Le rédacteur en chef du Jerusalem Post, Tsvika Klein, revient sur une expérience de ‘Hanouka glaciale à Helsinki qui l’a confronté à la puissance de l’activité Habad face à d’autres initiatives. Il examine le secret de leur réussite, leur image de marque, leur engagement à long terme, leur disponibilité sans faille, et propose de repenser la collaboration avec Habad plutôt que la concurrence.
Par Tsvika Klein, rédacteur en chef du Jerusalem Post
Je me souviens de ce moment de stupéfaction, et peut-être aussi de jalousie, comme si c’était hier. Imaginez : moins vingt-deux degrés Celsius à Helsinki, en Finlande, lors d’une des nuits de ‘Hanouka. Je faisais partie d’une « caravane de ‘Hanouka » organisée par le mouvement mondial du Bnei Akiva et l’Organisation sioniste mondiale, une belle initiative qui fonctionne depuis des années. Des émissaires sionistes venus de toute la Scandinavie se rassemblaient, montaient un spectacle, distribuaient des toupies et des beignets, et dansaient avec les enfants et les personnes âgées dans les centres communautaires juifs et les maisons de retraite.
Une collision d’événements dans le froid finlandais
Un soir, un couac s’est produit. Notre événement avec la communauté juive locale était programmé exactement à la même heure qu’un événement Habad en centre-ville. Les membres de la communauté nous ont demandé de nous rendre à l’événement Habad, de signaler notre présence et d’inviter les gens à venir chez nous. Je me suis porté volontaire, accompagné d’une des émissaires, une jeune femme d’une vingtaine d’années qui s’était confectionné un déguisement de toupie. Quand nous sommes arrivés, nous avons failli nous évanouir.
Une ‘Hanoukia géante sculptée dans un bloc de glace. Une patinoire. Du chocolat chaud et plus de beignets qu’on ne pouvait en manger, le tout gratuitement. Pour la cérémonie d’allumage des bougies, les personnalités les plus influentes et les mieux connectées de Finlande avaient été invitées : le maire d’Helsinki, des politiciens locaux et des hommes d’affaires fortunés. Ma collègue a pris le micro et a annoncé en anglais et en hébreu notre propre événement. Presque personne n’a prêté attention. Nous sommes rentrés à travers le froid glacial, secouant la tête. Comment rivaliser avec cela ?
Nous ne parlions pas finnois. Aucun d’entre nous ne le parlait. Certains baragouinaient un suédois approximatif. Certes, nous avions du charme personnel. Et effectivement, notre événement était peut-être plus dans l’esprit israélien, avec de l’énergie et de l’enthousiasme. Mais nos décorations étaient faites en carton bristol. Nous n’avions aucune chance de rivaliser avec ce que nous avions vu.
Je n’arrivais pas à cesser de penser à l’écart entre les deux événements.
Ici pour rester
Des années plus tard, devenu journaliste couvrant le monde juif, j’ai continué à rencontrer la même dynamique : des communautés juives anciennes, à l’histoire prestigieuse, en tension avec le Chalia’h local Habad. Ce schéma se répète de ville en ville avec une constance stupéfiante.
Une jeune famille Habad arrive avec une énergie inépuisable, des idées brillantes et une image de marque unique. Et surtout, avec du temps. Ils sont là pour rester. Le Rabbi de Loubavitch les a envoyés, et jusqu’à la venue du Machia’h, quand que ce soit, ils ne bougent de nulle part.
Les émissaires de l’Agence juive, aussi talentueux soient-ils, restent dans la communauté quatre ans tout au plus. Un Rav communautaire professionnel est toujours en train d’évaluer la prochaine opportunité : une communauté plus grande, un meilleur salaire, de meilleures conditions. Tandis que ce même Rav Habad, avec son épouse et ses enfants, est enraciné au même endroit, dans la même fonction, année après année.
Les Chlou’him Habad ont aussi tendance à attirer la communauté israélienne locale. Dans la plupart des villes, il existe une séparation entre la communauté juive et les Israéliens qui y résident : ils ne se mélangent pratiquement pas. C’est culturel. C’est aussi une question de cercle social fermé.
Dans de nombreuses communautés juives, il faut payer une cotisation ou acheter une place pour les offices des Yamim Noraïm (fêtes solennelles). Chez Habad, l’usage est différent : pas de cotisation obligatoire, pas d’achat de places. Les Israéliens, qui n’ont jamais entendu parler de payer pour une place à la synagogue, s’y sentent beaucoup plus à l’aise. Il en va de même pour les étudiants et les jeunes familles.
Un branding de multinationale
Ce qui rend les Chlou’him Habad véritablement uniques, c’est à quel point cette Chli’hout (mission) est inscrite en eux depuis la naissance. Ils sont éduqués et formés pour ce rôle dès l’instant où ils sont en mesure de le comprendre. Ils ne perdent pas de temps à se poser des questions sur le bien-fondé de la mission elle-même. Et il y a aussi l’image de marque, et je voudrais m’y attarder, car c’est l’une des clés de leur succès.
Un Chalia’h Habad ne peut pas simplement repeindre le Beth Habad local dans d’autres couleurs ou utiliser une police différente. Habad fonctionne avec la discipline des plus grandes multinationales du monde, comme Coca-Cola. Il y a des règles, et tout le monde les respecte.
Les Chlou’him sont aussi des artistes des relations humaines. Ils savent offrir un service exceptionnel dans leurs domaines d’expertise. C’est pourquoi, dans la plupart des cas, un restaurant Habad survivra plus longtemps qu’un restaurant juif local. La question de la Cacherout joue également un rôle ici. Habad maintient un niveau de Cacherout plus rigoureux, et si les membres Habad eux-mêmes souhaitent manger sur place, un établissement séparé est parfois nécessaire.
Au-delà de cela, les Chlou’him Habad cultivent des relations avec les autorités locales, les maires et les hommes d’affaires prospères, et les mettent à profit pour financer leurs activités.
Toujours disponibles, toujours prêts
En tant que journaliste, j’ai aussi appris que les Rabbanim Habad sont toujours disponibles. On peut les appeler à n’importe quelle heure. Non seulement ils répondront, mais ils fourniront exactement ce dont on a besoin à l’instant même : une citation percutante, des photos et vidéos de haute qualité, et parfois même un communiqué de presse tout prêt.
Ce n’est un secret pour personne : chaque reporter en Israël sait qu’il faut se tourner vers le Beth Habad lorsqu’un événement majeur se produit dans une ville quelconque.
Une fois, j’ai rencontré un cas où le Rav Habad n’était pas le bon interlocuteur lors d’un attentat en cours dans une ville européenne. Moi, je connaissais suffisamment la communauté pour joindre le Rav compétent, tandis que les autres journalistes couraient dans tous les sens à la recherche d’informations.
Fonctionner comme une start-up
Les Rabbanim d’autres courants sont-ils moins dévoués à leurs communautés ? Certainement pas. Mais ils fonctionnent comme IBM : méthodiques, établis, éprouvés. Habad fonctionne comme une start-up : toujours en train de repenser, toujours en train de se réinventer, et affamée de succès et de visibilité.
Comme dit le dicton : si vous ne pouvez pas les battre, rejoignez-les. Tout le monde ne l’a pas encore intégré. Il y a de l’ego des deux côtés, dans les communautés historiques comme chez Habad. Mais Habad durera probablement plus longtemps que tous les autres. Et dans de nombreuses communautés, Habad n’est pas seulement une présence, c’est la communauté elle-même.
Ce n’est pas le cas partout. Parfois, un Rav Habad rejoint une communauté existante en tant que salarié. Et parfois, les Rabbanim fondent leurs propres institutions parallèles. Mais on ne peut pas véritablement « battre » Habad, et peut-être que les communautés devraient cesser d’essayer.
La concurrence est une chose saine, certes. Mais au fil des années, Habad devient de plus en plus influente et populaire. Il ne serait pas exagéré de dire que dans de nombreuses communautés, en particulier les plus petites, Habad représente l’avenir. Je ne dis pas cela pour prendre parti ni par intérêt personnel. C’est simplement une réalité devenue impossible à nier. Habad excelle dans ce qu’elle fait. Elle est parfaitement connectée. Et ses portes sont toujours ouvertes, en toutes circonstances.
Au lieu de combattre Habad, les organisations et communautés juives du monde entier devraient envisager de joindre leurs forces avec elle. Car dans de nombreuses communautés, elle n’est pas seulement une concurrente : elle est l’avenir.
Un événement d’une rare solennité s’est tenu dans la grande salle de la Yechiva Torat Emet Habad de Jérusalem pour célébrer l’achèvement du Michné Torah du Rambam, conformément à l’institution sacrée du Rabbi. Autour de tables somptueusement dressées, des dizaines d’Admourim et de Rabbanim se sont joints aux Machpi’im de la Yechiva pour encourager les étudiants qui ont étudié l’intégralité de l’ouvrage du Rambam, jour après jour, jusqu’à son achèvement. Un rassemblement empreint de grandeur et de ferveur qui a marqué les esprits.
Des personnalités rabbiniques de premier plan à la tribune
Parmi les orateurs qui ont pris la parole lors de cet événement prestigieux figuraient : le Rav Its’hak Moché Erlanger, Machpia de la Yechiva Méor Einayim-Ra’hmastrivka ; le Rav Moché Brandsdorfer, Av Beth Din du Heikhal Hora’a ; le Rav Chemouel David Goldman, Av Beth Din de Zvehil ; le Rav Israël Its’hak Mendelson, Av Beth Din de Komemiyout Jérusalem et président du Keren HaChevi’it ; le Rav Naftali Nussbaum, Roch Yechiva de ‘Hayei Moché et Av Beth Din d’Ahavat Chalom ; le Rav Chlomo Moché Amar, Richon LeTsion et Grand Rabbin de Jérusalem ; ainsi que le Rav Its’hak Batsri, accompagnés de nombreux autres Admourim et Rabbanim.
Pilpoulim sur les enseignements du Rambam et éloge de l’étude quotidienne
Les éminents Rabbanim ont développé de profondes analyses sur les paroles du Rambam et ont longuement souligné l’importance et la grandeur de l’étude quotidienne du Rambam, telle qu’elle a été instituée par le Rabbi, notre Nassi. Ils ont béni les étudiants de la Yechiva et l’ensemble de ceux qui ont eu le mérite de s’investir dans l’étude de cet ouvrage monumental, celui-là même que le Rambam décrit dans son introduction au Michné Torah comme « le recueil de toute la Torah orale ».
Une assemblée exceptionnelle d’Admourim et de Rabbanim
L’événement a également réuni de très nombreuses personnalités du monde rabbinique et ‘hassidique. Parmi les participants : l’Admour de Skulen, l’Admour de Strikov, l’Admour de Stropkov, l’Admour de Lelov de Jérusalem, l’Admour de Shidlovtza, le Rav ‘Haïm Chalom Deutsch, Roch Kolel Tsema’h Tsedek et l’un des Rabbanim de la Yechiva, le Rav Yossef Its’hak Ofen, Machpia général de la Yechiva, le Rav Naftali HaCohen Rot, Rav de la communauté Habad du quartier de Mattersdorf à Jérusalem, le Rav Yaakov Eliezerov, l’un des doyens et des plus éminents Rabbanim Habad de la ville et Av Beth Din de Jérusalem, le Rav Yehouda Rabinovitch, Av Beth Din de Jérusalem, ainsi que le Rav Touvia Zilberstrom, Mara DeAtra du Chikoun Habad de Jérusalem.
Un événement mémorable, couronné par une Techoura spéciale
La cérémonie a été animée avec finesse par le Rav Chabtaï Weintraub. À cette occasion, une Techoura spéciale a été distribuée aux participants, contenant les paroles du fondateur de cette institution sacrée, le Rabbi, notre Nassi, ainsi que celles de grands maîtres d’Israël de mémoire bénie, sur la grandeur et l’importance de l’étude quotidienne du Rambam.
Il y a moins de 2 semaines, homme avait volontairement percuté à plusieurs reprises les portes latérales du siège mondial de Loubavitch, le célèbre « 770 », à Crown Heights. Suite à cette attaque qui a secoué la communauté, la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a effectué une visite de solidarité sur les lieux, témoignant de son soutien aux habitants du quartier.
Un véhicule lancé à plusieurs reprises contre le bâtiment emblématique
Un homme avait volontairement percuté à plusieurs reprises les portes latérales du siège mondial du mouvement Loubavitch, situé dans le quartier de Crown Heights, à Brooklyn. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent le véhicule fonçant de manière répétée contre le bâtiment emblématique, connu sous le nom de « 770 ». Malgré la violence des faits, aucune victime n’est à déplorer.
Selon le groupe de surveillance communautaire Crown Heights Shomrim, des témoins ont indiqué que le conducteur criait aux personnes présentes de s’écarter alors qu’il dirigeait sa voiture vers l’édifice. Par mesure de précaution, la synagogue a été évacuée et les riverains invités à éviter le secteur pendant que la police vérifiait l’absence de toute autre menace. Shomrim a précisé collaborer étroitement avec la police new-yorkaise dans le cadre de l’enquête en cours.
Le suspect a été arrêté sur place, et une autre vidéo diffusée en ligne montre le moment de son interpellation par les forces de l’ordre. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur les motivations exactes de son geste.
Une visite de solidarité au cœur de Crown Heights
Au lendemain de cet incident, la gouverneure de New York, Kathy Hochul, s’est rendue mardi à Crown Heights, faisant halte au 770 Eastern Parkway. La gouverneure a été accueillie par l’activiste communautaire Chanina Sperlin, Yaacov Behrman, porte-parole de Habad, Devorah Halberstam, commissaire honoraire du NYPD à la sécurité communautaire, ainsi que Chmouley Rosenstein, président par intérim du Conseil juif communautaire de Crown Heights (CHJCC).
Kathy Hochul est une femme politique américaine, membre du Parti démocrate, et la 57e gouverneure de l’État de New York. Elle est entrée dans l’histoire en devenant la première femme à occuper ce poste le 24 août 2021, suite à la démission d’Andrew Cuomo, avant d’être officiellement élue pour un mandat complet en novembre 2022.
Cette visite constituait un geste de solidarité qui a ravivé les inquiétudes concernant la sécurité publique et les actes de violence antisémite.
Une délégation de haut rang
La gouverneure Hochul était accompagnée de membres éminents de son cabinet, parmi lesquels Eva Wyner Rosen, directrice des affaires juives auprès de la gouverneure, Debbie Esther Louis, secrétaire adjointe aux affaires intergouvernementales, et Jake Adler, secrétaire adjoint aux relations avec les administrés.
Au cœur du 770 : archives et mémoire
Lors de son passage au 770, la gouverneure a visité la salle de diffusion du WLCC, dirigée par le Rav ‘Haïm Baroukh Halberstam. Elle a pu visionner des images d’archives montrant le Rabbi rencontrant l’ancien maire de New York, David Dinkins.
Dans le cadre de sa traversée du quartier, la gouverneure a également rendu visite à des commerces historiques de la communauté, notamment le marché de poissons Raskin et Judaica World, sur Kingston Avenue, échangeant brièvement avec les commerçants et les habitants.
Visite des bureaux du CHJCC : des services au service de la communauté
La visite s’est conclue par un passage de la gouverneure Hochul dans les locaux du Conseil juif communautaire de Crown Heights (CHJCC), situés à l’angle de Kingston et Lefferts Avenue.
En se rendant personnellement sur place, elle a pu observer le Conseil en pleine activité et mesurer de visu l’ampleur de la gamme de services offerts quotidiennement à la communauté.
Au cours de sa visite, elle a rencontré les membres du département d’isolation thermique du CHJCC ainsi que les professionnels de l’accueil des services sociaux du Conseil, qui constituent le premier point de contact pour les familles et les individus en quête d’aide.
« C’est bouleversant de voir comment des personnes de tous horizons sont accompagnées et soutenues », a-t-elle déclaré, soulignant l’étendue et l’impact concret du travail réalisé à travers les différents programmes du CHJCC.
Un travail reconnu et salué
Commentant cette visite, le président par intérim Rosenstein a déclaré : « Cette visite illustre parfaitement la mission du CHJCC : être présent pour nos voisins et veiller à ce que l’aide soit accessible, digne et efficace. Nos équipes travaillent sans relâche en coulisses, et il est extrêmement précieux que ce travail soit vu et reconnu. »
Lors du rassemblement international des Chlou’hot, un discours d’une rare profondeur a été prononcé, établissant un parallèle saisissant entre la prophétesse Débora et les émissaires du Rabbi à travers le monde. À travers la figure biblique de cette femme de courage, c’est un hommage vibrant qui a été rendu à toutes celles qui ont répondu à l’appel de la Chli’hout. Un message de reconnaissance, de force et d’espérance qui résonne bien au-delà de cette soirée mémorable.
Vous nous avez rejoints ici durant l’un des hivers les plus froids jamais enregistrés. J’espère que vos cœurs et vos âmes sont réchauffés par la Yiddichkeit et par le fait de passer ce temps précieux avec vos consœurs venues du monde entier, rassemblées ici dans les « Quatre Coudées » du Rabbi.
La prophétesse Débora, une figure de leadership au féminin
Le Chabbat d’avant-dernier était le Chabbat Chira, et lorsque nous avons lu la Haftara à ce sujet, cela m’a fait penser à vous. J’ai pensé à la prophétesse Débora (Dvora), qui était une prophétesse et le quatrième juge du peuple juif à l’époque des Juges (Choftim). Elle tenait audience dans les collines d’Éphraïm, où le peuple reconnaissait sa sagesse et venait la voir pour obtenir des conseils et résoudre les conflits.
Débora entre dans l’histoire à une époque où le peuple juif était opprimé par Yavine, le roi de Canaan, qui menaçait les Juifs avec une armée militaire redoutable dirigée par Sissra et ses neuf cents chars de fer.
Débora décrit les épreuves par ces mots : « Les routes étaient abandonnées et les voyageurs empruntaient des chemins détournés. La vie villageoise cessa en Israël, elle cessa d’être. » En d’autres termes, les gens avaient peur de quitter leurs maisons. »
Une femme au cœur de la bataille
Alors elle appelle Barak, le général, pour mener le peuple au combat, mais il refuse d’y aller sans elle. Alors elle y va. Elle mène l’armée, elle remporte la guerre, et ensuite elle chante un chant de remerciement à Hachem pour avoir remporté la victoire.
Dans son chant, de façon remarquable, elle ne se décrit pas comme une guerrière. Elle ne se décrit pas comme une prophétesse ou un général. Elle se décrit humblement comme une « Em BeYisraël », une mère parmi les Juifs.
Des guerrières spirituelles animées par l’amour maternel
Vous, les Chlou’hot du Rabbi, êtes des guerrières spirituelles. Des dirigeantes qui construisent, guident, enseignent, inspirent et nourrissent. Vous le faites avec sagesse, avec Bina et Daat. Chacune d’entre vous est une « Mère » comme Débora. Vous incarnez le leadership par l’approche féminine. Comme Débora, vous nourrissez avec un amour maternel, avec une clarté morale, avec l’autorité et la confiance de quelqu’un de profondément en phase avec la Torah, les Mitsvot et les enseignements du Rabbi.
Débora est allée sur le champ de bataille parce que c’est là qu’on avait besoin d’elle. Elle y est allée même si c’était inconfortable et clairement très peu conventionnel.
Là où les âmes juives avaient besoin de vous
Lorsque chacune d’entre vous est arrivée dans son lieu de mission (Makom HaChli’hout), il n’y avait pas de trompettes qui sonnaient, pas de bannières déployées, pas de tapis rouges déroulés. Vous aviez peu d’amis, pas de famille, pas de culture familière. Vous êtes allées là où les âmes juives avaient besoin de vous pour les nourrir et les réchauffer dans la Yiddichkeit.
Celles qui se portent volontaires pour le peuple
Dans son chant de louange à Hachem, Débora s’écrie : « Mon cœur est avec ceux qui se sont portés volontaires parmi le peuple pour combattre pour Hachem ».
J’ai l’impression qu’elle s’adresse, à travers les âges, à vous : les femmes qui se portent volontaires pour se battre pour la Yiddichkeit et diriger dans l’esprit de Débora, « Em BeYisraël » — Mère en Israël.
En effet, sur la page de titre du Sefer HaChlou’him (Livre des Émissaires), le Rabbi a utilisé ces mots exacts de Débora : « HaMitnadévim BaAm » (Ceux qui se sont portés volontaires parmi le peuple) pour décrire qui et ce que sont les Chlou’him et les Chlou’hot. Le Rabbi vous a accordé cette désignation sainte et exaltée : ceux qui ont répondu à l’appel et se sont avancés au nom du peuple juif. Vous êtes ce groupe. C’est votre insigne.
Construire et fortifier la vie juive à travers le monde
Le leadership de Débora a apporté la stabilité, la paix et la restauration spirituelle au peuple juif pendant de nombreuses décennies. C’est ce que vous, Chlou’hot du Rabbi, accomplissez : construire et fortifier la vie juive, nourrir la stabilité à la maison, dans votre communauté, dans votre ville, et de là, dans des cercles toujours plus larges.
Ce soir, vous êtes les invitées d’honneur, dans votre dévouement inlassable envers le Klal Israël.
Que D.ieu bénisse chacune d’entre vous
Puisse Hachem répondre à toutes vos Tefillot et bénir chacune d’entre vous avec des Berakhot pour des enfants, une bonne santé, du Na’hat et une Parnassa abondante.
Et jusqu’à ce que nous nous revoyions, dans la Guéoula.
Bien plus qu’une simple réunion entre amis : Netanyahou se rend à Washington avec une nouvelle doctrine sécuritaire qui pourrait redessiner l’équilibre des forces dans la région. Au menu des discussions : l’arrêt du programme nucléaire iranien, le démantèlement de l’étau stratégique de Téhéran et la levée des restrictions imposées à Tsahal. Retour sur un sommet à très hauts risques et sur l’histoire d’une alliance qui a déjà transformé le visage du Moyen-Orient.
Pour la sixième fois depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Premier ministre Benyamin Netanyahou s’est présenté ce mercredi à Washington pour une rencontre qualifiée par les cercles diplomatiques de « la plus critique pour la sécurité d’Israël de la dernière décennie ». Selon les informations de notre correspondant diplomatique Tamir Morag, cette réunion à Blair House et dans le Bureau ovale constitue la phase finale d’une coordination militaire et diplomatique sans précédent.
Pourquoi Netanyahou a-t-il décidé de partir maintenant ?
Tamir Morag a évoqué les raisons de la venue de Netanyahou à Washington précisément aujourd’hui : « La décision soudaine de se rendre à cette réunion découle d’une inquiétude grandissante à Jérusalem, face au risque que Trump fasse avancer un accord problématique avec l’Iran dans le cadre des pourparlers parallèles menés à Oman. Netanyahou est arrivé à la conclusion qu’il ne pouvait plus attendre. »
Notre correspondant diplomatique a ajouté que ce déplacement pourrait s’inscrire dans une manœuvre de diversion stratégique en vue d’une opération militaire imminente. Selon lui, « l’expérience passée enseigne que lorsque les deux dirigeants sont coordonnés, les résultats sont historiques, mais en ce moment, Netanyahou agit pour s’assurer que Trump ne se laisse pas tenter par un accord qui laisserait à l’Iran ses capacités nucléaires ».
La doctrine « zéro uranium » : les sept exigences de fer
Comme nous l’avons révélé en exclusivité, Israël a formulé une liste de conditions non négociables que Netanyahou a présentée aujourd’hui dans le Bureau ovale :
1. Annulation totale du projet nucléaire iranien.
2. Zéro enrichissement : interdiction absolue d’enrichir ne serait-ce qu’un gramme d’uranium sur le sol iranien.
3. Démantèlement des infrastructures : destruction de toutes les centrifugeuses et capacités de production.
4. Transfert des matières : évacuation de l’intégralité du stock d’uranium existant vers un pays tiers.
5. Limitation de la portée des missiles : réduction de la portée des missiles balistiques à 300 km seulement, afin de placer Israël hors de portée de frappe.
6. Démantèlement de l’axe chiite : cessation du financement et de l’armement du Hezbollah, du Hamas et des Houthis.
7. Surveillance étroite et intrusive : en tout lieu et à tout moment, sans aucune restriction.
L’Iran en flammes : le plus grand massacre de son histoire
Ce sommet se tient dans un contexte de rapports bouleversants en provenance d’Iran. Au cours des dernières semaines, le régime iranien a perpétré un massacre de masse dans 31 provinces afin d’écraser le soulèvement populaire. Les informations font état d’un bilan effarant de 30 000 à 50 000 morts en quelques semaines, avec des corps abandonnés dans les ruelles des principales villes du pays.
Le président américain a averti Khamenei avec une franchise brutale : « Si vous touchez à des Américains ou à nos intérêts, nous vous ferons exploser de la surface de la terre. » Notre correspondant diplomatique Tamir Morag a souligné que Trump voit dans les manifestations en Iran une opportunité de changement de régime, que Netanyahou tente de mettre à profit pour intensifier la pression militaire américaine.
Le poids de l’histoire : une alliance qui a fait ses preuves
La rencontre actuelle s’inscrit dans une série de sommets qui ont transformé le visage du Moyen-Orient au cours de l’année écoulée, depuis le début du second mandat du président Trump. Du premier dirigeant étranger invité à la Maison-Blanche lors de cette nouvelle présidence, jusqu’au discours historique à la Knesset, les sujets abordés lors de chaque entretien ont défini un ordre du jour diplomatique mondial dont l’impact dépasse largement les frontières d’Israël.
Février 2025 : le retour dans le Bureau ovale
L’aventure a commencé à Washington le 4 février, après l’élection de Trump pour un second mandat, alors qu’Israël traversait une période de froideur de la part de l’administration Biden. Trump, déterminé à afficher sa puissance dès son entrée en fonction, a accordé à Netanyahou ce que les analystes ont qualifié de « chèque en blanc » militaire, le Premier ministre israélien étant le premier dirigeant étranger reçu à la Maison-Blanche lors de ce nouveau mandat.
Lors de cette rencontre, un accord a été trouvé sur l’intensification de la pression maximale sur l’Iran et le feu vert donné à Tsahal pour achever l’opération à Gaza. Trump a déclaré : « Vous avez le meilleur ami qui ait jamais siégé à la Maison-Blanche. Nous gagnerons la guerre et nous apporterons la paix. »
Avril 2025 : la percée avec Steve Witkoff
Le déplacement à Washington en avril 2025 a été une initiative diplomatique exceptionnelle et urgente. Netanyahou se trouvait en visite officielle à Budapest chez Viktor Orbán, mais il a interrompu son séjour et s’est envolé directement pour les États-Unis à la suite de deux événements qui avaient déclenché des signaux d’alarme à Jérusalem : l’imposition des tarifs douaniers mondiaux par Trump et les informations faisant état d’un canal de discussion direct ouvert par la Maison-Blanche avec l’Iran.
Lors de cette deuxième rencontre en avril, la tension économique liée aux tarifs douaniers mondiaux de Trump s’était invitée dans le Bureau ovale, mais les deux dirigeants sont parvenus à exempter Israël en contrepartie de progrès dans la négociation sur les otages. La pression a porté ses fruits : 25 otages ont été libérés grâce à la coordination de l’envoyé spécial Steve Witkoff. Netanyahou a déclaré à l’issue de la réunion : « L’Iran n’aura jamais l’arme nucléaire. Point final. »
Juillet 2025 : la frappe en Iran et le discours au Congrès
L’été 2025 a été placé sous le signe de l’escalade et de la victoire. La rencontre s’est tenue quelques semaines après l’opération « Im Kelavia » de juin, au cours de laquelle les installations nucléaires et les sites de missiles balistiques iraniens ont été détruits. Netanyahou et Trump ont célébré « la grande victoire », et le Premier ministre a même offert au président une Mezouza fabriquée à partir de fragments d’un missile iranien, en guise de remerciement pour son soutien à Israël et la frappe contre l’installation nucléaire de Fordow.
Le Premier ministre Netanyahou a déclaré après la rencontre : « Nous avons discuté des implications et des possibilités ouvertes par la grande victoire que nous avons remportée sur l’Iran. De nouvelles opportunités s’offrent à nous pour élargir le cercle de la paix et les Accords d’Abraham. »
Septembre 2025 : la révélation du plan en 20 points
En septembre, le cadre de la fin de la guerre a été dévoilé à la Maison-Blanche. Netanyahou a donné son accord de principe à un plan prévoyant la démilitarisation complète de Gaza et la création d’un « Conseil de paix » international. Trump a promis : « Le Hamas libérera tout le monde dans les 72 heures, ou il sentira toute la puissance de l’Amérique. »
À la suite de la rencontre entre le président et le Premier ministre, l’accord avec le Hamas a été officiellement annoncé. Peu après, l’accord a effectivement été signé et le Hamas a libéré 20 otages vivants ainsi que la totalité des dépouilles des otages décédés, à l’exception d’un seul : Ran Gouaïli.
Octobre 2025 : le moment historique à la Knesset
La visite éclair de Trump en Israël en octobre a marqué le début du cessez-le-feu. Dans un discours dramatique à la Knesset, Trump a annoncé la réalisation de la première phase de l’accord. La visite s’est conclue par la libération de 20 otages vivants et des dépouilles des otages décédés, à l’exception du dernier encore retenu : Ran Gouaïli. Un moment que Netanyahou a qualifié d’« aube d’un jour nouveau pour le Moyen-Orient ».
Au cours de cette visite, le Premier ministre a annoncé qu’il proposerait la candidature du président Trump au Prix d’Israël, en reconnaissance de sa contribution à l’État et à la libération des otages. Lors de la rencontre actuelle, le ministre Kish a informé le président qu’il recevrait effectivement ce prix.
Décembre 2025 : la phase 2 de l’accord avec le Hamas
Le président Trump a accueilli le Premier ministre Benyamin Netanyahou à l’entrée de sa propriété de Mar-a-Lago, et les deux hommes ont livré une déclaration à la presse au cours de laquelle Trump a fait plusieurs déclarations significatives. Concernant l’état d’avancement de l’accord avec le Hamas, il a affirmé : « Nous comptons passer à la phase 2, mais le Hamas doit déposer les armes, et cela doit arriver rapidement. »
Le président a remercié pour sa désignation comme lauréat du Prix d’Israël pour la paix. Trump a souligné que le Hamas devait se désarmer dans un délai rapproché, faute de quoi les pays garants de l’accord de cessez-le-feu l’anéantiraient. Quant à la responsabilité israélienne, il a affirmé qu’« Israël a respecté le plan à 100 % ». Sur la question iranienne, le président a déclaré : « Les conséquences d’un nouveau cycle avec l’Iran seront plus dévastatrices que par le passé. »
Depuis les temps bibliques jusqu’aux installations ultramodernes d’aujourd’hui, le Mikvé demeure le fondement spirituel le plus ancien et le plus vital du judaïsme. Moins visible que la synagogue, moins connu que la Yechiva, ce bain rituel est pourtant la toute première structure que doit ériger une communauté juive avant même un lieu de prière. Découverte d’une institution millénaire à travers son histoire, ses lois, son architecture et son renouveau contemporain.
Les racines bibliques du Mikvé
La première mention du concept de Mikvé apparaît dès le récit de la Création. Dans la Genèse (Berechit 1, 10), le texte déclare : « Et le rassemblement des eaux (vé-lé-Mikvé hamayim), Il l’appela mers. » Ce verset établit le lien fondamental entre les eaux naturelles et la notion de purification divine. Pour Maïmonide (Rambam), les rites liés au Mikvé sont prescrits directement par les Écritures et ne sauraient être considérés comme de simples traditions rabbiniques pouvant évoluer selon les époques ou les contextes géographiques.
Le Livre du Lévitique (Vayikra 11, 36) précise : « Seuls une source et un puits, rassemblement d’eaux, seront purs. » Ce passage fonde le principe essentiel selon lequel seule l’eau naturelle non puisée par l’homme possède le pouvoir de purifier. La Torah mentionne également l’immersion rituelle dans plusieurs contextes : la purification du lépreux guéri (Vayikra 14), la purification après contact avec un mort (Bamidbar 19), et la purification de la femme après sa période menstruelle (Vayikra 15).
Les fondements talmudiques et la codification des lois
C’est dans le traité Mikvaot de la Michna, que sont codifiées de manière exhaustive les règles régissant la construction et l’utilisation du Mikvé. Ce traité comprend dix chapitres détaillant les différents types d’eau valides, les volumes requis, les matières prohibées pour la construction, et les conditions d’invalidation d’un bain rituel.
Le volume minimum : quarante Séa
La première exigence halakhique est que le Mikvé contienne un volume minimum de quarante Séa, soit environ 750 à 800 litres d’eau selon les estimations rabbiniques contemporaines.
Le Talmud définit aussi les 40 Seas par les dimensions du bassin : 1 coudée x 1 coudée x 3 coudées (Amot).
Si l’on change la définition de la « coudée » (48 cm vs 60 cm), le volume change radicalement :
Avec une coudée de 48 cm\approx331,7 litres.
Avec une coudée de 58 cm\approx585,2 litres.
Rav Naeh 332 L – Rambam 332-340 L – Hazon Ish 572-575 L – Standard moderne 650 L – Recommandation optimale750-800 L
Cette mesure, établie par la tradition orale et codifiée dans le Choul’han Aroukh (Yoré Déa 201), correspond à la quantité nécessaire pour immerger entièrement le corps d’un adulte. En dessous de ce volume, le Mikvé est déclaré inapte (Passoul).
L’eau non puisée : un principe fondateur
Le principe le plus déterminant dans la construction d’un Mikvé est la nature de l’eau utilisée. L’eau doit être « non puisée » (Mayim ché-einam Chéouvim), c’est-à-dire qu’elle ne doit pas avoir été transportée ou déversée par un récipient ou un instrument humain. L’eau de pluie, l’eau de source, la neige fondue, la glèbe et l’eau de mer sont donc les sources les plus naturellement conformes. Cette exigence est d’ordre biblique (Dé-Orayta), ce qui lui confère une gravité particulière. L’eau du robinet, ayant transité par des canalisations et des récipients, est considérée comme « puisée » (Chéouvim) et ne saurait, à elle seule, constituer un Mikvé valide.
La règle des trois Login
Le Talmud (Mikvaot 2, 7) établit une interdiction supplémentaire : si trois Login (environ 1,5 litre) d’eau puisée sont déversés dans un bassin qui ne contient pas encore quarante Séa d’eau valide, le Mikvé tout entier est invalidé (Passoul Dé-Orayta). Cette règle rend la construction et la maintenance d’un Mikvé particulièrement délicates et nécessitent une surveillance constante par un responsable qualifié (Machguia’h).
La construction dans le sol
Le Mikvé doit être construit « dans le sol » ou faire partie intégrante d’un bâtiment. Un récipient mobile, même contenant la quantité requise d’eau de pluie, ne constitue pas un Mikvé valide. Les parois et le sol doivent être étanches afin d’éviter les fuites qui pourraient réduire le volume en dessous du seuil des quarante Séa. L’ensemble de ces lois est codifié dans le Choul’han Aroukh, Yoré Déa, chapitre 201.
Le système des deux bassins : une ingéniosité halakhique
Le problème central de la construction d’un Mikvé moderne réside dans une tension apparemment irréconciliable : d’un côté, la Halakha exige de l’eau naturelle, non puisée ; de l’autre, les impératifs d’hygiène et de confort nécessitent une eau propre, filtrée et maintenue à une température agréable, régulièrement renouvelée. C’est pour résoudre cette tension que les décisionnaires rabbiniques ont développé le système des deux bassins, voire trois, qui caractérise les Mikvaot modernes.
Comme l’explique le site Habad.org : « Un observateur non initié ne verra qu’un simple bassin, celui qui est utilisé pour l’immersion. Mais en fait la plupart des Mikvé ont deux, voire trois bassins attenants. »
Deux méthodes principales, approuvées par la Halakha, permettent de rendre conforme l’eau du bassin d’immersion.
Première méthode : la Zériya (« ensemencement »)
La Zériya repose sur un principe talmudique selon lequel toute eau puisée versée sur un Mikvé déjà Cacher devient elle-même Cacher. Le système fonctionne ainsi : un premier bassin, appelé Bor Zériya, est rempli de quarante Séa d’eau de pluie pure. Ce bassin est relié à un second bassin, initialement vide, par un conduit. On verse ensuite de l’eau du robinet dans le Bor Zériya ; le mélange d’eaux s’écoule alors dans le second bassin via le conduit, produisant ainsi un bassin d’immersion rempli d’eau « cachérisée » par contact avec l’eau de pluie. Ce concept figure explicitement dans la Michna (Mikvaot 6, 8).
Deuxième méthode : la Hachaka (« le baiser des eaux »)
La Hachaka est la méthode la plus répandue dans les Mikvaot contemporains, notamment selon la tradition de Jérusalem. Deux bassins sont construits côte à côte. L’un, appelé Bor Hachaka ou Otsar (réserve), contient quarante Séa d’eau de pluie exclusivement. L’autre, le bassin d’immersion, est rempli d’eau du robinet. Les deux bassins partagent un mur commun percé d’un trou dont la circonférence minimale est d’environ cinq centimètres de diamètre (Ké-Chefoferet Hanod).
Le simple contact entre les eaux des deux bassins à travers cette ouverture suffit à conférer à l’eau du robinet le statut d’eau de Mikvé Cacher. Le Choul’han Aroukh (Yoré Déa 201, 52-53) précise néanmoins que ce trou doit être entièrement rempli d’eau pour être effectif ; sans cela, le Mikvé est considéré comme Zohélin (en écoulement) et perd sa conformité. Le ‘Hazon Ich (Yoré Déa 127, 2) et le Chévet Halévi (tome 3, 133) approfondissent ces conditions.
La méthode Habad : les bassins superposés
Le mouvement Loubavitch a développé une approche supplémentaire, privilégiée par le Rabbi de Loubavitch : la construction de bassins superposés plutôt qu’adjacents. Selon le Rabbinat Loubavitch de France, cette méthode présente plusieurs avantages : la connexion entre les bassins reste ouverte en permanence (même lors du renouvellement de l’eau), la propreté de l’eau d’immersion est mieux préservée, et la connexion verticale est considérée comme « bien plus forte » par la Halakha. Le Rabbi lui-même a déclaré : « Tout celui qui possède une bonne compréhension des lois du Mikvé peut réaliser les nombreux avantages que présente un Mikvé composé de deux bassins superposés. »
L’origine historique : le Mikvé de Rostov
L’origine de cette méthode remonte à l’époque où nos Rebbéïm, les dirigeants du mouvement Habad, résidaient dans la bourgade de Loubavitch. Le Mikvé de cette localité était alors relié à une nappe phréatique, conformément aux directives de l’Admour Hazakène (Rabbi Chnéour Zalman de Liadi), fondateur du mouvement.
Durant la Première Guerre mondiale, le Rabbi Rachab (Rabbi Chalom Dovber Schneersohn), cinquième Rabbi de Loubavitch, fut contraint de quitter Loubavitch pour s’installer à Rostov-sur-le-Don. Dans cette ville, il n’était pas possible de résider à proximité d’un fleuve ni d’atteindre la nappe phréatique. Se posa alors la question cruciale de la construction d’un nouveau Mikvé. Il convient de noter que le ‘Hatam Sofer avait été le premier à autoriser la construction d’un Mikvé reposant essentiellement sur des eaux puisées (eaux du robinet), mais le Rabbi Rachab rejeta fermement cette approche et chercha une solution plus rigoureuse.
Après avoir consulté plusieurs Rabbanim experts en la matière, le Rabbi Rachab chargea le Rav Yaakov Landa de superviser la construction du Mikvé. Les travaux furent menés à bien en un temps relativement court. Après le départ du Rabbi Yossef Its’hak (le Rayats, sixième Rabbi de Loubavitch) de Rostov, le Mikvé fut abandonné. Ce n’est qu’après la chute du régime communiste que des Hassidim de Habad retournèrent sur place et découvrirent que le Mikvé était encore intact, debout sur ses fondations d’origine.
Le principe de construction du Mikvé sur Mikvé
La méthode de construction, telle qu’elle fut transmise aux Hassidim par le Rav Yaakov Landa d’après les instructions directes du Rabbi Rachab, repose sur le principe suivant : on creuse une fosse profonde dont la moitié inférieure constitue le réservoir (Otsar) destiné à recueillir l’eau de pluie. Au-dessus de ce réservoir, on installe une dalle de séparation, et par-dessus celle-ci se trouve le second bassin, celui de l’immersion. Autrement dit, le plafond du bassin inférieur sert de plancher au bassin supérieur.
Dans cette dalle de séparation sont percés deux orifices d’un Téfa’h sur un Téfa’h chacun (environ 10 centimètres de côté), éloignés l’un de l’autre. La raison de ce doublement est la suivante : si l’un des orifices venait à être obstrué par inadvertance, sans que personne ne s’en aperçoive, le second resterait ouvert et assurerait la continuité de la connexion entre les deux bassins.
En plus de ces deux orifices, la dalle comporte une ouverture plus large, de la taille d’un passage d’homme, destinée à permettre l’entretien du réservoir d’eau de pluie. Cette ouverture est recouverte d’un couvercle en marbre que l’on retire lors du remplissage. Au centre de ce couvercle se trouve le trou de Hachaka (connexion), de forme ronde et d’un diamètre d’environ 6 centimètres. Le Rabbi Rachab ordonna qu’au moment du remplissage, on attende que les eaux débordent par-dessus la dalle.
Le processus de remplissage
L’eau de pluie est acheminée vers le bassin d’immersion (encore vide) par un conduit spécial, fabriqué dans un matériau qui ne possède pas le statut halakhique de « récipient » et qui ne soit pas susceptible de contracter l’impureté rituelle. L’eau de pluie traverse ainsi le bassin supérieur et descend dans le réservoir inférieur (l’Otsar).
Une fois le réservoir inférieur rempli d’eau valide (eau non puisée), on remplit le bassin supérieur d’eau du robinet (eau puisée). Le conduit d’alimentation est orienté de manière à ce que l’eau coule directement vers l’emplacement de l’orifice de connexion. Les eaux puisées entrent ainsi immédiatement en contact avec les eaux de pluie du réservoir inférieur et deviennent Cacher par le biais de la Hachaka (contact).
L’avantage décisif de la superposition
Selon les explications du Rav Yaakov Landa, la raison pour laquelle le Rabbi Rachab trancha en faveur de ce type de Mikvé réside dans un phénomène physique remarquable : dans un système de bassins superposés, les eaux du bassin supérieur (chauffées pour le confort des utilisateurs) ne se mélangent pas rapidement avec les eaux du bassin inférieur (naturellement plus froides), car leur poids spécifique est inférieur à celui des eaux froides situées en dessous.
Cet avantage est considérable, car il permet de satisfaire les opinions halakhiques les plus rigoureuses qui exigent que la majorité de l’eau du Mikvé soit constituée d’eau de pluie, une condition difficile à maintenir sur le long terme dans un système classique de Hachaka latérale, où les eaux chaudes et froides finissent inévitablement par se mélanger. Certains décisionnaires ont toutefois émis des réserves quant à l’efficacité pratique de ce dispositif sur la durée.
La méthode de construction employée de nos jours reprend fidèlement ces principes : on creuse une fosse unique et profonde, que l’on divise en deux au moyen d’une cloison en ciment coulée à mi-hauteur. Il est essentiel de couler le bassin supérieur et le bassin inférieur simultanément, car si on les coule séparément, les eaux risquent de s’infiltrer au point de jonction, ce qui créerait un problème de « eaux qui s’écoulent » (Mayim Zoh’alin) susceptible d’invalider le Mikvé.
Les usages du Mikvé dans la vie juive
L’utilisation du Mikvé s’inscrit dans plusieurs domaines de la vie juive. L’usage principal et le seul encore strictement obligatoire aujourd’hui concerne les lois de pureté familiale (Taharat Hamichpa’ha) : après sa période menstruelle et les sept jours de pureté qui suivent, la femme mariée s’immerge au Mikvé avant de pouvoir reprendre les relations conjugales avec son époux. La jeune mariée se rend également au Mikvé peu avant son mariage, souvent accompagnée de sa mère et de sa belle-mère, dans une cérémonie marquée de solennité et de joie.
L’immersion constitue aussi l’étape finale et décisive du processus de conversion au judaïsme. Le candidat à la conversion (Guér) descend dans le Mikvé comme non-juif et en ressort comme juif à part entière, marquant ainsi un changement radical de statut spirituel. Les ustensiles de cuisine en métal ou en verre acquis auprès d’un non-juif doivent également être immergés au Mikvé avant leur première utilisation (Choul’han Aroukh, Yoré Déa 120).
Chez les hommes, et particulièrement dans les communautés hassidiques, l’immersion au Mikvé est pratiquée régulièrement : idéalement chaque matin, ou au minimum avant le Chabbat, la veille de Yom Kippour, le jour du mariage et avant une Brit Mila. Les scribes (Soférim) s’immergent traditionnellement avant toute manipulation de parchemins sacrés. Enfin, les corps des défunts juifs sont lavés au Mikvé lors de la Tahara, avant l’inhumation.
Le traité Mikvaot (bains rituels) est l’un des traités les plus complexes et techniques de la Mishna, situé dans l’ordre de Taharot (Puretés). Il ne possède pas de Guemara (ni dans le Talmud de Babylone, ni dans celui de Jérusalem), ce qui signifie que la Loi est fixée directement d’après l’analyse de la Mishna et de ses commentateurs (Rishonim et Aharonim).
Voici une analyse détaillée de sa structure et de ses concepts fondamentaux, divisée selon les 10 chapitres qui le composent :
Concepts Clés (Lexique indispensable)
Avant d’aborder les chapitres, il est crucial de comprendre ces termes qui reviennent constamment :
Mayim Shéouvim (Eaux puisées) : De l’eau qui a été collectée dans un ustensile par la main de l’homme. Si 3 log (env. 1 litre) de ces eaux tombent dans un mikvé incomplet, elles l’invalident.
Zochalin (Eaux coulantes) : L’eau de pluie ne purifie que si elle est Ashboren (stagnante). Si elle coule (sauf pour une source naturelle), elle est invalide.
Hashakah (Contact/Baiser) : La méthode pour valider de l’eau non-kasher en la mettant en contact, via un trou de la taille d’un « tube d’outre », avec un mikvé valide.
Chapitre 1 : La Hiérarchie des Eaux
Ce chapitre classe toutes les eaux du monde en six degrés de pureté ascendante :
Eau des flaques : Impure si elle ne remplit pas les conditions.
Eau « puisée » (mais non qualifiée pour le mikvé) : Ne purifie pas.
Mikvé de 40 Séah (eau de pluie) : Purifie l’homme et les ustensiles, mais seulement si l’eau est stagnante (Ashboren).
Source dont le débit est faible : Purifie même en mouvement (Zochalin), mais ne purifie pas les flux corporels (Zavin).
Eau vive (Source pure) : Le plus haut degré, purifie tout, même en mouvement.
Chapitres 2 à 4 : Les Eaux Puisées (Mayim Shéouvim)
Ces chapitres traitent des problèmes d’invalidation :
Le doute : Si l’on ne sait pas si de l’eau puisée est tombée dans le mikvé, le mikvé est-il valide ? (Règle générale : en cas de doute sur un mikvé, on est indulgent, sauf si le mikvé était déjà présumé incomplet).
Les ustensiles : Qu’est-ce qui définit un « ustensile » capable de rendre l’eau « puisée » ? (Ex : laisser un seau sous une gouttière invalide l’eau).
Le transport de l’eau : Comment l’eau doit arriver au bassin naturellement (par gravité et conduits non-réceptacles).
Chapitre 5 : Sources et Eaux Courantes
La distinction cruciale entre une source (Ma’ayan) et un bassin pluvial (Mikvé).
On y apprend que l’on peut tremper des ustensiles dans une source même si l’eau s’écoule, alors que pour un mikvé pluvial, l’eau doit être absolument immobile.
Discussion sur les cours d’eau mixtes (pluie + source) : suivent-ils la règle de la majorité ou de la source ?
Chapitre 6 : Mélanges et Connexions (Hashakah)
C’est le chapitre « ingénieur » du traité. Il explique comment relier des bassins entre eux :
Si l’on a un bassin de 40 séah d’eau de pluie valide et un bassin d’eau du robinet (invalide) à côté, comment les connecter pour rendre le second valide ?
La taille du trou de connexion doit être celle d’un « tube d’outre » (environ deux doigts pouvant tourner librement).
Chapitre 7 : Complétion et Volume
Que se passe-t-il si un mikvé a presque 40 séah et qu’on y ajoute de l’eau ou de la glace ?
Ce chapitre traite aussi des matériaux qui peuvent compléter le volume (neige, grêle, glace, boue liquide). La neige est considérée comme valide pour compléter un mikvé.
Chapitre 8 : Mikvés spécifiques
Les lois concernant les mikvés situés en terre d’Israël par rapport à ceux des pays des nations (en raison de l’impureté rituelle des terres étrangères).
Les bains publics et les problèmes d’eaux puisées accidentelles.
Chapitre 9 : Hatzitsot (Interpositions/Écrans)
Fondamental pour la pratique quotidienne (Halakha LeMaassé).
Qu’est-ce qui constitue une barrière entre le corps et l’eau ? (Boue, pâte, résine, encre, vêtements serrés).
La règle de la majorité et de la préoccupation (Makpid) : Une tache minuscule dont on ne se soucie pas n’est pas une interposition, mais si elle nous dérange, elle invalide l’immersion.
Chapitre 10 : Les Ustensiles
Détails techniques sur l’immersion des objets : comment tenir un ustensile sans que la main ne fasse écran à l’eau ?
L’immersion des anses et des parties secondaires des objets.
La communauté juive d’Amsterdam a vécu un moment fort jeudi dernier en célébrant le Siyoum HaRambam, marquant l’achèvement du cycle annuel d’étude du Michné Torah de Maïmonide. Organisée au Beth Habad d’Amstelveen, cette soirée a rassemblé Rabbanim, Chlou’him et membres de la communauté dans une atmosphère chaleureuse et inspirante. L’événement a mis en lumière la puissance de l’étude quotidienne comme vecteur d’unité au sein du peuple juif.
Une célébration fidèle à la vision du Rabbi
C’est dans une ambiance empreinte de ferveur et de joie que la communauté juive d’Amsterdam s’est rassemblée jeudi soir pour célébrer le Siyoum HaRambam. L’événement, qui s’est déroulé au Beth Habad d’Amstelveen (commune néerlandaise de 90 000 habitants située en province de Hollande-Septentrionale. Faisant partie de l’agglomération d’Amsterdam), a attiré un public diversifié venu honorer l’achèvement du cycle annuel d’étude du Michné Torah, l’œuvre monumentale de Maïmonide. Rabbanim, Chlou’him locaux et membres engagés de la communauté se sont retrouvés autour de cet idéal commun : l’étude quotidienne de la Torah comme lien unificateur.
La soirée a été orchestrée avec soin par le Rav Mena’hem Evers, figure incontournable de la vie communautaire locale. Un dîner festif a été organisé en l’honneur de cette initiative mondiale, lancée par le Rabbi de Loubavitch en 1984, dont l’ambition était aussi simple que révolutionnaire : unir l’ensemble du peuple juif à travers l’étude intégrale du code de lois de Maïmonide, jour après jour, chapitre après chapitre.
Un orateur de marque venu d’Angleterre
L’invité d’honneur de cette soirée exceptionnelle était le Rav Eliezer Schneebalg, de la communauté Ma’hzikei Hadas d’Edgware, en Angleterre. Dans une allocution captivante, il a mis en lumière l’importance fondamentale de la constance dans l’étude de la Torah, soulignant que la régularité quotidienne constitue en elle-même une forme d’engagement spirituel profond. Le Rav Schneebalg a également évoqué la force extraordinaire qui émane de cette unité communautaire, lorsque des milliers de Juifs à travers le monde étudient simultanément les mêmes enseignements de Maïmonide.
Un tremplin vers un nouveau cycle d’étude
Au-delà de la célébration de l’achèvement d’un cycle, cette soirée a également servi de point de départ pour le nouveau cycle d’étude du Rambam. Les participants ont réaffirmé avec enthousiasme leur engagement envers l’approfondissement de leurs connaissances en Torah et le renforcement des liens fraternels au sein de la communauté juive néerlandaise. Cette célébration témoigne de la vitalité de la communauté Habad d’Amsterdam et de la pertinence toujours actuelle de la vision du Rabbi de Loubavitch, qui voyait dans l’étude partagée le ciment le plus solide de l’unité juive.
Kevin Rudd, ambassadeur d’Australie aux États-Unis et ancien Premier ministre, s’est rendu au Ohel du Rabbi de Loubavitch pour un moment de recueillement et de prière. Il était accompagné du Rav Yanki Sofer, grièvement blessé lors de l’attentat de Sydney, et du Rav Mendi Berger, qui a protégé des enfants au péril de sa vie durant l’attaque.
Un pèlerinage chargé d’émotion
Kevin Rudd, figure majeure de la politique australienne et actuel ambassadeur de son pays aux États-Unis, a effectué une visite empreinte de solennité au Ohel du Rabbi, le lieu saint situé dans le Queens, à New York. Cette démarche, loin d’être protocolaire, revêtait une dimension profondément humaine et symbolique, puisqu’il était accompagné de deux héros de la communauté juive australienne, tous deux directement touchés par le terrible attentat qui a frappé Sydney.
Des rescapés devenus symboles de courage
Le Rav Yanki Sofer, émissaire de Habad à Sydney, avait été grièvement blessé lors de l’attaque terroriste qui avait visé la communauté juive de la ville. Malgré ses blessures, il incarne aujourd’hui la résilience et la force de la communauté. À ses côtés se trouvait le Rav Mendi Berger, dont l’acte héroïque lors de l’attentat, quand il s’est interposé pour protéger des enfants, a marqué les esprits bien au-delà des frontières australiennes.
Une prière commune au Ohel
Ensemble, ces trois hommes se sont recueillis au Ohel du Rabbi, unissant leurs prières dans un lieu considéré comme un point de connexion spirituelle privilégié. La présence d’un ancien chef de gouvernement aux côtés de ces rescapés témoigne de la solidarité des plus hautes instances politiques australiennes envers la communauté juive, et envoie un message puissant de soutien face à l’antisémitisme et au terrorisme.
Le Rabbi rapporte une histoire fascinante que le Rabbi précédent racontait au sujet de sa grand-mère, la Rabbanite Rivka. Cette anecdote, transmise de génération en génération, recèle un enseignement d’une profondeur remarquable sur la manière dont un Juif doit aborder ses besoins matériels. Voici les grandes lignes de cette Si’ha, tirée de la Paracha Yitro.
La Rabbanit Rivkah Schneerson (1833-1914) occupe une place centrale dans l’histoire du mouvement Chabad-Lubavitch, non seulement en tant qu’épouse du quatrième Rebbe, mais aussi comme une figure de transition et de sagesse pour les générations suivantes.
Naissance : Elle est née en 1833 (le 17 Adar). Elle était la fille du Rav Aharon de l’illustre famille de Tchernobyl et la petite-fille de l’Admour Hazaken (le fondateur de Chabad), ce qui souligne les liens étroits entre les différentes lignées hassidiques de l’époque.
Union : En 1849, elle épouse son cousin germain, le Rabbi Chmouel (le Maharach), qui deviendra plus tard le quatrième Rabbi de Loubavitch.
La Rabbanit Rivkah était connue pour sa piété profonde, son intelligence et sa discrétion. Elle a joué un rôle crucial durant le leadership de son époux, mais son influence a perduré bien après la disparition de celui-ci en 1882.
Matriarche de la lignée : Elle est la mère du cinquième Rebbe, le Rabbi Rachab (Rabbi Chalom DovBer). Elle a supervisé son éducation avec une attention particulière.
Soutien communautaire : On raconte qu’elle était une source de conseils et de bénédictions pour de nombreuses femmes qui venaient la consulter à Loubavitch.
Transmission orale : Elle est la source principale de nombreux récits historiques sur les premiers maîtres du hassidisme. Son petit-fils, le Rabbi Rayatz (sixième Rebbe), passait beaucoup de temps avec elle pour recueillir les traditions orales de la famille, qu’il a ensuite consignées dans ses écrits (notamment les Mémoires).
Elle est souvent associée à un enseignement célèbre de son beau-père, le Tsema’h Tsedek. Lorsqu’elle était jeune et malade, le Tsema’h Tsedek lui dit :
« Il vaut mieux manger pour avoir la force de prier, que de prier pour avoir la force de manger. » Cette phrase est devenue une maxime fondamentale dans la philosophie Chabad sur l’utilisation du matériel pour le spirituel.
Elle s’est éteinte le 10 Chevat 1914 (5674). Cette date est devenue doublement significative dans le calendrier Chabad car, exactement 36 ans plus tard (en 1950), son petit-fils le Rabbi Rayatz quittait ce monde, marquant le début de la transition vers le leadership du dernier Rebbe de Loubavitch.
Les souvenirs du Rabbi précédent au sujet de la Rabbanite Rivka
Le Rabbi précédent a consigné dans ses mémoires des souvenirs de son grand-père, le Rabbi Maharach, et de sa grand-mère, la Rabbanite Rivka. (La Rabbanite Rivka est décédée le 10 Chevat, le même jour que le Rabbi précédent.) Parmi les différents souvenirs, le Rabbi précédent rapporte une histoire survenue à sa grand-mère lorsqu’elle avait dix-huit ans. Malheureusement, elle tomba gravement malade et le médecin lui prescrivit de manger immédiatement au réveil. La Rabbanite Rivka ne se sentait pas à l’aise de manger avant la prière. Elle prit donc l’habitude de se lever très tôt, de prier, puis seulement ensuite de manger. Grâce à cette routine, elle parvenait à prier d’abord tout en mangeant très tôt le matin. Comme on peut l’imaginer, un tel emploi du temps n’améliora nullement sa santé. Non seulement elle ne mangeait pas dès le réveil comme le médecin l’avait ordonné, mais elle perdait en plus des heures de sommeil.
Lorsque le Tséma’h Tsédek apprit cela, il lui dit ceci : « Un Juif doit être en bonne santé et vigoureux. Concernant les Mitsvot, il est écrit : « Et vous vivrez par elles. » Cela signifie que l’on doit insuffler de la vitalité dans l’accomplissement des Mitsvot. Pour y parvenir, il faut avoir de la force et de la joie. » Le Tséma’h Tsédek conclut : « Tu n’as pas besoin d’avoir le ventre vide. Il vaut mieux pour toi manger afin de prier, plutôt que prier afin de manger. » Tout ce qui nous a été transmis par les Rebbéïm contient de puissants enseignements que nous devons étudier et intégrer dans notre service de Hachem. Le Rabbi tire désormais un message très puissant de cette histoire.
Les deux composantes de la journée d’un homme
La journée d’une personne se compose de deux éléments. Le premier comprend toutes les activités qui découlent de son dévouement envers Hachem : l’étude de la Torah, la prière, l’accomplissement des Mitsvot, etc. Le second élément regroupe tout ce que l’homme fait pour lui-même. Cette catégorie inclut tout ce qu’une personne accomplit pour fonctionner physiquement, comme manger, boire, etc. (Y compris les activités que l’on considère comme nécessaires.) Tout ce qui relève de la première catégorie peut être associé à la « prière », car la prière consiste essentiellement à se tourner vers Hachem et à se connecter à Lui, ce qui est l’essence même de toute chose spirituelle. C’est pourquoi nous désignerons toutes les activités spirituelles sous le terme de « prière ». Tout ce qui relève de la seconde catégorie peut être associé au « manger », car l’homme a « faim » de tout ce qui lui manque physiquement, et une fois qu’il l’obtient, sa « faim » est satisfaite. C’est pourquoi nous désignerons toutes les actions physiques sous le terme de « manger ».
Plusieurs manières d’articuler la « prière » et le « manger »
Il existe plusieurs façons pour une personne d’aborder sa « prière » et son « manger ». Il se pourrait qu’elles soient complètement séparées, sans aucun lien entre elles. Au moment où il s’adonne à la spiritualité, il est totalement détaché du monde physique. Il semble être si saint durant ces moments que l’on pourrait même penser qu’il est un parfait Tsaddik. Mais plus tard, lorsqu’il est confronté aux affaires matérielles, son état de spiritualité et de raffinement a disparu, et il semble être une personne complètement différente. Évidemment, une telle voie est inappropriée.
Quand la « prière » est au service du « manger »
Une deuxième manière dont une personne peut articuler « prière » et « manger » consiste à les relier l’une à l’autre. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, elle consulte le Choul’han Arou’h pour s’assurer que cela est conforme à la Hala’ha. Cependant, toute sa « prière » (spiritualité) est au service de son « manger » (matérialité). Cela signifie que c’est son désir de matérialité qui le pousse à observer la Torah et les Mitsvot. Il sait que tout vient de Hachem, c’est pourquoi il veille à suivre les instructions de Hachem concernant la manière de recevoir les bénédictions matérielles. Comme le dit le Passouk : « Si vous suivez Mes statuts… alors Je donnerai la pluie en son temps. » Il s’assure de faire tout ce qu’il est censé faire, mais cela uniquement dans le but de pouvoir ensuite « réclamer » à Hachem la « rétribution » de ce qu’il a « gagné ». Il est tout à fait clair qu’une telle attitude n’est pas non plus l’idéal.
Bien que la Guemara écrive que l’on doive accomplir les Mitsvot même pour de mauvaises raisons, elle poursuit en expliquant que cela finira par l’amener à les accomplir pour les bonnes raisons. (La Guemara enseigne qu’il est permis de donner la Tsedaka en spécifiant que c’est pour le mérite de la guérison de son fils. Rachi explique qu’il ne s’agit pas de quelqu’un qui ne donne que lorsqu’il a besoin de quelque chose. La Guemara parle plutôt de quelqu’un qui donne régulièrement. Même ainsi, puisqu’il donne pour une raison intéressée, ce n’est pas le niveau le plus élevé de la Mitsva.)
La forme ultime de « prière » et de « manger »
La forme ultime de la « prière » et du « manger » est celle où le « manger » est au service de la « prière ». Il est évident que la spiritualité ne doit pas être un moyen d’obtenir la matérialité. La seule raison pour laquelle on sert Hachem, c’est parce que telle est la volonté de Hachem, et non pour une quelconque récompense que l’on recevrait en retour. Mais même une telle attitude serait encore considérée comme incomplète. Une personne doit veiller à ce que même ses actions physiques soient au service de la spiritualité. Tout ce qu’elle fait doit être animé d’intentions saintes, comme il est dit dans le Passouk : « Dans toutes tes voies, connais-Le. » La réussite ne se mesure pas à l’argent que l’on accumule, mais à la manière dont on l’utilise pour mieux servir Hachem. Chaque action physique, même celles qui relèvent de la nécessité, doit être accomplie avec la conscience qu’elle n’a d’autre but que de renforcer le service de Hachem. C’est là le sens de la phrase : « On doit manger afin de prier. »
Influencer les autres par son propre exemple
Il ne suffit pas qu’une personne veille à ce que son propre « manger » soit au service de sa « prière » ; elle doit aussi influencer tous ceux qui l’entourent à en faire autant. Étant donné qu’elle est une personne aisée, influencer les autres sera plus facile pour elle. Un pauvre est tourné en dérision quoi qu’il fasse, tandis qu’un riche est imité par les autres même si ce qu’il fait semble insensé. À plus forte raison lorsqu’il fait quelque chose de juste. S’il s’engage à mettre les Tefillin, d’autres le feront aussi. S’il s’engage à respecter le Chabbat, d’autres le feront également, car ils voient que c’est parce qu’il observait le Chabbat qu’il est devenu riche. S’il commence à mettre les Tefillin de Rabbénou Tam, d’autres le feront aussi. S’il devient strict quant à ne manger que de la Matsa Chemoura, toutes les usines qui fabriquent de la Matsa ordinaire fermeront, car tout le monde se mettra à utiliser de la Matsa Chemoura.
Ce que le Tséma’h Tsédek voulait dire
C’est ce à quoi le Tséma’h Tsédek faisait allusion lorsqu’il a dit « manger pour prier ». Toutes les actions physiques d’une personne doivent être au service de Hachem. Chaque activité banale qu’elle accomplit a pour but de lui permettre d’insuffler de la « vie » dans les Mitsvot qu’elle accomplit.
Un détail fascinant de l’histoire : le rôle de la mère
Un autre détail intéressant de cette histoire est que cette leçon a été spécifiquement adressée à une femme, une mère de famille, dont l’un des enfants devint lui-même un Rabbi. L’enseignement qui en découle est le suivant : lorsque l’on souhaite élever des enfants qui « mangeront pour prier » et non l’inverse, la responsabilité incombe à la mère. C’est à elle qu’il revient de transmettre ce sentiment à ses enfants, en se comportant elle-même de cette manière. Elle doit leur enseigner dès le berceau que lorsque l’on « mange » sans l’intention de « prier », la nourriture n’a aucune saveur. Par cette éducation, elle élèvera des enfants qui deviendront plus tard de grands dirigeants. Ils auront les moyens de « prier » et de « manger ». Ils auront toutes leurs nécessités matérielles de la manière que Hachem désire, c’est-à-dire en grande abondance. Hachem comblera un tel foyer de bénédictions à ne plus savoir où les mettre, et les parents auront du Na’hat de leurs enfants pendant de longues et saines années.
Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou s’apprête à rencontrer le président Donald Trump pour la septième fois depuis sa seconde investiture. Alors que les pourparlers américano-iraniens à Mascate soulèvent des interrogations, cette visite à Washington suscite de nombreuses spéculations. Derrière l’empressement du dirigeant israélien se cachent des enjeux diplomatiques et politiques bien plus complexes qu’il n’y paraît.
Par Amit Segal
Les pourparlers de Mascate et la question nucléaire iranienne
Une horloge cassée finit toujours par donner l’heure juste au moins une fois, n’est-ce pas ? Selon l’Iran, les pourparlers avec les États-Unis à Mascate, vendredi dernier, ne portaient « que » sur la question nucléaire, et ce malgré la position initiale selon laquelle les missiles balistiques, les milices régionales et la question des manifestants iraniens devaient tous figurer à l’ordre du jour.
Le Premier ministre Binyamin Netanyahou doit désormais se rendre à Washington mercredi pour discuter de ces négociations. Après tant de lectures erronées, l’écart entre Israël et les États-Unis s’est-il enfin concrétisé ?
Eh bien, pas si vite.
Entre Jérusalem et Washington, pas de confrontation ouverte
Jusqu’à présent, rien de belliqueux n’est sorti de Jérusalem. Il faut dire que, à ce jour, Netanyahou n’a jamais confronté publiquement le président Donald Trump. Le pire qu’il ait fait a été de publier un communiqué en pleine nuit contre le Conseil de paix de Trump, dénonçant la présence d’un drapeau palestinien dans le logo technocratique du conseil, et d’envoyer le ministre des Affaires étrangères Guidon Saar « parler aux Américains ». Cette dernière initiative peut sembler anodine, mais c’est un affront : lorsqu’il s’agit des États-Unis, Netanyahou est lui-même le ministre des Affaires étrangères.
Les leçons du passé : quand les crises apparentes masquent une coordination
L’expérience passée nous enseigne cependant la prudence. Chaque fois qu’il a été question d’une rupture sérieuse, il s’est avéré par la suite que la réalité était à l’opposé de ce qu’elle semblait être. Les exemples les plus marquants sont l’opération « Lion rugissant », la fin de la guerre à Gaza, et plusieurs autres épisodes initialement interprétés comme des confrontations et qui se sont révélés être de la coordination.
Première hypothèse : une attaque militaire reste probable
Je suggérerais deux possibilités alternatives pour expliquer la tension actuellement perçue.
La première est que les Américains, comme quiconque doté d’un minimum de bon sens, comprennent que demander à l’ayatollah Ali Khamenei d’avaler quatre coupes de poison est peut-être trop, même pour lui. Son prédécesseur, Rouhollah Khomeini, avait affirmé avoir bu le « poison » de mettre fin à la guerre Iran-Irak sans victoire totale, et il y a survécu. Mais les chances que Khamenei puisse digérer la perte du programme nucléaire, des missiles balistiques, le démantèlement du Hezbollah et du Hamas, ainsi que la fin des tueries de manifestants, sont faibles.
Si tel est le cas, une attaque reste plus probable qu’improbable. Et lorsqu’elle se produira, Netanyahou dira : voyez, j’ai contribué à la rendre possible en insistant pour maintenir la pression sur les exigences.
Seconde hypothèse : une manœuvre politique pour éviter une photo embarrassante
La seconde possibilité est plus simple.
Netanyahou devait assister à une réunion du Conseil de paix de Trump à Washington la semaine prochaine. Une photo de lui assis aux côtés du Qatar et de la Turquie, dans quelque contexte que ce soit, et en particulier pour discuter du rôle que ces pays seraient appelés à jouer à Gaza sous l’égide américaine, n’est pas le genre d’image qu’il souhaite voir circuler en année électorale. Une tension simulée avec les États-Unis, précipitant une visite anticipée, pourrait simplement être la manière dont Bibi se défile élégamment.
La réponse devra attendre mercredi, date de la septième visite de Netanyahou auprès de Trump depuis la seconde investiture de ce dernier.