Une fusillade préméditée a ensanglanté ce lundi matin le quartier Côte-des-Neiges de Montréal, cœur historique de la vie juive organisée au Canada, faisant trois morts dont un policier tombé dans l’exercice de ses fonctions et Michael Moshe Mizrahi, membre bien connu de la communauté juive locale, décédé des suites de ses blessures à l’hôpital. L’identité de la victime civile a été confirmée par l’unité internationale de ZAKA, dont le bénévole montréalais Moishy Blech a décrit l’émotion immense qui étreint la communauté : « Michael était connu et aimé de tous — un homme qui priait avec nous à la synagogue. » Le tireur, retranché dans une chambre du Hilton Garden Inn Midtown à proximité immédiate du Beth Habad-Loubavitch, a ouvert le feu sur les premiers policiers arrivés sur les lieux avant d’être neutralisé, tandis que le Chalia’h Habad de Montréal accueillait dans les locaux du Beth Habad une centaine de civils évacués des hôtels voisins.
C’est à 11 h 35, heure locale, que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) reçoit les premiers appels signalant des détonations à l’angle de l’avenue Trans Island et de l’avenue de Courtrai, dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Des témoins rapportent avoir entendu entre vingt et trente coups de feu tirés en rapide succession, semant la panique dans ce quartier résidentiel et commerçant d’ordinaire réputé pour son calme et sa vitalité communautaire.
« Il y a eu environ dix ou douze coups de feu tirés à la suite. Le parc s’est vidé en quelques secondes. Des parents fuyaient avec leurs enfants dans les bras. Nous sommes entourés d’écoles. C’est un quartier très familial. Nous sommes tous complètement sous le choc. » — Brandon Elkaim, résident du quartier, à CTV News
Un tireur embusqué depuis une chambre d’hôtel, une arme de précision sur trépied
Selon des sources policières citées par La Presse, l’attaque résulte d’une préparation méticuleuse. L’assaillant s’était installé dans une chambre du Hilton Garden Inn Montreal Midtown, hôtel situé en vis-à-vis de l’intersection visée. Depuis cette position élevée, il a ouvert le feu à l’aide d’une carabine de type SKS — une arme longue fixée sur trépied et équipée d’un télescope de visée —, dispositif caractéristique d’un tir de précision planifié. D’autres armes ont en outre été retrouvées sur le corps du suspect après sa neutralisation. Vêtu de tenues de camouflage militaire et portant une ceinture de munitions, l’assaillant avait manifestement anticipé une confrontation prolongée avec les forces de l’ordre.
Fait particulièrement troublant pour les enquêteurs : c’est le suspect lui-même qui aurait composé le numéro d’urgence 911 pour alerter la police, créant délibérément une embuscade contre les premiers agents arrivés sur les lieux. Cette stratégie de piège rappelle des modes opératoires observés dans d’autres attaques terroristes préméditées à travers le monde.
À 12 h 34, le ministère de la Sécurité publique du Québec a émis une alerte Québec En Alerte sur l’ensemble des téléphones cellulaires de l’île de Montréal : « Suspect armé et dangereux dans le secteur de Côte-des-Neiges. Évitez le secteur. Abritez-vous à l’intérieur, verrouillez les portes, éloignez-vous des fenêtres et suivez les directives des autorités locales. »
Trois morts, une policière grièvement blessée, une ville sous le choc
Le bilan humain, confirmé en début d’après-midi par le SPVM, est lourd. Un policier est mort sous les balles dans l’exercice de ses fonctions — perte que la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a qualifiée d’irréparable en présentant ses condoléances à la famille et aux collègues de l’agent tombé. Une policière a été grièvement blessée et hospitalisée d’urgence. Un citoyen civil a également perdu la vie dans des circonstances qui restent à préciser. Le suspect a été neutralisé aux alentours de 13 h 25, portant à trois le nombre total de décès confirmés.
Le porte-parole du SPVM, Jean-Pierre Brabant, a déclaré en direct à la population : « Nous demandons à tout le monde d’éviter le secteur. La situation n’est pas sous contrôle. » L’autoroute Décarie a été fermée dans les deux sens entre les échangeurs Turcot et Décarie tout au long de l’opération, et les lignes bleue et orange du métro de Montréal ont subi d’importantes perturbations. Un périmètre de sécurité étendu a été maintenu pendant plusieurs heures tandis que les équipes judiciaires procédaient aux premières constatations.
Le Beth Habad, refuge pour une centaine de civils évacués
Au cœur du chaos, le Beth Habad-Loubavitch du quartier a joué un rôle inattendu mais emblématique. Le Rav Chaïm Shlomo Cohen, Chalia’h Habad à Montréal, a confié à Ynet que les tirs avaient visé un immeuble attenant au Beth Habad. Alerté par les détonations depuis son bureau, il a vu des agents du SPVM faire irruption dans les locaux pour y évacuer les résidents des hôtels voisins.
« La fusillade visait un bâtiment juste à côté du Beth Habad. Les tirs partaient de l’hôtel en direction de cet immeuble. Nous avons accueilli environ cent personnes — des bénévoles et des gens évacués des hôtels environnants. J’étais dans mon bureau quand des policiers sont entrés en disant que personne ne pouvait sortir. » — Rav Chaïm Shlomo Cohen, Chalia’h Habad à Montréal, à Ynet
Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une unité d’intervention en tenue tactique encerclant une maison appartenant à une famille affiliée à Habad-Loubavitch. Le témoin Tzeigerman, résidente du quartier, a décrit depuis sa fenêtre une mobilisation policière spectaculaire incluant de nombreux hélicoptères, confirmant que « la zone est juive, avec une épicerie cachère et un Beth Habad ».
Michael Moshe Mizrahi : un nom, un visage, un deuil communautaire
La victime civile de la fusillade a désormais un nom. L’unité internationale de ZAKA a formellement identifié le défunt comme étant Michael Moshe Mizrahi, membre bien connu de la communauté juive de Montréal. Grièvement blessé lors de l’assaut, il avait été transporté d’urgence dans un hôpital de la ville où il a succombé à ses blessures. Les circonstances exactes de son décès — notamment la question de savoir s’il se trouvait à proximité immédiate du lieu des tirs ou s’il a été atteint dans un contexte particulier — font toujours l’objet de l’enquête en cours.
Moishy Blech, résident de Montréal et bénévole de ZAKA présent à proximité de la scène dès les premières heures de l’intervention, a témoigné de la désolation qui s’est emparée de la communauté.
« C’est un incident grave, qui fait encore l’objet d’une enquête de la part des autorités locales. L’émotion dans la communauté est immense. Michael était connu et aimé de tous — un homme qui priait avec nous à la synagogue. Nous partageons tous la douleur de sa famille. » — Moishy Blech, bénévole ZAKA Montréal
ZAKA a précisé demeurer en contact étroit avec les autorités locales dans l’attente d’une autorisation d’accès au périmètre. « Dès que nous serons autorisés à entrer sur les lieux, nous travaillerons à recueillir les restes et à veiller à ce que le défunt soit traité avec dignité et inhumé conformément à la loi juive », a conclu Moishy Blech — rappelant la vocation première de cette organisation internationale présente sur chaque scène de drame touchant des Juifs à travers le monde.
Un quartier au cœur de la vie juive montréalaise depuis l’après-guerre
Le choix géographique de l’attaque ne peut manquer d’interpeller toute personne familière de la géographie communautaire montréalaise. Côte-des-Neiges est l’un des pôles les plus denses de la vie juive organisée au Canada. Le quartier est devenu un foyer de la communauté juive dans l’après-guerre, lorsque les familles juives en pleine ascension sociale ont quitté les environs de Saint-Urbain pour s’y installer. On y trouve aujourd’hui, à quelques centaines de mètres du lieu du drame, la synagogue espagnole et portugaise — la plus ancienne du pays, fondée en 1768 et installée dans le quartier depuis 1947 —, de nombreuses institutions Habad-Loubavitch dont une communauté florissante dirigée par le Rav Cohen, des écoles juives de renom telles que Beth Rivkah Academy, le Vaad Ha’ir, le MADA, ainsi qu’une multitude de restaurants, épiceries et commerces cachères.
L’ensemble de ces établissements — commerces, écoles, institutions communautaires — a été placé en confinement immédiat dès les premiers échanges de tirs. Le Centre pour Israël et les affaires juives (CIJA) a indiqué suivre la situation de très près, faisant part de « ses pensées pour toutes les personnes touchées par cet événement ainsi que pour l’ensemble des policiers mobilisés pour assurer la sécurité des citoyens ».
Un manifeste rédigé avant l’attaque : la piste idéologique au cœur de l’enquête
Selon plusieurs sources concordantes citées par les médias canadiens et israéliens, le suspect aurait préparé et diffusé un manifeste écrit avant d’ouvrir le feu, transmis à différents organes de presse en amont de l’attaque — une démarche délibérément propagandiste qui oriente d’emblée les enquêteurs vers une dimension idéologique. Les services de renseignement et la division des crimes haineux du SPVM se penchent sur ce document dans l’espoir d’établir les motivations profondes de l’assaillant. À ce stade, aucun mobile officiel n’a été communiqué par les autorités, qui se gardent de toute qualification pénale prématurée.
L’hypothèse d’un acte antisémite n’est pas écartée par les observateurs compte tenu de la localisation de l’attaque, de la proximité immédiate du Beth Habad et des institutions juives, et de la présence d’un manifeste. Mais les enquêteurs soulignent que la dimension idéologique doit être établie sur la base de preuves matérielles et textuelles. Un bénévole de l’organisation ZAKA présent à proximité de la scène a signalé aux médias des informations non confirmées faisant état de prises d’otages à l’intérieur du périmètre — information que les autorités n’ont pas validée.
Une vague d’antisémitisme sans précédent en toile de fond
La fusillade de Côte-des-Neiges ne survient pas dans un vide. Elle s’inscrit dans un contexte de violence antisémite que le Canada n’avait jamais connu à cette intensité depuis la fondation des organismes de surveillance communautaires. B’nai Brith Canada a enregistré 6 800 actes de haine antijuive à l’échelle nationale en 2025 — le chiffre le plus élevé depuis le début de ses relevés statistiques en 1982, représentant en moyenne 18,6 incidents quotidiens et une hausse de 145,6 % par rapport aux niveaux de 2022. En 2026, ce seuil avait déjà été dépassé avant même la fin du mois de mai.
La liste des attaques récentes est édifiante : trois synagogues visées en cinq jours en mars 2026, des tirs répétés contre une école juive de filles à Toronto, deux institutions juives montréalaises touchées par des cocktails Molotov, un homme juif roué de coups devant ses enfants dans les rues de Montréal, et — deux semaines seulement avant cette fusillade — l’arrestation d’un suspect après une tentative d’incendie contre le Temple Emanu-El-Beth Sholom, l’une des plus anciennes synagogues de Montréal. Le premier ministre canadien Mark Carney avait lui-même pris la parole pour qualifier la situation de « crise nationale », reconnaissant que des antisémites avaient tiré des balles contre des écoles juives, lancé des engins incendiaires sur des synagogues et ciblé des commerces et associations communautaires.
La fusillade de ce lundi, avec sa préparation opérationnelle élaborée, son manifeste et la localisation délibérée au cœur du quartier juif le plus dense de Montréal, risque de marquer un seuil supplémentaire dans cette escalade — ou, dans le meilleur des cas, de constituer l’électrochoc politique qui conduira les autorités à passer, selon la formule du Consulat général d’Israël à Toronto exprimée début juin, « des mots aux actes ».
Réactions politiques : condoléances et appels à l’action
Les réactions politiques ont été immédiates. Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s’est dit profondément troublé par le décès d’un agent, tandis que Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, a déclaré qu’« aucun policier, aucune policière, ne devrait être la cible d’une telle attaque dans l’exercice de ses fonctions ». La mairesse Soraya Martinez Ferrada a présenté ses condoléances personnelles à la famille, aux proches et aux collègues du policier décédé, promettant que la lumière serait faite dans les meilleurs délais sur les circonstances de cette tragédie.
Un point de presse des autorités policières était attendu dans l’après-midi pour fournir un bilan actualisé et les premières orientations de l’enquête criminelle. La mobilisation de la communauté juive, des instances politiques canadiennes et des organisations de défense contre l’antisémitisme se profile déjà comme une réponse collective à un drame dont les ramifications dépassent largement les frontières de la métropole québécoise.
Les enquêtes sont en cours. Cet article sera mis à jour au fil des développements officiels.
Les membres du Kollel Torat Menachem de Yerres et du Kollel Lev Binyamin ont passé avec succès un examen rigoureux en vue d’obtenir la Semikha sur les lois de la pureté familiale. L’épreuve a été conduite à Londres par le Rav Yossef Padwa, président de la fédération des communautés orthodoxes Kedassia. Devant l’excellence de leurs réponses, il a confirmé leur pleine aptitude à devenir de véritables Rabbanim.
Un examen exigeant pour une ordination rabbinique
Les membres du Kollel Torat Menachem de Yerres, en France, sous la direction et la conduite du Rav Zerbib et du Rav Nizard, ainsi que ceux du Kollel Lev Binyamin sous la direction du Rav Loeb, ont passé avec succès un examen en vue d’obtenir une Semikha, c’est-à-dire l’ordination rabbinique, portant sur les lois de la Nida et du Mikvé, relatives à la pureté familiale.
Un examinateur de renom
L’examen a été mené par le Rav Yossef Padwa à Londres, Rav de la communauté ‘Héshev Haéphode de Londres et président de la fédération des communautés orthodoxes Kedassia. Il est le fils du célèbre décisionnaire, auteur des Responsa ‘Héshev Haéphode.
Des réponses brillantes en théorie comme en pratique
Le Rav a interrogé les Avrekhim, les étudiants, sur les lois de la Nida. Constatant qu’ils répondaient avec brio, tant sur le plan théorique que sur le plan pratique, il leur a également soumis des questions complexes portant sur les lois du Chabbat et de la Kasherouth, c’est-à-dire les questions du permis et de l’interdit, qui lui avaient été adressées récemment.
La signature de la Semikha
Pour conclure, le Rav a souligné que les Avrekhim avaient remarquablement bien étudié, qu’ils maîtrisaient parfaitement l’application pratique de la Halakha, et qu’ils étaient pleinement dignes de devenir de véritables Rabbanim. Il a ensuite signé leur ordination rabbinique, la Semikha.
À travers une série de réponses adressées à des personnes en détresse, le Rabbi de Loubavitch dévoile une sagesse capable de bouleverser notre regard sur l’échec, l’angoisse et l’adversité. Chaque conseil renverse une certitude et invite à voir dans l’obstacle non pas un mur, mais un tremplin. Ces enseignements, transmis au fil des rencontres, demeurent d’une actualité saisissante pour quiconque cherche la paix intérieure.
Changer de perspective face aux échecs
Un homme vient se plaindre auprès du Rabbi d’avoir perdu une opportunité professionnelle, qu’un ami lui aurait dérobée. Le Rabbi lui répond avec fermeté : personne ne peut vous enlever ce qui vous est véritablement destiné. Si vous ne l’avez pas obtenu, c’est simplement que cela n’était pas pour vous.
Combattre l’ingratitude et voir le positif
Face à un homme qui se lamente sur ses problèmes alors qu’il jouit d’une famille et de la santé, le Rabbi lui fait remarquer son ingratitude. La nature humaine a tendance à se focaliser sur le point noir, le négatif, au lieu de contempler la feuille blanche, c’est-à-dire les bénédictions. Le Rabbi rappelle que savoir remercier D.ieu pour ce que l’on possède attire d’autres bénédictions.
Les obstacles sont là pour nous renforcer
À une personne qui se heurte à des difficultés, qu’il s’agisse de l’opposition de sa famille ou de son entourage, en cherchant à se rapprocher du judaïsme, le Rabbi explique que rien n’arrive sur un plateau d’argent. D.ieu ne donne que des épreuves que nous sommes capables de surmonter, et ces défis ont pour vocation de nous « vacciner » et de nous rendre plus forts.
Guérir ses propres tourments en s’occupant des autres
Une étudiante qui se sent profondément égoïste, anxieuse et obsédée par ses propres difficultés reçoit du Rabbi un conseil inattendu : se rendre à la cantine, y prendre son plateau-repas et le donner à quelqu’un d’autre. L’enseignement est puissant : le meilleur moyen de retrouver la paix intérieure et de sortir de la déprime consiste à cesser d’être centré sur soi-même et à agir pour autrui.
L’importance de la régularité, même pour cinq minutes
À un étudiant qui prétend ne disposer que de cinq minutes de temps libre et demande s’il peut interrompre son étude quotidienne de la Torah, le Rabbi répond que l’étude n’est pas un service rendu à D.ieu, mais un bienfait pour l’étudiant lui-même. Prendre le temps d’étudier chaque jour devient source de bénédiction dans la gestion même du temps.
L’attitude à adopter lors de la visite au Ohel
En conclusion de son propos, le Rav Yossi Amar explique que lorsqu’on se rend prier sur la tombe du Rabbi, le Ohel, il ne faut pas se contenter d’énumérer ses problèmes pour réclamer des miracles. Il est essentiel de prendre de bonnes résolutions, qu’il s’agisse d’engagements personnels ou de Mitsvot supplémentaires, afin d’accompagner ses requêtes.
Une cérémonie marquant l’achèvement de la traduction française du Talmud de Babylone, édition Drahi, se tiendra à la résidence du Président en présence du Président Isaac Herzog et son épouse, Michal Herzog
Jérusalem, juin 2026 — Une cérémonie solennelle marquant la publication du Talmud de Babylone en français, édition Drahi, se tiendra le mercredi 9 Tamouz 5786 (24 juin 2026), à la résidence du Président à Jérusalem. L’événement se déroulera en présence du Président de l’État d’Israël, M. Isaac Herzog, et de son épouse, Mme Michal Herzog.
Cet événement marque une étape importante dans l’héritage toranique universel du Rav Adin Even-Israël Steinsaltz, de mémoire bénie, dont la traduction et le commentaire du Talmud ont ouvert les portes de l’étude à un large public à travers le monde. La traduction intégrale du Talmud en français, une première dans l’histoire, effectuée avec le concours des Éditions Biblieurope, représente une nouvelle oeuvre dans toute la série de traductions menées par le Centre Steinsaltz pour rendre le Talmud accessible aux locuteurs de diverses langues dans le monde entier. Cette édition française a été rendue possible grâce au soutien de la Fondation Patrick & Lina Drahi, dont la contribution a été déterminante pour mener à bien ce projet. La date de la cérémonie, le 9 Tamouz, le jour où le Talmud fut brûlé à Paris au XIIIe siècle, constitue un symbole de continuité et de réparation dans le monde de l’étude juive.
À propos de cet événement, le Rav Meni Even-Israël, Directeur du Centre Steinsaltz et fils du Rav Adin Steinsaltz, de mémoire bénie, a déclaré : « L’achèvement de la traduction française du Talmud est une nouvelle réalisation de la vision de mon père : restituer la bibliothèque juive à l’ensemble du peuple juif et à chacun, indépendamment de sa langue ou de son origine. Nous sommes profondément reconnaissants envers la Fondation Patrick & Lina Drahi pour le partenariat et le soutien qui ont permis de concrétiser cette vision et fort honorés de partager cette réalisation en présence du Président et de son épouse. »
De la part de la Fondation Patrick & Lina Drahi : La Fondation Patrick & Lina Drahi considère comme un grand privilège de s’associer à la préservation et à la diffusion de l’héritage du peuple juif. Pour nous, le projet visant à rendre le Talmud de Babylone accessible aux francophones, selon l’approche du Rav Steinsaltz, représente une invitation lancée au monde francophone à franchir les portes du Talmud de Babylone et à rejoindre son étude — une étude qui encourage un débat visant à faire émerger la vérité plutôt qu’à remporter une victoire, un débat fondé sur le respect, l’écoute et la curiosité. Puisse cette nouvelle édition permettre à un plus grand nombre de personnes de découvrir la beauté de la pensée talmudique et l’esprit du Rav Steinsaltz.
Pour plus d’informations ou pour coordonner une couverture médiatique, veuillez contacter le Centre Steinsaltz à l’adresse [email protected]
Ce discours du 13 Tamouz 5736 met en lumière un principe fondamental : la Torah et ses miracles ne sont pas relégués au passé, mais exigent de nous un renouvellement constant. En s’appuyant sur l’héritage de nos Maîtres et face aux bouleversements de l’actualité mondiale – où le sauvetage miraculeux à Entebbe défient les lois de la nature –, cette Si’ha nous rappelle que notre sécurité physique est intrinsèquement liée à notre bouclier spirituel.
Discours du 13 Tamouz, 5736
La Torah au Quotidien : Un Éternel Renouvellement
On a déjà parlé à maintes reprises lors d’un rassemblement (Farbrengen) lié à un événement et à un sujet qui se sont produits il y a quelque temps, et à plus forte raison il y a de nombreuses années, du fait que, selon la Torah – qui est appelée « Torah de vérité », car ce qu’elle indique et ordonne de faire correspond à la vérité absolue –, la Torah exige que l’on se souvienne de cet événement exactement comme s’il se produisait pour la première fois : « Chaque jour, ils seront à tes yeux comme nouveaux ».
Comme on le sait, il y a deux versions à ce sujet : dans un endroit, il est écrit « Kachadashim » (comme nouveaux, avec un « Kaf » de comparaison), et dans un autre endroit, il est écrit « Chadashim » (nouveaux, sans le « Kaf » de comparaison).
L’explication de ces deux versions est la suivante : on sait que l’on a affaire à un être humain composé de chair et de sang, qui est donc limité dans le temps. Il est par conséquent compréhensible qu’une chose qui appartient au passé, a fortiori à un passé lointain en termes de temps, il est difficile d’exiger de lui, dès le premier instant, que cela soit pour lui véritablement nouveau.
On procède donc avec lui du plus facile au plus difficile ; on exige d’abord de lui que ce soit « Kachadashim » (avec un Kaf de comparaison), mais ce n’est pas la perfection, ni la vérité absolue que l’on attend de lui. On exige qu’il atteigne le but ultime, qui est la vérité, à savoir que ce soit véritablement nouveau (grâce à la préparation du « comme nouveau »).
Le lien de ce concept avec la Torah est également compréhensible : bien que le premier don de la Torah se soit produit il y a des milliers d’années, la Guemara dans Berakhot (22a) tranche en tant que Halakha pratique : « De même que là-bas c’était avec crainte, effroi, tremblement et sueur (tout comme lors du don de la Torah la première fois, tous se tenaient avec crainte et effroi), ici aussi (lorsqu’on étudie la Torah, peu importe quand, où et dans quelle situation, il est exigé que ce soit) avec crainte, effroi, tremblement et sueur ».
Il est clair que c’est ce qu’on attend de chaque Juif (comme pour tous les sujets de la Halakha pratique). Et puisque c’est ce qu’on attend et qu’on exige de lui, il est certain qu’on lui a donné les forces nécessaires pour y parvenir, car « Le Très-Haut ne demande qu’en fonction de leurs forces ». Le Très-Haut n’exigerait pas d’un Juif une chose sans lui avoir préalablement donné les forces de l’accomplir.
L’Admour Hazaken pose alors la question : comment peut-on exiger cela ? Lors du don de la Torah, il y a eu « L’Éternel descendit sur le mont Sinaï » avec le Char céleste et les anges, et le monde entier a tremblé, au point que le Midrach dit que des quatre directions, d’en bas et d’en haut, une seule et unique voix s’est fait entendre : « Je suis l’Éternel ton Dieu ». Il est compréhensible que cela se soit passé avec crainte et tremblement.
Mais comment peut-on exiger cela d’un Juif lorsqu’il étudie la Torah des milliers d’années plus tard, dans une situation où il n’y a pas tout le tumulte du Sinaï ?L’Admour Hazaken explique que c’est parce que, fondamentalement, tout le tumulte de la première fois est présent à chaque fois qu’un Juif étudie la Torah. La véritable raison de cette crainte n’était pas les anges ou le Char céleste, mais le fait que le Très-Haut a donné Sa Torah, qui est Sa sagesse et Sa volonté, une chose cachée et sacrée. Pour que l’âme ressente cela, elle doit savoir que lorsqu’on étudie la Torah, le Saint béni soit-Il est assis et étudie en face de lui.
Mémoire Active et Héritage Spirituel
De la même manière, dans la Mitsva du souvenir de la Sortie d’Égypte lors du Séder de Pessa’h, on utilise la Matza pour faciliter ce souvenir physique, afin que la personne revive l’événement comme si elle sortait d’Égypte aujourd’hui même.
En ce qui concerne le rassemblement des 12 et 13 Tamouz, les « fruits » que nous voyons autour de nous sont les Juifs vivants qui étudient la Torah aujourd’hui. Ceci est le résultat du fait qu’il y a 49 ans, en 1927, le Maître de la Libération (le précédent Rabbi) s’est sacrifié pour qu’il y ait des Hadarim (écoles), des Yechivot, des Mikvés et de la Cacherout, face à un empire puissant qui s’y opposait. Ce sacrifice a permis la victoire de la Torah et du judaïsme de génération en génération.
L’Infini dans le Fini : L’Essence de la Tsédaka
Le monde a été créé avec des limites, mais le but de la Torah est de faire descendre l’infini dans ces limites (« Bira Amikta », le puits profond). Il en va de même pour la Tsédaka . Il y a un aspect quantitatif (donner une somme précise, un dixième ou un cinquième), mais il y a aussi un aspect qualitatif infini : donner avec un beau visage (sourire). La qualité, l’âme et la spiritualité doivent dominer la quantité, le corps et la matérialité. Le véritable sage est celui qui « voit ce qui naît », qui réalise que le monde est recréé à chaque instant par la Parole divine.
L’Événement Récent (Le Raid d’Entebbe)
L’être humain est souvent plongé dans la routine de la vie quotidienne, observant les cycles réguliers de « la semence et la moisson, le froid et la chaleur… le jour et la nuit ». Le mauvais penchant utilise cette routine pour nous faire croire qu’il ne s’agit que des « lois de la nature », nous faisant ainsi oublier le Maître du monde qui a établi ces lois. Pour nous réveiller de cette habitude et nous rappeler que Dieu est la véritable réalité du monde, le Ciel provoque de temps en temps des événements bouleversants qui dépassent les lois de la nature.
C’est exactement ce qui s’est produit lors de l’événement récent où des dizaines de Juifs ont été sauvés de la mort pour être ramenés dans la « bonne et vaste terre », la terre sur laquelle « les yeux de l’Éternel ton Dieu sont posés du début à la fin de l’année ». Cet événement a prouvé de manière tangible que la qualité peut vaincre la quantité. Les ennemis étaient infiniment supérieurs en nombre et en armement, que ce soit sur place ou dans les zones survolées pour les atteindre.
De plus, chez les sauveteurs eux-mêmes, la qualité (l’âme) a vaincu la quantité (le corps). Naturellement, le corps cherche à survivre et n’aurait jamais entrepris une mission aussi périlleuse selon des calculs rationnels. C’est l’âme divine, supérieure à tout calcul physique, qui a pris le dessus. Contrairement aux tactiques militaires habituelles qui consistent à faire du bruit, à intimider l’ennemi et à consulter les nations « amies » pour obtenir leur accord et des armes, cette victoire a été remportée en ignorant totalement les calculs de temps, d’espace et de diplomatie. Ils ont volé en secret, avec des effectifs extrêmement réduits, prouvant que le succès venait directement de Dieu et non des moyens naturels. La leçon essentielle est de proclamer que Dieu est le Maître absolu, et que le monde n’est pas un endroit où la loi du plus fort (« la quantité ») domine.
Leçon de Sécurité Spirituelle
Cependant, malgré l’immense miracle, cet événement a coûté la vie à quatre Juifs. Sachant que chaque Juif représente « un monde entier », ce sont quatre mondes qui ont disparu d’un coup. Le texte souligne que Dieu aurait pu choisir de donner cette leçon sans qu’aucune âme juive ne soit perdue. La Mishna dans le traité Sanhédrin enseigne que lorsqu’un Juif souffre, la Présence Divine (la Chekhina) dit : « Ma tête est alourdie, mon bras est alourdi ». La Guemara illustre cela par la parabole d’un roi dont le frère jumeau souffre dans l’humiliation ; voyant la ressemblance, le roi ressent la douleur comme une atteinte à sa propre personne. Pendant toute la semaine qu’a duré la prise d’otages, des Juifs étaient dans la détresse, et Dieu participait pleinement à leur souffrance.
Puisque cet événement a impliqué une telle souffrance, il exige une conclusion forte. La réaction immédiate des nations a été de contacter tous les aéroports et pays pour renforcer drastiquement les mesures de sécurité physique afin qu’un tel drame ne se reproduise plus. La leçon spirituelle est identique : de la même manière qu’on renforce la sécurité matérielle, nous devons renforcer notre sécurité spirituelle, car la protection physique dépend de la protection spirituelle.
Lorsqu’on demande à un Juif de mettre les Téfilines, de manger casher ou de respecter le Chabbat, il pourrait répondre que sa vie privée ne regarde que lui et qu’il est libre de choisir dans une démocratie. La réponse de la Torah est que « tous les Juifs sont garants les uns des autres ». Nous sommes tous ensemble sur le même navire, et la mer est agitée. Si un passager s’enferme dans sa cabine – qu’il a payée de sa poche – et commence à y percer un trou, il ne peut pas dire que cela ne concerne que lui. Son action met en danger la vie de tous les passagers du bateau. De même, la conduite privée d’un Juif, même dans sa propre chambre, est une question de sécurité nationale pour tout le peuple juif, qu’il se trouve en Terre Sainte ou à l’autre bout du monde. Un Juif ne peut pas se séparer de la Torah et des Mitsvot, tout comme un poisson ne peut pas vivre hors de l’eau.
L’Arme Ultime : La Mézouza et le Souffle des Enfants
La Mitsva de la Mézouza possède une vertu protectrice spécifique. Il est écrit que Dieu garde « ta sortie et ton arrivée dès maintenant et à jamais ». Il faut donc intensifier la campagne de la Mézouza pour que chaque maison juive en possède une casher.
De plus, pour neutraliser l’ennemi à la source (« pour réduire au silence l’ennemi et le vengeur »), il faut utiliser la force des jeunes enfants : « Par la bouche des enfants et des nourrissons, Tu as fondé une force ». L’étude de la Torah par les enfants, dont le souffle est sans péché, est l’arme ultime qui protège le monde, bien plus que la construction du Temple. Les enfants doivent devenir eux-mêmes des éducateurs, comme Rabbi Hiyya l’a enseigné.
L’Action Concrète : Résolutions pour la Rédemption
Nous devons encourager les enfants à apprendre par cœur les 12 versets et paroles de sagesse (comme « Torah tsiva lanu Moshe » et « Chema Israël »). Il faut aussi les éduquer à donner la Tsédaka. Chaque enfant devrait avoir sa propre boîte de Tsédaka (Pouchké) dans sa chambre, avec son nom écrit dessus, et y donner une pièce chaque jour de la semaine avec joie.
Avant le début de la période des « Trois Semaines », il est très approprié que chacun prenne la résolution de donner l’équivalent du coût de deux ou trois repas à la Tsédaka la veille de Roch Hodech Menahem-Av. Les enfants doivent être placés dans des camps d’été strictement casher (« Al Taharat Hakodesh »).Grâce à toutes ces actions, Dieu nous sortira de cet exil dans la joie, et transformera ces jours en jours de fête et d’allégresse très prochainement, avec la venue de notre juste Machia’h.
Il y a 45 ans aujourd’hui, alors que Tsahal lançait sa mission audacieuse pour sauver les otages en Ouganda, le Rabbi a fait quelque chose d’inhabituel en 770.
Le raid d’Entebbe, aussi connu sous le nom opération Entebbe ou opération Thunderbolt, s’est déroulé dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda. Organisé par Israël, il a pour objectif de libérer les otages d’un avion détourné par un commando composé de membres du Front populaire de libération de la Palestine et des Cellules révolutionnaires. Réussissant à libérer la quasi-intégralité des otages encore retenus, le raid est considéré comme une réussite militaire israélienne.
Le raid a été appelé opération Tonnerre par les forces militaires israéliennes l’ayant planifiée et exécutée, et a été nommé rétroactivement opération Jonathan après la mort du colonel Jonathan Netanyahou, le seul soldat israélien tué au cours du raid, frère aîné du futur Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Salué par la population israélienne, il fut en revanche ressenti comme un camouflet par l’Ouganda et son maréchal-président, Idi Amin Dada, qui voulait profiter de la prise d’otages pour regagner la confiance de la communauté internationale.
Pendant toute la durée de la crise des otages, les juifs du monde entier se sont réunis pour implorer la miséricorde du Ciel pour le sort des personnes capturées.
L’un des plus grands rassemblements a eu lieu le jeudi, 3 Tamouz, à l’appel du « Badatz – Eida Hachareidis » de Jérusalem, où des dizaines de milliers d’écoliers juifs se sont réunis pour prier pour le retour sain et sauf des otages. Ce qui était le plus surprenant, c’est que lors de ce rassemblement qui n’était pas organisé par Loubavitch, les enfants ont récité les douze Psoukim qui avaient été récemment choisies par le Rabbi. Voici la raisons :
Le Rav Avraham Barou’h Pevzner, l’un des Chlou’him envoyés par le Rabbi en Eretz Israël et aujourd’hui le Rav de Anash à Paris, raconte : « Les Chlou’him envoyés en Israël à l’époque entretenaient des relations très chaleureuses avec de nombreux Rabbanim, et en particulier avec le Rav Its’hak Weiss, le Av Beith Din de la Eida Haharidi. « Le matin du grand rassemblement, nous nous sommes rendus chez lui et l’avons rencontré dans son bureau, lui demandant d’autoriser la récitation des douze Psoukim lors du rassemblement. Nous avons expliqué que puisque le but du rassemblement était d’apporter le salut à nos ennemis, et que les enfants juifs ont le pouvoir spécial de le faire, il serait approprié de réciter ces Psoukim spécifiques sélectionnées par le Rabbi qui ont certainement un pouvoir extraordinaire à cet égard.
« Le Rav Its’hak Weiss a lu la liste de Psoukim que nous lui avions remise. Après avoir réfléchi, il nous a demandé : Ces Psoukim ont-ils des pouvoirs spéciaux pour apporter le salut ou le Rabbi les a-t-il choisies en raison de leur valeur éducative, mais pour le salut, n’importe quelle Passouk récité par les enfants pourrait faire l’affaire ? « Nous lui avons répondu que même si le Rabbi ne nous avait pas dit que ces douze Psoukim étaient particulièrement efficaces pour le salut, nous pouvions être certains qu’ils l’étaient, maintenant que le Rabbi les avait choisis. « A notre grande joie, peu de temps après, le Rav nous a informés que les douze Psoukim seraient récités avec toute la foule ! ».
Le Chabbat après-midi, les avions israéliens ont décollé pour une mission de sauvetage à Entebbe, atterrissant à la fin de Motzaei Shabbat et ramenant les otages sains et saufs lors d’une opération spectaculaire.
La nouvelle de cette histoire miraculeuse se répandit rapidement dans le monde entier. Lorsque les ‘hassidim de 770 ont entendu parler de ce qui s’était passé, certains se sont soudainement souvenus d’une chose étrange dont ils avaient été témoins ce Chabbat après-midi : au milieu de la prière de Minha, le Rabbi a soudainement pris un Tehillim et a commencé à réciter quelques Psaumes.
Des miracles à notre époque
Le Chabbat suivant, 12 Tamouz, le Rabbi a longuement parlé des miracles que la nation juive venait de vivre. Vers la fin, le Rabbi a dit qu’il s’agissait en effet d’un grand miracle, dont il parlerait plus longuement dimanche (lors du grand Farbrengen du 13 Tamouz). Le Rabbi a dit que nous devons essayer d’en tirer une leçon et de penser : pourquoi Hachem a-t-il fait une telle chose ? Pourquoi mettre l’ensemble du monde juif dans un état de peur pendant si longtemps ? Le Rabbi a conclu : Nous devons donc renforcer la prise de conscience de la Mitsva des Tefillines et de la Mézouza, dont il est dit qu’ils sont particulièrement protecteurs.
Vérifier leurs Mezouzot
Le lendemain, lors du Farbrengen du 13 Tamouz, le Rabbi a consacré la quasi-totalité des Si’hot à ce sujet, mentionnant notamment le pouvoir de la prière des enfants juifs et les encourageant à nouveau à apprendre par cœur les douze Psoukim récemment sélectionnées.
De plus, le Rabbi a demandé que les Mézouzot des maisons de tous les otages soient vérifiées pour s’assurer de leur cacherout et voir si elles doivent être réparées.
Il est à noter qu’au cours des jours suivants, les Chlouhim d’Israël ont vérifié les Mézouzot des maisons des otages et ont constaté que chacune d’entre elles présentait des lacunes. Après avoir reçu ce rapport, le Rabbi l’a mentionné lors de futurs Farbrenguen.
Récit de l’opération Antebbé
Le 27 juin 1976, le vol Air France 139, un Airbus A300-B4 immatriculé F-BVGG, venant de Tel Aviv en Israël et transportant 246 passagers (dont une majorité d’Israéliens) et douze membres d’équipage, décolle d’Athènes en Grèce, pour rejoindre Paris en France. Peu après le décollage à 12 h 30, le vol est détourné par quatre terroristes. Les preneurs d’otages, deux membres du Front populaire de Libération de la Palestine (Fayez Abdul-Rahim Jaber et Jayel Naji al-Arjam) et deux Allemands (Wilfried Böse, bras droit du terroriste Carlos, et Brigitte Kuhlmann) membres des Revolutionäre Zellen prennent le commandement de l’avion et le détournent vers Benghazi en Libye. Il reste là sept heures pour se réapprovisionner en carburant ; une femme otage (Patricia Heiman, ressortissante britannico-israélienne) fait croire à l’imminence d’une fausse couche, et est relâchée. L’avion redécolle à 21 h 40 pour se poser à 3 h 15 à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda ; Idi Amin Dada, maréchal-président et dictateur du pays, n’est averti (de manière indirecte par l’ambassadeur de France Pierre-Henri Renard) de l’arrivée de l’appareil qu’au moment où l’avion survole déjà Entebbe. L’Ouganda accepte alors de recevoir l’appareil, officiellement «pour raisons humanitaires».
À Entebbe, les quatre preneurs d’otages sont rejoints par trois autres pirates. Le commando semble dirigé par les membres du FPLP, les deux Allemands n’étant apparemment là que pour détourner l’avion, et servir ensuite de surveillants. Amin Dada, venu en personne observer la situation, dit s’être vu refuser l’accès à l’avion par le commando, mais il convainc les preneurs d’otages de quitter leur appareil pour s’installer dans un local de l’aéroport. Les otages sont alors évacués dans le hall de transit du vieux terminal de l’aéroport international d’Entebbe, escortés par les militaires ougandais. Amin Dada leur fournit vivres, eau et matériel pour s’installer correctement dans le terminal ; il affirme plus tard dans la journée à l’ambassadeur de France qu’il a tenté de neutraliser les terroristes, mais que sa manœuvre a échoué. Le commando fait alors son premier communiqué officiel : il demande la libération de 53 prisonniers pro-palestiniens, détenus pour la plupart dans les prisons israéliennes, mais également au Kenya, en France, en Suisse et en RFA.
Le 30 juin, 147 passagers, notamment des femmes, enfants et personnes âgées, sont libérés par leurs ravisseurs, qui fixent un ultimatum : leurs demandes doivent être satisfaites avant le 1er juillet, à 15 heures, sinon ils feront sauter l’avion et les otages restants. Michel Bacos, commandant de bord et l’équipage d’Air France refusent d’être libérés en même temps car leur devoir est de rester avec les passagers. Le délai semblant trop court, l’ultimatum est repoussé dès le lendemain au 4 juillet, à 11 heures ; une seconde vague de passagers est libérée : seul reste l’équipage, qui a refusé de partir sans tous les passagers, les porteurs de passeports israéliens, mais également les passagers juifs ou ayant une double nationalité, soit en tout 106 personnes.
Négociations
Le gouvernement d’Israël, refusant d’abord de discuter avec les ravisseurs, semble alors se laisser fléchir suite aux deux vagues de libération et aux pressions exercées par les familles des passagers toujours retenus en otage. Le commando nomme comme porte-parole l’ambassadeur de Somalie en Ouganda, Hasni Abdullah Farah, « doyen des ambassadeurs arabes ». Les gouvernements concernés par les revendications terroristes sont représentés par l’ambassadeur de France. Idi Amin Dada joue le rôle de médiateur lors de cette table ronde ; ses bonnes relations avec l’Organisation de libération de la Palestine et ses membres qui s’entraînent en Ouganda permet un dialogue non hostile avec les membres du FPLP. Cet avantage ne compense toutefois pas la méfiance d’Israël envers Amin Dada, qui, après avoir tissé des liens diplomatiques avec l’État hébreu à son arrivée au pouvoir, les a reniés un an après. Le 1er juillet, Israël propose une première libération de prisonniers pro-palestiniens, tout en souhaitant mettre les négociations sous l’égide des Nations unies. Les deux propositions sont refusées par le commando. Le 3 juillet, Israël affirme avoir commencé la libération des prisonniers, mais souhaite que l’aéroport où l’échange se ferait soit en territoire français ; la proposition est à nouveau refusée.
Tout en participant à ces négociations, l’État israélien prépare en secret une opération militaire destinée à libérer les otages restants. De leur côté, les terroristes peinent à se mettre d’accord sur ce que leur négociateur doit demander, ce que ce dernier ne manque pas d’évoquer lors des échanges avec les autres parties. Les ravisseurs sont toutefois résolus à tout, les Allemands du commando allant jusqu’à menacer de faire exploser l’aéroport. À l’issue de l’opération, il apparaît que les preneurs d’otages n’ont en fait pas d’explosifs, contrairement à leurs déclarations.
Opération de sauvetage
Plusieurs otages libérés ont pu être interrogés par le Mossad après avoir été récupérés ; le terminal désaffecté dans lequel sont établis les preneurs d’otages et leurs victimes est l’œuvre d’une société israélienne, qui fournit les plans à Tsahal. Durant la préparation de l’opération, une réplique partielle de l’aéroport est construite. Grâce à ces informations, l’État hébreu tente une opération qui implique un voyage de 4 000 kilomètres pour ses forces.
L’opération est déclenchée le 3 juillet, en fin d’après-midi. Quatre avions de transport Hercules C-130 de l’armée de l’air israélienne décollent de la base de Charm el-Cheikh, alors sous contrôle israélien. À bord du premier se trouvent 35 commandos du sayeret Matkal, dont leur chef, Yonatan Netanyahou, qui doivent prendre d’assaut le vieux terminal et libérer les otages. De plus, les appareils transportent aussi une centaine de parachutistes et de fantassins de la brigade Golani et quatre blindés légers BTR-40qui doivent bloquer toute réaction de l’armée ougandaise et assurer la sécurité des Hercules au sol. Volant à basse altitude, les appareils suivent la trajectoire d’un vol d’El-Al reliant Nairobi et Tel Aviv ; arrivés au lac Victoria, l’appareil transportant le commando prend de l’avance pour se poser plus discrètement.
L’appareil de Yonatan Netanyahou atterrit à 23 heures à l’aéroport d’Entebbe, sans être repéré par le contrôle aérien ougandais. Il débarque trois véhicules : deux Land Rover et une Mercedes noire, ressemblant aux voitures utilisées habituellement par les officiels ougandais.
Sur la route d’accès au terminal, deux soldats ougandais tentent d’arrêter ce convoi et les premiers coups de feu sont tirés. Les Israéliens continuent jusqu’au pied de la tour de contrôle adjacente au terminal, où ils débarquent de leurs véhicules et donnent l’assaut au terminal. C’est dans les derniers mètres avant d’entrer dans le bâtiment que le commandant de l’unité, Yonatan Netanyahou, est abattu, apparemment par un preneur d’otages tirant de l’intérieur du terminal. Les autres commandos investissent le terminal par plusieurs entrées. Dans le hall principal où se trouvent les otages, ils abattent les quatre preneurs d’otages présents et, par erreur, deux otages qui se lèvent malgré les ordres de rester couchés donnés au porte-voix. Une troisième passagère a aussi été tuée, mais par des armes des terroristes. Trois minutes après l’atterrissage du premier avion, les otages du terminal sont en sécurité. De son côté, un autre groupe de commandos attaque la salle d’attente VIP et y abat les trois derniers preneurs d’otages qui s’y trouvaient. Lors de l’investissement du reste du terminal, plusieurs soldats ougandais sont également tués par les Israéliens.
Les C-130 suivants se posent à leur tour, débarquant troupes et véhicules qui bloquent la route venant de la ville d’Entebbe et la base aérienne adjacente, où huit MiG stationnés seront mis hors de combat. Les alentours du terminal sont alors sécurisés, à l’exception de tirs sporadiques provenant de la tour de contrôle. De son côté, le nouveau terminal est sécurisé par des parachutistes — l’un d’entre eux est blessé au cou par un policier ougandais et restera paralysé. Les otages sont rassemblés et embarqués dans les avions, sans avoir pu être exactement comptés. Les trois premiers C-130 se rassemblent devant le nouveau terminal pour être ravitaillés en carburant, mais peu après ils sont prévenus que le Kenya les a autorisé à se ravitailler à Nairobi. Les forces israéliennes embarquent dans les avions, dont le dernier décolle à minuit quarante, une heure quarante après le premier atterrissage.
Au total, sept preneurs d’otages sont tués, ainsi que trois otages et un officier israélien (Jonathan Netanyahou). Quant à l’armée ougandaise, elle perd apparemment vingt hommes, même si Amin Dada en évoque « une centaine » ; de plus, plusieurs appareils de combat ougandais sont mis hors de combat. Le ministre ougandais des Affaires étrangères parle de onze avions détruits, tandis que l’ambassadeur de France précise « trois ou quatre MiG-17 sérieusement endommagés, mais non détruits ». Les appareils cités sont quatre MiG-17 et apparemment sept MiG-21(ce qui aurait représenté un quart de l’aviation ougandaise).
Une des otages n’est plus présente dans l’aéroport lors du raid, et ne peut donc être secourue. Il s’agit de Dora Bloch (en), Anglo-Israélienne de 74 ans, à l’hôpital de Kampala, admise à la suite d’un grave malaise. Elle est tuée au lendemain du raid par des soldats ougandais, sans qu’aucune nouvelle d’elle ne puisse filtrer hors de l’Ouganda avant la chute d’Amin Dada. En avril 1987, Henry Kyemba, alors ministre ougandais de la Santé, a raconté à la commission ougandaise des droits de l’homme que Dora Bloch a été traînée de force hors de l’hôpital et assassinée par deux officiers de l’armée suivant les ordres d’Amin Dada. Ses restes furent retrouvés en 1979 à la suite de la guerre entre la Tanzanie et l’Ouganda qui précipita la chute du dictateur.
Le Rav Aviezer Kantor, 45 ans, machguia’h du Beth Habad de Berlin, a été frappé au visage et couvert de crachats samedi après-midi alors qu’il rentrait de la synagogue avec son fils et un adolescent de la Yéchiva, dans le quartier de Charlottenburg. L’agresseur présumé, un homme de 31 ans, l’aurait suivi dans la rue en l’abreuvant d’insultes antisémites avant de le frapper à un carrefour. Maîtrisé par des passants puis interpellé, il fait l’objet d’une enquête de la Sûreté de l’État berlinoise, qui traite les faits comme une agression antisémite.
Une agression en plein Chabbat
Les faits se sont déroulés le Chabbat après-midi (5 Tamouz 5786, 20 juin 2026), vers 15 h 15, sur la Uhlandstraße, dans le quartier de Charlottenburg, à l’ouest de Berlin. Âgé de 48 ans, le Rav Aviezer Kantor, membre de la communauté Habad-Loubavitch de la capitale allemande et machguia’h (superviseur) du Beth Habad local, rentrait chez lui après la prière. Il était accompagné de deux enfants : son fils de 5 ans et un bahour de yéchiva de 14 ans, hébergé par la famille pour le Chabbat.
Selon le récit du Rav Kantor et les constatations de la police, tout a commencé par des cris. Un homme s’est mis à l’invectiver dans la rue, et ce qui n’était d’abord qu’une bordée d’injures verbales s’est transformé en poursuite, à mesure que le Rav et les enfants tentaient de rejoindre leur domicile.
« Le coup n’était pas très fort, mais mes lunettes sont tombées »
Le Rav Kantor a d’abord feint de ne pas entendre l’individu, espérant désamorcer la situation. Mais l’homme l’a suivi et s’est rapproché. « Je lui ai dit que j’étais avec de jeunes enfants et de me laisser tranquille », rapporte-t-il, précisant avoir répété cette demande à deux reprises.
La confrontation a dégénéré à un carrefour, où l’individu s’est avancé vers lui et l’a frappé au visage, avant de cracher en direction du Rav et des enfants. « Le coup n’était pas très fort, confie le Rav Kantor, mais mes lunettes sont tombées. » Pour ce père de famille, le plus douloureux n’est pas tant la violence subie que le fait qu’elle se soit déroulée sous les yeux de son fils et un adolescent de la Yéchiva. « Pour les enfants, ce fut un choc. Lui, cela lui était égal », déplore-t-il.
L’intervention des passants
Plusieurs personnes présentes sur les lieux, dont des passants non juifs, ont tenté d’éloigner l’agresseur. « Beaucoup de gens ont cherché à l’écarter de moi ; je leur ai demandé d’appeler la police », raconte le Rav Kantor. Selon plusieurs médias communautaires, un Israélien témoin de la scène est intervenu pour maîtriser l’individu et le retenir jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre.
La police mentionne de son côté l’intervention d’un homme de 45 ans et d’une femme de 53 ans venus en aide au Rav. Une altercation physique survenue ensuite entre le suspect et cet homme de 45 ans fait également l’objet d’investigations. Un voisin juif, témoin des faits, a prévenu la police. Le Rav Kantor a quant à lui demandé aux enfants de monter à l’appartement en attendant l’arrivée des agents.
Barouh Hachem, le Rav Kantor et les enfants sont sains et saufs, et aucune blessure n’a été signalée.
Une enquête pour acte antisémite
Dans un communiqué actualisé publié le dimanche sous l’intitulé « Agression antisémite — frappé et couvert de crachats », la police de Berlin a confirmé que l’affaire est désormais confiée à la division de la Sûreté de l’État de l’Office régional de police criminelle (Landeskriminalamt).
Le suspect, âgé de 31 ans, conteste une partie du récit : il affirme avoir lui-même été insulté, puis pris à partie par le Rav et par l’homme de 45 ans. La police indique que personne n’a eu besoin de soins médicaux sur place. D’après le Rav Kantor, l’individu paraissait en état d’ébriété et portait une bouteille d’alcool ; il dit l’avoir signalé aux policiers et avoir demandé qu’un test soit effectué. Un éthylotest a bien été réalisé sur le suspect — le résultat n’a pas été rendu public —, de même qu’une prise de sang ; l’homme a été placé en garde à vue, identifié, puis relâché. Le Rav Kantor précise avoir lui aussi été testé, avec un résultat de 0,0.
Sur fond de montée de l’antisémitisme en Allemagne
Cette agression survient dans un climat de vive inquiétude quant à la recrudescence de l’antisémitisme en Allemagne. Un rapport soutenu par les autorités, publié cette semaine, fait état de près de 8 700 actes antisémites recensés à l’échelle nationale en 2025, dont beaucoup sont liés aux tensions autour de la guerre à Gaza. Le document recense une hausse des menaces, du harcèlement et des violences visant les Juifs à travers le pays.
Parmi les faits cités figure notamment le passage à tabac et le vol dont a été victime un rabbin orthodoxe, là encore devant ses enfants, dans le Land de Hesse. Les organisations juives alertent de façon répétée sur le fait que les personnes visiblement juives — en particulier celles portant des signes religieux — deviennent de plus en plus fréquemment des cibles dans les grandes villes allemandes.
Durant quarante années, le Rav Yehouda Krinsky fut l’un des secrétaires les plus proches du Rabbi de Loubavitch, témoin privilégié de sa direction comme de sa vie quotidienne. À l’occasion du quinzième anniversaire de la Hiloula du Rabbi, il avait confié ses souvenirs à Baila Olidort, rédactrice en chef de Lubavitch News Service. Nous reproduisons aujourd’hui cet entretien pour marquer le trente-deuxième anniversaire de la Hiloula.
Lubavitch.com
Le Rav Yehouda Krinsky fut, durant quarante années, secrétaire du Rabbi de Loubavitch, le Rav Mena’hem M. Schneerson. Jeune garçon de treize ans, il quitta Boston pour New York, où il rencontra celui qui, quatre ans plus tard, allait devenir le septième Rabbi de Habad-Loubavitch. Le Rabbi sut tendre la main à ce jeune élève de Yechiva éloigné de sa famille, d’une manière qui, raconte le Rav Krinsky, le bouleversa alors et continue de le porter aujourd’hui encore.
En 1957, le Rav Krinsky fut appelé par le Rabbi à rejoindre son secrétariat, puis à exercer la fonction de secrétaire de ses trois grandes organisations centrales. Ces responsabilités allaient lui offrir un accès unique au Rabbi tout au long des quatre décennies de sa direction. À l’occasion du quinzième anniversaire de la Hiloula du Rabbi, Baila Olidort, rédactrice en chef de Lubavitch News Service, s’était entretenue avec lui. Voici la première partie de cet entretien, que nous reproduisons pour marquer le trente-deuxième anniversaire de la Hiloula.
Comment il entra au service du Rabbi
Comment êtes-vous entré au service du Rabbi ?
C’était durant l’été 1957, quelques semaines avant mon mariage. Je venais de rentrer d’une tournée estivale de Merkos Chli’hous, accomplie avec mon cher confrère, le regretté Rav Leibel Raskin. Nous avions passé plusieurs semaines à visiter certaines régions de Floride et des Antilles. Le Rav Morde’haï Hodakov, chef de cabinet du Rabbi, me fit appeler. Après avoir écouté le compte rendu de nos visites, il me demanda si je souhaitais faire partie du secrétariat du Rabbi.
Je restai abasourdi et sans voix, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais c’était une proposition que je ne pouvais refuser. La suite appartient à l’histoire.
Une direction à la fois proche et discrète
Que pouvez-vous nous dire du mode de direction du Rabbi ? Était-il directif ou laissait-il faire ?
Les deux à la fois. Il tenait à ce que chacun, et particulièrement les ‘Hassidim, devienne autonome dans son étude comme dans ses activités de diffusion. Il ne voulait pas être consulté sur chaque détail. De fait, il citait souvent cette parole du Talmud selon laquelle il est dans la nature de l’homme de désirer être béni à travers les réalisations issues de ses propres efforts ; pour cela, chacun doit faire usage de son initiative, ainsi que des talents et des capacités que D.ieu lui a donnés.
D’un autre côté, dans le souci et l’attention profonds qu’il portait à chacun et à tout ce qui se déroulait autour de lui, il s’intéressait toujours aux détails, grands ou petits, en restait informé et tenait à recevoir des comptes rendus de l’évolution des choses. Je ne pouvais pas toujours prévoir quelles questions susciteraient une implication directe de sa part et lesquelles non, mais il y avait clairement un mélange des deux.
Un homme d’une réserve constante
Vous avez eu le privilège d’observer le Rabbi de près, durant de longues années. Avez-vous souvent, si tant est que cela vous soit arrivé, perçu des changements dans son humeur ?
Le Rabbi était quelqu’un de très réservé et conservait une attitude d’une grande égalité ; il était donc presque impossible de remarquer le moindre changement dans sa disposition.
Lors des rares occasions où son comportement semblait changer, je n’en connaissais pas nécessairement la raison, à moins qu’il ne me la dise.
Il y avait des moments où je pouvais déceler de l’épuisement, mais même alors, il demeurait vif, intense, et plein de détermination dans sa manière de se mouvoir et de parler.
La question du financement
Du vivant du Rabbi, le quartier général de Habad-Loubavitch ne s’est jamais livré à des collectes de fonds classiques. Comment le financement était-il assuré durant toutes ces années ?
Les gens voulaient être les « partenaires » du Rabbi, sachant que cela serait pour eux et pour leurs familles une source de bénédictions ; ils se tournaient donc vers lui pour soutenir son œuvre en faveur de la vie juive. C’est là, en réalité, ce qui constituait le Fonds de développement Ma’hné Israël, le dernier projet de collecte que le Rabbi ait fondé.
Depuis Guimel Tamouz [la date du départ du Rabbi], nous avons dû recourir à des activités de collecte plus conventionnelles. Cela se comprend, même si cela reste déroutant, car je suis convaincu que les bénédictions que le Rabbi prodiguait de son vivant à ceux qui soutenaient la vie et l’éducation juives, ainsi que l’œuvre salvatrice de Habad-Loubavitch, se poursuivent inchangées jusqu’à ce jour.
C’est pourquoi nous sommes en train de relancer ce projet, le Fonds de développement Ma’hné Israël / Loubavitch. Du vivant du Rabbi, il y voyait un instrument capable de générer des fonds pour les programmes éducatifs et sociaux du mouvement Habad-Loubavitch à travers le monde, et j’espère qu’il redeviendra une grande source de soutien financier.
Les trajets vers le Ohel
Vous accompagniez le Rabbi au Ohel, lieu de repos du Rabbi précédent, son beau-père, souvent plusieurs fois par semaine, durant de nombreuses années. Pouvez-vous nous dire comment se déroulait le trajet, et ce qui se passait au Ohel ?
Ce qui se passait au Ohel relevait du Rabbi et du Rabbi précédent.
Durant le trajet lui-même, le Rabbi mettait ce temps à profit pour étudier, lire et répondre à son courrier ainsi qu’à ses rapports. Lorsqu’un téléphone fut installé dans la voiture, dans les années 1970, le Rabbi me demandait souvent de passer des appels afin de transmettre des messages ou des directives.
Des réponses qui déconcertaient
Y a-t-il eu des moments où les réponses du Rabbi à certaines questions vous ont surpris ?
Je ne pouvais jamais prévoir ce que le Rabbi répondrait, ni de quelle manière. Deux personnes pouvaient poser exactement la même question, et le Rabbi répondait à chacune différemment.
Il dénouait en un instant des questions qui paraissaient complexes. Sa réponse différait souvent de ce que l’on tenait pour évident. Il n’existait décidément aucune règle générale.
Bien souvent, les gens ne saisissaient et n’appréciaient pleinement la sagesse de la réponse ou de la directive du Rabbi qu’après un certain temps. Ses intuitions étaient profondes, vastes, et d’une clairvoyance stupéfiante.
Face à l’accusation de vénération excessive
On a parfois reproché à Habad ce que certains décrivent comme une vénération quasi sectaire du Rabbi. Le Rabbi a-t-il jamais répondu à de telles critiques ?
Oui, et souvent. Je me souviens que, peu avant le soixante-dixième anniversaire du Rabbi, il fut interviewé par Israel Shenker, journaliste au New York Times, qui l’interrogea précisément à ce sujet. Le Rabbi rejeta catégoriquement cette idée, affirmant qu’il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour la décourager et la dissuader.
Mettre de l’ordre avant le grand départ
Nous savons que même des figures bibliques telles que les Patriarches ou Moché ont été confrontées à leur propre mortalité. Beaucoup se demandent comment le Rabbi s’est préparé à son propre départ.
L’après-midi qui suivit les funérailles de la Rabbanit ‘Haya Mouchka, l’épouse du Rabbi, après la prière de Min’ha, le Rabbi demanda à voir les médecins qui avaient soigné la Rabbanit durant ses derniers jours, et les remercia pour les soins et le dévouement qu’ils avaient témoignés à son épouse.
Ensuite, le Rabbi me fit appeler. Il me confia que, bien que la Rabbanit et lui n’eussent jamais envisagé une telle chose, il souhaitait à présent rédiger un testament. Il m’en exposa le contenu avec une précision parfaite.
Il me demanda de contacter l’avocat à cette fin. Il indiqua que je devais en être l’exécuteur testamentaire, et que les Rabbanim Leib Groner et Binyamin Klein en seraient les témoins. Il souhaitait que tout cela soit réglé durant la semaine de Chiv’a.
Ce même après-midi, outre la question du testament, le Rabbi me demanda de faire examiner par nos avocats les documents juridiques et statutaires des trois entités centrales de Habad-Loubavitch, à savoir Agoudas ‘Hassidei Habad, Merkos L’Inyonei ‘Hinou’h et Ma’hné Israël, afin de s’assurer que tout poste vacant au sein des conseils soit pourvu et que toute autre question juridique soit résolue.
Je m’en chargeai, et lorsque tout fut achevé, le Rabbi signa les documents et valida les changements.
Pour répondre donc à votre question : oui, le Rabbi mit de l’ordre dans la maison.
Préparer l’avenir du mouvement
Qu’en est-il de ses plans pour la croissance future de Habad ? Comment nous a-t-il préparés à l’avenir ?
Il suffit de considérer ces quinze dernières années, depuis Guimel Tamouz 5754 (1994), pour constater à quel point il nous a bien préparés à l’avenir.
Lorsque le Rabbi tomba malade en 1992, nombre de ceux qui suivaient l’essor de Habad prédisaient la fin du mouvement Habad-Loubavitch. Ils se trompaient lourdement, à l’évidence. Depuis lors, Habad n’a cessé de croître de manière exponentielle, à tous les égards.
Certes, mais vous ne voulez pas dire que l’absence physique du Rabbi n’a rien changé ?
L’absence de sa présence physique est douloureuse pour le mouvement tout entier, comme pour beaucoup d’entre nous individuellement. Nous pourrions parler longuement des difficultés que cela nous impose. Elles sont réelles, elles sont douloureuses, et son départ nous laisse, bien sûr, le sentiment d’être orphelins. Mais l’essentiel est qu’il nous a donné les moyens non seulement de tenir, mais de prospérer.
Comment expliquer autrement la croissance prodigieuse de Habad à travers le monde ? L’ampleur de ce que le Rabbi a créé et inspiré, jusqu’à aujourd’hui, est manifeste pour tout observateur, et elle se perpétuera à jamais.
Le départ de la Rabbanit
Depuis le décès de la mère du Rabbi en 1964, la Rabbanit était le seul membre proche de sa famille encore en vie. Comment son départ, en 1988, a-t-il affecté le Rabbi ?
J’ai remarqué, et je crois que d’autres aussi, qu’à partir du moment où la Rabbanit nous a quittés, les choses ont commencé à changer.
Le bureau du Rabbi était habituellement rempli de livres, de lettres et de documents, au point de paraître parfois fort encombré. Il arrivait que la table du Rabbi soit si chargée qu’il travaillait sur le côté.
Cela commença à changer lorsque le Rabbi regagna son bureau au 770 (Eastern Parkway, à Brooklyn) après avoir passé l’année de deuil à son domicile. Il se mit à trier et à mettre de côté ce qui devait être retiré de son bureau. Il me demandait souvent de classer certaines choses et de transférer des objets de son bureau vers la bibliothèque et le centre d’archives.
C’est ainsi que le bureau se vida peu à peu. Avec le temps, il devint de plus en plus dépouillé.
Je dois avouer que cela fut très triste pour moi.
Vint un moment où l’un des seuls objets qui demeuraient, de façon frappante, sur sa table, étaient les quatre volumes du Sefer HaChlou’him, ces grands albums photographiques des Chlou’him, de leurs familles et de leurs activités. Ils sont toujours sur sa table aujourd’hui.
Une chambre modeste d’où il guidait le peuple juif
Après le départ de la Rabbanit, le Rabbi vécut dans son bureau, au 770. N’était-ce pas tout à fait inhabituel ?
Bien sûr. Après les douze mois de deuil de la Rabbanit, le Rabbi regagna son bureau, comme je viens de le dire, et c’est là qu’il vécut à partir de ce moment : travaillant, étudiant, répondant aux lettres et aux requêtes, et dirigeant le vaste réseau mondial d’institutions et d’activités qu’il avait créé.
La pièce mesure environ douze pieds sur quinze. Elle était, et demeure, tapissée de bibliothèques remplies de livres. Il y avait une table, une chaise et un lit. Rien de plus.
Cela me rappelait l’histoire du prophète Élisée, et de la chambre que ses hôtes lui avaient préparée. Elle contenait une table, une chaise, un lit et une lampe.
C’est d’une chambre tout aussi modeste que le Rabbi inspirait et guidait le peuple juif.
Une vision déjà réalisée de son vivant
Pensez-vous que le Rabbi a vu, de son vivant, une grande part de sa vision se réaliser ?
Absolument. Oui.
Bien qu’il ne fût jamais totalement satisfait des réalisations accomplies, il était profondément reconnaissant, bienveillant et sensible aux innombrables accomplissements dont il fut le témoin. Il vit le commencement de la renaissance de la vie juive et ouvrit la voie à sa croissance continue, telle que nous l’avons constatée au cours de ces quinze dernières années.
Sa vision était de révolutionner la vie juive partout dans le monde, et c’est ce qu’il a fait. Il a ranimé la vie juive communauté après communauté, au prix d’un immense effort spirituel et matériel. Le succès ininterrompu de Loubavitch est sans nul doute le fruit des bénédictions du Rabbi, qui continuent de se réaliser pour tous ceux qui œuvrent à concrétiser sa vision.
« Aujourd’hui, nous sommes ce lendemain »
Que vous vient-il à l’esprit aujourd’hui, alors que nous venons de marquer le quinzième anniversaire de la Hiloula du Rabbi ?
Une semaine avant que le Rabbi ne soit victime d’une attaque cérébrale, le 2 mars 1992, alors que les préparatifs de la célébration de son quatre-vingt-dixième anniversaire battaient leur plein, un journaliste s’approcha du Rabbi lors de sa distribution dominicale de « dollars ».
Il dit au Rabbi qu’il préparait un article de couverture à l’occasion de son quatre-vingt-dixième anniversaire, et lui demanda quelle était la signification de ce nombre.
Le Rabbi lui répondit que chaque lettre de l’alphabet hébraïque possède une valeur numérique.
Puis il ajouta : « En hébreu, la lettre correspondant à quatre-vingt-dix est le tsadik, qui signifie le juste. Même à quatre-vingt-dix ans, on vous rappelle que vous devez vous efforcer d’être plus juste encore. Ce qui suffisait pour hier ne suffit pas pour aujourd’hui ; et aujourd’hui, nous devons nous préparer à un lendemain meilleur. »
Brunoy : une conférence exceptionnelle sur les nouveautés en prévention cardio et neurovasculaire à la lumière des écrits du Rambam et du Rabbi
Le Centre-ville Communautaire Beth Gorsd de Brunoy organisera, le dimanche 28 juin 2026 à 19h30, une importante conférence consacrée à la médecine préventive . Cette soirée réunira des spécialistes reconnus du monde médical ainsi que les Rabbanim de la Yechiva autour d’un sujet qui concerne chacun d’entre nous : les nouvelles approches et nouveaux outils de prévention cardio-vasculaire et neurovasculaire en 2026.
Si les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans les pays développés, elles peuvent être prévenues grâce aux progrès sur la gestion des facteurs de risque et à une prise en charge précoce et personnalisée.
La conférence analysera la position des Richonim, Aharonim , la ferveur, l’implication et la modernité du Rambam et du Rabbi sur le véritable rôle de la médecine préventive .
La conférence accueillera le Pr Raphaël Coscas, chef des services de chirurgie vasculaire de l’Hôpital Ambroise-Paré et de l’Hôpital Américain de Paris , universitaire et chercheur de renom,auteur de nombreuses publications scientifiques, pour aborder prévention et prise en charge des sténoses carotidiennes, anévrismes et artériopathies périphériques.
Le Dr Sylvain Kouaho, cardiologue interventionnel de l’Hopital Claude Galien et impliqué dans le dépistage de l’ischémie myocardique, nous présentera les nouveautés en terme de prévention et traitement des pathologies coronaires.
Parmi les intervenants figurera le Dr Daniel Benayoun, médecin généraliste bien connu de la communauté Habad francophone. Durant la crise sanitaire du Covid-19, il fut l’une des voix médicales les plus écoutées et les plus respectées de la communauté. Aujourd’hui , il poursuit son implication en médecine préventive en coopération avec des experts en pathologie cardiovasculaire , en particulier en initiant un cycle de conférences sur le sujet.
Le Dr Patrick Ohana, pharmacien et juriste, reconnu dans le Val d’Yerres pour la qualité de ses conseils et sa vaste culture médicale interviendra également.Diplômé d’une équivalence de pharmacien dans la province du Québec, il y a acquis une solide formation en pharmacie clinique, discipline centrée sur l’accompagnement thérapeutique du patient et l’optimisation des traitements. Fort de cette expérience, il met aujourd’hui ses compétences au service de sa pratique quotidienne et de la prévention. Régulièrement sollicité pour ses conseils en matière d’urgence, de bon usage des médicaments et de santé publique, il est devenu au fil des années une référence appréciée aussi bien par les patients que par de nombreux professionnels de santé de la région.
Cette soirée est tout public, avec mehitsa, séances de questions des auditeurs. Elle nous fera mieux comprendre les nouveaux enjeux du contrôle des facteurs de risque cardiovasculaires,des modes de vie protecteurs, et les moyens concrets de prévention primaire et secondaire .
La conférence se déroulera au Centre Beth Gorsd, situé au 2 bis avenue du Petit Château à Brunoy, à partir de 19h30.
Le public est cordialement invité à participer à cette soirée qui promet d’allier expertise médicale, conseils pratiques et réflexion sur l’importance de la prévention dans notre quotidien.
Trente-deux ans après le 3 Tamouz 5754 (1994), l’intérêt suscité par le Rabbi de Loubavitch ne cesse de croître. Ceux qui ont vécu à ses côtés revisitent sans relâche leurs souvenirs comme on explore un trésor, tandis que ceux qui ne l’ont jamais rencontré demeurent saisis par une curiosité légitime. Qu’avait donc le Rabbi de si singulier pour s’imposer comme le guide juif par excellence de notre génération ?
Lubavitch.com
Le Rav Yehouda Krinsky a servi le Rabbi de Loubavitch en qualité de secrétaire pendant plus de quarante ans. Il préside aujourd’hui les institutions éducatives et sociales du mouvement Habad-Loubavitch.
Avec le temps qui passe — et voilà déjà trente-deux ans qu’il nous a quittés, le 3 Tamouz 5754 (1994) —, l’intérêt porté au Rabbi de Loubavitch, le Rav Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, ne fait que grandir. Ceux d’entre nous qui ont eu le privilège de vivre en sa présence se remémorent et rejouent sans fin ces moments, véritables trésors dont nous extrayons toujours davantage de lumière. Quant à ceux qui ne l’ont jamais rencontré, leur curiosité, bien compréhensible, est immense.
Qu’avait donc le Rabbi de particulier, me demande-t-on souvent, qui le distinguait à ce point comme le guide juif par excellence de notre génération ?
Aux côtés du Rabbi, jour après jour
J’ai eu l’insigne bonheur de travailler aux côtés du Rabbi chaque jour, pendant plus de quarante ans. Deux fois par semaine, et ce durant toute la nuit, pendant près de trente années, le Rabbi recevait des visiteurs en ye’hidout — ces audiences privées.
Ceux qui venaient le consulter accouraient de toutes les régions du monde et de tous les milieux : Juifs et non-Juifs, hommes et femmes, adultes et enfants, professionnels, universitaires, ouvriers, artistes, militants et responsables politiques de toutes sensibilités. Les dilemmes, les interrogations et les tourments qu’ils déposaient devant le Rabbi embrassaient l’ensemble des préoccupations de l’existence.
Si la durée de ces entrevues variait de quelques minutes à plusieurs heures, chaque visiteur en ressortait avec le sentiment que, pendant le temps passé auprès du Rabbi, plus rien d’autre n’existait au monde.
L’art de se revêtir de l’âme d’autrui
La tradition hassidique enseigne qu’un Rabbi doit « se revêtir » de la psyché de celui qui vient chercher sa guidance, se transformant pour ainsi dire d’un solliciteur à l’autre. Ceux qui rencontraient le Rabbi étaient frappés par son attention d’une acuité absolue et par cette faculté extraordinaire de se relier à eux si profondément en l’espace de quelques instants. Parfaitement accordé à chaque personne qu’il rencontrait, le Rabbi « se revêtait » à nouveau entre chaque visiteur, des milliers de fois au cours d’une seule matinée de dimanche.
Les dimanches du dollar
L’époque des audiences privées finit par céder la place à ces fameuses files d’attente du dimanche matin. Debout sans interruption durant cinq ou six heures, le Rabbi accueillait des milliers de personnes — une à une — hommes, femmes et enfants de tous horizons et de toutes les contrées du monde. À chacun, le Rabbi répondait, prodiguait sa bénédiction et remettait un billet d’un dollar flambant neuf, destiné à être donné à la Tsedaka de son choix. Ces rencontres étaient le plus souvent fugaces, mais elles avaient le pouvoir d’élever chacun, gravant dans le cœur de tout visiteur un instant d’inspiration appelé à transformer sa vie.
Personne n’était insignifiant
À travers le volume prodigieux de lettres, de visiteurs et de rencontres qui occupaient le Rabbi chaque jour, j’ai appris que nul n’était sans importance — il consacrait autant de temps à répondre à l’enfant de huit ans qu’au Premier ministre — et qu’aucune question, privée ou communautaire, n’était jugée insignifiante.
Un homme de l’esprit
Lorsque Moché apprit que son heure était venue, son souci immédiat fut l’avenir de son peuple. Il pria pour que « D.ieu qui connaît l’esprit de toute chair » désigne un successeur capable d’entrer en relation avec chaque individu à un niveau personnel (Nombres 27, 16). En réponse, D.ieu enjoignit à Moché de nommer Yehochoua, car il était « un homme d’esprit ». Rachi interprète ce « homme d’esprit » comme « un homme capable de s’accorder à la personnalité de chaque individu » (Nombres 27, 17).
Un véritable guide de son peuple doit donc posséder la capacité d’apprécier ces différences et de se relier à chacun en conséquence.