Lorsque le Rabbi envoya une Haggadah de Pessa’h à ‘Baba Meir’ zatsal

Lorsque le Rabbi envoya une Haggadah de Pessa’h à ‘Baba Meir’ zatsal

Il y a 41 ans aujourd’hui – le 17 Nissan 5743 – est monté au ciel le Tsadik et Kabbaliste connu sous le nom de « Baba Meir », fils du Tsadik et Kabbaliste Baba Sali. À l’occasion de son hilloulah, voici un aperçu du lien unique entre Baba Meir, le Rabbi, et la famille Abuhatzeira en général, y compris de nouvelles informations récemment révélées. Présenté par l’écrivain ‘Habad, le Rav Shneor Zalman Berger.

 

Par Shneor Zalman Berger

Le lien entre les émissaires du Rabbi et la famille Baba Sali et Baba Meir a commencé à l’été 5710, lorsque l’émissaire à Meknès, Rav Michael Lipsker, a reçu une demande de se rendre à Midelt pour aider à établir des institutions éducatives. À Midelt, il reçut un accueil chaleureux et spécial du Rabbin de la ville – le Baba Meir – Rabbi Meir Abuhatzeira, fils du Baba Sali, et ils commencèrent immédiatement à travailler pour établir les institutions ‘Habad dans la ville.

Dans les années qui suivirent, Rav Lipsker, l’émissaire à Meknès, et Rav Shlomo Matusof, l’émissaire à Casablanca et directeur des institutions ‘Habad au Maroc, se rendirent régulièrement à Midelt et firent tout pour développer les institutions en étroite collaboration avec Baba Meir.

Un an passa, et en Nissan 5711, Rav Shlomo Matusof arriva au village d’Erfoud, où il établit des institutions ‘Habad avec le Baba Sali – l’Admour Rabbi Israël Abuhatzeira, le rabbin du village d’Erfoud et le père de Baba Meir. Quelques mois plus tard, Baba Sali monta en Terre Sainte et Baba Meir fut nommé à sa place rabbin d’Erfoud. Plus tard, Baba Sali retourna au Maroc et résida alternativement à Erfoud et en France.

La tradition d’amitié entre Baba Sali et Rav Shlomo Matusof s’est poursuivie avec Baba Meir, et l’émissaire a renforcé le lien avec celui qui l’avait envoyé. Bien sûr, les enfants de Baba Meir ont étudié dans les institutions ‘Habad dirigées par leur père, et leurs noms sont mentionnés dans les listes d’élèves des archives ‘Habad au Maroc.

Le premier contact de Baba Meir avec le Rabbi a commencé lorsqu’il vivait encore à Midelt. Comme récemment révélé dans le livre « Il illumina la face de l’Est », avant même que le Rabbi n’assume la direction, Baba Meir écrivit au Rabbi une lettre dans laquelle il s’adressait au Rabbi comme « l’Admour ».

À la fin de l’été 5711, lorsque Baba Meir fut nommé rabbin d’Erfoud, il reçut une lettre spéciale du Rabbi expliquant l’essence du rôle de « Mara DeAtra » et lui souhaitant aussi un bon mazal tov pour la naissance de son fils « David Haï », qui n’est autre que Rabbi David Abuhatzeira Shlita de Nahariya. Depuis lors, le Rabbi a commencé à lui envoyer des lettres sur les institutions au Maroc, sur des questions kabbalistiques, sur les livres des ancêtres de la famille Abuhatzeira et sur d’autres sujets importants liés au judaïsme marocain. À la demande du Rabbi, il envoya le livre « Ma’hsof Halavan » écrit par son grand-père Rabbi Yaakov Abuhatzeira, et le Rabbi le remercia et expliqua également ce qu’est le « Ma’hsof Halavan » selon la Kabbale.

Durant ces années, lors des visites de Rav Shlomo Matusof à Erfoud, il séjournait chez la famille Abuhatzeira. Rav Shlomo Matusof et Baba Meir passaient les nuits à discuter de paroles de Torah et de ‘Hassidout. Parfois, Baba Sali, Baba Meir et Rav Shlomo Matusof s’asseyaient ensemble et méditaient sur la Torah et la ‘Hassidout.

La gestion des institutions ‘Habad à Erfoud était effectuée par Baba Meir et Rav Shlomo Matusof, le tout dans une coordination merveilleuse. Malgré la distance et les difficultés de transport, Rav Shlomo Matusof se rendait parfois à Erfoud et rencontrait Baba Meir. Lors de ces rencontres, des questions importantes étaient soulevées, comme le contenu des études et le budget des institutions à Erfoud et dans les villages environnants.

Rav Shlomo Matusof, selon les instructions du Rabbi, s’occupait du budget des institutions ‘Habad au Maroc, par le biais de l’organisation Joint et des dons qu’il collectait, et envoyait des sommes d’argent considérables à Baba Meir, qui les distribuait en salaires et les investissait dans le développement des institutions ‘Habad à Erfoud et ailleurs. Un tournant dans le développement des institutions fut la nomination de Rav Maklouf Crispin comme directeur du Talmud Torah.


Rav Shlomo Matusof

 

Rav Maklouf Crispin était alors un étudiant de Yéchiva né en France d’origine marocaine. Il étudiait dans une Yéchiva lituanienne en France, et se retrouva par divine providence au mariage de Rav Shlomo Matusof qui eut lieu en France avant son départ pour le Maroc. Au mariage, il rencontra le ‘hassid bien connu Rav Peretz Mochkin qui lui suggéra de venir à la Yéchiva « Tomchei Temimim » à Brunoy, et il passa ainsi à l’étude dans une Yéchiva ‘Habad. Un certain temps après, le Rabbi lui demanda de se rendre au Maroc en mission, et c’est ce qui se passa.

Il travailla d’abord à la Yéchiva Ohalei Yossef Yitzhak à Casablanca dirigée par Rav Shlomo Matusof, puis au mois de Sivan 5713, il fut envoyé à Erfoud pour diriger effectivement le Talmud Torah. Au fil du temps, il fut nommé directeur des institutions Ohalei Yossef Yitzhak Loubavitch dans la province de Tafilalet en général et à Erfoud en particulier. Tout son travail était effectué sous la responsabilité de Baba Meir et de l’émissaire Rav Shlomo Matusof, et tout ce qui se passait était régulièrement rapporté au Rabbi, dont les instructions et réponses étaient reçues.

À Erfoud, la direction des institutions et la vie personnelle s’entremêlaient. Comme mentionné, Rav Crispin gérait les institutions sous la responsabilité du Mara DeAtra Rabbi Meir Abuhatzeira, où étudiaient également les enfants de la famille Abuhatzeira. À cette époque, il était question d’un shiddoukh entre Rav Crispin et la fille de Rabbi Meir Abuhatzeira. Celui qui encouragea, poussa et agit pour que le shiddoukh et le mariage se concrétisent, n’était autre que le Rabbi lui-même, y compris par l’intermédiaire de son émissaire Rav Shlomo Matusof.

Au mois de Nissan 5715, Rav Shlomo Matusof était auprès du Rabbi à New York et reçut des instructions merveilleuses et uniques pour Rav Crispin, qu’il lui écrivit dans une lettre :
« En ce qui te concerne en particulier, le Rabbi Shlita a dit que maintenant que le Saint béni soit-Il t’a fait réussir et que tu es déjà lié avec le Rav Mara DeAtra Shlita [Baba Meir], il y a au contraire de la place pour que vous alliez à Erfoud pendant la fête [de Pessa’h] leur rendre visite pendant la fête comme il est d’usage dans le monde dans de telles affaires. Et ainsi vous pourrez vous-mêmes pencher sur la question susmentionnée pour y arranger tout le possible. Voilà les paroles du Rabbi Shlita ».

 

« Le Rav Crispin reçoit le livre « Chabad au Maroc » du Rav Reuven Matusof, fils de l’émissaire au Maroc, le Rav Shlomo Matusof. »

 

Le Rabbi envoya avec Rav Shlomo Matusof une Haggadah de Pessa’h à Rabbi Meir Abuhatzeira, et dès son arrivée au Maroc, il l’envoya à Erfoud.

En ces jours-là, le shiddoukh de Rav Crispin se concrétisa, et Rav Shlomo Matusof écrivit à Rabbi Meir Abuhatzeira au sujet de la Haggadah et du shiddoukh :
« Maintenant je peux transmettre à votre honorable sainteté les salutations du Rabbi Shlita, dont vous savez sûrement que j’ai visité là-bas et ai eu le mérite de trouver refuge à l’ombre du Saint pendant la fête de Pessa’h. Et je vous ai déjà envoyé la Haggadah de Pessa’h avec le commentaire du Rabbi Shlita – que j’ai apportée de là-bas. Et ils vous ont certainement aussi transmis ma demande d’écrire directement au Rabbi Shlita concernant la réception de celle-ci [la Haggadah].
Mon cœur se réjouit de la bonne nouvelle que votre honorable sainteté s’apprête à lier un lien éternel avec le charmant et gracieux, remarquable et extraordinaire jeune homme M. Maklouf Crispin, pour votre fille louée. Et voilà que sans le savoir et sans y penser à l’avance, nous sommes devenus des intermédiaires [entre le Rabbi et Rabbi Meir Abuhatzeira] pour dire la fin dès le commencement et obtenir la bonne volonté de Dieu pour vous préparer celui qui vous convient, et ce qui leur a été décrété etc. Et pour cela nous remercierons Dieu car s’est réalisé en nous le principe qu’une mitzvah en entraîne une autre […] »

Le mariage de la fille de Baba Meir avec Rav Crispin eut lieu en grande pompe à Erfoud au mois d’Elloul 5716, avec la participation de nombreux membres de la communauté et étudiants de la Yéchiva. Après le mariage, Rav Crispin s’installa à Erfoud et continua à diriger les institutions avec grand succès pendant de nombreuses années, sous la direction de son beau-père et de Rav Shlomo Matusof et avec les encouragements du Rabbi. Dans les années suivantes, il partit diriger les institutions ‘Habad de la ville de Marrakech, et lorsqu’il monta en Terre Sainte, il fut nommé secrétaire aux bureaux du directeur des yeshivot Tomchei Temimim à Lod, Rav Ephraim Wolf. Plus tard, il fut nommé rabbin de Kiryat Bialik.

Rabbi Meir Abuhatzeira, le Baba Meir, quitta ce monde pendant ‘Hol Hamoed Pessa’h le 17 Nissan 5743 et le Rabbi envoya une lettre de condoléances à son père Baba Sali (voir la photo de la lettre).

Les archives ‘Habad au Maroc contiennent de nombreux documents sur le lien entre le Rabbi et Baba Meir, et de nombreux documents sur la gestion des institutions ‘Habad à Erfoud par trois générations de la famille des Tsadikim Abuhatzeira – Baba Sali, Baba Meir zatsal et le Rav Aminadav Maklouf Crispin shlita. Un résumé des documents a été publié dans le livre « L’histoire de ‘Habad au Maroc », qui a été personnellement remis à ses fils Rabbi David Abuhatzeira, Rabbi Raphaël Abuhatzeira, Rabbi Yekoutiel Abuhatzeira, à ses gendres Rav Crispin et Rav ‘Haïm Pinto rabbin des villes d’Ashdod et de Kiryat Malakhi, et aussi à son petit-fils Rav Yoshiyahou Pinto. Et les membres de la famille ont ajouté encore et encore sur le lien unique du grand-père Baba Meir avec le Rabbi et les émissaires du Rabbi au Maroc.

Le fils, Rabbi David Abuhatzeira de Nahariya – fils de Baba Meir – a parlé longuement du lien des émissaires au Maroc, Rav Michael Lipsker et Rav Shlomo Matusof, avec son père Baba Meir, et a dit du Rabbi: « Toute l’influence de la génération vient à travers le Tsadik, le Tsadik fondation du monde. Chaque génération a un Tsadik à travers lequel tout vient, dans le matériel, le spirituel, le conseil, la sagesse ».

Le fils, l’Admour Rabbi Raphaël Abuhatzeira, qui est monté du Maroc dans son enfance, a raconté : « J’ai beaucoup entendu de mon père – Baba Meir – sur les lettres qu’il recevait du Rabbi de Loubavitch, et le lien amical spécial qu’il avait avec les émissaires du Rabbi au Maroc. Mon père – Baba Meir et mon grand-père – Baba Sali, avaient un lien fort avec le Rabbi et ses émissaires ».

Celui qui souhaite approfondir ses connaissances sur le lien de la famille Baba Sali et Baba Meir avec le Rabbi et les émissaires du Rabbi au Maroc, et leur soutien aux campagnes du Rabbi et aux institutions ‘Habad, pourra consulter les livres L’histoire de ‘Habad au Maroc,

 

 

Barouh Dayan Haemet : Disparition du Rav Yaakov Schnor a’h, 90 ans, figure emblématique de Habad à Jérusalem

Barouh Dayan Haemet : Disparition du Rav Yaakov Schnor a’h, 90 ans, figure emblématique de Habad à Jérusalem

C’est avec une profonde tristesse que la communauté Habad de Jérusalem a appris le décès du Rav Yaakov Schnor, l’un des militants les plus éminents du mouvement dans la Ville sainte. Ancien représentant de Habad à la mairie de Jérusalem, il fut l’un des initiateurs et promoteurs de la construction de la résidence Habad dans le quartier de Ramat Shlomo. Il s’est éteint à l’âge de 90 ans, laissant derrière lui un héritage considérable.

 

 

Une vie au service de la communauté

Né en 5695 (1935), le Rav Schnor a exercé durant plusieurs années, dans les années soixante, les fonctions de représentant de Habad auprès de la municipalité de Jérusalem. Il a œuvré sans relâche pour les intérêts du mouvement dans la ville.

Reconnu comme un homme d’éducation et d’action, il s’est dévoué corps et âme au service de la collectivité comme des particuliers, avec un dévouement sans limite. Son expérience de longue date et son professionnalisme ont été mis au service du développement de Jérusalem.

Bâtisseur de la présence Habad à Jérusalem

Parmi ses réalisations majeures, le Rav Schnor figure au nombre des initiateurs et promoteurs d’un quartier Habad dans le quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem. Il fut également à l’origine de l’attribution du nom « Admour de Loubavitch » à une rue située au cœur du quartier et où se trouve le 770 de Jérusalem.

Ses funérailles se sont déroulés aujourd’hui, mercredi, au cimetière de Har Hamenouhot où il a été inhumé. Son épouse, Mme Rivka Ra’hel, de mémoire bénie, est décédée le 8 Chevat 5763.

Il laisse derrière lui une descendance bénie :

  • son fils le Rav Pin’has Schnor de Ramat Shlomo

ainsi que ses filles :

  • Pessya Rosenberg de Jérusalem,
  • ‘Hanna Ben Sha’har de Kfar Habad,
  • Dvora Teichtel de Jérusalem,
  • Tsipora Goldberg
  • et Sarah Weinfeld de Ramat Shlomo.

 

 

4 Chevat : Hilloula de Rabbi Israel Abehassera – « Baba Salé et le Rabbi de Loubavitch »

4 Chevat : Hilloula de Rabbi Israel Abehassera – « Baba Salé et le Rabbi de Loubavitch »

Le 4 Chevat 5744, Rabbi Israel Abehassera, familièrement appelé Baba Salé s’éteignit en Israel, à Nétivot.

Né en 5650 (1889), le jour de Roch-Hachana, dans le Tafilalet (Sud marocain), d’une lignée prestigieuse remontant à Rabbi Yaacov Abouhassira זצ »ל, cet homme exceptionnel vivait, depuis sa tendre enfance, détaché des choses de ce monde. Etudiant tout autant le « Niglé » (Talmud et décisionnaires) que la Kabbalah, chaque jour pendant 18 heures, il acquiert très vite une envergure inimaginable dans la connaissance de la Torah.

Devenu orphelin très tôt, il va occuper à un âge précoce le poste de Roch-Yéchivah pour toute la région du Tafilalet. En 5681 (1921 – il est alors âgé de 31 ans) il fait un séjour d’un an en Terre Sainte, où il étudie avec les sages de Jérusalem dans la Yéchivah « Porat-Yossef ». Il fait l’émerveillement de tous par son érudition et son humilité vraie. De retour au Maroc, il se voit confier la responsabilité d’un grand nombre de communautés. Il fait ensuite, à partir de 5711 (1951), plusieurs séjours en Eretz-Israël et en France, entrecoupés de retour au Maroc, puis il décide en 5724 (1964) de s’établir définitivement sur la Terre Sainte. Il s’installe à Yavneh, et à Achlékon, et en 5730 (1970), il fixe son lieu de résidence à Nétivoth, dans le Néguev, d’où il quittera ce monde le 4 Chevat 5744 (1984).

Sa foi en la venue imminente du Machia’h, et son impatience à l’attendre, étaient célèbres. A tous ceux qui assiégeaient sa demeure pour recevoir ses bénédictions, il communiquait cette foi et cette flamme.

Ce que le monde connaît moins est son lien particulier avec l’enseignement du Baal Chem Tov et de ses saints disciples, particulièrement avec l’« Admour Hazaken », auteur du Tanya et fondateur de ‘Habad.

Au cours de ses fréquents séjours en France (entre 5714 et 5724) il préférait se réfugier au calme, derrière les murs de la Yéchivah «Tom’hei Tmimim Loubavitch» de Brunoy, où il pouvait se consacrer, particulièrement pendant les mois d’Elloul et de Tichri, à l’étude de la Torah et au service de la Téfilah. L’un de ses ouvrages de prédilection était le «Likoutei-Torah» du Baal-Hatanya.

Le Rav Yehochoua Hadad שליט »א de Milan, se souvient qu’il eut le privilège, en Elloul 5716, d’avoir été choisi pour être le « ‘Havrouta » (le compagnon d’études) du « Baba Salé », à l’étude du « Likoutei Torah ». Il raconte que, devant les stupéfiantes révélations de cet ouvrage, le Tsadik éclatait parfois d’un rire joyeux, dénotant une délectation profonde, incompréhensible pour un être ordinaire, et qu’il s’écriait : « Zalman ! Où as-tu pris cela ? »

Le Rav Ma’khlouf Aminadav Krispin שליט »א, marié à la petite-fille du Tsadik, raconte que celui-ci, habitant alors Yavneh, mit à la porte de sa maison un Rav important qui dirigeait un « Collel » dans la même ville, parce que ce dernier avait fait une remarque désobligeante à l’égard du Baal Chem Tov. Il était alors entré dans une grande colère, lui lançant : « Qui êtes-vous pour entrer dans un tel sujet et arbitrer entre des Grands ? Je sais, moi, qui est le Baal-Chem-Tov. Maintenant, sortez d’ici, je ne veux plus vous voir à côté de moi ! ». Puis il avait appelé le Rav Krispin, initiateur de la visite, l’avait sermonné pour avoir introduit dans sa demeure un homme qui parlait contre le Baal Chem Tov, et avait ajouté : « Tu vas voir, si ce Collel reste à Yavneh, je ne suis plus Baba Salé ». Bien entendu, le Tsadik ne parla à personne de cet incident, mais le lendemain, le maire de Yavneh convoqua le Roch-Collel et l’informa que le Ministère de l’Intérieur avait coupé les subventions aux étudiants de son Collel. Ce même jour, le Collel cessa toute activité, comme l’avait prédit le Tsadik.

La relation avec le Rabbi

Les liens du « Baba Salé » avec le Rabbi étaient extraordinaires. Dans une lettre (reproduite dans « Igueroth-Kodech », lettre 1370 du 26 Teveth 5712 ( 1 – 2)), le Rabbi le complimente et le bénit pour sa décision de monter en Terre Sainte, dictée par la Providence Divine et destinée à fortifier l’esprit de nos frères, les influençant à renforcer la Torah et les Mitsvot, particulièrement à veiller à ce que leurs enfants ne tombent pas dans les pièges de l’éducation relâchée, mais à ce qu’ils reçoivent, sans exception, celle de la Torah et des Mitsvot, de la crainte de D-ieu et de la Tradition des saints ancêtres…

Dans une autre lettre ( 1 – 2 – 3 – 4), le Rabbi l’encourage, à cause de la situation spirituelle médiocre en Eretz-Israël, à ne pas rechercher la retraite au calme que Baba Salé envisageait, ni même à quitter la Terre Sainte pour trouver refuge aux Etats-Unis, mais, «ayant le mérite, de par le Ciel, d’être un dirigeant du peuple d’Israël, auquel des milliers d’hommes obéissent, parce que vous possédez des forces puissantes, il est donc souhaitable que vous demeuriez à proximité des lieux où habitent nos frères séfaradim (Chlita) assoiffés de la Torah de D-ieu… Je vous conseille donc de rester en Eretz-Israël.»

Cette lettre l’encourageant à fixer sa résidence en Eretz-Israël, faisait suite à plusieurs autres missives où le Rabbi l’exhortait à monter en Terre Sainte. Particulièrement après que le «Baba Salé» ait consulté l’avis du Rabbi sur le fait qu’il voulait se retirer au calme pour s’y consacrer à l’étude de la Torah et au Service divin, envisageant même de se fixer aux Etats-Unis.

Le Rav Bentsion Grossman שליט »א rapporte ce qu’il entendit des proches du Tsadik : «le fait que Baba Salé ait voulu habiter aux Etats-Unis en 5712 (1952) est assez surprenant, car ce pays ne regorgeait pas d’institutions «orthodoxes» à cette époque, et encore moins de communautés séfarades organisées, aussi qu’y recherchait-il?».

Les mêmes personnes répondent, pour l’avoir entendu de Baba Salé, qu’il voulait rejoindre le Rabbi, pour œuvrer avec lui dans l’instauration de la Guéoula, et c’est à cet effet qu’il demandait son avis. Le Rabbi lui répondit, en une missive pleine de références kabbalistiques, qu’il lui conseillait de se fixer en Eretz-Israël… « afin d’employer les trésors d’aptitudes que lui avaient légués ses saints ancêtres, et de livrer combat au mauvais penchant et aux forces du mal, en tête des troupes qui obéissent à sa volonté, pour diffuser le Divin tout autour d’eux ».

Dans la lettre 2083 (du 13 Nissan 5713) le Rabbi se réjouit de ce que Baba Salé ait bien accueilli sa précédente missive où il lui conseillait « ’employer ses forces au service du public et de ne pas choisir l’isolement».

C’est à partir de cette époque que Rabbi Israël soutint toutes les initiatives et campagnes du Rabbi. Lorsqu’il revint au Maroc, en 5714, et qu’il vit tout ce qu’avaient réalisé les émissaires du Rabbi dans toutes les villes et régions du pays, il remercia le Rabbi par lettre d’une manière particulièrement chaleureuse. De retour en Terre Sainte en 5724, il continua à soutenir le Rabbi et ses émissaires, manifesta publiquement sa coopération à la «campagne des Téfilines» lancée par le Rabbi, en s’associant à la lettre collective de soutien, que contresignèrent tant d’autres autorités, comme Rabbi Ezra Attia זצ »ל et Rabbi Rafaël-Barou’kh Toledano זצ »ל.

Il soutint également de manière publique la campagne pour l’allumage des bougies de Chabbat par les fillettes.

Lorsqu’on vint lui raconter qu’un Rav connu s’opposait à cette mesure, il répondit à ses informateurs d’un air étonné : « Comment comparer une mouche aux ailes coupées à l’aigle planant dans les cieux?»

Il lutta de toutes ses forces contre le décret inique de «Mihou Yehoudi», l’amendement à la Loi du retour qui reconnaît comme juive toute personne qui s’est convertie sans mentionner la nécessité d’une conversion conforme à la Hala’kha, la loi pratique du Judaïsme. Cet amendement est malheureusement toujours en vigueur du fait des pressions exercées par les réformés américains sur les gouvernements successifs d’Israël, avec chantage aux aides du Congrès américain à la clé. Il envoya lettres et télégrammes à tous ceux qui luttaient pour l’abrogation de cette loi, exprimant son espoir qu’en fin de compte, c’est la Hala’kha qui serait seule reconnue en la matière.

Tout lui revient

Rapportées par son gendre, le Rav Yachar Edrehi שליט »א, plusieurs anecdotes montrent, s’il en était besoin, l’admiration inconditionnelle du Tsadik envers le Rabbi.

Pendant le deuil qu’il observait après le départ de son fils le Tsadik Rabbi Méir זצ »ל, il reçut une lettre de consolation du Rabbi. Lorsqu’on lui communiqua la lettre, il se mit debout, et s’écria, le visage baigné de larmes : «Qui suis-je et que suis-je, pour que le Rabbi de Loubavitch pense à moi et m’envoie une lettre de condoléances?»

Une autre fois, un Rav qui lui rendait visite, le questionna sur le fait que les ‘hassidim disaient que le Rabbi est le roi Machia’h. «Baba-Salé» lui répondit avec un sourire et une expression d’admiration : « Echtahil Kolchi ! » (en arabe : « Tout lui revient, il mérite tout »).

Le Rav Yossef Deutch זצ »ל ; Roch-Yéchivah à Yérouchalaïm racontait volontiers : « Un jour où je participais à un repas chez le Tsadik, j’eus l’occasion de répéter des paroles de Torah prononcées par le Rabbi. Lorsqu’il m’entendit citer le nom du Rabbi, il leva la main et dit : « Vé-Lo Yikhath ‘Amim ». Ces mots sont extraits du verset 10 (chapitre 49) de Beréchith, faisant référence au roi Machia’h : « …. A lui les nations obéiront ».

 

 

Les nuages du Chabbat : la vision mystique du Rabbi de Ryjine

Les nuages du Chabbat : la vision mystique du Rabbi de Ryjine

Surnommé « Der Heiliger Ruzhiner » – le Saint de Ryjine – Rabbi Israël Friedman fut l’un des plus grands maîtres hassidiques du XIXe siècle, dont la cour royale attirait des dizaines de milliers de disciples. Cette histoire extraordinaire, transmise de génération en génération, nous révèle comment ce Tsadik légendaire percevait la transformation mystique du monde à l’entrée du Chabbat.

 

 

Un descendant du Roi David

Rabbi Israël Friedman naquit le 3 Tichri 5557 (1796) à Pohrebychtche, près de Kiev, dans une lignée d’une noblesse spirituelle exceptionnelle. Son arrière-grand-père n’était autre que Rabbi Dov Ber, le Maguid de Mezeritch, principal disciple du Baal Chem Tov et successeur à la tête du mouvement hassidique. Son grand-père, Rabbi Avraham, était surnommé « HaMalakh » – l’Ange – en raison de sa sainteté extraordinaire.

Orphelin de père à l’âge de six ans, le jeune Israël fut élevé par son frère aîné Avraham. À treize ans, il épousa Sarah, fille de Rabbi Moché Efrati de Berditchev. Trois ans plus tard, à la mort de son frère, il lui succéda à la tête de la communauté hassidique. Il s’installa ensuite à Ryjine, en Ukraine, où sa réputation de sainteté attira rapidement des milliers de fidèles, faisant de sa cour la plus grande et la plus influente communauté hassidique du sud-ouest de la Zone de Résidence.

Le Rabbi de Ryjine revendiquait une descendance de la lignée royale du Roi David, et sa cour reflétait cette dimension royale : une demeure palatiale aux meubles somptueux, un carrosse aux poignées d’argent tiré par quatre chevaux blancs, une suite d’assistants, et des vêtements ornés de boutons en or massif. Mais cette magnificence extérieure n’était que le reflet d’une grandeur spirituelle intérieure que tous les autres Tsadikim de son époque reconnaissaient unanimement.

Une mission extraordinaire

Un vénérable maître hassidique nourrissait un désir ardent : rencontrer le Rabbi de Ryjine. Tous les Tsadikim, tous les saints maîtres, se rendaient auprès de ce Rabbi légendaire. Mais son âge avancé l’empêchait d’entreprendre ce voyage vers Ryjine, en Ukraine.

Il confia alors une mission à l’un de ses plus proches disciples, Rabbi Its’hak : « Rends-toi à Ryjine, passe un Chabbat auprès du Rabbi, et reviens me raconter ce qui s’y passe. »

Chacun savait que certains moments étaient sacrés dans la vie du Rabbi de Ryjine, des instants où nul ne devait pénétrer dans sa chambre. Les minutes précédant le Chabbat comptaient parmi ces temps réservés. Pourtant, lorsque le Rabbi apprit qu’un émissaire spécial avait été envoyé par un grand maître, il fit parvenir un message au jeune homme : « Viens me rejoindre dix minutes avant l’entrée du Chabbat. »

Une scène inattendue

Rabbi Its’hak se prépara avec une ferveur intense. Il s’imaginait entrer dans la chambre du saint Rabbi et le trouver assis, revêtu de son châle de prière, étudiant la paracha de la semaine en préparation du Chabbat.

Mais la réalité fut tout autre.

Lorsqu’il fut introduit dans la chambre sainte, le Rabbi de Ryjine fumait sa pipe. La pièce entière était emplie de fumée. Le jeune émissaire observait, tremblant intérieurement, tandis que les minutes s’égrenaient. Le Rabbi emplissait l’univers entier de l’encens du Grand Prêtre.

Le temps passait, inexorablement. Plus que deux minutes avant le Chabbat. Le Rabbi fumait toujours.

Puis, à la seconde précise de l’allumage des bougies, pas une fraction de seconde avant ni après, le Rabbi posa sa pipe.

La révélation des nuages du Chabbat

« Un grand Rav m’envoie quelqu’un », dit le Rabbi de Ryjine à son visiteur. « Viens à la fenêtre. J’aimerais te montrer quelque chose. »

Le saint Rabbi regarda par la fenêtre et demanda au jeune homme :

« Vois-tu ? Peux-tu voir les nuages du Chabbat ? Peux-tu voir les nuages des jours de semaine qui cèdent leur place aux nuages du Chabbat ? Peux-tu voir le ciel des six jours de la semaine qui fait place au ciel du Chabbat ? Ressens-tu le vent ? Ressens-tu le vent du sixième jour qui cède sa place au vent du Chabbat ? »

Et le Rabbi de continuer, avec une intensité croissante :

« Peux-tu voir ? Peux-tu voir le monde entier, le monde entier, le monde de ce sixième jour de la semaine qui fait place au monde du Chabbat ? »

« Gut Chabbes ! Gut Chabbes ! Gut Chabbes ! »

L’héritage d’un géant spirituel

Le Rabbi de Ryjine quitta ce monde le 3 Hechvan 5611 (1850), à l’âge de 54 ans, après avoir été emprisonné pendant près de deux ans par le Tsar Nicolas Ier, jaloux de son influence. Après sa libération, il s’était établi à Sadigura, en Autriche, où il avait reconstitué sa cour dans toute sa splendeur. Ses six fils fondèrent chacun des dynasties hassidiques qui perdurent jusqu’à ce jour : Sadigura, Boyan, Tchortkov, Husiatyn, Bohush et Shtefanesht.

Cette histoire des nuages du Chabbat nous enseigne que le septième jour n’est pas simplement un changement de date sur le calendrier. C’est une transformation complète de la création tout entière. Les nuages changent, le ciel change, le vent change, le monde entier se métamorphose pour accueillir la sainteté du Chabbat.

Le Rabbi de Ryjine, par sa sensibilité spirituelle exceptionnelle, percevait cette transition cosmique et invitait ses visiteurs à ouvrir leurs yeux à cette réalité invisible aux regards ordinaires. Une invitation qui résonne encore aujourd’hui pour chaque Juif qui accueille le Chabbat.

 

 

Le duo Yidel Werdyger et Nemouel Harroch célèbre la construction d’un foyer juif

Le duo Yidel Werdyger et Nemouel Harroch célèbre la construction d’un foyer juif

 

Les artistes Yidel Werdyger et Nemouel Harroch dévoilent leur nouveau single « Bezé Habayit » (Dans cette maison), accompagné d’un clip touchant filmé lors du mariage de la fille de Harroch. Cette collaboration artistique, née d’une rencontre fortuite à Londres, illustre la beauté des traditions musicales hassidiques. Le titre, devenu viral ces dernières semaines, résonne particulièrement auprès de la communauté.

 

 

 

 

Une rencontre providentielle à Londres

L’histoire de cette collaboration musicale débute lors d’un mariage de la famille Kahn à Londres. Yidel Werdyger, artiste reconnu dans le monde de la musique hassidique, interprète pour la première fois « Bezé Habayit », un nigoun empreint d’émotion célébrant la fondation d’un foyer juif.

Parmi les convives ce soir-là, Nemouel Harroch, également figure incontournable de la scène musicale juive, découvre ce titre et en perçoit immédiatement le potentiel. « J’ai été saisi par la profondeur de cette mélodie », confie-t-il. Sans hésiter, il propose à Yidel l’idée d’un duo.

Yidel Werdyger : l’héritier d’une dynastie musicale légendaire

Yidel Werdyger, né en 1971 à Brooklyn, incarne la troisième génération d’une véritable dynastie de la musique hassidique. Il est le fils de Mordechai Ben David (MBD), surnommé « The King of Jewish Music », lui-même fils du légendaire Hazzan David Werdyger, survivant de la Shoah et inscrit sur la célèbre liste de Schindler.

Chanteur et producteur accompli, Yidel perpétue l’héritage familial en mêlant tradition hassidique et sonorités contemporaines. Il collabore régulièrement avec les membres de sa famille, notamment son oncle Mendy Werdyger et son cousin Yisroel Werdyger, dans des projets qui ont marqué l’histoire de la musique juive.

Nemouel Harroch : la voix qui touche les cœurs

Nemouel Harroch s’est imposé comme l’une des voix les plus appréciées de la scène musicale juive contemporaine. Depuis son premier album sorti en 2016, ce chanteur franco-israélien a su conquérir un large public bien au-delà de la communauté orthodoxe, grâce à un style unique mêlant tradition hassidique et arrangements modernes.

Son répertoire, principalement en hébreu mais également en français et en anglais, lui a valu de nombreuses collaborations prestigieuses, notamment avec le compositeur légendaire Yossi Green, Mendy Jerufi, Eli Herzlich ou encore Haïm Israël. Artiste proche de la communauté Habad, Nemouel s’est notamment produit aux Hakafot Chéniot à Kfar Habad et a chanté lors du 40ème Siyoum Harambam à Jérusalem. Marié et père de famille, il est également impliqué dans diverses œuvres de charité.

Un cadeau musical pour un jour unique

Quelque temps après leur rencontre londonienne, Yidel Werdyger recontacte son ami avec une proposition inattendue : sortir officiellement le single à l’occasion du mariage de la fille de Nemouel. Cette attention particulière transforme le projet musical en véritable cadeau de mariage, ajoutant une dimension personnelle et familiale à cette création artistique.

Le clip, tourné durant les festivités du mariage, capture l’authenticité et la joie de cet événement. Les images montrent les deux artistes interprétant ensemble ce titre célébrant la construction d’un foyer, précisément au moment où une nouvelle famille se forme sous la ‘Houppa.

Un message universel de bénédiction

« Bezé Habayit » porte en lui les aspirations de tout couple juif : bâtir un foyer empreint de Torah, de bonté et de lumière. Les paroles évoquent les bénédictions traditionnelles accompagnant les jeunes mariés dans leur nouvelle vie commune.

Cette collaboration entre Yidel Werdyger et Nemouel Harroch témoigne de la vitalité de la musique hassidique contemporaine, capable de toucher les cœurs tout en perpétuant les traditions ancestrales. Le clip, désormais disponible, invite chaque spectateur à partager l’émotion de ce moment unique où l’art rencontre la célébration familiale.

Jérusalem : Farbrenguen de Roch Hodech Chevat à la Yechiva Torat Emet

Jérusalem : Farbrenguen de Roch Hodech Chevat à la Yechiva Torat Emet

 

À l’occasion de Roch Hodech Chevat, un grand Farbrenguen s’est tenu hier soir à la Yechiva Torat Emet de Jérusalem. Cette soirée d’inspiration préparait les étudiants au jour lumineux du 10 Chevat. Le Rav Zalman Gourlik, Chalia’h du Rabbi à Beer-Sheva, a captivé les Temimim jusqu’aux petites heures du matin.

 

 

Une soirée de préparation spirituelle intense

La Yechiva Torat Emet, institution phare du mouvement Habad-Loubavitch dans la capitale israélienne, a accueilli hier soir une assemblée de Temimim venus se ressourcer à l’approche d’une date majeure du calendrier hassidique. Le Farbrenguen, cette tradition de rassemblement fraternel autour de paroles de Torah et d’encouragements spirituels, a réuni de nombreux étudiants dans une atmosphère empreinte de ferveur.

Le Rav Zalman Gourlik, orateur de la soirée

Pour animer cette soirée exceptionnelle, c’est le Rav Zalman Gourlik, émissaire du Rabbi dans la ville de Beer-Sheva, qui a été invité à s’adresser aux jeunes hommes présents. Connu pour son éloquence et sa capacité à toucher les cœurs, le Rav Gourlik a su captiver son auditoire pendant de longues heures, prolongeant les échanges jusqu’aux petites heures de la nuit.

Le 10 Chevat, une date charnière

Ce Farbrenguen s’inscrit dans le cadre des préparatifs du 10 Chevat, date anniversaire de la Hilloula du précédent Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, et jour où le Rabbi a officiellement accepté la direction du mouvement en 1951. Cette journée représente un moment de profonde introspection et de renouvellement des engagements pour les Hassidim du monde entier.

Les photographies de Dov Ber Hechtman témoignent de l’intensité de cette soirée mémorable qui a renforcé les liens entre les Temimim et leur attachement aux enseignements du Rabbi.

 

 

 

Visite aux soldats blessés, Téfilines et chants à Nahal Oz : une journée de lumière signée Habad 77

Visite aux soldats blessés, Téfilines et chants à Nahal Oz : une journée de lumière signée Habad 77

 

Plus de 400 soldats réunis, 18 paires de Tefilines offertes et une délégation venue de France et d’Israël : la 21ᵉ Mission Solidarité Israël de Habad 77 a marqué les esprits ce dimanche. Entre visites aux blessés et célébrations sur l’une des bases les plus touchées du 7 octobre, cette journée restera gravée dans les mémoires.

 

 

 

Depuis plus de deux décennies, Habad 77 poursuit sans relâche sa mission auprès des soldats israéliens. Ce dimanche, la 21ᵉ édition de la Mission Solidarité Israël a rassemblé une délégation de partenaires venus de France et d’Israël, conduite par le Rav Yossi Amar et son épouse Tzal’ha. L’objectif demeure inchangé depuis les origines : apporter soutien moral, chaleur humaine et force spirituelle à ceux qui défendent l’État hébreu.

Des rencontres bouleversantes avec les soldats blessés

La journée a débuté par une visite aux soldats en rééducation. Ces jeunes hommes, marqués physiquement par les combats mais debout dans leur esprit, ont livré des témoignages poignants. « Leurs récits nous ont donné une véritable leçon de vie et d’espoir », confie un membre de la délégation. Face à leur courage et leur dévouement, chaque participant a pu mesurer l’ampleur du sacrifice consenti pour la protection du peuple d’Israël.

Nahal Oz : la base meurtrie retrouve la lumière

La mission s’est poursuivie sur la base de Nahal Oz, l’une des plus durement frappées lors des événements tragiques du 7 octobre. Habad 77 y a organisé un grand barbecue pour plus de 400 soldats, dans une atmosphère de fraternité retrouvée. Moment fort de cette journée : 18 paires de Tefilines ont été offertes à des soldats qui, pour certains, n’avaient jamais eu ce mérite auparavant.

Les chants et les danses ont transformé la base en un lieu de célébration. L’un des commandants présents a tenu à exprimer sa gratitude : « Depuis le 7 octobre, nous n’avons jamais connu ici un événement d’une telle ampleur, avec autant de chaleur et d’amour. »

Un message d’unité qui dépasse les frontières

Les remerciements sincères des soldats, l’émotion visible sur leurs visages, les sourires arrachés à la dureté du quotidien militaire : ces instants ne se racontent pas, ils se vivent. La soirée s’est achevée par des danses pleines d’unité et de force, laissant un souvenir impérissable dans le cœur de tous les participants.

Cette 21ᵉ mission porte un message puissant : la solidarité des Juifs de la diaspora traverse les frontières et transcende les épreuves. Am Israël ‘Haï n’est pas qu’un slogan, c’est une réalité tangible qui se manifeste à chaque rencontre, à chaque étreinte, à chaque prière partagée.

Le Beth Habad 77 : plus de vingt ans au service de la communauté juive

Fondé au printemps 2002 par le Rav Yossi Amar et son épouse Tzal’ha, le Beth Habad Seine-et-Marne s’est imposé comme un centre de vie juive incontournable en Île-de-France. Situé au cœur de Pontault-Combault, à proximité de Marne-la-Vallée, cette « maison Habad » accueille chaque personne sans distinction de niveau de pratique religieuse ou de convictions personnelles.

Branche du Beth Loubavitch Île-de-France, reconnu d’utilité publique depuis 1995, Habad 77 propose une offre complète : cours de Torah pour tous les niveaux, Talmud Torah pour les enfants, préparation au mariage, offices religieux et conférences. Le centre dispose également d’un Mikvé moderne et d’un espace dédié aux femmes. L’application ETORAH, créée par le Rav Amar, met à disposition plus de 1 700 cours en ligne, tandis que les Éditions du Beth Habad 77 diffusent des ouvrages en français et en hébreu.

Au-delà de l’enseignement, Habad 77 mène des actions sociales auprès des plus démunis et organise chaque année cette Mission Solidarité Israël qui, depuis 21 ans, témoigne de l’engagement indéfectible de la communauté française envers les soldats de Tsahal.

 

 

Le lieutenant-colonel Avigdor Dikstein : l’officier Habad qui se bat pour les soldats orthodoxes

Le lieutenant-colonel Avigdor Dikstein : l’officier Habad qui se bat pour les soldats orthodoxes

Au cœur de Tsahal, un homme incarne le pont entre le monde religieux orthodoxe et l’armée israélienne. Le lieutenant-colonel Avigdor Dikstein, Hassid Habad et chef de la branche ‘harédim, a annoncé devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset l’envoi prochain de 14 000 nouveaux ordres de conscription à destination de la communauté ‘harédite. Portrait d’un officier qui considère sa fonction comme une véritable Chli’hout du Rabbi, au cœur d’un défi national majeur.

 

 

 

14 000 ordres de conscription en trois vagues

Interrogé sur la capacité de Tsahal à atteindre son objectif de 4 800 recrues ‘harédites sur l’année avec cette nouvelle vague d’ordres de conscription, le lieutenant-colonel Dikstein a répondu sans détour : « Non. » Une franchise qui illustre l’ampleur du défi auquel fait face l’armée israélienne dans ce dossier sensible.

Le calendrier présenté devant la commission parlementaire est précis. Le 13 mars, une première vague de 5 000 ordres sera envoyée. Le 6 avril suivra une deuxième vague de 4 000 ordres. Enfin, le 4 mai, une troisième vague de 5 000 ordres complétera ce dispositif. Sur ce total de 14 000 convocations, 9 100 seront envoyées de manière aléatoire aux ‘harédim éligibles au service militaire, tandis que 4 900 cibleront ceux que Tsahal estime susceptibles de se présenter effectivement au centre de recrutement.

Cette seconde catégorie comprend notamment les personnes exerçant une activité professionnelle, les étudiants de l’enseignement supérieur ou les détenteurs d’un permis de conduire — autant d’indicateurs suggérant qu’ils ne sont pas engagés dans des études de Torah à temps plein en Yechiva. Au cours de l’année écoulée, environ 70 000 hommes ‘harédim ont été répertoriés comme éligibles au service militaire.

Un bilan en demi-teinte depuis la décision historique

Ces ordres de conscription, qui constituent la première étape du processus de sélection et d’évaluation mené par l’armée en vue du recrutement, interviennent après la décision historique de la Haute Cour de Justice en juin 2024. Cette décision a établi qu’il n’existait plus aucun cadre juridique permettant à l’État de s’abstenir de recruter les étudiants de Yechiva ‘harédim dans l’armée.

Entre juillet 2024 et ce mois-ci, Tsahal a envoyé 10 000 ordres de conscription initiaux aux membres de la communauté ‘harédite en plusieurs vagues. À ce jour, seuls 177 d’entre eux se sont effectivement engagés dans l’armée. Certains sont encore en cours de processus d’enrôlement. Le lieutenant-colonel Dikstein a également indiqué que 2 231 seconds ordres de conscription ont été envoyés à ceux qui ne se sont pas présentés aux centres de recrutement après avoir reçu un premier ordre.

Le mécanisme de sanctions progressives

Plus de 1 000 « mandats d’arrêt » ont été émis à l’encontre de ceux qui ont ignoré le second ordre de conscription. Toutefois, la Police militaire de Tsahal ne prévoit pas de procéder à des arrestations effectives, préférant attendre que ces personnes soient déclarées « insoumis » et laisser les forces de l’ordre civiles gérer la suite.

Le processus est graduel. Après réception d’un mandat d’arrêt, les recrues concernées reçoivent un ordre de mobilisation immédiate. Si elles l’ignorent, elles sont déclarées insoumises. Les conséquences de ce statut sont significatives : interdiction de quitter le territoire israélien et possibilité d’arrestation lors de tout contrôle de police. À ce jour, 265 ‘harédim sur les 10 000 ayant reçu un ordre ont été déclarés insoumis, a précisé le lieutenant-colonel Dikstein.

Un engagement personnel au service de la nation

Dans les couloirs du centre de recrutement, le lieutenant-colonel Avigdor Dikstein s’adresse aux nouvelles recrues avec une conviction palpable. Père de cinq enfants et servant dans Tsahal depuis plus de seize ans, cet officier a fait de l’intégration des soldats ‘harédim sa mission de vie. « Souvenez-vous que vous êtes en Chli’hout. Être dans l’armée de défense d’Israël, c’est une Chli’hout », lance-t-il aux jeunes hommes qui viennent tout juste d’enfiler l’uniforme.

Sur son bureau trône une photo du Rabbi de Loubavitch, rappel constant de ce qui l’anime. « Cette photo me rappelle que je suis en Chli’hout, que nous nous trouvons à un moment critique et important pour l’unité du peuple d’Israël, qu’il y a une déchirure qu’il faut recoudre », confie-t-il. Pour Dikstein, qui s’est engagé à l’âge de 21 ans, Tsahal possède la capacité de réparer ce tissu social fragilisé entre les différentes composantes de la société israélienne.

Une mission entre terrain et politique

La semaine du lieutenant-colonel se partage entre deux fronts bien distincts. D’un côté, le travail de terrain auprès des unités accueillant des soldats ‘harédim. De l’autre, les interminables discussions à la Knesset autour de ce que l’on nomme communément « la loi sur le service militaire ». Une position délicate qui le place au cœur des tensions entre les exigences de l’armée et les réticences d’une partie de la communauté orthodoxe.

« Il y a une tendance à la hausse, mais une année normale ne suffit pas, elle ne correspond pas à ce dont nous avons besoin », reconnaît-il face aux journalistes. Le besoin opérationnel est considérable, et les chiffres actuels, bien qu’en progression, restent éloignés des objectifs fixés. La semaine dernière, environ 540 ‘harédim ont revêtu l’uniforme, tant dans les unités combattantes que dans les fonctions de soutien au combat.

L’équilibre délicat entre loi et confiance

Suite à la décision de la Haute Cour de Justice, l’armée a dû envoyer des dizaines de milliers d’ordres de convocation au cours de l’année écoulée, et a même commencé à procéder à quelques arrestations de réfractaires. Une politique d’application de la loi qui suscite des critiques de toutes parts et remet en question les conventions établies selon lesquelles le changement ne devait venir que par le dialogue, le consensus et la législation.

« Il y a une décision de la Haute Cour et il y a des directives que nous devons appliquer conformément à la loi », explique le lieutenant-colonel. « Nous les appliquons selon la loi et nous comprenons qu’il y a des ‘harédim qui viendront à l’armée même contraints et forcés. C’est ainsi. Que faire ? Il y a une loi dans ce pays. » Cette approche vise à renforcer à la fois la confiance avec le public ‘harédi et l’effet dissuasif.

Préserver la spiritualité sous l’uniforme

Pour Dikstein, l’enjeu fondamental demeure la préservation de l’identité religieuse des soldats. « Une partie de ma responsabilité est de veiller à ce que pas même un millième de votre observance de la Torah et des Mitsvot ne diminue », assure-t-il aux recrues. L’armée a mis en place des environnements adaptés, avec des unités spécialement conçues pour accueillir les jeunes issus du monde ‘harédi.

Le projet « ‘Hashmonaïm », nom de code pour ces nouvelles structures combattantes, vise à créer un environnement de commandement adapté plutôt que d’intégrer les ‘harédim dans des unités existantes. Une approche qui nécessite la formation de cadres sensibilisés aux spécificités de cette population et la mise en place d’infrastructures permettant le maintien d’un mode de vie conforme à la Hala’ha.

Le défi de la définition identitaire

L’une des questions les plus épineuses reste celle de la définition même du terme « ‘harédi ». Selon les données de l’année de service précédente, 45% des recrues présentant une « indication ‘harédite » rejoignent des parcours militaires classiques. Une statistique qui soulève des interrogations. « Cette définition inclut des personnes qui ne sont certainement pas ‘harédites », admet Dikstein, tout en rejetant l’affirmation selon laquelle la majorité des engagés ne seraient pas réellement issus de ce milieu.

« Vous ne trouverez aucun « ‘harédimètre » accroché au mur dans nos bureaux », précise-t-il avec une pointe d’humour. « Je ne sonde pas les cœurs et les reins. Pour donner un chiffre, j’ai besoin d’une indication quelconque pour comprendre qui a grandi dans l’écosystème ‘harédi. » La définition actuelle se base sur le parcours éducatif entre 14 et 18 ans, un critère imparfait mais nécessaire pour quantifier les efforts.

Entre espoir et inquiétude

Le lieutenant-colonel Dikstein garde foi en l’avenir. « La meilleure chose qui puisse arriver au peuple d’Israël, à Tsahal, c’est que des masses de ‘harédim se présentent au bureau de recrutement pour prendre une part significative à la sécurité du peuple d’Israël en Terre d’Israël », affirme-t-il. Son travail quotidien consiste à construire cette confiance, pas à pas, entre l’institution militaire et une communauté longtemps restée à l’écart.

Le scénario moins favorable serait que l’opposition persiste et que les voix extrémistes prennent le dessus sur le discours communautaire. « Ils doivent comprendre en profondeur ce qu’est l’armée, comment l’armée permet un mode de vie ‘harédi », insiste Dikstein. « Et s’ils comprennent cela, alors nous n’irons pas vers la vision la moins bonne. Nous irons vers la vision idéale, et avec l’aide de D.ieu, nous réussirons. »

 

Le Nigoun des « Berele de Krementchoug » : une mélodie de nostalgie ressuscitée

Le Nigoun des « Berele de Krementchoug » : une mélodie de nostalgie ressuscitée

 

La communauté ‘hassidique de Krementchoug a marqué l’histoire du mouvement Loubavitch par ses figures emblématiques et ses mélodies poignantes. Parmi ces trésors musicaux, un nigoun particulier témoigne de l’attachement profond de deux ‘Hassidim portant le même prénom. Une nouvelle interprétation vient aujourd’hui redonner vie à cette mélodie chargée d’émotion et de spiritualité.

 

 

 

 

Une communauté légendaire du ‘hassidisme

La communauté Habad de Krementchoug, ville ukrainienne située sur les rives du Dniepr, fut l’une des plus illustres du monde ‘hassidique. Cette renommée s’explique par la présence de Rabbanim et de ‘Hassidim célèbres qui y résidèrent au fil des générations. La ville devint un centre spirituel majeur, rayonnant bien au-delà de ses frontières et contribuant à façonner l’identité du mouvement Loubavitch.

Parmi les personnalités marquantes de cette communauté, deux ‘Hassidim portaient le prénom de « Berel ». Ces deux hommes partageaient un attachement particulier pour une mélodie de nostalgie, un nigoun qui exprimait leur aspiration spirituelle et leur lien profond avec le Rabbi. Cette mélodie, connue sous le nom de « Nigoun des Berele de Krementchoug », est répertoriée comme le nigoun numéro 137 dans le Sefer Hanigunim, le recueil officiel des mélodies Habad.

Une production musicale d’exception

Le studio « Guegouim » (Nostalgies) propose aujourd’hui une nouvelle interprétation de cette mélodie historique. Le Rav Mena’hem Mendel Amar assure la partie vocale, apportant sa sensibilité et sa maîtrise des nigunim traditionnels. L’arrangement musical a été confié à Rav Oved Mounis, tandis que Rav Mordekhaï Broutski signe la production musicale et les parties de violon.

Le projet bénéficie également du conseil et de l’accompagnement du Rav ‘Haïm Weiss, garantissant l’authenticité et la fidélité à la tradition ‘hassidique de cette nouvelle version. Cette collaboration entre artistes et conseillers spirituels illustre l’importance accordée à la préservation du patrimoine musical Loubavitch tout en le rendant accessible aux nouvelles générations.

L’héritage musical de Krementchoug perpétué

Les nigunim occupent une place centrale dans la tradition Habad, servant de vecteurs pour l’élévation spirituelle et la connexion avec le divin. Le nigoun des « Berele de Krementchoug » incarne cette dimension de nostalgie et d’aspiration qui caractérise les mélodies ‘hassidiques les plus profondes. Sa renaissance musicale permet aux ‘Hassidim d’aujourd’hui de renouer avec l’héritage spirituel de leurs prédécesseurs et de perpétuer une tradition vivante qui traverse les époques.

 

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