Le plus grand Beth Habad d’Israël ouvre ses portes à Rishon Letsion

Le plus grand Beth Habad d’Israël ouvre ses portes à Rishon Letsion

Mardi dernier, la communauté Habad de Rishon Letsion a dévoilé sa nouvelle synagogue 770, présentée comme le plus grand Beth Habad d’Israël. Cet édifice impressionnant, dirigé par le Rav Élie Segal, se distingue par ses ornements précieux, son architecture fidèle au quartier général mondial de Brooklyn, et ses installations ultramodernes destinées à servir une communauté en pleine expansion.

 

 

 

Une réplique architecturale du quartier général mondial de Habad

La nouvelle synagogue 770 de Rishon Letsion s’inscrit dans une tradition architecturale unique au sein du mouvement Loubavitch : celle de reproduire fidèlement le bâtiment emblématique du 770 Eastern Parkway de Brooklyn, siège mondial de Habad depuis 1940. Cette adresse mythique, où résidait et enseignait le Rabbi Menahem Mendel Schneerson, est devenue un symbole universel pour les Hassidim de Loubavitch du monde entier.

Le phénomène des répliques du 770 a débuté en 1985, lorsque le Rabbi lui-même demanda la construction d’une reproduction exacte à Kfar Habad, achevée le 15 Tamouz 1986. Depuis lors, plus de cinquante répliques ont été érigées à travers le monde, de l’Australie à l’Argentine, de la France à l’Ukraine, chacune servant de Beth Habad, de synagogue ou d’institution éducative.

L’édifice de Rishon Letsion, situé rue Boris Zamansky, reproduit l’architecture caractéristique du bâtiment new-yorkais avec ses trois pignons distinctifs en briques rouges, ses tourelles, ses cheminées et son balcon proéminent. Le bâtiment se dresse fièrement au cœur d’un quartier résidentiel moderne, entouré d’immeubles contemporains, créant un contraste saisissant entre l’architecture néo-classique du 770 et l’urbanisme israélien contemporain. Les grandes fenêtres à carreaux blancs, disposées sur plusieurs niveaux, inondent l’intérieur de lumière naturelle tout en respectant l’esthétique du modèle original de Brooklyn. Chaque détail architectural symbolise la loyauté et l’attachement au Rabbi et à ses enseignements, créant un pont spirituel entre la communauté locale et le quartier général mondial de Crown Heights.

Le Rav Élie Segal et l’équipe des émissaires de Rishon Letsion

Le Rav Eliyahou Segal, qui dirige cette nouvelle synagogue 770 située rue Boris Zamansky, fait partie d’une équipe élargie de Chlouhim (émissaires) œuvrant à Rishon Letsion sous la coordination du Rav Its’hak Gruzman. Cette équipe dynamique comprend également les Rabbanim Moshe Gruzman, Sharon Goshen, Avishay Batashvili, Lev Leibman, Haim Rivkin, Shneor Ashkenazi, Menahem Mendel Rabinowitz, Shneur Zalman Gluckowsky, Eshel Yoel Horovitz, Levi Feldman, Yossef Brod, Natan Wagner et Haim Moshe Alperovitz.

Le centre principal de Habad à Rishon Letsion est situé au 23 rue Haasis, et coordonne les activités de plusieurs Beth Habad répartis dans différents quartiers de la ville, notamment à Ramat Eliyahu, Nachalat Yehouda, Tzuriel et Revivim. Cette présence multiple témoigne de l’enracinement profond du mouvement Loubavitch dans la quatrième plus grande ville d’Israël.

Un complexe aux ornements prestigieux et installations modernes

Le complexe se distingue notamment par deux Aron Hakodech d’une splendeur exceptionnelle : l’un réalisé en argent massif et l’autre en or pur. Ces arches saintes, qui abriteront les rouleaux de Torah, ornent respectivement les deux espaces de prière du bâtiment, situés au rez-de-chaussée et à l’étage supérieur.

L’aménagement intérieur a été confié à la société Israber, spécialiste renommé du mobilier synagogal en Israël, qui a pris en charge l’intégralité du projet : de la conception initiale à l’installation finale, en passant par la production artisanale. Travaillant en étroite collaboration avec la direction de la synagogue, les architectes et les membres de la communauté, l’équipe d’Israber a veillé à ce que chaque composant reflète à la fois fonctionnalité et âme.

Au cœur du sanctuaire se dresse l’Aron Hakodech principal, un chef-d’œuvre en hêtre massif, entièrement conçu et sculpté à la main. Chaque courbe, chaque ornement et chaque incrustation en laiton ont été travaillés avec révérence, reflétant la sainteté de la Torah qu’il abrite. La Bimah centrale, positionnée avec précision, allie équilibre et dignité. Construite pour servir aux prières quotidiennes et aux lectures de la Torah, elle rayonne d’une présence et d’une grâce intemporelles.

La chaire du rabbin (Kisé LeRav) a été conçue selon des lignes classiques exprimant à la fois leadership et humilité. Réalisée en chêne massif avec un rembourrage raffiné, elle symbolise le confort et la durabilité, représentant la présence directrice de la Torah au sein de la communauté.

Dans toute la salle, des rangées de bancs ont été méticuleusement mesurées et adaptées aux proportions de l’espace. Chaque banc a été conçu pour offrir un soutien ergonomique tout en maintenant élégance et fluidité, permettant aux fidèles de se concentrer dans la sérénité. La finition soignée et les tons doux du bois apportent chaleur et ordre à l’environnement de prière.

L’un des points culminants de ce projet est le deuxième étage, dédié à la communauté séfarade. Ce niveau a été conçu dans un style luxueux et raffiné, s’inspirant de l’art classique du Moyen-Orient : sculptures subtiles, détails dorés légers et luminaires artisanaux qui illuminent doucement l’espace. L’interaction entre le bois chaleureux et la pureté géométrique crée une atmosphère à la fois noble et accueillante.

L’espace de prière principal impressionne par son lustre spectaculaire suspendu à un plafond orné de décorations dorées, ses colonnes de marbre imposantes, et ses sièges élégants disposés avec soin. Une galerie à l’étage supérieur permet d’accueillir davantage de fidèles lors des grandes occasions.

Le processus de création a combiné technologie moderne et savoir-faire traditionnel. Toutes les pièces de mobilier ont été produites dans les ateliers d’Israber en Israël, où des artisans expérimentés ont appliqué des années d’expertise pour garantir précision et perfection. Chaque joint, chaque finition et chaque revêtement ont fait l’objet d’un contrôle qualité rigoureux pour assurer durabilité et résistance à long terme.

Les sols en marbre poli reflètent la lumière naturelle qui inonde l’espace à travers de grandes fenêtres, créant une atmosphère à la fois solennelle et accueillante. Cette synagogue n’est pas seulement un lieu de prière, c’est un exemple vivant de la façon dont le design peut exprimer la foi et le respect. Chaque élément, de la plus petite poignée de tiroir au grand Aron Hakodech, a été conçu pour soutenir le rythme sacré de la vie communautaire.

Le complexe est présenté comme le plus grand Beth Habad d’Israël et comprend deux synagogues, une salle de réception pour les événements communautaires, des espaces d’étude étendus, et des installations destinées à devenir un centre vibrant pour la communauté juive de la région.

Des projets d’envergure pour servir la communauté

Au-delà de l’inauguration des espaces de prière, le complexe fait l’objet d’un ambitieux programme de développement. Les travaux prévus incluent la construction de deux Mikvés spacieux et modernes, l’un destiné aux hommes et l’autre aux femmes, répondant ainsi aux normes les plus strictes de la pureté rituelle selon la Halakha.

Le projet comprend également l’aménagement de bureaux dédiés au Rabbi de Loubavitch, espaces qui serviront de centre administratif et spirituel pour les activités de Habad dans la région. Ces installations permettront aux Chlouhim (émissaires) de mieux coordonner leurs actions éducatives et communautaires auprès des habitants de Rishon Letsion et des environs.

Ces investissements considérables témoignent de la vision à long terme de la direction de Habad à Rishon Letsion, qui souhaite offrir à la communauté des infrastructures dignes des plus hauts standards du judaïsme orthodoxe, tout en créant un pôle d’attraction spirituelle pour l’ensemble de la région du centre d’Israël.

Habad à Rishon Letsion : une présence historique en expansion

Rishon Letsion, quatrième ville d’Israël par sa population, abrite une communauté Habad dynamique et en pleine croissance. Située à une quinzaine de kilomètres au sud de Tel Aviv, cette ville fondée en 1882 compte aujourd’hui plusieurs Beth Habad et institutions éducatives du mouvement Loubavitch.

La présence de Habad à Rishon Letsion s’est considérablement développée au cours des dernières décennies, avec l’établissement de centres communautaires, de Yechivot et de programmes d’éducation juive. Les émissaires du Rabbi y mènent une action quotidienne auprès des résidents, offrant des services religieux, des cours de Torah et un accompagnement spirituel aux familles de la ville.

La construction de cette nouvelle synagogue 770 marque une étape importante dans le renforcement de l’infrastructure religieuse du mouvement à Rishon Letsion, répondant aux besoins d’une communauté en constante expansion.

Des projets d’envergure pour servir la communauté

Au-delà de l’inauguration des espaces de prière, le complexe fait l’objet d’un ambitieux programme de développement. Les travaux prévus incluent la construction de deux Mikvés modernes, l’un destiné aux hommes et l’autre aux femmes, répondant ainsi aux normes les plus strictes de la pureté rituelle selon la Halakha.

Le projet comprend également l’aménagement de bureaux dédiés au Rabbi de Loubavitch, espaces qui serviront de centre administratif et spirituel pour les activités de Habad dans la région. Ces installations permettront aux Chlouhim (émissaires) de mieux coordonner leurs actions éducatives et communautaires.

Ces investissements considérables témoignent de la vision à long terme de la direction de Habad à Rishon Letsion, qui souhaite offrir à la communauté des infrastructures dignes des plus hauts standards du judaïsme orthodoxe, tout en créant un pôle d’attraction spirituelle pour l’ensemble de la région du centre d’Israël.

Un symbole d’harmonie entre foi, architecture et artisanat

La nouvelle synagogue Habad de Rishon Letsion se dresse comme un symbole d’harmonie entre vocation sacrée, précision architecturale et beauté artisanale. Du premier croquis au polissage final, chaque élément de ce projet a été guidé par la vision de créer un espace spirituel qui inspire prière, réflexion et unité.

Pour Israber, le projet de Rishon Letsion représente bien plus qu’une simple installation réussie. C’est un partenariat avec une communauté vibrante, une contribution à la beauté de la vie juive, et un témoignage de la valeur durable d’un savoir-faire exécuté avec dévotion. Chaque pièce de mobilier, produite dans les ateliers israéliens de l’entreprise, porte en elle des années d’expertise transmises par des artisans expérimentés.

L’ensemble de ces réalisations illustre la vitalité du mouvement Loubavitch en Terre Sainte et sa volonté de poursuivre la mission du Rabbi : rapprocher chaque Juif de ses racines et de la pratique des Mitsvot. Ce nouveau complexe devient ainsi un phare spirituel pour Rishon Letsion et ses environs, offrant un lieu de prière, d’étude et de rassemblement communautaire qui honore la tradition tout en servant les besoins d’une communauté moderne et dynamique.

📸 Crédit photo : Morde’haï Lubecki

 

 

Deux cents jeunes Bar-Mitsva d’Israël vivent une semaine d’exception auprès du Rabbi à New York

Deux cents jeunes Bar-Mitsva d’Israël vivent une semaine d’exception auprès du Rabbi à New York

En cette année d’entrée dans le joug des Mitsvot : deux cents jeunes célébrant leur Bar-Mitsva venus de tout le pays ont atterri dans nos cours saintes pour une semaine d’élévation spirituelle et d’attachement au Rabbi. Des entretiens privés au Ohel jusqu’à la prière au 770 : découvrez le reportage complet de ce voyage émouvant.

 

 

 

Une semaine inoubliable pour les futurs Bar-Mitsva

Deux cents jeunes garçons, à l’aube de leur treizième anniversaire, ont eu le privilège de participer à un voyage exceptionnel vers New York. Venus des quatre coins d’Israël, ces futurs Bar-Mitsva ont vécu une expérience spirituelle intense dans les lieux saints du mouvement Habad-Loubavitch.

Des moments de recueillement au Ohel

Le programme comprenait des Yé’hidout (entretiens privés) au Ohel, le lieu de repos du Rabbi de Loubavitch. Ces moments de recueillement ont permis aux jeunes de se connecter profondément à l’héritage spirituel du Rabbi et de formuler leurs prières et engagements personnels.

La prière au 770, cœur du monde Habad

Point d’orgue du voyage, les jeunes ont eu l’honneur de prier au 770 Eastern Parkway, le quartier général mondial du mouvement Habad-Loubavitch. Cette synagogue mythique, véritable centre névralgique de la ‘Hassidout Habad, a accueilli ces futurs Bar-Mitsva dans une atmosphère de ferveur et d’élévation spirituelle.

Une semaine d’élévation et d’attachement

Durant toute la semaine, les participants ont bénéficié d’un programme riche en enseignements ‘hassidiques, en Farbrenguen et en moments de fraternité. Cette expérience unique, à l’orée de leur entrée dans l’âge des Mitsvot, restera gravée dans leur mémoire comme un tremplin spirituel pour leur vie d’adulte juif.

 

Centenaire de la Hilloula : Rav Barouch Schneur, grand-père du Rabbi, un géant de la Torah et de la ‘Hassidout

Centenaire de la Hilloula : Rav Barouch Schneur, grand-père du Rabbi, un géant de la Torah et de la ‘Hassidout

 

Cette année marque le centième anniversaire de la disparition de Rav Barouh Schneur Schneerson, grand-père du Rabbi de Loubavitch. Arrière-petit-fils du Tsema’h Tsedek, il était reconnu comme un érudit exceptionnel connaissant le Talmud par cœur et doté d’une mémoire prodigieuse. Ses écrits constituent un trésor inestimable de ‘Hassidout, de conversations, de conduites et de descriptions des Rebbeim.

 

 

Une lignée prestigieuse au service de la ‘Hassidout

Cette année, la veille de Roch ‘Hodech Chevat, a marqué le centième anniversaire de la Hilloula de Rav Barouh Schneur Zalman Schneerson, grand-père du Rabbi et père de Rav Lévi Its’hak.

Reb Barouh Schneur naquit le 24 Tamouz 5613 (1853). Son père était Rav Lévi Its’hak, fils de Rav Barouh Chalom, lui-même fils aîné du Tsema’h Tsedek. Sa mère était la Rabbanit Sima.

Il épousa la Rabbanit Zelda Ra’hel, fille de Reb Zalman Chaikin, un ‘Hassid renommé du Tsema’h Tsedek et du Rabbi Maharach. Reb Barouh Schneur était reconnu comme un érudit brillant qui connaissait le Talmud par cœur et possédait une mémoire extraordinaire.

Un voyage mémorable de douze heures de Torah ininterrompue

Les ‘Hassidim se souvenaient qu’en 5685 (1925), Reb Barouh Schneur s’était joint à un groupe de ‘Hassidim se rendant chez le Rabbi précédent pour Roch Hachana. Durant les douze heures de voyage, il récita des paroles de Torah et de ‘Hassidout par cœur, sans interruption.

Le Rabbi Maharach souhaitait ardemment qu’il devienne Rav, et il reçut une recommandation appuyée du grand décisionnaire de l’époque, Rav Its’hak El’hanan de Kovno, après s’être entretenu avec lui en étude pendant trois heures. Mais pour des raisons inconnues, cela ne se concrétisa jamais.

Un « ‘Hassid de Chavouot » proche des Rebbeim

Le Rabbi précédent écrivit plus tard au Rabbi que bien que Reb Barouh Schneur se rendît souvent à Loubavitch tout au long de l’année, il se décrivait lui-même comme « un ‘Hassid de Chavouot », car Chavouot était la fête qu’il passait le plus souvent à Loubavitch. En tant que membre de la famille des Rebbeim, il prenait habituellement ses repas à la table du Rabbi lors des fêtes.

Il mit à profit sa mémoire remarquable pour retenir tout ce qu’il entendait du Rabbi Maharach et du Rabbi Rachab lors de ces repas, consignant le tout après la fête avec une précision extraordinaire. Ses écrits comprenaient des descriptions des coutumes du Rabbi Maharach, notamment ses conduites durant l’année de deuil pour sa mère.

Des témoignages précieux sur le Rabbi dans son enfance

Ses écrits contiennent également des détails fascinants sur sa famille proche, incluant des références à son petit-fils, le Rabbi. Une entrée datée du 7 Adar 5675 indique :

« Dimanche, Paracha Tetsavé, je lui ai parlé de mon fils Lévik, qu’il vive longtemps, et de son fils Mendel, qu’il vive longtemps, qui commencera à mettre les Tefillin ce jeudi 11 Adar ; sa Bar Mitsva aura lieu le 11 Nissan prochain. C’est un garçon exceptionnellement doué dans ses études, avec l’aide de D.ieu. »

Il remit finalement ces écrits au Rabbi précédent, et ils furent publiés ultérieurement dans les Rechimot HaRavach.

Un transmetteur dévoué de la ‘Hassidout

Sur instruction du Rabbi Maharach, Reb Barouh Schneur répétait la ‘Hassidout chaque Chabbat et chaque fête, ainsi que durant la semaine. À la fin de chacun de ses voyages à Loubavitch, il dressait la liste de tous les Maamarim qu’il avait eu le mérite d’entendre, concluant par des paroles empreintes de nostalgie pour davantage de ‘Hassidout :

« Puisse Hachem m’accorder une fois encore le mérite d’entendre des Maamarim comme ceux-ci de la bouche sainte du Rabbi, avec un cœur pur et un esprit clair. »

Et ailleurs :

« Puisse Hachem m’accorder bientôt le mérite d’être à nouveau à Loubavitch, et d’entendre encore de telles paroles précieuses, en particulier les précieux Maamarim, plus doux que le miel et les rayons de la ruche, dits en vérité, avec un cœur pur et un esprit clair. »

Des honneurs exceptionnels de la part des Rebbeim

Les Rebbeim le respectaient et l’aimaient profondément, lui témoignant de nombreuses marques d’affection et d’honneurs particuliers. Parmi ceux-ci, il reçut des honneurs tels que ‘Hatan Beréchit. Une fois, le Rabbi Rachab prononça un Maamar en se tournant vers lui pendant une heure et demie, un rôle habituellement réservé au Rabbi précédent.

Il était également un ‘Hazan renommé, un maître des mélodies et un lecteur de la Torah accompli. Nombre de ses écrits rapportent des conversations avec les Rebbeim sur ces sujets.

La découverte de la date exacte de sa Hilloula

Pendant de nombreuses années, la date et l’année exactes de la disparition de Rav Barouh Schneur restèrent incertaines. Après Guimel Tamouz, un calendrier de l’année 5707 fut découvert, sur lequel le Rabbi avait inscrit de sa main les dates de Yahrtzeit pour lesquelles il récitait le Kaddich. Au 29 Tevet, le Rabbi avait écrit :

« Mon maître et grand-père, Rav Barouh Schneur. » Il convient de noter cependant que dans les décennies suivantes, on n’observa pas que le Rabbi récitait le Kaddich ce jour-là.

L’année précise de sa disparition demeura également incertaine, les estimations variant entre 5686 et 5688 (1926-1928). Toutefois, il y a plusieurs années, un questionnaire de prisonnier rempli par son fils, Reb Chemouel Schneerson, fut découvert. En réponse à une question concernant la date de décès de ses parents, il indiqua que son père était décédé en l’année 5686 (1926).

Ainsi, cette année marque le centième anniversaire de la Hilloula du Gaon et ‘Hassid, grand-père du Rabbi, Rav Barouh Schneur Schneerson. Que son mérite nous protège.

Le projet pharaonique de Donald Trump : Gaza le «Singapour de la Méditerranée»

Le projet pharaonique de Donald Trump : Gaza le «Singapour de la Méditerranée»

 

Alors que se tient le Forum mondial de Davos et que le président Donald Trump lance son Conseil pour la paix, un plan révolutionnaire attribué à Jared Kushner, artisan des Accords d’Abraham, vient d’être dévoilé. Ce projet audacieux prévoit la transformation totale de la bande de Gaza en un pôle régional de commerce, de tourisme et de technologie. Des 180 tours de luxe sur le littoral aux centres de données high-tech, voici à quoi pourrait ressembler l’avenir de Gaza selon cette vision futuriste.

 

 

Un plan en quatre phases pour reconstruire du sud vers le nord

Contrairement aux projets antérieurs qui considéraient la ville de Gaza comme la capitale incontestée de la bande, le plan Kushner propose une reconstruction progressive allant du sud vers le nord, selon un calendrier méthodique.

La première phase, baptisée « l’ancrage méridional », concentrera les efforts initiaux sur les villes de Rafah et Khan Younès. L’objectif est de stabiliser la population dans le sud de la bande et d’établir une base économique solide à proximité de la frontière égyptienne.

La deuxième phase prévoit la création d’une véritable métropole méridionale, avec l’expansion massive de Khan Younès qui deviendrait le principal centre urbain, capable d’absorber une population importante et d’accueillir une activité commerciale florissante.

La troisième phase concernera le développement du centre de la bande, avec la réhabilitation et la modernisation des camps de réfugiés centraux, qui seront connectés aux nouvelles infrastructures construites dans le sud.

La quatrième et dernière phase, la plus complexe, se concentrera sur la reconstruction de la ville de Gaza elle-même. Celle-ci sera entièrement rebâtie en centre urbain moderne et avancé, une fois les infrastructures solidement établies dans le reste du territoire.

La « Riviera de Gaza » : un littoral métamorphosé

L’un des changements les plus spectaculaires du projet concerne le traitement du littoral gazaoui. Le plan destine une partie significative de la côte au tourisme international et aux résidences de luxe. Le point d’orgue de cette vision : la construction de 180 tours de grande hauteur, dédiées à l’habitation, à l’hôtellerie et au commerce, qui transformeront radicalement la ligne d’horizon de la bande.

Tandis que la côte sera consacrée aux loisirs et au tourisme, l’intérieur des terres deviendra le « moteur économique » du territoire. Le projet alloue une superficie considérable de plus de 25 kilomètres carrés aux zones industrielles. Mais il ne s’agit pas d’industrie traditionnelle : la vision évoque la création de gigantesques fermes de serveurs et d’installations de production avancée, dans le but d’attirer les géants technologiques mondiaux.

Une révolution des transports pour connecter Gaza au monde

Pour soutenir cette nouvelle économie, le projet dessine une carte des transports entièrement repensée, destinée à libérer Gaza de ses anciennes dépendances et à la connecter au reste du monde.

Concernant les portes d’entrée internationales, le plan prévoit la construction d’un port maritime moderne dédié au commerce et au tourisme, ainsi que d’un nouvel aéroport international. Ces infrastructures permettront une circulation autonome des marchandises et des personnes, sous supervision sécuritaire.

Le passage de Rafah sera considérablement modernisé avec la création d’un terminal frontalier trilatéral à la frontière sud, facilitant la circulation efficace des marchandises entre l’Égypte, Gaza et les marchés internationaux.

Quant aux transports internes, un réseau ferroviaire et une infrastructure logistique de soutien relieront les zones industrielles aux ports. De plus, une rocade urbaine sera construite, ainsi qu’une boucle routière principale qui connectera rapidement les différents centres urbains et fluidifiera le trafic.

Les dimensions mystiques qui se cachent derrière les discussions du Talmud

Les dimensions mystiques qui se cachent derrière les discussions du Talmud

L’âme de la Torah – Nichmat HaTorah

Commentaires issus de la Torah de Habad sur le Daf Hayomi (page quotidienne du Talmud). Traité Mena’hot, pages 2 à 20. Ces enseignements révèlent les dimensions profondes et mystiques qui se cachent derrière les discussions halakhiques du Talmud, éclairant les sacrifices et les offrandes à la lumière de la Kabbale et de la ‘Hassidout.

 

 


L’offrande Ola – vers une lumière au-delà de l’enchaînement des mondes, et le ‘Hatat – purification de la faute


« Ola (holocauste)… ‘Hatat (sacrifice expiatoire)… l’un est mâle et l’autre est femelle » (3, a)

Concernant le fait que le sacrifice Ola était un mâle et non une femelle, et le ‘Hatat une femelle et non un mâle… la raison en est que le but ultime du sacrifice Ola est d’atteindre un niveau supérieur à l’endroit où se différencient le masculin et le féminin, c’est-à-dire au-dessus des attributs (Midot) où il y a un principe actif et un principe réceptif… Et le ‘Hatat est femelle et non mâle car il correspond à l’attribut de « Chamor » (garder), et il convient donc que le sacrifice soit femelle. (Rabbénou Ba’hayé, Vayikra 1, 9)

L’explication est la suivante : dans tous les sacrifices, on offrait la graisse et le sang sur l’autel, et le Zohar explique que la graisse et le sang sont le blanc et le rouge, c’est-à-dire les aspects de ‘Hessed (bonté) et Guevoura (rigueur). Par l’élévation du ‘Hessed et de la Guevoura de la graisse et du sang, on éveille en haut l’aspect de la vitalité de la Merkava (char céleste) – la face du lion et la face du taureau, qui sont également la droite et la gauche, ‘Hessed et Guevoura du monde de la Yetsira (Formation). Et par leur élévation, on éveille la Merkava de Beria (Création) qui sont Mikhaël et Gavriel – Mikhaël à droite qui loue et Gavriel à gauche, qui sont ‘Hessed et Guevoura. Et par l’élévation de la Merkava de Assia (Action), Yetsira et Beria, la Merkava s’élève vers l’aspect de ‘Hessed et Guevoura d’Atsilout (Émanation), qui est la Merkava supérieure, vers l’aspect de Bina (Intelligence) appelé « Trône de Gloire », c’est-à-dire l’aspect du Trône de la Gloire suprême. Et par leur élévation, ils s’élèvent vers un niveau encore plus haut et élevé, à savoir l’annulation des attributs vers la Lumière du Ein Sof (Infini) qui n’est d’aucun de ces attributs.

C’est pourquoi le sacrifice Ola est un mâle, car il s’élève au-dessus de l’aspect de « principe actif et réceptif », car actif et réceptif signifient masculin et féminin, et en haut également l’aspect de ‘Hokhma (Sagesse) et Bina sont le principe qui donne et celui qui reçoit, car ‘Hokhma et Bina sont l’aspect de Père et Mère. Mais concernant le Keter (Couronne) qui est au-dessus d’eux, il est dit (Ecclésiaste 4, 8) : « Il y en a un qui est seul et n’a pas de second, il n’a ni fils ni frère », et nos Sages ont dit dans le Midrach Rabba que « frère » signifie association et union, c’est-à-dire l’union de deux partenaires, et cela Il ne l’a pas car Il est au-dessus de l’aspect des unions. C’est ce que nos Sages ont dit dans le Midrach à la fin de la Paracha Vaét’hanan : « Tout ce que J’ai créé, Je l’ai créé par paires, mais Ma gloire est une et unique, etc. »

C’est pourquoi il est dit dans le Zohar que le secret du sacrifice s’élève jusqu’au secret du Ein Sof, car par l’élévation du sacrifice Ola qui est entièrement consumé pour D.ieu, les attributs s’annulent et s’élèvent vers la Lumière du Ein Sof béni soit-Il, qui n’est d’aucun de ces attributs, et c’est le sens de « secret » du Ein Sof.

Et c’est ce qui est dit « Réa’h Ni’hoa’h » (odeur agréable) pour Hachem : « Réa’h » (odeur) est l’aspect de l’élévation des sacrifices qui montent jusqu’au secret du Ein Sof, et par cela descend « Ni’hoa’h » (agréable), expression de descente du langage « Na’hot Darga » (descendre d’un niveau), pour qu’il y ait un ajout et une abondance de lumière dans le Nom Havayé.

C’est aussi le sens de l’expiation et de l’agrément obtenus par les sacrifices, car de l’aspect de la Lumière du Ein Sof béni soit-Il qui n’est d’aucun de ces attributs, découle le fait de porter la faute et de passer sur la transgression, car Il est au-dessus des flux qui viennent par la Torah et les Mitsvot.

Cependant, le ‘Hatat, bien que son élévation atteigne également le secret du Ein Sof comme tous les sacrifices, était néanmoins une femelle, pour indiquer que la faute atteint l’aspect de Malkhout (Royauté), qui est la racine des créatures et c’est donc là que la faute des actes atteint principalement. Et il est expliqué dans le Zohar concernant « Chamor » (garde) et « Zakhor » (souviens-toi) que « Zakhor » correspond au masculin et « Chamor » à la femelle, c’est-à-dire la Sefira de Malkhout (appelée fille et femelle) qui reçoit les lumières des Sefirot d’Atsilout (et les transmet aux créatures par contraction et voilement). C’est ce qu’écrit Rabbénou Ba’hayé, que le ‘Hatat correspond à l’aspect appelé « Chamor » (c’est-à-dire la Sefira de Malkhout), et c’est pourquoi il était femelle.

(D’après le livre des Maamarim 5629, page 122 et suivantes)


L’élévation de la Klipat Noga (écorce intermédiaire)


« Comment l’offre-t-on ? De ce qui est permis à Israël – de ce qui est permis à Israël » (5, a)

Car lors de l’offrande du sacrifice, on attire la révélation de la Lumière du Ein Sof béni soit-Il d’en haut vers le bas, pour se revêtir dans la matérialité de ce monde-ci, dans une chose qui était auparavant sous la domination de la Klipat Noga et recevait sa vitalité d’elle – ce sont toutes les choses pures et permises avec lesquelles on accomplit la Mitsva, comme le parchemin des Tefilin, de la Mezouza et du Sefer Torah, ainsi que l’Etrog qui n’est pas Orla (fruit des trois premières années), et l’argent de la Tsedaka qui n’est pas volé.

Et maintenant qu’on les offre à D.ieu, la vitalité qui est en eux s’élève et s’annule et s’inclut dans la Lumière du Ein Sof béni soit-Il qui est Sa volonté bénie revêtue en eux. Ce qui n’est pas le cas des choses interdites, car elles reçoivent leur vitalité des trois Klipot (écorces) entièrement impures qui n’ont jamais d’élévation, et de même toute Mitsva qui vient par une transgression, à D.ieu ne plaise.

(D’après le Tanya, chapitre 37)


Le lien de Rabbi Avimi avec « l’évaluation des orphelins »


« Et Rav ‘Hisda a dit : J’ai reçu de bons coups de bâton d’Avimi au sujet de cette Halakha : S’il vient annoncer des jours consécutifs – 30 jours. Le lundi et le jeudi (et le lundi) – 60 jours » (7, a)

Dans le traité Arakhin, il est enseigné d’une part que l’évaluation des orphelins est de 30 jours, et d’autre part qu’elle est de 60 jours. Et Avimi résout cela ainsi : s’il vient annoncer tous les jours de la semaine consécutivement, il annonce pendant 30 jours. S’il vient annoncer le lundi et le jeudi, il annonce pendant 60 jours, depuis le jour où il commence jusqu’au jour où il s’arrête, c’est-à-dire 18 jours d’annonce en 60 jours… Et Rav ‘Hisda oubliait la solution et Avimi le frappait. (Rachi selon la version du Chita Mekoubetset)

Il faut comprendre quel est le rapport de cette solution spécifiquement avec Avimi.

Or, Avimi a la valeur numérique de 63, et ‘Hisda est ‘Hessed, ayant la valeur numérique de 72. C’est-à-dire qu’Avimi est du côté gauche (et il fait partie des « perspicaces de Poumbedita », « perspicace » ayant la valeur numérique de Bina-Guevoura-Hod – le côté gauche) et Rav ‘Hisda est du côté droit. Et dans les facultés intellectuelles elles-mêmes, ‘Hisda a la valeur numérique de ‘Hokhma (qui est du côté droit), et Avimi est Bina supérieure.

Or, les orphelins sont ceux qui n’ont ni père ni mère, comme il est écrit « Car mon père et ma mère m’ont abandonné », et il est possible qu’on vende leurs biens à bas prix, c’est pourquoi on annonce leurs biens. Et l’annonce est une transmission depuis Abba et Ima (Père et Mère supérieurs qui sont ‘Hokhma et Bina), comme expliqué dans Meorei Or, entrée « annonce ».

Et en cela il y a deux modes d’annonce :

Il y a une annonce de trente jours, et l’explication de cela est développée dans le Likoutei Torah du Arizal, Parachat Vayera, sur le verset « Un feu est sorti de ‘Hechbon » : il y a 30 Guevourot qui sortent de ‘Hechbon, ‘Hechbon étant l’aspect de ‘Hokhma, et cela provient de l’aspect de Moav, c’est-à-dire « du Père » de ‘Hokhma.

Mais il y a une annonce provenant de l’aspect de Bina, et c’est l’annonce de soixante jours. 60 est l’aspect de Bina supérieure qui reçoit des six premières Sefirot de ‘Hokhma (comme expliqué dans Mikdach Melekh sur le Zohar, tome II, 127, b).

C’est pourquoi l’annonce se fait spécifiquement le lundi et le jeudi, car les jours de lundi et jeudi de la semaine correspondent à Guevoura et Hod (car le premier jour est ‘Hessed, le deuxième Guevoura, etc.), qui sont du côté gauche, aspect des Guevourot, mais ils sont liés à la Bina supérieure, car bien que Bina soit du côté gauche, néanmoins Bina supérieure représente des Guevourot adoucies. C’est pourquoi lundi et jeudi, bien qu’étant des jours de rigueur, sont des jours de faveur où Moché est monté et descendu avec les secondes Tables.

Or, dans ces 60 jours, 18 jours sont des jours d’annonce, et il reste 42 jours. Et il est connu que le Nom de 42 est dans Guevoura, mais les 18 jours d’annonce le lundi et le jeudi adoucissent les Guevourot du Nom de 42.

C’est pourquoi cette solution a été dite par Avimi qui appartient au côté des Guevourot, et cela est aussi allusion dans son nom : A »V YM »I, YM »I ayant la valeur numérique de 60 jours faisant allusion comme expliqué ci-dessus à Bina supérieure, et A »V sont les 3 jours d’annonce du lundi, jeudi et lundi (et selon cela s’explique bien la version « lundi et jeudi et lundi »).

C’est aussi pourquoi Rav ‘Hisda oubliait la solution à cause de son appartenance à ‘Hokhma et non à Bina. Et il ne s’en souvenait que par les coups avec les « bons bâtons », aspect des Guevourot supérieures, « bonne est la réprimande ouverte ».

(D’après Torat Levi Its’hak sur le Talmud, page 231 et suivantes, voir là-bas plus en détail. Sefer HaArachim, entrée Lettres, page 249 et suivantes)


La consommation par l’homme est plus élevée que la consommation par l’autel


« L’Écriture parle de deux consommations, l’une est la consommation par l’homme, et l’autre est la consommation par l’autel » (17, a)

Il faut comprendre comment on compare la consommation des Cohanim, qui est une consommation humaine, à la consommation de l’autel, qui est l’offrande des sacrifices ? Et plus encore, il est difficile de comprendre que nous trouvons un avantage de la consommation humaine sur la consommation de l’autel, comme il est dit dans Pessa’him (59, b) : « Les Cohanim mangent et les propriétaires obtiennent l’expiation », ce qui signifie que la consommation des Cohanim, qui est une consommation humaine, accomplit ce que la consommation de l’autel n’a pas accompli. Comment peut-on dire que la consommation humaine soit supérieure à l’offrande des sacrifices ?

L’explication est que l’essence des sacrifices est qu’on offrait un animal matériel sur l’autel et il était inclus dans le feu d’en haut, aspect du « lion qui dévore les sacrifices », c’est-à-dire que l’animal était inclus dans la « face du taureau », et par la « face du taureau » il était inclus dans la « face du lion », dans l’aspect du « lion qui dévore les sacrifices », qui est l’aspect de Malkhout d’Atsilout, source des mondes (c’est pourquoi l’offrande des sacrifices se faisait sur l’autel extérieur, car l’autel est l’aspect de Malkhout, et sa place dans la cour du Sanctuaire, c’est-à-dire comme il est la source des mondes).

Et l’ordre en cela est que par l’offrande de l’animal matériel, il est inclus dans la « face du taureau » de Yetsira, et par la consommation des créatures de Yetsira s’effectue l’élévation dans le monde de Beria, et par le raffinement dans le monde de Beria s’effectue l’élévation dans Malkhout d’Atsilout comme il est la source des mondes.

C’est pourquoi le service des sacrifices est appelé « consommation de l’autel » et non « consommation de l’homme », car Adam (l’homme) est l’aspect de Z »A (Zeir Anpin), et l’élévation qui s’effectue par les sacrifices n’est que dans l’aspect de Malkhout, c’est pourquoi cela s’appelle « consommation de l’autel », c’est-à-dire la consommation de l’aspect de Malkhout.

Mais apparemment ce n’est pas compréhensible, car le secret du sacrifice s’élève jusqu’au secret du Ein Sof, qui est bien au-dessus de l’aspect de Malkhout ? Car la raison pour laquelle les sacrifices expient les fautes est que les sacrifices atteignent un endroit qui est au-dessus du domaine de la Torah et des Mitsvot, car par l’offrande, l’animal matériel s’élève et s’inclut dans sa racine dans le monde du Tohou (Chaos), qui est au-dessus des mondes complètement. Et dans le monde du Tohou il y a des lumières abondantes, et l’intention porte sur l’abondance en qualité, ce sont des lumières d’une manière complètement différente et à un niveau incomparablement élevé, et l’abondance de lumière du Tohou remplit toutes les fautes et les manques causés par le péché.

Mais l’explication est que les lumières du Tohou, bien qu’étant au-dessus des mondes, ont néanmoins un certain rapport avec les mondes (c’est pourquoi quand le récipient ne pouvait pas contenir les lumières, les lumières se sont retirées), et ne sont pas un flux de lumière nouvelle qui est au-dessus des mondes. Mais les Cohanim par leur consommation ont attiré une lumière nouvelle qui est au-dessus des mondes, car Adam est l’aspect de Z »A, qui fait partie des mondes du Ein Sof, et la consommation de l’homme signifie qu’une vitalité supplémentaire s’ajoute à l’homme, par le flux d’une lumière nouvelle qui est complètement au-dessus des mondes, non seulement comme l’avantage de la cause sur l’effet, mais c’est une lumière nouvelle qui est complètement au-dessus des mondes, et par cela les fautes sont complètement expiées.

(D’après le discours « VeHou Omed Aleihem » 5663, 5713)


L’offrande Min’ha – Torah révélée. Le sel – Torah intérieure


« Serait-ce que la Min’ha entière nécessite du sel… D’où inclure… les graisses du ‘Hatat et les graisses du Acham et les graisses des sacrifices très saints et les graisses des sacrifices de moindre sainteté et les membres de l’Ola et l’Ola d’oiseau ? Le verset enseigne : « Sur tout ton sacrifice tu offriras du sel » » (20, a)

L’essentiel du sel concerne la Min’ha, et il est ajouté aussi aux autres sacrifices.

L’explication est que la Min’ha, qui est de la farine fine et de l’huile, représente l’étude de la Torah. ‘Hita (blé) a la valeur numérique des 22 lettres de la Torah, et elle nécessite du sel, qui est l’étude de la partie intérieure de la Torah appelée « sel ». Car de même que le sel adoucit la viande, bien qu’il n’ait pas de goût en lui-même comme la viande, de même la Torah révélée est comparée au pain comme il est écrit « Venez, mangez de mon pain », et aussi à la viande, comme il est dit dans Bava Batra (22, b) : « Ils ont mangé de la viande grasse chez Rava ». C’est-à-dire que comme le pain et la viande ont du goût et de la substance, de même dans l’étude de la Torah révélée, il y a une compréhension de l’essence même, car la Torah révélée s’est revêtue dans l’action, c’est-à-dire que Sa sagesse bénie soit-Il qui est dans l’Émanation, en laquelle est la Lumière du Ein Sof béni soit-Il, a voyagé et est descendue jusqu’à se revêtir dans des choses matérielles concernant ce monde-ci, afin que l’homme qui étudie la Halakha comprenne et saisisse l’essence et la substance de la sagesse contenue dans cette Halakha, puisqu’elle parle de choses matérielles dont l’essence est compréhensible, comme les quatre domaines du Chabbat – il comprend bien l’essence du domaine privé et l’essence du domaine public.

Cependant, dans l’étude de la partie intérieure, il n’y a que la connaissance de l’existence et non la compréhension de l’essence, et l’essence reste cachée et voilée et n’est pas du tout compréhensible comme un goût réel comme la Torah révélée, jusqu’aux temps futurs où la partie intérieure de la Torah sera révélée.

C’est pourquoi elle est comparée au sel, pour dire que bien qu’il n’ait pas de goût, c’est précisément lui qui donne le goût à la viande. Et de même la Torah révélée est comparée au pain et à la viande. C’est-à-dire que comme le pain et la viande ont du goût et de la substance, de même dans l’étude de la Torah révélée il y a compréhension de l’essence même. Et la partie intérieure de la Torah traite de sujets élevés qui sont au-dessus d’un revêtement complet dans l’intellect.

C’est ce qu’ont dit nos Sages : « Du pain avec du sel tu mangeras » : le pain est l’étude de la Torah révélée, Michna et Talmud, « avec du sel tu mangeras » c’est l’étude de la partie intérieure.

(D’après Likoutei Torah, Parachat Vayikra, 5, a – 6, a)


Le sacrifice de soi dans le « sacrifice du bois »


« Sacrifice – cela enseigne qu’on peut offrir volontairement du bois, et combien ? Deux bûches, et ainsi il est dit : « Et nous avons tiré au sort pour le sacrifice du bois » » (20, b)

Apparemment, comment le bois peut-il être appelé « sacrifice » ? Car le bois de l’arrangement qui sert à brûler les sacrifices n’est pas considéré comme un sacrifice, mais seulement comme des « accessoires du sacrifice » ?

On peut expliquer que c’est précisément pour cela : justement parce que le bois n’est pas considéré comme un vrai sacrifice, mais seulement comme des « accessoires du sacrifice » – il constitue un sacrifice véritable et plus élevé.

Cela se comprend en préambule avec les paroles connues du Ramban expliquant le sens des sacrifices : quand l’homme apporte un sacrifice, il doit penser qu’en vérité il aurait dû s’offrir lui-même au Saint béni soit-Il, et les actions effectuées sur le sacrifice sont un substitut aux actions qui auraient dû être effectuées sur lui-même : « Il serait approprié que son sang soit versé et que son corps soit brûlé, n’eût été la bonté du Créateur qui a pris de lui un substitut. »

De là on peut apprendre que les différents types de sacrifices correspondent à différents types de sacrifice personnel ; chaque type de sacrifice correspond au sacrifice d’un aspect particulier de l’âme de l’homme, selon la nature du sacrifice (‘Hatat, Toda, etc.).

Mais en même temps, il y a un point commun entre tous les types de sacrifice personnel : le fondement de tout type de sacrifice spirituel est une disponibilité générale au sacrifice de soi devant le Saint béni soit-Il, une disponibilité absolue qui ne dépend pas et n’est pas définie par un type particulier de sacrifice ; c’est seulement ensuite que cette disponibilité générale revêt la forme particulière du type de sacrifice dont il s’agit.

Cette disponibilité générale est représentée par le bois de l’arrangement (qui fait allusion à l’homme dans sa globalité – « car l’homme est un arbre des champs »), qui est brûlé sur l’autel avec tous les sacrifices de leurs différents types, et permet la combustion des sacrifices eux-mêmes.

Et justement parce que cette disponibilité générale n’est pas considérée comme un vrai sacrifice, mais seulement comme des « accessoires du sacrifice » – elle constitue un sacrifice véritable et plus élevé :

Quand il s’agit d’un sacrifice d’un vrai sacrifice, de ses différents types – ce sacrifice n’exprime pas un dévouement et une abnégation complets et absolus, car l’homme ressent que son sacrifice est un acte d’une grande importance – « odeur agréable pour Hachem », « satisfaction devant Moi car J’ai parlé et Ma volonté a été faite » – et il ressent une satisfaction en conséquence, de sorte que le sacrifice lui apporte un bénéfice spirituel ;

La combustion du bois de l’arrangement, en revanche, n’est pas considérée comme un vrai sacrifice et il n’y a pas en elle-même d’« odeur agréable pour Hachem » (mais c’est grâce à elle que le sacrifice peut être « odeur agréable pour Hachem »), c’est pourquoi elle ne cause pas de satisfaction à l’homme, de sorte que son abnégation est complète et absolue.

C’est pourquoi nos Sages expliquent que le mot « sacrifice » dans le verset se réfère au bois, car du point de vue du dévouement et du sacrifice personnel, le bois de l’arrangement est aussi comparable à un sacrifice ; et non seulement cela, mais de ce point de vue, le sacrifice dans le bois est plus profond et plus élevé que les sacrifices eux-mêmes.

(D’après Likoutei Si’hot, tome 22, page 7 et suivantes)

« L’étude du Rambam a transformé notre vie »

« L’étude du Rambam a transformé notre vie »

 

À l’occasion de la conclusion du cycle d’étude quotidienne du Michné Torah, la « Yad Ha’hazaka » du Rambam, dans ses deux parcours – annuel et triennal – et du début du nouveau cycle avec l’aide de D.ieu, le magazine « Ki Karov » a réuni des étudiants assidus et des enseignants pour un entretien édifiant sur le caractère unique de cette institution d’étude fondée par le Rabbi de Loubavitch. L’accès à la profondeur cachée dans chaque Halakha, l’émerveillement devant le style d’or de l’ouvrage, les défis sur le chemin vers l’étude de toute la Torah, le bonheur de la régularité de l’étude quotidienne et le lien direct avec le Grand Aigle.

 

 

 

Heureux êtes-vous, érudits de la Torah

Une fois tous les trois ans se produit cet événement, et cette fois-ci le quinze Chevat prochain. Roch Hachana des arbres sera également un jour de joie pour tous ceux qui s’attachent à l’arbre de vie de la Torah, où les deux parcours de l’étude de la Yad Ha’hazaka du Rambam convergeront – le cycle d’étude d’un chapitre par jour qui s’achève une fois tous les trois ans, et le cycle d’étude de trois chapitres par jour qui s’achève une fois par an.

Des dizaines de milliers de Juifs qui ont entamé leur parcours au début du cycle avec sur leurs lèvres les mots du verset que le Rambam a placé en tête de son ouvrage – si caractéristiques de son essence – « Alors je n’aurai pas honte en contemplant tous Tes commandements », réciteront avec une émotion sacrée mêlée de joie pour l’achèvement de la Torah, la conclusion des Lois des Rois traitant de la définition de la Rédemption d’Israël et des lois du Roi Machia’h :

« Et en ce temps-là, il n’y aura ni famine ni guerre, ni jalousie ni rivalité, car le bien sera répandu en abondance, et toutes les délices seront aussi communes que la poussière, et l’occupation du monde entier ne sera que de connaître D.ieu. C’est pourquoi les enfants d’Israël seront de grands sages et connaîtront les choses cachées, et ils atteindront la connaissance de leur Créateur selon la capacité humaine, comme il est dit : « Car la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent le fond de la mer. »

Ainsi s’achèvent les Lois des Rois et l’ouvrage tout entier, béni soit Celui qui a dit et le monde fut, dans son détail et dans sa globalité. »

Que cet ouvrage rassemble toute la Torah orale

Cela a commencé chez eux par un petit engagement, presque marginal en apparence : pas un « séder » entier, pas un nouveau traité, pas un objectif ambitieux. Juste un chapitre par jour, sans exception. Mais de cet engagement modeste est né un processus long, profond et transformateur, qui a influencé non seulement l’ensemble de leur étude personnelle de la Torah dans ses diverses branches, mais aussi tout leur entourage, ainsi que des dizaines d’étudiants qui les ont suivis dans ce voyage vers l’étude des Halakhot de toutes les Mitsvot de la Torah.

À l’occasion de la conclusion du cycle d’étude, nous avons souhaité entendre des témoignages de première main, de la bouche des étudiants. Nous nous sommes donc entretenus avec le Rav Azriel Cohen qui donne un cours régulier de Rambam à Guivat Zeev, le Rav Yaïr Rada’i, directeur de Kollel et enseignant à Roch HaAyin, et le jeune homme méritant Elazar Mena’hem ‘Hazan de Jérusalem, qui initie et organise des groupes d’étude du Rambam quotidien parmi les élèves des Yéchivot. Chacun d’eux n’est pas seulement un étudiant ordinaire, mais œuvre également à mériter le public et à diffuser l’institution de l’étude du Rambam.

Nous leur avons demandé : Comment s’est créé votre lien avec l’étude quotidienne du Rambam, et de quelle manière influence-t-elle votre vie ?

« J’ai toujours voulu étudier le Rambam dans l’ordre », commence le Rav Cohen, « j’aimais beaucoup approfondir le Michné Torah et je rêvais d’étudier et d’achever le livre entier. J’ai commencé ce grand travail il y a déjà 25 ans, avec un ‘Havrouta, et nous nous rencontrions pour plonger dans l’univers du Rambam. Mais comme cela arrive parfois, la ‘Havrouta s’est interrompue après un certain temps en raison de diverses circonstances. Les années ont passé, la vie a continué dans différentes directions, mais le désir d’achever l’étude du Rambam ne m’a pas quitté.

« Cela a continué ainsi jusqu’à l’arrivée de la pandémie de coronavirus dans le monde. C’étaient des jours complexes où chacun devait étudier seul, et j’ai décidé : c’est le moment d’étudier le Rambam, de réaliser ce que mon âme désirait. J’ai étudié avec ardeur et j’ai vu que c’était bon, puis j’ai pris sur moi une nouvelle ‘Havrouta qui m’a amené à plus d’engagement, et ensuite j’ai ouvert un cours régulier avec une large participation, jusqu’à ce que par la grâce de D.ieu nous ayons eu le mérite de parcourir pour la première fois les quatorze livres de la Yad. L’étude était bonne et douce et élargissait les horizons, c’est pourquoi j’ai continué également la deuxième fois, et avec l’aide de D.ieu nous continuerons encore. C’est un travail considérable de parcourir les mille chapitres contenant toutes les Halakhot de la Torah, mais quand on le fait avec persévérance et de manière ordonnée – on réussit et on accomplit la mission, et la satisfaction est évidemment immense. »

« Pour moi », dit le Rav Rada’i, « tout a commencé par le panneau d’affichage du quartier. J’ai vu une simple annonce parlant de l’étude du Rambam. L’idée m’a plu et j’ai demandé quand commençait le prochain cycle, et la réponse que j’ai reçue était surprenante : dans une semaine seulement. À cause de ce timing précis, j’ai décidé de me lancer. C’était une décision intuitive, j’ai senti que c’était pour moi la bonne chose au bon moment.

« À cette époque, nous avons déménagé à Roch HaAyin, et j’ai décidé de fonder sur place un cours régulier de Rambam. Ce qui a commencé comme un petit cours s’est rapidement développé en une institution bien plus grande et significative. Les cours ont commencé à se tenir également dans les maisons privées des membres de la communauté, agrémentés d’une atmosphère chaleureuse et familiale où les gens se sentent à l’aise pour poser des questions et participer activement à l’étude. Les cours se déroulent pendant la semaine et les Chabbatot, et sont devenus une partie intégrante de la routine communautaire. L’attitude envers le cours n’est pas celle d’un simple cours de Torah à la synagogue, mais d’une expérience partagée qui rapproche les gens et transforme l’étude en partie de la vie quotidienne. »

« Dans mon enfance », raconte ‘Hazan, « comme beaucoup d’enfants de mon âge, j’avais des jours de sérieux à côté de divertissements et d’occupations ordinaires. Et puis, un jour, une publication sur l’étude quotidienne du Rambam m’est tombée entre les mains. L’idée m’a captivé : des gens de tous âges et de toutes nuances du spectre toranique étudient chaque jour un chapitre avec persévérance, et acquièrent la connaissance de toutes les Halakhot de la Torah entière ! J’ai décidé de tout cœur que je voulais faire partie d’eux.

« Au début, ce n’était pas si simple. L’étude du Rambam est une chose sérieuse qui demande persévérance, concentration et investissement, et un enfant en septième année ne cherche pas toujours un contenu d’étude supplémentaire à la fin de ses cours au Talmud Torah, mais justement à cause du défi, je me suis enthousiasmé et j’ai décidé d’essayer. J’ai ouvert le Rambam et j’ai commencé à étudier, et après un certain temps, j’ai rejoint un cadre d’étude avec des examens réguliers et j’ai même commencé à étudier en ‘Havrouta. Ainsi nous avons fait soir après soir, dans un processus constant – chapitre après chapitre, sans sauts et sans concessions. À un certain stade, nous avons pris un engagement clair : on ne va pas dormir avant d’avoir étudié un chapitre de Rambam. Les jours ordinaires l’effort n’était pas si grand, mais le vrai défi arrivait les veilles de Chabbat, les Chabbatot et les jours de vacances où le cadre se relâche et où une autre atmosphère entre dans la vie, mais c’est justement là que notre sérieux était mis à l’épreuve. Parfois chacun de nous étudiait seul, parfois nous étudiions par téléphone, parfois nous nous contentions d’un quart d’heure ou vingt minutes seulement, mais nous n’avons pas renoncé ! »

Dans un langage clair et une voie concise

Comment maintenir vraiment la régularité et la persévérance ? Que pouvez-vous conseiller à vos camarades à ce sujet ?

« La ‘Havrouta et le fait de trouver un cadre aident beaucoup à la régularité », dit le Rav Cohen. « Un cadre comme l’organisation « Chinana » qui organise des examens réguliers, permet de maintenir la persévérance. » Le Rav Rada’i ajoute que « le fait d’enseigner soi-même un cours à d’autres ou de participer à un cours régulier vous aide à ne pas sauter l’étude. »

« Je me souviens des paroles de nos Sages », dit ‘Hazan, « qui disent « et de mes élèves plus que de tous ». Si vous voulez clarifier quelque chose pour vous-même – enseignez-le à d’autres. Je sers de coordinateur encourageant aussi d’autres à étudier et j’étudie moi-même avec eux. Cette action même a créé chez moi une obligation intérieure. On ne peut pas parler d’étude si l’on n’y est pas soi-même connecté. En parallèle, les réactions n’ont pas tardé à venir. Très nombreux sont ceux qui sont venus me dire qu’ils avaient pris sur eux d’étudier un quart d’heure par jour, mais le quart d’heure est devenu une heure… Le Rambam vous entraîne vers lui. »

Pourquoi spécifiquement le Rambam ? Il existe d’innombrables possibilités d’étude quotidienne de Torah – Guemara, Choul’han Aroukh et autres. Qu’y a-t-il de spécial dans le Rambam qui vous a tant enthousiasmés et vous motive à continuer jour après jour ?

« Le livre Michné Torah, comme son nom l’indique, englobe les Halakhot de toute la Torah », explique le Rav Cohen, « et c’était effectivement l’objectif du Rambam dans son ouvrage, comme il le développe dans son introduction. Dans cette étude, vous êtes exposé à des sujets halakhiques auxquels vous n’auriez pas accédé autrement. Il y a des domaines de la Torah que je n’ai connus que grâce au Rambam. De même, le Michné Torah est aussi la base des Halakhot codifiées dans le Choul’han Aroukh. Mais au-delà de cela, il y a des parties entières dans le Rambam qui ne sont pas dans le Choul’han Aroukh, et ce sont des domaines de la Torah que tout Juif doit connaître, étudier et savoir dans le cadre de l’accomplissement de la Mitsva de connaître toute la Torah.

« D’ailleurs, bien que l’ouvrage soit essentiellement purement halakhique, le Rambam intègre – surtout à la fin des sections de Halakhot et des livres, mais aussi au cours de l’étude – des questions de morale et de philosophie dans son style unique et de manière émouvante, comme par exemple à la fin des Lois de ‘Hanouka quand il parle de l’éloge de la Torah qui vient apporter la paix dans le monde. Et bien sûr, tout au long de l’ouvrage, la langue du Rambam elle-même est unique en son genre, pure et limpide. Ce n’est pas pour rien qu’elle est appelée « la langue d’or ». »

« Premièrement », répond le Rav Rada’i, « il faut noter la richesse et la variété des contenus que le Rambam propose dans son livre. Comme dit, le Michné Torah comprend l’étendue de toute la Torah, dans sa longueur, sa largeur et aussi sa profondeur. Prenez par exemple les Lois des Fondements de la Torah, où le Rambam traite des principes de la foi en l’existence de D.ieu, à côté de l’examen des corps célestes, des sphères, des éléments de la création et de la structure de l’univers. De même, dans les Lois de la Sanctification du Mois, l’étudiant est exposé à la science de l’astronomie d’une source fiable et aux méthodes de calcul du mois et à la connaissance des détails de la nouvelle lune. C’est un savoir que vous ne trouverez dans aucun autre livre de Halakha, et dans un langage aussi clair. C’est un savoir d’une valeur immense dans tous les aspects de la Torah.

« Au-delà du contexte particulier, chaque sujet que vous étudiez dans le Rambam, vous le comprenez aussi dans un contexte plus large, avec une vue d’ensemble qui voit le tableau complet. Quand on étudie tous les chapitres des Lois du Chabbat, par exemple, ce n’est pas seulement une question de connaissance de la Halakha sèche mais aussi de compréhension de la structure, de connaissance de la logique interne, de connexion entre les détails et l’ensemble complet. Chaque chapitre vous apporte de l’information et approfondit la compréhension.

« Au-delà du fait qu’en tant que membre de la communauté yéménite, l’étude du Rambam est une étude principale pour moi, car la communauté s’appuie sur ses décisions de manière constante, voici que quiconque parcourt le Rambam pendant un cycle complet, parcourt en fait parallèlement les quatre parties du Choul’han Aroukh puisque le Rambam est la source de la plupart des paragraphes du Choul’han Aroukh. C’est-à-dire que lorsque vous étudiez le Rambam, vous étudiez les fondements, les sources et la base sur lesquels repose tout le monde de la Halakha.

« Bien sûr, en plus de cela, le Rambam traite de sujets auxquels beaucoup d’étudiants de Torah n’ont jamais été exposés de manière systématique : lois de pureté et d’impureté, juges, rois et guerres, Sanhédrin et sacrifices, esclaves et jubilés et bien plus encore. Ce sont des domaines qui généralement ne sont pas étudiés dans les Yéchivot mais font partie intégrante de la connaissance de la Halakha. De même, on ne peut pas ne pas mentionner le sujet des temps messianiques où dans ces Halakhot le Rambam formule une doctrine claire sur des questions qu’aucun grand d’Israël n’avait traitées en tant que Halakha pratique, ou les Lois des Tempéraments qui traitent des traits de caractère convenables pour l’homme et de sa conduite correcte dans les chemins de sa vie. Bien sûr, il existe d’autres sources pour l’étude de la morale et de la conduite, mais le Rambam présente cela de manière systématique et ordonnée, et comme partie du monde de la Halakha lui-même.

« Pour ma part, et on l’a déjà mentionné, l’un des grands avantages de l’étude du Rambam est la familiarité avec sa langue. Le Rambam a une langue très claire, agréable et fluide. Donc quand vous étudiez le Rambam, vous ne vous attardez pas sur le déchiffrage des mots ou de la formulation mais vous pouvez immédiatement vous concentrer sur le contenu lui-même, sur la Halakha, sur la profondeur des choses. Chacun peut aborder le travail, même s’il n’est pas un érudit de grande stature. Il va sans dire qu’il y a aussi dans ses décisions et sa formulation une grande profondeur et un champ pour approfondir et débattre, mais la base, la structure et la langue sont accessibles et claires pour tous. Une personne peut ouvrir le Rambam et commencer à étudier par elle-même. Bien sûr, il est toujours préférable au début du chemin de se faire guider par un enseignant ou des livres de commentaires et d’explications, mais la possibilité même d’étudier aussi de manière autonome est très significative et rend l’univers du Rambam accessible à tous. »

« Je m’identifie beaucoup à ces propos », dit ‘Hazan. « Car le Rambam a écrit son livre – comme il l’explique dans son introduction – « pour que toutes les lois soient révélées au petit comme au grand ». Cet ouvrage est destiné à tout âge, du petit jusqu’au grand. Comme dit, personnellement, j’ai commencé à étudier le Rambam avant même d’atteindre l’âge des Mitsvot, et d’année en année j’étudie et je vois que le Rambam est écrit dans une langue adaptée à chacun selon son âge et selon son niveau de connaissances et de compréhension. »

Que la Torah orale soit ordonnée dans la bouche de tous

Est-ce qu’à chaque cycle vous avez appris des choses nouvelles que vous n’aviez pas apprises au cycle précédent ?

« Absolument », répond le Rav Cohen avec conviction, « on peut approfondir les paroles du Rambam de manière infinie. »

« Même pour quelqu’un qui a étudié la Torah pendant de nombreuses années, le Rambam offre de nouvelles profondeurs », dit le Rav Rada’i. « J’apprends toujours quelque chose de nouveau. Souvent l’étude quotidienne arrive à des discussions halakhiques complexes. On peut certes se contenter d’une étude superficielle, mais celui qui veut approfondir et comprendre vraiment – a un vaste champ à explorer. »

Est-ce que l’étude du Rambam vous a personnellement apporté aussi dans d’autres contextes en dehors de l’étude ?

« Comme dit, le Rambam aide à comprendre l’ensemble de toute la Torah », dit le Rav Cohen. « En général, je vois en cela une aide divine extraordinaire. Des dizaines de fois il m’est arrivé que juste après être arrivé dans l’étude régulière du Rambam à certaines Halakhot et les avoir comprises correctement, je rencontrais un rameau de ces sujets dans l’un des autres cours que j’enseigne, et c’est seulement grâce aux paroles du Rambam que je connaissais les choses et savais comment les aborder. Dans de tels cas, devant les yeux des étudiants, j’ouvrais immédiatement le Rambam et leur lisais les choses dans sa langue. De même pour toutes sortes de concepts obscurs que nous rencontrions dans les cours ou sur lesquels on m’interrogeait parmi les auditeurs, j’ai eu le mérite de l’aide constante du Rambam du Ciel, sans laquelle je n’aurais pas su me débrouiller dans ces questions.

« D’ailleurs, dans le cycle d’étude précédent, il y a eu quelque chose de merveilleux : exactement pendant la période de la fête de Souccot nous avons étudié les questions de Soucca, et pendant l’année de Chemita nous avons étudié les lois de la septième année, et ainsi de suite. Chaque chose en son temps, comme c’est bon. »

« L’une des choses les plus émouvantes dans l’étude quotidienne », dit le Rav Rada’i, « c’est le bonheur et la satisfaction dont elle remplit la vie des étudiants. Il y a environ deux semaines, un directeur de Kollel de mes connaissances m’a raconté que bientôt, avec la fin du cycle d’étude de trois chapitres par jour, il va achever le parcours du Michné Torah pour la troisième fois en trois ans ! Trois fois créent une ‘Hazaka (présomption légale), et la joie qui le remplit est indescriptible. »

« Quand on étudie une Souguia dans la Guemara », explique ‘Hazan, « il y a parfois un sentiment de flou : quel est le raisonnement de chaque opinion, quel est le parcours complet et comment les choses s’arrangent à la fin. Mais quand on arrive au Rambam, on voit comment il résume tout dans un langage bref et clair. Soudain le tableau s’éclaircit, et de là le retour à la page de Guemara se fait de manière plus ordonnée et sereine. Cela m’a donné un plus grand succès dans la compréhension des Souguiot étudiées à la Yéchiva. Chaque fois que j’arrive à une nouvelle question dans la Guemara que je sens obscure pour moi – je consulte le Rambam et je comprends comment il aborde les choses, et alors mon étude est complètement différente. »

Que toutes les lois soient révélées au petit et au grand

À la lumière de votre expérience, à quel point l’étude régulière de manière cyclique aide-t-elle et est-elle bénéfique dans l’étude du Rambam ?

« Il y a un grand bénéfice à savoir que dans un temps défini on achève tout le Michné Torah », dit le Rav Cohen. « Cela donne un sentiment de progression, d’accomplissement, de satisfaction. Cela permet aussi à l’étudiant de repasser sur les choses, et à chaque fois avec une compréhension plus approfondie. La structure quotidienne est aussi importante : chaque jour on apprend quelque chose de nouveau. Ce n’est pas une étude qui se concentre sur une page ou une Souguia pendant longtemps. C’est une progression constante et continue qui amène à un parcours complet. L’étude régulière, à sa manière, vous engage, et quand on prend l’étude au sérieux on mérite l’aide divine pour que la régularité ne bouge pas de sa place. »

« Au-delà du fait que le cycle engage », répond le Rav Rada’i, « quand il y a un groupe de personnes qui étudient toutes ensemble le même chapitre, vous pouvez poser des questions et discuter de l’étude avec d’autres, partager des ‘Hidouchim (nouvelles interprétations) et ainsi de suite. »

Il y a certainement des moments plus difficiles, où il n’est pas facile d’étudier le cours régulier…

« Chacun a ses difficultés », dit le Rav Rada’i, « mais la sagesse est justement la régularité – persister aussi dans les moments difficiles et ne pas renoncer. » « Il y a eu des jours où j’étais à la veille d’un vol à l’étranger », ajoute le Rav Cohen, « ou d’autres moments de saisons de joie dans la famille, mais toujours l’étude m’a accompagné partout. Et béni soit D.ieu, nous avons toujours vu la grandeur de l’aide divine. Parfois le contenu étudié dans le cycle exactement pendant cette saison difficile était plus facile à comprendre, et cela permettait de maintenir la régularité même dans les moments de pression. En tout cas, même s’il arrivait que je ne puisse pas rattraper l’étude un certain jour, je veillais à la compléter le lendemain ou le Chabbat. »

« Il y a des moments de difficulté », admet ‘Hazan, « mais après la difficulté vient une grande lumière. Vous vous dites : je connais le Michné Torah. Je connais toute la Torah. Il n’y a pas de plus grande joie que celle-là. Si une personne prend sur elle d’étudier chaque jour même un quart d’heure ou vingt minutes, à la fin elle s’en remerciera toute sa vie. »

À quel point l’étude du Rambam influence-t-elle votre entourage ?

« Les cours attirent de plus en plus de gens d’année en année », dit le Rav Rada’i, « les gens aspirent à étudier le Rambam dans l’ordre et veillent jour après jour à la régularité. » « Les proches d’abord », dit le Rav Cohen avec le sourire, « d’abord je mentionnerai mes fils qui pendant une longue période ont étudié le Rambam, et l’influence de l’étude s’est répandue aussi en dehors de la famille. De même, très nombreux sont ceux qui ont commencé à étudier grâce au cours que j’enseigne. Un Avrekh de mes voisins est un grand érudit et très assidu, il a rejoint le parcours sous mon influence et depuis il me remercie à chaque occasion et raconte combien l’étude lui apporte. »

« Comme je l’ai raconté », dit ‘Hazan, « j’œuvre à la diffusion de l’étude quotidienne du Rambam, et je répète à toutes mes connaissances que c’est leur bien matériel et spirituel : « Assieds-toi avec une ‘Havrouta ou seul » – leur dis-je – « et consacre à cela un quart d’heure ou vingt minutes. En plus du vaste savoir toranique que tu acquerras, tu mériteras une satisfaction sans pareille. » »

Est-ce que l’étude vous a particulièrement connectés à la personnalité du Grand Aigle, le Rambam ?

« À travers le livre du Rambam, vous apprenez sa grandeur », dit le Rav Rada’i. « Suite à l’étude halakhique, j’ai beaucoup appris sur l’histoire de sa vie et sur les secrets de la rédaction de ses autres livres. » « La chose spéciale est que chaque étudiant ressent un lien réel avec l’un des grands de la nation », ajoute le Rav Cohen avec enthousiasme. « Il est arrivé plusieurs fois que nous nous rendions aux tombeaux des Tsadikim en Galilée, et à ces occasions nous sommes aussi montés au tombeau du Rambam à Tibériade. C’était unique en son genre – visiter le tombeau d’un grand d’Israël dont nous étudions le livre jour après jour. Lors de ces voyages, pendant tout le trajet nous méditions sur le Rambam, et quand nous sommes arrivés au tombeau nous avons achevé l’étude. De même, nous avons demandé au Maître du tombeau, le Rambam, que le mérite de notre étude régulière de son livre nous assiste pour être exaucés dans nos prières. »

« Moi aussi je suis monté de temps en temps au tombeau du Rambam », dit ‘Hazan, « et chaque fois que j’y arrivais, je ressentais quelque chose de complètement différent des tombeaux d’autres Tsadikim et grands. J’ai compris qu’il s’agissait du sentiment de visiter le tombeau d’un grand que j’avais eu le mérite de connaître personnellement. On peut peut-être comparer cela à la visite sur les tombes d’un grand-père ou d’un arrière-grand-père, des personnalités qui font partie de votre monde et envers lesquelles vous ressentez une proximité particulière. Quand j’étais au tombeau du Rambam, j’ai prié pour réussir à étudier dans son livre de plus en plus, et qu’il continue à nous donner le mérite d’agrandir la Torah en Israël. »

Notre génération a eu le mérite de l’institution de l’étude du Rambam, dans le cadre de laquelle des multitudes de la Maison d’Israël s’unissent autour des Halakhot de toute la Torah. Il semble que jamais les lèvres du Rambam n’ont murmuré dans la tombe autant qu’en notre temps, et lui de son côté intercédera en bien pour les étudiants et ceux qui se joignent à eux pour voir le salut de D.ieu car le temps est venu, selon ses paroles à la fin de son grand ouvrage : « Les prophètes et les sages n’ont désiré les temps messianiques – ni pour dominer sur le monde entier, ni pour soumettre les nations, ni pour être élevés par les peuples, ni pour manger, boire et se réjouir, mais pour être libres de s’adonner à la Torah et à sa sagesse… car la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent le fond de la mer. »

Jamaïque : Miracles sous l’ouragan Melissa – quand la foi triomphe des flots déchaînés

Jamaïque : Miracles sous l’ouragan Melissa – quand la foi triomphe des flots déchaînés

 

Que traverse l’esprit d’un émissaire lorsqu’il se barricade avec sa famille tandis qu’un ouragan d’une violence inouïe menace de détruire sa ville et l’œuvre de sa vie ? Comment influencer les nations du monde pour qu’elles observent les sept commandements de Noa’h, et qu’est-il advenu du Juif prisonnier d’un bateau délabré ? Le Rav Yaakov-Yossef Raskin de Jamaïque, troisième génération de Chli’hout, rassemble les âmes et révèle les étincelles pour qu’aucun banni ne reste exclu.

 

 

 

Des quatre coins du monde : récits de lumière des Beth Habad à travers le monde

C’était il y a environ trois mois, à l’approche de la fin d’une semaine bien remplie d’activités juives, et au Beth Habad de la ville de Montego Bay en Jamaïque, dans l’archipel des îles caribéennes, les préparatifs pour le Chabbat commençaient – Chabbat Parachat Noa’h. Dehors, tout se déroulait paisiblement, comme à l’accoutumée sur cette île tranquille. Le soleil caressait les vagues de la mer, les palmiers ondulaient doucement dans le vent au-dessus des plages de sable blanc, et la brise soufflait vers les fenêtres du Beth Habad local, un bâtiment de cinq étages.

« Le jeudi, nous avons appris qu’un système tropical s’était formé dans l’océan Atlantique, et qu’une tempête ouragan allait se déchaîner, baptisée « Melissa », dont la trajectoire semblait se diriger vers nous », raconte le Rav Yaakov-Yossef Raskin, l’émissaire de l’île. « Au début, personne ne s’est alarmé, car les tempêtes en Jamaïque sont relativement courantes. Personne n’imaginait que ce serait le dernier jour ordinaire que nous vivrions pendant longtemps… Le lendemain également, veille de Chabbat, alors que les bulletins météo devenaient plus fréquents et plus inquiétants, nous ne pensions pas encore qu’il s’agissait de quelque chose d’exceptionnel. »

Ce n’est qu’à la sortie du Chabbat que les habitants de l’île ont appris qu’une tempête d’une tout autre nature que celles qu’ils connaissaient allait s’abattre sur eux, et le Beth Habad a commencé les préparatifs à plein régime. Les fenêtres ont été barricadées avec des planches de bois et de métal, les meubles ont été déplacés, et tout ce qui pouvait être fait l’a été. Peu après, la tempête a commencé. Des vents violents et des pluies torrentielles ont frappé l’île ; le dimanche, la tempête a été élevée au niveau 2, et le soir même on parlait déjà du niveau 3. Trois jours plus tard, les vents se sont encore intensifiés, et l’eau a commencé à inonder le bâtiment du Beth Habad. Le Rav Raskin s’est précipité pour sortir les rouleaux de Torah de la synagogue et les transférer dans une pièce sans fenêtres. Le sol de la synagogue était déjà inondé, les fenêtres ont été enfoncées et la pluie s’est engouffrée à l’intérieur.

 

 

Tenir bon

À la tombée de la nuit, la tempête a éclaté dans toute sa fureur. « L’approche que le Rabbi nous a enseignée », explique le Rav Raskin, « est qu’un Beth Habad doit être spacieux – plus grand même que ce qui semble nécessaire, car la taille imposera et entraînera l’expansion des activités. C’est pourquoi nous avons un bâtiment de plusieurs étages, y compris un sous-sol. Il était évidemment impossible de s’approcher du sous-sol, entièrement inondé, alors nous sommes montés à l’étage supérieur, construit en béton. » Le Rav et sa famille se sont barricadés dans une petite pièce, où ils se sont serrés les uns contre les autres pour se soutenir mutuellement.

Si dans les premières heures de la nuit il semblait possible de tenir, au fil du temps, l’intensité des vents n’a cessé de croître. Les matelas empilés contre les ouvertures pour bloquer le vent et l’eau se sont envolés dans toutes les directions. Les planches de bois qui obturaient les fenêtres ont été arrachées les unes après les autres et projetées au loin. Un immense portail métallique a été arraché de son emplacement, les installations solaires ont disparu avec le vent, et de grandes terrasses ont été arrachées d’un coup. Le fracas des éclatements ne cessait pas un instant, et parfois il était impossible de distinguer le hurlement du vent de terrifiante puissance du bruit des arbres et des bâtiments voisins qui s’effondraient.

La tempête Melissa s’est révélée être une tempête de catégorie 5 – la plus puissante sur l’échelle mondiale de mesure des tempêtes. Des vents soufflant à 295 km/h ont frappé l’île, et selon les données de l’Organisation météorologique mondiale, il s’agit de l’une des tempêtes les plus violentes jamais enregistrées dans la région des Caraïbes. En fait, tout ce qui n’était pas solidement ancré au sol s’est envolé. « C’est la tempête la plus terrible de l’histoire de l’île », raconte le Rav Raskin. « Le niveau 5 est le maximum, mais les experts disent que s’il existait des niveaux 7 ou 8 sur l’échelle, cette tempête les aurait mérités… »

À un certain moment, le générateur a également cessé de fonctionner, et l’électricité a été totalement coupée. Les murs du bâtiment ont commencé à trembler, et par moments il semblait que lui non plus ne tiendrait pas. « Nous avons ressenti un danger réel », reconstitue le Rav les sensations qui l’habitaient, « nous avons récité des chapitres de Tehilim en continu, chapitre après chapitre, pendant de longues heures. Nous avons également demandé à tous nos amis et connaissances de prier pour nous et d’accomplir des Mitsvot pour notre mérite, tout en restant en contact avec les Juifs de l’île pour nous assurer de leur bien-être. Le bruit était si intense que nous ne nous entendions pas même en criant. Dans une telle situation, impossible de penser à l’avenir – nous étions concentrés sur l’instant présent. Juste tenir encore une minute et encore une minute, ainsi pendant des heures. Les enfants nous demandaient avec frayeur si la maison allait rester debout, et nous nous efforcions de leur insuffler confiance et paroles de réconfort. Quand le générateur s’est arrêté, nous avons compris que nous étions entièrement entre les mains du Ciel. Ce sont des moments où un Juif comprend ce qui est vraiment important dans la vie et ce qui ne l’est pas… »

Durant les heures de la tempête, la communauté juive de Jamaïque s’est unie dans une prière commune avec le Rav Raskin, tandis qu’à travers le monde leurs proches se sont joints à des milliers de Juifs dans des prières pour le salut de la famille des émissaires et de nos frères de la Maison d’Israël face aux mâchoires de la mer. L’organisation de sécurité et d’urgence des émissaires de Habad dans le monde a publié une lettre spéciale, dans laquelle il était écrit : « Un ouragan d’une violence extrême sévit en ce moment en Jamaïque, détruisant des maisons et causant de graves dommages. Les émissaires de Habad sur place, avec leurs familles, se trouvent en ce moment dans une pièce sécurisée, coupés du monde, enveloppés uniquement de foi et de prière. Nous demandons à chacun d’entre vous de s’arrêter un instant, d’ouvrir son cœur et de réciter un chapitre de Tehilim pour le bien-être et la sécurité des Juifs de Jamaïque et pour la protection et le sauvetage des émissaires de Habad. »

 

Reconstruire

« Nous savions que le monde entier priait pour nous », dit le Rav Raskin, « nous le sentions concrètement. Il s’avère que la distance géographique ne fait pas obstacle à la force spirituelle de l’unité qui nous est parvenue au milieu de tout ce chaos. À un certain moment, j’ai compris que pour nous renforcer dans notre confiance, nous devions nous accrocher à une seule pensée : Béni soit Hachem, nous sommes vivants et présents, et pour cela seul il faut remercier le Saint béni soit-Il. Tout le reste échappe à notre contrôle. »

« Vers la fin de la nuit », poursuit-il en racontant les événements de cette nuit d’épouvante, « alors que l’intensité des vents semblait devenir supportable, nous avons chanté les chapitres du Hallel avec des larmes et de la joie mêlées, et à la fin du verset « Tu es mon D.ieu et je Te rends grâce », les vents ont commencé à faiblir progressivement. Il était clair pour nous que le pic de la tempête était derrière nous. »

Lorsque les vents ont cessé et que la tempête s’est éloignée, les membres de la famille Raskin se sont ressaisis et ont trouvé leur chemin vers l’extérieur. Leur cœur s’est serré. Le beau Beth Habad avait été gravement endommagé. Les rues de l’île avaient également changé au point d’être méconnaissables. Une destruction totale s’étendait à perte de vue. Des arbres avaient été déracinés, des toits de maisons s’étaient envolés, la Jamaïque telle qu’ils la connaissaient avait disparu en une nuit. « Nous sommes restés de longues semaines sans électricité ni eau, et les routes étaient bloquées à la circulation, mais notre cœur était empli d’un sentiment de joie et de gratitude envers Hachem pour le miracle de notre sauvetage. Lors du premier Chabbat après la tempête, un repas de Chabbat s’est tenu au Beth Habad à base de conserves. Ce fut un repas modeste mais rempli de chants, de paroles de foi et d’une décision claire : reconstruire le Beth Habad. »

« Nous travaillons maintenant à tout reconstruire presque à partir de zéro », décrit le Rav Raskin. « Nous avons une responsabilité envers la mission qui nous a été confiée, c’est pourquoi nous ne reculons pas et certainement ne pensons pas à partir. Nous nous remettons et reprenons notre route. » Et en effet, ces dernières semaines, le Beth Habad est de nouveau plein de vie et d’une activité juive florissante, comprenant des cours de Torah réguliers, des prières ordonnées, des repas de Chabbat en grand nombre, des cadres éducatifs et religieux pour les enfants de l’île, et bien plus encore.

Ses pas sont dirigés par Hachem

L’histoire de la famille Raskin est fascinante en elle-même. Le Rav Yaakov-Yossef Raskin est la troisième génération d’émissaires de Habad. Son père, le Rav Mena’hem Mendel Raskin, sert comme émissaire depuis quarante ans à Montréal, au Canada, et son grand-père, le Rav Yehouda-Leib Raskin de mémoire bénie, fut l’un des émissaires du Rabbi au Maroc. « Mon grand-père était l’un des premiers émissaires au monde », raconte le Rav Raskin. « Quand le Rabbi l’a envoyé au Maroc en mission, en 5720 (1960), des dizaines de milliers de Juifs vivaient dans ce pays, mais dans ses dernières années, il ne restait qu’un petit nombre de Juifs après que les masses aient fait leur Alya en Terre Sainte. Quand on lui demandait quel était son avenir au Maroc, il répondait en ces termes : Le Rabbi m’a envoyé ici et ici je resterai – même pour un seul Juif. À la lumière de cela, quand notre tour est venu et que la mission en Jamaïque nous a été proposée, bien que nous sachions qu’il s’agissait d’une petite communauté sans commune mesure avec la grande ville de Montréal où j’ai grandi, j’ai suivi moi aussi l’esprit de mon grand-père. »

« Quand j’ai atteint l’âge des Mitsvot », se souvient le Rav Raskin, « mon grand-père m’a emmené au tombeau saint du Rabbi, et m’a demandé de m’engager et de promettre au Rabbi que puisque je devenais un homme, j’œuvrerais selon sa voie et sa mission partout où l’on aurait besoin de moi – par le feu et par l’eau. Telles étaient les paroles de mon grand-père, si caractéristiques de sa propre vie, et c’est bien sûr ce que j’ai fait. Je ne savais pas à ce moment-là que cette promesse, faite en un temps sacré et en un lieu sacré, me soutiendrait durant ces heures difficiles, où les eaux nous ont submergés et où le Saint béni soit-Il dans Sa bonté ne nous a pas livrés en proie à leurs crocs. »

L’étude de l’histoire de l’île révèle que des Juifs ont vécu en Jamaïque pendant des centaines d’années sans interruption. Dès l’époque de la domination espagnole, des Juifs vivaient dans la ville comme des Marranes par crainte des autorités, mais depuis la conquête britannique il y a environ 350 ans, la vie juive a commencé à émerger au grand jour, les Juifs ayant obtenu la liberté de construire des synagogues, d’étudier et d’enseigner la Torah à leurs enfants, et de se comporter ouvertement comme des Juifs. Par ailleurs, la Jamaïque coloniale, sous le mandat britannique, a accordé à ses citoyens juifs l’égalité des droits avant même que les Juifs de Grande-Bretagne elle-même n’en bénéficient, et pas moins de huit membres du parlement jamaïcain étaient juifs.

Au cours des siècles passés, les Juifs de Jamaïque ont laissé derrière eux des synagogues et des cimetières dispersés à travers l’île, principalement dans la capitale Kingston. Au centre de la capitale se dresse l’ancienne synagogue « Sha’arei Shalom », l’une des deux seules synagogues de la ville. Son apparence unique combine des poutres de bois d’acajou sombre, et son plancher en bois est recouvert d’un magnifique sable de mer blanc, selon la meilleure tradition des synagogues de la région. La synagogue a fonctionné jusqu’en 5664 (1904), et ses portes se sont fermées lorsque la population juive pratiquante de l’île a décliné.

« Quand nous sommes arrivés en Jamaïque pour la première fois afin de vérifier s’il était effectivement approprié d’ouvrir un Beth Habad permanent, nous avons demandé à rencontrer l’un des Juifs locaux, Ra’hamim Douak, dont on nous avait dit qu’il était très désireux de renforcer le judaïsme sur l’île. Malheureusement, nous avons appris qu’il avait été victime d’un accident vasculaire cérébral et était hospitalisé dans un établissement médical local. Nous sommes allés lui rendre visite et avons fait connaissance avec les membres de sa famille qui l’assistaient. Après quelques jours, nous avons pris l’avion pour New York et nous nous sommes rendus au Ohel, le tombeau de notre Rabbi, où nous avons multiplié les prières et demandé une bénédiction et une orientation – pour qu’il nous soit clair comme le jour si c’était là notre lieu de mission ou non. Quelques heures plus tard, nous avons été informés par la famille de M. Douak qu’il avait rendu son âme à son Créateur, et quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre qu’à sa demande, ils mettaient sa maison à notre disposition pour y ouvrir un Beth Habad… Nous avons ressenti concrètement que nous avions appelé Hachem et que nous avions été exaucés immédiatement. Nous savions que nous étions arrivés au bon endroit. »

L’unité d’Israël dans sa pureté

« Quand nous sommes arrivés ici, en 5774 (2014) », dit le Rav Raskin, « nous connaissions déjà des dizaines de Juifs de notre visite précédente, mais en termes de judaïsme actif, c’était un véritable désert. Il n’y avait pas de synagogue, pas d’école juive et pas de nourriture cachère. Nous avons commencé à agir en rassemblant autour de nous de plus en plus d’âmes, selon le principe « Et vous serez rassemblés un par un, enfants d’Israël ». Les difficultés des débuts ne nous ont pas épargnés, mais nous nous sommes toujours renforcés grâce à une histoire que j’ai entendue de la bouche du Grand Rabbin de Grande-Bretagne, le Rav Yonatan Sacks de mémoire bénie. Il a raconté que dans sa jeunesse, il a eu le mérite d’entrer en « Ye’hidout » (audience privée) chez le Rabbi, où il a détaillé les hésitations qui l’occupaient à l’époque. Au cours de l’entretien, le Rav Sacks a dit qu’il « se trouvait dans une situation… » – mais le Rabbi a immédiatement répondu : Un Juif ne se trouve pas dans une situation donnée, il crée la situation de ses propres mains. Ces paroles saintes sont devenues ma devise. S’il n’y a pas de nourriture cachère ? On s’occupe de la nourriture cachère. S’il n’y a pas de Minyane ? On organise un Minyane. S’il n’y a pas d’école juive ? On en fonde une. »

Les Juifs locaux ont été heureux de voir de leurs propres yeux la renaissance de la vie juive sur l’île, et ont commencé à affluer vers les activités communautaires proposées par le Beth Habad. Des enfants juifs de tous les coins de la Jamaïque ont rempli le nouveau Beth Habad pour participer aux programmes de l’école juive. En plus des visiteurs au Beth Habad lui-même, des repas cachères Méhadrine sont également fournis aux touristes souhaitant prendre leurs repas dans les hôtels, et le snack-bar « Hot Spot », situé près de la plage, fournit des repas cachères et nourrissants tout au long de la semaine.

Très vite, l’endroit est devenu trop petit pour accueillir les Juifs locaux et les nombreux visiteurs qui ont commencé à affluer au Beth Habad, en particulier pendant la saison touristique, et il était clair qu’il fallait construire un grand bâtiment spacieux pour servir l’activité florissante. Peu de temps s’est écoulé avant que le Beth Habad ne s’élève dans un bâtiment de cinq étages au sommet d’une colline, où chaque Juif local ou de passage trouve son foyer. « Je voulais de toutes mes forces construire un Mikvé », raconte le Rav, « mais pendant longtemps, l’argent dont je disposais suffisait à peine pour creuser la fosse… Finalement, nous avons commencé les travaux, et par la grâce de D.ieu, un an plus tard, nous avons pu l’inaugurer, et depuis son ouverture, il est très utilisé par les Juifs de l’endroit. »

« Notre objectif », définit le Rav sa mission en une phrase, « est de répondre à chaque besoin de chaque Juif. Que ce soit pour accomplir une Mitsva ponctuelle, étudier la Torah ensemble, fournir de la nourriture cachère et une éducation juive, et bien plus encore. Chaque semaine, je consacre une journée à de longs trajets pour rencontrer encore et encore des Juifs à travers l’île et leur apporter la parole de D.ieu. »

« Béni soit D.ieu, chaque jour est rempli d’activité. Pendant la saison d’hiver, de nombreux Juifs venant des États-Unis pour se détendre sur l’île nous rendent visite, et nous sentons que nous avons reçu un cadeau du Ciel pour servir d’adresse ouverte à toute âme juive quelle qu’elle soit. Celui qui entre dans la salle des repas du Beth Habad le vendredi soir du saint Chabbat rencontrera des Juifs de tous les coins du monde et de toutes les nuances de l’arc-en-ciel : un Juif local aux cheveux longs assis à côté d’un Hassid coiffé d’un Shtreimel, et d’autres combinaisons semblables apparemment impossibles, mais c’est ainsi que se présente l’unité d’Israël dans sa pureté. Nous sentons que nous réalisons notre aspiration – être une source de lumière, un lieu où chaque Juif peut se connecter à son Père céleste, à son âme assoiffée et à ses frères les enfants d’Israël où qu’ils soient. »

« En ces jours », dit le Rav Raskin, « tombe l’anniversaire de décès de mon beau-père de mémoire bénie, le Gaon et Hassid Rabbi Yesha’ya Zusya Vilhelm, qui a servi pendant de nombreuses années comme directeur de la Yéchiva « Ohalei Torah » Habad à Brooklyn. C’était un vrai Hassid, un homme qui aimait Israël et un homme d’action aux nombreuses réalisations. Il répétait souvent le commentaire du ‘Hidouchei HaRim sur la Paracha de la semaine concernant la plaie des ténèbres, où il est dit « Ils ne se voyaient pas l’un l’autre et personne ne se leva de sa place ». Les ténèbres les plus terribles sont quand une personne ne voit pas son frère et ne lui tend pas la main dans sa détresse. Et l’indifférence à la détresse d’autrui fait qu’on n’a soi-même aucun avenir – « et personne ne se leva de sa place ». Je sens que ce dicton est l’essence de notre mission ici, voir chacun son frère et s’élever et s’élever mutuellement toujours plus haut. »

En plus de tout cela, le Rav Raskin s’occupe entre autres de la diffusion des sept commandements des enfants de Noa’h parmi les habitants de l’île. « Le Rabbi a enseigné que de notre temps, c’est l’une des tâches des enfants d’Israël, selon les paroles du Rambam (Lois des Rois) « Moché Rabbénou a ordonné de par la Toute-Puissance de contraindre tous les habitants du monde à observer les commandements donnés aux enfants de Noa’h » – chose qui n’était pas possible pendant les nombreuses générations où les enfants d’Israël étaient dans une position inférieure parmi les nations et où il y avait aussi un danger à le faire, mais maintenant, beaucoup parmi les nations du monde désirent entendre la parole de D.ieu, et les réactions que nous recevons parlent d’elles-mêmes. Conformément à cela, nous avons également obtenu que le gouverneur de l’île, nommé par le gouvernement anglais, proclame l’anniversaire du Rabbi, le 11 Nissan, comme journée de sensibilisation et d’étude des commandements des enfants de Noa’h. Je publie également de temps en temps des articles dans la presse locale sur ces sujets, et il est certain que la conscience élevée au sein de la population concernant les commandements des enfants de Noa’h exerce une grande influence tant dans la prévention de l’antisémitisme contre les Juifs de l’île que dans le soutien aux Juifs de Terre Sainte. »

Une prison non planifiée

Et maintenant, selon notre habitude, tournons-nous vers écouter une histoire de lumière des sources du Beth Habad en Jamaïque.

Cette histoire fascinante s’est déroulée il y a plusieurs années, pendant la pandémie mondiale de coronavirus. Amit Mandel, un jeune artiste juif de Tel-Aviv, voyageait dans le cadre de son tour du monde dans la région des îles caribéennes. Il est arrivé sur l’île de la Martinique, où il a rencontré un marin italien propriétaire d’un petit voilier, et il s’est joint à lui pour naviguer vers Cuba en échange de son aide sur le pont. À leur grand désarroi, en pleine navigation, une violente tempête a frappé le bateau, et l’Italien, comme il s’est avéré, ne savait pas le contrôler. Le bateau a été endommagé et c’est à grand-peine qu’ils ont atteint les côtes de Cuba sains et saufs, pour découvrir que le pays avait fermé ses frontières à cause de la pandémie de coronavirus, et qu’il n’y avait ni entrée ni sortie…

Faute de choix, les deux hommes ont décidé de continuer et d’essayer de trouver un endroit où accoster. Ils ont ainsi navigué vers les côtes de la République dominicaine, mais là aussi les frontières étaient fermées et ils ont dû retourner en mer tandis que les soldats locaux postés le long des côtes pointaient leurs fusils sur eux. Ils ont ainsi navigué d’île en île dans l’étendue de la mer des Caraïbes, et chaque fois la porte leur était fermée. Même quand ils sont arrivés en Jamaïque et ont demandé à descendre à terre, ils ont essuyé un refus catégorique, mais à cause des dommages causés au voilier, ils ne pouvaient pas poursuivre leur voyage hasardeux. Les deux hommes se sont ainsi retrouvés coincés dans la mer des Caraïbes sur le voilier en ruine, chaque jour devenant plus difficile que le précédent. La nourriture et les boissons s’épuisaient, et ce qui leur a sauvé la vie et les a empêchés de mourir de faim fut une petite île déserte près de laquelle ils avaient jeté l’ancre, où ils ont trouvé pour subsister des bananes, des noix de coco et des mangues, dont ils se sont nourris pendant plusieurs jours.

En raison des conditions difficiles et de la pression psychologique, l’Italien a perdu la raison et a même tenté de blesser Mandel. Voyant qu’il ne pourrait pas survivre beaucoup plus longtemps dans cette situation, Mandel a lancé des appels à l’aide via le système de communication du bateau à la police locale de Jamaïque, qui n’était pas pressée de l’aider. Alors, dans ces moments de crise, Mandel s’est souvenu de son identité juive et a immédiatement pensé qu’il savait déjà qui pourrait l’aider. Il a informé la police qu’il était un Juif d’Israël, et qu’il demandait à localiser l’émissaire de Habad en Jamaïque, certain que celui-ci l’aiderait.

« J’étais moi-même à New York à ce moment-là », raconte le Rav, « interdit d’entrée en Jamaïque moi aussi, à cause des restrictions de l’époque. Néanmoins, j’ai réussi à parler au téléphone avec Mandel. Il m’a fait part de son sentiment d’être prisonnier dans une « prison au paradis ». Selon lui, il était à portée de main de la magnifique île, mais n’était pas autorisé à faire un seul pas à l’intérieur. Eh bien, d’abord, je lui ai organisé à distance un envoi de nourriture cachère qui est arrivé jusqu’à son bateau, comprenant des produits de base supplémentaires et des cartes téléphoniques grâce auxquelles il pourrait rester en contact avec sa famille. La fête de Pessa’h approchait, et bien sûr je lui ai aussi procuré des Matsot pour Pessa’h. Mais en même temps, sa vie était toujours en danger réel – et de solution à sa situation, il n’y en avait pas. Ses parents inquiets m’ont téléphoné et m’ont supplié de faire quelque chose pour lui, nous devions lui sauver la vie, et effectivement j’ai essayé d’agir par tous les moyens possibles pour le faire libérer. Je me suis adressé à tous ceux qui me venaient à l’esprit et qui pouvaient aider, y compris tous les ministres du gouvernement que je connaissais, mais malheureusement les jours passaient sans aucune issue de cette impasse. »

Pendant plus d’un mois et demi, Amit Mandel est resté prisonnier sur le voilier en panne, sans la moindre information sur quand cette saga dans laquelle il s’était retrouvé prendrait fin. Après de nombreux jours d’efforts infructueux, le Rav Raskin s’est rendu au tombeau du Rabbi et a prié pour mériter l’aide divine afin de sauver Mandel, l’égaré. « Je suis retourné à mon logement », se souvient-il avec émotion, « et voilà que j’ai reçu un appel téléphonique de l’avocat en Jamaïque que j’avais engagé pour lui, et il m’a annoncé que Mandel avait reçu l’autorisation de descendre sur la côte en Jamaïque, où il serait mis en quarantaine jusqu’à ce qu’il reçoive l’autorisation finale de rentrer chez lui via New York. Béni soit D.ieu, le chemin du retour était ouvert. »

Mandel est descendu à terre et s’est installé dans une maison locale que le Rav Raskin avait louée pour lui, tandis que le Rav lui organisait un billet d’avion de Jamaïque à New York, puis une correspondance vers Israël. Quand Mandel est arrivé à New York, les deux hommes se sont rencontrés avec émotion et joie. Mandel a remercié de tout cœur le Rav Raskin pour les efforts qu’il avait investis pour lui, et le Rav Raskin, comme le fait tout émissaire, a demandé à Mandel s’il voulait mettre les Tefillin. « Je n’avais pas mis les Tefillin depuis le jour de ma Bar-Mitsva », a raconté Mandel, « et maintenant je le veux vraiment. De plus : à partir d’aujourd’hui, je veux mettre les Tefillin toute ma vie ! Il y a eu des moments sur le bateau – a raconté Mandel – où j’ai senti que c’étaient mes derniers instants sur terre, mais j’ai promis au Créateur du monde que si j’étais sauvé – je ferais l’effort de revenir vers Lui et de commencer à accomplir ne serait-ce qu’une Mitsva tous les jours de ma vie. Et en effet, j’ai ressenti tout le temps la main de la Providence qui veillait sur moi, et maintenant je prends sur moi de mettre les Tefillin chaque jour. » Qui est comme Toi, Israël, nation unique sur terre.

 

Lorsque le père du Rav Yoram Abergel remit à Baba Salé un morceau de gâteau et une bouteille de Vodka du Rabbi

Lorsque le père du Rav Yoram Abergel remit à Baba Salé un morceau de gâteau et une bouteille de Vodka du Rabbi

Lors du Farbrenguen du 3 Tammuz 5783, organisé par le Chalia’h du Rabbi, Rav Avishai Betsouili  dans son Beth Habad du quartier de Kramim à Rishon LeZion, l’invité d’honneur, le Rav ‘Hid’a (Haim Yossef David) Abergel, fils du Rav Yoram Abergel a’h, a révélé une réponse du Rabbi à son père, à la lettre de bénédiction que le Rabbi avait envoyée à l’occasion de sa naissance, « le Rabbi a ajouté de sa propre main les mots ‘Certainement, votre honneur (Rav Yoram Abergel) se consacre à mériter la multitude dont nous avons parlé!. Il convient de noter que cette réponse est particulièrement intéressante car, autant que l’on sache, le Rav Yoram Abergel n’a jamais rencontré le Rabbi.

En outre, le Rav ‘Hida Abergel a raconté l’histoire suivante :
« Mon grand-père, le Rav Hanania Abergel s’est rendu deux fois chez le Rabbi et chaque fois il y resté pendant 45 jours. Le Rabbi le surnommait le ‘Sage de la Terre Sainte’. Avant que mon grand-père ne retourne en Terre Sainte, le Rabbi lui a remis un morceau de gâteau ainsi qu’une bouteille de ‘Machké’, destinés à Baba Salé. Lorsque mon grand-père est arrivé chez Baba Salé, avant même qu’il ait eu le temps de prononcer un mot, Baba Salé lui a demandé : ‘Où est-ce que le Rabbi m’a envoyé ?’ Mon grand-père remis à Baba salé le gâteau et la bouteille du Rabbi et demanda à sa femme de préparer un grand gâteau en utilisant le morceau de gâteau donné par le Rabbi, et de le partager avec tous les membres de la maison. »

 

 

Le Rav Haim Yossef David Abergel, également appelé « Hida », est le chef d’un réseau de « Kollel » et dirigeant des institutions « Kol Rina-Rav Pealim ».

Né à Netivot de Rav Yoram Abergel et Geoula (née Dadon). Dans son enfance, il a étudié au Talmud Torah de son père, puis a poursuivi ses études dans les Yechivot « Even HaEzel » et « Yeshivat HaNegev ».

Après son mariage, il a étudié au Kollel Kol Rina Rav Pealim sous la direction de son père, Rav Yoram Abergel, jusqu’à la mort de celui-ci en Tishri 5776. À ce moment-là, le Rav Shlomo Moshe Amar l’a nommé pour succéder à son père à la tête de ses institutions, aux côtés de son frère, le Rav Israël Abergel.

Rav Haim Yossef David Abergel continue le travail de son père à la tête du réseau de Kollelim répartis dans tout le pays, où des milliers d’étudiants étudient dans différents cadres d’études. En outre, il dirige les institutions éducatives fondées par son père qui sont sous l’égide de l’association Be’er Mayim Hayim, qui gère des établissements d’enseignement, une Yeshiva pour jeunes hommes et une école secondaire pour filles. De plus, il continue à donner des cours que son père dispensait à travers le pays.

 

Son père, Rav Yoram Michael Abergel (17 Sivan 5717, 16 juin 1957 – 27 Tishri 5776, 10 octobre 2015) était le fondateur et le directeur des institutions « Kol Rina Rab Pealim » dont le centre est situé à Netivot. Plus de 2 000 personnes étudient dans ces institutions.

Il est né dans le moshav Brosh, fils de Hanania et Rina Abergel, immigrants du Maroc qui ont fondé une famille nombreuse. Il a étudié à l’école Mamad et au Talmud Torah Habad. Plus tard, il a étudié à la Yeshiva Bnei Akiva « Beit Yehuda » – Shaharit à Kfar Maimon, à la Yeshiva Tiferet Tzvi et à la Yeshiva Hanegev sous la direction du Rav Yissachar Meir. Selon ses élèves, il a également eu des relations pendant plusieurs années avec Baba Salé.

Il a épousé Geoula Dadoun et le couple a eu six enfants. Après son mariage, il a étudié au Kollel Avre’him « Beit Israel » associé aux institutions de Habad à Netivot, et au Kollel pour l’enseignement à Sderot sous la présidence du Rav David Bar-Hen.

Le Rav Yoram Abergel est décédé le samedi soir, la Paracha Berechit, le 27 Tishri 5776 – le 10 octobre 2015, après une bataille de plusieurs mois contre « la maladie ». Des milliers de personnes ont assisté à ses funérailles.

Lors de l’enterrement, le Rav Shlomo Moshe Amar a annoncé que ses deux fils, le Rav Haim Yossef David et le Rav Israel, continuent son chemin. Son fils, le Rav Haim Yossef David, dirige les institutions de Kol Rina. Son fils, le Rav Israel, remplit son rôle dans la transmission des cours à travers le pays, et a fondé et dirige les institutions de la Beit Midrash Meir laAretz.

Encore jeune, le Rav Yoram Abergel était engagé dans la transmission de cours et la diffusion de la Torah.

En 1985, il a fondé le Kollel « Kol Rina Rab Pealim » à Netivot. Au début, le Kollel était logé dans un abri et avec l’expansion des étudiants dans ses Kollels, le Rav Abergel a fondé le réseau éducatif « Be’er Mayim Hayim », qui comprend des jardins d’enfants, des écoles primaires pour garçons – « Binyahu » à Netivot et « Be’er Mayim Hayim » à Beer Sheva, une école primaire pour filles « Yavo Berina » (au nom de sa mère), un lycée pour filles « Siftei Rinonot » et une petite Yeshiva « Tiferet Ba’hourim ». L’enseignement dans le réseau des Kollels se déroule tout au long de la journée (Kollels de jour, Kollels de minuit et les Kollels de l’aube). Le réseau d’institutions comprend également l’organisation caritative « Birkat Yossef et Peulat Tzadik », qui distribue de la nourriture aux familles nécessiteuses.

Le réseau de Kollels et d’institutions de Rabbi Abergel porte le nom de Rabbi Yossef Haim de Bagdad, auteur de « Ben Ish Hai » et de ses propres livres.

Rav Yoram Abergel avait des sources d’influence diverses, y compris celles de Habad. Ces influences se sont manifestées dans les cours qu’il donnait chaque matin, y compris un cours sur le Tanya après la prière du matin au lever du soleil. Il enseignait également dans d’autres villes tout au long de la semaine.

Ses fils : Rav Haïm Yossef David – dirige les institutions Kol Rinah et  Rav Israël, dirige les institutions HaMayir Laaretz.

Deux vétérans américains mettent les Tefilines pour la première fois grâce à une rencontre providentielle

Deux vétérans américains mettent les Tefilines pour la première fois grâce à une rencontre providentielle

 

Une visite imprévue dans un hôpital pour vétérans du Maryland a permis à trois générations d’une même famille juive de renouer avec la Mitsva des Tefilines. Le Rav Chesky Tenenbaum, aumônier militaire et Chalia’h Habad, raconte cette histoire extraordinaire de Hachga’ha Pratit. Deux frères et un neveu ont ainsi célébré leur véritable Bar-Mitsva spirituelle, des décennies après leur majorité religieuse.

 

 

 

Un détour providentiel vers l’hôpital des vétérans

Le Rav Chesky Tenenbaum officie habituellement comme aumônier à l’antenne de Baltimore du Département des Anciens Combattants. Ce vendredi-là pourtant, la Providence divine en avait décidé autrement. Un collègue lui avait demandé de se rendre dans un autre établissement pour vétérans afin de prononcer les prières d’ouverture et de clôture d’un programme commémoratif en l’honneur de Martin Luther King Jr.

« C’était un lieu que je n’avais pas visité depuis plusieurs mois, et en temps normal, je n’aurais jamais dû m’y trouver », confie le Rav Tenenbaum, directeur de la Jewish Uniformed Service Association of Maryland-Habad (JUSA).

Ce matin-là, avant le début du programme, il ressent une impulsion intérieure le poussant à consulter la liste des patients. Il souhaite identifier d’éventuels vétérans juifs qui apprécieraient une visite. Presque immédiatement, un nom retient son attention : un vétéran juif en soins palliatifs.

Une première rencontre chargée d’émotion

En approchant de la chambre, une femme l’interpelle : « Êtes-vous le Rav ? » Elle se présente comme la belle-sœur du patient et lui annonce que son mari, le frère du vétéran, arrivera sous peu.

Quelques instants plus tard, le frère entre dans la pièce. La conversation s’engage naturellement. L’homme, âgé de 80 ans, est lui-même un vétéran de la guerre du Vietnam. Il explique que bien qu’il se soit éloigné du judaïsme pendant de nombreuses années, son parcours spirituel l’a conduit à devenir aumônier dans une autre confession.

Lorsque le Rav Tenenbaum lui demande délicatement s’il a célébré sa Bar-Mitsva, l’homme sourit et acquiesce, précisant qu’il avait même lu la Torah. Mais à la question de savoir s’il avait déjà posé les Tefilines, il marque une pause avant d’admettre que non, pas même le jour de sa Bar-Mitsva.

Une Bar-Mitsva à 80 ans

« Je lui ai dit que j’avais des Tefilines avec moi et lui ai demandé s’il souhaitait les mettre maintenant, comme si le temps lui offrait une seconde chance de le faire, pour le mérite de la guérison de son frère », raconte le Rav Tenenbaum.

Après un moment de réflexion silencieuse, le vétéran accepte. Les deux hommes entrent ensemble dans la chambre du patient. Tandis que l’aumônier aide le vétéran octogénaire à placer les Tefilines sur son bras et sa tête, il lui explique qu’ils vont réciter le Chema.

« J’ai commencé doucement : « Chema Israël… » et il a répondu : « Hachem Elokénou, Hachem E’had. » Lorsque ces mots ont franchi ses lèvres, ses yeux se sont emplis de larmes », témoigne le Rav Tenenbaum. « En cet instant sacré, il était évident que son Pintele Yid, son étincelle juive intérieure, venait d’être doucement réveillée. »

Trois générations réunies par une Mitsva

Une fois la prière terminée, le Rav Tenenbaum se tourne vers le patient : « Tu dois savoir que ton frère vient de célébrer sa Bar-Mitsva aujourd’hui. C’était la première fois qu’il posait les Tefilines, et il l’a fait pour toi, pour le mérite de ta guérison complète. »

Visiblement ému, le patient accepte à son tour de poser les Tefilines. Avec soin et révérence, l’aumônier l’aide à les enrouler, et ensemble ils récitent le Chema. À sa propre surprise, les mots jaillissent naturellement de sa mémoire, malgré les nombreuses années écoulées. Il confie que c’était peut-être la première fois de sa vie qu’il posait les Tefilines.

Le moment est empreint d’une sainteté silencieuse. Le Rav Tenenbaum lui parle du Chema, des Tefilines et du Vidouï, expliquant comment ces prières connectent l’âme, particulièrement dans ces moments si significatifs.

Alors qu’il termine de ranger les Tefilines, le neveu du vétéran entre dans la chambre et s’exclame, presque incrédule : « Des Tefilines ? Je ne les ai pas mises depuis ma Bar-Mitsva ! » L’aumônier lui propose de les poser maintenant, lui aussi, pour le mérite de la santé de son oncle. Sans hésitation, il accepte. Ensemble, ils enroulent les Tefilines, et le jeune homme se souvient même de certaines bénédictions.

Trois générations, trois âmes, réunies par une seule Mitsva.

La main invisible de la Providence

« Ce n’est que plus tard que j’ai pleinement mesuré le poids de ce moment », confie le Rav Tenenbaum. « Je n’étais pas censé me trouver dans cet établissement ce jour-là. Mais grâce à un programme commémoratif, une simple demande d’un collègue, et ce qui ne peut être décrit que comme la Hachga’ha Pratit, j’y ai été guidé. »

Cette histoire illustre la mission quotidienne des Chlia’him Habad auprès des forces armées américaines : être présents là où se trouvent les Juifs, parfois dans les circonstances les plus inattendues, pour raviver la flamme spirituelle qui ne s’éteint jamais véritablement.

 

Rabbi Chesky Tenenbaum with a Jewish Baltimore Police Officer