Le Rav Rony Canaruto, émissaire du Rabbi au cœur du Ghetto de Rome, a captivé l’assemblée du Siyoum Harambam par des récits extraordinaires mêlant miracles contemporains et mémoire de la Shoah. Originaire de Milan et établi à Rome depuis 22 ans, il a récemment ouvert un Beth Habad dans le quartier historique juif de la capitale italienne. Son témoignage vibrant illustre la puissance de la Chli’hout et l’importance de ramener chaque Juif vers son Père céleste.
Remerciements et hommage au travail de la France
Bonsoir à tout le monde. Merci beaucoup d’abord au Rabbi. Merci à son Chalia’h de Paris. Merci à ses enfants et à tous ceux qui sont ici pour le travail merveilleux que vous faites à Paris et dans toute la France.
Normalement, nous en Italie, nous regardons les activités qui se font ici en France et nous savons où nous devons arriver. Parfois, cela prend des années, mais nous savons qu’à Rome, à Milan, il faut que nous arrivions au niveau de Paris. C’est notre aspiration.
Habituellement, je m’adresse à un public de gens qui ne sont pas très pratiquants, parfois pas du tout. Ce soir, je suis devant un Kahal de ‘Hassidim. Donc je vais essayer de faire un effort pour ne pas parler de Chabbat, pour ne pas parler de… Je vais faire un effort, je vais essayer de faire de mon mieux !
Le souvenir du Rav Garelik et le Rambam
J’ai un beau souvenir lié au Rambam. L’émissaire du Rabbi à Milan, le Rav Garelik, marchait toujours avec le Michné Torah du Rambam partout. Je me rappelle que dans mon enfance, lors des voyages de l’école, Lag BaOmer notamment, il avait toujours un livre dans les mains. Plus tard, j’ai compris que c’était le Rambam.
Une fois, je lui ai demandé : « Pourquoi vous vous baladez toujours avec le Rambam dans les mains ? »
Le Rav Garelik n’était pas quelqu’un qui parlait beaucoup. Il avait sa façon de faire comprendre les choses très bien avec très peu de paroles. Il m’a répondu simplement : « Parfois, cela aide pour des situations particulières. »
Je n’avais pas compris sur le moment dans quelle situation cela pouvait aider. Plus tard, j’ai compris que lorsque quelqu’un doit passer entre deux femmes, avoir un livre peut aider…
Mais ce n’est pas tout. Il m’a dit aussi : « C’est du Rabbi. » Qu’est-ce que cela signifie ? Nous, on recherche un lien particulier avec le Rabbi. L’étude du Rabbi, c’était l’étude du Rambam. Donc il faut avoir quelque chose de spécial, un « Zeïr Anpin » comme on dit. Nous sommes des fous du Rambam ! Comme nous sommes des fous du Machia’h, nous sommes des fous du Rambam. Voilà l’enseignement qui est sorti de cette petite histoire avec le Rav Garelik.
Une Yé’hidout qui révèle les secrets de la création
Ce matin, le fils du Rav Garelik, Lévi Garelik, avec qui je parle beaucoup, m’a raconté une petite histoire. Il m’a dit qu’il ne se rappelle pas tellement d’histoires entre son père et le Rambam, car la Takana d’étudier le Rambam date de 5744 (1984), et les grands récits datent des années précédentes. Mais il m’a dit : « Par contre, je vais te raconter une petite histoire de Yé’hidout du Rabbi liée au Rambam. »
Voici l’histoire. Un jour, un professeur de Yeshiva University est venu en Yé’hidout avec sa femme. La femme était très attachée au Rabbi, son mari un peu moins. Le Rabbi a parlé longuement avec cette femme.
À la fin de la Yé’hidout, le Rabbi regarde le mari et lui demande : « Et toi aussi, tu as quelque chose à demander ? »
Le mari répond : « Oui, Rabbi, j’ai quelque chose à demander. Il y a des gens qui disent que le Rabbi connaît tout, qu’il n’y a pas de sujet, pas de science dans le monde que le Rabbi ne connaisse. Est-ce que c’est vrai que vous connaissez tout ? »
Le Rabbi a ri et a répondu : « Écoutez, ce que les gens disent sur moi, je n’en suis pas responsable. Mais sur la question elle-même : est-ce possible qu’un homme connaisse tout ? Oui, c’est possible. Comme on le voit avec le Rambam. Le Rambam connaissait toute la Torah, la Torah écrite et la Torah orale. Il était un grand médecin, il était un philosophe. Il avait énormément de connaissances dans la Torah et dans le monde. Comment est-ce possible ? Il y a des gens auxquels Hakadoch Baroukh Hou dévoile les secrets de la création. Et quelqu’un qui connaît les secrets de la création connaît tout. »
Ils sont sortis de la Yé’hidout. Le mari a dit à sa femme : « Écoute, je ne sais pas si le Rabbi connaît les secrets de la création, ça je ne sais pas. Mais quelqu’un qui est capable de répondre à cette question de cette manière, c’est sûr et certain qu’il connaît les secrets de la création ! »
L’ouverture du Beth Habad dans le Ghetto de Rome
Nous sommes Baroukh Hachem depuis 22 ans à Rome. Pendant 20 ans, nous avons fait une certaine Chli’hout avec la communauté, avec une synagogue séfarade, beaucoup de Péoulot. Ma femme et moi, nous avions un rêve : ouvrir un Beth Habad dans le Ghetto de Rome.
C’était un rêve car cela semblait impossible. Il était impossible de trouver un endroit : tout est très cher, il n’y a pas de disponibilité, tous les locaux sont pris par les restaurants. Les restaurants encaissent des milliers d’euros par jour. C’était impossible.
Mais Pitom, soudainement, c’est une longue histoire, nous avons trouvé un endroit. Nous avions le choix : soit nous prenions le Beth Habad, soit nous continuions dans une Parnassa très intéressante. Avec l’accord de ma femme, nous avons décidé : on fonce dans le Beth Habad ! Hachem donnera autrement.
Nous avons loué un bâtiment vieux de 100 ans. C’était très dur, il était dans un état terrible. Nous avons vu beaucoup de miracles. Et nous avons compris que quand on part en Chli’hout, il ne faut pas trop réfléchir. Il faut foncer. Il ne faut pas faire beaucoup de calculs. Il ne faut pas ouvrir trop souvent l’application de la banque. Parfois, cela fait peur. Laisse, n’ouvre pas, ne regarde pas !
La leçon du Rav Azimov : « Moi, je n’ai rien fait, c’est le Rabbi »
Il faut que je vous raconte un petit épisode de ma première année à Rome. Nous venions souvent à Paris et nous priions au 17 rue des Rosiers. J’ai eu le mérite d’écouter beaucoup de Farbrenguen du Rav Azimov.
Je crois que c’était Sim’hat Torah, je ne suis pas sûr, mais je crois que c’était à l’issue des Hakafot. Nous étions après beaucoup de Le’haïm… Je suis monté sur la table, j’ai pris le Rav Azimov par la barbe et je lui ai demandé : « Comment as-tu fait tout ça ? Comment as-tu réussi à faire tout ça ? »
Il m’a regardé et m’a dit : « D’abord, tu me lâches la barbe, après je vais t’expliquer. »
Puis il m’a dit : « Moi, je n’ai rien fait. C’est le Rabbi. »
C’était la réponse. Cette petite phrase m’a donné l’essence de la Chli’hout. Si on croit que c’est nous qui faisons, on a terminé la Chli’hout. Pour être un véritable Chalia’h, il faut être un canal, il faut être transparent pour permettre au Rabbi de réaliser la volonté d’Hakadoch Baroukh Hou.
L’homme d’affaires qui avait arrêté de donner le Maasser
Je vais vous raconter une histoire. Il y avait un Juif qui a commencé à venir au Beth Habad. Il y a beaucoup de passage pendant l’été. En une journée normale, nous mettons les Téfilines à 200 personnes. Les Ba’hourim qui viennent aider pendant l’été, c’est fou, c’est quelque chose de fou !
Un Juif est venu me voir et m’a dit : « Est-ce qu’on peut étudier quelque chose ensemble ? » J’ai dit oui. Mais il a précisé : « Je veux étudier la ‘Hassidout. » J’ai répondu : « Avec plaisir ! » Pourquoi a-t-il demandé cela ? Parce que sa femme est française. Voilà le lien !
C’était au début du Beth Habad, il n’y avait pas beaucoup de livres. Un des livres que j’avais, c’était un recueil de Maamarim. Il est revenu et m’a dit : « Est-ce que je peux amener un copain avec moi ? » J’ai dit : « Oui, avec plaisir, amène qui tu veux. » Ils sont venus tous les deux, une fois par semaine.
À la troisième ou quatrième fois, j’ai pris ce livre et je me suis dit dans ma tête : « C’est un Maamar, je ne le connais pas bien, je vais le travailler dans ma tête et leur expliquer les enseignements de manière simple, ce ne sont pas des gens qui connaissent. »
Le Rabbi explique là-bas une chose de très intéressant. Il est écrit : « Il y aura des gens qui travailleront pour toi et feront le travail pour toi. » Cela signifie que si les enfants d’Israël font la volonté de D.ieu, alors les autres font le travail pour eux. Sinon, ils doivent faire le travail tout seuls.
J’ai expliqué ce passage. Et soudain, le gars commence à devenir blanc.
Je lui demande : « Qu’est-ce que tu as ? Tu te sens mal ? Tu veux boire un café ? »
Il me dit : « Tu n’as pas compris ? Tu n’as pas compris ce qui s’est passé là ? Attends, je te raconte. »
Il me raconte que lui, il avait un magasin d’électronique : téléphones, iPhones, ordinateurs, tout. Il avait plus de 100 personnes dans toute l’Italie qui vendaient pour lui. Très très riche, très en réussite.
Puis il y a eu le Covid. Le Covid a massacré son business. Il est passé de 100 personnes à 50 personnes qui travaillaient pour lui. Puis ça a continué à descendre, descendre, descendre. Après le Covid, il pensait reprendre, mais ce n’était pas le cas. Ça descendait encore.
Il m’a dit : « Hier, j’avais cinq personnes qui travaillaient pour moi : deux dans le magasin et trois qui faisaient la tournée. Hier soir, ils m’ont appelé et m’ont dit : « Cher ami, c’est fini entre nous. On t’aime beaucoup, on est restés avec toi, mais là c’est fini. » Les cinq ont démissionné.
Ce matin, j’étais seul. J’ai pris mes affaires, avec les larmes qui coulaient, j’ai pris ma moto pour aller vendre moi-même. Soudain, je me suis dit : « Attends, mais je suis bête, pour trois kopecks je vais rater mon cours au Beth Habad ? » Je suis venu étudier. Et regarde ce que tu me dis ! « Il y a des gens qui travailleront pour toi », et si non, tu dois faire tout seul. Tu comprends ? C’est le message pour moi ! »
J’ai dit : « Écoute, moi je ne suis pas le Rabbi, je ne suis pas un prophète. La première chose qui me vient à l’esprit : est-ce que tu donnes le Maasser ? »
Il m’a répondu : « C’est incroyable ! J’ai arrêté de donner le Maasser pendant le Covid. J’avais peur, j’ai arrêté. »
J’ai dit : « Voilà la réponse. »
En résumé, il a recommencé à donner le Maasser et il a retrouvé la Parnassa.
Gabriel Sonino et le miracle du Ghetto
Une autre histoire, c’était incroyable. Au Beth Habad, il y a beaucoup de passage. Un vieux monsieur a commencé à venir presque chaque jour pour mettre les Téfilines, pour parler, pour prendre un café. Il est très âgé, il n’a pas de famille, il est seul au monde. Mais il a trouvé quelqu’un qui l’écoute. Il vient, il s’assoit, il regarde les gens qui entrent et qui sortent. Il est content comme ça.
Un jour, il vient me voir et me dit : « J’ai envie de fêter ma Bar Mitsva. »
Bien sûr, pourquoi pas ! Alors j’ai pensé : mes fils Benjamin et Mendel organisent chaque année des événements avec les Ba’hourim de la Yéchiva pour ‘Hanouka et Pourim. Pour ‘Hanouka, il y a des Ba’hourim qui viennent, nous allons faire une grande fête, quelque chose de très spécial. Il a accepté avec plaisir.
Nous avons fixé la date : le cinquième soir de ‘Hanouka, qui tombait cette année le jour de son anniversaire hébraïque.
Il est venu avec deux de ses amis, eux aussi âgés, dont un médecin que je connais très bien. Il était tout élégant, tout ému. Son ami s’est assis.
Je me suis approché de son ami et lui ai demandé : « Qui êtes-vous ? »
Il m’a répondu : « Je m’appelle Gabriel Sonino. »
Gabriel Sonino ! Je connais ce nom ! Quelle est l’histoire de Gabriel Sonino ?
Le Beth Habad se trouve dans le Ghetto. Pendant la Shoah, les nazis ont demandé à la communauté juive une rançon. Ils ont dit : « Si vous nous amenez 50 kg d’or, vous êtes libres, nous ne vous toucherons pas. »
Ils ont cru les nazis. Avec beaucoup d’efforts, ils ont rassemblé 50 kg d’or. Mais le jour après qu’ils ont apporté l’or, les nazis sont venus dans le Ghetto. C’était tôt le matin, à 5 heures. Je crois que beaucoup d’entre vous connaissent déjà cette histoire.
À 5 heures du matin, les nazis sont entrés dans le Ghetto. En face de l’endroit où se trouve aujourd’hui le Beth Habad, il y avait un petit garçon et une petite fille qui jouaient. Le garçon avait 4 ans, sa sœur avait 6 ans. Ils jouaient, inconscients des dangers.
Un nazi est venu, il a pris les mains des petits pour les mettre sur les camions de déportation.
En face, il y avait un laitier, un Italien non-juif. Le laitier a vu la scène. Il est sorti de son magasin, il a donné une claque à la petite fille et a crié : « Qu’est-ce que vous faites là à cette heure-ci ? Rentrez tout de suite ! »
En résumé, il les a sauvés. Les petits sont rentrés dans le magasin de lait.
Ce magasin de lait, c’est le Beth Habad d’aujourd’hui.
Et ce petit enfant, c’était Gabriel Sonino.
J’ai demandé à Gabriel : « Vous avez fêté votre Bar Mitsva ? » Il m’a dit : « Non, je n’ai pas fêté. »
J’ai dit : « Alors venez, on fête les deux ensemble ! On fait une double Bar Mitsva ! »
Nous avons fait une double Bar Mitsva. Je ne sais pas si vous avez vu les vidéos, c’est quelque chose de très très spécial.
Mais ce n’est pas fini.
Le huitième soir de ‘Hanouka, cette année, c’était dimanche. J’avais les Ba’hourim, ils avaient leur avion pour retourner et dans les Chli’hout, ce n’est pas très facile. Baroukh Hachem, ils avaient peur de rater l’avion. Je leur ai dit : « Écoutez, on va faire l’allumage vite fait et je vous amène tout de suite à l’aéroport. »
Mais ce dimanche soir, il y avait 50 personnes qui sont venues, puis 100, 150, 200, 300 personnes ! J’ai dit : « Je ne peux pas bâcler cet événement comme ça ! C’est incroyable ! »
Et soudain, je vois Gabriel Sonino qui s’approche de la ‘Hanoukia. Je suis allé vers lui et je lui ai dit : « Écoutez, j’ai envie de vous donner l’honneur d’allumer la huitième bougie de ‘Hanouka devant tout le monde. »
Il m’a dit : « Non, non, je ne peux pas, je ne peux pas. » Finalement, il a accepté qu’on le fasse ensemble.
Alors j’ai raconté à tout le monde l’histoire du laitier qui a sauvé ces enfants. Et j’ai dit : « Ce petit enfant, aujourd’hui il a 86 ans, il est avec nous, il va allumer la huitième bougie ici. »
Tout le monde était sous le choc. Nous avons allumé ensemble la bougie.
Après l’allumage, j’étais très stressé car il était tard. Mais Gabriel Sonino m’a dit : « Écoutez, il y a une chose que je veux vous dire. Je ne sais pas si vous avez fait exprès, mais la position de la ‘Hanoukia que vous avez mise, c’est exactement à l’endroit où le laitier m’a sauvé pendant la Shoah. »
Ramener chaque Juif à son Père céleste
Je veux finir par un détail important. Chacun d’entre nous, je crois, approche des gens avec les Téfilines, avec la Torah. Parfois, nous ne réalisons pas l’importance de ce que nous faisons. Mais il y a des événements dans le monde qui nous permettent parfois de réaliser.
J’ai pensé à l’histoire des otages. Quelle émotion il y avait quand les otages sont retournés dans leurs familles ! C’était un moment incroyable. C’était une des plus grandes émotions pour tout le peuple d’Israël.
Quand nous arrivons à prendre un Juif qui était perdu, cela fait des années qu’il n’a pas mis les Téfilines, nous avons des histoires de gens de 70 ans qui n’ont même pas fêté leur Bar Mitsva, des Juifs qui vivent en Israël, des histoires incroyables…
Quand nous ramenons un enfant à son Père, quand nous amenons un Juif à Hachem, imaginez-vous l’émotion d’Hakadoch Baroukh Hou ! Et quel mérite Il nous donne !
C’est cela la Chli’hout que le Rabbi nous a donnée. Il nous a donné la force et la possibilité de ramener les enfants d’Israël à la Torah et aux Mitsvot, de les ramener à leur Père céleste.
Et avec l’aide d’Hachem, grâce à ce travail de diffusion de la ‘Hassidout, qui rapproche tant de Juifs, nous allons aider le monde à arriver très prochainement à la Guéoula avec le Machia’h !
Lee Rav Avraham Baroukh Pevzner, a prononcé un discours d’une grande profondeur lors du Siyoum Harambam au Cirque d’Hiver. Perpétuant la tradition de son père, le Rav Hillel Pevzner zal, il a partagé une réflexion lumineuse sur la signification de l’ère messianique selon le Rambam. Son enseignement a mis en lumière la différence fondamentale entre la connaissance scientifique du « quoi » et la compréhension spirituelle du « pourquoi ».
Cette année, nous avons institué de commencer par le discours et de terminer par le Siyoum ainsi que le début du nouveau cycle du Rambam.
Je tiens d’abord à féliciter les deux frères, le Rav Mendel Azimov et le Rav Lévi Azimov, qui continuent la tradition de leur père, le Rav Chmouel Azimov a’h. Celui-ci leur a inculqué et n’a cessé d’insister sur l’importance de mettre en œuvre, en pratique, toutes les Horaot du Rabbi, y compris l’enseignement du Rabbi concernant le Siyoum Harambam.
Je les remercie également pour perpétuer la tradition, elle aussi instituée par leur père, selon laquelle c’était mon père, le Rav Hillel Pevzner, qui effectuait le Siyoum.
Avant d’arriver au Siyoum proprement dit, je voudrais m’arrêter sur un passage du texte pour essayer de le comprendre avec profondeur.
La promesse de l’ère messianique
Le Rambam enseigne que dans ce temps, c’est-à-dire quand la royauté du Machia’h sera bien établie, après les guerres, après une époque mouvementée, viendra un moment de repos. À ce moment-là, le monde entier sera occupé uniquement par la connaissance d’Hachem.
Le Rambam écrit, comme nous allons le citer dans le verset, que les enfants d’Israël seront de grands sages, de grands ‘Hakhamim, dans la compréhension de la grandeur d’Hachem.
Ce terme « ‘Hakhamim » peut également être traduit par « érudits ». Les enfants d’Israël auront une grande érudition dans la compréhension de la grandeur d’Hachem. Comme préparation à cette érudition, il y a l’étude de la Torah qui constitue un avant-goût de cette compréhension qui sera très largement diffusée partout dans le monde lorsque le Machia’h viendra.
Les enfants d’Israël seront de grands scientifiques
Mais on peut aussi traduire ce passage autrement. Comme je l’ai traduit une fois : les enfants d’Israël seront de grands scientifiques.
Que signifie être de grands scientifiques ?
Il est expliqué dans la ‘Hassidout, notamment dans les enseignements du Rabbi précédent et du Rabbi, que la science actuelle, qui est véritablement arrivée à des prodiges remarquables dans la connaissance de la nature et dans toutes les parties du monde, cette science enseigne seulement le « quoi ». C’est-à-dire : qu’est-ce qui se passe dans le monde ? Comment fonctionne le monde ? Qu’est-ce qu’il contient ? Les particules, comment marchent les choses, et ainsi de suite. Voilà le « quoi ».
Mais la science n’a aucune réponse sur le « pourquoi ». Pourquoi les choses du monde se déroulent-elles de cette manière ? D’ailleurs, ce n’est pas le rôle de la science de nous dire le pourquoi. Son rôle unique est de nous révéler le « quoi », et non le « pourquoi ».
Comprendre le pourquoi grâce à la divinité
Mais comme nous savons que tout ce qui se passe dans le monde provient de la divinité, lorsque le Machia’h viendra, les enfants d’Israël comprendront la divinité et comprendront ainsi le « pourquoi » de chaque détail du monde.
Permettez-moi de donner un petit exemple, qui ne dit pas tout, mais qui illustre ce propos : le feu et l’eau.
Une des choses que l’on observe, c’est que le feu monte et que l’eau descend. On explique que la source du feu est la Midda de la Guevoura, la rigueur, et que la source de l’eau est la Midda de la ‘Hessed, la miséricorde et l’abondance.
Donc, il y a déjà des choses que nous savons : pourquoi le feu monte, comme la Guevoura qui s’élève, et pourquoi l’eau descend, comme le ‘Hessed qui se déverse. Mais cela reste très général.
Quand le Machia’h viendra, les enfants d’Israël, en tant que grands sages, comprendront chaque détail, les millions et milliards de détails qu’il y a dans le monde, à travers leur source divine. Chaque élément sera compris par sa source dans la divinité. C’est cela que signifie cette promesse du Rambam.
Lecture de la dernière Halakha du Rambam
Maintenant, nous allons faire le Siyoum. Je vais lire la dernière Halakha du Michné Torah, à partir du fascicule qui a été distribué par le Beth Loubavitch à tout le monde :
« Dans ce temps, dans cette époque, quand la royauté du Machia’h sera bien établie, il n’y aura aucune jalousie, aucune rivalité. Pourquoi ? Parce qu’il y aura une grande abondance de toutes les bonnes choses, toutes les délices seront d’une abondance comparable à la poussière de la terre.
Le monde n’aura plus rien à faire pour travailler, pour gagner de l’argent, pour manger. Il ne restera qu’une seule occupation : être des sages, des érudits, des scientifiques d’une très grande envergure. Ils connaîtront les choses cachées et accéderont à la connaissance de leur Créateur, dans le cadre de la possibilité humaine.
Comme il est dit : quand le Machia’h viendra, la terre sera pleine de la connaissance d’Hachem, de la même manière que l’eau remplit la mer. »
Le début du nouveau cycle : la première Halakha du Rambam
Et maintenant, le début du Rambam, la première Halakha du nouveau cycle :
« La base des bases et le pilier de toutes les sagesses et de toutes les sciences, c’est de savoir qu’il y a un Existant premier, avant tout ce qui existait. C’est Lui qui donne l’existence à toutes les créatures.
Tout ce qui existe dans le monde, depuis le ciel jusqu’à la terre et tout ce qu’il y a entre les deux, n’existe que grâce à la vérité de Son existence. »
Avec le Machia’h à notre tête, très prochainement !
Dans un entretien exceptionnel et émouvant, le milliardaire et philanthrope Lev Leviev se confie sur son enfance clandestine en Union soviétique, sa vision des affaires guidée par la spiritualité, et son projet de succession qui privilégie l’œuvre caritative au profit de ses enfants. Un témoignage rare sur la foi, la famille et les valeurs qui ont façonné l’un des hommes d’affaires juifs les plus influents de notre époque.
Une enfance dans la clandestinité soviétique
Lev Leviev, juif orthodoxe pratiquant et figure majeure de l’industrie diamantaire mondiale, est né le 30 juillet 1956 à Tachkent, en Ouzbékistan. Émigré en Israël en 1971 à l’âge de 15 ans, il a commencé comme apprenti tailleur de diamants avant d’ouvrir sa propre usine en 1977 et de racheter douze concurrents en 1980. Forbes a estimé sa fortune à 4,5 milliards de dollars, mais c’est surtout son œuvre philanthropique qui le distingue : en 1992, il a fondé Ohr Avner, un réseau comprenant 75 écoles, 20 programmes éducatifs, 13 000 élèves et des dizaines de millions de dollars investis chaque année dans l’éducation juive.
Interrogé sur ses souvenirs d’enfance les plus marquants, Leviev évoque la difficulté de vivre en tant que famille religieuse sous le régime soviétique. « Nous étions une famille orthodoxe depuis ma naissance. Mon grand-père avait été condamné à mort pour cela, puis à 25 ans de Sibérie. Personne ne devait savoir que nous observions le Chabbat et les fêtes. Il fallait constamment dissimuler notre identité à nos amis, nos proches, nos voisins. »
Le moment le plus intense fut son refus catégorique d’aller à l’école le samedi. « J’ai refusé d’y aller à cause du Chabbat. On m’a alors envoyé dans une Yechiva clandestine à Samarcande. J’ai disparu de l’école. Mes parents ont dit que j’avais changé d’établissement, mais en réalité, je n’étais nulle part officiellement. J’avais 12 ans. »
La vie dans cette Yechiva secrète était spartiate. « Nous n’étions que dix garçons. Nous pensions être les seuls, mais il existait des dizaines de maisons comme la nôtre, toutes isolées les unes des autres. Nous ne pouvions pas sortir de la cour pendant des semaines. Pas de viande, pas de poisson. Nous vivions de légumes, de fruits, de pain, de pastèques et de melons. »
Quand les autorités ont commencé à s’inquiéter de sa disparition, son père a été convoqué pour interrogatoire. « En pleine nuit, un ami de mon père est arrivé à Samarcande et m’a dit : « Vite, au train, nous partons. » Cette peur nous accompagnait constamment. »
Une foi sans compromis
Comment un enfant pouvait-il supporter cette résistance permanente ? Leviev répond avec conviction : « Nous étions prêts à risquer notre vie. Nous étions tellement convaincus depuis l’enfance que c’était le bon chemin. Aucun compromis n’était acceptable. Nous étions imprégnés de ce patriotisme juif. »
Cet engagement venait principalement de sa mère. « C’est elle qui nous répétait constamment : « Ne mangez rien chez les voisins, rien chez les amis, seulement de la nourriture cachère. » Mon père était occupé par le travail, les affaires. C’était ma mère qui assurait cette éducation permanente. »
L’épreuve quotidienne était épuisante. « À l’école, on nous demandait de retirer notre kippa. Nous portions une calotte ouzbèke pour nous camoufler. Tous les élèves allaient à la cantine, et nous devions manger notre sandwich d’hier, préparé par maman, au milieu des odeurs non cachères. Comment cacher notre identité aux amis, aux proches, aux voisins ? C’est dans ce contexte que nous avons grandi. »
Du diamant brut au roi des pierres précieuses
L’entrée de Leviev dans l’industrie diamantaire fut presque accidentelle. « Quand mon père est arrivé en Israël, il avait vendu tout ce qu’il possédait pour acheter des diamants. On lui montrait des pierres brillantes, il les achetait, convaincu d’assurer l’avenir de sa famille. Mais quand nous avons commencé à les faire évaluer à la bourse des diamants, on nous disait : « Cette pierre est brune, celle-ci a trop de défauts. » Ce que nous pensions valoir un million de dollars valait à peine 10 000. »
Cette déconvenue a déclenché une vocation. « J’ai compris que c’était un métier qui exigeait un très haut niveau de professionnalisme. J’ai décidé de me spécialiser dans la taille. Parallèlement à mes études en Yechiva, je me suis inscrit secrètement, sans l’accord de mes parents, dans un atelier de taille. J’avais 16 ans quand j’ai ouvert mon premier petit atelier. »
L’aventure russe et la bénédiction du Rabbi
En 1987, une délégation soviétique comprenant le directeur de l’Almaz d’or et des représentants du ministère des Ressources naturelles a parcouru le monde à la recherche des meilleures technologies de taille. « J’ai été choisi comme le plus avancé technologiquement dans ce domaine. On m’a proposé de créer une coentreprise. Mais à l’époque, il n’y avait pas de relations diplomatiques entre Israël et l’Union soviétique. Il fallait passer par l’Autriche pour obtenir un visa, et le KGB était présent à chaque réunion. »
Avant de s’engager, Leviev a voulu obtenir la bénédiction du Rabbi de Loubavitch. « Tous étaient contre ce projet : mes parents, tout le monde. Ils avaient peur de l’Union soviétique, et encore plus du business diamantaire, le plus scandaleux qui soit. Je leur ai dit : « Si le Rabbi donne sa bénédiction, j’irai. Vous ne pouvez pas aller contre le Rabbi. » »
La rencontre fut décisive. « Avant moi, un Américain demandait au Rabbi la bénédiction pour un contrat en Union soviétique. Le Rabbi lui a répondu : « Où êtes-vous actuellement ? C’est bien là aussi. » L’homme a insisté, mais le Rabbi a répété sa question. Mon tour est venu. Je me suis dit : je ne vais pas poser la question directement. »
Le Rabbi n’a pas parlé d’affaires. « Il m’a dit de m’occuper de ce qui avait été retiré aux enfants juifs : les traditions, l’éducation juive. Il a dit que les temps venaient où les murs de fer allaient tomber. Il a mentionné plusieurs républiques soviétiques, y compris la Russie. Pas un mot sur le business. Mais il a dit qu’il y aurait une bénédiction. J’ai compris : on peut faire des affaires, mais il faut absolument s’occuper de l’éducation des enfants juifs. »
Reconstruire la vie juive en Russie
Arrivé à Moscou, Leviev a découvert une réalité désolante. « Je suis allé à la synagogue de Marina Rochtcha. C’était une vieille bicoque délabrée, penchée. J’y ai rencontré un jeune Rav qui venait d’arriver. Il avait quelques élèves, parmi lesquels couraient Sacha Boroda et Gorine. Je lui ai demandé pourquoi tout était si triste. Il m’a dit qu’il n’y avait pas d’argent, une misère totale. »
À cette époque, la Russie était dans un état de pénurie extrême. « Même au marché noir, on ne trouvait rien. Les supermarchés vendaient des porte-savons en plastique. Les salaires étaient de 10 ou 20 dollars par mois. J’ai alloué un budget et nous avons commencé à développer l’activité. Nous avons rassemblé tous les Rabbanim, qui étaient très peu nombreux, et commencé à en chercher de nouveaux. »
La force de Habad, selon Leviev, réside dans son uniformité. « Si vous allez n’importe où dans le monde, d’Amérique du Sud à l’Afrique, le comportement des Rabbanim Habad est partout identique. Les règles sont les mêmes, les prières sont les mêmes, les cours sont les mêmes. Personne ne peut rien inventer de nouveau. C’est comme c’est, et cela reste ainsi. »
Cette fidélité aux enseignements du Rabbi garantit la continuité. « Nous venons de voir au Kinous Hachlouhim en Amérique plus de 6 200 Rabbanim réunis. Et si l’on compte tous les émissaires qui travaillent dans les communautés, ce sont des dizaines de milliers. Chacun a 10, 12, 15 enfants. C’est une véritable armée que le Rabbi de Loubavitch a créée : au minimum 150 000 à 200 000 personnes qui suivent ce chemin. »
Les Juifs boukhares : un héritage préservé
En tant que président du Congrès mondial des Juifs boukhares depuis 26 ans, Leviev est fier d’un accomplissement particulier. « Aujourd’hui, l’assimilation chez les Juifs boukhares n’atteint même pas 1% dans le monde entier. Nous l’avons complètement arrêtée. Je ne peux pas dire qu’ils observent tous le Chabbat, mais ils sont tous attachés aux traditions, tous liés à la communauté. »
La communauté compte environ 350 000 membres, dont 110 000 en Amérique, le reste en Europe, Australie et Canada. L’association entre Juifs boukhares et richesse n’est pas un hasard. « Après que l’Empire russe a conquis les émirats turcs, il leur a accordé les mêmes droits qu’aux autres. En 1889, en dix ans, les Juifs boukhares ont atteint le niveau des Rothschild. Ils ont été les premiers à s’occuper du pétrole, ils sont devenus des marchands de première guilde. Il existe un document de 1906 adressé au Premier ministre russe qui explique pourquoi les Juifs boukhares peuvent être marchands de première guilde. Il y est écrit : « Ce sont des gens qui respectent leur parole. Leur parole est un contrat. » »
L’exemple paternel : partager les secrets du métier
L’approche de Leviev en matière de philanthropie et d’affaires est directement inspirée de son père. « Mon père avait une entreprise de textile. Des nouveaux immigrants d’Union soviétique venaient le voir : « Reb Avner, nous ne connaissons pas la langue, personne ne veut nous embaucher, c’est très difficile. » Et mon père leur donnait toutes les adresses : où acheter les tissus aux bons prix, où trouver les boutons à la mode, où faire couper, où faire coudre, où vendre. »
Le jeune Lev était scandalisé. « Papa, qu’est-ce que tu fais ? C’est ton business ! Tu te crées des concurrents ! Il m’a répondu : « Mon fils, tu crois que la bénédiction pour qu’un homme gagne de l’argent se trouve dans mes secrets ? Au contraire, si j’aide les autres, D.ieu dira : il aide les autres, ce n’est pas un problème pour Lui de trouver un moyen pour que quelqu’un gagne de l’argent. Nous pensons avoir inventé quelque chose, posséder quelque chose. Mais s’il y a la bénédiction, tout réussira. » »
La Tsedaka : le plus difficile des commandements
Pour Leviev, la Tsedaka est à la fois le commandement le plus difficile et le secret de la réussite. « Celui qui gagne énormément et donne un million sur cent millions, ce n’est pas si difficile. C’est un kopeck sur cent. Mais celui qui gagne 300 000 roubles et donne 10%, c’est bien plus difficile. La Tsedaka, aider l’autre, c’est une épreuve très difficile. »
Il croit fermement au lien entre générosité et bénédiction. « Si tu veux réussir, tu travailles, tu investis, tu crées des réceptacles pour recevoir la bénédiction. Et ces réceptacles, c’est la Tsedaka, aider les autres. Quand tu commences à aider les autres, tu crées des réceptacles pour que D.ieu puisse te donner davantage. »
Les calculs divins restent impénétrables. « Combien de business nous avons eus où j’ai investi pendant des années, et après dix ans, rien. Zéro. Où est passé l’argent ? Et puis un jour, un investissement que j’avais oublié, un million de dollars placé il y a quinze ans, me rapporte soudain 50 millions. Tu ne connais jamais les calculs de D.ieu. »
La vraie bénédiction n’est pas l’argent
Leviev distingue clairement richesse et bénédiction. « Je connais des gens qui ont des milliards de dollars. Ils n’ont pas un seul jour heureux. Ils s’inquiètent, ne dorment pas la nuit, ont des problèmes. Et il y a des gens qui ont beaucoup moins d’argent, qui dorment bien, vivent bien, sont joyeux. Ça, c’est la bénédiction. La bénédiction, ce n’est pas beaucoup d’argent. L’argent nous est nécessaire pour faire de bonnes actions, pas pour qu’il dorme à la banque. »
Il rappelle que tous les humains partagent une même origine. « Nous sommes tous fils d’Adam et Ève, fils d’Abraham. Nous sommes tous des cousins, des frères. Nous devons tous nous aimer. Nous ne pouvons pas, créatures de D.ieu, haïr. Si un être humain ou un animal a été créé par D.ieu, nous devons le respecter, nous devons l’aimer. Sinon, nous sommes des égoïstes qui n’aiment qu’eux-mêmes. »
Transmettre à ses enfants et petits-enfants
Leviev emmène régulièrement ses enfants et petits-enfants visiter les communautés qu’il soutient à travers le monde. « Ceux qui ont grandi en Israël, dans une famille juive libre, ont du mal à comprendre qu’il en allait autrement ailleurs. Quand ils voient des gens qui ne savaient même pas qui ils étaient, qui retournent à leurs racines, ils comprennent qu’on peut changer les choses, qu’on ne doit pas être égoïste. »
C’est l’enseignement fondamental de la ‘Hassidout : « On ne peut pas se dire : j’ai sauvé ma famille, je suis tranquille devant D.ieu, j’ai accompli ma mission. Il faut aider les autres aussi. Il faut leur ouvrir les yeux pour que chacun décide ensuite s’il veut changer sa vie ou non. Mais cela aide toujours, au moins un peu. »
Internet et les défis modernes
Face aux défis technologiques contemporains, Leviev cite l’enseignement du Alter Rebbe : « Il faut vivre avec son temps. Le Rabbi a expliqué que si quelque chose apparaît à notre époque, c’est que D.ieu l’a voulu. Si D.ieu n’avait pas voulu, il n’aurait pas donné à quelqu’un l’idée de créer Internet. Puisque cela existe, on peut l’utiliser dans la bonne direction. »
L’exemple concret : les écoles en ligne. « Nous avons des Rabbanim partout dans la CEI, de la Sibérie à Vladivostok. Comment donner une éducation juive au fils d’un Rav dans ces régions éloignées ? Nous avons des écoles en ligne. Des milliers d’enfants étudient à travers ces sites Internet. Voilà à quoi nous sert Internet. »
Le Chabbat : un vrai jour de repos
Pour ceux qui perçoivent la religion comme un ensemble de contraintes, Leviev offre une autre perspective. « Dès que le Chabbat se termine, mon humeur retombe. Le Chabbat est le seul jour où je déconnecte tous mes téléphones et personne ne m’appelle. C’est mon vrai jour de repos. Quoi qu’il arrive, où que ce soit, je ne réponds jamais au téléphone le Chabbat. »
Il décrit le Chabbat comme un spectacle. « La prière, la belle voix du ‘Hazan, c’est du théâtre pour moi. J’en profite pleinement. Le repas du Chabbat, toujours délicieux, cacher, différent le soir et le jour. Les Farbrenguen dans les synagogues, c’est le summum. Tu bois le L’haïm, tu te rassembles avec tout le monde. »
L’expérience communautaire le remplit de joie. « Dans notre synagogue, tu vois des gens dire : « Je suis juif du Daguestan », « Je suis juif du Caucase », « Je suis juif de Géorgie », « Je suis juif de Boukhara », « Je suis juif d’Ukraine », « Je suis juif de Russie ». Tu t’assieds à table avec 25 ou 30 personnes. Ce n’est pas une seule famille, mais soudain, nous prions tous ensemble la même prière, depuis des millénaires. Quel cadeau nous pouvons offrir à notre Père céleste ! »
Les secrets d’un partenariat réussi
Fort de son expérience, Leviev livre ses conseils pour des partenariats d’affaires durables. « Tous les détails possibles et imaginables doivent être inscrits dans le contrat entre les parties. Pas de poignée de main en disant « je te fais confiance, tu me fais confiance », puis les problèmes commencent : « Tu n’as pas dit cela, tu ne voulais pas dire cela. » Il faut prendre le temps au départ, même si c’est inconfortable. Tout doit être écrit : la gestion, la prise de décisions, la répartition des bénéfices. »
Il a appris cette leçon à ses dépens. « Dans le business diamantaire, il n’y avait jamais de contrats. Une poignée de main, « Mazal ouVrakha », deux mots. Celui qui ne respectait pas sa parole était expulsé de la bourse. C’était simple. Mais en dehors du monde diamantaire, nous pensions que serrer la main suffisait. Puis quelqu’un disait : « Mais nous n’avons pas encore signé de papier. » Après m’être fait avoir quelques fois au début, j’ai compris qu’il fallait tout faire correctement dès le départ. »
Et d’ajouter avec un sourire : « Il est écrit que si le partenariat était une bonne chose, D.ieu aurait eu un partenaire. »
La succession : un héritage pour l’éternité
Père de neuf enfants, Leviev a mis au point une stratégie de succession originale. « Tous mes enfants travaillent, mais aucun ne travaille ensemble dans le même business. Chacun dirige une entreprise différente. J’ai deux enfants en Amérique : ma fille s’occupe des diamants et bijoux de luxe, son mari gère l’immobilier. Un fils gère les diamants de laboratoire, la taille et la joaillerie. Un autre fils se consacre exclusivement à la joaillerie. Une autre fille avec son mari gère l’extraction d’or. Chacun dans sa direction. »
Mais le plus important est le plan pour l’après. « Ce qui intéresse beaucoup de gens, la meilleure recette après 120 ans pour éviter les conflits entre les enfants : chaque enfant recevra une somme d’argent déterminée, mais tout le business passera dans une fondation caritative qui continuera l’œuvre pendant de nombreuses années. »
Le fonctionnement sera simple. « Des gestionnaires professionnels dirigeront le business. Les dividendes iront éternellement à la fondation. Les enfants pourront faire leur propre business s’ils le souhaitent, avec la somme qu’ils auront reçue. Ils ne reçoivent pas l’actif, pas le business, mais de l’argent liquide. »
Cette décision est mûrement réfléchie. « Je connais beaucoup d’hommes d’affaires qui ont des milliards. Ils ont deux ou trois enfants. Ils laisseront tout à leurs enfants. Ces enfants ne tiendront pas plus d’une génération. Soit l’un rachète l’autre, soit ils disent « vendons », soit ils commencent à se disputer. À 90%, ils ne tiendront pas. Chacun a ses ambitions : « Je peux faire mieux », « Qui est-il ? », « Pourquoi lui ? », « Papa s’est trompé ». Je pense que chacun doit faire ses preuves lui-même, recevoir son argent et construire son propre business pour sa propre famille. »
L’histoire lui donne raison. « Quelle que soit la somme que tu laisses à tes enfants, elle ne dure jamais plus de deux ou trois générations. Cela n’est jamais arrivé. Regarde l’histoire de tous les riches. En Amérique, ces dernières années, tout va dans des fondations, à cause des impôts. Les fondations sont gérées par des administrateurs, les héritiers reçoivent des dividendes. »
La Russie aujourd’hui : un modèle de vie juive
Leviev porte un regard positif sur la vie juive en Russie. « Pratiquement dans tous les pays où vivent des Juifs, il y a un Grand Rabbin ou des Rabbanim dans les synagogues. Ici, comme personne ne voulait venir, le mouvement Loubavitch a envoyé ses ‘Hassidim dans les moments les plus difficiles. Nous avons la chance d’avoir des Grands Rabbanim dans tous les pays de la CEI. »
La structure centralisée est un avantage. « Tout ce qui se passe en Russie est sous l’autorité du Rav Lazar. Cela n’existe nulle part ailleurs. En Amérique, chaque communauté a son Rav, et l’aide est ponctuelle. Ici, il y a une centralisation. C’est un grand avantage. »
Il n’hésite pas à commenter la situation politique. « Regardez Israël, un petit pays. Malgré tous les moments difficiles, la guerre, les problèmes, nous, les Juifs, nous nous battons entre nous en permanence. Des procès trois fois par semaine contre le Premier ministre pour des histoires de champagne. Quelle honte ! Il doit prendre des décisions sur les bombardements, et il doit demander au tribunal la permission de commander une opération. C’est ridicule. »
Et de contraster avec d’autres modèles. « Beaucoup diront : « En Russie, Poutine contrôle tout. » Eh bien, au moins il y a de l’ordre. Trump vient de montrer en Amérique ce qu’est une vraie démocratie : il s’assoit et dit qu’il faut mettre fin à la guerre, mettre de l’ordre ici et là, et on le laisse travailler. Quand il y a un leader, les choses avancent. »
L’éducation : la priorité des dix prochaines années
Interrogé sur les priorités pour le développement de la vie juive en Russie, Leviev est catégorique. « L’éducation des jeunes. Combien de pourcents d’enfants juifs en Russie étudient dans des écoles juives ? Peut-être 5%, très peu. Tous les parents veulent les meilleures écoles. Aujourd’hui, il existe d’excellentes écoles générales avec un très haut niveau d’enseignement. Les parents veulent que leurs enfants y étudient. Mais s’ils ne reçoivent pas parallèlement une éducation juive, on perdra ces enfants. »
Après 30 ans d’engagement, sa conviction reste inébranlée. « Tous ceux qui ont plus de 40-50 ans, nous sommes ce que nous sommes, nous resterons plus ou moins les mêmes. La question est : comment grandira la prochaine génération pour transmettre cela plus loin ? C’est la mission principale. »
Le souvenir d’enfance le plus précieux
Parmi ses souvenirs d’enfance, un dialogue avec son Rav reste gravé dans sa mémoire. « Mon Rav était Rav Abadavid Gourevitch, le Rav de l’Ouzbékistan. Quand il venait, nous nous cachions dans la cave pour que personne ne le voie. Chaque jour, nous étudiions la Torah dans cette cave. Je lui disais : si tu ne viens pas avec une nouvelle histoire sur le Baal Chem Tov que je n’ai pas encore entendue, je n’étudie pas ce jour-là. »
Le Rav le mettait en garde. « Il me disait : « Louba, tu ne crains pas D.ieu ? Là-haut, on note tout, que tu ne veux pas étudier, que tu ne m’écoutes pas. » Je lui répondais : « Comment peuvent-ils nous voir, assis dans cette cave ? » Il me disait : « Tu n’as pas entendu ? Les Américains ont envoyé un satellite, une balle de tennis, qui peut photographier avec précision depuis cette hauteur. Et D.ieu ne pourrait pas ? » Je lui disais : « Arrête de dire des bêtises ! » »
Leviev conclut avec émerveillement : « Et voilà, nous avons vécu jusqu’à l’époque où l’on voit tout, où l’on entend tout. Tu appuies sur un bouton et tu peux voir et parler avec quelqu’un n’importe où dans le monde. Qui aurait pu imaginer cela ? »
La question qui le hante
Quelle question sur l’avenir se pose-t-il le plus souvent ? « Ce qui me préoccupe le plus, c’est ce qu’il adviendra des prochaines générations. Mon père disait quelque chose dont je ne mesurais pas la justesse à l’époque. Tout le monde connaissait mon père, il était le chef de la communauté boukhare. Quand on me demandait qui j’étais, il aurait voulu que je puisse répondre : « Je suis le père de Lev Leviev. » »
Il poursuit : « Mon rêve, c’est que mes enfants, où qu’ils aillent, et moi, où que j’aille, si on me demande qui je suis, je puisse dire : « Je suis le père de Shalom, de Zevouloun, de Shemaya, de Yehoshoua, de Rav Avner… » Quand les enfants atteignent un niveau plus élevé que tes propres mérites, qu’ils accomplissent plus que ce que tu as fait, voilà ce qui s’appelle le bonheur, l’avenir de la génération suivante. »
Le vrai succès n’est pas dans les affaires
Dépasser le succès de ses parents en affaires est-il possible ? Pour Leviev, la question est mal posée. « Le business, c’est éphémère, comme on dit. L’essentiel, c’est d’être juste sur le plan spirituel. L’être humain doit avoir cette dimension pour ne pas arriver à la fin de sa vie en disant simplement : « J’ai bien bu, j’ai bien mangé. » »
Il illustre par une anecdote. « Quelqu’un au centre commercial Afimaul m’a montré fièrement : « Vous voyez la queue pour mon café ? Un espresso à 575 roubles avec un arôme spécial. » J’ai goûté. C’était bon. Mais ce plaisir, combien de temps a-t-il duré ? Une seconde. Le liquide passe par la gorge, tu ressens le plaisir une seconde, tu avales, et ensuite c’est juste le travail de digestion. Nos plaisirs de bien boire, bien manger, tout cela ne dure que des secondes, des minutes. »
Il poursuit la démonstration. « Tu veux acheter une belle voiture. Tu en profites avant de l’avoir, tu fantasmes. Tu l’achètes, tu t’assieds, tu fais un tour, et après c’est comme si c’était ta vieille voiture. Tu ne fais plus attention à ce que tu conduis. Tu achètes un nouvel appartement, un peu plus confortable. En deux jours tu t’habitues, tu n’y fais plus attention. Tu vivais comme ça, tu vis comme ça. Tout ce à quoi nous aspirons toute notre vie, ce sont des sensations temporaires, éphémères. »
Et de conclure : « Alors pourquoi vivons-nous ? Je ne veux pas vivre pour rien. Je veux laisser quelque chose après moi, ici et là-haut. C’est précisément en suivant le chemin de l’éducation que nous avons reçue, selon la voie juive. Je sais que je gagnerai ici et je gagnerai là-bas. Je ne veux pas passer mon temps ici en vain. Chacun d’entre nous doit penser ainsi. »
La qualité essentielle d’un leader
Quelle est la qualité la plus rare d’un leader, celle qu’on ne peut ni acheter, ni apprendre, ni hériter ? « L’exemple personnel. La qualité d’un leader, c’est l’exemple personnel. Prenez même un commandant dans l’armée : l’exemple personnel. Partout, l’exemple personnel. C’est le plus important. »
Ce qu’il aimerait mieux savoir faire
Cuisiner, écouter, se reposer, se taire : que voudrait-il mieux savoir faire ? « Je dirais me reposer. Se reposer, c’est savoir se déconnecter. Je ne sais faire cela que le Chabbat, quand les téléphones ne fonctionnent pas. »
Le bonheur d’une grande famille
Interrogé sur ce qu’il ressent lors des réunions familiales, Leviev rayonne. « Beaucoup de mes collègues et amis me disent : « Ce que nous t’envions, c’est ta grande famille. » Quand tu fais comme c’est écrit dans la Torah, quand tu te maries à 18 ou 20 ans, quand tu as beaucoup d’enfants… Oui, au début c’est difficile. Beaucoup veulent avoir un enfant à 40 ans. Ils veulent s’amuser, voyager. Mais ce n’était pas facile pour nous d’élever neuf enfants. Surtout ma femme, qui a porté l’essentiel du fardeau pendant que j’étais constamment en déplacement. »
Il cite un enseignement talmudique. « Comme on dit : « Mi chétara’h béerev Chabbat, yo’hal béChabbat » – celui qui prépare avant le Chabbat mange le Chabbat. Nous avons travaillé dur avec ma femme, élevé neuf enfants. Aujourd’hui, nous profitons de ces fruits. Nous avons plus de quarante petits-enfants et déjà trois arrière-petits-enfants, D.ieu merci. »
Ses amis du même âge ont cinq petits-enfants et s’en estiment heureux. « Mon père disait : « Personne ne te demandera combien d’argent tu as. On te demandera combien d’enfants tu as. » C’est de cela qu’il faut être fier. Que D.ieu fasse qu’on en ait beaucoup et qu’on profite de chacun plus encore que du précédent. »
L’héritage du Rabbi de Loubavitch
En conclusion, Leviev rend hommage à celui qui a inspiré toute son œuvre. « Quand nous observions le judaïsme à l’époque soviétique, c’était au péril de notre vie, comme mon grand-père et tous ses compagnons. Risquer sa vie. Aujourd’hui sont venus les temps de « Léhénot méhapérot » – profiter des fruits que nos ancêtres ont laissés. »
Il évoque l’expansion phénoménale du mouvement Habad. « Tous ces endroits où personne ne voulait aller, seuls les émissaires de Habad les cherchaient. Tu les invitais, ils ne demandaient pas combien d’argent, comment on vivrait là-bas. Aujourd’hui, tous leur envient. Chacun d’eux construit un empire. Nous voyons tous les Rabbanim dans tous les pays de la CEI, comme tout fleurit, toutes les bénédictions. Tous les temps difficiles que les ‘Hassidim de Loubavitch ont traversés en Union soviétique, depuis l’époque du tsar jusqu’à aujourd’hui. Maintenant est venu le moment de profiter des fruits que nos ancêtres ont gagnés. »
Son vœu final : « Que cela se multiplie, comme on dit en ‘Hassidout, « beRévakh ouBeHarkhava » – en abondance et en expansion. Que D.ieu le veuille. »
Le Beth Habad Sinaï de Paris a accueilli un Farbrenguen mémorable à l’occasion de Youd Chevat, marquant l’anniversaire de la Hilloula du Rabbi précédent et le début de la direction du Rabbi. Cette soirée exceptionnelle a réuni la communauté autour du Rav Chraga Natan Dahan, émissaire du Rabbi à Netanya, venu spécialement pour l’occasion. L’événement revêtait également une dimension particulièrement émouvante, commémorant le 32ème Yortsaït du Rav Arié Dov Edelman zatsal.
Une date chargée de sens pour la communauté
Le mercredi 28 janvier 2026, correspondant aux jours de Youd et Youd Aleph Chevat 5786, le Beth Habad Sinaï situé au 2 rue Tristan Tzara dans le 18ème arrondissement de Paris a ouvert ses portes pour une soirée spirituelle d’exception. La prière de Maariv à 20h00 a inauguré ce rassemblement, immédiatement suivi du Farbrenguen tant attendu.
Un invité de marque venu d’Israël
Le Rav Chraga Natan Dahan, l’un des Chlouhim du Rabbi à Beth Shemesh en Israël, a fait le déplacement pour animer ce Farbrenguen. Sa présence a apporté une dimension particulière à cette soirée, permettant aux participants de s’imprégner des enseignements et de l’inspiration propres à cette date si importante dans le calendrier hassidique.
Une soirée dédiée à la mémoire et à la célébration
Ce Farbrenguen portait une signification toute particulière pour plusieurs membres de la communauté. La soirée marquait le 32ème Yortsaït du Rav Arié Dov Edelman zatsal, et fut partiellement offerte par sa fille, la Rabbanite Pevzner, qu’elle vive de longues et bonnes années. Cette Illouï Néchama a ajouté une dimension de recueillement et d’élévation spirituelle à l’événement.
Un double motif de réjouissance
La Providence divine a voulu que cette soirée coïncide également avec le Yom Houlédèt de Reb Meïr Farjeon, le fidèle Gabaï de la communauté, qu’il vive de longues et bonnes années. Ce dernier a généreusement contribué à l’organisation de l’événement en offrant une partie du Farbrenguen. Cette heureuse coïncidence a permis d’unir la mémoire du passé aux bénédictions pour l’avenir.
L’esprit du Youd Chevat
Youd Chevat représente une date fondamentale dans l’histoire du mouvement Habad Loubavitch. C’est le jour anniversaire de la Hilloula du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, en 5710 (1950), et le jour où le Rabbi a officiellement accepté la direction du mouvement un an plus tard. Cette date invite chaque Hassid à renouveler son engagement envers la mission du Rabbi et à intensifier ses efforts dans la diffusion de la Torah et des Mitsvot.
Un rassemblement fraternel
Autour de tables garnies, dans une atmosphère chaleureuse et fraternelle, les participants ont pu écouter des paroles de Torah, partager des Nigounim et se renforcer mutuellement dans leur service divin. Le Farbrenguen, tradition hassidique par excellence, permet de créer ces liens si précieux entre les membres de la communauté et de puiser l’inspiration nécessaire pour le travail spirituel quotidien.
La grande fête annuelle de Tou Bichvat, organisée depuis des décennies par les familles Gabay, Mergui et Lachkar, a rassemblé cette année encore de nombreux convives au Beth Habad Flandre. Fidèle à la tradition, cet événement a proposé pas moins de 112 sortes de fruits différents, perpétuant ainsi une coutume précieuse héritée des générations précédentes. Cette Seouda mémorable a été l’occasion de célébrer le Nouvel An des arbres dans une atmosphère chaleureuse et fraternelle.
Une tradition familiale enracinée dans l’histoire
Comme chaque année, les familles Gabay, Mergui et Lachkar ont ouvert leurs portes pour accueillir la communauté à l’occasion de Tou Bichvat. Cette fête, célébrée le 15 du mois de Chevat, marque le Nouvel An des arbres selon la tradition juive. L’événement s’est tenu au Beth Habad Flandre, où de nombreuses personnes se sont réunies pour partager ce moment festif.
À cette occasion, le Rav Mendel Azimov a souligné l’importance de cette Seouda, une tradition précieuse transmise par leurs parents, M. et Mme Gabay, d’abord en Algérie, puis à Paris. Cette année, l’événement a été dédié à la mémoire de M. Aharon ben Its’hak et de Mme Hendel bat Méïr Gabay, de mémoire bénie.
112 variétés de fruits pour célébrer la terre d’Israël
La particularité de cette célébration réside dans l’abondance et la diversité des fruits proposés. Pas moins de 112 variétés différentes ont été présentées aux convives, des plus communes aux plus exotiques. Parmi celles-ci figuraient notamment le blé, l’olive, la datte, le raisin et la figue, qui font partie des sept espèces avec lesquelles la terre d’Israël est bénie selon la Torah.
La liste comprenait également des fruits plus rares tels que le ramboutan, le fruit du dragon, le salak, le maracuja, le kiwano ou encore le lulo, offrant ainsi aux participants l’opportunité de réciter des bénédictions sur des fruits qu’ils n’avaient peut-être jamais goûtés auparavant.
La signification spirituelle de Tou Bichvat
Tou Bichvat occupe une place particulière dans le calendrier juif. Cette fête célèbre le renouveau de la nature et le lien profond qui unit le peuple juif à la terre d’Israël. Selon la tradition Kabbaliste, consommer des fruits en ce jour et réciter les bénédictions appropriées permet d’élever les étincelles de sainteté contenues dans les aliments.
Une tradition qui traverse les générations et les continents
L’histoire de cette célébration familiale témoigne de la transmission des traditions juives à travers les générations et les pays. Initiée en Algérie par la famille Gabay, cette coutume a traversé la Méditerranée pour s’enraciner à Paris, où elle continue de rassembler la communauté année après année.
Cette persévérance dans la préservation des traditions illustre parfaitement l’esprit de Tou Bichvat, qui célèbre la force vitale des arbres capable de résister à l’hiver pour refleurir au printemps. De même, les traditions juives, transmises de génération en génération, continuent de porter leurs fruits malgré les épreuves et les déplacements.
Le Beth Loubavitch Île-de-France convie la communauté juive parisienne à une soirée exceptionnelle marquant l’achèvement du 45ème cycle d’étude quotidienne du Michné Torah et du 15ème cycle d’un chapitre par jour. Cet événement d’envergure se tiendra ce lundi 2 février 2026, correspondant au 15 Chevat 5786, dans le cadre prestigieux du Cirque d’Hiver à Paris. Une occasion unique de célébrer ensemble l’œuvre maîtresse de Maïmonide, dont l’étude quotidienne fut instaurée à la demande du Rabbi de Loubavitch.
Le Beth Loubavitch est heureux d’annoncer la grande soirée du Siyoum HaRambam, un événement qui revêt cette année une dimension particulière avec la conclusion simultanée de deux cycles d’étude majeurs. Le 45ème cycle de l’étude quotidienne du Michné Torah, l’œuvre monumentale de Rabbi Moché ben Maïmon, s’achève en même temps que le 15ème cycle d’étude d’un chapitre par jour, offrant ainsi aux participants l’opportunité de marquer ce double accomplissement dans une atmosphère de joie et d’élévation spirituelle.
Un lieu prestigieux pour un événement d’exception
C’est au Cirque d’Hiver, situé au 110 rue Amelot dans le 11ème arrondissement de Paris, que se déroulera cette célébration grandiose. Accessible par les lignes de métro 8 et 5 aux stations Filles du Calvaire et Oberkampf, ce lieu emblématique de la capitale accueillera dès 20h les membres de la communauté venus célébrer ensemble cet accomplissement remarquable dans l’étude de la Torah.
En présence de nombreuses personnalités
La soirée sera honorée par la présence de nombreux Rabbanim et personnalités du monde juif, témoignant de l’importance que revêt l’étude quotidienne du Rambam dans la vie communautaire. Cette initiative, instaurée à la demande du Rabbi de Loubavitch, continue de rassembler des milliers de Juifs à travers le monde dans un programme d’étude unifié de l’ensemble de la loi juive.
Une fête de clôture pour célébrer et encourager
Le Siyoum, fête de clôture, est destiné à marquer la joie de ceux qui ont pris part à l’étude et à encourager ceux qui hésitent encore à s’y joindre. Idéalement, chacun devrait étudier trois chapitres par jour, de façon à terminer les quelque 900 chapitres en un peu moins d’un an. D’autres n’étudient qu’un chapitre par jour et mettent donc trois ans avant de fêter un Siyoum. Enfin, d’autres encore n’étudient que les Mitsvot (commandements) relatives aux trois chapitres.
Une œuvre monumentale rédigée dans des conditions extraordinaires
Pour mettre en perspective l’immensité de l’œuvre, sachons que le Rambam a mis dix ans à rédiger le Michné Torah, avec une plume et du parchemin, alors qu’il fuyait l’Espagne almohade. Des équipes de Rabbanim anglophones ont quant à elles mis 23 ans à le traduire en anglais, à l’aide de programmes informatiques sophistiqués.
Les enfants aussi participent à cette grande aventure
Chaque année, les enfants sont incités, en plus de leurs programmes scolaires, à s’associer eux aussi à cette étude. Ils sont récompensés lors de grands concours nationaux et internationaux qui stimulent leur enthousiasme et leur engagement.
Tou Bichvat : une convergence historique des trois cycles
Cette année, le jour de Tou Bichvat, lundi 2 février, l’unité du peuple juif sera soulignée avec faste puisque les trois rythmes d’étude du Rambam fêteront ensemble la joie de la Torah. Cette unité tant souhaitée, à notre époque plus que jamais, a ainsi toutes les chances de se maintenir puisque basée sur la Torah qui est éternelle.
Des célébrations dans le monde entier
Le Siyoum est fêté dans le monde entier et particulièrement dans la ville où est enterré le « Grand Aigle » (Rabbi Moché ben Maïmone), c’est-à-dire Tibériade, mais aussi à New York, Jérusalem, Moscou, Paris… Permettant à chacun d’appréhender la sagesse divine et de connaître l’intégralité des commandements, les 14 livres du Michné Torah ouvrent le cœur et l’esprit. Plusieurs de ces livres ont déjà été traduits en français par des équipes d’érudits et sont agrémentés de nombreuses notes et dessins.
Un peu d’histoire : les premiers Siyoumim
Pour l’anecdote, le premier Siyoum HaRambam eut lieu le 11 Nissan 1985, jour de l’anniversaire du Rabbi, et le second le 25 Adar 1986, jour de l’anniversaire de son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka. Alors si vous désirez vous aussi marquer une occasion heureuse, voici une très belle idée de cadeau !
Le hangar géant de Tseïreï Habad, érigé au cœur de Kfar Habad, accueille ce soir le grand rassemblement national du Siyoum Harambam. Cet événement exceptionnel marque l’achèvement du 45ème cycle de l’étude quotidienne du Rambam, dans ses trois parcours distincts, en présence de milliers de personnes venues de tout le pays. Un programme musical et artistique accompagne cette célébration, avec la participation des plus grands chanteurs et artistes de la musique ‘hassidique.
Une célébration grandiose dans le hangar monumental
Le hangar géant de Tseïreï Habad, édifié au centre de Kfar Habad, accueille ce soir le rassemblement national du Siyoum Harambam. Cet événement d’envergure célèbre la conclusion du 45ème cycle de l’étude quotidienne du Rambam, dans ses trois parcours d’étude, réunissant des milliers de participants venus de toutes les régions du pays.
Un programme artistique d’exception
Un programme musical et artistique accompagne cet événement majeur. Parmi les artistes présents figurent les chanteurs Benny Friedman et Zanvil Weinberger, ainsi que le chœur Malkout et le chœur d’enfants Hapensaïm. L’ensemble est accompagné par l’orchestre élargi de l’artiste Naor Carmi.
Retransmission en direct sur COL
Cette célébration du Siyoum, empreinte de splendeur et de magnificence, a débuté ce soir à 19h00 dans le hangar monumental qui avait précédemment accueilli le banquet grandiose en l’honneur des Chlou’him du Rabbi en Terre Sainte. L’événement est retransmis en direct et en exclusivité sur COL.
Lorsque des rumeurs parvinrent au Tséma’h Tsédek concernant Rav Tsvi Hirsch, le Cho’het de Loubavitch, le Rabbi le convoqua pour une épreuve singulière. On apporta un verre d’eau rempli à ras bord, et le Cho’het de soixante-dix ans le maintint parfaitement immobile, sans qu’une seule goutte ne tremble, comme l’aurait fait un jeune homme dans la force de l’âge. Cette histoire remarquable illustre la rigueur extrême et la confiance absolue qui régnaient à la cour des Rebbéïm de Loubavitch concernant les fonctions sacrées de la Che’hita.
Un maître Cho’het au service de trois générations de Rebbéïm
Rav Chlomo ‘Haïm Koutaïn, qui quitta ce monde en 5688 (1928), fut un ‘Hassid dévoué du Rabbi Rachab et occupa les fonctions prestigieuses de Cho’het et de Mohel dans la ville sainte de Loubavitch. En tant que résident permanent de cette bourgade qui servait de centre spirituel au mouvement Habad, il eut le privilège rare d’entretenir une relation d’une proximité exceptionnelle avec le Rabbi Rachab. Cette intimité spirituelle s’étendit également au Rabbi précédent, le Rabbi Yossef Its’hak, qu’il connut dès sa plus tendre jeunesse.
La fonction de Cho’het n’était pas pour Rav Chlomo ‘Haïm une simple profession, mais un héritage sacré transmis de père en fils. Perpétuant avec fierté et dévotion la tradition familiale établie par son père et son grand-père avant lui, il devint un expert reconnu dans l’art délicat de la Che’hita. Son expertise était si renommée qu’il fut chargé d’enseigner cet art sacré à de nombreux Temimim de la Yechiva de Loubavitch. Parmi ses élèves les plus illustres figura le Rabbi précédent lui-même, qui reçut de ses mains la transmission de ce savoir ancestral.
L’épreuve du verre d’eau : quand la rumeur atteint les oreilles du Tséma’h Tsédek
Le grand-père de Rav Chlomo ‘Haïm, Rav Tsvi Hirsch, occupait la fonction de Cho’het de Loubavitch du vivant du Tséma’h Tsédek, le troisième Rabbi de la dynastie Habad. La Che’hita exige une main d’une stabilité absolue, car le moindre tremblement peut invalider l’abattage et rendre l’animal impropre à la consommation. C’est pourquoi, lorsque Rav Tsvi Hirsch atteignit l’âge vénérable de soixante-dix ans, des murmures commencèrent à circuler dans la communauté.
Le Tséma’h Tsédek, toujours vigilant quant au respect scrupuleux de la Halakha, convoqua le vieux Cho’het. Avec la délicatesse qui le caractérisait, il lui dit : « Hirschel, on raconte des choses sur toi. » Ces quelques mots suffisaient à faire comprendre la nature des rumeurs : certains suggéraient que ses mains n’étaient plus aussi fermes qu’autrefois et qu’il devrait peut-être cesser d’exercer.
La réponse de Rav Tsvi Hirsch témoigna de son humilité profonde et de sa soumission totale à l’autorité rabbinique : « Rabbi, si vous me dites de poser le couteau, je le ferai sans hésiter. »
Le Tséma’h Tsédek connaissait l’intégrité irréprochable de son Cho’het. Il savait pertinemment que Rav Tsvi Hirsch était un homme d’une telle droiture qu’il se serait abstenu de lui-même de pratiquer la Che’hita s’il avait ressenti la moindre faiblesse. Fort de cette certitude, le Rabbi n’exigea pas qu’il cesse ses fonctions. Néanmoins, pour dissiper définitivement les rumeurs et restaurer la confiance de la communauté, il ordonna qu’on procède à l’épreuve traditionnelle de l’eau.
On apporta un verre rempli d’eau à ras bord. Rav Tsvi Hirsch le saisit et le maintint devant lui. Pas une ride ne troubla la surface de l’eau, pas une goutte ne frémit. Le verre resta parfaitement immobile entre ses mains, comme s’il était tenu par un jeune homme dans la plénitude de ses forces. La démonstration était éloquente : les rumeurs n’avaient aucun fondement, et le vieux Cho’het pouvait continuer à servir sa communauté avec la même excellence qu’il avait toujours démontrée.
Désigné Cho’het à quinze ans par le Rabbi Maharach
L’histoire de Rav Chlomo ‘Haïm lui-même ne manque pas de traits remarquables. Alors qu’il n’était encore qu’un jeune Ba’hour de quinze ans à peine, le Rabbi Maharach, quatrième Rabbi de Loubavitch, discerna en lui des qualités exceptionnelles. Avec une clairvoyance prophétique, il le choisit pour devenir le Cho’het de la communauté.
Cependant, le Rabbi Maharach lui imposa une condition : il devait d’abord se marier avant d’assumer pleinement ses fonctions. Cette exigence reflétait la sagesse traditionnelle selon laquelle un homme marié possède une maturité et une stabilité plus grandes, qualités essentielles pour une responsabilité aussi lourde que celle de garantir la cacherout de la viande consommée par toute une communauté.
Durant la période transitoire, jusqu’à ce que Chlomo ‘Haïm atteigne l’âge de dix-huit ans, un Cho’het plus expérimenté demeurait présent à ses côtés. Mais cette présence n’était qu’une formalité de supervision, car dès le début, le jeune Chlomo ‘Haïm était reconnu comme le Cho’het principal, celui dont l’expertise et la piété garantissaient la qualité irréprochable de la Che’hita à Loubavitch.
L’apprentissage de la Che’hita : une mission de Tomkhei Temimim
Rav Israël Jacobson, qui devint par la suite une figure éminente du mouvement Habad en Amérique, a laissé un témoignage précieux sur son expérience d’apprentissage de la Che’hita auprès de Rav Chlomo ‘Haïm :
« À Loubavitch, la coutume voulait que de nombreux Ba’hourim apprennent l’art de la Che’hita. Il semble que cela faisait partie intégrante des missions que s’était fixées la Yechiva Tomkhei Temimim : former des Cho’hatim authentiquement craignant D.ieu, capables de servir les communautés juives dispersées à travers le monde. »
Rav Jacobson poursuit sa description en évoquant le profil particulier des étudiants qui venaient se former : « Beaucoup de ces Ba’hourim appartenaient à la catégorie des Ovdim, ces ‘Hassidim qui consacraient de longues heures à la prière contemplative. Après leur service divin prolongé et leur déjeuner tardif, ils venaient trouver Rav Chlomo ‘Haïm aux alentours de quinze heures pour leurs leçons de Che’hita. »
Le témoignage de Rav Jacobson offre également un aperçu fascinant du rythme de vie d’une époque révolue : « À cette époque, la vie s’écoulait avec une lenteur que notre génération peine à imaginer, particulièrement dans les petites bourgades comme Loubavitch. Les gens n’étaient pas consumés par l’ambition de progresser rapidement ou d’accumuler des accomplissements. Chaque chose prenait son temps, mûrissait à son propre rythme. »
Cette philosophie de vie se reflétait dans la durée de l’apprentissage : « Pour cette raison, les Ba’hourim étudiaient la Che’hita pendant deux, voire trois années complètes, avant d’être considérés comme aptes à exercer la fonction de Cho’het. Cette formation approfondie garantissait non seulement la maîtrise technique parfaite, mais aussi l’acquisition de la crainte du Ciel indispensable à cette fonction sacrée. »
La signification profonde du ‘Halaf : entre la vie et la mort
Rav Chlomo ‘Haïm ne se contentait pas d’enseigner les aspects techniques de la Che’hita. Il transmettait également à ses élèves une conscience aiguë de la dimension spirituelle de leur future fonction. L’une de ses réflexions favorites, qu’il partageait souvent avec ses disciples, concernait le nom même de l’instrument utilisé pour la Che’hita.
« Savez-vous, » demandait-il à ses élèves, « pourquoi le couteau de Che’hita s’appelle un ‘Halaf ? »
Et il répondait lui-même à sa question rhétorique : « Parce qu’il effectue le passage, le Hillouf, entre deux états radicalement opposés. D’un côté se trouve la vie, de l’autre la mort. D’un côté un animal Cacher, propre à la consommation et capable d’élever les étincelles de sainteté qu’il contient, de l’autre un animal Névéla, impropre et interdit. »
Cette étymologie n’était pas une simple curiosité linguistique. Elle rappelait aux futurs Cho’hatim l’immense responsabilité qui pesait sur leurs épaules. Chaque geste du ‘Halaf déterminait le statut spirituel de l’animal et, par extension, affectait l’âme de tous ceux qui consommeraient sa viande. Entre leurs mains reposait littéralement la frontière entre le permis et l’interdit, entre l’élévation spirituelle et la faute.
Cette conscience profonde de leur mission explique pourquoi les Cho’hatim de Loubavitch étaient formés avec une telle rigueur, pourquoi leur intégrité était surveillée avec une telle vigilance, et pourquoi même un vétéran de soixante-dix ans comme Rav Tsvi Hirsch acceptait sans murmurer de se soumettre à l’épreuve du verre d’eau devant son Rabbi.cher. »
Les Institutions Sinaï convient la communauté à une cérémonie solennelle en mémoire du Rav Messod Haï Habib zal, fondateur et directeur technique du Lycée technologique Sinaï pendant quinze années. Cet homme d’exception, qui consacra sa vie à l’éducation juive et à la transmission des valeurs de la Torah, sera honoré le mardi 3 février 2026 à la Cité de l’Éducation Sinaï à Paris.
Une vie dédiée à l’excellence éducative
Les Institutions Sinaï ont l’honneur de convier l’ensemble de la communauté à la cérémonie de dévoilement d’une plaque commémorative organisée en hommage au Rav Messod Haï Habib zal, de mémoire bénie. Directeur technique de l’établissement et fondateur du Lycée technologique Sinaï de 1991 à 2006, il consacra sa vie à l’éducation, à la transmission des valeurs de la Torah et à l’édification d’un enseignement alliant exigence spirituelle et formation d’excellence.
Les détails de la cérémonie
La cérémonie se déroulera, avec l’aide de D.ieu, le mardi 3 février 2026, correspondant au 17 Chevat 5786, à 15 heures. Elle aura lieu à la Cité de l’Éducation Sinaï, située au 2 rue Tristan Tzara dans le 18ème arrondissement de Paris.
Un hommage en présence de la famille et de la communauté
Cette cérémonie réunira l’épouse et les enfants du Rav Habib, la Direction des Institutions, des Rabbanim, sa famille, d’anciens élèves, des collaborateurs ainsi que des membres de la communauté. Des Divrei Torah seront prononcés afin d’honorer la mémoire de celui dont l’œuvre éducative a marqué toute une génération. Un buffet sera proposé à l’issue de la cérémonie.
Sous l’égide de la Direction des Institutions Sinaï
Cet hommage est organisé par la Direction des Institutions Sinaï : la Rabanit Pevzner, fondatrice, le Rav Yossef Its’hak Pevzner, Directeur général, et Monsieur Marc Addi, Président.
Les Institutions Sinaï regroupent plusieurs établissements d’enseignement : Sinaï, Heikhal Mena’hem, Kitov, Beth Hillel, Beth Mena’hem et Beth Zalmi, tous dédiés à l’excellence de l’éducation juive.
« Je leur accorderai, dans Ma Maison et dans Mes murailles, un monument éternel » (Isaïe 56:5)
Plus de 83 synagogues de Tibériade ont participé à une mobilisation exceptionnelle autour du Youd Chevat, date anniversaire de la prise de la direction du mouvement Habad-Loubavitch par le Rabbi. Des centaines de participants ont convergé vers la synagogue centrale Léa Veyalédeha-Habad pour une soirée d’élévation spirituelle et de renforcement du lien avec le Rabbi. Cet événement marque un tournant dans la vie communautaire de cette ville historique de Galilée.
La ville de Tibériade a vécu un moment d’intense ferveur spirituelle à l’occasion du Youd Chevat (10 Chevat), date qui commémore à la fois la Hilloula du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, et le début de la direction du Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson. Cette année, la mobilisation a pris une ampleur sans précédent grâce à l’action des étudiants-émissaires (Talmidim Chlou’him) qui ont sillonné la ville durant le Chabbat précédant l’événement.
Une mobilisation sans précédent dans 83 synagogues
Durant le Chabbat qui a précédé le Youd Chevat, les Talmidim Chlou’him se sont rendus dans pas moins de 83 synagogues à travers Tibériade. Leur mission : sensibiliser les fidèles à l’importance de cette date et les inviter au grand Farbrenguen central. Cette initiative a porté ses fruits puisque des milliers d’habitants de la ville ont été touchés par ce message d’éveil spirituel.
Le Farbrenguen central s’est tenu à la sortie du Youd Chevat dans la synagogue Léa Veyalédeha-Habad, dirigée par le Chalia’h Rav Chneour Tourkov. Des centaines de personnes ont répondu présent, créant une atmosphère chaleureuse et inspirante propice au renforcement de l’attachement au Rabbi et à ses enseignements.
Des orateurs de marque pour une soirée mémorable
Le Rav Tsvi Zalmanov, émissaire du Rabbi et Rav de Habad à Tibériade, a ouvert les festivités en expliquant la signification profonde de ce jour. Il a rappelé que le Youd Chevat représente non seulement un moment de commémoration mais aussi une opportunité de renouveler son engagement envers les directives du Rabbi.
Le Rav Arié Kramer, Chalia’h principal de la ville, a ensuite lu le chapitre de Tehilim correspondant à l’âge du Rabbi. À cette occasion, il a évoqué avec émotion la mémoire de son père, le Rav Yossef Kramer zatsal, pionnier qui a véritablement révolutionné la vie juive à Tibériade et posé les fondations de l’importante présence Habad dans la région.
Un conférencier captivant venu de ‘Hadera
L’intervention la plus marquante de la soirée fut celle du Rav Yoav Akrich, émissaire du Rabbi à ‘Hadera, connu pour son talent d’orateur exceptionnel. Pendant de longues minutes, il a captivé l’assemblée, élevant les participants à un niveau supérieur dans leur service de D.ieu et leur attachement au Rabbi. Ses paroles, mêlant profondeur hassidique et anecdotes inspirantes, ont touché les cœurs de chacun des présents.
L’aspect musical n’a pas été en reste. Le célèbre claviériste Reb Itsik Lifshitz a su créer une ambiance de joie authentique, faisant chanter et danser les participants. Les mélodies hassidiques traditionnelles ont résonné dans la synagogue, transformant le Farbrenguen en un véritable moment de communion spirituelle.
Un élan d’écriture vers le Rabbi
Fait remarquable de cette soirée : de nombreux participants ont profité de l’occasion pour rédiger des lettres au Rabbi. Cette pratique, profondément ancrée dans la tradition hassidique, témoigne de la vivacité du lien qui unit les ‘Hassidim à leur maître spirituel, même des décennies après son élévation.
Les organisateurs ont exprimé leur gratitude envers les Talmidim Chlou’him qui ont orchestré cet événement d’envergure, ainsi qu’envers le Rav Yoav ‘Hatav pour son aide précieuse dans la réalisation de cette soirée.
Le Beth Habad de Tibériade : près de 40 ans au service de la communauté
Cet événement illustre le dynamisme remarquable du Beth Habad de Tibériade, fondé en 5747 (1987) par le Rav Yossef Kramer zatsal, émissaire du Rabbi de Loubavitch. Situé dans la ville sainte de Tibériade, sur la rive occidentale du lac de Kinnereth, ce centre communautaire est devenu au fil des décennies un véritable pilier de la vie juive dans le nord d’Israël.
Le Rav Yossef Kramer, né à Montréal au Canada, avait rejoint en 5736 (1976) la première cohorte d’émissaires du Rabbi envoyés en Terre Sainte. Après s’être installé initialement à Safed, il a répondu à l’appel du Rabbi concernant l’ouverture de nouveaux Batei Habad et s’est établi à Tibériade en 5748 (1988). Pendant près de quarante ans, il a bâti une véritable infrastructure communautaire, touchant des milliers de Juifs dans toute la région.
Un réseau de cinq synagogues et des institutions éducatives florissantes
Aujourd’hui, le Beth Habad de Tibériade compte cinq synagogues réparties dans différents quartiers de la ville, permettant aux résidents et aux nombreux touristes d’accéder facilement aux services religieux. Parmi ces lieux de culte figure la synagogue antique restaurée sur la promenade du lac, qui abrite également un centre Habad pour les visiteurs et un site historique retraçant l’histoire de la communauté juive de Tibériade.
Le réseau éducatif Habad à Tibériade comprend un Talmud Torah pour garçons affilié au réseau Oholei Yossef Its’hak, fondé en 5775, ainsi qu’une école pour filles créée en 5778. La Yechiva Tomkhei Temimim, établie en 5769, forme les jeunes hommes à l’étude de la Torah et de la ‘Hassidout. La bibliothèque Habad de la ville est considérée comme la plus grande bibliothèque pour la jeunesse religieuse du nord d’Israël, avec plus de 2 800 ouvrages.
Une équipe de Chlou’him dévoués
Suite à la disparition du Rav Yossef Kramer, son fils le Rav Arié Leib Kramer a été désigné pour poursuivre l’œuvre de son père en tant que Chalia’h principal et président des institutions Habad de Tibériade. Il est entouré d’une équipe d’émissaires dévoués, dont le Rav Tsvi Zalmanov (gendre du fondateur et Rav de la communauté Habad), le Rav Chneour Tourkov (responsable de la synagogue Léa Veyalédeha et du site des tombes des Matriarches), le Rav Yona Zilberstrom (Beth Habad de la promenade), le Rav Mendi Tourkov (responsable des activités jeunesse), et de nombreux autres Chlou’him œuvrant dans les différents quartiers de la ville.
Tibériade, l’une des quatre villes saintes d’Israël avec Jérusalem, Hébron et Safed, abrite les tombes de nombreux grands maîtres, dont Rabbi Mena’hem Mendel de Vitebsk et Rabbi Avraham de Kalisk. Chaque année, le Beth Habad organise le Siyoum du Rambam sur le tombeau de Maïmonide, conformément aux directives du Rabbi. Cette présence Habad dynamique perpétue ainsi la tradition spirituelle millénaire de cette ville chargée d’histoire, tout en préparant la venue du Machia’h.