Samedi soir, le Beth Haya Mouchka a accueilli des centaines d’invités et de Chlouhim pour un grand Mélavé Malka exceptionnel marquant Chabbat Beréchit 5786. Cette soirée, empreinte d’émotion et de spiritualité, a permis à la communauté de puiser les forces nécessaires pour l’année entière.
Reportage photos de Thierry Guez
Le pont entre Tichri et l’année à venir
Les intervenants ont rappelé l’importance particulière de Chabbat Beréchit, décrit par le Rabbi précédent comme déterminant pour toute l’année : « comme on se tient Chabbat Beréchit, ainsi va l’année entière ». Ce Chabbat représente le pont entre le mois de Tichri, rempli de fêtes et de sainteté, et le mois de ‘Hechvan où reprennent les activités quotidiennes.
La soirée a souligné l’importance de s’attacher au Rabbi et d’agir avec ses forces. Une histoire récente d’Israël, où de jeunes émissaires de Habad ont réussi là où d’autres avaient échoué, a illustré cette puissance : « Nous, on a les forces du Rabbi de Loubavitch. C’est complètement différent. »
Un hommage émouvant à Haim Djian
Un moment particulièrement poignant a été consacré à la mémoire de Reb Haïm Djian, disparu la semaine précédente le jour de Sim’hat Torah. Décrit comme un homme discret et toujours souriant, il était profondément attaché au Rabbi et s’occupait avec dévouement de la diffusion des Si’hot et des Maamarim chaque semaine.
Le Rav Mendy Azimov a détaillé les nombreuses contributions de Haim Djian au Beth Loubavitch : recherche de salles pour les événements importants, organisation de la distribution des enseignements du Rabbi, gestion du répondeur téléphonique, photographie des événements et maintenance du listing communautaire. Dans les années 1980, il traversait Paris pour recevoir les premiers fax des Si’hot au Palais des Congrès, puis courait faire les photocopies pour les distribuer.
Enseignements spirituels profonds
Le Rav Moché Vishetsky a partagé un enseignement du Rabbi sur l’histoire de Kaïn et Hével, soulignant l’importance d’aller jusqu’au bout dans ses actions – faire « Hidour de Hidour », chercher non seulement la meilleure espèce mais aussi le meilleur au sein de cette espèce.
Le Rav Yair El Baz a rappelé une parabole du Rabbi Rachab sur la calèche, enseignant que malgré les différents niveaux et préoccupations de chacun, la mission collective avance. Il a insisté sur le fait qu’un homme ne sait pas quelle est la valeur de sa Nechama et que chacun possède des forces extraordinaires pour accomplir sa mission.
Un témoignage historique exceptionnel
Le moment fort de la soirée fut le témoignage de Reb Daniel Sandler, qui a visité le Rabbi à Tichri 1965 – il y a exactement 60 ans. Premier garçon du groupe français à avoir eu ce mérite, il a captivé l’assemblée avec ses souvenirs vivants.
Il a raconté son parcours, commençant par la fréquentation de la synagogue rue Saint-Isaure dans le 18ème arrondissement sous l’impulsion du Rav Levin, puis les dimanches d’étude à la Yechiva de Brunoy avec le Rav Moulé Azimov. Ces expériences l’ont conduit au 770 où il a été intégré au programme Hadar HaTorah.
Ses souvenirs de Roch Hachana et Yom Kippour chez le Rabbi ont particulièrement ému l’assistance : la foule immense, le Rabbi mettant du temps avant de sonner le Chofar, les sanglots ressentis avant les sonneries. Il a évoqué ses Yé’hidout avec le Rabbi, qui s’enquérait de ses études de ‘Hassidout et lui donnait des conseils précis, notamment concernant le mariage.
L’anecdote du Tachli’h à Brooklyn Garden a transporté l’auditoire : le Rabbi marchant en tête sur deux kilomètres, escorté par la police, avec les élèves chantant derrière lui, et les juifs du quartier attendant sur le parcours pour recevoir une Berakha.
Un message d’espoir et de continuité
Le Rav Mendy Azimov a conclu en expliquant que Chabbat Beréchit représente des « Cheraïm » riches – non pas de simples restes mais des restes suffisants pour faire un repas complet servant de pont entre les fêtes de Tichri et l’année à venir. Citant la Rebbetsin qui disait « on rajoute une fête en plus », il a rappelé que chaque année apporte quelque chose de plus fort.
La soirée s’est terminée avec l’annonce d’un Farbrenguen prévu jeudi soir à Place des Fêtes en mémoire de Haim Djian, et l’appel à ce que chacun prenne une bonne décision pour son mérite – quelques lignes supplémentaires de ‘Hassidout ou aider un juif de plus à mettre les Tefiline.
Cette soirée exceptionnelle a ainsi permis à la communauté de se ressourcer spirituellement et de renforcer son attachement au Rabbi, tout en honorant la mémoire d’un fidèle serviteur de la Hassidout.






















































































