Un Mikvé du Second Temple découvert sous l’esplanade du Kotel
Une découverte archéologique exceptionnelle vient d’être mise au jour sous l’esplanade du Kotel : un Mikvé (bain rituel) datant des derniers jours du Second Temple, scellé sous une couche de cendres témoignant de la destruction de Jérusalem. Cette trouvaille remarquable, effectuée par l’Autorité des Antiquités d’Israël et la Fondation pour le Patrimoine du Kotel, offre un aperçu poignant de la vie juive il y a près de 2 000 ans. Les fouilles s’inscrivent dans un vaste projet visant à révéler le passé glorieux de la Ville Sainte.
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Un témoignage enfoui sous les cendres de la destruction
Un Mikvé taillé dans la roche, datant des derniers jours du Second Temple et portant des traces de cendres attestant de la destruction du Beth Hamikdach, a été découvert ces derniers jours lors de fouilles menées par l’Autorité des Antiquités d’Israël et la Fondation pour le Patrimoine du Kotel, sous l’esplanade du Mur Occidental.
Les caractéristiques du bain rituel
Le Mikvé présente une forme rectangulaire, mesurant 3,05 mètres de long, 1,35 mètre de large et 1,85 mètre de profondeur. Taillé directement dans la roche, ses parois sont recouvertes d’enduit. Dans sa partie sud, quatre marches creusées dans la pierre permettaient d’y descendre. Cette installation antique a été découverte scellée sous la couche de destruction de l’époque du Second Temple, datée de l’an 70 de l’ère commune.
Des vestiges révélateurs de la vie quotidienne
À l’intérieur de cette couche, contenant des cendres brûlées témoignant de la destruction, de nombreux ustensiles en céramique ont été mis au jour, ainsi que des récipients en pierre caractéristiques de la population juive qui vivait dans la ville à la veille de la catastrophe.
Un emplacement stratégique près du Temple
Les fouilles sous l’esplanade du Kotel, où ce Mikvé a été découvert, se situent à proximité immédiate de l’emplacement du Temple antique et de ce qui constituait les entrées principales du sanctuaire il y a environ 2 000 ans : le Grand Pont au nord et l’Arc de Robinson au sud. Dans ce secteur, d’autres témoignages d’activités liées à la pureté rituelle ont également été découverts, notamment des Mikvaot, des ustensiles en pierre et d’autres objets.
Un lieu de purification pour les pèlerins
Les chercheurs de l’Autorité des Antiquités supposent que ce Mikvé servait aux Juifs résidant dans le quartier ainsi qu’aux nombreux pèlerins qui affluaient vers le secteur et le Temple.
Jérusalem, cité du Temple
« Il faut se souvenir que Jérusalem était une ville-sanctuaire », explique Ari Lévi, directeur des fouilles pour l’Autorité des Antiquités. « En tant que telle, de nombreux aspects de la vie quotidienne étaient adaptés à cette réalité, ce qui se manifeste particulièrement dans le respect scrupuleux des lois de pureté et d’impureté par les habitants et les notables de la ville. C’est à ce sujet que fut établi l’adage : « La pureté s’est répandue en Israël ». »
L’importance des ustensiles en pierre
« Parmi les découvertes archéologiques les plus significatives illustrant ce phénomène, on trouve notamment les Mikvaot et les ustensiles en pierre, dont beaucoup ont été mis au jour lors de fouilles dans toute la ville et ses environs », poursuit Ari Lévi. « Les raisons de l’utilisation d’ustensiles en pierre sont d’ordre halakhique : selon la Halakha, la pierre, contrairement à la céramique et au métal, ne peut contracter d’impureté. De ce fait, les récipients en pierre pouvaient être utilisés sur une longue période, de manière cyclique. »
Crédit photo : Émil Eljem, Autorité des Antiquités d’Israël





Le jeûne du 10 Tévet 5786 : guide complet des lois et coutumes – Rav Lévi Its’hak Fraenkel
Le dixième jour du mois de Tévet constitue l’un des quatre jeûnes publics institués par les prophètes d’Israël. Cette journée commémore le début du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor, événement qui marqua le prélude à la destruction du Premier Temple. Ce guide pratique, élaboré par le Beth Din Ihoud Harabanim France, rassemble l’ensemble des lois et coutumes relatives à ce jeûne pour l’année 5786.
Source : Beth Din Ihoud Harabanim France
Rav Lévi Its’hak Fraenkel, Rav du Beth Hamidrach Beth Amram Yossef Paris
9 Tévet 5786
Contexte historique
Le dixième jour du mois de Tévet, en l’an 3336 de la Création, Nabuchodonosor, roi de Babylone, établit le siège autour de Jérusalem. Il assiégea la ville dans une situation de détresse et d’oppression extrêmes, jusqu’à la chute de ses murailles. Cet événement marque le début du processus qui conduisit à la destruction du Premier Temple, puis du Second Temple, ainsi qu’à l’exil qui s’ensuivit.
L’obligation des jeûnes après la destruction du Premier Temple
Le dix Tévet est un jour de jeûne appelé dans les paroles de la tradition prophétique (Divré Kabbala) « le jeûne du dixième », car il a lieu au mois de Tévet, dixième mois de l’année. Il fait partie des quatre jeûnes institués par les prophètes, explicitement mentionnés dans les Écritures, en raison des événements tragiques qui s’y sont produits.
L’obligation des jeûnes à notre époque
De nos jours, alors que le Temple est détruit et que les rois des nations n’imposent pas de décrets de persécution à l’ensemble d’Israël, l’obligation de jeûner en vertu du décret des prophètes a, en principe, perdu son caractère obligatoire. La question dépend alors de la volonté et de l’accord de la majorité du peuple d’Israël : si la majorité ne souhaite pas jeûner et ne l’accepte pas, on ne jeûne pas ; si la majorité souhaite jeûner, on jeûne.
Cependant, les décisionnaires ont écrit qu’à notre époque, la majorité d’Israël a déjà voulu et accepté ces jeûnes, et que tout Israël a pris l’usage de jeûner de génération en génération. Ces jeûnes ont donc désormais le statut d’une obligation pour l’ensemble du peuple d’Israël, jusqu’à la reconstruction du Temple.
La raison du jeûne
Le jeûne a été institué en raison des malheurs qui se sont produits, afin de réveiller les consciences et d’ouvrir la voie au repentir. Il nous rappelle nos propres fautes ainsi que celles de nos ancêtres, semblables aux actes que nous commettons encore aujourd’hui, et qui ont entraîné pour eux comme pour nous les mêmes épreuves. En gardant le souvenir de ces événements, nous sommes amenés à adopter une conduite plus droite, conformément à ce qui est dit : « Ils reconnaîtront leur faute et celle de leurs pères… »
Le sens profond du jeûne
Un jour de jeûne est appelé dans l’Écriture un « jour de bienveillance, jour de faveur ». Il constitue une « vertu spirituelle extraordinaire, permettant la révélation de la Volonté suprême, béni soit-Il, à l’instar d’un sacrifice ».
L’annonce du jeûne
Selon l’usage des Séfarades, le Chabbat précédant le jeûne, après la lecture de la Haftara, l’officiant annonce publiquement le jeûne afin d’informer l’assemblée du jour où il aura lieu, à l’exception du jeûne du 9 Av, de Yom Kippour et du jeûne d’Esther.
Selon l’usage des Ashkénazes et l’usage de Habad, il n’est fait aucune annonce publique concernant les jeûnes.
La veille du jeûne
Il est permis de prendre avant le jeûne des comprimés pour faciliter le jeûne.
Manger et boire avant le jeûne
Tout jeûne pour lequel il est permis de manger pendant la nuit permet de manger et de boire jusqu’à l’apparition de l’aube (Alot Hacha’har), à condition de ne pas avoir dormi d’un sommeil régulier (Chénat Kéva). En revanche, si l’on a dormi d’un sommeil régulier, on ne peut plus manger ni boire après son réveil, sauf si l’on a formulé explicitement une condition avant de s’endormir, exprimant son intention de manger ou de boire après le sommeil.
Boire après le sommeil avant le jeûne
Selon l’auteur du Choul’han Aroukh (le Mé’haber), la règle concernant la boisson est identique à celle de la nourriture. Selon le Rama, pour la boisson, il n’est pas nécessaire de formuler une condition, car on présume que l’intention habituelle d’une personne est de boire après le sommeil, ce qui équivaut à une condition implicite.
A priori, il est recommandé d’être rigoureux et de formuler une condition même pour la boisson. Toutefois, celui qui a l’habitude de boire la nuit après son sommeil est autorisé à boire sans condition explicite.
Horaire et quantité
Durant la demi-heure précédant l’apparition de l’aube, il est interdit de commencer un repas consistant (Sé’oudat Kéva), c’est-à-dire la consommation de pain ou de pâtisseries (Mézonot) en quantité supérieure à un œuf (Kabétsa, soit 57 cm³).
En revanche, une simple collation est permise : manger du pain ou des Mézonot jusqu’à un œuf (et pas davantage), ainsi que des fruits, des légumes et boire des boissons non alcoolisées, même en grande quantité.
Si l’on a commencé à consommer du pain ou des Mézonot avant cette demi-heure, il est permis de continuer à manger même au-delà d’un œuf, jusqu’à l’apparition de l’aube.
Heure de début du jeûne
À Paris, le jeûne du dix Tévet débute à l’aube (Alot Hacha’har), déterminée selon une élévation solaire de 16,1 degrés, à 7 h 00.
Autres mortifications
Lors des trois jeûnes (3 Tichri, 10 Tévet et 17 Tamouz), il est permis de se laver même à l’eau chaude, de s’enduire d’un produit cosmétique, de porter des chaussures en cuir et d’avoir des relations conjugales.
Toutefois, certains décisionnaires ont écrit qu’il convient, pour une personne pieuse (Ba’al Néfech), de s’abstenir des bains à l’eau chaude, de s’enduire et d’avoir des relations conjugales, à l’exception de la nuit de l’immersion rituelle (Mikvé). En revanche, cette rigueur ne concerne ni le port de chaussures en cuir, ni le lavage du visage, des mains et des pieds à l’eau chaude, ni toute toilette du corps à l’eau froide.
D’autres décisionnaires sont toutefois d’avis que, même pour une personne pieuse, il n’y a pas lieu d’adopter une quelconque rigueur concernant ces autres mortifications.
Personnes obligées ou exemptées du jeûne
Tous sont tenus de jeûner lors de ces quatre jeûnes, et il est interdit d’enfreindre cette institution.
Statut du malade
Un malade qui n’est pas en danger, et à fortiori un malade en danger, est exempté du jeûne, et il lui est interdit d’être rigoureux envers lui-même en jeûnant.
Définition d’un malade sans danger vital
Par exemple, une personne alitée en raison de sa maladie, ou quelqu’un qui souffre d’un mal provoquant une telle douleur et une telle faiblesse que l’ensemble de son corps en est affaibli : même s’il continue à marcher, il est considéré comme équivalent à une personne alitée.
Un malade qui s’est rétabli mais reste encore physiquement affaibli, et pour lequel il existe une crainte que le jeûne ne provoque une rechute, est exempté du jeûne.
Une personne physiquement affaiblie ou âgée, pour laquelle un médecin affirme que le jeûne est nuisible, est exemptée du jeûne.
Symptômes inhabituels le jour du jeûne
Une personne souffrant le jour du jeûne de maux de tête plus intenses que d’habitude, de douleurs abdominales, de vomissements, de vertiges ou d’une faiblesse notablement plus importante que celle de la majorité des personnes le jour du jeûne, est exemptée du jeûne et n’est pas autorisée à s’imposer une rigueur supplémentaire.
Antécédent d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral
Une personne ayant déjà subi un infarctus ou un accident vasculaire cérébral, même si aujourd’hui elle se déplace normalement et semble en parfaite santé, est exemptée du jeûne.
Prise d’antibiotiques
Quiconque prend des antibiotiques pour une infection, même si son état général est bon et qu’il fonctionne normalement, est exempté du jeûne.
Médicaments pour la santé mentale
Toute personne prenant des médicaments pour des troubles psychiatriques, y compris des médicaments naturels, est exemptée du jeûne, et il n’y a pas lieu d’être rigoureux dans ce cas.
Après une opération sous anesthésie générale
Toute personne ayant subi une opération sous anesthésie générale, même légère ou simple, est exemptée du jeûne pendant trois mois à compter du jour de l’intervention, même si elle se déplace normalement et a repris ses activités quotidiennes.
Statut de la femme enceinte et de la femme allaitante
Les femmes enceintes et les femmes allaitantes qui éprouvent une souffrance sont exemptées du jeûne. De nos jours, l’usage répandu est d’être indulgent et de considérer qu’elles ne jeûnent pas du tout.
Définition d’une femme enceinte
À partir de quarante jours de grossesse. Toutefois, si elle souffre de vomissements ou de douleurs et ressent une faiblesse, elle est exemptée même avant quarante jours.
Définition d’une femme allaitante
Les décisionnaires contemporains divergent sur ce point. Certains estiment qu’est considérée comme allaitante uniquement une femme qui allaite effectivement, même partiellement, durant toute la période des vingt-quatre mois suivant l’accouchement ; selon cet avis, si elle n’allaite pas au moins partiellement, elle est tenue de jeûner. D’après cette opinion, une accouchée (ainsi qu’une femme ayant fait une fausse couche) qui n’allaite pas est exemptée seulement pendant les trente jours suivant l’accouchement.
D’autres estiment que même si elle a cessé d’allaiter, elle demeure exemptée durant toute la période des vingt-quatre mois suivant l’accouchement ; selon cet avis, une femme ayant fait une fausse couche après quarante jours de grossesse a le même statut qu’une allaitante pendant vingt-quatre mois après la fausse couche.
Cependant, du sens simple des propos du Choul’han Aroukh, il ressort que l’avis principal est le premier.
Conclusion concernant les femmes enceintes et allaitantes
Une femme en bonne santé, qui se juge capable de jeûner lors des trois jeûnes publics, doit observer le jeûne, de même pour le jeûne d’Esther. En revanche, si elle se sent faible, elle doit être autorisée à manger, en se fondant sur l’avis des décisionnaires indulgents.
Modalités de l’alimentation pour les personnes exemptées
Toutes les personnes exemptées du jeûne sont autorisées à manger dès le matin. Elles n’ont pas l’obligation d’observer un jeûne partiel (jeûne d’heures), ni de manger en quantités inférieures aux seuils halakhiques (moins que le Chiour). Toutefois, elles ne mangeront pas pour le plaisir, mais uniquement pour préserver leur santé physique.
Il est recommandé qu’elles mangent discrètement. Elles ne sont pas tenues de reprendre le jeûne ultérieurement ni de le compléter, mais il est approprié de racheter le jeûne par un don d’argent à des fins de charité.
L’éducation des mineurs
Un garçon qui n’a pas encore atteint l’âge de treize ans et un jour, et une fille qui n’a pas encore atteint l’âge de douze ans et un jour, sont exemptés du jeûne, même partiel (jeûne d’heures).
Cependant, lorsqu’un enfant a atteint la maturité suffisante pour ressentir le deuil (environ à partir de neuf ans), certains décisionnaires recommandent de lui donner uniquement du pain et de l’eau, ou une nourriture simple, afin qu’il partage le deuil avec la communauté.
En pratique, cet usage strict n’est généralement pas suivi ; on permet aux enfants de recevoir toute la nourriture dont ils ont besoin. Néanmoins, il est approprié de les éduquer à éviter les mets raffinés, les friandises et les confiseries pendant ces jours de jeûne.
Le jeûne du marié et de la mariée
Un marié et une mariée pour lesquels le jeûne tombe durant les sept jours de réjouissances (Chéva Brakhot) sont tenus de jeûner.
Les participants à l’alliance (circoncision)
Le père de l’enfant, le parrain (Sandak) et le circonciseur (Mohel) doivent observer le jeûne en entier.
Rinçage de la bouche et brossage des dents
Il est interdit de se rincer la bouche le matin lors d’un jeûne public, et de même il est interdit de se brosser les dents avec de l’eau. Celui qui en ressent une souffrance peut faire preuve d’indulgence, à condition de faire très attention à pencher la tête et la bouche vers le bas afin que l’eau ne parvienne pas dans la gorge.
Une personne souffrant fortement de mauvaise haleine est autorisée à se brosser les dents avec une brosse et du dentifrice sans eau. Si elle éprouve une gêne à se brosser sans eau, il lui est également permis de se rincer ensuite la bouche avec de l’eau, à condition d’être extrêmement vigilante et d’incliner la tête et la bouche vers le bas afin que l’eau ne parvienne pas dans la gorge.
De même, une personne souffrante est autorisée à se rincer la bouche avec un produit tel que le Listerine, même dilué avec de l’eau, car il n’y a pas de risque d’ingestion étant donné qu’il est nuisible à l’organisme.
Modifications dans la prière
Chez les Ashkénazes, l’assemblée ne récite pas Anénou dans la prière de Cha’harit, mais uniquement dans la prière de Min’ha, dans la bénédiction de Choméa Téfila. Chez les Séfarades, l’assemblée récite Anénou aussi bien à Cha’harit qu’à Min’ha.
En revanche, l’officiant (‘Hazan), lors de la répétition de la Amida, récite la bénédiction d’Anénou aussi bien chez les Ashkénazes que chez les Séfarades, à Cha’harit comme à Min’ha, entre la bénédiction de Goël Israël et celle de Réfaénou, à condition qu’il y ait dans la synagogue dix personnes qui jeûnent.
Il peut toutefois la réciter même s’il n’y a que trois personnes qui jeûnent, et sept autres qui ont mangé moins que la mesure minimale équivalente à une datte (Kakotévèt, environ 38 cm³). Dans le cas contraire, il dira Anénou dans Chéma Kolénou, comme un particulier, lors de Min’ha.
Oubli d’Anénou
Si l’officiant s’est trompé et n’a pas récité Anénou, et s’en souvient avant de prononcer le Nom divin dans la bénédiction de Réfaénou, il revient en arrière et dit Anénou puis Réfaénou.
S’il s’en souvient après avoir conclu la bénédiction de Réfaénou, il récite Anénou avant la conclusion de Choméa Téfila, et conclut : « Baroukh ata Adonaï, haOné béèt tsarah véChoméa Téfila. »
S’il a également oublié dans Choméa Téfila, il récite Anénou comme une bénédiction indépendante après la bénédiction de Sim Chalom.
Un particulier qui a oublié de dire Anénou et s’en souvient après avoir prononcé le Nom divin dans la bénédiction de Choméa Téfila le dira sans formule de conclusion, après Élokaï Nétsor, avant le dernier Yihyou léRatsoné.
Séli’hot
Dans la prière de Cha’harit, lors de la récitation du Ta’hanoun, après Néfilat Apaïm, on ajoute les Séli’hot, et après les Séli’hot, on récite le long Avinou Malkénou.
Après le Ta’hanoun, on lit dans la Torah la section « VaYé’hal Moché », même s’il n’y a dans la synagogue que trois personnes qui jeûnent.
La prière de Min’ha
Dans la prière de Min’ha, on commence par Achré, puis l’officiant récite un demi-Kaddich. On lit ensuite dans la Torah la section « VaYé’hal Moché », et on lit la Haftara « Dirchou Hachem ».
Après la Haftara, l’officiant récite de nouveau un demi-Kaddich. Dans la prière de la Amida, l’assemblée et l’officiant ajoutent Anénou, chacun à l’endroit qui lui est propre. De même, l’officiant ajoute la bénédiction sacerdotale (Birkat Kohanim) avant la bénédiction de Sim Chalom.
Lors du Ta’hanoun, après Néfilat Apaïm, on récite le long Avinou Malkénou.
Ministre officiant
La communauté qui jeûne doit désigner comme officiant une personne qui jeûne avec elle. Si un officiant qui ne jeûne pas a déjà commencé la répétition de la Amida, il dira l’Anénou de jeûne public en disant : « Anénou béyom tsom ataanité azé. »
Montée à la Torah
De même, on ne fait pas monter à la Torah une personne qui ne jeûne pas. C’est pourquoi un Cohen qui ne jeûne pas devra sortir de la synagogue avant qu’on appelle le premier montant, s’il n’y a pas d’autre Cohen présent. Ceci pour éviter que les fidèles pensent que ce Cohen est Passoul (inapte) du fait qu’on ne le fait pas monter à la Torah. S’il y a un autre Cohen présent, il n’est pas nécessaire qu’il sorte.
Pour les Ashkénazes : si a posteriori on a déjà appelé une personne qui ne jeûne pas à monter à la Torah lors de la lecture d’un lundi ou un jeudi à Cha’harit, elle peut monter à la Torah. En revanche, lors de la lecture de Min’ha, ou lors de Cha’harit un jour qui n’est ni lundi ni jeudi, on fera monter quelqu’un d’autre à sa place. Toutefois, si la personne éprouve une gêne à déclarer qu’elle ne jeûne pas, par crainte d’un Hiloul Hachem (profanation du Nom divin), elle ne dira pas qu’elle ne jeûne pas et montera à la Torah.
Pour les Séfarades : même si on l’a appelé par son nom à monter au Sefer Torah, elle s’excusera en disant qu’elle ne jeûne pas en raison d’une contrainte (Onès), et une autre personne montera à sa place.
Goûter un aliment
Selon l’usage séfarade, il est permis de goûter un plat afin de vérifier s’il nécessite du sel ou des épices, à condition de recracher et de ne rien avaler. Il est permis de le faire plusieurs fois jusqu’à une quantité équivalente à un Révi’it (4,4 cl) en une seule fois, à condition que la personne sache avec certitude qu’elle est capable de se retenir de ne rien avaler. Toutefois, le jour de Yom Kippour et le 9 Av, cela est interdit.
Selon l’usage ashkénaze et l’usage de Habad, on a l’usage d’être rigoureux et d’interdire cela lors de tout jeûne public. Cependant, dans le cadre d’un repas de Mitsva, lorsque l’on cuisine pendant le jour en vue du repas du soir, on peut s’appuyer, pour les trois jeûnes cités plus haut, sur les opinions permissives et goûter le plat en petites quantités afin de vérifier l’assaisonnement, à condition de recracher.
Avaler sa salive
Il est permis d’avaler sa salive durant un jeûne, même à Yom Kippour.
Prise de médicaments
La prise d’un médicament ou d’une pilule amère, ou de tout produit qui n’a pas de goût agréable ou savoureux, à des fins médicales, est autorisée durant le jeûne, à condition de l’avaler sans eau.
Si le malade est dans l’impossibilité de l’avaler sans eau, il pourra l’avaler avec un peu d’eau amère, par exemple de l’eau mélangée à du thé noir, afin d’altérer le goût de l’eau.
S’il ne lui est possible d’avaler les comprimés qu’avec un peu d’eau ordinaire, ou dans le cas où il est nécessaire de prendre des pilules sucrées ou des sirops sucrés, cela ne sera permis que si l’abstention du médicament risque d’entraîner un état de maladie qui rendrait la personne exemptée du jeûne.
Celui qui a oublié et mangé
Une personne qui a oublié et a mangé reste tenue de compléter le jeûne. Elle n’est pas tenue d’observer un jeûne un autre jour, sauf si elle le fait volontairement à titre d’expiation.
Elle peut réciter Anénou en disant : « Anénou, béyom tsom ataanité zé. »
Si elle a mangé une quantité inférieure à la mesure d’une datte (Kotévèt, 38 cm³) dans le laps de temps appelé Kédé Akhilat Pras (6-7 minutes), ou si elle a bu moins que Mélo Lougmav (environ 40 cm³/40 ml), le jeûne n’est pas annulé pour elle et elle récitera Anénou comme à l’accoutumée.
Fumer pendant le jeûne
Certains estiment qu’il est interdit de fumer des cigarettes les jours de jeûne, tandis que d’autres l’autorisent. L’opinion principale retenue est celle des décisionnaires indulgents.
La récompense du jeûne (Agra déTa’anita)
Il est d’usage de multiplier les actes de charité le jour du jeûne, en les accomplissant avec bienveillance et affabilité, avant la prière de Min’ha. Certains estiment la valeur de ce qu’ils auraient mangé ce jour-là et en font don aux pauvres.
Paroles persuasives (Divré Kibbouchin)
Le Rabbi a réinstauré une coutume qui était en usage autrefois dans les communautés d’Israël : après la prière de Min’ha, on prononce des paroles persuasives (au moins quelques mots), ou l’on récite un psaume de Tehilim approprié.
Dans un endroit où cela n’est pas possible en raison de la contrainte imposée à l’assemblée, on veillera au moins à y réfléchir intérieurement.
Voyager un jour de jeûne entre différents pays
Une personne qui voyage un jour de jeûne d’un pays à un autre, et pour laquelle il existe des différences de fuseaux horaires, de sorte que parfois la journée se prolonge et parfois elle se raccourcit, commence le jeûne selon l’heure du pays qu’elle quitte et le termine selon l’heure du pays où elle arrive, que cela entraîne une indulgence ou une rigueur.
Heure de la fin du jeûne
La sortie du jeûne a lieu à l’apparition de trois étoiles moyennes, à 17 h 40.
Halakha pour l’époque messianique
Tous ces jeûnes sont destinés à être annulés aux jours du Machia’h. Plus encore, ils sont appelés à devenir des jours de fête, de joie et d’allégresse, comme il est dit : « Ainsi parle l’Éternel des Armées : le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième seront pour la maison de Yehouda des jours de réjouissance, de joie et de fêtes solennelles ; aimez donc la vérité et la paix. »
Le dix Tévet constitue le commencement et la cause de tous les jeûnes. Lorsque celui-ci sera transformé en jour de fête par l’amour d’Israël et l’unité du peuple d’Israël, tous les autres jeûnes se transformeront d’eux-mêmes en « jours de fête, de joie et d’allégresse ».
Dédicaces
Pour le mérite et la réussite de M. Yossef Assous et de son épouse Messaoudi, ainsi que de leurs enfants : Liel Nathan, Lev Déborah, Lévi Chmouel et Chalom.
Pour le mérite et la réussite de M. Avraham Allouche et de toute sa famille.
Pour le mérite et la réussite de M. Élazar Aknin, ainsi que pour le mérite de ses enfants Cheindel et Betsalel, et pour l’élévation de l’âme de la femme discrète et vertueuse Mme Ora ‘Haviva, Bat Messaoudi, de mémoire bénie.
«Or Eitan», le nouveau laser haute puissance israélien : une avancée technologique sans précédent
Le ministère de la Défense israélien et la société Rafael ont officiellement remis à l’armée de l’air le premier système laser haute puissance « Or Eitan » (Iron Beam), marquant une avancée technologique sans précédent à l’échelle mondiale. Cette arme de nouvelle génération, capable d’intercepter roquettes, obus de mortier et drones à un coût dérisoire, vient compléter le dispositif de défense multicouche d’Israël. Le système porte le nom du capitaine Eitan Oster, tombé au combat dans le sud du Liban.
Une cérémonie historique aux installations de Rafael
Au terme d’un processus de développement complexe, la Direction de la recherche et du développement des moyens de combat (Mapat) du ministère de la Défense et la société Rafael ont remis ce dimanche à Tsahal le premier système laser « Or Eitan » (Iron Beam). La cérémonie officielle s’est tenue dans les installations de Rafael, en présence du ministre de la Défense Israel Katz, du directeur général du ministère de la Défense, le général de division (rés.) Amir Baram, du chef de Mapat, le général de brigade (rés.) Dr Danny Gold, du commandant de l’armée de l’air, le général de division Tomer Bar, du président de Rafael, Dr Yuval Steinitz, du PDG de Rafael, Yoav Tourgeman, du président-directeur général d’Elbit Systems, Betzalel (Butzi) Machlis, ainsi que de nombreux autres hauts responsables.
Un système éprouvé intégré au dispositif de défense multicouche
Le système, qui a démontré son efficacité lors d’une vaste série d’essais contre diverses menaces et a réalisé des interceptions réussies de roquettes, d’obus de mortier et de drones, sera intégré à l’armée de l’air et viendra compléter le dispositif de défense multicouche de l’État d’Israël. Il constituera une capacité complémentaire aux systèmes de défense aérienne « Dôme de fer », « Fronde de David » et « Arrow ».
Un hommage émouvant au capitaine Eitan Oster
Au cours de la cérémonie, Dov Oster, membre de Mapat et l’un des développeurs du système, a prononcé la bénédiction « Chehehyanou ». Il est le père du capitaine Eitan Oster, de mémoire bénie, tombé au combat dans le sud du Liban pendant la guerre. C’est en son honneur que le système a été baptisé « Or Eitan » (la lumière d’Eitan).
Une percée technologique et industrielle majeure
Le système « Or Eitan » (Iron Beam) représente une percée technologique et industrielle de niveau mondial. Il s’agit d’un système laser haute puissance conçu pour la défense contre les menaces aériennes, notamment les roquettes, les obus de mortier et les engins volants sans pilote. Le système est équipé d’une source laser avancée et d’un dispositif de pointage électro-optique unique, permettant d’intercepter une large gamme de cibles avec une portée améliorée, une précision maximale et une très grande efficacité, le tout pour un coût marginal négligeable, ce qui constitue l’avantage principal de ce système laser.
L’unité de recherche et développement de Mapat au ministère de la Défense dirige depuis plusieurs années le développement de ce système, en collaboration avec Rafael en tant que développeur principal, aux côtés d’Elbit Systems, responsable de la source laser, et d’autres industries de défense, parmi lesquelles SCD et Shapir Systems.
Le ministre de la Défense salue un moment historique
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré : « Certains événements méritent véritablement le qualificatif de moment historique. En cet instant crucial, nous pouvons tous ressentir une immense fierté face au précédent établi ici aujourd’hui. C’est la première fois au monde qu’un système d’interception laser haute puissance atteint la maturité opérationnelle tout en réalisant de nombreuses interceptions lors d’une série d’essais simulant divers scénarios opérationnels. Merci à tous ceux qui ont participé à cette réalisation extraordinaire. Grâce à votre engagement, nous vivons aujourd’hui ce moment historique qui modifie l’équation de la menace. Cette prouesse change les règles du jeu et envoie un message important à tous nos ennemis, sur les fronts proches comme lointains : ne nous mettez pas à l’épreuve, sous peine d’en subir les lourdes conséquences. Tout comme nous sommes forts en défense, nous le sommes également en attaque. Ce message résonne jusqu’à Téhéran, Sanaa et Beyrouth. Nous continuerons à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver la supériorité sécuritaire et technologique d’Israël, grâce à laquelle nous resterons fermes face aux défis qui nous attendent. »
Le début d’une révolution technologique
Le directeur général du ministère de la Défense, le général de division (rés.) Amir Baram, a souligné : « La livraison du premier système Or Eitan à l’armée de l’air, parmi les nombreux autres en cours de production, symbolise l’achèvement de la première étape avec le passage du développement à la production en série. Ce n’est que le début de la révolution technologique. Parallèlement à la production, nous sommes déjà profondément engagés dans le développement des prochaines générations de systèmes de défense, terrestres et aériens. Le système Or Eitan constitue désormais une couche supplémentaire dans le dispositif de défense multicouche d’Israël. Il devrait considérablement améliorer notre capacité à faire face aux menaces complexes ainsi que l’équation économique entre le coût de l’interception et le prix de la menace. »
Un complément significatif au dispositif de défense aérienne
Le chef de Mapat au ministère de la Défense, le général de brigade (rés.) Dr Danny Gold, a affirmé : « Le système Or Eitan rejoint aujourd’hui le dispositif de défense aérienne multicouche qui a fait ses preuves dans la protection de l’État d’Israël au cours des deux dernières années, en tant qu’élément complémentaire et significatif de la défense. Nous continuerons à apporter les développements les plus avancés au monde sur le front et à renforcer l’avantage qualitatif et la supériorité technologique de l’État d’Israël. »
Transformer la vision en sécurité
Le chef de la R&D à Mapat, le général de brigade Benny Aminov, a conclu : « Nous transformons la vision en sécurité. Le système laser Or Eitan, nommé en mémoire du capitaine Eitan Oster, rejoint aujourd’hui les couches de défense de l’État d’Israël en tant que composante supplémentaire. L’unité de R&D de Mapat continuera d’œuvrer pour créer les armes de surprise et préserver l’avantage technologique de Tsahal. »
Institutions Sinaï : Remise des clés au Rabbi de trois nouveaux établissements éducatifs
Une délégation des institutions Sinaï s’est rendue au Ohel pour remettre symboliquement au Rabbi les clés de trois nouveaux établissements éducatifs. Cette démarche perpétue une tradition instaurée il y a plus de trente ans, lorsque le Rabbi demanda à conserver la maquette du premier bâtiment de Sinaï. Un geste qui incarne la reconnaissance du véritable propriétaire de ces œuvres : le Rabbi lui-même.
Une délégation exceptionnelle pour un Chabbat mémorable
Une délégation de prestige, composée des membres de la direction des institutions Sinaï sous la conduite du Chalia’h Rav Yossef Its’hak Pevzner, s’est rendue pour le Chabbat de la Paracha Vayichla’h auprès du Rabbi. La délégation comprenait également le maire adjoint de Levallois ainsi que M. David Ibadia, directeur du département des institutions juives au sein de l’organisation faîtière des communautés juives de France.
L’objectif de ce voyage était de remettre au Rabbi de Loubavitch les clés de trois établissements éducatifs inaugurés au cours des trois dernières années : le Beth Mena’hem à Levallois, comprenant une école primaire, un collège-lycée et un centre communautaire ; la crèche Gan Zalmy dans le seizième arrondissement de Paris ; ainsi que le Beth Zalmy, regroupant un jardin d’enfants et une école primaire, également situé dans le seizième arrondissement.

Aux origines d’une tradition sacrée
Cette tradition trouve son origine dans la construction du tout premier bâtiment du campus éducatif Sinaï. En Elloul 5751, lorsque la maquette du bâtiment fut présentée au Rabbi, celui-ci demanda de sa propre initiative qu’on la laisse auprès de lui. Le 6 Tichri 5752, le Rabbi demanda que cette maquette soit montrée aux membres du fonds Ma’hané Israël, afin qu’ils puissent voir concrètement ce que le Rabbi entendait par « construire ». Il ordonna ensuite que la maquette soit conservée dans la bibliothèque officielle.
Dans le prolongement de cette démarche, lors de la distribution des dollars du 26 Adar Richon 5752, Rav Hillel Pevzner zal, de mémoire bénie, remit au Rabbi la clé et l’acte de propriété du bâtiment. Une profonde satisfaction se lisait alors sur le visage saint du Rabbi.

Une pratique perpétuée à chaque nouvelle construction
Depuis lors, cette pratique s’est renouvelée à chaque nouveau bâtiment : le Heikhal Mena’hem en 5755, le Ki Tov en 5761, et le Beth Hillel en 5773. À chaque fois, tant la maquette que la clé furent apportées au Rabbi, afin de transmettre la propriété au véritable Maître des lieux, Celui qui envoie les émissaires accomplir Sa mission sacrée.
Ce voyage actuel s’inscrit donc dans la continuité directe de cette tradition, avec la remise des clés de trois nouveaux bâtiments, témoignant de la fidélité indéfectible à cette mission sainte.

Un engagement renouvelé pour l’avenir
Les membres de la direction ont réaffirmé leur engagement à suivre la directive explicite du Rabbi aux institutions Sinaï, formulée en plusieurs occasions : lorsqu’une école atteint sa pleine capacité, il faut immédiatement poursuivre l’expansion, construire et établir de nouveaux établissements éducatifs dans la plus pure tradition de sainteté, afin que chaque garçon et chaque fille puisse trouver sa place dans un cadre d’éducation juive authentique.
Un exemple à suivre pour tous les émissaires
Le Rabbi s’est exprimé au sujet des institutions Sinaï en déclarant : « D’eux, les autres verront et feront de même. » C’est pourquoi ces événements sont rendus publics, dans le but d’encourager les Chlou’him et les directeurs d’institutions du monde entier à emprunter cette voie : celle du dévouement sans limite, de l’expansion continue et de la construction sans compromis, qui procurent une profonde satisfaction au Rabbi et renforcent l’éducation des enfants d’Israël en tout lieu.





L’homme de confiance du Rabbi : entretien exceptionnel avec le Rav Binyamin Klein
Le Rav Binyamin Klein a servi pendant des décennies comme secrétaire personnel du Rabbi de Loubavitch. Dans cet entretien rare, il dévoile les coulisses du secrétariat, le fonctionnement quotidien auprès du Rabbi, et livre un témoignage émouvant sur la continuité de l’œuvre ‘hassidique après Guimel Tamouz.
Les débuts au secrétariat
En quelle année êtes-vous devenu secrétaire du Rabbi ?
C’était en l’année 5728 (1968).
Comment cela a-t-il commencé ? C’est intéressant de savoir comment tout a débuté.
Après mon mariage, le Rabbi m’a dit que je devais me présenter au Rav Hodakov. Il lui avait déjà parlé et celui-ci m’indiquerait ce que je devais faire, à savoir travailler au secrétariat.
C’était donc une surprise totale ?
Absolument, oui.
À cent pour cent, une surprise complète ? Vous n’aviez jamais travaillé dans ce domaine en tant que jeune homme ?
En fait, j’avais un certain lien. Quand je suis arrivé d’Israël, j’ai eu des contacts.
D’ailleurs, en quelle année êtes-vous arrivé d’Israël ?
En 5716 (1956).
Donc en 5716, c’était votre première fois ici.
J’étais venu en tant qu’étudiant à la Yechiva. Le travail principal concernait la diffusion des sources ‘hassidiques. Il y avait deux choses : d’abord les Messiboth Chabbath.
Les Messiboth Chabbath : ramener les enfants juifs
Chaque Chabbath, on allait chercher des enfants qui fréquentaient les écoles publiques non juives, et on leur organisait une fête. Grâce à cela, ils venaient ensuite le dimanche, ce qu’on appelait ici le Sunday School. Et c’est par ce biais que se sont développées les Yechivoth Loubavitch aux États-Unis : tout a commencé par les Messiboth Chabbath.
Il y avait aussi un programme le mercredi, ce qu’on appelait « Released Time ». C’est-à-dire que le mercredi, comme aux États-Unis la religion et l’éducation publique ne peuvent pas être mélangées, on faisait sortir les enfants une heure par semaine dans une synagogue proche de leur école. Il y avait énormément d’enfants juifs qui étudiaient dans les écoles publiques et qui, grâce à cela, se sont rapprochés du judaïsme.
Et vous, vous vous occupiez de cela ?
Oui. Quand je suis arrivé, pour une raison quelconque, on m’a confié le travail des Messiboth Chabbath. Celui qui s’en occupait avant venait de se marier, et c’est exactement à ce moment-là que je suis entré dans ces activités. C’est peut-être ce lien qui a conduit à ce que je devienne le responsable des Messiboth Chabbath.
Vous aviez donc déjà un lien avec le Rav Hodakov ?
Oui.
L’appel du Rabbi
Et après votre mariage, le Rav Hodakov vous a convoqué ?
Non, non. C’est le Rabbi lui-même. Lors d’une Ye’hidouth que j’ai eue avec le Rabbi avant le mariage, comme c’était l’usage d’entrer pour recevoir une bénédiction, il m’a dit qu’après le mariage, je devais me rendre chez le Rav Hodakov. Le Rabbi lui avait déjà parlé, et nous allions nous organiser pour que je travaille au secrétariat.
Vous n’avez pas été en Australie ?
Si, c’est venu après. Je suis parti un an et demi, presque deux ans, en Australie. On voulait y établir des Batei Habad, mais cela ne s’est pas concrétisé, alors j’ai fait un essai là-bas.
Mais c’était déjà après que vous ayez été secrétaire ?
Après avoir commencé comme secrétaire, oui. Mais là-bas aussi, je travaillais pour le secrétariat, pas depuis le siège central.
Le premier jour dans le bureau du Rabbi
Vous souvenez-vous de la première fois où vous, jeune marié, êtes entré chez le Rabbi en tant que secrétaire ?
Je m’en souviens très bien. Mais je vous dirai que l’usage ici était tel que même quand le Rabbi appelait et qu’on entrait, quand le Rabbi avait besoin de faire entrer ou sortir quelque chose, des lettres par exemple… Je peux me dire à moi-même : la neuvième fois, la vingtième fois, la centième fois, c’était la même chose que la première fois. On ne savait jamais ce qui nous attendait derrière cette porte.
D’ailleurs, beaucoup de jeunes aujourd’hui ne savent pas comment cela fonctionnait. Vous entriez régulièrement, combien de fois par jour, chez le Rabbi ?
Le fonctionnement quotidien du secrétariat
Au début, oui. Dans les premières années, quand le Rabbi était encore seul, il venait lui-même plusieurs fois par jour au secrétariat, depuis son bureau qui était de l’autre côté.
Il y avait sur le bureau du Rav Hodakov un coin où chacun qui voulait transmettre une lettre au Rabbi la déposait. On appelait cela « le coin du Rabbi ». Ensuite, celui qui entrait prenait ce qui se trouvait dans ce coin.
Mais la plupart du temps, au début des années, c’est-à-dire au début de la direction du Rabbi, on n’entrait pas de soi-même, seulement quand le Rabbi appelait. Après, cela s’est organisé : chacun entrait presque après la prière, et chacun pour ce qu’il avait à faire, ou bien le Rabbi appelait parfois lui-même celui qu’il voulait voir.
Mais concrètement, si le Rabbi n’appelait pas, y avait-il des heures précises où les secrétaires entraient, chacun à une heure différente ?
Il y avait deux autres secrétaires. Il y avait le Rav Rosenshtein comme secrétaire. Rav Michoel Rosenshtein entrait le soir, après que le Rabbi soit rentré de chez lui. Le Rabbi partait pour le repas du soir vers cinq ou six heures, et quand il revenait, le Rav Rosenshtein entrait chaque jour. Son travail de secrétariat consistait en ceci : le Rabbi lui dictait les réponses aux lettres, et lui les tapait à la machine. Donc chaque jour, il entrait pendant environ une heure.
Il y avait aussi le Rav Mendel, de mémoire bénie, qui entrait seulement deux jours par semaine pour prendre les lettres, le lundi et le jeudi. C’était régulier. Il venait aussi aux Farbrenguen et entrait pour environ deux heures.
Hormis quand le Rabbi l’appelait spécialement pour rédiger une lettre particulière, ces deux-là avaient leur routine. Mais nous qui étions sur place en permanence, ce n’est que dans les dernières années que des horaires fixes pour entrer ont été établis. Avant cela, on attendait simplement que le Rabbi appelle.
Les longues journées au service du Rabbi
Et le Rav Hodakov ?
Le Rav Hodakov entrait chaque soir, avant que le Rabbi ne quitte le bureau. Il entrait avec ses affaires, c’est-à-dire ce que les gens lui avaient transmis, et il remettait cela jour après jour.
Je me souviens maintenant. Votre journée de travail commençait à quelle heure le matin, dans les années normales ?
Je ne sais pas exactement, j’arrivais ici au bureau vers cinq heures de l’après-midi et je restais jusqu’à ce que le Rabbi quitte le bureau, la nuit, vers une ou deux heures du matin. Si le Rabbi partait à une heure, c’était tôt, cela signifiait qu’il n’y avait pas de Ye’hidouth ce soir-là.
Une nuit normale, vous restiez jusqu’à minuit ou une heure ?
Jusqu’à minuit, oui.
Chaque jour ?
Chaque jour, toutes ces années, oui. Sauf Chabbat, bien sûr, et les fêtes. Mais oui, c’était ainsi.
Comment le Rabbi appelait ses secrétaires
Juste un détail technique que nous ne connaissons pas : comment le Rabbi vous appelait-il ? Par le nom de famille ?
Oui, le Rabbi appelait chaque secrétaire par son nom de famille.
Donc Klein, Groner, Krinsky… Et quand vous étiez assis au secrétariat et que le Rabbi voulait que l’un de vous entre, comment cela se passait-il techniquement ?
Nous avions un téléphone intérieur. Le Rabbi sonnait dessus.
Vous décrochiez et le Rabbi disait ce qu’il voulait qu’on apporte ou qu’on vienne ?
Oui. Mais il y a quelque chose qu’on peut apprendre du Rabbi : jamais il ne disait « Venez, entrez ». Il commençait toujours par dire, avec une délicatesse extraordinaire : « Si ce n’est pas trop difficile pour vous, peut-être pourriez-vous entrer pour sortir quelque chose », ou « Si ce n’est pas trop difficile pour vous, peut-être pourriez-vous entrer pour apporter les lettres du bureau ».
Quel est notre rôle aujourd’hui ?
Si on veut vraiment savoir, le Rabbi nous a tous préparés. On ne peut pas dire qu’on ne sait pas quoi faire.
Oui, nous sommes avec vous. Nous ne savons pas quoi faire.
Le Rabbi nous a dit quoi faire et nous a donné les directives de tous les temps, ce qu’on peut faire, ce qu’on doit faire. C’est-à-dire que le Rabbi a donné les directives. Et nous le voyons aujourd’hui aussi : depuis Guimel Tamouz, depuis que nous nous trouvons dans cette situation, plus de 500 nouveaux Batei Habad ont été ouverts dans le monde. Les émissaires se multiplient et le travail grandit. C’est très, très difficile, car chaque émissaire sait ce qui lui incombe, tant sur le plan financier et matériel que sur le plan spirituel. On doit travailler 24 heures sur 24. Et cela avance et s’étend, parce qu’il y a les directives pour cela.
La situation est certes différente d’avant Guimel Tamouz, mais de manière générale, on peut dire que Habad, grandit et s’étend, et les résultats sont immenses.
Et aussi, comme le Rabbi l’a dit lors du Youd Chevat de l’année suivant la Hilloula du Rabbi précédent : nous ferons comme nous faisions avant, et le Rabbi trouvera le moyen de répondre. Et on le voit : les gens vont au Ohel, ils écrivent, et maintenant aussi des centaines de milliers de fax et de lettres arrivent. Moi, j’apporte tout cela chaque jour au Ohel, et les gens reçoivent des réponses. C’est-à-dire qu’ils ont des réponses, comme le Rabbi l’a dit.
La force du Rabbi demeure
Comment expliquez-vous cela, Rav Klein ? Comment expliquez-vous qu’après Guimel Tamouz, une telle obscurité soit descendue sur nous, et pourtant l’activité ne cesse de s’intensifier ?
C’est la force du Rabbi. C’est ce qui est extraordinaire. De son vivant… C’est-à-dire qu’il a donné les forces et il continue. Comme on dit : un berger n’abandonne pas son troupeau. Et toutes ces choses… Si on marche comme il l’a dit, il n’y a pas de problèmes. Le seul problème, c’est que nous n’avons plus le Rabbi ici-bas physiquement. C’est cela que nous voulons : voir notre Roi. Mais du côté du travail, cela ne doit pas nous empêcher.
Les gens, chaque jour, vous avez des centaines et des centaines d’histoires de ce que les gens font comme le Rabbi l’a dit, et ils reçoivent des réponses.
Quelles réponses ?
Quand une personne a un doute et pose une question, le Rabbi lui enlève le doute. Et encore aujourd’hui, il continue de le faire.
L’espoir de la Rédemption
Rav Klein, merci beaucoup.
Je souhaite seulement que nous méritions de voir le Rabbi se lever, de nos yeux de chair.
L’ambassadrice d’Australie aux émissaires du Rabbi : «Nous consacrerons toutes les ressources nécessaires pour protéger les Juifs»
Deux semaines après l’attentat antisémite perpétré lors d’une fête de Hanouka organisée par Habad à Sydney, l’ambassadrice d’Australie en Israël a rencontré les Chlou’him du Rabbi à Tel-Aviv. « Une attaque contre les Juifs australiens est une attaque contre tous les Australiens et contre notre mode de vie », a-t-elle déclaré avec fermeté. Elle a également souligné que seuls des efforts conjoints permettront de véritablement éradiquer l’antisémitisme.
Un discours poignant après l’attentat de Sydney
L’ambassadrice d’Australie en Israël, Lindel Sachs, a prononcé un discours particulièrement incisif à la suite de l’attentat perpétré lors de la fête de Hanouka de Habad à Sydney, il y a deux semaines. Lors d’une rencontre avec les émissaires du Rabbi à Tel-Aviv, le Rav Chmouel Gerlitzky et le Rav Avraham Chmouel Levin, l’ambassadrice a exprimé la reconnaissance du gouvernement australien envers la communauté juive du pays et a salué l’œuvre des Chlou’him en Australie, qui œuvrent sur place depuis plus de 75 ans, depuis l’envoi des premiers ‘Hassidim en Australie pour y diffuser la lumière de la Torah et de la ‘Hassidout.

Elle a qualifié les jours de deuil suivant l’attentat de « semaine la plus sombre de l’histoire récente de l’Australie », précisant que « notre précieuse communauté juive a été la cible cruelle d’un acte de violence insensé. Les Australiens sont unis dans le deuil et dans la solidarité avec la communauté juive ».
Une attaque contre la lumière de Hanouka
L’ambassadrice a poursuivi : « L’attentat antisémite dévastateur sur la plage de Bondi était une attaque ciblée contre des Juifs australiens, le premier jour de Hanouka, dans un lieu emblématique de l’Australie où des personnes du monde entier s’étaient rassemblées en paix. Hanouka devrait être une célébration de la paix et de la lumière qui triomphe des ténèbres. Au lieu de cela, tous les Australiens sont en deuil, et nous exprimons nos plus profondes condoléances à tous ceux qui ont perdu un être cher. Nos pensées et nos vœux accompagnent également les blessés. »
Une solidarité internationale touchante
L’ambassadrice a ajouté : « Au nom de tous les Australiens, je remercie les nombreuses personnes et gouvernements du monde entier qui ont transmis des messages de condoléances et de solidarité. J’ai été particulièrement touchée par les paroles de soutien de nombreuses personnes ici en Israël. Votre soutien compte énormément. »
« L’antisémitisme n’a pas sa place en Australie »
Dans son allocution, l’ambassadrice a déclaré : « Comme l’a dit le Premier ministre australien, il s’agit d’un acte terroriste malfaisant et antisémite qui a frappé le cœur de notre nation. Car une attaque contre les Juifs australiens est une attaque contre tous les Australiens et contre notre mode de vie.
Il n’y a pas de place en Australie pour l’antisémitisme ou pour la haine sous quelque forme que ce soit, et nous les condamnons sans équivoque. Nous ne permettrons pas au mal, au terrorisme, à la haine et à la violence de nous définir ou de nous diviser. Le gouvernement australien a agi avec détermination pour combattre l’antisémitisme en Australie. Mais il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire. L’Australie consacrera toutes les ressources nécessaires pour garantir que les Juifs australiens soient en sécurité et protégés. »
Un appel à l’action collective
« Nous devons travailler ensemble pour rejeter toutes les formes d’antisémitisme, de préjugés et de haine. L’éducation, les efforts communautaires continus et une coordination étroite entre la société civile, les institutions et les entreprises technologiques sont essentiels pour limiter la propagation de la haine et construire la cohésion sociale.
Ce n’est qu’à travers nos efforts conjoints que nous pourrons véritablement éradiquer l’antisémitisme et permettre à la lumière de triompher des ténèbres.
Nous garderons à jamais le souvenir de ceux qui ont perdu leurs proches dans ce terrible attentat terroriste antisémite, et nous saluons le courage de ceux qui se sont courageusement dressés pour les protéger. »
Pourquoi Sydney restera gravée dans ma mémoire
L’attaque du Beth Habad de Sydney, survenue à la veille de Hanouka, a bouleversé nos certitudes. Ce drame nous rappelle que la Messirout Nefech ne se mesure pas à la distance géographique, mais à l’engagement total envers la mission du Rabbi. Chacun de nous porte en lui la capacité d’agir quand personne d’autre ne le fera.
Par Mendel Steingart
Le souvenir de Mumbaï
L’un de mes premiers souvenirs d’enfance remonte au jour où le Beth Habad de Mumbaï a été attaqué.
Je me souviens de ma mère recevant la nouvelle.
Je me souviens de ses larmes.
Je me souviens de la peur et de la douleur d’avoir perdu des Chloukhim.
Nous grandissons en entendant parler des attaques en Erets Israël. Là-bas, la tragédie est constante, presque attendue.
Mais ceci était différent.
C’étaient des Chloukhim. Des gens comme nous.
Si cela pouvait leur arriver, cela pouvait arriver à n’importe qui.
À l’époque, je me suis dit quelque chose de réconfortant : l’Inde n’est pas une civilisation normale. C’est chaotique, instable, imprévisible. On ne peut pas comparer cela à l’Occident.
Cette illusion a volé en éclats la veille de Hanouka, à Sydney.
La vraie Messirout Nefech
Il existe une idée reçue selon laquelle la Messirout Nefech serait une question de géographie.
Les Chloukhim à New York auraient la vie facile : ils ne sont qu’à quelques heures de route du Rabbi et de Loubavitch.
Les Chloukhim dans l’Amérique rurale auraient plus de difficultés : ils doivent faire l’école à la maison à leurs enfants, et qui sait où se trouve le Mikvé le plus proche, etc.
Les Chloukhim dans les pays arabes sacrifient leur sécurité physique réelle, en plus de tout le reste.
Et seule une personne extraordinaire pourrait renoncer entièrement au confort moderne.
Sydney a détruit cette hiérarchie.
La Messirout Nefech ne se mesure pas à la distance qui vous sépare d’une glace cachère, au nombre d’heures de route pour l’école, ni au fait que vous marchiez avec des gardes armés.
La véritable Messirout Nefech, c’est de se donner entièrement aux Inyonim du Rabbi, grands et petits, où que l’on soit.
D’où vient ce courage ?
Où une personne « ordinaire » trouve-t-elle le courage de charger un terroriste armé avec seulement une brique ?
Où une jeune fille de quatorze ans puise-t-elle l’instinct de protéger des enfants qu’elle n’a jamais rencontrés ?
Où un Ba’hour trouve-t-il la force de risquer sa vie pour sauver un autre Juif ?
La réponse est inconfortable : cela vient quand vous réalisez que si vous n’agissez pas, personne d’autre ne le fera.
Et d’où un enfant de huit ans tire-t-il le courage de demander à un inconnu s’il est juif ?
D’où un adolescent de quatorze ans trouve-t-il l’élan d’organiser un Farbrenguen pour sa communauté, d’organiser tout un défilé de Youd-Aleph Nissan ?
Cette prise de conscience libère quelque chose enfoui au plus profond de nous.
Notre mission
Telle est la mission que le Rabbi nous a confiée.
Chaque Juif est responsable de la Yiddishkeit et de la ‘Hassidout de son entourage.
On n’attend pas que quelqu’un d’autre se lève.
Vous êtes ce quelqu’un d’autre.
Nous ne pouvons pas attendre que d’autres agissent pour sauter dans le train en marche.
Chacun d’entre nous a la responsabilité et la capacité de changer son environnement.
Qu’allez-vous faire ?
Pourquoi l’étude de la Torah est-elle considérée comme supérieure à toutes les autres Mitsvot ?
Le chapitre 5 du Tanya constitue l’un des enseignements les plus profonds de l’Admour Hazakène sur la nature de l’étude de la Torah. Il répond à une question fondamentale : pourquoi l’étude de la Torah est-elle considérée comme supérieure à toutes les autres Mitsvot ? La réponse réside dans la compréhension de ce qui se passe réellement dans l’esprit humain lorsqu’il s’engage dans l’étude de la sagesse divine.
Le point de départ : que signifie « saisir » D.ieu ?
L’Admour Hazakène commence par analyser une déclaration célèbre du prophète Eliyahou : « Aucune pensée ne peut Te saisir. » Cette affirmation semble catégorique : D.ieu est absolument au-delà de toute compréhension humaine. Pourtant, la même tradition enseigne que par l’étude de la Torah, on peut effectivement « saisir » le Divin.
Comment résoudre cette contradiction apparente ? La clé réside dans la compréhension précise du mot « saisir » (Tefissa en hébreu). Ce terme implique une relation à double sens, et c’est cette dualité qui rend l’étude de la Torah si extraordinaire.
Premier concept : l’intellect qui « englobe » un sujet
Prenons un exemple concret. Lorsque vous apprenez un nouveau concept, disons une règle de mathématiques ou un principe juridique, que se passe-t-il dans votre esprit ?
Au début, le concept vous dépasse. Vous êtes « à l’intérieur » du sujet, submergé par ses détails, essayant de comprendre ses différentes facettes. Le sujet est « au-dessus » de vous, il vous domine.
Puis vient le moment de compréhension. Soudain, tout s’éclaire. Vous « tenez » le concept. Vous pouvez l’expliquer, l’appliquer, le manipuler mentalement. À ce stade, votre intellect « englobe » le sujet, tout comme une main englobe un objet qu’elle saisit. Le concept est désormais « contenu » dans votre esprit.
Deuxième concept : l’intellect qui est « englobé » par le sujet
Mais il y a un deuxième aspect, tout aussi important. Au moment même où vous comprenez un sujet, votre intellect se « revêt » de ce sujet. Votre esprit prend la forme du concept étudié. Vous ne pensez plus à autre chose ; votre conscience est entièrement absorbée par cette idée.
Ainsi, dans tout acte de compréhension véritable, il existe une double relation :
1. L’esprit englobe le concept (le concept est « dans » l’esprit)
2. L’esprit est englobé par le concept (l’esprit est « dans » le concept)
C’est précisément cette double relation que désigne le mot « saisir ».
Application à l’étude de la Torah : une union avec le Divin
Maintenant, appliquons ce principe à l’étude de la Torah. La Torah n’est pas un livre ordinaire. Elle est l’expression directe de la volonté et de la sagesse de D.ieu. Chaque Hala’ha, chaque loi, représente ce que D.ieu « veut » et ce que D.ieu « pense ».
L’Admour Hazakène donne un exemple : une loi qui stipule que si Réouven revendique ceci et Chimon revendique cela, le verdict doit être tel. Cette loi existe dans la Torah même si un tel cas ne s’est jamais présenté et ne se présentera peut-être jamais. Pourquoi ? Parce que cette loi n’est pas seulement une règle pratique : elle est une expression de la pensée divine.
Lorsque vous étudiez cette Hala’ha et que vous la comprenez véritablement, quelque chose d’extraordinaire se produit :
Premièrement, votre intellect « englobe » la sagesse divine. Vous « tenez » dans votre esprit la pensée même de D.ieu. Votre esprit fini contient, en quelque sorte, l’infini.
Deuxièmement, votre intellect est « englobé » par la sagesse divine. Votre esprit se revêt de la pensée de D.ieu, il prend sa forme, il s’unit à elle.
Une union sans équivalent dans le monde matériel
L’Admour Hazakène souligne que cette union est absolument unique. Dans le monde physique, on ne trouve rien de comparable. Imaginez : d’un côté, l’intellect humain, limité, fini, créé ; de l’autre, la sagesse de D.ieu, infinie, éternelle, incréée. Et pourtant, par l’étude de la Torah, ces deux réalités si disproportionnées deviennent « une seule chose, unie de tous côtés et sous tous les angles ».
C’est comme si une goutte d’eau pouvait non seulement contenir l’océan, mais aussi être contenue par lui, simultanément. Dans le monde physique, c’est impossible. Dans le monde spirituel de l’étude de la Torah, c’est exactement ce qui se passe.
La différence entre la Torah et les autres Mitsvot
Cette explication permet de comprendre pourquoi l’étude de la Torah surpasse toutes les autres Mitsvot.
Lorsque vous accomplissez une Mitsva, quelle qu’elle soit, par exemple mettre les Tefiline, allumer les bougies de Chabbat, ou donner la Tsedaka, vous accomplissez la volonté de D.ieu. En récompense, D.ieu « enveloppe » votre âme de Sa lumière, de la « tête aux pieds », c’est-à-dire du niveau le plus élevé de votre âme jusqu’au plus bas. C’est merveilleux, mais cette lumière reste « extérieure » : elle entoure l’âme comme un vêtement entoure le corps.
L’étude de la Torah, en revanche, procure cette même lumière enveloppante, mais elle fait bien plus encore : elle fait pénétrer la lumière divine à l’intérieur même de l’âme. La sagesse de D.ieu ne reste pas à l’extérieur ; elle entre dans votre intellect, elle devient partie intégrante de vous.
L’image du pain et du vêtement
Pour illustrer cette différence, l’Admour Hazakène utilise deux images : le pain et le vêtement.
Le vêtement : Un vêtement entoure le corps, le protège, l’embellit. Mais il reste extérieur au corps. Vous pouvez l’enlever, et le corps reste intact. Les Mitsvot sont comme des vêtements pour l’âme : elles l’entourent de lumière divine, mais cette lumière reste « autour » de l’âme.
Le pain : Le pain, lui, est ingéré. Il pénètre à l’intérieur du corps, il est digéré, transformé, et devient littéralement partie du corps, « chair de votre chair, sang de votre sang ». Sans nourriture, le corps ne peut pas vivre. La Torah est comme le pain de l’âme : elle pénètre à l’intérieur, elle est « digérée » par l’intellect, et elle devient partie intégrante de l’âme. Elle lui donne la vie de l’intérieur.
C’est pourquoi le verset dit : « Ta Torah est dans mes entrailles. » La Torah n’est pas seulement autour de nous ; elle est en nous.
Les conséquences au Gan Eden
L’Admour Hazakène cite le livre Ets ‘Haïm qui explique que dans le Gan Eden (le Paradis), les âmes jouissent du rayonnement de la Présence divine. Mais comment une âme finie peut-elle supporter une lumière infinie ?
Les Mitsvot accomplies durant la vie terrestre fournissent à l’âme des « vêtements » spirituels qui la protègent et lui permettent de recevoir cette lumière sans être consumée.
La Torah étudiée durant la vie terrestre, elle, devient la « nourriture » de l’âme au Gan Eden. Elle lui donne la force intérieure de jouir de la Présence divine.
Ainsi, celui qui a étudié la Torah et accompli les Mitsvot arrive au Gan Eden à la fois « vêtu » et « nourri » : protégé de l’extérieur par les Mitsvot, et fortifié de l’intérieur par la Torah.
Pourquoi la Torah est supérieure : elle combine les deux
La conclusion de l’Admour Hazakène est lumineuse : la Torah n’est pas seulement « nourriture » ; elle est aussi « vêtement ». Lorsque vous étudiez la Torah, vous vous « revêtez » d’elle par la concentration de votre esprit. Et si vous prononcez les paroles de la Torah à voix haute, votre souffle devient lui-même une sorte de « lumière englobante ».
Ainsi, la Torah procure à la fois :
1. La lumière intérieure (Or Pnimi), comme nourriture de l’âme
2. La lumière englobante (Or Makif), comme vêtement de l’âme
Les autres Mitsvot ne procurent que la lumière englobante. C’est pourquoi nos Sages ont dit que l’étude de la Torah « équivaut à toutes les autres Mitsvot combinées ». Non pas que les Mitsvot soient sans importance, bien au contraire, mais la Torah possède une qualité unique : elle unit l’âme à D.ieu à la fois de l’extérieur et de l’intérieur, créant une fusion totale et complète.
Une condition essentielle : étudier « pour elle-même »
L’Admour Hazakène précise cependant une condition importante : pour que la Torah devienne véritablement « nourriture » de l’âme, elle doit être étudiée « pour elle-même » (Lichma). Que signifie cette expression ?
Étudier la Torah « pour elle-même » signifie étudier avec l’intention de lier son âme à D.ieu par la compréhension de Sa sagesse. Ce n’est pas étudier pour obtenir des honneurs, pour gagner un débat, ou même uniquement pour savoir comment pratiquer les Mitsvot. C’est étudier parce que la Torah est la sagesse de D.ieu, et que s’unir à cette sagesse, c’est s’unir à D.ieu Lui-même.
Chaque personne peut atteindre ce niveau selon sa capacité intellectuelle propre. D.ieu ne demande pas à chacun de devenir un grand érudit. Il demande à chacun d’étudier avec sincérité, avec concentration, avec le désir de se rapprocher de Lui, chacun selon ses moyens.
Conclusion : la grandeur accessible à tous
Le message de ce chapitre est à la fois profond et encourageant. Il révèle que l’étude de la Torah n’est pas simplement une obligation religieuse parmi d’autres : c’est le moyen le plus direct et le plus complet de s’unir à D.ieu.
Cette union n’est pas réservée aux grands érudits. Chaque Juif, lorsqu’il étudie une Hala’ha, un passage de ‘Houmach, une Michna, même s’il ne comprend qu’un aspect simple, accomplit quelque chose de cosmique : il unit son intellect fini à l’intellect infini du Créateur.
Et cette union n’est pas unilatérale. Ce n’est pas seulement l’homme qui « monte » vers D.ieu. C’est aussi D.ieu qui « descend » vers l’homme, Se revêtant dans sa pensée, devenant « un » avec lui. C’est l’étreinte royale décrite au chapitre précédent : le Roi des rois qui embrasse l’homme, et l’homme qui embrasse le Roi.
Telle est la grandeur infinie de l’étude de la Torah.
Kfar Habad célèbre le 5 Tevet : récit vibrant de la victoire « Didan Natsa’h »
Une grande assemblée s’est tenue à la synagogue Beth Mena’hem de Kfar Habad pour marquer le jour lumineux du 5 Tevet, date anniversaire de la victoire « Didan Natsa’h ». Des centaines de ‘Hassidim et d’étudiants de Yechiva se sont rassemblés dans une atmosphère d’élévation spirituelle intense. Le Rav Zalman Yerouslavski, qui a vécu personnellement les événements historiques de cette victoire, a partagé ses souvenirs émouvants.
Un Farbrenguen empreint de ferveur
Dans une ambiance de grande solennité et d’élévation spirituelle, le Farbrenguen central du 5 Tevet s’est tenu à la synagogue Beth Mena’hem de Kfar Habad, rassemblant des centaines de membres de la communauté Anash et de Temimim, à l’occasion du jour lumineux du 5 Tevet, anniversaire de la victoire « Didan Natsa’h ».
Le témoignage poignant du Rav Yerouslavski
L’orateur principal était le Rav de la communauté Habad d’Elad, le Gaon Ha’Hassid Rav Zalman Yerouslavski, qui a eu le mérite de vivre personnellement les événements de « Didan Natsa’h » dans les parvis sacrés du Rabbi. Dans son allocution, il a rapporté les paroles du Rabbi et a souligné l’enseignement éternel que nous devons tirer de ce jour : le renforcement de notre attachement au Rabbi et l’intensification de la diffusion des sources de la ‘Hassidout.
L’intervention du Mara De’atra de Kfar Habad
Le Mara De’atra de Kfar Habad, le Gaon Ha’Hassid Rav Meïr Achkenazi Chlita, a également pris la parole. Il a développé la dimension profonde du jour du 5 Tevet : la victoire des livres et la signification spirituelle de « Didan Dé-Hassefarim Natsa’h » (la victoire qui est la nôtre, celle des livres) dans la vie quotidienne du ‘Hassid.
Récit des audiences au tribunal
Le Rav ‘Hassid Israël Brod, qui était présent aux audiences du tribunal lors du procès historique, a partagé avec l’assemblée des détails historiques sur le déroulement des débats judiciaires, illustrant ainsi la grandeur du miracle et de la victoire.
Remerciements et souvenirs de l’époque
Le Gabaï spirituel de la synagogue, le Rav Moché Horovitz, a adressé des paroles de remerciement et de reconnaissance aux Gabaïm de la synagogue : le Rav Binyamin Ravkin, le Rav Yossef Abouhav et le Rav Avraham Acher, pour l’organisation de ce Farbrenguen élevé.
Dans un ajout particulier, le Rav Horovitz a relaté la manière dont la nouvelle de la victoire est parvenue à Kfar Habad, les célébrations qui se sont déroulées au « 770 » de Kfar Habad, ainsi que la période du procès et ses répercussions, notamment la construction du bâtiment 770 à Kfar Habad.
Une nuit de chants et d’inspiration
Les mélodies et l’atmosphère ‘hassidique ont été conduites par le Rav Mendi Koenig, et le Farbrenguen s’est prolongé dans une grande effervescence jusqu’à l’aube.
