Sydney : 20 000 personnes se réapproprient la plage de Bondi dans un élan de défi

Sydney : 20 000 personnes se réapproprient la plage de Bondi dans un élan de défi

 

Une semaine après l’attentat terroriste qui a coûté la vie à 15 personnes sur cette même plage, la communauté juive australienne s’est rassemblée pour la dernière nuit de Hanouka. Face à 20 000 participants, dignitaires et survivants ont allumé la Ménorah dans un acte de résilience collective. Un message puissant envoyé au monde entier : les ténèbres n’auront jamais le dernier mot.

 

 

Un retour chargé d’émotion sur les lieux du drame

« Je me tiens ici ce soir pour affirmer haut et fort que les ténèbres n’auront pas le dernier mot », a déclaré le Rav Yehoram Ulman, directeur de Habad-Loubavitch de Bondi. C’était dimanche soir, la huitième et dernière lumière de Hanouka. Devant lui se tenaient 20 000 personnes, toutes rassemblées sur la plage de Bondi, ce même lieu où, une semaine plus tôt, un attentat terroriste brutal avait coûté la vie à 15 personnes et fait plus de 40 blessés.

Chacune des huit lumières a été allumée par un groupe différent, représentant les victimes et les héroïques sauveteurs de l’attaque.

Parmi les victimes figurait le gendre du Rav Ulman, le Rav Eli Schlanger hy’d, qui officiait comme Rav adjoint au Beth Habad de Bondi. Lors des funérailles déchirantes, le Rav Ulman avait promis de revenir à Bondi pour allumer à nouveau la Ménorah, et il tenait parole. Ce dimanche avait également été désigné « Journée nationale de recueillement » en Australie en réponse à l’attentat, attirant ainsi des milliers de personnes, dont de hauts dignitaires, venus se recueillir ensemble et témoigner de leur détermination.

Une sécurité renforcée et une protection spirituelle

La plage était placée sous haute sécurité avant l’événement, avec des centaines de policiers, dont des tireurs d’élite, déployés pour sécuriser les lieux. De leur côté, les Rabbanim et étudiants de Habad offraient une protection spirituelle en proposant aux passants de mettre les Tefilines et de recevoir un kit de Ménorah à allumer chez eux.

Au premier rang se trouvaient les Rabbanim de Habad, collègues du Rav Schlanger et du Rav Yaakov Levitan, lui aussi assassiné lors de l’attentat, ainsi que les dirigeants de la communauté juive australienne et des responsables politiques. Parmi eux figuraient le Premier ministre australien Anthony Albanese, le vice-Premier ministre Richard Marles, le ministre de l’Intérieur Tony Burke, la Gouverneure générale Sam Mostyn, la cheffe de l’opposition Sussan Ley, l’envoyée spéciale du gouvernement fédéral pour la lutte contre l’antisémitisme Jillian Segal, le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud Chris Minns, la cheffe de l’opposition de Nouvelle-Galles du Sud Kellie Sloane, ainsi que les anciens Premiers ministres australiens John Howard et Scott Morrison.

Un hommage musical et spirituel aux victimes

La soirée a débuté par un hommage musical à chacune des 15 victimes. Des Tehilim ont été récités par le Rav Pinhas Feldman OAM, dirigeant de Habad Nouvelle-Galles du Sud, et le Rav Ephraim Mirvis, Grand Rabbin du Royaume-Uni et du Commonwealth. Le « Kel Maleh Ra’hamim », la prière traditionnelle pour les défunts, a été chanté par le Rav Yehouda Niasoff, ‘Hazan de la Synagogue centrale de Sydney, suivi d’une traduction anglaise par le Rav Choua Solomon, président du Conseil rabbinique de Nouvelle-Galles du Sud. Le Rav No’houm Shapiro du Beth Habad de North Shore a prononcé une prière pour le rétablissement des blessés.

« Sont également présents ce soir de nombreux membres de familles et amis proches de ceux qui ont été cruellement assassinés en ce lieu même il y a exactement une semaine », a déclaré David Ossip, président du Board of Jewish Deputies de Nouvelle-Galles du Sud, après avoir salué les dignitaires. « Votre courage et votre résilience nous inspirent, et nous vous adressons notre amour et nos prières en ce moment. »

Un héros musulman salué par la communauté

Au nom de la communauté juive, David Ossip a adressé un « merci » public à Ahmed Al-Ahmed, qui a courageusement désarmé l’un des terroristes de Bondi pendant l’attaque. Il a également transmis un message qu’Ahmed avait demandé de partager : « L’Éternel est proche de ceux qui ont le cœur brisé. Aujourd’hui, je me tiens à vos côtés, mes frères et sœurs. »

David Ossip a exprimé le choc et la consternation des Juifs australiens, et du pays tout entier, face à un tel attentat, et a appelé à la création d’une commission d’enquête sur l’attaque et les événements qui l’ont précédée. Il a conclu par une déclaration puissante : « Je dois simplement dire que si vous ne l’avez pas encore compris : les terroristes se sont attaqués à la mauvaise communauté, car nous, le peuple juif, sommes indestructibles. La résilience coule dans nos veines ! »

Mostyn, la Gouverneure générale d’Australie, a partagé sa propre condamnation de l’attentat ainsi que celle du roi Charles, qu’elle représente.

Un message d’espoir du siège mondial de Habad

Représentant le siège mondial de Habad-Loubavitch à New York, le Rav Mendy Kotlarsky de Merkos 302 a apporté un message d’espoir au nom des émissaires de Habad du monde entier. « Nous sommes avec vous ! », a déclaré Kotlarsky. « Nous nous tenons à vos côtés ; nous pleurons avec vous ; nous souffrons avec vous ! Et nous vous bénissons de réconfort, de force, de foi et de résilience. »

Kotlarsky a partagé avec la foule de Sydney l’existence de plus de 20 000 événements de Hanouka organisés dans le monde entier, et des innombrables Mitsvot accomplies par les Juifs partout sur la planète, des gens qui se mobilisent « pour Sydney ».

« Nous n’allons pas dire « plus jamais », nous allons faire en sorte que ce soit plus jamais ! », a-t-il déclaré.

Alex Ryvchin, co-directeur exécutif du Conseil exécutif de la communauté juive australienne, a évoqué ses dix années d’allumage de la Ménorah lors de l’événement « Hanouka à la mer » dirigé par le Rav Schlanger.

« Je ne savais pas que je nous mettais tous en danger », a-t-il confié. « Mais je ne cacherai pas qui je suis, un Australien et un Juif, car ce serait un prix trop élevé à payer. J’ai donc choisi de revenir me tenir à nouveau sur ce sol désormais sacré, la première nuit de Hanouka l’année prochaine, avec mes trois filles, pour allumer la lumière et louer le Tout-Puissant, fièrement en tant qu’Australien et Juif, car je sais que c’est exactement ce que mon ami Eli aurait voulu. »

Des chants de foi face à l’adversité

Un interlude musical, dirigé par le ‘Hazan Rav Mena’hem Feldman de la Grande Synagogue, a présenté deux morceaux poignants : Ani Maamin, qui exprime une foi inébranlable en la venue du Machia’h malgré tous les délais, chanté sur une mélodie composée pendant la Shoah ; et Vehi Che’amda, qui évoque le salut de D.ieu face à ceux qui cherchent à détruire le peuple juif à chaque génération.

« Ce crime était une tentative de marginaliser et disperser, d’intimider et d’instiller la peur, mais vous avez résisté à cette intimidation depuis des milliers d’années », a déclaré Chris Minns, le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud. « Ce soir, en cette dernière nuit de Hanouka, je remercie la communauté juive d’Australie. Vous avez reconquis la plage de Bondi pour nous tous. »

Le Premier ministre a ensuite présenté ses excuses au nom du gouvernement, reconnaissant que son devoir le plus sacré est de protéger ses citoyens et que « nous ne l’avons pas fait il y a une semaine ».

Une nouvelle initiative : « Une Mitsva pour Bondi »

Il a également annoncé une nouvelle initiative lancée par le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud en concertation avec les dirigeants rabbiniques de Sydney : « Une Mitsva pour Bondi », une campagne appelant chaque individu à prendre sur lui une Mitsva supplémentaire. Cette initiative, a-t-il précisé, s’inspire de l’esprit du Rav Eli Schlanger.

Il a été suivi par Kellie Sloane, cheffe de l’opposition de Nouvelle-Galles du Sud, qui s’était précipitée à la plage de Bondi dimanche dernier pour aider à soigner les blessés. Elle a rendu hommage aux premiers intervenants qui s’étaient exposés au danger, risquant leur vie pour aider les autres.

« Ce soir, je suis avec vous, notre communauté, avec vous, inébranlable, avec notre communauté élargie de Bondi et des banlieues est pour dire que je suis… je suis en morceaux avec vous, mais je serai forte comme vous êtes forts, et vous m’inspirez. Et ensemble, ensemble nous trouverons la lumière », a-t-elle déclaré.

Une allocution de Daniel Aghion, président du Conseil exécutif de la communauté juive australienne, a été suivie de l’interprétation de « Waltzing Matilda » en hommage à Matilda, la plus jeune victime de l’attentat.

Le courage d’une jeune héroïne de 14 ans

La foule a alors éclaté en scandant « Chaya ! Chaya ! » tandis que la survivante de l’attaque, Chaya Dadon, montait sur scène avec des béquilles, conséquence d’une balle reçue dans la jambe par les terroristes. Chaya, 14 ans, avait protégé de son propre corps deux enfants qu’elle ne connaissait pas pendant l’attaque. Elle était accompagnée sur scène par ses parents, le Rav Mena’hem et Sterny Dadon, du Beth Habad pour Israéliens de Sydney, ainsi que par Erin Molan, qui l’a interviewée devant la foule.

Lorsqu’on lui a demandé quel était son message pour les Australiens, Chaya a répondu : « Soyez la lumière dans l’obscurité… Bien sûr, nous sommes en deuil, mais nous devenons plus forts en tant que nation. »

Une leçon à tirer de chaque victime

L’allocution finale de la soirée a été prononcée par le Rav Ulman, qui a appelé la foule à tirer une leçon de chacune des 15 victimes :

  • Tanya Tretiak, qui n’était pas juive mais était venue soutenir la communauté, il a exhorté les gens à être présents les uns pour les autres, même dans la différence, et à être des alliés pour ceux qui en ont besoin.
  • Marika Pogany, bénévole infatigable qui avait livré des milliers de repas cachères aux personnes âgées, il a appelé la communauté à prendre soin des personnes âgées, des vulnérables et de ceux qui se sentent oubliés.
  • Adam Smyth, connu pour son hospitalité, il a exhorté les gens à ouvrir leurs maisons et leurs cœurs, et à faire en sorte que les autres se sentent véritablement bienvenus.
  • Peter « Marzo » Meagher, officier de police retraité devenu photographe et bénévole communautaire actif, il a appelé à un engagement renouvelé envers le service et la responsabilité.
  • Dan Elyakam, tué alors qu’il célébrait son judaïsme, l’urgence de vivre avec sens maintenant, pas un jour.
  • la jeune Matilda, une fillette de 10 ans pleine de vie qui rayonnait de lumière, l’appel à apporter bonté et joie dans la vie des autres.
  • Boris Gurman, qui s’est jeté sur un terroriste pour protéger les autres, le courage d’agir face au mal ;
  • son épouse, Sofia Gurman, qui a répondu aux préjugés par des principes, la force de répondre à la haine avec dignité.
  • Alex Kleytman, survivant de la Shoah mort en protégeant son épouse, l’impératif de placer la sécurité des autres avant son propre confort.
  • Tiber Weitzen, qui accueillait les enfants avec un sourire et une sucette, la responsabilité de s’assurer que la prochaine génération se sente en sécurité et aimée.
  • Boris Tetleroyd, père dévoué et musicien talentueux, la charge de prendre soin de nos familles et d’utiliser nos talents pour apporter de la beauté dans le monde.
  • Edith Brutman, une femme d’intégrité, l’appel à se laisser guider par sa conscience plutôt que par la facilité.
  • Reuven Morrison, qui s’est battu avec courage et foi, la résolution de rester ferme dans ce qui est juste.
  • Rav Yaakov Levitan, qui a choisi le service plutôt que le succès, le rappel de placer le sens avant l’argent et la mission avant le profit.
  • « Et enfin, mon bien-aimé gendre, le Rav Eli Schlanger », a-t-il conclu, « qui traitait chaque être humain comme précieux. Qu’il s’agisse d’un prisonnier ou d’un Premier ministre, d’un milliardaire ou d’un mendiant, ce qu’il voyait était une âme méritant l’amour. Que chacun d’entre nous, à sa manière, essaie de voir les gens comme il les voyait. »

Le Rav Mendy Ulman du Beth Habad de Bondi a ensuite dirigé la foule de milliers de personnes dans la récitation du Chema avant de présider l’allumage de la Ménorah. Chacune des huit lumières a été allumée par un groupe différent, représentant les victimes et les héroïques sauveteurs de l’attentat.

La soirée s’est conclue par une interprétation vibrante de « I Am, You Are, We Are Australian », tandis que des dizaines de milliers de personnes quittaient la plage de Bondi, déterminées et revigorées à répandre la lumière dans un monde où les ténèbres peuvent parfois sembler prévaloir.

 

 Hanouka au château de Vincennes : plus de 1 600 personnes réunies pour un allumage historique

 Hanouka au château de Vincennes : plus de 1 600 personnes réunies pour un allumage historique

 

Le Beth Habad de Vincennes-Saint-Mandé, dirigé par le Rav Yossef Taieb, a organisé un allumage public de Hanouka d’une ampleur exceptionnelle au pied du château de Vincennes. Selon les forces de gendarmerie présentes sur place, plus de 1 600 personnes ont participé à cet événement festif. Une soirée mémorable mêlant tradition, gastronomie et divertissement pour toute la famille.

 

 

Une organisation à la hauteur de l’événement

L’allumage public de la ‘Hanoukia au château de Vincennes a rassemblé une foule impressionnante venue célébrer la fête des Lumières dans un cadre prestigieux. Le Beth Habad de Vincennes-Saint-Mandé, organisateur de cet événement devenu incontournable, avait mis les moyens nécessaires pour accueillir les participants dans les meilleures conditions malgré la fraîcheur hivernale.

Une grande tente chauffée avec places assises permettait aux familles de profiter pleinement de la soirée. Les organisateurs avaient pensé à chaque détail pour faire de ce moment un véritable succès populaire.

Un festival de saveurs et de divertissements

La gastronomie était à l’honneur avec un large choix de spécialités : beignets traditionnels de Hanouka, crêpes, falafels, churros, barbe à papa et popcorn régalaient les participants de tous âges. Une offre culinaire variée qui a contribué à l’atmosphère chaleureuse et conviviale de la soirée.

Pour les plus jeunes, un manège et de nombreux jeux avaient été installés, transformant l’esplanade du château en véritable fête foraine. Les enfants ont pu s’amuser tout au long de la soirée pendant que leurs parents assistaient aux différentes animations.

Un spectacle inoubliable

L’événement a été ponctué par un concert de Schmil qui a fait vibrer la foule rassemblée au pied du monument historique. Point d’orgue de la soirée, un spectaculaire spectacle de feu a illuminé le ciel de Vincennes, ajoutant une dimension féerique à cette célébration de la lumière.

Les forces de gendarmerie, présentes pour assurer la sécurité de l’événement, ont estimé la fréquentation à plus de 1 600 personnes, confirmant le succès grandissant de cet allumage public qui s’impose désormais comme un rendez-vous majeur de Hanouka en Île-de-France.

Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la vitalité de la communauté juive de Vincennes et de Saint-Mandé, ainsi que de l’attrait de ces célébrations ouvertes à tous, qui permettent de partager le message universel de Hanouka : la victoire de la lumière sur l’obscurité.

 

 

 

Il accueillit l’Admour Hazakène, mais se perdit dans la prière

Il accueillit l’Admour Hazakène, mais se perdit dans la prière

 

Parmi les premiers ‘Hassidim de l’Admour Hazakène, Rav Yaakov de Shklov était un homme d’affaires réputé pour sa crainte du Ciel et sa ferveur dans la prière. Un Chabbat, alors qu’il avait l’honneur d’héberger son maître chez lui, il fut tellement absorbé par sa Téfila qu’il manqua entièrement le repas et le discours ‘hassidique.

 

 

 

Le Rav et ‘Hassid célèbre, Rav Yaakov de Shklov, fut l’un des fidèles disciples de l’Admour Hazakène (Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, fondateur de la ‘Hassidout Habad) puis de son successeur, l’Admour Haémtsaï (Rabbi Dov Ber). Il vivait dans la ville de Shklov.

Il était le fils de Rav Yossef Kalbo, et on le surnommait affectueusement « Reb Yaakele Reb Yosseless » (Yaakov fils de Yossef).

Son adhésion à la ‘Hassidout ne fut pas sans conséquence : après qu’il fut devenu ‘Hassid de l’Admour Hazakène, son beau-père, opposé à ce mouvement, exigea que sa fille divorce de lui. Mais son épouse, loyale et dévouée, refusa catégoriquement de le quitter.

Le Chabbat où il manqua son illustre invité

Rav Yaakov était un homme d’une piété exceptionnelle, connu pour ses longues heures de prière. Un jour, l’Admour Hazakène vint à Shklov et séjourna dans sa maison, un honneur immense pour tout ‘Hassid.

Ce Chabbat-là, Rav Yaakov se rendit à la synagogue pour prier. Comme à son habitude, il s’absorba profondément dans sa Téfila. Les heures passèrent. Pendant ce temps, chez lui, l’Admour Hazakène termina sa propre prière, prolongea le repas de Chabbat avec les convives, puis prononça un discours de ‘Hassidout (Maamar). Et Rav Yaakov priait toujours.

Lorsqu’il rentra enfin chez lui, il fut saisi de honte : il avait un hôte de cette envergure sous son toit, et il avait manqué tout le repas et l’enseignement du Rabbi !

Mais l’Admour Hazakène, loin de lui faire des reproches, l’appela et lui dit avec un sourire : « La différence entre toi et les autres est la suivante : chez la plupart des gens, le Yetser Hara (le mauvais penchant) se manifeste dans la gourmandise, les mauvaises pensées, les paroles futiles ou la légèreté, voire pire encore, à D.ieu ne plaise. Mais toi, ton Yetser Hara se trouve dans la Torah et la prière ! Ainsi, quand les autres étudient et prient, ils échappent momentanément à leur Yetser Hara. Mais toi, même quand tu études, que tu pries ou que tu dors, tu restes avec ton Yetser Hara ! »

Par cette remarque pleine d’humour et de profondeur, le Rabbi soulignait que l’attachement excessif de Rav Yaakov à la prière, bien que louable en soi, pouvait aussi devenir un obstacle lorsqu’il l’empêchait d’accomplir d’autres devoirs, comme honorer son invité.

Les deux sortes de larmes

Rav Yaakov exerçait le métier de commerçant. Un jour, en faisant ses comptes, il découvrit une situation catastrophique : non seulement il avait perdu tout son argent, mais il avait également perdu des fonds qui appartenaient à d’autres personnes et qui lui avaient été confiés. La dette était considérable.

Par une providence divine, l’Admour Hazakène se trouvait justement à Shklov à ce moment-là. Rav Yaakov se présenta devant lui, le cœur brisé, pleurant amèrement sur l’argent d’autrui qu’il avait perdu et qu’il ne pouvait rembourser.

Au lieu de répondre directement à sa détresse matérielle, l’Admour Hazakène entreprit de lui présenter le bilan de son âme, un examen de conscience spirituel détaillé et sans complaisance. En entendant cela, Rav Yaakov fut submergé par une émotion encore plus intense et éclata en sanglots profonds, des pleurs qui venaient cette fois du plus profond de son âme.

L’Admour Hazakène lui dit alors : « Va en paix. »

Rav Yaakov se retourna pour partir. Mais le Rabbi le rappela et lui révéla le sens de ce qui venait de se passer : « Tes premières larmes, celles que tu as versées pour l’argent perdu, t’auraient laissé dans la tristesse, sans solution. Mais ces dernières larmes, celles que tu viens de verser pour ton âme, vont s’arrêter. Et une fois qu’elles cesseront, la cause de tes premières larmes, ta situation financière, sera également réparée. »

Et c’est exactement ce qui arriva : grâce à ce travail intérieur, Rav Yaakov put retrouver sa sérénité spirituelle, et sa situation matérielle finit par se résoudre.

Ce que 27 ans de prison font à un homme : le témoignage bouleversant de Chalom Morde’haï Rubashkin

Ce que 27 ans de prison font à un homme : le témoignage bouleversant de Chalom Morde’haï Rubashkin

 

Condamné à 27 ans de prison fédérale, Chalom Morde’haï Rubashkin a passé huit années derrière les barreaux avant d’être gracié par le président des États-Unis. Son histoire est celle d’une Emouna inébranlable face à l’adversité et d’un miracle que peu osaient espérer. Huit ans après sa libération, il revient sur cette épreuve et partage les leçons spirituelles qu’il en a tirées.

 

 

Une sentence inattendue

Le juge a prononcé une peine de 27 ans. Selon son avocat, la sentence aurait dû être inférieure à un an. Ils lui ont passé les menottes, l’ont fait descendre et l’ont placé dans une cellule avec des inconnus. Certains disent qu’on ne peut pas mettre Roubachkin sur un piédestal parce qu’au bout du compte, il a commis un crime. Mais ils partent du principe qu’un crime a été commis. De nombreux juristes ont affirmé qu’il n’avait jamais eu droit à un procès équitable. Les gens pensent que si quelqu’un réussit en affaires, c’est forcément qu’il a fait quelque chose de mal.

Il a été pris pour cible. On a voulu lui infliger cette sentence insensée pour envoyer un message. Voici Chalom Morde’haï Rubashkin, condamné à 27 ans de prison fédérale, une affaire qui a secoué le monde juif. À travers huit années derrière les barreaux, une chose ne s’est jamais brisée : sa foi. Et puis, dans un moment que peu avaient vu venir, le président a signé une grâce qui l’a rendu libre.

Cette histoire n’est pas une question de crime ou de politique. C’est une question d’Emouna sous pression, de percevoir Hachem dans l’endroit le plus sombre, et de ce que signifie vraiment croire quand tout vous est enlevé.

Le moment où tout a basculé

Le 22 juin 2010, le juge a prononcé une peine de 27 ans. Comme dans toute son affaire, beaucoup de choses se sont passées pour la première fois. Il a en fait appris la sentence de 27 ans avant le prononcé officiel, ce qui n’aurait pas dû arriver selon la loi. On n’est pas censé condamner quelqu’un sans qu’il soit présent devant vous.

Ce lundi matin, il a appelé sa femme depuis la prison. En prison, ils ne limitent pas le temps de téléphone parce qu’ils veulent vous entendre parler. Tout est enregistré. Non seulement ce que vous dites, mais aussi qui vous appelez. Il lui a dit bonjour et lui a rappelé que le lendemain était le jour de la sentence. La veille, sa famille avait organisé une grande assemblée de prières à Borough Park, sur la 15ème Avenue, pour que la sentence soit clémente.

Selon son avocat, la peine devait être inférieure à un an. Il s’attendait à rester peut-être un an, peut-être moins. Quand sa femme lui a annoncé « 27 ans », il a d’abord pensé à 27 mois. Quand elle a précisé « 324 mois », il a compris.

Ce sont les moments où l’on réalise deux choses : qu’on n’a pas le contrôle, et que tout ce qui arrive vient uniquement de Hachem. Hachem aidera. Il ne s’agit pas de regarder le passé mais de comprendre que Hachem fait tout pour une raison, et donc de ne pas se laisser abattre.

La force de la Emouna face à l’adversité

Quand on sort en guerre contre ses ennemis et qu’on voit une grande armée en face, on est naturellement dans une situation difficile. Mais Hachem nous dit que même si on voit l’ennemi, même si la douleur est là, il faut avoir confiance qu’Il nous sortira de là. Ce n’est pas nier la réalité, mais comprendre qu’il y a une épreuve à traverser.

Comment se déprimer quand on sait que cela vient de Hachem ? Pourquoi questionner sa vie en demandant si c’est juste ou non ? Plutôt que de s’apitoyer, il faut rassembler ses forces, faire Techouva pour le passé et aller de l’avant en sachant que Hachem va aider.

Cette nuit-là, quand les gens ont appris la sentence de 27 ans, une foule bien plus nombreuse que prévu est venue à l’assemblée de prières. Ils ont dû installer des sièges dans les rues. Les gens ont prié avec ferveur et ont donné de l’argent, car le gouvernement avait tout saisi. C’est grâce à cette générosité qu’il a pu payer un avocat.

Le jour de la sentence

La nuit précédant la sentence, malgré tout, il a dormi. Le matin, en entrant dans la salle d’audience, une chose l’a profondément troublé : cette personne qui agissait comme juge n’était pas vraiment un juge. Comment peut-on, même selon leurs propres lois, continuer à changer les règles simplement parce qu’on en a le pouvoir ? Comment peut-on prononcer une sentence aussi extrême sans regarder l’accusé dans les yeux ?

Pour rester concentré sur le fait que c’est Hachem qui fait tout arriver, il n’a jamais levé les yeux. Il a gardé le regard fixé sur la table. Sa sœur pleurait et il lui a dit de ne pas pleurer, car un jour ce serait eux qui pleureraient.

Il y a une grande différence entre voir quelque chose comme une épreuve divine ou comme un traumatisme. Quand on réalise que Hachem nous fait traverser quelque chose, qu’il y a un but et que Hachem nous donne la force d’y arriver, on sait que sa vie ne pouvait pas être différente. Quand on voit le problème comme une épreuve de Hachem, cela vient avec de l’énergie. Par contre, si c’est un traumatisme, quelque chose de douloureux qui n’aurait pas dû arriver, on est seul et cela n’a aucun sens.

Il se souvient d’une fois où le Rabbi parlait des difficultés que traversent les Juifs. Le Rabbi avait dit avec beaucoup d’émotion que nous prions chaque jour pour ne pas avoir d’épreuves, mais si une épreuve nous arrive, nous devons l’affronter comme des Juifs. Ces paroles l’ont profondément marqué.

L’humiliation du système

La sentence n’est pas simplement une formalité où l’on se rend en voiture. C’est douloureux. On vous passe les menottes, on vous fait descendre, on vous met dans une cellule avec des inconnus dans des conditions d’hygiène déplorables. Ensuite, on vous charge dans un fourgon et on vous traite comme un colis d’Amazon. C’est peut-être intentionnel, pour vous briser un peu. Le temps était difficile, la chaleur était extrême en juin.

Dans la salle d’audience, habillé d’une combinaison de fer ridicule devant tous ses amis, c’est un véritable spectacle. Ce qui le dérangeait le plus, c’était d’être traîné là pour entendre ce qui avait déjà été décidé. Le juge passait par la formalité de prononcer une sentence en présence de l’accusé, mais tout avait été décidé avant, en son absence. C’est une violation de leurs propres règles.

Après une peine aussi sévère que 27 ans, le système craint que la personne ne se suicide. De retour dans sa cellule, la nouvelle était déjà à la télévision. Les autres détenus le savaient déjà. Il s’est mis à danser avec eux pour garder le moral. Soudain, la porte s’est ouverte et un garde lui a dit qu’il l’emmenait en isolement sous surveillance constante par crainte de suicide. Il leur a expliqué qu’il connaissait la sentence depuis le matin et qu’il était simplement allé à la formalité. Après vérification, ils l’ont laissé retourner dans sa cellule.

Répondre aux critiques

Il y a deux camps de gens. Ceux qui étaient euphoriques de sa libération, et vraiment tout le monde était content. Mais il y a aussi ceux qui disent qu’on ne peut pas mettre Roubachkin sur un piédestal parce qu’au bout du compte, il a commis un crime. Même s’il a reçu une sentence trop sévère, il a quand même fait quelque chose de mal.

Sa réponse : ils partent du principe qu’un crime a été commis. Que savent-ils vraiment de l’affaire ? Parce qu’un jury du Dakota du Sud l’a déclaré coupable ? Mais Chalom Roubachkin a été accusé de 9 300 chefs d’accusation au niveau de l’État, a subi un procès d’un mois, et toutes les accusations ont été rejetées.

Comment est-il possible qu’un homme passe par là et soit blanchi d’un côté et condamné de l’autre ? Personne ne prend la peine de comprendre les mécanismes du système. Voudrait-on se présenter devant un juge qui est impliqué avec l’accusation ? Il a maintenu depuis le début que le juge aurait dû se récuser.

Le président Trump lui-même a été accusé, a une photo d’identité judiciaire, mais a-t-il vraiment commis un crime ? C’est la même chose. De nombreux juristes ont dit qu’il n’avait jamais eu droit à un procès équitable. Le juge a même écrit dans ses documents : « Même si M. Roubachkin a raison sur tout ce qu’il dit, je lui donnerais quand même 27 ans. » C’est dans les documents officiels, c’est dans son livre.

Bien sûr, ces critiques le blessent. Mais il avance. Après avoir passé huit ans en prison, certains ne peuvent toujours pas oublier. C’est un autre problème du système américain : pourquoi quelqu’un devrait-il rester un criminel toute sa vie après avoir purgé sa peine de huit ans ?

Le profilage et la prudence en affaires

Il y a des gens qui ont beaucoup de succès en affaires, et avec cela vient l’œil attentif du gouvernement qui cherche les faux pas. Dans son cas, il semble qu’il ait été pris pour cible. On a voulu lui donner cette sentence insensée pour envoyer un message, montrer que peu importe l’apparence, même si on ressemble à un rabbin, des sentences sévères seront prononcées.

Les Juifs dans les affaires ont vu cela récemment avec les propriétaires de maisons de retraite que Letitia James poursuit les uns après les autres. Il est très important d’être extrêmement prudent.

Le profilage racial existe en Amérique. Beaucoup de gens d’origines différentes ont été libérés parce qu’on ne peut pas faire de profilage racial. C’est une réalité. Est-ce une bonne réalité ? Non. Mais étant donné cette réalité, il faut être extrêmement prudent.

Les gens pensent que si quelqu’un réussit en affaires, il a forcément fait quelque chose de mal. Ce n’est ni juste ni vrai. Il a travaillé très dur pendant 18 ans, jour et nuit, sans mener une vie ostentatoire. Toute sa famille a travaillé dur. On doit considérer chaque homme d’affaires comme honnête, tout en sachant que si le profilage existe aux États-Unis, il faut agir en conséquence. On doit prier Hachem pour que des dirigeants gouvernementaux voient le bienfait que nous apportons.

Comme notre ancêtre Yaakov, partout où nous allons, nous apportons une bénédiction. Hachem nous aime et nous donne des bénédictions, donc les gens autour de nous sont bénis.

L’honnêteté comme fondement

Le message le plus important : quand une personne sait que Hachem lui donne la bénédiction, elle doit vraiment s’assurer que son travail est honnête et propre pour que la bénédiction puisse entrer. Si quelqu’un pense que la seule façon pour Hachem de lui donner de l’argent est de faire quelque chose de malhonnête, qu’il comprenne et agisse en conséquence.

De même qu’on ne travaillerait pas pendant Chabbat pour gagner de l’argent, parce que Hachem n’utilisera pas Chabbat pour enrichir, pourquoi penserait-on devoir faire quelque chose de malhonnête pour réussir ? On fait confiance à Hachem pour donner de l’argent.

Une histoire illustre cela : un homme avait un fils avec des besoins spéciaux. Quelqu’un lui a dit qu’en Amérique, il pouvait remplir certains formulaires d’une certaine façon pour obtenir des avantages pour son fils. L’homme l’a regardé et a dit : « Mais ce n’est pas vrai. » L’autre a répondu : « Tout le monde le fait, c’est une faille du système. » L’homme a répondu : « Oui, mais ce serait mentir. Pensez-vous que Hachem me donnera du succès à travers un mensonge ? » Si les gens vivaient ainsi, le monde serait différent.

Le miracle de la libération

Huit ans après le début de son incarcération, le dernier appel avait été rejeté. Le septième jour de Hannouka, un mardi, alors qu’il priait et disait le Hallel avec entrain, on l’a appelé au bureau et on lui a remis une enveloppe. En l’ouvrant, il a vu le mot « rejeté ». Cela signifiait encore 19 ans de prison, plus aucune possibilité d’appel. L’affaire était close.

Beaucoup de gens s’effondrent à ce moment-là. Mais lui a saisi l’enseignement du Tanya : rien n’a changé. Hachem dit que même dans une situation où l’on ne voit pas d’issue, il faut avoir confiance. Il a jeté la lettre quelque part et a continué à prier.

Cette nuit-là, c’était la fête de Hannouka. Avant d’allumer les bougies, il a chanté « Hanérot Halalou » pendant quinze minutes. Il avait besoin de miracles. Ses amis ont arrêté de danser mais lui a continué à chanter et danser.

Le lendemain matin, il s’est levé tôt comme chaque jour pour prier. Il se souvient de la lutte intérieure : « Pour quoi te lèves-tu ? Tout est déjà décidé. » Mais non, ce n’était pas décidé. Il s’est levé, a prié, a fait le compte de l’Omer. Il a mangé de la Matsa et du thon, a commencé à réciter la bénédiction finale.

Six minutes plus tard, la porte s’est ouverte brusquement. Le garde lui a dit : « Roubachkin, dehors ! » C’est un moment qu’il n’oubliera jamais de sa vie. Il était stupéfait car tous les autres étaient enfermés et le garde était venu directement à sa porte.

Ils l’ont emmené au bureau de l’administration. Le directeur adjoint est venu et lui a annoncé la merveilleuse nouvelle : le président venait de signer un document et il était libre.

La joie de la confiance validée

Peut-on imaginer ce moment ? Voir Hachem juste là avec soi. Est-ce le moment de sa vie où il a le plus vu Hachem ? Oui. Quand on se prépare pour un miracle, c’est mieux que quand il vous surprend. Quand on vit avec la Emouna, on accepte ce que Hachem nous fait traverser.

Accepter ne signifie pas se résigner, mais servir Hachem depuis la situation difficile dans laquelle on se trouve, tout en ayant confiance qu’Il nous en sortira. Quand la nouvelle de la liberté est arrivée, sa réaction n’a pas été « Je n’y crois pas » mais « Hachem, Tu l’as fait. Je T’aime. »

C’est là toute la différence. Quand quelqu’un est soudainement gratifié par Hachem d’un grand cadeau qu’il n’attendait pas, il ne peut pas nier que cela vient de Lui, et son cœur déborde d’amour. Mais ce sentiment peut se perdre le lendemain. Par contre, quand on a fait confiance à Hachem pendant des années, quand Il dit « Voilà, ta confiance est validée », on ressent un lien profond qui dure jusqu’aujourd’hui.

C’est comme quand les bases sont chargées, compte complet, deux retraits en finale des World Series, et on frappe le coup gagnant. Les bases n’étaient chargées que parce qu’il avait cru chaque jour que Hachem allait le sortir de là.

Tout arrive pour une raison

Certains pourraient dire que cette joie est construite sur le sentiment de « Je n’aurais jamais dû être là. Hachem, Tu m’as mis dans cette situation. 27 ans de sentence. Huit ans de prison. Je n’aurais jamais dû être ici. Alors oui, je suis content de sortir, mais qu’est-ce que Tu m’as fait ? »

C’est une erreur fondamentale. On ne peut pas parler ainsi avec la Emouna. Si quelque chose arrive dans la vie, la Emouna signifie que cela ne pouvait pas se passer autrement. Il ne devrait même pas être né, alors pourquoi est-il là ? La Torah dit qu’il a été créé pour servir Hachem.

On peut regarder sa vie aller dans une certaine direction, même construire des projections, et soudain tout change. On peut voir cela comme une destruction de sa vie, quelque chose qui a été enlevé et qui n’aurait jamais dû arriver. Ou bien on peut se dire qu’on ne savait pas que Hachem voulait de nous un travail qu’on n’attendait pas. C’est cela la Emouna.

Quand son avocat lui a dit qu’avec un juge différent, le résultat aurait été différent, qu’avec un jury différent, le résultat aurait été différent, il a raccroché et s’est dit : « Que veut-il dire ? Cela n’aurait pas pu être un juge différent. Cela n’aurait pas pu être un jury différent. Exactement ce qui s’est passé devait arriver. »

Avraham est né d’un père idolâtre, l’opposé même de ce qu’est Avraham. Hachem a voulu qu’il naisse dans une situation où il devait trouver Hachem par lui-même. On aurait pu faire un million de dollars dans cette affaire ? Non, on n’aurait pas pu, parce que ce n’est pas ce qui s’est passé.

La sortie de prison

Ils lui ont demandé qui devait venir le chercher. L’avocat a été appelé, qui a ensuite contacté sa femme. Elle était sur le pont George Washington, revenant de deux écoles différentes où elle avait parlé en sa faveur. Pendant des années, elle avait gardé son chapeau et sa veste dans la voiture, prête pour le jour où elle recevrait l’appel pour venir le chercher.

Ce jour-là, elle n’a pas eu besoin de rentrer chez elle. En une demi-heure de déviation, elle était à la prison. Le chapeau était un peu froissé après avoir passé du temps dans le coffre, mais elle le nettoyait régulièrement.

Il leur a demandé s’il pouvait retourner dans sa cellule quelques minutes pour dire la bénédiction après le repas. Il avait mangé là-bas et avait été sorti si vite qu’il avait oublié de réciter la bénédiction. La femme du bureau lui a dit : « Le président a dit de vous faire sortir le plus vite possible. Vous partez dans une seule direction : dehors ! »

Ils lui ont proposé d’attendre deux heures pour rassembler toutes ses affaires ou de les lui envoyer par la poste. Il a pensé que si c’était Chabbat, il devrait quand même partir car rester en prison est un danger. Alors pourquoi faire l’extrémiste ? Il a choisi la poste.

Le processus a pris environ une demi-heure. On lui a donné un manteau bizarre et on l’a conduit vers des portes cachées menant à la salle des visiteurs. Il attendait, attendait, et sa femme n’était toujours pas là. Après des années d’attente, il commençait à être frustré qu’elle le fasse attendre si longtemps !

Quand elle est arrivée, c’était un moment de joie intense. Elle lui a tendu ses vêtements. Il est allé aux toilettes se changer et est ressorti. Pour la première fois depuis des années, il s’est assis dans une voiture sans chaînes, sur le siège avant.

Les célébrations dans les rues

En descendant la colline, en bas, des gens l’attendaient. Certains avaient voulu l’accueillir sur le parking de la prison mais les gardes les avaient chassés. Ils n’avaient pas abandonné et attendaient en bas de la colline. Ils ont dansé dans la rue. Pour ne pas faire trop de commotion, ils sont allés à une station-service pour célébrer.

Cette nuit-là, en rentrant chez lui, il ne connaissait même pas la maison. Pendant son incarcération, sa famille avait dû déménager. Le gouvernement avait saisi leur maison. Par la providence divine, ses parents avaient trouvé une petite maison à Monsey. Des milliers de personnes se tenaient devant la maison. Il a dû se frayer un chemin pour entrer.

Toutes ces années, une femme s’était assurée que chaque semaine, le jeudi soir, ses enfants reçoivent une pizza et d’autres choses du magasin. Pendant huit ans. Elle disait que ses enfants devaient savoir qu’on n’avait pas oublié leur père et qu’on enverrait de la pizza jusqu’à son retour. Et elle l’a fait.

Ce sont ces Juifs extraordinaires qui ont veillé sur lui tout au long de cette épreuve. C’était maintenant le temps de se réjouir avec eux.

Il a passé une demi-heure devant la maison, serrant des mains. Puis un ami de Monsey qui avait accès à des bus a mis un bus à disposition de la famille pour qu’ils puissent rester ensemble au lieu d’être séparés dans différentes voitures.

Il voulait aller au 770. Il est arrivé juste avant 2 heures du matin. En regardant la foule, tous les différents types de gens, tous les différents chapeaux, c’était incroyable. Tout le monde chantait et dansait. Il avait toujours rêvé de ce moment. Entrer dans le 770 était un moment en soi. Il y avait grandi.

C’était une immense effusion d’unité. Tout le monde réalisait qu’on est tous un, qu’on doit prier les uns pour les autres, prendre soin les uns des autres, et que chaque communauté doit maintenir son propre chemin tout en s’entraidant.

Ce qui s’est passé il y a huit ans était un miracle évident. Un miracle comme on n’en avait peut-être jamais vu de notre temps. Il est important que cela soit connu et jamais oublié.

La vie après la libération

Après l’excitation initiale, la vie reprend son cours. Il voulait être un enseignant, pas dans le sens traditionnel, mais simplement ne plus retourner dans les affaires et se consacrer au monde de la sainteté. Avec tout l’enthousiasme des gens qui voulaient l’entendre parler et partager ses expériences, il a réalisé qu’il y avait un message à transmettre.

Aujourd’hui, chaque jeudi soir, il donne plusieurs cours. Il enseigne peut-être cinq ou six fois par semaine. Quand il commence un nouveau cours, parfois 80 à 90 femmes se présentent. Il conseille beaucoup de gens sans demander d’argent.

Deux ans et demi après sa libération, la période de probation était censée durer cinq ans. Pour aller n’importe où pendant Chabbat, il devait obtenir une autorisation. Son père est décédé pendant le Covid, alors qu’il attendait de pouvoir enfin passer Pessa’h avec lui pour la première fois depuis 30 ans.

Lors du Séder, avec seulement quelques petits-enfants autour de la table à cause du confinement et du deuil de son père, il a décidé que cette nuit était une nuit pour célébrer Hachem. Il a proposé qu’avant chaque lecture, tout le monde chante une chanson. « Merci Hachem pour tout ce que Tu fais. Merci Hachem, nous T’aimons. » Ce Séder a peut-être été le plus heureux qu’ils aient jamais eu, malgré les circonstances difficiles.

Le jeudi suivant, après Chabbat (qui tombait trois jours plus tard), sa femme lui a tendu son téléphone avec un grand sourire. C’était un message vocal de l’officier de probation : le jeudi matin, il était allé au tribunal pour demander l’arrêt de la probation, et celle-ci était terminée. Il était libre d’aller où il voulait.

Cette nuit-là où ils chantaient « Merci Hachem pour tout ce que Tu fais, merci Hachem nous T’aimons », Hachem a mis dans l’esprit de cet officier de probation d’aller au tribunal mettre fin à la probation. Cela a ouvert la porte pour qu’il puisse déménager dans le New Jersey, ce qui n’aurait pas été possible pendant les deux ans et demi restants.

Quand on a de la joie et qu’on célèbre, on fait bouger les choses. À leur insu, pendant qu’ils chantaient leur gratitude, l’officier allait au tribunal pour les libérer.

Le message pour les hommes d’affaires

Huit bougies pour lui, c’est la huitième année de sa liberté. Huit symbolise quelque chose de très important. Il y a sept jours de nature, et le huitième est au-dessus de la nature. Un Juif, comme il l’a toujours dit, est au-dessus de la nature. Un Juif est un être supérieur à la nature dans un monde de nature. Cela ne signifie pas que Hachem veut que nous vivions en dehors de la nature, mais Il ne veut pas que nous soyons entraînés vers le bas par elle. Il veut que nous vivions au-dessus d’elle.

Si une personne est en affaires et que des pensées de raccourcis lui viennent, ou si on lui présente une occasion qui n’est fondamentalement pas permise selon les règles du pays ou de la Torah, elle doit se demander : qui présente ce point de vue ? Est-ce que cela vient de Hachem ou d’ailleurs ?

De même qu’on avoue qu’on ne travaillerait pas pendant Chabbat ou qu’on ne mangerait pas de nourriture non cachère pour gagner cet argent, pourquoi ferait-on quelque chose de malhonnête ? Avoir confiance en Hachem. Quand une personne place chaque décision dans le contexte de ce que Hachem veut qu’elle fasse, deux choses se passent : d’abord, elle prend la bonne décision ; ensuite, quand elle fait ce que Hachem veut, elle voit les bénédictions qui en découlent.

Beaucoup de sa force est venue de la prison, car il voyait comment les décisions qu’il prenait sur les petites choses fonctionnaient pour lui. Il réalisait que c’était Hachem qui lui montrait comment penser.

Les affaires ne sont pas un monde sauvage. Les affaires ne sont pas contrôlées par le plus malin. Le Tanya en parle beaucoup. Comment se fait-il que parfois on voit des gens qui ne sont pas vraiment au niveau d’un Tsadik et qui réussissent très bien, tout en faisant des choses que Hachem ne veut pas qu’ils fassent ? Parce que Hachem teste en fait d’autres personnes qui regardent quelqu’un qui ne fait clairement pas les choses correctement, qui ne vit peut-être pas un mode de vie juif approprié, et qui a beaucoup de succès. Peut-être peuvent-ils faire la même chose ? Hachem utilise cette personne pour tester les autres.

Si on regarde quelqu’un en pensant qu’il a réussi parce qu’il a fait les choses de la mauvaise façon, on se trompe. Hachem utilise ce type pour nous tester. On est créé avec un but. Comme il l’a cru tout le temps en prison, son but était de montrer qu’on peut être un Juif même dans cette situation. Dans les affaires, c’est la même chose. Quand une affaire se présente et qu’on réalise que le but pourrait être de dire : « L’affaire a l’air bonne, mais ce n’est pas conforme aux règles. Je ne signe pas les papiers parce que c’est un mensonge. »

Le juge et la justice

Il n’a jamais revu ce juge depuis ce jour. Depuis le début, il se demande comment une personne peut violer ses propres règles. La loi dit qu’on ne peut pas prononcer une sentence contre quelqu’un à moins qu’il ne soit debout devant soi. Pourtant, elle a trouvé une manœuvre pour contourner cela. Le juge était clairement impliquée avec l’accusation.

Quand on vit avec la Emouna, quand on apprend à diriger ses pensées correctement, quand on voit tous ces beaux Juifs, on pense à la grande bonté que Hachem montre. On se sent encore plus redevable et reconnaissant envers Lui.

Il ne faut pas oublier ce miracle évident qui a eu lieu de notre temps. C’est une obligation de le faire connaître et de ne jamais l’oublier.

Quand une émotion monte, quand une pensée vient à l’esprit, il faut se demander : qui me donne cette émotion ? Cette émotion vient-elle de la vérité qui veut que je pense ainsi, ou le contraire ne veut-il pas que je pense ainsi ? C’est la question.

Quand un sentiment de dépression ou de perte vient, il faut se rappeler que Hachem peut aider même en ce moment. Et Il l’a fait.

C’est cela le message. La Emouna commence par le fondement : Hachem m’a créé. Pas seulement il y a des années quand je suis né, mais chaque instant. Hachem garantit à chaque personne ce qu’elle doit recevoir. On ne peut pas obtenir plus que ce que Hachem va donner, et on ne peut pas aller plus vite ou plus lentement. Huit signifie qu’il y a sept jours de nature, et le huitième est au-dessus de la nature. Un Juif est au-dessus de la nature, dans un monde de nature, mais ne doit pas se laisser entraîner par elle.

Hachem n’a pas besoin qu’on fasse des choses qu’Il ne veut pas qu’on fasse pour nous donner ce dont on a besoin. C’est le vrai sens de la confiance. Faire simplement les efforts qu’on doit faire, et avoir confiance que Hachem trouvera le chemin pour mettre Ses bénédictions. On a besoin d’un plus grand réceptacle pour les bénédictions. Il y a beaucoup d’argent nécessaire pour vivre aujourd’hui. Mais trop souvent, on pense qu’il faut prendre des raccourcis.

Que chacun apprenne de cette histoire la leçon essentielle : avoir confiance en Hachem, agir avec honnêteté, et savoir que tout ce qui arrive fait partie d’un plan divin, même quand on ne le comprend pas.

Quand le contrôle aérien de Sydney a rendu un dernier hommage à un héros juif

Quand le contrôle aérien de Sydney a rendu un dernier hommage à un héros juif

 

Lorsque Moishe Gordon a appris que son ami Reuven Morrison avait été tué lors de l’attentat terroriste de Sydney et que son corps attendait l’inhumation dans la chambre froide du médecin légiste, il a décidé de le ramener personnellement chez lui dans son avion privé. Ce qui s’est passé ensuite fut à la fois stupéfiant et profondément émouvant.

 

 

 

Un homme d’action jusqu’au dernier souffle

Comme la plupart des Australiens, Moishe Gordon a regardé les images horrifiantes de l’attentat terroriste de Bondi à Sydney. Lorsqu’il a réalisé que l’homme filmé en train de combattre les terroristes avec une brique, avant d’être grièvement blessé puis abattu, était son ami Reuven Morrison Hy »d, membre de la communauté Habad en Australie, le choc fut immense.

Mais cela ne lui sembla pas étranger à la personnalité de l’homme qu’il connaissait.

« Je le voyais comme un homme d’action », a confié Gordon au Jewish Independent. « Il a perçu un besoin pour la communauté russe de Sydney, et il n’a jamais dit : je vais laisser quelqu’un d’autre faire le travail difficile. C’est lui qui s’est rendu à la mairie. Il a obtenu les permis. Il a trouvé l’architecte. Il a fait construire une nouvelle synagogue pour la communauté russe de Sydney. Alors, quand il a vu que sa communauté de Sydney était menacée, pourquoi n’aurait-il pas agi directement ? C’était dans son ADN. »

Les images des caméras de surveillance diffusées publiquement montrent que Reuven n’a pas fui les tireurs : il a couru vers eux pour sauver des vies. Dans la vidéo, on voit Reuven s’approcher, une pierre à la main, pour distraire et affronter l’un des terroristes. Il a réussi à les retarder quelques instants pendant que la foule s’enfuyait.

Dans une interview accordée à CBS, la fille de Morrison, Shaina Gutnick, a souligné cela en déclarant que son père « s’est mis en danger pour protéger les autres ».

Un parcours de redécouverte juive

Originaire de l’ex-Union soviétique, Reuven a découvert son identité juive à Sydney après y être arrivé adolescent dans les années 1970. Il s’est ensuite installé à Melbourne avec son épouse Leah, afin d’offrir des opportunités éducatives à leur fille Shaina, tout en restant étroitement lié à Sydney par ses activités professionnelles et communautaires.

Une décision venue du cœur

Dans les jours qui ont suivi la mort de Reuven, Gordon a appris que le corps de son ami devait être transporté de Sydney à Melbourne pour l’inhumation, là où vivaient l’épouse, la fille et les petits-enfants de Reuven. Le trajet en voiture aurait duré environ 15 heures.

« J’étais tellement peiné pour lui, qu’il soit resté dans la chambre froide du médecin légiste pendant trois jours. En tant que Juifs, nous aimons enterrer le jour même de la Petira. Quand j’ai vu qu’il était bloqué dans la chambre froide du médecin légiste, si je pouvais lui apporter un peu de confort et lui épargner les 15 heures de route jusqu’à chez lui, j’ai immédiatement pensé : je vais le faire. »

Gordon, qui pilotait des avions comme hobby depuis plus de 30 ans et faisait du bénévolat pour Angel Flight depuis plus de dix ans, n’avait jamais transporté de corps auparavant. Déterminé à faciliter ce voyage, il a contacté les ingénieurs de son hangar à Melbourne et leur a demandé d’adapter son avion privé, en retirant plusieurs sièges pour créer l’espace nécessaire.

« J’ai informé mes ingénieurs que je voulais utiliser mon avion pour ramener mon ami de Sydney, et quand ils ont entendu la raison de ce vol imprévu, sans que je le demande et à mon insu, ils ont installé des points d’ancrage sur le plancher de mon avion et acheté des sangles neuves, sans me faire payer, afin que nous puissions transporter le corps avec plus de dignité. »

Gordon fut stupéfait. « Quand je leur ai demandé pourquoi ils avaient fait cela, ils ont répondu qu’ils en avaient simplement eu envie. Ces Australiens se souciaient vraiment de lui. Ils voulaient vraiment que Reuven soit traité avec respect. »

Un accueil extraordinaire à l’aéroport

Lorsque Gordon a atterri à l’aéroport de Bankstown, quelque chose d’inattendu s’est produit.

« Je n’avais jamais eu de responsable au sol qui me guide vers un emplacement particulier. J’étais un peu surpris. Puis, après mon atterrissage, il m’a dit : « Nous vous attendons depuis plus de 3 heures ; nous avons réservé un hangar privé pour que vous puissiez transporter votre ami avec dignité et discrétion. » Je n’en croyais pas mes oreilles », raconte Gordon, la voix brisée par l’émotion.

Un survol de Bondi en hommage

La famille Morrison a formulé une dernière demande : un survol de Bondi, là où l’attentat avait eu lieu. Normalement, cela n’aurait pas été possible. L’espace aérien de Sydney est strictement contrôlé, et le vent ce jour-là rendait un tel circuit dangereux.

« Le jour où Reuven a été libéré par le médecin légiste, le vent soufflait dans la pire direction pour que je puisse faire un circuit au-dessus de Bondi », explique Gordon, pensant que ce serait impossible.

« J’ai dit au contrôleur aérien de Sydney qui m’a appelé : j’apprécie vos efforts. J’ai fait de mon mieux, mais ce n’était pas possible. Mais alors il m’a dit : Moishe, nous allons faire en sorte que cela arrive. Nous allons suspendre les vols internationaux à destination de l’aéroport de Sydney, parce que nous voulons que vous fassiez un circuit pour votre ami. »

Après l’interruption du trafic aérien, Gordon a effectué deux circuits lents au-dessus de Bondi avec Reuven à bord.

Un dernier geste d’amitié

Lorsqu’il a atterri à Melbourne, la ‘Hevra Kadicha attendait et a emmené Reuven directement pour les préparatifs de l’inhumation.

« Tout le processus a été béni et rempli de coïncidences providentielles. Tout s’est mis en place. Ce qui devait être fait l’a été grâce à la bonté de tant de personnes : la ‘Hevra Kadicha, les non-Juifs de mon aéroport et du contrôle aérien », confie Gordon.

Pour lui, ce vol fut doux-amer. « Ce fut le vol le plus amer que j’aie jamais effectué, ramener un ami chez lui dans une housse mortuaire. Mais il fut doux aussi, car je savais que j’accomplissais mon dernier cadeau pour lui en tant qu’ami, lui montrant mon amour d’ami. Quand on dit doux-amer, c’est exactement ce que c’était. »

Israël : Des milliers de personnes célèbrent la ‘Hassidout dans les centres Mayanei Israël

Israël : Des milliers de personnes célèbrent la ‘Hassidout dans les centres Mayanei Israël

 

À l’occasion du Youd-Teth Kislev, le « Roch Hachana de la ‘Hassidout », des milliers de jeunes ‘hassidim et de Ba’hourim du réseau Mayanei Israel ont participé à des dizaines de Farbrenguen à travers plus de vingt villes d’Erets Israël. Ces rassemblements festifs ont permis de renforcer l’étude de la ‘Hassidout et l’attachement au Rabbi.

 

 

 

Un Farbrenguen central à Jérusalem

Des milliers de jeunes ‘hassidim et de Ba’hourim du réseau de ‘Hassidout Mayanei Israel ont participé à des dizaines de Farbrenguen dans plus de vingt villes d’Erets Israël en l’honneur du Youd-Teth Kislev, célébré comme le « Roch Hachana de la ‘Hassidout ».

Le Farbrenguen central et le grand repas festif ont eu lieu mardi soir à Jérusalem, sous la direction du Machpia Rav Zalman Gopin de Kfar Habad. Des milliers de ‘hassidim issus de différents groupes ‘hassidiques y ont participé, et le Farbrenguen s’est prolongé jusqu’aux premières heures du matin.

Des Farbrenguen tout au long du Chabbat

Chabbat après-midi, un grand Farbrenguen s’est tenu avec le Grand Rabbin des Chlou’him de Russie, le Rav Berel Lazar, suivi d’un autre Farbrenguen pour des centaines de Ba’hourim avec le Roch Yechiva de Kfar Habad, le Rav Moché Wolberg.

Des Farbrenguen ont eu lieu dans tout Erets Israël dans les synagogues Mayanei Israel, rassemblant des milliers de participants supplémentaires, notamment lors de rassemblements spéciaux pour les Ba’hourim, les Ba’hourim américains et les Avrekhim.

Des cours approfondis sur la ‘Hassidout de l’Admour Hazaken

Le Rav ‘Haïm Chalom Deitsch, Roch Kollel du Kollel Tsema’h Tsedek et Machpia à Mayanei Israel, a donné des cours approfondis sur la ‘Hassidout de l’Admour Hazaken pendant Chabbat.

Un grand rassemblement pour les enfants

L’un des moments forts du programme du Youd-Teth Kislev a été le grand rassemblement en yiddish pour les enfants, qui s’est tenu mardi à Jérusalem et a réuni des centaines d’enfants ‘hassidiques.

Le rassemblement a débuté par la récitation des douze Pessoukim et des paroles d’encouragement, suivies d’un récit captivant de l’histoire du Youd-Teth Kislev par un conteur de talent, accompagné de dessins sur sable en direct. Les enfants ont également profité d’un Farbrenguen spécial avec le Rav Gopin et l’événement s’est conclu par des tirages au sort et des prix.

Des résolutions pour l’avenir

Les participants aux Farbrenguen du Youd-Teth Kislev sont repartis renforcés et inspirés, prenant des résolutions pour étudier la ‘Hassidout, suivre les voies de la ‘Hassidout, améliorer leur service de la prière et renforcer leur attachement au Rabbi.

 

Antisémitisme en Australie : le témoignage accablant d’un Juif de Sydney

Antisémitisme en Australie : le témoignage accablant d’un Juif de Sydney

Une semaine après l’attentat terroriste de Sydney, la colère gronde au sein de la communauté juive australienne. Alors que des milliers de personnes se rassemblaient pour une veillée commémorative, le Premier ministre a été conspué par une foule indignée. Un Juif Loubavitch australien livre son analyse sans concession sur l’inaction gouvernementale qui a conduit à cette tragédie.

 

 

Une attaque prévisible que personne n’a voulu empêcher

En tant qu’Australien, j’écris aujourd’hui en réponse à l’horrible massacre de Sydney survenu il y a tout juste une semaine, et pour témoigner de la situation dans notre pays.

Ce qui s’est passé n’est pas une surprise. Ce n’est pas un choc. Nous l’avons tous vu venir. Certes, lorsque l’événement se produit réellement, cela reste sidérant, mais l’idée que « quelque chose » allait arriver planait depuis longtemps.

Alors que des milliers de personnes se rassemblaient pour une veillée une semaine seulement après l’attaque terroriste, l’atmosphère de recueillement s’est muée en colère à l’arrivée du Premier ministre. Huées, insultes, indignation générale. Mais pourquoi une telle réaction ?

Ayant vécu toute ma vie en Australie, je pense être quelque peu qualifié pour expliquer la situation – et pourquoi elle nécessite véritablement une intervention internationale au niveau fédéral.

L’explosion de l’antisémitisme depuis le 7 octobre

Depuis le 7 octobre 2023, la montée de l’antisémitisme en Australie a été fulgurante. Les chiffres sont stupéfiants.

En octobre 2023, un organisme de surveillance a signalé une augmentation de 800 % des incidents antisémites par rapport à l’année précédente.

Un rapport du Conseil exécutif de la communauté juive australienne (ECAJ) a révélé que les incidents ont quadruplé (augmentation d’environ 316 %) au cours des douze mois suivant le 7 octobre 2023, comparé à l’année antérieure.

Plus grave encore : quelques semaines seulement après les attaques du 7 octobre 2023, une manifestation pro-palestinienne devant l’Opéra de Sydney a dégénéré en cris publics de « Gazez les Juifs ». Je n’invente rien : des milliers de personnes scandant ces mots en pleine rue.

L’inaction criminelle du gouvernement

Maintenant que nous avons établi l’ampleur de cette flambée antisémite, examinons la réponse du gouvernement.

Rien.

Oui, ce vide est intentionnel. Le gouvernement, pendant deux ans, n’a absolument rien fait. Il a laissé cette rhétorique antisémite se répandre, permettant aux islamistes et aux sympathisants terroristes de se sentir enhardis, légitimés et soutenus par les autorités. Ils se croyaient invincibles, convaincus d’avoir le contrôle total de la situation.

C’est précisément ce qui a conduit à l’attaque du 14 décembre 2025.

Sans l’ombre d’un doute dans l’esprit de quiconque, les attaques du 14 décembre sont la faute du gouvernement. La mentalité islamiste. La lâcheté de la police. Tout cela. La responsabilité incombe entièrement à Anthony Albanese, Premier ministre, et à l’ensemble de son administration.

Des mesures cosmétiques au lieu d’une vraie prise de conscience

Le pire, c’est qu’il n’a toujours pas compris ce qu’il a fait. Au lieu de cela, il a annoncé de nouvelles lois contre les discours de haine (l’Australie ne bénéficie pas du précieux Premier Amendement américain), un contrôle encore plus strict des armes à feu (alors que le pays possède déjà la législation la plus restrictive, et voyez où cela nous a menés – un Second Amendement aurait certainement aidé), et une « enquête pour déterminer si la police dispose des pouvoirs nécessaires pour contrer de telles menaces ».

Assez, c’est assez.

Les dirigeants du monde doivent montrer l’exemple, faire comprendre à Albanese ses erreurs. Le 14 décembre aurait dû être un électrochoc.

Je supplie le gouvernement australien de prendre les mesures appropriées. De parler aux gens. D’engager un véritable dialogue avec la communauté juive pour comprendre ce dont elle a RÉELLEMENT besoin, et non ce qu’ILS PENSENT être nécessaire.

Am Israël ‘Haï – Joyeux ‘Hanoucca à tous !

 


L’Australie face à une vague d’antisémitisme sans précédent

Depuis les attaques du 7 octobre 2023, l’Australie connaît une explosion alarmante des actes antisémites ciblant la communauté juive. Des synagogues incendiées aux menaces de mort, en passant par le harcèlement scolaire et universitaire, le pays fait face à une crise majeure. Les autorités fédérales et les forces de police ont été contraintes de renforcer considérablement leurs dispositifs de protection.

 

La diffusion de littérature haineuse, un fléau persistant

La vente et la distribution de littérature antisémite constituent une préoccupation majeure pour la communauté juive australienne. En 2000, la Commission australienne des droits de l’homme a condamné Fredrick Töben pour avoir publié sur le site de l’Adelaide Institute des contenus diffamatoires envers les Juifs, en violation de la loi sur la discrimination raciale de 1975. Malgré l’injonction de retirer ces contenus, Töben a persisté dans ses agissements et a été condamné en 2009 à trois mois de prison pour outrage à la justice.

En 2011, lors d’une journée portes ouvertes à la mosquée de Lakemba, des visiteurs ont découvert que des exemplaires des Protocoles des Sages de Sion, célèbre faux document antisémite, étaient proposés à la vente. La même année, la Ligue australienne des droits a été signalée pour héberger une abondante littérature antisémite.

Le harcèlement des élèves juifs dans les écoles

Le cas du Brighton Secondary College illustre tragiquement l’ampleur du problème dans le milieu scolaire. Des élèves juifs ont dénoncé un harcèlement antisémite systématique, affirmant que l’administration, bien qu’alertée à plusieurs reprises, n’avait pris aucune mesure. D’anciens élèves ont engagé des poursuites judiciaires contre l’établissement, accusant notamment le directeur Richard Minack d’avoir utilisé un langage dégradant envers les Juifs et d’avoir évoqué avec fierté le passé de son père dans l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale.

L’explosion des violences après le 7 octobre 2023

Les attaques du 7 octobre ont déclenché une vague d’incidents antisémites à travers l’Australie, principalement concentrés à Sydney et Melbourne, mais également sur la Sunshine Coast et à Perth. Menaces de mort contre des personnalités juives, alertes à la bombe visant des synagogues, vandalisme de commerces juifs : la communauté s’est retrouvée assiégée.

Le 9 octobre, un rassemblement propalestinien devant l’Opéra de Sydney a suscité une vive controverse. Des participants auraient scandé des slogans antijuifs, bien qu’une enquête policière ultérieure n’ait pu confirmer l’utilisation du slogan « Gazez les Juifs ». Le lendemain, à Melbourne, des groupes ont proféré des menaces de mort, harcelant un Rav et son fils, tandis que d’autres déclaraient être à la « chasse aux Juifs ».

Les propos antisémites d’une élue des Verts

Fin 2023, Jenny Leong, députée des Verts pour la circonscription de Newtown en Nouvelle-Galles du Sud, a provoqué un scandale lors d’un forum du Palestine Justice Movement. Elle a accusé le « lobby juif » et le « lobby sioniste » d’infiltrer les groupes communautaires ethniques, affirmant que « leurs tentacules s’étendent dans tous les domaines pour influencer le pouvoir ». Ces propos, évoquant les tropes de la propagande nazie, ont été condamnés par le Premier ministre Anthony Albanese et les dirigeants de la communauté juive. Des manifestants se sont rassemblés devant son bureau, certains déguisés en pieuvres gonflables pour dénoncer l’imagerie antisémite de ses déclarations.

Le doxxing massif de février 2024

En février 2024, plus de 600 Juifs australiens travaillant dans les milieux académiques et créatifs ont été victimes d’une fuite massive de données personnelles. Des activistes antisionistes ont diffusé les noms, photos, professions et comptes de réseaux sociaux des membres d’un groupe WhatsApp privé nommé « J.E.W.I.S.H creatives and academics ». Les auteurs ont qualifié leur liste de « Zio600 », un terme considéré comme une insulte antisémite popularisée par le suprémaciste blanc David Duke.

Les conséquences ont été dévastatrices : menaces de mort, y compris contre un enfant de cinq ans, familles contraintes de se cacher, commerces forcés de fermer. Le gouvernement Albanese a annoncé de nouvelles lois contre le doxxing, et une femme a été arrêtée en septembre 2024 dans le cadre de cette affaire.

L’antisémitisme systémique dans les universités

Les campus universitaires, notamment l’Université de Sydney, sont devenus des foyers de tensions. En juin 2024, l’opposition a réclamé une enquête sénatoriale sur l’antisémitisme universitaire. Jillian Segal, envoyée spéciale du gouvernement pour la lutte contre l’antisémitisme, a qualifié le phénomène de « systémique ». En septembre 2024, le vice-chancelier de l’Université de Sydney, Mark Scott, a admis publiquement que son institution avait failli à protéger ses étudiants juifs.

Les attaques de 2025 : une escalade inquiétante

L’année 2025 a débuté dans la violence. Les 10 et 11 janvier, deux synagogues de Sydney ont été vandalisées. Le 17 janvier, quatre véhicules et le domicile d’un ancien dirigeant communautaire juif ont été ciblés, dont deux voitures incendiées. Le 19 janvier, la police a découvert une caravane remplie d’explosifs à proximité d’une synagogue, avec une puissance de destruction estimée à 40 mètres de rayon.

Le 21 janvier, une crèche de Maroubra, située près d’une synagogue et d’une école juive, a été incendiée et marquée de slogans antisémites. Cette attaque a conduit le Premier ministre Albanese à convoquer le Cabinet national pour traiter de la crise antisémite. La police de Nouvelle-Galles du Sud a doublé les effectifs de sa Strike Force Pearl, unité spécialisée dans la lutte contre l’antisémitisme.

Le refus de soigner des patients israéliens

En février 2025, une vidéo TikTok montrant deux infirmières de l’hôpital de Bankstown Lidcombe se vantant de refuser de soigner des patients israéliens a provoqué une indignation générale. Les deux soignantes ont été immédiatement suspendues dans l’attente d’une enquête.

Une opinion publique divisée

Selon une enquête menée en juin-juillet 2025 par l’ONG Combat Antisemitism Movement, 24 % des Australiens estiment que l’attitude publique envers les Juifs est positive, contre 28 % qui la jugent négative. Parmi les jeunes de 18 à 34 ans, un sur cinq déclare avoir été témoin ou avoir entendu parler d’incidents antisémites dans leur région. Ces chiffres témoignent d’une société profondément fracturée face à la montée de la haine antijuive.

 

 

Hanouccah à Paris : la 8ᵉ et dernière bougie illumine la Place de l’Opéra

Hanouccah à Paris : la 8ᵉ et dernière bougie illumine la Place de l’Opéra

 

Dimanche soir, la Place de l’Opéra a accueilli l’allumage de la huitième et dernière bougie de Hanouccah. Le Beth Loubavitch a clôturé cette semaine de célébrations en présence de nombreux participants venus assister à l’illumination complète de la grande Hanoukia. Un moment d’émotion pour conclure la fête des lumières dans la capitale.

 

 

Une clôture festive au cœur de Paris

Comme chaque année, le Beth Loubavitch de Paris, sous la direction du Rav Mendel Azimov, a organisé des allumages publics sur les plus grandes places de la capitale tout au long de Hanouccah. Ce dimanche 21 décembre 2025, la huitième et dernière soirée de la fête a rassemblé de nombreuses personnes sur la prestigieuse Place de l’Opéra.

Face au majestueux Palais Garnier, la grande Hanoukia brillait de toutes ses flammes, ses huit branches enfin réunies symbolisant l’accomplissement du miracle de la fiole d’huile. Les participants ont pu vivre ensemble ce moment privilégié, clôturant une semaine riche en célébrations à travers Paris.

Le message universel de la fête des lumières

Ce dernier allumage a offert aux familles et aux passants un spectacle empreint de spiritualité et de joie. La tradition des allumages publics, initiée par le Rabbi de Loubavitch, vise à diffuser la lumière de Hanouccah dans l’espace public, rappelant à tous le triomphe de la lumière sur l’obscurité.

Avec cet ultime rassemblement, le Beth Loubavitch conclut une édition réussie des célébrations parisiennes, donnant déjà rendez-vous à la communauté pour Hanouccah 5786.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mère de Ran Gvili, le dernier otage encore en captivité, allume la Hanoukia avec Habad

La mère de Ran Gvili, le dernier otage encore en captivité, allume la Hanoukia avec Habad

Moments d’élévation et larmes dans le quartier de Hadar Yossef : les familles des otages Gvili, Shem Tov, Samrano et Heiman se sont réunies pour l’allumage central. Le convoi était dédié à la mémoire de Yonathan Samrano z »l et à la prière pour le retour de Ran Gvili de captivité.

 

Ran, qui a été tué alors qu’il combattait des terroristes palestiniens au kibboutz Alumim, dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, est le dernier otage encore détenu dans la bande de Gaza, après que le Hamas a libéré tous les otages encore en vie et remis les corps des autres otages morts dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu qui est entré en vigueur en octobre.

Israël aurait déclaré aux médiateurs que les groupes terroristes savent où Ran est enterré, accusant le groupe terroriste palestinien du Hamas d’avoir violé la première phase de l’accord en ne remettant pas son corps.

Au plus fort de la fête de Hanouka, le « Convoi de la Lumière » du Beth Habad de Hadar Yossef-Néoth Afeka Aleph s’est mis en route. Des véhicules ornés de Hanoukiot et de ballons ont illuminé les rues du quartier dans un défilé haut en couleur, mais cette année, la lumière portait en elle d’autres intensités : une prière silencieuse et un cri unanime pour le retour de l’otage Ran Gvili.

Ce convoi impressionnant, organisé et dirigé de main de maître par le Beth Habad sous la direction du Rav Gad Pdalon et du Rav Mendi Elias, a réussi à tisser un lien entre une douleur profonde et une espérance juive éternelle.

Au cœur de l’événement se trouvait cette année la grande lumière que diffuse la famille Gvili. Malgré le brouillard et les épreuves, cette famille parvient à être un phare de foi.

 

 

Les héros sont le soleil de nous tous

Lors de la cérémonie d’allumage central de la huitième bougie, les membres des familles d’otages se tenaient ensemble sur l’estrade, tandis que larmes et émotion submergeaient la foule nombreuse.

Le Chalia’h Rav Mendi Elias a ouvert son allocution en évoquant la singularité du Chamach qui se dresse au-dessus de toutes les bougies : « Le rôle du Chamach est d’éclairer les autres, tout comme ces héros qui ont été un ‘Chamach’ pour nous tous en donnant leur vie, et tout comme la famille Gvili qui nous éclaire tous par sa foi. »

Kobi et Ayelet, les parents de Yonathan Samrano z »l, ont partagé leur lien privilégié avec le Beth Habad et la tradition qui s’y est tissée. Kobi a eu l’honneur de réciter les bénédictions et d’allumer la Hanoukia centrale.

Puis Tali Gvili est montée sur scène, la mère de l’otage Ran (Rani) Gvili. Elle a ému les participants en demandant à l’assemblée de s’unir dans la prière et les bonnes actions pour le retour de son fils de Gaza. La lumière et la force que Tali irradiait depuis l’estrade ont inspiré les centaines de personnes présentes.

Sheli Shem Tov, mère d’Omer qui est revenu de captivité, a prononcé des paroles de réconfort sur la force de la foi et sur le miracle que tous appellent de leurs vœux. ‘Haïm Heiman, père d’Inbar z »l, a conclu par des mots venus du cœur qui ont fait verser des larmes à toute l’assemblée.

Le point culminant de la cérémonie fut atteint lorsque les centaines de participants entonnèrent le chant puissant de « Hanerot Halalou » et des chants de foi, face aux huit bougies allumées qui annonçaient au monde entier : même au plus profond des ténèbres, la lumière du peuple d’Israël ne s’éteindra jamais !