Qu’est-ce que la ‘Hassidout Habad ?  La réponse qui transformera votre compréhension

Qu’est-ce que la ‘Hassidout Habad ? La réponse qui transformera votre compréhension

Entre présence chaleureuse sur le terrain et profondeur philosophique vertigineuse, la ‘Hassidout Habad semble porter deux visages. Pourtant, ces deux aspects ne forment qu’une seule et même essence. Découvrez le secret d’une tradition qui réconcilie l’intellect le plus élevé avec l’action la plus concrète.

 

Rav Asher Farkash

Un paradoxe apparent

Qui ne connaît pas les ‘Hassidim de Habad ? Ces hommes au sourire lumineux, présents à chaque coin de rue du monde, qui abordent les passants juifs avec une chaleur désarmante : « Viens mettre les Tefillin ! », « As-tu allumé les bougies de Chabbat ? » Ils proposent des Mitsvot, accomplissent de bonnes actions, surgissent à chaque fête juive les bras chargés de présents spirituels. À ‘Hanouka, ce sont les beignets et les Menorот géantes illuminant les places publiques. À Pourim, les Michloa’h Manot distribués avec joie. À Pessa’h, les Matsot acheminées jusqu’aux confins de la terre.

Partout dans le monde, dans les métropoles comme dans les villages les plus reculés, des Beth Habad ouvrent leurs portes avec une générosité sans limite. On y accueille chacun, on y nourrit les corps et les âmes, on y célèbre ensemble les fêtes du calendrier hébraïque. Cette présence universelle est devenue l’image même de Habad aux yeux du monde.

Pourtant, le nom même de Habad raconte une tout autre histoire. Habad est l’acronyme de ‘Hokhma, Bina, Da’at – Sagesse, Intelligence, Connaissance. Ces trois facultés intellectuelles de l’âme désignent une Torah de la profondeur, un chemin de méditation et de contemplation. Les bibliothèques regorgent d’ouvrages ‘hassidiques d’une densité philosophique remarquable, explorant les mystères de la divinité avec une rigueur intellectuelle impressionnante. La prière des ‘Hassidim de Habad se veut prolongée, méditative, nourrie d’une réflexion intérieure intense sur la grandeur du Créateur.

Alors, qu’est-ce exactement que la ‘Hassidout Habad ? Comment réconcilier ces deux visages apparemment si différents ?

Deux dates charnières qui éclairent le mystère

Le calendrier juif nous offre une clé de compréhension précieuse. En ces semaines d’hiver, deux dates majeures se succèdent, séparées par seulement deux semaines.

Le 24 Tévèt marque la Hiloula – l’anniversaire du décès – de l’Admour Hazaken, Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, auteur du Tanya et du Choul’han Aroukh HaRav. Ce géant de la pensée juive, fondateur de la ‘Hassidout Habad, quitta ce monde en l’an 5573 (1812). Son œuvre monumentale posa les fondations intellectuelles et spirituelles de tout le mouvement.

Exactement deux semaines plus tard, le 10 Chevat, nous commémorons la Hiloula de l’Admour HaRayats, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, sixième Rabbi de Loubavitch, disparu en 5710 (1950). Cette même date marque également, un an plus tard en 5711 (1951), le jour où le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, accepta la direction du mouvement.

Ces deux dates encadrent ainsi toute l’histoire de la ‘Hassidout Habad, depuis son fondateur jusqu’à son septième dirigeant. Et lorsqu’on étudie les textes et les enseignements de ces différentes époques, la même apparente dualité surgit. D’un côté, l’Admour Hazaken exigeant de ses disciples un travail intérieur intense, une méditation profonde sur l’Unité divine, des prières enflammant les cœurs. Les récits des premiers ‘Hassidim décrivent des hommes d’une stature spirituelle exceptionnelle, des justes saints et purs, servant D.ieu avec un amour brûlant et une crainte révérencielle.

De l’autre côté, notre génération semble tournée vers l’extérieur : des émissaires déployés aux quatre coins du globe, des campagnes de Mitsvot, une activité incessante sur le terrain. Où est passée la contemplation ? Qu’est devenue la méditation ?

La vérité est que ces deux faces appartiennent à une même pièce de monnaie. Mieux encore : elles constituent l’expression naturelle et nécessaire d’une seule et même essence.

Le message originel du Baal Chem Tov

Pour comprendre cette unité profonde, il faut remonter à la source. Tout commence avec le Baal Chem Tov, Rabbi Israël ben Éliézer, qui illumina le monde juif au XVIIIe siècle en révélant la Torah de la ‘Hassidout.

Le Baal Chem Tov reçut un message céleste qui allait définir toute sa mission : « Yafoutsou ma’aynotekha ‘houtsa » – « Que tes sources se répandent au-dehors. » Cette promesse divine lui fut transmise lors d’une élévation d’âme où il rencontra le Machia’h. À sa question « Quand viendra le Maître ? », le Roi Messie répondit : « Lorsque tes sources se répandront au-dehors. »

Ce message fondateur contient toute la clé. Le Baal Chem Tov n’est pas venu apporter simplement un nouvel enseignement parmi d’autres. Il est venu préparer le peuple juif – et à travers lui le monde entier – à la Délivrance messianique. Son œuvre s’inscrit dans une perspective eschatologique : hâter la venue du Machia’h en diffusant les secrets de la Torah.

Au cœur de l’enseignement du Baal Chem Tov se trouve la révélation de l’Unité divine. Cette lumière qui, aux temps messianiques, illuminera le monde entier d’une clarté absolue. Ce jour où « Ein od milvado » – « Il n’y a rien d’autre que Lui » – ne sera plus seulement une vérité de foi, mais une évidence palpable, ressentie par chaque créature.

Le but ultime de la Création révélé

L’Admour Hazaken développe cette idée avec une profondeur saisissante au chapitre 36 du Tanya. Toute la Création, depuis le premier instant du Beréchit, n’existe que pour atteindre un seul but : la révélation divine absolue des temps messianiques et de la Résurrection des morts.

Chaque instant de l’histoire, chaque événement, chaque vie humaine s’inscrit dans cette trajectoire cosmique. Le monde fut créé pour devenir le réceptacle de la lumière divine, pour que D.ieu puisse y établir Sa demeure. Tout ce qui précède n’est que préparation à cet accomplissement final.

Les prophètes d’Israël ont chanté cette vision avec des accents d’une beauté bouleversante. « Et l’Éternel sera Roi sur toute la terre ; en ce jour-là, l’Éternel sera Un et Son Nom sera Un », proclame Zacharie. « L’Éternel régnera pour toujours et à jamais », chante Moché Rabbénou après la traversée de la Mer Rouge. « Écoute Israël, l’Éternel notre D.ieu, l’Éternel est Un » – cette profession de foi quotidienne annonce la révélation future de l’Unité divine. « Et la gloire de l’Éternel se révélera, et toute chair verra ensemble que la bouche de l’Éternel a parlé », prophétise Isaïe.

Le Machia’h viendra, et la matière elle-même – la chair, le monde physique dans sa densité – proclamera l’Unité divine. La réalité matérielle, qui semble aujourd’hui voiler la présence de D.ieu, deviendra le miroir le plus éclatant de Sa gloire.

L’Admour Hazaken : porter l’Unité au niveau de l’intellect

Le Baal Chem Tov révéla cette vérité avec la force d’un éclair. L’Admour Hazaken lui donna la structure d’un édifice intellectuel.

Dans les douze chapitres du Chaar HaYi’houd VehaÉmouna – la Porte de l’Unité et de la Foi, deuxième partie du Tanya – l’Admour Hazaken expose l’essence de la Torah du Baal Chem Tov : le renouvellement constant de la Création. À chaque instant, le Saint béni soit-Il recrée le monde par Sa parole. Sans cette énergie divine permanente, l’univers retournerait instantanément au néant.

L’Admour Hazaken va plus loin encore. Si notre œil pouvait percevoir la réalité véritable, écrit-il, nous ne verrions pas le monde tel qu’il nous apparaît. Nous verrions uniquement la lumière divine qui anime chaque détail de l’existence. Car cette lumière constitue l’essence même de la réalité – le reste n’est qu’apparence, voile, illusion passagère.

C’est immense. C’est vertigineux. Et la grandeur de la ‘Hassidout Habad est d’élever cette vérité au niveau de ‘Hokhma, Bina, Da’at – de la rendre accessible à l’intellect humain. Non seulement croire en l’Unité divine, mais la comprendre, la méditer, la saisir avec les facultés de l’âme.

L’Admour Hazaken transmit cet enseignement à des milliers de disciples. Par ses discours enflammés, par les pages lumineuses du Tanya, il leur révéla que chaque action, chaque parole, chaque pensée peut devenir un véhicule pour manifester l’Unité divine ici-bas. Chaque Mitsva accomplie, chaque prière prononcée, chaque étude de Torah rapproche le monde de son accomplissement final.

La joie incomparable de la méditation sur l’Unité

L’Admour Hazaken décrit dans le Tanya l’expérience du Juif qui médite sur l’Unité du Saint béni soit-Il. Même s’il se trouve en exil, loin de la Terre Sainte, dans un lieu apparemment éloigné de toute sainteté – s’il concentre sa pensée sur cette vérité que « Ein od milvado », il n’y a rien d’autre que Lui, alors il goûte une joie sans pareille.

Quelle joie ? L’Admour Hazaken propose une image saisissante : la joie d’un fils dont le père, le Roi, vient séjourner auprès de lui dans une humble auberge. Imaginez l’émotion, le bonheur indicible de cette rencontre ! Le Roi des rois, le Maître de l’univers, Se trouve avec moi, ici même, en ce lieu précis. La Présence divine m’accompagne, m’enveloppe, me porte.

Celui qui intériorise cette vérité voit toute sa vie transformée. Les tensions s’évanouissent, les angoisses se dissipent. Il est connecté au Ciel, ancré dans l’Éternel – il ne tombe plus. La sérénité l’habite, la joie l’illumine, la paix règne dans son cœur. Car il sait, d’une connaissance qui dépasse la simple croyance, que D.ieu est la seule réalité véritable et que tout le reste n’existe qu’en Lui et par Lui.

C’est le secret de l’Unité révélé par le Baal Chem Tov, porté par l’Admour Hazaken au niveau de l’intellect pour que chaque Juif puisse l’étudier, le comprendre, l’intérioriser et le vivre au quotidien.

Sept générations pour accomplir la mission sacrée

Génération après génération, les Rebbeïm de Habad ont approfondi et diffusé cet enseignement, chacun selon le style et les besoins de son époque.

L’Admour Haémtsa’i, Rabbi DovBer, fils de l’Admour Hazaken, développa les concepts avec une ampleur intellectuelle remarquable. L’Admour le Tsema’h Tsédek, Rabbi Mena’hem Mendel, troisième Rabbi, harmonisa la ‘Hassidout avec l’ensemble de la Torah. L’Admour le Maharach, Rabbi Chmouel, enseigna à ses ‘Hassidim l’audace spirituelle : « Le monde dit que si l’on ne peut pas passer par-dessous, on passe par-dessus. Et moi je dis : d’emblée, par-dessus ! » L’Admour le Rachab, Rabbi Chalom DovBer, fonda la Yechiva Tomkhei Temimim pour former une nouvelle génération de ‘Hassidim érudits et dévoués.

Des milliers et des milliers de pages de ‘Hassidout furent rédigées au fil de ces générations. Chaque discours, chaque lettre, chaque enseignement poursuivait le même but : rapprocher la lumière divine de la Création, rapprocher l’homme de son Créateur, révéler le secret de l’existence en chaque aspect de la vie, percevoir la présence du Saint béni soit-Il en chaque détail du réel.

L’Admour HaRayats : le désert transformé en jardin

Puis vint l’Admour HaRayats, Rabbi Yossef Its’hak, sixième Rabbi de Loubavitch. Son destin fut de porter la lumière de la ‘Hassidout vers de nouveaux horizons.

Fuyant l’Europe en flammes, l’Admour HaRayats arriva en Amérique en 1940. Ce qu’il y trouva le consterna : un désert spirituel, une terre où le judaïsme semblait voué à disparaître, assimilé dans le grand melting-pot américain. Les rabbins de l’époque déclaraient avec résignation que l’Amérique était « différente », que les anciennes traditions ne pouvaient y survivre.

L’Admour HaRayats refusa cette fatalité. Sa proclamation résonna comme un coup de tonnerre : « L’Amérique n’est pas différente ! » Il affirma avec une certitude inébranlable qu’il venait dans ce pays pour le transformer en un lieu de Torah, de ‘Hassidout, de sainteté. Ce qui semblait alors parfaitement utopique – chimérique même – devint réalité sous nos yeux.

Le désert s’est transformé en Gan Éden. L’Amérique, terre d’assimilation, est devenue un centre mondial du judaïsme vivant. Des milliers de Beth Habad, des centaines de Yechivot, des communautés florissantes – tout cela a germé des graines plantées par l’Admour HaRayats et cultivées par son successeur.

Le Rabbi : accomplir la mission de la septième génération

Le 10 Chevat 5711 (1951), après une année entière où les ‘Hassidim l’implorèrent d’accepter la direction et où il refusa, le Rabbi prononça enfin son premier discours de Rabbi. Ce discours historique, « Bati Legani A’hoti Kala » – « Je suis venu dans Mon jardin, Ma sœur, Ma fiancée » – définit la mission de notre génération.

Le Rabbi y expliqua que nous sommes la septième génération depuis l’Admour Hazaken. Et dans la Torah, le septième occupe une place unique : « Kol hachevi’im ‘havivim » – « Tous les septièmes sont bien-aimés. » Le Chabbat, septième jour, est le plus saint. Moché Rabbénou, septième depuis Avraham Avinou, fut celui qui reçut la Torah et fit descendre la Chekhina sur terre.

Mais le Rabbi ajouta une nuance capitale : pour que le septième soit bien-aimé, il faut qu’existe un premier. Le septième n’a de sens que par rapport au premier dont il est l’aboutissement. Qui fut le premier ? Avraham Avinou, qui parcourut le monde en proclamant « E-l Olam » – révélant que D.ieu et le monde ne font qu’un.

Moché Rabbénou, le septième, acheva cette œuvre en faisant descendre la Présence divine sur le Mont Sinaï, en révélant « Anokhi Hachem Elokekha » – « Je suis l’Éternel ton D.ieu. »

Notre génération, septième depuis l’Admour Hazaken, doit accomplir la même mission : amener la Chekhina ici-bas, dans ce monde matériel, de la manière la plus concrète qui soit.

Le lien profond entre contemplation et action

Voilà enfin révélé le lien entre les deux visages de Habad.

L’Admour Hazaken bâtit les fondations. Il enseigna aux Juifs à comprendre l’Unité divine, à méditer sur la grandeur du Créateur, à ressentir Sa présence en chaque instant. Cette intériorisation n’est pas une fin en soi – elle est le moteur d’une action transformatrice.

Car celui qui ressent véritablement l’Unité divine en lui-même ne peut se contenter de cette expérience personnelle. Il brûle de la partager, de la révéler au monde entier. Si D.ieu est la seule réalité, alors chaque Juif doit le savoir. Chaque recoin du monde doit devenir une demeure pour le Divin.

C’est pourquoi le ‘Hassid de Habad sort dans la rue. C’est pourquoi il aborde un inconnu pour lui proposer les Tefillin. C’est pourquoi il s’installe au bout du monde pour y ouvrir un Beth Habad. Non par activisme aveugle, mais par débordement intérieur. La lumière qu’il a perçue dans sa méditation, il veut l’offrir à tous.

L’action n’est pas une alternative à la contemplation – elle en est le fruit naturel et nécessaire. Et la contemplation n’est pas un luxe réservé à une élite – elle est la source qui alimente l’action et lui donne son sens.

Préparer chaque recoin du monde à la Délivrance

La mission du ‘Hassid de Habad est ainsi parfaitement claire : amener la vérité absolue du « Ein od milvado » – l’Unité divine – au sein de la Création, dans chaque recoin, chaque lieu, chaque détail. Faire en sorte que chaque Juif soit connecté au Saint béni soit-Il, qu’il devienne partie prenante du but de la Création.

C’est ce que le Rabbi appelait « préparer le monde à accueillir le Machia’h ». Non pas attendre passivement la Délivrance, mais la construire activement, un Juif à la fois, une Mitsva à la fois, un acte de bonté à la fois.

Notre génération, enseignait le Rabbi, est celle qui doit briser toutes les barrières. Aucun lieu n’est trop éloigné, aucun Juif n’est inaccessible, aucun obstacle n’est insurmontable. La lumière de la ‘Hassidout doit atteindre chaque âme juive, pour que chacun puisse vivre cette vérité au quotidien.

L’appel de notre époque

En ces jours bénis, entre la Hiloula de l’Admour Hazaken le 24 Tévèt et la Hiloula de l’Admour HaRayats le 10 Chevat, nous sommes appelés à méditer sur cet héritage extraordinaire.

L’Admour Hazaken nous a donné les outils intellectuels pour comprendre l’Unité divine. L’Admour HaRayats a démontré qu’aucun lieu n’est imperméable à la sainteté. Le Rabbi nous a confié la mission d’achever l’œuvre, de préparer le monde à la Délivrance finale.

Puissions-nous nous préparer dignement, étudier les enseignements du Rabbi sur le « Bati Legani », intérioriser le message de la ‘Hassidout, et sortir éveiller encore un Juif, puis un autre, à la connaissance du Saint béni soit-Il.

Vers l’accomplissement de la promesse

Alors s’accomplira la promesse des prophètes. Alors se réalisera le verset : « Tu as été montré pour savoir que l’Éternel est D.ieu, il n’y a rien d’autre que Lui. »

Nous verrons de nos propres yeux cette vérité absolue que le Saint béni soit-Il est la seule réalité véritable. Le voile se lèvera, l’illusion se dissipera, et la gloire divine resplendira dans chaque parcelle de la Création.

Ce jour est proche. Chaque Mitsva nous en rapproche. Chaque Juif éveillé hâte sa venue.

Avec la venue du Machia’h Tsidkénou, rapidement de nos jours, Amen !

Nouvel échec cuisant à la Knesset : la proposition de loi «Qui est juif» a été rejetée en séance plénière

Nouvel échec cuisant à la Knesset : la proposition de loi «Qui est juif» a été rejetée en séance plénière

Un nouvel échec cuisant à la Knesset : la proposition de loi «Qui est juif», portée par le député Avi Maoz, visant à réserver l’enregistrement comme juif aux seuls tribunaux rabbiniques, a été rejetée en séance plénière. Alors que les déclarations publiques se multipliaient en faveur de cette réforme, notamment lors des célébrations du 19 Kislev à Kfar Habad, les partis de droite ont brillé par leur absence au moment du vote décisif.

 

 

Une proposition visant à contourner la décision de la Haute Cour

La Knesset réunie en séance plénière a rejeté aujourd’hui la proposition de loi «Qui est juif» portée par le député Avi Maoz. Ce texte visait à établir que l’enregistrement comme juif au registre de la population ne pourrait s’effectuer que sur la base d’une conversion reconnue par les tribunaux rabbiniques, et non selon les directives de la Haute Cour de Justice qui avait statué en faveur de la reconnaissance des conversions réformées.

En 2021, la Haute Cour avait en effet ordonné la reconnaissance des conversions réformées et conservatrices en Israël, aux fins d’immigration en vertu de la Loi du Retour. L’article 4a de cette loi stipule qu’est juif « celui qui est né d’une mère juive ou qui s’est converti, et qui n’appartient pas à une autre religion ». La Haute Cour avait alors décrété que les conversions effectuées en dehors du Grand Rabbinat, notamment les conversions réformées, devaient également être reconnues.

La proposition de Maoz cherchait à contourner cette décision judiciaire par le biais de la loi sur le registre de la population, en stipulant que seuls ceux convertis par les tribunaux rabbiniques pourraient être enregistrés comme juifs.

Qui est Avi Maoz ?

Avigdor « Avi » Maoz, né le 6 juillet 1956 à Haïfa, est une figure marquante de la droite religieuse israélienne. Ancien parachutiste de Tsahal, il s’est fait remarquer dans les années 1980 par son combat pour les Juifs soviétiques, notamment en militant pour la libération de Natan Sharansky auprès du président Reagan. Sharansky le nommera ensuite directeur de cabinet dans plusieurs ministères entre 1999 et 2001.

En juillet 2019, Maoz fonde le parti Noam, formation sioniste religieuse inspirée des enseignements du Rav Tsvi Taou de la Yechiva Har Hamor, visant à renforcer l’identité juive d’Israël et l’autorité du Grand Rabbinat. Élu à la Knesset en 2021 puis réélu en 2022, il devient vice-ministre chargé de l’« Autorité de l’identité nationale juive ». Après avoir démissionné de ce poste en février 2023, il quitte définitivement la coalition en juillet 2025 et siège désormais dans l’opposition.

Un vote sans appel : 60 contre 15

Lors du vote en séance plénière, 60 députés se sont prononcés contre la proposition, tandis que seulement 15 l’ont soutenue, parmi lesquels les membres de Yahadout HaTorah et du Shass. La proposition a ainsi été rejetée dès la lecture préliminaire.

Dans l’entourage du député Maoz, on affirme que « le vote d’aujourd’hui a mis en lumière les déclarations du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Il y a tout juste un mois, lors des célébrations du 19 Kislev à Kfar Habad, le ministre s’était adressé publiquement au président de la coalition en déclarant : « Nous devons faire passer la loi Qui est juif ». Le résultat en séance plénière démontre que malgré ces déclarations fermes à Kfar Habad, Otsmah Yehoudit ne s’est pas mobilisée derrière cette initiative. »

L’appel du Rav Yeruslavski resté sans réponse

Le Rav Its'hak Yehouda Yeruslavsky : "Au cours des dernières 24 heures, quatre Hassidim Habad qui n'étaient pas été vaccinés n'ont pas survécu au Coronavirus" - hassidout.org« Malgré un appel personnel et direct du président du tribunal rabbinique Habad, le Rav Its’hak Yeruslavski, au ministre Betsalel Smotrich et au président d’Otsmah Yehoudit, le ministre Itamar Ben Gvir, les exhortant à soutenir cette proposition de loi, tous deux ont choisi, avec les membres de leurs partis respectifs, de disparaître et de faire échouer le texte », déplore-t-on au sein du parti Noam à la Knesset.

L’initiateur de la loi, le député Avi Maoz, a déclaré après le vote qu’il s’agissait d’un « échec historique », soulignant que le combat pour l’identité juive de l’État d’Israël se poursuivrait tant sur la scène publique que parlementaire. Selon lui, « aujourd’hui, on a vu clairement qui est prêt à assumer ses déclarations sur le caractère juif de l’État et qui choisit de fuir au moment de vérité. »

Des accusations de « manœuvre politique cynique »

Du côté d’Otsmah Yehoudit et de la coalition, on réplique aux accusations en affirmant que « le député Maoz ne souhaite pas réellement faire passer la loi Qui est juif, mais plutôt effectuer une manœuvre politique cynique. »

« La proposition de loi du député Avi Maoz, issu de l’opposition, compromet les chances de faire adopter la loi Qui est juif, car la majorité requise n’existe pas actuellement. Lorsqu’une loi est soumise au vote et qu’elle échoue, le prochain vote est automatiquement reporté de six mois. C’est précisément ce que fait Maoz en ce moment : il tente d’engranger un bénéfice politique, mais en réalité, il nuit aux chances d’adoption de la loi. »

La coalition ajoute que « la méthode employée par Maoz est totalement contraire à la position des Rabbanim de Habad, qui ont ordonné de ne promouvoir cette loi que lorsque la majorité nécessaire à son adoption serait réunie. »

« Il semble malheureusement que l’objectif d’Avi Maoz soit de tenter de déstabiliser la coalition et de porter atteinte à la stabilité du gouvernement de droite. » Ils précisent également qu’« après le retrait de la proposition de l’ordre du jour de la plénière, il faudra attendre six mois avant de pouvoir la représenter. Il n’y a désormais aucune chance que cette loi soit de nouveau soumise avant les prochaines élections, prévues pour le 16 Hechvan 5787. »

Les partis ‘Harédim votent selon leur conscience

Les partis ‘Harédim, actuellement dans l’opposition en raison de la loi sur l’enrôlement militaire, ne sont pas soumis à la discipline de coalition et ont voté en faveur de la proposition du député Maoz. En revanche, il est très décevant de constater que les députés de droite se sont pliés à la discipline de coalition, les membres d’Otsmah et de la Tsionout Hadatit s’étant abstenus en s’absentant de la séance plénière lors du vote.

Quoi qu’il en soit, avec ces luttes intestines au sein des partis de droite, il apparaît que l’amendement tant attendu à la loi «Qui est juif», pour lequel le Rabbi a tant plaidé, tarde encore à se concrétiser. L’assimilation dramatique résultant de l’absence de correction de cette loi continue de faire des ravages au sein du peuple juif, en Israël comme en diaspora.aspora.

 

Voici la traduction de cette lettre du Rav Its’hak Yehouda Yerouslavski :


Rav Its’hak Yehouda Yerouslavski
Rav et Président du tribunal rabbinique de Na’halat Har Habad Kiryat Malakhi

Avec l’aide de D.ieu

Jeudi 14 Kislev 5785

Aux honorables dirigeants Présidents des partis religieux et ‘Harédim

Le Rav Arieh Chlit »a Deri, le Rav Its’hak Chlit »a Goldknopf, le Rav Betsalel Chlit »a Smotrich, le Rav Itamar Chlit »a Ben Gvir

Paix et bénédiction !

Je viens par la présente avec une demande particulière et personnelle à tous ceux qui portent le nom d’Israël, concernant l’amendement de la loi « Qui est juif ».

Ce sujet tenait profondément à cœur au Rabbi de Loubavitch, et pendant de nombreuses années, il n’a cessé de plaider pour cet amendement à la loi, afin qu’il soit inscrit conformément à la Halakha selon laquelle est juif celui qui est né d’une mère juive ou qui s’est converti selon la Halakha.

Il est certain que l’amendement de cette question apportera le renforcement des affaires spirituelles dans notre Terre Sainte et ajoutera la continuité de la bénédiction divine et une grande réussite dans toutes les affaires du judaïsme qui sont à l’ordre du jour en ces temps.

Je vous demande de soutenir la proposition de loi sur le registre de la population qui sera présentée par le député Avi Maoz, et de contribuer à l’amendement de cette question qui concerne chacun des fils et filles d’Israël résidant en Terre d’Israël et en diaspora.

Avec bénédiction de réussite en tout.

Rav Its’hak Yehouda Yerouslavski
Kiryat Malakhi Terre Sainte,
Tamouz 5781

Une intervention américaine pourrait avoir lieu en Iran dans les prochaines 24 heures

Une intervention américaine pourrait avoir lieu en Iran dans les prochaines 24 heures

 

Selon des sources européennes citées par l’agence Reuters, une intervention militaire américaine en Iran pourrait survenir dans les prochaines 24 heures. Les tensions entre Washington et Téhéran atteignent un paroxysme alors que la répression des manifestations contre le régime des ayatollahs provoque un bain de sang dans les hôpitaux iraniens. Le président Trump aurait déjà pris la décision d’intervenir, bien que l’ampleur et le calendrier de l’opération restent à préciser.

 

Chaine C14

 

Une intervention militaire jugée probable par les sources européennes

Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, sur fond de contestation populaire contre le régime dictatorial des ayatollahs, atteignent leur paroxysme. Selon l’agence de presse Reuters, deux sources européennes ont affirmé ce mercredi qu’une intervention militaire américaine en Iran paraissait probable, l’une d’entre elles précisant même qu’elle pourrait se produire dans les 24 heures à venir.

Le rapport indique par ailleurs qu’une source israélienne aurait déclaré que Trump semble avoir pris la décision d’intervenir, bien que l’ampleur de cette intervention et son calendrier n’aient pas encore été clarifiés. Parallèlement, le New York Times évoque des cyberattaques et des frappes contre les services de sécurité comme scénarios les plus probables.

Un impressionnant dispositif naval américain en place

Le rapport mentionne également que le porte-avions Roosevelt est entré en mer Rouge, et que trois destroyers lance-missiles ainsi qu’un sous-marin équipé de missiles de croisière se trouvent actuellement dans la zone de responsabilité du Commandement central. Selon notre correspondant diplomatique Tamir Morag, il s’agit d’une puissance de feu plus que suffisante, même en tenant compte du refus de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie d’autoriser les avions américains à décoller depuis les bases situées sur leur territoire.

Les hôpitaux iraniens transformés en champs de bataille

Tandis que Trump promet d’intervenir, les informations parvenant d’Iran au cours des dernières 24 heures dressent un tableau cauchemardesque. Alors que la vague de manifestations contre le régime islamique refuse de s’essouffler, les hôpitaux du pays se sont transformés en véritables champs de bataille. Un rapport du New York Post révèle que les équipes médicales sont au point de rupture, contraintes de faire face à un afflux inimaginable de blessés et de morts qui envahissent les couloirs.

Des médecins des grandes villes, notamment Téhéran et Chiraz, décrivent une réalité difficile à concevoir. « Cela ne ressemble pas à un hôpital, cela ressemble à une zone de guerre », a témoigné un médecin local. Selon les équipes soignantes, le flux de blessés ne tarit pas, la plupart souffrant de blessures par balles réelles à la tête et à la poitrine. « Il y a des rivières de sang dans les couloirs. Nous opérons sans relâche, sans dormir, mais le matériel s’épuise et la charge est tout simplement insupportable. »

Le Qatar exige le départ immédiat des forces américaines

Dans ce contexte, les forces de l’armée américaine ont reçu l’ordre de quitter immédiatement la base au Qatar d’ici ce soir. Il s’agit de la plus grande base américaine au Moyen-Orient, où sont stationnés environ dix mille soldats américains. Parallèlement, un haut responsable iranien a déclaré à Reuters que son pays avait averti plusieurs États de la région qu’il attaquerait les bases américaines situées sur leur territoire si les États-Unis lançaient une offensive contre lui.

Israël anticipe une opération combinée

En Israël également, on estime que le président américain ordonnera une frappe en Iran. Selon les évaluations, l’opération envisagée serait de nature combinée et comprendrait des frappes aériennes visant des objectifs stratégiques et des bases du régime, une cyberattaque massive destinée à paralyser le système de commandement et de contrôle des Gardiens de la Révolution, ainsi que des opérations de guerre psychologique visant à intensifier davantage les manifestations à travers le pays et à encourager la désobéissance civile.

Le précédent des frappes nucléaires de l’été dernier

L’administration Trump avait présenté le bombardement des sites nucléaires iraniens l’été dernier comme l’un de ses grands succès militaires. Des bombardiers furtifs B-2 de l’US Air Force avaient largué 14 des plus grosses bombes au monde, frappant deux installations nucléaires iraniennes sans aucune perte américaine, qu’il s’agisse de vies humaines ou d’aéronefs, y compris les dizaines de chasseurs, ravitailleurs et avions de soutien ayant participé à la mission.

Cependant, toute nouvelle attaque américaine contre la République islamique ne ressemblera probablement pas aux frappes ponctuelles de l’été dernier, estiment les analystes. Une attaque en soutien aux manifestants devrait cibler une série de centres de commandement et d’autres objectifs liés aux Gardiens de la Révolution islamique (les Pasdaran), aux forces Bassidj qui leur sont affiliées, ainsi qu’à la police iranienne, principales organisations responsables de la répression sanglante de la contestation.

Le risque de victimes civiles : un écueil majeur

Or ces centres de commandement sont situés dans des zones peuplées, ce qui implique un risque substantiel que les raids américains tuent les civils mêmes que Trump cherche à soutenir. Et tuer des civils pourrait se retourner contre Washington.

« Quoi que fassent les États-Unis, ils doivent être très précis, sans aucune victime non liée aux Pasdaran », souligne Carl Schuster, analyste basé à Hawaï et ancien capitaine de la marine américaine. Toute attaque causant des pertes civiles, « même involontairement », risquerait d’aliéner les « dissidents qui ne sont unis que par leur haine du régime. Des victimes feraient de nous une puissance étrangère cherchant à réprimer et dominer l’Iran, et non une influence libératrice », avertit Schuster.

Quelles cibles pour Washington ?

Peter Layton, chercheur invité au Griffith Asia Institute en Australie, partage cette prudence concernant d’éventuelles victimes civiles, mais affirme qu’un éventail diversifié de cibles s’offre à Washington.

Premièrement, les hauts dirigeants iraniens pourraient être vulnérables, très probablement de manière indirecte, car l’Iran a tiré les leçons des attaques israéliennes qui ont ciblé et tué des membres éminents de l’appareil militaire iranien et des scientifiques nucléaires l’année dernière. Les dirigeants iraniens ont compris « la nécessité de disperser et de cacher ce qui leur est précieux. Nous avons démontré que nous pouvions frapper ce que nous pouvions localiser », explique Schuster.

Néanmoins, frapper les domiciles et bureaux des dirigeants du régime enverrait un message, selon Layton. « La valeur militaire est faible, mais c’est vraiment une mise en scène pour faire quelque chose en faveur des manifestants », précise-t-il.

Washington pourrait également frapper les dirigeants iraniens au portefeuille. « Les dirigeants et les Pasdaran possèdent toute une gamme d’entreprises commerciales et d’activités lucratives à travers le pays. Attaquer les installations spécifiques qui sont financièrement importantes pour eux en tant qu’individus et pour leurs familles », suggère Layton. Ces actifs sont nombreux, selon les estimations du gouvernement australien qui évalue entre un et deux tiers du PIB iranien sous le contrôle des Pasdaran.

L’arsenal américain : missiles de croisière et frappes à distance

Si les bombardiers B-2 constituaient le fer de lance de l’attaque américaine de l’été dernier contre les sites nucléaires, l’éventail diversifié de cibles actuellement envisagé pourrait être plus adapté à d’autres moyens américains.

« Les quartiers généraux régionaux et les bases des Pasdaran peuvent être frappés par des missiles de croisière Tomahawk », indique Schuster. Ces Tomahawk d’une grande précision peuvent être tirés depuis des sous-marins et des navires de surface de l’US Navy, bien au large des côtes iraniennes, minimisant ainsi les risques de pertes américaines.

Une autre option est le missile de croisière JASSM (Joint Air-to-Surface Standoff Missile). Équipé d’une ogive pénétrante de 450 kg et d’une portée allant jusqu’à 1 000 kilomètres, le JASSM peut également être tiré loin des côtes iraniennes depuis toute une gamme d’avions de l’US Air Force, notamment les chasseurs F-15, F-16 et F-35, les bombardiers B-1, B-2 et B-52, ainsi que les chasseurs F/A-18 de l’US Navy.

Les drones pourraient également être utilisés. « Il est peu probable de voir des aéronefs pilotés larguer des munitions à courte portée ou des bombes à chute libre, car cela serait probablement jugé trop risqué », estime Layton.

Un déploiement naval limité par les engagements ailleurs

Bien que les États-Unis disposent habituellement d’un porte-avions au Moyen-Orient, le plus proche, l’USS Abraham Lincoln, se trouvait lundi à des milliers de kilomètres de là, en mer de Chine méridionale. À l’automne, l’administration Trump avait déplacé un groupe aéronaval ainsi qu’une flottille d’autres navires, aéronefs et des milliers de soldats vers les Caraïbes dans le cadre de sa campagne de pression contre le régime vénézuélien. Si certains de ces moyens ont commencé à quitter la région, cela a réduit les options disponibles pour les planificateurs militaires en vue d’une action immédiate contre l’Iran.

Cela signifie que toute frappe aérienne imminente proviendrait d’une série de bases aériennes dans la région du golfe Persique, ou de plus loin encore. Lors des frappes B-2 de l’été dernier, les bombardiers furtifs avaient effectué un vol sans escale depuis leur base du Missouri jusqu’en Iran, avec ravitaillement en vol en cours de route.

Une opération « théâtrale » et de courte durée

Quelle que soit la méthode choisie par l’administration Trump pour frapper l’Iran cette fois-ci, elle sera probablement « dramatique », prédit Layton. « L’administration est attirée par la mise en scène. Cela signifie des événements spectaculaires, attirant les médias et captant l’attention », explique-t-il.

Et l’opération sera probablement rapide, comme la frappe ponctuelle de l’année dernière contre les installations nucléaires. « L’administration privilégie les raids de courte durée impliquant un risque minimal pour les forces américaines engagées. »

Layton suggère qu’une façon d’y parvenir serait de frapper les installations pétrolières dans le golfe Persique. « C’est l’ensemble de cibles le plus facile et le plus sûr », affirme-t-il. « Cela endommagerait l’économie iranienne à moyen et long terme. Un certain spectacle avec de grands panaches de fumée, facile à couvrir pour les médias internationaux. »

Israël face à un moment de vérité historique

Si l’Iran attaque Israël, il ne s’agira plus d’une simple opération. Plus d’échanges de coups mesurés, plus d’opération ponctuelle au nom poétique. Cette fois, Israël se trouvera face à un moment de décision fatidique, dont l’orientation est parfaitement claire.

Les tensions entre Jérusalem, Téhéran et Washington évoluent sur un fil ténu : les États-Unis tenteront peut-être de renverser le régime ou, à tout le moins, de l’affaiblir significativement. Et Israël comprend que l’équation a changé : ce qui était n’est plus ce qui sera, et si les États-Unis souhaitent mener la danse, c’est avec plaisir.

Cependant, une attaque iranienne directe exigerait une réponse d’une tout autre nature. Large, profonde, et surtout une riposte qui ne laisserait pas à l’Iran les mêmes capacités pour le lendemain. Si l’on peut se permettre la comparaison, quelque chose de très similaire à ce qu’a connu la Syrie lors de la chute du régime Assad.

Une doctrine de neutralisation totale des capacités iraniennes

Les options d’Israël, en cas d’action iranienne, ne se résument pas à une frappe symbolique. L’accent sera mis sur la neutralisation des capacités qui nous menacent : atteinte aux infrastructures militaires, aux dispositifs de missiles, au commandement et au contrôle, ainsi qu’aux systèmes permettant à l’Iran d’exercer sa force contre Israël, directement et indirectement. En bref, il ne s’agira pas seulement de « riposter », mais de changer la réalité pour de nombreuses années à venir.

Ce sera une manœuvre complexe, comportant un risque d’escalade régionale et de friction éventuelle avec ce qui reste des Houthis et du Hezbollah. Mais à Jérusalem, on comprend bien les enjeux : si un affrontement nous est imposé, l’objectif ne sera pas la vengeance, mais une victoire décisive et sans équivoque. »

La fascinante tentative d’une graphologue pour percer les mystères de l’âme de l’Admour Hazaken

La fascinante tentative d’une graphologue pour percer les mystères de l’âme de l’Admour Hazaken

 

À l’occasion du 150ᵉ anniversaire de la Hilloula de l’Admour Hazaken, le président israélien Zalman Shazar commanda une étude graphologique de son écriture à une experte de renommée mondiale. Le Rabbi examina cette analyse, en autorisa la publication et exprima son émerveillement face à son exactitude. Voici les résultats de cette étude exceptionnelle.

 

 

Une initiative pour un anniversaire historique

En l’honneur du 150ᵉ anniversaire de la Hilloula de l’Admour Hazaken (5573-5723), le Rabbi initia un véritable Chtourem pour marquer cet événement majeur. Dans cet esprit, une proposition émergea : produire un recueil commémoratif rassemblant des essais académiques sur l’Admour Hazaken, rédigés par les meilleurs écrivains et penseurs de l’époque.

L’idée naquit au sein du club de Hassidout, animé par le président Zalman Shazar, qui réunissait poètes, professeurs et intellectuels juifs. Lorsque M. Shazar écrivit au Rabbi pour lui soumettre cette proposition, celui-ci se montra très enthousiaste et s’impliqua étroitement dans le projet.

Le recueil commémoratif, intitulé Sefer HaKan, comprenait quatorze essais académiques rédigés par des contributeurs issus d’horizons très divers, chacun se concentrant sur un aspect différent de la vie, de la personnalité et des enseignements de l’Admour Hazaken.

Une étude graphologique unique en son genre

L’un des appendices les plus fascinants de ce recueil fut une étude graphologique de l’écriture de l’Admour Hazaken, discipline qui prétend pouvoir déceler le caractère, la personnalité et les tendances émotionnelles d’une personne à travers son écriture.

Une graphologue de renommée mondiale fut engagée par le président Shazar, lui-même prénommé en l’honneur de l’Admour Hazaken. Comme Shazar le précise, cette experte « ne connaissait pas un mot d’hébreu… elle ne savait rien de l’Admour Hazaken, ni de son histoire, ni de l’importance de son rôle dans le monde juif. »

L’étude fut menée sur la base d’une photographie d’un manuscrit authentique, que le président Shazar avait reçue à cette fin du Rabbi. Selon Shazar, « le Rabbi lut l’analyse et donna son accord pour sa publication. »

Dans une lettre adressée à M. Shazar datée de 1959, le Rabbi exprima son émerveillement face aux conclusions : « Si je n’avais pas su que la graphologue ignorait tout de l’Admour Hazaken, et si je ne vous avais pas connu personnellement, je n’aurais jamais cru qu’une telle chose fût possible. »

Le Rabbi exprima également le regret de ne pas avoir suggéré d’utiliser un autre échantillon de l’écriture de l’Admour Hazaken, dont on aurait pu tirer une compréhension encore plus profonde de son caractère.

Une mise en garde importante du Rabbi

Il est important de noter la réponse du Rabbi à l’éditeur du recueil, le Rav Adin Even-Israel, qui lui demandait de rédiger une introduction au Sefer HaKan. Le Rabbi répondit :

« Il n’y a aucune raison pour que je contribue par un article ou quoi que ce soit de similaire à ce recueil, car cela serait interprété comme une forme d’approbation de la part du 770, impliquant que tout ce qui y est écrit doit être étudié et accepté par les Temimim, les Hassidim et les autres. Cela va de soi. »

 


Nous présentons ici l’analyse graphologique dans son intégralité, accompagnée de la brève introduction rédigée par M. Shazar.

Introduction de Zalman Shazar

Mme Ruth Zucker, auteure de cette analyse graphologique de l’écriture de l’Admour Hazaken, est une chercheuse dont l’avis a servi de base à de nombreuses décisions judiciaires en Israël. Elle a appris la théorie de la graphologie auprès du Professeur G. A. Magnat, président de l’Association des Graphologues de Genève, en Suisse, et certaines de ses études graphologiques sur des écrivains ont été publiées dans des revues académiques, lui valant une grande renommée.

Lorsque je lui ai demandé de mener cette analyse graphologique, elle ne connaissait pas un mot d’hébreu. Elle ne pouvait que reconnaître la forme des lettres, sans comprendre le sens des mots. Je l’ai également évaluée avec soin et me suis assuré qu’elle ne savait rien de l’Admour Hazaken, ni de son histoire, ni de l’importance de son rôle dans le monde juif. Tout son écrit reposait uniquement sur l’analyse des lettres, et elle ne rapportait que ce que les lettres lui révélaient.

La recherche fut menée sur la base d’une photographie d’un manuscrit authentique, que j’ai reçue à cette fin du Rabbi de Loubavitch, qui a également lu cette analyse et accepté de la publier.

Lorsque j’ai traduit sa recherche de l’anglais vers l’hébreu, je n’ai pas cherché à exprimer ses idées dans la terminologie propre à la littérature hassidique ; j’ai veillé à ce que les termes conservent leur sens fondamental, tel qu’elle les employait.

Chneur Zalman Shazar

 


L’analyse graphologique de Mme Ruth Zucker


 

Née en 1914 à Bonn, Ruth Zucker intègre dès huit ans un pensionnat à Lausanne, puis l’École internationale de Genève. En 1934, elle suit clandestinement en Palestine le médecin Walter Zucker et s’engage dans la Haganah. Après 1948, elle devient experte en graphologie hébraïque et conseille des dirigeants au Moyen-Orient et en Europe. Dans les années 1970, elle retourne en Allemagne sur invitation de Bonn et œuvre pour la réconciliation judéo-allemande. Grande Européenne, elle appartient à l’Ordre Alexandre pour l’Art et la Science.

Le graphologue qui se trouve devant ce manuscrit extraordinaire éprouve une grande difficulté. Il ne sait comment trouver, dans son vocabulaire moderne, des termes adéquats pour décrire la personnalité révélée par les lettres du manuscrit examiné. Le fossé de mentalité, la distance historique et l’ampleur même du sujet constituent un défi redoutable.

Une difficulté supplémentaire réside dans la rareté du matériel. Cette étude entière repose non pas sur un document original, mais sur une reproduction photographique. Il est donc impossible d’appréhender toute la grandeur de la personnalité de l’auteur. Ces remarques doivent être comprises à la fois comme une explication et comme une excuse.

 

Une première impression saisissante

La première impression transmise par l’écriture est que l’on se trouve devant une figure imposante, élevée et profondément émouvante. Ce qui en ressort est une admiration intense pour une personnalité dotée d’une immense force intérieure, capable de demeurer constamment sous l’influence d’une révérence pour des forces transcendantes.

L’auteur semble avoir été capable de supporter la tension entre deux pulsions intérieures parallèles, une tension qui aurait pu conduire un individu moindre à l’effondrement mental.

La première pulsion était de développer tous ses sens et sa vitalité physique et personnelle jusqu’à leur pleine puissance, créant ainsi une base ferme et stable.

La seconde pulsion était d’élever, sans compromis, toutes les forces émergeant de cette base et de les consacrer entièrement au spirituel. Il cherchait à extraire la puissance brute des sens de leur « état naturel inférieur » et à la transformer en un enthousiasme raffiné, entièrement subordonné aux objectifs spirituels.

Une sublimation sans détachement du monde

À travers ce processus de sublimation, il ne s’est pas détaché du poids terrestre ni de la responsabilité envers le monde matériel. Il semble plutôt avoir atteint une vision intérieure grâce à l’éveil de désirs passionnés qui l’ont élevé au-dessus du niveau terrestre dont ils provenaient. Pourtant, il n’a jamais oublié leur source et l’a acceptée avec une noble simplicité et humilité.

Il était assez humble pour reconnaître cette source, et assez audacieux et dynamique pour s’élever au-delà d’elle et la laisser derrière lui. Il y revenait naturellement, comme on revient à une racine, non par un sentiment de limitation ou d’échec, mais sans aucun sentiment de descente.

L’enthousiasme irrationnel révélé dans l’écriture, qui reflète un dévouement total de soi au travail spirituel, était apparemment toujours équilibré par une puissante pensée rationnelle et par une capacité de jugement stricte et sans concession.

Un commandement intérieur impérieux

Il semble avoir vécu sous un commandement intérieur sévère, presque un ordre suprême, de ramener la contemplation transcendante sur terre. Cette contemplation ne lui était pas accordée gratuitement d’en haut, mais était conquise par une immense lutte intérieure. Il se sentait obligé de lui donner une expression concrète, contraignante et pratique, par amour pour l’humanité et pour l’univers entier.

L’écriture témoigne d’une chaleur constante d’intérêt, qui l’a probablement poussé à rechercher et à découvrir le lien le plus profond possible entre l’humanité — en fait, le cosmos tout entier — et sa propre contemplation du monde élevé. De cette synthèse réussie émergeait une fierté tranquille et ferme, inséparablement liée à l’humilité et à l’absence d’affectation.

Son inclination vers le concret l’a conduit à aspirer à une compréhension systématique et précise du monde, sans crainte de la contradiction ou du mystère, et avec le courage d’affronter même ce qui défie l’explication.

L’humilité face au mystère

Lorsqu’il rencontrait quelque chose qu’il ne pouvait expliquer, il l’acceptait humblement comme un enseignement d’en haut, sans rébellion. En fin de compte, il plaçait plus de confiance dans son humilité que dans sa sagesse.

Pourtant, il est tout à fait possible que sa forte capacité de leadership l’ait empêché d’apparaître publiquement comme simplement humble. Il aspirait à être, de plus en plus, un pilier de soutien pour sa communauté. L’écriture reflète une solidité et une droiture absolues qui lui ont permis de remplir ce rôle.

Un protecteur plus qu’un guide

Plus qu’un désir de guider les autres, il possédait un puissant instinct de les protéger. Les deux tendances étaient fortes et profondément enracinées. Il ressentait un commandement fatal de se tenir fermement comme un exemple vivant pour ceux qui lui étaient loyaux. Et parce qu’il était une personnalité active, la mission d’être un exemple ne pouvait rester passive ; elle portait nécessairement des fruits tangibles en conseils, en aide généreuse et en leadership communautaire actif.

Par moments, il a probablement lutté intérieurement contre le désir de descendre au niveau de ceux qui l’entouraient. À d’autres moments, il cédait à cette impulsion avec bonté et l’exprimait à travers une douceur poétique unique. Pourtant, toujours, uniquement pour retourner immédiatement à sa distance infinie. Ce retrait ressemblait à la plongée d’un plongeur des profondeurs dans un abîme illuminé par des éclairs de révélation et de joie sans bornes.

Un amour distant mais profond

Son élan vers les gens ne signifiait pas une identification totale avec eux. Il demeurait, en quelque sorte, profondément séparé, mais empli d’amour et de compréhension pour les autres. Son amour le rendait infiniment patient avec les gens, tout en étant totalement intransigeant envers lui-même.

Envers lui-même, il vivait strictement selon des lois qu’il s’était imposées, formées par un examen intérieur rigoureux et souvent sévère. Il y adhérait avec une persistance caractéristique et avec le même enthousiasme initial et puissant.

Une imagination maîtrisée

Son écriture montre que dans toutes ses investigations intérieures, il imposait une supervision stricte à son imagination fertile. La vitalité et la créativité de son imagination — qualités qui, chez une personne moindre, auraient pu mener à une expression artistique ou littéraire — l’ont forcé à traiter ses visions avec une retenue sévère.

Il possédait une forte capacité poétique. Très rarement, il se permettait des moments de douce humeur apaisante. Pourtant, il a choisi à la place un chemin d’ascétisme sacré, s’y consacrant presque sans interruption. Il est difficile de déterminer, compte tenu du matériel limité, si son aspiration sans fin vers la vérité provenait d’une aspiration intérieure ou d’un commandement divin extérieur.

Une quête de vérité implacable

Très probablement, les deux étaient vrais à différentes étapes de sa vie. Parfois, il était poussé par le désir de perfection ; à d’autres moments, par un décret intérieur intransigeant qui lui interdisait de se contenter de moins que la plus haute réalisation spirituelle possible.

Il était empli d’une puissante aspiration vers une foi positive, pourtant il n’était jamais prompt à croire et n’avait aucune inclination vers un optimisme naïf. Plus que la plupart des gens, il percevait le côté sombre de la nature humaine et refusait de détourner les yeux de la réalité. Rien n’était plus loin de lui que la crédulité. Il pesait le bien et le mal l’un contre l’autre, et dans cette lutte, il acceptait chaque épreuve et chaque confrontation. Son immense vitalité renforçait le bien, tandis que son intégrité, son sérieux et son honnêteté surmontaient l’obscurité.

Un combat contre le mal pour élever la réalité

Cette lutte n’était pas théorique. C’était un commandement de ne pas accepter le mal, mais de raffiner et d’élever la réalité et de l’illuminer. Ce principe l’a conduit à tenter ce qui semblait souvent impossible. Soutenu par la conviction qu’il vivait sous la tutelle d’une loi suprême, qu’il acceptait joyeusement et servait fidèlement, il était protégé du scepticisme. Son écriture transmet un profond sentiment de sécurité sous un ordre supérieur, compréhensible pour son intellect englobant.

La source de la lutte intérieure

Mais qu’est-ce qui causait cette lutte intérieure constante ? Elle semble avoir surgi de son effort incessant pour comprendre même ce qui dépassait la compréhension rationnelle. Il poursuivait la connaissance avec toute la puissance de sa raison, se méfiant autant de l’imagination que de la foi aveugle, s’efforçant toujours de pénétrer jusqu’à l’essence profonde des idées.

De la lutte à la maturité

Malgré des traces de lutte, l’écriture révèle une forte discipline intérieure, qui a progressivement remplacé le conflit par la maturité. Ce qui était autrefois mouvement passionné est devenu acceptation de la responsabilité et création productive ; l’agitation a cédé la place à la compréhension, à une attention tranquille, à l’amour de la tradition et à une construction patiente sur des fondations solides.

Dans sa personnalité mature, la bataille intérieure s’est apaisée, bien que la résistance à l’opposition extérieure soit demeurée. Sa force l’empêchait de céder au monde extérieur.

Le campus Habad de Los Angeles deviendra le plus grand centre juif d’Amérique du Nord

Le campus Habad de Los Angeles deviendra le plus grand centre juif d’Amérique du Nord

 

Habad de Californie vient d’acquérir un complexe de 16 étages à Los Angeles qui deviendra le Campus Habad pour la vie juive, le plus grand centre juif d’Amérique du Nord. Ce don de 100 millions de dollars représente l’une des plus importantes contributions jamais faites à une organisation juive dans l’histoire. Un acte de reconnaissance qui témoigne de la puissance des liens tissés par le mouvement Habad depuis des décennies.

 

 

Une acquisition historique au cœur de Los Angeles

Habad de la côte Ouest a annoncé aujourd’hui l’acquisition d’un complexe de 16 étages à Los Angeles qui deviendra le Campus Habad pour la vie juive, le plus grand centre juif d’Amérique du Nord. Ce don d’un campus évalué à 100 millions de dollars — l’une des plus importantes contributions à une organisation juive dans l’histoire — provient du professionnel de l’immobilier Alon Abady et de son épouse Monique, en l’honneur de la mère d’Alon, Liora Abady.

L’installation de 28 000 mètres carrés, dotée d’un parking de 1 200 places, située au 9911 W. Pico Boulevard, se trouve au cœur du Los Angeles juif, aux portes de Century City et Beverly Hills. Elle est située directement en face du Hillcrest Country Club et adjacente aux studios Fox ainsi qu’au Centre Simon Wiesenthal.

 

 

Un centre multifonctionnel au service de la communauté

Le Campus Habad pour la vie juive abritera un large éventail de fonctions communautaires juives : une synagogue, des espaces pour les événements du cycle de la vie juive, des programmes pour les jeunes et les seniors, des services de santé mentale et d’aide sociale, un soutien pour des milliers d’étudiants juifs sur les campus universitaires, ainsi que des infrastructures pour les grands rassemblements communautaires et les événements internationaux.

Le campus répondra aux défis communautaires urgents. Il accueillera des établissements éducatifs et proposera des programmes spécialisés pour les enfants ayant des besoins particuliers, des services complets pour la population vieillissante croissante de Californie, ainsi que des musées à la pointe de la technologie utilisant le multimédia pour faire découvrir aux Juifs comme aux non-Juifs l’histoire juive, le patrimoine et l’histoire de la Terre d’Israël.

« Ce sera un épicentre de la vie juive », déclare le Rav ‘Haïm No’houm Cunin. « La portée et l’envergure du centre résonneront à l’échelle mondiale, alors que nous atteignons de nouveaux sommets dans l’expansion de la mission du Rabbi à travers la philanthropie juive, l’action communautaire, l’éducation et les services sociaux. »

Un phare de lumière né d’une histoire de gratitude

Lorsque la famille Abady est arrivée aux États-Unis dans les années 1970, elle n’avait que peu de moyens. En l’espace de deux ans, confrontée à des difficultés financières et sans réseau de soutien vers qui se tourner, elle a rencontré le Rav Barou’h Chlomo Cunin, directeur de Habad-Loubavitch pour la côte Ouest, alors jeune émissaire du Rabbi, le Rav Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, envoyé pour développer Habad-Loubavitch à travers la Californie, avec pour objectif de construire la vie juive dans la région. Le Rav Cunin a aidé la famille à traverser ses difficultés et a contribué à poser les fondations pour reconstruire leur vie.

Alon Abady a ensuite bâti un empire immobilier, et le Rav Cunin a poursuivi sa mission confiée par le Rabbi, transformant la vie juive sur la côte Ouest.

Mais les Abady n’ont jamais oublié.

Lorsque Habad de la côte Ouest a approché Abady au sujet du 9911 W. Pico Boulevard, qu’il avait récemment acquis, la réponse a été immédiate. Il a partagé que la famille n’avait jamais oublié ce que Habad et le Rav Cunin avaient fait pour eux dans leur moment de détresse, et qu’il était temps de rendre cette bonté.

« Ce don reflète notre profond engagement envers la communauté de Los Angeles, toutes confessions et origines confondues, et notre désir de laisser un impact durable qui perdurera pour les générations futures », a déclaré Alon Abady. « Le Centre familial Abady, détenu et géré par le Campus Habad pour la vie juive, est destiné non seulement à être un foyer physique pour la communauté de Los Angeles, mais aussi une plateforme de croissance, d’adaptabilité et de bénéfice communautaire à long terme. C’est un rêve de toute une vie qui me permet également d’honorer mes parents et mes enfants. Quand ma famille a immigré à Los Angeles dans les années 1970, Habad était là pour nous. Cela n’a jamais été oublié. »

Une date providentielle chargée de sens

La signature a eu lieu l’après-midi du vendredi 9 janvier. Alors que Chabbat approchait, les dirigeants et amis de Habad de la côte Ouest se sont précipités vers la propriété pour célébrer et fixer la première Mezouza sur la porte de l’immeuble.

La date juive de la signature coïncidait avec le 20 Tevet, jour anniversaire du décès du Rambam, également connu sous le nom de Maïmonide. En 1984, le Rabbi a établi un cycle d’étude quotidienne de l’œuvre monumentale du Rambam, le Michné Torah, expliquant que cela unirait le peuple juif quelle que soit son origine. Le Rav Cunin a estimé que c’était une date particulièrement propice, car le nouveau centre sera également un point d’unité pour les habitants de Los Angeles de tous horizons.

Une réponse lumineuse face aux ténèbres de l’antisémitisme

Cette annonce intervient durant une période marquée par la montée de l’antisémitisme et des événements terrifiants — plus récemment, le massacre de ‘Hanouka à Bondi, en Australie, qui a coûté la vie à 15 personnes, dont le Rav Eli Schlanger de Habad et le Rav Yaakov Levitan, directeur des opérations de Habad de Bondi.

Habad de la côte Ouest considère l’acquisition de ce qui deviendra le plus grand centre juif d’Amérique du Nord comme une réponse directe aux ténèbres et à la haine, et une manière concrète de mettre en pratique l’enseignement du Rabbi de redoubler de bonnes actions face aux difficultés.

« Ce don extraordinaire reflète la mission du Rabbi d’illuminer le monde par la bonté et la bienveillance », déclare le Rav Barou’h Chalom Cunin. « Le Campus Habad pour la vie juive servira de phare de lumière, renforçant la vie juive tout en élevant et en servant l’ensemble de la communauté de Los Angeles et du monde entier pour les générations à venir. »

 

Netanya : le 50e Beth Habad inauguré dans la ville côtière

Netanya : le 50e Beth Habad inauguré dans la ville côtière

Le Rav Mendy et Sheindi Baytch viennent de partir en Chli’hout à Netanya pour y établir un nouveau Beth Habad. Avec cette nouvelle implantation, la ville atteint le nombre remarquable de cinquante familles de Chli’him du Rabbi. Un développement extraordinaire qui témoigne de l’expansion continue du mouvement Habad-Loubavitch dans cette cité balnéaire.

 

 

Une nouvelle présence dans le quartier Parc Hayam

Le Rav Mendy et son épouse Sheindi Baytch viennent d’être envoyés en mission par le Rabbi dans la ville de Netanya. Leur tâche : établir et développer un Beth Habad dans la partie orientale du nouveau quartier Parc Hayam, actuellement en pleine construction et en plein essor au cœur de la ville.

Un demi-siècle de présence Habad

Avec cette nouvelle implantation, le nombre de familles de Chli’him du Rabbi à Netanya atteint désormais le chiffre impressionnant de cinquante. L’aventure avait commencé lorsque le premier Chalia’h, le Rav Mena’hem Mendel ‘Haïm Barou’h Halévi Wolpo, s’était installé dans la ville au mois d’Adar 5733 (1973). Cette mission faisait partie des soixante et onze nouvelles institutions créées cette année-là pour marquer les soixante-dix ans de la naissance du Rabbi.

Le Rav Wolpo : un pionnier aux racines illustres

Né à Jérusalem le 18 Tamouz 5710 (1950), le Rav Mena’hem Wolpo est le fils du Rav Its’hak Zeev Wolpo, descendant du Gaon de Vilna, et de la Rabbanit Sheindl Mouchka, issue de la famille du Rav Azriel Zélig Slonime. Il représente ainsi la septième génération depuis l’Admour Hazakène, fondateur du mouvement Habad.

Après avoir achevé ses études au 770 Eastern Parkway à Brooklyn, le jeune Mena’hem Wolpo fut choisi par le comité des soixante et onze institutions pour devenir le Chalia’h principal de Netanya. Durant la guerre du Liban, il eut le privilège de rendre visite au Rabbi qui le mentionna publiquement lors du Farbrenguen du 15 Av 5742, l’appelant affectueusement « mon cousin » (« Mainer a Chvester Kind ») devant toute l’assemblée.

 

Beth Habad francophone de Netanya : Remise des diplômes de l'ordination Rabbinique du programme "Lemaan Yilmedou" - hassidout.org

Au fil des années, le Rav Wolpo a tissé des liens étroits avec les dirigeants de la ville et ses autorités rabbiniques, notamment avec le Rav Israël Méir Lau, futur Grand Rabbin d’Israël. Grâce à son influence, il réussit même à faire adopter par le comité municipal de toponymie une décision de nommer une rue au nom du Rabbi, bien que des pressions ultérieures aient conduit à suspendre cette décision.

En 5783 (2023), le Rav Wolpo a célébré cinquante années de Chli’hout à Netanya, marquant un demi-siècle de dévouement absolu à la mission du Rabbi. Son épouse, la Rabbanit Guita Wolpo née Teichtel, dirige l’école Habad pour filles de la ville. Ensemble, ils ont bâti une véritable dynastie de Chli’him : leur fils le Rav Yehosouf Guedalia Wolpo est Chalia’h dans la zone industrielle Sapir et le quartier Agam 3, tandis que plusieurs de leurs gendres occupent des postes clés, dont le Rav Ariel Lemberg, secrétaire général de l’Agoudat ‘Hassidei Habad en Terre Sainte.

Le Rav Nethanel Dreyfus : un pionnier au cœur d’or

Parmi les premiers Chli’him à rejoindre le Rav Wolpo à Netanya figure le regretté Rav Avraham Méir Nethanel Dreyfus, de mémoire bénie, disparu le 10 Elloul 5771 (2011). Né à Paris en 5713 (1953), fils du Professeur Todros Dreyfus, directeur du lycée juif Maïmonide, il émigra en Israël à l’âge de seize ans avec sa famille et s’installa à Jérusalem, dans le quartier de Katamon.

Sa quête spirituelle le conduisit à la Yechiva de Kfar Habad, puis au 770 à Brooklyn, où il devint le traducteur attitré des réponses du Rabbi destinées aux correspondants francophones. En 5737 (1977), avec la bénédiction du Rabbi, il partit en Chli’hout à Netanya où il œuvra pendant trente-quatre ans jusqu’à son décès prématuré à l’âge de cinquante-huit ans.

Récit à l'occasion du Yortzeit du Rav Netanel Dreyfus a'h, qui a quitté ce monde le 10 Elloul 5771-2011 - hassidout.org

Le Rav Dreyfus dirigeait le Beth Habad du centre-ville, rue Smilanski, où il officiait comme Rav et Machpia de la communauté. Il était particulièrement apprécié par les nombreux francophones de la ville. Connu pour sa bonté légendaire, il signait souvent des garanties financières pour des personnes dans le besoin, assumant lui-même les dettes lorsque nécessaire. Il fonda l’association Netina en 2000, devenue la plus importante organisation caritative de Netanya. Homme de discrétion et de vérité, il aimait répéter qu’« un journaliste ne brûle jamais ses sources », gardant précieusement tous les secrets qui lui étaient confiés.

Son héritage perdure à travers ses enfants, dont le Rav Yossef Its’hak Dreyfus, Chalia’h et Rav à Nordiya et Ganot Hadar, et plusieurs de ses filles parties en Chli’hout, notamment en Hongrie et à Netanya même. Une aire de jeux du Talmud Torah Habad porte aujourd’hui son nom, perpétuant sa mémoire auprès des générations futures.

Un réseau complet d’institutions

Depuis lors, grâce aux forces du Rabbi, de nombreuses institutions Habad ont été édifiées dans la ville, couvrant tous les âges, depuis les nourrissons de trois mois jusqu’aux plus âgés. Aujourd’hui, trente-cinq Batei Habad sont actifs dans tous les quartiers de la ville, auxquels s’ajoutent des Chli’him responsables de différents secteurs et communautés linguistiques : hébréophone, francophone, russophone, anglophone et italophone.

Les institutions francophones « Or Mena’hem » du Rav Yaacov Mazouz

Pour répondre aux besoins spirituels de la communauté francophone en pleine expansion, le Rav Yaacov Mazouz s’installa à Netanya il y a 20 ans pour établir une infrastructure complète au service des olim de France. Ill fonda le premier Beth Habad francophone de Netanya avec le Rav Nethanel Dreifus dans une minuscule synagogue de dix-sept mètres carrés au Kikar. Les institutions « Or Mena’hem » venaient de voir le jour.

Face à l’afflux massif de Olims Hadachim français, le Beth Habad dut changer deux fois de locaux pour atteindre son emplacement actuel de trois cents mètres carrés sur la Tayelet. Aujourd’hui, le réseau « Or Mena’hem » compte neuf centres Habad et quatre structures scolaires, incluant une crèche, des Ganim et des programmes pour la jeunesse.

Le Rav Mazouz a su s’entourer d’une équipe de Chli’him dévoués : le Rav Mena’hem Mazouz, sous-directeur des institutions et Rav du Beth Habad central ; le Rav Réouven Bellaïche pour Ramat Poleg et Ir Yamim ; le Rav Alexandre Saadoun pour Nat 600 ; le Rav Mena’hem Meguidesh pour les quartiers Ezorim et Agamim ; le Rav Lévi Choukroun pour le quartier nord ; le Rav Chalom Attal pour Ramat ‘Hen ; le Rav Réouven Dabi pour Kiryat Hacharon ; le Rav Nissim Chelly pour les universités ; le Rav Yossef Saffar pour la jeunesse et les francophones d’Agamim ; le Rav A. Léotardi pour la communauté italienne ; et le Rav Mena’hem Laloum qui tient depuis plus de huit ans le célèbre stand de Tefilines du Kikar, où plus de trois cent mille personnes ont déjà accompli cette Mitsva.

Les institutions « Or Mena’hem » proposent également un programme d’ordination rabbinique « Lemaan Yilmedou » permettant aux membres de la communauté de devenir « le Rav de leur maison », conformément au souhait du Rabbi. Lors des cérémonies de remise de diplômes, on compte parmi les invités d’honneur le Grand Rabbin de Netanya, le Rav Kalman Méir Bar, aux côtés du Chalia’h Harachi, le Rav Mena’hem Mendel Wolpo.

Une rencontre de bon augure

En ce jour propice du 24 Téveth, anniversaire de la Hilloula de l’Admour Hazakène, le nouveau Chalia’h est venu dire « Le’haïm » en compagnie du Chalia’h principal, président des institutions et Rav de la communauté, le Rav Mena’hem Halévi Wolffa, ainsi qu’avec le directeur général adjoint des institutions, le Rav Lévi Its’hak Teichtel, responsable du développement de la Chli’hout et des institutions dans toute la ville.

Des projets d’expansion ambitieux

La direction de Habad Netanya annonce que, avec l’aide de D.ieu, d’autres Chli’him partiront prochainement vers de nouveaux quartiers en construction, en développement et en rénovation dans toute la ville. L’objectif : atteindre chaque Juif de la cité pour le préparer à accueillir le Machia’h Tsidkénou, très bientôt et concrètement, selon la volonté et pour la satisfaction du Rabbi qui les envoie.

Vaincre la peur : les enseignements du Tséma’h Tsédèk pour libérer l’âme de l’anxiété

Vaincre la peur : les enseignements du Tséma’h Tsédèk pour libérer l’âme de l’anxiété

Dans cette lettre remarquable, le Tséma’h Tsédèk, troisième Rabbi de la dynastie Habad-Loubavitch, répond à une personne souffrant d’anxiété et de peur infondées. Il y développe une approche profonde et pratique pour surmonter ces états émotionnels paralysants. Alliant sagesse talmudique, enseignements kabbalistiques et psychologie spirituelle, ce texte révèle que l’homme possède en lui-même les moyens de maîtriser ses émotions négatives.

 

 

L’homme est maître de sa peur

Concernant votre demande au sujet de l’anxiété et des sentiments semblables, bien que ce soit véritablement sans fondement, je n’ai pas voulu m’abstenir d’écrire ce qui est dans mon cœur. Il est certain qu’il faut demander à Hachem la joie de l’âme, comme il est dit : « Réjouis l’âme de Ton serviteur », ainsi que : « Éloigne de nous le chagrin et le soupir », etc. Néanmoins, il faut se renforcer et prendre garde à ne pas se prêter soi-même à ces états.

La preuve tirée des lois de la guerre

Notre maître, le Tséma’h Tsédèk, écrit qu’il existe également une peur que l’homme cause à lui-même, et que le libre arbitre lui est donné pour s’en préserver. La preuve claire en est que nous avons reçu l’interdiction formelle de ne pas avoir peur ni crainte pendant la guerre, comme il est écrit : « Que votre cœur ne faiblisse pas ». Le Rambam et le Sefer Mitsvot Gadol comptent cela parmi les 613 commandements dans la section Choftim.

À première vue, cela semble étonnant : que peut faire quelqu’un si malgré tout son cœur s’agite et qu’il a peur en voyant le sang de la bataille ? Il est pourtant connu que tous les commandements ne concernent que les domaines où l’homme possède le libre arbitre de faire ou de s’abstenir, comme l’explique le Rambam dans le deuxième chapitre des Huit Chapitres.

Les trois vêtements de l’âme

Cependant, voici l’explication : chaque personne possède trois « vêtements de l’âme » que sont la pensée, la parole et l’action. Ceux-ci constituent l’essentiel de la conduite de l’homme, et c’est sur eux que porte le libre arbitre. Il lui est donné de penser, parler et agir selon sa volonté dans son esprit. Mais s’il ressent de la peur dans son cœur, il peut néanmoins écarter la pensée, la parole et l’action de ce sujet. L’essentiel est de ne pas penser ni parler de cela du tout, mais plutôt d’orienter ses pensées vers le contraire, comme il est enseigné dans le Likoutei Amarim au chapitre 14.

C’est pourquoi il nous a été commandé : « Que votre cœur ne faiblisse pas » – c’est-à-dire : ne pensez pas à la peur. Ainsi l’explique le Rambam au chapitre 7 des Lois des Rois : « Quiconque s’effraie lui-même et commence à avoir des pensées de ce genre transgresse un interdit de la Torah. »

Dès lors qu’on cesse complètement d’y penser, la peur qui est dans le cœur s’annule d’elle-même. Au minimum, elle devient immédiatement comme endormie et ne se fait plus sentir dans le corps. Avec le temps, en quelques jours, elle disparaît totalement au point qu’elle ne surgira même plus dans l’esprit, pas même par accident. Voilà le sens de « Que votre cœur ne faiblisse pas ».

Le fondement kabbalistique

La raison pour laquelle l’éloignement de la pensée, de la parole et de l’action fait disparaître la peur est que toutes les émotions dépendent de la connaissance, appelée « la clé qui renferme les six » dans le Zohar. L’investissement de la connaissance dans les émotions s’effectue par l’intermédiaire de la pensée, de la parole et de l’action. Par conséquent, lorsqu’on écarte ces trois aspects, on détourne automatiquement l’attention de l’émotion, et celle-ci ne s’éveille plus – c’est comme si elle n’avait jamais existé.

Plus encore, nos Sages ont déclaré au sujet des relations interdites qu’« il n’y a pas de contrainte pour l’homme » : même quand on le contraint physiquement avec une femme interdite, cela n’est pas considéré comme une contrainte, car s’il n’avait pas porté son attention sur elle, il ne se serait pas éveillé, et ce bien qu’il s’agisse d’une réaction physiologique passible de la lapidation, comme l’explique le Rambam au chapitre 1 des Lois sur les relations interdites. De même, le Talmud enseigne que l’homme a la capacité de craindre ou de ne pas craindre.

La méthode pratique : occuper l’esprit autrement

Cependant, la manière principale de détourner l’attention est de préserver sa pensée en l’orientant vers d’autres sujets, c’est-à-dire même vers les affaires de ce monde qui sont nécessaires et réjouissantes, ainsi que vers l’étude de la Torah de Hachem qui réjouit le cœur, jour après jour, avec des temps fixes pour l’étude. Ceci est particulièrement vrai lorsqu’on étudie avec quelqu’un d’autre, que ce soit dans le domaine révélé de la Torah – comme le Ora’h ‘Haïm, les lois des bénédictions du matin, du Chema et de la prière et sujets similaires – ou dans la dimension intérieure de la Torah, comme les écrits kabbalistiques et leurs commentaires.

Manifester extérieurement la joie

De plus, il convient de ne pas parler de sujets tristes, D.ieu préserve, mais au contraire de manifester constamment des gestes de joie, comme si l’on était empli de joie dans son cœur, même si ce n’est pas le cas au moment de l’action. Car finalement, cela deviendra réalité.

La raison en est que selon les actes et les actions que l’homme accomplit, ainsi s’inscrivent ensuite les traits dans son cœur, comme l’écrit le Rambam à la fin du premier chapitre des Lois des Tempéraments : « Qu’il fasse, répète et réitère les actions qu’il accomplit selon la connaissance, et les traits s’inscriront dans son âme. » Il développe cela longuement dans le quatrième chapitre des Huit Chapitres. Le chapitre mentionné traite des remèdes aux maladies de l’âme. Le Sefer Ha’Hinoukh écrit de même à la Mitsva 16 et en de nombreux endroits de leurs ouvrages.

Bien que leurs paroles n’aient pas besoin de confirmation ni de preuve, on peut néanmoins trouver une source selon la Kabbale, comme l’écrit le Pardès au chapitre 6, Porte des Couleurs, chapitre 1 – consultez-le là-bas. Il existe également une allusion à cela dans le Zohar.

Synthèse : la voie vers la sérénité

En résumé, il faut préserver sa pensée, sa parole et son action pour ne pas ruminer l’inquiétude et l’anxiété, mais au contraire parler et agir comme indiqué ci-dessus. Ainsi, les traits s’inscriront dans l’âme, et de cette manière Hachem fera descendre un esprit d’en-haut, dans la joie et la sérénité du cœur.

J’ai également entendu de mon grand-père, notre maître, de mémoire bénie, qu’ainsi disait le Maguid, de mémoire bénie, au sujet du verset : « Comme l’apparence de l’homme au-dessus » – selon l’attitude que l’homme manifeste en bas, ainsi lui montre-t-on d’en-haut. C’est pourquoi il m’a empêché de chanter une mélodie comportant de la tristesse pendant la prière. Il m’a attendu jusqu’à ce que j’aie terminé ma prière, puis m’a dit cela au nom du Maguid de mémoire bénie.

Il serait approprié d’apprendre de tout ce qui a été dit que l’homme doit écarter la peur de son cœur, mais cela concerne les cas où il y a matière à craindre, comme expliqué. À plus forte raison dans le cas de votre excellence, qui n’a rien à craindre du tout, ni concernant la santé du corps ni concernant ses biens, etc. D’autant plus que le fil de bienveillance s’est étendu sur lui l’été dernier, et il est connu l’enseignement de nos Sages que « celui envers qui l’on se montre bienveillant ne se voit pas promptement retirer cette faveur ». Ces pensées ne sont que la séduction du mauvais penchant, et il faut les rejeter comme une pensée étrangère et mauvaise, conformément à ce qui est écrit : « Et vous ne vous égarerez pas après votre cœur. » Car l’interdit de « ne vous égarez pas après votre cœur » comprend le fait de détourner son attention des mauvaises pensées concernant les fautes, comme l’explique le Rambam au chapitre 2 des Lois de l’idolâtrie, point 3. De même exactement faut-il s’éloigner de ces pensées anxieuses.

La vraie inquiétude : celle de l’âme

Toutefois, si vous souhaitez accomplir la Mitsva de l’inquiétude, donnez-lui la place qui lui convient, conformément à ce que nos Sages ont dit : « On ne transmet les secrets de la Torah qu’à celui dont le cœur s’inquiète en lui. » L’explication de cette inquiétude et sa consolation sont connues par le verset : « Ceci est ma consolation dans mon affliction, car Ta parole m’a fait vivre », comme on le sait.

Deuxième version de la lettre

Au sujet de la peur : bien qu’il faille demander à Hachem la joie de l’âme, comme il est dit « Réjouis l’âme de Ton serviteur », etc., néanmoins il existe aussi une peur que l’homme cause à lui-même, et il peut s’en préserver lui-même avec l’aide de Hachem. La preuve en est tirée de ce qui est écrit dans la section Choftim : « Que votre cœur ne faiblisse pas », qui fait partie des 613 commandements – l’interdiction d’avoir peur à la guerre. Cela est expliqué dans le Rambam, partie 4, fin du chapitre 7 des Lois des Rois : « Quiconque s’effraie lui-même et commence à avoir des pensées de ce genre transgresse un interdit de la Torah. » Cela prouve que le libre arbitre est donné à l’homme pour écarter l’anxiété et la peur, même à la guerre qui représente un danger réel, car autrement un tel commandement ne saurait s’appliquer, comme l’explique le Rambam dans les Huit Chapitres, chapitre 2.

Le Talmud enseigne également en plusieurs endroits que l’homme a la capacité d’écarter la peur de son cœur. Comment ? Par le détournement de l’attention, en cessant d’y penser, car aucune émotion ne peut subsister sans l’attention. Par le détournement de l’attention, la peur quitte le cœur, comme nos Sages l’ont dit : « Il n’y a pas de contrainte pour l’homme » – même dans les pulsions charnelles, lorsqu’on le contraint physiquement avec une femme interdite, cela n’est pas considéré comme une contrainte, car s’il avait détourné son attention, il ne se serait pas éveillé, et ce bien qu’il s’agisse d’une réaction physiologique.

La méthode principale pour détourner l’attention est de fixer sa pensée sur d’autres sujets qui réjouissent le cœur, comme l’étude de la Torah de Hachem dans le Ora’h ‘Haïm, les lois des bénédictions du matin, du Chema et de la prière et sujets similaires, ainsi que dans la dimension intérieure de la Torah comme le Pardès, Porte 4 et sujets similaires. Ou même dans les affaires du monde, dans les choses nécessaires.

L’importance des gestes extérieurs

De plus, il convient de manifester constamment par les gestes du corps des mouvements de joie, car selon les actions sont attirés les cœurs, comme cela est expliqué en plusieurs endroits dans les ouvrages des premiers maîtres, et particulièrement dans le Sefer Ha’Hinoukh à la Mitsva 306, dans les Huit Chapitres et dans le Rambam, Lois des Tempéraments, fin du chapitre 1. On trouve également une source dans le Zohar qui dit que « la chose dépend de l’action », ainsi que dans le Pardès, Porte des Couleurs – consultez-le là-bas. Alors descendra sur lui l’esprit de Hachem, un esprit d’en-haut, de joie et de sérénité, comme je l’ai entendu de la bouche sainte de mon grand-père, notre maître, de mémoire bénie, à Lezno, qui m’a dit en ces termes que telle était l’expression du Maguid, au sujet du verset : « L’apparence d’une pierre de saphir, et sur cette forme de trône une forme semblable à l’apparence d’un homme » – selon l’attitude que l’homme manifeste en bas, ainsi lui montre-t-on d’en-haut. C’est pourquoi il m’a empêché de chanter une mélodie comportant de la tristesse, car j’avais prié la prière du soir avant sa mort avec une mélodie triste. Il m’a attendu jusqu’à ce que j’aie terminé la prière et m’a dit cela.

Conclusion : la confiance en la Providence

À plus forte raison, votre excellence n’a aucune raison de s’inquiéter ni de craindre véritablement, ni concernant la santé du corps – car grâce à D.ieu il est parfaitement sain – et à plus forte raison concernant les questions d’argent, qui sont légères, il n’a aucune raison de s’inquiéter, car la Providence est constante, etc. Il voit d’ailleurs de ses propres yeux que le fil de bienveillance s’est étendu sur lui l’été dernier, et il est connu l’enseignement de nos Sages que « celui envers qui l’on se montre bienveillant ne se voit pas promptement retirer cette faveur ». Par conséquent, que l’inquiétude soit à ses yeux comme une pensée étrangère, au sujet de laquelle il nous a été commandé par un interdit : « Et vous ne vous égarerez pas après votre cœur. » Ceci est compté parmi les 613 commandements : « Ne vous égarez pas après vos pensées », comme l’explique le Rambam, partie 1, Lois de l’idolâtrie – consultez-le là-bas.

Seulement, s’il souhaite accomplir la vertu de l’inquiétude, que ce soit de la manière dont nos Sages ont dit : « Et son cœur s’inquiète en lui » concernant l’éloignement de l’âme du Créateur, béni soit-Il. À ce sujet, il est dit : « Ceci est ma consolation dans mon affliction, car Ta parole m’a fait vivre », comme on le sait.

Avec les salutations de paix de la part de moi, son parent par alliance.

Mena’hem Mendel Schneersohn

 

 




 

Analyse explorant les fondements psychologiques contenus dans la lettre du Tséma’h Tsédèk sur la peur et l’anxiété.

 

Rédigée au XIXe siècle, cette correspondance rabbinique révèle une compréhension remarquablement moderne des mécanismes émotionnels et propose des techniques thérapeutiques qui anticipent de près de deux siècles les découvertes de la psychologie contemporaine. L’examen de ce texte met en lumière une théorie cohérente de la régulation émotionnelle fondée sur l’interaction entre cognition, comportement et affect.

La lettre du Tséma’h Tsédèk, troisième Rabbi de la dynastie Habad-Loubavitch (1789-1866), constitue un document exceptionnel dans l’histoire de la pensée psychologique. Adressée à un correspondant souffrant manifestement d’anxiété chronique, cette missive dépasse largement le cadre de la simple consolation pastorale pour offrir une véritable théorie de l’émotion et de sa régulation.

L’intérêt de ce texte réside dans sa triple dimension : il propose d’abord un modèle explicatif des mécanismes de la peur, développe ensuite une méthodologie thérapeutique structurée, et ancre enfin l’ensemble dans une anthropologie spirituelle cohérente. Cette synthèse entre psychologie empirique et vision métaphysique de l’homme offre une perspective unique sur la nature humaine et ses capacités d’autorégulation.

 

Première partie
Le modèle cognitif de l’émotion

Le Tséma’h Tsédèk articule sa compréhension de l’anxiété autour d’un principe fondamental : la dépendance des émotions vis-à-vis de la cognition (ensemble des processus mentaux permettant d’acquérir des connaissances, de comprendre le monde et d’interagir avec lui, incluant la mémoire, le langage, l’attention, le raisonnement, la perception et la résolution de problèmes, essentiels à notre autonomie et notre vie quotidienne). Il écrit que « toutes les émotions dépendent de la connaissance », utilisant la métaphore kabbalistique de « la clé qui renferme les six » pour décrire le rôle central de l’intellect dans l’activation et le maintien des états affectifs.

Cette conception anticipe remarquablement la théorie cognitive des émotions développée par Aaron Beck et Albert Ellis dans les années 1960. Pour Beck, l’anxiété résulte d’une activation de schémas cognitifs dysfonctionnels qui génèrent des pensées automatiques négatives). Le Tséma’h Tsédèk formule une idée similaire lorsqu’il affirme que la peur ne peut subsister sans l’attention qui la nourrit : « Par le détournement de l’attention, la peur quitte le cœur. »

Plus précisément, le texte établit une distinction cruciale entre l’émotion brute et son élaboration cognitive. Le Rabbi reconnaît que la peur peut surgir spontanément dans le cœur, mais il insiste sur le fait que son maintien et son intensification dépendent de processus cognitifs volontaires. Cette nuance est essentielle : elle fonde la possibilité même d’une intervention thérapeutique en identifiant le point d’action sur lequel l’individu peut exercer un contrôle.

Le concept des trois « vêtements de l’âme »

L’architecture psychologique proposée par le Tséma’h Tsédèk s’articule autour du concept des trois « vêtements de l’âme » : la pensée, la parole et l’action. Ces trois dimensions constituent, selon lui, « l’essentiel de la conduite de l’homme » et représentent les domaines sur lesquels s’exerce le libre arbitre.

Cette tripartition présente une analogie frappante avec le modèle tripartite de la psychologie cognitive contemporaine, qui distingue les cognitions (pensées), les comportements (actions) et les affects (émotions). La parole, dans le modèle du Tséma’h Tsédèk, occupe une position intermédiaire particulièrement intéressante : elle est à la fois expression de la pensée et forme d’action sociale, servant de médiateur entre le monde intérieur et le monde extérieur.

Le choix du terme « vêtements » mérite attention. Contrairement à l’essence de l’âme qui demeure stable, les vêtements peuvent être changés, ajustés, remplacés. Cette métaphore suggère que nos patterns de pensée, de parole et d’action ne sont pas des données immuables de notre personnalité, mais des habitudes acquises susceptibles de modification. Cette vision rejoint la plasticité comportementale et cognitive postulée par les approches thérapeutiques modernes.

La preuve halakhique : un argument existentiel

L’un des aspects les plus originaux de l’argumentation du Tséma’h Tsédèk réside dans son recours à la loi juive comme preuve de la capacité humaine à maîtriser ses émotions. Il invoque l’interdiction biblique d’avoir peur au combat : « Que votre cœur ne faiblisse pas », classée parmi les 613 commandements.

Le raisonnement est le suivant : si la Torah interdit la peur, c’est que l’homme possède nécessairement la capacité de la surmonter. Car, comme le rappelle le Rabbi en citant Maïmonide, « tous les commandements ne concernent que les domaines où l’homme possède le libre arbitre ». Ordonner l’impossible serait absurde et contraire à la sagesse divine.

Cet argument dépasse le cadre strictement religieux pour toucher à une question philosophique fondamentale : celle du déterminisme émotionnel. Contre une vision fataliste qui ferait de l’homme le jouet passif de ses émotions, le Tséma’h Tsédèk affirme la liberté radicale de l’être humain face à ses états intérieurs. Cette position rejoint les fondements philosophiques de toute entreprise psychothérapeutique, qui présuppose la possibilité du changement.

 

Deuxième partie
Les mécanismes de la régulation émotionnelle

Le Tséma’h Tsédèk développe une théorie sophistiquée des mécanismes par lesquels l’attention cognitive maintient et amplifie les états émotionnels. Il explique que « l’investissement de la connaissance dans les émotions s’effectue par l’intermédiaire de la pensée, de la parole et de l’action ». Autrement dit, nos émotions ne sont pas des entités autonomes mais des processus dynamiques alimentés par notre activité mentale et comportementale.

Cette conception trouve un écho remarquable dans les travaux contemporains sur les boucles de rétroaction émotionnelle. Les recherches en neurosciences affectives ont montré que la rumination mentale, c’est-à-dire le fait de penser de manière répétitive à des contenus négatifs, active et renforce les circuits neuronaux de l’anxiété. Le Tséma’h Tsédèk formule intuitivement ce même principe lorsqu’il affirme que cesser de penser à la peur conduit à son atténuation progressive.

Le texte décrit avec précision le processus d’extinction de l’anxiété : « Dès lors qu’on cesse complètement d’y penser, la peur qui est dans le cœur s’annule d’elle-même. Au minimum, elle devient immédiatement comme endormie et ne se fait plus sentir dans le corps. Avec le temps, en quelques jours, elle disparaît totalement au point qu’elle ne surgira même plus dans l’esprit. »

Cette description correspond exactement au processus d’extinction décrit par les théories de l’apprentissage. Lorsqu’un stimulus conditionné (ici, les pensées anxiogènes) cesse d’être renforcé par l’attention et la rumination, la réponse conditionnée (l’anxiété) s’affaiblit progressivement jusqu’à disparaître. Le Rabbi note même la temporalité de ce processus : quelques jours suffisent pour observer des résultats significatifs.

L’argument physiologique : désir et attention

Pour renforcer sa thèse, le Tséma’h Tsédèk invoque un argument audacieux tiré du droit talmudique concernant les relations sexuelles. Il rappelle que selon la Halakha, « il n’y a pas de contrainte pour l’homme » en matière de désir sexuel : même contraint physiquement, un homme ne peut invoquer la contrainte comme défense, car son excitation physiologique témoigne d’un consentement implicite.

Ce raisonnement, apparemment éloigné du sujet de l’anxiété, vise à démontrer que même les réactions physiologiques les plus automatiques sont en dernière instance sous le contrôle de l’attention. Si « s’il n’avait pas porté son attention sur elle, il ne se serait pas éveillé », alors a fortiori la peur, émotion moins enracinée dans la biologie que le désir sexuel, peut être maîtrisée par le détournement de l’attention.

Cet argument révèle une compréhension fine de la relation entre cognition et physiologie. Les recherches contemporaines en psychophysiologie confirment que l’attention joue un rôle crucial dans l’amplification ou l’atténuation des réponses physiologiques au stress. Les techniques de biofeedback exploitent précisément ce principe en entraînant les individus à modifier consciemment leurs réponses autonomes.

 

Troisième partie
La stratégie thérapeutique

Fort de son analyse théorique, le Tséma’h Tsédèk propose une méthodologie thérapeutique en plusieurs volets complémentaires. Cette approche multimodale combine des interventions cognitives, comportementales et environnementales dans une stratégie intégrée de gestion de l’anxiété.

Le premier volet consiste en ce que nous appellerions aujourd’hui la « suppression de la pensée » ou plus exactement le « détournement attentionnel ». Le Rabbi prescrit de « préserver sa pensée en l’orientant vers d’autres sujets ». Il ne s’agit pas simplement de réprimer les pensées anxieuses, mais de rediriger activement l’attention vers des contenus alternatifs.

Cette technique diffère subtilement de la simple suppression de pensée, dont les recherches modernes ont montré les effets paradoxaux (l’effort pour ne pas penser à quelque chose tend à rendre cette chose plus présente à l’esprit). Le Tséma’h Tsédèk préconise plutôt un remplacement actif : occuper l’esprit avec d’autres contenus plutôt que de lutter contre les contenus indésirables.

L’étude comme thérapie cognitive

Parmi les activités de substitution recommandées, l’étude de la Torah occupe une place centrale. Le Rabbi prescrit des « temps fixes pour l’étude », idéalement « avec quelqu’un d’autre », couvrant tant les aspects légaux que mystiques de la tradition.

D’un point de vue psychologique, cette prescription remplit plusieurs fonctions thérapeutiques. L’étude intellectuelle engage les facultés cognitives supérieures, détournant les ressources attentionnelles des ruminations anxieuses. La régularité des temps d’étude établit une structure temporelle qui contrecarre le sentiment de perte de contrôle caractéristique de l’anxiété. L’étude avec un partenaire introduit une dimension sociale qui rompt l’isolement souvent associé aux troubles anxieux.

Le choix des matières d’étude n’est pas anodin. Les « lois des bénédictions du matin, du Chema et de la prière » ancrent l’individu dans une routine quotidienne signifiante, tandis que les « écrits kabbalistiques » offrent une perspective métaphysique qui relativise les préoccupations terrestres. Cette combinaison du pratique et du contemplatif correspond à ce que les approches thérapeutiques actuelles appellent la « restructuration cognitive » : modifier la manière dont l’individu perçoit et interprète sa situation.

La thérapie comportementale : « agir comme si »

Le second volet de la stratégie thérapeutique concerne le comportement observable. Le Tséma’h Tsédèk prescrit de « manifester constamment des gestes de joie, comme si l’on était empli de joie dans son cœur, même si ce n’est pas le cas au moment de l’action ».

Cette technique du « faire comme si » anticipe remarquablement la théorie de l’activation comportementale développée dans les années 1970 pour le traitement de la dépression et de l’anxiété. Le principe est que le comportement peut précéder et induire l’émotion correspondante, inversant la séquence habituelle où l’émotion est censée précéder le comportement.

Le Rabbi cite Maïmonide à l’appui de cette thèse : « Qu’il fasse, répète et réitère les actions qu’il accomplit selon la connaissance, et les traits s’inscriront dans son âme. » Cette formulation évoque directement le concept de plasticité comportementale et l’idée que les habitudes façonnent le caractère. La répétition d’actions congruentes avec l’état émotionnel désiré finit par produire cet état de manière authentique.

L’hypothèse du feedback facial et corporel

La prescription de « manifester des gestes de joie » trouve une validation empirique dans les recherches sur l’hypothèse du feedback facial, initiées par les travaux de Silvan Tomkins et développées par Paul Ekman. Ces études ont montré que l’adoption d’expressions faciales caractéristiques d’une émotion tend à induire cette émotion, même en l’absence de stimulus externe approprié.

Plus largement, les travaux sur l’embodied cognition (cognition incarnée) confirment que la posture corporelle influence l’état émotionnel. Se tenir droit, sourire, adopter des gestes ouverts modifie la biochimie cérébrale et favorise les émotions positives. Le Tséma’h Tsédèk intuitionne ce principe lorsqu’il recommande de manifester « par les gestes du corps des mouvements de joie ».

Le fondement mystique : correspondance entre le bas et le haut

Le Rabbi ancre sa thérapie comportementale dans une vision métaphysique de la correspondance entre le monde terrestre et le monde céleste. Citant son grand-père, l’Admour Hazakène, il rapporte l’enseignement du Maguid de Mézéritch : « Selon l’attitude que l’homme manifeste en bas, ainsi lui montre-t-on d’en-haut. »

Cette doctrine de la correspondance, centrale dans la pensée kabbalistique, fournit une motivation supplémentaire pour l’adoption de comportements positifs. Non seulement ces comportements influencent l’état psychologique de l’individu, mais ils sont censés attirer une influence spirituelle bénéfique. Que l’on adhère ou non à cette métaphysique, elle fonctionne comme un puissant renforçateur de la motivation au changement.

L’anecdote personnelle rapportée par le Tséma’h Tsédèk, où le Maguid lui interdit de chanter une mélodie triste pendant la prière, illustre l’application concrète de ce principe. La musique, expression comportementale par excellence, devient un outil de régulation émotionnelle et spirituelle.

 

Quatrième partie
La dimension cognitive de la réattribution

Au-delà des techniques de détournement attentionnel et d’activation comportementale, le Tséma’h Tsédèk propose une intervention proprement cognitive visant à modifier l’évaluation que le correspondant fait de sa situation. Il souligne que celui-ci « n’a rien à craindre du tout, ni concernant la santé du corps ni concernant ses biens ».

Cette intervention relève de ce que la thérapie cognitive appelle la « restructuration cognitive » ou « réattribution ». Il s’agit d’amener l’individu anxieux à réévaluer de manière plus réaliste les menaces perçues. Le Rabbi procède en plusieurs étapes : il rappelle d’abord les faits objectifs (bonne santé, stabilité financière), puis invoque l’expérience passée positive (« le fil de bienveillance s’est étendu sur lui l’été dernier »), enfin il cite un principe général rassurant (« celui envers qui l’on se montre bienveillant ne se voit pas promptement retirer cette faveur »).

Cette séquence argumentative correspond à la technique cognitive de l’examen des preuves : plutôt que de contredire frontalement les croyances anxieuses, on invite l’individu à considérer l’ensemble des données disponibles, y compris celles qui contredisent ses anticipations négatives.

L’identification de la source : le « mauvais penchant »

Le Tséma’h Tsédèk franchit une étape supplémentaire en identifiant la source des pensées anxieuses : « Ce ne sont que la séduction du mauvais penchant. » Cette attribution externe des cognitions dysfonctionnelles présente un intérêt thérapeutique majeur.

En externalisant la source de l’anxiété, le Rabbi permet au correspondant de prendre distance vis-à-vis de ses propres pensées. Celles-ci ne sont plus perçues comme l’expression de la réalité ou de la partie la plus authentique de soi, mais comme des intrusions provenant d’une instance psychique séparée et antagoniste.

Cette technique trouve un écho dans les approches thérapeutiques contemporaines de la « défusion cognitive », développées notamment dans le cadre de la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT). L’objectif est d’aider l’individu à percevoir ses pensées comme des événements mentaux plutôt que comme des vérités, réduisant ainsi leur pouvoir sur le comportement et l’affect.

L’invitation à traiter ces pensées anxieuses « comme une pensée étrangère et mauvaise » va dans le même sens. Le terme « étrangère » suggère que ces cognitions ne représentent pas le vrai soi du correspondant, mais une sorte de parasite mental dont il peut et doit se débarrasser.

 

Cinquième partie
La sublimation de l’anxiété

La conclusion de la lettre offre une perspective inattendue sur l’anxiété. Plutôt que de viser sa pure et simple élimination, le Tséma’h Tsédèk propose sa transformation et sa réorientation : « Si vous souhaitez accomplir la Mitsva de l’inquiétude, donnez-lui la place qui lui convient. »

Cette formulation suggère que l’anxiété n’est pas intrinsèquement négative mais peut être mise au service d’objectifs spirituels légitimes. Le Rabbi cite l’enseignement talmudique selon lequel « on ne transmet les secrets de la Torah qu’à celui dont le cœur s’inquiète en lui ». L’inquiétude devient ainsi la condition d’accès à une connaissance supérieure.

La distinction implicite est entre l’anxiété névrotique, tournée vers des objets inappropriés (santé, argent, dangers imaginaires), et l’anxiété existentielle ou spirituelle, orientée vers les questions ultimes de l’existence. La première doit être combattue ; la seconde peut être cultivée comme moteur de croissance spirituelle.

Cette conception évoque la distinction établie par Kierkegaard entre l’angoisse (Angst) existentielle, constitutive de la condition humaine et potentiellement féconde, et l’anxiété pathologique qui paralyse l’existence. Elle anticipe également les réflexions de Rollo May sur l’anxiété normale comme « tension entre le présent et le futur » nécessaire à la créativité et à l’engagement dans l’existence.

La redirection vers l’inquiétude spirituelle

L’objet légitime de l’inquiétude, selon le Tséma’h Tsédèk, est « l’éloignement de l’âme du Créateur ». Cette préoccupation spirituelle transforme l’énergie anxieuse en moteur de croissance plutôt qu’en source de paralysie.

D’un point de vue psychologique, cette redirection peut être comprise comme une forme de sublimation au sens freudien : la transformation d’une pulsion potentiellement destructrice en une activité socialement et spirituellement valorisée. L’anxiété, au lieu de se consumer dans des ruminations stériles sur des dangers imaginaires, devient le carburant d’une quête de sens et de connexion spirituelle.

La citation finale, « Ceci est ma consolation dans mon affliction, car Ta parole m’a fait vivre », complète le mouvement. L’anxiété spirituelle trouve son apaisement dans l’étude et la pratique religieuse, bouclant ainsi le cercle thérapeutique : l’inquiétude pour l’éloignement de D.ieu conduit à l’étude de Sa parole, qui apporte la consolation et la vie.

 

Sixième partie
Implications contemporaines

L’analyse de la lettre du Tséma’h Tsédèk révèle une approche thérapeutique d’une cohérence et d’une sophistication remarquables. Plusieurs éléments méritent d’être soulignés en conclusion pour leur pertinence contemporaine.

Premièrement, le modèle proposé est authentiquement intégratif. Il combine des interventions cognitives (restructuration, réattribution, défusion), comportementales (activation, modification des habitudes) et existentielles (redirection vers des préoccupations spirituelles) dans une approche unifiée. Cette intégration précède de plus d’un siècle les tentatives contemporaines de synthèse entre différentes orientations thérapeutiques.

Deuxièmement, l’approche reconnaît la complexité de l’expérience anxieuse sans la réduire à une seule dimension. Le Tséma’h Tsédèk distingue l’émotion spontanée de son élaboration cognitive, l’anxiété pathologique de l’inquiétude spirituelle légitime, les symptômes de leur signification existentielle. Cette finesse clinique évite les simplifications réductrices.

Troisièmement, la méthodologie proposée est éminemment pratique et actionnable. Le Rabbi ne se contente pas d’analyser le problème ; il prescrit des interventions concrètes : temps d’étude réguliers, étude avec un partenaire, adoption de comportements joyeux, évitement des discussions sur les sujets tristes. Ces prescriptions peuvent être mises en œuvre immédiatement.

La question de la volonté et de la grâce

Un aspect particulièrement nuancé de l’approche du Tséma’h Tsédèk concerne l’articulation entre effort humain et assistance divine. D’un côté, le Rabbi insiste sur la responsabilité et la capacité de l’individu à maîtriser ses émotions. De l’autre, il reconnaît la nécessité de « demander à Hachem la joie de l’âme » et espère que « Hachem fera descendre un esprit d’en-haut, dans la joie et la sérénité du cœur ».

Cette tension entre volontarisme et réceptivité trouve un écho dans les débats contemporains sur l’efficacité thérapeutique. Les approches purement comportementales mettent l’accent sur l’effort et la pratique délibérée. Les approches humanistes et transpersonnelles soulignent l’importance de l’ouverture à des processus qui dépassent le contrôle conscient. Le Tséma’h Tsédèk suggère que les deux dimensions sont nécessaires : l’effort humain crée les conditions de possibilité, mais la transformation profonde implique une dimension qui transcende la seule volonté.

 

Conclusion
Un héritage pour la psychologie contemporaine

La lettre du Tséma’h Tsédèk sur la peur et l’anxiété constitue un document d’une richesse exceptionnelle pour l’histoire de la psychologie et pour la pratique clinique contemporaine. Elle démontre que les traditions spirituelles peuvent receler des insights psychologiques profonds, développés bien avant l’émergence de la psychologie comme discipline scientifique.

L’approche proposée anticipe de manière frappante les développements ultérieurs de la thérapie cognitivo-comportementale : l’accent mis sur la cognition comme médiatrice de l’émotion, la technique du détournement attentionnel, l’activation comportementale, la restructuration cognitive, la défusion. Elle y ajoute cependant une dimension existentielle et spirituelle que les approches strictement empiriques ont parfois tendance à négliger.

Pour le praticien contemporain, ce texte offre une ressource précieuse. Il rappelle que la psychothérapie ne se réduit pas à un ensemble de techniques, mais s’inscrit dans une vision de l’homme et de ses possibilités. Il suggère que l’anxiété, plutôt que d’être simplement éliminée, peut être transformée et mise au service d’une quête de sens. Il affirme, enfin, la dignité et la liberté fondamentales de l’être humain face à ses propres états intérieurs.

Cette vision humaniste et spirituelle de la psychologie, qui voit dans l’homme un être capable de transcender ses conditionnements émotionnels, mérite d’être redécouverte et intégrée aux approches thérapeutiques contemporaines. Le Tséma’h Tsédèk nous rappelle que la psychologie la plus efficace est peut-être celle qui fait le plus confiance aux ressources intérieures de l’individu et à sa capacité de transformation.

Une photo inédite révèle les Temimim d’Ovotek, en Pologne, à la veille de la Seconde Guerre mondiale

Une photo inédite révèle les Temimim d’Ovotek, en Pologne, à la veille de la Seconde Guerre mondiale

Une photographie jamais publiée de la Yechiva Tomkhei Temimim d’Ovotek, en Pologne, vient d’être découverte. Elle montre la Yechiva centrale durant l’été 5699 (1939), quelques semaines seulement avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Ce précieux témoignage historique a été dévoilé la semaine dernière.

 

 

 

Une photographie inédite de la Yechiva Tomkhei Temimim d’Ovotek en Pologne, montrant la Yechiva centrale durant l’été 5699 (1939), juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, a été mise au jour la semaine dernière. Elle a été publiée dans la Techoura du mariage Caytak-Lowenthal.

La fondation de la Yechiva à Ovotek

La Yechiva Tomkhei Temimim d’Ovotek fut fondée durant l’été 5695 (1935), lorsque le Rabbi précédent quitta Varsovie pour s’installer dans la ville voisine d’Ovotek, emmenant avec lui la Yechiva centrale Tomkhei Temimim.

La Yechiva était installée dans un bâtiment de trois étages situé au 1, rue Słowackiego. En plus du bâtiment principal, plusieurs édifices plus petits furent loués pour servir de dortoirs aux étudiants. Des centaines de Bokhourim y étudiaient, et en 5699 (1939), environ 400 Bahourim y étaient inscrits.

L’expansion et la campagne de collecte de fonds

Face à la croissance de la Yechiva, en 5668 (1937), le Rabbi précédent organisa une campagne spéciale de collecte de fonds auprès des Anash en Erets Israël et aux États-Unis afin d’acquérir un bâtiment supplémentaire pour la Yechiva. L’édifice était coûteux, et les fonds récoltés s’avérèrent insuffisants.

La tragédie de la guerre

Peu de temps après, la Seconde Guerre mondiale éclata, la Yechiva fut dispersée, et la plupart des Bahourim périrent tragiquement dans la Shoah, D.ieu vange leur sang.