Le Grand Rabbin d’Israël Rav David Yossef attendu à Moscou pour les célébrations du 19 Kislev

Le Grand Rabbin d’Israël Rav David Yossef attendu à Moscou pour les célébrations du 19 Kislev

 

Le Richon Letsion, Rav David Yossef, sera l’invité d’honneur des grandes festivités du 19 Kislev à Moscou. Sa visite de trois jours comprendra également des rencontres avec les institutions communautaires et des sessions halakhiques avec le Beth Din local. Les préparatifs battent leur plein dans la capitale russe.

 

 

Dans les bureaux du grand centre communautaire juif et de la synagogue centrale « Marina Rochtcha », située au cœur de Moscou, une équipe élargie de dirigeants et d’acteurs communautaires s’active en vue de l’arrivée du Richon Letsion et Grand Rabbin séfarade d’Israël, le Rav David Yossef, attendu en Russie dès la sortie du Chabbat de la Paracha Vayichla’h, pour une visite de renforcement du judaïsme et de soutien aux Juifs du pays.

Une visite placée sous le signe du renouveau

Cette visite, qui s’étendra sur trois jours, sera entièrement placée sous le signe du développement des nombreuses communautés, synagogues et institutions éducatives et sociales qui ne cessent de croître dans la capitale russe, sous l’autorité et la direction du Grand Rabbin de Russie et émissaire du Rabbi, le Rav Berel Lazar. L’amitié entre ces deux grandes figures rabbiniques et leurs échanges halakhiques se poursuivent depuis de nombreuses années, au service des Juifs de Russie et de ceux qui ont fait leur Alya en Terre sainte.

Une célébration grandiose pour le 19 Kislev

L’événement principal marquant la présence de cet illustre invité se tiendra, si D.ieu le veut, le mardi 19 Kislev, à l’occasion de la fête de la Délivrance. Plus de deux mille personnes sont attendues à cette grande célébration, qui aura lieu dans l’une des plus vastes salles de la ville. Un programme soigneusement élaboré vise à encourager l’ensemble du public à redoubler d’efforts dans l’étude de la Torah et de la Halakha, de la ‘Hassidout et de l’héritage d’Israël, ainsi que dans l’éducation et le dévouement envers la famille juive.

Un programme musical d’exception

Le chœur « Malkout » et l’orchestre de Reb Mendy Brandwein accompagneront ce grand rassemblement, aux côtés des chanteurs Reb Yaakov Daskal, Reb Moché Louk, du jeune prodige Ari Krauss et de violonistes locaux. Ensemble, ils interpréteront les mélodies sacrées du Maître de la Délivrance, apportant la joie à tous les participants, afin de mériter la promesse du Baal Hagouel : « Celui qui se réjouira de ma joie, je le ferai passer des ténèbres à la lumière. »

Rencontres institutionnelles et sessions halakhiques

L’illustre visiteur est également attendu dans plusieurs des nombreuses institutions éducatives, où il délivrera des cours et des paroles d’encouragement. Il participera en outre à une session du Beth Din, présidée par le Grand Rabbin de Russie et les Dayanim, afin de traiter avec la plus grande rigueur les questions de vérification d’identité juive, de conversion et de Cacheroute. Cette collaboration s’inscrit dans le lien permanent qui unit les deux tribunaux rabbiniques d’Israël et de Russie, gardiens intransigeants du judaïsme authentique.

Un symbole d’espoir pour le monde juif

Les organisateurs sont convaincus que cette visite élèvera, avec l’aide de D.ieu, les Juifs de Russie, tout en émouvant profondément l’invité face à un judaïsme florissant dans un pays qui, il y a seulement quelques décennies, persécutait chaque Juif.

Aujourd’hui, ce même pays soutient ouvertement les communautés juives et leurs dirigeants, constituant un symbole et un exemple pour le monde entier en matière de respect et de considération envers le peuple d’Israël.

Pourquoi il est essentiel de garder le silence pendant la prière

Pourquoi il est essentiel de garder le silence pendant la prière

Dans cette lettre, l’Admour Hazaken s’adresse à ses fidèles avec affection : « Mes chers amis, je vous en prie, évitez cette erreur ! Vous qui aimez sincèrement D.ieu et qui travaillez sur vous-mêmes pour vous améliorer ».

 

Basé sur le Tanya, Iguerot Hakodech, chapitre 24

 

Un rendez-vous unique avec D.ieu

L’Admour Hazaken explique qu’il ne faut pas gâcher ce moment précieux, pas même une minute. D.ieu a choisi cette heure parmi toutes les heures de la journée pour nous rencontrer. C’est un moment de grâce où Il accepte de Se révéler, de venir dans la synagogue — Son « petit Sanctuaire » — pour être présent parmi nous, Lui qui « demeure avec nous malgré nos imperfections ». Il Se rend accessible à tous ceux qui Le cherchent et qui espèrent en Lui.

Que révèle le bavardage sur nous ?

Quand quelqu’un discute de ses affaires personnelles pendant la prière, il montre clairement qu’il n’a aucun intérêt à percevoir la présence divine. Il se connecte alors aux forces négatives, comme le dit le verset : « L’insensé ne trouve aucun plaisir dans la sagesse. » C’est l’enseignement du Zohar et de Rabbi Isaac Louria.

En d’autres termes, cette personne refuse de contempler la grandeur du Créateur, qui Se dévoile justement à ce moment-là, dans les mondes spirituels comme ici-bas. Car D.ieu Se cache à l’intérieur même des mots de la prière et Se révèle à chacun selon sa capacité de compréhension et la nature de son âme.

Une image parlante

L’Admour Hazaken propose une parabole pour illustrer son propos. Imaginons un roi qui vit habituellement caché dans son palais, protégé par d’innombrables gardes. Des milliers de personnes attendent pendant des années pour l’apercevoir ne serait-ce qu’un instant. Un jour, ce roi décide de se montrer à son peuple. Il fait annoncer dans tout le royaume que chacun peut venir le voir et contempler sa majesté.

Maintenant, imaginons quelqu’un qui se rend à cette audience royale mais qui, une fois devant le roi, lui tourne le dos pour consulter son téléphone ou discuter de ses courses avec son voisin. Tout le monde le regarderait avec stupéfaction. Quel idiot ! Quelle insulte envers le roi !

Non seulement il se ridiculise aux yeux de tous, mais en plus il offense gravement le souverain. Il montre publiquement que la gloire royale ne l’intéresse pas, qu’il préfère ses petites préoccupations quotidiennes. Un tel comportement pourrait même lui coûter la vie.

Le minimum requis

L’Admour Hazaken rappelle que c’est pourquoi nos Sages ont établi qu’il faut prier « comme si l’on se tenait devant un roi ». Même si quelqu’un n’arrive pas à ressentir intérieurement la présence divine, qu’il se comporte au moins extérieurement avec respect, aux yeux de tous. Les prières ont été composées selon ce principe. Celui qui ignore cette règle met son âme en danger. Le Zohar est très sévère à ce sujet : « Il traite l’ordre divin avec mépris, manifeste la rupture avec D.ieu, et perd sa connexion avec le D.ieu d’Israël. » Que D.ieu nous en préserve !

La règle concrète

L’Admour Hazaken établit donc, au nom de nos Maîtres, cette règle pour tous : aucune conversation inutile n’est permise depuis le début de la prière jusqu’à la fin du dernier Kaddish — matin, après-midi ou soir.

Celui qui a transgressé cette règle volontairement devra s’asseoir à terre et demander à trois personnes de lui accorder l’annulation de l’excommunication céleste. Il sera alors pardonné, et aucune sanction n’aura réellement pesé sur lui. Car cette mesure ne vise que les rebelles qui ne cherchent jamais à se faire pardonner pour cette faute grave.

L’Admour Hazaken précise un point important : « tout cela ne concerne que celui qui parle délibérément, avec désinvolture. Mais si quelques mots échappent à quelqu’un par inadvertance ou par oubli, aucune procédure n’est nécessaire. Car D.ieu connaît nos intentions profondes. »

« Que l’Éternel accorde le bien à ceux qui sont bons et à ceux dont le cœur est sincère. »

Conclusion

À travers cette lettre, l’Admour Hazaken nous transmet un message fondamental qui reste d’une actualité frappante. Dans un monde où nous sommes constamment sollicités par mille distractions, le moment de la prière représente une parenthèse sacrée, une opportunité unique de connexion avec le Divin.

Le message central est simple mais profond : la prière n’est pas une simple formalité religieuse, c’est une audience avec le Roi des rois. Chaque mot prononcé est un canal par lequel D.ieu Se révèle à nous, selon notre capacité à Le recevoir. Gaspiller ce moment en bavardages, c’est non seulement manquer une occasion extraordinaire, mais aussi faire preuve d’un manque de respect envers Celui qui nous accorde ce privilège.

L’Admour Hazaken fait cependant preuve d’une grande bienveillance. Il distingue clairement entre celui qui faute par négligence délibérée et celui qui laisse échapper quelques mots par inadvertance. Cette nuance témoigne d’une compréhension profonde de la nature humaine : D.ieu ne nous demande pas la perfection, mais la sincérité du cœur.

En définitive, cette lettre nous invite à reconsidérer notre rapport à la prière. Plutôt que de la voir comme une obligation routinière, nous pouvons la percevoir comme ce qu’elle est vraiment : un rendez-vous quotidien avec l’Infini, un moment où le Créateur de l’univers Se rend accessible à chacun d’entre nous. À nous de saisir cette opportunité avec la dignité et le respect qu’elle mérite.

Géorgie : Walid Abou-Haya, nouvel ambassadeur d’Israël visite le Beth Habad de Batoumi

Géorgie : Walid Abou-Haya, nouvel ambassadeur d’Israël visite le Beth Habad de Batoumi

M. Walid Abou-Haya, nouvel ambassadeur d’Israël en Géorgie, a effectué sa première visite officielle au Beth Habad de la ville touristique de Batoumi. Ce diplomate chevronné, fort de vingt-cinq années d’expérience au sein du ministère des Affaires étrangères, a été accueilli chaleureusement par le Rav Zeevi Mendelson, émissaire du Rabbi. Cette rencontre témoigne de l’importance du lien entre l’État hébreu et les communautés juives de Géorgie.

 

 

Un Kidouch Hachem au cœur de Batoumi

Le nouvel ambassadeur d’Israël en Géorgie, M. Walid Abou-Haya, a effectué une visite de découverte officielle au Beth Habad de Batoumi, ville portuaire située sur les rives de la mer Noire.

Diplomate de carrière depuis 1999, M. Abou-Haya apporte à ses nouvelles fonctions une riche expérience internationale. Il a notamment occupé le poste de chef de mission adjoint auprès de l’Union européenne et de l’OTAN à Bruxelles, avant de diriger le département des Affaires palestiniennes et de la Coopération régionale au ministère des Affaires étrangères. Plus récemment, il a coordonné l’application du blocus maritime durant le conflit actuel, en collaboration avec les forces navales israéliennes.

L’ambassadeur a été reçu par le Rav Zeevi Mendelson, émissaire et directeur du Beth Habad local, qui œuvre dans le cadre du réseau des émissaires de Géorgie sous la direction du Rav Meïr Kozlovsky, émissaire principal du Rabbi dans le pays.

Cette visite s’inscrit dans une série de rencontres que l’ambassadeur organise depuis son entrée en fonction, conscient de l’importance des liens avec les communautés juives de Géorgie et avec les dizaines de milliers de touristes israéliens qui visitent le pays, et particulièrement Batoumi, tout au long de l’année.

Un essor remarquable de la vie juive

Le Rav Mendelson a accueilli l’ambassadeur avec une grande chaleur et lui a présenté en détail le formidable développement de la vie juive dans la ville au cours des dernières années, grâce au soutien de l’émissaire principal, le Rav Kozlovsky.

L’émissaire a fait découvrir à son hôte la synagogue historique de la ville, le réseau de Cacherout méticuleusement supervisé, ainsi que l’organisation caritative qui apporte une aide matérielle et spirituelle aux nombreux voyageurs dans le besoin, parfois dans des situations d’urgence complexes.

 

 

Des préparatifs intensifs pour ‘Hanouka

Au cœur de cette rencontre, le Rav Mendelson a présenté à l’ambassadeur le plan stratégique et les préparatifs massifs en vue de la fête de ‘Hanouka. Le diplomate a découvert les projets d’allumages publics sur les places principales de la ville, qui proclameront fièrement le miracle de ‘Hanouka, ainsi que le dispositif logistique de distribution de milliers de kits de ‘Hanouka aux Juifs de la ville et aux touristes, dans le cadre du « Mivtsa ‘Hanouka » mondial initié par le Rabbi.

L’admiration du représentant israélien

M. Abou-Haya, titulaire de deux maîtrises de l’Université de Haïfa et diplômé du Collège de Défense nationale d’Israël, n’a pas caché son admiration devant l’ampleur des activités et le fait que chaque Israélien trouve au Beth Habad une adresse pour tous ses besoins. Dans des propos émus prononcés durant la visite, l’ambassadeur a déclaré : « C’est émouvant de voir au cœur de Batoumi un point de lumière qui rassemble tout le monde. Votre sollicitude envers chaque Israélien et chaque Juif où qu’il soit, et la chaleur que vous offrez à quiconque franchit votre porte, constituent un atout stratégique et un titre d’honneur pour l’État d’Israël. Les préparatifs de ‘Hanouka que j’ai vus ici sont une preuve supplémentaire que la lumière triomphe toujours. »

À l’issue de la visite, il a été convenu de renforcer la coopération entre l’ambassade et les émissaires du Rabbi dans le pays, au bénéfice de la communauté israélienne et juive.

Affronter les défis de l’exil avec une vision de Guéoulah

Affronter les défis de l’exil avec une vision de Guéoulah

Comment traverser les derniers instants du Galout avec le regard du Machia’h ? Le Rav Ephraïm Mintz nous livre une analyse profonde des trois approches de Yaakov Avinou face à Essav, et dévoile comment le Rabbi de Loubavitch nous enseigne à transformer l’obscurité en lumière. Une leçon essentielle pour notre génération.

 

Rav Ephraïm Mintz, directeur exécutif de JLI

Le Rav Ephraïm Mintz est le directeur exécutif fondateur du Rohr Jewish Learning Institute (JLI), le plus grand réseau d’éducation juive pour adultes au monde, présent dans plus de 2 000 communautés à travers le globe.
Sous sa direction, le JLI a développé un réseau dynamique de départements éducatifs destinés aux adolescents, aux étudiants universitaires, ainsi qu’une plateforme d’apprentissage en ligne. Il organise également chaque année le National Jewish Retreat, un séminaire d’envergure nationale.
Le Rav Mintz siège au comité exécutif du Kinous Hachlouhim international.

 

La Torah exige de nous une perspective de Guéoulah

La Torah nous enjoint d’adopter une conscience de Guéoulah, alors même que nous demeurons ancrés dans le Galout. Ou plutôt, pas si ancrés que cela : nous traversons les ultimes instants de l’exil, nous en parcourons le dernier kilomètre avant d’entrer dans l’ère messianique.

Le Rabbi nous offre le prisme à travers lequel nous devons apprendre à nous percevoir nous-mêmes, à percevoir autrui et le monde : celui du Machia’h et de la Guéoulah.

Il a enseigné que l’étude approfondie des sujets relatifs au Machia’h poursuit un objectif précis : lorsqu’on s’immerge véritablement dans un sujet, on en intériorise la vision du monde, elle devient partie intégrante de soi. Ainsi, en nous plongeant dans l’étude du Machia’h, nous apprenons littéralement à voir le monde, à nous voir nous-mêmes, à considérer notre mission, à travers le prisme de la Guéoulah.

La Paracha Vayichla’h : un guide pour l’exil

C’est dans cette perspective que nous allons aborder un sujet lié à notre Paracha. Comme beaucoup d’entre vous le savent peut-être, celle-ci occupe une place singulière dans l’histoire juive.

Le Midrach rapporte que le Ramban, avant toute rencontre avec des responsables gouvernementaux ou des dignitaires royaux, prenait soin de lire notre Paracha. Il précise d’ailleurs que cette pratique était répandue parmi les Juifs d’Israël : avant de se présenter devant des ministres, des rois ou des dirigeants, ils veillaient à étudier la Paracha Vayichla’h.

Le Midrach relate également qu’un jour, pour une raison inconnue, le Ramban avait omis — ou n’avait pas eu le temps — d’étudier cette Paracha avant un voyage. Au retour, il lui arriva un malheur : il fut attaqué par des brigands qui le dépouillèrent de tous ses biens. Un voyage désastreux, qu’il attribua à cette négligence.

Les écrits rabbiniques désignent cette Paracha sous le nom de « Parachat Hagalout ». Non qu’elle traite de l’exil en tant que tel, mais parce qu’elle nous guide et nous enseigne comment, en tant que Juifs, nous devons vivre dans l’exil et affronter le Galout qui nous entoure.

La Paracha Vayichla’h constitue ainsi un paradigme de la vie en exil. Certains ont d’ailleurs la coutume, à la sortie du Chabbat, au seuil de la nouvelle semaine, d’en étudier les premiers versets — pour méditer sur la manière dont Yaakov a fait face à Essav, modèle de notre propre confrontation avec l’exil.

Les trois préparatifs de Yaakov

Examinons le début de la Paracha. Nous savons tous qu’à ce moment décisif où Yaakov s’apprête à rencontrer Essav, le Midrach enseigne qu’il s’est préparé de trois manières : par le cadeau, par la prière et par la guerre.

Tandis qu’il avançait avec toute sa maisonnée vers Essav, il nourrissait trois intentions qui, nous le verrons, semblaient contradictoires. D’un côté, il apportait un cadeau — or, d’ordinaire, lorsqu’on offre un présent à quelqu’un, on ne s’apprête pas à le combattre. Pourtant, dans ce voyage vers Essav, Yaakov portait à la fois un présent, une disposition au combat et une prière.

Nous allons prendre ces trois démarches comme paradigme de la manière dont nous devons considérer les forces d’Essav dans le monde — le Galout qui nous environne.

Ce qui définit le Galout et la Guéoulah

Nous savons ce qui définit le Galout et, par contraste, ce qui définit la Guéoulah. En une phrase : dans le Galout, nous sommes contraints d’affronter des forces de négativité, des voix qui semblent s’opposer à la sainteté. Tel est l’environnement, le produit, la mentalité de l’exil.

Et qu’est-ce que la Guéoulah ? Nous connaissons tous l’enseignement du Rambam : en quoi consisteront les jours du Machia’h ? « J’anéantirai, je retrancherai toutes les forces de Touma. » Voilà l’essence même de la distinction : dans le Galout, nous affrontons la Touma ; lorsque le Machia’h viendra, tout cela se dissipera.

Trois manières d’affronter l’obscurité

Nous allons donc examiner trois façons de faire face aux forces de l’obscurité et aux voix de l’opposition.

Première approche : lorsqu’une personne se heurte à une force d’opposition inflexible, quelle est la seule issue ? C’est l’un des chemins empruntés par Yaakov : anéantir, soumettre entièrement cette force. On pourrait dire que ce n’est pas véritablement une approche de Guéoulah. Quand les forces du mal refusent de se rendre, il faut combattre, lutter, chercher à les subjuguer. C’est la « Mil’hamah » — la guerre — à laquelle Yaakov s’est préparé.

Deuxième approche : moins caractéristique du Galout, mais pas encore la Guéoulah. Il s’agit d’adoucir la dureté de l’opposition, de neutraliser la négativité, de permettre une coexistence. Parfois, l’ennemi n’a pas besoin d’être détruit ; on peut l’amadouer. Où le voyons-nous chez Yaakov ? Lorsqu’on offre un « Matana » — un cadeau — à quelqu’un, cette personne ne devient pas nécessairement notre allié, mais on neutralise l’hostilité, on atténue l’animosité, on éveille la bonne volonté. Car chaque être, au plus profond de lui-même, possède quelque chose de bon qu’on peut faire entendre. Telle est la deuxième démarche de Yaakov : puisqu’on ne peut éliminer l’adversité, on l’adoucit.

Troisième approche : non seulement nous n’avons pas à combattre l’obscurité, non seulement nous n’avons pas seulement à la réduire, mais nous pouvons la submerger et la transformer ! Prendre une force de Touma et la métamorphoser en force de Kedoucha.

C’est l’approche de la Guéoulah. L’approche ultime. Prendre les forces de négativité et les transformer : quelque chose d’unique, peut-être sans précédent, mais c’est là le regard de la Guéoulah.

Voici donc les trois démarches adoptées par Yaakov : « Mil’hamah », l’approche la plus élémentaire ; « Matana », pour neutraliser ; et « Tefila » — la prière — pour transformer entièrement.

L’histoire de l’Admour Hazakène chez le Mitnaged

Il est une histoire que nous connaissons tous, liée à Youd-Teth Kislev. Je voudrais vous présenter trois perspectives par lesquelles le Rabbi éclaire cet épisode.

Nous savons que la libération de l’Admour Hazakène, le Youd-Teth Kislev, marque la naissance de la ‘Hassidout ‘Habad. Nous sommes présentement en route vers ce jour.

L’Admour Hazakène sortit de prison, mais au moment même où il croyait l’épreuve terminée, survint ce que nous connaissons tous : par erreur, on le conduisit dans une maison, à un mauvais étage. On pensait se rendre chez un sympathisant ; on entra chez un Mitnaged. Et comme l’Admour Hazakène le relata plus tard, ces heures furent plus éprouvantes encore que les 53 jours passés en prison.

Je souhaite partager trois regards du Rabbi sur cet épisode — trois clés de lecture. L’une relève du Galout, une autre s’en éloigne, la troisième appartient pleinement à la Guéoulah.

Première perspective : le regret d’avoir accordé de l’importance à l’opposition

Il existe une lettre du Rabbi, d’une force considérable. Je crois que tout Juif, et particulièrement tout ‘Hassid, devrait la lire.

Le Rabbi y écrit que chacun des Rebbeim a eu des opposants. Mais, par la grâce de D.ieu, de nos jours comme à leur époque, la victoire de la ‘Hassidout a été proclamée publiquement. Quiconque se dresse contre la ‘Hassidout et emprunte les voies des Mitnagdim sera humilié publiquement. Leur chute est certaine dès le départ. S’il faut parfois du temps pour que leurs vraies couleurs se révèlent, c’est parce que nous leur accordons trop d’attention.

Et voici les derniers mots, raison pour laquelle je cite cette lettre : « Combien l’Admour Hazakène a souffert ! Combien il a regretté d’avoir bu cette tasse de thé dans la maison du Mitnaged ! »

Comment le Rabbi comprend-il cette visite ? L’Admour Hazakène a regretté, car il avait accordé attention et considération à cette opposition. Telle est la première lecture.

Deuxième perspective : adoucir l’opposition par la bonté

La deuxième lecture s’éloigne de la mentalité du Galout et se rapproche de la Guéoulah. C’est l’approche du « Matana » : neutraliser, adoucir, atténuer la dureté de l’opposition.

Le Rabbi l’évoque à propos de la lettre que l’Admour Hazakène rédigea après sa libération : « Je suis sorti de prison. » Le Rabbi demande : pourquoi était-il nécessaire de l’écrire ? Et il explique que l’Admour Hazakène nous enseigne une leçon. Il est sorti un jour précis, et la signification de ce jour représente l’humilité, l’exhortation à ne pas traiter durement les opposants.

L’histoire de Rav Vogel et les 71 institutions

Une histoire illustre de manière saisissante cette vision du Rabbi.

En l’honneur de ses 70 ans, le Rabbi annonça la création de 71 institutions (Mossadot). Plutôt que de définir lui-même ces institutions, il établit des critères et invita les ‘Hassidim à soumettre des propositions qu’il accepterait ou refuserait.

À Londres vivait un Juif du nom de Vogel, surnommé Bobby Vogel, qui exerçait le métier de diamantaire. Depuis des années, cet homme accomplissait une œuvre remarquable : il accueillait de jeunes mariés de 18 ou 19 ans qui, après un an ou deux d’études au Kollel, avaient besoin d’apprendre un métier pour gagner leur vie. Chaque année, il en formait quelques-uns à l’art de la taille et du sertissage des diamants.

Lorsqu’il entendit parler de l’initiative du Rabbi, M. Vogel eut une idée : pourquoi ne pas transformer cette activité bénévole en une véritable institution ? Il prépara soigneusement un dossier complet et le présenta au Rabbi.
Le Rabbi examina la proposition et répondit : « C’est une excellente initiative que vous devez poursuivre. Cependant, elle ne peut pas figurer parmi les 71 institutions officielles. »

M. Vogel fut profondément déçu. Il avait voulu offrir ce projet comme un cadeau d’anniversaire au Rabbi, y investissant sa réflexion, son temps et son argent. Et voilà que le Rabbi semblait le rejeter.

Percevant sa déception, le Rabbi lui dit : « Permettez-moi de vous expliquer. »

Et il lui dressa ce tableau : « Imaginez un jeune homme à Londres. Il vient de se marier et cherche un gagne-pain. Il entend parler de votre institution. Il prend le métro, descend à l’arrêt, s’approche du bâtiment… et aperçoit l’inscription « Loubavitch » sur la façade. Or ce jeune homme est un ‘Hassid de Satmar. À cette époque, les tensions entre Satmar et Loubavitch sont vives. Ce jeune homme, mal à l’aise, fait demi-tour et reprend le métro sans jamais franchir la porte. »

Le Rabbi conclut : « Comment pourrais-je porter sur mes épaules la responsabilité d’avoir fait fuir un Juif ? Continuez donc votre magnifique travail, mais ne l’appelez pas Loubavitch. C’est pourquoi ce projet ne peut pas faire partie des 71 institutions. »
Je raconte souvent cette histoire lorsque je rencontre des ‘Hassidim de Satmar, car elle révèle l’essence même du Rabbi. Un ‘Hassid s’est d’ailleurs un jour exclamé en arrivant à New York : « Pourquoi lui volez-vous son titre en l’appelant « le Rabbi de Loubavitch » ? Il n’est pas seulement le Rabbi de Loubavitch ! Pourquoi le limiter ainsi ? »

Car le Rabbi refusait de voir des différences et des divisions parmi les Juifs. Il voyait le monde à travers le prisme du Machia’h, et nous exhortait à faire de même. Et lorsqu’on regarde le monde à travers ce prisme, il n’existe aucune division entre les Juifs. Le Rabbi insistait : nous vivons déjà dans un monde de Guéoulah.

La France et la transformation de l’obscurité

Le Rabbi a révélé quelque chose de remarquable concernant la France.

Nous savons que la France, d’un certain point de vue, représentait l’expression ultime de la Kelipa (force du mal). C’est précisément pour cette raison que l’Admour Hazakène s’est battu corps et âme contre Napoléon durant les guerres napoléoniennes. Il a même décrété que Napoléon ne remporterait pas la victoire.

Mais le Rabbi dévoile ensuite un fait surprenant, que peu de gens connaissent : l’Admour Hazakène a envoyé des membres de sa propre famille en France comme émissaires !

Réfléchissez à cela : d’un côté, l’Admour Hazakène luttait spirituellement contre Napoléon et la France ; de l’autre, il y envoyait des Chlou’him. Le Rabbi explique dans une Si’ha que ces émissaires, par leur travail sur place, ont réussi à briser la Kelipa de la France. Ils ont brisé cette force d’obscurité de l’intérieur.

Quel enseignement en tirer pour notre génération ?

Nous vivons à une époque où notre façon de faire face à la négativité doit changer radicalement. À travers le regard du Machia’h, il ne s’agit plus de combattre l’obscurité, comme c’était la voie du passé. Il ne s’agit même plus de la neutraliser ou de l’adoucir. Il s’agit de la transformer ! De prendre chaque parcelle d’obscurité, chaque forme d’opposition, et de la convertir en lumière.

C’est là l’enseignement du Rabbi : ouvrons les yeux, et chaque fois que nous percevons quelque chose de négatif, regardons-le à travers le prisme de la Guéoulah. Non pas comme un obstacle à combattre, mais comme une opportunité de transformation.

« C’est entre vos mains »

Le Rabbi a dit à un ‘Hassid qui était arrivé un jour en taxi devant le 770 : alors qu’il sortait du taxi, le Rabbi sortait du 770. Le Rabbi le regarda et dit : « Ah, le Machia’h est arrivé ! »

Le ‘Hassid ne savait pas où se mettre. Il ne savait pas quoi répondre. Alors il répondit : « Que le Rabbi ait un bon Chabbat. » Il ne savait pas quoi dire, c’est ce qui lui est venu.

Alors le Rabbi dit : « C’est entièrement entre vos mains. »

Maintenant que le Rabbi nous donne son prisme, nous devons porter le prisme du Rabbi. À travers l’étude du Machia’h et de la Guéoulah, nous pouvons nous voir nous-mêmes et voir le monde à travers le prisme de la Guéoulah.

Puissions-nous voir très bientôt non seulement nous, mais le monde entier le voir également.

 

Grande célébration à Kfar Habad : un nouveau Sefer Torah entre dans le sanctuaire de la Yechiva centrale

Grande célébration à Kfar Habad : un nouveau Sefer Torah entre dans le sanctuaire de la Yechiva centrale

Ce soir se déroule un événement grandiose en l’honneur de la Torah et de la joie qu’elle procure. La cérémonie débute par l’écriture des dernières lettres au Beth Agoudat ‘Hassidei Habad 770 de Kfar Habad, puis se poursuit par une procession festive jusqu’à la Yechiva « Tomkhei Temimim » centrale. Ce Sefer Torah a été offert avec générosité de cœur et pour le mérite du ‘Hassid, homme d’élévation, soutien de longue date et ami fidèle de la sainte Yechiva, Rav ‘Haïm Tsvi ben Choulamit Nach, de Miami, Floride.

 

 

Une procession solennelle à travers les artères du village

Après l’écriture des dernières lettres et l’achèvement du Sefer Torah, une procession festive réunira l’ensemble des étudiants de la Yechiva centrale. Le cortège partira du bâtiment 770 en direction de la Yechiva, empruntant la rue « Rabbi de Loubavitch » puis la rue « Rabbi Rachab ».

Réjouissances et Hakafot dans la grande salle

L’entrée du Sefer Torah et la joie des Hakafot se dérouleront dans la grande salle de la Yechiva, dans une atmosphère de chants et de musique. L’événement sera animé par le chanteur ‘hassidique Rav Yoni Chlomo, accompagné de l’orchestre de Rav Elour Wolner.

Un festin de Mitsva en l’honneur du généreux donateur

À l’issue des Hakafot, un repas de Mitsva sera servi, si D.ieu le veut, dans le réfectoire de la Yechiva. Y participeront les directeurs de la Yechiva, les membres de la direction administrative et spirituelle, les Machpi’im, Machgui’him et enseignants, les étudiants Temimim, le généreux donateur du Sefer Torah, Rav ‘Haïm Tsvi Nach, ainsi que les membres de sa famille et ses amis.

Appel chaleureux à la communauté

La direction de la Yechiva lance un appel affectueux à l’ensemble des membres de la communauté Anach de Kfar Habad, aux amis de la Yechiva et aux parents des élèves, les invitant à participer et à prendre part à ce grand événement célébrant la joie de la Torah, en l’honneur du généreux bienfaiteur de la Yechiva et en l’honneur de la Yechiva « Tomkhei Temimim » centrale.

Un espace dédié aux femmes

L’une des salles de classe de la Yechiva a été spécialement aménagée avec des tables dressées pour accueillir les femmes participant à l’événement.

 

 

Russie : Après plusieurs années de travaux la synagogue historique de Kislovodsk retrouve sa splendeur d’antan

Russie : Après plusieurs années de travaux la synagogue historique de Kislovodsk retrouve sa splendeur d’antan

Après plusieurs années de travaux minutieux, l’antique synagogue de Kislovodsk, dans le Caucase russe, a été inaugurée en grande pompe en présence du Grand Rabbin de Russie. Ce lieu chargé d’histoire, autrefois fréquenté par trois générations de Rabbi’im de Loubavitch, renaît aujourd’hui pour servir la communauté juive locale et les nombreux visiteurs de cette station thermale réputée.

 

 

Une rénovation de fond en comble

Avec l’achèvement des travaux de rénovation de l’antique synagogue de la ville de Kislovodsk, en Russie, et la restauration de ce site historique des fondations jusqu’au toit, un chantier qui s’est étalé sur plusieurs années, la communauté juive a enfin pu célébrer ensemble cet événement tant attendu.

La cérémonie d’inauguration de l’ensemble du complexe et la pose des Mezouzot aux portes de la salle de prière a été honorée par la présence du Grand Rabbin de Russie, le Rav Berel Lazar.

Un accueil officiel empreint de solennité

Le gouverneur du district, le maire, les dignitaires de la ville et les dirigeants communautaires, conduits par le président de la communauté, Rav Akiva Khoudaïnatov, ont accueilli l’illustre invité et lui ont fait visiter les deux bâtiments historiques. Tous ont été extrêmement impressionnés par les résultats magnifiques, rendant à cette couronne sa gloire d’autrefois. Cette restauration a été rendue possible grâce au soutien des autorités gouvernementales ainsi qu’à la générosité du philanthrope Naoum Babaïev, natif de la ville, accompagné d’autres donateurs parmi les amis de la communauté.

Kislovodsk : la perle thermale du Caucase

Ce lieu constitue un véritable pôle d’attraction pour les Juifs de la ville et les nombreux touristes qui visitent la région pour ses eaux minérales et son air pur. Située dans les contreforts des montagnes du Caucase, dans le kraï de Stavropol, au sud-ouest de la Russie, Kislovodsk est l’une des stations thermales les plus renommées du pays. Son nom, qui signifie littéralement « eaux aigres » en russe, fait référence aux abondantes sources minérales qui jaillissent dans la région, notamment la célèbre source Narzan, connue depuis des temps immémoriaux pour ses vertus curatives.

L’histoire officielle de la ville remonte à 1803, lorsque l’empereur Alexandre Ier ordonna la construction d’une forteresse militaire près de la « source aigre ». Dès 1823, un hôtel et un parc furent aménagés, marquant le début de la vocation touristique de la cité. Le chemin de fer y arriva en 1893, facilitant l’afflux de visiteurs. En 1903, Kislovodsk obtint officiellement le statut de ville et devint rapidement la « capitale estivale » de la Russie, attirant la crème de l’aristocratie, des artistes et des musiciens russes.

Surnommée la « Ville du Soleil », Kislovodsk bénéficie d’environ 300 jours de ciel dégagé par an, d’un climat doux et d’un air pur et ionisé. Entourée de montagnes qui la protègent des vents froids, elle jouit d’un microclimat aux propriétés thérapeutiques reconnues. Son immense parc thermal, le deuxième plus grand d’Europe avec ses 1 340 hectares, abrite plus de 250 espèces d’arbres et d’arbustes. Par temps clair, on peut apercevoir depuis la ville le mont Elbrouz, point culminant de l’Europe à 5 642 mètres d’altitude.

Une communauté juive à l’histoire mouvementée

Les Juifs s’installèrent à Kislovodsk après le milieu du XIXe siècle, dans cette zone où les autorités leur permettaient alors de résider. En 1890, une synagogue et une maison rabbinique furent inaugurées dans la rue Kouïbychev. Le recensement de 1912 ne comptait officiellement que 16 Juifs dans la ville, mais ces chiffres étaient manifestement sous-estimés, puisque deux maisons de prière et deux cimetières juifs fonctionnaient à cette époque. Jusqu’en 1917, un Rav et sa famille résidaient à Kislovodsk, et les réunions communautaires se tenaient dans sa demeure, aujourd’hui classée monument culturel et architectural sous le nom de « Maison du Rabbin ».

Dans les années 1920, une communauté de Juifs des montagnes s’établit dans la ville. Les Cho’hatim de Kislovodsk durant cette période étaient des ‘Hassidim de Loubavitch : Arié-Leib Gorelik, qui périt durant la Shoah, et Yossef Gourfinkel, mort en exil à Fergana. En 1926, 640 Juifs vivaient à Kislovodsk, soit 2% de la population totale ; ce nombre atteignit 766 en 1939.

La tragédie frappa la communauté durant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque les Allemands occupèrent la ville le 10 août 1942, de nombreux Juifs n’avaient pas pu fuir en raison d’obstacles bureaucratiques. Un Judenrat fut constitué, les Juifs durent porter l’étoile de David et furent soumis au travail forcé. Plus de 1 800 Juifs de Kislovodsk furent assassinés près de Mineralnyé Vody en septembre 1942. La ville fut libérée par l’Armée rouge le 10 janvier 1943.

En 1936, la synagogue avait été fermée par les autorités soviétiques et transformée successivement en commerces, clinique de désintoxication et divers bureaux administratifs. En 1948, une pétition des fidèles juifs pour rouvrir une synagogue fut rejetée. La vie juive dut se poursuivre clandestinement pendant des décennies.

Ce n’est qu’en 2000 qu’une communauté religieuse fut officiellement rétablie à Kislovodsk. En 2019, la synagogue réquisitionnée durant l’ère soviétique fut enfin restituée à la communauté, qui nomma Rav Akiva Khoudaïnatov comme Rav de la synagogue. Aujourd’hui, environ 1 500 Juifs vivent à Kislovodsk, et la communauté dispose d’une école d’hébreu pour enfants ainsi que de clubs pour les jeunes et les familles.

Un patrimoine vieux de 135 ans

Il y a environ 135 ans, une synagogue fut construite dans cette zone où les autorités autorisaient alors les Juifs à résider. Pendant des décennies, elle servit la communauté juive locale, jusqu’à ce qu’elle soit nationalisée par le régime communiste.

Durant ses années d’activité, elle reçut la visite du cinquième Rabbi de Loubavitch, le Rabbi Rachab, qui établit même une soupe populaire dans les environs, fournissant quotidiennement de la nourriture gratuite à tout Juif dans le besoin. Plus tard, son fils, le Rabbi Rayats, s’y rendit également, organisant des réunions pour les Rabbanim des villes environnantes afin de renforcer le judaïsme dans leurs communautés respectives. Son gendre, le Rabbi de Loubavitch, visita aussi brièvement ce lieu lorsqu’il vint rencontrer sa fiancée et son beau-père.

La renaissance d’un lieu saint

Après avoir réussi à racheter les lieux il y a quelques années, le Rav de la synagogue « Bolchaïa Bronaïa – Habad » à Moscou, Rav Its’hak HaCohen Kogan, fit transférer un Sefer Torah par l’intermédiaire de son élève, Rav Akiva Khoudaïnatov, natif de la ville, qui dirige aujourd’hui la communauté et gère les lieux.

Lorsqu’il devint possible de rénover l’endroit, tant du côté des autorités que du donateur, le projet fut lancé. Durant les travaux, l’emplacement du Mikvé original qui fonctionnait autrefois sur place fut découvert. Malgré les fissures et les modifications apportées par les occupants du bâtiment au fil des années, on peut encore percevoir la beauté impressionnante que les Juifs de l’époque avaient investie pour construire ce lieu avec un maximum de splendeur et de magnificence.

Une restauration fidèle à l’original

Des dizaines d’ouvriers experts dans le domaine ont restauré l’ensemble de la structure, d’après des photographies conservées depuis cette époque, tout en agrandissant les lieux par l’ajout d’un Beth Hamidrach qui comprendra une importante bibliothèque de textes sacrés.

Une inauguration solennelle

Lors de la célébration de la ‘Hanoukat Habaït, une lettre de félicitations du président de la Fédération des Communautés Juives de Russie, Rav Alexander Boroda, fut lue par l’aumônier de l’armée et des prisons russes, Rav Aharon Gourevitch. L’honneur de fixer les Mezouzot fut accordé au Chalia’h et Rav de la République du Tatarstan et de la ville de Kazan, Rav Its’hak Gorelik, ainsi qu’au Rav de la communauté de la ville de Piatigorsk, Rav Eliyahou Levin.

Rav Levi Chabaïev, Rav de la ville de Naltchik, était également présent, accompagné d’autres invités venus de la capitale, Moscou.

 

EN IMAGES. Grand Farbrenguen du 10 Kislev au 770 Motsaei Chabbat Parachat Vayetse

EN IMAGES. Grand Farbrenguen du 10 Kislev au 770 Motsaei Chabbat Parachat Vayetse

 

Le 10 Kislev 5786, la communauté ‘hassidique s’est rassemblée au 770 Eastern Parkway pour célébrer une date aux multiples significations. Jour de naissance, de Hilloula et de libération du Mitteler Rebbe, cette soirée de Motsaei Chabbat fut l’occasion d’un grand Farbrenguen empreint de ferveur et de joie ‘hassidique.

 

 

 

Une célébration au cœur du 770

La date du 9 et 10 Kislev revêt une importance toute particulière dans le calendrier ‘hassidique Habad Loubavitch. Elle marque à la fois l’anniversaire de naissance et la Hilloula (anniversaire de disparition) du Rabbi Dov Ber Schneouri, connu sous le nom de Rabbi Mitteler, deuxième Rabbi de la dynastie Habad. Le 10 Kislev commémore également sa libération miraculeuse de prison, événement célébré comme un véritable « ‘Hag Hagueoula », une fête de la délivrance.

Un Farbrenguen dans la synagogue principale

Pour marquer cette triple célébration, un grand Farbrenguen s’est tenu dans la synagogue principale du 770 Eastern Parkway, haut lieu du mouvement Habad Loubavitch, à l’issue du Chabbat. Les ‘Hassidim se sont réunis dans une atmosphère chaleureuse et inspirante pour honorer la mémoire du Rabbi Mitteler et perpétuer l’héritage spirituel qu’il a légué au monde juif.

Photos : Shalom Ross

 

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Applying the Rebbe’s Anniversary to Our Own Lives

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Barouh Dayan Haemet : le Rav Aharon Leib a’h HaCohen Dukhan, 77, a quitté ce monde Chabbat 9 Kislev 5786

Barouh Dayan Haemet : le Rav Aharon Leib a’h HaCohen Dukhan, 77, a quitté ce monde Chabbat 9 Kislev 5786

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès du Rav Aharon Leib Hacohen Dukhan. Il a eu le mérite de fonder une famille remarquable, dont plusieurs membres sont Chlou’him du Rabbi.

 

Aux côtés du Rabbi

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès du Rav Aharon Leib Hacohen Dukhan. Il s’est éteint pendant le saint Chabbat, le 9 Kislev, en Israël, à l’âge de 77 ans.

Originaire d’Oak Park, dans le Michigan, il a ensuite fait son Aliyah et s’est installé en Erets Israël.

Les funérailles ont eu lieu dimanche 10 Kislev, au cimetière de Netanya.

Le Rav Dukhan était un membre actif de la communauté Habad de Cincinnati, dans l’Ohio, où son épouse Ra’hel s’était éteinte.

Ses proches

Il laisse derrière lui son frère et sa sœur : Mme Barbara Stouffer du Michigan et Bruce Dukhan du Michigan.

Ainsi que ses enfants :

Michael Dukhan, de Midwood, New York
‘Hani Ozeri, de Cedarhurst, New York
‘Haya Sarah Smadja, Chliou’ha du Rabbi à Herzliya, Israël
Shani Jungreis, de Kensington, New York
Naomi Elbaz, de Saint-Brice, France
Mariasha Djian, de Crown Heights, New York
Yaakov Dukhan, de Crown Heights, New York
Rav Mena’hem Mendel Dukhan, Chalia’h à Tsoukei Aviv, Tel Aviv
Ra’hel Djian, de Groslay, France

Il laisse également de nombreux descendants : petits-enfants et arrière-petits-enfants.

le Rabbi confia à Reb Chemouel Levitin : «Si l’on enseignait la ‘Hassidout, nous aurions pu amener le Machia’h»

le Rabbi confia à Reb Chemouel Levitin : «Si l’on enseignait la ‘Hassidout, nous aurions pu amener le Machia’h»

Lors d’une Ye’hidout en 5727, le Rabbi confia à Reb Chemouel Levitin que malgré les centaines de jeunes hommes présents aux Farbrenguen, le véritable travail de diffusion des sources n’était pas accompli. Si ces mêmes jeunes s’étaient rendus dans les synagogues pour enseigner la ‘Hassidout, «nous aurions pu amener le Machia’h».

 

 

Le Farbrenguen hebdomadaire

« Les Ba’hourim se consacrent à la diffusion des sources », rapporta Reb Chemouel Levitin au Rabbi lors d’une Ye’hidout en Téveth 5727.

« Voilà donc comment l’on me console », répondit le Rabbi avec une pointe de mécontentement.

« Depuis l’année 5715 (1955), il existe une réelle possibilité d’amener le Machia’h, mais ce potentiel n’a pas été exploité… L’essentiel est qu’il faut un dévouement absolu à la diffusion de la ‘Hassidout ; il est indispensable d’étudier véritablement la ‘Hassidout, et que cela imprègne les jeunes hommes qui se tiennent aux Farbrenguen… »

Reb Chemouel tenta d’intervenir avec une note positive, faisant remarquer que plus de deux cents jeunes hommes assistent à chaque Farbrenguen.

Mais le Rabbi ne fut pas consolé :

« Si ces deux cents jeunes hommes diffusaient la ‘Hassidout dans les synagogues et s’investissaient activement dans la propagation des sources, nous aurions pu amener le Machia’h. Et alors, il n’y aurait pas eu non plus de soucis de Parnassa… La ‘Hassidout n’a jamais été aussi révélée qu’aujourd’hui », poursuivit le Rabbi, « et il n’y a plus de véritables opposants ; même ceux qui semblent s’opposer ne sont pas réellement contre… »

 


Rav Chemouel Lévitine : le Machpia légendaire de la Yechiva centrale de Loubavitch

Né le 13 ‘Hechvan 5643 (1882), Rav Chemouel Halévi Lévitine fut le premier bébé nommé en mémoire de l’Admour le Maharach après sa Histalkout. Machpia principal de la Yechiva Tomkhei Temimim au 770, il servit plusieurs Rabbeim et fut désigné par le Rabbi comme « maître » des États-Unis lors de Chemini Atséret 5731.

Une jeunesse auprès des Rabbeim

Rav Chemouel naquit dans la ville de Pohar. Son père, Rav Zeev Wolf Lévitine, était Machguia’h à la Yechiva Tomkhei Temimim de Loubavitch. Il figura parmi les premiers élèves de cette prestigieuse institution. Le Rabbi déclara un jour à son sujet : « Un Juif qui a eu le mérite d’entendre de la ‘Hassidout du Rabbi avant même que je sois né. »
Il épousa Cheïna, fille de Rav Achèr Margaliot. Elle l’accompagna dans tous ses voyages et exils : en Géorgie, en Ukraine et même en Sibérie. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle se trouva dans le ghetto de Vilna où elle assista au meurtre de ses deux fils, Chalom et Guerchon Ber, avant d’être elle-même assassinée dans d’atroces souffrances.

Rav de Rakchik et émissaire en Géorgie

Son beau-père était le Rav de la ville de Rakchik. Après son mariage, Rav Chemouel devint son bras droit, puis fut officiellement nommé Rav de Rakchik en 5669 (1909) grâce à l’intervention de l’Admour le Rachab.
En 5676 (1916), l’Admour le Rachab l’envoya à Koutaïssi en Géorgie comme Grand Rav de plusieurs villes importantes. Il y forma de nombreux élèves et fit venir une vingtaine de ‘Hassidim pour servir comme Rabbanim, enseignants et Cho’hatim dans les différentes communautés. Rabbi Its’hak Zeev de Brisk admirait grandement son œuvre en Géorgie et y envoya ses deux plus proches disciples pour renforcer l’action religieuse.

Persécutions soviétiques et exil

En 5685 (1925), recherché par les autorités soviétiques, il s’enfuit à Batoum – d’où son surnom « Rav Chemouel Batoumer ». Il revint ensuite auprès de l’Admour le Rayats à Pétersbourg et servit comme « Rav de la maison » dans la cour du Rabbi.
Cette même année, l’Admour le Rayats fonda à Nevel le Beth Hamidrach pour Rabbanim et nomma Rav Chemouel à sa tête. En Kislev 5689 (1928), le NKVD l’arrêta, ferma l’institution ainsi que la Yechiva Tomkhei Temimim de Nevel, et l’exila en Sibérie pour trois ans. Vers 5691 (1931), il réussit à s’échapper et rejoignit sa fille et son gendre, Rav Binyamin Gorodetzky, à Koursak, avant de s’installer à Moscou.

Arrivée aux États-Unis et rôle central

En Chevat 5697 (1937), il parvint à quitter la Russie pour Riga et reprit ses fonctions de Rav à Rakchik pendant environ un an. En Tamouz 5697, l’Admour le Rayats lui ordonna de se rendre aux États-Unis comme émissaire pour diffuser le Judaïsme. Initialement prévu pour sept à huit mois, ce séjour devint permanent sur instruction du Rabbi.
Il participa à l’organisation de l’écriture du Sefer Torah pour Machia’h et fut membre du comité pour la construction du Ohel de l’Admour le Rayats. En ‘Hechvan 5702 (1941), il fut envoyé fonder la Yechiva Tomkhei Temimim de Montréal.
Le Rabbi lui vendait son ‘Hamets avant Pessa’h et lui soumettait des questions de Halakha. Il servit comme Machpia principal de la Yechiva Tomkhei Temimim au 770.

Histalkout et hommage du Rabbi

Rav Chemouel Lévitine s’éteignit le 11 Elloul 5734 (1974). Le Rabbi participa à ses funérailles mais précisa qu’il ne pourrait pas entrer dans le cimetière, car cela l’obligerait à se rendre également au Tsiyoun de l’Admour le Rayats, ce qui nécessitait des préparations particulières.

 

10 Kislev 5786 : célébrons-nous vraiment le bicentenaire de la libération du Mitteler Rebbe ?

10 Kislev 5786 : célébrons-nous vraiment le bicentenaire de la libération du Mitteler Rebbe ?

Cette année, de nombreux calendriers et annonces présentent le 10 Kislev comme une date historique majeure : les 200 ans de la libération du Mitteler Rebbe. Pourtant, selon la tradition généralement admise, il aurait été libéré en 5587, soit l’année précédant sa Histalkout en 5588. Dans ce cas, le véritable bicentenaire ne devrait-il pas être célébré l’année prochaine ?

 

 

10 Kislev 5786 : célébrons-nous vraiment le bicentenaire de la libération du Rabbi Mitteler ?

Pour élucider cette question, il faut remonter dans des archives oubliées, retrouver des documents disparus et examiner une interrogation que les Rebbeim eux-mêmes ont débattue au fil des années.

Une histoire longtemps restée floue

L’histoire de l’emprisonnement du Rabbi Mitteler et de sa libération le 10 Kislev est toujours restée quelque peu obscure, notamment concernant l’année exacte de la Gueoula.

Le Kountrass Bad Kodech est une longue lettre que le Rabbi Mitteler adressa au Général-Gouverneur Nikolaï Tchavansky, dirigeant de la province de Vitebsk, après son arrestation. Il y demande qu’un jugement équitable soit tenu afin que « la droiture de la justice soit manifeste… plus que devant n’importe quel ministre ou juge… pour écarter de moi toutes les fausses accusations ».

Pendant un certain temps, cette lettre fut attribuée par erreur à l’emprisonnement de l’Admour Hazakène, mais le Rabbi, dans son introduction au Kountrass, rejette cette attribution et explique comment cette confusion s’est produite.

Le Kountrass fut édité et publié par le Rabbi en 5707 (1947), accompagné de nombreuses Hearot ainsi que d’une introduction.

Deux dates, deux traditions

Dans l’introduction au Kountrass Bad Kodech (p. 9), il est écrit : « Grâce à Hachem, il fut libéré en paix, avec grand honneur et gloire, le dimanche de la Paracha Vayétsé, le 10 Kislev de l’année 5587 (1826). »

Cependant, une note de bas de page précise :

« Toutefois, dans le Beth Rabbi, il est écrit que l’arrestation et la libération eurent lieu en 5586. Or, il existe une tradition provenant de Beth Harav selon laquelle tous ces événements se produisirent en 5587. (C’est pour cette raison que la célébration de 10 Kislev ne fut pas fermement établie, car l’année suivante, au cours de laquelle la célébration aurait dû avoir lieu pour la première fois, le Rabbi Mitteler quitta ce monde le 9 Kislev.) »

La fiabilité du Beth Rabbi

Le Beth Rabbi constitue la biographie principale et la plus complète des premiers Rebbeim de Habad. Elle fut rédigée par Rav ‘Haïm Meïr Hillman après treize années de recherches minutieuses et de vérifications. Bien que certains relèvent des imprécisions occasionnelles, principalement dans les sections concernant le Maguid et les périodes antérieures où l’auteur s’appuyait sur des témoignages de seconde ou troisième main, le consensus général reconnaît au Beth Rabbi une grande fiabilité. L’ouvrage est largement cité, notamment dans les Si’hot du Rabbi Précédent.

Comme le Rabbi le confia à Rav Israël Jacobson : « Concernant le Baal Chem Tov et ses disciples, d’autres ont mieux écrit, mais pour ce qui est de l’Admour Hazakène, il est remarquablement supérieur. » Le Rabbi déclara également, au nom du Rabbi Précédent, que « ses récits sont exacts » (Torat Mena’hem 5732, vol. 68, p. 329) et fit observer au sujet de ce Sefer : « On perçoit dans sa manière d’écrire combien il est précis et méticuleux en toute chose » (Torat Mena’hem 5742, vol. 2, p. 1058).

Le doute persiste

Malgré tout cela, le Rabbi écrit dans son journal de Kislev 5693 (publié dans Rechimot, fascicule 69, p. 11) :

« Il subsiste un doute quant à savoir si la libération eut lieu en 5586 ou en 5587. »

Et dans le Sefer HaSi’hot du Rabbi Précédent, 5701 (p. 50) :

« Concernant le Yom Tov de 10 Kislev, il existe des opinions divergentes quant à l’année où il se produisit. Dans le Beth Rabbi, il est indiqué que ce fut en 5586. D’autres soutiennent que le Yom Tov ne commença à être observé qu’après la Histalkout du Rabbi. Et il existe une autre opinion selon laquelle le début des accusations remonte à 5586, l’affaire se prolongea jusqu’en 5587, et le Yom Tov débuta en 5588. »

La position du Rabbi

Dans la plupart des sources, le Rabbi semble adopter la position selon laquelle la Gueoula eut lieu en 5587 (par exemple, Vayétsé 5752, où le Rabbi note également la correspondance calendaire avec 5587 et explique pourquoi la Gueoula ne fut pas célébrée la première année, en raison de la Histalkout du Rabbi Mitteler). Plus significativement encore, dans le Hayom Yom du 10 Kislev, le Rabbi écrit clairement : « Le Rabbi Mitteler fut libéré, 5587, de son emprisonnement dans la ville de Vitebsk. »

Néanmoins, le Rabbi fait généralement référence à la fois au Bad Kodech et au Beth Rabbi lorsqu’il évoque la Gueoula.

Une enquête dans les archives

En Kislev 5742, Rav Chalom Dov Ber Levine, bibliothécaire en chef de la Bibliothèque de Agoudat ‘Hassidei Habad, interrogea le Rabbi au sujet de plusieurs contradictions concernant la date de 10 Kislev. Le Rabbi répondit :

« Vérifiez (dans le Sefer Itim LeBina ?) quand tombait 10 Kislev en 5587 (et il y a un léger doute, peut-être la Gueoula en) 5586. »

Au cours de plusieurs années, Rav Berel Levine et d’autres chercheurs investirent des efforts considérables pour retrouver le dossier judiciaire du Rabbi Mitteler dans les archives gouvernementales. Finalement, en Nissan 5754, 120 pages furent découvertes dans les archives du Général-Gouverneur Tchavansky.

Trois étapes vers la libération

D’après ces documents, que Rav Levine a depuis traduits et publiés, il apparaît que la libération et l’acquittement du Rabbi Mitteler se déroulèrent en trois étapes, correspondant à la troisième opinion citée précédemment dans le Sefer HaSi’hot 5701. Selon les recherches de Rav Levine :

Première étape : Kislev 5586

À la fin de l’été 5585, Sim’ha Kissine soumit trois dénonciations calomnieuses contre le Rabbi. Pendant ‘Hol Hamoèd Souccot 5586, le Rabbi Mitteler fut conduit pour interrogatoire à Vitebsk, siège du Gouverneur Nikolaï Tchavansky. Les interrogatoires se poursuivirent durant le mois de Mar’hechvane. Le 6 Kislev, le Rabbi soumit une pétition au Gouverneur Tovanski demandant sa libération. Le 10 Kislev 5586, il fut autorisé à rentrer chez lui.

Deuxième étape : Kislev 5587

Le 19 Kislev 5586, le Gouverneur Khovanski transféra l’affaire au gouvernement provincial de Mohilev pour un examen judiciaire approprié. L’affaire fut confiée au Tribunal de Paix du district de Babinovitch. Des enquêtes furent menées à Loubavitch ainsi que dans les villes de Kapoust, Orcha, Chklov et Mohilev. Après avoir recueilli tous les témoignages, le Tribunal de Paix transmit sa décision à la Cour Supérieure de la province de Mohilev. Le 11 Kislev 5587, la Cour Supérieure acquitta le Rabbi de toutes les accusations.

Troisième étape : Kislev 5588

Le procureur provincial confirma l’acquittement. La décision fut envoyée au Gouverneur Khovanski, qui fit appel de la décision auprès du Sénat à Pétersbourg. Le 21 Kislev 5588, le Sénat confirma l’acquittement, mais cela survint plusieurs jours après la Histalkout du Rabbi Mitteler, le 9 Kislev 5588.

Une raison de célébrer

Malgré tous les documents retrouvés, il est important de noter une fois encore que le Rabbi parlait généralement de la Gueoula comme ayant eu lieu en 5587.

Quoi qu’il en soit, cette année, 10 Kislev marque soit les 200 ans depuis le ‘Hag HaGueoula du Rabbi Mitteler, soit le début de la deux centième année (Hat’halat Chenat Hamatayim) de la Gueoula. Dans les deux cas, voilà des raisons particulièrement convaincantes de célébrer et de renforcer notre étude et notre diffusion de la ‘Hassidout.

 


Naissance et lignée

Rabbi Dov Ber Schneouri naquit à Liozna, dans l’actuelle Biélorussie, le 9 Kislev 5534, correspondant au 13 novembre 1773. Son père, Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, était le fondateur du mouvement Habad et le guide spirituel de nombreux ‘Hassidim établis en Russie Blanche, en Lituanie et dans d’autres contrées de l’Empire russe.

Son père le prénomma en l’honneur de son propre maître, Rabbi Dov Ber de Mezeritch, disciple et successeur du Baal Chem Tov, fondateur du mouvement hassidique.

Une enfance vouée à l’étude

Dès son plus jeune âge, Dov Ber manifesta des aptitudes remarquables pour l’étude, doté d’une intelligence pénétrante et d’une mémoire prodigieuse. Il n’avait pas encore atteint l’âge de sept ans lorsqu’il entreprit l’étude de la Michna et de la Guémara. Au-delà du Talmud, son père lui enseigna le saint Zohar et lui transmit les enseignements du Baal Chem Tov.

En 1788, il épousa Sheina, fille d’un Rav de la région. Deux ans plus tard, en 1790, il fut désigné comme Machpia, guide spirituel des ‘Hassidim qui venaient rendre visite à son père.

Succession et établissement à Loubavitch

À l’âge de 39 ans, en 1812, alors qu’il se trouvait en étude à Krementchoug, son père rendit son âme à son Créateur. Rabbi Dov Ber s’installa alors dans la petite bourgade frontalière de Loubavitch, dont le mouvement adopterait désormais le nom.

Son accession à la tête du mouvement fut contestée par l’un des disciples les plus éminents de son père, Rabbi Aharon HaLevi de Strashelye. Néanmoins, la grande majorité des fidèles de Rabbi Chnéour Zalman demeurèrent aux côtés de Dov Ber et s’établirent à Loubavitch.

Il adopta le patronyme « Schneouri » en hommage à son père, mais les générations suivantes le transformèrent en « Schneersohn » ou « Schneerson ».

Une œuvre magistrale

Rabbi Dov Ber est l’auteur de nombreux ouvrages dont l’ambition était de classer et de rendre accessibles les pratiques mystiques, notamment les différents états de méditation dans la prière. Son œuvre maîtresse, le Chaar HaYi’houd, expose le concept de l’unité de D.ieu avec l’univers.

C’était un penseur d’une profondeur insondable. Il écrivait avec une telle aisance que l’on rapporte de lui cette anecdote : lorsqu’il achevait la dernière ligne d’une page, l’encre de la première ligne n’avait pas encore eu le temps de sécher.

Son gendre, le Tséma’h Tsédek, disait à son sujet : « Si l’on coupait le doigt de mon beau-père, c’est de la ‘Hassidout qui coulerait au lieu du sang. »

Descendance et héritage familial

Il eut deux fils, Mena’hem Na’houm et Barou’h, ainsi que sept filles. L’aînée de ses filles, Rebbetzin ‘Haya Mouchka, épousa son cousin Mena’hem Mendel Schneersohn, lui-même petit-fils de Chnéour Zalman de Liadi. Mena’hem Mendel lui succéda en tant que Rabbi.

Un amour profond pour la mélodie sacrée

Il hérita de son père un amour ardent pour la musique sacrée et les mélodies hassidiques, les Nigounim. Il encouragea le chant lors des Farbrenguen et constitua même un chœur parmi ses ‘Hassidim, connu sous le nom de « kapelye ».

Épreuves et délivrance

À l’instar de son père l’Admour Hazakène, il fut lui aussi arrêté à la suite de calomnies répandues par ses opposants. Sa fête de libération est célébrée le 10 Kislev.

Une vie accomplie

Le 9 Kislev demeure à la fois le jour de naissance et le jour du décès du Mitteler Rebbe, accomplissant ainsi le verset « Je remplirai le nombre de tes jours ». Il dirigea le mouvement Habad pendant quinze années et rendit son âme en prononçant un discours hassidique, avec ces mots sur les lèvres : « Car auprès de Toi est la source de la vie. »

Il fut connu sous le nom de « Mitteler Rebbe », le « Rabbi d’entre deux générations », car il appartint à la seconde des trois premières générations des dirigeants de Habad, lesquels sont considérés comme les « pères », les bâtisseurs de Habad-Loubavitch.