Hanouka au cœur de l’Europe : la Ménorah illumine le Parlement de Strasbourg

Hanouka au cœur de l’Europe : la Ménorah illumine le Parlement de Strasbourg

Pour la 22ᵉ année consécutive, la cérémonie EuroChanukah a rassemblé les plus hautes instances européennes autour du symbole universel de la lumière. En présence de la présidente Roberta Metsola, de commissaires européens et d’ambassadeurs, l’allumage de la Ménorah a pris cette année une dimension particulièrement poignante, quelques jours après l’attentat antisémite de Sydney.

 

 

 

Une cérémonie placée sous le signe de l’unité et de la clarté morale

C’est dans l’enceinte prestigieuse du Parlement européen à Strasbourg que s’est déroulée, la semaine dernière, la cérémonie annuelle EuroChanukah 2025. Un moment de lumière, d’unité et de clarté morale qui a réuni les plus hauts représentants des institutions européennes.

Organisée par le Rav Lévi Matusof de Paris et le Rav Mendel Samama de Strasbourg, et accueillie par la députée européenne Céline Imart, cette célébration s’est inscrite dans l’enseignement du Rabbi de Loubavitch : » les ténèbres ne se combattent pas par la force, mais par l’éducation, en éclairant les esprits et les cœurs ».

Un parterre exceptionnel de personnalités européennes et internationales

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a présidé la cérémonie aux côtés de plusieurs commissaires européens : Magnus Brunner (Migration), Oliver Várhelyi (Santé et bien-être animal), Apostolos Tzitzikostas (Transport) et Dubravka Suica (Méditerranée). Des parlementaires européens représentant les 27 États membres de l’Union ont également participé à cet événement d’envergure.

La dimension internationale de la cérémonie s’est illustrée par la présence de nombreux ambassadeurs : S.E. Avi Nir-Feldklein, ambassadeur d’Israël auprès de l’UE, S.E. Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, S.E. Andrew F. Puzder, ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, et S.E. Angus Campbell, ambassadeur d’Australie auprès de l’UE.

L’événement a été organisé en partenariat avec ELNET et Shannon Seban, directrice européenne du Combat Antisemitism Movement.

Une minute de silence et un message fort face à l’antisémitisme

Cette édition 2025 a revêtu une signification particulière. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes de l’attentat terroriste antisémite survenu à Sydney. Un moment de recueillement suivi d’un message puissant du Rav Mendel Azimov, président de Beth Loubavitch – Paris Île-de-France.

«Notre engagement commun est de répondre à la haine en ajoutant de la lumière – par l’éducation, la responsabilité et la solidarité», a-t-il déclaré, réaffirmant les valeurs fondamentales qui animent la communauté Habad-Loubavitch.

Une Ménorah offerte à la présidente Roberta Metsola

Moment fort de la cérémonie, le Rav Lévi Matusof a remis une Ménorah de Hanouka à la présidente Roberta Metsola, saluant ses paroles et ses actions dans les moments les plus difficiles.

«Vous avez fait preuve de courage, d’audace et de détermination, vous tenant fermement aux côtés du peuple juif et d’Israël, quand la clarté morale comptait le plus», a souligné le Rav Matusof. « Cette Ménorah peut sembler simple sur le plan matériel, mais sa signification est inestimable – un symbole du leadership qui, tel un allumeur de lampes, apporte la lumière à cette Maison, à l’Europe et au-delà. »

22 années de lumière au cœur des institutions européennes

Depuis plus de 22 ans sans interruption, la Ménorah de Hanouka est allumée au sein du Parlement européen. Un symbole puissant affirmant que la liberté de religion, la dignité humaine et l’espoir ont leur place au cœur même de l’Europe.

« Cette lumière ne s’éteindra jamais », a proclamé la présidente Metsola dans un discours particulièrement émouvant.

Face aux ténèbres, le message demeure clair et inébranlable : toujours plus d’éducation, toujours plus de responsabilité, toujours plus de lumière.

 

 

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Dimanche 21 décembre – (N.Y. 19h00 – Paris 1h00 – Jerusalem minuit)  : Veillée Live mondiale pour honorer les victimes de l’attentat de Sydney

Dimanche 21 décembre – (N.Y. 19h00 – Paris 1h00 – Jerusalem minuit) : Veillée Live mondiale pour honorer les victimes de l’attentat de Sydney

Une semaine après l’attaque terroriste qui a coûté la vie à seize personnes sur la plage de Bondi à Sydney, les dirigeants spirituels et politiques australiens se mobilisent pour un rassemblement en ligne exceptionnel. L’événement « Light For Bondi » réunira survivants, responsables communautaires et personnalités publiques dans un moment de recueillement et d’inspiration. Cette veillée mondiale sera diffusée ce dimanche à 1h00 du matin (heure de Paris).

 

 

Un hommage aux victimes de l’attentat du 14 décembre

Le 14 décembre 2025, jour de la première bougie de ‘Hanouka, la plage de Bondi Beach à Sydney était le théâtre d’un attentat terroriste d’une violence inouïe. Alors que près d’un millier de personnes s’étaient rassemblées pour célébrer la fête des Lumières lors de l’événement annuel « Chanukah by the Sea » organisé par le Habad de Bondi, deux terroristes affiliés à l’État islamique ont ouvert le feu sur la foule, faisant seize morts et une quarantaine de blessés.

Parmi les victimes figuraient Rav Eli Schlanger, organisateur principal de l’événement et Rav adjoint au Habad de Bondi, une fillette de 10 ans, Alex Kleytman, un survivant de la Shoah âgé de 87 ans, ainsi que Dan Elkayam, un ressortissant français de 27 ans. Cette tragédie, qualifiée d’« acte terroriste antisémite » par les autorités australiennes, constitue la fusillade la plus meurtrière en Australie depuis le massacre de Port Arthur en 1996.

Des voix d’espérance face aux ténèbres

L’événement « Light For Bondi » rassemblera des personnalités de premier plan de la communauté juive australienne et du monde politique. Rav Pin’has Feldman, émissaire du Rabbi de Loubavitch en Nouvelle-Galles du Sud depuis plus de soixante ans, prendra la parole aux côtés de Steve Kamper, ministre du Multiculturalisme et député du Parti travailliste australien.

Rav Mi’hoel Gourarie, directeur de BINA, ainsi que Frouma Schapiro, Chli’ha de la banlieue nord de Sydney, partageront également leurs messages d’espoir. Rav Yehoram Ulman, directeur du Habad de Bondi et membre éminent du Beth Din de Sydney, apportera un témoignage particulièrement poignant. Il est également le beau-père du regretté Rav Eli Schlanger, tombé sous les balles des terroristes.

Le héros de Hatzalah témoignera depuis son lit d’hôpital

Moment fort de cette veillée : Yaakov Super, volontaire de Hatzalah devenu un symbole de courage, conduira la récitation des Tehilim (Psaumes) depuis son lit d’hôpital. Blessé alors qu’il portait secours aux victimes de l’attentat, cet homme incarne l’esprit de dévouement et de solidarité qui anime la communauté juive de Sydney.

Son intervention rappellera également l’acte héroïque d’Ahmed al-Ahmed, ce commerçant musulman d’origine syrienne qui a neutralisé l’un des terroristes à mains nues, recevant deux balles dans la lutte. Ces gestes de bravoure ont permis de sauver de nombreuses vies et témoignent de l’unité possible entre les communautés face à la haine.

Une mobilisation internationale

L’attentat de Bondi Beach a provoqué une onde de choc à travers le monde. Le Premier ministre australien Anthony Albanese a décrété une journée de deuil national, tandis que le roi Charles III s’est dit « horrifié par cette effroyable attaque terroriste antisémite ». En France, le ministre de l’Intérieur a ordonné un renforcement de la sécurité autour des lieux de culte juifs.

La veillée « Light For Bondi » s’inscrit dans cette mobilisation internationale. Elle offre à chacun, où qu’il se trouve, la possibilité d’exprimer sa solidarité avec la communauté juive de Sydney et de puiser de l’inspiration dans la foi des survivants face à l’indicible.

Informations pratiques

L’événement sera diffusé en direct ce dimanche 21 décembre à 19h00 (heure de New York), soit lundi 22 décembre à 11h00 (heure de Sydney). Pour participer, rendez-vous sur Chabad.org/Light.

Dans la tradition de ‘Hanouka, cette veillée rappelle que la lumière triomphe toujours des ténèbres. Comme l’a écrit le roi Charles III dans son message de condoléances : « La lumière au cœur de la fête de ‘Hanouka triomphera toujours des ténèbres. »

 

Cinquième bougie de Hanouccah : illumination festive Place du Maréchal Juin à Paris

Cinquième bougie de Hanouccah : illumination festive Place du Maréchal Juin à Paris

 

Hier soir, jeudi, le Beth Loubavitch de Paris a organisé un allumage public de la cinquième bougie de Hanouccah sur la Place du Maréchal Juin. La cérémonie, qui s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse, a rassemblé de nombreux membres de la communauté juive parisienne. L’événement s’est conclu par des danses festives célébrant la fête des Lumières.

 

 

Une tradition ancrée dans le cœur de Paris

La Place du Maréchal Juin, située dans le prestigieux 17ème arrondissement de la capitale, s’est transformée hier soir en un lieu de célébration et de partage. Fidèle à sa mission de diffusion des valeurs du judaïsme, le Beth Loubavitch a une nouvelle fois répondu présent pour marquer cette cinquième soirée de Hanouccah par un allumage public de la Ménorah.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des enseignements du Rabbi de Loubavitch, qui encourageait l’organisation d’allumages publics afin de « publier le miracle » de Hanouccah et de partager la lumière de cette fête avec le plus grand nombre.

Une soirée placée sous le signe de la joie

L’allumage de la cinquième bougie a constitué le point d’orgue de cette soirée hivernale. Dans le froid parisien, la flamme de la Ménorah a apporté chaleur et espoir aux participants venus nombreux pour l’occasion.

Après la cérémonie d’allumage, accompagnée des bénédictions traditionnelles, l’assemblée s’est laissée emporter par des danses festives. Ces moments de joie collective rappellent l’essence même de Hanouccah : célébrer la victoire de la lumière sur l’obscurité et de la foi sur l’oppression.

Le Beth Loubavitch, acteur majeur de la vie juive parisienne

Depuis des décennies, le Beth Loubavitch de Paris œuvre inlassablement pour renforcer l’identité juive et créer des moments de rassemblement communautaire. Les allumages publics de Hanouccah, organisés dans différents lieux emblématiques de la capitale, témoignent de cet engagement constant.

Alors que la fête des Lumières se poursuit, d’autres célébrations sont prévues dans les prochains jours, permettant à chacun de participer à cette tradition millénaire qui illumine les nuits d’hiver.

 

 

La cinquième bougie : une prophétie lumineuse du Rabbi à travers les décennies

La cinquième bougie : une prophétie lumineuse du Rabbi à travers les décennies

 

Ce récit extraordinaire relate les rencontres successives entre un rescapé de la Shoah et le Rabbi de Loubavitch, s’échelonnant sur plus de cinquante ans. À travers ces audiences providentielles, un même enseignement mystique sur la cinquième bougie de ‘Hanouka se répète comme un leitmotiv prophétique. Une histoire vraie où la lumière triomphe des ténèbres les plus profondes.

 

 

 

L’orphelin de Lodz et le grand mariage de Varsovie

Mon père, Rav Avraham Tsvi Grunwald de mémoire bénie, naquit à Lodz, en Pologne. À l’âge de huit ans, il perdit son père. Sa mère demeura veuve avec sept jeunes orphelins à charge. Très préoccupée par l’éducation de son fils aîné, elle le confia aux bons soins de Rav Mena’hem Zemba, que son sang soit vengé, son cousin, réputé pour son génie exceptionnel. Celui-ci éleva mon père comme son propre fils et veilla avec une attention particulière à son éducation.

Lorsque le mariage du futur Rabbi de Loubavitch avec la fille du Rabbi précédent fut célébré à Varsovie, le 14 Kislev 1928, ce fut un événement considérable auquel participèrent les grands ‘Hassidim de Pologne. Mon père, alors âgé de dix-sept ans, eut le mérite d’accompagner son éducateur, Rav Mena’hem Zemba, à cette sainte cérémonie. Il eut même le privilège de rencontrer le marié en personne.

Le lendemain des noces, Rav Mena’hem Zemba et mon père se rendirent à l’hôtel pour saluer le jeune époux. Mon père fut profondément impressionné par l’échange d’étude qui s’engagea entre Rav Mena’hem Zemba et le Rabbi. Ce dernier y démontra une maîtrise extraordinaire de l’ensemble du Talmud. Mon père ne conserva pas le souvenir de toute la conversation.

Cependant, une chose resta gravée dans sa mémoire : les paroles que prononça le marié avant qu’ils ne se séparent. « ‘Hanouka approche dans quelques jours, dit-il. La cinquième bougie de ‘Hanouka symbolise le paroxysme de l’obscurité, car elle ne tombe jamais un Chabbat. Or, la bougie de ‘Hanouka possède le pouvoir d’éclairer même les ténèbres les plus profondes. Telle est la mission de chaque Juif, où qu’il se trouve, à Varsovie comme à Londres : illuminer même l’endroit le plus sombre. »

Rav Mena’hem Zemba fut tellement impressionné par le gendre du Rabbi de Loubavitch que, durant de nombreux jours, il ne cessa d’en parler, tant chez lui qu’avec tous ses interlocuteurs.

Vingt ans plus tard : retrouvailles à New York

Près de vingt années s’écoulèrent. Mon père traversa entre-temps la Shoah avec toutes ses horreurs. Il perdit toute sa famille : son épouse et ses enfants furent massacrés sous ses yeux. Ses frères et sœurs périrent également dans la tourmente. Par la grâce de D.ieu, il survécut, tison arraché aux flammes, mais il était brisé et abattu.

En 1948, mon père se rendit à Philadelphie, aux États-Unis, où son oncle, Rabbi Moché ‘Haïm Grunwald, ‘Hassid d’Amshinov, l’accueillit chaleureusement. Avec l’aide de son oncle et du Rabbi d’Amshinov de mémoire bénie, il commença progressivement à revivre. Par la grâce divine, il épousa ma mère, native de Cracovie, fille de Rav Zoucha Sinkiewicz, que son sang soit vengé, l’un des éminents ‘Hassidim d’Alexander. Elle aussi avait survécu à la terrible Shoah avec sa sœur, cachées de pays en pays jusqu’à leur arrivée au Canada, où elles furent élevées dans la maison du généreux ‘Hassid Rav Kopel Schwartz, l’un des Juifs les plus importants de Toronto, oncle de leur mère.

Avant le mariage de mon père avec ma mère, celui-ci accepta la demande de son oncle Rav Kopel Schwartz de l’accompagner à New York pour rencontrer le Rabbi précédent. Rav Kopel raconta au Rabbi précédent que mon père avait perdu sa famille dans la Shoah. Des larmes d’empathie coulèrent des yeux du Rabbi. Après avoir béni mon père pour qu’il construise un foyer éternel et lui avoir souhaité une longue vie remplie de bonnes années, mon père mentionna qu’il avait eu le mérite d’assister au grand mariage de Varsovie. Le Rabbi précédent suggéra alors que, puisque mon père avait participé au mariage de son gendre et que celui-ci se trouvait sur place, il serait opportun d’aller le saluer.

Rav Kopel et mon père descendirent au bureau du « Ramash », le gendre du Rabbi précédent. Ils lui annoncèrent qu’ils venaient sur instruction du Rabbi précédent. À leur grande surprise, le Ramash reconnut immédiatement mon père et s’enquit des événements concernant Rav Mena’hem Zemba durant ses derniers jours.

À la fin de la conversation, le Ramash dit à mon père : « Puisque le Rabbi vous a envoyé vers moi, je dois vous transmettre une parole de Torah. Nous sommes dans le mois de Kislev, à l’approche de ‘Hanouka. La plupart des ‘Hassidim ont la coutume de célébrer particulièrement le cinquième soir. Pourquoi ? Parce que la cinquième bougie ne tombera jamais un Chabbat. Elle symbolise donc le paroxysme de l’obscurité. Or, la bougie de ‘Hanouka possède le pouvoir d’éclairer même les ténèbres les plus profondes. La mission de chaque Juif, où qu’il se trouve, à New York comme à Londres, est d’illuminer même l’endroit le plus sombre. »

Mon père fut stupéfait d’entendre exactement les mêmes paroles qu’il avait recueillies de la bouche du Ramash vingt ans plus tôt, à Varsovie.

Quarante ans après : la rencontre décisive

Mon père épousa ma mère. Après leur union, il servit comme Rav et enseignant dans la communauté « Adat Israel » à Washington Heights, où naquirent un fils et une fille : ma sœur et moi-même. Cinq ans plus tard, il s’installa à Toronto où il exerça comme Rav et enseignant au sein de la communauté orthodoxe. Au fil du temps, il se rapprocha des ‘Hassidim de Satmar. Cependant, jamais, à D.ieu ne plaise, il ne parla contre le Rabbi de Loubavitch. Au contraire, il évoquait toujours sa personne avec admiration et respect, et nous transmit cette même vénération.

Avant mon mariage, à l’hiver 1969, mon père souhaita que je reçoive la bénédiction du Rabbi de Loubavitch. Nous nous rendîmes donc chez le Rabbi, très tard dans la nuit. Ce fut ma première rencontre face à face avec le Rabbi. Sa personnalité fit sur moi une impression extraordinaire.

Mon père tendit au Rabbi le papier portant mon nom et celui de ma fiancée, sollicitant une bénédiction pour la construction d’un foyer éternel. Le Rabbi prit le papier des mains de mon père et dit avec un sourire : « Après plus de vingt ans, il était vraiment temps, d’autant plus que mon beau-père vous a envoyé vers moi… »

Mon père, très ému, ne put réagir. Le secrétaire frappa à la porte pour nous presser de sortir, mais le Rabbi nous fit signe de rester. Après avoir ouvert le papier et l’avoir examiné, il nous bénit, ma fiancée et moi, pour la construction d’un foyer éternel, et accorda à mon père sa bénédiction pour une longue vie et de bonnes années. Puis il ajouta : « De même que vous vous êtes réjoui à mon mariage, que D.ieu vous aide à vous réjouir au mariage de votre petit-fils. » Mon père pleura d’émotion, et moi aussi je fus profondément bouleversé.

Avant notre départ, mon père s’adressa au Rabbi avec crainte et amour. Il lui confia qu’une question le tourmentait et demanda s’il était possible de la poser. Le Rabbi sourit et répondit que, puisque le Rabbi précédent l’avait envoyé vers lui, il se devait de répondre à sa question. Le secrétaire frappa à nouveau à la porte, mais le Rabbi invita mon père à poursuivre.

Mon père expliqua alors au Rabbi que, vivant parmi les ‘Hassidim de Satmar, il entendait constamment des arguments contre la méthode de Loubavitch. Bien qu’il n’acceptât pas la médisance, ces critiques avaient soulevé en lui une interrogation concernant l’approche de Loubavitch vis-à-vis des Juifs éloignés. « N’est-il pas écrit explicitement : « Ceux qui Te haïssent, Éternel, je les haïrai » ? » Mon père s’excusa pour sa question et affirma qu’il souhaitait simplement comprendre la méthode du Rabbi afin de savoir quoi répondre aux autres.

Le Rabbi lui répondit par une question : « Que ferait un homme zélé habitant près de chez vous si, à D.ieu ne plaise, sa fille quittait le droit chemin ? Même alors, invoquerait-il « Ceux qui Te haïssent, Éternel, je les haïrai » pour s’éloigner de sa fille sans tenter de la ramener sur le bon chemin ? » Assurément, ce zélé répondrait que, concernant sa fille, il est écrit : « De ta propre chair, ne te détourne pas. »

Le visage du Rabbi devint grave. Il ferma les yeux, frappa sur la table et déclara : « Chaque Juif est précieux pour le Saint, béni soit-Il, comme un fils unique. Pour mon beau-père le Rabbi, chaque Juif est comme « sa propre chair » dont on ne peut se détourner ! »

Puis il nous regarda, mon père et moi, et conclut en ces termes : « On termine par une bénédiction. Comme chacun le sait, tous les ‘Hassidim ont l’habitude de célébrer la cinquième bougie de ‘Hanouka. Car la cinquième bougie de ‘Hanouka ne peut jamais tomber un Chabbat. Elle symbolise donc le paroxysme de l’obscurité. Or, la bougie de ‘Hanouka possède le pouvoir d’éclairer même les ténèbres les plus profondes. La mission de chaque Juif est d’illuminer même l’endroit le plus sombre, à Toronto, à Londres ou n’importe où ailleurs. Chaque Juif est une parcelle divine venue d’en haut, littéralement. Il est le fils unique du Saint, béni soit-Il. Et lorsqu’on allume son âme avec la lumière de la sainteté, même un Juif qui se trouve dans l’obscurité la plus profonde de l’exil se réveille. »

Mon père était stupéfait et ne put réagir. Sur le chemin du retour vers Toronto, il ne prononça que deux mots, inlassablement répétés : « Merveille des merveilles ! »

Dix ans plus tard : le miracle de Londres

Mon jeune frère se maria en 1979 à Londres. Toute ma famille, mon père et ma mère, ma sœur et mon beau-frère, ainsi que moi-même, nous rendîmes au mariage. Tout au long du voyage, mon père semblait préoccupé par quelque chose qui le tourmentait. Je lui demandai à plusieurs reprises la raison de sa peine, mais il refusa de me la confier. Finalement, il accepta de parler.

Il me raconta que quelques minutes avant de quitter la maison à Toronto, leur voisin, l’un des notables de la communauté, était venu le voir. L’homme avait pleuré à chaudes larmes, lui confiant en dernier recours un secret douloureux : sa fille avait quitté le droit chemin. Deux semaines plus tôt, ils avaient découvert qu’elle s’était enfuie avec un non-juif à Londres. Depuis lors, toute la famille était plongée dans une tristesse et des pleurs terribles. Toutes leurs tentatives pour localiser leur fille avaient échoué. Le père implorait mon père : puisqu’il se rendait à Londres, peut-être pourrait-il entreprendre quelque chose pour retrouver sa fille et la ramener à ses parents et au judaïsme.

Mon père, qui entretenait une amitié avec ce voisin, et moi-même, nous fûmes profondément émus par cette histoire. Nous décidâmes d’agir pour sauver cette jeune fille.

Le lendemain du mariage, lors de la première nuit des Chéva Brakhot, mon père raconta au beau-père ce qui était arrivé avec la fille du voisin et lui demanda conseil. Le beau-père lui répondit qu’il n’en avait aucune idée, mais qu’il connaissait un ami, ‘Hassid Habad, Rav Avraham Its’hak Glick, à qui le Rabbi avait confié des missions de ce genre et qui avait réussi à sauver de nombreuses âmes juives de l’assimilation.

Le beau-père s’empressa de téléphoner à Rav Glick et lui relata l’histoire de la jeune fille disparue, soulignant l’urgence de la situation. Rav Glick demanda le numéro de téléphone des parents à Toronto pour obtenir davantage d’informations, et promit de faire tout son possible pour aider.

L’objet perdu est retrouvé

Mon père et ma mère décidèrent de rester à Londres jusqu’après la fête de ‘Hanouka. Une nuit, environ dix jours plus tard, Rav Glick téléphona au beau-père et lui demanda de venir le voir de toute urgence. Le beau-père et mon père se hâtèrent vers la maison de Rav Glick.

Lorsqu’ils entrèrent, ils découvrirent une jeune fille assise devant la ‘Hanoukia dans le salon, pleurant à chaudes larmes. Mon père regarda la ‘Hanoukia et vit les cinq bougies allumées. Il n’en croyait pas ses yeux.

Il se souvint alors de la phrase récurrente du Rabbi, prononcée cinquante ans plus tôt, puis trente ans auparavant, et encore dix ans avant ce jour : « La cinquième bougie de ‘Hanouka symbolise le pouvoir de la ‘Hanoukia d’éclairer même le paroxysme de l’obscurité. La mission de chaque Juif est d’illuminer même l’endroit le plus sombre, à Varsovie, à Londres, à New York… Que ferait un zélé si sa fille se perdait ? Pour le Saint, béni soit-Il, chaque Juif est comme un fils unique… Pour mon beau-père le Rabbi, chaque Juif est une partie de sa propre chair dont il ne peut se détourner. »

Finalement, la jeune fille retourna auprès de ses parents et, bien entendu, revint à la pratique religieuse.

L’ultime audience et la prophétie accomplie

Lorsque mon père revint au Canada, il ressentit le besoin impérieux de rencontrer le Rabbi de Loubavitch. À cette époque, il était très difficile d’obtenir une audience privée. Ce n’est qu’en Tichri 1980, après de nombreux efforts, que mon père réussit à entrer chez le Rabbi en Yé’hidout avec un groupe de visiteurs venus pour les fêtes.

Mon père, submergé par l’émotion, ne parvenait pas à prononcer un mot. Finalement, il raconta en phrases entrecoupées ce qui était arrivé avec la jeune fille, tout en pleurant. Le Rabbi écouta attentivement, puis répondit simplement : « Mon beau-père avait une vision qui portait loin… »

Mon père ne cessa jamais de raconter cette histoire émouvante. À chaque fois, il soulignait que, plus encore que le miracle du Rabbi, c’était son humilité qui l’impressionnait. Car le Rabbi attribuait tout au Rabbi précédent, son beau-père, affirmant que c’était lui qui voyait loin.

Et voici un miracle supplémentaire dans cette chaîne de prodiges : le 14 Kislev 1989, au terme des Chéva Brakhot du mariage de ma fille aînée, rappelons que le Rabbi avait béni mon père pour qu’il se réjouisse au mariage de son petit-fils, soixante ans jour pour jour après le grand mariage du Rabbi à Varsovie, mon père rendit son âme aux cieux.

Le maire de New York et la plus grande Menorah du monde

Le maire de New York et la plus grande Menorah du monde

 

Le Rav Chemouel Butman, directeur historique de l’Organisation de la Jeunesse Loubavitch à New York, révèle les coulisses de la création de la plus grande Menorah du monde sur la Cinquième Avenue. Entre négociations politiques délicates, défis juridiques et intervention du Rabbi, cette aventure témoigne de la force du message de ‘Hanouka porté jusqu’au cœur de Manhattan. Un récit inédit qui éclaire quarante années d’une tradition devenue emblématique.

 

 

Le Rav Chemouel Butman fut le directeur de longue date de l’Organisation de la Jeunesse Loubavitch à New York jusqu’à son décès en juillet 2024. Il a été interviewé par JEM en décembre 2011 et janvier 2012.

Les débuts sur la Cinquième Avenue

En 1977, je travaillais à l’Organisation de la Jeunesse Loubavitch, qui supervise les activités de diffusion du judaïsme de Habad dans la région de New York, depuis un peu plus de dix ans.

À cette époque, quelques villes américaines avaient commencé à organiser des allumages publics de Menorah pour ‘Hanouka, et nous avons estimé que New York méritait d’avoir le sien également. Ainsi, cette année-là, le maire Abraham Beame nous a accordé l’autorisation d’installer une Menorah publique sur la Cinquième Avenue à Manhattan.

Des voix se sont rapidement élevées pour protester : « Si les Loubavitch veulent installer une Menorah, qu’ils le fassent sur Eastern Parkway ! »

Mais comme Abraham Beame aimait à plaisanter, étant donné que ni lui ni moi n’étions très grands : « Le Rav Butman et moi voyons les choses du même œil. » C’était un Juif si chaleureux qu’il est même venu allumer la Menorah lui-même. Une nuit, cette première année, après l’allumage, l’épouse du Rabbi, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, est venue voir la Menorah de ses propres yeux.

Une tradition adoptée par tous les maires

Depuis lors, chaque maire de New York a participé à l’allumage de la Menorah, accompagné de nombreux gouverneurs, sénateurs et autres dignitaires. Si le maire était juif, il allumait l’ensemble de la Menorah ; dans le cas contraire, il allumait le Chamach, la flamme centrale à partir de laquelle toutes les autres bougies sont allumées.

Plus tard, lorsque des protestations se sont élevées contre la participation de représentants du gouvernement à ces cérémonies religieuses, le Rabbi a fait remarquer la présence du procureur général de l’État, Robert Abrams, lors de l’allumage : si le procureur général, garant de la loi et de l’ordre à New York, avait lui-même allumé la Menorah, c’est qu’il considérait manifestement que cela ne posait aucun problème juridique !

La sagesse politique du Rabbi

De manière générale, le Rabbi se tenait à l’écart de la politique, et son secrétaire, le Rav Hodakov, nous avait recommandé de veiller à ne pas inviter de politiciens qui n’occupaient pas de fonction officielle.

Comme il l’expliquait : « Si vous invitez quelqu’un qui occupe une fonction, vous honorez la fonction, pas l’individu. »

En revanche, si vous honorez une personne candidate à la mairie ou au poste de contrôleur municipal, vous ne pouvez pas prétendre honorer la fonction, puisqu’elle ne l’occupe pas encore. Vous honorez alors le politicien et vous prenez parti en vous associant à lui plutôt qu’à son adversaire. Au fil des années, il n’a pas toujours été facile de garder nos distances avec les politiciens en campagne, car j’en connaissais certains personnellement, et parfois ils demandaient à apparaître lors de l’allumage.

Le conflit avec le commissaire des parcs

Une année, le commissaire des Parcs, qui n’était pas particulièrement favorable aux Juifs, c’est le moins que l’on puisse dire, a appelé le maire de l’époque, Ed Koch. « Pourquoi ont-ils besoin de la Cinquième Avenue chaque année ? » se plaignait-il.

Lorsque Koch a accepté de soutenir son commissaire pour nous faire déplacer, nous avons commencé à planifier une campagne contre le maire. Nous allions nous adresser à la presse et argumenter que les Juifs ne devraient pas avoir à errer d’un endroit à l’autre. Mais d’abord, nous avons consulté le Rabbi.

« Ne savez-vous pas, répondit le Rabbi, qu’on ne part pas en guerre contre Koch ? »

À ce stade, la seule chose qui nous restait à faire était de rencontrer le commissaire des Parcs. Je me suis donc rendu à son bureau en compagnie du Rav Dovid Raskin, et après une longue conversation, il a concédé que nous pourrions revenir : « Mais pour une année, vous devez partir. » Au lieu de la Cinquième Avenue, il nous a attribué un emplacement à proximité, sur la 59e Rue, pour cette année-là. L’année suivante, il a été renvoyé, et nous sommes retournés à notre emplacement d’origine. Grâce au conseil du Rabbi, nous avons continué à entretenir d’excellentes relations avec le maire Koch. Il pouvait se montrer très serviable et coopératif sur certaines questions, mais une fois qu’il avait pris une décision, rien ne pouvait le faire changer d’avis.

Le soutien inattendu du maire Koch à Saint-Louis

Quelque temps après, lorsque Habad de Saint-Louis, dans le Missouri, faisait la promotion de son allumage public de Menorah, une forte opposition s’est manifestée de la part des dirigeants de la communauté juive locale, et la Fédération s’est retrouvée divisée sur la question.

À un moment donné, Ed Koch est venu prendre la parole pour l’Appel juif unifié de Saint-Louis, et pendant la séance de questions-réponses, une femme lui a demandé de se prononcer sur la controverse : « Comme vous le savez, Monsieur le Maire, certains d’entre nous ne sont pas satisfaits de l’autorisation d’un allumage public de Menorah », dit-elle.

« Qu’y a-t-il de mal à un allumage public ? » demanda Koch, sous les applaudissements de l’assistance. « Dans ma ville, nous avons la plus grande Menorah du monde, et c’est moi qui l’ai allumée ! »

La création artistique de Yaakov Agam

Dans les années 1980, nous avons contacté Yaakov Agam, l’un des artistes juifs vivants les plus célèbres, pour qu’il conçoive sa propre version de la Menorah. Après y avoir travaillé pendant un certain temps, il nous a envoyé une maquette miniature de sa Menorah qui, à taille réelle, serait la plus grande du monde. « Est-ce que cela peut fonctionner ? » voulait-il savoir.

Or, en un sens, le Rabbi a révolutionné l’aspect moderne de la Menorah. Avant les années 1980, les branches de toute Menorah étaient presque toujours semi-circulaires. C’est le Rabbi qui a fait remarquer que dans la représentation de la Menorah du Temple par Maïmonide, que l’on trouve dans son ouvrage halakhique Michné Torah, les branches sont en réalité droites. De plus, le commentateur biblique Rachi soutenait également que les branches de la Menorah étaient « bé’alakhsone », ce qui signifie qu’elles s’étendaient en ligne oblique.

La Menorah de Yaakov Agam était très belle, et les branches étaient inclinées, mais elle ne ressemblait pas exactement à la Menorah du Temple, qui possédait une branche centrale distincte, de sorte que nous n’étions pas certains que cela conviendrait. Nous avons envoyé la maquette au Rabbi, et après qu’elle fut restée sur son bureau pendant trois jours, nous avons reçu une réponse :

« Vous devez lui donner la possibilité de faire sa propre interprétation de la Menorah », dit le Rabbi. Après tout, si nous avions simplement une Menorah identique à celle du Temple, où verrait-on le design artistique d’Agam ? De cette façon, nous pouvions avoir une Menorah inspirée de la description de Maïmonide, ainsi que de la touche personnelle de Yaakov Agam.

La rencontre entre le Rabbi et l’artiste

Par la suite, lorsqu’Agam est venu rencontrer le Rabbi un dimanche, alors que celui-ci distribuait des dollars pour la Tsedaka, le Rabbi l’a personnellement remercié pour son design. Chaque fois qu’Agam se trouve à New York pendant ‘Hanouka, il est fier de venir allumer sa Menorah, et les autres années, c’est son fils qui l’allume à sa place.

L’incident de la Menorah disparue

La Menorah est devenue une véritable attraction. Une année, un Juif de Chicago en visite à New York a convaincu sa famille de l’accompagner pour voir la plus grande Menorah du monde.

Cette année-là, le dernier jour de la fête tombait un mercredi. Nous avions procédé à un allumage public le mardi soir, puis, parce que le Rabbi nous avait dit un jour d’allumer également la Menorah le matin, nous l’avions rallumée à 7h00. Mais plus tard dans la matinée, par erreur, la grue que nous avions commandée pour démonter la Menorah le jeudi est arrivée un jour plus tôt. Ainsi, lorsque cette famille est partie de son hôtel dans l’après-midi pour se rendre sur la Cinquième Avenue, à sa grande surprise, il n’y avait plus de Menorah.

Cet homme avait promis à son épouse qu’ils verraient la plus grande Menorah du monde, et voilà qu’il se retrouvait ridicule. Frustré, il est retourné à son hôtel et a rédigé une lettre au Rabbi : « Cher Rav Schneerson, je suis venu voir votre Menorah, mais elle n’était pas là ! »

Le Rabbi nous a ensuite transmis cette lettre, accompagnée d’un grand point d’interrogation. Nous avons donc écrit à cet homme une très belle lettre, ainsi qu’une copie au Rabbi, qui l’a approuvée, le remerciant d’avoir porté cette erreur à notre attention et nous engageant, à l’avenir, à ce que la Menorah reste en place pendant toute la durée de ‘Hanouka.

Habad à Kiev : Le chef des renseignements militaires ukrainiens allume la troisième bougie de ‘Hanouka

Habad à Kiev : Le chef des renseignements militaires ukrainiens allume la troisième bougie de ‘Hanouka

En pleine guerre en Ukraine et au lendemain du massacre de Sydney, de hauts responsables ukrainiens, des diplomates et des dirigeants de la communauté juive se sont réunis à Kiev pour l’allumage de la troisième bougie de ‘Hanouka. Une cérémonie porteuse d’un message puissant d’unité, de résilience et de lumière face à la terreur et à la haine. L’ambassadeur d’Australie, présent à la suite de l’attaque antisémite de Sydney, a transmis un message du Premier ministre australien affirmant que la terreur et la haine ne triompheront jamais de la lumière de ‘Hanouka.

 

 

Une cérémonie sous haute protection en temps de guerre

Sur fond de guerre en Ukraine et de l’horrible massacre perpétré à Sydney, en Australie, la troisième bougie de ‘Hanouka a été allumée lors d’une cérémonie organisée au JCC Beth Mena’hem de Kiev. L’événement était dirigé par le Grand Rabbin de la ville et émissaire Habad, le Rav Yonatan Markovitch, en présence de centaines de membres de la communauté juive locale.

La présence du chef des renseignements militaires ukrainiens, le général Kyrylo Boudanov, a particulièrement marqué les esprits. Malgré les défis sécuritaires considérables et les réalités de la guerre, il s’est déplacé spécialement pour exprimer sa solidarité personnelle et officielle envers la communauté juive et allumer les bougies de ‘Hanouka aux côtés de ses membres.

Qui est le général Kyrylo Boudanov ?

Né le 4 janvier 1986 à Kiev, Kyrylo Oleksiïovytch Boudanov est l’une des figures les plus emblématiques de la défense ukrainienne. Diplômé de l’Académie militaire d’Odessa en 2007, il gravit rapidement les échelons pour devenir, le 5 août 2020, directeur du renseignement militaire ukrainien, un poste qu’il occupe avec le grade de lieutenant général depuis 2023.

Sa carrière est jalonnée d’opérations audacieuses. Selon un rapport du New York Times de 2024, Boudanov faisait partie d’une unité d’élite formée par la CIA, connue sous le nom d’Unité 2245. En août 2016, alors lieutenant-colonel, il aurait dirigé un raid amphibie de cinq membres des forces spéciales sur l’isthme de Perekop, en Crimée occupée, pour poser des explosifs sur un aérodrome. L’opération s’est soldée par un affrontement avec des commandos russes, au cours duquel plusieurs soldats ennemis ont été tués.

L’homme est devenu une cible prioritaire pour Moscou. Depuis 2019, il aurait survécu à une dizaine de tentatives d’assassinat orchestrées par les services russes. Le 4 avril 2019, une bombe placée sous son véhicule a explosé prématurément sans faire de victime. En août 2022, le Service de sécurité d’Ukraine a déjoué un nouveau complot visant à l’éliminer, lui ainsi que le ministre de la Défense de l’époque, Oleksiy Reznikov.

La veille de l’invasion russe du 24 février 2022, Boudanov, anticipant l’attaque imminente malgré le scepticisme de certains généraux, a mis sa famille en sécurité. Depuis lors, il vit avec ses proches dans le bâtiment du ministère où se trouve son bureau. En novembre 2023, son épouse Maria a été victime d’une tentative d’empoisonnement aux métaux lourds, notamment à l’arsenic et au mercure, dont elle a heureusement réchappé.

Les services secrets russes le tiennent pour responsable de l’attaque spectaculaire contre le pont de Crimée le 8 octobre 2022, et un mandat d’arrêt russe a été émis contre lui en avril 2023. Sa présence à la cérémonie de ‘Hanouka, malgré les risques encourus, témoigne de l’importance qu’il accorde à la solidarité avec la communauté juive ukrainienne.

Un parterre de personnalités diplomatiques et politiques

Parmi les personnalités présentes figuraient l’ancien président du Parlement ukrainien, des députés, l’ambassadeur d’Israël en Ukraine Michael Brodsky, le maire adjoint de Kiev, le président du KKL Ukraine, ainsi que des ambassadeurs et consuls des États-Unis, de l’Union européenne, d’Espagne, d’Australie et des Nations Unies.

L’Australie envoie un message fort après le massacre de Sydney

Au lendemain du massacre de Sydney, la participation de l’ambassadeur d’Australie, Paul Lehmann, a revêtu une signification particulière. L’ambassadeur s’est rendu à la cérémonie en réponse à la grave attaque antisémite survenue à Sydney et aux critiques publiques et internationales qui ont suivi, souhaitant transmettre un message clair de solidarité avec le peuple juif.

« Après ce qui s’est passé à Sydney, il m’importait d’être présent ce soir aux côtés de la communauté juive », a déclaré l’ambassadeur australien lors de la cérémonie, transmettant un message du Premier ministre australien. « Les ténèbres sont dissipées par la lumière. L’allumage des bougies de ‘Hanouka à Kiev envoie un message clair et sans équivoque. L’antisémitisme et la terreur ne nous feront pas reculer. L’Australie s’engage à protéger la liberté de religion et à se tenir aux côtés de la communauté juive. »

La lumière triomphera des ténèbres

Le Grand Rabbin de Kiev, le Rav Yonatan Markovitch, a déclaré lors de l’événement : « C’est précisément en temps de guerre, de menace et de terreur que nous allumons la lumière pour chasser les ténèbres. Comme en ces jours-là, ainsi en notre temps. Nous envoyons un message clair et sans équivoque à tous ceux qui nous haïssent et cherchent à nous nuire : la lumière finira par triompher. »

Crédit photo : JCC KievCC Kiev

 

Jérusalem : Mayanot inaugure son nouveau centre mondial, fruit d’un investissement de 20 millions de dollars

Jérusalem : Mayanot inaugure son nouveau centre mondial, fruit d’un investissement de 20 millions de dollars

Face au parc Sacher, à l’entrée de Jérusalem, des centaines de personnes se sont rassemblées pour célébrer l’inauguration du nouveau Centre Mondial Mayanot. Cet événement, tenu à la veille du 19 Kislev, marque une étape majeure pour cette institution Habad-Loubavitch qui forme depuis près de trois décennies des milliers de jeunes Juifs venus du monde entier.

 

 

Le nouveau campus, fruit d’un investissement de 20 millions de dollars, s’étend sur 3 500 mètres carrés répartis sur cinq étages. Il comprend un vaste Beth Hamidrach, des salles de classe modernes, une élégante salle à manger, des dortoirs confortables, des chambres d’hôtes et une terrasse sur le toit offrant une vue panoramique sur la Ville Sainte.

Une vision née de débuts modestes

L’histoire de Mayanot commence au début des années 1990, lorsque Rav Kasriel Shemtov et Rav Chlomo Gestetner, alors engagés dans la diffusion du judaïsme à Tel-Aviv et dans la Vieille Ville, identifient un besoin crucial. De nombreux jeunes adultes juifs redécouvraient leur héritage mais manquaient d’un cadre adapté à leur parcours. En 1997, grâce au soutien de philanthropes comme Rav Yossef Gutnick et Rav Chalom Duchman, l’institution ouvre ses portes rue Messilat Yecharim.

La philosophie de Mayanot, inspirée des enseignements du Rabbi de Loubavitch, repose sur un principe fondamental : intégrer plutôt que séparer. Les étudiants sont encouragés à approfondir leur judaïsme tout en maintenant leurs liens familiaux et communautaires, devenant ainsi des ambassadeurs dans leur environnement d’origine.

Une croissance remarquable

Depuis sa fondation, Mayanot a accueilli plus de 10 000 étudiants venus du Royaume-Uni, des États-Unis, d’Australie et d’ailleurs. L’institution enregistre aujourd’hui plus de 400 inscriptions annuelles dans ses différents programmes : cursus post-lycée, programmes pour hommes et femmes, sessions d’été et d’hiver, et formations courtes de quatre à six semaines.

L’établissement est également devenu le principal organisateur de voyages Taglit-Birthright en Israël, ayant accompagné plus de 40 000 participants depuis l’an 2000. Nimrod Ran, directeur général adjoint de Taglit-Birthright, souligne la singularité de Mayanot : les étudiants sont touchés par l’authenticité et la chaleur qui émanent de l’équipe pédagogique.

Une inauguration empreinte d’émotion

La cérémonie a réuni quelque trois cents personnes, parmi lesquelles des philanthropes, des dirigeants communautaires et des anciens étudiants devenus Rabbanim ou Chlou’him. La coupe du ruban s’est déroulée en présence d‘Igor Tulchinsky, fondateur de WorldQuant, et du mécène Its’hak Mirilashvili, aux côtés du Machpia Rav Zalman Gopin et du Chalia’h en chef du Connecticut Rav Israël Deren.

Dans son allocution, Rav Gestetner a souligné la portée symbolique de l’emplacement : « Une porte fonctionne dans les deux sens. Ici, les étudiants viennent se plonger dans leur héritage juif, puis, lorsqu’ils rentrent chez eux, ils deviennent des ambassadeurs du judaïsme. »

Rav Shemtov a annoncé que le centre fonctionne déjà à pleine capacité et que l’administration envisage l’acquisition du bâtiment adjacent pour répondre à la demande croissante.

Former les leaders de demain

Les diplômés de Mayanot sont aujourd’hui actifs sur 120 campus universitaires et dans 190 communautés à travers le monde. Certains arrivent sans même connaître l’alphabet hébreu pour devenir ensuite des figures communautaires influentes. Rav Dovid Birk, ancien étudiant désormais émissaire Habad à l’Université Cornell, témoigne du dévouement des enseignants qui passaient des heures à répondre aux questions des étudiants.

L’approche pédagogique reste inchangée malgré l’expansion : un enseignement approfondi mais accessible, formant des apprenants autonomes capables de naviguer seuls dans les textes juifs. Les séances de ‘Havrouta, l’apprentissage en binôme caractéristique de l’étude talmudique, demeurent au cœur de la méthode.

La soirée s’est achevée dans une atmosphère de joie, les participants renouvelant leur engagement à soutenir cette institution qui, depuis la Ville Sainte, rayonne vers les quatre coins du monde.

Mayanot Center
Sderot Ben Tsvi 7, Jérusalem

(212) 980-3414 / (02) 538-8770
[email protected]

 

 

 

 

Trump célèbre Hanouka à la Maison Blanche : une soirée de solidarité avec Israël et le peuple juif

Trump célèbre Hanouka à la Maison Blanche : une soirée de solidarité avec Israël et le peuple juif

 

Lors d’une cérémonie organisée à la Maison Blanche par le président américain Donald Trump, le Rav Levi Shemtov, émissaire du Rabbi à Washington, a été convié à allumer la ‘Hanoukia en présence de nombreux dignitaires et hauts responsables gouvernementaux. Dans un discours empreint d’émotion, il a rendu hommage à la solidarité indéfectible du président envers le peuple juif, tout en évoquant l’attentat tragique qui a frappé la communauté Habad de Sydney. Une soirée où la lumière de ‘Hanouka a brillé au cœur du pouvoir américain.

 

 

Le Discours du Rav Levi Chemtov

« Bonsoir à tous. Nous allons procéder à l’allumage de la Ménora. Monsieur le Président, vous savez que je suis juif. Vous savez que je suis américain. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’une très grande partie de ma famille vit en Australie. Parmi eux se trouvent des personnes qui ont réussi à échapper à l’attaque, et d’autres qui n’ont pas eu cette chance. »

« Tout ce que je peux dire, c’est qu’en les écoutant depuis l’autre bout du monde parler de vous, j’ai compris une chose : vous n’exprimez pas seulement votre solidarité, vous la pratiquez véritablement avec le peuple juif. »

« Et vous pratiquez cette solidarité avec Israël d’une manière que nous n’avons peut-être jamais vue auparavant. À tel point que beaucoup de gens disent, et beaucoup de gens croient, que parmi tous les amis d’Israël et du peuple juif que nous avons eus, vous êtes peut-être l’ami le plus fort, le plus profond, le plus fidèle qu’Israël et le peuple juif aient jamais eu ici, à la Maison Blanche. »

« Cela ne diminue en rien ce que d’autres ont fait pour nous, mais c’est simplement pour vous dire ce que tant de gens ressentent à votre égard. »

« Nous allons allumer la Ménora, qui nous transmet un message : celui de la victoire du droit sur la force, de la justice sur la tyrannie, de la lumière sur les ténèbres. »

« C’est particulièrement en ces temps où le peuple juif porte un si lourd fardeau que nous avons besoin de cette lumière. Nous avons besoin de cette force, non seulement les uns des autres, mais aussi de vous, Monsieur le Président, vous qui rappelez constamment au monde que même si tous se retournent contre nous, à D.ieu ne plaise, vous ne le ferez jamais. »

« Je considère donc comme un grand honneur d’avoir été invité à conduire l’allumage de la Ménora ici cette année. Je souhaite vous adresser, à vous et à votre famille, mes vœux de bonne santé et de bonheur, de force et de protection pour nos soldats servant sur le territoire national comme à l’étranger. »

« Que D.ieu bénisse l’Amérique. Que D.ieu bénisse Israël. Que D.ieu bénisse le peuple juif. »

 

 


Le discours du Président Donald Trump

Au cours de son discours, le président Trump a énuméré plusieurs mesures qu’il a prises en tant que président pour soutenir Israël, notamment le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan.

Le Rav Shemtov a souligné que la famille de son épouse réside à Sydney, ce qui rend le massacre encore plus personnel à ses yeux. Il a salué la compassion et la solidarité du président Trump envers le peuple juif, affirmant que celui-ci sera toujours un ami et un défenseur des Juifs à travers le monde entier.

Un message de solidarité après l’attentat de Sydney

Le président Trump a ouvert cette réception en adressant ses pensées et ses prières à la nation tout entière, au peuple australien et particulièrement à toutes les personnes touchées par l’horrible attaque terroriste antisémite survenue lors d’une célébration de Hanouka à Sydney. « C’est exactement ce que c’est : de l’antisémitisme », a-t-il déclaré avec fermeté. « Quelle chose terrible, terrible. Nous ne tirons pas les leçons. » Le président a exprimé son deuil pour les victimes et ses prières pour le rétablissement rapide des blessés, dont certains sont grièvement atteints. « Toutes les nations doivent s’unir contre les forces maléfiques du terrorisme islamique radical, et c’est ce que nous faisons », a-t-il affirmé.

Un parterre d’invités de marque

Parmi les personnalités présentes, le secrétaire au Commerce Howard Lutnik, les représentants Paul Gosar, David Cutsoff, Claudia Tenny et Ronnie Jackson, l’ancien médecin personnel du président à la Maison Blanche. Trump a plaisanté en rappelant que lorsqu’on avait demandé au Dr Jackson lequel des présidents qu’il avait examinés était le plus en forme entre Barack Obama, Joe Biden et lui-même, il avait répondu que Trump était de loin le plus sain. « Je l’adore. S’il n’avait pas dit ça, je ne lui aurais plus jamais adressé la parole », a lancé le président sous les rires de l’assemblée.

Étaient également présents Josh Gothimer, Mike Lawler, que Trump a salué pour son travail acharné sur la question fiscale de New York, Jared Moscowitz, Max Miller, qualifié de « génie de la musique », Craig Goldman et Randy Fine, nouveau venu au Congrès. Le maire de Boca Raton, Scott Singer, le président national du Comité juif républicain Norm Coleman et le directeur général de la Coalition juive républicaine Matt Brooks ont également honoré l’événement de leur présence.

Hommage appuyé à Mark Levin

Le président a réservé un moment particulier pour saluer Mark Levin, célèbre animateur de radio et télévision. « Chaque samedi soir, je suis obligé de regarder la télévision pour écouter ce type expliquer à quel point je suis formidable », a plaisanté Trump en invitant Levin et son épouse Julie à le rejoindre sur scène. Mark Levin a pris la parole pour rappeler qu’il y a six ans, lors d’une réception similaire, il avait qualifié Trump de « premier président juif » d’Amérique. « Maintenant, il est le premier président juif à servir deux mandats non consécutifs. Nous vous remercions pour tout », a déclaré Levin sous les applaudissements nourris.

Sid Rosenberg et Liz Pipco à l’honneur

Sid Rosenberg, animateur de la première émission de radio à New York sur ABC, a été invité sur scène. Visiblement ému, il a déclaré : « Y a-t-il eu un président ne serait-ce qu’à la hauteur de cet homme ? Le fait que vous me fassiez monter sur scène… En dehors de mon épouse Danielle et de la naissance de mes deux enfants, Monsieur le Président, ce moment est le plus grand de ma vie. » Le président a noté avec humour que Rosenberg était au bord des larmes, lui qui « n’a pas pleuré depuis qu’il était bébé ».

Liz Pipco, militante pro-israélienne, a également pris la parole. Visiblement enceinte, elle a déclaré être reconnaissante envers le président Trump pour de nombreuses raisons, mais surtout pour « ce petit miracle » qu’elle porte. « J’ai rencontré l’amour de ma vie lors de sa campagne de 2016. Et maintenant, en plus de sauver le monde, j’aurai un enfant grâce au président Trump », a-t-elle confié. Elle a rappelé les épreuves traversées par le peuple juif ces dernières années et a exprimé sa gratitude de se trouver « dans le plus grand pays du monde, dans le plus beau bâtiment, avec le plus grand président que le monde ait jamais connu ».

Miriam Adelson, donatrice majeure de la campagne

Trump a ensuite invité Miriam Adelson, veuve du magnat des casinos Sheldon Adelson, à prendre la parole. Le président a rappelé qu’elle avait contribué directement et indirectement à hauteur de 250 millions de dollars à sa campagne, ce qui en fait la première donatrice. Mme Adelson a évoqué avec émotion le discours du président devant le parlement israélien, lors duquel il l’avait aperçue dans l’assistance malgré ses difficultés à se tenir debout à cause de douleurs physiques. Elle a également mentionné son soutien à l’idée de quatre années supplémentaires pour Trump.

Le président a rendu hommage à Sheldon Adelson, décédé en 2021, décrivant un homme d’une ténacité remarquable qui venait régulièrement au Bureau ovale. « Il demandait toujours dix minutes et restait une heure et demie. Et ce qu’il faisait, c’était se battre pour Israël. C’est tout ce pour quoi il se battait vraiment. Il voulait juste prendre soin d’Israël. »

Hommage aux survivants de la Shoah

Le président a rendu un hommage particulièrement émouvant à deux survivants de la Shoah présents dans l’assistance : Jerry Warsky et Michael Bournestein. Jerry Warsky n’avait que neuf ans lorsque les nazis ont envahi la Pologne. Il a perdu ses deux parents dans les camps mais a refusé de se laisser abattre par leur assassinat. Après la guerre, il s’est installé à New York où il a connu une carrière remarquablement réussie et est devenu un ami proche de Melania et Donald Trump.

Michael Bournestein a perdu son père et sa mère à Auschwitz alors qu’il n’était qu’un tout-petit. Grâce à l’amour et au sacrifice d’autres membres de sa famille, il a survécu et retrouvé sa mère. Plus tard, ils ont émigré en Amérique où Michael a obtenu une bourse universitaire et décroché un doctorat en chimie, devenant l’un des chimistes les plus brillants de sa génération.

Un avertissement sur la montée de l’antisémitisme

Le président Trump a lancé un avertissement solennel concernant l’évolution de la situation au Congrès américain. « Si vous remontez dix, douze, quinze ans en arrière, le lobby le plus puissant de Washington était le lobby juif, le lobby israélien. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », a-t-il averti. Il a dénoncé nommément certains élus comme Alexandria Ocasio-Cortez et Ilhan Omar, affirmant que cette dernière « déteste les Juifs ».

« Mon père me disait que le lobby le plus puissant de ce pays était le lobby juif, le lobby israélien. Ce n’est plus comme ça. Vous avez beaucoup de gens qui vous barrent la route. Vous avez beaucoup de gens qui ne veulent pas aider Israël. Vous avez beaucoup de gens au Congrès qui n’aiment pas Israël. Ils haïssent Israël. »

Trump a évoqué les événements du 7 octobre et la négation de ces atrocités par certains, comparant cette attitude au négationnisme de la Shoah. « J’ai vu des images que j’aurais préféré ne jamais voir. En tant que président, j’ai dû voir des choses que j’aurais voulu ne jamais voir. Mais il n’y a pas moyen de nier. »

Un décret historique contre l’antisémitisme

Le président a rappelé avoir signé, dans les jours suivant sa prise de fonction, un décret exécutif historique pour combattre le fléau de l’antisémitisme, qu’il a qualifié de plus fort décret de ce type jamais signé. Il a annoncé la mobilisation des ressources fédérales pour protéger les étudiants et les professeurs juifs sur les campus américains, citant les situations préoccupantes à Columbia, Harvard et d’autres universités. Le gouvernement procède également à l’expulsion des sympathisants jihadistes étrangers et des partisans du terrorisme à des niveaux records.

L’attaque contre le programme nucléaire iranien

Trump a longuement détaillé l’opération militaire américaine contre les installations nucléaires iraniennes, qu’il a qualifiée de « la plus grande attaque militaire que quiconque ait jamais vue ». Il a décrit comment des bombardiers B2, escortés par des chasseurs F-22 et F-35, ont frappé leurs cibles avec une précision remarquable à deux heures du matin, dans l’obscurité totale, sans aucune lumière ni clair de lune.

« Chaque bombe est descendue directement dans ces puits d’aération, dans des montagnes de granit. Chaque bombe a atteint sa cible », a-t-il déclaré. Le président a ensuite reçu les pilotes au Bureau ovale, impressionné par leur courage et leur dévouement. Ces équipages lui ont confié qu’ils s’entraînaient pour cette mission depuis 22 ans, trois fois par an, et qu’aucun président avant lui n’avait eu le courage de leur donner le feu vert.

Jérusalem, capitale d’Israël, et le plateau du Golan

Le président a rappelé ses décisions historiques concernant Israël : la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale et l’ouverture de l’ambassade américaine dans la ville sainte, ainsi que la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan. « C’est une décision qu’ils n’avaient même pas osé me demander », a-t-il révélé, expliquant que même Sheldon Adelson, pourtant très insistant, considérait cela comme « un pas de trop ».

Trump a raconté avoir demandé à David Friedman, alors ambassadeur en Israël, de lui expliquer l’importance du Golan en cinq minutes. Après deux minutes seulement, il avait compris l’enjeu stratégique et défensif de ce territoire et avait signé la reconnaissance. « Ils travaillaient là-dessus depuis 70 ans. Des avions se rendaient à des réunions qui duraient deux, trois jours, où l’on ne parlait que du plateau du Golan. Et personne n’a jamais rien fait, mais moi je l’ai fait, et rapidement. »

La paix au Moyen-Orient et la libération des otages

Le président a salué le travail de Steve Witkoff et Jared Kushner dans les négociations au Moyen-Orient. « Nous avons une paix légitime au Moyen-Orient. Vous pouvez avoir une petite flambée de temps en temps, mais nous avons 59 pays tous signataires. Ils feront tout ce qui est nécessaire. »

Concernant le Hamas et la libération des otages, Trump a exprimé sa fierté d’avoir obtenu le retour de tous les otages, y compris les corps des 28 victimes décédées. « Je pensais que les 20 derniers seraient les plus difficiles. Nous ne les obtiendrions jamais. Mais nous avons joué très dur et nous étions très fermes. » Il a été particulièrement touché par le dévouement des parents des victimes décédées, tout aussi déterminés à récupérer les dépouilles de leurs enfants que les parents des otages vivants l’étaient à retrouver les leurs.

L’accord de cessez-le-feu à Gaza

Trump a annoncé la conclusion d’un accord de cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre à Gaza, « ce que tout le monde disait impossible ». « Nous commençons une nouvelle ère de cette belle paix dans un endroit où personne ne pensait que la paix était possible : le Moyen-Orient. »

Le message de Hanouka

« L’histoire de Hanouka nous rappelle que la lumière prévaudra toujours sur les ténèbres et que la foi triomphera de la peur », a déclaré le président. « Ensemble, honorons la flamme éternelle et la foi qui a toujours protégé le peuple juif. Vous êtes protégés. Vous êtes un peuple spécial. »

Trump a révélé que pour la première fois, il avait apporté des notes pour son discours lors d’une réception de ce type. « Vous savez pourquoi ? J’ai fait tellement de choses pour Israël que je dois les relire. J’ai des pages entières et je ne veux rien oublier. Je ne veux pas oublier le plateau du Golan. »

Le projet de salle de bal de la Maison Blanche

Le président a également évoqué son projet de construction d’une grande salle de bal à la Maison Blanche, un don d’environ 400 millions de dollars financé par lui-même et des donateurs. Un procès visant à bloquer la construction a été rejeté le jour même. Cette salle, attendue depuis 150 ans, sera équipée de vitres de 12 centimètres d’épaisseur, impénétrables par tout sauf un obusier, et pourra accueillir les cérémonies d’investiture dans des conditions de sécurité optimales, à l’abri des intempéries de janvier.

L’allumage de la Menora

Le Rav Yehouda Kaplon a ensuite procédé à l’allumage de la Menora. Avant les bénédictions, il a tenu à s’adresser au président en révélant qu’une grande partie de sa famille vit en Australie, certains ayant échappé à l’attaque de Sydney et d’autres non. « En les écoutant de l’autre côté du monde parler de vous, vous n’exprimez pas seulement la solidarité, vous la pratiquez avec le peuple juif. Vous pratiquez la solidarité avec Israël, peut-être d’une manière que nous n’avons jamais vue auparavant. »

Le rabbin a souligné que beaucoup considèrent Trump comme « l’ami le plus fort, le plus profond qu’Israël et le peuple juif aient jamais eu à la Maison Blanche ». Avant d’allumer les trois bougies de la troisième nuit, il a rappelé le message de la Menora : « La victoire du droit sur la force, de la justice sur la tyrannie, de la lumière sur les ténèbres. » Il a conclu en souhaitant au président et à sa famille santé et bonheur, force et protection aux troupes américaines servant sur le territoire national et à l’étranger. « Que D.ieu bénisse l’Amérique. Que D.ieu bénisse Israël. Que D.ieu bénisse le peuple juif. »

Les mots du secrétaire au Commerce

Howard Lutnik, secrétaire au Commerce, a conclu les discours en rappelant l’engagement constant du président Trump envers le peuple juif et Israël depuis la campagne électorale. « J’ai dit à tout le monde pendant la campagne que le président Trump serait le meilleur ami que les Juifs et Israël aient jamais eu à la Maison Blanche. Et il a tenu exactement cette promesse. »

Lutnik a salué la clarté morale du président face aux médias qui accusaient Israël et Tsahal de génocide. « Chaque fois, il s’est dressé contre les fausses informations en disant non, c’est le 7 octobre qu’ils ont assassiné, violé et tué des bébés. Il l’a rendu parfaitement clair à chaque fois. Et c’est pourquoi j’aime servir dans l’administration de Donald J. Trump, le plus grand président de tous les temps. »

La soirée s’est conclue par un joyeux « Hanouka Saméa’h » adressé à tous les invités.

Netanel Schlanger : «Quand le Rabbi regardait mon père, j’avais l’impression qu’il me regardait»

Netanel Schlanger : «Quand le Rabbi regardait mon père, j’avais l’impression qu’il me regardait»

 

Trois ans avant le tragique attentat de Sydney, le jeune Netanel Schlanger et son père, le Rav Eli Schlanger Hy »d, témoignaient de leur lien profond avec le Rabbi dans un film consacré à leur Chli’hout. Une vidéo bouleversante présentée au Kinous Tseirei Hachlouhim 2022 qui révèle l’héritage sacré transmis de père en fils.

 

Netanel Schlanger et son père le Rav Eli Schlanger Hy »d, assassiné lors de l’attentat de Sydney, apparaissaient il y a trois ans dans une vidéo pour le Kinous Tseirei Hachlouhim. On y voit Netanel accompagner son père dans la distribution de Matsot, ce qui l’amena à lancer une campagne d’installation de Mezouzot. Aujourd’hui, ses enfants poursuivent seuls sa Chli’hout.

 

Traduction de la vidéo

Un enfant qui rayonne sur son entourage

« Bienvenue à Sydney, en Australie. Je m’appelle Netanel, j’ai dix ans et je vis ici à Sydney. Jouer du piano et du violon est l’une de mes grandes passions. J’aime jouer des mélodies hassidiques, et j’ai même essayé de convaincre mes professeurs de me les enseigner. »

Netanel a un impact considérable, non seulement sur la Cheli’hout au sein de la communauté, mais aussi dans l’école qu’il fréquente. Il y a des garçons issus de familles Loubavitch et d’autres qui viennent d’horizons différents, et tous trouvent en Netanel une pureté qui les attire.

Une influence qui transforme ses camarades

« Un jour à l’école, je discutais comme d’habitude avec mon ami et il m’a dit qu’il allait aller à l’université. Je lui ai répondu que moi, j’irais à la Yechiva. Quelques jours plus tard, il est revenu m’annoncer qu’il irait lui aussi à la Yechiva. »

« Chaque Chabbat matin, les gens entrent à la synagogue et nous voient, mon père et moi, étudier ensemble, que ce soit une Si’ha ou le Tanya Balper. Les gens viennent littéralement s’asseoir autour de nous et contemplent avec émerveillement sa connexion à la Torah du Rabbi et ce qu’il représente. »

Le matin du Youd-Aleph Nissan

« C’était le matin du Youd-Aleph Nissan. Mon père m’a dit : « Netanel, allons rendre le Rabbi fier. Allons mettre les Tefiline. » Nous avons pris plusieurs colis contenant de la Matsa, du jus de raisin et diverses friandises. »

« En distribuant ces colis aux personnes âgées, j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de Mezouzot sur les portes. À ce moment précis, j’ai décidé de lancer une campagne pour installer 120 Mezouzot avant le prochain Youd-Aleph Nissan. Cent vingt Mezouzot à partager avec les membres de notre communauté. »

Un professeur devient son assistant

« Chaque jeudi, mon père donne un cours à un professeur dans la ville. Une nuit, ce professeur l’a appelé et lui a dit : « Rav, j’aimerais rencontrer votre fils. » Je suis donc allé chez lui et mon père lui a parlé de cette campagne. »

« Cela a complètement bouleversé le professeur », raconte Rav Eli Schlanger Hy »d, Il était tellement enthousiaste. Il a dit à mon fils: « Tu sais quoi ? Je veux t’aider. Je veux être ton assistant professionnel. » Nous avons créé un tableau complet sur la campagne : combien de Mezouzot nous distribuons, combien nous en avons déjà installé, combien cela coûte. »

« Puis il a demandé : « Netanel, as-tu un compte bancaire ? » Netanel a répondu oui. Il a alors déclaré : « Je voudrais sponsoriser cinq Mezouzot chaque mois. » Et c’est ainsi que le projet Mezouza est né. »

Des rencontres inoubliables sur le terrain

« Immédiatement après le mois de Nissan, nous avons établi un plan. Mon père m’accompagne, il a une petite conversation avec la personne, il lui met les Tefilines, puis nous installons la Mezouza ensemble. »

« Une fois, je suis allé avec mon cousin qui a très peur des chiens, et cette personne avait un chien. Nous avons installé la Mezouza, mais nous sommes restés dehors. »

« Une autre fois, nous avions prévu d’installer seulement deux Mezouzot car nous manquions de temps. En descendant par l’ascenseur après avoir terminé la deuxième, nous avons vu un Juif âgé qui n’avait pas de Mezouza. Je suis remonté chercher une Mezouza et nous l’avons installée. »

« En redescendant, nous avons remarqué une dame russe. Il s’est avéré qu’elle ne savait même pas ce qu’était une Mezouza. Au lieu de deux Mezouzot, nous en avons installé quatre ce jour-là. »

Le plus beau cadeau pour le Rabbi

« Je pense que le Rabbi ressent que c’est le plus beau cadeau d’anniversaire qui soit : continuer son œuvre, installer des Mezouzot dans les maisons des gens. Je sens que le Rabbi a tellement de Na’hat, car à travers le Rabbi, ses lettres et ses actions, notre mission se poursuit. »

« Mon père s’est engagé à convaincre 45 personnes d’acheter et de mettre les Tefiline chaque jour. Alors je me suis dit : s’il peut amener 45 personnes à acheter des Tefiline très coûteux, je peux certainement installer 120 Mezouzot gratuites. »

Il n’est pas simplement le fils d’un Chalia’h. C’est un véritable Chalia’h à part entière. On voit à travers lui l’immense attention que le Rabbi portait aux enfants des Chlou’him, car eux aussi font partie intégrante de la Cheli’hout. Ils sont eux-mêmes des Chlou’him.

Un regard du Rabbi qui traverse les générations

« Quand ma mère était petite, elle est allée voir le Rabbi pour lui remettre un Pane. Elle dérangeait un peu. Alors le Rabbi a donné à ma mère un stylo et du papier, pensant qu’elle voulait écrire un Pan au Rabbi. Elle était très jeune, alors elle a simplement gribouillé dessus. »

« Quand est venu le tour de mon grand-père, il a remis son Pan au Rabbi. Le Rabbi a alors sorti le papier que ma mère avait gribouillé et l’a regardé très, très attentivement. »

« L’attention que le Rabbi porte aux jeunes Chlou’him les élève et les encourage d’une manière si puissante et si forte. »

Une connexion personnelle avec le Rabbi

« J’ai le sentiment que le Rabbi nous connaît très, très bien, qu’il sait tout de moi. C’est pourquoi je me confie librement en écrivant au Rabbi. »

« Mon père a un DVD qui montre mon père avec le Rabbi. Et quand le Rabbi l’a regardé, j’ai eu l’impression qu’il me regardait, moi, mes enfants et leurs enfants. Je pense qu’il m’a choisi pour être Chalia’h. »

Vers le Kinous Hachlouhim

« Cette année sera ma première participation au Kinous, le grand rassemblement de tous les Chlou’him, et je suis très enthousiaste à l’idée de rencontrer de jeunes Chlou’him du monde entier qui accomplissent la même mission que moi. »

« Je crois vraiment qu’en rentrant du Kinous, j’aurai cette formidable énergie, cette Hislahavout, qui élèvera tous les autres jeunes Chlou’him. Se rassembler tous ensemble. »

 

Découverte historique : l’appel du Rabbi au président Eisenhower après l’attentat terroriste de 1956 à Kfar Habad

Découverte historique : l’appel du Rabbi au président Eisenhower après l’attentat terroriste de 1956 à Kfar Habad

 

Un télégramme historique adressé par le Rabbi au président américain Dwight D. Eisenhower, cinq jours après l’attentat terroriste de 1956 à Kfar Habad, vient d’être découvert. Ce document inédit révèle l’émotion et l’urgence ressenties par le Rabbi face à cette tragédie. Son message résonne avec une intensité particulière aujourd’hui.

 

 

Un télégramme rédigé par le Rabbi à l’attention du président Eisenhower à la suite de l’attentat terroriste de 1956 à Kfar Habad vient d’être mis au jour.

Le 11 avril 1956, des terroristes arabes ouvrirent le feu sur une école de Kfar Habad pendant la prière de Maariv, tuant cinq jeunes élèves ainsi que leur instructeur. Nous publions ici un télégramme jusqu’alors inédit, adressé par le Rabbi au président Dwight D. Eisenhower le 16 avril, soit cinq jours après le drame.

Ce télégramme a été publié par Rebbe Responsa, grâce à l’aimable autorisation du Rav Yossef Kramer.

Le texte intégral du télégramme

 

Brooklyn NY 16 avril 1956

Au Président,

la Maison Blanche

Le massacre de sang-froid d’enfants juifs en prière à Kfar Habad en Terre Sainte doit émouvoir tout être humain digne de ce nom.

Au nom de l’humanité et plus particulièrement au nom du mouvement Habad américain et mondial, des congrégations et organisations Habad dont j’ai l’honneur d’être le dirigeant spirituel, y compris le mouvement Habad et les institutions religieuses et éducatives en Terre Sainte, je vous lance un appel du plus profond de mon cœur affligé afin que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir et exerciez votre grande influence pour que des mesures efficaces soient prises immédiatement afin d’empêcher la répétition de telles horreurs et de protéger les institutions sacrées en Terre Sainte.

Rabbi Mena’hem Schneerson
Président de l’Agoudas ‘Hassidei Habad
770 Eastern Parkway, Brooklyn, NY

 

 

La naissance d’un village sur les ruines d’un rêve

Le village de Kfar Habad, situé à environ huit kilomètres au sud de Tel-Aviv, fut fondé le 21 Iyar 1949 par le sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, de mémoire bénie.

En 1946, de nombreux Habad avaient fui la Russie et vivaient dans des camps de personnes déplacées en Allemagne et en France. Le Rabbi précédent leur donna l’instruction d’émigrer en Terre Sainte. Là-bas, avec le soutien constant du Rabbi, ils s’enracinèrent dans une ville arabe abandonnée nommée Safiriyya (Tsafrir en hébreu), travaillant la terre et collectant des fonds pour bâtir leur communauté naissante.

La cinquantaine de familles qui s’installèrent initialement dans ce qu’elles appelaient le « Alteh Dorf » (« vieux village » en yiddish) reçurent chacune une parcelle de terrain sur laquelle elles construisirent des maisons et élevèrent des animaux de ferme. Collectivement, elles établirent des institutions communautaires et religieuses, dont une petite synagogue.

C’est dans cette synagogue qu’un attentat terroriste allait se produire quelques années plus tard.

Une nuit de sang dans la synagogue

C’était le soir du 11 avril 1956. Un commando de trois Fedayines palestiniens, infiltrés depuis l’Égypte, pénétra dans le village de Kfar Habad, alors principalement habité par des réfugiés d’Union soviétique. L’opération fut méthodiquement planifiée : l’un resta près du véhicule de fuite, un autre coupa l’électricité de la synagogue, plongeant l’intérieur dans l’obscurité, et le troisième fit irruption dans le Beth Hamidrach où se trouvaient 46 enfants âgés de 9 à 16 ans.

Le terroriste ouvrit le feu sur la foule. Cinq garçons et leur instructeur de 24 ans, Sim’ha Zilberstrom, furent tués. Cinq autres enfants furent blessés, dont trois grièvement. Leur sang avait giclé sur leurs livres de prières encore ouverts.

Un enseignant nommé Yechayahou Gopin fit preuve d’un courage extraordinaire : il jeta des enfants par la fenêtre pendant la fusillade, sauvant plusieurs vies. Un groupe d’hommes du village rassembla les armes conservées dans un petit local de défense et se précipita vers l’école, arrivant environ cinq minutes après le début de l’attentat. Mais à ce moment-là, les tirs avaient cessé et les terroristes avaient pris la fuite. La police fut appelée avec l’unique téléphone du village, et les deux seuls véhicules de la communauté servirent à transporter les blessés vers le centre médical de Tsrifin.

Depuis quatre jours, le village de Kfar Habad s’était enveloppé de deuil.

Les habitants du village étaient tous horrifiés. À peine sortis d’Union soviétique où ils avaient enduré toutes sortes de persécutions, ils étaient enfin arrivés sur la Terre promise mais y avaient subi l’impensable : un pogrome en Israël ! Un pogrome contre Loubavitch ! Les hommes à la barbe fournie, les femmes à la tête couverte, les enfants aux yeux écarquillés ne pouvaient s’arrêter de pleurer. Priant en hébreu, se lamentant en russe et en yiddish, tous se demandaient : et maintenant ?

Des survivants de l’enfer soviétique, frappés en Terre sainte

Ces ‘Hassidim qui avaient survécu aux pogromes du Tsar Nicolas et que l’Armée Rouge n’avait pas intimidés, qui avaient été exilés en Sibérie dans les terrifiants camps de rééducation du Goulag, qui ne s’étaient pas inclinés devant le KGB, étaient maintenant paralysés, désespérés. Au cœur du nouvel État juif, ils avaient été frappés au plus profond d’eux-mêmes.

Rav Avraham Mayers avait été officier dans l’Armée Rouge. On disait qu’il avait calmement chanté des mélodies ‘hassidiques tandis qu’une bande de soldats le battait avec les crosses de leurs fusils.

Maintenant, il se lamentait : « Maître de l’univers ! Pourquoi ? Ces enfants n’ont rien fait de mal ! Ils étudiaient la Torah ! »

Un village au bord de l’effondrement

L’attentat choqua profondément l’opinion publique israélienne. Les journaux relatèrent l’attentat et l’atmosphère de désarroi national pendant plusieurs jours. Herzl Rosenblum écrivit dans Yediot A’haronot : « Entrer dans la modeste synagogue de l’école, c’était comme visiter Kichinev après le pogrome d’il y a cinquante ans. »

Le lendemain de l’attentat, le ministre israélien des Affaires étrangères Moché Sharett envoya un message urgent au Secrétaire général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld, l’informant des dernières incursions de Fedayines et soulignant particulièrement l’attentat contre Kfar Habad. S’adressant aux délégués du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’ambassadeur d’Israël Abba Eban condamna « le meurtre d’enfants israéliens et de leur instructeur dans le moment sacré de la prière. »

Le village tremblait sur ses fondations. Certains y voyaient un signe : leur rêve d’une vie sereine sur la Terre Sainte était-il prématuré ? Peut-être devaient-ils démanteler le village naissant, se disperser sous d’autres cieux, se réfugier dans des pays plus sûrs ? Le village se mourait lentement.

Mais il était clair qu’avant toute décision, il fallait consulter le Rabbi. Rien ne pouvait être fait sans qu’il le sache, sans qu’il y consente. Tous attendaient le télégramme de là-bas, de New York. Mais, inexplicablement, le télégramme n’arrivait pas.

Quatre jours d’un silence insoutenable

Quatre jours s’étaient lentement écoulés depuis l’attentat terroriste. Pourtant, un long télégramme avait été envoyé au Rabbi, l’informant en détail de la tragédie, et on avait espéré une réponse le soir même. Mais le Rabbi gardait le silence. Que se passait-il ? Pas un mot de réconfort pour les ‘Hassidim en deuil ?

Il faut savoir qu’un télégramme du Rabbi fait partie intégrante de la vie Loubavitch. Chaque problème, chaque décision, que ce soit dans la vie publique ou privée, dépend du Rabbi et, quelle que soit la réponse, elle est exécutée. La réponse vient par courrier, par express ou par télégramme, selon l’urgence, mais elle est toujours courte et précise.

Alors pourquoi le Rabbi tardait-il ? Les anciens du village n’avaient pas d’explication et leur angoisse devenait palpable.

Trois mots qui ont changé le destin d’un village

Finalement, au bout de quatre jours, le télégramme arriva ! La nouvelle se répandit dans tout le village. Un télégramme du Rabbi ! Enfin ! Tous, hommes, femmes et enfants se rassemblèrent pour écouter la réponse du Rabbi.

Elle était remarquablement succincte. Trois mots en hébreu, mais ces trois mots allaient sauver le village de la désintégration et ses habitants du désespoir : « Behemchekh Habinyane Tina’hemou » — « En continuant la construction, vous trouverez la consolation ! »

Les ‘Hassidim de Kfar Habad envisageaient à nouveau l’avenir. Ils savaient ce qu’ils devaient faire.

Construire ! Le Rabbi avait dit de construire ! Et en continuant de construire, ils seraient consolés !

Une école professionnelle sur les lieux du drame

Ce même soir, les anciens du village se réunirent pour discuter de la mise en application de la directive du Rabbi. Après une courte discussion, la décision fut prise : on construirait une école professionnelle dans laquelle les enfants de familles défavorisées apprendraient l’imprimerie, à l’endroit même où les livres de prières avaient été éclaboussés du sang des victimes !

Dès le lendemain, tous les habitants du village se rassemblèrent et se mirent à dégager un emplacement sur lequel s’élèverait le nouveau bâtiment. Leurs yeux brillaient à nouveau.

Ce qui s’était passé à Brooklyn pendant ces quatre jours

Dans les semaines qui suivirent, des lettres arrivèrent de la part d’amis et de cousins vivant à New York. Ils décrivaient ce qui s’était passé durant ces quatre jours interminables.

Pendant le mois de Nissan, le mois de la délivrance, le Rabbi se consacrait à son service de D.ieu, réduisant son contact avec les ‘Hassidim. Peu de personnes étaient reçues en audience privée, peu de lettres recevaient une réponse.

À la fin du mois de Nissan, le Rabbi tenait un Farbrenguen, une réunion ‘hassidique au 770 Eastern Parkway à Brooklyn. Le Rabbi parlait durant des heures, s’interrompant pour laisser les ‘Hassidim chanter. Cette année aussi, le Rabbi avait parlé.

Les larmes prophétiques du Rabbi

Les nouvelles de Terre Sainte n’étant parvenues que quelques minutes avant le Farbrenguen, les secrétaires du Rabbi avaient décidé de ne l’en informer qu’après la réunion. Mais ce que ses secrétaires tentaient de cacher, son cœur l’avait révélé.

Cette nuit-là, le Rabbi parla du dévouement de chaque Juif, du martyre Al Kiddouch Hachem — pour la sanctification du Nom de D.ieu —, de la reconstruction de la Terre Sainte et de la Délivrance. Les larmes coulaient de ses yeux. Toute la nuit, le Rabbi parla et pleura, chanta et pleura, et pleura encore.

À la fin du Farbrenguen, les ‘Hassidim rentrèrent chez eux. Le Rabbi se retira dans son bureau. Le cœur battant, deux des ‘Hassidim les plus proches frappèrent à la porte et tendirent au Rabbi le télégramme en provenance d’Israël. Le Rabbi s’effondra dans son fauteuil. Il referma la porte et ne l’ouvrit pas durant trois jours. Puis il appela son secrétaire et dicta la réponse.

La renaissance par la construction

Les ‘Hassidim de Kfar Habad ont accompli ce que le Rabbi avait encouragé. Sans l’aide de philanthropes ou de fondations, ils ont amassé 50 000 livres israéliennes et, juste un an après la tragédie, le nouveau bâtiment de l’école professionnelle était achevé.

À la fin de la période traditionnelle de trente jours de deuil pour les victimes, des milliers de personnes venues de tout Israël assistèrent à la cérémonie de pose de la première pierre de la nouvelle école professionnelle du village, en présence de nombreuses personnalités politiques et des deux Grands Rabbins d’Israël.

Dix émissaires pour relever les cœurs brisés

Les premiers colons de Kfar Habad avaient le cœur brisé et étaient terrifiés. Beaucoup envisageaient de partir, abandonnant l’espoir de trouver un jour la sécurité dans leur petit village. Mais Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, gendre et successeur de Rabbi Yossef Its’hak, envoya dix étudiants rabbiniques confirmés de la Yechiva centrale Habad de New York pour passer quatre semaines auprès des résidents dévastés, vivre avec eux, les encourager et les consoler.

« Cette mission allait s’avérer un succès, car pas une seule personne ne quitta Kfar Habad », écrivit Rav Yehouda Krinsky, qui faisait partie des dix émissaires.

« Le Rabbi fit tout ce qui était en son pouvoir pour s’assurer que Kfar Habad prospère », se souvient Rav Avrohom Gopin, dont le père, Barou’h, fut l’un des premiers colons du village.

Kfar Habad aujourd’hui : capitale du mouvement Habad en Israël

Aujourd’hui, la population de Kfar Habad a grimpé à plus de 7 000 habitants. Le village est devenu célèbre pour ses prestigieuses institutions éducatives, ainsi que pour sa fameuse boulangerie de Matsot et sa plantation d’Etroguim. La célébration annuelle de la « Hakafa Chnia » pendant le mois de Tichri attire des milliers de participants, et le village a été visité par de nombreux officiels israéliens de premier plan, dont le Premier ministre Binyamin Netanyahou.

Ayant connu une croissance exponentielle depuis le petit groupe déterminé de quelques Juifs russes arrivés avec pour seul bagage leur foi, Kfar Habad est aujourd’hui la capitale du mouvement Habad en Israël.