Boro Park lance une vaste campagne pour illuminer chaque foyer juif à Hanouccah

Boro Park lance une vaste campagne pour illuminer chaque foyer juif à Hanouccah

Une vidéo percutante devenue virale dans les médias juifs orthodoxes met en lumière une initiative inédite. Le projet «Yehi Ohr» invite chaque Juif, qu’il soit ou non Chalia’h du Rabbi, à offrir une Ménora aux Juifs de son entourage qui n’en possèdent pas encore. Une démarche simple mais puissante pour répandre la lumière de Hanouccah bien au-delà des cercles pratiquants.

 

 

 

 

Une question simple qui a tout déclenché

«Haïm Hersh ? Dis-moi, combien de Juifs travaillent avec nous dans l’entrepôt ?» Cette question, apparemment anodine, ouvre une vidéo accrocheuse et soignée qui s’est répandue comme une traînée de poudre cette semaine à travers les médias de la communauté orthodoxe.

La scène montre un Juif vêtu du costume traditionnel hassidique, dressant méthodiquement la liste des Juifs qu’il connaît ou avec lesquels il est en contact, s’assurant que chacun d’entre eux recevra une Ménora pour allumer les lumières de Hanouccahh.

« Yehi Ohr » : que la lumière soit

Cette vidéo marque le lancement d’un nouveau projet baptisé « Yehi Ohr – Que la lumière soit ». Cette initiative, organisée par des habitants de Boro Park, vise à encourager chacun à prendre les devants pour connecter les Juifs qui ne sont pas encore pratiquants à la lumière et à la joie de Hanouccahh.

« Nul besoin d’être un Chalia’h de Loubavitch pour toucher un autre Juif et répandre la lumière », confie l’un des organisateurs, un jeune père de famille de Boro Park, à anash.org. «Chacun d’entre nous peut partager la fête avec quelqu’un.»

Chacun connaît un Juif qui n’a pas de Ménora

Comme le souligne cette vidéo professionnelle et limpide, chacun connaît quelques Juifs qui ne possèdent peut-être pas encore de Ménora. Il peut s’agir du Juif russe qui travaille dans votre entrepôt, du dentiste de votre épouse, de la réceptionniste à l’accueil, ou encore d’un cousin non pratiquant à Long Island.

«Tandis que mes bougies brûlent pendant Hanouccahh, je ne peux ignorer ces étincelles juives qui aspirent elles aussi à Yehi Ohr», déclare le narrateur de la vidéo.

Des présentoirs élégants dans tout Boro Park

L’organisation « Yehi Ohr » a installé d’élégants présentoirs garnis de Ménoroth du type utilisé pour les Mivtzoïm ainsi que de magnifiques brochures de Hanouccahh dans tous les grands supermarchés et toutes les synagogues de Boro Park. Les habitants peuvent y prendre autant de Ménoroth qu’ils le souhaitent.

Ces présentoirs invitent chacun à « penser à ces bougies qui ne brûlent pas encore » et à offrir aux Juifs de leur entourage une Ménora bien à eux, « afin que leurs bougies puissent brûler elles aussi aussi longtemps que possible ».

Huit jours de lumière, une année d’élévation

« Ces bougies ne brûleront certes que huit jours », conclut la vidéo, « mais leurs Nechamot brilleront toute l’année. Ensemble, nous atteindrons chaque Juif et inonderons le monde de la lumière de Hanouccahh!»

 

 

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Lundi 8 decembre à 11h00 à Jérusalem : Lévaya de Reb Avraham Yaakov Heyman, a’h, de Shamgar pour Har Hamenuchot.

Lundi 8 decembre à 11h00 à Jérusalem : Lévaya de Reb Avraham Yaakov Heyman, a’h, de Shamgar pour Har Hamenuchot.

Barouh Dayan Haemet : Mr Avraham Yaakov Heyman a’h, 79 ans, a quitté ce monde le 17 Kislev 5786

C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons le décès de Mr Avraham Yaakov ben Froumet ben Shmouel Heyman, ז »ל.

Il nous a quittés le 17 Kislev 5786.

La lévaya de Reb Avraham Yaakov Heyman, de mémoire bénie, aura lieu lundi à 11h00, au départ de Shemgar à Yerouchalaïm pour Har Hamenuchot.

La famille recevra les condoléances à son domicile, 6/22 rue Wallenstein à Yerouchalaïm, au deuxième étage.

La Famille Heyman.

Chiva et Nihoum Avelim chez Mr Daniel Sandler, 9 Rue Melingue 75020 Paris

Chiva et Nihoum Avelim chez Mr Daniel Sandler, 9 Rue Melingue 75020 Paris

C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Mme Nehama bat Israël et Haya breïna resnikov 98 ans zal 14 Kislev 5786 (maman de Daniel Sandler שיחי) .

Chiva et Nihoum Avelim chez Mr Daniel Sandler,
de 15h à 18h30
lundi a mercredi
9 Rue Melingue 75020 Paris. Interphone 2e étage.

Ou

Aux offices de lundi à jeudi matin.

-Chahrit rue Petit à
9h30
-Minha 18 rue goubet 13h30 ( silence des justes)
-Arvit 19h place des fêtes .

Tel +33 6 09 21 14 98

Merci .
הקיצו ורננו שוכני עפר
והיא בתוכם אמן

Le président de la Knesset Amir Ohana se recueille au Ohel du Rabbi dès son arrivée à New York

Le président de la Knesset Amir Ohana se recueille au Ohel du Rabbi dès son arrivée à New York

À peine posé sur le sol américain, le président du Parlement israélien a tenu à se rendre en tout premier lieu sur le lieu saint de Loubavitch. Cette visite spirituelle précède une série de rencontres diplomatiques de haut niveau avec des responsables du Congrès et du Sénat américains. Un geste symbolique fort de la part du troisième personnage de l’État d’Israël.

 

 

Une première halte empreinte de spiritualité

Ce matin, dès son atterrissage à New York, le président de la Knesset Amir Ohana s’est rendu directement de l’aéroport au Ohel du Rabbi de Loubavitch. Avant même d’entamer son programme officiel de rencontres avec les hauts responsables du Congrès et du Sénat américains, le dirigeant israélien a souhaité accomplir ce pèlerinage spirituel.

Sur place, Amir Ohana a mis les Tefillines, puis s’est recueilli sur le Tsiyoun où il a récité des chapitres de Tehilim et déposé un Pidyon Nefesh, perpétuant ainsi une tradition observée par de nombreux dirigeants israéliens et personnalités du monde entier qui viennent solliciter les bénédictions du Rabbi.

Un parcours politique remarquable

Né le 15 mars 1976 à Beer-Sheva, Amir Ohana est issu d’une famille d’origine marocaine. Ses parents, Esther et Meir Ohana, sont tous deux natifs de Rabat et ont immigré en Israël dans les années 1950. Avocat de formation, il a d’abord servi dans la police militaire, notamment dans la bande de Gaza, avant de rejoindre le bureau du procureur au ministère de la Justice.

Entré à la Knesset en décembre 2015, ce membre du Likoud a gravi rapidement les échelons politiques. En juin 2019, il est nommé ministre de la Justice par le Premier ministre Binyamin Netanyahou. Entre 2020 et 2021, il occupe le poste de ministre de la Sécurité intérieure.

Le 29 décembre 2022, Amir Ohana est élu président de la Knesset par une large majorité de 63 voix contre 5, accédant ainsi au rang de troisième personnage de l’État, après le président et le Premier ministre. Lors de son discours d’investiture, il avait rappelé les origines modestes de ses parents immigrants, déclarant avec émotion : « Si un jeune garçon ou une jeune fille regardent cette cérémonie, qu’ils sachent que, quelle que soit leur identité et leur origine, vous avez les moyens d’arriver où vous voulez. »

Un pont entre Israël et la diaspora

La visite d’Amir Ohana au Ohel témoigne des liens profonds qui unissent les dirigeants israéliens au mouvement Habad-Loubavitch et à l’héritage du Rabbi. Ce geste, accompli avant toute rencontre diplomatique, souligne l’importance accordée à la dimension spirituelle dans la vie publique israélienne.

Crédit photo : Noam Moskowitz, porte-parole de la Knesset

Séminaire Beth Rivkah : Voyage en Pologne (2ème année)

Séminaire Beth Rivkah : Voyage en Pologne (2ème année)

 

Un fabuleux passé.
Un horrible cauchemar.
Un présent étonnant.

C’est ainsi que l’on pourrait résumer le voyage que les jeunes filles de Chana Beth, du Séminaire Beth Rivkah, ont vécu en Pologne.

Elles ont découvert Cracovie, son musée juif et les traces omniprésentes d’un passé juif d’une richesse extraordinaire.

Elles ont ensuite été confrontées à l’indicible, à Auschwitz-Birkenau. Pour A., ce fut aussi un moment de recueillement bouleversant à l’endroit même où son arrière-grand-père, Zal, fut assassiné uniquement parce qu’il était juif.

Puis elles sont parties sur les chemins sacrés des grands Tsadikim, à Łańcut et à Lizhensk… Des instants d’émotion profonde, de proximité spirituelle, de mémoire et …aussi de Simha.

Tout au long du séjour, trois guides passionnants les ont accompagnées dans un car confortable, partageant mille petites histoires qui éclairent la grande Histoire.
Un grand merci au Rabbin Michel Serfaty et ses collaboratrices qui sans leur précieuse aide, ce voyage important n’aurait pas pu être réalisé.

Merci Beth Rivkah !

 

 

EN DIRECT. Dimanche 7 décembre – 19h (France) – 20h (Israël) :  Youd Tet Kislev : le grand Kinous international en direct

EN DIRECT. Dimanche 7 décembre – 19h (France) – 20h (Israël) : Youd Tet Kislev : le grand Kinous international en direct

 

À l’occasion du Roch Hachana de la Hassidout, la Midracha Ad Mataï de Jérusalem organise un rassemblement exceptionnel retransmis en direct. Ce dimanche 7 décembre, des orateurs de renom prendront la parole pour célébrer la libération de l’Admour Hazakène. Un événement à ne pas manquer pour toute la communauté francophone.

 

 

Une soirée placée sous le signe de la Hassidout

Le Youd Tet Kislev, jour anniversaire de la libération de Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, fondateur de la Hassidout Habad, est célébré chaque année comme le « Roch Hachana de la Hassidout ». Cette date marque un tournant historique dans la diffusion des enseignements hassidiques à travers le monde.

Un plateau d’intervenants prestigieux

Pour cette édition, Menorah Live et la Midracha Ad Mataï ont réuni un panel exceptionnel de conférenciers :
Rav Mihaël Beneghmos
Rav Yaacov Abergel
Rav Avi Assouline
Rav Its’hak Haviv
Rav Yaacov Mazouz

Rav Michaël Talafre,
Rav Eliahou Benayoun.
Madame Dina Haviv
Madame Sim’ha Amram
Madame ‘Haya Nisselevitch
Madame Esther Houri

La diffusion aura lieu ce dimanche 7 décembre à 19h (heure de France) et 20h (heure d’Israël) sur le site :
www.menorah.fr/live
 ID : 770 613 26 18
Code : 1234

 

 

 

L’étude de la ‘Hassidout du Rabbi : une transformation intérieure

L’étude de la ‘Hassidout du Rabbi : une transformation intérieure

À l’approche du Youd-Teth Kislev, Rav Chlomo Kaplan, Roch Yechiva de Oholei Torah et Machpia au 770, livre une réflexion profonde sur l’étude de la ‘Hassidout. Il explique comment cette étude peut transformer véritablement l’existence d’un Juif et pourquoi l’enseignement du Rabbi constitue un chemin essentiel vers la vérité. Une invitation à plonger au cœur de l’âme juive.

 

 

Par Chlomo Kaplan,
Rosh Yeshiva de Oholei Torah
et mashpia au 770

 

 

Le lien profond entre l’étude de la Torah du Rabbi et la Hitkachrout

L’idée que l’un des moyens essentiels de se lier au Rabbi passe par l’étude de sa Torah est explicitement mentionnée dans plusieurs sources. L’une des plus connues se trouve dans le Hayom Yom du 24 Sivan, qui enseigne que la Hitkachrout – le lien avec le Rabbi – s’accomplit par l’étude de ses Maamarim et la lecture de ses Si’hot.

Mais il ne s’agit pas simplement d’accomplir un acte parce qu’on nous l’a demandé. Comme le Rabbi l’a expliqué à maintes reprises, de même que pour la Torah en général – à propos de laquelle il est dit « Ana nafchi ketavis yehavis » (Hachem « a placé Son âme dans Sa Torah ») – il en va de même pour la Torah d’un Tsaddik. Le Rabbi « s’est lui-même placé » dans ses enseignements. Lorsque nous les étudions, nous nous lions à lui au niveau le plus profond.

Cela dit, certains peuvent traiter cette idée de manière superficielle, presque comme une Segoula : « Puisqu’il est clairement dit que l’étude de la Torah du Rabbi nous lie à lui, et que chacun désire cette connexion, alors nous étudions. » Mais en réalité, il vaut la peine de contempler cette notion plus profondément et d’apprécier ce qu’elle signifie véritablement.

On raconte une histoire à propos du ‘Hassid Reb Hendel, qui était Machpia à Loubavitch. Lorsqu’un portrait de l’Admour Hazaken fut publié pour la première fois, cela créa une grande émotion parmi les ‘Hassidim. Mais Reb Hendel remarqua qu’il n’était pas pressé de voir l’image – car, dit-il, il savait déjà à quoi ressemblait l’Admour Hazaken grâce au Tanya. C’était cela, selon lui, la véritable image de l’Admour Hazaken.

Cette histoire recèle de nombreux enseignements. L’idée fondamentale est que, tout comme avec Hachem – dont notre esprit humain limité ne peut Le saisir directement, et c’est pourquoi Il S’est placé dans Sa Torah pour rendre la connexion possible – il en va de même pour les Tsaddikim. Lorsqu’un Tsaddik transmet la Torah, il y place son être même. Et à travers l’étude de la Torah du Rabbi, nous nous rapprochons et nous nous lions véritablement.

Saisir la divinité à travers l’étude de la ‘Hassidout

Pour comprendre ce concept, il faut d’abord expliquer ce que signifie saisir l’Elokout à travers l’étude de la ‘Hassidout. Hachem est totalement au-delà de toute définition, Il est le véritable infini. Pourtant, Il est présent dans la Torah qu’Il a donnée au peuple juif, et à travers elle, nous pouvons Le saisir. Car à travers l’étude de la ‘Hassidout, une personne s’unit avec le Ein Sof – avec Hachem Lui-même – comme cela est expliqué en détail dans la Si’ha de « Inyana Chel Torat Ha’Hassidout ».

Le Rabbi Rachab a dit un jour que lorsqu’il s’enfermait dans sa chambre pour étudier le Likoutei Torah, « il ressentait l’Atsmout ». Le Rabbi a ajouté à cela (dans Likoutei Si’hot vol. 16, Michpatim I), en disant que l’histoire a été racontée et transmise parce qu’« une trace de cela » s’applique et est attendue de chaque personne. Bien sûr, il existe différents niveaux, mais lorsqu’un Juif étudie la ‘Hassidout, cela l’amène à une conscience profonde de la vérité de l’Elokout.

Au-delà de la possibilité de ressentir l’Elokout à travers cette étude, elle éveille également un sentiment pour notre propre essence – notre Néfech Haélokite – pour laquelle toute l’existence a été créée. À travers l’étude de la ‘Hassidout, un Juif commence à sentir qu’il ne fait qu’un avec Hachem. C’est ce que fait l’étude de la ‘Hassidout – elle nous donne un sens, un ressenti, de l’Elokout.

Il en va de même lorsqu’un Juif étudie un Maamar du Rabbi. Cela renforce cette conscience de l’Elokout. Quand nous disons que le Rabbi « s’est placé dans sa Torah », nous voulons dire qu’il y a placé son essence même – sa Yé’hida – (comme expliqué dans la Si’ha du 2 Iyar 5710). Et parce qu’il est la Néchama Klalit, chaque Juif est une branche de sa Néchama, où la vérité ultime de l’Elokout est révélée.

Ainsi, lorsqu’un ‘Hassid étudie les enseignements du Rabbi et qu’ils pénètrent véritablement et deviennent intériorisés, il devient plus facile de ressentir cette vérité – qu’il est, comme chaque Juif, une branche de cette vérité plus grande, un produit de cette réalité plus vaste. En étudiant la ‘Hassidout du Rabbi, cette vérité de l’Elokout est attirée si profondément dans la personne que tout son sens de la réalité commence à se transformer.

Un processus qui demande temps et investissement

Ce n’est certainement pas simple – ce n’est pas quelque chose qu’une personne atteint en une minute. Mais c’est l’objectif, et un ‘Hassid doit savoir qu’il a la capacité de s’y investir et d’atteindre ce niveau.

Beaucoup de Juifs entendent parler du Rabbi et développent une profonde admiration pour lui parce qu’ils sont touchés par sa sollicitude pour les besoins matériels des Juifs à travers le monde. Sans aucun doute, c’est une chose formidable – l’Ahavat Israël et la sollicitude du Nassi Hador pour son peuple. Mais la vérité est que ce n’est qu’une partie de quelque chose de bien plus profond et essentiel. Si c’est l’étendue totale de la connaissance que quelqu’un a du Rabbi, alors c’est une compréhension très superficielle.

Dans la Si’ha du 2 Iyar 5710, lors d’un Farbrenguen pour les étudiants de Tomkhei Temimim, le Rabbi a parlé de cette idée même – qu’on attend d’un Ba’hour qu’il ait une reconnaissance différente du Rabbi, contrairement à ceux qui sont impressionnés par les miracles qu’il accomplit. Est-ce mal que le Rabbi accomplisse des miracles ? Bien sûr que non. Mais c’est un aspect extérieur comparé à la vérité intérieure.

Car de quoi parlons-nous réellement ici ? Non pas de la reconnaissance de qui est le Rabbi, mais de la reconnaissance de qui vous êtes. Puisque pour vous les miracles sont une grande affaire, quand vous entendez que le Rabbi fait des miracles, vous le considérez comme quelque chose de grand. Mais cette grandeur n’est que relative à vos propres critères.

Quant à l’essence véritable du Rabbi – vous n’en avez aucune conscience. Et vous ne pouvez véritablement avoir cette conscience que si vous étudiez ses Maamarim avec un effort réel et en profondeur. Comme dans tout domaine de la Torah, il existe différents niveaux d’étude, et pour véritablement étudier la Torah du Rabbi, cela doit être sérieux et profond – pas superficiel.

Lors de ce Farbrenguen, le Rabbi a dit que l’étude doit se faire avec profondeur, et a ajouté que même extérieurement cela devrait être visible sur un Ba’hour – il devrait y avoir un sens de « Veniflinoeu », qu’il est différent, à part de tous les autres. Cela se produit à travers l’étude de la ‘Hassidout. Il devrait être clair que le Ba’hour y est complètement immergé.

C’est spécifiquement en approfondissant la ‘Hassidout du Rabbi qu’on en vient à véritablement reconnaître le Rabbi tel qu’il est réellement. Car à travers l’étude de la ‘Hassidout, au lieu que vos valeurs naturelles déterminent ce qui compte et ce qui ne compte pas, la réalité du Rabbi commence à façonner tout votre cadre de référence. Et comme mentionné, le Rabbi n’a pas seulement parlé d’étudier la ‘Hassidout – le Rabbi a demandé que l’étude soit profonde.

Que signifie étudier la ‘Hassidout en profondeur

Bien sûr, il existe de nombreux niveaux de profondeur, chaque personne selon sa capacité. Mais avant tout, cela signifie prendre l’étude au sérieux – étudier chaque Maamar plusieurs fois, et surtout, prêter une attention particulière à ce qu’il dit réellement.

Voici un exemple pour aider à expliquer : si quelqu’un vient vers vous et vous dit la même chose plusieurs fois, vous ne penserez pas seulement à ce qu’il dit – vous commencerez à réfléchir à pourquoi il le répète autant. Si quelqu’un vous demande une fois d’étudier ensemble, vous penserez qu’il veut juste étudier quelque chose à ce moment-là. Mais s’il continue à demander encore et encore, vous commencerez naturellement à réfléchir plus profondément – pourquoi se tourne-t-il sans cesse vers moi ? Peut-être veut-il être ami.

Parfois nous entendons ce que les gens disent et c’est tout. Mais si nous réfléchissons à ce qui se cache derrière leurs paroles, nous commençons à comprendre les choses à un tout autre niveau – c’est une compréhension bien plus profonde de leurs mots.

Il en va de même pour l’étude de la Torah du Rabbi. C’est particulièrement pertinent pour les Ba’hourim qui sont en Yechiva. Un Baalaboss qui étudie un Maamar le Chabbat matin, ou même une demi-heure chaque jour, a encore beaucoup de choses en tête – il a des factures à payer et une famille à nourrir. Donc même s’il étudie un peu le matin, son esprit n’est pas vraiment clair et concentré. L’étude consiste davantage à commencer la journée avec quelque chose de vrai, mais cela ne devient pas son essence ultime. Un Ba’hour, en revanche, peut devenir complètement absorbé dans l’étude. L’étude devient qui il est.

C’est pourquoi il ne suffit pas de parcourir le Maamar quelques fois ou de remplir du temps. La profondeur signifie libérer son esprit et être présent, chaque personne selon son niveau. Cela signifie commencer à réfléchir non seulement aux mots, mais aux idées sous-jacentes – pas seulement à ce que dit le Rabbi, mais pourquoi il le dit, et pourquoi il répète certains points.

Pour remarquer cela, votre esprit doit être clair et concentré. C’est seulement de cette façon que le Maamar devient le cœur de votre journée. L’étude n’est pas quelque chose à côté – vous y êtes, vous êtes présent, vous lui donnez votre temps et votre esprit d’une manière qui vous permet de vraiment vous concentrer.

Quand vous étudiez un Maamar, cela devrait se faire d’une manière où vous sentez que c’est la seule chose dans votre vie à ce moment-là – absorber ce qu’il dit et le laisser vous pénétrer. C’est vrai pour toute la ‘Hassidout, mais particulièrement pour un Maamar du Rabbi.

Quand quelqu’un travaille dur et étudie en profondeur un Maamar du Sefer Hamaamarim Meloukkat, par exemple, la perspective que le Rabbi nous enseigne à avoir sur la vie devient aussi sa façon de voir les choses.

On pourrait dire que cela fait aussi partie de ce que le Rabbi voulait dire lors de ce Farbrenguen quand il a dit que l’étude doit se faire avec profondeur. Cela ne signifie pas devenir un intellectuel ‘hassidique qui comprend les concepts les plus profonds. Cela signifie faire une pause pour réfléchir à ce qui est devant vous, à ce que dit réellement le Maamar, chaque personne à sa manière. Pas seulement le parcourir encore et encore, et pas seulement chercher une question et une réponse.

Pratiquement, si un Ba’hour trouve un Maamar qui lui parle vraiment, cela vaut la peine de s’y tenir – ne pas se précipiter vers le suivant, mais le garder, l’étudier encore et encore, le laisser parler de lui-même. De cette façon, il peut l’absorber et le ressentir plus profondément et en faire une partie de lui-même.

L’approche des longs Hemchékhim et des Maamarim analytiques

Il existe différents aspects à cette question, et cela dépend de la situation de chaque personne et de là où elle en est. C’est quelque chose à discuter avec un Machpia. Mais il est important de souligner une idée générale : dans la ‘Hassidout, il y a une valeur profonde et un impact sur la Avodat Hachem même dans l’étude elle-même – simplement en s’y engageant.

Sans entrer dans les distinctions entre différents domaines de la Torah, de manière générale, le Niglé – la partie révélée de la Torah – se concentre principalement sur les directives pratiques pour la vie quotidienne d’un Juif : quoi faire, quoi ne pas faire, et tous les détails complexes de chaque Mitsva. À cause de cela, il est possible pour quelqu’un d’étudier énormément de Niglé et de ne toujours pas véritablement reconnaître Celui qui a donné la Torah. Il peut devenir tellement absorbé par les détails qu’il perd de vue le fait que la Torah est la Torah d’Hachem.

C’est ce à quoi la Guemara fait référence quand elle dit que la destruction du Beth Hamikdach s’est produite parce qu’« ils ont étudié la Torah mais n’ont pas fait la Brakha dessus d’abord ». Ils étaient pleinement engagés dans la Torah et suivaient toutes ses Mitsvot, mais ils ont oublié l’essentiel, la conscience d’Hachem Lui-même.

C’est ce que le Rabbi Rachab explique dans Kountress Etz Ha’Hayim : que le but de l’étude de la ‘Hassidout est de se souvenir de Celui qui a donné la Torah. Quand nous étudions la ‘Hassidout, nous apprenons sur Hachem Lui-même, sur l’intention intérieure de la création, l’essence de l’âme juive, et le lien essentiel entre le peuple juif, la Torah et Hachem. Et quand c’est ce que vous étudiez, vous ne pouvez pas l’oublier.

Il y a un autre point clé dans la ‘Hassidout : elle crée un lien entre le Juif et l’Elokout. À cause de cela, l’étude et l’effort eux-mêmes portent un poids énorme – même si vous ne vous concentrez pas immédiatement sur les applications pratiques. Le but de la ‘Hassidout est de nous connecter à Hachem, et simplement en l’étudiant et en travaillant à la comprendre, nous nous rapprochons de Lui. C’est pourquoi l’habitude constante de demander « quel est l’enseignement pratique pour ma Avodat Hachem » ou « comment cela m’aide-t-il avec mes problèmes » peut en fait nuire à l’étude.

Quand nous cherchons toujours comment le Maamar me parle et affecte ma vie, nous sommes une fois de plus ramenés dans les détails et nous manquons l’essentiel.

Dans le Hayom Yom du 26 Elloul, le Rabbi écrit que la Avoda d’un ‘Hassid commence par « s’imbiber » – « être immergé dans les paroles du Rabbi ». Si le premier instinct de quelqu’un est de comprendre ce qu’on exige de lui, quels conseils de vie le Maamar donne, ou comment cela peut stimuler son énergie pour le prochain Yom Tov – ce n’est pas véritablement s’imbiber des paroles du Rabbi.

Au-delà des conseils pratiques : l’essence de la ‘Hassidout

Cette approche est erronée. La ‘Hassidout donne effectivement saveur et ‘Hayout à chaque Mitsva, illumine chaque Yom Tov, et vivifie même la Avoda quotidienne. Et quand une Mitsva est accomplie seulement parce qu’elle est écrite dans le Choul’han Aroukh, elle peut être sèche et manquer de ‘Hayout. En même temps, il est important de comprendre comment l’étude de la ‘Hassidout aide tous les aspects du service d’Hachem.

Cela est expliqué en détail dans Inyana Chel Torat Ha’Hassidout, où l’idée principale est que la ‘Hassidout n’est pas une collection de conseils de vie ; elle révèle et connecte chaque Juif à l’essence intérieure de sa Néchama. En conséquence, une ‘Hayout dans tout le reste suit naturellement. Car quand un Juif est connecté à l’Elokout et à la vérité, tout change.

Par conséquent, se concentrer sur la recherche de résultats immédiats de chaque Maamar n’est pas le but principal de l’étude de la ‘Hassidout, car une telle approche est encore centrée sur la question « Qu’est-ce que ce Maamar fait pour moi ? » – même si ce « moi » est spirituel et élevé. Le véritable objectif de l’étude de la ‘Hassidout est qu’à travers elle, une personne se connecte avec son essence même – qui est une avec celle d’Hachem – et en conséquence, toute sa Yiddichkeit s’élève et devient vivante d’une manière bien plus haute.

C’est pourquoi l’étude de la ‘Hassidout ne consiste pas seulement à comprendre une idée une fois. On doit étudier la ‘Hassidout de manière répétée, profondément et minutieusement. Si l’objectif était simplement d’ajouter de la ‘Hayout aux 613 Mitsvot, alors après une certaine période d’étude, on pourrait dire que la mission est accomplie : nous aurions une compréhension claire de la signification intérieure de Roch Hachana, de l’intention derrière les Tefilines, de la perspective sur le Chabbat, et ainsi de suite. Oui, une révision pourrait être nécessaire pour retenir les connaissances, mais une étude continue ne serait pas essentielle – tout comme quelqu’un qui connaît le Choul’han Aroukh en détail n’a pas besoin de constamment réviser la Halakha pratique s’il sait déjà quoi faire.

Aujourd’hui, il existe de nombreux livres qui collectent des « conseils de vie » du Tanya et de la ‘Hassidout. Il n’y a rien de mal à cela, bien sûr – mais il est clair pour tout le monde que ce n’est pas l’objectif de la ‘Hassidout. L’objectif est de rapprocher le Juif de la réalité d’Hachem, de faire d’Hachem une partie réelle et présente de la vie d’un Juif. Et pour intérioriser cette réalité, il faut une étude répétée, un engagement sérieux et un effort mental. Car la conscience d’Hachem – la certitude et le sentiment naturel que l’Elokout est la réalité vraie et exclusive – va à l’encontre de nos instincts humains, et seul un effort constant peut instiller cette reconnaissance en nous.

Encore une fois, il est vrai qu’en pratique, ce que nous étudions éclaire le Yom Tov ou la Mitsva en question – mais c’est un résultat de l’étude continue. À travers cela, la ‘Hassidout commence naturellement à illuminer la vie d’une personne. Mais faire de cela l’objectif principal, ou constamment chercher des Maamarim avec un bénéfice immédiat pour sa lutte personnelle actuelle, déplace l’attention de ce qui compte le plus.

L’étude comme Avoda en soi : l’histoire du Radatz

Le Rabbi a partagé un jour (lors du repas de Sim’hat Torah 5731) que la première édition du Likoutei Torah contenait plus de trois mille erreurs d’impression. Les ‘Hassidim passaient de nombreuses heures à étudier un discours, seulement pour réaliser finalement qu’une erreur d’impression avait déformé le sens. Parfois, ils passaient un Chabbat entier sur un Maamar, jusqu’à ce qu’ils doivent conclure qu’il devait y avoir une faute de frappe.

À l’époque du Rabbi Rachab, le Likoutei Torah fut réimprimé avec une relecture minutieuse, et les ‘Hassidim étaient ravis. Mais quand l’imprimeur – Reb Anchil Aranowitz – apporta la nouvelle édition au célèbre ‘Hassid Reb Dov Tsvi (« Radatz ») Chein, le Rav de Tchernigov et un Oved Hachem sérieux, il constata que le Radatz n’était pas content. Quand on lui demanda pourquoi, il répondit : « Vous ne comprenez pas tout l’intérêt ! L’essence de la ‘Hassidout n’est pas la clarté intellectuelle – c’est que l’intellect doit être immergé et absorbé dans la ‘Hassidout. Quand il y avait des erreurs, l’étude exigeait un grand effort et de nombreuses tentatives pour comprendre, jusqu’à ce qu’on doive admettre qu’il y a une erreur d’impression. Mais maintenant, les gens vont parcourir le discours rapidement, le comprendre facilement – alors que feront-ils ensuite ? »

C’est ainsi que les ‘Hassidim considéraient l’étude de la ‘Hassidout – comme une Avoda en soi. Ils n’étudiaient pas pour en extraire un bénéfice personnel ou une aide immédiate dans leur Avoda. L’étude elle-même était la Avoda. La ‘Hassidout révèle comment « c’est très proche de toi » – mais qu’est-ce qui est « proche » ? Hachem Lui-même. La ‘Hassidout révèle comment Hachem est proche de vous, et tout l’objectif de la ‘Hassidout est d’expliquer comment Il est proche – pour vous aider à vous sentir moins à l’aise dans votre propre réalité par défaut. En d’autres termes : les conseils pratiques dans la ‘Hassidout ne remettent pas en question votre réalité, car ils s’adressent directement à elle. Mais la conscience de la réalité d’Hachem, nécessairement, le fait.

La capacité réelle des Ba’hourim à étudier en profondeur

Il est possible que ce sentiment vienne de l’oubli de ce qu’on attend d’un Ba’hour à Tomkhei Temimim. Si un Ba’hour pense dès le départ qu’il n’est pas vraiment capable et qu’on n’attend rien de majeur de lui, alors il n’essaiera même pas de viser haut. Le problème est que parfois nous ne réalisons pas ce dont nous sommes vraiment capables – et sur cette base, nous ne réalisons pas ce qu’on attend de nous.

De nos jours, il semble être devenu accepté que lorsqu’un Ba’hour entre en Yechiva et trouve les choses difficiles, les gens s’adaptent immédiatement à lui. Parfois même le Machguia’h dira aux nouveaux Ba’hourim le premier jour qu’il comprend que la génération d’aujourd’hui est pleine d’énergie et qu’il est donc difficile d’attendre d’eux qu’ils s’assoient et étudient pendant de longues périodes, ou qu’ils étudient un Seder complet en profondeur. Mais la vérité est que lorsqu’un Ba’hour ne sent pas qu’on attend plus de lui – même si en réalité il est capable d’étudier avec constance et d’accomplir de grandes choses – cela en soi l’affaiblit.

Il en va de même pour l’étude de la ‘Hassidout. Un Ba’hour doit savoir qu’il a un vrai potentiel. Même aujourd’hui, un Ba’hour peut atteindre un point où il sent, ne serait-ce qu’un peu, ce qu’est la vérité, ce qu’est l’Elokout, et ce qu’est le Rabbi. Mais pour que ces choses s’installent vraiment en lui, il doit investir du temps et des efforts sérieux.

Nous devons valoriser notre temps et réaliser qu’un changement profond et durable ne vient pas d’une étude superficielle ou juste pour cocher une case. Vous devez être immergé dans l’étude, étudier correctement et en profondeur. Mais quand un Ba’hour valorise le fait qu’il est impliqué dans ce sujet – et qu’en étudiant la ‘Hassidout il apprend à connaître le Pnimiyout du Rabbi – alors il investira naturellement plus de lui-même. Il doit apprécier ce dans quoi il est impliqué et comprendre que nous avons affaire à la chose la plus élevée qui soit. Et à travers cela, nous nous tenons face à face avec la vérité.

Comment la ‘Hassidout aide dans la Avoda quotidienne

L’étude de la ‘Hassidout n’est pas seulement pour obtenir des conseils ou de l’aide pour un problème spécifique dans la Avodat Hachem. C’est quelque chose de bien plus grand. Nous sommes censés y consacrer du temps et de l’énergie parce que cela nous connecte à l’Elokout. Pourtant, la réalité est que nous faisons tous face à des luttes dans la Avodat Hachem. Alors comment pouvons-nous mieux comprendre ce que l’étude approfondie et à long terme de la ‘Hassidout apporte à une personne, et comment elle aide même dans la Avoda quotidienne ?

Tout d’abord – comme mentionné précédemment – ce genre de conversation ne remplace pas le fait de parler à un Machpia. Puisque ce sont des questions très personnelles, chaque personne doit parler à son propre Machpia, qui peut la guider sur ce qui lui convient spécifiquement. Mais même ainsi, on peut dire, au moins brièvement, que souvent l’étude elle-même aide une personne à faire face aux défis. Car à travers l’étude de la ‘Hassidout, une personne peut simplement mûrir dans sa Rou’haniyout.

Voici un exemple simple : un jeune enfant joue avec une petite voiture. Il pense qu’il conduit vraiment, se déplaçant d’un endroit à l’autre, imaginant peut-être qu’il est dans une voiture de police et il se sent vraiment comme si c’était toute une expérience. Mais quelques années plus tard, à mesure que l’enfant mûrit, il perd intérêt pour ces jouets. Il comprend maintenant ce qu’est une vraie voiture, ce qu’est une vraie force de police, ce qu’est un vrai camion, et il n’a plus aucun intérêt pour les choses qui remplissaient autrefois tout son monde. À mesure que l’enfant grandit, il abandonne naturellement le monde imaginaire dans lequel il était tellement absorbé, parce qu’il expérimente maintenant la réalité différemment.

C’est ainsi que cela fonctionne avec la ‘Hassidout aussi. La ‘Hassidout enseigne que du point de vue du Ein Sof, tout est « Kélo ‘Hachiv » – tout est insignifiant. Comparé à la véritable infinité, le monde entier et tout ce qu’il contient n’a aucune valeur réelle. Et quand un Ba’hour s’investit dans l’étude de la ‘Hassidout correctement, lentement mais sûrement, il commence à perdre intérêt pour le monde extérieur et pour les choses qui le distrayaient autrefois. Il commence à sentir que les choses auxquelles il tenait tant ne sont que des jouets vides sans substance. Grandir en Rou’haniyout signifie commencer à sentir – ne serait-ce qu’un peu – qu’il y a quelque chose de réel là-bas qui n’est pas limité par le temps, l’espace, ou quelque frontière terrestre que ce soit. C’est l’effet de l’étude de la ‘Hassidout.

Bien sûr, Hachem nous a créés de manière à ce que nous ne perdions pas complètement intérêt pour le monde physique. Personne ne dit que quiconque étudie la ‘Hassidout se débarrassera instantanément de toutes ses Taavot et deviendra un Tsaddik parfait qui méprise complètement le mal – pas du tout. Mais il y a quand même une énorme différence entre quelqu’un qui fait quelque chose parce que cela signifie vraiment quelque chose pour lui, et quelqu’un qui le fait juste parce qu’il est attiré vers cela et sent qu’il n’a pas le choix.

Pour donner un exemple simple : une personne peut aimer la bonne nourriture – mais elle ne la considère pas comme une valeur élevée. Personne n’écrit sur la Matseiva d’une personne que chaque matin elle prenait une omelette au fromage, assaisonnée à la perfection. Tout le monde comprend que cela ne mérite pas d’être commémoré comme quelque chose de significatif. Peut-être y a-t-il des gens qui rêvent de telles choses la nuit – mais il est tout à fait possible d’atteindre un point où elles prennent de moins en moins de place dans votre vie.

Et c’est là le point : plus un Ba’hour étudie la ‘Hassidout, plus il intériorise le sentiment et la conscience de ce qui est vraiment réel. Ce qu’est la Torah, ce que sont les Mitsvot, qui est Hachem, ce qu’est la Néchama – et à travers cela, il commencera à sentir – ne serait-ce qu’un peu – la petitesse et le vide des choses mondaines.

Et pour revenir à la question précédente – c’est ainsi que la Mitsva finit par paraître différente, que le Yom Tov se ressent différemment. Le Maamar que vous avez étudié avant le Yom Tov éclairera naturellement le Yom Tov lui-même – même si, pendant l’étude, vous n’étiez pas concentré sur vos luttes spécifiques ou ne pensiez pas exactement comment ces idées se joueraient dans votre Avoda personnelle en ce moment.

Faire de la Torah du Rabbi sa propre vie

Le point le plus important est simplement d’étudier d’une manière où vous sentez que c’est votre vie. Comme mentionné précédemment, l’un des messages les plus forts dans la Torah du Rabbi est l’idée de supprimer la division entre différents « mondes » ou domaines de la vie et d’amener les vérités les plus profondes dans votre vie quotidienne, terre-à-terre. Cette approche est liée à une Avodat Hachem qui vient du point le plus intérieur de la Néchama – son essence même. C’est-à-dire que lorsqu’une personne étudie la Torah du Rabbi, elle attire cette vérité en elle-même et cela commence à façonner la façon dont elle voit le monde. Toute sa perspective commence à changer, et cela change la façon dont elle se comporte dans tous les domaines de la vie.

Bien sûr, la ‘Hassidout inclut aussi des directives claires sur quoi faire en termes pratiques – il y a des instructions directes et certaines choses qui doivent être accomplies suite à l’étude. Mais l’objectif principal est quelque chose de plus profond : un changement dans tout votre état d’esprit intérieur. Quel est mon sens fondamental de moi-même ? Comment je me vois et comment je regarde le monde autour de moi ?

Le Rabbi ne parle pas de quelque chose de séparé de la vie – sa Torah parle de la vie elle-même. Les Si’hot sont remplies de discussions sur le but de la création, l’essence d’un Juif, le sens de la Torah et des Mitsvot. Elles ne sont pas concentrées sur l’essai de comprendre un royaume spirituel lointain qui est éloigné de votre expérience, mais plutôt sur la vérité du monde dans lequel nous vivons en ce moment. Et pourtant, il est compris que ce genre de changement ne se produit pas du jour au lendemain. Il ne sert à rien de constamment vérifier si vous « progressez » d’une manière visible. L’accent est sur l’étude, et sur la confiance que l’étude fera son travail.

La Torah du Rabbi inclut tout. Comme nous l’avons dit plus tôt, elle parle dans chaque « langage » et atteint chaque couche de la vie d’une personne. Il n’y a aucune partie de votre vie que le Rabbi n’aborde pas et n’illumine pas. Notre travail est d’étudier et de laisser l’étude nous affecter. Avec le temps, vous commencerez à sentir que votre vie s’élève. Vous commencerez à sentir que votre vie a un but et une mission – que vous avez un rôle à jouer en tant que Tamim, en tant que ‘Hassid. La conscience que tout ce que vous traversez fait partie d’un plan plus profond, et qu’il y a un but derrière tout cela – cette compréhension peut complètement changer votre vie. Et plus vous étudiez, plus cette conscience pénétrera.

Il ne reste plus qu’à étudier et à laisser la Torah devenir une partie de vous. Si vous étudiez correctement et en profondeur, même si ce n’est pas dans chaque Si’ha et pas immédiatement dès le premier jour, vous commencerez à sentir : c’est votre vie. Ce n’est pas un autre monde, saint et éloigné, qui doit être amené dans votre réalité – c’est une seule et unique vérité.

C’est tout le but de l’étude de la ‘Hassidout : que la vérité de l’Elokout pénètre la personne, son esprit, ses émotions, sa vie quotidienne. Qu’il soit un ‘Hassid, et que cela remplisse tout son être.

« C’est toi le Tsadik ! » : le message saisissant du Grand Rabbin de Russie au Farbrenguen de Youd-Teth Kislev à Jérusalem

« C’est toi le Tsadik ! » : le message saisissant du Grand Rabbin de Russie au Farbrenguen de Youd-Teth Kislev à Jérusalem

Lors du grand rassemblement de Youd-Teth Kislev 5786 organisé par Tsamah, le Rav Berel Lazar, Grand Rabbin de Russie et émissaire en chef du Rabbi dans les pays de la CEI, a prononcé un discours d’une rare intensité sur la dimension intérieure de chaque Juif. À travers des récits bouleversants, des histoires de téchouva spectaculaires et une conversation mémorable avec le président Poutine, il a dévoilé comment la ‘Hassidout éclaire les âmes et métamorphose les existences.

 

 

 

Un Juif en quête d’un Tsadik

On raconte l’histoire d’un Juif totalement éloigné du judaïsme qui franchit un jour le seuil d’une synagogue, sans doute pour la toute première fois de sa vie. Il s’approcha du Gabbaï et lui confia : «Je voudrais voir à quoi ressemble un Tsadik. On m’a dit qu’il existe de tels hommes. Pourriez-vous m’en montrer un ?»

Le Gabbaï le toisa avec stupéfaction : «Tu as perdu la tête ? Tu imagines que la synagogue est un musée ? On vient ici pour prier, pour étudier, pas pour contempler des Tsadikim comme des bêtes curieuses !» Et il le mit dehors sans ménagement.

Le cœur en miettes, ce Juif adressa une lettre au Rabbi, lui relatant toute la scène dans ses moindres détails. Il demandait : «Y a-t-il quelque vérité dans les paroles de cet homme ?»

La réponse du Rabbi, écrite de sa propre main, fut lumineuse. Il ratura le mot «Y a-t-il» pour le remplacer par «Il y a», puis ajouta : «Il y a un enseignement capital dans ce que cet homme t’a dit.» Et le Rabbi de poursuivre en citant la Guémara : «Avant que ton âme ne descende en ce monde, on lui a fait prêter serment : sois un Tsadik ! Tout ce qui te manque, c’est de révéler les forces enfouies au plus profond de toi. Tu découvriras alors qu’on ne vient pas à la synagogue pour observer un Tsadik. C’est toi le Tsadik !»

Seul le Rabbi possédait ce don unique : s’adresser à un Juif simple et meurtri, le relever de terre et lui déclarer avec une conviction absolue : «C’est toi le Tsadik !»

La dimension intérieure d’Israël

Comment une telle chose est-elle possible ? Lors de son tout premier Farbrenguen officiel, le Rabbi enseigna que le Zohar proclame : «Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un.» Trois liens indissolubles unissent le Juif au Créateur à travers la Torah. Or, chacun de ces éléments recèle une dimension extérieure et une dimension intérieure.

Le Rabbi nous dévoile la dimension intérieure de chaque Juif. Lorsque nous posons notre regard sur un Juif, le Rabbi nous interpelle avec force : «Ne t’arrête pas à son apparence ! Plonge ton regard dans son intériorité !»

En entrant ici ce soir, j’ai aperçu une photo de Sasha Troufanov. Son histoire, tout le monde la connaît. Je la résumerai en quelques mots. Lorsque sa mère est sortie de captivité, elle était devenue une tout autre femme. En y entrant, elle n’avait pas le moindre lien avec le judaïsme. Elle en est ressortie avec un livre de prières, récitant chaque jour Cha’harit, Min’ha et Arvit. Deux fois par semaine, elle lit l’intégralité des Téhilim, ce qui lui prend quatre heures et demie. Une véritable Tsadeket !

Quand elle apprit que son fils allait être libéré, elle me confia son angoisse : «J’ai peur. Il va sortir, découvrir ce que je suis devenue, et il va perdre la raison. Dès qu’il me verra, il prendra la fuite !»

Et que s’est-il passé ? Baroukh Hachem, il fut libéré, et lui aussi connut un éveil spirituel. Sa dimension intérieure s’est révélée au grand jour. J’étais à ses côtés quand il posa les Téfiline pour la première fois de son existence. J’étais à ses côtés quand il reçut son nom juif : Yossef Alexander. Plus question de «Sasha Alexander», désormais c’est Yossef Alexander. Car soudain, il a ressenti vibrer en lui son âme, cette parcelle de D.ieu d’En-Haut. Voilà ce qu’est Israël dans son essence.

Une téchouva stupéfiante en Russie

Permettez-moi de vous conter une histoire qui illustre ce que signifie la dimension intérieure de la Torah. Un jour, lors d’un événement de premier plan à Moscou, quelqu’un s’approcha de moi et me glissa : «Connaissez-vous ce Juif là-bas ? Pourquoi n’allez-vous pas lui parler ?»

J’ignorais jusqu’à son identité. On m’expliqua : «C’était un brillant élève de Yéchiva, un érudit d’envergure. Il a complètement sombré. Venez-lui en aide !»

Je m’approchai de lui et nous convînmes d’une visite. Arrivé chez lui, j’aperçus des Téfiline dans un coin de la pièce. Je m’exclamai : «Oh, vous possédez des Téfiline !» Sa réponse fut cinglante : «Un simple souvenir.»

Pour faire court, il avait touché le fond, ces abîmes où nul ne souhaite s’aventurer. Je commençai à tisser un lien avec lui, à l’inviter, à lui rendre visite, à étudier ensemble. L’épilogue ? Le jour de son mariage, ce fut une cérémonie cachère Léméhadrine, avec une épouse observant scrupuleusement la pureté familiale. Une famille ‘hassidique dans toute sa splendeur !

Son frère me raconta que lorsqu’il avait annoncé à sa famille son départ pour la Russie, après tout ce qui s’était passé, ce fut la consternation générale. Ils se lamentaient : «Non seulement il est tombé si bas, mais en plus la Russie ! Que va-t-il devenir là-bas ?»

Ils se demandaient que faire. Il fallait appeler quelqu’un. Mais qui ? Habad ! Pourtant, comment oser décrocher le téléphone pour appeler Habad ? Ils savaient ce qu’était Habad ! Plusieurs fois, ils tentèrent de soulever le combiné, en vain. Impossible.

Puis un beau jour, des échos leur parvinrent : il mettait les Téfiline, il observait le Chabbat, il étudiait. Ils lui demandèrent : «Comment est-ce arrivé ?» Il répondit simplement : «Habad est venu à moi.»

Alors ils prirent une décision : entrer dans une librairie juive et acquérir des ouvrages de ‘Hassidout Habad pour percer ce mystère. Ils achetèrent deux livres : le Tanya et le Likouté Torah.

Depuis cette semaine-là, les deux frères s’installent côte à côte et étudient ensemble. Ils fréquentent la synagogue, partagent ce qu’ils ont appris. Autour d’eux, on s’interroge : «D’où jaillit cette lumière ?» Ils répondent évasivement : «Ce sont des livres saints, mais si nous vous révélions lesquels, vous n’en reviendriez pas !»

Aujourd’hui, ils peuvent enfin témoigner : «Nous avons compris que peu importe ce que l’on cherche et où on le cherche, nous réalisions que nous poursuivions le Saint béni soit-Il à travers le Talmud. Nous possédions tout le Cha »s, mais ressentir ce lien vivant avec Hachem, cette connexion entre Israël et le Saint béni soit-Il, voilà ce qui nous faisait cruellement défaut. L’Admour Hazakène nous a ouvert les yeux : il nous a permis de contempler le Saint béni soit-Il au cœur même du Cha »s.»

Voilà ce qu’est la dimension intérieure de la Torah. Ce n’est nullement un domaine séparé. Bien au contraire, elle vient enrichir et vivifier l’étude. Grâce à cette dimension intérieure, nous découvrons une vitalité nouvelle dans l’étude de la Torah, nous percevons sa lumière éclatante.

Aimer D.ieu de tout son être

Et quelle est la dimension intérieure du Saint béni soit-Il ? Chacun de nous prie quotidiennement et proclame deux fois par jour : «Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces.» Mais aimons-nous véritablement le Saint béni soit-Il ? Pouvons-nous honnêtement affirmer que nous brûlons d’un désir ardent pour Hachem ?

«De tout ton cœur» signifie avec tes deux penchants. Est-il concevable d’atteindre un état où nos deux penchants convergent vers l’amour de D.ieu ? «De toute ton âme», comme l’enseigne la Paracha de cette semaine, implique que tous nos désirs soient exclusivement tournés vers Hachem.

Un jour, Rabbi Yossef Its’hak, le Rabbi précédent, se rendit à Londres pour collecter des fonds en faveur de la Yéchiva. Un jeune homme l’accompagnait. Ils allaient de maison en maison. Soudain, le Rabbi aperçut une demeure imposante et comprit qu’un homme fortuné y résidait. Il proposa : «Entrons ici.» Le jeune homme objecta : «Non, pas là.» «Comment cela, pas là ? Il y a certainement un Juif à l’intérieur, tentons notre chance.» Le jeune homme insista : «Ce Juif-là, je ne l’aime vraiment pas.»

Rabbi Yossef Its’hak le fixa intensément et lui dit : «Que tu n’aimes pas quelqu’un, je ne l’approuve pas, mais je peux encore le concevoir. Mais ‘vraiment’ ne pas l’aimer ? Comment un Juif peut-il employer le mot ‘vraiment’ pour quelque chose qui n’a aucun rapport avec le Saint béni soit-Il ? Ton ‘vraiment’ doit être exclusivement réservé à l’amour d’Hachem !»

Si quelqu’un possède un tel feu intérieur, je suis prêt à l’acquérir pour tout l’or du monde ! J’ai cherché inlassablement, et voici ce que j’ai découvert : lorsqu’on étudie la ‘Hassidout, lorsqu’on s’adonne au service du cœur, on commence à entrevoir ce qu’est la dimension intérieure du Saint béni soit-Il, ce que signifie se consacrer entièrement à Hachem.

Le sens profond de «Je suis devenu petit»

Cette semaine précisément, je cherchais à élucider un bref commentaire de Rachi sur le verset «Je suis devenu petit face à tous les bienfaits» (Béréchit 32:11). Rachi explique : «Mes mérites ont diminué.» Mais cette interprétation ne semble pas correspondre au mot «Je suis devenu petit». L’Admour Hazakène, dans la lettre qu’il rédigea à sa sortie de Pétersbourg, nous en dévoile la signification profonde.

Yaakov Avinou proclame : «Le Saint béni soit-Il m’a élevé si haut ! Les bienfaits et les prodiges dont j’ai été témoin m’ont porté à des sommets vertigineux. C’est précisément pour cette raison que je dois cultiver l’humilité. Plus je me rapproche du Saint béni soit-Il, plus je mesure combien je suis insignifiant. Auparavant, je me croyais grand, je me percevais comme un Tsadik. Soudain, grâce aux bienfaits qu’Hachem m’a prodigués, je m’approche de Lui et je réalise que je ne suis rien.»

Tel est l’enseignement de la ‘Hassidout. D’un côté, elle t’élève, te révèle que tu n’es pas un simple Juif, mais un Tsadik. «On t’a fait jurer d’être un Tsadik.» Elle te confère des forces insoupçonnées. Tu es immense, tu es un géant !

Mais c’est précisément cette élévation qui engendre l’humilité, car tout cela ne vient pas de toi. C’est le Saint béni soit-Il qui te l’a accordé. C’est un pur don de Sa grâce.

La révolution de 1991 : «Un étonnement absolu !»

Je voudrais partager avec vous un épisode marquant. En 5751 (1991), chacun s’en souvient, les nouvelles annoncèrent soudain une nouvelle révolution en Russie ! Les bouleversements en Russie, c’est notre lot quotidien, Baroukh Hachem, on ne s’ennuie jamais. Chaque jour apporte son lot de surprises.

À ce moment précis, je me trouvais aux États-Unis, à New York, auprès du Rabbi. Soudain, en pleine nuit, vers huit heures du matin là-bas, mon téléphone sonna. On me criait : «Où es-tu ? Que fais-tu ? Pourquoi n’es-tu pas ici ?»

Je répondis calmement : «Que se passe-t-il ? Je rentre demain.» La réponse fusa : «Demain ?! Et en attendant, que fait-on ? Nous avons des colonies de vacances, des enfants, des moniteurs et des monitrices ! Que devons-nous faire ? Tout le monde fuit le pays. Toutes les organisations juives ont fermé leurs portes. Tout le monde s’est enfui !»

Je leur dis : «Du calme, mes amis. Que fait-on quand on ne sait plus quoi faire ? On écrit au Rabbi ! Je vais bientôt descendre à la prière, je rédigerai une lettre et la remettrai au secrétaire. Dès que le Rabbi aura répondu, nous saurons comment agir.»

Il était cinq heures du matin. Je m’assis et rédigeai soigneusement ma lettre. Un quart d’heure avant le début de la prière, je montai au secrétariat. Le secrétaire me demanda : «Qu’est-ce que c’est ?» Je répondis : «On demande ce qu’il faut faire.» Il s’exclama : «Tu as perdu la raison ? De quelle question parles-tu ? Le président des États-Unis lui-même déclare ignorer ce qui va se passer demain matin ! C’est une révolution, un danger mortel ! Quelle question poses-tu ?»

Je répliquai : «Je suis un petit enfant, je ne comprends rien à rien. On m’a posé la question, je dois retourner en Russie demain. J’ai tout exposé au Rabbi. S’il vous plaît, remettez-lui cette lettre.»

Il finit par accepter. Je descendis prier. Soudain, le Rabbi descendit de son bureau. Le secrétaire m’aperçut, accourut vers moi et me souffla : «Dès la fin de la prière, monte immédiatement et attends-moi là-haut !»

On peut aisément imaginer dans quel état d’esprit je priai ce jour-là… Je montai quatre à quatre et attendis. Il me tendit la réponse du Rabbi. Ces mots, je les reçus avec une stupéfaction totale.

Le Rabbi écrivait : «Un étonnement absolu face à une telle question ! Il va de soi qu’il faut poursuivre tous les programmes, y compris les colonies de vacances, jusqu’à leur terme. Hachem vous accordera la réussite et vous apportera de bonnes nouvelles.»

On pourrait en disserter toute la nuit, mais permettez-moi une simple question : que signifie «un étonnement absolu» ? Le Rabbi ignorait-il ce qui se passait ? N’écoutait-il pas les informations ? On tirait sur les gens, des chars patrouillaient dans les rues ! Pourquoi donc «un étonnement absolu» ?

Il me fallut du temps pour saisir. Le Rabbi avait proclamé cette année-là : «C’est l’année où le Machia’h sera révélé !» Le Rabbi t’annonce l’arrivée imminente du Machia’h, et toi tu poses de telles questions ? Tu ne comprends donc pas que ces événements eux-mêmes sont un signe annonciateur de la Guéoula ?

Bref, j’embarquai dans l’avion sous les regards incrédules de tous. Nous étions ma femme, moi, nos deux fillettes, et une seule autre personne. Un avion entier, un jet privé offert ! Nous nous installâmes en classe affaires, nous fîmes ce que bon nous semblait. Tout l’appareil était à nous.

Tout le monde nous dévisageait comme des fous : «Pourquoi montes-tu dans cet avion ?» Je demandai à l’autre passager ses raisons. Il me répondit : «Ma femme m’a lancé un ultimatum : soit tu rentres immédiatement, soit c’est le divorce !»

Moi, je rentrai avec la certitude absolue que le Rabbi nous avait promis l’arrivée du Machia’h. Aucune raison de s’alarmer, aucune raison de se tourmenter. Le Rabbi nous enseigne à discerner le bien en toute chose. Aucun mal ne descend d’En-Haut. Tout est pour le bien, et plus encore : tout est un signe avant-coureur de la Guéoula !

Youd-Teth Kislev : se reconnaître comme un Tsadik

Youd-Teth Kislev est un jour qui insuffle en chacun de nous cette conviction profonde : se regarder d’abord soi-même et se dire «Je suis un Tsadik, je dois me conduire en Tsadik, je suis un ‘Hassid.» Comment pourrais-je commettre quelque chose de mal ? Je suis un ‘Hassid de l’Admour Hazakène !

Je poserai sur chaque Juif un regard bienveillant, je verrai en toute chose dans ce monde une étincelle de bien.

La question de Poutine sur l’éternité du peuple juif

Tout le monde raffole des anecdotes sur le président Poutine, alors en voici une particulièrement brève. C’était il y a quelques années, la veille de Roch Hachana, une journée chaotique en Russie. Un avion venait de s’écraser, c’était la panique générale.

J’avais néanmoins un rendez-vous avec lui avant Roch Hachana. J’étais persuadé qu’on allait annuler la rencontre. Il répondit que non, la réunion était maintenue. J’arrivai au Kremlin où tous les ministres patientaient, mais comme c’était la veille de Roch Hachana, je devais passer en premier.

Je sentais déjà peser sur moi les regards assassins des ministres, comme si j’étais un dément d’entrer à un tel moment de crise. Je m’entretins avec lui pendant une heure et demie. À un certain moment, je compris qu’on allait m’écharper à ma sortie !

Je hasardai : «Monsieur le Président, je crois que nous avons fait le tour. Nous poursuivrons une prochaine fois.» Il acquiesça : «D’accord, très bien, merci.» Je me levai, me dirigeai vers la porte, il regagna son bureau. Soudain, il se retourna vers moi et me lança :

«Rabbi, pourriez-vous m’éclairer sur le secret de l’éternité du peuple juif ? Ici en Russie, nous avons connu des nations, des peuples qui possédaient tout. Ils disposaient de territoires immenses, d’argent, d’armées, d’une langue, d’une culture, de nourriture, de tout ce qu’ils désiraient. Ils se sont volatilisés. Il n’en subsiste pas même un souvenir.»

«Comment se fait-il que le peuple juif, dépourvu d’État, de langue, d’armée, de culture propre, privé de tout, éparpillé aux quatre coins du monde, comment se fait-il que ce peuple demeure si puissant ? D’où lui vient cette force ?»

Naturellement, je manquais de temps. Je manquais assurément de temps à cet instant précis. Que pouvais-je lui répondre ? Lui développer la signification du «Je crois», ce qu’enseigne la ‘Hassidout, ce que révèle l’Admour Hazakène ? Par où commencer, par où conclure ?

Que fait-on dans une telle situation ? Je me tournai intérieurement vers le Rabbi et implorai : «Rabbi, inspire-moi les mots justes.» Avant chaque entrevue, je sollicite le Rabbi : «Rabbi, peu importe qui je rencontre, Juif ou non-Juif, peu importe. Chaque rencontre est une occasion d’exercer une influence, de transformer un être. Ne gaspille pas cette chance ! Ne lui parle pas de la météo et de banalités. Transforme-le ! Donne-lui quelque chose qu’il emportera au fond de lui.»

Et de ma bouche jaillirent ces mots : «Monsieur le Président, peut-être détenez-vous vous-même la réponse ?»

Il me répondit : «À vrai dire, j’y ai longuement réfléchi. Tous ces peuples, tout ce qu’ils possédaient, l’argent, l’armée, le territoire, la langue, ce sont des biens éphémères qui vont et viennent. Voilà pourquoi ces peuples ont disparu. Le peuple juif, lui, repose sur des fondations éternelles. C’est pourquoi il est un peuple éternel.»

Il poursuivit : «Il y a de l’éternité dans le peuple juif parce qu’il détient la Torah, une valeur éternelle. La famille juive est unique au monde, elle constitue une valeur éternelle. Et les Rabbins, la tradition juive transmise de génération en génération, voilà une valeur éternelle.»

Si l’on aspire à comprendre ce que signifie l’éternité, on vient aujourd’hui à Tsamah. C’est ici que nous étanchons notre soif spirituelle, que nous recevons «lumière et vitalité de notre âme», pour repartir dans le monde et reconnaître en chaque Juif un véritable Tsadik. Il suffit de dévoiler ce qui sommeille dans son intériorité.

Et alors nous découvrirons qu’au sein même de l’exil (Gola) se love la Délivrance (Guéoula). Puissions-nous mériter très prochainement de nous élancer vers la Délivrance véritable et complète, avec le Machia’h Tsidkénou, Amen !

 

40 000 visiteurs en 72 heures : Tsama attire une foule record à Jérusalem

40 000 visiteurs en 72 heures : Tsama attire une foule record à Jérusalem

 

En l’espace de 72 heures, près de 40 000 personnes ont participé aux événements ‘Tsama’ de la Hassidout, au complexe Binyanei Haouma, comprenant des prestations musicales, des Farbrenguen, des cours, une vaste foire de livres et diverses expositions.

 

 

Les événements annuels Tsama, qui se tiennent à Binyanei Hauma à Jérusalem, battent actuellement leur plein, attirant des dizaines de milliers de participants venus de tout le pays. Organisé en l’honneur de Youd Teth Kislev – le « Rosh Hashana de la Hassidout » – l’événement en est à sa 16ᵉ édition, sous la direction du Rav Moshe Shilat.

Les records de fréquentation ont été battus dès les premiers jours, avec près de 40 000 visiteurs au complexe durant les premières 72 heures. Le programme comprend des concerts, des Farbrenguen, des shiourim, une grande foire de livres et diverses expositions.

Le point culminant de l’événement a été le concert central, réunissant Avraham Fried, Akiva, Benaia Barabi et Motty Steinmetz. Le spectacle mêlait Nigounim, interventions inspirantes et une production visuelle de haut niveau.

Compte tenu de la situation sécuritaire, le programme incluait également des contenus mettant en parallèle la foi des otages revenus de captivité et les enseignements de la Hassidout.

Les sessions du matin étaient consacrées à la jeunesse, avec des milliers d’élèves issus d’écoles et de yéchivot participant à des programmes éducatifs. Une composante essentielle était le projet « Lev Ladaat», qui évalue les élèves sur leur connaissance des ouvrages de Hassidout.

L’événement accueille également une immense foire du livre, proposant à la vente des centaines de milliers de livres de Hassidout.

 

Photos : Chaim Tuitou

 

 

Youd Teth Kislev : Quand l’essence divine se révèle dans les plus petits détails – Rav Yaacov Goldshmid

Youd Teth Kislev : Quand l’essence divine se révèle dans les plus petits détails – Rav Yaacov Goldshmid

Comment un même mot de la Torah peut-il désigner à la fois de modestes récipients oubliés et la transcendance absolue du Créateur ? Cette causerie sur la Paracha Vayichla’h dévoile, à travers les enseignements du Rabbi, le secret du Youd-Teth Kislev et la révolution spirituelle de l’Admour Hazakène. Une méditation sur l’essence qui traverse tous les voiles pour illuminer jusqu’aux confins du monde.

 

 

Rav Yaacov Goldshmid

 

Dans l’atmosphère du Youd-Teth Kislev

Nous voici dans la semaine de la Paracha Vayichla’h, à quelques jours du Youd-Teth Kislev, encore enveloppés de l’atmosphère lumineuse de cette fête. Le Youd-Teth Kislev représente, après tout, un mariage : celui de la ‘Hassidout avec le monde. La célébration eut lieu la nuit du Youd-Teth, c’est-à-dire au soir du quinzième jour. Le Rabbi avait pour coutume de jeûner ce jour-là — tel était son ordre établi.

Un verset aux deux visages

Notre Paracha renferme un verset singulier : «Vayivater Yaakov levado» — «Et Yaakov demeura seul» — suivi de «vayéavek ich imo ad alot hacha’har» — «et un homme lutta avec lui jusqu’à l’aurore». Mais que signifie véritablement ce mot «levado», «seul» ?

Nos Sages nous offrent deux lectures étonnamment divergentes. La première propose : ne lis pas « levado » mais «lekado» — pour ses cruches. Yaakov avait oublié là-bas quelques petits récipients et il retourna les chercher. Une interprétation d’une simplicité désarmante : le mot « levado » évoque, dans un hébreu très prosaïque, de modestes ustensiles. Rien d’héroïque. De simples cruches.

Cette lecture évoque l’histoire de l’Admour Hazakène fuyant les troupes de Napoléon : ayant oublié un petit récipient de lait quelque part sur la route, il fit demi-tour pour le récupérer. Pour un simple récipient, il courut.

Mais nos Sages proposent une seconde interprétation, vertigineusement différente : «Vayivater Yaakov levado» fait écho au verset «Vénisguav Hachem levado» — «Et D.ieu sera exalté, Lui seul ». Ce chant que nous entonnons témoigne d’un «levado» qui désigne les sommets les plus inaccessibles de la divinité.

Le paradoxe d’un mot unique

Comment concilier ces deux lectures ? Comment un même terme peut-il désigner tantôt une humble cruche, tantôt la solitude transcendante du Maître du monde ?

Le Rabbi rattache cette énigme à la signification profonde du Youd-Teth Kislev. Dans une Si’ha d’une grande densité, longuement construite et fondamentale, il développe une réponse dont voici l’essentiel.

Le mystère d’un dévoilement tardif

Le Rabbi observe un phénomène remarquable concernant le dévoilement de la ‘Hassidout. Une question se pose avec acuité : si la Torah de la ‘Hassidout est authentique, si sans elle l’âme juive ne peut atteindre sa plénitude, pourquoi ne fut-elle révélée qu’au cours des trois derniers siècles ?

Cette interrogation traverse les générations.

Deux réponses s’affrontent, apparemment inconciliables.

Selon la première, le monde ne pouvait tout simplement plus survivre sans la ‘Hassidout. Après les massacres de Ta’h veTat (1648-1649), après les décrets et les épreuves spirituelles accumulées, le monde gisait dans un état de syncope. Le peuple juif, évanoui, avait besoin d’être réveillé. La ‘Hassidout surgit parce que nous avions touché le fond, et qu’il fallait remonter.

Mais une explication diamétralement opposée existe : le Machia’h approche, et l’on commence déjà à goûter aux délices de l’ère messianique ! Comme le vendredi après-midi, quelques instants avant l’entrée du Chabbat, lorsque les effluves du Tcholent sur la plaque chauffante emplissent déjà la maison — nous commençons naturellement à savourer les mets du Chabbat avant même qu’il ne débute.

Voilà le paradoxe dans toute sa crudité : d’un côté, nous serions la génération la plus basse spirituellement ; de l’autre, la plus élevée. Comment ces deux vérités coexistent-elles ?

Le secret de «Yafoutsou Maynotekha ‘Houtsa»

La clé, enseigne le Rabbi, réside dans le ‘Hidouch — l’innovation fondamentale — de l’Admour Hazakène, contenue dans cette phrase : «Yafoutsou Maynotekha ‘Houtsa» — «Que tes sources se répandent à l’extérieur».

Mais quel est précisément ce ‘Hidouch ? Posons la question avec candeur : si « Yafoutsou » signifie « que cela se répande », pourquoi ajouter «’Houtsa», «à l’extérieur» ? Répandre, n’est-ce pas par définition vers l’extérieur ? Existe-t-il une diffusion «vers l’intérieur» ?

En vérité, on peut répandre sans « ‘Houtsa ». Quelqu’un peut déverser sans fin, mais sans que le réceptacle soit adapté à ce qu’il reçoit. Celui qui parle sans se soucier de son auditeur verse, déverse, répand — mais à quoi bon ?

Le mot «’Houtsa» nous enseigne ceci : que l’extérieur lui-même devienne réceptacle ! Que la source parvienne au dehors, certes, mais que ce dehors soit apte à la recevoir, selon ses propres critères. N’oublie jamais vers qui tu diffuses. En classe de deuxième, on s’exprime d’une certaine manière ; en huitième, autrement. L’adaptation est la condition de la transmission.

Le péril de la dilution

Mais si tel est l’objectif, une difficulté surgit : on ne peut diffuser la même eau partout. Certaines eaux conviennent aux élèves avancés, d’autres aux débutants. Ce ne sont pas les mêmes eaux.

Plus grave encore : si l’on veut atteindre le «’Houtsa» le plus éloigné, ne risque-t-on pas de diluer l’essence jusqu’à la dissoudre ? Car enfin, à force de descendre, on arrive forcément à un point où l’on n’a plus rien à dire.

Imagine-toi dans un jardin d’enfants. Que vas-tu leur raconter ? Que le Rabbi fut emprisonné ? L’essence s’est évaporée ! La ‘Hassidout semble intransmissible à ce niveau.

Alors comment fonctionne «Yafoutsou Maynotekha ‘Houtsa» ? La réponse se trouve dans le mot central : «Maynotekha» — tes sources.

La source et non les eaux

« Maynotekha » recèle lui-même un ‘Hidouch. Le texte ne dit pas «Yafoutsou Mimeikha» — que tes eaux se répandent — mais «Maynotekha» — tes sources. On ne diffuse pas les eaux de la source ; on diffuse la source elle-même. La syntaxe, apparemment incorrecte, est en réalité d’une précision absolue.

Quelle différence y a-t-il entre une source et ses eaux ? Selon la Torah et la Halakha, les eaux qui s’écoulent d’une source perdent leur statut de «source». Une source possède sa propre définition juridique : elle désigne une eau jaillissante, vivante.

Les eaux qui s’éloignent de leur origine requièrent quarante Séa, doivent remplir certaines conditions — ce qu’on appelle « eaux vives » à la source ne l’est plus à distance. Cependant, si la source s’étend sur des kilomètres tout en demeurant connectée à son point d’émergence, elle conserve son statut de source en chaque point de son cours. Aussi loin qu’elle s’étende, tant qu’elle reste reliée, elle demeure source partout.

L’essence traverse tous les voiles

Le Rabbi explicite : la source symbolise l’essence. Les manifestations, elles, se dégradent à mesure qu’elles descendent — plus elles se révèlent à l’extérieur, plus elles s’affaiblissent. Mais lorsque l’essence elle-même réside dans la manifestation, tout change : l’essence ne se modifie pas selon l’endroit où elle se trouve. Elle atteint chaque recoin du monde dans son intégralité.

Telle est la réponse à «Yafoutsou Maynotekha ‘Houtsa».

Voilà, affirme le Rabbi, le ‘Hidouch du Youd-Teth Kislev. L’Admour Hazakène n’a pas seulement trouvé le moyen de transmettre la ‘Hassidout — d’apporter la divinité dans le monde le plus bas, dans chaque coin et recoin. Il a révélé l’essence même de la Torah. Et l’essence, par définition, ne connaît pas de frontières.

Le Rabbi présent en chaque lieu

Le Rabbi enseigne que ce principe de «Yafoutsou Maynotekha ‘Houtsa» se manifeste dans tous les domaines de la Torah et d’Israël. Arrêtons-nous sur un point particulier.

Le concept de Rav et de Talmid, ou même de Rabbi et de ‘Hassid, existait bien avant le Baal Chem Tov. Qu’a donc innové ce dernier ? Traduisons la question autrement : qu’a innové le Rabbi ?

Le chapitre 2 du Tanya enseigne que sans les « têtes » des Bnei Israël, on ne peut vivre. Tout le monde connaît cet enseignement, développé également au chapitre 42.

Mais affirmer que la tête influence tout le corps ne signifie pas que la tête se trouve dans le pied. La tête demeure en haut ; elle influence le pied de là où elle est. Autrement dit : les eaux de la source parviennent au pied — mais ce ne sont que les eaux.

Le chapitre 2 du Tanya correspond donc à «Yafoutsou Mimeikha ‘Houtsa» — que tes eaux se répandent à l’extérieur. Le ‘Hidouch du Youd-Teth Kislev va plus loin : le Rabbi ne se contente pas d’influencer le monde entier — il s’y trouve présent.

Les Chlou’him incarnent cette vérité, mais pas seulement eux : chacun d’entre nous porte le Rabbi en lui lorsqu’il sort dans la rue.

Celui qui part aux Mivtsaïm en sachant qu’il n’y va pas pour transmettre l’influence du Rabbi au monde, mais qu’il est lui-même Batèl — annulé dans le Rabbi — et qu’il apporte le Rabbi avec lui, celui-là apporte le Machia’h en chaque lieu et fait entrer le Machia’h dans sa propre vie.

L’unité retrouvée des deux lectures

Nous pouvons désormais comprendre comment un même mot contient «levado» et «lekado». Précisément parce que l’on apporte l’essence, «Vénisguav Chemo Levado» — «Son Nom sera exalté, Lui seul» — peut venir habiter une cruche, une toute petite cruche.