À l’occasion du 80ème anniversaire du départ de ce monde du Mekoubal Rabbi Levi Its’hak Schneerson, de mémoire bénie, père du Rabbi de Loubavitch, nous vous présentons un magazine spécial, dédié à sa mémoire. Ce magazine, édité par les institutions ‘Habad Kazakhstan installées près de sa saint tombe à Alma Ata, offre aux lecteurs une collection fascinante d’histoires, d’articles et d’interviews sur la personnalité extraordinaire de Rabbi Levi Its’hak, qui a consacré sa vie à la diffusion du judaïsme.
Parmi les articles marquants du magazine, vous trouverez une interview exclusive de Ran Ichay, qui a été ambassadeur d’Israël au Kazakhstan. Ran partage des histoires sur l’impact du Rabbi sur la vie de nombreuses personnes et présente les activités des émissaires du Rabbi au Kazakhstan, telles qu’elles ont été vécues par un diplomate israëlien.
En outre, le magazine raconte la manière miraculeuse dont les écrits sacrés de Rabbi Levi Its’hak ont été rapatriés par son épouse la Rabbanit ‘Hanna et la manière dont elle a échappé à une mort certaine en fuyant l’Union soviétique vers les États-Unis.
Le magazine inclut également une interview exclusive du Rav ‘Haim Chaul Brook qui a publié le journal de la Rabbanit ‘Hanna et les écrits de Rabbi Levi Its’hak ainsi que des des histoires miraculeuses qui sont arrivées à ceux qui ont contribué à la campagne de levée de fonds de ‘Haf Av et se sont recueillis sur la sainte tombe à Alma Ata.
À trente ans, la force ! L’émissaire du Rabbi et grand rabbin du Kazakhstan partage ses souvenirs et débuts de cette aventure fascinante qu’il a commencé à vivre il y a trente ans lorsqu’il est arrivé dans un désert spirituel.
À l’occasion du 80ème anniversaire du départ de ce monde, nous appelons tous les membres de la communauté à participer à la levée de fonds annuelle des institutions ‘Habad au Kazakhstan et à perpétuer le grand héritage de Rabbi Levi Its’hak.
Le Rabbi a promis “vous recevrez jusqu’à 500 fois ce que vous avez donné !” à quiconque contribua à cette campagne, offrant ainsi une merveilleuse opportunité de bénédictions pour votre foyer.
Le magazine sera distribué à des dizaines de milliers d’exemplaires à Crown Heights, en Israël et au Kazakhstan, et est disponible en hébreu, en anglais et en russe. Il sera distribué dans les synagogues et communautés ‘Habad du monde entier.
Feuilletez et partagez ce magazine spécial à l’occasion de la Hiloula de ‘Haf Av, une journée propice aux bénédictions et aux miracles. À 80 ans, le courage, célébrons-les avec force et unité !
Pour faire un don et recevoir des bénédictions : 20av.kz
« La création de Tomchei Tmimim valait la peine rien que pour Na’houmke » – c’est ainsi que s’exprimait Rav Itche der Matmid au sujet de Na’houm Goldschmid, un grand érudit en Hassidout qui enseignait la hassidout aux masses, lors de cours, de Farbrenguen et à la radio. Voici l’histoire de ce hassid qui eut le mérite d’être l’un des plus proches de Rav Levi Its’hak, le père du Rabbi, de donner des cours de hassidout d’une ampleur inédite, d’être mashpia à Tomchei Tmimim et de diriger Beit Yaakov, tout en restant un Tamim modeste, simple et humble.
Éléments biographiques
Rabbi Na’houm Goldschmid est né le 8 Nissan 5665 (1905) à Yekaterinoslav. Son père, Rabbi Its’hak, était le shochet de la ville.
Sa famille était très liée au Rav de la ville – Rabbi Levi Its’hak Schneerson, le père du Rabbi. Dans son enfance, Rav Na’houm eut le mérite d’étudier avec le Rabbi et son frère auprès du même melamed hassidique au ‘heder. Le lien avec Rav Israël Aryeh Leib se poursuivit des années plus tard, lorsqu’il lui rendait visite à son lieu de travail à la bibliothèque municipale de Tel Aviv, où ils s’immergeaient dans des discussions qui pouvaient durer des heures, Rav Israël Aryeh Leib lui expliquant des concepts profonds de Hassidout.
En 1923, il partit étudier auprès du Rabbi précédent à Rostov. À la yeshiva, il reçut une autorisation spéciale du Rabbi précédent pour répéter des Maamarim de hassidout adaptés au niveau des auditeurs. Rav Itche der Masmid déclara que toute la création de Tomchei Tmimim « valait la peine rien que pour Na’houmke Goldschmid ». Lorsque le Rabbi quitta Rostov, il alla étudier à Kharkov et à Nevel. Quand il apprit que le GPU était à ses trousses, il s’enfuit de la ville et se rendit à Vitebsk, où il fut nommé mashpia pour la classe des plus jeunes.
En 1935, il monta en Terre Sainte et s’installa à Tel Aviv. Là aussi, il poursuivit ses grands efforts pour diffuser l’enseignement du Hassidout. En 1938, il épousa Mme Chaya Dvora, fille du riche hassid Rav Yechiel Zvi Gourary. Le mariage eut lieu en Pologne et est célèbre car le Rabbi précédent arriva de façon inattendue à l’un des repas de Cheva brachot, et prononça même un Maamar sur place – commençant par « Asher Bara Sasson VeSimcha ». C’est la seule fois où nous avons eu le mérite d’avoir un Maamar de mariage de l’un de nos Rebbeim qui ne soit pas lors d’un mariage de la maison du Rabbi.
Rav Na’houm dirigea pendant vingt ans avec son épouse des institutions éducatives « Beit Yaakov » ainsi que des institutions pour les orphelines rescapées de la Shoah. « Un directeur qui reste assis pendant toutes les heures d’étude au séminaire, avec des livres saints devant lui qu’il étudie et médite avec concentration, avidité et profondeur », c’est ainsi que le décrivait l’une des enseignantes du séminaire. De par ses fonctions, il rencontrait de nombreuses personnalités de la communauté haredi, occasions qu’il mettait à profit pour leur faire connaître l’enseignement du Hassidout, ses coutumes et ses voies.
En plus de sa grande sagacité et de ses bonnes midot qui se manifestaient dans sa gestion des institutions susmentionnées, Rav Na’houm officiait comme mashpia et orateur réputé en Hassidout. Il était connu pour son extraordinaire talent d’explication, un large public d’anash et d’autres buvant ses paroles avec avidité. Il était le mashpia de la yeshiva de Tel Aviv, de sorte que les tmimim de la ville entendaient aussi de lui des cours sur les « hemshechim » du Rabbi Rashab, où il simplifiait les concepts complexes qu’ils contiennent.
Il eut le mérite d’être membre du comité d’Agoudat Hassidei Habad, du comité Ezrat Ahim et d’autres institutions et organisations qui œuvraient en mission de nos Rebbeim en Terre Sainte.
Malgré la grave maladie cardiaque qui l’avait frappé, il agissait avec abnégation pour diffuser la Hassidout, et lutta également dans ses dernières années contre le décret du « Qui est juif ». Il décéda le 13 Chevat 5736 (1976).
En compagnie du père du Rabbi
En raison de la guerre qui éclata durant son adolescence, Rav Na’houm resta à Yekaterinoslav, où il étudia à la yeshiva locale. Il profitait de son temps libre pour s’attacher au rabbin de la ville, le Gaon Rav Levi Its’hak Schneerson. Le Gaon lui rendait son amour et sa proximité, et répondait à toutes ses questions en niglé et en hassidout.
Plus encore – lorsque Rav Levi Its’hak se rendait à des événements publics et voulait prendre quelqu’un pour l’accompagner, il rencontrait un problème. Son fils aîné était trop plongé dans son étude et il ne voulait pas l’interrompre, tandis que son fils cadet était trop jeune. C’est ainsi que Rav Na’houm Goldschmid eut le mérite d’être l’accompagnateur du grand rabbin à de nombreuses reprises, ce qui renforça leur lien.
À l’âge de 15 ans, il accompagna une fois le Rav chez lui en portant son sac de tallit et tefilin. Soudain, Rav Levi Its’hak se tourna vers lui : « Na’houm, que penses-tu – le gouvernement m’a contacté et m’a demandé de signer une déclaration selon laquelle il y a suffisamment de matsa shmoura mehudar pour tous les habitants de la ville qui le souhaitent. Puis-je signer une telle chose ? C’est loin d’être la vérité ! »
Le jeune homme réfléchit et répondit : « Qui suis-je, Rabbi, pour trancher une question si complexe, alors que je ne suis qu’un jeune qui n’a pas atteint l’âge de l’enseignement. Mais si le Rav me demande mon avis – je pense que la réponse doit être négative. » Avec un sourire sur le visage, Rav Levi Its’hak approuva : « Oui, Na’houmke, je pense aussi qu’il est interdit de signer, et je ne signerai pas ! »
Une main sur l’épaule
Alors qu’il étudiait à la synagogue de Vitebsk, Rav Na’houm sentit soudain une main posée sur son épaule. Au premier instant, il eut peur, pensant qu’il s’agissait d’un agent de police, mais lorsqu’il se retourna, il vit que Rav Levi Its’hak se tenait derrière lui et examinait le livre qu’il étudiait. Il était de bonne humeur, comme à Yekaterinoslav. Lorsque Rav Na’houm s’étonna de sa présence ici, il répondit : « Je devais venir ici, à Vitebsk, pour des affaires communautaires, et j’ai appris que tu étais assis à étudier dans la synagogue. Je me suis dit que je viendrais voir comment tu allais, et certainement tes parents apprécieront aussi les nouvelles que je leur transmettrai de toi… »
Un hassid qui travaille
À son arrivée en Israël, il dormit la première nuit à Tel Aviv chez son maître et rabbi – Rav Zalman Moshe HaIts’haki. Mais dès le lendemain, il partit chercher une petite chambre à louer et un travail pour la financeRav Il n’était pas difficile, et trouva donc une petite chambre bon marché et un travail dur et épuisant dans la construction. Plus d’une fois, en marchant dans Tel Aviv les années suivantes, il montrait fièrement un bâtiment ou une route : « J’ai construit ça, j’ai pavé ça ». Malgré le travail dur et épuisant, quand il rentrait le soir, il allait directement à la synagogue Habad de Montefiore et étudiait le Tanya avec plusieurs jeunes adultes qui attendaient le cours. Il donnait un autre cours à cette époque chez Rav Shmuel Zalmanov, auquel participaient principalement les tmimim et anash.
Pendant une certaine période, il travailla en partenariat avec Rav Folle Cohen, vendant des vêtements d’occasion. Un jour, en triant les vêtements, ils trouvèrent deux livres dans la poche d’un pantalon – une somme équivalente à leur salaire à tous deux pour un mois. Immédiatement, les deux quittèrent le « business » et s’installèrent à la synagogue pour étudier. Pendant un mois, ils ne travaillèrent pas, s’asseyant simplement pour étudier du matin au soir..
Petits-enfants du Rabbi
Après la naissance de son fils Morde’hai, sa belle-mère montra la photo de l’enfant au Rabbi précédent. Le Rabbi regarda la photo et remarqua en souriant : « De même qu’il est ton petit-fils dans le physique, il est mon petit-fils dans le spirituel ».
La grandeur d’un Tamim
En 1941, le Rabbi précédent encouragea l’organisation de cours de Hassidout dans les localités juives. Rav Na’houm s’y attela immédiatement et voyageait 4 fois par semaine dans les localités environnantes – Petah Tikva, Rishon LeZion, Bat Yam et autres. Le bus dans lequel il voyageait pour donner les cours passait par des villages arabes et les jeunes leur jetaient des pierres, mais il ne reculait jamais. Rav Na’houm était un merveilleux explicateur et beaucoup venaient et participaient à ses cours.
Rav Israël Zvi Haber raconte : « À cette époque, je vivais avec ma famille à Petah Tikva et m’efforçais de ne manquer aucun cours de Rav Na’houm. Le soir où Rav Na’houm venait donner le cours, la synagogue était pleine à craquer, plus remplie que pour les prières du Chabbat. Lors d’un des cours, il me sembla que l’interprétation correcte était différente du pshat du Tanya qu’il présentait pendant le cours. Après le cours, je m’approchai de lui avec hésitation et lui fis part de ma pensée.
Tout le temps où j’exposai mes propos, Rav Na’houm se tint patiemment et écouta calmement et attentivement. Quand j’eus terminé, il réfléchit un instant puis dit : « Il est possible que tu aies raison, il faut y réfléchir ». Sa réponse me surprit. Un jeune homme se tient devant le lion du groupe, et il admet simplement que j’ai peut-être raison ! J’ai appris de là ce qu’est la grandeur d’un tamim.
Cinq cours le Chabbat
Son dévouement à la diffusion des sources était légendaire. Outre les quatre soirs par semaine où il se rendait dans les colonies – et à cette époque, un voyage en bus de Tel Aviv à Petah Tikva par exemple n’était pas une affaire d’une demi-heure mais beaucoup plus – Rav Na’houm donnait chaque Chabbat cinq (!) cours de Hassidout dans différentes synagogues à travers Tel Aviv.
Le 19 Kislev était sa fête. Il venait répéter le daat dans plusieurs Farbrenguen dans les grandes villes du centre du pays, des Maamarim qui étaient écoutés avec grande attention. Dans le bulletin Habad des premières années, il est toujours mentionné que sa répétition du daat était au centre de la célébration. Les Maamarim qu’il répétait étaient attentivement écoutés même par des personnes du sommet de l’État, comme le Président M. Zalman Shazar et d’autres députés et ministres qui venaient au Farbrenguen central à Kfar Habad.
Cours de Tanya à la radio
Lors du grand éveil organisé par le Rabbi en 1960, année du bicentenaire de la disparition du Baal Shem Tov, Rav Yona Eidelkop décida de s’adresser à la plus grande publicité – il s’adressa à l’Autorité de radiodiffusion et demanda une heure d’émission pour un cours de Tanya. Personne ne croyait qu’il obtiendrait quoi que ce soit, mais finalement il obtint un quart d’heure une fois toutes les deux semaines. Il fut décidé que Rav Na’houm Goldschmid donnerait le cours.
Pendant environ cinq à dix heures, Rav Na’houm s’asseyait et préparait les dix minutes dont il parlerait à la radio. Et en effet, les résultats de l’investissement se firent rapidement sentir. Les bureaux de Tzach à Kfar Habad commencèrent à recevoir des lettres demandant s’il était possible d’obtenir les transcriptions des cours. L’Autorité de radiodiffusion, constatant la forte demande pour les cours, ajouta du temps, et le cours devint hebdomadaire.
Lorsque Rav Na’houm fut en yechidout chez le Rabbi en 1968, le Rabbi lui ordonna d’imprimer ses cours. Rav Na’houm n’eut pas le mérite de le faire de son vivant, et après sa mort, le Rabbi ordonna à son gendre Rav Shalom Ber Lipschitz que le fils de Rav Na’houm, Rav Mordechai Goldschmid, publie le livre. Le livre « Biourei HaRaNaG sur le Tanya » devint l’une des pierres angulaires de l’explication du Hassidout à cette époque.
Toujours un Tamim
Bien qu’il ait donné des cours de Hassidout à la radio pendant des années, lorsqu’on lui demanda d’être interviewé à la télévision israélienne (qui en était alors à ses débuts), il refusa, justifiant sa décision par le fait que : « Je suis quand même un tamim », comme pour dire « à tout compromis il y a une limite »…
Attaché et attachant
Bien que Rav Na’houm Goldschmid fût un immense génie en Hassidout qui aimait et savait approfondir des sujets profonds [en 1941, le Rabbi précédent lui écrit que bien que l’étude principale soit l’étude approfondie avec les élèves plus âgés, il ne faut pas oublier non plus l’étude simple avec les baaléi batim…], il eut le mérite d’enseigner la Hassidout aux femmes et aux filles, et ce sur instruction du Rabbi, après que Rav Leibel Zalmanov lui ait demandé de prendre en charge une partie des heures d’enseignement du Hassidout à Beth Rivka. Il le fit avec simplicité et abnégation, et considéra comme une mission sacrée d’enseigner la Hassidout aux filles d’Israël bien qu’avec elles il n’était pas possible d’approfondir les concepts du Hemshech 5672. Avant de commencer à enseigner le Tanya aux élèves, il prit soin d’enseigner d’abord un « chapitre sur l’attachement », et pour cela il veilla à enseigner d’abord aux élèves l’ordre des Rebbeim et leur histoire.
Des heures sur le banc du boulevard Rothschild
Il était plongé dans la Hassidout de manière incroyable. Un jour d’été, on le vit assis sur un banc du boulevard Rothschild à Tel Aviv, un bras étendu sur le dossier du banc, l’autre main tenant sa tête et tout entier plongé dans ses pensées. Autour de lui, les moteurs vrombissaient, les klaxons retentissaient, des mères couraient après des enfants turbulents et des chiens aboyaient – mais lui restait imperturbable. Il resta ainsi assis sur le banc pendant plusieurs heures. Un des hassidim raconta qu’il passa à côté de lui et fut offensé qu’il ne le salue pas, et ce n’est qu’en s’approchant vraiment qu’il vit qu’il était plongé dans quelque chose de sublime et ne remarquait pas du tout son environnement proche…
Une amitié joyeuse
Rav Na’houm était connu pour sa joie de vivre et son sens de l’humour particulier, ainsi que pour son talent musical spécial, et plusieurs des nigounim du Sefer HaNigounim ont été enregistrés de sa bouche. Il n’est donc pas étonnant que son ami proche et intime fût Rav Pinie Althaus, et ceux qui connaissaient Rav Pinie peuvent comprendre que « qui se ressemble s’assemble ».
Pendant la guerre d’Indépendance, des obus tombaient sur Tel Aviv. Lors d’un des bombardements, tout le monde chercha un abri sous les tables, les bancs, etc. Et voilà que Pinie et Na’houm se couchèrent sous un banc (Rav Na’houm vivait alors à Tel Aviv) et « oublièrent » d’en sortir… Que s’était-il passé ? Tout en étant couchés sous le banc, ils « rivalisaient » à qui ferait le mieux un « morceau de hazanout » de la « prière de la rosée »…
Il est décédé en 1976 et est enterré au Mont des Oliviers.
Témoignage de Mme Yehudit K., enseignante de Beit Yaakov de Tel Aviv sous la direction du Rav Na’houm Goldshmid
« Avez-vous déjà vu un directeur de séminaire assis à son bureau sans stylo, sans ‘paperasse’, sans documents froids et secs ? Oui, nous avons vu cela. Un directeur qui s’asseyait pendant toutes les heures d’étude du séminaire, avec des livres saints devant lui, qu’il étudiait et méditait, avec concentration, avidité et profondeur ».
« Le respect que nous lui portions était différent de tout autre respect habituel entre une équipe et un directeur, entre des élèves et celui qui les dirige. Nous n’osions pas le déranger pour des bagatelles, car il était toujours plongé dans ses pensées. Nous le percevions concrètement. Et voilà la merveille : les problèmes trouvaient leur solution. Les réponses à nos questions étaient données, parfois même sans qu’elles aient été posées. Elles venaient de son regard pur ».
« Et parfois, quand les questions étaient posées, qui nous semblaient tumultueuses et troublantes, un seul sourire, sage et chaleureux, apaisait toutes les tempêtes. Et tout rentrait dans l’ordre. Cela semble idyllique au lecteur ? C’est en effet le cas. Toute personne qui a eu le mérite d’étudier à cette époque au séminaire Beit Yaakov de Tel Aviv ou d’y passer témoignera que c’était vraiment idyllique ».
« Avec quelle sagesse il savait complimenter une enseignante pour la renforcer ! À cette époque, il n’y avait pas encore de salle des professeurs. Nous nous rassemblions tous dans le bureau du directeur. À la fin de chaque cours, les enseignants sortaient des classes et entraient dans le bureau du directeur pour se reposer un peu, se restaurer, etc. Et voilà qu’une fois, à la fin d’un cours, une des enseignantes est entrée dans le bureau du directeur, il est sorti dans le long couloir et après quelques minutes est revenu en s’expliquant : ‘Je suis allé vérifier pourquoi c’était si calme dans la classe, si un autre enseignant y était entré ?’
« Non, le silence était impressionnant et cela avait attiré son attention. ‘Quelle chance nous avons’, dit-il, ‘les chères élèves ne veulent pas se détacher de l’expérience profonde du cours de judaïsme… Elles sont encore rivées à leurs chaises. »
« Oui, c’était un directeur qui sortait à la suite du silence et non à la suite du tumulte ».
« Il ne cherchait pas les erreurs, il recherchait précisément les ‘belles choses’ et les soulignait avec grâce, sagesse et noblesse. On ne peut décrire quelle atmosphère élevée il créait autour de lui en conséquence ».
« Être en sa présence était une leçon édifiante. Une conversation avec lui était une expérience intellectuelle à ne pas manquer. Chacune de ses phrases exprimait une idée profonde et chaque mot était une perle. Nous nous sentions tous petits face à sa stature ».
« Et pourtant, il y avait un sentiment de détente. Car l’homme était humble, modeste à ses propres yeux, respectueux envers tous, enseignants, enseignantes, élèves, tous ses échanges avec nous étaient sur un ton d’humilité, avec une nuance d’interrogation, jamais sur un ton d’ordre ou de commandement ».
« Le secret de la réussite en éducation est l’exemple personnel. Le Rav Nahoum Goldschmid incarnait dans sa personnalité la figure de l’éducateur, beau dans son enseignement et beau dans sa pratique. Par la douceur de sa conduite, il constituait un exemple personnel de l’application de tout ce qui est écrit dans les livres de hassidisme sur lesquels il basait toute sa philosophie éducative, et en étant un exemple personnel de tout cela, il représentait la figure éducative influente et efficace plus que tout… »
« Nous sommes reconnaissants au Créateur du monde de nous avoir donné le mérite de nous imprégner de la sagesse de cet homme et d’absorber le parfum de ses qualités spirituelles ».
« Puissions-nous mériter de transmettre ces précieux trésors aux générations futures… »
Plus de 700 éducateurs et enseignants de tout le pays participent à la conférence annuelle des éducateurs de l’organisation de jeunesse Habad en Israël, qui s’est ouverte ce matin à l’hôtel « Nir Etzion ».
Plus de 700 éducateurs et enseignants de tout le pays participent à la conférence annuelle des éducateurs de l’organisation de jeunesse Habad en Israël, qui s’est ouverte ce matin à l’hôtel « Nir Etzion ». La conférence durera trois jours, avec les meilleurs conférenciers de l’Institut pour enseignants. Le premier jour, les éducateurs se sont répartis en ateliers fascinants animés par d’éminents conférenciers experts :
Voir au-delà : Réussite et dépassement contre toute attente – Une conférence inspirante de M. Eitan Israeli, qui a ému les éducateurs avec son histoire personnelle – d’un enfant voyant à un adolescent aveugle.
« Le salut vient des nombreux conseillers » : Les éducateurs se sont assis autour de tables rondes par classes, accompagnés d’animateurs de groupe, sur le thème « Quel est votre problème en classe ? ».
« J’ai une question » : Après une courte pause rafraîchissante et la prière de l’après-midi, les éducateurs se sont rassemblés dans la salle principale pour une table ronde unique et fascinante, avec des réponses aux questions du public, avec trois postes de direction dans l’éducation ; directeur, inspecteur et conseiller. Directeur – le Rav Barak Kochavi, directeur du Talmud Torah Habad de Lod, Inspecteur – le Rav Shachar Shaer, inspecteur du ministère de l’Éducation, Conseiller – le Rav Menachem Sternhell, doyen de l’école rabbinique hassidique et conseiller pédagogique.
Dans notre classe, tout le monde réussit : Projet d’excellence individuelle – Élaboration de programmes d’intervention personnels qui donnent des résultats concrets avec le Rav Yonatan Ish Beit – l’enseignant Yonatan, éducateur, accompagnateur d’enseignants et conférencier dans des programmes de formation.
Ensuite, ils ont prié la prière du soir et un dîner élaboré et gâtant a été servi, selon la meilleure tradition.
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Les grands penseurs de la Torah sont capables de développer de nouvelles et fraîches perspectives sur les histoires classiques de la Torah qui ouvrent de nouvelles voies de pensée légitime de la Torah. La compréhension révolutionnaire de l’histoire de Miriam Bat Bilgah par le Rabbi de Loubavitch (Souccah 56b ; l’histoire finale de Mase’het Souccah) est un fantastique exemple de renversement de la compréhension conventionnelle d’une histoire classique. Le résultat est une magnifique base pour l’approche spéciale hassidique visant à atteindre et à aimer chaque Juif, peu importe à quel point il ou elle s’est éloigné(e) d’une vie de Torah.
par le Rav Haïm Jachter
Miriam Bat Bilga
La Guemara dans Mase’het Souccah (56b) cite le Baraita suivant :
Les rabbins ont enseigné : il est arrivé une fois à Miriam Bat Bilgah (qui venait d’une famille de Kohanim, déjà mentionnée dans Divrei Hayamim I 24:14 ; Bilga était le 15ème des 24 Mishmarot énumérés) qu’elle a abandonné sa religion et est allée épouser un officier grec. Lorsque les Grecs (par la suite) ont pénétré dans le Beth Hamikdach, elle a donné un coup de pied avec sa sandale contre l’autel (Mizbei’ach) et a dit :לוֹקוּס לוֹקוּס! עַד מָתַי אַתָּה מְכַלֶּה מָמוֹנָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל וְאִי אַתָּה עוֹמֵד עֲלֵיהֶם בִּשְׁעַת הַדְּחָק « Loup, loup [lokous], jusqu’à quand vas-tu dévorer les biens du peuple juif, et tu ne te tiens pas à leurs côtés lorsqu’ils font face à des difficultés? »
Lorsque le Beth Hamikdach a finalement été restauré et que les Kohanim ont repris leur Avodah (service sacré), la famille de Bilgah a été pénalisée pour l’acte de manque de respect de Miriam envers l’autel.
Normalement, chaque famille de Cohen servait dans le Saint Temple pendant une semaine (une fois toutes les 24 semaines). À la fin de la semaine, les familles entrantes et sortantes partageaient le Le’hem HaPanim (pain de présentation ; voir Vayikra 24:5-9) entre elles. Habituellement, la famille entrante le divisait dans le nord de la cour du Temple, tandis que la famille sortante le faisait dans le sud. La famille Bilgah devait toujours diviser leur part du Le’hem HaPanim du côté sud.
De plus, chaque famille avait son propre anneau fixé au sol, dans lequel la tête de l’animal était enfermée pour le maintenir pendant l’abattage. Chaque famille avait aussi sa propre niche pour stocker les couteaux. L’anneau et la niche de la famille Bilgah étaient toujours fermés, les obligeant à emprunter ces objets nécessaires aux autres familles sacerdotales ; à cause de cela, ils ont subi une grande humiliation.
La Guemara présente une autre opinion sur la raison pour laquelle sa famille a été dégradée : à cause de leur approche apathique de leur rotation. Quand c’était leur tour de servir dans le Beth Hamikdach, la famille arrivait en retard (ou peut-être, comme le suggère Rachash, tous ne venaient pas) et la famille suivante était forcée de travailler un double quart pour compenser leur absence.
Selon la seconde opinion, la justice est rendue. Si la famille ne prend pas le service du Beth Hamikdach au sérieux, alors ils ne sont pas autorisés à servir avec honneur. La Guemara, cependant, se demande pourquoi selon la première opinion toute la famille est punie pour le mauvais comportement d’un seul individu. Elle répond avec un enseignement au nom d’Abaye, qui a dit que les paroles d’un enfant sont invariablement des opinions répétées de ce qu’il ou elle a entendu à la maison. Même ainsi, demande la Guemara, toute la famille doit-elle être punie à cause des parents de Miriam ? Abaye est à nouveau cité, cette fois-ci enseignant, אוֹי לָרָשָׁע אוֹי לִשְׁכֵינוֹ, « Oy LeRacha, Oy Lich’heno, » « Malheur à un Racha (une personne maléfique) ; malheur à son voisin. » La Guemara conclut en citant Abaye qui enseigne, טוֹב לַצַּדִּיק טוֹב לִשְׁכֵינוֹ « Tov LaTsaddik, Tov Lich’heno, » « Bonne fortune à un Tsaddik (une personne juste), et à son voisin aussi. »
La phrase concluante de la Guemara טוֹב לַצַּדִּיק טוֹב לִשְׁכֵינוֹ « Tov LaTsaddik, Tov Lich’heno » semble aléatoire et hors de propos. Elle semble être sans rapport avec l’histoire de Miriam Bat Bilgah. L’explication classique de la Guemara est l’approche de Maharsha, selon laquelle cette phrase n’a effectivement aucun rapport avec l’histoire de Miriam Bat Bilgah. Elle est simplement ajoutée pour terminer la Mase’het Souccah sur une note positive. Le Rabbi de Loubavitch, cependant, le 6 Tichri, 5735 (22 septembre 1974), a expliqué comment cette phrase est en réalité très liée à l’histoire de Miriam Bat Bilgah.
Rambam – Chaque Juif veut fondamentalement observer la Torah
Pour comprendre l’approche incroyable du Rabbi de Loubavitch, nous devons revoir une explication classique du Rambam (Mishneh Torah Hilchot Geirushin 2:20) sur pourquoi le Beth Din dans certaines circonstances est autorisé à contraindre un homme à donner un Get (2) à sa femme, malgré l’exigence de la Torah qu’un homme donne un Get uniquement de son propre gré et librement. Le Rambam écrit que lorsqu’une personne est forcée par le Beth Din à donner un Get, on considère qu’il accepte de le donner de son propre gré parce qu’il s’agit d’une Mitsva pour lui de divorcer de sa femme dans un tel cas, et chaque Juif désire fondamentalement accomplir les Mitsvot d’Hachem.
Son refus de divorcer dans une telle circonstance est simplement la décision de son Yeitser Hara (mauvais penchant) et non sa décision « authentique ». Par conséquent, dès qu’il dit « Rotsé Ani » (« J’accepte de [la divorcer] »), même sous la contrainte, le divorce est considéré comme fait avec le plein consentement du mari. Le Rambam explique que la contrainte supprime simplement le Yeitser Hara et permet à la véritable personne, qui souhaite vraiment obéir au commandement d’Hachem, de se révéler.
L’approche du Rabbi de Loubavitch
Le Rabbi de Loubavitch donne une explication profondément émouvante et inspirante de l’histoire de Miriam Bat Bilgah. Il soutient que les actions de Miriam Bat Bilgah sont des exemples de la manière dont, fondamentalement, chaque Juif est engagé envers la Torah et le peuple juif. Hachem nous aime et nous chérit tous, et notre lien ne peut jamais être rompu. Regardez Miriam, argumente le Rabbi : Vous pourriez penser qu’elle a tout abandonné, qu’elle s’est éloignée de tout ce que son peuple tenait à cœur ; qu’elle est maintenant une Helléniste et mariée à un officier de l’armée qui souille le Beth Hamikdach, et qu’elle insulte gravement le Mizbei’ach de manière très publique. Un Juif ne peut pas tomber plus bas !
Mais quand elle atteint l’autel sacrificiel, quelque chose touche un nerf à vif, elle voit ses compatriotes juifs souffrir, et sa profonde douleur est exposée. Dans ce moment d’amertume, que crie-t-elle ? לוֹקוּס לוֹקוּס! עַד מָתַי אַתָּה מְכַלֶּה מָמוֹנָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל וְאִי אַתָּה עוֹמֵד עֲלֵיהֶם בִּשְׁעַת הַדְּחָק « Loup, loup [lokous], jusqu’à quand vas-tu dévorer les biens du peuple juif, et tu ne te tiens pas à leurs côtés lorsqu’ils font face à des difficultés ? » – en d’autres termes, « Hachem, comment laisses-tu cela arriver ?! » Sa douleur et sa réponse soulignent à quel point elle était vraiment liée à Hachem et aux Juifs. Elle reconnaît Hachem et Sa relation avec les Juifs, et ne peut supporter Son silence.
Miriam a peut-être considéré qu’elle n’était plus juive, qu’elle n’était pas intéressée par Hachem, qu’elle était mariée à l’ennemi, hellénisée, païenne. Mais en réalité, il ne s’agissait que d’une couche superficielle masquant sa véritable identité. L’âme juive est liée à Hachem quel que soit son apparence spirituelle extérieure, même pendant le temps du péché. Au fond d’elle, elle était une femme juive, et chaque moment présentait le potentiel pour elle de revenir et de se reconnecter à Hachem à travers la Torah et les Mitsvot.
Le Rabbi de Loubavitch sur « טוֹב לַצַּדִּיק טוֹב לִשְׁכֵינוֹ » « Tov LaTsaddik, Tov Lich’heno »
Le Rabbi explique que Miriam Bat Bilgah enseigne une leçon d’importance monumentale. Si même un Juif qui s’est converti hors du judaïsme et qui a épousé un ennemi de notre peuple reste fondamentalement engagé envers la Torah, alors chaque Juif a le potentiel d’être atteint par un Juif engagé qui est profondément engagé envers la Torah.
Le secret d’une approche réussie envers des personnes comme Miriam Bat Bilgah peut être découvert dans les phrases contrastées de אוֹי לָרָשָׁע אוֹי לִשְׁכֵינוֹ, « Oy LeRacha, Oy Lich’heno », et טוֹב לַצַּדִּיק טוֹב לִשְׁכֵינוֹ « Tov LaTsaddik, Tov Lich’heno ». Ces phrases semblent se contredire. L’une enseigne qu’un Racha influencera son voisin pour le pire et l’autre enseigne qu’un Tsaddik influencera son voisin pour le bien.
Le Rabbi de Loubavitch résout la contradiction en notant que tout dépend de qui est le voisin – le Tsaddik ou le Racha. Si le Tsaddik est inactif, alors il sera négativement impacté par le Racha. Cependant, si le Tsaddik prend le contrôle de la situation et cherche activement à influencer ses voisins de manière positive, alors il réussira à le faire.
La raison pour laquelle la Guemara est si confiante dans la capacité du Tsaddik à influencer le Racha est que même le Racha est fondamentalement engagé envers la Torah, comme le prouve le comportement de Miriam Bat Bilgah. Un Tsaddik dédié et engagé est capable de peler les couches superficielles (‘Hitsoniout) du Juif assimilé et de permettre à la véritable personnalité du Racha (la Pnimiout) de se révéler.
Le Rabbi de Loubavitch fait référence à Rachi qui commente la phrase טוֹב לַצַּדִּיק טוֹב לִשְׁכֵינוֹ « Tov LaTsaddik, Tov Lich’heno » que Midah Tovah Meroubah MiMidah Ra’ah, que Hachem récompense d’une manière bien plus grandiose que celle par laquelle il punit. La preuve en est les Aseret Hadibrot (Shemot 20:5-6), où Hachem enseigne que le mérite des Tsaddikim durera pendant deux cents générations, mais les descendants d’un Racha sont punis pour seulement quatre générations. Ainsi, si Hachem a créé un monde dans lequel un Racha peut influencer négativement ses voisins, alors combien plus Hachem a-t-il créé un monde dans lequel un Tsaddik est capable d’influencer ses voisins dans une direction positive.
Conclusion
Miriam Bat Bilgah est traditionnellement considérée comme une impie classique du Talmud à vilipender, à répudier et à détester par chaque Juif. Le Rabbi de Loubavitch nous enseigne le contraire. Suivant l’exemple classique du Rabbi de Berdichev de « Limoud Ze’out », « trouver quelque chose de positif » même chez le plus éloigné des Juifs, le Rabbi de Loubavitch comprend l’histoire de Miriam Bat Bilgah comme un enseignement selon lequel chaque Juif peut être redirigé vers une vie juive plus positive par un Juif profondément engagé qui est résolu dans sa dévotion à s’élever lui-même et ses semblables juifs.
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1 Le sacrifice quotidien deux fois par jour, le Korban Tamid, est un agneau. Par conséquent, Miriam Bat Bilgah se réfère au Mizbei’ach comme à un loup, puisque les loups dévorent les agneaux.
2 Dans certaines circonstances, il est une Mitsva pour un homme de donner à sa femme un Get, comme s’il refuse d’accomplir ses obligations envers sa femme, comme gagner sa vie. Ce n’est que dans de tels cas qu’un Beth Din dûment constitué et reconnu est autorisé à contraindre un homme à…
Rav Howard (Haïm) Jachter est un rabbin orthodoxe américain, Dayan (juge du tribunal rabbinique), éducateur et auteur. Il siège au Beth Din d’Elizabeth, New Jersey en tant que Dayan et administrateur de Get (divorce juif). Reconnu comme un expert des lois du divorce juif, il préside également le Comité de Prévention et de Résolution Agunah du Conseil Rabbinique d’Amérique. Le Rabbin Jachter est également le rabbin consultant pour plus de 60 Eruvs à travers les États-Unis. Il officie en tant que Rabbin de Sha’arei Orah, la Congrégation sépharade de Teaneck, et est membre de l’académie de Torah du comté de Bergen (TABC). Auteur de onze livres et de centaines d’articles en ligne et dans des revues, il écrit et donne de nombreuses conférences sur des sujets contemporains du droit et de la pensée juifs.
De nombreuses autorités rabbiniques, y compris le Rabbi de Loubavitch, ont mis en garde contre la montée sur le Mont du Temple en raison des incertitudes sur les limites exactes des zones sacrées et du risque d’entrer dans des zones interdites. Bien que certains Rabbanim permettent de monter dans certaines zones spécifiques, beaucoup d’autres l’interdisent complètement par précaution. Il s’agit d’un débat hala’hique complexe entre grands décisionnaires.
La zone du Temple contient encore aujourd’hui de la Kedousha (sainteté) malgré son état de destruction. Par conséquent, tout comme à l’époque du Temple il existait des zones d’entrée restreintes, de même aujourd’hui, il y a certaines zones dans lesquelles il est interdit à un Juif d’entrer. Certaines de ces zones sont interdites sous peine de Kareit (retranchement spirituel) comme expliqué ci-après.
Les zones de restriction
Le Mont du Temple contient plusieurs zones avec des restrictions d’accès halakhiques.
Par exemple, la zone halakhiquement définie du Mont du Temple en général (appelée le Har Habayit) n’est accessible qu’à une personne pure de l’impureté d’une Nidda, d’un Zav/Zava [Baal Keri] et d’une Yoledet.
Cependant, la zone reste accessible à un Tmei Met. Une Nidda, un Zav/Zava, [Baal Keri] ou une Yoledet qui entre dans le Har Habayit est passible de flagellation.
La zone du Cheil et de l’Ezrat Nashim n’est accessible qu’à une personne pure de Tmei Met. Un Tmei Met qui entre dans la zone du Mikdash qui est complètement sainte, comme l’Ezrat Yisrael et au-delà, est passible de Kareit.
La zone du Kodesh ne peut être accessible qu’aux Cohanim pendant le temps de l’Avoda. Un Cohen qui entre dans le Kodesh en dehors des temps de l’Avoda est passible de flagellation. La zone du Kodesh Hakodashim ne peut être accessible qu’au Cohen Gadol, et uniquement le jour de Yom Kippour. Quelqu’un qui n’est pas Cohen Gadol, ou même un Cohen Gadol qui entre en dehors de Yom Kippour, est passible de mort par la main du Ciel.
L’emplacement des zones mentionnées ci-dessus : Il est difficile de mesurer l’emplacement des zones de restriction ci-dessus pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le Har Habayit original mesurait 500 Amot sur 500 Amot, alors que la zone actuelle du Har Habayit est beaucoup plus grande.
Par conséquent, il existe des zones sur l’actuel Mont du Temple qui ne contiennent pas du tout la Kedousha du Har Habayit, et dont l’entrée est permise à tout Juif. Le problème est cependant qu’il est très difficile de déterminer avec précision les zones qui ne sont pas incluses dans le Har Habayit halakhique.
À partir d’où mesure-t-on les 500 x 500 Amot, et quelle est la mesure exacte d’une Ama à cet égard ?
Ces deux questions font l’objet de débats. Les Poskim sont en désaccord sur l’emplacement du Kodesh Hakodashim, et par conséquent sur l’emplacement pratique des zones de restriction.
Les Poskim sont également en désaccord sur la mesure exacte d’une Ama. Par conséquent, ce qui peut être une zone restreinte pour une opinion ne l’est pas pour une autre, et ce qui est une zone non restreinte selon une opinion peut être une zone restreinte pour une autre.
Néanmoins, l’approche dominante parmi les Poskim est que le centre du Kodesh Hakodashim se trouve au niveau du rocher situé sous le « Dôme du Rocher » et à partir de là, on mesure toutes les Amot du Kodesh Hakodashim :
du Kodesh/Heichal (100 x 100 Amot),
de l’Azara (du Nord au Sud 135 Amot et d’Est en Ouest 187 Amot),
de l’Ezrat Nashim (135 x 135 Amot),
du Cheil (10 Amot des murs du Beit Hamikdash, d’Est en Ouest 342 Amot, du Nord au Sud 155 Amot, et un total de 11 Amot du Dôme du Rocher),
et du Har Habayit (500 x 500 Amot).
Bien que nous connaissions les mesures exactes en Amot pour chaque zone, on ne sait pas clairement combien de centimètres contient chaque Ama (comme mentionné ci-dessus) et on ne sait pas non plus à partir de quel point du rocher les mesures doivent commencer.
La décision pratique des Gedolei Yisrael
Il ressort des Poskim que dans les générations précédentes, les Juifs avaient l’habitude de visiter le Mont du Temple pour voir le Makom Hamikdash.
Certains Poskim des générations précédentes ont défendu cette pratique, allant jusqu’à dire que même entrer dans une zone douteuse pouvait parfois être permis, en raison de leur grande passion pour voir le Saint des Saints.
Néanmoins, dans la génération précédente et actuelle, les Poskim et Gedolei Yisrael de tous les horizons du judaïsme ont sévèrement mis en garde le public de ne pas entrer sur le Mont du Temple, y compris même dans les zones permises non restreintes, de peur d’entrer dans une zone restreinte et d’être passible de la peine sévère de Kareit.
Cela signifie que même si nous pouvons déterminer sans l’ombre d’un doute les zones exactes de restriction, ou de restriction douteuse, et les zones dont l’entrée est permise selon toutes les opinions, on ne devrait néanmoins pas entrer même dans ces zones, car cela amènerait d’autres personnes qui ne sont pas au courant ou qui ne craignent pas D.ieu à entrer dans les zones interdites.
Les forces de sécurité israéliennes peuvent-elles entrer sur le Mont du Temple ?
Il est permis aux forces de sécurité d’entrer dans la zone du Mont du Temple, et même dans le Kodesh Hakodashim, afin de prévenir une situation mettant la vie en danger, comme pour lutter contre le terrorisme qui se produit couramment sur le Mont du Temple.
Néanmoins, étant donné que dans de nombreux cas, la police envoie des unités même en période sans danger, un Juif craignant D.ieu ne doit pas accepter une telle position.
Généralement, pour cette raison, il y a un pourcentage élevé de soldats non juifs qui patrouillent dans la zone, afin d’éviter les conflits religieux.
Résumé
Les Gedolei Yisrael de tous les horizons du judaïsme interdisent la visite du Mont du Temple, y compris dans les zones qui ont été déterminées comme ne faisant pas partie du Har Habayit halakhique et dont l’entrée n’est pas restreinte.
L’approche du Rabbi
Dans une lettre au Rav Meir Yehouda Geitz, le grand rabbin du Kotel, le Rabbi a déclaré ce qui suit :
« Il est évident que dans l’état actuel des choses où le public s’éloigne de droite à gauche [s’éloignant davantage de la Torah], je suis absolument opposé même à la simple discussion publique de la question de l’autorisation d’entrer sur le Har Habayit. »
« [La raison de mon opposition absolue est] parce qu’au moment où cette discussion commencerait, un certain nombre de personnes visiteraient la zone, y compris les zones qui sont certainement interdites, que D.ieu nous en préserve, et ce nombre continuerait à croître, que D.ieu ait pitié de nous ».
« Tous les avertissements à ce sujet (en supposant qu’ils seraient émis) ne feraient qu’enflammer l’inclination de ces personnes et augmenter le nombre de personnes qui y vont ».
« Quiconque soulève ou participe à la discussion de cette question, et certainement celui qui monte réellement sur le Har Habayit, en plus du sacrilège des anciens de Jérusalem et de la ville de Jérusalem, c’est un sacrilège du Har Habayit lui-même. C’est évident ! »
Peut-on survoler la zone du Har Habayit ?
Non. Cette interdiction s’applique également à un drone.
Cent mille personnes ont visité le Mur des Lamentations pendant le jeûne de Tisha Beav. Vers la fin du jeûne, des milliers de personnes ont participé à une prière et à un appel à l’unité du peuple d’Israël sur l’esplanade du Mur des Lamentations.
À partir de la veille de Tisha Beav, avec la récitation des Lamentations et jusqu’aux premières heures de la nuit après Tisha Beav, des dizaines de milliers de fidèles se sont rendus au Mur des Lamentations pour pleurer la destruction de Jérusalem, près du site du Temple.
Vers la fin du jeûne, des milliers de personnes d’Israël et de la diaspora se sont rassemblées sur l’esplanade du Mur des Lamentations pour un événement spirituellement édifiant rempli de sainteté, en prière et en appel à l’unité du peuple d’Israël, en présence de rabbins, de personnalités publiques, de familles d’otages et de soldats blessés de Tsahal.
L’événement a été ouvert par le rabbin du Mur des Lamentations et des lieux saints, le Rav Shmuel Rabinowitz, qui a récité des chapitres des Psaumes, le Shema et accepté le joug de la souveraineté céleste à la lumière de la situation difficile à laquelle le peuple d’Israël est confronté. Ensuite, une prière pour la paix en Israël a été menée par le directeur de la Fondation pour l’héritage du Mur des Lamentations, M. Mordechai (Suli) Eliav.
À la fin de l’événement, des milliers de personnes ont chanté « Ani Ma’amin » et « Achenu Kol Beit Yisrael », priant ensemble pour le retour rapide des otages, pour le rétablissement des blessés et pour la sécurité des soldats de Tsahal et des forces de sécurité.
Plus tard dans la nuit, la nuit après Tisha Beav, des milliers de personnes, dont des leaders hassidiques, des rabbins et des étudiants de yeshiva, devraient arriver au Mur des Lamentations pour la cérémonie du « Kiddush Levanah » et des chants de désir et de nostalgie.