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(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Sarah bat Ruth)
Ce Chabbat de la Paracha Bera’ha, l’invité de la Souccah est le Rabbi Maharach. ‘Léhathila Arriber ! ‘, cette expression bien connue du Rabbi Maharach désigne l’attitude du ‘Hassid qui consiste à agir d’emblée ‘au-dessus de l’obstacle !’.
Cette attitude exprime la force qui découle de l’essence de l’âme Juive, pour agir avec une inébranlable détermination dans le but d’accomplir la Volonté de D.ieu.
Les nombreux enseignements de la ‘Hassidout ‘Habad sur l’essence de l’âme, mettent tous l’accent sur sa qualité de ‘simplicité’, ‘pachout’.
La ‘simplicité’ désigne aussi le caractère de l’Essence divine, Elle-même, car Celle-ci ne peut être incarnée par aucun nom comme l’écrit le Rabbi (Si’ha du 11 Chevat ) : ‘l’Essence elle-même est au-delà de tout nom’.
On peut donner à ce sujet l’exemple des noms divins. En effet, il existe plusieurs noms divins, et chacun d’entre-eux exprime un attribut particulier de D.ieu.
Le nom ‘Havayé’ est celui de la divinité qui transcende les mondes. Le nom ‘Elokim’ est celui de la divinité qui s’habille dans le monde ainsi qu’il est dit : ‘Au commencement, Elokim créa le ciel et la terre’. (‘Elokim’ a la même valeur numérique que ‘HaTéva’, la nature).
Ainsi, les Noms divins ne sont que des reflets de l’Essence divine. L’Essence divine transcende tous les Noms divins car en comparaison à l’Essence divine, la lumière qui brille dans chacun des Noms divins est comme une goutte d’eau de l’Océan.
Cela est aussi vrai pour l’essence de l’âme. L’essence de l’âme transcende toutes les forces de l’âme. Aussi, en comparaison à l’essence de l’âme, l’intellect ou les sentiments sont comme une goutte par rapport à l’océan.
La différence qui existe entre l’âme et l’essence de l’âme, peut aussi être expliquée au moyen de la comparaison entre la Bénédiction de Moché et la Bénédiction du Rabbi.
Dans la Paracha de ce Chabbat, nous lirons avec l’aide de D.ieu la Bénédiction de Moché aux enfants d’Israël : ‘Vé Zot ha Brérakha’, ‘Et voici la Bénédiction par laquelle a béni Moché, l’homme de D.ieu, les enfants d’Israël’.
Chaque tribu a reçu une Bénédiction particulière. Réuven fut béni afin qu’il vive dans ce monde-ci et qu’il ne meure pas dans le monde futur. Yéhoudah fut béni pour qu’il retrouve son peuple en paix au retour de la guerre. Lévi fut béni pour enseigner les Lois de l’Eternel. La Bénédiction de Benjamin fut dans la construction du Temple, celle de Yossef dans la terre (‘Avec les délices des récoltes du soleil’), celle de Zévouloun pour le commerce, celle d »Issa’har pour l’étude de la Torah. Chacune des 12 tribus d’Israël reçut de Moché une Bénédiction particulière.
Par ailleurs, à l’occasion de la nouvelle année, le 4 Tichri 5750 (le 3 Octobre 1989), le Rabbi bénit les enfants d’Israël en ces termes :
‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs, en particulier que ce soit une année bonne et douce et que nous soyons tous signés et scellés pour le bien, que ce soit une année de lumière, une année de bénédiction, une année de grandeur, une année d’abondance, une année de majesté, une année de splendeur, une année de bonne réunion, une année de grands mérites de bonne et longue vie avec un bien clair et tangible, une année de connaissance profonde en particulier dans le sens profond de la Torah, une année de subsistance, une année d’étude avec un grand succés, une année élevée en toutes choses, une année de miracles ouverts, une année d’aide divine et de bons signes, une année de force et de splendeur, une année de délivrance, une année de charité, une année où on est redressé, quand D.ieu nous conduira la tête haute sur notre terre immédiatement, une année de bonne volonté dans la pratique des Mitsvot et l’étude de la Torah, accomplissant la parole de la Michnah: ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, une année de grande joie, une année de salut, une année de prière, une année de louange et une année de repentance avec le plus haut degré de retour, et alors comme la Torah le promet: ‘Les juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’ avec la délivrance véritable et complète par Machia’h immédiatement’ .
La Bénédiction de Moché et celle du Rabbi sont toutes les deux adressées aux enfants d’Israël, cependant une chose les différencie tout particulièrement :
La Bénédiction de Moché, bien qu’elle soit appellée par la Torah : ‘La Bénédiction’, est elle-même composée par 12 Bénédictions. A l’opposé, la Bénédiction du Rabbi est la même pour tous les enfants d’Israël.
Le Rabbi ne fait donc aucune différence, et il bénit chaque juif de la même Bénédiction. Or, c’est précisément cela la qualité de ‘l’Essence’, comme il a été expliqué précédemment, ‘l’Essence’ induit l’idée d’absolu et d’unité non-composite : ‘L’Essence elle-même est au-delà de tout nom’.
Aussi, nous pouvons dire que la Bénédiction du Rabbi représente l’Essence même de toutes les Bénédictions. Elle transcende et vivifie toutes les Bénédictions. La Bénédiction du Rabbi ne revêt aucun aspect particulier, elle est illimitée.
Plus que tout autre Sage de la partie profonde de la Torah Le Rabbi révèle l’essence de l’âme, dont découle la capacité de faire un don total de soi-même : ‘Messirout néfech’.
Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la Bénédiction que le Rabbi adresse à chaque juif, ‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs’, soit imprégnée par l’esprit de sacrifice et la volonté de tout faire pour attirer en ce monde ‘la lumière, la grandeur, la majesté, la splendeur… ».
De fait, l’Essence ne peut être dévoilée que par le don de soi, ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, et le Rabbi bénit chaque Juif afin de lui donner les forces pour cela.
Dans le recueil intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidouth’, le Rabbi explique que les mondes reçoivent à présent leur vitalité de l’âme de vie, laquelle n’est qu’un reflet de l’Essence divine, mais dans les temps messianiques l’Essence divine se révèlera dans ce monde.
Le Rabbi précise que la qualité de l’Essence est qu’elle n’est pas seulement illimitée par le fait qu’elle est éternelle, mais elle est également illimitée dans la teneur de ce qu’elle véhicule. Aussi lorsque l’Essence sera révélée, les mondes atteindront la perfection.
Comme il a été dit, ce Chabbat de la Paracha Bera’ha, l’invité de la Souccah est le Rabbi Maharach, et l’occasion nous est donc donné de méditer à sa déclaration : Léhat’hila Arriber !
Agir d’emblée en allant ‘au-dessus de l’obstacle’ s’accorde à la Bénédiction du Rabbi. En effet, ‘l’obstacle’ dont il est ici question désigne ‘l’enchaînement des mondes’, et ‘aller au-dessus de l’obstacle’ signifie donc le fait de s’élever au-dela de tous les mondes de la Création, afin d’atteindre ‘l’Essence’.
En d’autres termes, cela signifie réveiller la force de l’essence de l’âme, laquelle est ‘enracinée dans l’Essence divine’.
Le Tsémah Tsédek qui est l’invité de la Souccah, un jour avant son fils, le Rabbi Maharach, a lui-même déclaré que ‘la profondeur attire la profondeur’. Ainsi, c’est en dévoilant les forces de la partie la plus profonde de notre âme, que nous attirerons le dévoilement de l’Essence divine dans ce monde matériel.
Le Rabbi est l’invité de la Souccah pendant tous les jours de la fête de Souccoth. En effet, il accompagne tous les autres invités, pendant tous les soirs de la fête, par le fait qu’il nous permet de comprendre de manière profonde leurs enseignements.
Le Rabbi est l’Essence de l’âme d’Israël, par sa Bénédiction, il éclaire toutes les parties de notre âme, et toutes les parties de la Torah.
A l’évidence, c’est en nous attachant au Rabbi de manière profonde que nous révèleront le lien profond de notre âme avec notre Père qui est dans le ciel, et dans ce cas, nous aurons dès-à-présent le mérite de provoquer la venue de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu.
Pointe de nouveau l’automne et ses couleurs,
Affluent les souvenirs pleins de douceur,
Quand dans ta grandeur tu nous recueillis,
Et que de l’infâme labeur, tu nous affranchis,
Des nuées de gloire, de ton amour tu nous couvris,
Lorsque sortis dans la hâte, nous étions nus et démunis,
Tu nous assistas le jour, et éclairas la nuit,
Devant tous, constamment tu nous défendis,
Dans le désert sans fin de l’exil,
Qui nous menace de tant de périls,
Tes nuées jamais ne s’éloignent,
Elles nous entourent et toujours nous accompagnent,
Ce souvenir, une prescription tu en fis,
Pouvons-nous oublier tout ce que pour nous tu accomplis,
Nos larmes et nos cris tu les entendis,
Pour nous tu veillas une nuit infinie,
Encore une fois, une fois encore,
A l’abri de tes nuées nous résiderons,
Ces souvenirs, pleins de gratitude, nous invoquerons,
Et une fois encore, avec force, nous te supplierons.
Une trentaine de rabbins Chlou’him de Russie, se sont réunis à Moscou pour deux journées d’étude commune de la Torah – animées par des rabbins et des professeurs experts
COL / Photos de Levi Nazarov
Pour bien préparer le mois de Tichri, dans lequel les Chlou’him sont très occupés par leur travail sacré, en particulier en ce qui concerne les rabbins et les émissaires des villes de Russie, une trentaine rabbins ont consacrées à deux jours d’étude de la Torah, réunis dans la capitale.
Le cours d’ouverture a été donné par le Rav Berel Lazar, grand rabbin de Russie, sur le sujet de la cuisson par des non-juifs. Les rabbins ont imprégné ces leçons importantes et pratiques de la Halacha, ainsi que d’autres leçons de la Torah données par des rabbins et des docteurs experts, notamment par le grand rabbinat de Russie.
L’initiateur de ce projet est le Rav Zalman Deitch, émissaire de la ville de Perm (1400 km de Moscou), et avec le directeur de Yad Vashem, le Rav Mendel Wilansky de Moscou, l’idée a été concrétisée dans le magnifique complexe Habad dans le quartier de Zhukovka, sous les auspices du Rav Alexandre Barda.
Malgré les images de l’accident révélant que les drones ont été fabriqués en Iran, le Premier ministre libanais passe à l’offensive, accusant Israël de « menacer la stabilité de la région »
Des images de la scène des deux drones qui se sont écrasés dimanche à Beyrouth révèlent que des dispositifs aériens sans pilote ont été fabriqués en Iran et non en Israël, comme cela a été rapporté dans les médias arabes.
Un groupe terroriste libanais, le Hezbollah, a déclaré dimanche que deux drones israéliens étaient tombés au-dessus de Beyrouth, l’un des deux étant bourré d’explosifs et endommageant gravement un bâtiment abritant le bureau de presse du Hezbollah.
Modele du Drone qui s’est écrasé à Beyrouth, fabriqué en Iran (Photo: Reuters)
Le même type de drones ont été utilisés par des alliés iraniens – des groupes rebelles chiites houthis – au Yémen et lors d’attaques contre des installations pétrolières en Arabie saoudite.
Entre-temps, le Premier ministre libanais Saad Hariri a décrit le crash comme une violation et une « agression » contre la souveraineté libanaise, ajoutant que les drones israéliens constituaient « une menace pour la stabilité régionale et une tentative d’accroître les tensions ».
La nuit dernière, Tsahal a rapporté que l’armée de l’air israélienne avait attaqué des cibles près de Damas et avait contrecarré la tentative syrienne « d’attaquer la force iranienne Qods », qui devait être lancée par des attaquants. Dans le cadre de l’alerte maximale de l’armée de l’air, les batteries du Iron Dome ont été déployées dans le nord et l’alerte a été renforcée dans les différents escadrons de la base du corps et dans les unités de renseignement. Le Premier ministre et ministre de la Défense, Benjamin Netanyahu, a convoqué une consultation sur la sécurité à Kirya, à Tel Aviv.
Dommages causés par l’accident du drone à Beyrouth (Photo: AFP)
Il a déclaré dimanche que les développements survenus pendant la nuit constituaient une menace pour la stabilité régionale et une tentative de pousser la situation vers une plus grande escalade.
L’incident signalé est survenu quelques heures après que Tsahal ait frappé une force iranienne près de Damas, la capitale de la Syrie, qui, selon Israël, prévoyait de lancer des « drones tueurs » sur son territoire.
L’un des drones israéliens qui aurait été abattu au-dessus de Beyrouth
Zvi Hirsch (Georgiy) Logvinsky, est un juif, député au Parlement ukrainien et vice-président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Il s’est rendu récemment en Israël avec d’autres membres du Parlement ukrainien.
Zvi Hirsch Logvinsky a notamment rencontré le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahu, et le président de la Knesset, Yuli Edelstein (Likoud).
Au cours de sa visite,Zvi Hirsch Logvinsky a également été vu en train de distribuer des tablettes de chocolat aux enfants de Kfar Habad, en compagnie du président du comité de village, le Rav Shimon Rabinowitz.
Il s’est avéré qu’une histoire particulièrement émouvante avait motivé cette distribution de tablettes de chocolat, publiée par l’hebdomadaire Kfar Habad.
Zvi Hirsch Logvinsky était l’un des «enfants de Tchernobyl» qui avaient été amenés en Israël par Habad il y a près de trente ans, conformément aux instructions du Rabbi de Loubavitch.
« Quand j’étais enfant et que j’étudiais à Kfar Habad, je n’avais pas d’argent», a déclaré Logvinsky. « Il y avait très peu de possibilités de gagner de l’argent. J’ai profité de mon temps libre à l’école pour travailler dans les champs d’Etroguim de Reb Garelik et au poulailler. Après avoir réussi à économiser quelques shekels, je voulais acheter quelque chose à l’épicerie. J’y ai vu des tablettes de chocolat et je voulais en acheter, mais j’ai réalisé que je ne pouvais acheter qu’une seule tablette avec l’argent que j’avais gagné.”
«À ce moment-là, j’ai décidé que mon rêve était d’avoir assez d’argent pour acheter beaucoup de tablettes de chocolat et de les distribuer à d’autres enfants de Kfar Habad. Lors de ma dernière visite en Israël, j’ai finalement pu réaliser ce rêve. Je suis allé chez Hyper Lipsker (supermarché du Kfar), j’ai rempli un panier de barres de chocolat de toutes sortes et je suis allé les distribuer aux enfants! »
Roman Vishniac, né le 19 août 1897 et mort le janvier 1990, est un photographe américain d’origine russe, principalement connu pour son travail photographique sur la culture des juifs d’Europe de l’Est avant l’holocauste. L’intégralité de son travail est archivée au Centre international de la photographie.
Vishniac a été un photographe polyvalent, un biologiste accompli, un collectionneur éclairé et professeur d’histoire de l’art. Durant toute sa vie, il contribue de manière significative aux champs de la photomicrographie et de la photographie en accéléré. Il fut un passionné d’histoire et spécialement celle de ses ancêtres. Fortement attaché à ses racines juives, il fut par ailleurs un sioniste convaincu.
Roman Vishniac acquit une renommée internationale, particulièrement pour ses photographies de shtetlach et de ghettos juifs, ses portraits de célébrités et ses photos de microscopie biologique. Il est célèbre pour son ouvrage A Vanished World (en français Un monde disparu, voir bibliographie) publié en 1984, un des premiers livres imagés sur la culture juive d’Europe de l’Est dans les années 1930, juste avant l’Holocauste.
Biographie
Jeunesse
Roman naît dans la datcha de ses grands-parents à Pavlovsk dans la banlieue de Saint-Pétersbourg et grandit à Moscou avec ses parents et sa petite sœur Katja. Vivre dans cette ville était un droit accordé à peu de juifs qu’ils eurent parce que son père, Solomon Vishniac, était un riche fabricant de parapluie et sa mère, Manya, était la fille d’un négociant en diamants fortuné. Pendant les mois d’été la famille Vishniac se retire dans sa datcha dans la campagne entourant Moscou, souvent étouffante pendant cette période.
Pendant son enfance, Roman est fasciné par la biologie et la photographie et sa chambre est remplie de « plantes, insectes et petits animaux ». Pour son septième anniversaire, sa grand-mère lui offre un microscope sur lequel il adapte rapidement un appareil photo, photographiant entre autres des muscles d’une patte de cafard grossis 150 fois. Il utilise énormément ce microscope, observant et photographiant tout ce qui lui passait sous la main : insectes morts, écailles, pollens ou encore protozoaires.
Jusqu’à dix ans, Vishniac est scolarisé à la maison, puis il intègre une école privée jusqu’à l’âge de 17 ans dans laquelle il gagne une médaille d’or pour érudition. À partir de 1914 il passe 6 années à l’Institut Shanyavsky de Moscou (aujourd’hui Université d’État des sciences humaines de Russie). Pendant cette période, il sert dans l’armée du Tsar, puis celle du gouvernement provisoire et enfin l’armée soviétique. À l’Institut, il obtient un doctorat en zoologie et devient l’assistant d’un professeur de biologie. Il fait des expériences ayant pour but d’induire la métamorphose chez l’axolotl (une espèce de salamandre aquatique) avec Nikolai Koltzoff, biologiste reconnu. Il obtient des résultats concluants qu’il ne peut publier à cause du chaos régnant en Russie à ce moment-là et voit ses expériences reproduites par d’autres. Malgré ça, il continue et suit une formation de trois ans en médecine.
Berlin
En 1918, la famille Vishniac déménage à Berlin à cause de l’antisémitisme encouragé par la Troisième Révolution russe. Roman les suit et peu de temps après leur arrivée épouse Luta (Leah) Bagg, qui donnera naissance à deux enfants, Mara et Wolf. Roman fait vivre sa famille croissante (et parfois aussi ses parents) en faisant divers petits boulots. Pendant son temps libre, il étudie l’art d’Extrême-Orient à l’université Humboldt de Berlin. Il fait aussi des recherches en endocrinologie et en optique ainsi que quelques photos. À Berlin, il commence aussi sa carrière d’orateur en intégrant le Salamander Club où il fait régulièrement des conférences sur le naturalisme.
Dans les années 1930, alors que l’antisémitisme prend de l’ampleur en Allemagne, il fait son fameux voyage en Europe de l’Est, photographiant la culture des milieux juifs pauvres dans les villages des régions montagneuses et les ghettos urbains. Pendant environ 4 ans (la durée exacte est discutée), il voyage entre Berlin et des lieux éloignés, prenant des milliers de photos et vivant avec qui voudrait bien l’accueillir tout en continuant de subvenir aux besoins de sa famille à Berlin. En 1939, sa femme et ses enfants déménagent en Suède pour rester avec les parents de Luta, loin de l’hostilité de l’Allemagne. Il retrouve ses parents à Nice durant l’été cette année-là.
À la fin de l’été 1940, Vishniac va à Paris où il est arrêté par la police du maréchal Pétain car la Lettonie, dont il est citoyen, a été intégrée à l’Union soviétique et il est considéré comme «apatride». Il est emprisonné au camp du Ruchard, un camp de déportation d’Indre-et-Loire. À la suite des efforts de sa femme et de l’aide du American Jewish Joint Distribution Committee, après trois mois, il obtient un visa qui lui permet de s’échapper avec sa famille aux États-Unis via Lisbonne. Son père reste en France où il restera caché pendant toute la guerre. Sa mère meurt d’un cancer à Nice en 1941.
New York
La famille Vishniac fuit de Lisbonne à New York en 1940, arrivant la veille du Nouvel An. Roman essaye d’obtenir un travail pendant des jours mais sans succès : «Pour moi, c’était une période d’égarement et de peur». Il est polyglotte et parle au moins allemand, russe et yiddish, mais ne parlant pas un mot d’anglais, les temps sont durs. Il arrive à faire quelques travaux de portrait principalement pour des clients étrangers mais les affaires vont mal. C’est pendant cette période qu’il prend un de ses plus célèbres portraits, celui d’Albert Einstein. Il arrive à la maison d’Einstein à Princeton et entre dans le bureau du scientifique sous prétexte de lui transmettre les amitiés d’un ami commun européen. Il le prend en photo alors qu’Einstein est plongé dans ses pensées et ne fait pas attention à lui. Ce dernier déclarera plus tard qu’il s’agit du portrait de lui-même qu’il préfère.
En 1946, Roman divorce de sa femme Luta et se remarie l’année suivante avec Edith Ernst une vieille amie de famille. Quelques années plus tard, il abandonne le portrait et se consacre à la photomicrographie.
Une fois aux États-Unis, Roman Vishniac essaye désespérément d’attirer l’attention sur le sort des juifs défavorisés en Europe de l’Est. Lorsque son travail est exposé à l’université Columbia en 1943, il écrit à Eleanor Roosevelt (première dame de l’époque) lui demandant de visiter l’exposition mais elle ne viendra pas. Il envoie aussi certains de ses clichés au Président, qui le remerciera poliment.
Sur les 16 000 photos prises en Europe de l’Est, seulement 2 000 ont atteint les États-Unis. La plupart de ces négatifs arrivèrent cachés par Roman et sa famille. D’autres sont passés en contrebande via Cuba par Walter Bierer, un bon ami. D’après le photographe lui-même :
«J’ai cousu certain des négatifs dans mes vêtements quand je suis venu aux États-Unis en 1940. La plupart d’entre eux sont restés à Clermont-Ferrand avec mon père, une petite ville du centre de la France. Il a survécu là-bas, caché. Il a caché les négatifs sous des lattes du plancher et derrière des cadres à photo.»
Fin de sa vie
Même en vieillissant, Roman Vishniac reste très actif. En 1957, il est nommé chargé de recherche à l’Albert Einstein College of Medicine et en 1961 est promu au poste de «professeur d’enseignement biologique». Dans les années 1970 et 80, il devient «professeur Chevron de créativité» au Pratt Institute où il donne des cours sur des sujets comme la philosophie de la photographie8. Pendant cette période, il habite dans les quartiers ouest de Manhattan avec sa femme Edith, enseignant, photographiant, lisant et collectant des objets tels qu’un Bouddha du xive siècle, des tapisseries chinoises, des sabres japonais, plusieurs microscopes anciens, des cartes et livres anciens. Il enseigne l’art oriental et russe, la philosophie et la religion dans la science, spécialement à propos du judaïsme, l’écologie, la numismatique, la photographie et la science générale notamment à l’université de la Ville de New York et à l’université Case Western Reserve.
Pendant sa vie, Vishniac a été le sujet et le créateur de nombreux films et documentaires. Les plus célèbres d’entre eux étant la série Biologie du vivant qui comprend sept films sur la biologie cellulaire, les systèmes et organes, l’embryologie, l’évolution, la génétique, l’écologie, la botanique, le monde animal et le monde microbien. La série a été financée par une subvention de la National Science Foundation6.
Roman Vishniac reçu des titres de docteur honoris causa de la Rhode Island School of Design de l’université d’arts de Columbia et de l’université d’arts de Californie avant de mourir d’un cancer du côlon le 22 janvier 1990.
Photographie
Vishniac est principalement connu pour les photographies spectaculaires des communautés juives pauvres et pieuses dans les villes et shtetlach d’Europe de l’Est. Il a d’abord été chargé de prendre ces photos par l’American Jewish Joint Distribution Committee dans le cadre d’une collecte de fonds, mais Vishniac s’engagea personnellement dans ces photos. Il fit des allers-retours entre Berlin, les ghettos de Russie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie et Lituanie pendant plusieurs années après son travail pour le JDC.
Pendant qu’il parcourait l’Europe, Vishniac se présentait comme un vendeur de tissus ambulant, trouvant de l’aide où il pouvait et soudoyant ceux qui se mettaient en travers de son chemin18. Pendant son tour d’Europe de l’Est, il fut souvent arrêté par la police pour avoir pris ces photos, parfois en étant accusé d’espionnage1. Pour atteindre certains petits villages dans les montagnes, il dut transporter un lourd équipement sur son dos sur des routes et chemins abrupts, marchant sur de grandes distances. Il estima lui-même qu’il transportait environ 52 kg de matériel : Leica, Rolleiflex, caméra cinématographique, trépieds, etc.) . Il photographia des milliers de juifs défavorisés «[…] pour préserver – au moins en image – un monde qui pourrait ne plus exister d’ici peu».
Pour les prises de vue en intérieur, où il se servait du Leica, il était confronté à des problèmes de luminosité trop faible : il y avait rarement de la lumière artificielle dans les habitations des juifs défavorisés. Il devait donc emmener une lampe à pétrole (visible sur certain clichés), s’adosser à un mur et retenir sa respiration8. Le Rolleiflex était presque exclusivement utilisé en extérieur.
Roman Vishniac ne se contenta pas de sauvegarder la mémoire de ces communautés juives mais il se battit activement aussi pour augmenter la prise de conscience de l’Ouest sur la situation qui s’aggravait en Europe de l’Est. «À travers ces photographies, il a cherché à alerter le reste du monde sur les horreurs [des persécutions nazies]», Mitgang. Par exemple, à la fin de 1938, il s’introduisit dans le camp de concentration de Zbaszyn en Pologne, proche de la frontière allemande, où étaient parqués des juifs polonais qui avaient vécu en Allemagne et avaient été expulsés par celle-ci. Après avoir photographié ce qu’il a décrit comme des « baraquements répugnants » pendant 2 jours0, il s’échappa de nuit, sautant du deuxième étage d’un bâtiment et évitant les morceaux de verre et les fils barbelés. Il se servit ensuite de ces photos pour prouver l’existence de camps de ce type devant la Société des Nations.
Plus tard, quand elles furent publiées, ces photos le rendirent suffisamment populaire pour que son travail soit présenté comme un one-man show à l’université Columbia, au musée juif, au Centre international de la photographie et autres endroits similaires.
Après la mort de Roman, d’autres photos furent découvertes à la fin de rouleaux de négatifs remplis de photos de ses projets scientifiques. L’exposition actuelle à Berlin présente certaines de ces nouvelles photos.
Il est dit que Vishniac a pris 16 000 photos durant cette période, toutes étant prises sur le vif. Cependant ces deux affirmations sont sérieusement contestées.
Style
Les photos des années 1930 de Vishniac sont toutes d’un style très particulier ; elles sont toutes orientées vers un même objectif : capturer la culture unique des juifs dans les ghettos d’Europe de l’Est, particulièrement les religieux et les défavorisés. Les photos qui ont été publiées se concentrent en grande partie sur ces gens, souvent en petits groupes, dans leur vie quotidienne : très souvent étudiants (en général des textes religieux), marchant (couramment par mauvais temps) et parfois juste assis, fixant l’objectif. Les mises en scène sont sombres : «Il y a difficilement un soupçon de sourire sur le moindre visage. Les regards nous fixent avec méfiance depuis d’anciennes fenêtre à la française et par-dessus des plateaux de marchands ambulants, depuis des salles de classe bondées et des coins de rue dévastés.» Gene Thornton, journaliste pour le New York Times les qualifiait de «[…] sombre de pauvreté et avec la lumière grise des hivers européens.»
Ces photos, toutes en noir et blanc ont été faites avec la lumière naturelle ou parfois une lanterne et pourtant elles sont «exceptionnellement nettes et avec une profondeur de champ surprenante». Malgré tout, «Il y a un grain réaliste dans le style photographique de Vishniac. Il est presque possible de toucher la texture grossière des manteaux et des châles ; les épaisseurs de tissus portés par les gens semblent plus proches de l’écorce des arbres que des costumes en laine bien repassés portés par les élégants passants occasionnels».
Impact
Les photos de Roman Vishniac de cette période sont souvent acclamées et sont exposées de manière permanente dans de nombreux musées. Edward Steichen considère ses photos d’avant l’Holocauste «parmi les meilleurs documents photographiques d’un endroit à un moment précis.»
Les photos de Vishniac ont eu un profond effet sur la littérature autour de l’Holocauste et ont illustré de nombreux livres sur les ghettos juifs et la Shoah. Dans le cas de la photo The Only Flower of her Youth, l’émotion dégagée inspira à Miriam Nerlove un roman fondé sur l’histoire de la jeune fille que l’on voit.
Roman Vishniac a reçu le Memorial Award de l’American Society of Magazine Photographers (association de photographes) en 1956. Il a aussi gagné le prix de la catégorie des arts visuels du Jewish Book Council (organisation de littérature juive) en 1984. The Only Flower of her Youth a été jugée comme «la plus marquante» à l’exposition photographique internationale de Lucerne en 1952.
Photomicrographie et biologie
En plus des photos classiques pour lesquelles il est principalement connu, Vishniac a effectué beaucoup de travail dans les domaines de la photomicrographie (en particulier la microscopie à contraste interférentiel et la cinémicroscopie). Il s’est spécialisé dans la photographie d’insectes vivants et avait le coup de main pour prendre le spécimen en mouvement «avec juste la bonne pose», d’après Philippe Halsman, ancien président l’American Society of Magazine Photographers. À propos des capacités de Vishniac en photomicrographie, Halsman a dit qu’il était «un génie d’un type spécial». Il a photographié toutes sortes de spécimens, du protozoaire aux lampyridae et aux acides aminés. Le travail de Vishniac en photomicrographie était et est toujours hautement considéré dans le domaine. Il a gagné le prix Best-of-the-Show de la Biological Photographic Association de New York pendant trois années consécutives à partir de 1952.
Une des contributions plus connues de Vishniac en photomicrographie a été ses photos révolutionnaires depuis l’intérieur d’un œil de luciole, derrière 4 600 minuscules ommatidies, arrangées de manière complexe. Une autre a été les images de la circulation sanguine dans la poche de la joue d’un hamster prises à l’école médicale de l’université de Boston. Vishniac a inventé de nouvelles méthodes de microphotographie en couleur et de photographie à haute vitesse par interruption de lumière. Sa méthode de colorisation, développée dans les années 1960 et le début des années 1970, utilise la lumière polarisée pour entrer dans certaines structures cellulaires et peut améliorer grandement les détails d’une image.
Dans le domaine de la biologie, Vishniac s’est spécialisé dans la microbiologie marine, la physiologie des ciliophoras, l’endocrinologie et la métamorphose. Malgré ses aptitudes et son investissement en biologie, la plupart de ses travaux dans le domaine sont moins importants que ses photographies : Vishniac a étudié l’anatomie d’un organisme avant tout pour mieux le photographier. En plus de faire des recherches sur la métamorphose de l’axolotl, il s’est aussi penché sur la morphologie des chromosomes en 1920. En tant que biologiste et philosophe, en 1950 il fait l’hypothèse de l’origine phylétique, une théorie qui explique l’apparition de la vie par des réactions biochimiques multiples et indépendantes, faisant apparaître une vie multicellulaire. En tant que philosophe, il «développe les principes de la philosophie rationnelle» dans les années 1950.
Vishniac est connu pour ses photos d’insectes. Avec patience et talent, il pouvait chasser des insectes et autres créatures semblables dans la banlieue new-yorkaise. Avant chaque chasse, il pouvait s’allonger pendant plus d’une heure dans l’herbe, se frottant avec les plantes environnantes afin de sentir moins artificiel. Il se glissait ensuite tout près de sa proie et visait patiemment la scène à l’aide d’un appareil photo reflex équipé d’une bague-allonge. Il s’entraîna même à retenir sa respiration pendant plus de deux minutes pour pouvoir prendre des images à longue exposition tranquillement.
Les sujets traités par Vishniac changèrent au cours de sa vie. Par moments, il se focalisait sur la vie de tous les jours, comme à Berlin, ou sur le portrait, prenant ses fameux portraits d’Albert Einstein et Marc Chagall. Il fut aussi un des pionniers du time-lapse, sur lequel il a travaillé entre 1915 et 1918, puis plus tard dans sa vie.
Photographie et religion
Roman Vishniac a toujours eu un lien fort avec ses racines, principalement le côté juif, «Depuis ma plus tendre enfance, mon principal centre d’intérêt a été mes ancêtres». Il fut sioniste et un fervent sympathisant des juifs ayant souffert de l’antisémitisme, «Oh oui, je pourrais être un professeur d’antisémitisme», annonçant aussi qu’il avait cent un membres de sa famille qui moururent lors de l’Holocauste. Il utilisa une photo célèbre qu’il prit, montrant un magasin berlinois vendant des objets permettant de distinguer les juifs des non-juifs par la forme du crâne, pour critiquer la pseudo-science des antisémites allemands.
Vishniac associa beaucoup de son travail avec la religion, mais pas spécifiquement le judaïsme. «La Nature, Dieu ou peu importe le nom donné au créateur de l’univers ressort clairement et fortement à travers un microscope», remarqua-t-il un jour dans son laboratoire.
Vivant avec le souvenir des temps difficiles, Vishniac était «un complet optimiste rempli de drames. Son humanisme n’est pas seulement pour les juifs, mais pour tout être vivant». Il croyait probablement en Dieu ou un concept similaire, mais il ne suivait les préceptes d’aucune religion précise. Il se fâcha même avec les juifs orthodoxes dans un cas bien connu : certains juifs qu’il rencontrait au cours de son tour de l’Europe de l’Est refusaient de se laisser prendre en photo, citant la Bible et son interdiction de faire des idoles. Sa réponse devenue célèbre était : «la Torah a existé depuis plusieurs milliers d’années avant l’invention de l’appareil photo».
Roman Vishniac était connu pour avoir un grand respect pour toutes les formes de vies. Autant que possible, il ramenait un spécimen à l’endroit exact où il l’avait capturé et une fois il «[prêta] sa baignoire à des têtards pendant des semaines avant qu’il ne puisse les ramener dans leur étang». En accord avec sa philosophie, il photographia presque exclusivement des sujets vivants. WIKIPEDIA
Street vendors, Warsaw; Roman Vishniac (American, born Russia, 1897 – 1990); Warsaw, Poland; negative about 1935 – 1938; print later; Gelatin silver print; 31.4 × 27.1 cm (12 3/8 × 10 11/16 in.); 2016.13.8