Au cœur d’un Maamar profond, le Rabbi dévoile une vérité bouleversante : c’est précisément dans l’effacement total de soi — le Bitoul — que réside la clé de la Délivrance ultime. Loin d’une simple humilité, ce Bitoul propre au temps de l’exil recèle une puissance divine que nulle élévation spirituelle personnelle ne saurait égaler. Une révolution conceptuelle qui renverse les catégories habituelles de la pensée ‘hassidique.
Extrait du Maamar : « Ha’hodech Hzé La’hem » 25 Adar 5735
Le débat sur la Délivrance : Téchova ou miracle ?
Le Rabbi ouvre son Maamar sur une question fondamentale que pose la tradition : la Délivrance future adviendra-t-elle par la voie de la Téchova, ou bien surgira-t-elle comme un miracle éclatant, indépendamment des mérites du peuple d’Israël ? Deux opinions s’affrontent dans les sources. D’un côté, le Rambam tranche que la Délivrance est conditionnée à la Téchova. De l’autre, Rabbi Yehouda soutient que la Gueoula surviendra en Nissan, à la manière de la sortie d’Égypte, sans que la repentance en soit le déclencheur nécessaire.
Le Rabbi propose ici un dépassement de cette apparente contradiction. Il établit, en s’appuyant sur les enseignements du Tanya, que tous les révélations divines dépendent de nos actions et de notre service spirituel tout au long du temps de l’exil. Comment dès lors concilier cette affirmation avec la position de Rabbi Yehouda, pour qui la Délivrance n’est pas liée à la Téchova ? La réponse du Rabbi est nuancée : même selon Rabbi Yehouda, c’est bien notre service divin qui crée la Gueoula — mais la nature de ce service est d’une tout autre essence.
Nissan et Tichri : deux dimensions de la création
Pour comprendre pourquoi la Délivrance future est associée au mois de Nissan, le Rabbi rappelle un débat classique : le monde fut-il créé en Nissan ou en Tichri ? Il répond que dans la pensée divine primordiale, le monde fut conçu en Nissan, tandis que dans la réalité concrète, il naquit en Tichri. La pensée divine appartient à l’intériorité ; Tichri, à l’extériorité.
La distinction est fondamentale : Tichri représente l’ordre naturel, le monde tel qu’il est soumis aux lois de la nature. Nissan, en revanche, incarne la dimension qui transcende la nature, le domaine du miracle et de la révélation divine directe. Ces deux dimensions sont interdépendantes : c’est l’effort naturel du monde de Tichri qui peut appeler les miracles de Nissan. Ainsi, la Délivrance future s’ancre dans Nissan précisément parce qu’elle représente un dévoilement de l’Essence divine qui dépasse toute limite naturelle.
Les trois fêtes de pèlerinage et les trois degrés d’élévation
Le Midrach enseigne que le Saint-Béni-Soit-Il désigne le peuple d’Israël par trois appellations affectueuses : « ma fille » (Biti), « ma sœur » (Achoti) et « ma mère » (Imi). Ces trois titres correspondent aux trois fêtes de pèlerinage — Pessa’h, Chavouot et Soukot — et reflètent trois degrés d’ascension spirituelle.
À Pessa’h, le peuple d’Israël est qualifié de « Biti » — ma fille, entièrement dépendante, recevant tout d’en-haut. Lors de la sortie d’Égypte, les Juifs ne possédaient pas encore de service divin élaboré ; ils furent délivrés par une révélation pure venant d’en-haut, sans mérites propres véritables. C’est le degré le plus bas dans le sens ordinaire.
À Chavouot, avec le don de la Torah, Israël est désigné comme « Achoti » — ma sœur. La Torah unit le peuple juif au Saint-Béni-Soit-Il en une fraternité spirituelle : par la Torah, Israël et D.ieu sont, pour ainsi dire, au même niveau.
À Soukot, après le grand jour de la Téchova qu’est Yom Kippour, Israël atteint le rang d’« Imi » — ma mère. Par la Téchova, qui transcende même la Torah, le Juif « couronne » D.ieu et révèle en Lui des dimensions encore plus élevées. C’est donc Soukot qui représente le degré le plus élevé dans cet ordre ascendant.
La révolution du Maamar : la supériorité cachée du Bitoul
C’est ici que le Rabbi introduit sa révolution conceptuelle. Dans la lecture habituelle, Pessa’h-Biti représente le degré le plus bas, puisque le Juif n’y apporte rien de lui-même. Mais le Rabbi renverse entièrement cette hiérarchie lorsqu’il s’agit de la Délivrance future.
La raison en est la suivante : dans les degrés supérieurs — Chavouot et Soukot — il y a certes une élévation spirituelle remarquable, mais cette élévation part de la réalité de l’homme lui-même. L’être humain s’y engage, ressent, comprend et s’élève. Or tout service qui prend sa source dans la réalité humaine ne peut par définition dépasser les limites de cette réalité. L’homme peut s’élever vers D.ieu, mais il reste un homme.
Le Bitoul, en revanche — et c’est le cas du Juif en exil, et plus encore dans la génération qui précède la venue du Machia’h — est d’une nature entièrement différente. Dans le Bitoul, l’homme n’apporte rien de lui-même. Il s’annule totalement, exécutant la volonté divine non parce qu’il comprend ou ressent, mais parce que telle est la volonté d’En-Haut. Et précisément parce qu’il n’y a plus ici de réalité humaine faisant écran, c’est la puissance infinie de D.ieu Lui-même qui agit.
La différence entre quantité et qualité du Bitoul
Le Rabbi introduit ici une distinction d’une finesse remarquable, explicitée dans les discours du tome neuf des Likkouté Si’hot. Du temps du Temple, le Bitoul était quantitativement total : l’homme était entièrement pénétré du sentiment du Divin, dans tout son être, ses émotions, son intellect. Mais ce Bitoul restait qualitativement limité, car il était fondé sur la compréhension et le ressenti de l’homme lui-même — c’était un Bitoul « compris ».
Aujourd’hui, en exil, notre Bitoul est quantitativement infime : il ne touche qu’une portion minuscule de notre être intérieur. Mais là où il opère, il opère selon une qualité incomparablement plus haute : ce Bitoul ne repose sur aucune réalité personnelle. C’est un Bitoul pur, une exécution aveugle de la volonté divine, sans support émotionnel ou intellectuel. Et c’est précisément ce vide intérieur qui permet à l’Infini divin de s’y révéler sans obstacle.
L’image du bâton et de la branche
Pour illustrer cette idée, le Rabbi emploie une métaphore saisissante. Une branche encore attachée à l’arbre est vivante, souple, lumineuse — mais précisément parce qu’elle vit de la sève de l’arbre, elle plie et se balance au vent. Elle est riche de vie, mais cette richesse la rend vulnérable à toute secousse extérieure.
Lorsque la branche se détache et se dessèche, elle perd toute cette vie intérieure. Mais elle se transforme en bâton, et le bâton possède une solidité que la branche vivante ne connaît jamais. C’est cette transformation — de la branche frémissante au bâton indestructible — qui symbolise le passage du service divin fondé sur le ressenti personnel au Bitoul absolu propre au temps de l’exil.
La génération de la délivrance et la puissance du Bitoul d’exil
Le Rabbi conclut cette section par un enseignement d’une force extraordinaire. Dans la génération qui précède la venue du Machia’h, les épreuves sont particulièrement sévères, les défis spirituels particulièrement intenses. Mais c’est précisément parce que le service divin de cette génération repose non sur les forces propres de l’individu, mais sur un Bitoul total envers D.ieu — et ce Bitoul ouvre l’accès à des puissances divines sans limite.
Qui vient avec son propre programme, aussi noble soit-il, rencontre inévitablement les limites de ce programme. Mais celui qui s’annule et fait exactement ce que D.ieu lui demande, sans chercher à comprendre ni à ressentir, devient le canal d’une puissance infinie. C’est pourquoi la Délivrance future adviendra en Nissan : non malgré le Bitoul du temps de l’exil, mais grâce à lui — car c’est ce Bitoul qui recèle en lui la révélation de l’Essence divine, seule capable d’apporter la Délivrance véritable et éternelle.
À la frontière russe, dans l’Ukraine meurtrie par la guerre, les Chlou’him de Sumy ont offert à leur communauté une soirée de Pourim inoubliable sur le thème de « Pourim dans l’espace ». Malgré les explosions qui ont secoué la ville dans les semaines précédentes, quelques heures de chant, de joie et de fête ont suffi à recentrer chacun sur l’essentiel. Une célébration lumineuse qui a renforcé la foi et la solidarité d’une communauté qui résiste.
Une ville en guerre, une fête qui résiste
À la frontière russe, dans l’Ukraine dévastée par la guerre, les Chlou’him de Sumy, le Rav Yechiel Chlomo et Rochi Levitansky, ont cette année transformé leur synagogue en vaisseau spatial pour accueillir un grand Seoudat Pourim placé sous le signe de « Pourim dans l’espace ».
Bien que les semaines précédentes aient été marquées par de nombreuses explosions dans la ville, il fut merveilleux de suspendre le temps quelques heures, de chanter et de célébrer ensemble, en ne laissant place qu’aux choses belles et joyeuses de la vie.
Une semaine de préparation et de visites à domicile
Dès la semaine précédant Pourim, chaque Juif de la ville fut contacté personnellement pour savoir s’il pourrait se déplacer ou s’il avait besoin d’une visite à domicile. Les Chlou’him et leurs enfants se répartirent en groupes à travers toute la ville, rendant visite aux personnes âgées et à celles qui ne pouvaient pas se déplacer, afin de leur permettre d’accomplir les Mitsvot du jour : un repas chaud de Seoudat Pourim et de magnifiques colis de Michloah’h Manot, gracieusement fournis par la Fédération des communautés juives d’Ukraine.
Par ailleurs, les fils des Chlou’him, qui poursuivent leurs études dans des Yechivot en Europe, effectuèrent le voyage de trente heures pour rentrer chez eux et apporter la joie de Pourim aux communautés des deux villes voisines de Konotop et Romny.
Une synagogue métamorphosée en vaisseau spatial
À l’approche du soir, les fidèles commencèrent à affluer vers la synagogue pour le grand Seoudat Pourim. À l’entrée, les enfants des Chlou’him les accueillirent chaleureusement, les aidant à déposer leurs dons de Matanot La’evyonim dans deux fusées spatiales installées à cet effet, puis les accompagnant au lavage des mains pour la bénédiction du Hamotsi.
Dès le début du programme, chacun échangea ses Michloah’h Manot avec les autres convives — généreusement préparés par Habad JRNU. La Méguila fut lue, puis le Rav Levitansky introduisit le thème de la soirée : « étudier davantage la Torah et accomplir davantage de Mitsvot, afin d’être prêts à accueillir l’ère du Machia’h ».
Un programme festif riche en émotions
Les enfants du programme périscolaire « Or Avner » présentèrent une saynète de Pourim en ukrainien devant l’assemblée, avant d’entraîner la foule dans des chants de fête. Un animateur professionnel prit ensuite le relais, animant des jeux pour petits et grands, tous en lien avec le thème de la soirée. Le clou du spectacle fut un fascinant « spectacle de bulles de feu » évoquant des comètes et des étoiles dans l’espace.
La communauté repartit renforcée dans sa foi et sa confiance en D.ieu, et dans l’attente de la venue du Machia’h, qui apportera paix et sérénité au monde entier.
Une soirée qui s’est prolongée dans la joie
Tandis que la soirée s’achevait sur le célèbre Kazatzka dansé par les enfants des Chlou’him, la salle vibrait d’une véritable Sim’ha. Nombreux furent ceux qui restèrent pour continuer le Farbrenguen, prenant de nouvelles Hah’lalosout de progresser dans leur Yiddichkeit.
À l’approche du couvre-feu, les Chlou’him organisèrent des navettes pour raccompagner les membres de la communauté chez eux en toute sécurité.
Un grand merci à tous ceux qui ont contribué à faire de ce Pourim une fête aussi belle et réussie.
À l’approche de Pessa’h, la recherche de matsot de qualité devient une préoccupation majeure pour de nombreuses familles juives. Dans ce contexte, les Matsot Chmoura de Kfar ‘Habad se distinguent par leur authenticité et leur respect scrupuleux des traditions ancestrales.
Une exigence portée par le Rabbi lui-même
« On sait combien le Rabbi a agi pour que les Matsot de Kfar ‘Habad se retrouvent dans tous les foyers juifs à travers le monde », explique le Rav Reuven Matusof, Chalia’h du Rabbi à la Lichka Lubavitch en France et responsable de la diffusion des Matsot auprès de la communauté Loubavitch. Cette préoccupation du Rabbi n’était pas anodine. « Lorsqu’il arriva une année qu’en France on fit venir des Matsot d’une autre fabrique, le Rabbi exprima son vif mécontentement », poursuit le Rav Matusof.
Cette anecdote révélatrice témoigne de l’importance capitale que le Rabbi de Loubavitch accordait personnellement à la provenance des Matsot distribuées aux communautés. Ce n’était pas une simple préférence, mais une véritable exigence spirituelle que ces Matsot proviennent spécifiquement de Kfar ‘Habad.
Une tradition ininterrompue depuis plus de 70 ans
« C’est ainsi que depuis plus de 70 ans, les Matsot pour la France sont confectionnées à Kfar ‘Habad », souligne le Rav Matusof. Cette constance remarquable témoigne d’un attachement profond à une tradition qui traverse les générations.
La production 5785 (2025) s’inscrit dans cette continuité historique. Elle perpétue la volonté du Rabbi qui veillait personnellement à ce que la distribution des Matsot de Kfar ‘Habad soit assurée pour tous les foyers juifs désireux de célébrer Pessa’h selon les plus hautes exigences de la Halakha.
Un processus de fabrication sous haute surveillance
La fabrication des Matsot Chmoura de Kfar ‘Habad suit un protocole rigoureux qui ne laisse place à aucune improvisation. Chaque étape, de la sélection méticuleuse du blé jusqu’à l’expédition finale, est soumise à des contrôles stricts pour garantir que ces Matsot respectent les plus hautes exigences de la cacherout.
La présence du Gaon Harav Meïr Ashkenazi, Mara Déatra (autorité rabbinique) de Kfar ‘Habad, assure le respect scrupuleux des normes halakhiques les plus rigoureuses. Pour ceux qui le souhaitent, les Matsot sont également disponibles avec le He’hcher du Badats Yerouchalaïm, offrant ainsi une garantie supplémentaire.
Une méthode ancestrale préservée
L’un des aspects les plus remarquables de ces Matsot réside dans leur méthode de fabrication. Entièrement faites à la main selon des techniques ancestrales, ces Matsot Chmoura (surveillées depuis la moisson) incarnent l’authenticité d’une tradition millénaire.
Cette fidélité aux méthodes traditionnelles n’est pas qu’une question de respect du passé – elle garantit également une qualité spirituelle optimale pour l’accomplissement de la mitsva centrale de Pessa’h : la consommation de matsa.
Une disponibilité assurée pour toute la communauté
Pour répondre aux besoins de la communauté française, la Lichka Lubavitch assure la distribution de ces Matsot précieuses. Situées au 8 Rue Rouvet dans le 19ème arrondissement de Paris, les Matsot de Kfar ‘Habad sont accessibles du dimanche au jeudi de 10h à 19h30, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 21h30, et le vendredi jusqu’à 14h.
Pour faciliter l’accès à ces Matsot exceptionnelles, elles sont également disponibles dans les différents centres Loubavitch répartis à travers la France, permettant ainsi au plus grand nombre de célébrer Pessa’h avec des Matsot conformes aux plus hautes exigences.
Une dimension spirituelle particulière
Au-delà de l’aspect purement halakhique, les Matsot de Kfar ‘Habad portent en elles une dimension spirituelle particulière. Fabriquées avec une intention (kavana) spéciale et sous la supervision directe des émissaires du Rabbi, elles constituent un lien tangible avec l’héritage du mouvement Loubavitch et les enseignements du Rabbi.
En choisissant ces Matsot pour leur table de Séder, les familles juives ne font pas seulement l’acquisition d’un produit casher pour Pessa’h – elles participent à la perpétuation d’une chaîne de transmission ininterrompue et s’inscrivent dans la vision globale du Rabbi de Loubavitch concernant la célébration authentique des fêtes juives.
Conclusion : Un héritage vivant
Les Matsot Chmoura de Kfar ‘Habad représentent bien plus qu’un simple aliment rituel – elles incarnent un héritage vivant que le Rabbi de Loubavitch a personnellement veillé à préserver et à diffuser. Leur présence sur les tables de Séder à travers le monde témoigne de la force d’une tradition qui continue de nourrir, tant physiquement que spirituellement, les communautés juives d’aujourd’hui.
À l’approche de Pessa’h 5785, la disponibilité de ces Matsot en France constitue une opportunité précieuse de célébrer cette fête fondamentale avec des Matsot dont la qualité et l’authenticité ont été personnellement validées par le Rabbi de Loubavitch lui-même.
Plus de 500 étudiants venus de 14 pays européens ont conclu la Pegisha Europe à Rome sur une cérémonie de clôture inoubliable. Invité d’honneur de cet événement, Eliya Cohen — enlevé lors du festival Nova le 7 octobre 2023 et retenu en captivité pendant 505 jours dans les tunnels de Gaza — a livré un témoignage bouleversant sur sa foi et sa survie. Sa présence, symbole de résilience et de lumière au cœur des ténèbres, a profondément marqué l’ensemble des participants.
Un rassemblement européen historique dans la Ville éternelle
Réunis à Rome pour la Pegisha Europe, plus de 500 étudiants issus de 14 pays du continent, accompagnés de leurs Chlou’him et Chlou’hot, ont vécu un week-end d’exception. Entre conférences, performances artistiques et moments de partage intense, cette rencontre annuelle a une fois de plus démontré sa capacité à toucher les cœurs et à raviver la flamme de l’identité juive chez la jeunesse européenne.
Le 7 octobre, l’horreur en plein festival
Eliya Cohen, 27 ans, se trouvait au festival Nova dans le sud d’Israël, aux premières heures du 7 octobre 2023. Lorsque les roquettes ont commencé à s’abattre sur le site, il a décrit les premières interceptions comme un « feu d’artifice surréaliste ». Eliya a tenté de fuir avant de trouver refuge dans un abri de fortune, qui allait devenir tristement célèbre sous le nom d’« abri de la mort ». Sur les 27 personnes qui s’y étaient réfugiées, 16 ont été assassinées et 4 enlevées, dont Eliya lui-même. Au moment où les terroristes l’ont extrait de l’abri, Eliya Cohen a récité le « Chema Israël » — la prière fondamentale de la foi juive — convaincu qu’il prononçait ses derniers mots.
505 jours dans les tunnels de Gaza
Jeté à l’arrière d’un pick-up et conduit à Gaza, Eliya Cohen a vécu plus d’un an et quatre mois dans les tunnels souterrains contrôlés par le Hamas. Enchaîné pendant des mois, nourri de façon dérisoire, privé de soins malgré une blessure à la jambe et des dommages à l’audition, il a subi une torture psychologique constante. Les geôliers du Hamas se livraient à une guerre mentale cruelle, laissant entendre à intervalles réguliers que les captifs allaient être libérés, avant de les replonger dans l’incertitude et la terreur. « Ils riaient vraiment de nous », a-t-il confié. Pour tenir, Eliya s’est raccroché à sa foi : il récitait des prières et célébrait le Kiddouch du Chabbat sur de l’eau en guise de vin.
La libération et le retour à la vie
Le 22 février 2025, après 505 jours de captivité, Eliya Cohen a été libéré dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu et d’échange d’otages. À sa sortie, il ignorait encore si a fiancée Ziv était en vie. Lorsqu’on lui a annoncé qu’elle l’attendait, il n’arrivait pas à le croire. Quelques semaines après sa libération, il est retourné à l’« abri de la mort » pour y mettre ses Téfilines et réciter le « Chema Israël » — au même endroit et avec les mêmes mots qu’au moment de son enlèvement. « Du lieu même où j’ai été enlevé, je reviens et je prononce la même phrase qu’instants avant mon enlèvement », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux. Le 23 octobre 2025, une fois tous les otages vivants rendus à leurs familles, il a demandé Ziv en mariage lors d’une cérémonie émouvante à Jaffa.
Un témoignage qui inspire une génération
Devant les centaines d’étudiants réunis à Rome, Eliya Cohen a partagé son parcours personnel et son cheminement vers la foi, touchant profondément son auditoire par son courage et sa sérénité retrouvée. Son message central : dans les moments les plus sombres, c’est la foi et la force intérieure qui permettent de survivre. Sa présence à la Pegisha Europe illustre avec une force rare ce que signifie porter en soi l’identité juive, même au fond d’un tunnel. Tout au long du week-end, les participants ont également pu assister aux performances du chanteur Joey Newcomb et aux conférences du Rav Its’hak Schochet, orateur de renom, qui ont enrichi et approfondi cette expérience collective hors du commun.
C’est une page d’histoire qui vient de s’écrire à Miami Gardens : la Mesivta Loubavitch de Miami a inauguré ce mois-ci un campus flambant neuf de 10 millions de dollars, étendu sur plus d’un hectare et demi. Des centaines d’étudiants et de généreux donateurs se sont réunis pour couper le ruban de ce lieu d’exception, fruit de cinq années de planification et d’un élan communautaire remarquable. Un accomplissement qui témoigne de la vitalité et de l’ambition du mouvement Habad en Floride.
Un campus à la hauteur de la croissance de la Yéchiva
Le 9 mars 2026 — 20 Adar 5786 (2026) —, des centaines d’étudiants et de sympathisants de la Mesivta Loubavitch de Miami se sont rassemblés pour célébrer l’inauguration du tout nouveau campus de la Yéchiva, s’étendant sur trois acres (environ 1,2 hectare) pour un investissement total de dix millions de dollars.
Idéalement situé à Miami Gardens, à quelques minutes des écoles de garçons et de filles du Loubavitch Educational Center (LEC), ce nouvel espace répond à un besoin urgent face à l’essor rapide de l’établissement. « Notre Mesivta a connu une croissance extraordinaire depuis que le LEC a acquis cette propriété il y a cinq ans », explique le Rav Motti Schurder, directeur de l’établissement. « Cette année, nous accueillons plus de quatre-vingt-dix élèves, que D.ieu les bénisse, et nous sommes littéralement à l’étroit. Ce nouveau campus, conjugué aux récents recrutements de professeurs et de guides spirituels supplémentaires, nous permet de continuer à grandir et d’être pleinement à la hauteur des besoins de nos étudiants. »
Des installations modernes au service de l’excellence
Les installations de ce campus ultramoderne n’ont rien laissé au hasard. On y trouve de spacieuses salles de cours, un dortoir de cent quatre-vingts lits, un Mikvé sur place, ainsi qu’une vaste salle à manger. Le Beth Midrach, baigné de lumière naturelle grâce à de larges fenêtres qui courent sur l’ensemble des façades extérieures et laissent entrer le soleil généreux de Floride, est orné d’un majestueux Aron Kodech en bois, artisanat de Nissim Boaron, offert par Yaakov et Ita Brafman. Des espaces de détente, des coins café et de futurs terrains de sport complètent l’ensemble, veillant au bien-être physique des étudiants. Rien ne manque.
Un Sefer Torah pour consacrer l’inauguration
Après avoir entendu les allocutions du Rav Leib Shapiro, Roch Yéchiva de la grande Yéchiva de Miami, et après la coupure du ruban symbolique, les participants se sont réunis dans la salle principale pour la conclusion d’un nouveau Sefer Torah. Ce Sefer Torah a été sponsorisé par Motti et Miri Levi et leurs enfants, Yaniv et Taryn Levi, à la mémoire aimante de leur mère et grand-mère, Sima, en ce premier anniversaire de son décès. Dans une atmosphère de chants et de danses joyeuses, le nouveau Sefer Torah a ensuite été accueilli dans sa nouvelle demeure en traversant l’imposant hall d’entrée, lui aussi dédié par la famille Levi.
« Notre communauté s’est vraiment mobilisée pour rendre tout cela possible », souligne le Rav Benjy Korf, directeur général du LEC. « Nous sommes infiniment reconnaissants envers nos généreux donateurs pour leur soutien indéfectible et pour nous avoir toujours poussés à viser plus haut. »
Des dédicaces empreintes de mémoire et de gratitude
Ce campus est le fruit de la générosité de dizaines de bienfaiteurs, dont beaucoup ont choisi de dédier leur contribution à des êtres chers qui leur servent d’inspiration. Poursuivant une belle tradition familiale de soutien au LEC, David et Eda Schottenstein ont offert le premier don pour l’acquisition du terrain. Lors de la cérémonie, ils ont officiellement dédié le dortoir moderne à la mémoire des grands-parents de David, Leon et Jean Schottenstein.
Le bâtiment pédagogique a été baptisé du nom de Dovi Fellig, de mémoire bénie, par ses parents Zalman et Mimi Fellig. « Un bâtiment ne se définit pas par ses murs, mais par ses fondations », a déclaré M. Fellig avec émotion. « En contemplant ce beau nouveau campus Dovi Fellig, nous nous rappelons que la véritable fondation n’est pas faite de béton ou d’acier, mais de la nechama d’un jeune homme dont il porte désormais le nom. Nous n’inaugurons pas seulement un bâtiment — nous établissons un foyer où la lumière de Dovi continuera de briller, guidant la prochaine génération d’élèves. »
La cafétéria a été nommée en l’honneur de Reb Avrohom Aharon et Rivka Rubashkin, reconnus pour leur hospitalité légendaire, grâce à la générosité de leur fille, Mme Guttal Goldman, et de sa famille. Quant au Beth Midrach Meir et Chyena Avtzon, c’est Chyena Friedman qui en a fait don avec son mari Velvel : « Mes grands-parents ont combattu pour une éducation ‘hassidique authentique avec un dévouement total, en Russie d’abord, puis ici aux États-Unis », confie-t-elle. « Ils seraient stupéfaits de voir le chemin parcouru : ce qui se faisait autrefois dans la clandestinité se déploie aujourd’hui fièrement au grand jour, dans un édifice aussi beau et spacieux. »
Parmi les autres grands bienfaiteurs, citons Mendy et Chanie Fischer, qui ont financé le Mikvé Meï Mena’hem, Ye’hezkel et Yehoudi Srulevitch (un étage de salles de cours), Chaïm et Ro’hel Schochet ainsi que Yossi et Ayelet Bortunk (salles de cours), et Eyal et Leah Anavim (espace café). Les futurs terrains de sport ont été sponsorisés par Zalman et Pessie Schochet.
L’âme d’une institution avant tout
Au-delà de l’architecture, c’est l’âme de la Yéchiva qui demeure la fierté de l’institution. Eda Schottenstein voit dans l’éducation dispensée au LEC la clé de son succès : « On peut toujours acheter une instruction, mais on ne peut pas acheter la crainte du Ciel. Je peux vous dire par expérience que le LEC offre une excellente formation académique, mais surtout la capacité de construire une véritable relation avec le Créateur. »
La croissance en taille et en espace du campus s’est accompagnée d’une progression continue des élèves dans l’étude et dans la conduite ‘hassidique. Les cours quotidiens de Niglé et de ‘Hassidout s’y conjuguent à des Farbrenguen réguliers, des activités de Mitsvot et des programmes spéciaux animés par les élèves Chlou’him.
« Chaque élève a ses forces et ses capacités propres, et il nous appartient, en tant qu’éducateurs, de les développer », souligne le Rav Eily Smith, Roch Mesivta. À cet effet, la Yéchiva a mis en place un système original de quatre niveaux de classe, avec des objectifs académiques définis pour chacun. « En fin de compte, nous voulons que chaque élève se sente challengé et soit en mesure de progresser selon ses capacités. »
« Avec l’aide de D.ieu, nous remplirons ce magnifique campus d’élèves avides d’apprendre et de grandir pour devenir de véritables ‘Hassidim, qui réaliseront leur plein potentiel dans un environnement véritablement ‘hassidique », conclut le Rav Korf.
Le LEC tient à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui ont œuvré sans relâche à la réalisation de ce projet, notamment le Rav Mena’hem Kozlovsky, le Rav Mendy Korf, l’architecte Jaime Shapiro, le Rav Mendy Katz, le Rav Yossi Zavdi, Borou’h Sandhaus, Yossi Rudd et Mena’hem Mendel Korf, ainsi que les organisateurs de cette magnifique cérémonie : Mme Shayna Bortunk, Mme Dvora Brand et Mme Tsivi Schurder.
Il se décrivait lui-même comme l’orateur le plus introverti et le plus timide qui soit — et pourtant, le Rav Manis Friedman est devenu l’une des voix les plus écoutées et les plus influentes du monde juif. Derrière cette transformation se cache une histoire familiale forgée dans l’adversité, un courage transmis de père en fils à travers les épreuves de la guerre et de l’exil. C’est le récit d’un homme qui, en osant parler, a fini par changer des dizaines de milliers de vies.
Des faussaires au service d’une cause sacrée
L’histoire de Manis Friedman prend racine dans le chaos de la Seconde Guerre mondiale. Sa mère, d’origine ukrainienne, et son père, le Rav Yaakov Moche Friedman, originaire de Pologne, fuient les flammes de la guerre et se rencontrent à Tachkent, en Ouzbékistan. Le père était un homme d’un courage hors du commun. Pour ne jamais avoir à travailler le Chabbat, il avait emprunté de l’argent afin de s’acheter une machine à tricoter qui lui permettait de subvenir à ses besoins. Mais sa véritable mission était clandestine et périlleuse.
Aux côtés d’un activiste d’exception nommé Yaakov Griffel, il œuvrait dans l’ombre à sauver des Juifs piégés derrière le rideau de fer communiste. Dans des bureaux secrets à Paris, New York et Prague, ils fabriquaient de faux papiers, des visas, des passeports et de faux actes de naissance. Grâce à ces documents, des milliers de personnes et des centaines d’orphelins purent retrouver la liberté. Le danger était omniprésent. La police secrète savait parfaitement ce que faisait le Rav Friedman et lui intima l’ordre de quitter la ville sur-le-champ. Il refusa. Arrêté, il passa six mois éprouvants dans une prison tchèque avant de recouvrer la liberté.
De la cave à la lumière : l’arrivée en Amérique
Manis Friedman naît en 1946 dans un camp de personnes déplacées à Prague. En 1950, la famille parvient enfin à s’échapper vers les États-Unis. Le rêve américain commence pourtant dans le dénuement le plus total : la famille s’installe dans la cave d’un immeuble d’East New York, à Brooklyn, juste à côté de la chaudière à charbon. Chaque matin, le jeune Manis se réveillait couvert de poussière noire.
Dans les années 1940 et 1950, le monde juif orthodoxe en Amérique était replié sur lui-même, habité par un pessimisme profond. Le grand-père de Manis était convaincu d’appartenir à la dernière génération de Juifs pratiquants. Le mouvement Habad-Loubavitch, lui, portait une vision radicalement différente : il ne s’agissait pas seulement de survivre, mais de raviver la flamme chez chaque Juif, où qu’il se trouve. C’est dans cet esprit que Manis grandit et étudie. Durant ses années d’apprentissage dans les années 1960, il fait tout pour éviter de prendre la parole en public — jusqu’au jour où le Rabbi de Loubavitch exige de ses étudiants qu’ils sortent de leur réserve pour enseigner. À 18 ans, Manis monte pour la première fois sur une estrade. Il vient de trouver sa voie.
Le défi du Minnesota et la naissance de Beth Hanna
En 1968, Manis épouse Hanna, fille d’un Rav respecté du New Jersey. Après avoir reçu sa sémikha (ordination rabbinique) au Canada, le couple s’installe en 1970 à Saint Paul, dans le Minnesota, pour rejoindre le Rav Moche Feller dans son travail de rapprochement avec les étudiants juifs.
À l’approche de l’été, une discussion décisive s’engage entre les deux Rabbanim. Ils constatent qu’il existe deux Yéchivot pour les hommes désireux de renouer avec leur héritage, mais absolument rien pour les femmes. Or, comme ils le formulent avec une clarté lumineuse : « Si vous n’éduquez pas les femmes, vous n’aurez pas de génération juive suivante. » Ils font alors diffuser des tracts dans six universités du Midwest avec un message audacieux : « Venez apprendre le but de la vie. » À leur grande surprise, dix-huit jeunes femmes répondent à l’appel. Ce sont pour la plupart d’anciennes militantes des années 1960, opposées à la guerre du Vietnam, désenchantées par leurs engagements politiques et en quête d’un sens spirituel authentique.
Le Rav Friedman se met à enseigner — non pas une version édulcorée de la tradition, mais la philosophie ‘hassidique dans toute sa profondeur et sa rigueur. Les femmes sont captivées. Au premier rang, elles disposent leurs magnétophones pour ne perdre aucune de ses paroles. Le Rav en sourit encore aujourd’hui : « Qui voudrait conserver chacun de mes mots enregistrés ? » Mais pour ces femmes, c’était une révélation. L’une d’elles, Hinda Langer, se souvient du soulagement immense qu’elle a éprouvé lorsque le Rav lui a expliqué le concept du Yetser Hara (le penchant au mal) : comprendre que ses luttes intérieures étaient normales et universelles lui avait été d’un secours inestimable.
Un manoir, des hippies et quatorze enfants
L’été suivant, quarante-deux femmes se présentent. Face à cet élan, les deux Rabbanim acquièrent en 1971 un immense manoir en pierre de trente pièces à Saint Paul. L’année d’après, elles sont cent deux. Le manoir se remplit de sacs de couchage disposés à même le sol, défiant toutes les règles de sécurité incendie — mais l’atmosphère chaleureuse et un rien bohème est parfaitement à l’image de l’époque.
L’institution reçoit le nom de Beth Hanna en 1974. Tandis que le Rav Friedman enseigne jour et nuit aux côtés d’autres professeurs brillants, son épouse Hanna assume l’immense logistique de la maison. Elle n’enseigne pas dans les classes, mais elle offre aux étudiantes quelque chose de tout aussi précieux : le modèle vivant d’une femme épanouie, sereine, menant une vie juive accomplie tout en élevant leurs quatorze enfants — parmi lesquels le célèbre chanteur Benny Friedman.
La voix du Rabbi et le succès littéraire
En parallèle, le Rav Friedman se voit confier une mission titanesque : traduire simultanément en anglais les longs discours du Rabbi de Loubavitch — les Farbrenguen —, diffusés en direct dans le monde entier, d’abord par téléphone puis par satellite. Il s’y consacre pendant huit ans, une épreuve exigeante qui forge et perfectionne son talent oratoire.
À la fin des années 1980, le vice-président d’une grande maison d’édition laïque de San Francisco, présent dans le public lors d’une de ses conférences sur la modestie, vient le trouver après la séance : « Si vous pouvez parler de modestie dans la capitale des bains à remous des États-Unis, vous tenez un livre. » C’est ainsi que paraît en 1990 son best-seller Doesn’t Anyone Blush Anymore? (« Est-ce que plus personne ne rougit ? »). Le livre rencontre un succès foudroyant. La raison ? Le Rav l’explique avec sa franchise habituelle : « Les gens sont affamés. On ne peut pas les abrutir. Quand ils entendent quelque chose de vrai, c’est irrésistible. »
Un héritage qui ne cesse de grandir
Après vingt ans dans le Minnesota, les temps changent. Les étudiantes ne souhaitent plus braver le froid du Nord pour venir apprendre. Beth Hanna s’adapte et se réinvente sous la forme d’un programme itinérant florissant : retraites en Floride, dans l’Utah, sessions spécialement conçues pour les mères célibataires. Aujourd’hui, c’est Hinda Leah Sharfstein qui en assure la direction avec dévouement.
De son côté, le Rav Friedman lance en 2010 le site It’s Good to Know. Ses vidéos, dans lesquelles il aborde avec une franchise désarmante les grandes questions de l’existence — « Qu’est-ce qui fait d’un Juif un Juif ? », « Que se passerait-il si le monde s’arrêtait demain ? » — cumulent aujourd’hui des millions de vues sur internet.
Aujourd’hui installés à New York, le Rav Manis et Hanna Friedman contemplent une œuvre d’une ampleur remarquable. En cinquante ans, environ trente mille femmes sont passées par les portes de Beth Hanna. Ce jeune homme qui tremblait à l’idée de prendre la parole a fini par bâtir une véritable famille spirituelle mondiale, transformant des femmes ordinaires en influentes porteuses de lumière au sein de leurs propres communautés. Une vie entière mise au service de la parole — et de la transmission.
Quelques jours après que le polémiste américain Tucker Carlson a instrumentalisé la foi de Javier Milei dans la reconstruction du Beth Hamikdach pour alimenter une théorie conspirationniste visant le mouvement Habad, le président argentin a tenu à se rendre au Ohel, accompagné de hauts responsables et de Chlou’him. Connu pour son attachement profond au Rabbi et pour être l’un des dirigeants les plus pro-israéliens de la scène internationale, Milei a prié sur le lieu de repos du Rabbi avant de rejoindre une des maisons Loubavitch pour un moment d’échange. Cette visite, l’une des nombreuses qu’il a effectuées ces derniers mois, témoigne d’une conviction personnelle que ni les polémiques ni les caméras ne semblent entamer.
Une visite au Ohel sous haute protection
Le président argentin Javier Milei, salué comme l’un des dirigeants les plus pro-israéliens de notre époque et reconnu pour ses liens étroits avec le mouvement Habad-Loubavitch ainsi que pour son admiration sincère envers le Rabbi, s’est rendu aujourd’hui au Ohel, entouré d’un imposant dispositif de sécurité et de hauts responsables de son gouvernement.
Il était accompagné du Rav Mendy Kotlarsky, de Merkos 302, et du Rav Simon Jacobson. Après la visite au Ohel, où le président a prié avec recueillement, le groupe s’est dirigé vers l’une des maisons Loubavitch situées de l’autre côté de la rue, afin de partager un moment de conversation fraternelle.
Tucker Carlson et la théorie du complot Habad
Cette visite au Ohel — l’une des nombreuses que Milei a effectuées ces derniers mois — intervient quelques jours à peine après qu’une controverse de grande ampleur a éclaté sur les réseaux. Tucker Carlson, personnalité médiatique aux accents antisémites et l’une des voix les plus influentes du paysage numérique américain, touchant des centaines de millions de personnes en ligne, a utilisé les convictions de Milei concernant la future reconstruction du Beth Hamikdach comme prétendue « preuve » d’un grand complot Habad visant à détruire la mosquée Al-Aqsa et à rebâtir le Temple.
Dans cet épisode qui a déclenché une vague d’indignation sur internet, Carlson a diffusé une vidéo de Milei s’exprimant depuis le Kotel. On y voit le président argentin exprimer l’espoir que la prophétie de la reconstruction du Beth Hamikdach se réalise un jour, qualifiant de « bénédiction » le fait de se tenir sur ce lieu saint, tout en affirmant son soutien indéfectible à Israël. Carlson a présenté ces propos comme la confirmation d’un agenda religieux caché, lié, selon lui, à l’élimination du Dôme du Rocher et à la reconstruction du Temple.
Un lien profond avec le Rabbi, bien avant la présidence
L’attachement de Milei au Rabbi remonte à bien avant son accession au pouvoir. Durant sa campagne présidentielle, il avait déjà effectué un pèlerinage au Ohel, peu avant d’obtenir une victoire écrasante. Dans l’une de ses premières interviews suivant son élection, alors qu’on lui demandait quel serait son premier voyage à l’étranger, Milei avait surpris son interlocuteur avec une réponse aussi directe qu’inattendue : « Aux États-Unis, au Ohel, et de là en Israël. »
Le Rabbi dans les discours et la vie publique de Milei
Le dirigeant argentin ne cache pas son admiration et en fait état publiquement, aussi bien à la télévision que dans ses entretiens. Il a cité et commenté les Si’hot du Rabbi dans ses propres allocutions. Dans une interview accordée à une chaîne de télévision argentine, Milei a décrit avec précision la manière dont les Farbrenguen du Chabbat du Rabbi étaient retranscrits, et a évoqué sa rencontre avec l’un des ‘Hozrim du Rabbi — ces disciples qui s’attachaient à mémoriser et restituer fidèlement ses enseignements.
Économiste de formation, ancien commentateur de radio et de télévision, Milei entretient également des liens étroits avec le Rav Tzvi Grunblatt, Chalia’h en chef en Argentine, ainsi qu’avec de nombreux autres Chlou’him du pays.
Le soir du Youd Chevat 1958, alors qu’un jeune ‘hassid rentrait chez lui après in Farbrenguen inoubliable, le téléphone sonna — et ce qui semblait être un simple appel allait lui révéler une vérité sur la nature profonde de la spiritualité. C’est l’histoire d’un Rabbi dont le cœur ne perd jamais de vue aucun de ses ‘hassidim, même les plus éloignés.
Rav Asher Zeilingold
Un Youd Chevat gravé dans la mémoire
En l’année 5718 (1958), le jour de la Hilloulah du Rabbi précédent — le Rabbi Rayatz —, je participai pour la première fois à in Farbrenguen dirigée par le Rabbi. La salle du 770 Eastern Parkway était comble, remplie jusqu’au moindre recoin. Dans l’air flottait une émotion palpable, presque indescriptible.
À l’issue du Farbrenguen, j’étais comme dans un état second, encore sous l’emprise de ce que j’avais vécu : les grandes bougies allumées, la solennité qui régnait dans la pièce, la présence du Rabbi. Sur le chemin du retour chez mes parents, je me surpris à imaginer ce que faisait le Rabbi en ce moment précis.
Je savais déjà, à cette époque, que certaines journées étaient d’une nature particulière, que chaque instant y était précieux et chargé de sens. Et puisque le Youd Chevat était le seul jour de cette nature à avoir été célébré aux États-Unis, il revêtait à nos yeux une signification toute particulière.
Ce soir-là, j’imaginais le Rabbi dans son bureau
Cette nuit-là, je me représentais le Rabbi plongé dans l’étude ou absorbé dans de profondes méditations spirituelles, seul dans son bureau.
Quelques minutes à peine après mon arrivée à la maison, le téléphone sonna. C’était le secrétariat du Rabbi qui demandait à parler à mon père. Je lui répondis qu’il n’était pas là. Le secrétaire m’expliqua alors qu’il venait tout juste de se trouver dans le bureau du Rabbi, et que le Rabbi lui avait demandé d’appeler pour prendre des nouvelles de la santé de ma sœur aînée.
Une sœur dont le Rabbi connaissait la situation
Ma sœur m’avait écrit, alors que j’étais encore à Montréal, qu’elle avait été hospitalisée à plusieurs reprises — ce qui expliquait le retard de ses réponses à mes lettres. Lorsque j’avais interrogé mon père sur ce qui se passait, il m’avait répondu qu’elle souffrait de problèmes cardiaques. Inquiet pour sa santé, j’avais alors écrit au Rabbi pour lui en faire part.
À cette époque, mes parents n’étaient pas proches de Habad — et encore moins ma sœur. Mon père se rendait toutefois de temps à autre au 770 pour prier, et il semble que le Rabbi suivait l’état de santé de ma sœur par son intermédiaire.
La spiritualité authentique n’est pas l’indifférence aux autres
Ce soir-là, j’appris une leçon que je n’ai jamais oubliée : la spiritualité véritable, la sainteté, ne signifie pas se retirer du monde. Au contraire, prendre soin de son prochain fait partie intégrante de la vie spirituelle. Le Rabbi, au cœur d’une journée chargée de toute sa solennité et de toute sa profondeur mystique, n’avait pas oublié une jeune femme dont il n’était pas le Rav attitré, et qui ne se considérait même pas comme une ‘Hassidah.
Ce simple appel téléphonique, passé en son nom un soir de Youd Chevat, en disait plus long sur la grandeur du Rabbi que bien des discours.
Dans la nuit de Chabbat, un éclat de missile iranien a percuté de plein fouet l’appartement de la famille Pizem, hassidim Habad de la ville de Lod, causant d’importants dégâts matériels. Guidés par les directives du Commandement du front intérieur, les parents et leurs enfants avaient eu le temps de se réfugier dans la cage d’escalier — et c’est par un véritable miracle qu’ils en sont sortis indemnes. « La Terre d’Israël est l’endroit le plus sûr qui soit », ont-ils déclaré avec une foi inébranlable.
Un éclat de missile s’invite dans la buanderie familiale
Un grand miracle s’est produit : un éclat de missile iranien, lancé dans la nuit de Chabbat en direction du centre du pays, a frappé avec une violence extrême un immeuble résidentiel de la ville de Lod — précisément l’appartement de la famille Pizem, l’une des familles hassidiques Habad bien connues de la ville.
Les membres de la famille ont échappé à la mort de justesse. Dès le déclenchement des sirènes d’alerte, conformément aux instructions du Commandement du front intérieur, ils se sont précipités dans la cage d’escalier. Grâce à D.ieu, ils en sont ressortis sains et saufs.
D’importants dégâts ont été causés aux biens dans la pièce où ils se trouvaient encore quelques minutes auparavant.
« Nous comprenons que D.ieu nous a fait un grand miracle »
Le Rav Mendy Pizem et son épouse Sheindi ont confié à la chaîne d’information Hadachot 12 : « Quand nous sommes rentrés dans l’appartement, nous avons vu l’énorme éclat. À cet instant, nous avons pris les enfants dans nos bras et nous sommes sortis immédiatement.
« Les démineurs sont arrivés et ont vérifié que tout était en ordre. Puis je suis retourné chercher quelques affaires. Nous sommes en bonne santé, b »h — et c’est ce qui compte vraiment. Nous comprenons que D.ieu nous a fait un grand miracle. À un mètre près, les choses auraient pu se passer bien différemment. »
Le couple a ajouté : « Il n’y a pas de place pour la peur — peut-être qu’elle viendra plus tard. La Terre d’Israël est la terre sur laquelle les yeux de D.ieu sont posés en permanence, et l’on fait ce qu’il faut faire. »
Le maire appelle au respect des consignes de sécurité
Le maire de Lod, Yair Revivo, s’est rendu sur place, dans le quartier sud de la ville, et a déclaré : « Cet événement nous rappelle à tous combien il est vital d’obéir aux directives du Commandement du front intérieur — elles sauvent des vies. Chers habitants, continuez à faire preuve de responsabilité, respectez scrupuleusement les consignes et rejoignez un abri protégé en temps voulu. Que de bonnes nouvelles nous parviennent à tous. »