Ce que nous apprend le «Chaar Habitahon»  de Rabbenou Bé’hayé ibn Paquda – Un guide pratique pour réussir sa vie

Ce que nous apprend le «Chaar Habitahon» de Rabbenou Bé’hayé ibn Paquda – Un guide pratique pour réussir sa vie

 Il y a mille ans, un sage espagnol nommé Rabbenou Bé’hayé ibn Paquda a découvert que la clé se trouve dans la confiance — non pas une confiance naïve, mais une disposition intérieure qui transforme notre façon d’agir et de vivre. En examinant les sept qualités nécessaires pour faire confiance à quelqu’un, il révèle en miroir les sept qualités que nous devons cultiver en nous-mêmes pour atteindre la sérénité — et paradoxalement, c’est cette sérénité qui est le plus puissant moteur de réussite.

INTRODUCTION

Une question universelle

Comment réussir sa vie ? Cette question, chacun se la pose un jour ou l’autre. Elle traverse les époques et les cultures. Qu’est-ce qui nous permet vraiment de nous épanouir ? Quelles qualités devons-nous développer pour être heureux ?

Il y a près de mille ans, un sage espagnol nommé Rabbenou Bé’hayé ibn Paquda a écrit un texte remarquable sur ce sujet : le « Chaar Habitahon » (La Porte de la Confiance). Ce texte fait partie d’un ouvrage plus vaste, le « ‘Hovot Halévavot » (Les Devoirs du Cœur).

Son idée centrale est simple mais profonde : la confiance est la clé de tout épanouissement véritable.

Ce que nous allons découvrir

Rabbenou Bé’hayé décrit sept conditions pour faire confiance à quelqu’un. Mais ces sept conditions nous révèlent aussi sept qualités à développer en nous-mêmes pour réussir notre vie.

En les examinant, nous allons comprendre comment réconcilier deux aspects apparemment contradictoires de l’existence : d’un côté, faire des efforts pour réussir ; de l’autre, accepter que tout ne dépend pas de nous. Cette sagesse mène à ce que l’auteur appelle la « tranquillité de l’âme » — un état de sérénité profonde qui est, paradoxalement, le meilleur moteur de réussite.

PREMIÈRE PARTIE

Qu’est-ce que la confiance ?

Définition de la confiance

Faire confiance, ce n’est pas une idée abstraite. C’est un état intérieur très concret. Rabbenou Bé’hayé le définit ainsi :

« La confiance, c’est la tranquillité de l’âme de celui qui fait confiance. Son cœur s’appuie sur celui en qui il a confiance pour faire ce qui est bon et juste pour lui. »

Trois éléments essentiels ressortent de cette définition :

1. Une tranquillité intérieure — La confiance se manifeste par un calme profond, pas simplement une croyance intellectuelle.

2. Un appui du cœur — On s’oriente entièrement vers la personne en qui on a confiance.

3. Une affaire précise — On fait confiance pour quelque chose de particulier, pas de manière illimitée.

Les sept conditions de la confiance

Pour qu’on puisse vraiment faire confiance à quelqu’un, cette personne doit réunir sept qualités. Examinons-les une par une :

1. La compassion et l’amour

La personne en qui on fait confiance doit sincèrement vouloir notre bien. Sans cette bienveillance de base, pourquoi ferait-elle quoi que ce soit pour nous aider ? C’est le point de départ de toute relation de confiance.

2. L’attention constante

Elle ne doit être « ni oublieuse ni paresseuse ». Même le meilleur ami peut nous oublier, être pris par ses propres soucis. La confiance exige une vigilance permanente envers nos besoins.

3. La puissance effective

Vouloir nous aider ne suffit pas — encore faut-il le pouvoir ! Une personne peut être pleine de bonnes intentions mais incapable de réaliser ce qu’elle souhaite pour nous.

4. La connaissance du vrai bien

C’est peut-être la condition la plus subtile. La personne doit savoir ce qui est vraiment bon pour nous — pas seulement ce que nous croyons vouloir. Combien de fois désirons-nous des choses qui, au final, nous nuisent ?

5. L’accompagnement depuis toujours

Pour nous connaître vraiment, il faudrait nous avoir accompagnés depuis notre naissance. Qui peut prétendre nous connaître aussi intimement ?

6. Le contrôle exclusif

Idéalement, la personne devrait avoir le contrôle total de notre situation, sans qu’aucun autre facteur ne puisse interférer. Dans la réalité, notre vie dépend de multiples personnes et circonstances.

7. La générosité inconditionnelle

Enfin, cette personne devrait être généreuse envers tous, qu’ils le « méritent » ou non, et ce de manière constante, sans jamais faiblir.

DEUXIÈME PARTIE

Un constat troublant : Personne ne remplit ces conditions

Quand on examine honnêtement ces sept conditions, on arrive à une conclusion frappante : aucun être humain ne peut les remplir toutes.

Même nos proches les plus aimants sont limités : leur compassion fluctue selon leurs humeurs ; leur attention est dispersée par leurs propres soucis ; leur pouvoir est restreint ; leur compréhension de notre bien reste partielle ; ils ne nous connaissent que depuis un moment de notre vie ; d’autres personnes influencent notre destin ; et leur générosité a ses limites.

Ce n’est pas une critique — c’est simplement la condition humaine. Nous sommes tous limités.

Que faire de ce constat ?

Face à cette réalité, deux réactions sont possibles. La première serait le désespoir : puisque personne n’est digne de confiance, vivons dans la méfiance permanente !

Mais Rabbenou Bé’hayé propose une autre voie, bien plus féconde. Il opère ce qu’on pourrait appeler un « double retournement » :

Premier retournement : Si aucun humain ne peut être l’objet d’une confiance totale, c’est vers D.ieu que nous pouvons diriger cette confiance. Lui seul réunit les sept conditions parfaitement.

Second retournement : Ces sept qualités que nous cherchons chez l’autre, nous pouvons les cultiver en nous-mêmes ! Elles deviennent alors un programme de développement personnel.

TROISIÈME PARTIE

Sept qualités à cultiver

Chaque condition de la confiance, retournée vers nous-mêmes, révèle une qualité à développer pour réussir notre vie.

1. La bienveillance active

De la compassion → Soyons bienveillants — d’abord envers nous-mêmes, puis envers les autres.

Beaucoup de gens se traitent plus durement qu’ils ne traiteraient leur pire ennemi ! Ils se critiquent sans cesse, ne se pardonnent rien. L’auto-compassion n’est pas de la faiblesse — c’est reconnaître notre propre dignité.

Étendue aux autres, cette bienveillance crée des relations authentiques et nourrissantes.

2. La vigilance constante

De l’attention → Restons présents et attentifs à notre vie et à nos engagements.

Deux ennemis menacent cette vigilance : l’oubli (on perd de vue ce qui compte vraiment) et la paresse (on n’a plus l’énergie de poursuivre). La vigilance maintient notre cap malgré les distractions.

Cette qualité ressemble à ce qu’on appelle aujourd’hui la « pleine conscience » : être vraiment là, dans l’instant présent.

3. La force intérieure

De la puissance → Développons notre résilience face aux obstacles.

Cette force n’est pas de la rigidité. C’est la capacité de persévérer malgré les difficultés, de se relever après les chutes, de ne pas confondre l’échec d’un projet avec l’échec de notre personne.

L’homme résilient traverse les tempêtes et en ressort grandi.

4. Le discernement

De la connaissance du bien → Apprenons à distinguer nos vrais besoins de nos désirs superficiels.

Nous voulons souvent des choses qui ne nous conviennent pas vraiment. Le discernement, c’est savoir ce qui est bon pour nous à long terme, pas seulement ce qui nous fait envie maintenant.

Cela demande une connaissance de soi en profondeur : quelles sont mes vraies motivations ? Qu’est-ce qui me rendra vraiment heureux ?

5. La vision à long terme

De l’accompagnement continu → Inscrivons nos actions dans une perspective large.

D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Cette vision donne sens à nos efforts quotidiens. Elle permet d’accepter des frustrations présentes au nom d’un accomplissement futur.

La vision à long terme inclut aussi la mémoire : intégrer nos expériences passées pour ne pas répéter nos erreurs.

6. L’autonomie intérieure

De l’exclusivité → Ne dépendons pas du regard des autres pour notre équilibre.

L’autonomie intérieure, ce n’est pas l’isolement. C’est garder son centre de gravité en soi-même, sans être ballotté par les opinions, les pressions, les jugements d’autrui.

Celui qui a cette autonomie peut écouter les critiques sans être détruit par elles, recevoir les louanges sans en devenir dépendant.

7. La générosité fondamentale

De la bonté inconditionnelle → Donnons sans calculer le retour.

Cette générosité n’est pas naïve. C’est une orientation profonde vers le don : temps, attention, ressources. Paradoxalement, celui qui donne généreusement reçoit souvent plus qu’il n’a donné — non comme récompense calculée, mais comme fruit naturel de l’ouverture.

L’unité des sept qualités

Ces sept qualités ne sont pas séparées — elles forment un tout. La bienveillance sans discernement devient naïveté ; la force sans bienveillance devient brutalité ; l’autonomie sans générosité devient égoïsme…

C’est leur harmonie qui crée l’excellence, pas la maximisation d’une seule au détriment des autres.

QUATRIÈME PARTIE

Le secret de la sérénité

Un paradoxe apparent

Nous voici face à un paradoxe : d’un côté, on nous demande de cultiver des qualités, de faire des efforts ; de l’autre, la confiance semble impliquer de lâcher prise, de s’abandonner…

Comment concilier ces deux exigences ? Faut-il agir ou s’abandonner ?

La clé : distinguer effort et résultat

La solution tient en une distinction simple mais transformatrice : nous sommes responsables de nos efforts, pas de leurs résultats.

Concrètement : faisons tout ce qui est en notre pouvoir, avec toutes les qualités décrites. Puis, une fois l’effort accompli, lâchons prise sur le résultat. Car mille facteurs, hors de notre contrôle, déterminent l’issue de nos actions.

Ce lâcher-prise n’est pas de la passivité ou de l’indifférence. C’est la reconnaissance lucide de nos limites. Et cette reconnaissance, paradoxalement, rend notre action plus efficace — car elle la libère de l’anxiété qui la contracte.

La sérénité comme fruit

Le résultat de cette sagesse est ce que Rabbenou Bé’hayé appelle « ménou’hat hanéfech » — la tranquillité de l’âme.

Cette sérénité n’est pas l’absence de mouvement. C’est la qualité d’un engagement libéré de l’anxiété. Et voici le paradoxe final : cette sérénité est le plus grand facteur de réussite.

Pourquoi ? Parce que l’homme serein :

• Perçoit plus clairement (son jugement n’est pas obscurci par l’anxiété)

• Décide plus justement (il n’est pas poussé par la peur)

• Agit plus efficacement (son énergie n’est pas gaspillée en tensions)

• Persévère plus longtemps (il n’est pas épuisé par le stress)

CONCLUSION

Ce qu’il faut retenir

Les quatre enseignements majeurs

Premier enseignement : Les sept conditions de la confiance nous montrent pourquoi aucune confiance totale n’est possible entre humains — et c’est normal. Cela nous libère d’attentes irréalistes envers les autres.

Deuxième enseignement : Ces mêmes conditions, retournées vers nous-mêmes, définissent sept qualités à cultiver : bienveillance, vigilance, force, discernement, vision, autonomie et générosité.

Troisième enseignement : La vraie sagesse distingue ce qui dépend de nous (l’effort) et ce qui n’en dépend pas (le résultat). Cette distinction libère l’action de l’anxiété.

Quatrième enseignement : La sérénité qui en découle n’est pas un luxe ou une faiblesse — c’est le plus puissant moteur de réussite authentique.

Une sagesse toujours actuelle

Ce texte a près de mille ans. Pourtant, dans notre monde marqué par l’accélération, l’incertitude et l’anxiété généralisée, sa sagesse reste étonnamment pertinente.

La réussite authentique n’est pas la conquête anxieuse d’objectifs extérieurs. C’est l’épanouissement serein de ce que nous sommes appelés à être. Les sept qualités ne sont pas des « techniques de développement personnel » au sens superficiel — elles sont les conditions d’une vie véritablement réussie.

Une vie où l’effort et l’abandon, l’action et la contemplation, la responsabilité et la confiance, trouvent leur juste équilibre.

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« Quand une personne clarifie cela pour elle-même, et que sa reconnaissance de la vraie bonté du Créateur devient forte — elle placera sa confiance en Lui, s’abandonnera complètement à Lui, et laissera la direction de sa vie à Lui, ne Le soupçonnera jamais dans Ses jugements, et ne sera pas contrariée par ce qu’Il a choisi pour elle. »

— Rabbenou Bé’hayé ibn Paquda

Chaar Habitahon, chapitre 2

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«Regarder juste» : le nouveau single de David Sitbon, un hymne à l’espoir après quinze ans de carrière

«Regarder juste» : le nouveau single de David Sitbon, un hymne à l’espoir après quinze ans de carrière

Le chanteur David Sitbon célèbre quinze années de carrière avec un nouveau single porteur d’espoir. Après des centaines de concerts bénévoles pour les soldats de Tsahal pendant la guerre, l’artiste livre un message universel sur la lumière intérieure. Une œuvre qui unit le parcours personnel au destin collectif du peuple juif.

 

 

 

 

Quinze ans de scène et d’émotion

David Sitbon, l’une des voix les plus émouvantes et puissantes de la musique juive, célèbre quinze années de création et de concerts en Israël et à travers le monde. Durant la dernière guerre, David s’est produit dans des dizaines de bases de Tsahal à travers tout le pays, offrant des centaines de représentations entièrement bénévoles aux soldats, leur apportant des moments de réconfort, de lumière et de répit au cœur de la période la plus difficile.

Un single né de la douleur et de l’espoir

Il lance aujourd’hui « Lehitbonen Na’hon » (Regarder juste), un single écrit à partir d’un sentiment d’impasse et d’une douleur profonde, celle d’un homme qui ne voit pas d’avenir clair devant lui. Un sentiment que tout le peuple d’Israël a connu durant ces deux années de guerre, de déchirement et d’incertitude.

Mais au milieu de tout cela émerge un message clair et limpide : chaque personne possède sa propre fenêtre, un point de lumière intérieur à travers lequel elle peut choisir de voir le bien. Même quand il fait sombre, même quand le cœur est lourd, il reste toujours une petite ouverture qui choisit la vie, qui choisit l’espoir.

David Sitbon unit le récit personnel au récit national et crée une œuvre qui nous demande de nous arrêter, de regarder… et de découvrir la lumière qui ne s’éteint jamais.

Paroles du single « Lehitbonen Na’hon »

Je tourne en rond entre des murs blancs
Le temps s’enfonce dans le silence des réponses
Une réalité qui se brise face à la morale de la vie
Et quand la vérité frappera-t-elle en plein visage
On dirait que cela émerge des profondeurs
Du plus profond de l’âme
Et alors nous saurons que ce sont les petits gestes qui comptent

Alors qu’est-ce qu’il nous reste au bout du compte
Au bout du compte il n’y a que toi et moi
Face à tous
Face au monde entier

Alors tiens bon, tiens très fort
N’abandonne pas car
C’est la force qui m’empêche
De tomber

Et parfois
Il semble qu’en attendant
Tout paraît peut-être perdu
Et la force qui fait avancer
Parfois je ne la trouve pas en moi

Et même si l’on ne voit pas le ciel
Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas
Cela me montre simplement comment regarder par la fenêtre
Regarder juste
Juste

Malgré tout, et en dépit de tout
Au milieu de toutes ces épreuves
Celles qui te font tomber, tu affrontes
Et c’est possible
Car même le plus petit a raison face à la porte
Et dans tout ce chaos
Il ne reste qu’une seule vérité
Une vérité simple
C’est l’amour

Et parfois
Il semble qu’en attendant
Tout paraît peut-être perdu
Et la force qui fait avancer
Parfois je ne la trouve pas en moi

Et même si l’on ne voit pas le ciel
Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas
Cela me montre simplement comment regarder par la fenêtre
Regarder juste
Juste

Regarde juste
Juste

 

Crédits

  • Paroles et musique : Chlomi Azriel
  • Arrangement et production musicale : Shroulik Mendelsohn
  • Production technique : David Sitbon et Yonathan Porat
  • Guitares : Yonathan Porat
  • Enregistrement des voix : Studios Mena’hem Mounis
  • Mixage : Adi Perez
  • Tournage et montage vidéo : Chneor Mounis
  • Graphisme et conception de la pochette : GRAPHIC – NADAV
  • Relations publiques : Mendi Kornet – 058-771-7702
De la Lettonie à Londres : Farbrenguen avec le légendaire Rav Its’hak Horowitcz « le Matmid »

De la Lettonie à Londres : Farbrenguen avec le légendaire Rav Its’hak Horowitcz « le Matmid »

Le 10 Kislev marque le 84e Yortzeit du légendaire ‘Hassid Rav Its’hak Matmid. À travers une série d’articles de journaux de l’époque, « En marge de l’histoire de Habad » nous offre un aperçu de sa personnalité remarquable et de son œuvre dévouée. Plongée dans la vie d’un homme dont l’ascèse et la ferveur ‘hassidique ont marqué des générations entières.

 

 

Rav Its’hak Halévi Horowitcz naquit aux alentours de 5650 (1890) dans le village agricole juif de Bereznehouvate (Nahar-Tov), en Ukraine. Dès son plus jeune âge, il acquit le surnom de « Itché Matmid » en raison de son assiduité remarquable dans l’étude. Après avoir rejoint la nouvelle Yechiva Tomkhei Temimim à Loubavitch, il se consacra à l’étude de la ‘Hassidout et à la Avoda Chebalev (service du cœur par la prière) avec cette même Hassmada (assiduité) intense.

Après son mariage, Rav Its’hak servit comme Machpia et Roch Yechiva dans diverses villes russes. En 5693 (1933), il quitta la Russie et s’installa à Riga, en Lettonie. Pour le reste de sa vie, il servit comme Chadar itinérant pour le Rabbi précédent, collectant des fonds et enseignant la ‘Hassidout, « récoltant le Gachmiout et semant le Rou’hniout ».

L’histoire de la vie de Rav Its’hak est relatée dans la biographie en hébreu « Yirat Hachem Otsro », écrite par Rav Israël Alfenbein, et dans l’ouvrage en anglais « The 25th Hour » de Rav El’hanan Lesches. Dans cet article, nous présentons une série de témoignages tirés de journaux de l’époque qui nous offrent un aperçu intime de la personnalité et des activités de Rav Its’hak durant la période de sa vie à Riga.

Un ‘Hassid remarquable arrive à Riga

Notre premier article parut dans le journal Ovent Post de Riga le 6 Chevat 5693 (2 février 1933). Rav Its’hak venait d’arriver à Riga deux mois plus tôt, mais sa personnalité remarquable avait déjà fait une impression si puissante que ce journal de gauche habituellement antireligieux publia un portrait élogieux de lui.

De façon surprenante, l’auteur de cet article comprit assez bien la personnalité unique de Rav Its’hak et réussit à la transmettre convenablement aux lecteurs. Le secrétaire du Rabbi précédent, Rav ‘Hatché Feigin, fut si impressionné par l’article qu’il écrivit à Rav Israël Jacobson en Amérique pour qu’il tente de faire republier cet article dans la presse juive américaine. Des préparatifs étaient alors en cours pour que Rav Its’hak entreprenne ce qui devint une visite de deux ans en Amérique, et Rav ‘Hatché était désireux de présenter Rav Its’hak au public américain.

Des extraits de cet article furent cités dans Yirat Hachem Otsro, mais nous le présentons ici dans son intégralité, en traduction française :

Itché der Matmid à Riga

Un « Gouter Yid » dont le public sait très peu de choses.

Riga sert, comme on le sait, de point de transit pour les personnes quittant la Russie. Ces émigrés sont principalement des Klei Kodech qui, plus que quiconque, ont perdu le sol sous leurs pieds. De temps à autre, un nouvel immigrant apparaît à Riga : un Rav, un Cho’het, ou un autre type de Klei Kodech.

Itché der Matmid est arrivé de Russie il n’y a pas longtemps, et il a immédiatement attiré l’attention des cercles orthodoxes, particulièrement les cercles ‘hassidiques. C’est un homme remarquable, tel qu’on en rencontre rarement dans la vie réelle, même parmi les orthodoxes, pourtant riches en personnages de toutes sortes.

C’est un Juif qui a dépassé la quarantaine, au visage pâle comme un drap, orné d’une longue barbe noire, portant un sac usé de style paysan. Il est voûté, absorbé et immergé dans les mondes supérieurs – on peut le croiser chaque jour sur le chemin du Mikvé.

Son apparence extérieure seule, avec ses vêtements entièrement faits de pure soie par souci du Chaatnez, attire déjà l’attention et inspire une sorte de crainte respectueuse, comme si l’on regardait un saint homme. Et Itché est véritablement un ascète de type nazir au sens plein du terme. La ‘Hassidout ne tolère pas l’ascétisme ni même la tristesse, il est donc véritablement un phénomène rare avec sa synthèse de ‘Hassidout et d’ascétisme. Il n’est pas un Parouch, ‘Hass Véchalome, mais depuis plus de vingt-cinq ans, pas une miette de viande n’est entrée dans sa bouche. Et non pas parce qu’il serait végétarien, ‘Hass Véchalome – une telle chose serait considérée presque comme une forme d’Apikorssout – mais plutôt par souci de Cacheroute.

« Qui sait qui était le Cho’het de ce morceau de viande et quelles pensées traversaient son esprit pendant l’abattage ? » Et pas seulement dans l’état actuel de la Cacheroute en Russie soviétique, mais même dans les bons temps d’autrefois, Itché ne pouvait jamais trouver possible de goûter un morceau de viande. Son penchant ascétique intérieur trouvait diverses excuses pour éviter de tirer du plaisir de ce monde.

Désormais, c’est devenu son mode de vie habituel. Sa nourriture est maigre – presque le strict minimum – juste assez pour retenir son âme. Jusqu’à trois ou quatre heures de l’après-midi, pendant qu’il est occupé à sa prière, il n’y a rien à dire. Et puis les heures s’étirent jusqu’à tard dans la nuit, et Itché semble avoir oublié qu’il vit dans ce monde physique, un monde qui exige un peu de nourriture, jusqu’à ce que son estomac rétréci et affamé lui rappelle qu’il doit mettre quelque chose dans sa bouche, et il mange du pain pour le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner tout à la fois.

Même la table du foyer le plus religieux et le plus ‘hassidique de Riga n’a pas encore mérité qu’Itché der Matmid y mange. Ils ne sont pas assez cachères pour lui. Il porte toujours avec lui un petit couteau et sa propre tasse. Comme Diogène jadis.

Il faut noter que lors d’une Sim’ha Chel Mitsva, ou lors d’un Yoma Depagra ‘hassidique, il boit un peu – une âme ‘hassidique, après tout.

Les ‘Hassidim et les amis essaient par tous les moyens de lui faire avaler un peu de nourriture. Ici, quelqu’un se tient au-dessus de lui et l’exhorte à goûter un œuf – cru, bien sûr, puisqu’Itché ne touchera pas un œuf cuit de peur que la casserole ne soit pas assez cachère. On casse l’œuf pour voir s’il y a une trace de sang. Itché l’examine anxieusement et trouve une tache rougeâtre, et de même dans le deuxième œuf, le troisième et le quatrième. Quand il ne reste plus d’excuse, il refuse simplement de manger, prétextant que l’œuf ne lui dit rien : « Il y a une sorte de mélancolie qui repose dessus… »

C’est ainsi qu’Itché congédie le monde et ses affaires futiles.

Mais ce n’est pas encore le vrai « Itché ». Toute sa sincérité, son dévouement total et sa passion ‘hassidique s’expriment pleinement quand il dit la ‘Hassidout. On l’amène d’un Beth Hamidrach à un autre. Chaque Chabbat, il est dans un endroit différent, et la salle est toujours pleine. On trouve une foule variée présente : ‘Hassidim, Mitnagdim, et même des intellectuels. Avec barbes et sans. Et Itché se réchauffe lui-même et eux avec ses paroles de ‘Hassidout. La foule est élevée vers les sphères supérieures de l’Atsilout, et concept après concept passe dans leurs esprits – comme un film où une image suit l’autre – jusqu’à ce qu’il se fasse tard et qu’il réalise que c’est déjà l’heure de Maariv.

Ce ‘Hassid sans prétention, qui aurait facilement pu devenir lui-même un Rabbi (Gouter Yid), se sent et se comporte comme un ‘Hassid ordinaire. Il est Loubavitcher et loyalement lié à son Rabbi.

Avec une affection fraternelle, les ‘Hassidim l’appellent simplement « Itché der Matmid ». C’est le titre dont il fut couronné quand il était Ba’hour, en raison de son extraordinaire et immense assiduité. Ils ne le considèrent pas comme un Rabbi, mais comme un ‘Hassid distingué, un homme d’une stature élevée.

Youd-Teth Kislev avec Rav Its’hak Matmid

En Elloul 5693, Rav Its’hak entreprit un voyage monumental en Amérique, où il passa plus de deux ans à inspirer et galvaniser les Anach à travers tout le pays. L’histoire de cette visite et de son profond impact est relatée en détail dans Yirat Hachem Otsro.

Après son retour en Europe en Kislev 5696, Rav Its’hak était basé à Riga, où il servait comme Machpia pour les Anach. Des mises à jour régulières sur la synagogue où Rav Its’hak répéterait la ‘Hassidout ce Chabbat étaient publiées dans le journal Haynt de Riga.

Notre prochain article décrit la célébration du 19 Kislev à Riga en 5698. Nous avons cité un autre article sur le 19 Kislev à Riga dans le précédent volet de cette chronique, mais l’article suivant est unique car il fournit des détails sur les paroles de Rav Its’hak Matmid lors du Farbrenguen. Publié dans le journal Haynt le 21 Kislev 5698 (25 novembre 1937), cet article n’avait jamais été cité jusqu’à présent. Le voici en traduction française :

‘Hassidim et Mitnagdim célèbrent Youd-Teth Kislev dans le Minyan du Rabbi de Loubavitch

Youd-Teth Kislev, le jour où l’Admour Hazaken fut libéré de prison, est toujours célébré avec grand enthousiasme et ferveur dans tout le monde ‘hassidique. C’est un véritable jour de fête, un Yom Tov majeur pour toute la famille des Anach.

Ce jour-là, on ne récite pas le Ta’hanoun dans les Minyanim ‘hassidiques. Les gens ne travaillent qu’une demi-journée, tout le monde s’habille de ses vêtements de Yom Tov, et surtout, les ‘Hassidim se rassemblent pour des célébrations joyeuses. Ils lisent la Meguila racontant l’histoire de la libération du Rabbi, ils répètent la ‘Hassidout, et prennent un peu de Machké.

À Riga aussi, il y eut une grande célébration dans les cercles ‘hassidiques le Youd-Teth Kislev de cette année.

Dans tous les Minyanim ‘hassidiques, un peu de Machké circula. Le jour fut particulièrement célébré dans les Minyanim de Reichissé, le Minyan de Bazaar Berg, le Minyan du Gaon de Rogatchov – et il culmina dans la grande célébration au Minyan du Rabbi de Loubavitch, dans la rue Yumaras.

Rassemblés au Minyan du Rabbi de Loubavitch le mardi soir se trouvaient non seulement des membres éminents de la foule ‘hassidique locale, mais aussi un grand nombre de Mitnagdim. On dit en plaisantant que ce soir-là, ils décidèrent que désormais il y aurait harmonie entre les ‘Hassidim de Riga et les Mitnagdim. Tous les désaccords et arguments qui avaient eu lieu par le passé furent oubliés, et Chalom Al Israël.

À la célébration au Minyan Loubavitch, on pouvait voir les Rabbanim de Riga, Harav Y. M. Kilov, Harav R. Cohen, le Roch Hakahal de Riga M. Dubin, Harav Y. Barantchik, Harav Its’hak Matmid, le représentant M. ‘Hodakov, et l’avocat S. Y. Vittenberg. Étaient également présents des Rabbanim des provinces, des Rabbanim immigrants russes, des Cho’htim de Riga, et une grande foule, incluant les notables de la ville.

La foule était venue des autres célébrations de Youd-Teth Kislev et était déjà exaltée et énergisée. Ils avaient déjà vidé plus d’une bouteille de Machké au cours de la journée passée.

Les gens se saluent avec un chaleureux Gout Yom Tov, et immédiatement, encore debout dans leurs manteaux, ils disent un petit Lé’haïm. C’est le Lé’haïm de Barou’h Haba. La vraie boisson, cependant, est servie à table, où il ne manque pas non plus de fins rafraîchissements.

Tout le monde doit boire aujourd’hui. Refuser même un peu de Machké est considéré comme une grave offense. Le rôle du Sar Hamachkim fut assumé ce soir-là par le Cho’het de Riga, Rav Mordekhay ‘Heifets, qui tient quelques bouteilles de toutes sortes de Machké et s’assure que la foule boit correctement.

Rav Mordekhay ‘Heifets est un authentique Sar Hamachkim, qui lui-même n’a pas peur d’une coupe et s’assure que ceux autour de lui ne restent pas « les mains vides ». Aujourd’hui, il faut noyer le mensonge que chacun porte en lui. Rav Mordekhay ‘Heifets parle directement à tout le monde, sans honorifiques, et leur donne à tous un vrai Bitoul Hayech.

Rav Mordekhay ‘Heifets ne fait pas de distinction entre le Roch Hakahal et le simple Juif quand il distribue le Machké. Il ne se soucie d’aucun prestige. Avec chaque coupe qu’il sert, il partage un Vort, soigneusement choisi et délivré avec un impact pénétrant. Aucune excuse pour refuser son ordre de prendre un peu de Machké n’est acceptée aujourd’hui. Si quelqu’un essaie d’éviter de dire Lé’haïm, il sent rapidement la coupe de Machké couler dans sa gorge. On ne peut pas se séparer de ce petit peu de Machké… il reste avec vous…

L’atmosphère est encore élevée par Rav Its’hak Matmid, qui délivre un enseignement après l’autre, reçu avec enthousiasme par tous les présents.

Rav Its’hak Matmid explique les raisons pour lesquelles les grandes et justes actions des Tsadikim suscitent souvent de l’opposition dans le monde.

La première personne à avoir eu de tels opposants ne fut autre qu’Avraham Avinou. C’était parce qu’il révéla le concept de la Divinité au monde entier, le faisant connaître dans les rues.

Avant Avraham, il y avait aussi des Tsadikim, comme Noa’h, Chem et Ever, mais personne ne les jeta dans une fournaise ardente. Seul Avraham souffrit des épreuves, parce qu’il fut le premier à prendre sur lui la mission de « Lemaan Acher Yetsavé Et Banav Veét Beto A’harav » – il ne se concentra pas seulement sur lui-même, mais se soucia aussi de sa famille et de toute la génération, pour qu’ils se conduisent tous comme un Juif est supposé le faire.

Si nous voulons évaluer une personne et voir qui est un Juif juste, nous devons regarder les enfants qu’elle produit.

Le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken furent aussi des individus qui se sacrifièrent pour la Yiddichkeït, apportant des Mitsvot au monde autour d’eux. Et pour cela, ils connurent l’opposition, les Mitnagdim.

Rav Its’hak continue avec une autre série de beaux enseignements, et il conclut en répétant un grand Maamar de ‘Hassidout.

La foule écoute très attentivement le Maamar. Ils chantent les plus beaux et les plus évocateurs des Nigounim ‘hassidiques, qui amènent tout le monde dans un état d’intense excitation. Bientôt, toute la foule est emportée dans un cercle, les mains sont levées sur les épaules, et ils dansent. Ils dansent sur un Nigoun qui enchante l’âme, atteignant et faisant descendre les mondes spirituels supérieurs.

Ainsi ils farbrenguent jusqu’à l’aube.

Visite à Rezekne

Depuis sa base à Riga, Rav Its’hak Matmid entreprit de nombreux voyages à travers la Lettonie et au-delà comme Chadar, enseignant la ‘Hassidout et collectant des fonds.

Habad avait une longue histoire dans certaines parties de la Lettonie d’entre-deux-guerres, particulièrement dans la région orientale, qui avait historiquement fait partie de Reïssen (Russie Blanche). Mais la vie religieuse en général déclinait depuis des décennies, et le mode de vie ‘hassidique était dans un état de déclin particulier. Cela était spécialement vrai dans les petits Chtetlekh. Les visites de Rav Its’hak dans ces communautés étaient un souffle de vie nouveau bien nécessaire, les reconnectant à la ‘Hassidout et au Rabbi.

Les deux articles suivants décrivent les visites de Rav Its’hak à Rezekne (traditionnellement connu parmi les Juifs sous le nom de Rejitsé), un Chtetl qui avait une présence Habad remontant à la génération de l’Admour Hazaken. Ces articles de 5698 et 5699 nous donnent des informations sur l’histoire ‘hassidique de Rezekne, expliquent comment elle était tombée en déclin, et décrivent comment Rav Its’hak la faisait revivre.

Le premier article parut dans Haynt, le 3 Av 5698 (31 juillet 1938) :

La visite de Rav Its’hak Matmid à Rezekne

(De notre correspondant de Rezekne à Haynt)

Aujourd’hui, il est difficile de croire qu’il y a relativement peu de temps, Rezekne était un centre respectable de ‘Hassidout, avec des Juifs ‘hassidiques érudits, de belles Sim’hot ‘hassidiques, des danses et une passion ‘hassidique.

La plupart des ‘Hassidim ici étaient originellement des Kopoustniks, et plus tard des Bobriskers. Les émissaires Habad étaient des visiteurs réguliers. Le grand Minyan avait toujours un Machpia qui était envoyé spécialement par le Rabbi, et ses besoins étaient pourvus par les Juifs ‘hassidiques.

Le premier Machpia fut Rav Noté Barou’hs, qui était renommé pour sa sagesse bien au-delà de Rezekne. Rav Aharon de Polotsk, Rav Zalman Lieppler, et Rav Meïr Lieppler – l’auteur de Beth Rabbi – répétèrent la ‘Hassidout ici plus tard.

Mais tout disparut lentement. Rav Zalman Rivlin, le Juif ‘hassidique au cœur généreux et noble, décéda. Avec sa perte, la ‘Hassidout à Rezekne perdit son centre et tomba en déclin, jusqu’à atteindre son état actuel.

Aujourd’hui, il n’y a pratiquement aucune différence entre les Minyanim ‘hassidiques de Rezekne et les Batei Midrach généraux. Il n’y a pas de Machpia, et la nouvelle génération n’a aucune idée de ce que sont les ‘Hassidim et la ‘Hassidout. Les vestiges du passé, ceux qui se souviennent encore de l’ancienne gloire, sont sur la touche.

La visite de Rav Its’hak Matmid, cependant, a quelque peu remué la communauté à travailler vers l’amélioration des choses pour l’avenir.

L’invité estimé répéta la ‘Hassidout le vendredi et le Chabbat dans le grand Minyan, et il parla aussi au Beth Midrach de pierre pour les Juifs non-‘hassidiques – c’était quelque chose de nouveau pour Rezekne.

Retour à Rezekne un an plus tard

Un an plus tard, Rav Its’hak revint pour une autre visite. Cet article de Haynt, du 20 Tamouz 5699 (7 juillet 1939), fut repris dans Yirat Hachem Otsro.

Nous avons déjà eu l’occasion d’écrire plusieurs fois sur l’état déplorable de la ‘Hassidout à Rezekne.

Malgré le fait que Rezekne ait quelques petits Minyanim et un grand Minyan, pratiquement parlant, il n’y a pas de vie ‘hassidique ici. Les gens se disent « ‘Hassidim » et maintiennent le « Veyatsma’h Pourkaneï », mais il n’y a pas de Machpia, aucune vraie parole ‘hassidique n’est entendue, et l’apathie, et même l’Amaratsout, se sont largement répandues dans les Minyanim ‘hassidiques, pas moins que dans les Batei Midrach non-‘hassidiques de Rezekne.

La visite de Rav Its’hak Matmid est donc inestimable. Encore plus que sa visite il y a deux ans, cette année il a insufflé un vrai esprit de vie dans les Minyanim de Rezekne, élevant le prestige des ‘Hassidim, même aux yeux des Mitnagdim.

Communicateur véritablement doué, il transmet magistralement les plus belles perles de la pensée philosophique ‘hassidique d’une manière si claire et si accessible que même l’auditeur le plus simple peut la saisir.

Tant dans le grand Minyan, où il parla plusieurs fois, que dans le Beth Midrach de pierre le Chabbat après Min’ha, il y avait une foule très attentive qui reçut les riches idées partagées par l’invité estimé avec grand plaisir.

Le Youd-Beth Tamouz fut aussi célébré dans le grand Minyan de Rezekne avec la participation de Rav Its’hak Matmid.

Visite à Jelgava

Notre prochaine documentation des voyages de Rav Its’hak Matmid comme Chadar vient de la ville lettone de Jelgava. Publié dans Haynt le 18 Iyar 5696 (10 mai 1936), cet article fut republié dans Yirat Hachem Otsro.

Les ‘Hassidim de Jelgava ont récemment accueilli un invité distingué. Ils ont reçu la visite de Harav Hagaon Rav Its’hak Matmid, qui dit la ‘Hassidout et transmit les salutations du Rabbi de Loubavitch Chlita.

Rav Its’hak Matmid fut chaleureusement reçu par les ‘Hassidim de Jelgava. Il fut accueilli à la gare par les Gabaïm de tous les Minyanim de Jelgava, ainsi que par plusieurs notables. Rav Its’hak Matmid voyagea de la gare à la maison du Gabaï, le Dr Klein, où un chaleureux Kabalat Panim fut tenu en son honneur.

Ce soir-là, l’invité dit la ‘Hassidout au Minyan, laissant une forte impression sur tous les présents avec les idées profondes et stimulantes qu’il partagea.

Après avoir parlé, Rav Its’hak Matmid transmit les salutations du Rabbi de Loubavitch, ce qui intéressa grandement tous les fidèles. Il relata que les dernières nouvelles sont très affligeantes. Le Rabbi se sent encore très mal, et son état s’est en fait récemment aggravé de manière significative.

La raison en est que le Professeur Gerson, qui traite le Rabbi depuis tout ce temps, avait déplacé son traitement vers un sanatorium à Paris, et le Rabbi n’a pas pu visiter le lointain sanatorium. Les proches associés du Rabbi ont depuis longtemps décidé qu’il devrait voyager à Paris pour recevoir un traitement du professeur. Cependant, en raison du fardeau financier significatif impliqué, cela n’a pas encore pu être exécuté.

Mais l’affaire ne peut plus attendre, et il a maintenant été décidé que le Rabbi voyagera à Paris immédiatement après Chavouot.

Toute la foule souhaita au Rabbi de Loubavitch Chlita une Réfoua Chéléma prompte. Ils farbrenguèrent pendant quelques heures, chantant des Nigounim élevants. Cela faisait longtemps que les ‘Hassidim de Jelgava n’avaient pas connu un rassemblement ‘hassidique authentique si chaleureux et si inspirant.

Rav Its’hak Matmid fut remercié par tous et on lui demanda de visiter notre ville plus souvent à l’avenir.

Visites à Gostini et Libau

Un autre Chtetl que Rav Its’hak visita quelques fois fut Gostini, traditionnellement connu parmi les Juifs sous le nom de Dankéré. Le Rav de Gostini était Harav Yechaya Barkahn, un ‘Hassid Loubavitch et gendre de Harav Refaël Cohen, le Rav ‘hassidique de Riga. Harav Barkahn ouvrit une branche de Tomkhei Temimim dans son Chtetl, nommée Zikhrone Yossef, en mémoire du Gaon de Rogatchov. L’un des Maguidei Chiour de la Yechiva était Harav Hillel Gurevitch, le fils de Rav Its’hak Matmid, également gendre de Harav Refaël Cohen.

Le bref article suivant de Haynt, du 25 Adar II 5698 (28 mars 1938), rapporte la visite de Rav Its’hak à Gostini pour Pourim 5698 :

Célébration de Pourim à la Yechiva Zikhrone Yossef de Gostini

Pourim fut célébré à la Yechiva de Gostini avec un impressionnant Seouda de Pourim.

La célébration fut organisée par la Yechiva ‘hassidique de Gostini « Zikhrone Yossef ». Une délégation des Anach de Riga, conduite par Harav Hagaon Rav Its’hak Matmid, y assista également. La célébration eut lieu dans la salle de la Yechiva, et toute la population juive de Gostini y participa. Les discours de Rav Its’hak Matmid laissèrent une impression significative.

Parmi les invités de Riga, Rav Its’hak Matmid resta à Gostini pendant Chabbat. Il dit la ‘Hassidout qui inspira profondément toute la foule.

Annonce dans Haynt pour Libau

Un autre bref article rapporte la visite de Rav Its’hak à Libau, connue en letton sous le nom de Liepāja. L’article rapporte que Rav Its’hak séjourna chez le Cho’het ‘hassidique ‘Hassdan, probablement Rav Chemouel ‘Hassdan, ou son neveu et gendre Rav Israël ‘Hassdan (plus tard de Johannesburg, Afrique du Sud), tous deux servaient comme Cho’htim à Libau. Cet article annonce aussi que Rav Its’hak est disponible pour des rencontres personnelles.

Haynt, 26 Iyar 5698 (27 mai 1938) :

Attention Liepāja

Ce Chabbat, Parchat Bé’houkotaï, le Chadar du Rabbi de Loubavitch Rav Its’hak Matmid viendra à Liepāja. Il parlera au Minyan ‘hassidique de la rue M. Graudu, le Chabbat après Min’ha. Il séjournera chez le Cho’het ‘Hassdan. Quiconque a besoin de parler à Rav Its’hak Matmid peut s’adresser à lui chez le Cho’het susmentionné.

Visite à Londres

Rav Its’hak Matmid visita aussi l’Angleterre quelques fois. À ce jour, nous n’avons pu trouver qu’un seul rapport de journal contemporain sur une visite. Le bref rapport suivant sur une collecte de fonds à Londres organisée par le philanthrope religieux Rav David Salomon Sassoon parut dans The Jewish Chronicle, le 8 Adar 5697 (19 février 1937) :

Afin d’éveiller l’intérêt de la communauté juive britannique pour la détresse du célèbre Rabbi Schneerson, le « Rav de Loubavitch », qui est gravement malade dans une maison de soins près de Paris, M. David Sassoon tiendra une réception le samedi 27 février, dans sa maison au 32 Bruton Street, W., où des amis pourront rencontrer le Rabbi L. Horowitcz, un « disciple » du Rabbi Schneerson. Le Grand Rabbin présidera.

Le Rabbi Schneerson, qui était l’un des plus éminents dirigeants de la communauté juive en Russie soviétique, a souffert de persécutions dans ce pays, et il s’est échappé en Pologne, établissant son quartier général à Varsovie. Il a fondé sept Yechivot, dont l’une à Hébron, en Palestine. Dans son travail pour ces séminaires, il est maintenant tombé malade, et le Rabbi Horowitcz s’efforce de l’aider.

Le départ de ce monde de Rav Its’hak Al Kidouch Hachem

Nous avons ouvert l’article avec l’affirmation que le Yortzeit de Rav Its’hak est le 10 Kislev. Mais cette affirmation nécessite quelques précisions et clarifications.

Rav Its’hak Matmid fut tué Al Kidouch Hachem par les nazis à Riga. Selon une histoire bien connue, Rav Its’hak fut brûlé vif avec d’autres ‘Hassidim éminents dans une synagogue de Riga. Harav Chmerel Sassonkin rapporta cette histoire dans ses mémoires « Zikhrnonotaï » (publiés pour la première fois en 5740) :

« On raconte que les trois ‘Hassidim, Rav Yé’hezkel Feigin, Rav Its’hak Matmid, et Rav Refaël Guermanovitcher [Cohen], qui avait été le Rav de Nevel avant de rejoindre le Rabbi à Riga, en Lettonie, se cachèrent ensemble, avec plusieurs autres, dans la synagogue de Riga quand la guerre éclata, et que les Allemands capturèrent la ville.

Les assassins nazis, ces bêtes à deux pattes, verrouillèrent la synagogue de l’extérieur, scellèrent ses fenêtres et ses portes, et mirent le feu à ses fondations mêmes.

Les flammes se répandirent rapidement dans toute la synagogue, consumant et engloutissant tous ceux qui y avaient cherché refuge – parmi eux des Tsadikim, des ‘Hassidim, et des Kedochei Elyon de la plus haute stature.

Que Hachem venge rapidement leur sang versé ! »

Des versions ultérieures de l’histoire, rassemblées dans Yirat Hachem Otsro, ajoutent et changent certains détails, mais les éléments centraux de l’histoire restent constants : Rav Its’hak Matmid fut brûlé vif par les nazis dans une synagogue de Riga avec quelques autres ‘Hassidim célèbres.

Notamment, Rav Avraham Godin, un Askane Loubavitch de Riga, mentionne aussi l’histoire de Rav Its’hak tué dans une synagogue dans une interview avec Kfar Habad Magazine. Godin n’était pas présent à Riga à l’époque, ayant été emprisonné par les Russes avant la guerre – une circonstance qui lui sauva finalement la vie. Il dit avoir appris les détails du meurtre des Juifs de Riga seulement après sa libération de prison et son retour dans la ville en 5716.

Cependant, cette histoire n’est pas compatible avec le Yortzeit officiel du 10 Kislev et l’année de décès 5702. Les synagogues de Riga furent brûlées en Tamouz-Av 5701, immédiatement après l’entrée des nazis à Riga. Les dates exactes auxquelles chacune des synagogues fut brûlée sont enregistrées dans Yahadout Latvia.

Si Rav Its’hak fut effectivement brûlé vif dans une synagogue, son Yortzeit correct serait en Tamouz-Av, en 5701. Si la date du 10 Kislev est correcte, alors Rav Its’hak fut tué dans la forêt de Roumboula avec 13 000 autres Juifs de Riga ce jour-là en 5702. 12 000 autres Juifs furent massacrés au même endroit huit jours plus tard, le 18 Kislev.

Rav Avraham Godin savait que les synagogues furent brûlées en Tamouz-Av, donc quand il raconta l’histoire de Rav Its’hak Matmid brûlé dans une synagogue, il dit que cela s’était produit immédiatement après l’entrée des nazis dans la ville. Harav Sassonkin raconta aussi l’histoire de cette façon. Mais dans la biographie Yirat Hachem Otsro, l’auteur raconte l’histoire du meurtre dans la synagogue, mais la déplace à la date établie du Yortzeit du 10 Kislev, apparemment sans savoir que les deux ne sont pas compatibles.

Quelle est donc la source du Yortzeit le 10 Kislev ? Yirat Hachem Otsro ne fournit aucune information à ce sujet, nous nous sommes donc tournés vers Rav Elozor Gurevitz de Crown Heights, un petit-fils de Rav Its’hak (fils de Rav Chemouel), pour des éclaircissements. Dans une interview pour cette chronique, Rav Elozor relata :

« Mon père, Rav Chemouel, s’enfuit de Riga vers la Russie avec Rav ‘Hatskel Langzam et Rav Notké Barkahn dans le tout dernier train quittant la ville avant l’entrée des nazis. Le train partit le Chabbat, donc Rav Its’hak refusa de les accompagner. La femme de Rav Hillel était dans son neuvième mois de grossesse, donc eux aussi ne purent partir.

Au début, la famille ne connaissait pas la date du meurtre de Rav Its’hak. Ils fixèrent le Yortzeit au 19 Kislev comme estimation, parce que c’était une période d’Aktsias (rafles) et de tueries de masse.

À un moment donné, la famille en Erets Israël (soit mon père soit mon oncle, Rav Leïzer) reçut un témoignage d’un ‘Hassid Belz qui avait été à Riga pendant la guerre. Ce Juif relata que Rav Its’hak vivait dans une petite pièce séparée par des cloisons dans la maison d’une veuve et de sa famille. Il passait toute la journée enveloppé dans son Talit et ses Tefiline, priant. Ce Juif dit qu’il rendait visite à Rav Its’hak quotidiennement et lui apportait de la nourriture. Rav Its’hak touchait à peine à la nourriture lui-même ; il la donnait à la veuve et à sa famille.

Un jour, ce Juif arriva à la maison, et Rav Its’hak n’était plus là. Sur le sol, il vit les restes déchirés du Talit et des Tefiline éparpillés. Il ne revit jamais Rav Its’hak. Il comprit que Rav Its’hak avait été pris dans l’Aktsia de ce jour-là, qui était le 10 Kislev.

Après avoir reçu ce témoignage, la famille établit le Yortzeit le 10 Kislev, supposant que Rav Its’hak avait été pris et tué ce jour-là.

L’histoire sur l’incendie dans la synagogue n’est pas quelque chose que j’ai entendu dans la famille. Je ne connais pas sa source et ne sais pas à quel point elle est fiable. »

Deux autres sources anciennes donnent la date du 10 Kislev 5702 comme date de la mort de Rav Its’hak, sans mention de l’histoire de l’incendie de la synagogue. Harav Nissan Teloushkin cite dans son Sefer Taharat Mayim une Hearah en Niglé qu’il entendit de Rav Its’hak Matmid. Dans la deuxième édition du Sefer, publiée en 5710, il ajouta une note de bas de page avec une brève description de l’incroyable personnalité de Rav Its’hak. La note se termine par des détails sur le décès de Rav Its’hak :

« À notre grande douleur, il fut enlevé de ce monde d’une mort non naturelle dans la ville de Riga par les mains des nazis, Yéma’h Chémam Vezikhram. Le Chabbat Kodech, Parchat Vayétsé, 9 Kislev (5702) – le Yortzeit du Rabbi du Milieu – il fut pris de son lieu de prière le matin, et il fut assassiné le lendemain avec quatorze mille Juifs, Hachem Yikom Damam. »

Harav Teloushkin ne nous dit pas d’où il tient ces informations détaillées, mais les détails clés correspondent au témoignage que la famille reçut.

Une deuxième source ancienne est un article sur Rav Its’hak Matmid publié dans Biton Habad, numéro 25 (Tamouz-Elloul 5724). L’auteur n’est pas nommé, mais il est clair que l’écrivain avait une excellente connaissance intime de Rav Its’hak, y compris de sa famille et de ses premières années. L’article conclut : « Le 10 Kislev 5702 (apparemment vêtu de son Talit et de ses Tefiline), il fut assasiné Al Kidouch Hachem, Hachem Yikom Damo. »

Le pouvoir de la joie véritable : atteindre ce qui aurait nécessité des années d’efforts et d’étude

Le pouvoir de la joie véritable : atteindre ce qui aurait nécessité des années d’efforts et d’étude

Lorsque l’âme s’élève dans la joie véritable, toutes les barrières tombent et les forces cachées de l’homme se révèlent. Cette joie spirituelle transcende les limitations naturelles et permet d’accéder à une lumière divine qui reste habituellement dissimulée. Découvrons comment la Sim’ha authentique transforme notre service divin.

 

 

Basé sur le Maamar « Soss Tassiss » du Likoutei Torah Parachat Tazriya,

 

La mesure qui limite l’influence divine

Il existe une certaine mesure qui détermine ce qui peut être révélé dans chaque situation. Cette mesure fonctionne comme une ligne de conduite qui établit des limites précises. Lorsque cette mesure est active, seule une certaine quantité de lumière intérieure peut se dévoiler, car tout dépend du désir profond de celui qui reçoit.

Cette limitation ressemble à un élève qui étudie avec son maître. Lorsque l’élève n’a pas d’aspiration véritable pour apprendre, qu’il ne ressent ni désir ni enthousiasme, alors le maître ne peut transmettre que l’aspect extérieur de l’enseignement. Le maître perçoit clairement le manque d’intérêt chez son élève, l’absence de cette soif d’apprendre qui devrait l’animer.

En revanche, lorsque le maître voit que l’élève possède un véritable désir de recevoir la connaissance, une aspiration profonde, alors lui aussi ressent en son cœur le désir ardent de lui transmettre son savoir avec générosité. C’est ainsi que fonctionne le monde spirituel : sans préparation adéquate, sans aspiration sincère, sans véritable désir, l’influence divine reste superficielle et limitée.

Quand le désir profond brise les barrières

Toutes les influences dans le monde spirituel passent par cette ligne de conduite, cette mesure qui détermine les limites. Mais il existe une force capable d’abolir ces restrictions : la Sim’ha, la joie véritable. Cette mesure divine fonctionne selon un principe simple : s’il y a un désir ardent, l’influence coule abondamment ; sans ce désir, tout reste limité.

La joie annule les limites habituelles, elle transcende l’ordre naturel des choses. Comment cela fonctionne-t-il ? Lorsqu’un homme se trouve dans un état de joie véritable, toutes les forces de son âme se révèlent. Non seulement ses capacités habituelles, mais même ce qui demeure normalement caché et dissimulé en lui se dévoile soudainement.

Nous le constatons concrètement : au moment de la joie intense, l’homme accède aux profondeurs de son cœur. Des pensées et des sentiments qu’il gardait normalement secrets jaillissent spontanément. Un homme très joyeux révèle ce qu’il pense vraiment, dévoile sa nature profonde. La joie provoque donc deux transformations majeures : premièrement, toutes les forces de l’âme se manifestent ; deuxièmement, même les aspects les plus intimes et cachés émergent au grand jour.

La timidité vaincue par la Sim’ha

Prenons l’exemple d’une personne naturellement timide. Il existe des gens qui, par tempérament, éprouvent une grande gêne à parler devant d’autres personnes. Ils ne peuvent absolument pas s’exprimer en public, encore moins devant des personnes plus importantes qu’eux. Cette timidité naturelle les paralyse complètement.

Mais que se passe-t-il lorsque cette même personne se trouve dans un état de joie intense ? Soudain, les inhibitions disparaissent ! Elle devient capable de parler devant de nombreuses personnes, même devant des personnalités bien supérieures à elle en sagesse et en stature. La gêne s’évanouit totalement, le malaise intérieur disparaît comme s’il n’avait jamais existé.

Cette personne peut alors s’exprimer librement, converser avec aisance, alors qu’en temps normal on ne pourrait lui arracher un seul mot. Pourquoi ? Parce que la joie annule purement et simplement les limitations naturelles. Elle révèle les forces cachées qui résident en chacun, fait tomber les barrières de la timidité et libère la véritable essence de la personne.

Au-delà des comportements habituels

Observons également comment une personne se comporte généralement : elle marche d’une certaine manière mesurée, elle ne se dévoile pas excessivement, elle ne change pas radicalement d’attitude, elle ne se laisse pas aller à des comportements exubérants. Elle maintient une certaine retenue, une certaine dignité dans tous ses actes.

Mais dans la joie véritable, cette même personne ne peut plus se contenir ! Elle se met à danser avec entrain, à gesticuler largement, à sauter de bonheur, à éclater de rire. Pourquoi ? Parce que la joie de l’âme exige une expression totale, un dévoilement complet. La Sim’ha fait sortir ce qui est caché, elle provoque une révélation complète de l’être intérieur.

Ainsi, une personne qui serait normalement faible de caractère, timide et limitée dans son expression, se transforme complètement dans la joie. Ce qui l’embarrassait habituellement disparaît. Mais attention : nous parlons ici de la joie qui s’éveille par le service divin, de la joie des Mitsvot, de la Sim’ha d’une Mitsva accomplie.

La révélation de la lumière divine essentielle

Cette joie tire sa source d’une lumière infiniment élevée, bien au-delà des limitations habituelles. Dans cette Sim’ha supérieure, toutes les mesures et tous les ordres s’annulent. C’est alors que se révèle la lumière essentielle divine, telle qu’elle existe au-delà de toute limitation, avant qu’elle ne se revête dans les structures de notre monde.

Lorsqu’un être de chair et sang entre dans cette joie véritable, par exemple dans la joie d’une Mitsva ou dans la joie d’être proche du Saint béni soit-Il, il transcende toutes les limites. Cette lumière se révèle sans aucun ordre préétabli, sans aucune mesure restrictive. C’est pourquoi cette révélation est totalement au-delà de toute limite et de tout ordre établi.

Dans cet état, tout dépend uniquement de la grandeur de la joie elle-même. Plus la joie est profonde et authentique, plus la révélation est complète. La personne sort littéralement de ses limites habituelles, et cette lumière supérieure – qui ne connaît ni bien ni mal dans le sens limité, mais qui transcende toutes les catégories – se manifeste pleinement.

Briser les voiles de la dissimulation

Voilà donc l’essence de la Sim’ha : elle annule les dissimulations, elle fait tomber les voiles qui cachent normalement la profondeur intérieure de l’âme et ses forces cachées. Grâce à la joie, l’homme peut accomplir des actes qu’il ne pourrait jamais réaliser dans son état habituel.

Nous désirons tous que se révèle une lumière divine si intense qu’elle nous élève vers des hauteurs spirituelles extraordinaires. Mais comment y parvenir ? Normalement, une telle révélation nécessite une préparation considérable : il faut que la personne désire profondément, avec une aspiration intense, ce rapprochement divin. Seulement alors cette lumière peut se dévoiler.

Cependant, il existe une autre voie, un chemin qui brise toutes les barrières : lorsque l’homme se trouve dans un état de joie véritable, toutes les limitations s’effondrent ! La Sim’ha fait tout basculer. Quand cette joie descend et emplit le cœur, elle éveille des forces nouvelles et permet d’accéder à des niveaux qui semblaient inaccessibles.

Cette joie peut littéralement tout transformer, car elle touche à l’essence même de l’âme. Certes, pour accéder à ces niveaux élevés, il faut normalement une grande proximité spirituelle, une préparation intense. Mais la joie authentique du service divin crée un pont direct vers ces hauteurs. Elle permet d’atteindre ce qui aurait nécessité des années d’efforts et d’étude.

Voilà le secret de la Sim’ha dans le service de D.ieu : elle n’est pas simplement un sentiment agréable, mais une force spirituelle capable de transcender toutes les limites et de révéler la lumière divine dans toute sa splendeur.

10 Kislev : L’arrestation et la libération de Rabbi Dov Ber, l’Admour Haemtsahi

10 Kislev : L’arrestation et la libération de Rabbi Dov Ber, l’Admour Haemtsahi

En l’an 5587 (1826), une machination ourdie par des adversaires de la ‘Hassidout conduisit à l’arrestation du Mitteler Rabbi, Rabbi Dovber de Loubavitch. Accusé à tort de trahison envers le tsar sur la base de documents falsifiés, il fut conduit de Loubavitch à Vitebsk pour y être interrogé. Son courage, sa sérénité et la Providence divine transformèrent cette épreuve en victoire éclatante, commémorée chaque année le 10 Kislev.

 

Récits adaptés du livre Otsar Sipouré Habad, volume 5, pages 253 et suivantes.

 

Une rumeur terrifiante à Souccot

Durant ‘Hol Hamoèd Souccot de l’année 5587 (1826), un groupe de ‘Hassidim tenait une réunion ‘hassidique à Vitebsk, capitale de cette région de Russie où se trouve le village de Loubavitch. Soudain, Reb Sim’ha Zelig, l’un des éminents ‘Hassidim de la ville, fit irruption dans la Soucca, le souffle court, porteur d’une nouvelle effroyable : il se trouvait dans les bureaux du gouvernement et avait appris que le Mitteler Rabbi allait être arrêté.

Personne ne voulut le croire. Comment cela serait-il possible ? Le Alter Rabbi, son père, avait contribué de manière décisive à la victoire du tsar contre Napoléon grâce à un réseau de ‘Hassidim qui avaient espionné l’armée française. En reconnaissance de ce service remarquable, le souverain lui avait accordé le titre héréditaire de « citoyen d’honneur ». Rabbi Dovber en avait hérité de plein droit ; cette distinction devait assurément le protéger de toute accusation.

Treize ans plus tôt, le Mitteler Rabbi avait quitté Krementchoug, où il séjournait depuis la Histalkout de son père, pour s’établir dans le village de Loubavitch. À cette occasion, le gouvernement de Saint-Pétersbourg avait ordonné à toutes les villes situées sur son itinéraire de préparer des délégations pour accueillir l’illustre voyageur et faciliter son périple. Comment un homme ainsi honoré pourrait-il être aujourd’hui arrêté ? Et pour quel motif ?

À Chemini Atséret, la rumeur était hélas confirmée. Le secrétaire du gouverneur régional reçut une délégation de ‘Hassidim et les informa que le jeudi suivant, le ministre de la Justice à Saint-Pétersbourg signerait un décret autorisant la police à arrêter et détenir le Mitteler Rabbi. De fait, le ministre ne se contenta pas de signer ce décret : il ordonna que le Rabbi soit transféré de Loubavitch à Vitebsk pour y être personnellement interrogé.

La dénonciation : une machination perfide

Les ‘Hassidim ignoraient encore les chefs d’accusation. Incapables de préparer une stratégie de défense, ils ne purent qu’exiger que le Rabbi ne soit pas transporté comme un vulgaire criminel. Accompagnés de propriétaires terriens non-juifs qui vénéraient le Mitteler Rabbi, ils obtinrent qu’il voyage dans un carrosse privé et que, compte tenu de sa santé fragile, le trajet s’étende sur trois jours au lieu de deux.

Le dimanche, une délégation officielle arriva à Loubavitch et perquisitionna le domicile du Rabbi. Les pièces du puzzle commencèrent à s’assembler. Lors de la fuite devant l’armée napoléonienne, le Alter Rabbi était décédé en chemin, laissant toutes les possessions de sa famille à Liadi, où elles furent pillées et les maisons juives incendiées jusqu’aux fondations.

Le Mitteler Rabbi s’était retrouvé démuni. Lorsqu’il accepta de s’installer à Loubavitch, les ‘Hassidim contribuèrent généreusement au Maamad – le fonds destiné aux dépenses du Rabbi et de sa famille – à chaque étape de son voyage. À son arrivée, il disposait de plusieurs milliers de roubles, qu’il décida de partager entre tous les membres de sa famille, tous frappés par une grande pauvreté. Il confia cette mission à Reb Pin’has Reizes et à Reb Chlomo Freides.

Quelques années plus tard, Reb Pin’has décéda sans descendance. Son neveu, un individu peu recommandable de Chklov, hérita de ses biens. Parmi les papiers de son oncle, il découvrit une lettre du Mitteler Rabbi concernant la répartition de l’argent récolté. Muni de ce document, il tenta d’exercer un odieux chantage : si le Rabbi ne lui remettait pas une partie du prétendu « magot », il le dénoncerait aux autorités. Le Mitteler Rabbi refusa avec indignation, affirmant qu’il n’y avait rien d’illégal dans sa démarche.

Dépité mais déterminé, le neveu chercha un allié. Il le trouva parmi les membres de la famille Ségal de Vitebsk, famille de la Rebbetsen Shterna, épouse du Alter Rabbi. Ces notables, farouchement opposés à la ‘Hassidout et nourrissant une rancune personnelle contre la famille du Rabbi qui avait refusé leurs propositions de mariage, entretenaient d’excellentes relations avec le gouverneur Chavansky. L’alliance était scellée.

Des accusations grotesques mais redoutables

Comment une lettre apparemment anodine pouvait-elle servir de base à une accusation ? Par une simple falsification : là où le Rabbi avait indiqué détenir trois ou quatre mille roubles (« guimel o daleth alafim »), les conspirateurs ajoutèrent un « kouf », transformant la somme en 103 000 ou 104 000 roubles – une fortune colossale !

Comment le Mitteler Rabbi aurait-il pu collecter une telle somme en si peu de temps ? Leur réponse était toute trouvée : il préparait certainement une révolution contre le tsar ! Le voyage n’était qu’un prétexte pour soulever les masses. De plus, insinuèrent-ils, le Rabbi envoyait de l’argent au sultan de Turquie, alors le pire ennemi de la Russie, soit pour financer une guerre, soit pour acheter sa protection. Donner de l’argent au sultan, c’était franchir une ligne rouge.

Comme « preuve » supplémentaire, aussi ridicule fût-elle, ils suggérèrent de mesurer la synagogue de Loubavitch : elle était, prétendirent-ils, bâtie aux dimensions exactes du Beth Hamikdach, ce qui démontrerait les intentions séditieuses du Rabbi…

Les préparatifs du départ

La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre : le Mitteler Rabbi serait conduit à Vitebsk pour interrogatoire. Avant même l’arrivée des officiers, des centaines de ‘Hassidim convergèrent vers Loubavitch pour le Chabbat. Le Rabbi, lui, ne modifia en rien ses habitudes : il prononça un discours ‘hassidique comme à l’accoutumée.

Toute la région était en effervescence. Juifs et non-juifs se préparaient à accueillir le Mitteler Rabbi et à escorter son carrosse. Il était manifeste pour les policiers qu’il ne s’agissait pas d’une affaire ordinaire : le Rabbi était une personnalité connue et respectée, même parmi les non-juifs de Russie blanche.

Les officiers arrivèrent à Loubavitch et se rendirent directement au domicile du Rabbi. Ils y demeurèrent environ une heure, s’adressant à lui avec courtoisie et déférence. Très poliment, ils lui demandèrent de les accompagner à Vitebsk ; il pourrait voyager par ses propres moyens et sans hâte, compte tenu de son état de santé. Après négociation avec la famille, l’itinéraire fut établi : Dobromisl le dimanche, Lyozna le lundi, Vitebsk le mardi.

Un départ dans la sérénité

Le Mitteler Rabbi quitta Loubavitch à onze heures. Tous étaient bouleversés ; les gens pleuraient, se lamentaient, criaient et priaient depuis la fin du Chabbat. Seul le Rabbi demeurait parfaitement calme. Il avait reçu des gens en Ye’hidout, rédigé des notes de ‘Hassidout et, tôt le matin, s’était entretenu durant deux heures avec son gendre, le Tséma’h Tsédek.

Lorsqu’il prit place dans le carrosse, son visage était presque souriant, comme amusé. Le cortège s’ébranla, accompagné de centaines de personnes en carrosse ou à pied. À Barzouvka, premier village sur la route, tous les habitants sortirent à sa rencontre. Le « maire » non-juif, Starasta, lui offrit du pain et du sel en signe de respect. Il en fut de même dans chaque village traversé.

À environ deux kilomètres de Dobromisl, les ‘Hassidim furent accueillis par l’ensemble des habitants non-juifs de la ville, conduits par leurs notables. Les officiers accompagnant le convoi étaient profondément impressionnés par l’immense respect et l’admiration dont jouissait le Mitteler Rabbi dans toute la région.

La situation se durcit

Les Mitnagdim constatèrent avec rage que ce qui devait être une arrestation humiliante s’était transformé en « parade victorieuse ». Ils insinuèrent auprès du ministre que les ‘Hassidim avaient certainement soudoyé les officiers. Comment, sinon, expliquer que le Rabbi soit traité en roi plutôt qu’en prisonnier ?

Furieux, le ministre envoya un messager porteur de nouvelles instructions : le Rabbi devait passer la nuit sous garde ; seuls son fils et trois personnes de son choix pourraient l’accompagner. Le voyage se poursuivrait dans le carrosse des officiers. Quiconque tenterait d’escorter le Rabbi serait sévèrement puni. Enfin, à Vitebsk, il ne serait pas hébergé dans une maison privée mais jeté en prison, dans une cellule commune.

Ces terribles nouvelles semèrent l’effroi parmi les ‘Hassidim. À Lyozna, le Mitteler Rabbi fut placé dans une maison privée sous garde armée. Nul n’était autorisé à entrer ni à sortir. Le lendemain, deux carrosses transportant des soldats lourdement armés arrivèrent silencieusement à Vitebsk.

La ‘Hassidout derrière les barreaux

Durant deux longues semaines, personne n’eut de nouvelles. Nul n’avait vu le Mitteler Rabbi et la police ne donnait aucune information. Deux fois par jour, les ‘Hassidim avaient la permission d’apporter de la nourriture devant le commissariat. L’un des trois ‘Hassidim apparaissait, accompagné d’un garde armé, prenait la nourriture et rendait la vaisselle des repas précédents. Aucune parole, aucun son n’était permis.

Grâce à l’intervention du Dr Heibenthal, ami du ministre, le Rabbi avait pu quitter sa cellule pour une chambre privée au commissariat central. Le médecin lui avait administré des médicaments contre la fièvre qu’il avait développée en route.

Le jeudi 16 ‘Hechvane, le Dr Heibenthal convoqua les ‘Hassidim les plus éminents. Lors d’une réception chez le ministre, deux princes de sa connaissance, Loubamirsky et Tzékret, avaient plaidé la cause du Rabbi, décrivant combien il était aimé de tous, Juifs et non-juifs, et soulignant sa sainteté. Le ministre, impressionné, accorda des allégements : vingt hommes seraient autorisés à entrer trois fois par jour pour les prières, et deux fois par semaine, le Rabbi pourrait discourir de ‘Hassidout devant cinquante personnes.

Dès le lendemain, les ‘Hassidim organisèrent un tirage au sort. Les heureux élus purent entrer pour Cha’harit, puis pour Min’ha, puis pour Maariv. Le Chabbat, cinquante personnes eurent le privilège d’écouter la ‘Hassidout de la bouche du Rabbi.

Le procès : la vérité éclate

Toute l’affaire reposait sur les papiers confisqués et la fameuse lettre falsifiée. Les Mitnagdim exigèrent que la traduction soit assurée par l’un des leurs, prétendant que tout ‘Hassid serait corrompu. Mais, par la grâce de D.ieu, la traduction fut rendue scrupuleusement : il s’agissait des comptes de l’argent transmis en Eretz Israël pour subvenir aux besoins des ‘Hassidim qui y résidaient. Bien que parfaitement légal, cela pouvait néanmoins paraître suspect, la Terre Sainte faisant partie de l’empire ottoman.

Le ministre eut d’abord un entretien privé avec le Mitteler Rabbi, qui expliqua que son père comptait de nombreux ‘Hassidim en Terre Sainte, désespérément pauvres, ne survivant que grâce aux fonds qu’il leur faisait parvenir. Quant à la lettre « kouf » ajoutée, le Rabbi reconnut avoir récolté une somme importante durant son voyage, mais certainement pas 104 000 roubles. La lettre avait été falsifiée.

Le ministre, très impressionné, demanda une confrontation avec les accusateurs. Le Mitteler Rabbi arriva au procès dans un carrosse royal, vêtu de blanc, portant ses habits de Chabbat : il avait l’apparence d’un ange. Loin de s’irriter de cette mise en scène majestueuse, le ministre lui offrit immédiatement un siège et s’adressa à lui avec le plus grand respect.

Lorsque le Mitnagued entra, le Rabbi passa immédiatement à l’offensive, l’accusant sans ménagement d’avoir fabriqué un faux par rancune personnelle. Au cours de l’échange, l’accusateur laissa échapper le mot « Rabbi » en s’adressant au Mitteler Rabbi. Celui-ci se tourna alors vers le ministre : « Vous voyez ? Il m’accuse d’être un menteur et un traître, mais il reconnaît néanmoins que je suis le Rabbi, car il connaît la vérité et sait pertinemment que toute cette accusation n’est qu’un mensonge ! »

L’accusateur, clairement déstabilisé, se mit à balbutier lamentablement, incapable de terminer ses phrases. Le ministre déclara d’un ton cassant qu’il avait parfaitement compris où se trouvait la vérité. Le Mitteler Rabbi quitta le tribunal la tête haute, auréolé du prestige de la victoire.

La libération : « Pada Bechalom Nafchi »

Le Chabbat 9 Kislev, tandis que le Mitteler Rabbi prononçait avec une profonde concentration le Maamar « Ata É’had », il s’interrompit soudain et déclara : « Laissez passer, mon père (le Alter Rabbi) est là ! »

Le lendemain, dimanche 10 Kislev, il envoya par l’intermédiaire de ses filles une lettre au gouverneur. Lorsqu’elles arrivèrent dans son bureau, elles éclatèrent en sanglots, suppliant qu’on mette fin à cette affaire et qu’on laisse leur père rentrer chez lui. Après avoir lu la lettre, le gouverneur leur demanda de se calmer : leur père serait libéré le jour même.

Quand elles retournèrent, les gardes avaient déjà reçu l’ordre de le libérer. On raconte que les messagers arrivèrent à la maison alors que le Rabbi prononçait le verset « Pada Bechalom Nafchi » (« Il a délivré mon âme dans la paix »), extrait de la portion quotidienne des Tehilim (Psaume 55, récité le 10 de chaque mois hébraïque).

Les gardes partis, la maison se remplit de ‘Hassidim. Le Mitteler Rabbi s’assit pour prononcer un Maamar en public – pour la première fois depuis des mois. Il quitta Vitebsk le jour même pour regagner Loubavitch, libre et triomphant.

Yechiva Ketana de Brunoy : cérémonie exceptionnelle en l’honneur des lauréats des concours d’étude

Yechiva Ketana de Brunoy : cérémonie exceptionnelle en l’honneur des lauréats des concours d’étude

Cérémonie de remise des diplômes à la Yechiva Ketana de Brunoy : les élèves récompensés pour leur excellence dans l’étude de la Guemara, de la ‘Hassidout et du Tanya par cœur. Une soirée empreinte d’émotion où l’élève Eliyahou Altabe a été célébré pour avoir mémorisé l’intégralité du Tanya.

 

 

 

Des concours pour stimuler l’excellence

La Yechiva Ketana (classes de Chimmel Beth et Guimel) a organisé une cérémonie solennelle de remise de diplômes et de récompenses destinée aux élèves ayant brillamment participé aux concours d’étude de la Guemara, de la ‘Hassidout et du Tanya par cœur.

Au cours de l’année écoulée, plusieurs concours ont mobilisé les élèves de la Yechiva Ketana. Le concours « Guemara à l’intérieur » exigeait des participants qu’ils sachent réciter et expliquer la Guemara directement dans le texte original. Un contrôle général portait sur l’ensemble des pages de Guemara étudiées durant l’année. Le concours d’assiduité récompensait les élèves ayant fait preuve d’une étude continue et soutenue pendant le Sédèr ‘Hassidout du soir. Enfin, le concours du Tanya par cœur couronnait ceux qui avaient mémorisé ce texte fondamental.

Un engagement remarquable des élèves

Grâce à D.ieu, de nombreux élèves ont participé avec enthousiasme, énergie et un investissement considérable dans l’étude de la Guemara et de la ‘Hassidout. Pour le Tanya par cœur, beaucoup ont été évalués sur les douze premiers chapitres accompagnés de l’introduction, tandis que certains ont poussé leur effort jusqu’aux chapitres 20, 30 et au-delà. L’élève Eliyahou Altabe s’est particulièrement distingué en réussissant l’évaluation sur l’intégralité du Tanya par cœur.

Les paroles du directeur

Le directeur, Rav Yoël Eidelman, a conduit la cérémonie en soulignant la valeur et les mérites de l’étude en général, et particulièrement de l’apprentissage du Tanya par cœur. Il a rapporté les paroles du Rabbi lors d’une audience privée accordée à Rav Its’hak Nemanov : « Chez vous, à la Yechiva, la pratique de l’étude du Tanya par cœur est répandue. » Le directeur a ajouté que cette pratique procure une grande satisfaction au Rabbi et contribue à rapprocher et à accélérer la venue de la véritable et complète Délivrance.

Interventions et remerciements

Le Chalia’h Nissim Kalman Polter a ouvert la cérémonie par une Si’ha du Rabbi. Le directeur de la Yechiva, Rav Its’hak Nemanov, a ensuite félicité les élèves et les a encouragés à devenir des lumières grâce à l’étude du Tanya par cœur.

Rav Chneor Gourevitch, Chalia’h du Rabbi à Lyon et père d’un élève ayant participé aux concours, a également pris la parole pour remercier chaleureusement les Rabbanim de la Yechiva pour leur dévouement dans l’éducation des élèves.

Gratitude envers les organisateurs et les mécènes

Le présentateur a exprimé, au nom des élèves et de la direction, une profonde gratitude envers le Machpia et examinateur du Tanya par cœur, Rav M.M. Abrams, pour son investissement considérable. La famille Abrams a été remerciée pour le parrainage du concours à la mémoire de leur mère, Mme Sarah Abrams zal.

Les remerciements se sont également adressés aux Rabbanim Chemouel Labkowski, Mendel Eidelman, Mendel Abrams, David Forst El’hanan Wilhelm et Chimon Eisenbach pour leur dévouement constant tout au long de l’année, ainsi qu’aux élèves Chlouhim pour leur investissement dans les concours et diverses activités.

Les Rabbanim Yehouda Teichtel et Chemaryahou Brook ont été salués pour l’organisation de la cérémonie, de même que la direction de la Yechiva, Rav Mendel Gourevitch et Tsvi Hirsch Droukman, pour leur engagement dans l’organisation des récompenses.

Les bienfaits du Tanya par cœur

Rav M.M. Abrams a évoqué les bienfaits et les mérites de l’étude du Tanya par cœur, soulignant l’investissement des élèves et la précision remarquable avec laquelle ils ont appris les chapitres.

Une célébration mémorable

En conclusion, l’orateur a invité les élèves lauréats accompagnés de leurs familles à recevoir leurs diplômes et bourses, représentant une participation au voyage auprès du Rabbi. Lorsque l’élève Eliyahou Altabe a reçu le prix pour l’étude complète du Tanya par cœur, tous les élèves se sont levés spontanément, ont applaudi et ont célébré cet exploit par des danses joyeuses.

 

 

Vendredi 14 novembre 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 30 Vayetsé 1ere Si’ha  – par le Rav Levi Azimov

Vendredi 14 novembre 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 30 Vayetsé 1ere Si’ha – par le Rav Levi Azimov

En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
au Beth Loubavitch – 8 rue Lamartine 75009 Paris
Ce cours est retransmis en direct par téléphone
Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯)

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