Le célèbre chanteur hassidique Avraham Fried révèle comment le Rabbi l’a encouragé et guidé tout au long de sa carrière exceptionnelle. Pour des millions de Juifs à travers le monde, sa voix est devenue synonyme de musique juive, et chaque note qu’il chante est liée à une mission directement encouragée et bénie par le Rabbi.
Une mission qui donne vie
Ce n’est pas une exagération de dire que c’est ce qui le fait avancer. Avraham Fried confie que c’est cette mission qui le maintient en vie. Sans cette dimension spirituelle, il aurait peut-être déjà pris sa retraite après avoir atteint un certain niveau de succès. Mais c’est précisément la mission qui lui donne la force de continuer, surtout lorsque les gens veulent toujours l’entendre chanter.
L’enfance à Crown Heights et une voisine exceptionnelle
Avraham Fried est né le 22 mars 1959, et a grandi à Crown Heights, Brooklyn, au cœur de la communauté Loubavitch. Son histoire commence au 1414 President Street, un immeuble qui allait marquer sa destinée de manière extraordinaire. Au 1418 de la même rue vivait la Rebbetzin Hanna, la mère du Rabbi.
Cette proximité géographique a créé un lien unique. La famille Fried était connue comme une famille de chanteurs, et les mélodies qui s’échappaient de leur appartement pendant Chabbat ne passaient pas inaperçues. La Rebbetzin Hanna, qui appréciait énormément cette musique, invitait régulièrement le jeune Avraham à chanter pour elle.
Ces moments restent gravés dans sa mémoire, même s’il n’avait que quatre ans à l’époque. Il se souvient avoir chanté depuis derrière un rideau, car il était un peu timide. La Rebbetzin Hanna lui disait simplement en yiddish de chanter, et il s’exécutait, probablement avec des mélodies de Tanya ou d’autres nigounim traditionnels. Pour le jeune garçon, c’était son plus grand public.
Une prophétie maternelle
L’histoire devient encore plus remarquable lorsqu’on apprend qu’il existe une bénédiction de la Rebbetzin Hanna qui accompagne Avraham Fried jusqu’à ce jour. Selon ce qui lui a été rapporté par la fille de Mendel Marozov, qui était le secrétaire du Rabbi, la Rebbetzin Hanna se tenait un jour à parler avec le Rav Weinberg. Elle mentionna le jeune garçon de l’immeuble voisin en disant qu’il aurait un avenir dans le chant.
Des années plus tard, le Rav Hodakov, secrétaire du Rabbi, jouait les cassettes d’Avraham Fried dans la voiture pour la Rebbetzin Hanna. Elle appréciait particulièrement « Tate’nou », une chanson dont les paroles décrivaient le Rabbi et la mission hassidique. Il est même écrit dans un livre qu’un vendredi après-midi avant son décès, elle chantait ce nigoun.
Le Rabbi en personne
Au-delà de sa mère, le Rabbi lui-même manifestait une attention particulière envers le jeune Avraham. Chaque jour, le Rabbi venait rendre visite à sa mère, et le jeune garçon se tenait dehors pour chanter. Le Rabbi s’arrêtait et lui faisait signe de la tête en reconnaissance. C’était leur rituel, simple mais profond.
Avraham Fried était présent à pratiquement tous les événements du Rabbi. Vivant à Crown Heights, il était là pour chaque rassemblement, chaque Farbrenguen. Quand les téléavertisseurs sonnaient pour annoncer un événement spécial, il courait vers le 770 Eastern Parkway comme tous les autres membres de la communauté.
Des racines familiales particulières
L’histoire de la famille Fried présente une particularité intéressante. Contrairement à beaucoup de familles de Crown Heights, ni le grand-père paternel ni le grand-père maternel d’Avraham n’étaient connectés à Loubavitch à l’origine. Son père avait rencontré le Rashag (le gendre du précédent Rabbi) à Tachkent, en Ouzbékistan. Lorsque la famille arriva en Amérique, le Rashag offrit à son père un poste de travail dans une yechiva à Bedford Avenue, entre Bedford et Dean Street.
Le père d’Avraham y travailla pendant 45 ans, tout en conservant ses propres traditions et coutumes. Il était définitivement un ‘Hassid du Rabbi, mais il ne changea pas ses minhaguim (coutumes) ou son style vestimentaire. Cependant, tous ses enfants, il les confia au Rabbi, les inscrivant dans les institutions Loubavitch.
Initialement, les parents avaient tenté une autre école pendant un an, mais cela n’avait pas fonctionné. C’est ainsi que Loubavitch devint leur maison spirituelle. Avraham fréquenta l’école Oholei Torah, où il eut d’excellents professeurs qui marquèrent sa vie.
Les années de formation
Parmi ses enseignants figuraient le Rav Sholom Ber Chaikin, qui enseignait au tout début, puis le Rav Vashetski et le Rav Freedman dans les classes plus avancées. Plus tard vint le Rav Majesky, l’un des jeunes enseignants qui apportait une énergie nouvelle. Avraham décrit ces éducateurs comme « la crème de la crème ».
Certaines personnalités plus âgées de la communauté laissèrent également une impression durable sur lui. Le Rav Rosenfeld, bien que considérablement plus âgé, l’appelait de temps en temps pour l’encourager en lui disant : « Tu rends Loubavitch célèbre dans le monde entier. Continue comme ça ! » Ces paroles d’encouragement d’un sage respecté avaient une valeur inestimable pour le jeune chanteur.
Dans son bureau, Avraham Fried garde très peu de photos de ses performances ou de célébrités. Par contre, il conserve précieusement deux images : l’une du Rav Rosenfeld lui donnant une grande accolade et un baiser lors d’un dîner, et une autre du ‘Hassid vénérable Rav Nissan Neminov avec le Rav Gurary. Ce dernier, déjà dans ses années quatre-vingt-dix, était un grand admirateur qui assistait aux concerts d’Avraham. Il existe une photo de lui embrassant la main du chanteur après un concert.
Pour Avraham, ces marques de reconnaissance de la part d’anciens respectés étaient précieuses et sans prix. Entendre un sage lui dire qu’il écoutait sa musique signifiait énormément pour un jeune ‘Hassid.
Le passage à la Yechiva centrale
Après Oholei Torah, Avraham passa à la Yechiva centrale 770, où il étudia pendant plusieurs années. À cette époque, il était régulièrement appelé pour chanter lors des événements et des Farbrenguens. Sa réputation de chanteur talentueux grandissait au sein de la communauté.
Il se souvient avoir fait partie du groupe qui se rendait quotidiennement pour compléter le minyan de prière. Ces moments de connexion avec la communauté et les rituels quotidiens formaient le tissu de sa vie spirituelle.
Les débuts de la carrière musicale
L’entrée d’Avraham Fried dans le monde de la musique juive professionnelle s’est faite progressivement. Il commença à enregistrer ses premiers albums alors qu’il était encore un jeune étudiant. Chaque étape était accompagnée par les bénédictions et l’encouragement du Rabbi.
Lorsqu’il sortait son tout premier album en tant que jeune étudiant, le Rabbi lui manifesta une attention personnelle remarquable. Avec la tendresse d’un père, le Rabbi prit le temps de lui donner une directive (hora’ah) qu’Avraham chérit encore aujourd’hui. Cette implication directe du Rabbi n’était pas un événement isolé, mais établissait un modèle de guidance continue.
L’argent des missions et les devises du monde
Un aspect fascinant de la relation entre le Rabbi et Avraham Fried concerne les tournées internationales. Avant chaque départ pour une tournée à l’étranger, le Rabbi lui remettait de l’argent de Mitsva d’émissaire (Chaliah Mitsva Gelt), et ce qui est remarquable, c’est que cet argent était spécifiquement dans la devise du pays où il se rendait.
Au fil des années, Avraham a accumulé toute une collection de ces différentes devises du monde entier. Chaque billet ou pièce représente un symbole tangible de la bénédiction du Rabbi pour sa mission dans ce lieu spécifique. Cette collection est un témoignage matériel du soutien continu et de l’implication personnelle du Rabbi dans chaque aspect de sa carrière.
Une bouteille de vin et un message silencieux
Parmi les nombreuses interactions avec le Rabbi, un moment particulier reste gravé dans la mémoire d’Avraham Fried. Lors d’une distribution après un Farbrenguen, alors qu’il était encore un jeune étudiant, le Rabbi lui tendit une bouteille de vin.
Surpris, Avraham demanda silencieusement avec son regard : « C’est pour moi ? » Sans prononcer un mot, le Rabbi prit une seconde pause, comme pour confirmer, puis lui donna la bouteille. Le Rabbi ne dit rien, mais le message était clair.
En s’éloignant, Avraham était stupéfait. Le Rabbi lui avait donné une bouteille entière. Ce moment lui donne encore aujourd’hui une force énorme. Il comprit que chaque concert était comme un Farbrenguen, une célébration hassidique. Il prit cette bouteille à chaque concert et la distribua au public, perpétuant ainsi la bénédiction du Rabbi.
L’enregistrement du Kapitel
Une autre connexion importante entre Avraham Fried et le Rabbi concerne l’enregistrement du Tehilim du Rabbi récité lors des rassemblements hassidiques. Avraham fut choisi pour enregistrer le Tehilim, une tâche qu’il effectua pendant une période, bien qu’il décida finalement de se retirer de cette responsabilité pour se concentrer sur d’autres aspects de sa mission musicale.
Néanmoins, il eut le mérite d’enregistrer le Tehilim du Rabbi. Cette année-là, tout au long de l’année, c’était la chanson qui était chantée lors des rassemblements hassidiques. Certaines chansons fonctionnaient mieux que d’autres, et celle-ci marqua particulièrement les esprits.
Plus tard, d’autres mélodies furent adoptées, notamment celles sur la Gueoulah (Rédemption). Les premières années, lorsque le compositeur prenait d’anciens nigounim et les adaptait avec de nouvelles paroles, ces mélodies devinrent très populaires et le restent encore aujourd’hui.
La chanson Tate’nou et la Rebbetzin Hanna
La chanson « Tate’nou » occupe une place spéciale dans le répertoire d’Avraham Fried, non seulement pour sa beauté musicale mais aussi pour son lien avec la Rebbetzin Hanna. Cette chanson apparut sur son troisième album et contenait des paroles qu’il avait écrites décrivant le Rabbi et la mission hassidique.
Le Rav Hodakov, qui conduisait souvent la Rebbetzin Hanna, jouait les cassettes d’Avraham dans la voiture. Elle appréciait particulièrement « Tate’nou » et ses paroles significatives. Selon ce qui a été rapporté et même écrit dans un livre, un vendredi après-midi avant son décès, elle chantait ce nigoun, créant ainsi un lien éternel entre cette mélodie et la mère du Rabbi.
La mission : utiliser ses talents pour D.ieu
Lorsqu’on lui demande quel message il tire de son expérience avec le Rabbi, Avraham Fried est catégorique : tout le monde a un talent. Il cite le dicton célèbre : « Si vous savez cuisiner, enseignez la cuisine. » Chacun possède un don qu’il peut utiliser pour servir D.ieu et impacter le monde.
Il encourage les gens à ne pas jouer l’humilité fausse en prétendant ne pas avoir de talent à offrir. Tout le monde a quelque chose. Il s’agit simplement de l’identifier et de l’utiliser. Ne pas utiliser son don, c’est gaspiller un cadeau divin.
Avraham reconnaît qu’il a la chance d’avoir un don qui a une portée mondiale, ce qui explique pourquoi il est interviewé et connu internationalement. Mais il souligne que chaque enseignant qui n’est pas sur une scène mondiale possède néanmoins le grand privilège d’enseigner, d’être un émissaire et d’inspirer les autres à son niveau.
Le message est clair : utilisez votre talent, même si vous n’êtes pas interviewé sur des podcasts ou reconnu publiquement. Faites ce que vous devez faire. Vous avez un talent, utilisez-le. Sinon, c’est simplement du gaspillage.
Une mission totale, pas une carrière
Depuis le tout début, la musique d’Avraham Fried n’a jamais été simplement une carrière. C’était, et c’est toujours, « totalement une mission » (Chli’hout). Cette distinction est fondamentale pour comprendre sa longévité et sa passion qui ne faiblit pas après des décennies.
Il partage des récits émouvants et personnels des bénédictions directes et de l’encouragement du Rabbi, qui ont guidé son parcours d’un jeune étudiant à une icône musicale juive mondiale. Le mérite incroyable de son enfance précoce, incluant le fait de chanter pour le Rabbi et pour la Rebbetzin Hanna, établit le ton pour une vie entièrement dédiée à utiliser ses talents pour le service de D.ieu.
Une voix qui vieillit comme un bon vin
Ceux qui ont assisté récemment à des événements où Avraham Fried se produisait sont impressionnés par le fait que sa voix vieillit comme un bon vin. Après tant d’années, il continue de chanter avec passion et qualité, un témoignage de sa dévotion à sa mission.
Mais Avraham exprime un souhait profond : il espère pouvoir continuer à chanter pendant de nombreuses années encore, mais avec un changement crucial. Au lieu de chanter sur « quand viendra Machia’h », il espère bientôt chanter sur le fait que Machia’h est enfin arrivé. Le texte devrait changer, pas seulement la mélodie.
Et il est prêt. Il a déjà une chanson préparée pour ce moment. « Nous sommes prêts, prêts à partir », dit-il avec une conviction palpable. C’est le but ultime de toute sa mission : pouvoir chanter la chanson de la Rédemption finale.
Le message central du Rabbi
À travers toutes ces histoires et expériences, un message central émerge, celui que le Rabbi a transmis à Avraham Fried et qu’il transmet maintenant au monde : chacun a une mission. Chacun peut avoir un impact. Utilisez vos talents uniques pour D.ieu.
Ce n’est pas une question d’échelle ou de reconnaissance mondiale. C’est une question d’authenticité et de dévouement. Que vous soyez sur une scène internationale ou dans une salle de classe locale, que vous chantiez devant des milliers de personnes ou que vous enseigniez à quelques élèves, vous avez un rôle à jouer dans le plan divin.
Le Rabbi a investi Avraham Fried d’une mission avec un microphone, mais le principe s’applique à tous : trouvez votre microphone, votre outil, votre talent, et utilisez-le pour élever le monde et apporter la lumière de la Rédemption.
Un héritage vivant
Pour des millions de Juifs à travers le monde, la voix d’Avraham Fried est synonyme de joie juive, de spiritualité hassidique et de connexion au Rabbi. Chaque mélodie qu’il chante porte en elle les bénédictions du Rabbi, l’encouragement de la Rebbetzin Hanna, et des décennies de dévouement à une mission sacrée.
Son histoire n’est pas simplement celle d’un chanteur qui a réussi. C’est l’histoire d’un émissaire qui a pris au sérieux la directive du Rabbi d’utiliser ses talents pour servir D.ieu et le peuple juif. C’est l’histoire d’un homme qui, chaque fois qu’il monte sur scène, ne cherche pas les applaudissements mais accomplit une mission spirituelle.
Et dans cette mission, il trouve non seulement sa raison de vivre, mais aussi l’inspiration qui le maintient en vie, la force qui le fait continuer, et l’espoir qui le porte vers le jour où il pourra enfin chanter la chanson ultime : celle de Machia’h qui est arrivé.
Puissions-nous tous mériter de l’entendre bientôt chanter cette chanson, et puisse chacun de nous trouver sa propre mission unique et l’accomplir avec la même dévotion et la même joie.
















