Vendredi 12 septembre 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot Ki Tavo volume 34, Siha 3 – par le Rav Levi Azimov

Vendredi 12 septembre 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot Ki Tavo volume 34, Siha 3 – par le Rav Levi Azimov

En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
au Beth Loubavitch – 8 rue Lamartine 75009 Paris
Ce cours est retransmis en direct par téléphone
Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯)

ET SUR RADIO HASSIDOUT
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Ki-Tavo – La maturité des quarante ans
Source : Likouté Si’hot volume 34, troisième Si’ha sur Ki-Tavo

 

 

 

 

 

Farbrenguen de Hai Elloul 5785 avec le Rav Yehiel Kotsar : Réveil spirituel à travers les épreuves

Farbrenguen de Hai Elloul 5785 avec le Rav Yehiel Kotsar : Réveil spirituel à travers les épreuves

 

Ce Farbrenguen captivant du Rav Yehiel Kotsar au 770 de Ramat Shlomo à Jérusalem explore comment les défis de la vie peuvent devenir des catalyseurs de transformation spirituelle, nous préparant à embrasser pleinement la joie et la vitalité du mois de Elloul à travers l’enseignement du Rabbi.

 

 

Le Rav Yehiel Kotsar est né en 1972 au kibboutz Dovrat dans la vallée de Jezreel.

  • Ses parents se sont rapprochés du mouvement Habad grâce à l’influence de l’épouse du Rav Avraham Donin et aux cours de Tanya pour femmes
  • Il a étudié à la yeshiva Tomkhei Temimim de Lod, puis a eu une audience privée (yehidout) avec le Rabbi en 1980
  • Formation à la yeshiva centrale du mouvement au 770 de Brooklyn en 1992

Parcours de Chalia’h (émissaire) :

  • Mission en Russie pour renforcer les activités Habad locales
  • Service militaire dans la brigade Givati en tant que sergent de section
  • Missions en Thaïlande puis à Eilat, se spécialisant dans l’activité hôtelière
  • Nomination comme rabbin de la grande synagogue Rashbi d’Eilat

Responsabilités actuelles :

  • Directeur spirituel de la yeshiva Tomkhei Temimim de Beitar Illit
  • Chaliach du Rabbi pour la localité de Har Shmuel
  • Activité d’enseignement sur les réseaux sociaux

 

 

L’enseignement fondamental du Rabbi sur la descente nécessaire des concepts spirituels

Le Rabbi développe une compréhension révolutionnaire de la spiritualité pratique en expliquant pourquoi certains enseignements ne peuvent rester dans les hauteurs spirituelles abstraites. S’appuyant sur le Midrash qui enseigne que D.ieu souhaite avoir une demeure ici-bas, le Rabbi démontre que cette descente n’est pas un affaiblissement mais une nécessité absolue pour que la sagesse divine puisse véritablement transformer notre monde concret.

Cette approche transforme radicalement notre compréhension de la mission spirituelle. Au lieu de chercher à fuir le monde matériel vers des sphères éthérées, nous apprenons que le véritable service divin consiste à faire descendre la lumière céleste dans chaque recoin de notre existence terrestre. Le Rabbi illustre cette vérité par l’exemple du fermier qui doit nécessairement labourer la terre en profondeur. Si les graines demeurent en surface, elles ne peuvent germer. De même, si les enseignements spirituels ne pénètrent pas dans notre réalité quotidienne jusqu’à transformer nos actions les plus ordinaires, ils demeurent stériles et sans impact véritable.

Le Rabbi va plus loin en expliquant que cette descente nécessite parfois des détours apparents, des délais qui semblent frustrants, mais qui font partie intégrante du processus divin. L’histoire qu’il rapporte du secrétaire qui demanda de modifier ce qui avait été dit le dimanche précédent illustre parfaitement cette dynamique. En encerclant le mot « dimanche » sur la lettre, le Rabbi révèle une compréhension profonde : ce qui peut sembler être un retard ou un obstacle fait partie du plan divin pour permettre une intégration plus complète de l’enseignement.

La transformation alchimique du défi en opportunité spirituelle

L’enseignement du Rabbi révèle une véritable alchimie spirituelle où chaque épreuve devient un catalyseur de croissance. Cette transformation ne se fait pas automatiquement, mais nécessite un changement radical de perspective. Au lieu de voir les difficultés comme des punitions ou des obstacles à surmonter, nous apprenons à les reconnaître comme des invitations divines à approfondir notre connexion spirituelle.

Cette approche révolutionnaire s’enracine dans la compréhension que D.ieu ne nous donne jamais d’épreuves au-delà de nos capacités, mais qu’Il nous offre toujours des défis qui révèlent et développent des forces cachées en nous. Chaque difficulté devient ainsi une opportunité de découvrir des ressources spirituelles que nous ignorions posséder.

Le Rabbi enseigne que cette transformation nécessite un travail actif de notre part. Il ne suffit pas d’endurer passivement les épreuves, mais il faut les aborder avec la conviction qu’elles contiennent des trésors spirituels à découvrir. Cette attitude transforme l’expérience même de la difficulté, la muant de source de souffrance en source de croissance et de révélation.

L’importance cruciale de la persévérance spirituelle selon l’enseignement hassidique

Le Rabbi développe un enseignement particulièrement profond sur les deux types de personnes face aux défis spirituels. Il explique qu’il y a celles que D.ieu « accepte immédiatement » et celles qu’Il fait « frapper à la porte » pendant de longues périodes. Cette distinction n’indique pas une faveur divine inégale, mais révèle plutôt des chemins spirituels différents adaptés à chaque âme.

Paradoxalement, ceux qui doivent persévérer plus longtemps développent souvent une connexion plus profonde et authentique avec le divin. Comme l’explique le Rabbi, cette persévérance ressemble au processus de forage d’un puits. Les premiers mètres peuvent donner une eau trouble et limitée, mais plus on creuse profondément, plus l’eau devient pure et abondante. De même, les efforts soutenus dans la pratique spirituelle, même face à l’apparente absence de réponse immédiate, révèlent des trésors cachés dans les profondeurs de l’âme.

Cette compréhension transforme complètement notre rapport à la patience spirituelle. Au lieu de voir l’attente comme une frustration, nous apprenons à la reconnaître comme un processus de maturation nécessaire. Chaque moment de persévérance forge notre caractère et approfondit notre capacité à recevoir la lumière divine quand elle se révélera pleinement.

L’art délicat de grandir à travers l’adversité selon l’Admour Hazakène

L’Admour Hazakène offre un enseignement particulièrement pénétrant sur l’attitude correcte face aux épreuves spirituelles. Il diagnostique avec précision le problème central : lorsque nous ne servons pas D.ieu dans la joie, c’est souvent parce que nous pensons mériter un traitement différent de celui que nous recevons.

Cette analyse révèle un orgueil spirituel subtil mais pernicieux. Nous calculons inconsciemment nos mérites – nos prières, nos études, nos actes de bonté – et nous attendons une « récompense » proportionnelle sous forme de facilité, de succès ou de reconnaissance. Quand la réalité ne correspond pas à nos attentes, nous développons une amertume qui empoisonne notre service spirituel.

L’Admour Hazakène enseigne que cette attitude révèle une compréhension fondamentalement erronée de la relation avec D.ieu. Le véritable service divin ne fonctionne pas selon une logique commerciale d’échange, mais selon une dynamique d’amour désintéressé. Les épreuves viennent précisément pour purifier notre motivation et nous enseigner à servir D.ieu pour Lui-même, non pour les bénéfices que nous pourrions en retirer.

Cette purification est douloureuse mais nécessaire. Elle nous libère de l’esclavage des attentes et nous ouvre à une relation authentique avec le divin, fondée sur l’amour véritable plutôt que sur le calcul d’intérêt.

La révolution de la joie authentique dans le service divin

Le mois de Elloul nous appelle à une véritable révolution intérieure : cultiver une joie authentique dans notre service spirituel qui ne dépend pas des circonstances extérieures mais jaillit de la reconnaissance profonde que chaque moment est une opportunité privilégiée de connexion divine.

Cette joie n’est pas une émotion superficielle ou forcée, mais une attitude fondamentale enracinée dans la compréhension que nous participons au plus grand projet de l’univers : transformer ce monde en demeure pour D.ieu. Chaque Mitsva accomplie, chaque moment d’étude, chaque acte de bonté contribue à cette transformation cosmique.

L’histoire du Baal Chem Tov et de ses élèves illustre parfaitement cette vérité. Le Rabbi raconte comment l’attitude d’un père face aux défis de l’observance religieuse influence profondément l’éducation spirituelle de ses enfants. Quand ce père revenait du travail le vendredi soir avec le visage sombre après avoir été licencié pour avoir observé Chabbat, ses enfants intériorisaient le message que Chabbat est un fardeau qui apporte des complications.

Mais quand ce même père apprit à rentrer joyeux, proclamant sa gratitude d’avoir pu observer Chabbat malgré les difficultés professionnelles, ses enfants découvraient que la spiritualité est source de bonheur véritable et de fierté. Cette transformation d’attitude change tout : non seulement l’expérience personnelle du père, mais l’héritage spirituel qu’il transmet à la génération suivante.

Haï Elloul : L’éveil révolutionnaire de la vitalité spirituelle

Haï Elloul représente bien plus qu’un simple ajout de vitalité au mois de Elloul. Il s’agit d’une transformation qualitative fondamentale où Elloul devient vivant et vivifiant, imprégnant chaque aspect de notre existence d’une énergie spirituelle renouvelée.

Cette vitalité se manifeste par une approche révolutionnaire de la spiritualité. Au lieu d’une observance mécanique et routinière, nous développons une relation dynamique et personnelle avec nos pratiques spirituelles. Chaque Mitsva devient une rencontre personnelle avec le divin, chaque étude une exploration passionnante de la sagesse éternelle, chaque moment de prière une conversation intime avec D.ieu.

Le Rabbi enseigne que cette vitalité naît de la compréhension que nous vivons les derniers moments de l’exil et les premiers instants de la Rédemption. Cette conscience de vivre un moment historique unique charge chaque action spirituelle d’une urgence et d’une importance extraordinaires. Nous ne pratiquons plus par habitude ou par obligation, mais avec la conviction passionnée que nos actions participent à la transformation finale du monde.

Cette vitalité spirituelle se transmet naturellement à notre entourage. Quand notre propre service divin déborde de joie et d’authenticité, ceux qui nous entourent sont naturellement attirés vers cette lumière. Nous devenons des canaux vivants de la sagesse hassidique, non pas par des discours théoriques, mais par l’exemple rayonnant d’une vie spirituelle épanouie.

L’héritage révolutionnaire des grands maîtres hassidiques

Les enseignements de l’Admour Hazakène et du Baal Chem Tov nous montrent comment transformer radicalement les défis en tremplins spirituels. Leur approche révolutionnaire consistait à rendre les concepts les plus élevés de la mystique juive accessibles à chaque personne, créant ce que le Rabbi appelle un « grand divin dans un petit livre » – des enseignements d’une profondeur infinie présentés dans des formes compréhensibles et applicables.

Cette démocratisation de la sagesse spirituelle représente une révolution copernicienne dans l’histoire juive. Avant le Baal Chem Tov, les enseignements mystiques étaient réservés à une élite d’érudits. Le mouvement hassidique a ouvert ces trésors à tous, du simple artisan au grand Rabbanim, de l’enfant à l’ancêtre vénérable.

Cette tradition se perpétue aujourd’hui avec une urgence particulière. Notre génération a la responsabilité unique de faire descendre ces enseignements dans notre réalité contemporaine, d’adapter la sagesse éternelle aux défis modernes sans en altérer l’essence. Nous devons devenir des traducteurs spirituels, capables de transmettre la profondeur hassidique dans le langage et les préoccupations de notre époque.

La mission unique de notre génération selon l’enseignement du Rabbi

Le Rabbi enseigne que notre génération vit un moment historique sans précédent. Nous sommes les héritiers de toute la sagesse accumulée par les générations précédentes, et en même temps les pionniers chargés de préparer l’avènement de l’ère messianique. Cette double responsabilité confère à notre service spirituel une importance particulière.

Contrairement aux générations précédentes qui devaient découvrir les voies spirituelles par tâtonnements, nous disposons d’une carte détaillée tracée par nos prédécesseurs. Les enseignements du Baal Chem Tov, de l’Admour Hazakène, et de tous les Rabbanim de Loubavitch nous offrent des outils spirituels d’une précision et d’une efficacité remarquables.

Mais cette richesse d’héritage s’accompagne d’une exigence proportionnelle. Nous ne pouvons nous contenter d’être des conservateurs passifs de cette sagesse. Nous devons l’incarner, la vivifier, et surtout la transmettre de manière à ce qu’elle transforme concrètement le monde qui nous entoure.

Le Rabbi souligne que notre époque se caractérise par une paradoxe apparent : nous avons accès aux enseignements les plus élevés, mais nous devons les appliquer dans un monde apparemment de plus en plus matérialiste. Cette tension n’est pas un accident mais une opportunité divine. C’est précisément dans ce contraste maximal entre la spiritualité la plus pure et la matérialité la plus dense que peut se révéler la véritable puissance transformatrice de la lumière divine.

L’art de la transformation personnelle comme modèle universel

Le Rabbi enseigne que la transformation personnelle authentique rayonne naturellement dans le monde entier, contribuant à la réalisation de l’objectif ultime : faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Cette vision révolutionnaire place chaque individu au centre d’une mission cosmique.

Chaque effort personnel de croissance spirituelle, chaque moment de service joyeux, chaque acte de bonté accompli avec conscience divine contribue à élever l’ensemble de la réalité. Nous ne travaillons pas seulement sur nous-mêmes, mais nous participons à la réparation du monde entier. Cette compréhension transforme complètement notre motivation spirituelle.

Au lieu de poursuivre un perfectionnement égocentrique, nous embrassons une mission altruiste d’ampleur universelle. Nos défis personnels deviennent des opportunités de démontrer comment la lumière divine peut triompher de l’obscurité. Nos victoires spirituelles, même les plus modestes, deviennent des phares d’espoir pour l’humanité entière.

Cette approche génère une dynamique positive extraordinaire. Plus nous progressons spirituellement, plus nous devenons conscients de notre interconnexion avec tous les êtres. Cette conscience nourrit notre compassion et renforce notre détermination à continuer notre croissance, non seulement pour nous-mêmes mais pour tous ceux qui bénéficieront de notre élévation.

Haï Elloul comme synthèse révolutionnaire et invitation à l’action

Haï Elloul nous invite à une synthèse révolutionnaire entre profondeur et simplicité, entre défi et joie, entre effort personnel et mission universelle. Cette synthèse ne se réalise pas automatiquement mais nécessite un engagement conscient et soutenu de notre part.

Le message central de Haï Elloul réside dans cette invitation pressante : nous avons tous les outils nécessaires à notre disposition, il ne tient qu’à nous de les saisir avec enthousiasme et de les actualiser dans notre vie quotidienne. Cette actualisation transforme non seulement notre propre existence mais rayonne dans le monde entier.

Chaque difficulté devient une invitation à grandir, chaque moment une opportunité de service joyeux, chaque interaction une chance de révéler la présence divine cachée dans la réalité. Cette approche transforme l’existence quotidienne en une aventure spirituelle permanente, riche de sens et de purpose.

L’enseignement du Rabbi nous rappelle que nous vivons à une époque privilégiée où la convergence entre la sagesse ancienne et les possibilités modernes crée des opportunités de transformation sans précédent. Haï Elloul devient ainsi l’expression de cette convergence : une spiritualité enracinée dans la tradition la plus profonde mais vivifiée par l’urgence et l’enthousiasme de notre époque unique.

Cette transformation personnelle et collective prépare l’avènement d’une ère où la présence divine sera manifeste dans chaque aspect de la réalité, où la joie spirituelle deviendra la norme universelle, et où l’humanité entière participera consciemment à la célébration cosmique de la connexion divine retrouvée.

 

Rav Yossef Katzman : « Voir les gros titres à travers le prisme du Machia’h »

Rav Yossef Katzman : « Voir les gros titres à travers le prisme du Machia’h »

 

Le Rav Yossef Katzman partage son témoignage unique d’une époque où le Machia’h est passé d’un concept distant à une réalité palpable dans la communauté Habad. Cette conversation révèle comment reconnaître les signes de la Guéoula dans notre monde moderne et transmettre cette urgence aux autres.

 

 

Des racines profondes : comment le Machia’h s’est éveillé dans la conscience Habad

Dans les années 1960 et 1970, grandir en tant qu’enfant hassidique signifiait être immergé dans la beauté de la philosophie hassidique plutôt que dans l’urgence messianique. « Nous avions une éducation mettant l’accent sur la beauté de la Hassidout, sur ce que l’on peut accomplir grâce à la Hassidout », se souvient le Rav Katzman. « Le Machia’h était un concept, peut-être même un concept distant. »

Il y avait même une expression populaire dans la communauté : « Qu’ai-je besoin du Machia’h ? J’ai un Rabbi. » Cette mentalité reflétait une satisfaction spirituelle profonde mais aussi une certaine distance par rapport à l’urgence messianique qui caractériserait plus tard la communauté.

Le premier tournant significatif s’est produit vers la vingtième année du leadership du Rabbi, lorsque les discussions ont commencé à circuler sur une prédiction selon laquelle le Machia’h viendrait du vivant du Rabbi. Cette période a culminé avec l’achèvement dramatique du Sefer Torah du Machia’h, un moment qui a électrisé toute la communauté.

Le moment décisif : quand l’abstrait est devenu réel

L’écriture finale du Sefer Torah du Machia’h s’est déroulée un vendredi après-midi, au moment le plus proche des vingt années symboliques. « Tout d’un coup, il y a eu une excitation et une intensité qui se sont construites », raconte le Rav Katzman. « Tout le monde avait le sentiment que c’était ça. Le Machia’h arrive. »

Ce qui rendait ce moment particulièrement puissant était un détail que peu de gens remarquaient à l’époque : le Rabbi avait commandé une couronne spéciale pour le Sefer Torah. Quand le Rabbi a suivi la procession tenant une boîte mystérieuse, seuls ceux qui se tenaient au-dessus du chemin pouvaient voir à l’intérieur et découvrir cette couronne. L’un des Hassidim photographiés à ce moment-là montre une expression de choc pur sur son visage.

Dix jours plus tard, quand les invités sont partis sans que le Machia’h ne soit venu, la déception était palpable. « C’était vraiment une déception. Les gens n’arrivaient pas à y croire. » Mais ce moment a marqué un tournant crucial : « Le Machia’h est devenu quelque chose de plus réel, de plus sérieux. Nous avons commencé à associer chaque moment spécial au Machia’h. »

L’évolution : de la philosophie à l’urgence

Au fil des années, particulièrement après l’attaque cardiaque du Rabbi en 1977, quelque chose de fondamental a changé dans la conscience hassidique. Le Rabbi, qui avait toujours semblé immortel et angélique.

« Nous avons commencé à remarquer qu’en réalité, ce que nous apprenions dans les livres était vraiment la réalité. » Cette prise de conscience a transformé la façon dont la communauté percevait les enseignements hassidiques – non plus comme de la pure philosophie, mais comme des descriptions de la réalité spirituelle actuelle.

Les années 1980 ont vu une intensification dramatique. Le Rabbi a commencé à associer chaque année au nom du Machia’h, à publier des textes hassidiques cachés avec une intensité sans précédent, et à parler ouvertement de la nécessité de tout faire pour amener le Machia’h. La chanson « Nous voulons le Machia’h maintenant » est devenue un cri de ralliement, et le Rabbi l’a adoptée avec enthousiasme.

Le défi : passer de suiveur à leader

En 1991, lors du fameux discours du 28 Nissan, le Rabbi a lancé un défi révolutionnaire à sa communauté. Contrairement à l’interprétation populaire selon laquelle le Rabbi se plaignait de ne pas pouvoir amener le Machia’h, le Rav Katzman offre une lecture plus nuancée : « Le Rabbi se plaignait que tout ce qu’il avait fait pour nous amener à dire avec conviction ‘Nous voulons le Machia’h’ était resté vain. »

Le message du Rabbi était clair : il ne suffisait plus d’être de bons disciples. La communauté devait développer une conviction personnelle profonde (messirous nefech) pour le Machia’h. « C’est comme dit le proverbe : on peut amener le cheval à l’eau, mais on ne peut pas le forcer à boire. Je vous ai amenés à l’eau. Tout est là pour vous. Mais maintenant, j’ai besoin que vous commenciez à boire. »

Reconnaître les signes : le Machia’h dans le monde moderne

Comment transmettre cette urgence messianique à un monde sceptique ? Le Rav Katzman propose une approche fondée sur l’observation des transformations technologiques et sociales. Il cite l’exemple frappant de son ami Joe Arono, un homme d’affaires prospère qui voyait spontanément le Machia’h dans l’évolution des télécommunications.

« Qu’est-ce que le Machia’h ? » demandait Joe. « L’une des principales fonctions du Machia’h est d’apporter la paix dans ce monde. Comment apporte-t-on la paix ? La guerre vient de la mauvaise communication. La paix vient de la communication. Maintenant que la communication est peu coûteuse, nous communiquerons la paix. »

Cette perspective révèle une approche puissante : présenter le Machia’h non pas comme un événement futur abstrait, mais comme un processus déjà en cours dans notre réalité quotidienne. L’internet, l’intelligence artificielle, les avancées médicales – tous ces développements peuvent être compris comme des manifestations de l’ère messianique qui se déploie.

Stratégies pratiques : éduquer et inspirer

Le Rav Katzman identifie trois éléments clés pour transmettre la conscience messianique :

Premièrement, l’éducation sur ce qu’est réellement le Machia’h. Beaucoup de gens ont des idées erronées, voyant l’époque messianique comme un jour de jugement terrifiant plutôt que comme une libération joyeuse. « Quand vous éduquez les gens sur ce que le Machia’h va apporter – plus de soucis de factures, plus de joug de l’exil, la possibilité de vraiment vivre une belle vie – cela les affecte positivement. »

Deuxièmement, familiariser les gens avec le langage du Machia’h et les connecter aux événements mondiaux actuels. « Vous leur dites : écoutez, le fait que le monde soit arrivé à ce point, que ce soit en technologie, en richesse ou en confort de vie, vous pouvez les convaincre que cela fait partie du processus du Machia’h. »

Troisièmement, aider chaque personne à reconnaître l’étincelle du Machia’h en elle-même. « Chaque Juif a une étincelle du Machia’h en lui. Chaque Juif est un libérateur. Chaque Juif a en lui le pouvoir de libération. » Cette approche transforme la conscience messianique d’un concept externe en une réalité personnelle interne.

Surmonter le scepticisme : la force de l’évidence

Face au scepticisme des jeunes générations qui pointent les aspects négatifs du monde moderne, le Rav Katzman reconnaît la validité de leurs préoccupations tout en offrant une perspective plus large. « Bien sûr, qu’est-ce qui n’est pas négatif ? Mais ce qui n’est pas négatif, c’est la sainteté (kedoucha), et la kedoucha aujourd’hui est si forte et si puissante qu’on ne peut pas l’ignorer. »

Il souligne les succès extraordinaires des programmes de sensibilisation juive, particulièrement chez les jeunes professionnels et sur les campus universitaires. « Vous parlez de projets que personne n’aurait imaginés. Qui d’autre l’a fait à part nous ? Personne n’avait cette foi (emouna) et personne n’a suivi le Rabbi. Bien sûr, ils ne l’ont pas fait. Nous sommes allés de l’avant et nous l’avons fait. »

La voie à suivre : connexion et action

La conversation se termine sur une note d’encouragement et de défi pratique. Le Rav Katzman souligne que le Rabbi n’était pas seul dans sa proclamation de l’imminence du Machia’h – de nombreux dirigeants spirituels d’autres mouvements ont rejoint ce chorus. « Tout ce que nous devons faire, c’est nous connecter. Le Rabbi a dit : ‘Je suis comme un interrupteur. L’interrupteur est là. Il suffit de l’allumer.' »

Cette métaphore capture l’essence du message : la infrastructure spirituelle pour l’ère messianique est déjà en place. Il ne reste qu’à chaque individu de faire le choix conscient de s’y connecter, de reconnaître le Machia’h dans sa propre vie et dans le monde qui l’entoure, et d’agir en conséquence.

« Notre petit Machia’h rejoint le reste du monde, le Machia’h collectif. Et c’est ainsi que nous entrons dans l’ère du Machia’h. Et peut-être qu’à ce moment-là, le Machia’h dira : ‘D’accord les gars, vous êtes prêts pour moi. Je suis prêt pour vous.’ Rapidement de nos jours, Amen. »

Barouh Dayan Haemet : Shaïna Kohan, 6 ans, fille de Chlouh’im en Floride

Barouh Dayan Haemet : Shaïna Kohan, 6 ans, fille de Chlouh’im en Floride

La fille de six ans de Chlouh’im Habad de Jacksonville, en Floride, s’est éteinte mercredi soir, à la veille de Haï Elloul 5785. Cette âme précieuse et magnifique avait courageusement lutté contre la maladie pendant deux années. La communauté pleure la perte de cette enfant exceptionnelle qui laisse derrière elle une famille aimante et une communauté endeuillée.

 

Shaïna Kohan, âgée de six ans, fille de Chlouh’im Habad à Jacksonville, en Floride, est décédée mercredi soir, à la veille de Haï Elloul 5785. Elle avait six ans et souffrait d’une maladie depuis deux ans.

Shaïna était une âme précieuse et magnifique qui était élève au Heder de Jacksonville, qui fonctionne sous les auspices de Habad Loubavitch du nord-est de la Floride, dirigé par ses grands-parents, le Rav Yossi et Rivkie Kahanov.

Elle laisse derrière elle ses parents, le Rav Haï et Chanie Kohan, Chlouh’im à Jacksonville, ses sœurs Moussia, sa sœur jumelle Risa, Devora Leah et Malka. La famille vient d’être bénie avec un petit garçon dont la Brit Mila aura lieu prochainement.

 

VIDEO. Farbrenguen de Haï Elloul 5785 avec le Rav Moche Wichetsky au Beth Habad de Flandre

Mercredi 10 septembre 2025 : Grand Farbrenguen de Haï Elloul avec le Rav Moche Wichetsky au Beth Habad de Flandre

Un événement spirituel majeur se prépare dans le 19ème arrondissement de Paris pour célébrer l’une des dates les plus significatives du calendrier hassidique.

 

Le Beth Loubavitch organise mercredi 10 septembre 2025 un Farbrenguen exceptionnel en l’honneur de Haï Elloul au Beth Habad de Flandre. Cette soirée spirituelle, animée par le Rav Moche Wichetsky, débutera par une projection vidéo à 20h30 suivie du rassemblement communautaire à 21h. L’événement se déroulera au 59bis Avenue de Flandre dans le 19ème arrondissement, accessible via la station de métro Riquet.

Une célébration aux racines profondes du hassidisme

Haï Elloul occupe une place particulière dans le calendrier juif en tant que jour anniversaire de naissance de deux figures emblématiques du mouvement hassidique. Cette date du 18 Elloul commémore simultanément la naissance de Rabbi Israël Baal Chem Tov, fondateur du hassidisme au 18ème siècle, et celle de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, créateur du mouvement Habad-Loubavitch.

« Cette convergence de dates n’est pas fortuite », explique traditionnellement l’enseignement hassidique. « Elle symbolise la continuité spirituelle entre le maître fondateur du hassidisme et celui qui a développé sa dimension intellectuelle et pratique. » Ces deux personnalités ont révolutionné l’approche juive de la spiritualité en rendant accessible la mystique juive au plus grand nombre.

Le Farbrenguen, tradition vivante de partage

Le Farbrenguen constitue l’une des pratiques centrales de la tradition Habad-Loubavitch. Ces rassemblements combinent enseignements spirituels, chants hassidiques et échanges communautaires dans une atmosphère de fraternité et d’élévation spirituelle.

Le Rav Moche Wichetsky, qui dirigera cette soirée, est reconnu pour sa capacité à transmettre les enseignements hassidiques avec clarté et profondeur. « Un Farbrenguen n’est pas simplement une conférence », souligne-t-il régulièrement. « C’est un moment de connexion authentique où chaque participant peut puiser inspiration et force spirituelle. »

La soirée débutera par une projection vidéo à 20h30, permettant aux participants de s’immerger dans l’atmosphère de cette célébration avant le Farbrenguen proprement dit à 21h.

Un rendez-vous accessible au cœur de Paris

L’événement se déroulera au Beth Habad de Flandre, situé au 59bis Avenue de Flandre dans le 19ème arrondissement parisien. Cette localisation, facilement accessible via la station de métro Riquet, permet d’accueillir un large public souhaitant découvrir ou approfondir la tradition hassidique.

Le Beth Loubavitch de Paris, institution reconnue de la communauté juive française, organise régulièrement de tels événements pour maintenir vivante la tradition spirituelle et créer des liens communautaires authentiques.

Les organisateurs précisent que cette soirée s’adresse à tous, indépendamment du niveau de connaissance des traditions juives. « Haï Elloul représente un moment de renouveau spirituel accessible à chacun », indiquent-ils.

Informations pratiques et contact

Pour tout renseignement complémentaire, le Beth Loubavitch reste joignable au 01 45 26 87 60 ou par courrier électronique à [email protected]. Leur site internet www.loubavitch.fr propose également des informations détaillées sur leurs activités régulières et événements spéciaux.

Cette célébration de Haï Elloul s’inscrit dans la programmation annuelle du Beth Loubavitch, qui œuvre toute l’année pour transmettre les valeurs et enseignements du hassidisme à la communauté parisienne et aux visiteurs de passage dans la capitale.

 

Entre le 18 Elloul et Roch Hachana s’écoulent douze jours qui correspondent aux 12 mois de l’année écoulée

Entre le 18 Elloul et Roch Hachana s’écoulent douze jours qui correspondent aux 12 mois de l’année écoulée

Dans l’avancée qui, jour après jour, nous conduit aux grandes fêtes de Tichri, à Roch Hachana et à Yom Kippour, il existe des étapes. Il y a comme des jours différents qui, tout à coup, font apparaître une lumière nouvelle et relancent, de ce fait même, l’effort entrepris par chacun. Aujourd’hui, nous en rencontrons un : le 18 Elloul ou, pour reprendre la terminologie hébraïque, le «‘Haï Elloul – Elloul vivant».

 

Commençons par un peu d’histoire : c’est à cette date, respectivement en 1689 et en 1745, que naquirent le Baal Chem Tov, fondateur du ‘hassidisme, et Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, fondateur du ‘hassidisme ‘Habad. Cette seule constatation aurait suffi à faire du 18 Elloul une journée à part ; ne s’agit-il pas de deux de nos plus grands sages qui ont fondamentalement renouvelé notre manière de vivre le judaïsme ?

Cependant, la tradition va beaucoup plus loin quand elle les nomme «les deux grands luminaires». Car c’est bien de cela qu’il s’agit : comme un luminaire éclaire ce qui l’entoure, comme il révèle à tous ce qui, jusque là, avait été négligé, comme il crée un lieu de vie où tous se rassemblent, ainsi le Baal Chem Tov et Rabbi Chnéour Zalman furent ceux qui apportèrent au monde bien des éléments qui lui faisaient, en ce temps, si cruellement défaut et que l’histoire regroupa sous le nom de « ‘Hassidisme ».

On le sait aujourd’hui : une certaine connaissance des choses, une certaine vision et une certaine compréhension, clés du bonheur d’être juif, y étaient contenues.

Il a été souvent relevé que, entre le 18 Elloul et Roch Hachana s’écoulent exactement douze jours. Ce n’est, bien sûr, pas un hasard – en existe-t-il un ? Ces douze jours correspondent, nous dit-on, aux douze mois de l’année car la période est à la Techouva, au plus authentique des retours à D.ieu. Dès lors, ces douze jours sont une chance littéralement prodigieuse de réparer, au fil du temps, mois après mois de l’année écoulée. Une telle approche pourrait renvoyer à quelque forme de la désespérance ; chacun n’est-il pas conscient de ses propres insuffisances ? Le 18 Elloul se traduit donc, dans son appellation hébraïque, par « Elloul vivant » car il donne vie à toute l’œuvre spirituelle à accomplir.

En ces temps où nos efforts sont tendus dans la préparation intérieure à l’année nouvelle, ce jour est bien précieux, à la fois pour la leçon qu’il nous donne et pour la force dont il nous gratifie. Il faut savoir retenir l’une et l’autre afin que, demain, nous méritions que nous soit accordée la merveilleuse année dont rêvent tous les hommes.

Le 18 Elloul : quand les deux grands luminaires illuminent le chemin de la Techouva

Le 18 Elloul : quand les deux grands luminaires illuminent le chemin de la Techouva

Cette date unique dans le calendrier hébraïque marque la naissance de deux figures révolutionnaires du judaïsme. Le 18 Elloul nous offre une période de préparation spirituelle exceptionnelle avant Roch Hachana. Ces douze jours précieux constituent une opportunité de Techouva authentique et de renouveau intérieur.

 

 

Deux naissances historiques qui transformèrent le judaïsme

Commençons par un peu d’histoire : c’est à cette date, respectivement en 1689 et en 1745, que naquirent le Baal Chem Tov, fondateur du hassidisme, et Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, fondateur du hassidisme Habad.

Cette seule constatation aurait suffi à faire du 18 Elloul une journée à part ; ne s’agit-il pas de deux de nos plus grands sages qui ont fondamentalement renouvelé notre manière de vivre le judaïsme ? Cependant, la tradition va beaucoup plus loin quand elle les nomme « les deux grands luminaires ».

Des luminaires spirituels pour éclairer le monde

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : comme un luminaire éclaire ce qui l’entoure, comme il révèle à tous ce qui, jusque là, avait été négligé, comme il crée un lieu de vie où tous se rassemblent, ainsi le Baal Chem Tov et Rabbi Chnéour Zalman furent ceux qui apportèrent au monde bien des éléments qui lui faisaient, en ce temps, si cruellement défaut et que l’histoire regroupa sous le nom de « hassidisme ».

On le sait aujourd’hui : une certaine connaissance des choses, une certaine vision et une certaine compréhension, clés du bonheur d’être juif, y étaient contenues.

Douze jours pour une Techouva authentique

Il a été souvent relevé que, entre le 18 Elloul et Roch Hachana s’écoulent exactement douze jours. Ce n’est, bien sûr, pas un hasard – en existe-t-il un ?

Ces douze jours correspondent, nous dit-on, aux douze mois de l’année car la période est à la Techouva, au plus authentique des retours à D.ieu. Dès lors, ces douze jours sont une chance littéralement prodigieuse de réparer, au fil du temps, mois après mois de l’année écoulée.

Un Elloul vivant pour donner force à notre œuvre spirituelle

Une telle approche pourrait renvoyer à quelque forme de la désespérance ; chacun n’est-il pas conscient de ses propres insuffisances ? Le 18 Elloul se traduit donc, dans son appellation hébraïque, par « Elloul vivant » car il donne vie à toute l’œuvre spirituelle à accomplir.

En ces temps où nos efforts sont tendus dans la préparation intérieure à l’année nouvelle, ce jour est bien précieux, à la fois pour la leçon qu’il nous donne et pour la force dont il nous gratifie. Il faut savoir retenir l’une et l’autre afin que, demain, nous méritions que nous soit accordée la merveilleuse année dont rêvent tous les hommes.