Rabbin Mikael Journo : Hommage au Rav Eli Schlanger z״l et aux victimes de l’attentat de Sydney

Rabbin Mikael Journo : Hommage au Rav Eli Schlanger z״l et aux victimes de l’attentat de Sydney

Un attentat antisémite a frappé la communauté juive de Sydney lors d’un allumage public de Hanouka. Le Rav Eli Schlanger z״l, émissaire du Rabbi de Loubavitch, a été assassiné alors qu’il accomplissait sa mission sacrée : apporter la lumière au monde. Face à cette tragédie, le Rabbin Mikael Journo nous livre ce message poignant.

Tout commence avec le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, qui a transmis à notre génération une certitude simple et invincible : on repousse la nuit en ajoutant de la lumière.
À Hanouka, ses émissaires, les Chlouhim, portent cette mission aux quatre coins du monde.
Ils allument, ils rassemblent, ils relèvent les cœurs, ils réveillent une Nechama et rappellent que la Chekhina ne s’éteint jamais.
Ce soir, je rends hommage au Rav Eli Schlanger z״l, assassiné à Sydney lors d’un allumage public de Hanouka, ainsi qu’à toutes les victimes de ce terrible attentat antisémite.
Ils ont été frappés pour ce qu’ils étaient et pour la lumière qu’ils incarnaient.
À la haine, nous répondrons par la lumière, l’unité et la vie.
Personne n’éteindra la lumière d’Israël, ni celle du peuple juif.
Hanouka Sameah

Le Rabbin Mickael Journo est rabbin de la synagogue Chasseloup-Laubat et aumônier général israélite des hôpitaux de France. Il anime par ailleurs une émission Mensuelle de Pensée Juive « Havrouta » avec le rabbin Olivier Kaufmann sur RCJ, et intervient régulièrement dans des colloques ou conférences concernant le regard du judaïsme vis-à-vis des questions bioéthiques contemporaines.

Le Feu et l’Eau : 4 leçons surprenantes pour éclairer notre vie intérieure

Le Feu et l’Eau : 4 leçons surprenantes pour éclairer notre vie intérieure

Dans notre quête moderne de sens, nous explorons souvent les frontières de la psychologie et du développement spirituel. Pourtant, une sagesse immémoriale se cache dans la Hassidout, dont le langage symbolique offre une cartographie fascinante de notre paysage intérieur, d’une pertinence toujours aussi vive.

 

Adapté du premier Maamar de la Prachat Mikets du Torah Or de l’Admour Hazaken

 

La Parachat Mikets du Torah Or nous présente deux métaphores universelles et puissantes : le Feu et l’Eau. Il ne s’agit pas ici des éléments physiques, mais des deux forces fondamentales qui animent notre âme. D’un côté, le Feu est l’élan passionné qui nous pousse à transcender nos limites ; de l’autre, l’Eau est la sagesse qui nous ancre et donne un sens à notre incarnation terrestre. Comprendre leur danse, c’est comprendre l’alchimie de notre vie intérieure.

Cet article se propose de distiller quatre leçons percutantes tirées de cette sagesse. Ensemble, elles forment un modèle profond pour naviguer nos aspirations, nos doutes et même nos échecs, nous invitant à trouver un équilibre plus juste au cœur de notre être.

1. Le Feu : La soif de l’âme pour s’élever

La Hassidout nous invite à regarder d’abord dans le cœur, car c’est là qu’elle situe le premier élément : le Feu spirituel. Il ne s’agit pas d’une émotion passagère, mais d’une soif ontologique, d’un désir ardent de l’âme de s’élever au-dessus des contingences matérielles pour se reconnecter à sa Source infinie.

La nature même de ce Feu est de monter. Tout comme une flamme physique est inexorablement attirée vers le haut, ce feu intérieur exprime le désir puissant de l’âme de s’arracher à ses limitations pour fusionner avec la lumière du Divin. C’est l’élan mystique par excellence, une quête passionnée d’unité et de transcendance. Le Maamar le décrit avec une poésie saisissante :

« son âme s’est consumée pour Lui dans un amour intense comme des charbons ardents, une flamme qui monte d’elle-même pour s’intégrer dans la lumière de Dieu et Son unité. »

C’est cette flamme qui nous empêche de nous satisfaire pleinement du statu quo, et qui murmure qu’une autre dimension de l’existence est possible.

2. L’Eau : La sagesse qui ancre et équilibre

Face à l’élan ascendant du Feu se dresse l’élément de l’Eau. Sa source, nous révèle la sagesse ancienne, n’est pas dans le cœur mais dans le cerveau. Pour comprendre cette dynamique, l’Admour Hazaken utilise une surprenante analogie physiologique : de même que les poumons puisent l’humidité du cerveau pour tempérer et refroidir la chaleur physique du cœur, une alchimie similaire doit s’opérer sur le plan spirituel.

Cette Eau symbolise la sagesse, la connaissance et la conscience divine qui doivent venir équilibrer le Feu de nos passions. Dans la Hassidout, cette Eau représente la sagesse divine, cristallisée dans l’étude (la Torah) et l’action juste (les Mitsvot) — les structures qui permettent de canaliser la lumière divine dans le monde. Or, la caractéristique de l’eau est de s’écouler d’un lieu élevé vers un lieu bas. La métaphore est profonde : contrairement au Feu qui cherche à s’échapper vers le haut, la sagesse (l’Eau) est une ressource que nous devons activement « faire descendre » en nous. Son but n’est pas de nous extraire du monde, mais d’irriguer notre existence terrestre pour que le Feu de notre cœur ne nous consume pas, mais nous illumine.

3. La Pensée comme Déclencheur : Comment allumer le feu intérieur

Comment cette dynamique sacrée s’active-t-elle ? Comment allumer ce feu et irriguer notre âme de cette eau ? L’Admour Hazaken est formel : cette aspiration n’est pas le fruit d’une foi aveugle ou d’une simple impulsion. Elle naît d’un processus intellectuel rigoureux : la contemplation profonde.

Le sujet de cette méditation est l’incommensurable grandeur du Divin. Il s’agit de réfléchir à la manière dont l’univers entier émane du « souffle de Sa bouche » et comment, en comparaison de cette source infinie, toute la création est considérée comme un néant. L’analogie est puissante : de la même manière que la parole d’un homme est insignifiante et totalement dépendante de l’homme lui-même, la création entière est comme inexistante face à son Créateur.

C’est cette prise de conscience intellectuelle, cette réalisation vertigineuse issue de l’Eau de la pensée, qui vient ensuite allumer dans le cœur le Feu de l’amour. L’émotion spirituelle la plus intense n’est donc pas un abandon de la raison, mais le résultat d’une clarté intellectuelle absolue.

4. L’Oubli et le Destin : L’épreuve ultime du Feu et de l’Eau

La leçon la plus contre-intuitive est l’application ultime de cet équilibre face au chaos apparent de la vie. La Hassidout établit un lien saisissant entre l’oubli du grand échanson, qui avait promis d’aider Joseph en prison, et la libération de ce dernier.

Le Maamar ne le présente pas comme un simple hasard ou un catalyseur. Il affirme de manière audacieuse que cet oubli fut la cause même qui a déclenché les événements deux ans plus tard. L’échec apparent, la trahison ressentie, était en réalité une pièce maîtresse du puzzle divin. Ici, notre modèle Feu/Eau prend tout son sens. Face à un tel revers, le Feu du cœur s’embrase en panique, en impatience ou en désespoir. C’est précisément là que l’Eau de la sagesse doit intervenir : la confiance qu’il existe une correspondance entre les événements négatifs de notre monde et un ordre divin supérieur.

Cette sagesse vient refroidir le Feu de la réaction émotionnelle, nous permettant de tenir bon dans l’incertitude. Ce qui nous apparaît comme un échec peut être un rouage essentiel dans le déploiement d’un destin plus vaste. L’équilibre entre le Feu et l’Eau est donc la clé de notre résilience spirituelle.

Conclusion

La sagesse de cet enseignement nous offre bien plus qu’une série de leçons : c’est un modèle vivant pour notre vie intérieure. Nous sommes animés par une danse sacrée entre le Feu de notre cœur, qui aspire à s’élever, et l’Eau de notre esprit, qui cherche à faire descendre la sagesse pour nourrir notre existence concrète.

Cette dualité n’est pas un conflit à résoudre, mais un équilibre dynamique à cultiver. Trop de Feu nous déracine du réel ; trop d’Eau éteint la flamme de l’inspiration. Vivre une vie pleine de sens, c’est apprendre à naviguer entre ces deux pôles, à laisser notre clarté intellectuelle allumer notre passion, et à utiliser notre sagesse pour canaliser cette énergie dans le monde, même face à l’épreuve.

En regardant votre vie, quelle est aujourd’hui la juste danse entre le feu de vos aspirations et l’eau de votre sagesse ?

Paru dans le journal «Le Monde» : À Paris, «on sait toujours que quelque chose peut arriver»

Paru dans le journal «Le Monde» : À Paris, «on sait toujours que quelque chose peut arriver»

 

Réunis place de la République, lundi, des membres de la communauté juive disent leur émotion et leur inquiétude après l’attentat en Australie

 

 

Devant la statue de Marianne, place de la République, à Paris, se dresse un imposant chandelier à neuf branches que les juifs allument pendant la fête de Hanoukka. Campé sur un monte-charge, un jeune homme attend d’être hissé en haut de l’installation afin d’allumer deux bougies. La cérémonie se tient tous les ans dans plusieurs quartiers de la capitale.

Lundi 15 décembre, deuxième jour de la Fête des lumières, qui en dure huit, une centaine de personnes se sont déplacées pour applaudir l’allumage des bougies. La veille, à Sydney, en Australie, c’est à l’occasion d’un rassemblement organisé pour Hanoukka, que 15 personnes ont été tuées lors d’une attaque terroriste. L’événement parisien a donc pris une symbolique particulière, pour les présents, qui ont rendu hommage aux victimes.

Au milieu de la foule, des policiers patrouillent ; un peu plus loin sur la place, trois cars de CRS stationnent. Bonnet sur la tête, barbe au menton, Eyal, 25 ans, ingénieur, regarde autour de lui : « On sait toujours que quelque chose peut arriver quand il y a un événement de la communauté juive en public, mais je fais confiance à la police… Quand elle n’est pas là, j’ai quand même un petit stress », admet le jeune homme, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Lui, comme d’autres, est venu pour les victimes de Sydney. « Sans cette tragédie, j’aurais allumé les bougies en privé, mais ce soir il fallait venir. »

« Je me devais d’être là »

Chez lui, comme chez beaucoup de membres de la communauté juive en France, l’émotion est palpable. L’attaque a beau avoir eu lieu à l’autre bout du monde, tous se sentent concernés. Tous disent se sentir parfois menacés.

Suite de l’article

Nouveaux témoignages du massacre de Sydney

Nouveaux témoignages du massacre de Sydney

Le premier jour de Hanouka s’est teinté d’un rouge vif avec la révélation de l’ampleur du désastre en Australie : seize victimes dans ce massacre cruel, dont une fillette de dix ans et un rescapé de la Shoah. Alors que le monde est choqué par le prix terrible de la soumission à l’islam radical, des récits de bravoure bouleversants émergent, ainsi que le miracle du sauvetage de la famille du député Fogel. En Israël, la colère gronde contre les financeurs qataris : « Il faut leur déclarer une guerre totale. »

 

 

Le monde juif se réveille face à une réalité inconcevable

Le monde juif s’est réveillé ce matin face à une réalité inconcevable. Alors que les bougies de Hanouka brillent aux fenêtres, Israël et la diaspora s’unissent dans une douleur immense autour du massacre meurtrier de Sydney, où seize personnes innocentes ont été assassinées. Jusqu’à présent, les noms de neuf victimes ont été autorisés à la publication, et leurs histoires personnelles révèlent une mosaïque douloureuse d’une communauté frappée en plein cœur.

Les histoires derrière les noms

La liste des victimes comprend des figures de tous horizons : Matilda, une fillette de seulement dix ans dont la vie a été fauchée prématurément ; Alex Kleitman, un rescapé de la Shoah né en Ukraine qui a survécu à cet enfer pour être assassiné lors de la fête des Lumières ; et Dan Elkaïm, un Juif résidant en France. La perte est également immense parmi les Chlou’him de Habad : le Rav Eli Schlanger (Chalia’h de la ville), le Rav Réouven Morrison (de Melbourne) et le Rav Yaakov Halévi Levitan ont tous été assassinés dans l’attentat.

Les premières victimes : un couple qui a tenté de confronter le terroriste

Les médias australiens ont identifié le couple Boris et Sofia Gurman, immigrants juifs d’origine russe, qui passaient près des lieux lorsqu’ils ont remarqué une voiture arborant un drapeau de Daech s’arrêter. Selon les enquêteurs, le couple a confronté Sajid Akram, l’assaillant de 50 ans, quelques instants après qu’il soit sorti du véhicule. Ils ont ensuite été abattus à bout portant, apparemment alors qu’ils se tenaient l’un l’autre. Ils furent les premières victimes de l’attentat terroriste.

Un jeune ingénieur français parmi les victimes

Les autorités françaises ont confirmé dimanche que Dan Elkayam, un ingénieur juif français de 27 ans, figurait également parmi les tués. Elkayam avait immigré en Australie il y a environ un an et était connu pour son engagement actif dans la communauté juive locale. Son décès a été confirmé par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui a condamné l’attentat en termes vigoureux.

Une grand-mère engagée dans la lutte contre les préjugés

Une autre victime assassinée par les terroristes de Sydney dimanche a été identifiée mardi par les médias australiens : la grand-mère Edith Brutman. Elle occupait le poste de vice-présidente d’un comité de lutte contre les préjugés au sein de l’organisation B’nai Brith.

« Ancienne vice-présidente de l’ADU et membre de longue date d’Aviv, Edith Brutman a été tuée dans le massacre. C’était une femme gracieuse et une membre dévouée de B’nai B’rith NSW », a déclaré l’organisation dans un communiqué.

Le journal The Australian a rapporté qu’elle « était un membre bien-aimé de la communauté juive qui n’assistait plus régulièrement aux événements en raison de problèmes de santé. Mais dimanche, elle a décidé de faire le déplacement jusqu’à Bondi Beach pour l’événement Hanouka au bord de la mer, où elle a été touchée et tuée dans la fusillade tandis que son ami et compagnon d’infortune, Tibor Weitzen, tentait de la protéger. »

Matilda, dix ans, première née de sa famille en Australie

Les autorités ont confirmé qu’une fillette de dix ans, nommée Matilda par sa famille, figurait également parmi les morts. Ses parents ont assisté mardi à une veillée pour lui rendre hommage ainsi qu’aux autres victimes de Bondi. La famille avait immigré en Australie depuis l’Ukraine et Matilda était leur première enfant née dans le pays.

Bravoure dans les derniers instants

L’une des histoires les plus émouvantes est celle de Tibor Weitzen (78 ans). Weitzen, décrit par sa famille comme « un grand-père adorable qui aimait la vie », était présent à l’événement de Hanouka près de la mer avec son épouse et ses petits-enfants. Il a été assassiné en tentant de protéger un membre de sa famille de son propre corps. Sa petite-fille a raconté en larmes à la chaîne 9News : « C’est tout simplement dévastateur. Juste la veille, nous étions assis avec lui pour un café à Bondi Junction. Je ne savais pas que ce serait le dernier jour. »

Une bénévole dévouée parmi les victimes

Marika Fogany (82 ans), une bénévole dévouée qui avait été honorée pour avoir distribué des milliers de repas cashers aux nécessiteux, a également été abattue lors de l’événement. Ses amis l’ont décrite comme « une personne extraordinaire » qui avait consacré sa vie au don.

« La petite-fille s’est cachée sous un véhicule »

Au milieu de l’horreur, des miracles se sont également produits. Le député Tsvi Fogel a reconstitué en direct les moments de terreur vécus par sa famille qui était présente sur place : « La fête de Hanouka prend une nouvelle signification. L’épouse de mon fils a couru avec leur petite-fille et elles se sont cachées sous un véhicule, pendant que mon fils prenait l’autre petit-fils et qu’ils se cachaient derrière une glacière. »

 

 

« Il voulait simplement apporter la lumière de Hanouka au monde » : l’oncle du Rav Eli Schlanger assassiné  témoigne

« Il voulait simplement apporter la lumière de Hanouka au monde » : l’oncle du Rav Eli Schlanger assassiné témoigne

Deux jours après l’attentat meurtrier qui a frappé la communauté juive de Sydney, le Rav Yaakov Lider, oncle du Rav Eli Schlanger assassiné à Bondi Beach, livre un témoignage poignant depuis la maison du Grand Rabbin d’Australie. Entre deuil et résilience, il lance un appel à multiplier la lumière face aux ténèbres, fidèle à l’enseignement du Rabbi de Loubavitch.

 

 

Un deuil qui frappe toute la communauté juive d’Australie

Nous accueillons le Rav Yaakov Lider, oncle du Rav Eli Schlanger, assassiné dans l’attentat terrible de Sydney, en Australie. « Chalom, Chalom et bonjour, que ce soit un matin de lumière, et que nous puissions connaître encore beaucoup de matins où nous pourrons répandre la lumière et le bien », nous salue-t-il.

Nous marquons en effet le deuxième jour depuis cet événement bouleversant. Le Rav Lider se trouve actuellement en période de deuil. « Je suis dans la maison du Grand Rabbin ici, qui est le beau-père d’Eli. Il est mon beau-frère, ce qui fait de moi l’oncle d’Eli. Je me trouve dans sa bibliothèque. Nous organisons actuellement les préparatifs de l’enterrement car ils viennent seulement de libérer la dépouille. L’enterrement aura lieu demain à 13 heures. »

Un triple enterrement sous haute sécurité

« Nous faisons les préparatifs pour l’enterrement et nous sommes assis en deuil, tout en veillant à ce que la cérémonie se déroule en toute sécurité », explique le Rav Lider. « Le choc et la stupeur de la communauté juive d’Australie, de tous les Australiens, sont immenses. Demain, nous enterrons trois Hassidim de Habad. Nous les enterrons seulement demain. C’est extrêmement difficile. »

Une montée de l’antisémitisme et une politique gouvernementale jugée trop laxiste

Quand on évoque le choc ressenti, il faut rappeler que depuis deux ans, l’Australie est submergée par une vague d’antisémitisme. La politique du gouvernement, du Premier ministre Albanese, est perçue comme particulièrement molle. Il ne prend aucune mesure ferme contre les fauteurs de troubles. Certains estiment que les signes avant-coureurs étaient visibles.

« Nous sommes sous le choc d’un côté, mais de l’autre, le Rabbi de Loubavitch nous a enseigné que dans chaque situation qui survient, nous devons faire jaillir la lumière des ténèbres », répond le Rav Lider. « L’endroit où cela s’est produit, c’est Bondi Beach, l’un des lieux les plus célèbres au monde. Nous y œuvrons depuis quarante ans et personne n’aurait imaginé qu’une telle attaque puisse s’y produire, car ce n’est pas un quartier juif. C’est un lieu où se trouvaient des dizaines de milliers de personnes. »

Bondi Beach : un lieu de vie frappé par la terreur

Il faut préciser que c’est l’été en Australie. Bondi Beach est peut-être l’endroit le plus populaire de Sydney, un lieu tellement pastoral et magnifique, rempli de monde, de jeunes, d’enfants, débordant de vie et de lumière. Et soudain, un événement aussi bouleversant, une telle horreur qui nous rappelle Sim’hat Torah, le festival Nova. Que D.ieu nous préserve.

En parlant du festival Nova, le Rav Eli s’était rendu en Israël sept ou huit fois après le 7 octobre. À chaque fois, il amenait trente à quarante personnes d’Australie pour qu’elles viennent voir ce qui se passait là-bas. Il existe de nombreuses photos de lui sur internet, montrant sa joie débordante. C’était un homme vivant, joyeux, plein d’énergie. Il nous manque terriblement ici.

Cinq orphelins, dont un bébé de deux mois

Le Rav Eli laisse derrière lui cinq enfants. Le plus jeune n’a que deux mois et ne connaîtra jamais son père. « C’est terriblement difficile », confie le Rav Lider. « Nous partageons bien sûr votre peine et vous envoyons nos embrassades et nos encouragements les plus chaleureux. Puissiez-vous ne plus connaître de douleur. »

Visite du ministre israélien et demande de prière du Premier ministre australien

Nous voyons à l’écran les images du ministre Michaeli Shikli qui est arrivé à Sydney ce matin même. On le voit à Bondi Beach, près du mémorial improvisé qui a été érigé. Nous apprenons également que le Premier ministre australien a demandé à prier avec des Rabbanim de la communauté.

Ressent-on de la colère et de la frustration ? Est-on en colère contre lui ? « Nous, les gens de Habad, nous ne nous occupons pas de politique. Nous nous consacrons à la diffusion de la lumière », répond le Rav Lider. « Le gouverneur de notre région, New South Wales, était avec nous pour la prière et viendra à l’enterrement demain. Mais concernant le Premier ministre, je ne peux pas m’exprimer à son sujet. La situation parle d’elle-même, je n’ai rien à ajouter. »

Transformer le deuil en lumière : l’enseignement du Rabbi

« J’ajoute simplement que nous avons appris du Rabbi de Loubavitch à ne pas nous laisser impressionner par les ténèbres. Nous avons quarante Souccot rien qu’à Sydney. Nous avons tous décidé que chacun prendra sur lui dix actions supplémentaires, pour que le manque causé par la perte d’Eli ne reste pas seulement un manque, mais devienne un renforcement. »

Rester jusqu’au dernier Juif

Pense-t-on qu’il y aura maintenant une vague d’Alya depuis l’Australie vers Israël ? « Je pense que nous verrons cela, et nous en parlons effectivement. Mais pour nous, le Rabbi ne nous a pas permis de partir tant que le dernier Juif n’aura pas quitté l’Australie. L’Australie est comme un navire en détresse. Nous sommes les commandants, nous devons nous assurer que tout le monde monte à bord, et alors seulement nous monterons. »

Un appel à allumer une bougie supplémentaire

« Je lance cet appel : nous demandons à tous ceux qui regardent cette émission, à travers toutes les chaînes, d’allumer une bougie. Si vous n’avez pas encore allumé, allumez aujourd’hui. Allumez une bougie supplémentaire à la mémoire des victimes qui ont été assassinées simplement parce qu’elles voulaient apporter la lumière de Hanouka au monde. »

Une prière pour la guérison des blessés

Le Rav Yaakov Lider conclut en demandant une guérison complète : « Refouah Chelema pour ma nièce qui a quatorze ans. Elle s’est jetée sur deux petits enfants pour les protéger. Elle a été blessée au genou et vient de sortir d’opération. Elle va bien maintenant, D.ieu merci. Qu’il y ait une guérison complète pour tous les blessés. »

 

Habad en Ukraine :  La « Patrouille de ‘Hanouka » rend visite aux soldats juifs sur le front

Habad en Ukraine : La « Patrouille de ‘Hanouka » rend visite aux soldats juifs sur le front

Alors que les attaques russes s’intensifient, la communauté juive ukrainienne a lancé une initiative sans précédent : une « Patrouille de ‘Hanouka » pour apporter Menoroth, kits de fête et allumages publics directement aux soldats juifs sur la ligne de front. Une lumière d’espoir au cœur des ténèbres de la guerre.

 

 

Alors que les attaques russes contre l’Ukraine s’intensifient, la communauté juive du pays célèbre sa quatrième ‘Hanouka dans l’ombre de la guerre, avec la détermination de briller plus fort que jamais.

Une initiative inédite pour les soldats juifs

Dans le cadre d’une nouvelle initiative unique en son genre, la Fédération des Communautés Juives d’Ukraine (FJCU) a lancé une « Patrouille de ‘Hanouka » spéciale. Ce convoi dédié parcourra les longues lignes de front dans l’est de l’Ukraine, s’étendant des régions de Kherson et Zaporijjia au sud, en passant par Donetsk au centre, jusqu’à Soumy et Kharkiv au nord. L’objectif de cette mission est d’apporter la lumière de ‘Hanouka aux soldats juifs servant dans les Forces armées ukrainiennes. On estime qu’au moins 1 500 Juifs servent actuellement dans l’armée, ayant été mobilisés dans le cadre de la conscription générale qui a porté les effectifs de l’armée à plus d’un million de soldats.

Des véhicules décorés pour porter la lumière

L’opération utilisera deux SUV Toyota Land Cruiser, spécialement décorés de lumières festives, de bannières de fête et de Menoroth montées sur le toit. Ces véhicules, initialement offerts pour faciliter le travail d’aumônerie en cours, sont gérés par le représentant de la Fédération, le Rav Yakov Sinyakov, qui a récemment reçu un grade d’officier pour ses nombreuses activités.

Accompagné de bénévoles, le Rav Sinyakov parcourra les lignes de front en distribuant des Menoroth personnelles, des bougies, des beignets et les mêmes kits de fête actuellement distribués aux civils. Selon le plan établi, la patrouille organisera également des cérémonies centrales d’allumage de la Menorah dans les principales bases militaires, rassemblant les soldats juifs stationnés dans les environs.

 

 

Des kits de fête pour des dizaines de milliers de foyers

Parallèlement, en collaboration avec les Chlou’him à travers tout le pays, la Fédération distribue des kits de fête à des dizaines de milliers de foyers juifs.

Chaque kit contient une belle Menorah pour usage familial, des bougies pour les huit nuits, et, pour la première fois, une nouvelle traduction ukrainienne du ‘Houmach. Les colis incluent également du « ‘Hanouka Guelt » (argent de ‘Hanouka), des guides de la fête, des pièces en chocolat pour les enfants, ainsi que le livre pour enfants « Huit bougies lumineuses » de Jessica Liu, désormais traduit en ukrainien. En raison d’une épidémie de grippe actuelle dans le pays, les kits comprennent aussi un paquet de masques médicaux.

Une logistique massive depuis Dnipro

L’immense effort logistique pour emballer ces kits se déroule jour et nuit au grand centre logistique de la Fédération à Dnipro et devrait s’achever d’ici la fin de la semaine. De plus, des milliers de panneaux d’affichage ont été installés dans les grandes villes d’Ukraine avec des vœux de ‘Hanouka, garantissant que chaque Juif qui les voit se souvienne de l’approche de la fête.

Ajouter de la lumière pour vaincre les ténèbres

Le Rav Meir Stambler, président de la Fédération des Communautés Juives d’Ukraine et Chalia’h de Habad, a souligné la signification spirituelle de cette campagne.

« Le dénominateur commun de toutes nos activités pendant cette fête est d’ajouter de la lumière », déclare le Rav Stambler. « Il n’y a qu’une seule façon de vaincre les ténèbres : non pas en essayant de les chasser, mais en ajoutant de la lumière. Parallèlement à l’apport de la joie de la fête aux soldats, les Chlou’him poursuivront la tradition du « Mivtsa ‘Hanouka », organisant des allumages publics et des événements communautaires, guidant la communauté juive ukrainienne avec fierté malgré les défis. »

Le Rav Stambler a conclu par une prière : « De la fête de ‘Hanouka, qui tire son nom de ‘Hanoukat Hamizbeah (l’inauguration de l’autel), puissions-nous tous avancer vers l’inauguration du Troisième Temple et la Rédemption complète très bientôt. »

 

Hanouccah illumine la place de la République : une foule nombreuse célèbre la fête des Lumières à Paris

Hanouccah illumine la place de la République : une foule nombreuse célèbre la fête des Lumières à Paris

Le Beth Loubavitch a orchestré lundi soir un allumage public de la deuxième bougie de Hanouccah sur l’emblématique place de la République. Sous haute protection policière, une foule nombreuse s’est rassemblée pour participer à cet événement fédérateur en présence de l’ancien député Meyer Habib. Quelques jours après l’attentat antisémite de Sydney, cette célébration prenait une dimension particulière.

 

 

Un message de résilience après l’attentat de Sydney

La fête des Lumières revêt cette année une signification particulièrement poignante. Dimanche, un attentat antisémite a frappé la communauté juive de Sydney, en Australie, lorsqu’un incendie criminel a visé une synagogue. Ce drame a rappelé à la communauté juive mondiale la nécessité de continuer à affirmer sa présence, malgré les menaces.

« Être ici ce soir, c’est notre réponse à la haine », confie David, venu en famille depuis le 19ᵉ arrondissement. « Chaque bougie que nous allumons est une victoire contre l’obscurantisme. »

Meyer Habib : « La lumière vaincra toujours les ténèbres »

L’ancien député des Français de l’étranger, Meyer Habib, figure engagée dans la défense de la communauté juive et de l’État d’Israël, a tenu à participer à cette célébration. : « Ce soir, nous envoyons un message clair au monde entier », a-t-il déclaré, visiblement ému par la mobilisation. « Malgré l’attentat odieux de Sydney, malgré la montée de l’antisémitisme partout dans le monde, nous sommes là, debout, fiers de notre identité. La lumière de Hanouccah vaincra toujours les ténèbres de la haine. »

L’ancien parlementaire a également salué le travail du Beth Loubavitch : « Les Chlou’him du Rabbi font un travail extraordinaire. Ces allumages publics sont essentiels. Ils montrent que les Juifs de France n’ont pas peur et qu’ils continueront à vivre leur judaïsme au grand jour. »

 

 

Un moment de lumière au cœur de Paris

La place de la République, symbole des valeurs républicaines françaises, s’est transformée lundi soir en un lieu de célébration de la tradition juive. L’allumage public de Hanouccah, organisé par le Beth Loubavitch de Paris, a attiré une assistance considérable venue des quatre coins de la capitale et de sa banlieue.

Le Rav Binyamin Mergui a eu l’honneur d’allumer la deuxième bougie de cette fête des Lumières qui commémore le miracle de l’huile survenu il y a plus de deux mille ans.

« C’est émouvant de voir autant de monde réuni », témoigne Sarah, une jeune étudiante. « Dans le contexte actuel, ces rassemblements sont essentiels pour montrer que nous sommes là, ensemble et solidaires. »

Une communauté visible et protégée

Dans un contexte sécuritaire tendu, un dispositif policier conséquent a été déployé pour assurer la protection des participants. Cette présence des forces de l’ordre témoigne de l’engagement des autorités à permettre à la communauté juive de célébrer ses fêtes en toute sérénité dans l’espace public.

« Je remercie la police pour sa présence rassurante », souligne Michel, un habitué des événements du Beth Loubavitch. « Cela nous permet de célébrer sereinement, même si on ne peut s’empêcher de penser à nos frères de Sydney. »

 

 

Après la cérémonie d’allumage, l’atmosphère festive a pris le dessus. Des danses traditionnelles ont animé la place, créant un moment de joie partagée entre les générations. Ces rassemblements publics, initiés par le mouvement Habad-Loubavitch dans le monde entier, visent à diffuser le message universel de Hanouccah : la lumière triomphe toujours de l’obscurité.

 

 

Photos : Thierry Guez

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le maire élu de New York se recueille au Ohel du Rabbi après l’attentat de Sydney

Le maire élu de New York se recueille au Ohel du Rabbi après l’attentat de Sydney

 

Zohran Mamdani, futur maire de New York, s’est rendu au Ohel du Rabbi de Loubavitch à Queens pour rendre hommage aux victimes de l’attentat terroriste de Sydney. Cette visite intervient après sa condamnation ferme de l’attaque antisémite qui a endeuillé la célébration de Hanouka organisée par Habad en Australie. Le maire élu, connu pour ses positions pro-palestiniennes, multiplie les gestes envers la communauté juive depuis son élection.

 

 

 

Une visite symbolique au lieu saint le plus fréquenté d’Amérique du Nord

Zohran Mamdani, maire élu de la ville de New York, s’est rendu au Ohel du Rabbi dans le cimetière Old Montefiore à Queens, New York, ce lundi.

Mamdani, qui avait récemment été accueilli par les ‘Hassidim de Satmar, a été aperçu portant une kippa de velours noir alors qu’il se tenait dans le Ohel, le site saint juif le plus visité d’Amérique du Nord.

Mamdani est connu pour ses activités pro-palestiniennes et sa rhétorique anti-israélienne. Depuis son élection, il multiplie les rencontres avec les dirigeants juifs, leur promettant qu’il se tiendra aux côtés de la communauté juive.

Un hommage aux victimes de l’attentat de Bondi Beach

Sa visite a été rapportée en premier par Jacob Kornbluh du site Forward. Aux côtés de Mamdani se trouvait Yaacov Behrman, militant communautaire de Crown Heights.

« Mamdani a visité le Ohel du Rabbi de Loubavitch à Queens ce soir pour rendre hommage aux victimes de l’attentat terroriste de Bondi Beach », a rapporté Kornbluh. « Mamdani a également fait une prière privée sur la tombe. »

L’attentat terroriste de Bondi Beach a frappé la célébration de Hanouka organisée par les Chlou’him de Habad à Sydney, en Australie, dimanche. Seize personnes ont été assassinées, dont les Rabbanim de Habad Eli Schlanger et Yaakov Levitan.

La déclaration du futur maire de New York

Suite à l’attentat, Mamdani a publié la déclaration suivante :

« L’attaque lors d’une célébration de Hanouka à Sydney aujourd’hui était un acte ignoble de terreur antisémite. Je pleure ceux qui ont été assassinés et je garderai leurs familles, la communauté juive et le mouvement Habad dans mes prières. Que la mémoire de tous ceux qui ont été tués soit une bénédiction.

Alors que nous attendons encore que tous les faits émergent, ce que nous savons déjà est dévastateur. Au moins onze morts, dont le Rav Eli Schlanger, qui entretenait des liens profonds avec Crown Heights. Au moins vingt-neuf blessés. Une autre communauté juive plongée dans le deuil et la perte, une fête de lumière si douloureusement réduite à un jour de ténèbres. Cette attaque n’est que la dernière itération, la plus horrifiante, d’un schéma croissant de violence ciblant les Juifs à travers le monde. Trop nombreux sont ceux qui ne se sentent plus en sécurité pour être eux-mêmes, pour exprimer leur foi publiquement, pour prier dans leurs synagogues sans sécurité armée postée à l’extérieur. Ce qui s’est passé à Bondi est ce que beaucoup de Juifs craignent qu’il n’arrive dans leurs communautés aussi.

Sur la plage de Bondi aujourd’hui, alors que des hommes armés de fusils ciblaient des innocents, un autre homme a couru vers les coups de feu et a désarmé un tireur. Ce soir, alors que les Juifs new-yorkais allument les menorot et accueillent une première nuit de Hanouka assombrie par le chagrin, inspirons-nous de son exemple et affrontons la haine avec l’urgence et l’action qu’elle exige. Quand je serai maire, je travaillerai chaque jour pour assurer la sécurité des Juifs new-yorkais, dans nos rues, dans nos métros, à la synagogue, à chaque instant de chaque jour. Que ce soit un objectif partagé par chaque New-Yorkais, et bannissons cette violence horrible vers le passé. »

L’héroïsme insoupçonné de Réouven Morrison assassiné dans l’attentat de Sydney

L’héroïsme insoupçonné de Réouven Morrison assassiné dans l’attentat de Sydney

 

Un membre actif de la communauté Habad australienne a été tué lors de l’attaque terroriste survenue la première nuit de Hanouka à Bondi Beach. Sa fille Shaina témoigne du courage extraordinaire de son père qui s’est élancé vers le terroriste pour sauver des vies. Un héros qui a donné sa vie pour sa communauté.

 

 

Une vie entre Melbourne et Sydney

Rav Reuven Morrison, membre de la communauté Habad partageant son temps entre Melbourne et Sydney, a été assassiné lors de l’attaque terroriste par arme à feu qui a frappé Sydney, en Australie, la première nuit de Hanouka 5786. Il était âgé de 62 ans.

Reuven Morrison avait émigré en Australie depuis l’ex-Union soviétique dans les années 1970, alors qu’il était encore adolescent, et s’était installé à Bondi, dans la banlieue de Sydney.

Bien qu’il résidât à Melbourne, Morrison conservait des liens étroits avec Sydney, où il poursuivait ses activités professionnelles. Il était reconnu comme un homme bienveillant et généreux, activement engagé dans la philanthropie.

Un survivant des persécutions soviétiques

L’année dernière, il avait été interviewé par les médias au sujet des incidents antisémites en Australie, déclarant qu’il « savait ce que signifiait être persécuté ».

« Lorsque nous marchions dans les rues d’URSS, nous regardions toujours derrière nous, nous étions attentifs à notre environnement et nous nous attendions à l’inattendu », avait confié M. Morrison en décembre 2024.

Il expliquait que les Juifs ayant émigré d’URSS, en particulier les générations plus âgées, avaient vécu sous l’intimidation permanente, tant de la part de l’establishment soviétique que de la population générale.

Le choc de l’antisémitisme en Australie

Mais il se disait bouleversé que de tels phénomènes se produisent désormais également en Australie. « Nous sommes venus ici avec la conviction que l’Australie était le pays le plus sûr au monde et que les Juifs n’auraient plus à affronter un tel antisémitisme à l’avenir, un endroit où nous pourrions élever nos enfants dans un environnement sécurisé. »

Bondi Beach en deuil

La plage de Bondi Beach est devenue un lieu de recueillement où la communauté se rassemble pour rendre hommage aux victimes du massacre de dimanche. Parmi les dernières victimes confirmées figurent Sophia et Boris German, qui ont tenté d’arrêter les tireurs avant qu’ils n’atteignent le pont. La famille German affirme que cet acte de bravoure résume parfaitement qui ils étaient : des personnes qui, instinctivement et de manière désintéressée, ont cherché à aider les autres. Le mois prochain aurait marqué leur 35e anniversaire de mariage. Ils sont morts ensemble, en héros.

Parmi les messages déposés au milieu des fleurs, on peut lire : « Les tournesols poussent toujours vers la lumière. Quand la lumière disparaît, ils se tournent les uns vers les autres. Dans notre heure la plus sombre, partageons la lumière de ceux que nous avons perdus et libérons-la dans un ciel d’amour infini. »

« Tout le monde à terre, et lui debout, courant droit vers le danger »

Ce sentiment est partagé par Shaina Gutnick. Son père, Reuven Morrison, s’est élancé vers le mal et cela lui a coûté la vie. Mais sa bravoure a sauvé on ne sait combien de personnes.

« Tout le monde était à terre, et lui était là-haut, courant droit vers le danger, courant droit vers ce terroriste, l’affrontant face à face, les yeux dans les yeux. C’était mon père. C’était lui », témoigne Shaina.

 

Un homme plus grand que la vie

« Mon père était une personne plus grande que la vie elle-même. Il défendait fermement ses convictions. Il s’est levé d’un bond au premier signe de terreur. Il ne s’est pas couché. Il n’a pas reculé. Il s’est élancé pour protéger, pour sauver ceux qu’il aimait. Cela lui a coûté la vie. Et il a sauvé des vies. Il a sauvé tellement de vies. »

« J’ai reçu un message d’une amie qui cachait son bébé sous elle et qui a vu mon père affronter les terroristes, faisant gagner de précieux instants. »

« C’était un protecteur. C’était un papa ours. Il aurait fait n’importe quoi pour n’importe qui. »

« Il a toujours été mon héros. J’étais une de ces enfants qui était toujours si fière de son père pour ce qu’il était, pour ce qu’il représentait, pour la fierté qu’il portait en tout ce qu’il faisait et ce qu’il m’a transmis. J’ai toujours été si fière de lui. Et maintenant, le monde entier sait qui il était. »

Des pierres contre les balles

Tout le monde a vu ces images de Reuven Morrison. Il y a ce moment où, après qu’Ahmed al-Ahmed a plaqué le tireur et l’a désarmé, Reuven Morrison se précipite alors que les balles fusent, lançant des pierres sur l’assaillant.

« C’était exactement qui il était. Il faisait toujours passer les autres avant lui-même. »

Une nuit d’horreur au téléphone

« Je sortais d’un événement de Hanouka à Melbourne avec mon mari et mes enfants lorsque nous avons vu un ami proche de mon mari qui semblait très ébranlé. Nous lui avons demandé ce qui n’allait pas. Il venait de raccrocher et avait appris qu’une fusillade était en cours lors de l’événement de Hanouka à Bondi Beach. À partir de ce moment, j’ai eu un énorme nœud à l’estomac. J’ai immédiatement essayé d’appeler mon père qui n’a pas répondu. »

« J’ai appelé ma mère qui a décroché. J’ai entendu des cris et des coups de feu en arrière-plan. Elle hurlait qu’il y avait un tireur. Tout le monde était au sol, se couvrant la tête, y compris la police fédérale. »

« Mais mon père était debout. Il était là-haut, à se battre, à se battre pour sa communauté, à se battre pour les gens qu’il aimait. Et puis ma mère a crié qu’il avait été touché. »

« J’entendais tout ça au téléphone. Ma mère hurlait à l’aide, disant qu’il n’y avait pas d’ambulance. Ils avaient besoin d’aide médicale. Il fallait arrêter le saignement. On leur a fourni des masques à oxygène par les sauveteurs. Et puis elle a crié qu’ils avaient arrêté de lui donner de l’oxygène. »

« À ce moment-là, elle m’a dit qu’ils avaient mis un drap sur lui. À cet instant, je priais pour que dans son état d’hystérie, elle ait été victime d’hallucinations. Que ce ne soit pas vrai. J’étais par terre à ce moment-là, incapable de tenir debout. Je ne voulais tout simplement pas y croire. »

« Sur le chemin du retour en voiture, alors que je parlais encore à ma mère, un de mes enfants a demandé : « Est-ce qu’on reverra un jour Zeïdé ? » Leur grand-père. Et je n’ai pas pu lui répondre. »

Une colère immense

« Avec tout l’immense chagrin qu’il y a, il y a aussi une colère écrasante. Tellement de colère. Furieuse. Absolument. Livide, furieuse. Il nous faudrait un bon dictionnaire des synonymes pour tous les mots. »

« Depuis le 7 octobre, une tornade montante, un nuage noir d’antisémitisme s’est développé en Australie, grandissant en force. Nous l’avons vu à travers d’innombrables manifestations, des appels à l’intifada, des appels au meurtre des Juifs, d’innombrables publications sur Instagram et retweets, tout ce qui a ajouté du combustible à la haine. »

« L’année dernière, j’étais au Westfield Bondi Junction avec mon bébé, portant mon collier avec une étoile de David, et on m’a traitée de terroriste. Alors que j’étais avec mon bébé. Et il n’y a aucune conséquence. Le gouvernement a laissé cette haine se développer. Il l’a laissée grandir. »

« Le gouvernement nous a abandonnés »

« La police a fait de son mieux avec la formation qu’elle avait, mais ce n’était pas suffisant. Ils n’étaient pas préparés à cet événement et, en tant que tel, le gouvernement nous a abandonnés. Il a abandonné mon père. Il a abandonné toutes les victimes. Il a abandonné la communauté juive et il a tellement de sang sur les mains. Ils ne pourront pas laver ce sang de leurs mains. Et ils savaient. Nous les avions prévenus. Nous les avions suppliés de faire quelque chose. »

Le Premier ministre a salué la réponse globale de son gouvernement face à l’antisémitisme, affirmant qu’une législation sévère était déjà en place.

« Est-ce que cela a aidé dimanche ? Absolument pas. Quelle législation antisémite ? Il n’y a rien. Des conseils ont été donnés au gouvernement. Rien n’a été mis en œuvre. Mes enfants et toutes les écoles juives de Victoria et de Nouvelle-Galles du Sud ont besoin de gardes armés devant leurs établissements où ils vont apprendre chaque jour. C’est leur droit en tant qu’enfants d’aller à l’école. Ils ont besoin de gardes armés. Nous avons besoin de gardes armés devant nos synagogues, nos lieux de culte, simplement là où nous pouvons être Juifs librement et célébrer qui nous sommes en tant que peuple. Nous avons besoin de protection pour cela. »

Des réfugiés soviétiques devenus fiers citoyens australiens

Les parents de Shaina, son père et sa mère, avaient fui l’Union soviétique pour pouvoir vivre librement en tant que Juifs fiers.

« Et ils l’ont fait pendant de nombreuses années. L’Australie a été si bonne pour eux. L’Australie leur a donné la liberté. Ils ont vécu leur vie en tant que Juifs fiers. Il était un philanthrope incroyable et il faisait tellement, si discrètement. Il rendait tout à la communauté. »

« Et dans ses derniers instants, il a tout donné. Il s’est donné lui-même à sa communauté. Il a vécu sa vie pour cette communauté. C’était l’œuvre de sa vie. Et il a perdu la vie en la protégeant, pour tout ce en quoi il croyait et pour lequel il avait tant travaillé. »

« Mes enfants ont perdu leur monde »

« Ses petits-enfants sont fiers. Ils savent que leur grand-père est mort en héros. Mais mes enfants ont vu leur monde leur être arraché. Il était la personne qu’ils aimaient le plus au monde. Et il les aimait. Il les aimait tellement. »

« Comment va votre mère ? »

« L’amour de sa vie lui a été arraché sous ses yeux. Un homme qu’elle avait rencontré sur la plage de Bondi quand elle avait 16 ans. À Bondi, sur la plage. Le coup de foudre. Ils ont construit la vie la plus incroyable ensemble à partir de ce moment-là. Et elle l’a regardé prendre son dernier souffle. Elle était avec lui quand il a pris son dernier souffle sur la plage de Bondi. »

« Ne laissez pas sa mort être vaine »

« Notre mission, nous croyons en tant que Juifs dans ce monde, est d’apporter de la lumière dans ce monde de ténèbres immenses. Et en ce moment, alors que ce brouillard sombre, d’un noir de jais absolu, s’abat sur nous ici en Australie, nous, en tant que Juifs, devons garder la lumière vivante. »

« Mon père était un héros. Ne laissez pas sa mort être vaine. Il aurait voulu que chacun continue à ajouter de la lumière dans ce monde si sombre. »

Reuven Morrison. Un héros.

Une communauté unie dans la lumière

C’est ce que l’on voit en ce moment même sur la plage de Bondi Beach. Des gens comme Reuven Morrison et sa famille sont dans toutes les pensées. Il y a quelques instants, la Menorah a été allumée.

Il laisse dans le deuil son épouse Leah, sa fille Shaina Gutnick, ainsi que ses petits-enfants.