Une soirée exceptionnelle pour puiser les forces spirituelles de l’année entière, marquée par des enseignements du Rabbi, des témoignages émouvants et la mémoire de ceux qui nous ont quittés, réunissant la communauté dans la joie et l’attachement à la Hassidout.

 

 

Chabbat Beréchit est un moment décisif : selon le Rabbi précédent, répétant les paroles des Rabbéim, « comme on se tient Chabbat Beréchit, ainsi va l’année entière ». Le Rabbi précédent explique que ce jour est un jour de « hachlama », c’est-à-dire un jour où l’on peut rattraper, parfaire et ajouter de la lumière dans tout ce qui a été fait pendant les fêtes.

Après un mois de Tichri rempli de lumière, de joie et d’inspiration – un mois « rassasié de force », un mois de sainteté – nous entrons dans le mois de ‘Hechvan où il n’y a pas de fête et où nous reprenons nos activités quotidiennes. Comment passer d’un moment aussi exceptionnel à un mois ordinaire ? Le Rabbi explique qu’il existe un pont, un lien entre le mois de Tichri et le reste de l’année : ce pont, c’est Chabbat Beréchit.

Aujourd’hui, nous avons la force de prendre toute l’énergie, toutes les bénédictions, toute l’inspiration du mois de Tichri et de les faire basculer dans le reste de l’année.

S’attacher au Rabbi et agir avec ses forces

C’est le moment pour nous tous d’essayer de rechercher encore davantage la proximité et l’attachement avec le Rabbi, car en réalité, ce ne sont pas nos propres forces qui agissent, ce sont les forces du Rabbi.

Une histoire récente l’illustre parfaitement : en Erets Israël, un homme travaillait pour une Yechiva et visitait les familles des élèves pour renforcer leur judaïsme. Dans une famille, l’épouse lui dit de ne pas parler à son mari car le judaïsme ne l’intéressait pas. Malgré une heure de discussion, l’homme n’obtint rien. Quelques temps après, il vit ce même juif passer devant un stand de Tefiline tenu par deux jeunes de Habad. Après quelques mots échangés, le juif mit les Tefiline. Stupéfait, l’homme demanda aux jeunes ce qu’ils avaient dit. Leur réponse fut simple : « Monsieur, vous, quand vous parlez, vous parlez avec vos propres forces, mais nous, on a les forces du Rabbi de Loubavitch. C’est complètement différent. »

Le Rabbi demanda une fois à un ‘Hassid qui s’occupait d’étudiants dans les universités si les étudiants mettaient les Tefiline. Devant une réponse mitigée, le Rabbi devint sérieux et lui dit : « Écoute, quand il y aura un étudiant qui ne veut pas mettre les Tefiline, dis-lui que [il cita son nom] te demande en particulier de mettre les Tefiline. » Personne ne refusa jamais après cette phrase.

À la mémoire de notre ami Haim Djian

Nous avons perdu cette semaine notre ami Reb Haïm Djian, un homme discret, toujours souriant, qui avait une joie particulière. Le jour de Sim’hat Torah à Place des Fêtes, il voulait toujours continuer la joie. C’était sa qualité profonde et sincère d’être attaché au Rabbi. Il est parti le jour de Sim’hat Torah, qui est le jour du Rabbi – car le ‘Houpa, l’invité de Sim’hat Torah, c’est le Rabbi.

Il s’occupait des discours du Rabbi, diffusant les Si’hot et les Maamarim chaque semaine. Comme l’a dit le Rabbin qui a officié lors de son enterrement, quand quelqu’un n’a pas d’enfant, c’est à tous ses amis et ceux qui l’ont connu de prendre une bonne décision pour son mérite. Que chacun d’entre nous essaie de prendre quelque chose en plus : encore quelques lignes de ‘Hassidout, encore un juif à qui on va mettre les Tefilines pour son mérite. Qu’il revienne rapidement avec le Machia à notre tête.

 

Enseignement du Rav Moché Vishetsky

Le Rav Moché Vishetsky a partagé un enseignement du Rabbi sur la Paracha Beréchit concernant l’histoire de Kaïn et Hével. Kaïn eut la bonne intention d’apporter une offrande à D.ieu – des fruits de la terre. Hével fit de même, apportant les premiers-nés de son bétail et leurs parties grasses. Hachem accepta l’offrande de Hével mais pas celle de Kaïn.

Rachi explique que Kaïn apporta de mauvais fruits, et ajoute une Aggada précisant qu’il s’agissait de graines de lin. Pourquoi Rachi mentionne-t-il spécifiquement le lin ? Le Rabbi explique que plus tôt dans la Paracha, Rachi avait déjà parlé du lin en expliquant pourquoi le Nil s’appelait Pichon : parce que le lin poussait autour de ce fleuve. Cela montre que le lin était une plante très importante.

Le Rabbi révèle ainsi que Kaïn avait cherché la meilleure espèce – le lin – mais n’avait pas cherché le meilleur au sein de cette espèce. Hével, par contre, chercha dans l’espèce qu’il apporta les premiers-nés et les parties grasses. Kaïn fit les choses à moitié. Il fallait faire jusqu’au bout, faire Hidour de Hidour – la meilleure espèce et le meilleur de cette espèce.

Le message pour nous est clair : l’importance d’être Mehader. Quand on fait quelque chose, il faut aller jusqu’au bout. Kaïn fit un effort mais ne fut pas jusqu’au bout, et cela l’amena à la jalousie négative qui finit tragiquement. Quand on commence l’année et qu’on prend des décisions, il faut les faire de la meilleure manière possible.

Témoignage exceptionnel de Reb Daniel Sandler : 60 ans depuis la première visite chez le Rabbi

Ce soir, nous avons un invité particulier : Daniel Sandler, qui a été chez le Rabbi en Tichri 1965 – il y a exactement 60 ans. C’est certainement le premier garçon du groupe qui a eu le mérite d’aller chez le Rabbi à cette époque.

Monsieur Sandler a raconté comment tout a commencé avec la fréquentation d’une synagogue du 18ème arrondissement, rue Saint-Isaure, où officiait le Rav Levin, ‘Hazan chaleureux qui essayait de rapprocher les jeunes de la Hassidout. Son idée fut que tous les dimanches, ils allaient à la Yechiva de Brunoy. C’est le Rav Moulé qui prit en charge ces Français qui venaient étudier le dimanche. Ils étudiaient la Guemara mais également le Tanya.

Pris par l’enthousiasme déployé par le Rav Moulé et le Rav Levin, il ne put résister à l’idée d’aller au 770 voir le Rabbi. Il arriva quelques temps avant Roch Hachana et fut pris en charge par le Rav Israël Jacobson, intégré dans le groupe d’étude Hadar HaTorah réservé aux personnes venant de tout milieu.

 

Roch Hachana et Yom Kippour chez le Rabbi

Ce qui frappa particulièrement Daniel Sandler fut toute la ferveur qui se dégageait, toute l’atmosphère qui régnait autour du Rabbi et que le Rabbi maintenait dans les Farbrenguen. Une équipe de télévision belge vint même faire un reportage sur le 770, impressionnée par l’ambiance absolument inhabituelle et complètement hors norme.

Le jour de Roch Hachana, il eut la chance d’entendre le Chofar de la bouche du Rabbi. Il y avait une foule absolument énorme. Le Rabbi mit un bon moment avant de commencer les sonneries. Il y avait les lettres de demande (Pidyonot) sur son pupitre, et il sembla que le Rabbi eut du mal à démarrer. On sentait – il ressentit des sanglots avant que le Rabbi ne sonne le Chofar.

Concernant le Kos Chel Berakha de Sim’hat Torah, quelqu’un lui dit en 1981 : « Tu te rends compte, comment est-ce possible que le Rabbi, après tout ce qu’il a vécu depuis Roch Hachana jusqu’à Sim’hat Torah, puisse faire ce geste de verser le Kos Chel Berakha à autant de gens ? C’est quelque chose de surhumain. »

Les Yé’hidout avec le Rabbi

Lors d’une Yé’hidout, le Rabbi lui posa des questions sur ses cours, ses études de ‘Hassidout avec qui il étudiait. Il répondit qu’il avait des cours avec Monsieur Levin et surtout avec Moulé Azimov. Le Rabbi ajouta le mot « Azimov » avec emphase. Le Rabbi lui demanda également s’il faisait le ‘Hitouk du jour. Daniel répondit que oui, cela faisait un an qu’il avait commencé. Le Rabbi lui donna une Berakha pour le retour en France et lui remit un petit livre qui est très usé car il faisait le Tanya à l’époque.

En 1967, il retourna chez le Rabbi et posa la question s’il devait penser au mariage. Le Rabbi lui répondit clairement : « Vous avez 20 ans, dans un an vous commencerez à y penser. » Le Rabbi l’interrogea à nouveau sur les cours, et lui dit que c’était très important d’étudier aussi les Michnayot.

L’histoire de sa grand-mère

Sa grand-mère voulait faire son Alya pour rejoindre une cousine qui avait réussi à sortir de Russie en 1967. Tout était prêt pour l’Alya. On demanda quand même au Rabbi qui répondit : « Ce n’est pas logique, que vont faire ses enfants si elle part ? » Pour Daniel, c’était incompréhensible car ses enfants étaient tous mariés et avaient leur vie. Mais sa grand-mère s’inclina devant la réponse du Rabbi.

Plus tard, lors d’une Yé’hidout, sa grand-mère avait écrit une lettre au Rabbi en Yiddish. Le Machpia de Hadar HaTorah, Avraham Libsker, la lut avec Monsieur Chifrine et lui dirent : « C’est une lettre extraordinaire où ta grand-mère dit par exemple ‘chez nous le Rabbi c’est la prunelle de nos yeux’ et d’autres phrases comme cela. » Le Rabbi regarda tout, lut tout et remit à Daniel un deuxième petit Tanya, probablement destiné à sa grand-mère.

La rencontre avec son épouse

En 1968 ou 1969, il demanda au Rabbi où chercher un Chidou’h. Il avait proposé Israël, l’Angleterre, d’autres pays. Le Rabbi répondit : « Ce n’est pas lié à un lieu géographique. Ce qu’il faut rechercher, c’est une jeune fille Yirat Chamaïm qui pratique Torah et Mitsvot avec Hidour. »

Deux ans auparavant, Moulé lui avait dit un matin en allant au Mikvé : « Daniel, j’ai rêvé que tu allais épouser une Hollandaise. » À Pessa’h à Londres, en marchant avec Moulé dans la rue, ils aperçurent le Rav Douner, directeur d’un séminaire de jeunes filles. Moulé eut l’intuition de lui parler de Daniel. Son épouse était hollandaise et se trouvait à Londres à ce moment-là. C’est comme ça qu’il la rencontra. Ce n’était pas lié à un lieu géographique, comme l’avait dit le Rabbi.

Tachli’h à Brooklyn Garden

À Tachli’h, le Rabbi allait jusqu’à Brooklyn Garden – très loin du 770, environ 2 kilomètres. C’était un spectacle absolument admirable. Le Rabbi était en tête, et derrière, les élèves de la Yechiva, de Hadar HaTorah et les ‘Hassidim avaient instruction d’être derrière le Rabbi en chantant jusqu’au lieu de Tachli’h.

Le Rabbi marchait d’un pas ferme, escorté par des agents de police qui arrêtaient la circulation des voies perpendiculaires. Sur tout le parcours – un quartier où il y avait encore beaucoup de juifs en 1965-1966 – il y avait plein de juifs qui attendaient le passage du Rabbi et demandaient une Berakha. Le Rabbi saluait chacun. C’était très beau.

Deux ans après, il y eut de fortes pluies ce jour-là et les portes du jardin ont été fermées. Le Rabbi a grimpé – des portes assez hautes comme celles du parc des Buttes-Chaumont. La presse en fit un grand état et le directeur de Brooklyn Garden fut renvoyé.

 

Enseignement du Rav Yair El Baz

Le Rav Yair El Baz a raconté une histoire du Rabbi Rachab. Un Mitnagued se retrouva dans la même calèche que le Rabbi Rachab et voulut profiter pour poser une question. Le Rabbi Rachab répondit qu’il y avait dans cette calèche tout type de personnes : des cochers qui pensent à ce qu’ils vont gagner, des chevaux qui courent après la carotte, et nous – vous qui allez pour des affaires et moi qui vais rencontrer des juifs. « Mais tout cela empêche-t-il la calèche d’avancer ? La calèche avance. »

Le Rabbi rapporte cette histoire dans un contexte très intéressant, lors d’un Chabbat Chouva. Le Rabbi parle de niveaux extraordinaires et dit que quelqu’un pourrait venir dire : « On n’est pas au niveau, on ne sera jamais au niveau. » Le Rabbi répond : « C’est faux ! Un homme ne sait pas quelle est la valeur de sa Nechama. »

Comme la Guemara dans Sanhédrin le dit, la raison pour laquelle l’homme a été créé seul, c’est parce que précisément il doit constamment se rappeler que le monde a été créé pour lui. Il faut prendre conscience des forces qu’Hachem a mises pour qu’on soit sur terre et pour qu’on fasse la mission qu’on nous a donnée. On n’a pas fini de prendre conscience des forces extraordinaires qu’Hachem nous donne.

 

Message du Rav Mendy Azimov

Le Rav Mendy Azimov a remercié tous ceux qui ont contribué à cette soirée et a partagé un enseignement sur l’importance de Chabbat Beréchit. Il a expliqué que « Cheraïm » (les restes) peut avoir deux sens : soit de simples restes, soit des restes suffisants pour faire un repas complet qui sert de pont entre le repas précédent et le repas suivant.

Le Rabbi dit que c’est ainsi avec Chabbat Beréchit : cela vient après avoir fait toutes les fêtes de Tichri, mais ces « restes » sont très riches car c’est ce qui va faire le pont entre le mois qui est passé et l’année qui va venir.

Il faut se rappeler que Chabbat Beréchit et le mois de Tichri sont des moments extraordinaires qu’on doit transmettre avec chaleur. Comme la Rebbetsin l’a dit une fois à quelqu’un qui disait « les fêtes sont passées » : « On rajoute une fête en plus. » Ce n’est pas que les fêtes sont passées et parties. Au contraire, chaque année c’est quelque chose d’encore plus fort qui se rajoute.

À la mémoire de notre ami Haim Djian a’h

Cette semaine, nous sommes dans la Chiva de notre ami Haim Djian a’h. Il faisait partie des premiers secrétaires du Beth Loubavitch pendant des années. Son mérite revient à plusieurs choses :

Pendant une longue période, c’est lui qui faisait la recherche pour trouver une salle pour le Youd Teth Kislev et pour le Siyoum HaRambam. Il allait négocier seul, très discrètement.

Il était énormément impliqué dans la diffusion des Si’hot et des Maamarim du Rabbi. Il a monté toute la stratégie de distribution. En hiver 1986, quand le monde entier commença à utiliser le fax, il fallait aller au Palais des Congrès dans le deuxième sous-sol pour recevoir les premiers fax. Il traversait tout Paris pour recevoir les Si’hot, puis courait faire les photocopies pour les mettre dans des enveloppes et les envoyer partout.

Il était en charge du répondeur téléphonique, mettant à jour les renseignements de Chabbat, l’allumage des bougies, le Rambam. Il était le photographe pour des événements importants du Beth Loubavitch. Dès le lendemain matin, il fallait envoyer les photos au Rabbi. Il cherchait le premier magasin dans Paris qui pourrait développer ses photos et les avoir au plus tôt possible pour envoyer des albums au Rabbi.

Il s’occupait du listing du Beth Loubavitch – tout le monde voulait avoir son nom et son adresse bien notés. Grâce à ce listing, on arrivait à bien noter les adresses pour que les lettres arrivent à destination. C’était un listing tenu jour par jour.

Une Tsedaka a été mise en place pour son mérite, et des Michnayot vont être organisés. Que D.ieu fasse qu’il se trouve dans les hauteurs auprès du Rabbi et qu’il prie pour son épouse et tous les siens. Il y aura un Farbrenguen jeudi soir à Place des Fêtes pour la Chiva à 19h30-20h.