Rav Elyahou Shveicha : « Quelques courtes histoires sur la Rabbanit Haya Mouchka que j’ai entendu »

Rav Elyahou Shveicha : « Quelques courtes histoires sur la Rabbanit Haya Mouchka que j’ai entendu »

Suite au jour de l’Hilloula du 22 Chevat, le Rav Elyahou Shveicha, émissaire du Rabbi dans le quartier du Grand Bloc à Tel Aviv, présente quelques courtes histoires sur la Rabbanit Haya Mouchka, qu’il a entendues de première main et qui ne sont pas largement connues.

J’ai entendu du Rav Elazar Gelbstein de Kfar Habad :
Il avait l’habitude, lorsqu’il entendait la porte du bureau du Rabbi s’ouvrir, de courir pour ouvrir la porte principale du 770 quand le Rabbi sortait, et ils se tenaient derrière la porte par respect et révérence. À plusieurs reprises, il a eu ce mérite et chaque fois, le Rabbi disait merci, « a dank ».
Une fois, il a entendu la porte du bureau du Rabbi s’ouvrir, il a couru pour ouvrir et s’est tenu derrière la porte. Bien sûr, il ne voyait pas, mais c’était la Rabbanit Tsadkanit, elle s’est approchée de lui et a dit, c’est une erreur – « iz a taot »…

Un Juif parmi les Hassidim est allé voir la Rabbanit Haya Mouchka et a demandé son conseil : on avait proposé un shiddouh (arrangement matrimonial) pour son fils, cela semblait bon et approprié, mais la jeune fille proposée était d’origine séfarade.
La Rabbanit a immédiatement exprimé son étonnement et n’a pas compris quel était le problème. Elle a ajouté qu’elle avait entendu de son mari au sujet des qualités des jeunes filles séfarades et de leur crainte de D.ieu, alors quel était le problème ?

La Rabbanit avait l’habitude de porter une perruque avec un chapeau par-dessus. Il y avait deux perruquières différentes qui s’occupaient des perruques de la Rabbanit, l’une Madame Kugel de Crown Heights et l’autre une perruquière de Flatbush. Et le Mesharet Bakodesh (assistant) les conduisait régulièrement.

La Rabbanit a dit à un Bahour : j’ai entendu qu’il y a des Bahourim qui imitent le Rabbi dans plusieurs domaines, mais pourquoi n’imitent-ils pas le Rabbi dans sa propreté et dans son changement de vêtements quotidien.

La Rabbanit était très discrète dans ses actions, par exemple : près des employés réguliers de la maison, elle récitait de temps en temps des Tehillim (Psaumes) à partir du livre, etc., mais quand il y avait un invité dans la maison, aucun livre n’était visible sur la table.

Les nuits où le Rabbi était éveillé, la Rabbanit restait toujours éveillée aussi. Pendant les retransmissions des farbrengens (rassemblements hassidiques), il y avait dans la salle de diffusion un téléphone d’où la transmission était faite vers la maison du Rabbi. La Rabbanit s’asseyait à table et plaçait le téléphone dans une assiette creuse, et écoutait ainsi le farbrengen.

La Rabbanit cuisinait pour Pessah – même pendant Chol HaMoed, mais après sa chute, R’ David Malka a commencé à préparer la nourriture. Il préparait la nourriture dans le sous-sol avant la fête pour toute la durée de la fête. Ils lavaient les œufs avant Pessah. Le Rabbi utilisait du lait pendant Pessah, mais pas de chocolat; le chocolat qui arrivait pour Pessah était placé dans l’armoire des produits vendus [pendant la fête].

 

  • Le Rav Elyahou Shveicha, né en 1988 à Nachalat Har Habad (Kiryat Malachi), est un émissaire du mouvement Habad-Loubavitch dans le quartier du Grand Bloc à Tel Aviv. Après des études à la Yeshiva Beit HaRam puis à Tomchei Tmimim de Kfar Habad, et un séjour au quartier général mondial de Habad à New York (le « 770 »), il s’est marié en 2012 avec Chaya Mouchka, fille du Rabbin Yaakov Naki.

Sa carrière comprend plusieurs fonctions importantes :

  • Rabbin de la synagogue Shaarei Hashalom dans le nord de Tel Aviv
  • Directeur de la Yeshiva d’été des Jeunes Loubavitch (depuis 2009)
  • Éditeur à l’Institut Or HaHassidout

Il est particulièrement reconnu pour :

  • Ses cours fascinants sur divers sujets de Torah, diffusés sur les réseaux sociaux et en podcasts
  • Ses enseignements sur l’histoire des Tanaïm (sages de la Mishna)
  • Sa vaste connaissance des enseignements du Rabbi de Loubavitch et des documents historiques liés à celui-ci
L’otage Agam Berger est venue au « 770 » à Kfar Habad avec ses parents pour remercier pour les miracles

L’otage Agam Berger est venue au « 770 » à Kfar Habad avec ses parents pour remercier pour les miracles

La survivante de la captivité, Agam Berger, est venue avec ses parents à la Maison d’Agoudat Hassidei Habad 770 à Kfar Habad, où elle a écrit un « Pidyon Nefesh » (demande de bénédiction) pour le Rabbi et a prié dans la réplique de son bureau. Cette visite fait suite à la participation de la mère de la rescapée au voyage historique organisé par les Jeunes Habad au Ohel du Rabbi l’année dernière. La visite a été accompagnée par les émissaires du Rabbi à Holon et des représentants des Jeunes Habad.

 

Le 7 octobre 2023 restera gravé comme l’une des dates les plus sombres de l’histoire récente d’Israël. Ce jour-là, Agam Berger, jeune Israélienne pleine de vie, participait au festival de musique Nova dans le sud d’Israël, près de la frontière avec Gaza. Ce qui devait être une journée de célébration et de joie s’est transformé en cauchemar lorsque des combattants du Hamas ont lancé une attaque surprise, provoquant la mort de nombreux participants et l’enlèvement de plusieurs dizaines d’autres, dont Agam.

La jeune femme a été emmenée comme otage dans la bande de Gaza, plongeant sa famille et ses proches dans une angoisse indescriptible. Ses parents, Shlomi et Merav Berger, se sont immédiatement mobilisés, rejoignant le collectif des familles d’otages qui a œuvré sans relâche pour attirer l’attention internationale sur le sort des personnes captives.

 

 

Une famille unie dans l’épreuve

Pendant la captivité d’Agam, ses parents n’ont jamais cessé de se battre. Merav Berger a notamment participé à un voyage historique organisé par les Jeunes Habad au tombeau du Rabbi de Loubavitch à New York, cherchant force et espoir dans la spiritualité face à cette épreuve déchirante. Cette démarche témoigne de la diversité des ressources, tant émotionnelles que spirituelles, auxquelles les familles des otages ont fait appel pour traverser cette période traumatisante.

La détermination et la résilience de la famille Berger ont été remarquables. Comme de nombreuses autres familles d’otages, ils ont dû apprendre à vivre avec l’incertitude, alternant entre espoir de libération et crainte pour la vie de leur fille.

La libération : un nouveau chapitre

Après plusieurs mois de captivité dans des conditions extrêmement difficiles, Agam Berger a finalement été libérée, rejoignant le groupe des « survivants de la captivité » (שורדת השבי). Sa libération a apporté un immense soulagement à sa famille et à tous ceux qui suivaient son histoire, mais le chemin vers la guérison, tant physique que psychologique, ne faisait que commencer.

Le processus de réadaptation pour les anciens otages comme Agam est complexe et multidimensionnel. Il implique non seulement la guérison des blessures physiques potentielles, mais aussi le traitement du traumatisme psychologique profond résultant de l’expérience de captivité.

Une visite symbolique à Kfar Habad

Récemment, Agam Berger et ses parents ont effectué une visite significative au centre Habad « 770 » à Kfar Habad, une réplique du célèbre quartier général mondial du mouvement Loubavitch à Brooklyn. Cette visite symbolique témoigne de leur gratitude et de leur besoin de trouver un sens à travers la spiritualité après l’épreuve traversée.

Lors de cette visite, Agam a écrit un « Pidyon Nefesh » (פ »נ), une demande traditionnelle de bénédiction adressée au Rabbi de Loubavitch, a récité des psaumes et a contemplé des images du Rabbi dans la réplique de sa chambre. Ces gestes rituels semblent avoir joué un rôle important dans son processus de guérison et de reconstruction.

La famille a été chaleureusement accueillie par plusieurs personnalités du mouvement Habad, dont le Grand Rabbin de Holon, Yochanan Gurarié, et sa femme Rivka, ainsi que d’autres émissaires et responsables de l’organisation. Menachem Kotner, directeur du département des activités avec les victimes du terrorisme des Jeunes Habad, était également présent, soulignant l’engagement de la communauté envers ceux qui ont souffert de telles épreuves.

Un témoignage d’espoir pour d’autres otages

L’histoire d’Agam Berger, bien que profondément personnelle, s’inscrit dans un contexte plus large. Sa libération et son parcours de résilience représentent un symbole d’espoir pour les familles des otages qui restent encore en captivité. Comme l’a exprimé sa mère, Merav, elle espère pouvoir bientôt retourner au tombeau du Rabbi à New York, cette fois accompagnée de sa fille Agam.

Cette histoire met en lumière les conséquences durables du traumatisme sur les individus et les familles, mais aussi la force extraordinaire que peuvent déployer les êtres humains face à l’adversité. Elle rappelle également l’importance des communautés de soutien, qu’elles soient familiales, religieuses ou sociétales, dans le processus de guérison après un événement traumatisant.

Un avenir à reconstruire

Pour Agam Berger, comme pour tous les survivants d’événements traumatiques, le chemin vers la guérison est long et semé d’embûches. Cependant, le soutien de sa famille, de sa communauté et des professionnels de la santé mentale constitue un réseau précieux pour l’aider à reconstruire sa vie et à trouver un nouvel équilibre.

Son histoire nous rappelle que derrière les gros titres et les enjeux géopolitiques se trouvent des individus ordinaires dont la vie a été bouleversée par des circonstances extraordinaires. Elle met également en lumière la capacité humaine à trouver sens et réconfort dans la spiritualité et les traditions face à l’adversité.

Alors qu’Agam Berger continue son parcours de guérison, son témoignage reste une puissante illustration de la résilience humaine et de l’espoir qui peut persister même dans les situations les plus sombres. Sa présence au centre Habad de Kfar Habad, écrivant une demande de bénédiction et récitant des psaumes, témoigne d’une recherche de sens et de réconfort qui transcende la douleur de l’expérience vécue.

 

 

Un nouveau « Kollel Tiferet Levi Its’hak » ouvre au 770 de Ramat Shlomo (Jérusalem)

Un nouveau « Kollel Tiferet Levi Its’hak » ouvre au 770 de Ramat Shlomo (Jérusalem)

 

Le réseau d’étude talmudique pour seniors poursuit son expansion dans la capitale israélienne

 

Par notre correspondant à Jérusalem

La communauté Habad de Ramat Shlomo à Jérusalem vient de s’enrichir d’une nouvelle structure éducative destinée aux seniors. Un centre d’études « Tiferet Levi Its’hak » a officiellement ouvert ses portes la semaine dernière, ajoutant une pierre supplémentaire à l’édifice du réseau national dédié à l’étude de la Torah pour les personnes du troisième âge.

Un projet porté par une vision communautaire

Cette nouvelle antenne, fruit des efforts du Rav Yossef Its’hak Havlin, Rav de la communauté Habad de Ramat Shlomo, s’inscrit dans une démarche plus large visant à offrir des espaces d’étude adaptés aux besoins des personnes âgées. « Notre objectif est de permettre à chacun de poursuivre son cheminement spirituel, quel que soit son âge, » explique le Rav Havlin, initiateur et coordinateur principal du projet.

Le centre fonctionne selon un modèle éprouvé qui a fait ses preuves dans d’autres localités du pays. Chaque matin, de 10h30 à 12h30, les participants se réunissent pour des sessions d’étude comprenant la Guemara (commentaires talmudiques), la Halakha (loi juive) et la Hassidout. Cette approche complète permet aux étudiants d’approfondir différentes facettes du judaïsme tout en maintenant une atmosphère d’échange et de partage.

Une accessibilité étendue grâce au numérique

Innovation majeure de cette nouvelle antenne : tous les cours sont retransmis quotidiennement sur la chaîne YouTube de la communauté « 770Jerusalem ». Cette initiative permet d’élargir considérablement la portée des enseignements, touchant ainsi des personnes qui ne peuvent se déplacer physiquement au centre d’études, qu’elles résident en Israël ou à l’étranger.

Les vidéos archivées sur la chaîne (https://www.youtube.com/@770Jerusalem/videos) constituent également une ressource précieuse pour ceux qui souhaitent revoir certains enseignements ou découvrir des cours précédents. Cette présence en ligne s’inscrit parfaitement dans la vision du mouvement Habad de rendre l’étude de la Torah accessible au plus grand nombre, en utilisant les technologies modernes au service de la tradition.

Un impact social significatif

Au-delà de sa dimension religieuse, ce type de structure joue un rôle social considérable. Pour beaucoup de participants, ces sessions d’étude quotidiennes représentent une opportunité précieuse de maintenir des liens sociaux et de conserver une activité intellectuelle stimulante.

« Nos centres ne sont pas simplement des lieux d’étude, mais de véritables espaces de vie communautaire, » précise le Rav Chmouel Rabinovitch, Roch Kollel. « Les participants y trouvent non seulement un cadre propice à l’approfondissement de leurs connaissances religieuses, mais aussi un environnement chaleureux où se créent des amitiés durables. »

Une collaboration fructueuse

La réussite de ce projet repose sur une collaboration étroite entre plusieurs institutions. Le Kollel Habad, institution d’enseignement Rabbinique reconnue, apporte son expertise pédagogique, tandis que le Congrès des Juifs de Boukhara fournit un soutien logistique et financier essentiel.

M. Lev Leviev, président du Congrès des Juifs de Boukhara et philanthrope de renom, joue un rôle déterminant dans cette initiative. Son engagement en faveur du renforcement des communautés juives et de la promotion de l’étude de la Torah s’est traduit par un soutien constant au réseau « Tiferet Levi Its’hak » depuis ses débuts.

« La vision de M. Leviev correspond parfaitement à l’esprit du projet, » souligne un responsable du centre. « Il s’agit non seulement de préserver notre héritage religieux, mais aussi de l’enrichir à travers des échanges intergénérationnels et intercommunautaires. »

 


Le 770 de Ramat Shlomo

La synagogue Habad, Ramat Shlomo – 770 est une synagogue située à Ramat Shlomo, à Jérusalem, et qui sert la communauté Habad. La synagogue a été construite en 2003 en tant que copie du devant du centre Habad mondial situé à Brooklyn, New York. C’est l’un des rares bâtiments à Jérusalem qui n’est pas recouvert de pierre de Jérusalem et le seul construit avec des briques rouges américaines. C’est la plus grande synagogue Habad de Jérusalem. Elle est située au 36 HaAdmor Mi-Lubavitch et est le centre de environ 150 familles Habad dans le quartier.

Un nom chargé de symbolisme

Le choix du nom « Tiferet Levi Its’hak » pour ce réseau n’est pas anodin. Il fait référence au père du dernier Rabbi de Loubavitch, Rabbi Levi Its’hak Schneerson (1878-1944), Rav et kabbaliste réputé, est resté célèbre pour son érudition et son attachement indéfectible à l’étude de la Torah, même dans les conditions les plus difficiles.

Ce nom incarne parfaitement les valeurs portées par le réseau : persévérance dans l’étude, fidélité à la tradition et rayonnement spirituel à tout âge.

Perspectives d’avenir

Le succès rencontré par les différentes antennes du réseau « Tiferet Levi Its’hak » témoigne d’un besoin réel au sein des communautés. D’autres ouvertures sont d’ores et déjà envisagées dans plusieurs villes du pays, avec toujours le même objectif : permettre aux aînés de continuer à étudier dans un cadre adapté à leurs besoins.

Cette expansion s’inscrit dans la tradition du mouvement Habad, qui place l’étude de la Torah et la transmission du savoir au cœur de son action, tout en veillant à l’accessibilité de cet enseignement pour tous les membres de la communauté, quel que soit leur âge ou leur niveau.

La communauté de Ramat Shlomo, la plus importante communauté Habad de Jérusalem, accueille avec enthousiasme cette nouvelle structure qui vient enrichir l’offre éducative du quartier et renforcer les liens communautaires. Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes pour tous les seniors intéressés par cette initiative.

Le Rav Yaakov Landau : un pont entre deux mondes hassidiques

Le Rav Yaakov Landau : un pont entre deux mondes hassidiques

 

Figure emblématique du judaïsme hassidique du 20e siècle, le Rav Yaakov Landau a marqué l’histoire de Bnei Brak tout en préservant un lien unique avec l’héritage de Loubavitch

 

Le 26 Chevat a marqué l’anniversaire du départ d’une personnalité exceptionnelle qui incarna le pont entre le monde disparu de Loubavitch pré-révolutionnaire et l’essor du judaïsme israélien : le Rav Yaakov Landau (1893-1986). Son parcours remarquable témoigne d’une époque de transition majeure pour le judaïsme mondial.

Des racines profondes dans le hassidisme Habad

Né en 1893 à Kornitz, dans une famille de Rabbanim étroitement liée au mouvement Habad depuis des générations, le jeune Yaakov fut envoyé étudier à la célèbre Yechiva Tomhei Tmimim de Loubavitch. C’est là qu’il développa une relation privilégiée avec le Rabbi Rashab (Rabbi Shalom Dov Ber) et son fils, le futur Rabbi Rayatz (Rabbi Yossef Itshak).

Sa proximité avec le Rabbi Rashab était telle qu’il fut nommé décisionnaire halakhique dans sa cour, une position de grande responsabilité qui témoigne de l’estime qu’on lui portait. Le Rabbi lui confia également la mission cruciale d’établir des bains rituels, infrastructure essentielle pour la vie juive.

Un combat pour la survie du judaïsme

La révolution bolchévique de 1917 marqua un tournant. Le Rav Landau s’engagea aux côtés du Rabbi Rayatz dans une lutte acharnée pour préserver la flamme du judaïsme en URSS. Cette période périlleuse, qui dura jusqu’à son départ en 1928, forgea son caractère et sa détermination.

L’édification de Bnei Brak

En 1936, il fut nommé Rav de Bnei Brak, une ville alors en plein développement. Pendant près de cinquante ans, il contribua à façonner cette cité en un centre majeur d’étude et de vie juive traditionnelle. Son influence s’étendait bien au-delà des questions religieuses, faisant de lui une figure paternelle pour toute la communauté.

Un trésor de souvenirs

Les témoignages qu’il a laissés sur la vie à Loubavitch sont d’une valeur inestimable. Ses descriptions détaillées du Rabbi Rashab révèlent un portrait intime du leader hassidique :

« Le Rabbi nous enseignait avec une subtilité particulière », rapportait-il. « Même dans la formulation d’une confession, il nous apprenait à éviter de s’identifier au péché, préférant la forme ‘il pèchera’ à ‘je pécherai’. »

Ses observations sur la vie quotidienne du Rabbi sont particulièrement touchantes : « J’ai été témoin de sa concentration intense lors de la bénédiction matinale du lavage des mains – chaque mot semblait arraché des profondeurs de son âme. »

L’humilité d’un grand

Malgré ses accomplissements remarquables, le Rav Landau resta profondément humble. Il disait souvent : « La vraie grandeur appartient aux hassidim qui peuvent se consacrer entièrement à l’étude et à la prière. La fonction de Rav, bien que nécessaire, est d’un niveau spirituel inférieur. »

Un héritage vivant

Aujourd’hui, 39 ans après sa disparition, son influence continue de rayonner. Les 22 histoires manuscrites qu’il a laissées sur la vie à Loubavitch constituent un témoignage précieux de cette époque révolue. Son exemple de synthèse entre érudition profonde et engagement communautaire reste une source d’inspiration pour les générations actuelles.

Le Rav Yaakov Landau repose au Mont des Oliviers à Jérusalem, mais son esprit continue d’éclairer le chemin de ceux qui cherchent à conjuguer tradition ancestrale et service de la communauté.

 

 

Le rabbin qui a révolutionné l’étude quotidienne du Rambam dans sa ville : une success story qui inspire

Le rabbin qui a révolutionné l’étude quotidienne du Rambam dans sa ville : une success story qui inspire

 

Un engagement personnel transformé en mouvement collectif : comment un homme a motivé des centaines de personnes à étudier quotidiennement l’œuvre majeure de Maïmonide

 

Le Rav Raphaël Himi, qui a récemment déménagé d’Elad à Ganei Ahissamakh à Lod, partage avec Hertzel Kossashvili sur Radio COL sa passion héritée pour l’étude du Maïmonide. Il révèle comment le « virus du Rambam », transmis par son père, le Rav Asher Himi, l’a conduit à répondre à l’appel du Rabbi de Loubavitch, jusqu’à organiser une célébration majeure prévue ce jeudi à Lod.

« Éduque l’enfant selon sa voie, même quand il vieillira il ne s’en écartera pas ». Le mérite revient d’abord à son père, le Rav Asher Himi, qui lui a inculqué dès l’enfance l’importance d’étudier le Rambam. « Le décret a été publié en 1984, j’avais l’âge de ma Bar-Mitsvah. J’ai grandi avec cette tradition », raconte-t-il.

Rabbi Moché Ben Maïmon, connu sous le nom de Rambam ou Maïmonide, fut une figure exceptionnelle du 12ème siècle. Savant polyvalent – médecin, philosophe, écrivain et rabbin – son parcours le mena d’Espagne au Maroc, puis en Terre Sainte et enfin en Égypte, où il devint médecin personnel du sultan. Sa grandeur est immortalisée sur sa pierre tombale à Tibériade par l’inscription : « De Moché (Moïse) jusqu’à Moché (ben Maïmon), il n’y eut personne comme Moché ! »

En 1984, le Rabbi de Loubavitch, qui citait régulièrement le Michné Torah dans ses enseignements, lança un appel universel : chaque Juif, indépendamment de son niveau d’étude ou de ses occupations, était invité à étudier quotidiennement cette œuvre selon trois formats possibles : trois chapitres par jour (cycle d’un an), un chapitre par jour (cycle de trois ans), ou l’étude des lois correspondantes dans le Séfer Hamitsvot.

Un tournant décisif s’est produit il y a 14 ans lors d’un voyage communautaire au tombeau de Rabbi Shimon Bar Yohai, la veille de Roch Hodech Adar. Lors d’un Farbrenguen qui s’est prolongé jusqu’à 3 heures du matin avec le Rav Shneor Zalman Yeruslavski, une question a émergé : « Quel engagement concret allons-nous prendre après cette soirée ? » Le Rav demanda alors : « Qui se propose d’enseigner le Maïmonide quotidiennement entre Minha et Maariv ? » Malgré la difficulté de la tâche, le Rav Himi accepta ce défi. Depuis, ce cours se poursuit sans interruption depuis 14 ans.

À Elad, son approche personnalisée a porté ses fruits : « J’ai pris le temps de convaincre chacun individuellement, et aujourd’hui, des centaines de personnes étudient le Rmbam. Il est rare de trouver un Hassid Habad à Elad qui ne l’étudie pas. »

Le Rav Himi invite maintenant la communauté à participer à une grande célébration aux salles Lafayette de Lod ce jeudi, premier jour d’Adar, pour marquer la fin du 44e cycle d’étude du Maïmonide. Cet événement réunira plusieurs communautés Habad : Elad, Ramla, Lod, Ganei Ayalon et d’autres, autour de tables dressées, dans une atmosphère de chants et de joie.

« Le Rabbi a utilisé des expressions merveilleuses concernant ceux qui étudient le Maïmonide », conclut le Rav Himi. « Il disait que cette étude protège de toute maladie et apporte des bénédictions. Contrairement à d’autres traditions que les Rabbis précédents avaient déjà établies, celle-ci est unique et particulièrement chère au Rabbi, unissant tout le peuple d’Israël autour d’une étude qui englobe toute la Torah. »

22 Chevat : Anecdotes sur la Rebbetzin Haya Mouchka (épisode 3/5) – Rav Lévi Azimov

22 Chevat : Anecdotes sur la Rebbetzin Haya Mouchka (épisode 3/5) – Rav Lévi Azimov

 

 

Une fois que mes parents sont arrivés en France, la Rebbetzin est restée proche et en contact avec ma mère, d’abord par téléphone. Je ne sais pas si c’était très souvent, mais en tout cas elle était en contact avec elle par téléphone, et à chaque fois que ma mère voyageait chez le Rabbi, elle appelait la Rebbetzin à la maison et la Rebbetzin lui demandait de venir la visiter.

Au début, en effet, elle y allait avec mon père. Après le mariage général, elle allait seule. C’est là où, dans une des rencontres, la Rebbetzin lui a dit : « Nous avons labouré, nous avons semé, et vous devez juste récolter. » Cette phrase, ma mère l’a répétée assez souvent. Et en 1992, 20 ans plus tard, lorsque le Rabbi avait parlé un Chabbat entier sur l’importance du travail qui a été fait en France, ceux qui ont préparé la Siha ont ajouté dans les notes cette phrase que la Rebbetzin avait dite à ma mère.

Le Rabbi a validé, puisque le Rabbi corrigeait toutes les notes qui lui étaient soumises sur les Sihot. Et de là est venue cette fameuse phrase que le Rabbi et la Rebbetzin, en étant là ici à Paris, ils ont « labouré, ils ont semé », et il reste uniquement le travail de « récolter », de cueillir le travail qui a été déjà fait par leur présence ici à Paris.

À travers les années, elle s’est beaucoup renseignée et a encouragé tout ce qui était en train de se faire. Parmi les choses que ma mère nous a racontées, c’était que eux, ils sont arrivés là en 1968. Ma mère a donc appris le français, et 7-8 ans plus tard, le Rabbi a envoyé encore cinq familles en France : Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, Cannes, Metz, Nancy. Ces familles sont venues s’installer ici. Les Chlou’him parlaient déjà français, mais opas toutes les Chlou’hot.

Et lorsque ma mère est partie visiter la Rebbetzin, elle lui a dit dans la maison que ce n’était pas évident pour tous ces jeunes couples qui sont venus maintenant s’installer en France et qui ne parlaient pas forcément la langue. Ils se trouvaient dans des endroits, ils ont quitté leur maison – c’était, si on peut dire, les premières années que le Rabbi envoyait des Chlou’him, il y a 50 ans en arrière.

Et c’est là où ma mère dit à la Rebbetzin : « Oui, mais c’est l’éducation que nous avons reçue dans notre jeune âge, d’être prêts à partir faire ce que le Rabbi nous demande. » La Rebbetzin lui a dit : « Oui, ton père qui était donc en Russie, qui était en Sibérie pendant 4 ans, oui, c’est ce que lui il a vécu, c’est ça l’éducation que lui il a donnée. Mais pas toutes celles qui sont venues maintenant s’installer ont eu cette éducation. Elles ont vécu avec un certain confort, et pour elles, faire ce choix et partir habiter dans un coin perdu où il n’y a rien, c’est un énorme effort. »

Et on voyait vraiment, si on peut dire, ce souci, cette inquiétude, comment leur venir en aide, comment les renforcer. Et ça rejoint que lorsque le Sefer Hashluchim, le livre de tous les Beth Habad, est sorti dans le monde avec les photos des familles, une des premières pages de ce livre il y a une photo d’elle y figure dans les premières pages, accompagnée d’un texte, validé par le Rabbi, témoignant de sa sollicitude permanente envers les émissaires.

22 Chevat : Anecdotes sur la Rebbetzin Haya Mouchka (épisode 3/5) – Rav Lévi Azimov

22 Chevat : Anecdotes sur la Rebbetzin Haya Mouchka (épisode 2/5) – Rav Lévi Azimov

 

 

Quelques anecdotes à propos du mariage de mes parents. Mes parents se sont fiancés à la fin du mois de Av. Ma mère a voyagé à New York. À cette époque, elle était à New York et son père, qui était l’envoyé du Rabbi, avait l’habitude de voyager dans plusieurs endroits pour parler et ramasser la tzedaka – c’était son activité. Il était censé voyager juste lorsque ma mère était revenue.

Elle a appelé la Rebbetzin pour lui annoncer qu’elle était devenue Kallah (fiancée). La Rebbetzin lui a donné toutes les brakhot (bénédictions) et lui a dit : « Je m’imagine que ton père va rester un petit peu avec toi maintenant, il ne va pas partir tout de suite comme prévu. »

En effet, mon grand-père est resté à New York. Ma mère racontait toujours : « Est-ce que c’était ce qui était prévu ? Elle ne sait pas, mais elle a compris que ça devait être une des choses que la Rebbetzin a organisées. » Lorsqu’elle est revenue et qu’elle venait de se fiancer, comme elle n’avait pas sa mère, son père a pu rester un petit peu avec elle pour la conseiller et partager avec elle cette joie et cette simcha (réjouissance). Cette idée montrait toujours l’attention que la Rebbetzin portait à chacun dans le moindre détail, comment la personne perçoit une simcha, comment la personne vit un moment de joie.

Une autre épisode intéressante : elle est entrée chez la Rebbetzin le jour du mariage pour recevoir sa brakha. La Rebbetzin l’a reçue et à un moment lui a dit : « Je suis toute la journée à la fenêtre pour voir s’il ne pleut pas. » Cela veut dire que ce n’était pas juste un mot gentil, mais vraiment elle se souciait que la ‘houpa se passe comme il faut. Elle lui disait que toute la journée, elle était à la fenêtre en train de regarder et de voir comment la ‘houpa allait se dérouler.

Après, ma mère m’a dit qu’on ne savait pas jusqu’à la dernière minute si le Rabbi allait faire le siddour kiddoushin ou pas. Finalement, il ne l’a pas fait, mais c’était aussi peut-être une allusion que la Rebbetzin lui faisait qu’il y avait des chances que le Rabbi vienne sous la ‘houpa.

Un autre point intéressant était que le mariage a eu lieu comme le Rabbi disait souvent qu’il voulait qu’un mariage hassidique soit toujours avec un farbrengen, comme c’était à l’époque. Donc le mariage de mes parents a continué avec un long farbrengen toute la nuit.

Ils sont rentrés un peu après le mariage, ils avaient amené avec eux des photos et une des choses que la Rebbetzin leur a dit : « J’ai entendu qu’il y avait un grand farbrengen après le mariage. » Elle avait l’air très très contente que ça ait été comme il le fallait – un vrai mariage comme on a toujours connu, un mariage hassidique accompagné d’un farbrengen.

En ce qui concerne les photos, mes parents avaient amené un petit album photo. La Rebbetzin a commencé à regarder les photos et une des choses intéressantes, c’est qu’elle a demandé si elle pouvait récupérer trois photos de cet album. Une des photos que ma mère me racontait toujours, c’était les photos montrant comment le ‘hatan (mon père) disait le maamar en kabbalat panim. Et le point qu’elle a retenu de ça, c’était que la Rebbetzin, peut-être en prenant cette photo, était en train de leur montrer qu’un des points importants dans un mariage, c’est le ‘hatan et le maamar.

 

 

Vendredi 21 février 2025 à 10h30 : Kovets Michpatim – Likouté Si’hot volume 36, Si’ha 3, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 21 février 2025 à 10h30 : Kovets Michpatim – Likouté Si’hot volume 36, Si’ha 3, par le Rav Levi Azimov

En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯)

ET SUR RADIO HASSIDOUT
RADIO HASSIDOUT

Michpatim – Les « bassins » de l’alliance divine
Source : Likouté Si’hot volume 36, troisième Si’ha sur Michpatim

 

« Les bassins de l’Alliance divine : Une analyse approfondie »

1. Le contexte dans la Torah
La Torah décrit les préparatifs du Don de la Torah, où Moïse prend le sang des sacrifices, le divise en deux, place une partie dans des bassins et asperge l’autre sur l’autel. Il utilise ensuite ce sang pour asperger le peuple, marquant ainsi l’alliance avec Dieu.

2. L’interprétation de Rachi
Rachi explique que deux bassins distincts furent utilisés :
– Un pour le sang des offrandes d’élévation (‘Ola)
– Un pour le sang des offrandes de paix (Chelamim)
Cette division servait à l’aspersion sur le peuple pour sceller l’alliance, accompagnée de la circoncision et du bain rituel.

3. Une innovation unique
La division égale du sang en deux moitiés est présentée comme un acte inédit. Bien que la répartition du sang des sacrifices soit courante, la division précise en deux parts égales est exceptionnelle ici.

4. Le concept d’Alliance
Le ‘Hizkouni compare cette division à la tradition de couper un animal en deux pour sceller une alliance, faisant référence à l’alliance d’Abraham. Cette pratique symbolique représente l’engagement mutuel des parties.

5. L’approche particulière de Rachi
Rachi se concentre sur les « deux bassins » plutôt que sur la division du sang elle-même, suggérant que seul le sang destiné au peuple fut placé dans ces récipients.

6. La signification profonde
Les deux types de sang représentent deux aspects de l’alliance :
– Le sang de l’offrande d’élévation : la part divine
– Le sang des offrandes de paix : la part d’Israël

7. Une alliance unique
Cette méthode d’alliance par aspersion du sang représente une innovation par rapport à l’alliance traditionnelle qui nécessitait de passer entre les morceaux d’un animal divisé.

8. L’enseignement final
Cette alliance du Don de la Torah représente un niveau supérieur d’union avec Dieu, permettant une fusion totale plutôt qu’une simple soumission, symbolisée par l’unification des différents types de sang sur le peuple.