Dimanche soir 16 janvier et lundi 17 janvier 2022, on consomme de nombreux fruits, en particulier ceux qui représentent la fierté de la Terre Sainte, qui sont cités dans le verset de la Torah :
– blé,
– orge,
– raisin,
– figue,
– grenade,
– olive
– datte.
On s’efforcera également de manger des caroubes ainsi que des fruits nouveaux qu’on n’a pas encore consommés cette année.
On veillera à réciter les bénédictions adéquates avant et après manger. On profitera de cette belle occasion pour se réunir en réunions joyeuses et productives sur le plan des bonnes résolutions.
La Torah compare l’homme à un arbre des champs : lui aussi est supposé produire des fruits, c’est-à-dire des Mitsvot, des bonnes actions. De même que le fruit peut produire des arbres qui produiront des fruits etc., de même nos Mitsvot entraînent d’autres Mitsvot, encouragent d’autres Juifs à assumer leur judaïsme, à retrouver leurs racines et à s’enraciner dans un sol riche d’étude de la Torah et de pratique des Mitsvot. C’est ainsi que le peuple juif se perpétue, se développe et produira d’autres fruits.
A Tou BiChevat, nous mangeons des fruits, nous «produisons» des fruits, nous plantons des graines de bonnes actions.
Lors d’une Mélavé Malka au 770 de Ramat Shlomo à Jérusalem, le Rav Eitan Amitaï a partagé des récits captivants illustrant la puissance spirituelle des fruits d’Erets Israël et les prodiges accomplis par les Rebbeïm de Loubavitch. Ces histoires, transmises de génération en génération, témoignent de la Providence divine qui accompagne le peuple juif dans les moments les plus critiques.
Rav Eitan Amitaï
Chavoua Tov à tous ! Que Hachem nous aide à vivre une semaine très particulière. Nous nous trouvons au cœur du mois de Chevat, puissions-nous entendre de bonnes nouvelles.
À Tou BiChevat, l’homme est comparé à un arbre des champs. Un Juif doit être comme un arbre : premièrement, il grandit constamment ; deuxièmement, il reste en permanence connecté à sa source. Un Juif doit demeurer perpétuellement relié à sa source et produire des fruits sans cesse. Quels sont ces fruits que le Juif produit ? Ce sont les Mitsvot, mais aussi le fait d’aider d’autres Juifs à accomplir davantage de Mitsvot et à porter davantage de fruits.
1 – Le récit du grenadier miraculeux de Tibériade
Il existe un récit traditionnel que j’aime raconter à chaque célébration de Tou BiChevat, qui illustre la puissance des fruits d’Erets Israël, la force des sept espèces, et le salut que D.ieu accorde aux Juifs d’Erets Israël en général et de la Terre Sainte en particulier.
On raconte qu’il y avait à Tibériade un Juif nommé Nissim. Nissim possédait un grand grenadier dans sa cour. Chaque année, les gens venaient lui acheter des grenades de toute la région, car ses grenades étaient délicieuses et sucrées.
Une année, son épouse lui dit : « Tu sais, Nissim, on disait toujours que Nissim a des enfants comme les grains d’une grenade. » En effet, il avait de nombreux enfants, une maison pleine, dix-sept enfants.
Son épouse lui dit : « Nissim, qu’allons-nous faire avec nos grandes filles ? Trois, quatre, cinq filles doivent se marier. » Nissim répondit : « Je suis prêt avec grande joie à danser à leur mariage, mais il faut de l’argent. Comment allons-nous faire ? »
Son épouse lui dit alors : « Nissim, peut-être n’y a-t-il pas d’autre choix. Tu dois voyager à l’étranger pour permettre à des Juifs d’accomplir la Mitsva de Tsedaka. »
Quelqu’un demanda : « Et qu’en sera-t-il de la Torah, du service divin et de la prière ? »
Finalement, il comprit que son épouse avait raison et commença à y réfléchir.
Trois grenades miraculeuses
Cette année-là dont nous parlons, des femmes vinrent peu avant Roch Hachana ou peu avant Tou BiChevat pour acheter des grenades. Nissim se rendit dans le jardin, regarda l’arbre : aucune grenade visible, rien du tout.
Il appela l’un de ses enfants : « Avraham, viens m’aider, cherchons ensemble. » Le fils grimpa, parcourut les branches et dit : « Papa, j’ai trouvé une grenade ! Une belle et grande grenade ! » Il la fit descendre avec précaution. « Avraham, continue de chercher, peut-être y en a-t-il une autre. » Une autre encore. « Avraham, peut-être en trouverons-nous encore une ? »
Finalement, il trouva dans tout l’arbre trois grenades seulement. Quelle merveille ! Grandes, rouges. Jamais il n’avait vu de telles grenades, d’une taille aussi exceptionnelle ; habituellement, elles étaient de taille moyenne. Un véritable prodige.
Des femmes étaient prêtes à payer beaucoup d’argent, mais il leur dit : « Non, celles-ci, je ne les vends pas. »
Il emporta les grenades chez lui. D’abord, la famille avait faim : il prit une grenade et la leur donna à manger. Des deux autres, il dit : « L’une sera pour Roch Hachana. Et la troisième ? Nous verrons à Tou BiChevat. »
Seulement trois grenades sur tout l’arbre.
Le voyage vers Constantinople
C’est alors que Nissim apprit qu’un navire partait pour la Turquie. À cette époque, il y avait une communauté juive dans la capitale, qu’on appelait Constantinople.
Nissim décida de partir et emporta avec lui la grenade. Il sentait que c’était comme une amulette, comme une Segoula. Ainsi, avec lui, le peuple d’Israël, empli de Mitsvot comme une grenade. La grenade, c’est ce qu’on appelle un fruit juif.
Par la grâce de D.ieu, il arriva à bon port et demanda au cocher de le conduire à la synagogue. Il arriva à la synagogue. C’était déjà l’aube. Il attendit un peu, puis la prière de Cha’harit commença. Il pria.
Le Rav de la communauté juive qui priait là était un grand Tsaddik, un homme pieux, un grand Tsaddik et un Mekoubal.
À la fin de la prière, il dit à son assistant : « Je sens ici une odeur de sainteté, une odeur d’Erets Israël, une odeur de sainteté. Conduis-moi, je vais te guider. »
Ils arrivèrent et l’assistant dit : « Voilà, honorable Rav, nous sommes ici. » « Oui, oui, oui. Il y a ici un Juif, un Juif que je ne connais pas. »
« Chalom Alékhèm, Rav Juif, qui êtes-vous ? »
« On m’appelle Nissim et je viens de la Terre Sainte. »
« Ah, voilà l’odeur que je sens ! »
Nissim répondit : « Non, ce n’est pas moi. Le Rav sent certainement l’odeur de la grenade que j’ai apportée d’Erets Israël. »
« Tu as une grenade d’Erets Israël ? » demanda le Rav avec émotion.
« Oui. »
« Écoute, dit le Rav, pourquoi cette émotion ? Tu seras mon invité pour le petit-déjeuner, et nous parlerons ensuite. »
Le fils du Sultan gravement malade
Il l’emmena chez lui et ils prirent le petit-déjeuner ensemble.
Alors le Rav ouvrit la conversation et raconta ceci : « Le Sultan, le Sultan turc, a un fils, un prince, qui est très malade. Tous les meilleurs médecins n’ont pas réussi à le guérir. Quelqu’un lui a alors soufflé à l’oreille : « Écoute, la clé de la guérison de ton fils se trouve chez les Juifs. »
Le Sultan demanda : « Qu’est-ce que cela signifie ? Y a-t-il un médecin juif comme le Rambam ? »
« Non, dis-leur simplement que si ton fils n’est pas guéri, ils seront expulsés. Tu verras, les choses s’arrangeront. »
Alors il convoqua effectivement les notables de la communauté, le ‘Hakham Bachi et les autres, et leur dit : « Écoutez, Majesté, sommes-nous à la place de D.ieu ? Seul le Saint béni soit-Il est le médecin de toute chair et accomplit des merveilles. Nous n’avons pas de médecins à envoyer avec joie. »
« Vous guérirez mon fils, sinon je vous expulserai. »
Que firent les Juifs ? Comme c’est leur habitude, ils crièrent vers D.ieu.
Les Juifs organisèrent une assemblée de jeûne, de prière et de pleurs.
La révélation en rêve
Le Rav, parce qu’il était un grand Tsaddik, fit une sorte de question en rêve. Et voici, il raconta : « Je vois à l’aube le mot ‘Rimon’ (grenade) qui s’allume et s’éteint, s’allume : Rimon, Rimon, Rimon. »
« Maintenant je comprends. »
« Que comprenez-vous ? »
« Rimon est l’acronyme de ‘Refouat Mélekh Ouvno Yavi Nissim’ – La guérison du roi et de son fils sera apportée par Nissim. »
« Te voilà ! »
« Tu seras l’émissaire. »
Nissim dit : « Attendez, honorable Rav, je n’ai même jamais été infirmier à l’armée, comment vais-je guérir le fils du roi ? »
« Toi, toi, nous irons chez le roi, tu verras, avec l’aide de D.ieu, tout ira bien. »
Nissim essaya de lui dire : « Écoutez, honorable Rav, c’est risqué. »
« Non, le peuple d’Israël est au-dessus de la nature. Il faut seulement faire un réceptacle selon les voies de la nature. »
La guérison miraculeuse du prince
Nissim prit la grenade avec précaution. Un carrosse les emmena au palais du Sultan.
« J’ai amené un homme spécial pour guérir le prince. »
Immédiatement, on leur ouvrit les portes. Le roi et la reine étaient assis, inquiets, auprès du prince. Son visage était livide, sans connaissance, malade depuis de longs jours. Tous les médecins ne savaient plus quoi faire.
Le roi et la reine regardaient avec des yeux rouges, privés de sommeil.
Le Rav des Juifs arriva. « Honorable Rav, que nous apportez-vous ? »
« Voyez, il y a ici un Juif de la Terre Sainte avec la force particulière de la Terre Sainte, avec l’une des quatre montagnes saintes. Avec l’aide de D.ieu, il va arranger les choses. »
Nissim vit et comprit que l’affaire était sérieuse. Il n’y avait pas le choix, il fallait agir.
Nissim décida de prendre le commandement. Il n’y avait pas d’autre solution. Il dit : « S’il vous plaît, il y a trop de monde ici, cela perturbe la concentration, les énergies, les prières, les soins. »
On lui apporta un couteau, un broyeur et un compte-gouttes.
Avant tout, Nissim dit : « Il faut prier. »
Nissim s’écarta sur le côté. Il ne manquait pas de sujets pour pleurer et pour implorer. Nissim se tourna vers le destin de tout le peuple d’Israël, vers son propre destin personnel. Il fallait ici des salvations au-delà des voies de la nature.
Nissim commença une prière fervente. Il pria, pria, pria. La prière fait la moitié du travail, il faut accomplir l’autre moitié.
Il prit la grenade, l’ouvrit avec précaution, la pressa, filtra le jus. Puis il prit le compte-gouttes, s’approcha du prince et dit : « Écoute, Ahmed, tu dois coopérer. Ce qui s’est passé jusqu’à présent, c’est une chose. Maintenant, nous ouvrons une nouvelle page. Je vais te faire couler goutte à goutte un élixir miraculeux de la Terre Sainte, des sept espèces. Une guérison divine, tu dois coopérer. »
Ahmed ne réagissait pas.
Mais Nissim prit le compte-gouttes et fit tomber les gouttes. Encore et encore, il travailla ainsi pendant de longues minutes, essayant de faire pénétrer le liquide. La bouche était fermée, les yeux clos.
Mais lentement, peu à peu, soudain il vit que quelque chose commençait à bouger légèrement. Il reprit courage.
Avec plus d’ardeur, il continua à travailler ainsi pendant une heure, deux heures.
Et voilà que le prince ouvrit les yeux ! Prodige des prodiges ! Comprenant que cela fonctionnait, il continua à faire tomber les gouttes. « Ahmed, tu as bien coopéré, continue. »
Et ainsi le temps passa, encore environ une demi-heure, et Ahmed se redressa et s’assit sur le lit.
Assis sur le lit !
Nissim fit un geste d’émerveillement. Il ouvrit les deux grandes portes et dit : « Père, mère, venez ici ! »
La reine dit en venant vers le lit : « Je n’y crois pas ! Il est assis sur le lit ! Je ne sais plus depuis combien de temps cela n’était pas arrivé, depuis plusieurs mois ! »
Il y eut là des pleurs et beaucoup d’émotion.
« Merci infiniment, vous êtes un grand médecin ! »
« Non, ne me remerciez pas. La moitié du royaume ? Remerciez le Créateur du monde. »
La récompense et le retour triomphal
Nissim leur laissa quelques instructions et dit : « Je reviendrai plus tard. »
Le lendemain et le surlendemain, il revint. Finalement, le prince était complètement guéri et en bonne santé.
On organisa alors une grande fête d’action de grâces.
« Nissim, comment as-tu été envoyé vers nous comme un ange du ciel ? Comment es-tu arrivé ici ? Où habites-tu ? »
« Moi aussi, je suis de Tibériade. »
« Comment es-tu arrivé ici ? »
Il raconta toute l’histoire. « Ah, alors l’argent, c’est le problème ? »
Immédiatement, le roi et la reine le couvrirent d’or, d’argent et de cadeaux, chacun selon sa générosité royale.
Il sortit de là chargé d’or et d’argent, comme les enfants d’Israël sortant d’Égypte. De plus, on lui donna un carrosse et deux soldats pour l’escorter jusqu’à Tibériade, avec l’ordre de veiller sur lui pour qu’il ne manque de rien.
La communauté juive fut dans une immense émotion. Ils organisèrent un grand Farbrengen, comprenant qu’ils avaient failli, à D.ieu ne plaise, devoir rassembler leurs affaires et partir. Ils firent un grand Farbrengen, un festin d’action de grâces à D.ieu, avec chants et louanges.
Le Rav leur dit : « Mes amis, savez-vous pourquoi il est venu ici ? Pour marier ses filles ! »
Quelle question ? Évidemment, ils le comblèrent de dons.
En résumé, on donna à Nissim une place sur un navire, une place en première classe, dans la section spéciale, avec les deux soldats.
Il rentra chez lui comblé, extraordinairement béni.
Et le grand prodige : quand il revint, le grenadier l’accueillit couvert de grenades. Cela signifie que tout avait été orchestré pour cela.
2 – L’enfant qui ne marchait pas : le miracle du Rabbi
Maintenant, je vais vous raconter une autre histoire.
Nous sommes dans la Paracha de Bechala’h. Connaissez-vous le Rav Badar ou Bedar d’Afrique du Sud ? Il y avait un tel Rav.
Madame Badar, l’épouse du Rav Badar d’Afrique du Sud, raconte que son mari, de mémoire bénie, a eu le mérite de servir comme Rav de plusieurs communautés en Afrique du Sud pendant plus de quarante ans. Il était également membre du tribunal rabbinique d’Afrique du Sud, ce qui les amenait à rencontrer de temps en temps les Chlou’him du Rabbi.
Mais voici ce qu’ils veulent raconter, un fait vécu qu’elle relate :
Ils avaient deux filles, puis leur naquit un fils unique nommé Shraga. Après les deux filles, ils en furent très, très heureux.
À l’âge de dix mois, la mère remarqua que certes il communiquait et gazouillait, mais physiquement, sur le plan moteur, rien ne se passait : il ne se retournait pas, ne bougeait pas.
Ils l’emmenèrent faire toutes sortes d’examens, mais rien n’y fit. Il atteignit l’âge de quinze mois, et de l’avis de tous, c’était déjà le moment où un enfant devrait bouger.
Rien n’y faisait. Ils étaient très, très inquiets.
Différents médecins examinèrent l’enfant, et les médecins dirent : « Nous n’avons pas la moindre idée de la raison pour laquelle ce garçon ne se développe pas. »
On leur donna toutes sortes de conseils, toutes sortes de Segoulot, ils essayèrent tout, mais l’enfant ne coopérait pas.
Il atteignit l’âge de deux ans. Il ne marchait toujours pas. On lui fit une sorte de fête d’anniversaire, mais ils étaient plutôt tristes, plutôt accablés.
La lettre au Rabbi et le miracle instantané
Alors la mère décida qu’il n’y avait pas d’autre choix. Elle avait tant entendu parler du Rabbi. Elle envoya une lettre au Rabbi, une lettre baignée de larmes.
Trois semaines passèrent depuis l’envoi de la lettre.
Elle était dans la cuisine, occupée aux tâches ménagères. On frappa à la porte. L’enfant était couché dans son berceau, sur le ventre, immobile.
Elle alla ouvrir la porte. Le facteur apportait le courrier. Autrefois, le courrier arrivait ainsi ; aujourd’hui, tout est différent. Le facteur lui remit une lettre.
Que disait la lettre ? Elle venait de Brooklyn. Une lettre du Rabbi.
Elle fut très émue, elle pleura, se souvint de tous ses espoirs.
Le Rabbi écrivait : « J’ai reçu votre lettre et, au moment propice, je mentionnerai votre demande sur le tombeau saint de mon beau-père et maître, de mémoire bénie. »
C’était probablement écrit à la machine à écrire. À la fin, il y avait quelques mots manuscrits du Rabbi : « Avec ma bénédiction pour de bonnes nouvelles, qu’il mérite de marcher dans la voie de D.ieu. »
À cette seconde précise, raconte-t-elle, au moment où elle arriva à la fin de la lettre, aux mots que le Rabbi avait écrits, à cette seconde précise, raconte-t-elle, l’enfant se leva et commença à marcher de ses propres forces.
À cette seconde précise. Elle l’accueillit avec une telle joie.
Elle dit que depuis lors, béni soit D.ieu, il n’a pas cessé de courir, de marcher et de sauter.
3 – Le Rabbi Rayats et la traversée miraculeuse de la frontière
Voici donc une histoire. Une autre histoire, rapidement, puisque nous sommes dans la Paracha de Bechala’h, où les enfants d’Israël ont traversé la mer.
Il y a ici une histoire que le Rav aimait toujours raconter. Je l’ai entendue du Rav pour la première fois et je l’ai retrouvée maintenant par écrit.
Il y avait à Kfar Habad un Juif nommé Rav Zalman Ben Soudkovitch. Je l’ai bien connu. Il est décédé il y a quelques années, après avoir bénéficié de longs jours et de bonnes années.
Il raconte que l’histoire s’est passée à Lag BaOmer 5707 (1947). Il était à Paris. À cette époque, le Rabbi (le futur Rabbi de Loubavitch) était également à Paris et tenait un Farbrengen avec eux.
Il raconte qu’il y avait d’autres ‘Hassidim présents. Ils se lavèrent les mains, dirent « Lé’haïm », et le Rabbi tenait un Farbrengen avec eux.
Alors l’un des ‘Hassidim se tourna vers lui et dit : « Nous demandons au Rabbi d’être un émissaire auprès du Rabbi précédent pour qu’il intercède en faveur des Juifs qui se trouvent en Russie. » Ils donnèrent quelques noms, pour qu’ils méritent de sortir de là rapidement.
Le Rabbi dit « Lé’haïm » et dit : « Voyez, il n’y a aucune raison de venir demander au Rabbi, mon beau-père, de se hâter et de s’efforcer davantage d’obtenir des visas pour untel ou untel, car le Rabbi sait exactement ce qu’il doit faire. »
Et il ajouta : « Vous ne savez pas quelle amitié immense et quel amour le Rabbi porte à chaque ‘Hassid, en particulier à ceux qui ont réussi à sortir de la terrible situation là-bas. Et je vais vous raconter quelque chose qui s’est passé cette année, et vous comprendrez. »
La vision du Rabbi Rayats
Comme on le sait, le Rabbi précédent, après les souffrances qu’il avait endurées, était dans les dernières années, dans les dix dernières années, en grande partie paralysé.
Une infirmière venait lui faire des injections contre la paralysie, pour éviter la raideur, pour que son état ne s’aggrave pas.
Chaque jour, à une heure fixe, une infirmière venait lui administrer l’injection. L’habitude était que l’infirmière frappait à la porte, entendait « oui », puis entrait.
Un jour, au mois de Kislev cette année-là, arriva l’heure de l’injection. On frappa à la porte, mais il n’y eut aucune réponse. On frappa à nouveau, toujours pas de réponse.
Alors le personnel médical appuya sur la poignée, ouvrit la porte, et vit le Rabbi assis près de la table, ne répondant pas et ne tournant pas son regard. Ils s’approchèrent davantage et virent que les yeux du Rabbi étaient fermés et que son visage rayonnait. Ils allèrent voir la Rabbanit et lui racontèrent cette vision extraordinaire et saisissante : il était assis ainsi, le visage comme celui des Patriarches, les yeux ouverts, mais il semblait ne pas être avec eux.
La Rabbanit essaya aussi d’appeler le Rabbi, mais il ne réagit pas.
Elle sortit et appela deux étudiants. Elle leur dit : « Allez vite, appelez le gendre, le Rabbi. »
Le Rabbi (le futur Rabbi) courut et arriva.
Il s’approcha du Rabbi et voilà qu’en tendant l’oreille, il entendit le Rabbi murmurer. Que murmurait-il ? Il disait « Az Yachir » (le Cantique de la Mer) avec une ferveur extraordinaire.
Et il vit aussi que le Rabbi accompagnait le « Az Yachir » de mouvements de pieds, c’est-à-dire faiblement, mais on voyait que les pieds bougeaient.
Il termina « Az Yachir » une première fois et recommença une deuxième fois, puis une troisième fois. Ainsi, il le répéta plusieurs fois.
Lorsqu’il eut terminé de réciter le Cantique, « Az Yachir », il se rassit à sa place. Une paix intérieure, une satisfaction profonde émanait de lui. Il ouvrit les yeux. Quand il m’aperçut, il me dit : « Béni soit D.ieu, béni soit D.ieu, tout s’est bien passé. »
Le télégramme confirmant le miracle
Le lendemain, le courrier apporta un télégramme annonçant que cette nuit-là, des Juifs avaient franchi clandestinement la frontière russe sains et saufs et étaient arrivés dans une ville de Pologne. Et c’était une partie des membres du groupe lui-même qui étaient maintenant assis à ce Farbrengen, ceux qui avaient réussi à s’enfuir l’année précédente.
Après avoir terminé l’histoire, le futur Rabbi se tourna vers nous et dit : « Eh bien, pensez-vous qu’il faille encore servir d’intermédiaire entre les ‘Hassidim et le Rabbi ? Il est évident que le Rabbi veille et connaît la situation de chacun. »
Lé’haïm, Lé’haïm ! Que Hachem aide chacun à obtenir les salvations dont il a besoin.
Des centaines de ‘Hassidim, de Temimim et de membres de la communauté Anach se sont rassemblés dans la grande synagogue Beth Mena’hem de Kfar Habad pour le Farbrenguen central marquant les dates emblématiques du Youd et Youd Aleph Chevat. L’orateur principal, le Rav Yossef Its’hak Feigelstock, Rav de la communauté Habad de Buenos Aires en Argentine, a captivé l’assemblée pendant de longues heures. Cette soirée chargée d’émotion a permis de raviver la flamme ‘hassidique à travers témoignages personnels et appels à l’action.
Des souvenirs d’une époque bénie transmis de père en fils
Le Rav Yossef Its’hak Feigelstock a partagé avec l’assemblée des souvenirs précieux transmis par son père, le Chalia’h Rav Tsvi Yehouda Feigelstock, de mémoire bénie. Ce dernier avait eu le privilège, dès son plus jeune âge, de voir le Baal Hahiloula, le Rabbi précédent, et d’assister de près aux événements entourant l’acceptation de la direction du mouvement ainsi qu’aux années qui suivirent. Ces témoignages de première main ont transporté les participants dans une époque charnière de l’histoire du mouvement Loubavitch.
Les responsables communautaires appellent à l’unité
Le Mara Deatra de Kfar Habad, le Gaon Ha’hassid Rav Meïr Achkenazi, a pris la parole pour éveiller les consciences sur la signification profonde de cette journée et son actualité brûlante pour notre génération. Le Gaon Ha’hassid Rav Dov Taverdovitz a quant à lui partagé le contenu d’une audience privée (Ye’hidout) accordée aux membres des communautés de Kfar Habad et Na’halat Har Habad en 5744 (1984), soulignant avec force le besoin d’unité et de renforcement de Kfar Habad.
Un appel vibrant à l’étude quotidienne
Le Gabaï, Rav Moché Chmouel Horowitz, a rappelé que le Rabbi insistait particulièrement, le jour du Youd Chevat, sur l’accomplissement des recommandations du Rabbi précédent concernant l’étude quotidienne du ‘Hitat (Houmach, Tehilim, Tanya). Dans cette continuité, il a lancé un appel à se renforcer dans l’étude quotidienne du Rambam, instituée par le Rabbi, et a invité les participants à prendre part aux nombreux Siyoumim du Rambam organisés à travers tout le pays en ces jours.
Reconnaissance aux organisateurs
Le Gabaï a tenu à exprimer sa reconnaissance particulière aux organisateurs de ce Farbrenguen, préparé avec goût, sagesse et grande splendeur. Il a notamment remercié le Gabaï principal, le Rav Binyamin Rivkin, ainsi que les Gabbaïm Rav Yossef Abouhav et Rav Avraham Asher, dont le dévouement a permis la réussite de cet événement fédérateur pour la communauté ‘hassidique.
Par la grâce de D.ieu, veille du 15 Chevat 5725, Brooklyn, New York,
Aux chers enfants,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu vos dessins avec joie (1), vos dessins de même que la lettre de votre enseignante et jardinière d’enfants, madame Ra’hel Zamir, à laquelle D.ieu accordera une longue vie. Les dessins et la lettre me sont parvenus avant la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi et ma réponse a été rédigée à la veille du 15 Chevat, Roch Hachana des arbres. Or, j’ai vu, dans vos dessins, des petits garçons et des petites filles, des arbres et des fleurs.
Pour établir un lien entre tout cela, je vous rappellerai l’affection, l’amour intense que mon beau-père, le Rabbi, vouait à tous les Juifs et à toutes les Juives, grands et petits. Il éprouvait un amour particulier pour les enfants, se préoccupait de leur éducation, recherchait leur bien, en tout endroit.
En chaque petit garçon, en chaque petite fille, il voyait une pousse qui grandirait et deviendrait un bel arbre fruitier, portant des fruits bons et agréables. Néanmoins, tout cela dépend de l’effort qui est consenti par chaque petit garçon et par chaque petite fille. L’image permettant de comprendre cette idée est celle de l’arbre.
Quand on plante une graine ou une jeune pousse, on doit la préserver des mauvaises herbes et de tout ce qui est nocif, l’arroser, jusqu’à ce quelle devienne un arbre portant de beaux fruits. Il en est de même pour chaque petit garçon et chaque petite fille. D.ieu dit, par l’intermédiaire de Son prophète, qu’ils sont : “ les fruits de Mes plantations, les actions de Mes mains, dont Je suis fier ”.
D.ieu a implanté en vous une âme sainte, une “ parcelle de Divinité véritable ”. Vous devez donc protéger cette graine divine de toutes les actions mauvaises et négatives, c’est-à-dire des mauvaises fréquentations, lui apporter de l’eau vive. Or, “ il n’est d’eau que la Torah ” (2), Torah de vie et ses Mitsvot, qui “ insufflent la vie à ceux qui les accomplissent ”.
De la sorte, D.ieu vous accordera Sa bénédiction et Il vous l’accordera encore, afin que vous parveniez à être des arbres portant des fruits beaux et bons, pour la joie de vos parents et de vos professeurs, pour l’honneur et la gloire de notre peuple, la nation des enfants d’Israël. Avec ma bénédiction de réussite, de même que pour me donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 310.
(2) Selon le traité Baba Kama 17a.
Lundi 2 février 2026 (15 Chevat 5786), le Beth Loubavitch Île-de-France convie la communauté à la grande soirée du Siyoum Harambam, célébrant la conclusion du 45ᵉ cycle de l’étude quotidienne du Michné Torah et du Sefer Hamitsvot. Cette soirée exceptionnelle, consacrée à l’œuvre maîtresse du Rambam – Maïmonide, instaurée à la demande du Rabbi, se tiendra au Cirque d’Hiver (110, rue Amelot – 75011 Paris), en présence de nombreux Rabbanim et personnalités. Une célébration d’unité, d’étude et d’inspiration à ne pas manquer.
Grande soirée du Siyoum Harambam au Cirque d’Hiver
Le Beth Loubavitch Île-de-France organise une soirée grandiose pour marquer l’achèvement du 45ᵉ cycle d’étude du Michné Torah et du Sefer Hamitsvot du Rambam. Cet événement exceptionnel aura lieu le lundi 2 février 2026 (15 Chevat 5786) à 20h précises au Cirque d’Hiver, situé au 110, rue Amelot dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, accessible par les stations de métro Filles du Calvaire et Oberkampf.
Cette célébration met à l’honneur l’œuvre monumentale de Maïmonide et perpétue la directive du Rabbi de Loubavitch d’unir le peuple juif autour de l’étude quotidienne du Rambam. La soirée réunira de nombreux Rabbanim et personnalités de la communauté, offrant un moment unique d’unité, d’étude et d’inspiration spirituelle.
L’entrée est libre, et chacun est invité à venir nombreux pour célébrer ensemble cette étape majeure dans l’étude de la Torah.
À cette occasion, un Goral sera organisé pour les personnes soutenant la soirée, avec comme prix un Dollar du Rabbi, reçu de sa main par Reb ‘Haïm ben Barou’h Djian ע״ה, qui sera tiré au sort en fin de soirée. CLIQUEZ ICI
L’enseignement du Rabbi d’étudier le Rambam, une véritable révolution dans l’étude de la Torah orale.
Une innovation majeure dans l’étude de la Torah
L’enseignement du Rabbi d’étudier le livre « Yad Hahazaka » du Rambam représente une véritable révolution dans l’étude de la Torah orale. En effet, le livre « Michné Torah » englobe toute la Torah orale, y compris les lois du Temple, les lois du Sanhédrin, les lois des rois, etc., contrairement au « Choulhan Aroukh » qui ne contient que les lois nécessaires à l’époque de l’exil. Comme on le sait, quiconque étudie les lois du sacrifice « Ola » est considéré comme s’il avait offert un sacrifice Ola, et ainsi de suite. Ainsi, celui qui étudie le Rambam est considéré comme s’il avait accompli toutes les Mitsvot dans leur ensemble.
L’étude quotidienne du Rambam
En 5744, lors du rassemblement du Chabbat « Vayéchev », le 20 Kislev, qui faisait suite au rassemblement du 19 Kislev, le Rabbi mentionna et souleva le fait que le temps était venu d’organiser une répartition similaire à celle du Talmud pour l’étude du livre Michné Torah du Rambam. C’est ainsi que le Rabbi de Loubavitch a institué l’étude quotidienne du livre « Michné Torah » (le Yad Hahazaka) du Rambam, une pratique qui a été adoptée par tous nos frères de la maison d’Israël.
Au sujet du livre « Michné Torah », son auteur, le grand aigle, témoigne qu’il englobe toute la Torah orale, comme il l’écrit dans l’introduction à son ouvrage : « J’ai également vu bon de composer un ouvrage qui comprenne toutes les lois de la Torah et ses commandements, de sorte qu’il ne manque rien. De manière générale, qu’il ne soit pas nécessaire, en plus de la Torah (écrite), d’avoir recours à un autre livre pour connaître tout ce qui est nécessaire dans toute la Torah, que ce soit d’ordre rabbinique ou d’ordre biblique. »
Cette directive du Rabbi constitue une véritable révolution dans l’étude de la Torah orale. Car, comme mentionné, le livre « Michné Torah » englobe toute la Torah orale, y compris les lois du Temple, les lois du Sanhédrin, les lois des rois, etc., contrairement au « Choulhan Aroukh » qui ne contient que les lois dont nous avons besoin à l’époque de l’exil uniquement. Comme on le sait, quiconque étudie les lois du sacrifice « Ola » est considéré comme s’il avait offert un sacrifice Ola, et ainsi de suite. Ainsi, celui qui étudie le livre « Yad Hahazaka » du Rambam est considéré comme s’il avait accompli toutes les Mitsvot dans leur ensemble. Il convient que chaque juif s’engage à accomplir cette directive.
Il est connu que Rav Dov Ber, le Maguid de Mezritch, a ordonné à Rav Chnéour Zalman de Lyadi (l’Admour Hazaken), son disciple éminent, d’étudier le Rambam chaque soir après la prière d’Arvit, car il avait reçu de son maître, le Baal Chem Tov, que c’était une Ségoula (remède spirituel) pour la crainte du Ciel. Cependant, il s’agissait d’une directive individuelle. L’innovation du Rabbi dans l’institution de l’étude du Rambam est qu’il a transformé l’étude du Rambam en patrimoine collectif, et même les femmes et les enfants accomplissent la directive du Rabbi et étudient au minimum le « Séfer Hamitsvot ».
Le Rabbi a encouragé chacun à étudier l’intégralité du Rambam selon l’ordre établi, contrairement à l’étude du Talmud où chaque personne ne peut pas étudier par elle-même l’ensemble du Talmud en raison des contraintes de temps. C’est pourquoi chacun étudie un traité au cours de l’année, de sorte que tous ensemble ils se rassemblent pour l’étude de l’ensemble du Talmud. Mais pour l’étude du Rambam, le Rabbi exige que tous étudient selon l’ordre établi, car chez le Rambam, les choses qu’il a écrites s’appuient sur les choses précédentes qu’il a écrites, et s’ils ne lisent pas selon l’ordre, il y a un risque qu’ils se trompent dans la compréhension des choses.
L’objectif de cette étude est d’unir tout le peuple d’Israël dans une étude commune de la Torah. Et par cette union, nous annulons la cause de l’exil et amenons la Rédemption véritable et complète.
Trois parcours dans l’étude du Rambam
La division du Rambam pour l’étude quotidienne a été réalisée par des Rabbanim éminents et des émissaires du Rabbi du monde entier, et a été soumise à la révision et à l’approbation du Rabbi. Ainsi a commencé un programme d’étude du Rambam qui comprend chacun des trois parcours d’étude que nous avons, publié par le « Mateh Harambam Hayomi ». Voici les parcours d’étude :
Trois chapitres par jour : le parcours d’étude principal, dans le cadre duquel on termine l’étude de tout le « Michné Torah » en environ un an. Et puisque l’étude dans ce parcours ne peut pas toujours se faire de manière approfondie, le Rabbi a ordonné de veiller à étudier au moins une loi ou un sujet dans cette matière de manière approfondie.
Un chapitre par jour : celui qui ne peut pas suivre le rythme d’étude de trois chapitres par jour étudiera un chapitre par jour. Dans ce cadre, on termine l’étude du « Michné Torah » en presque trois ans.
Étude du Séfer Hamitsvot du Rambam : celui qui a des difficultés dans l’étude du « Michné Torah » (cela concerne principalement les femmes et les enfants, comme mentionné) étudie chaque jour dans le « Séfer Hamitsvot » du Rambam. Il s’agit des Mitsvot qui traitent du sujet étudié ce jour-là dans le parcours de trois chapitres, donc on le termine également après un an.
Célébrations pour l’achèvement du Rambam
Depuis que le Rabbi a institué l’étude du Rambam jusqu’à aujourd’hui, les Hassidim de Habad ont pris sur eux d’accomplir cette directive, et chaque année le nombre de ceux qui étudient le Rambam augmente et se multiplie, tant parmi les membres de Anach que parmi ceux qui n’en sont pas. Comme on le sait, le Rav Moché Feinstein, de mémoire bénie, s’est engagé à étudier le Michné Torah dans le parcours de trois chapitres par jour immédiatement après que le Rabbi l’ait ordonné.
Selon la directive du Rabbi de Loubavitch, à l’achèvement de l’étude du Yad Hahazaka dans le parcours de trois chapitres par jour, on célèbre chaque année l’achèvement de la Torah et on organise des rassemblements festifs pour l’achèvement du Rambam dans différents centres à travers le monde, en particulier à Tibériade, près de la tombe du Rambam. À ce rassemblement participent les étudiants du Rambam dans tous les parcours, ainsi que ceux qui ne sont pas encore entrés dans le cercle des étudiants du Rambam. Et Baroukh Hachem, comme mentionné, chaque année de nombreuses personnes rejoignent ce cercle.
Les ouvrages du Rabbi liés à l’étude du Rambam
À la suite de cette institution d’étude du Rambam, le Rabbi a écrit les livres : « Yayin Malkhout », « Hadranim sur le Rambam », « Hidouchim et explications sur les lois du Beth Habekhira du Rambam », et « Klalei Rambam ».
Aux élèves de la Yechiva de Casablanca, le mérite des pionniers
Il est intéressant de noter que les premiers à avoir décidé d’accomplir la directive du Rabbi furent les élèves de la Yechiva Habad de Casablanca au Maroc, où le Rambam a résidé plusieurs années. Les élèves ont étudié le discours du Rabbi qui avait été prononcé ce Chabbat-là et se sont consultés entre eux sur la manière de faire avancer la chose. En vue du 10 Chevat, jour de la Néssioute (prise de direction), les élèves ont conçu une idée : prendre l’ouvrage « Michné Torah » et le répartir parmi le public toraïque. À cette répartition se sont joints d’autres émissaires du Rabbi dans le monde, et en deux semaines la mission de répartition a été accomplie.
La répartition a été organisée selon les « Halakhot » (sections de lois) et y ont pris part les émissaires, les Rabbanim, les élèves de la Yechiva et les érudits de la Torah de la ville. Ils se sont efforcés de faire mériter autant de juifs que possible. Le parcours d’étude allait du 10 Chevat au 11 Nissan, et un rapport a été envoyé au Rabbi. Ainsi, le 11 Nissan 5744, année du 83e anniversaire du Rabbi, ils ont terminé pour la première fois l’étude du livre « Yad Hahazaka », dont le nombre de lois est de 83. Toutes les « Halakhot » ont été réparties, à l’exception des « Lois des mandataires et des associés » qui ont été étudiées par tous les élèves ensemble.
Le Rabbi a renforcé et encouragé cette initiative jusqu’à ce qu’en fin de compte, les membres du comité pour la diffusion des discours organisent la répartition dans le parcours des trois chapitres et soumettent au Rabbi le programme d’étude pour sa révision et son approbation. Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, le peuple d’Israël accomplit cette sainte directive qui unit le peuple d’Israël dans le monde entier.
L’ordre de priorité des fruits d’Erets-Israël est le suivant :
on regarde l’ordre d’apparition dans le verset.
Aliment à base de farine de blé
à défaut, à base de farine d’orge
à défaut, une olive
à défaut, la datte
à défaut, le raisin
à défaut, la figue
à défaut, la grenade
Si aucun de ces fruits n’est présent, on choisira n’importe quel fruit pour réciter la Bénédiction.
Le Blé – l’âme divine
C’est l’aliment des hommes par excellence. Dans ce sens, il souligne l’humain en l’homme, il représente son âme Divine et le service de D.ieu – tout de spirituel – qui l’exprime. Grâce à lui, lier tout son être à la Divinité devient possible. Quand s’ouvrent de nouvelles synagogues, des endroits de prières et de retrouvailles avec soi-même, animés par une centaine de délégués enthousiastes dans toute l’Ile-de-France, c’est cela qui apparaît. Quand, tout à côté de son lieu de vie quotidienne, où qu’on soit, qui que l’on soit et quoi qu’on fasse, une lumière spirituelle se met à briller, c’est aussi l’âme qui rayonne.
L’Orge – l’aspect matériel
C’est traditionnellement une nourriture donnée aux animaux. Nos Sages en ont fait le symbole de l’aspect matériel de l’homme, de sa corporalité. Cela n’est pas négatif car il revient à chacun de raffiner sa propre dimension physique, par la force de son âme, pour en faire un des moyens du service Divin. Découvrir D.ieu dans sa vie de tous les jours, n’est-ce pas le rêve de tous ? C’est ainsi que ce moment privilégié d’un certain culte du corps prend sens: vacances devenant des universités d’été pour les adultes, des centres aérés pour les enfants. C’est également ainsi que des repas cachères sont proposés au plus près des universités et des lieux de travail – une nourriture pour le corps… et pour l’âme. Par ces actions, ils cessent d’être en opposition.
Le Raisin – la joie
C’est un fruit prodigieux dont le produit – le vin – « réjouit le cœur de l’homme » dans toutes ses dimensions, spirituelle et matérielle. On se saurait mieux dire qu’il est la représentation même de la joie. Et celle-ci est indispensable car elle brise les barrières, repousse les limites et conduit aux éternelles avancées. Elle est le secret de toutes les victoires. L’année juive est ainsi jalonnée d’événements festifs, parsemée d’allégresse : 19 Kislev, allumages publics de ‘Hanouccah, Siyoum HaRambam, parade de Lag Baomer. Des réjouissances qui complètent le calendrier traditionnel des fêtes, de Souccot à Chavouot en passant par Pourim et Pessa’h. La joie est partout, elle guide nos pas.
La Figue – les vêtements
Les premiers vêtements mentionnés dans la Torah furent créés à partir de feuilles de figuiers. La figue en est restée le rappel. Le vêtement est l’instrument du contact avec l’extérieur, comme ces « vêtements » quasi spirituels que sont la pensée, la parole et l’action, véritables outils d’expression de l’âme. Ce sont ces vêtements-là qu’il faut élever en révélant leur vrai nature. Car, au-delà de leur apparence, éclairés par l’effort de l’âme, ils peuvent devenir des « vêtements de lumière ». Pour cela, il existe un chemin : l’étude, la recherche de la connaissance et de la sagesse, la réflexion qui conduit à l’action. Les rendez-vous d’étude en Ile-de-France, l’édition de livres, de brochures explicatives sur les fêtes ou les Mitsvot, de la « Sidra de la semaine », site internet, serveur vocal « Lé’haïm » etc. en sont autant de points d’accès.
La Grenade – les Mitsvot
Chacun est « empli de Mitsvot comme la grenade est pleine de grains » disent nos Sages. Car, au-delà même des « vêtements », il appartient à tous de spiritualiser le monde par l’accomplissement des commandements de D.ieu. Le judaïsme sait que le monde est perfectible. Il sait que l’utiliser pour un usage de sainteté le rend saint. Nous en possédons la force. Nous avons aussi le mode d’emploi de la création : les commandements de D.ieu dans leur pratique quotidienne. Pour cela, le Beth Loubavitch est au côté de chacun : mise des Téfiline, bénédiction sur le Loulav à Souccot, pose de Mézouza… Tout un monde de Bien.
L’Olive – de l’amertume à la douceur
L’olive est, par nature, un fruit amer. Il ne devient comestible que par un effort de transformation. Pour cela, il représente l’amertume qu’il faut transformer en douceur par l’action résolue. C’est alors seulement qu’il révèle sa richesse. Nous connaissons tous ces situations de la vie où tout paraît amer. Certains ne peuvent découvrir le chemin de la transformation nécessaire que si on leur vient en aide. Les temps sont difficiles, dit-on parfois. A nous de les rendre beaux pour tous. Le bonheur est trop précieux pour que certains en soient exclus. Les visites régulières aux familles isolées et aux malades, l’aide aux familles, le soutien lors des naissances ou pour les mariages etc. sont les déclinaisons indispensables de ce principe.
La Datte – le miel
Ce fruit est ici la source d’un véritable délice : le miel. Pourtant, il faut tant de labeur et de patience pour parvenir à ce stade ultime. Le palmier ne produit de dattes qu’au bout de soixante-dix ans enseigne le Zohar. Mais, lorsqu’on sait y consacrer l’effort nécessaire, le résultat est immanquablement au rendez-vous : la douceur du miel. Il ne faut sans doute pas moins d’attention pour assurer une éducation juive authentique, ouverte et chaleureuse, à tous les enfants. Ecole Beth ‘Haya Mouchka, jardins d’enfants, crèches, sans oublier les Talmud Torah : c’est sans doute un investissement lourd mais, demain, la récolte sera sans pareille.
À l’occasion de son décès le 10 Chevat 5780 – 2020, retour sur l’homme qui, après avoir incarné mille visages, choisit de révéler le sien : celui d’Issur Daniélovitch.
Rav Yaacov Abergel
L’ancienne légende de Hollywood s’est éteint paisiblement dans sa résidence de Beverly Hills le 5 février 2020, 10 Chevat, à l’âge de 103 ans. Parmi tous les films dans lesquels a joué Kirk Douglas, il y en a un en particulier dont le célèbre Acteur était particulièrement ‘fier’, il s’agit de « la vie passionnée de Vincent Van Gogh ».
Kirk Douglas a déclaré lors d’une interview qu’il donna à l’occasion de la sortie de son livre autobiographique « Le fils du chiffonnier », que le personnage de Vincent Van Gogh l’avait touché tout particulièrement. Cela à tel point, que peu de temps après la fin du tournage, alors qu’il entrait dans une pièce dont l’un des murs était décoré par une reproduction du peintre hollandais, il pensa un court instant que c’est lui-même qui l’avait peint. Cette pensée fit très vite place à la raison, et Kirk Douglas se dit alors que quelque chose ne tournait pas rond. Il s’était tellement investit dans le rôle de Van Gogh qu’il finit par mélanger sa propre vie à celle du Peintre.
Kirk Douglas en racontant cette histoire avoua que ce fut la seule fois qu’une telle chose lui arriva. Pendant toute sa carrière d’Acteur, il sut toujours faire la différence entre lui-même et les personnages qu’il incarnait.
Il parvenait tellement bien à avoir une telle distance entre lui-même et ses personnages, qu’il ressentit un jour le besoin d’écrire un livre dans lequel il se raconterait. Un livre qui parlerait de sa vie, de sa propre vie. Apparemment, et à l’évidence, si Kirk Douglas désirait se raconter, c’est que tous les rôles qu’il jouait n’exprimaient jamais ce qu’il était vraiment.
Il savait jouer le personnage qu’il incarnait, sans y ajouter ce qu’il était. Comme un véritable Peintre, qui fait le portrait de son modèle sans le transformer, sans jamais lui prêter ses propres traits, mais en le peignant tel qu’il est, Kirk Douglas jouait ses personnages tels qu’ils étaient. L’Acteur savait s’effacer derrière sa composition.
Puis un jour, il eut envie de jouer son propre rôle. Alors, il prend sa plume et s’assied devant plus de ‘cinq mille pages’ et il écrit l’histoire de sa vie. Son histoire. Il écrit ce qu’il n’a jamais montré dans ses nombreux films. Il écrit ce qu’il a toujours été, ce qu’il est et ce qu’il sera toujours : Juif.
Kirk Douglas est Juif, il s’appelle Issur Daniélovitch. Il commence son livre en écrivant :
« Je suis arrivé sur terre dans une magnifique boîte en or ornée de fleurs et de fruits délicatement ciselés, et suspendue au ciel par de fins rubans d’argent….C’est ainsi que je naquis. Je sais que c’est vrai parce que c’est ma mère qui me l’a dit ».
En lisant ces quelques lignes, nous ne serons pas étonnés que Issur Danielovitch-Demsky a quitté ce monde le jour de Youd-Chevat 5780, car ‘Je suis arrivé sur terre’ ressemble étrangement aux premiers mots du dernier Discours ‘hassidique du Rabbi Rayats : ‘Je suis venu dans mon jardin’, et le Rabbi Rayats et Issur Daniélovitch ont quitté ce monde le même jour.
En y regardant de près, cette ‘magnifique boîte en or ornée de fleurs et de fruits délicatement ciselés, et suspendue au ciel par de fins rubans d’argent’ n’est pas sans nous rappeler que l’âme Juive est comparée dans le livre du Tanya, à une corde composée de 613 fils dont l’extrémité arrive jusqu’au ciel et l’autre extrémité jusqu’à la terre. De fait, l’Admour Hazaken explique qu’Hachem a choisi le corps des enfants d’Israël. Le corps d’un Juif est précieux, il est tel ‘une magnifique boîte en or ornée de fleurs et de fruits délicatement ciselés’ et l’âme ‘est suspendue au ciel par de fins rubans d’argent’.
Bien sûr, le fait que Issur Daniélovitch ait quitté ce monde à l’âge de 103 ans est certainement lié au fait qu’il distribua très largement la Tsédaka , tout au long de sa vie, ainsi que la Torah nous l’enseigne : ‘la Tsédaka sauve de la mort’. Cependant, sa vie et son Art expriment aussi avec force le contenu profond d’une déclaration de Rabbi Zushé Mi Anipoli. Rabbi Zushé a dit un jour ‘qu’il n’avait pas peur d’arriver au ciel, le jour où il allait quitter ce monde, et qu’on lui demande des comptes sur le fait qu’il n’avait pas été Moché Rabbénou ! Non, ce qui faisait peur a Rabbi Zushé c’est qu’on lui demande pourquoi il n’avait pas été lui-même ! ‘.
L’Acteur Kirk Douglas avait un très profond respect pour l’Etre humain, il était capable de s’investir totalement pour se fondre dans son personnage. En fait, il prenait la chose très au sérieux, il ne jouait pas !
On peut dès-lors se demander si nous-mêmes nous agissons de la sorte. Savons-nous prendre au sérieux notre propre rôle ?
Pour répondre à cette question on pourrait citer ce que Van Gogh a dit lui-même quand on le questionna sur la peur du Peintre de la toile blanche. Van Gogh répondit : « C’est la toile blanche qui doit avoir peur du peintre ! »
De la même façon, nous apprenons de l’Acteur Kirk Douglas et de l’homme Issur Daniélovitch, que nous ne devons pas avoir peur lorsqu’il s’agit de jouer notre propre rôle, de nous conduire comme un Juif, dans toutes nos pensées, nos paroles et nos actes…