Entre le 24 Tevet et le 10 Chevat : Anecdotes hassidiques du Rav Motl (Morde’haï) Koselnir

Entre le 24 Tevet et le 10 Chevat : Anecdotes hassidiques du Rav Motl (Morde’haï) Koselnir

Couverture : La vie des hassidim derrière le rideau de fer, derrière le rideau de fer, Schiff, Betsalel, la série La vie des hassidim, Koselnir, Hazak, Koselnir Morde’haï, Shemir

 

Morde’haï Koselnir (connu aussi sous le nom de « Motl Koselnir » ou « Reb Motl Chernobyler ») est né en 1911 à Horodok, en Biélorussie. Il était le fils du célèbre Rabbin Hayyim Zalman Koselnir, connu sous le nom de « Hazak ».

Morde’haï a grandi dans l’atmosphère du hassidisme de Habad-Loubavitch. Adolescent, il a étudié à la yechiva de Lubavitch à Otwock, en Pologne. En 1928, il s’installe en Israël et poursuit ses études à la yechiva Achei Temimim de Tel-Aviv.

En 1946, il part en mission (« shlichout ») pour Samarkand en Ouzbékistan avec sa femme Nechama Dina, pour y diffuser le judaïsme et le hassidisme. Ils vivent dans des conditions très difficiles, sous la persécution communiste. En 1953, Nechama Dina est emprisonnée par le régime soviétique.

En 1971, Morde’haï Koselnir obtient l’autorisation d’émigrer en Israël avec sa famille. Il s’installe à Kfar Chabad et poursuit sa mission éducative, transmettant les valeurs du hassidisme aux nouvelles générations.

Il décède en décembre 1994 (23 Kislev 5755) et est enterré au cimetière de Kfar Chabad.

 

Le 23 Kislev est le yahrzeit du célèbre hassid R’ Motl (Morde’haï) Koselnir, le fils du légendaire « Hazak ».

« R’ Haïm Zalman Koselnir (« Hazak ») était mon professeur à Samarkand. J’étais étudiant à la faculté de droit de l’université de Tachkent. Un beau jour, j’ai tout laissé tomber et je suis allé à Samarkand pour étudier. Je suis venu voir R’ Haïm Zalman et je lui ai demandé de me préparer un lit pliant dans une pièce de sa maison où je pourrais dormir. R’ Haïm Zalman me réveillait tôt le matin. Ensuite, nous étudiions la Hassidout. Sa tante Tsipora, l’épouse de R’ Haïm Zalman, préparait le petit déjeuner. Après quoi, nous priions, étudiions, etc. »

« Les vacances se sont terminées et maman ainsi que mon frère Boria m’ont ramené à Tachkent. À Tachkent vivait R’ Morde’haï, le fils de R’ Haïm Zalman. Il était responsable de moi. »

« Plus tard, déjà en Israël, lorsque je vivais à Jérusalem et que R’ Morde’haï venait à Jérusalem, il logeait chez moi. »

À l’occasion de son yahrzeit (le mois dernier), voici quelques-unes de ses paroles qu’il a dites lors de conversations avec lui. Que son souvenir soit béni.

*Récits du Rabbi Motl Koselnir*

Une fois, un tsadik a réprimandé l’Alter Rebbe pour avoir aidé l’empereur russe dans sa guerre contre Napoléon: « Ponia (le surnom méprisant du roi russe) est un voleur, Ponia est un adultère, Ponia est un meurtrier ! »
L’Alter Rebbe a répondu en parlant mélodieusement :
« Certes, Ponia est un voleur, un adultère et un meurtrier. Mais il n’efface pas le Nom divin. En revanche, Napoléon, par ses libertés et son aristocratisme, efface le Nom divin. »

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Les vieux chevaux, on avait l’habitude de les abattre. Un jour, un noble entendit parler de cela et fut surpris : pourquoi ne donne-t-on pas une retraite et une vieillesse paisible à un animal aussi respectable ? L’ordre a été donné de remettre les vieux chevaux à des Juifs observateurs de la Torah et des commandements, car la loi leur interdit de causer de la détresse aux animaux, c’est-à-dire que les chevaux passeraient le reste de leurs jours dans le calme et l’abondance.
L’un de ces chevaux fut remis à un Juif qui puisait de l’eau. Ce Juif apportait de l’eau de la rivière à la ville tous les jours, utilisant des chevaux à cette fin. Un jour, des soldats chantant une marche militaire sont passés devant lui. Le cheval s’est immédiatement cabré sur ses pattes de derrière, renversant toute l’eau.
Et il doit en être ainsi ! Lorsque l’on entend la chanson du roi, même si l’on est un « vieux cheval », si l’on entend quelque chose qui touche à la gloire de la royauté, nous devons nous tenir immobile ! »

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J’ai une fois demandé à R’ Mendel Futerfass : « Quelle est la différence entre un communiste et un hassid ? »
Il a répondu : « La différence est très petite ! Un communiste déteste les riches et n’aime pas les pauvres. Un hassid aime les pauvres et ne déteste pas les riches ».

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Dans le Tanya, au chapitre 30, il est dit : « De plus, qu’il prenne à cœur de mettre en pratique le dicton de nos Sages : il sera humble de cœur face à tout homme ; il sera absolument vrai en face de tout homme, jusqu’au plus insignifiant. » Et à première vue, ce n’est pas clair pourquoi il est dit « absolument vrai » ? Il aurait suffi de dire « il sera vrai ». L’explication est que l’on doit être humble de cœur en face de tout homme, non pas seulement parce que le Tanya le demande, mais parce que c’est la vérité !

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J’ai entendu de mon père, le Tamim (l’intègre) R’ Haïm Zalman (« Hazak ») qu’une fois il y a eu un grand incendie à Loubavitch. Et tous les érudits et les craignant-Dieu ont couru sauver leurs biens. Et les « postiakes » ont couru sauver les rouleaux de Torah !

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Selon une ancienne rumeur hassidique, avant la venue du Machia’h, les gens ne verront pas le Rabbi…

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B. Kouznetsov : Il y a des histoires qu’il répétait tout le temps. Il les vivait ! Apparemment, elles étaient à la base de l’éducation qu’il a reçue, et il a été éduqué par de nombreuses personnes.

L’un de ceux qui l’ont construit était le Rabbi de Tchernovitz. Et à son époque, il a été éduqué par R’ Tsalke Ozretzer qui appelait R’ Hillel de Paritch « Hilke ».
(Les hassidim du Tsema’h Tsedek étaient appelés « Dor Deah », et en particulier ces quatre : R’ Hillel de Paritch, R’ Yitzhak de Homil, Tsalke Ozretzer et Pessah de Lostovker.)
R’ Motl a une fois demandé au Rabbi de Tchernovitz :
– Vous les avez vus. Qui étaient-ils ?
Le Rabbi de Tchernovitz a répondu :
-Il étaient des « Seriouznia mentchen » (des hommes sérieux).
R’ Motl en a souvent parlé, mais tout tournait autour de la question « qu’est-ce que Seriouznia ? » Ce n’est pas « ernstkeit » en yiddish, ce n’est pas « serious » en anglais, et ce n’est certainement pas « רצינות » en hébreu.
Nous n’avons jamais obtenu la réponse. Peut-être parce que R’ Motl lui-même ne la connaissait pas, mais qu’il l’a cherchée toute sa vie.

 

Quand le Rabbi de Loubavitch sauva les enfants juifs d’Iran : une épopée oubliée de l’histoire

Quand le Rabbi de Loubavitch sauva les enfants juifs d’Iran : une épopée oubliée de l’histoire

 

En 1979, tandis que la révolution islamique embrasait l’Iran et précipitait des millions de personnes dans l’incertitude, cinquante mille Juifs se retrouvèrent pris au piège d’un pays soudainement devenu hostile. Alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les otages américains de l’ambassade de Téhéran, une autre tragédie se jouait dans l’ombre : celle d’une communauté millénaire menacée d’anéantissement. Depuis Brooklyn, un homme allait orchestrer l’une des plus remarquables opérations de sauvetage de l’après-guerre : le Rabbi de Loubavitch.

 

 

 

L’effondrement d’un monde millénaire

L’année 1979 marqua la fin brutale d’une époque. Le gouvernement du Shah d’Iran, qui avait régné sur le pays pendant des décennies, s’effondra comme un château de cartes face à la déferlante révolutionnaire. L’ayatollah Khomeini prit le pouvoir, instaurant une République islamique dont les premières victimes furent les minorités religieuses, au premier rang desquelles figurait la communauté juive.

La panique s’empara des Juifs iraniens. Dans les rues de Téhéran, d’Ispahan et de Chiraz, le chaos régnait en maître. Les magasins tenus par des Juifs furent pillés sans vergogne, leurs vitrines fracassées par des foules en furie. Les voitures appartenant à des familles juives étaient incendiées en plein jour, transformant les quartiers jadis paisibles en véritables zones de guerre. Des siècles de coexistence semblaient s’évanouir en quelques semaines à peine.

La communauté iranienne, l’une des plus anciennes de la diaspora juive dont les racines remontaient à l’exil babylonien, vivait dans une terreur indicible. Ces familles qui avaient traversé les âges, survécu aux persécutions et aux bouleversements de l’histoire, se retrouvaient soudain confrontées à une menace existentielle d’une ampleur inédite.

Une crise dans la crise

Le 4 novembre 1979, l’ambassade américaine à Téhéran fut envahie et occupée par des étudiants islamistes. Les diplomates américains qui s’y trouvaient furent pris en otage, déclenchant une crise internationale qui allait tenir le monde en haleine pendant 444 jours. Les estimations variaient : certains rapports évoquaient jusqu’à quatre-vingt-dix Américains impliqués, d’autres parlaient de trente-cinq seulement. Finalement, cinquante-deux otages resteraient captifs.

Mais derrière cette crise diplomatique qui monopolisait l’attention des médias du monde entier, une autre tragédie se déroulait dans l’indifférence générale. Au-delà des cinquante otages américains dont le sort préoccupait les chancelleries, cinquante mille Juifs se trouvaient piégés en Iran, sans voix, sans défenseurs, sans espoir apparent de fuite.

La voix prophétique du Rabbi

À des milliers de kilomètres de là, dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn, le Rabbi de Loubavitch suivait les événements avec une attention particulière. Sa réaction, empreinte d’une foi inébranlable, résonna comme un appel à l’action.

« Sans aucun doute, personne ne sera blessé », déclara-t-il avec une assurance qui tranchait avec l’angoisse ambiante. « D.ieu les protégera, particulièrement avec les garanties qui ont été données. La seule question est de savoir s’il y a cinquante mille, quarante mille ou trente mille Juifs en Iran. Mais moins de trente mille, certainement pas. »

Puis, avec cette logique implacable qui le caractérisait, il ajouta : « Et s’il n’y en a « que » vingt-neuf mille, on peut aussi réciter un chapitre de Tehilim ! Non seulement on « peut », mais on le doit ! »

Ces paroles n’étaient pas de simples formules de réconfort. Elles annonçaient une mobilisation sans précédent.

Les éclaireurs de Brooklyn

L’histoire avait en réalité commencé quelques mois plus tôt, en 1978, alors que les premiers signes de l’effondrement du régime du Shah se manifestaient. Un jeune homme sollicita alors une audience auprès du Rabbi pour lui demander sa bénédiction en vue d’une mission estivale destinée à aider les Juifs d’Iran.

Le Rabbi accorda sa Berakha, mais pas pour une mission solitaire. Il lui demanda de partir accompagné du Rav Hecht, le Rav de la communauté séfarade et persane du Queens. Cette décision, apparemment anodine, allait s’avérer providentielle.

En août 1978, Hertzel Illulian et le Rav Chalom Ber Hecht embarquèrent sur un vol Pan Am à destination de Téhéran. Illulian présentait un profil idéal pour cette mission : d’origine persane, il parlait couramment le farsi et avait étudié dans les Yechivot Habad. Il connaissait intimement les deux mondes qu’il allait devoir faire communiquer.

Les deux émissaires furent accueillis à bras ouverts par la communauté locale. L’un de leurs hôtes les reçut chez lui, et ensemble, ils parlèrent de tout : de la situation qui se dégradait de jour en jour, des rumeurs inquiétantes qui circulaient, de l’avenir incertain qui se profilait.

Une demande déchirante

Au fil des conversations, une requête émergea, poignante dans sa simplicité : les parents juifs iraniens suppliaient les émissaires d’organiser l’évacuation de leurs enfants. Ils étaient prêts à se séparer de ce qu’ils avaient de plus précieux au monde pour leur assurer un avenir.

« Je demandai aux deux émissaires si, à leur retour en Amérique, ils pouvaient essayer de faire le nécessaire pour obtenir des visas pour nos enfants », se souvient l’un des pères de famille. « Sous forme d’invitations officielles, afin que nous puissions les envoyer en sécurité. »

La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Quarante, cinquante, soixante amis et connaissances affluèrent au Royal Garden Hotel où logeaient les émissaires. Tous portaient la même supplique : emmenez nos enfants à New York, à Brooklyn, mettez-les à l’abri.

La décision du « grand patron »

De retour aux États-Unis, le Rav Chalom Ber Hecht se rendit immédiatement chez son père, le Rav J.J. Hecht, figure respectée de la communauté Habad. Il lui raconta en détail ce qu’il avait vu et entendu en Iran, l’angoisse des familles, la détresse des parents, l’urgence de la situation.

Le Rav J.J. Hecht écouta attentivement, puis déclara simplement qu’il en parlerait au « grand patron ». Dans le langage de la communauté Habad, cette expression ne désignait qu’une seule personne : le Rabbi de Loubavitch.

La réponse ne se fit pas attendre. Elle fut claire, ferme, sans appel : créer immédiatement une structure pour amener les étudiants iraniens aux États-Unis. La porte était ouverte, grande ouverte.

La foi contre la raison

Face à cette directive, le Rav J.J. Hecht ne put s’empêcher d’exprimer ses inquiétudes légitimes : « Rav Hecht, savez-vous dans quoi vous vous engagez ? Cela nécessite d’énormes moyens financiers. Nous avons besoin de dortoirs pour loger ces enfants, d’écoles pour les éduquer, de cantines pour les nourrir. Où allons-nous trouver tout cela ? »

La réponse du Rav Hecht restera gravée dans les mémoires comme un exemple de foi absolue : « Sur le plan financier, je n’ai pas deux sous en poche, ça c’est certain. Mais quoi que dise le Rabbi, c’est ce que nous allons faire. »

Cette phrase résumait à elle seule la philosophie qui allait présider à toute l’opération : une confiance totale dans la guidance du Rabbi, une certitude que les moyens suivraient la volonté, que l’impossible deviendrait possible dès lors que la cause était juste.

Une mécanique de sauvetage parfaitement huilée

L’organisation mise en place relevait du génie logistique. Le Rav J.J. Hecht obtint des visas américains en blanc, parfaitement en règle et complets, mais sans noms inscrits. Ces précieux documents étaient envoyés en Iran où les émissaires locaux n’avaient plus qu’à y inscrire les noms des enfants dont les parents souhaitaient les faire partir.

Ce système ingénieux permettait une réactivité maximale. Quiconque le désirait pouvait recevoir un visa immédiatement, sans les délais administratifs habituels qui auraient pu s’avérer fatals dans un contexte aussi volatile. Chaque jour comptait, chaque heure pouvait faire la différence entre la liberté et l’enfermement.

Les enfants commencèrent à affluer, par dizaines, puis par centaines. Mais le problème du financement restait entier. Il n’y avait pas d’argent. Les temps étaient difficiles, les ressources limitées. Comment nourrir, loger, éduquer ces centaines de jeunes réfugiés ?

L’extraordinaire solidarité de Crown Heights

La solution vint de la base, de ces familles Habad de Crown Heights qui, sans qu’on le leur demande formellement, ouvrirent spontanément leurs portes et leurs cœurs. Chaque famille prit en charge deux, trois, parfois quatre enfants. Elles les adoptèrent comme leurs propres enfants, les intégrant pleinement à leur foyer.

Ces familles, souvent modestes, partagèrent leur table, leur espace, leur amour avec ces jeunes Persans déracinés qui ne parlaient pas un mot d’anglais et dont les coutumes différaient sensiblement des leurs. Ashkénazes et Séfarades, ‘Hassidim de Loubavitch et Juifs persans apprirent à vivre ensemble, à se comprendre, à s’aimer.

C’était une leçon vivante d’unité juive, une démonstration éclatante que par-delà les différences de rite, de langue et de culture, le peuple juif formait une seule et même famille.

L’implication personnelle du Rabbi

Ce qui distingua cette opération de tant d’autres initiatives humanitaires, ce fut l’implication directe et quotidienne du Rabbi lui-même. Il fit de ce projet son projet personnel, suivant chaque développement avec une attention minutieuse.

Le Rabbi était en contact avec le Rav Hecht pratiquement tous les jours. Il s’enquérait des installations de dortoirs, du déroulement des études, de l’évolution éducative de chaque groupe d’enfants. Aucun détail n’était trop petit pour retenir son attention, aucune question ne restait sans réponse.

Quand un problème surgissait, quand une décision urgente devait être prise, la réponse du Rabbi arrivait dans l’heure ou dans la demi-journée. Cette réactivité exceptionnelle témoignait de la priorité absolue qu’il accordait à cette mission de sauvetage.

La joie du Farbrenguen

Les enfants iraniens furent pleinement intégrés à la vie de la communauté. Ils participaient aux Farbrenguen, ces rassemblements ‘hassidiques où le Rabbi enseignait et où l’on chantait ensemble. Leur présence remplissait le Rabbi d’une joie visible.

Un jour, lors d’un de ces rassemblements, le Rabbi demanda aux jeunes Persans de chanter une chanson de leur pays, une chanson juive de leur tradition. Puis il lança : « Puisque nous avons ici des personnes récemment arrivées de Perse, qu’elles disent toutes ensemble « Le’haïm », et que tous les autres les accompagnent. Avec un chant joyeux ! »

La salle entière vibra de cette communion entre deux mondes, entre la ‘Hassidout d’Europe de l’Est et la tradition juive millénaire de Perse. Les frontières s’effaçaient dans la joie partagée.

Le premier Pessa’h en terre de liberté

Le premier Pessa’h que les étudiants passèrent en Amérique, au printemps 1979, restera gravé dans toutes les mémoires. Près de mille jeunes, garçons et filles confondus, célébrèrent ensemble la fête de la liberté, eux qui venaient justement de vivre leur propre exode.

Le Rabbi ne se contenta pas d’envoyer ses vœux. Il rendit personnellement visite aux enfants qui participaient au Seder. Cette démarche, extraordinaire pour un dirigeant de son envergure, témoignait de l’importance qu’il accordait à chacun de ces jeunes réfugiés.

Plus remarquable encore : le Rabbi entra dans la cuisine et ouvrit lui-même les marmites pour s’assurer qu’on avait bien cuisiné du riz pour les enfants. Ce geste, apparemment anodin, révélait une attention aux détails et une sensibilité culturelle exceptionnelles.

Le riz de Pessa’h : une leçon de respect

La question du riz pendant Pessa’h illustrait parfaitement l’approche du Rabbi. Selon la coutume ashkénaze et ‘hassidique, on ne consomme pas de riz durant cette fête, le considérant comme faisant partie des « kitniot », ces légumineuses interdites par tradition.

Mais les Juifs orientaux, et particulièrement les Juifs persans, ont une tradition différente. Pour eux, le riz constitue non seulement un aliment permis, mais un véritable mets de fête, indissociable de la célébration de Pessa’h.

Le Rabbi avait expressément demandé qu’on prépare du riz pour les enfants persans. Il ne s’agissait pas de transiger sur les principes, mais de reconnaître et de respecter une tradition juive tout aussi légitime que la sienne. Ce faisant, il enseignait une leçon magistrale de tolérance et d’ouverture au sein même de l’orthodoxie.

« Inshallah » : un moment de grâce

Un épisode particulièrement émouvant se produisit lorsque le Rabbi vint bénir les enfants lors du Seder. Il demanda à l’un des accompagnateurs de traduire ses paroles en farsi. Puis, avec cette curiosité qui le caractérisait, il posa une question inattendue : comment dit-on « Amen » en persan ?

L’accompagnateur réfléchit un instant puis répondit : « Je pense que c’est « Inshallah ». »

Alors, dans un moment de communion extraordinaire, tous les enfants dirent « Inshallah » au Rabbi. Et le Rabbi rayonna. Son sourire illumina la pièce, un sourire que ceux qui étaient présents n’oublieraient jamais.

« Je peux encore voir cette image du sourire du Rabbi en ces jours-là », témoigne l’un des participants, des décennies plus tard. Ce sourire disait tout : la joie de voir ces enfants sauvés, la satisfaction du devoir accompli, l’amour infini pour chaque âme juive.

Un Rabbi qui défiait toutes les catégories

Avec le recul, ceux qui participèrent à cette aventure mesurent l’extraordinaire singularité de ce qu’ils vécurent. On ne s’attend pas à ce qu’un Rabbi qui siège à Brooklyn, dont la fonction première est de diriger sa communauté et d’enseigner la ‘Hassidout, se transforme soudainement en consul américain, en agent d’immigration et en directeur d’agence humanitaire.

Pourtant, c’est exactement ce que fit le Rabbi de Loubavitch. Il organisa l’arrivée des enfants, trouva les financements, supervisa leur placement dans différentes écoles, veilla à leur bien-être quotidien. Il fut à la fois le stratège et le père attentionné, le dirigeant et le serviteur.

« Il était le feu », témoigne l’un des acteurs de cette épopée. « Il était le moteur, il était l’accélérateur pour tous ceux qui travaillaient sous sa direction. Du Rav J.J. Hecht au Rav Chalom Ber Hecht, en passant par moi personnellement et tous les autres bénévoles qui œuvrèrent pour ce formidable projet. »

Un héritage vivant

Ces enfants sauvés d’Iran ont aujourd’hui grandi. Ils sont devenus des pères et des mères de famille, des professionnels accomplis, des membres actifs de leurs communautés. Beaucoup sont restés fidèles à la tradition ‘hassidique qui les a accueillis, tout en préservant fièrement leur héritage persan.

Leur histoire témoigne de ce que peut accomplir un leadership visionnaire allié à une foi inébranlable. Elle rappelle que dans les moments les plus sombres de l’histoire, des lumières peuvent surgir, que des ponts peuvent être jetés par-dessus les abîmes, que l’impossible peut devenir réalité quand la volonté et la foi s’unissent.

Le sauvetage des enfants juifs d’Iran reste l’une des pages les plus glorieuses de l’histoire du mouvement Habad-Loubavitch. Une page écrite avec le sang, les larmes et l’espoir de milliers de familles, et signée de la main d’un homme qui refusa de rester spectateur face à la détresse de son peuple.

Ma’ayanei Israel Jérusalem : Chabbat historique pour des milliers de passionnés de la Hassidout Habad

Ma’ayanei Israel Jérusalem : Chabbat historique pour des milliers de passionnés de la Hassidout Habad

Sous l’égide des plus grands Mashpi’im (maîtres spirituels) d’Israël et du monde, des milliers de chercheurs de vérité et d’étudiants de la Hassidout se sont rassemblés pour un Chabbat d’élévation et de fraternité. Entre cours magistraux et Farbrenguens vibrants, l’événement a marqué les esprits, de la veille du Chabbat jusqu’aux heures tardives de la nuit de samedi.

 

 

JÉRUSALEM – Le complexe DCity, à Mishor Adumim, la zone industrielle de Maalé Adumim, aux abords de Jérusalem, s’est transformé le temps d’un week-end en un épicentre de ferveur spirituelle. Des milliers de participants — jeunes mariés, étudiants de Yeshivot et enfants — ont convergé vers ce lieu pour abreuver leurs âmes à la source de la Hassidout Habad.

Une logistique d’envergure

Ce rassemblement, fruit de longs mois de préparation, a été entièrement financé et coordonné par la direction du centre « Ma’ayanei Israel » en Terre Sainte. Une équipe de production a métamorphosé le complexe pour y ériger des sanctuaires de prière, des salles d’étude et des espaces dédiés aux Farbrenguens (réunions hassidiques), prévoyant également des sections spécifiques pour la jeunesse.

Un aréopage de maîtres spirituels

Tout au long du Chabbat, l’étude a battu son plein sous la direction de figures rabbiniques de premier plan. Parmi les éminents intervenants figuraient notamment: le Rav Shneur Zalman Gopin, le Rav Chaim Shalom Deitsch,  le Rav Yekutiel Farkash, et le Rav Yaakov Moshe Walberg

Des invités de marque avaient également fait le déplacement depuis l’étranger, dont le célèbre R. Shabtaï Slabatizki (Anvers), R. Lima Wilhelm (Morristown, New Jersey) et R. Yosef Klein (Nyack, New York).

Entre ferveur et méditation

L’ascension spirituelle a débuté dès vendredi après-midi avec un cours approfondi du Rav Gopin sur les fondements de la foi. Elle s’est poursuivie par des sessions d’étude en binôme entre les offices, s’appuyant sur des textes originaux imprimés spécialement pour l’occasion.

La Séouda du vendredi soir a constitué l’un des points d’orgue de l’événement. Portés par des chants traditionnels (Nigounim) et des paroles de sagesse, les convives ont vécu un moment d’anthologie lorsque le Rav Shabtaï Slabatizki est monté sur la table, entraînant la foule dans une mélodie de dévotion totale.

Une jeunesse mobilisée

Loin de s’essouffler, l’ardeur des participants s’est maintenue jusqu’au bout. Dès l’aube du samedi, les salles de cours étaient à nouveau combles. Des centaines de jeunes gens se sont réunis pour préparer la prière par la méditation hassidique.

L’après-midi a été rythmé par les grands Farbrenguens centraux. Pour garantir une transmission adaptée, des sessions distinctes ont été organisées simultanément pour les adultes, les étudiants de grandes et petites Yeshivot, ainsi que pour les plus jeunes.

Une clôture en apothéose

Le rassemblement ne s’est achevé Motsaei Chabbat. Après la Havdala, les milliers de participants ont entonné des chants de gratitude, dansant de longs moments sur le thème de « Ashreinou » (Heureux sommes-nous), célébrant le privilège d’avoir puisé à la source vive des maîtres de la Hassidout Habad.


Crédit Photos : Tzvi Klar | Clip Vidéo : Zalman Liberman

Par moins 25 degrés : un mariage historique illumine la communauté juive de Birobidjan

Par moins 25 degrés : un mariage historique illumine la communauté juive de Birobidjan

Après huit longues années sans célébration de mariage selon la loi de Moïse et d’Israël dans la ville de Birobidjan, située à l’extrême orient de la Russie, la communauté juive locale a vécu un moment d’intense émotion. Les émissaires du Rabbi ont conduit sous la Houppa un jeune couple, ravivant ainsi la flamme de la vie juive dans cette région reculée. Une célébration d’autant plus remarquable qu’elle s’est déroulée par un froid glacial de moins 25 degrés.

 

 

 

Une Houppa sous un froid polaire

La cérémonie de mariage s’est tenue dans des conditions climatiques extrêmes, avec un thermomètre affichant moins 25 degrés Celsius. Malgré ce froid sibérien, rien n’a pu refroidir l’enthousiasme des participants ni diminuer la chaleur de cette célébration historique. Les invités, emmitouflés dans leurs manteaux d’hiver, ont bravé les températures glaciales pour accomplir la Mitsva de réjouir le marié et la mariée.

Huit années d’attente pour la communauté

Ce mariage revêt une signification toute particulière pour la communauté juive de Birobidjan. Pendant huit ans, aucune Houppa conforme à la tradition juive n’avait été célébrée dans cette ville, capitale de la région autonome juive de Russie. Cette longue période sans mariage juif traditionnel rendait cet événement d’autant plus précieux aux yeux de tous les membres de la communauté, qui ont vu dans cette union un signe de renouveau et d’espoir pour l’avenir du judaïsme local.

Un couple issu des institutions Habad

Le marié, Daniel Yableyev, est originaire de la ville de Samara en Russie. Il est également un proche du Rav de cette ville, l’émissaire Rav Chlomo Deutsch. La mariée, Hadar, est quant à elle native de Birobidjan. Tous deux partagent un parcours commun remarquable : ils sont diplômés des institutions éducatives de Habad à Moscou, témoignant ainsi de l’impact profond du réseau éducatif Habad sur la formation des nouvelles générations juives en Russie.

Les émissaires du Rabbi à la tête de la célébration

La cérémonie a été conduite par deux figures emblématiques du mouvement Habad dans la région. Le Rav Ephraïm Kolpak, Rav de la ville et émissaire du Rabbi à Birobidjan, a officié aux côtés de son beau-père, le Rav Yaakov Santkov, Rav de la ville de Khabarovsk et également émissaire du Rabbi. Leur présence conjointe a conféré à cet événement une dimension spirituelle exceptionnelle, symbolisant la continuité de l’engagement des Chlou’him pour le renforcement de la vie juive dans les confins les plus éloignés de la Russie.

La communauté Habad de Birobidjan : un pilier de la vie juive

La communauté Habad de Birobidjan joue un rôle central dans le maintien de la vie juive contemporaine au sein de l’Oblast autonome juif. En 2026, elle demeure particulièrement active sous la direction du Rav Ephraïm Kolpak et de son épouse Ida Kolpak, qui consacrent leur vie à raviver la flamme du judaïsme dans cette contrée lointaine.

Des institutions au service de la communauté

La communauté dispose d’infrastructures remarquables pour une région aussi éloignée. La synagogue Beth Mena’hem, située au 19 rue Lenina, occupe une place unique dans l’histoire juive russe : elle fut la première synagogue de Russie construite en partie avec des fonds publics, son édification ayant été achevée en 2004. Ce bâtiment majestueux témoigne de la reconnaissance officielle de la présence juive dans la région.

Le centre communautaire principal, établi au 14a rue Sholom Aleikhem, constitue le cœur battant de la vie juive locale. On y trouve des offices religieux réguliers, des cours de Torah dispensés par le Rav Kolpak, une école du dimanche pour les enfants, ainsi qu’un club de jeunesse baptisé « ‘Haverim » (les amis), qui rassemble les jeunes de la communauté autour d’activités éducatives et récréatives.

Un Mikvé (bain rituel) a également été construit pour desservir les familles locales, renforçant considérablement les infrastructures religieuses de la ville et permettant aux familles pratiquantes de respecter pleinement les lois de la pureté familiale.

Une mission de revitalisation spirituelle

Le Rav Kolpak et son équipe s’efforcent inlassablement de revitaliser l’identité juive dans une région où les Juifs ne représentent plus qu’une infime minorité de la population. Leurs efforts se déploient sur plusieurs fronts essentiels.

L’approvisionnement en nourriture Cachère constitue un défi logistique majeur. Les produits Cachères sont régulièrement acheminés par train depuis Moscou, parcourant des milliers de kilomètres pour permettre aux familles juives de Birobidjan de maintenir une alimentation conforme à la Halakha.

La célébration publique des fêtes juives représente un autre axe fondamental de leur action. Chaque année, l’allumage de grandesMénoroth pour ‘Hanouka transforme les places publiques de la ville en témoignages vivants de la présence juive, attirant aussi bien les membres de la communauté que les curieux désireux de découvrir les traditions juives.

Le maintien de la culture yiddish revêt une importance particulière à Birobidjan, où cette langue reste un symbole officiel de la ville. Des panneaux bilingues russe-yiddish ornent encore certaines rues, rappelant le projet soviétique original de créer une patrie juive en Extrême-Orient.

Un symbole de la vitalité juive en Extrême-Orient russe

Ce mariage représente bien plus qu’une simple union entre deux jeunes gens. Il incarne la persévérance et le dévouement des émissaires du Rabbi qui, depuis des décennies, œuvrent sans relâche pour maintenir et développer la vie juive dans des régions où les conditions sont souvent difficiles. Birobidjan, malgré son statut historique de région autonome juive créée à l’époque soviétique, compte aujourd’hui une communauté juive modeste mais déterminée à perpétuer ses traditions.

La joie qui a envahi les participants lors de cette célébration témoigne de la force du lien qui unit les Juifs à leur héritage, par-delà les distances géographiques et les rigueurs climatiques. Ce mariage, célébré par moins 25 degrés, réchauffe les cœurs de toute la communauté et ouvre une nouvelle page dans l’histoire juive de Birobidjan.

Mazal Tov aux jeunes mariés !

Crédit photo : Mevasser Tov Moscou

Mélavé Malka :  récits extraordinaires de Providence Divine

Mélavé Malka : récits extraordinaires de Providence Divine

En ce mois de Téveth, période marquée par la Hiloula de grands Tsaddikim tels que le Rambam et le Rav Abir Yaakov, Rav Eitan Amitaï a partagé lors d’une Melaveh Malka au 770 de Ramat Chlomo à Jérusalem des récits saisissants sur la providence divine. Ces histoires révèlent comment les justes, par leur vision spirituelle, parviennent à relier des événements apparemment sans lien pour accomplir des délivrances miraculeuses.

 

 

Baba Salé et le voyage providentiel en Syrie

On raconte qu’un Juif américain d’origine syrienne, originaire d’Alep, avait un ami non juif qui souhaitait un jour faire un voyage en Terre Sainte pour visiter les lieux saints. Le Juif lui demanda ce qu’il entendait par là. L’ami répondit qu’il voulait visiter les lieux saints des différentes religions. Le Juif lui dit qu’il ne pouvait pas l’accompagner partout, mais l’ami insista : il n’avait pas besoin qu’il entre dans tous ces lieux, il voulait simplement avoir à ses côtés quelqu’un appartenant à la Terre Sainte. Ils iraient ensemble uniquement dans les endroits accessibles aux Juifs.

Finalement, l’ami lui promit de prendre en charge tous les frais : le billet, l’hébergement, la nourriture et tout le reste. Le Juif accepta. Ils engagèrent un chauffeur et un guide, et visitèrent de nombreux endroits.

Un jour, alors qu’ils sillonnaient la région du sud d’Israël, le chauffeur dit au Juif : « Tu sais qu’ici, à Nétivot, vit Baba Salé, un saint homme d’un niveau très élevé. Tu ne devrais pas manquer cette occasion. Veux tu que je t’y emmène ? » Le Juif accepta avec joie.

C’est précisément à ce moment que leur véhicule eut une crevaison. L’ami non juif dit alors au Juif : « Je dois rester ici pour attendre quelqu’un qui viendra réparer. Toi, va pendant ce temps chez le Tsaddik, et nous verrons ensuite si je peux te rejoindre. »

Une file d’attente miraculeusement évitée

Lorsqu’il arriva chez Baba Salé, c’était à l’époque où le saint homme recevait encore les visiteurs. Il vit une file immense, des dizaines, voire des centaines de personnes. Il se dit : « Que vais je faire ? Cette attente va prendre des heures. Je n’ai pas ce temps. Peut être devrais je retourner à la voiture. »

Alors qu’il hésitait encore, à l’intérieur de la maison, Baba Salé dit à son assistant : « Sors vite et demande s’il y a ici un Juif américain qui vient d’arriver en voyage. Fais le entrer immédiatement. »

Le Gabbaï sortit et cria : « Y a t il ici un Juif venu des États Unis, actuellement en voyage ? » Personne ne leva la main. Puis notre homme leva la sienne. « Viens, entre ! » Il resta stupéfait.

On le fit entrer, on lui dit de s’asseoir et de goûter quelque chose. Le Rav avait demandé qu’il attende. Pendant qu’il était assis là, il entendit soudain : « Le Rav est arrivé ! Le Rav est arrivé ! Faites place au Rav ! » Il ne comprenait pas de quel Rav il s’agissait. Il s’avéra que c’était le Rav Ovadia Yossef qui venait rendre visite à Baba Salé.

Il attendit. La porte était légèrement entrouverte. Il ne parvenait pas à entendre la conversation, mais il perçut quelque chose à la fin. Après que le Rav Ovadia fut sorti, on l’introduisit auprès du Baba Salé.

Une mission inattendue

« Chalom, Kavod HaRav, je suis venu en voyage », dit il, et il lui raconta sa situation. Baba Salé lui donna des bénédictions, puis lui demanda : « Dis moi, y a t il autre chose que tu voudrais demander ? »

« Oui, Kavod HaRav. Je viens d’Alep, en Syrie. Nous avons été contraints de fuir de là bas. J’ai maintenant un très grand désir, puisque je possède désormais un passeport américain et que je peux entrer comme touriste, de retourner visiter les lieux de ma naissance, là où j’ai grandi. Qu’en pensez vous, Kavod HaRav ? »

Baba Salé lui répondit : « Oui, c’est tout à fait possible. Pars en paix, reviens en paix. Je te demande seulement une chose : quelqu’un viendra te parler. Souviens toi très bien de ce qu’il te dira. Ensuite, tu iras voir le Rav Ovadia et tu lui raconteras ce que tu as vu et entendu. Es tu d’accord avec cette condition ? »

« Bien sûr, Kavod HaRav, avec joie, certainement. »

Il retrouva son ami non juif et ils poursuivirent leur voyage. L’ami n’avait pas réussi à venir, tout cela relevait de la providence divine.

La rencontre troublante à Damas

Quelque temps après leur retour aux États Unis, le Juif commença à planifier son voyage en Syrie. Il partit effectivement avec son passeport américain, ce qui était alors possible, et commença à parcourir les lieux, allant ici et là, s’émerveillant et s’émouvant.

Un jour, alors qu’il marchait dans l’un des endroits centraux, un homme d’apparence sérieuse, vêtu de civil, l’aborda soudain : « Dis moi, tu es Juif ? »

« Je suis Américain. »

« D’accord, mais tu es Juif ? »

« Je suis d’Amérique. »

« Oui, mais tu es un Juif d’Amérique. »

« Bon, d’accord, oui, je suis Juif. »

« Viens, viens, j’ai besoin de te parler. »

L’homme lui dit : « Écoute. Tu sais qu’il y a eu la guerre de Kippour chez les Israéliens, il n’y a pas si longtemps, quelques années. J’étais officier aux interrogatoires dans l’armée. J’interrogeais des prisonniers, et un jour j’ai capturé un soldat israélien. Je l’ai interrogé, mais il gardait le silence. Cela m’a beaucoup irrité. Il se taisait obstinément. Il savait se taire. Mais je voulais lui soutirer des informations. Je lui ai fait subir des interrogatoires et des tortures terribles, et finalement, il est mort. Il n’a pas prononcé un seul mot. »

Une demande de réparation

« Et alors, que veux tu maintenant ? » demanda le Juif.

« Depuis, ma vie est devenue noire. Je n’ai plus de vie. »

« Et que puis je faire pour toi ? Tu veux que je te fasse un Tikoun ? Quoi ? »

« Oui, fais moi un Tikoun. »

« Comment vais je te faire un Tikoun ? »

« Je ne sais pas. Vous, les Juifs, vous savez faire des Tikounim. »

C’est alors qu’il se souvint que Baba Salé lui avait dit de bien se souvenir de ce que quelqu’un lui dirait. Il dit alors à l’homme : « Pour faire un Tikoun, nous avons besoin du nom de la personne, du nom de ses parents, de quelques détails. Comment puis je faire autrement ? »

L’homme décida de coopérer : « Je peux te donner tous les détails que je connais. Il s’appelait ainsi, il habitait dans telle ville, sa femme s’appelait ainsi. » Il lui donna tous les détails qu’il connaissait sur ce soldat.

L’homme lui dit ensuite : « Bon, maintenant fais moi un Tikoun. » Le Juif réfléchit à ce qu’il devait faire. Il marmonna quelques mots. L’homme lui demanda ce qu’il disait. « Je fais un Tikoun. Que crois tu ? Fais Techouva, D.ieu t’enverra ce dont tu as besoin. » Il cherchait surtout comment s’échapper. L’homme lui dit : « Tu m’as réparé ! Tu m’as réparé ! » Le Juif s’en alla et s’enfuit à la première occasion.

La neuf centième Agouna enfin libérée

Il rentra en Amérique, puis se souvint de ce que Baba Salé lui avait dit. Il se rendit en Israël et demanda une audience avec le Rav Ovadia Yossef. Il lui dit : « Écoutez, j’étais en Syrie et j’ai entendu ceci et cela. » Il raconta que le Rav était très ému et s’était mis à pleurer.

Le Rav Ovadia dit : « C’est la neuf centième Agouna que je n’avais réussi à libérer d’aucune manière, et maintenant je le peux ! »

Le Rav Ovadia expliqua alors : « Je suis venu chez Baba Salé pour lui demander sa bénédiction, car je n’arrivais pas à avancer dans cette affaire qui me pesait énormément. Baba Salé m’a donné une bénédiction et m’a dit : ‘Hachem, béni soit Il, t’aidera. Tu verras, avec l’aide de D.ieu, la délivrance viendra dans cette affaire.’ Et immédiatement après, il t’a fait venir. »

Voilà comment les Tsaddikim relient les fils du destin.

L’Alter Rebbe et le Karliner : le prix d’une bénédiction

Bientôt, au mois de Téveth, ce sera la Hiloula du Rambam, ainsi que celle du Rav Abir Yaakov. Les histoires sur ces Tsaddikim se comptent par centaines et par milliers. Racontons une histoire sur l’Admour Hazaken, l’Alter Rabbi de Loubavitch, car elle est liée à la fois à l’Alter Rabbi et au Rambam. La Hiloula de l’Alter Rabbi tombe également en Téveth, le 24 du mois.

On raconte qu’un jour, un Juif vint trouver l’Alter Rabbi. Il pleurait devant lui, le suppliant de le bénir car il n’avait pas d’enfants, de nombreuses années après son mariage.

L’Alter Rabbi ne lui répondit pas directement. L’homme revenait sans cesse demander, jusqu’à ce qu’un jour, l’Alter Rabbi lui dise : « Va à Karlin. Va voir Rabbi Chlomo de Karlin. »

L’homme parvint finalement à entrer chez le Karliner, qui lui dit : « Tu n’as pas d’enfants, tu veux une bénédiction pour avoir des enfants ? »

« Oui. »

« Trois cents roubles. »

C’était une somme énorme, l’équivalent de trois cent mille shekels aujourd’hui, une fortune.

L’homme s’exclama : « Rabbi, qu’est ce que c’est que ce marchandage ? Pourquoi est ce si cher ? Vingt, trente peut être ? »

« Pas un kopeck de moins. Tu veux une bénédiction ? Trois cents roubles sur la table. »

L’homme tenta de négocier. Le Rabbi lui dit : « Je n’ai pas de temps à perdre. Pas un sou de moins. »

L’homme murmura : « Ces Rabbanim… »

L’occasion manquée

Il sortit en colère et rentra chez lui. Sa femme lui demanda comment cela s’était passé. Il lui raconta l’affaire : « Et tu as donné ou non ? » « Non, je n’ai pas donné. Qu’est ce que c’est que cette folie ? Qu’allons nous faire de tout notre argent sans enfants ? Si le Rabbi te dit qu’il te donnera une bénédiction, et que l’Alter Rabbi lui même t’a envoyé vers lui… » Elle avait raison. Il dit : « D’accord, d’accord, pourquoi te fâches tu ? Demain j’irai lui donner les trois cents roubles. »

Le lendemain, il retourna chez le Karliner : « Rabbi, j’ai apporté l’argent. »

Le Rabbi répondit : « Yichar Ko’ah Gadol, mais tu as raté le moment. Je suis vraiment désolé. »

« Comment ça, vraiment désolé ? Hier oui, aujourd’hui non ? Comment est ce possible ? »

« Je suis désolé. »

La révélation de l’Alter Rabbi

L’homme retourna chez l’Alter Rabbi, furieux : « Rabbi, je ne comprends pas. On me demande des sommes exorbitantes, et quand finalement je reviens le lendemain, il refuse ! »

L’Alter Rabbi lui dit : « Viens, assieds toi un instant, calme toi. Écoute, as tu un jour manqué de respect à un Talmid Hakham ? Car il est écrit que celui qui offense un Talmid Hakham, que D.ieu nous en préserve, il n’y a pas de remède à sa blessure. Ainsi est il écrit. »

L’homme commença : « Jamais de ma vie ! Jamais je n’ai… » Puis il se souvint : « Ah, une fois, je me souviens, il y avait un homme, mais ce n’était pas un Talmid Hakham, juste un simple Juif. »

L’Alter Rabbi demanda : « De qui s’agit il ? »

« Il y avait un Juif qui s’appelait Baroukh Ordou. Mais ce n’était vraiment pas un Talmid Hakham, certainement pas quelqu’un qui correspond aux définitions de la Torah et de la Halakha. Un simple Juif craignant D.ieu, peut être. »

L’Alter Rabbi lui dit : « Assieds toi, calme toi. Il était un Tsaddik caché. Il était mon maître. C’était un véritable et immense Talmid Hakham. C’est pourquoi je n’ai pas pu te pardonner, car en tant que son élève, je ne peux pas pardonner l’affront fait à mon Rabbi. C’est pour cela que je t’ai envoyé chez un autre Tsaddik. »

Le jour où le Ciel statue selon le Rambam

L’Alter Rabbi poursuivit : « Le Rambam écrit que celui qui offense un Talmid Hakham doit donner une livre d’or. En principe, la Halakha n’a pas été tranchée selon le Rambam sur ce point. Mais un jour par an, le jour de la Hiloula du Rambam, on statue au Ciel selon son avis. C’est pourquoi j’ai attendu et attendu encore, puis je t’ai envoyé là bas.

Et ce jour là précisément, on a statué selon le Rambam. Si tu avais donné les trois cents roubles ce jour là, cela aurait arrangé les choses. Maintenant, je suis désolé, je ne peux plus t’aider. »

Cette histoire nous enseigne la valeur infinie du respect dû aux Talmidé Hakhamim, ainsi que les connexions mystérieuses que les Tsaddikim perçoivent entre les événements, les âmes et les moments propices.

 

Le jeûne du 10 Tévet 5786 : guide complet des lois et coutumes – Rav Lévi Its’hak Fraenkel

Le jeûne du 10 Tévet 5786 : guide complet des lois et coutumes – Rav Lévi Its’hak Fraenkel

 

Le dixième jour du mois de Tévet constitue l’un des quatre jeûnes publics institués par les prophètes d’Israël. Cette journée commémore le début du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor, événement qui marqua le prélude à la destruction du Premier Temple. Ce guide pratique, élaboré par le Beth Din Ihoud Harabanim France, rassemble l’ensemble des lois et coutumes relatives à ce jeûne pour l’année 5786.

 

Source : Beth Din Ihoud Harabanim France
Rav Lévi Its’hak Fraenkel, Rav du Beth Hamidrach Beth Amram Yossef Paris
9 Tévet 5786

 

 

Contexte historique

Le dixième jour du mois de Tévet, en l’an 3336 de la Création, Nabuchodonosor, roi de Babylone, établit le siège autour de Jérusalem. Il assiégea la ville dans une situation de détresse et d’oppression extrêmes, jusqu’à la chute de ses murailles. Cet événement marque le début du processus qui conduisit à la destruction du Premier Temple, puis du Second Temple, ainsi qu’à l’exil qui s’ensuivit.

L’obligation des jeûnes après la destruction du Premier Temple

Le dix Tévet est un jour de jeûne appelé dans les paroles de la tradition prophétique (Divré Kabbala) « le jeûne du dixième », car il a lieu au mois de Tévet, dixième mois de l’année. Il fait partie des quatre jeûnes institués par les prophètes, explicitement mentionnés dans les Écritures, en raison des événements tragiques qui s’y sont produits.

L’obligation des jeûnes à notre époque

De nos jours, alors que le Temple est détruit et que les rois des nations n’imposent pas de décrets de persécution à l’ensemble d’Israël, l’obligation de jeûner en vertu du décret des prophètes a, en principe, perdu son caractère obligatoire. La question dépend alors de la volonté et de l’accord de la majorité du peuple d’Israël : si la majorité ne souhaite pas jeûner et ne l’accepte pas, on ne jeûne pas ; si la majorité souhaite jeûner, on jeûne.

Cependant, les décisionnaires ont écrit qu’à notre époque, la majorité d’Israël a déjà voulu et accepté ces jeûnes, et que tout Israël a pris l’usage de jeûner de génération en génération. Ces jeûnes ont donc désormais le statut d’une obligation pour l’ensemble du peuple d’Israël, jusqu’à la reconstruction du Temple.

La raison du jeûne

Le jeûne a été institué en raison des malheurs qui se sont produits, afin de réveiller les consciences et d’ouvrir la voie au repentir. Il nous rappelle nos propres fautes ainsi que celles de nos ancêtres, semblables aux actes que nous commettons encore aujourd’hui, et qui ont entraîné pour eux comme pour nous les mêmes épreuves. En gardant le souvenir de ces événements, nous sommes amenés à adopter une conduite plus droite, conformément à ce qui est dit : « Ils reconnaîtront leur faute et celle de leurs pères… »

Le sens profond du jeûne

Un jour de jeûne est appelé dans l’Écriture un « jour de bienveillance, jour de faveur ». Il constitue une « vertu spirituelle extraordinaire, permettant la révélation de la Volonté suprême, béni soit-Il, à l’instar d’un sacrifice ».

L’annonce du jeûne

Selon l’usage des Séfarades, le Chabbat précédant le jeûne, après la lecture de la Haftara, l’officiant annonce publiquement le jeûne afin d’informer l’assemblée du jour où il aura lieu, à l’exception du jeûne du 9 Av, de Yom Kippour et du jeûne d’Esther.

Selon l’usage des Ashkénazes et l’usage de Habad, il n’est fait aucune annonce publique concernant les jeûnes.

La veille du jeûne

Il est permis de prendre avant le jeûne des comprimés pour faciliter le jeûne.

Manger et boire avant le jeûne

Tout jeûne pour lequel il est permis de manger pendant la nuit permet de manger et de boire jusqu’à l’apparition de l’aube (Alot Hacha’har), à condition de ne pas avoir dormi d’un sommeil régulier (Chénat Kéva). En revanche, si l’on a dormi d’un sommeil régulier, on ne peut plus manger ni boire après son réveil, sauf si l’on a formulé explicitement une condition avant de s’endormir, exprimant son intention de manger ou de boire après le sommeil.

Boire après le sommeil avant le jeûne

Selon l’auteur du Choul’han Aroukh (le Mé’haber), la règle concernant la boisson est identique à celle de la nourriture. Selon le Rama, pour la boisson, il n’est pas nécessaire de formuler une condition, car on présume que l’intention habituelle d’une personne est de boire après le sommeil, ce qui équivaut à une condition implicite.

A priori, il est recommandé d’être rigoureux et de formuler une condition même pour la boisson. Toutefois, celui qui a l’habitude de boire la nuit après son sommeil est autorisé à boire sans condition explicite.

Horaire et quantité

Durant la demi-heure précédant l’apparition de l’aube, il est interdit de commencer un repas consistant (Sé’oudat Kéva), c’est-à-dire la consommation de pain ou de pâtisseries (Mézonot) en quantité supérieure à un œuf (Kabétsa, soit 57 cm³).

En revanche, une simple collation est permise : manger du pain ou des Mézonot jusqu’à un œuf (et pas davantage), ainsi que des fruits, des légumes et boire des boissons non alcoolisées, même en grande quantité.

Si l’on a commencé à consommer du pain ou des Mézonot avant cette demi-heure, il est permis de continuer à manger même au-delà d’un œuf, jusqu’à l’apparition de l’aube.

Heure de début du jeûne

À Paris, le jeûne du dix Tévet débute à l’aube (Alot Hacha’har), déterminée selon une élévation solaire de 16,1 degrés, à 7 h 00.

Autres mortifications

Lors des trois jeûnes (3 Tichri, 10 Tévet et 17 Tamouz), il est permis de se laver même à l’eau chaude, de s’enduire d’un produit cosmétique, de porter des chaussures en cuir et d’avoir des relations conjugales.

Toutefois, certains décisionnaires ont écrit qu’il convient, pour une personne pieuse (Ba’al Néfech), de s’abstenir des bains à l’eau chaude, de s’enduire et d’avoir des relations conjugales, à l’exception de la nuit de l’immersion rituelle (Mikvé). En revanche, cette rigueur ne concerne ni le port de chaussures en cuir, ni le lavage du visage, des mains et des pieds à l’eau chaude, ni toute toilette du corps à l’eau froide.

D’autres décisionnaires sont toutefois d’avis que, même pour une personne pieuse, il n’y a pas lieu d’adopter une quelconque rigueur concernant ces autres mortifications.

Personnes obligées ou exemptées du jeûne

Tous sont tenus de jeûner lors de ces quatre jeûnes, et il est interdit d’enfreindre cette institution.

Statut du malade

Un malade qui n’est pas en danger, et à fortiori un malade en danger, est exempté du jeûne, et il lui est interdit d’être rigoureux envers lui-même en jeûnant.

Définition d’un malade sans danger vital

Par exemple, une personne alitée en raison de sa maladie, ou quelqu’un qui souffre d’un mal provoquant une telle douleur et une telle faiblesse que l’ensemble de son corps en est affaibli : même s’il continue à marcher, il est considéré comme équivalent à une personne alitée.

Un malade qui s’est rétabli mais reste encore physiquement affaibli, et pour lequel il existe une crainte que le jeûne ne provoque une rechute, est exempté du jeûne.

Une personne physiquement affaiblie ou âgée, pour laquelle un médecin affirme que le jeûne est nuisible, est exemptée du jeûne.

Symptômes inhabituels le jour du jeûne

Une personne souffrant le jour du jeûne de maux de tête plus intenses que d’habitude, de douleurs abdominales, de vomissements, de vertiges ou d’une faiblesse notablement plus importante que celle de la majorité des personnes le jour du jeûne, est exemptée du jeûne et n’est pas autorisée à s’imposer une rigueur supplémentaire.

Antécédent d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral

Une personne ayant déjà subi un infarctus ou un accident vasculaire cérébral, même si aujourd’hui elle se déplace normalement et semble en parfaite santé, est exemptée du jeûne.

Prise d’antibiotiques

Quiconque prend des antibiotiques pour une infection, même si son état général est bon et qu’il fonctionne normalement, est exempté du jeûne.

Médicaments pour la santé mentale

Toute personne prenant des médicaments pour des troubles psychiatriques, y compris des médicaments naturels, est exemptée du jeûne, et il n’y a pas lieu d’être rigoureux dans ce cas.

Après une opération sous anesthésie générale

Toute personne ayant subi une opération sous anesthésie générale, même légère ou simple, est exemptée du jeûne pendant trois mois à compter du jour de l’intervention, même si elle se déplace normalement et a repris ses activités quotidiennes.

Statut de la femme enceinte et de la femme allaitante

Les femmes enceintes et les femmes allaitantes qui éprouvent une souffrance sont exemptées du jeûne. De nos jours, l’usage répandu est d’être indulgent et de considérer qu’elles ne jeûnent pas du tout.

Définition d’une femme enceinte

À partir de quarante jours de grossesse. Toutefois, si elle souffre de vomissements ou de douleurs et ressent une faiblesse, elle est exemptée même avant quarante jours.

Définition d’une femme allaitante

Les décisionnaires contemporains divergent sur ce point. Certains estiment qu’est considérée comme allaitante uniquement une femme qui allaite effectivement, même partiellement, durant toute la période des vingt-quatre mois suivant l’accouchement ; selon cet avis, si elle n’allaite pas au moins partiellement, elle est tenue de jeûner. D’après cette opinion, une accouchée (ainsi qu’une femme ayant fait une fausse couche) qui n’allaite pas est exemptée seulement pendant les trente jours suivant l’accouchement.

D’autres estiment que même si elle a cessé d’allaiter, elle demeure exemptée durant toute la période des vingt-quatre mois suivant l’accouchement ; selon cet avis, une femme ayant fait une fausse couche après quarante jours de grossesse a le même statut qu’une allaitante pendant vingt-quatre mois après la fausse couche.

Cependant, du sens simple des propos du Choul’han Aroukh, il ressort que l’avis principal est le premier.

Conclusion concernant les femmes enceintes et allaitantes

Une femme en bonne santé, qui se juge capable de jeûner lors des trois jeûnes publics, doit observer le jeûne, de même pour le jeûne d’Esther. En revanche, si elle se sent faible, elle doit être autorisée à manger, en se fondant sur l’avis des décisionnaires indulgents.

Modalités de l’alimentation pour les personnes exemptées

Toutes les personnes exemptées du jeûne sont autorisées à manger dès le matin. Elles n’ont pas l’obligation d’observer un jeûne partiel (jeûne d’heures), ni de manger en quantités inférieures aux seuils halakhiques (moins que le Chiour). Toutefois, elles ne mangeront pas pour le plaisir, mais uniquement pour préserver leur santé physique.

Il est recommandé qu’elles mangent discrètement. Elles ne sont pas tenues de reprendre le jeûne ultérieurement ni de le compléter, mais il est approprié de racheter le jeûne par un don d’argent à des fins de charité.

L’éducation des mineurs

Un garçon qui n’a pas encore atteint l’âge de treize ans et un jour, et une fille qui n’a pas encore atteint l’âge de douze ans et un jour, sont exemptés du jeûne, même partiel (jeûne d’heures).

Cependant, lorsqu’un enfant a atteint la maturité suffisante pour ressentir le deuil (environ à partir de neuf ans), certains décisionnaires recommandent de lui donner uniquement du pain et de l’eau, ou une nourriture simple, afin qu’il partage le deuil avec la communauté.

En pratique, cet usage strict n’est généralement pas suivi ; on permet aux enfants de recevoir toute la nourriture dont ils ont besoin. Néanmoins, il est approprié de les éduquer à éviter les mets raffinés, les friandises et les confiseries pendant ces jours de jeûne.

Le jeûne du marié et de la mariée

Un marié et une mariée pour lesquels le jeûne tombe durant les sept jours de réjouissances (Chéva Brakhot) sont tenus de jeûner.

Les participants à l’alliance (circoncision)

Le père de l’enfant, le parrain (Sandak) et le circonciseur (Mohel) doivent observer le jeûne en entier.

Rinçage de la bouche et brossage des dents

Il est interdit de se rincer la bouche le matin lors d’un jeûne public, et de même il est interdit de se brosser les dents avec de l’eau. Celui qui en ressent une souffrance peut faire preuve d’indulgence, à condition de faire très attention à pencher la tête et la bouche vers le bas afin que l’eau ne parvienne pas dans la gorge.

Une personne souffrant fortement de mauvaise haleine est autorisée à se brosser les dents avec une brosse et du dentifrice sans eau. Si elle éprouve une gêne à se brosser sans eau, il lui est également permis de se rincer ensuite la bouche avec de l’eau, à condition d’être extrêmement vigilante et d’incliner la tête et la bouche vers le bas afin que l’eau ne parvienne pas dans la gorge.

De même, une personne souffrante est autorisée à se rincer la bouche avec un produit tel que le Listerine, même dilué avec de l’eau, car il n’y a pas de risque d’ingestion étant donné qu’il est nuisible à l’organisme.

Modifications dans la prière

Chez les Ashkénazes, l’assemblée ne récite pas Anénou dans la prière de Cha’harit, mais uniquement dans la prière de Min’ha, dans la bénédiction de Choméa Téfila. Chez les Séfarades, l’assemblée récite Anénou aussi bien à Cha’harit qu’à Min’ha.

En revanche, l’officiant (‘Hazan), lors de la répétition de la Amida, récite la bénédiction d’Anénou aussi bien chez les Ashkénazes que chez les Séfarades, à Cha’harit comme à Min’ha, entre la bénédiction de Goël Israël et celle de Réfaénou, à condition qu’il y ait dans la synagogue dix personnes qui jeûnent.

Il peut toutefois la réciter même s’il n’y a que trois personnes qui jeûnent, et sept autres qui ont mangé moins que la mesure minimale équivalente à une datte (Kakotévèt, environ 38 cm³). Dans le cas contraire, il dira Anénou dans Chéma Kolénou, comme un particulier, lors de Min’ha.

Oubli d’Anénou

Si l’officiant s’est trompé et n’a pas récité Anénou, et s’en souvient avant de prononcer le Nom divin dans la bénédiction de Réfaénou, il revient en arrière et dit Anénou puis Réfaénou.

S’il s’en souvient après avoir conclu la bénédiction de Réfaénou, il récite Anénou avant la conclusion de Choméa Téfila, et conclut : « Baroukh ata Adonaï, haOné béèt tsarah véChoméa Téfila. »

S’il a également oublié dans Choméa Téfila, il récite Anénou comme une bénédiction indépendante après la bénédiction de Sim Chalom.

Un particulier qui a oublié de dire Anénou et s’en souvient après avoir prononcé le Nom divin dans la bénédiction de Choméa Téfila le dira sans formule de conclusion, après Élokaï Nétsor, avant le dernier Yihyou léRatsoné.

Séli’hot

Dans la prière de Cha’harit, lors de la récitation du Ta’hanoun, après Néfilat Apaïm, on ajoute les Séli’hot, et après les Séli’hot, on récite le long Avinou Malkénou.

Après le Ta’hanoun, on lit dans la Torah la section « VaYé’hal Moché », même s’il n’y a dans la synagogue que trois personnes qui jeûnent.

La prière de Min’ha

Dans la prière de Min’ha, on commence par Achré, puis l’officiant récite un demi-Kaddich. On lit ensuite dans la Torah la section « VaYé’hal Moché », et on lit la Haftara « Dirchou Hachem ».

Après la Haftara, l’officiant récite de nouveau un demi-Kaddich. Dans la prière de la Amida, l’assemblée et l’officiant ajoutent Anénou, chacun à l’endroit qui lui est propre. De même, l’officiant ajoute la bénédiction sacerdotale (Birkat Kohanim) avant la bénédiction de Sim Chalom.

Lors du Ta’hanoun, après Néfilat Apaïm, on récite le long Avinou Malkénou.

Ministre officiant

La communauté qui jeûne doit désigner comme officiant une personne qui jeûne avec elle. Si un officiant qui ne jeûne pas a déjà commencé la répétition de la Amida, il dira l’Anénou de jeûne public en disant : « Anénou béyom tsom ataanité azé. »

Montée à la Torah

De même, on ne fait pas monter à la Torah une personne qui ne jeûne pas. C’est pourquoi un Cohen qui ne jeûne pas devra sortir de la synagogue avant qu’on appelle le premier montant, s’il n’y a pas d’autre Cohen présent. Ceci pour éviter que les fidèles pensent que ce Cohen est Passoul (inapte) du fait qu’on ne le fait pas monter à la Torah. S’il y a un autre Cohen présent, il n’est pas nécessaire qu’il sorte.

Pour les Ashkénazes : si a posteriori on a déjà appelé une personne qui ne jeûne pas à monter à la Torah lors de la lecture d’un lundi ou un jeudi à Cha’harit, elle peut monter à la Torah. En revanche, lors de la lecture de Min’ha, ou lors de Cha’harit un jour qui n’est ni lundi ni jeudi, on fera monter quelqu’un d’autre à sa place. Toutefois, si la personne éprouve une gêne à déclarer qu’elle ne jeûne pas, par crainte d’un Hiloul Hachem (profanation du Nom divin), elle ne dira pas qu’elle ne jeûne pas et montera à la Torah.

Pour les Séfarades : même si on l’a appelé par son nom à monter au Sefer Torah, elle s’excusera en disant qu’elle ne jeûne pas en raison d’une contrainte (Onès), et une autre personne montera à sa place.

Goûter un aliment

Selon l’usage séfarade, il est permis de goûter un plat afin de vérifier s’il nécessite du sel ou des épices, à condition de recracher et de ne rien avaler. Il est permis de le faire plusieurs fois jusqu’à une quantité équivalente à un Révi’it (4,4 cl) en une seule fois, à condition que la personne sache avec certitude qu’elle est capable de se retenir de ne rien avaler. Toutefois, le jour de Yom Kippour et le 9 Av, cela est interdit.

Selon l’usage ashkénaze et l’usage de Habad, on a l’usage d’être rigoureux et d’interdire cela lors de tout jeûne public. Cependant, dans le cadre d’un repas de Mitsva, lorsque l’on cuisine pendant le jour en vue du repas du soir, on peut s’appuyer, pour les trois jeûnes cités plus haut, sur les opinions permissives et goûter le plat en petites quantités afin de vérifier l’assaisonnement, à condition de recracher.

Avaler sa salive

Il est permis d’avaler sa salive durant un jeûne, même à Yom Kippour.

Prise de médicaments

La prise d’un médicament ou d’une pilule amère, ou de tout produit qui n’a pas de goût agréable ou savoureux, à des fins médicales, est autorisée durant le jeûne, à condition de l’avaler sans eau.

Si le malade est dans l’impossibilité de l’avaler sans eau, il pourra l’avaler avec un peu d’eau amère, par exemple de l’eau mélangée à du thé noir, afin d’altérer le goût de l’eau.

S’il ne lui est possible d’avaler les comprimés qu’avec un peu d’eau ordinaire, ou dans le cas où il est nécessaire de prendre des pilules sucrées ou des sirops sucrés, cela ne sera permis que si l’abstention du médicament risque d’entraîner un état de maladie qui rendrait la personne exemptée du jeûne.

Celui qui a oublié et mangé

Une personne qui a oublié et a mangé reste tenue de compléter le jeûne. Elle n’est pas tenue d’observer un jeûne un autre jour, sauf si elle le fait volontairement à titre d’expiation.

Elle peut réciter Anénou en disant : « Anénou, béyom tsom ataanité zé. »

Si elle a mangé une quantité inférieure à la mesure d’une datte (Kotévèt, 38 cm³) dans le laps de temps appelé Kédé Akhilat Pras (6-7 minutes), ou si elle a bu moins que Mélo Lougmav (environ 40 cm³/40 ml), le jeûne n’est pas annulé pour elle et elle récitera Anénou comme à l’accoutumée.

Fumer pendant le jeûne

Certains estiment qu’il est interdit de fumer des cigarettes les jours de jeûne, tandis que d’autres l’autorisent. L’opinion principale retenue est celle des décisionnaires indulgents.

La récompense du jeûne (Agra déTa’anita)

Il est d’usage de multiplier les actes de charité le jour du jeûne, en les accomplissant avec bienveillance et affabilité, avant la prière de Min’ha. Certains estiment la valeur de ce qu’ils auraient mangé ce jour-là et en font don aux pauvres.

Paroles persuasives (Divré Kibbouchin)

Le Rabbi a réinstauré une coutume qui était en usage autrefois dans les communautés d’Israël : après la prière de Min’ha, on prononce des paroles persuasives (au moins quelques mots), ou l’on récite un psaume de Tehilim approprié.

Dans un endroit où cela n’est pas possible en raison de la contrainte imposée à l’assemblée, on veillera au moins à y réfléchir intérieurement.

Voyager un jour de jeûne entre différents pays

Une personne qui voyage un jour de jeûne d’un pays à un autre, et pour laquelle il existe des différences de fuseaux horaires, de sorte que parfois la journée se prolonge et parfois elle se raccourcit, commence le jeûne selon l’heure du pays qu’elle quitte et le termine selon l’heure du pays où elle arrive, que cela entraîne une indulgence ou une rigueur.

Heure de la fin du jeûne

La sortie du jeûne a lieu à l’apparition de trois étoiles moyennes, à 17 h 40.

Halakha pour l’époque messianique

Tous ces jeûnes sont destinés à être annulés aux jours du Machia’h. Plus encore, ils sont appelés à devenir des jours de fête, de joie et d’allégresse, comme il est dit : « Ainsi parle l’Éternel des Armées : le jeûne du quatrième mois, le jeûne du cinquième, le jeûne du septième et le jeûne du dixième seront pour la maison de Yehouda des jours de réjouissance, de joie et de fêtes solennelles ; aimez donc la vérité et la paix. »

Le dix Tévet constitue le commencement et la cause de tous les jeûnes. Lorsque celui-ci sera transformé en jour de fête par l’amour d’Israël et l’unité du peuple d’Israël, tous les autres jeûnes se transformeront d’eux-mêmes en « jours de fête, de joie et d’allégresse ».

Dédicaces

Pour le mérite et la réussite de M. Yossef Assous et de son épouse Messaoudi, ainsi que de leurs enfants : Liel Nathan, Lev Déborah, Lévi Chmouel et Chalom.

Pour le mérite et la réussite de M. Avraham Allouche et de toute sa famille.

Pour le mérite et la réussite de M. Élazar Aknin, ainsi que pour le mérite de ses enfants Cheindel et Betsalel, et pour l’élévation de l’âme de la femme discrète et vertueuse Mme Ora ‘Haviva, Bat Messaoudi, de mémoire bénie.

 

Le cardiologue du Rabbi témoigne : « La Rabbanit Haya Mouchka m’a adopté comme un fils »

Le cardiologue du Rabbi témoigne : « La Rabbanit Haya Mouchka m’a adopté comme un fils »

 

Le Dr Ira Weiss, cardiologue de Chicago qui a soigné le Rabbi de Loubavitch pendant quinze ans, partage ses souvenirs intimes de la Rabbanit ‘Haya Mouchka Schneerson. À travers ce témoignage émouvant, il révèle la dignité exceptionnelle, la chaleur maternelle et la sollicitude remarquable de cette femme d’exception qui, malgré les circonstances médicales les plus tendues, n’a jamais cessé de penser aux autres.

 

 

 

Une rencontre inattendue en pleine urgence

Je souhaitais partager cette expérience, bien que certains aspects demeurent confidentiels car ils concernent mes interventions médicales auprès du Rabbi et de la Rabbanit elle-même. Ce fut une expérience extraordinaire, car je n’étais absolument pas préparé à rencontrer un homme de la stature du Rabbi. J’avais entendu parler de lui, j’avais été élève dans un ‘Héder Habad durant mon enfance où nous avions entendu de merveilleuses histoires, mais le rencontrer véritablement, même en période de maladie, fut une expérience remarquable. Rencontrer également son épouse et interagir avec la Rabbanit Schneerson fut un grand privilège et une expérience extraordinaire qui m’a beaucoup appris, notamment sur le mariage.

L’appel d’urgence de Sim’hat Torah 1977

Mon arrivée sur cette scène remonte à 1977, lors de Sim’hat Torah, lorsque le Rabbi tomba gravement malade. La situation était critique à ce moment-là, et je fus appelé en urgence par le Rav Krinsky. Comme je l’ai raconté de nombreuses fois, c’est en réalité mon collègue, le Dr Lewis Tishholtz, qui vint à la rescousse. Il m’aurait fallu quatre heures pour arriver à New York alors que le Rabbi avait besoin de soins immédiats. Mon ami, le Dr Lewis Tishholtz, qui avait été mon professeur au Peter Bent Brigham Hospital de Harvard, accourut pour prendre les choses en main immédiatement.

Lorsque j’arrivai quatre heures plus tard, je fus accueilli presque à la porte. Je montai à l’appartement, c’était en fin de matinée le jour où j’avais été appelé, Sim’hat Torah 1977. La Rabbanit m’invita à la rejoindre pour le Kidouch. Je lui dis que j’avais entendu que les choses n’allaient vraiment pas bien et que j’étais venu spécifiquement pour voir le Rabbi. Je ne savais pas si elle était au courant de la situation, mais elle fut très rassurante avec moi.

Le Dr Tishholtz, le sauveur providentiel

Elle avait eu une merveilleuse rencontre avec mon ami le Dr Tishholtz, qui fut véritablement celui qui sauva le Rabbi. C’est lui qui prit les mesures immédiates nécessaires pour préserver la vie du Rabbi. Il fut également une personne d’une grande finesse dans ses contacts avec la Rabbanit. Il la rencontra et me dit plus tard que ce fut une rencontre si chaleureuse, qu’elle était tellement reconnaissante de sa réponse immédiate à cet appel inattendu. Il fit tout ce qui était nécessaire pour mettre la Rabbanit à l’aise, en plus de sauver le Rabbi.

Une hôtesse d’une dignité remarquable

Cela permit à la Rabbanit d’être davantage une hôtesse plutôt que l’épouse d’un homme malade, s’assurant que je fasse le Kidouch avant de voir le Rabbi. À ce moment-là, le Rabbi était stabilisé, il se reposait et dormait, il était donc possible de faire le Kidouch d’abord. Nous eûmes une merveilleuse rencontre où, en très peu de temps, elle se présenta comme la personne la plus digne qui soit : une dame petite et charmante qui, même dans une situation si tendue, avait été apaisée par les interventions très favorables du Dr Tishholtz et son rapport rassurant.

Elle s’attacha à moi très rapidement. Les choses s’étaient bien passées par bonne fortune, par la Providence divine, et il me fut possible de m’attacher immédiatement à elle. Ce n’aurait pas été pareil dans un cas normal où les choses sont si tendues médicalement qu’on ne peut pas vraiment connaître la famille, tout n’étant que tension. Mais la Rabbanit s’ouvrit à moi de manière très chaleureuse, et j’eus vraiment la chance d’être apprécié dès le départ pour avoir fait le voyage. Cela rendit beaucoup plus aisée la traversée de toutes les interventions que nous dûmes effectuer et de tous les jugements que nous dûmes porter, grâce au calme et à la manière rassurante de la Rabbanit, sans oublier les commentaires brillants du Rabbi dès qu’il sortit de la tourmente initiale.

Des appels quotidiens pendant quinze ans

Le Rabbi, très soucieux de son épouse, me dit peu après notre rencontre que la Rabbanit serait très reconnaissante si je pouvais la tenir régulièrement informée. Quand j’entendis cela du Rabbi, je me dis que ce serait facile à faire puisque la Rabbanit était si réceptive. Je fis en sorte, même après mon départ, après les premières semaines de stabilisation du Rabbi, de retour dans ma ville de Chicago, de l’appeler chaque soir, à l’exception du Chabbat bien sûr. Chaque soir, nous étions au téléphone ensemble pour un rapport où j’avais l’avantage de savoir ce qui se passait médicalement avec le Rabbi, et je pouvais percevoir à travers ses jugements très aiguisés si quelque chose allait bien ou mal, et si je devais rappeler certaines des personnes avec lesquelles je travaillais à New York pour corriger le traitement.

C’est grâce à la perception de la Rabbanit que je pus faire beaucoup plus que je n’aurais pu le faire avec seulement les visites occasionnelles que je faisais chaque mois ou mois et demi par la suite, pendant les quinze années suivantes.

Une mère de cœur pour ses proches

Ma connexion avec la Rabbanit s’étendit au point que, comme le dit mon épouse, la Rabbanit semblait presque me prendre comme un fils. Je répondis qu’en réalité, d’après ce que j’avais vu et entendu, je pensais que le Rav Krinsky mériterait cette désignation. Le Rav Krinsky, qui ne croyait pas ce que je disais, m’affirma qu’il l’avait entendu de nombreuses fois de la Rabbanit elle-même. Le Rav Krinsky, qui était l’assistant du Rabbi, le secrétaire exécutif qui le conduisait et s’assurait que tout était pris en charge, était également ainsi avec la Rabbanit Schneerson. Je pense que la Rabbanit considérait le Rav Krinsky comme un fils. J’étais peut-être le deuxième ou le troisième fils, mais c’était une relation très chaleureuse.

Elle avait de nombreux enfants dans son cœur, et cela incluait peut-être bien plus d’enfants que le Rav Krinsky et moi. Je ne pense pas que c’était uniquement nous. Dans la maison, le Rav Groner avait un merveilleux petit fils, de mémoire bénie, un petit garçon adorable. Je pouvais voir quels instincts la Rabbanit avait envers un petit enfant, combien elle pouvait le réjouir.

Un calme olympien face aux imprévus

Mes propres petits enfants vinrent rendre visite au Rabbi et à la Rabbanit lors d’une de nos visites. Ce fut la plus chaleureuse des relations entre mes deux filles aînées, qui étaient à l’époque mes seuls enfants. La petite, qui avait probablement deux ans ou deux ans et demi, s’éloigna pendant que nous avions notre rencontre initiale. Puis on entendit quelque chose venant de la vitrine de porcelaine, un bruit qui ressemblait à un fracas.

Normalement, une personne normale avec le genre de beaux souvenirs que le Rabbi et la Rabbanit avaient accumulés au fil des années aurait été prise de panique. Mais la Rabbanit resta calme comme si de rien n’était. Elle alla aider la petite enfant à ne pas se sentir mal de la situation. Rien de grave ne s’était produit, et elle resta parfaitement sereine, apaisant les inquiétudes de l’enfant, sans jamais montrer la moindre préoccupation que quelque chose aurait pu mal tourner. C’était un signe remarquable de ce qu’elle était : son cœur était pour les enfants, et sa bonté rayonnait partout avec les petits enfants de la maison.

Au fil des années, mon épouse eut également l’occasion de rencontrer la Rabbanit. Elle l’admirait pour ses manières élégantes, son goût raffiné, élégant et modeste.

Une sollicitude qui sauve des vies

Il y eut des incidents qui révélèrent un autre aspect de la Rabbanit. Cela se passa en 1981. Fait intéressant, après que le Rabbi se fut stabilisé et que j’eus appris à le connaître un peu, le Rabbi me demanda d’aller écouter le cœur de la Rabbanit, car il ne voulait pas que toute l’attention soit portée sur lui. Je fis ce qu’il dit et j’entendis quelque chose de mineur, rien qui méritait d’être rapporté, mais je le gardai dans un coin de ma tête. Quatre ans plus tard, une petite maladie se développa qui me fit repenser à ce que j’avais entendu en 1977, et je fus amené à venir, même un Chabbat, depuis Chicago pour voir ce qui se passait.

La Rabbanit, qui me parlait régulièrement, savait que je devais assister à une importante réunion des vingt ans de mon lycée laïc que j’avais fréquenté à Chicago. Elle était très intéressée de savoir si j’avais été populaire dans la classe. Je lui dis que j’étais une personne très appréciée dans la classe, que j’avais été délégué de classe et que je connaissais tout le monde. Je voulais vraiment assister à cette réunion même s’il ne s’agissait pas de ma famille immédiate.

Or, la visite que je fis me fit manquer ma réunion. La Rabbanit Schneerson fut préoccupée par le fait que j’avais manqué cette réunion. Elle me supplia de prendre note de tout ce qui avait été dit. Je lui répondis qu’il y aurait une compilation de 300 pages, une page sur chaque personne. Je parcourus les 300 pages sur la recommandation de la Rabbanit et je tombai sur une personne à laquelle je n’aurais prêté aucune attention, dont le mari avait dû subir une greffe de rein à l’Université du Minnesota. C’était une greffe très réussie.

Nous avions des voisins juste en face de chez nous qui refusaient d’aller plus loin avec une dame qui était mourante, une jeune femme de mon âge. Nous les mîmes en contact avec ce couple grâce à l’insistance de la Rabbanit pour que je lise chaque page du livre. Cette dame est toujours en vie aujourd’hui ; c’est la personne ayant vécu le plus longtemps après une greffe de rein. Grâce à D.ieu, elle va toujours très bien, c’est une voisine très chère juste en face de chez nous. Rien n’a changé en termes de proximité, mais c’était l’intérêt propre de la Rabbanit que cette réunion n’aurait pas dû être manquée, alors qu’elle-même avait à ce moment-là besoin d’une surveillance médicale.

Une attention maternelle aux moindres détails

C’est juste un exemple, et c’était une caractéristique constante de ma connexion avec la Rabbanit. Elle connaissait les scores de baseball de mon équipe favorite, les Cubs de Chicago. Elle connaissait la météo à Chicago avant même que je prenne le téléphone. C’était une sollicitude maternelle, dans un sens. Voilà la Rabbanit telle que je peux la décrire.

Une perte déchirante

Et bien sûr, quand nous perdîmes la Rabbanit, ce fut si déchirant pour nous tous. Il existe une photo très révélatrice dans un journal le jour de la Levaya, qui montre vraiment l’émotion exprimée par les personnes présentes à l’enterrement. C’est vraiment quelque chose qui mérite d’être archivé. Si vous pouvez trouver cette photo révélatrice, vous verrez ce que nous avons tous ressenti quand nous avons perdu la chère Rabbanit.

Elle incarnait la dignité, la chaleur, la sollicitude envers les autres, un rapport extraordinaire aux enfants qui dépassait ce que montrent des parents biologiques. Comme le Rabbi, elle possédait une intelligence brillante. Ce témoignage lui rend hommage avec toute la gratitude qui lui est due.

Paru dans le journal «Le Monde» : À Paris, «on sait toujours que quelque chose peut arriver»

Paru dans le journal «Le Monde» : À Paris, «on sait toujours que quelque chose peut arriver»

 

Réunis place de la République, lundi, des membres de la communauté juive disent leur émotion et leur inquiétude après l’attentat en Australie

 

 

Devant la statue de Marianne, place de la République, à Paris, se dresse un imposant chandelier à neuf branches que les juifs allument pendant la fête de Hanoukka. Campé sur un monte-charge, un jeune homme attend d’être hissé en haut de l’installation afin d’allumer deux bougies. La cérémonie se tient tous les ans dans plusieurs quartiers de la capitale.

Lundi 15 décembre, deuxième jour de la Fête des lumières, qui en dure huit, une centaine de personnes se sont déplacées pour applaudir l’allumage des bougies. La veille, à Sydney, en Australie, c’est à l’occasion d’un rassemblement organisé pour Hanoukka, que 15 personnes ont été tuées lors d’une attaque terroriste. L’événement parisien a donc pris une symbolique particulière, pour les présents, qui ont rendu hommage aux victimes.

Au milieu de la foule, des policiers patrouillent ; un peu plus loin sur la place, trois cars de CRS stationnent. Bonnet sur la tête, barbe au menton, Eyal, 25 ans, ingénieur, regarde autour de lui : « On sait toujours que quelque chose peut arriver quand il y a un événement de la communauté juive en public, mais je fais confiance à la police… Quand elle n’est pas là, j’ai quand même un petit stress », admet le jeune homme, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Lui, comme d’autres, est venu pour les victimes de Sydney. « Sans cette tragédie, j’aurais allumé les bougies en privé, mais ce soir il fallait venir. »

« Je me devais d’être là »

Chez lui, comme chez beaucoup de membres de la communauté juive en France, l’émotion est palpable. L’attaque a beau avoir eu lieu à l’autre bout du monde, tous se sentent concernés. Tous disent se sentir parfois menacés.

Suite de l’article

« C’est toi le Tsadik ! » : le message saisissant du Grand Rabbin de Russie au Farbrenguen de Youd-Teth Kislev à Jérusalem

« C’est toi le Tsadik ! » : le message saisissant du Grand Rabbin de Russie au Farbrenguen de Youd-Teth Kislev à Jérusalem

Lors du grand rassemblement de Youd-Teth Kislev 5786 organisé par Tsamah, le Rav Berel Lazar, Grand Rabbin de Russie et émissaire en chef du Rabbi dans les pays de la CEI, a prononcé un discours d’une rare intensité sur la dimension intérieure de chaque Juif. À travers des récits bouleversants, des histoires de téchouva spectaculaires et une conversation mémorable avec le président Poutine, il a dévoilé comment la ‘Hassidout éclaire les âmes et métamorphose les existences.

 

 

 

Un Juif en quête d’un Tsadik

On raconte l’histoire d’un Juif totalement éloigné du judaïsme qui franchit un jour le seuil d’une synagogue, sans doute pour la toute première fois de sa vie. Il s’approcha du Gabbaï et lui confia : «Je voudrais voir à quoi ressemble un Tsadik. On m’a dit qu’il existe de tels hommes. Pourriez-vous m’en montrer un ?»

Le Gabbaï le toisa avec stupéfaction : «Tu as perdu la tête ? Tu imagines que la synagogue est un musée ? On vient ici pour prier, pour étudier, pas pour contempler des Tsadikim comme des bêtes curieuses !» Et il le mit dehors sans ménagement.

Le cœur en miettes, ce Juif adressa une lettre au Rabbi, lui relatant toute la scène dans ses moindres détails. Il demandait : «Y a-t-il quelque vérité dans les paroles de cet homme ?»

La réponse du Rabbi, écrite de sa propre main, fut lumineuse. Il ratura le mot «Y a-t-il» pour le remplacer par «Il y a», puis ajouta : «Il y a un enseignement capital dans ce que cet homme t’a dit.» Et le Rabbi de poursuivre en citant la Guémara : «Avant que ton âme ne descende en ce monde, on lui a fait prêter serment : sois un Tsadik ! Tout ce qui te manque, c’est de révéler les forces enfouies au plus profond de toi. Tu découvriras alors qu’on ne vient pas à la synagogue pour observer un Tsadik. C’est toi le Tsadik !»

Seul le Rabbi possédait ce don unique : s’adresser à un Juif simple et meurtri, le relever de terre et lui déclarer avec une conviction absolue : «C’est toi le Tsadik !»

La dimension intérieure d’Israël

Comment une telle chose est-elle possible ? Lors de son tout premier Farbrenguen officiel, le Rabbi enseigna que le Zohar proclame : «Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un.» Trois liens indissolubles unissent le Juif au Créateur à travers la Torah. Or, chacun de ces éléments recèle une dimension extérieure et une dimension intérieure.

Le Rabbi nous dévoile la dimension intérieure de chaque Juif. Lorsque nous posons notre regard sur un Juif, le Rabbi nous interpelle avec force : «Ne t’arrête pas à son apparence ! Plonge ton regard dans son intériorité !»

En entrant ici ce soir, j’ai aperçu une photo de Sasha Troufanov. Son histoire, tout le monde la connaît. Je la résumerai en quelques mots. Lorsque sa mère est sortie de captivité, elle était devenue une tout autre femme. En y entrant, elle n’avait pas le moindre lien avec le judaïsme. Elle en est ressortie avec un livre de prières, récitant chaque jour Cha’harit, Min’ha et Arvit. Deux fois par semaine, elle lit l’intégralité des Téhilim, ce qui lui prend quatre heures et demie. Une véritable Tsadeket !

Quand elle apprit que son fils allait être libéré, elle me confia son angoisse : «J’ai peur. Il va sortir, découvrir ce que je suis devenue, et il va perdre la raison. Dès qu’il me verra, il prendra la fuite !»

Et que s’est-il passé ? Baroukh Hachem, il fut libéré, et lui aussi connut un éveil spirituel. Sa dimension intérieure s’est révélée au grand jour. J’étais à ses côtés quand il posa les Téfiline pour la première fois de son existence. J’étais à ses côtés quand il reçut son nom juif : Yossef Alexander. Plus question de «Sasha Alexander», désormais c’est Yossef Alexander. Car soudain, il a ressenti vibrer en lui son âme, cette parcelle de D.ieu d’En-Haut. Voilà ce qu’est Israël dans son essence.

Une téchouva stupéfiante en Russie

Permettez-moi de vous conter une histoire qui illustre ce que signifie la dimension intérieure de la Torah. Un jour, lors d’un événement de premier plan à Moscou, quelqu’un s’approcha de moi et me glissa : «Connaissez-vous ce Juif là-bas ? Pourquoi n’allez-vous pas lui parler ?»

J’ignorais jusqu’à son identité. On m’expliqua : «C’était un brillant élève de Yéchiva, un érudit d’envergure. Il a complètement sombré. Venez-lui en aide !»

Je m’approchai de lui et nous convînmes d’une visite. Arrivé chez lui, j’aperçus des Téfiline dans un coin de la pièce. Je m’exclamai : «Oh, vous possédez des Téfiline !» Sa réponse fut cinglante : «Un simple souvenir.»

Pour faire court, il avait touché le fond, ces abîmes où nul ne souhaite s’aventurer. Je commençai à tisser un lien avec lui, à l’inviter, à lui rendre visite, à étudier ensemble. L’épilogue ? Le jour de son mariage, ce fut une cérémonie cachère Léméhadrine, avec une épouse observant scrupuleusement la pureté familiale. Une famille ‘hassidique dans toute sa splendeur !

Son frère me raconta que lorsqu’il avait annoncé à sa famille son départ pour la Russie, après tout ce qui s’était passé, ce fut la consternation générale. Ils se lamentaient : «Non seulement il est tombé si bas, mais en plus la Russie ! Que va-t-il devenir là-bas ?»

Ils se demandaient que faire. Il fallait appeler quelqu’un. Mais qui ? Habad ! Pourtant, comment oser décrocher le téléphone pour appeler Habad ? Ils savaient ce qu’était Habad ! Plusieurs fois, ils tentèrent de soulever le combiné, en vain. Impossible.

Puis un beau jour, des échos leur parvinrent : il mettait les Téfiline, il observait le Chabbat, il étudiait. Ils lui demandèrent : «Comment est-ce arrivé ?» Il répondit simplement : «Habad est venu à moi.»

Alors ils prirent une décision : entrer dans une librairie juive et acquérir des ouvrages de ‘Hassidout Habad pour percer ce mystère. Ils achetèrent deux livres : le Tanya et le Likouté Torah.

Depuis cette semaine-là, les deux frères s’installent côte à côte et étudient ensemble. Ils fréquentent la synagogue, partagent ce qu’ils ont appris. Autour d’eux, on s’interroge : «D’où jaillit cette lumière ?» Ils répondent évasivement : «Ce sont des livres saints, mais si nous vous révélions lesquels, vous n’en reviendriez pas !»

Aujourd’hui, ils peuvent enfin témoigner : «Nous avons compris que peu importe ce que l’on cherche et où on le cherche, nous réalisions que nous poursuivions le Saint béni soit-Il à travers le Talmud. Nous possédions tout le Cha »s, mais ressentir ce lien vivant avec Hachem, cette connexion entre Israël et le Saint béni soit-Il, voilà ce qui nous faisait cruellement défaut. L’Admour Hazakène nous a ouvert les yeux : il nous a permis de contempler le Saint béni soit-Il au cœur même du Cha »s.»

Voilà ce qu’est la dimension intérieure de la Torah. Ce n’est nullement un domaine séparé. Bien au contraire, elle vient enrichir et vivifier l’étude. Grâce à cette dimension intérieure, nous découvrons une vitalité nouvelle dans l’étude de la Torah, nous percevons sa lumière éclatante.

Aimer D.ieu de tout son être

Et quelle est la dimension intérieure du Saint béni soit-Il ? Chacun de nous prie quotidiennement et proclame deux fois par jour : «Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces.» Mais aimons-nous véritablement le Saint béni soit-Il ? Pouvons-nous honnêtement affirmer que nous brûlons d’un désir ardent pour Hachem ?

«De tout ton cœur» signifie avec tes deux penchants. Est-il concevable d’atteindre un état où nos deux penchants convergent vers l’amour de D.ieu ? «De toute ton âme», comme l’enseigne la Paracha de cette semaine, implique que tous nos désirs soient exclusivement tournés vers Hachem.

Un jour, Rabbi Yossef Its’hak, le Rabbi précédent, se rendit à Londres pour collecter des fonds en faveur de la Yéchiva. Un jeune homme l’accompagnait. Ils allaient de maison en maison. Soudain, le Rabbi aperçut une demeure imposante et comprit qu’un homme fortuné y résidait. Il proposa : «Entrons ici.» Le jeune homme objecta : «Non, pas là.» «Comment cela, pas là ? Il y a certainement un Juif à l’intérieur, tentons notre chance.» Le jeune homme insista : «Ce Juif-là, je ne l’aime vraiment pas.»

Rabbi Yossef Its’hak le fixa intensément et lui dit : «Que tu n’aimes pas quelqu’un, je ne l’approuve pas, mais je peux encore le concevoir. Mais ‘vraiment’ ne pas l’aimer ? Comment un Juif peut-il employer le mot ‘vraiment’ pour quelque chose qui n’a aucun rapport avec le Saint béni soit-Il ? Ton ‘vraiment’ doit être exclusivement réservé à l’amour d’Hachem !»

Si quelqu’un possède un tel feu intérieur, je suis prêt à l’acquérir pour tout l’or du monde ! J’ai cherché inlassablement, et voici ce que j’ai découvert : lorsqu’on étudie la ‘Hassidout, lorsqu’on s’adonne au service du cœur, on commence à entrevoir ce qu’est la dimension intérieure du Saint béni soit-Il, ce que signifie se consacrer entièrement à Hachem.

Le sens profond de «Je suis devenu petit»

Cette semaine précisément, je cherchais à élucider un bref commentaire de Rachi sur le verset «Je suis devenu petit face à tous les bienfaits» (Béréchit 32:11). Rachi explique : «Mes mérites ont diminué.» Mais cette interprétation ne semble pas correspondre au mot «Je suis devenu petit». L’Admour Hazakène, dans la lettre qu’il rédigea à sa sortie de Pétersbourg, nous en dévoile la signification profonde.

Yaakov Avinou proclame : «Le Saint béni soit-Il m’a élevé si haut ! Les bienfaits et les prodiges dont j’ai été témoin m’ont porté à des sommets vertigineux. C’est précisément pour cette raison que je dois cultiver l’humilité. Plus je me rapproche du Saint béni soit-Il, plus je mesure combien je suis insignifiant. Auparavant, je me croyais grand, je me percevais comme un Tsadik. Soudain, grâce aux bienfaits qu’Hachem m’a prodigués, je m’approche de Lui et je réalise que je ne suis rien.»

Tel est l’enseignement de la ‘Hassidout. D’un côté, elle t’élève, te révèle que tu n’es pas un simple Juif, mais un Tsadik. «On t’a fait jurer d’être un Tsadik.» Elle te confère des forces insoupçonnées. Tu es immense, tu es un géant !

Mais c’est précisément cette élévation qui engendre l’humilité, car tout cela ne vient pas de toi. C’est le Saint béni soit-Il qui te l’a accordé. C’est un pur don de Sa grâce.

La révolution de 1991 : «Un étonnement absolu !»

Je voudrais partager avec vous un épisode marquant. En 5751 (1991), chacun s’en souvient, les nouvelles annoncèrent soudain une nouvelle révolution en Russie ! Les bouleversements en Russie, c’est notre lot quotidien, Baroukh Hachem, on ne s’ennuie jamais. Chaque jour apporte son lot de surprises.

À ce moment précis, je me trouvais aux États-Unis, à New York, auprès du Rabbi. Soudain, en pleine nuit, vers huit heures du matin là-bas, mon téléphone sonna. On me criait : «Où es-tu ? Que fais-tu ? Pourquoi n’es-tu pas ici ?»

Je répondis calmement : «Que se passe-t-il ? Je rentre demain.» La réponse fusa : «Demain ?! Et en attendant, que fait-on ? Nous avons des colonies de vacances, des enfants, des moniteurs et des monitrices ! Que devons-nous faire ? Tout le monde fuit le pays. Toutes les organisations juives ont fermé leurs portes. Tout le monde s’est enfui !»

Je leur dis : «Du calme, mes amis. Que fait-on quand on ne sait plus quoi faire ? On écrit au Rabbi ! Je vais bientôt descendre à la prière, je rédigerai une lettre et la remettrai au secrétaire. Dès que le Rabbi aura répondu, nous saurons comment agir.»

Il était cinq heures du matin. Je m’assis et rédigeai soigneusement ma lettre. Un quart d’heure avant le début de la prière, je montai au secrétariat. Le secrétaire me demanda : «Qu’est-ce que c’est ?» Je répondis : «On demande ce qu’il faut faire.» Il s’exclama : «Tu as perdu la raison ? De quelle question parles-tu ? Le président des États-Unis lui-même déclare ignorer ce qui va se passer demain matin ! C’est une révolution, un danger mortel ! Quelle question poses-tu ?»

Je répliquai : «Je suis un petit enfant, je ne comprends rien à rien. On m’a posé la question, je dois retourner en Russie demain. J’ai tout exposé au Rabbi. S’il vous plaît, remettez-lui cette lettre.»

Il finit par accepter. Je descendis prier. Soudain, le Rabbi descendit de son bureau. Le secrétaire m’aperçut, accourut vers moi et me souffla : «Dès la fin de la prière, monte immédiatement et attends-moi là-haut !»

On peut aisément imaginer dans quel état d’esprit je priai ce jour-là… Je montai quatre à quatre et attendis. Il me tendit la réponse du Rabbi. Ces mots, je les reçus avec une stupéfaction totale.

Le Rabbi écrivait : «Un étonnement absolu face à une telle question ! Il va de soi qu’il faut poursuivre tous les programmes, y compris les colonies de vacances, jusqu’à leur terme. Hachem vous accordera la réussite et vous apportera de bonnes nouvelles.»

On pourrait en disserter toute la nuit, mais permettez-moi une simple question : que signifie «un étonnement absolu» ? Le Rabbi ignorait-il ce qui se passait ? N’écoutait-il pas les informations ? On tirait sur les gens, des chars patrouillaient dans les rues ! Pourquoi donc «un étonnement absolu» ?

Il me fallut du temps pour saisir. Le Rabbi avait proclamé cette année-là : «C’est l’année où le Machia’h sera révélé !» Le Rabbi t’annonce l’arrivée imminente du Machia’h, et toi tu poses de telles questions ? Tu ne comprends donc pas que ces événements eux-mêmes sont un signe annonciateur de la Guéoula ?

Bref, j’embarquai dans l’avion sous les regards incrédules de tous. Nous étions ma femme, moi, nos deux fillettes, et une seule autre personne. Un avion entier, un jet privé offert ! Nous nous installâmes en classe affaires, nous fîmes ce que bon nous semblait. Tout l’appareil était à nous.

Tout le monde nous dévisageait comme des fous : «Pourquoi montes-tu dans cet avion ?» Je demandai à l’autre passager ses raisons. Il me répondit : «Ma femme m’a lancé un ultimatum : soit tu rentres immédiatement, soit c’est le divorce !»

Moi, je rentrai avec la certitude absolue que le Rabbi nous avait promis l’arrivée du Machia’h. Aucune raison de s’alarmer, aucune raison de se tourmenter. Le Rabbi nous enseigne à discerner le bien en toute chose. Aucun mal ne descend d’En-Haut. Tout est pour le bien, et plus encore : tout est un signe avant-coureur de la Guéoula !

Youd-Teth Kislev : se reconnaître comme un Tsadik

Youd-Teth Kislev est un jour qui insuffle en chacun de nous cette conviction profonde : se regarder d’abord soi-même et se dire «Je suis un Tsadik, je dois me conduire en Tsadik, je suis un ‘Hassid.» Comment pourrais-je commettre quelque chose de mal ? Je suis un ‘Hassid de l’Admour Hazakène !

Je poserai sur chaque Juif un regard bienveillant, je verrai en toute chose dans ce monde une étincelle de bien.

La question de Poutine sur l’éternité du peuple juif

Tout le monde raffole des anecdotes sur le président Poutine, alors en voici une particulièrement brève. C’était il y a quelques années, la veille de Roch Hachana, une journée chaotique en Russie. Un avion venait de s’écraser, c’était la panique générale.

J’avais néanmoins un rendez-vous avec lui avant Roch Hachana. J’étais persuadé qu’on allait annuler la rencontre. Il répondit que non, la réunion était maintenue. J’arrivai au Kremlin où tous les ministres patientaient, mais comme c’était la veille de Roch Hachana, je devais passer en premier.

Je sentais déjà peser sur moi les regards assassins des ministres, comme si j’étais un dément d’entrer à un tel moment de crise. Je m’entretins avec lui pendant une heure et demie. À un certain moment, je compris qu’on allait m’écharper à ma sortie !

Je hasardai : «Monsieur le Président, je crois que nous avons fait le tour. Nous poursuivrons une prochaine fois.» Il acquiesça : «D’accord, très bien, merci.» Je me levai, me dirigeai vers la porte, il regagna son bureau. Soudain, il se retourna vers moi et me lança :

«Rabbi, pourriez-vous m’éclairer sur le secret de l’éternité du peuple juif ? Ici en Russie, nous avons connu des nations, des peuples qui possédaient tout. Ils disposaient de territoires immenses, d’argent, d’armées, d’une langue, d’une culture, de nourriture, de tout ce qu’ils désiraient. Ils se sont volatilisés. Il n’en subsiste pas même un souvenir.»

«Comment se fait-il que le peuple juif, dépourvu d’État, de langue, d’armée, de culture propre, privé de tout, éparpillé aux quatre coins du monde, comment se fait-il que ce peuple demeure si puissant ? D’où lui vient cette force ?»

Naturellement, je manquais de temps. Je manquais assurément de temps à cet instant précis. Que pouvais-je lui répondre ? Lui développer la signification du «Je crois», ce qu’enseigne la ‘Hassidout, ce que révèle l’Admour Hazakène ? Par où commencer, par où conclure ?

Que fait-on dans une telle situation ? Je me tournai intérieurement vers le Rabbi et implorai : «Rabbi, inspire-moi les mots justes.» Avant chaque entrevue, je sollicite le Rabbi : «Rabbi, peu importe qui je rencontre, Juif ou non-Juif, peu importe. Chaque rencontre est une occasion d’exercer une influence, de transformer un être. Ne gaspille pas cette chance ! Ne lui parle pas de la météo et de banalités. Transforme-le ! Donne-lui quelque chose qu’il emportera au fond de lui.»

Et de ma bouche jaillirent ces mots : «Monsieur le Président, peut-être détenez-vous vous-même la réponse ?»

Il me répondit : «À vrai dire, j’y ai longuement réfléchi. Tous ces peuples, tout ce qu’ils possédaient, l’argent, l’armée, le territoire, la langue, ce sont des biens éphémères qui vont et viennent. Voilà pourquoi ces peuples ont disparu. Le peuple juif, lui, repose sur des fondations éternelles. C’est pourquoi il est un peuple éternel.»

Il poursuivit : «Il y a de l’éternité dans le peuple juif parce qu’il détient la Torah, une valeur éternelle. La famille juive est unique au monde, elle constitue une valeur éternelle. Et les Rabbins, la tradition juive transmise de génération en génération, voilà une valeur éternelle.»

Si l’on aspire à comprendre ce que signifie l’éternité, on vient aujourd’hui à Tsamah. C’est ici que nous étanchons notre soif spirituelle, que nous recevons «lumière et vitalité de notre âme», pour repartir dans le monde et reconnaître en chaque Juif un véritable Tsadik. Il suffit de dévoiler ce qui sommeille dans son intériorité.

Et alors nous découvrirons qu’au sein même de l’exil (Gola) se love la Délivrance (Guéoula). Puissions-nous mériter très prochainement de nous élancer vers la Délivrance véritable et complète, avec le Machia’h Tsidkénou, Amen !

 

Soixante-dix Chlou’him français réunis lors du congrès mondial

Soixante-dix Chlou’him français réunis lors du congrès mondial

En marge du congrès mondial des émissaires de Loubavitch, quelque soixante-dix Chlou’him de France se sont retrouvés pour un événement spécial. Cette rencontre matinale, organisée par le bureau des émissaires de France, a offert aux participants l’occasion d’entendre des témoignages inspirants.

 

 

Un petit-déjeuner festif aux dimensions internationales

L’événement s’est déroulé dans une atmosphère chaleureuse, rassemblant environ soixante-dix participants autour d’un petit-déjeuner festif. Cette initiative, orchestrée par le bureau des émissaires en France sous la direction du Rav Lévi Mimoun et en collaboration avec le comité des Chlou’him de France, visait à créer un moment de partage et d’inspiration pour la communauté française présente au congrès mondial.

La formule choisie combinait convivialité et enseignements, permettant aux participants de se retrouver dans un cadre moins formel que les sessions plénières du congrès, tout en bénéficiant d’interventions de qualité.

Trois témoignages, trois continents, une mission commune

Le programme a mis en vedette trois Chlou’him représentant différentes réalités de la Chli’hout à travers le monde. Le Rav Pin’has Pinson, émissaire à Nice, a ouvert les interventions en partageant son expérience personnelle de Chli’hout sur la Côte d’Azur et ses souvenirs émouvants avec le Rabbi. Son témoignage a permis aux participants français de se reconnaître dans les défis et les joies de la mission rabbinique en France.

Le Rav Chaï Amar, basé à Miami aux États-Unis, a ensuite pris la parole pour développer un message particulièrement pertinent pour l’assemblée : comment chaque juif, qu’il soit émissaire ou simple membre de la communauté, peut contribuer activement et renforcer le travail des Chlou’him. Son intervention visait à impliquer davantage les participants laïcs présents dans la salle.

Enfin, le Rav Lévi Banon, émissaire à Casablanca au Maroc, a clôturé les témoignages avec des récits inspirants de sa Chli’hout en terre marocaine. Ses histoires ont particulièrement touché l’assistance, illustrant la réalité de la vie juive et de l’action ‘Habad dans le monde musulman contemporain.

Une initiative du bureau des émissaires de France

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté du bureau des émissaires de France de créer des moments de cohésion et de formation continue pour les Chlou’him français et leurs proches. En marge du grand congrès mondial qui rassemble des milliers d’émissaires de tous les continents, ces événements régionaux permettent de traiter des problématiques spécifiques aux différents pays et de renforcer les liens entre les acteurs d’une même région.

Le choix d’inclure des membres des communautés aux côtés des émissaires reflète également une vision inclusive de la Chli’hout, où l’engagement de chacun est valorisé et encouragé. Cette approche contribue à créer un sentiment d’appartenance plus fort et à mobiliser davantage de forces vives pour le développement du judaïsme en France.

 

La Tsniout – Notre mode de vie

La Tsniout – Notre mode de vie

 

Des extraits d’une conférence magistrale du Rav MM Gluckowsky, organisée par Yagdil Torah, révèlent comment la Tsniout façonne notre identité et influence notre destinée spirituelle. Ces enseignements transmettent une sagesse ancestrale sur la pudeur, puisant dans les sources talmudiques et hassidiques pour guider les femmes juives d’aujourd’hui. La Tsniout n’est pas simplement une question vestimentaire, mais une philosophie de vie qui apporte bénédictions, satisfaction et sainteté dans nos foyers.

 

 

La beauté avec la Tsniout

Le Midrash relate que lorsque Vashti organisa un festin pour les femmes, l’accent fut mis sur la décoration extérieure, car les femmes apprécient davantage la beauté extérieure que la nourriture et les boissons.

Pour cette raison, lors de la création de ‘Hava, D.ieu ordonna à chaque membre qu’Il formait : « Sois pudique. Sois pudique. » D.ieu lui rappelait que bien qu’Il ait créé la femme avec une affinité naturelle pour la beauté, la Tsniout doit toujours primer.

La mode des nations

Dans un discours adressé aux femmes et filles de Habad, le Rabbi cita les paroles de ‘Hazal selon lesquelles les Juifs méritèrent la délivrance d’Égypte en « ne changeant ni leurs noms ni leurs vêtements. » ‘Hazal ne dit pas simplement que les Juifs furent délivrés grâce au mérite de la Tsniout. Cela nous enseigne que les vêtements pudiques ne constituaient pas le mérite en soi, car l’habillement égyptien était également pudique. Ils furent méritoires parce qu’ils refusèrent même de porter les habits égyptiens pudiques ; ils conservèrent le style vestimentaire juif traditionnel.

Un cho’het qui vivait à l’époque du Tsema’h Tsedek portait des galoshes, des couvre-chaussures, plutôt que les bottes traditionnellement portées. Bien qu’aucune Halakha ne condamne les galoshes, ils représentaient le style des nations de cette époque ; par conséquent, le cho’het fut démis de ses fonctions.

C’est pour cette raison que le code vestimentaire du Beth Rivka en Terre d’Israël stipulait que les jupes devaient se trouver au moins 5 à 8 centimètres du sol. Cette règle était appliquée parce que « plus long » était alors la mode.

Il existe des vêtements juifs et des vêtements des nations. C’est un message que nous devons transmettre clairement à nos enfants – il y a une manière dont les Juifs s’habillent.

Être les derniers à adopter la mode

Le Rabbi déclara que dans les questions de sainteté, nous devrions être les premiers à « nous lancer », comme Na’hchon Ben Aminadav ; cependant, lorsqu’il s’agit de mode, nous devrions être les derniers à l’adopter (dans les limites de la Halakha).

Ne pas perdre notre sensibilité

Les gens demandent pourquoi une telle importance est accordée à quelques centimètres. Nous sommes tombés si bas que nous avons perdu notre sensibilité à l’importance de la Tsniout. Nous sommes devenus si aveugles que les gens ne voient plus le problème.

Nous devons prendre position fermement, sans compromis, mais d’une manière douce, sensible et efficace, sans renoncer à nos principes.

Les vêtements ajustés

De nos jours, les vêtements sont conçus pour attirer, non pour couvrir. On doit veiller à ce que les vêtements ne soient pas trop ajustés, révélant la silhouette. Les changements de taille dus à la prise de poids ou à la grossesse peuvent rendre les vêtements trop serrés et non conformes à la Tsniout. La Guemara indique clairement que les vêtements ajustés ne sont pas conformes à la Tsniout.

Un guide en matière de Tsniout

On devrait trouver quelqu’un que l’on respecte pour poser les questions qui se présentent concernant la Tsniout.

La source de toutes les bénédictions

Le Zohar affirme : « Découvrir ses cheveux cause la pauvreté dans le foyer, amène les esprits impurs à résider dans la maison, empêche les enfants de devenir importants dans leur génération et apporte une malédiction sur le mari. » Le Rabbi citait généralement les conséquences positives mentionnées dans le Zohar : couvrir ses cheveux apporte la richesse, le nachas des enfants et la santé.

Le Rabbi cita la Guemara au sujet de Kim’hit qui mérita d’avoir sept fils devenir Kohanim Guedolim grâce à sa méticulosité dans le fait de couvrir ses cheveux, au point que « les murs de sa maison ne virent jamais ses cheveux. » De plus, sa rigueur affecta de nombreuses générations futures, car la position de Kohen Gadol est héréditaire et reste dans la famille.

Le Rabbi souligna l’importance de porter une perruque (cheitel), qui contrairement au foulard (tichel), ne laisse aucun cheveu découvert et apporte de nombreuses bénédictions à celles qui sont scrupuleuses à ce sujet.

Le Rabbi écrivit dans une lettre : « Ce que vous demandez au sujet de couvrir les cheveux, je suis choqué par cette question ! Particulièrement lorsque vous demandez : ‘Est-il suffisant de porter une perruque qui couvre tout sauf deux largeurs de doigt ?’ Qui essayez-vous de tromper avec cela ? »

Les enfants ont des yeux aussi

Selon le Zohar, nos actions affectent la crainte du Ciel de nos enfants. Ce que les enfants voient à la maison laisse une impression durable sur eux.

De la clandestinité en Russie soviétique à Kfar Habad : l’histoire inédite de la famille Vichitski

De la clandestinité en Russie soviétique à Kfar Habad : l’histoire inédite de la famille Vichitski

 

Au cœur de la nuit, en plein hiver soviétique, une famille ‘hassidique tente de franchir le rideau de fer avec des passeports polonais falsifiés. Mais trente secondes de retard vont changer le cours de leur destinée pour les dix-neuf années suivantes. Voici le récit extraordinaire de foi et de détermination de la famille Vichitski, dont l’attachement au Rabbi a transcendé les frontières du possible.

 

 

Une demi-minute qui coûta dix-neuf années

Au milieu de la nuit, dans le cadre de l’opération d’exfiltration massive des ‘hassidim hors de Russie soviétique au moyen de faux passeports polonais, le dernier train s’apprête à partir. Comme tant d’autres familles ‘hassidiques, la famille Vichitski se dirige vers la gare. À sa tête, le ‘hassid Rav Méir Ich Vichitski et les siens sont en route vers la liberté.

Quelques minutes avant d’atteindre la gare, des policiers surgissent de nulle part et arrêtent le véhicule pour un contrôle. Ils s’emparent des faux passeports et, comme par l’œuvre du Satan à l’instant le plus critique, ils ne se pressent nullement. Ils examinent chaque passeport avec une lenteur calculée avant de finalement les restituer, alors que l’heure est déjà très tardive.

On presse le conducteur d’accélérer, de rouler vite pour atteindre le train. Ils arrivent jusqu’à la gare même, s’approchent des rails aussi près que possible, sautent de la voiture pour se rapprocher du train… et découvrent qu’ils sont arrivés trop tard. Le train est fermé et déjà en mouvement.

Un retard d’une demi-minute dont le prix fut dix-neuf années supplémentaires en Russie soviétique, dont dix-sept années d’exil et de travaux forcés dans les camps du Kazakhstan pour le chef de famille, Rav Méir Ich Vichitski.

La réaction d’un ‘hassid face à l’impossible

Face à cette terrible occasion manquée, alors que le train défile sous leurs yeux et que personne ne sait ce qui allait se produire, Rav Vichitski réagit comme seul un ‘hassid peut réagir. Il déclara simplement : « Nous sommes ici en mission. Notre mission comporte des éclaircissements que nous devons accomplir ici. Tant que nous ne les aurons pas accomplis, nous ne quitterons pas cet endroit. Il y a ici une mission. »

La raison principale pour laquelle le grand-père, Rav Méir Ich Vichitski, fut emprisonné, comme le précise le dossier d’enquête, était son appartenance aux ‘hassidim du Rav Schneerson. Qu’il s’agisse du Rabbi Rachab, du Rabbi précédent ou de notre Rabbi à cette époque, le grand-père n’avait jamais vu ne serait-ce qu’une photographie. Posséder une image était quelque chose de précieux et de rare, une chose dangereuse à garder chez soi.

Un lien plus fort que la distance

Pendant de nombreuses années, ils ne savaient pas à quoi ressemblait le Rav. Et cela ne les empêchait nullement d’être liés à lui de la manière la plus forte imaginable, au point du sacrifice de soi. Concrètement, d’où puisaient-ils la force pour ce sacrifice face à toutes les épreuves et difficultés ? C’était leur attachement incroyable au Rabbi.

À la maison, ils ne vivaient et ne respiraient que pour le Rabbi. L’aspiration, le seul désir qu’ils avaient était : quand aurons-nous le mérite de voir le Rabbi ? Comment vivre ainsi ? Il était peut-être impossible de rencontrer le Rabbi de manière naturelle, par aucun moyen. C’était peut-être simple, mais vivre avec le Rabbi, ce n’était pas seulement un désir, c’était une certitude et une conviction absolue qu’ils allaient rencontrer le Rabbi. Ils ne savaient pas par quelle voie, mais l’espoir ne faiblissait pas un seul instant.

La lettre qui changea tout

De nombreuses années après cette tentative de fuite avortée, le moment arriva enfin où ils purent envisager une nouvelle tentative de sortie de Russie. Ils trouvèrent alors un moyen d’envoyer une lettre au Rabbi par l’intermédiaire de l’oncle Yaakov Yossef Raskin, de mémoire bénie, qui vivait à Kfar Habad. Une lettre proposant ce plan : était-il possible d’emprunter cette voie inhabituelle ?

La lettre parvint à destination et arriva au Rabbi. La réponse vint sous forme d’un message : « Qu’ils viennent tous ensemble. » Le message codé utilisait le terme « Doudka » – le surnom du Rabbi dans la correspondance de cette époque.

Lorsqu’ils reçurent ce message, la réaction immédiate de la famille fut : « Nous avons reçu une promesse explicite du Rav. Nous nous reverrons avec le Rabbi ! » Dès lors, cette confiance et cette foi qui les avaient accompagnés jusqu’à ce jour se transformèrent en certitude absolue. « Nous avons reçu une promesse, nous allons nous revoir, sans aucun doute. »

La promesse accomplie

Et effectivement, le 9 Kislev 5748, les membres de la famille eurent le mérite de quitter la Russie. Au terme d’un long processus, ils arrivèrent en Terre Sainte et rejoignirent le Rabbi.

En écoutant ces récits, il est impossible de ne pas remarquer la similitude frappante entre la situation dans laquelle se trouvaient alors les ‘hassidim et celle où nous nous trouvons aujourd’hui. Particulièrement pour ma génération, celle de mes pairs nés après Guimel Tamouz.

Voici des Juifs qui n’ont pas eu le mérite de voir le Rabbi, et même ce que nous possédons – photos, vidéos, enregistrements, enseignants – tout cela leur faisait défaut. Pourtant, ils étaient attachés à lui de tout leur cœur et de toute leur âme, et n’ont jamais cessé de croire et d’espérer qu’ils auraient effectivement le mérite de le voir.

Une promesse pour notre génération

D’un autre côté, cette même promesse de « nous nous reverrons » qu’ils ont reçue, nous l’avons également reçue, et de la manière la plus claire possible du Rabbi. Tous ces discours merveilleux du Rabbi sur la venue du Machia’h et de la Délivrance très prochainement ne sont allés nulle part. Ses paroles sont vivantes et éternelles à jamais.

Comme le Rabbi l’a écrit : « Nous nous reverrons. » Même si pour certaines personnes cela peut sembler un rêve lointain, pas vraiment réaliste, déjà à l’époque cela ne semblait pas non plus réaliste. Et cela n’empêchait pas les ‘hassidim de croire et d’avoir confiance jusqu’à la certitude absolue que cela allait se produire.

Comment vivre avec cette certitude

Comment ont-ils fait ? Comment est-il vraiment possible de vivre des dizaines d’années, une vie entière, dans une telle situation et avec un tel attachement, une telle confiance ? Certainement que pour des êtres de chair et de sang, sans que le Rabbi ne donne de force, sans qu’il y ait un commandement divin, une chose pareille serait impossible.

C’est le Rabbi qui commande et nous relie à lui. Et le Rabbi est au-dessus des limitations de l’espace et au-dessus des limitations du temps, que l’on parle du rideau de fer soviétique ou que nous nous trouvions près de trente ans après Guimel Tamouz 5754.

Mais comme le Rabbi l’explique, après qu’il y ait un commandement divin, il doit y avoir « et ils prendront ». Pour qu’un Juif désire la révélation divine, il doit travailler sur cela. Pour que nous ressentions et vivions cette aspiration que le Rabbi nous donne, nous devons nous en occuper, la faire vivre, vivre avec elle.

Le secret des ‘hassidim de Russie

Ce qui maintenait concrètement les ‘hassidim en Russie était qu’ils ne cessaient jamais de se réunir en Farbrenguen, de parler, de réfléchir, de s’éveiller eux-mêmes, de s’éveiller les uns les autres dans ce même sentiment d’aspiration et dans cette même confiance et certitude qu’ils allaient rencontrer le Rabbi.

Chacun d’entre nous a la possibilité d’éveiller en lui-même un sentiment de nostalgie pour le Rabbi, même celui qui est né après Guimel Tamouz.

Un témoignage personnel

Je voudrais partager avec vous quelque chose de personnel. J’ai eu le mérite de grandir dans une mission du Rabbi. Dans mon enfance en Ukraine, mes ancêtres, le Rav Yossef Vichitski que D.ieu le préserve, et son père, y œuvraient. Aujourd’hui, je suis en mission en France, lieu d’origine du grand-père, le Rav Zelig Blich Chtroum que D.ieu le préserve.

En mission, comme le sait tout émissaire, le ‘hassid a d’abord et avant tout une responsabilité. Avant de commencer à penser à ce qui va se passer pour moi, la première chose est de penser aux Juifs dont j’ai la responsabilité.

Les leçons d’un enfant d’émissaire

Par exemple, lorsqu’arrive une fête, lorsqu’arrive le mois de Tichri, l’émissaire qui part en mission doit savoir qu’il n’aura probablement pas de Roch Hachana, de Yom Kippour, de Souccot, de Sim’hat Torah comme il le voudrait et comme il en a l’habitude. Ici, il doit veiller à ce que celui-ci ait un arrangement, que celui-là ait un endroit et qu’il se sente à l’aise. C’est ainsi en mission, c’est ainsi en Ukraine, c’est ainsi en France, et c’est probablement ainsi partout.

J’ai grandi avec cette éducation. Mais en même temps, ce que je retiens le plus de mon père et maître, que D.ieu l’assiste ainsi que tous les émissaires en Ukraine et les fasse sortir de la détresse vers l’espace, ce sont précisément les moments où j’ai senti qu’avant tout, l’émissaire est d’abord et avant tout simplement un ‘hassid.

Depuis l’enfance, cela s’est gravé en moi : la Tefilah, c’est un temps sacré. C’est un moment où papa se trouve dans un autre temps et un autre lieu. Il est alors auprès du Rabbi, répétant après lui, la voix étranglée par l’émotion, les psaumes, les bénédictions. De même lors de la lecture de la Torah à la fin du saint Chabbat, c’est un moment où papa est concentré de toutes ses forces sous le Talit et s’adresse au Rabbi.

L’éducation ‘hassidique la plus profonde

Comment savais-je à quoi il pensait ? Je ne sais pas, mais je présume que j’avais deviné juste. Et ce sont précisément ces moments, ces moments naturels, non planifiés, ces images qui constituent l’éducation ‘hassidique la plus profonde qu’on pouvait me donner. Pourquoi ? Parce qu’alors je ressentais qu’il s’agissait de quelque chose de vivant, de quelque chose de divin.

Et grâce à cela, moi aussi qui suis né après Guimel Tamouz, l’un de ceux qui apparemment n’ont pas vu les lumières, moi aussi j’ai de quoi m’élever, j’ai de quoi m’éveiller, et j’ai un moyen de ressentir un sentiment de nostalgie pour le Rabbi.

Préserver et revivre ces moments

Chacun d’entre nous a des moments où il s’est senti appartenir, où il s’est senti connecté, où il s’est élevé avec le Rabbi. Et ces moments, nous devons les chérir, les faire revivre et vivre avec eux encore et encore, autant que possible.

Si en Russie c’était possible, c’est possible aujourd’hui aussi. Et comme en Russie les ‘hassidim savaient avec certitude qu’ils auraient le mérite de ce que le Rabbi a écrit – « nous nous reverrons » – ils auraient le mérite de rencontrer le Rabbi, nous aussi, nous pouvons et devons être convaincus avec une certitude absolue que très bientôt, immédiatement, véritablement !

Après des décennies, le dollar du Rabbi trouve son héros en Terre sainte

Après des décennies, le dollar du Rabbi trouve son héros en Terre sainte

Rockland rabbi faces jeers, taunts during Sabbath walks. See photosLe Rav Haïm Zvi Ehrenreich de Nyack, dans l’État de New York, a reçu un dollar du Rabbi avec l’instruction de « le donner en Terre sainte ». Pendant 34 ans, il a conservé ce billet précieux sans savoir à qui le confier, jusqu’à sa rencontre avec un autre émissaire, le Rav Liraz Ze’ira. Cette histoire bouleversante illustre comment une mission confiée par le Rabbi trouve parfois son accomplissement des décennies plus tard.

 

 

Par le Rav Haïm Zvi Ehrenreich – émissaire à Nyack, New York

 

Cette semaine, mon épouse et moi sommes rentrés d’Israël. Cette visite nous a profondément inspirés : nous avons été témoins de la résilience du peuple juif, entendu des récits de courage, de perte et de bravoure, et ressenti plus que jamais le lien indéfectible du peuple d’Israël.

Notre dernier jour en Israël m’a touché personnellement d’une manière totalement inattendue.

La rencontre avec le Rav Liraz Za’ira

Parmi les personnes que nous avons visitées se trouvait le Rav Liraz Za’ira, émissaire Habad qui œuvre au Beth Habad du Campus à Jérusalem.

Beaucoup connaissent son histoire : juste avant Yom Kippour dernier, alors qu’il servait dans les réserves de Tsahal en Syrie, il a perdu ses deux jambes au combat en défendant le peuple d’Israël. Mais connaître les faits et le rencontrer en personne sont deux expériences totalement différentes.

 

Rabbi Liraz Zeira

 

Malgré tout ce qu’il a enduré, sa chambre rayonne de force et de lumière. Son regard porte à la fois la douleur et une détermination inébranlable. Même maintenant, au milieu de sa difficile convalescence, il se comporte comme un véritable émissaire, apportant élévation, encouragement, chaleur et foi à tous ceux qui l’entourent. Sa présence exprime, sans mots : je continuerai à servir. Am Israël ‘Haï.

Un dollar conservé pendant 34 ans

Avant de partir pour Israël, j’avais glissé quelque chose dans mon sac, quelque chose que je porte avec moi depuis 34 ans : un dollar que le Rabbi m’avait personnellement remis avant mon voyage en Israël en 1991, avec l’instruction : « Donnez-le en Terre sainte ». Comme le voulait la coutume, j’avais donné un dollar de ma propre poche à la Tsedaka à sa place, et j’avais conservé le dollar du Rabbi. Sur le bord du billet, j’avais noté les paroles que le Rabbi m’avait dites.

Pendant des années, j’ai gardé ce dollar, me demandant quand viendrait le bon moment. À de nombreuses reprises, j’ai pensé avoir peut-être manqué l’occasion. Pourtant, à chaque fois, quelque chose me disait d’attendre.

Et puis j’ai rencontré le Rav Za’ira.

Après avoir entendu son histoire et découvert sa foi, son courage et sa lumière intérieure malgré tout ce qu’il a traversé, j’ai su avec une certitude absolue : c’était la personne avec qui je voulais partager mon dollar.

 

 

Le moment de la transmission

J’ai sorti le dollar de ma poche, partagé son histoire et l’ai placé dans sa main. Il s’est arrêté, l’a regardé et m’a dit ressentir des frissons. Je les ai ressentis aussi.

Mais plus encore que des frissons, je me suis senti humble, profondément humble. Donner quelque chose de sacré, qui m’avait été confié par le Rabbi, à un collègue émissaire qui a littéralement sacrifié des parties de lui-même pour le peuple d’Israël… c’était comme se tenir sur une terre sainte. Comme si la mission que le Rabbi avait placée entre mes mains il y a des décennies avait enfin atteint sa véritable destination.

Le paradoxe de ‘Hayé Sarah

La section de la Torah de cette semaine commence par un paradoxe : elle s’appelle « ‘Hayé Sarah », « La vie de Sarah », et pourtant elle s’ouvre sur sa disparition.

Nos Sages enseignent que la vraie vie ne se mesure pas en années, mais par l’impact, le sens et l’héritage qu’elle laisse.

La vie de Sarah était définie par le but, la force et la foi, des qualités qui se sont perpétuées dans la génération suivante et continuent de nous inspirer aujourd’hui.

En me tenant aux côtés du Rav Za’ira, j’ai senti ce message prendre vie. Sa vie a été transformée par un immense sacrifice, pourtant son esprit, sa foi, sa détermination, son engagement envers sa mission rayonnent d’un héritage vivant qui élève chaque personne qui le rencontre.

Il incarne une expression moderne de ‘Hayé Sarah : une vie définie par la lumière qu’elle apporte aux autres. D’ailleurs, le prénom Li-raz se traduit par « J’ai de la lumière » ! Liraz possède la lumière et il la partage !

Je suis honoré que le dollar du Rabbi ait trouvé sa demeure entre les mains de Liraz, une personne qui inspire simplement par sa présence et son être.

Une vie mesurée par son impact

‘Hayé Sarah nous enseigne que la vraie vie se mesure par la force que nous transmettons, la foi que nous inspirons et la lumière que nous apportons au monde.

Cette semaine, j’ai été témoin de cette vérité de la manière la plus inoubliable.

S’il vous plaît, gardez le Rav Za’ira dans vos prières, et que Hachem envoie une guérison complète et immédiate à :

הרב לירז צבי הלוי בן שרה יהודית

Rav Liraz Tsvi Halévi ben Sarah Yehoudith.

Qu’Il protège nos frères et sœurs en Israël et renforce ceux qui nous défendent.

Et puissions-nous tous être inspirés à vivre une vie de ‘Hayé Sarah, une vie dont l’impact continue bien au-delà du moment présent, une vie qui renforce le peuple d’Israël, maintenant et pour toujours.

 

Les Rabbanim exhortent tous à participer au grand Siyoum du Sefer Torah de l’unité sur Eastern Parkway

Les Rabbanim exhortent tous à participer au grand Siyoum du Sefer Torah de l’unité sur Eastern Parkway

Les Rabbanim de Crown Heights ont publié une lettre appelant tous les membres de la communauté à prendre part au grand Siyoum célébrant l’achèvement du 11ème Sefer Torah de l’unité. Cette cérémonie historique aura lieu sur Eastern Parkway, immédiatement après le banquet de gala du Kinous Hachlou »him. Des milliers de Shluchim et d’invités du monde entier sont attendus pour cette célébration exceptionnelle.

 

 

 

Les Rabbanim du Beth Din de Crown Heights, le Rav Avraham Osdoba et le Rav Yossef Braun, ont publié une lettre exhortant tous les membres de la communauté de Crown Heights à participer au grand Siyoum célébrant l’achèvement du 11ème Sefer Torah de l’unité, qui aura lieu après le banquet de gala du Kinous Hachlou »him sur Eastern Parkway.

L’importance du Sefer Torah de l’unité

« L’importance de ce Sefer Torah, qui unit tous les Juifs et apporte protection et salut, est bien connue, particulièrement à la lumière des Sihot du Rabbi », ont écrit les Rabbanim. « La participation à cette entreprise, tant physiquement que financièrement, est considérée comme une grande Mitsva pour tous ceux qui y prennent part. »

Une cérémonie historique sur Eastern Parkway

Le grand Siyoum marquant l’achèvement et l’inauguration du 11ème Sefer Torah Haklali pour l’unité du peuple juif, écrit selon les directives du Rabbi, aura lieu dimanche soir, 25 ‘Hechvan, immédiatement après le banquet de gala du Kinous Hachlou »him international.

Cette célébration historique se déroulera sur Eastern Parkway, qui sera fermée par le NYPD pour l’occasion. L’événement aura lieu devant le 770, accompagné d’un orchestre complet et de chanteurs hassidiques renommés. Des milliers de Shluchim et d’invités du monde entier devraient y participer, se joignant aux danses et aux chants joyeux alors que le Sefer Torah sera accueilli au 770.

Le déroulement de la cérémonie

Les dernières lettres du Sefer Torah seront écrites plus tôt dans la soirée dans la salle de réception d’Oholei Torah, suivies d’une grande procession vers le 770, où auront lieu les Hakafot et la Hakhnassat Sefer Torah.

Le Sefer Torah Haklali précédent (le dixième) a été achevé pendant la guerre, avec des cérémonies tenues dans les communautés du sud près de la frontière de Gaza et à Ofakim. Depuis lors, des milliers de soldats, de familles d’otages et de Juifs du monde entier ont enregistré leurs lettres dans la nouvelle Torah.

L’origine du projet selon les instructions du Rabbi

Le Sefer Torah Haklali, également connu sous le nom de « Torah de l’unité », a été lancé pour la première fois en 5742 (1982) lorsque le Rabbi a annoncé qu’un Sefer Torah général serait écrit pour tous les Juifs, et non seulement pour les enfants. Tout au long de cette année, le Rabbi a parlé à plusieurs reprises du projet lors des Farbrenguen, exhortant les Hassidim à y participer avec Hishtadlous Nafshis – un effort personnel total.

Pendant la guerre du Liban, le Rabbi a expliqué que ce Sefer Torah possède une Segoula spéciale pour protéger les soldats au combat, en instillant la crainte chez l’ennemi en unissant chaque soldat juif à travers les 304 805 lettres saintes d’un seul rouleau de Torah.

Le Rabbi a également souligné avec une grande urgence que le Siyoum du Sefer Torah Haklali devrait avoir lieu dans un endroit de « Rov Am » – où le plus grand nombre possible de Juifs peuvent participer – mettant en évidence l’importance de l’unité et de l’implication de chaque Juif dans ce Sefer Torah collectif.

 

La lettre des Rabbanim

Traduction de la lettre des Rabbanim :

Nous nous adressons par la présente à tous les membres de notre communauté avec cette lettre de bénédiction, encourageant chacun à prendre part à la célébration de l’achèvement du 11ème Sefer Torah de l’unité, qui, avec l’aide d’Hachem, sera apporté avec grand honneur et joie dans la maison du Rabbi – 770 Beth Rabbeinou Chebebavel – dimanche soir, 25 Mar’Hechvan.

L’importance de ce Sefer Torah, qui unit tous les Juifs et apporte protection et salut, est bien connue, particulièrement à la lumière des Sihot du Rabbi. La participation à cette entreprise, tant physiquement que financièrement, est considérée comme une grande Mitsva pour tous ceux qui y prennent part.

Qu’il soit la volonté d’Hachem que cet événement hâte et amène la révélation complète de Machia’h Tsidkeinou, rapidement de nos jours – véritablement maintenant.

Rav Avraham Osdoba – Membre du Beth Din

Rav Yossef Yeshaya Braun – Membre du Beth Din

EN IMAGES. Une soirée mémorable au Beth Haya Mouchka pour célébrer Chabbat Beréchit

EN IMAGES. Une soirée mémorable au Beth Haya Mouchka pour célébrer Chabbat Beréchit

Samedi soir, le Beth Haya Mouchka a accueilli des centaines d’invités et de Chlouhim pour un grand Mélavé Malka exceptionnel marquant Chabbat Beréchit 5786. Cette soirée, empreinte d’émotion et de spiritualité, a permis à la communauté de puiser les forces nécessaires pour l’année entière.

 Reportage photos de Thierry Guez

 

Le pont entre Tichri et l’année à venir

Les intervenants ont rappelé l’importance particulière de Chabbat Beréchit, décrit par le Rabbi précédent comme déterminant pour toute l’année : « comme on se tient Chabbat Beréchit, ainsi va l’année entière ». Ce Chabbat représente le pont entre le mois de Tichri, rempli de fêtes et de sainteté, et le mois de ‘Hechvan où reprennent les activités quotidiennes.

La soirée a souligné l’importance de s’attacher au Rabbi et d’agir avec ses forces. Une histoire récente d’Israël, où de jeunes émissaires de Habad ont réussi là où d’autres avaient échoué, a illustré cette puissance : « Nous, on a les forces du Rabbi de Loubavitch. C’est complètement différent. »

Un hommage émouvant à Haim Djian

Un moment particulièrement poignant a été consacré à la mémoire de Reb Haïm Djian, disparu la semaine précédente le jour de Sim’hat Torah. Décrit comme un homme discret et toujours souriant, il était profondément attaché au Rabbi et s’occupait avec dévouement de la diffusion des Si’hot et des Maamarim chaque semaine.

Le Rav Mendy Azimov a détaillé les nombreuses contributions de Haim Djian au Beth Loubavitch : recherche de salles pour les événements importants, organisation de la distribution des enseignements du Rabbi, gestion du répondeur téléphonique, photographie des événements et maintenance du listing communautaire. Dans les années 1980, il traversait Paris pour recevoir les premiers fax des Si’hot au Palais des Congrès, puis courait faire les photocopies pour les distribuer.

Enseignements spirituels profonds

Le Rav Moché Vishetsky a partagé un enseignement du Rabbi sur l’histoire de Kaïn et Hével, soulignant l’importance d’aller jusqu’au bout dans ses actions – faire « Hidour de Hidour », chercher non seulement la meilleure espèce mais aussi le meilleur au sein de cette espèce.

Le Rav Yair El Baz a rappelé une parabole du Rabbi Rachab sur la calèche, enseignant que malgré les différents niveaux et préoccupations de chacun, la mission collective avance. Il a insisté sur le fait qu’un homme ne sait pas quelle est la valeur de sa Nechama et que chacun possède des forces extraordinaires pour accomplir sa mission.

Un témoignage historique exceptionnel

Le moment fort de la soirée fut le témoignage de Reb Daniel Sandler, qui a visité le Rabbi à Tichri 1965 – il y a exactement 60 ans. Premier garçon du groupe français à avoir eu ce mérite, il a captivé l’assemblée avec ses souvenirs vivants.

Il a raconté son parcours, commençant par la fréquentation de la synagogue rue Saint-Isaure dans le 18ème arrondissement sous l’impulsion du Rav Levin, puis les dimanches d’étude à la Yechiva de Brunoy avec le Rav Moulé Azimov. Ces expériences l’ont conduit au 770 où il a été intégré au programme Hadar HaTorah.

Ses souvenirs de Roch Hachana et Yom Kippour chez le Rabbi ont particulièrement ému l’assistance : la foule immense, le Rabbi mettant du temps avant de sonner le Chofar, les sanglots ressentis avant les sonneries. Il a évoqué ses Yé’hidout avec le Rabbi, qui s’enquérait de ses études de ‘Hassidout et lui donnait des conseils précis, notamment concernant le mariage.

L’anecdote du Tachli’h à Brooklyn Garden a transporté l’auditoire : le Rabbi marchant en tête sur deux kilomètres, escorté par la police, avec les élèves chantant derrière lui, et les juifs du quartier attendant sur le parcours pour recevoir une Berakha.

Un message d’espoir et de continuité

Le Rav Mendy Azimov a conclu en expliquant que Chabbat Beréchit représente des « Cheraïm » riches – non pas de simples restes mais des restes suffisants pour faire un repas complet servant de pont entre les fêtes de Tichri et l’année à venir. Citant la Rebbetsin qui disait « on rajoute une fête en plus », il a rappelé que chaque année apporte quelque chose de plus fort.

La soirée s’est terminée avec l’annonce d’un Farbrenguen prévu jeudi soir à Place des Fêtes en mémoire de Haim Djian, et l’appel à ce que chacun prenne une bonne décision pour son mérite – quelques lignes supplémentaires de ‘Hassidout ou aider un juif de plus à mettre les Tefiline.

Cette soirée exceptionnelle a ainsi permis à la communauté de se ressourcer spirituellement et de renforcer son attachement au Rabbi, tout en honorant la mémoire d’un fidèle serviteur de la Hassidout.

 

Le Merkaz Etroguei Loubavitch : Horaires des ventes d’Etroguim de Calabre et de Loulavim pendant la semaine de Kippour

Le Merkaz Etroguei Loubavitch : Horaires des ventes d’Etroguim de Calabre et de Loulavim pendant la semaine de Kippour

 

Le Merkaz Etroguei Loubavitch propose depuis plus de 40 ans les Quatre Espèces authentiques pour la fête de Souccot. Dirigé par le Rav Reuven Matusof, Chalia’h du Rabbi à la Lichka, ce centre spécialisé perpétue une tradition séculaire. Les fidèles parisiens peuvent ainsi se procurer des Etroguim de Calabre et Loulavim de qualité supérieure.

 

 

Chaque année, à l’approche de Souccot, les communautés juives du monde entier se préparent à accomplir la mitsva des Quatre Espèces. À Paris, le Merkaz Etroguei Loubavitch s’est imposé comme une référence incontournable depuis 1982.

Une expertise reconnue depuis quatre décennies

Établi dans le 19ème arrondissement parisien, ce centre spécialisé propose un large choix comprenant les Etroguim de Calabre, les Loutavim Dery, les Hadassim Méhoudarim et les Aravot Monsey. Cette sélection rigoureuse garantit aux fidèles des espèces conformes aux exigences halakhiques les plus strictes.

Des sets complets accessibles

Pour faciliter l’observance de cette mitsva, le Merkaz propose des ensembles complets à partir de 40 euros, comprenant un Etrogue de Calabre, un Loulav avec pochette, six Hadassim et des Aravot Monsey. Cette approche permet à chaque famille d’accéder dignement à cette tradition.

Le Rav Reuven Matusof et son équipe assurent un service personnalisé, témoignant de l’engagement communautaire qui caractérise le mouvement Loubavitch dans la préservation des traditions juives.

Lichka Lubavitch Paratsta – 8 rue Rouvet, 75019 Paris
Tél : 0953 735 770
Vendredi de 11h à 14h
Dimanche de 12h à 18h
[email protected]
R. Reuven Matusof 06 10 85 60 14
R. Yisraël Dodisco 077 770 21 00
R, Michael Nouchy 06 12 65 18 32

 

Le danger d’une autonomie à Gaza : une illusion dangereuse

Le danger d’une autonomie à Gaza : une illusion dangereuse

 

Sur fond de guerre à Gaza et des discussions sur « le jour d’après », l’émissaire du Rabbi pour les questions de l’intégrité de la Terre, le Rav Yossef Its’hak Gutnik, met en garde : «L’autonomie à Gaza est une illusion dangereuse qui recèle des dangers sécuritaires, politiques et spirituels ». Dans un contexte où certains évoquent l’autonomie comme solution de stabilité, le Rav Gutnik rappelle les enseignements clairs du Rabbi et les leçons de l’histoire. Une mise en garde essentielle pour comprendre les enjeux véritables de cette proposition.

 

 

Les discussions sur l’autonomie palestinienne reviennent dans le débat public

Les discussions sur l’établissement d’une autonomie palestinienne à Gaza reviennent dans le débat public en Israël, parfois comme moyen d’obtenir une prétendue « stabilité ». Mais il s’agit d’une illusion dangereuse qui recèle des dangers sécuritaires, politiques et spirituels.

La position claire et sans équivoque du Rabbi

Le Rabbi s’est exprimé de manière claire et explicite, encore et encore, dans des lettres, des discours et des réponses personnelles : opposition absolue à toute forme d’autonomie palestinienne. Ce n’était pas un sujet marginal, mais l’un des thèmes centraux sur lesquels il est revenu et a mis en garde : l’autonomie est un danger absolu pour le peuple d’Israël. Le Rabbi a souligné que le simple fait de parler d’« autonomie » accorde une légitimité à l’ennemi et renforce ses positions.

Une mission personnelle confiée par le Rabbi

Personnellement, le Rabbi m’a confié une mission explicite sur ce sujet, et dans réponse après réponse, il a précisé que c’était l’une des missions principales qui m’incombaient : mettre en garde sans relâche contre tout plan d’autonomie. La fidélité à cette mission oblige à dire haut et fort : « autonomie civile », « gestion civile » et tout autre langage édulcoré — tous constituent une pente glissante qui met en danger la sécurité d’Israël.

Les leçons de l’histoire : d’Oslo au désengagement

L’histoire, d’Oslo jusqu’au désengagement, a prouvé que toute concession territoriale ou plan d’autonomie s’est terminé par des effusions de sang et le renforcement du terrorisme. Nous n’avons pas le droit de répéter les mêmes erreurs.

L’intégrité de la Terre : un commandement divin

L’intégrité de la Terre n’est pas un slogan politique ; c’est un commandement divin et une question de Pikouah Nefech (sauvegarde des vies) au sens littéral. Il est de notre devoir de nous dresser fermement pour la sécurité du peuple d’Israël et l’intégrité de la Terre d’Israël.