitude en esclavage, d’esclavage en solitude, la Torah ne raconte pas qu’il pleurait. Yossef apparaît comme un homme parmi les hommes, comme un homme sans émotions, indifférent, un homme qu’on ne peut briser, un homme qui fait face – vous savez, tout passe à côté de lui.
Dans la seconde partie de l’histoire, quand il monte et monte, quand il va au contraire de force en force, Yossef est le grand pleureur du Tanakh. Il ne fait pas que pleurer, il ne cesse de pleurer. Huit fois dans les parachiot Mikets, Vayigach et Vayehi, Yossef pleure. Chaque fois que quelque chose se passe, il pleure. Les frères commencent à regretter la fosse, il pleure. Il voit Binyamin, il pleure. Il se révèle aux frères, il pleure. Il rencontre Yaakov, il pleure. Yaakov meurt, il pleure. Personne ne pleure, seulement lui pleure.
Comment cela peut-il être ? Avant il ne pleurait pas du tout, ensuite il ne cesse de pleurer. La question est plus grande et c’est vraiment un mystère énorme qui crie depuis les versets. Certainement qu’il pleurait. Yossef était un homme sain et normal. Certainement que quand un homme subit une telle trahison de la part des personnes les plus proches de lui, il pleure. Mais où la Torah raconte-t-elle cela ? Elle garde cela secret, pour ne pas révéler que Yossef pleurait jusqu’à la seconde partie de l’histoire, jusqu’à ce que les choses commencent à s’arranger.
Quand les frères sont assis près de la fosse et commencent à regretter, quand ils sont entre les mains de Yossef et qu’ils disent : « Mais nous sommes coupables concernant notre frère, car nous avons vu l’angoisse de son âme quand il nous suppliait », soudain ils découvrent qu’il y a 22 ans, il pleurait. Où il pleurait, combien il est resté là dans la fosse avec des cordes et a crié : « Ayez pitié de moi, ayez pitié de papa, je vous supplie, je vous promets que j’arrêterai de raconter sur vous des histoires, d’apporter vos mauvais rapports. »
Pourquoi la Torah ne raconte-t-elle pas cela sur le moment ? Pourquoi la Torah dans la première partie de l’histoire présente-t-elle Yossef comme un homme fermé, et dans la seconde partie de l’histoire le présente-t-elle comme très sensible ?
La réponse sur les pleurs
La réponse est que les pleurs ne libèrent pas l’homme du cercle de la destruction. Les pleurs ne motivent pas à l’action. Les pleurs font avoir honte et se mépriser mais ne motivent pas encore à l’action. Et donc dans la première partie de l’histoire, tant que Yossef luttait, il pleurait en silence. Certainement qu’il pleurait, cela ne peut être autrement. Il est un homme sain. Mais la Torah ne raconte pas les pleurs. Elle n’en fait pas une affaire car Yossef pleurait en silence sous la joie, dans des douleurs qui sont parfois plus douloureuses que des pleurs bruyants. « Et il nous suppliait » – c’est le pleur silencieux que personne n’a entendu.
Seulement dans la seconde partie de l’histoire, quand Yossef réussit déjà, alors il se permet de libérer toute la douleur. Et quelle douleur il y avait là sur la trahison, sur les soupçons, sur la séparation, sur la solitude – tout était là. Mais cela arrive dans la seconde partie de l’histoire. Quand il a déjà réussi, il s’est libéré du cercle de la destruction, du cercle de la douleur. Il est devenu le dirigeant de l’Égypte. Il est devenu le juif le plus important de l’histoire jusqu’à ce jour. Alors il se permet de libérer la douleur, de libérer tout ce qui s’était accumulé là sur le passé.
Mais les pleurs ne nous font pas encore sortir. Et si c’est le cas, nous revenons au point de départ.
La décision fondamentale
Établit le Rambam pour la halakha. Écrit l’Admour Hazaken dans Igueret Hatechouva. La Techouva, qu’est-ce que c’est ? Quitter le péché et accepter la royauté céleste désormais. Et nous avons dit avant que c’est l’apaisement. C’est l’apaisement que le Saint béni soit-Il attend au jour du jugement. Si c’est lui qui change. Engagez-vous que ce qui était était et je vous donne un chèque. Je crois en vous.
Et chacun demande : d’où trouve-t-on les forces pour recommencer depuis le début ? D’où trouve-t-on les forces pour croire que ce qui était était et qu’on peut commencer une nouvelle année complètement différente ?
La vérité profonde du péché
Voici le point le plus important. Un point auquel nous devons vraiment notre vie. Une lettre dans la Torah nous dit pourquoi le Saint béni soit-Il croit en nous. Une lettre dans la Torah raconte pourquoi Il attend nos paroles d’apaisement et ne cessera d’attendre.
« Ish ki tisteh ishto tisteh » – « Si la femme d’un homme s’égare » – écrit la Torah avec un samekh au lieu d’un sin, bien qu’il faille écrire avec un sin « tisteh ». Pourquoi ? Tout le monde sait. « Tichteh » disent nos Sages : « L’homme ne pèche que si entre en lui un esprit de folie. » C’est toute l’histoire.
Le Saint béni soit-Il nous dit : comprenez, le péché est une erreur. La Techouva est ce que vous voulez vraiment. Un juif est fils de roi, il est fils d’Avraham, Its’hak et Yaakov. Le désir le plus profond en lui, c’est de vivre une vie de grandeur, une vie de dévouement.
Regardez la guerre, regardez les soldats. Quand on donne à un homme deux possibilités – tes intérêts ou le peuple, ou l’État, ou le peuple d’Israël, ou la Torah d’Israël, ou ta vie – il n’hésite pas, il choisit correctement. Il renonce à la femme, renonce aux enfants, renonce aux affaires, renonce à tout ce qu’il a construit dans la vie et veut se battre.
Tout ce en quoi nous nous trompons, c’est parce que le mauvais penchant nous embrouille qu’on peut avoir les deux. On peut danser aux deux mariages. Mais quand on attrape un soldat et qu’on lui dit : ou bien être un excellent soldat ou bien rentrer à la maison, il choisit la première possibilité. On ne peut pas être à moitié soldat. Le choix est clair, le dilemme est clair. Il choisit la bonne possibilité.
Le Saint béni soit-Il nous dit : j’attends que vous vous engagiez. J’attends que vous m’apaisiez car je crois en votre Techouva plus que je ne crois en votre péché. La Techouva est le désir authentique. La Techouva est le désir profond et le péché n’est pas plus qu’un égarement. Il n’est pas plus que de la folie. Il n’est pas plus que quelque chose qui nous est arrivé.
Comment savons-nous cela ?
Comment savons-nous cela ? Très simplement, comme un fait : un homme revient. Qu’est-ce qui fait qu’un juif revienne ? Il a péché toute l’année, il continuera à pécher. Que se passe-t-il ? Arrive le mois d’Elloul, un juif ne dort pas la nuit. Avez-vous déjà entendu parler d’un homme qui entre au commissariat de police le 1er et dit : « Je n’ai pas dormi de la nuit. Hier j’ai garé en rouge et blanc, donnez-moi une amende ou ayez pitié de moi, donnez-moi un ticket que vous avez pitié de moi, que vous acceptez mon apaisement » ? Cela n’a jamais existé et ne sera jamais créé. On l’enverrait en traitement. Pourquoi ?
Car quand un homme pèche contre l’État – malheureusement, ce n’est pas malheureux, c’est dans l’ordre – le péché vient du même endroit de désir d’être dans l’ordre. Mais quand un homme pèche contre le Saint béni soit-Il, il pèche contre lui-même. Et donc il ne dort pas la nuit. Il sent qu’il a trahi son essence. Il sent qu’il a trahi l’essence de ce qu’il est.
Et donc le Saint béni soit-Il nous dit : engagez-vous, apaisez-moi, n’ayez pas peur de vous engager, car c’est votre vérité. Soyez fidèles à ce que vous êtes. Qu’est-ce qui sera ? Ne laissez pas les bruits de fond vous effrayer. Je crois que si – dit le Saint béni soit-Il – je crois que si un homme s’engage vraiment et fidèlement avec la reconnaissance que c’est ce qu’il veut, alors il sait créer une séparation dans sa tête entre ce qu’il est et ce qui le dérange.
La parabole de John Nash
À quoi cela ressemble-t-il ? Voici une parabole parfaite. Il y avait un homme appelé John Nash. John Nash était un des inventeurs de la théorie des jeux, lauréat du prix Nobel d’économie. Autant John Nash était génial, autant il était malheureux. Il souffrait d’une maladie mentale douloureuse, cruelle, très dangereuse appelée schizophrénie. Il vivait des illusions, des hallucinations. Il voyait des figures d’hommes avec des cravates rouges qui le poursuivaient, qui voulaient faire un coup d’État en Amérique. Il envoyait des lettres à la Maison Blanche qu’il fallait se méfier des communistes qui voulaient faire un coup d’État. Il entrait et sortait d’hôpitaux psychiatriques, souffrait énormément, était déprimé, était dangereux.
Mais pendant des années, il a suivi un traitement et a surmonté cela et a appris à faire face et ainsi de suite. Est arrivé le grand jour, le plus grand de la vie d’un scientifique : recevoir le prix Nobel d’économie. Sa femme voyage avec lui, tout le monde. Ils reçoivent le prix.
Et quand l’événement se termine, quand l’événement se termine, alors dans le film qu’ils ont fait sur sa vie, ils ont montré cette séquence : l’événement se termine, soudain sa femme sort avec lui quand il sort avec le prix, avec le chèque d’un million de dollars pour la recherche, tout ce qu’il a reçu, l’honneur immense que tout le monde scientifique a vu en lui, elle voit soudain que son visage se déforme et qu’il commence à la perdre et elle comprend qu’il vit une crise et qu’encore un moment il va crier et s’énerver et elle sort du sac la seringue ou la pilule, ce qui peut l’aider.
Et alors il détourne soudain la tête, sourit et continue avec elle. « Je les ai chassés. » C’est le moment de guérison. Le moment de guérison, c’est le moment où un homme sait dire : « Je les ai chassés. » Il sait créer une distinction entre ce qu’il est et ce qui l’oppresse, entre ce qu’il veut et ce qui le poursuit.
Le début de la guérison
C’est un moment. Quand un homme commence à perdre du poids, il sait soudain qu’il veut être en bonne santé et que le boureka est un ennemi. C’est le début de la guérison. La compréhension que je ne suis pas boureka et je n’ai pas besoin de boureka. Ce boureka est une menace émotionnelle, les sentiments agissent très rapidement sans réfléchir, cherchent un plaisir rapide, une satisfaction rapide, ils vont là-bas, mais il sait distinguer que ce n’est pas ce dont j’ai besoin et ce n’est pas ce qui est bon pour moi. C’est le début de la guérison. Finalement, il se libérera des bourekas, finalement il se libérera de tous les problèmes, il s’élèvera au-dessus de cela.
Une histoire personnelle transformatrice
Voici une histoire qui illustre cette vérité. Dans la jeunesse, à l’âge de 15 ans, une période très difficile fut traversée dans l’étude, dans la crainte du ciel, dans l’acceptation sociale, pour toutes sortes de raisons. Il y avait un chemin vers la sortie du monde des Yechivot. Ce n’est pas agréable de raconter, mais à un certain endroit, il y avait un chemin vers la sortie du monde des Yechivot.
Arrive Roch ‘Hodech Iyar, retour à la Yechiva après six mois où beaucoup de choses interdites avaient été faites. Du point de vue spirituel, il y avait une déconnexion, une fixation, on ne savait pas où cela allait. Le Rav appelle, le Rav Chneour Segal, de mémoire bénie, qui est décédé cette année. Il appelle, mais il n’y a pas eu de réponse, il a ignoré, il a envoyé quelqu’un appeler, alors il s’est approché de lui.
Il s’attendait à encore un discours de menaces, Chneour, c’est la fin de l’année, sache-le, il n’y en aura plus, je te maintiens à peine ici. Il regarde et dit la phrase la plus surprenante qui ait été entendue dans la vie. « Chneour, regarde, il reste jusqu’à la fin de l’année trois mois et une semaine jusqu’à la veille de Ticha BeAv. Je veux que tu prennes sur toi un projet d’être examiné sur la massekhet par cœur et je te donnerai 300 dollars. » Ce n’était pas qu’il avait un grand salaire, père de famille avec plusieurs enfants qui vivait de la Yechiva, mais « je te donnerai 300 dollars. »
Tout ce qui était su sur la massekhet, c’était son nom. On sortait le matin la Guemara du casier, on voyait écrit « Massekhet Kidouchin » – pardon, « Massekhet Pessa’him » – alors on savait qu’on n’étudiait pas Kidouchin. Quelle différence entre ceci et cela, ce n’était pas intéressant à ce moment-là.
Le rapport à la massekhet – on ne veut pas dire qu’on volait les examens cette année-là du bureau pour survivre d’une manière ou d’une autre, pour passer les mois. « Va étudier la massekhet par cœur. » Il y avait une envie mais de la peur. On savait en sous-conscience qu’à 15 ans, c’était la dernière chance. Essayer, échouer et l’histoire se termine. Se retrouver dans la rue.
Alors on a dit au Rav : « Non, je ne veux pas, cela ne m’intéresse pas, laisse-moi, je ne veux pas. » Il a regardé et a dit une phrase. C’est le moment où l’homme naît : « Ne mens pas. Tu veux bien faire cela. »
Il n’en fallait pas plus. « Ne mens pas. Tu veux bien faire cela. » Il a enseigné à distinguer entre ce qui était voulu et ce qui était poursuivi, entre ce qui était voulu et les chaînes qui entravaient.
Il est descendu dans une des classes. Un nouvel esprit s’est enflammé. Trois mois et cinq jours, 95 jours, presque comme Moché Rabbenou dans les cieux, « ni pain je n’ai mangé ni eau je n’ai bu. » On ne sait pas comment il a éveillé l’essence de l’âme. Un dybbuk est entré. On ne sait pas, aujourd’hui il n’y a pas de telles forces.
Le 5 Av dans la soirée, le jour de la hilloula de l’Arizal, il est monté au bureau du Roch Yechiva, a été examiné sur la massekhet, a reçu les 300 dollars. Mais le plus important : il a appris qu’il était fils de roi. Il a appris que le Saint béni soit-Il attend son apaisement. Il attend qu’on s’engage à Roch Hachana : « Papa, je suis à Toi, Papa, j’accepte Ta royauté avec amour. Je ne laisserai rien me distraire. » Car Il sait que quand on s’engage vraiment, à la fin on tient parole.
Le moment de la Techouva
Un baal techouva a dit un jour : « Sache-le, tout processus de Techouva commence par un moment de cri. Parfois cela prend 20 ans jusqu’à ce que cela mûrisse. Pas neuf mois de grossesse. 20 ans, dit-il, cela prend jusqu’à ce que ce cri mûrisse. Mais tout baal techouva peut regarder en arrière et dire ce moment où il s’est dit : ‘Il ne peut pas en être ainsi de la vie, il ne peut pas en être ainsi que c’est tout ce que la vie a à offrir, il ne peut pas en être ainsi que c’est tout ce que je suis. Sûrement qu’il y a une couche que je n’ai pas connue, il y a une signification que je n’ai pas encore rencontrée.’ Et c’est le Saint béni soit-Il. »
Le Saint béni soit-Il attend à Roch Hachana que nous ayons le courage, que nous ayons la maturité et la sagesse de regarder au-delà des chaînes, au-delà des souffrances, de tout ce qui nous saisit, et de Lui dire : « Papa, je suis à Toi. Papa, cette année j’irai avec Toi jusqu’au bout sans compromis. » Comme l’ont dit les soldats qui sont partis au combat, comme l’ont dit les femmes des soldats qui les ont envoyés. Nous le dirons avec courage et finalement les choses se concrétiseront.
Les fils de Kora’h et la force du cri
Terminons par la chose la plus belle et précieuse de toutes. Jusqu’où les choses arrivent. À quel point le Saint béni soit-Il attend notre parole, notre demande, notre Techouva. À quel point Il y croit, avec toutes les possibilités qui existent.
Pourquoi « Lamnatséa’h livnei Kora’h Mizmor » ? Le moment culminant de l’année juive, le moment culminant de la vie juive. Le baal tokéa monte sur la bima et sort les chofars. Généralement, il n’a même pas besoin de sonner pour que le cœur se brise. Si nous n’avions pas honte, nous pleurerions tous. S’il y a un moment de silence dans la synagogue, c’est ce moment où le baal tokéa pose sur la table les chofars. Personne ne comprend, personne ne sait, personne ne ressent, mais tous se trouvent à un niveau plus élevé. Chacun sait que l’essence de l’âme, l’essence de la yé’hida, la yé’hida unique se révèle dans ce moment de la sonnerie du chofar.
Comme l’a enseigné le Baal Chem Tov, c’est le cri « Papa ». Le cri du fils du roi qui a oublié la langue et a oublié quoi dire et n’a plus d’excuses. « Papa » – il sait crier. C’est le moment de la sonnerie du chofar.
Et dans ce grand moment, qui se tient à la tête du système ? « Lamnatséa’h livnei Kora’h Mizmor » – pardon. Trois fils de Kora’h. Pas un pedigree particulièrement honorable. Des criminels qui se trouvent en enfer, qui sont sortis de l’enfer, ont été en enfer de nombreuses années. Qu’est-ce que c’est ?
Nous commençons le psaume 47 dans les Tehilim avec un crédit. Un crédit que nous ne coulerons pas. Un crédit sur la création « Lamnatséa’h livnei Kora’h Mizmor ». La création qui a été composée, mise en musique, travaillée et chantée par les fils de Kora’h. Trois fils de Kora’h qui sont tombés avec leur père dans la terre, seulement il leur a été préparé un endroit élevé en enfer et là ils sont assis et disent de la poésie.
Il y a 11 psaumes dans le livre des Tehilim qui ont été dits par les fils de Kora’h. Et on demande : pourquoi est-ce important ? Un juif s’élève, un juif s’élève, pourquoi lui rappeler les fils de Kora’h ? Si on veut rappeler quelqu’un, qu’on rappelle Moché Rabbenou. Pourquoi soudain les fils de Kora’h ?
On dira : parce qu’ils ont écrit le psaume. Depuis quand faisons-nous attention à donner des crédits dans la prière ? Ensuite on prendra sept versets de partout sans dire le début du psaume. Qu’est-ce qui nous importe ? Pourquoi disons-nous le psaume 47 dans les Tehilim ? À cause des versets qui y sont dits. « Yivhar Hachem et na’halatenou. » « Ala Elokim bitroua. » Ce sont des versets liés à l’essence de la sonnerie du chofar. Alors qu’on apporte seulement ces versets. Pourquoi faut-il apporter l’ouverture ?
Et ensuite, quand on dit « Min hamétsar » et « Achrei haam yodéi troua », rappelons-nous qui les a dits et pourquoi il les a dits ? Nous n’avons pas peur des procès en contrefaçon. Pourquoi soudain ouvrir ce rassemblement si noble, le plus noble de l’année, avec les mots « Lamnatséa’h livnei Kora’h Mizmor » ?
Le Rabbi a dit une fois l’idée la plus émouvante qu’on puisse concevoir. Les fils de Kora’h ont seulement crié. Ils n’ont rien fait de pratique pour exprimer concrètement leur cri. Les fils de Kora’h dès le début étaient dans le conseil au début. Ils étaient les fils du politicien, ils étaient plus méchants que lui. Ils ont commencé l’incitation. Ils étaient assis avec papa jour après jour et disaient : « Regarde ce Moché, il prend tout pour lui, il prend tout pour son frère. Il ne te laisse rien. Qui l’a fait ? Qui l’a nommé ? » Ils ont écrit sur Twitter, ils ont collé des affiches, ils ont organisé des cercles de maisons, ils étaient plus extrêmes, plus actifs que Kora’h, ils étaient dans le conseil au début.
Mais quand le feu a commencé à s’enflammer et que de plus en plus de gens ont été emportés et que Moché Rabbenou est passé à la défense, leur cœur a battu. Ce n’est pas à cela qu’ils pensaient. Ils pensaient faire de la joie. Ils ne pensaient pas inciter contre Moché Rabbenou. Ils ne pensaient pas créer chez le peuple d’Israël des doutes et des pensées sur le statut de Moché Rabbenou. Ils ont fait Techouva dans leur cœur.
Mais ils n’ont rien fait à cause de cet éveil. Le matin quand ils se levaient, la jalousie se renforçait et les complexes se renforçaient et les problèmes dans la famille se renforçaient et ils ont continué à faire les mêmes choses.
À l’ouverture des sonneries, nous nous rappelons : « Criez. Ne laissez pas la pratique gâcher votre cri. » Car le Saint béni soit-Il croit au cri. Le Saint béni soit-Il sait que tout cri finit par s’exprimer. Pourquoi ? Car le cri est notre vérité. Ce n’est pas du regret. C’est un cri authentique sur notre vérité.
La joie de la Techouva
Concluons par quelque chose de beau et précieux. Jusqu’où les choses arrivent. À quel point le Saint béni soit-Il attend notre parole, notre demande, notre Techouva. À quel point Il y croit.
Il y a une section de l’Admour Haémtsaï où il dit : « Il ne peut pas être que la Techouva soit des pleurs, soit du regret sur le passé. » Car la Techouva est un mouvement joyeux. La Techouva est un homme qui revient à la maison, qui revient à son vrai lieu. Alors le regret sur le passé, c’est la perfection de la Techouva, mais la Techouva elle-même doit être un mouvement joyeux, un mouvement de choses qui commencent à s’arranger, un mouvement de bonheur, qu’un homme trouve sa vraie place dans le monde.
Alors revenons correctement et préparons-nous à la couronne de royauté, mettons la couronne du Roi, plaçons-nous à la vraie hauteur à Roch Hachana et avec l’aide du Nom toute l’année ira ainsi. Nous pourrons rire du mauvais penchant, lui rire au nez, lui dire : « Nous connaissons tes histoires, va d’où tu viens, laisse-nous tranquilles. »
Nous nous libérerons, nous libérerons la fille du Roi qui est captive en nous. Nous mériterons déjà d’entendre de bonnes nouvelles des captifs, de tous ceux qui ont besoin de tant de portes du ciel. « Que finisse l’année et ses malédictions et que commence l’année et ses bénédictions. » Qu’avec l’aide du Nom commence une année de bonnes nouvelles dans tous les sens.
Hommage aux émissaires lors d’une cérémonie émouvante
Lors d’une cérémonie émouvante qui s’est déroulée hier à Jérusalem, en présence de milliers de personnes, le ministère du Patrimoine, dirigé par le ministre Amichai Eliyahu, a honoré trois émissaires du Rabbi dans le monde représentant l’ensemble des émissaires, qui ont aidé des dizaines de milliers de Juifs bloqués dans différents pays pendant la guerre avec l’Iran, après l’attaque surprise.
Les émissaires qui ont reçu cette reconnaissance sont : le Rav Aryeh Zeev Raskin, émissaire du Rabbi à Chypre, le Rav Menahem Mendel Hendel, émissaire du Rabbi à Athènes, et le Rav Its’hak Eisenbach, émissaire du Rabbi à Paphos, Chypre.
Un film documentaire sur leur action héroïque
Au centre de l’événement, un film a été diffusé, montrant les trois émissaires racontant étape par étape leur aide aux dizaines de milliers d’Israéliens bloqués à l’étranger pendant les jours de la guerre Israël-Iran, également appelée « guerre des 12 jours », après l’attaque surprise d’Israël contre le programme nucléaire iranien.
« Nous avons compris que beaucoup de personnes allaient être bloquées ici pendant Chabbat », a raconté le Rav Hendel. « 27 avions ont atterri chez nous à Chypre avec des Israéliens bloqués », a décrit le Rav Raskin. « Des gens sont venus chez nous qui n’avaient jamais rêvé d’atterrir à Chypre, depuis les Neturei Karta jusqu’aux médecins », a relaté le Rav Eisenbach.
Le Rabbi, source d’inspiration et de force
Les émissaires ont parlé de la force qui les anime tout au long de leur mission : le Rabbi. Quand le Rabbi est apparu à l’écran, les milliers de personnes ont acclamé avec enthousiasme. « Il faut se rappeler que nous ne sommes pas les héros », a dit le Rav Raskin, « nous sommes les émissaires du Rabbi de Loubavitch, nous faisons cela avec un grand amour, nous ressentons le privilège que le Rabbi nous ait choisis pour être émissaires et nous espérons marcher sur son chemin afin de mériter le peuple d’Israël ».
Remise de la médaille « Bouclier de la mission »
Sur fond des mélodies du « Nigoun des émissaires », les émissaires Rav Raskin, Rav Hendel et Rav Eisenbach ont eu l’honneur de monter sur scène et de recevoir la médaille « Bouclier de la mission » du ministre du Patrimoine, le Rav Eliyahu.
Le Rav Raskin a eu l’honneur de prononcer un discours spécial, dans lequel il a rendu un hommage particulier aux épouses des émissaires du Rabbi, qui œuvrent sans relâche pendant la mission. « La mission et nos enfants dans la mission sont nos héros ce soir », a dit le Rav Raskin et a conclu son discours par un son de Chofar retentissant.
Les mots du ministre Eliyahu
« En tant que quelqu’un qui a grandi toute sa vie sur la figure du Rabbi de Loubavitch, par mon arrière-grand-père et mon père, mon maître », a dit le ministre Eliyahu, « il n’y a rien qui m’émeuve plus que l’attribution de la médaille Bouclier de la mission aux anges sauveurs du peuple juif. Ils méritent tous les éloges et toute la reconnaissance ».












