Rabbi Levi Its’hak et la Rabbanit ‘Hanna furent les parents de trois fils, Rabbi Mena’hem Mendel, le Rabbi de Loubavitch, Rav Dov Ber et Rav Israel Arié Leib. Tous les trois étaient passionnés par l’étude et faisaient preuve d’une concentration intense. Leur mère devait parfois les obliger à s’interrompre pour manger. Rav Dov Ber était particulièrement connu pour son désir d’aider ceux qui étaient dans le besoin. Pendant la guerre, il fut assassiné par les nazis à Igrène, avec tous les Juifs de la ville.
Rav Israël Arié Leïb Schneersohn était le troisième fils de Rabbi Lévi Yits’hak et de la Rabbanit ‘Hannah Schneersohn. Né le 21 Iyar 1909 à Nikolaïev, il reçut apparemment les noms de son oncle (frère de sa mère) Israël Leïb Halévi (qui mourut jeune) et du père de son grand-père, Israël Leïb Yanovski, qui avait dirigé la Yechiva de Romanovka, dans la région de ‘Harsone.
Un génie précoce
Dès son plus jeune âge, on comprit qu’il était particulièrement doué : par nature, il était intelligent et même surdoué. Il savait approfondir ce qu’il apprenait ; son esprit analytique et sa force de concentration lui permirent d’apprendre une somme considérable aussi bien dans la Guemara que dans la ‘Hassidout et la Kabbala. Étant le fils du Rav de la ville, il grandissait de façon remarquable dans l’étude et son nom se murmurait avec respect dans toute la région. Il fut aussi connu, lui avec ses frères – le Rabbi et Reb Dov Ber, que D.ieu venge son sang – sous le nom de FRERE car tous les trois avaient donné une certaine somme d’argent pour les élèves de la Yechiva Tom’hé Tmimim.
À l’âge de trois ans, il récitait déjà des Michnayot par cœur. Un jour, en 1912, son père – Rabbi Lévi Yits’hak – invita le Rav Na’houm Goralnik, qui était alors un jeune homme, à la maison en lui disant : « Je vais vous présenter mon fils ! ». Lorsque Rav Na’houm arriva, le fils aîné de Rabbi Lévi Yits’hak était absent. Alors qu’il s’apprêtait à partir, il remarqua de l’autre côté de la table, un jeune enfant qui avait la tête entre les bras et était absorbé par la lecture d’un livre. Pendant toute la durée de la visite, l’enfant n’avait pas bougé de sa position et n’avait prêté aucune attention à ce qui se passait autour de lui. Reb Na’houm fut très impressionné par le sérieux de l’enfant et fit la remarque à Rabbi Lévi Yits’hak en disant que c’était la première fois qu’il voyait un enfant jouer à un jeu aussi étrange.
« Un jeu ? » répondit Rabbi Lévi Yits’hak qui se pencha et prit le livre des mains de l’enfant : c’était un livre de Michnayot.
« Explique-moi ce que tu as appris ! » demanda-t-il à l’enfant. Celui-ci se mit alors à expliquer la Michna avec une grande clarté et une compréhension impressionnante pour son âge.
Son assiduité à l’étude était phénoménale. Sa mère, la Rabbanit ‘Hanna, était contrainte de l’interrompre de force pour le faire manger ou dormir. L’enfant était si absorbé par l’apprentissage et la compréhension des textes sacrés qu’il en oubliait les besoins les plus élémentaires de son corps.
En 1915, le nom de Rav Israël Arié Leïb fut même mentionné à la table du Rabbi Chalom Dov Ber. Son grand-père, le Rabbi Barou’h Chneor, mentionna que Rabbi Lévi Yits’hak avait un jeune fils qui deviendrait un génie, car il connaissait déjà la Guemara et le Midrach, et il les maîtrisait très bien. Rabbi Chalom Dov Ber demanda : « Quel âge a-t-il ? ». Le Rabbi Barou’h Chneor répondit : « Avec l’aide de D.ieu, il aura d’ici Chavouot neuf ans ! »
Une mémoire phénoménale
Il était doté d’une mémoire phénoménale. Dès qu’il voyait quelque chose, ne serait-ce qu’une seule fois, cela restait gravé dans son esprit et il ne l’oubliait pas. Cette capacité extraordinaire lui permettait d’absorber rapidement et de retenir de vastes quantités d’informations, ce qui contribuait à sa réputation de génie et d’érudit exceptionnel. La richesse et la précision de ses connaissances, acquises grâce à cette mémoire prodigieuse, étaient une source d’inspiration et d’émerveillement pour tous ceux qui le côtoyaient.
Par nature, il approfondissait et analysait chaque détail qu’il étudiait, faisant preuve d’une rigueur et d’une perspicacité exceptionnelles. Un jour, son père, le Rav, remarqua à son propos : « Il a le cerveau du Tséma’h Tsédek ! » Cette comparaison avec le Tséma’h Tsédek soulignait l’immense potentiel intellectuel et la capacité d’analyse dont faisait preuve le jeune homme dans ses études.
Au début, il étudiait au Talmud Torah de la ville avec d’autres enfants, suivant le parcours éducatif traditionnel. Cependant, en reconnaissant les talents exceptionnels de ses trois fils, Rabbi Lévi Yits’hak décida d’embaucher un professeur particulier pour leur enseigner. Cette décision permit à ces jeunes prodiges de bénéficier d’une attention individuelle et d’un enseignement adapté à leurs capacités, leur permettant de progresser rapidement dans leurs études et d’atteindre des niveaux de compréhension et d’érudition remarquables.
Il passa la majorité de ses années d’enfance dans la maison de son père, le Rav. C’est dans ce foyer qu’il s’imprégna de l’atmosphère hassidique, un environnement propice à l’épanouissement de son esprit et à l’acquisition d’un savoir profond. Grâce à cette immersion dans la vie et la culture hassidiques, il acquit des connaissances extraordinaires dans tous les domaines de la Torah, des études talmudiques aux enseignements mystiques et ésotériques du judaïsme.
Rav Sim’ha Gorodetski, qui séjourna un certain temps dans cette maison, écrivit :
« J’ai habité chez Rav Lévi Yits’hak pendant la période des Neuf Jours. J’ai vu comment ce jeune homme est resté debout toute la nuit pour terminer l’étude d’un traité de la Guemara. Une nuit, la Rabbanit m’a appelé pour que je constate combien son fils restait assis durant des heures à étudier sans rien remarquer de ce qui se passait autour de lui : elle entra dans sa chambre (chaque enfant avait sa propre chambre) et l’appela par son nom. Leïbl ne répondit pas. Elle l’appela encore deux fois, mais il ne répondait toujours pas. Elle fut obligée de s’approcher de lui, de le tirer par sa manche, mais même alors il ne bougea pas. Il était vraiment plongé dans son étude. Il n’entendait pas et ne ressentait rien : « Vous voyez combien mon Leïbl est plongé dans son étude ! » dit-elle avec une certaine fierté. »
Par la suite, elle raconta : « Un jour, un vif débat éclata entre mon mari, le Rav, mon fils aîné (le Rabbi) et son jeune frère, Leïbl. C’était à propos d’un passage de ‘Hassidout, au sujet de Ma et Bane. Chacun défendait son point de vue, cassait les arguments de l’autre et apportait les preuves de son argument. Le débat dura plusieurs semaines et, à chaque occasion – pendant les repas, etc. – le débat reprenait. Au bout de plusieurs semaines, Leïbl remarqua : « Tout ce dont nous avons parlé jusqu’à présent ne concernait que l’aspect externe de ce sujet. Mais quelle est la définition propre, essentielle de Ma et de Bane ? » La Rabbanit ‘Hanna conclut : « Mon fils aîné avait expliqué selon le système de pensée ‘hassidique tandis que mon fils cadet l’avait exprimé d’après le système de ‘hakira (recherche théologique). » »
« Il faut du discernement ! »
À l’été 1924, Rav Israël Arié Leïb arriva à Léningrad, où le Rabbi précédent venait de s’installer. Il eut l’honneur de manger à la table du Rabbi, d’entrer librement dans sa maison et d’y séjourner pendant un certain temps. Cette proximité avec le Rabbi précédent fut sans doute une source d’inspiration et de développement spirituel pour le jeune Rav Israël Arié Leïb.
Par la suite, il vécut durant une certaine période dans le même appartement que son frère aîné. Cette cohabitation permit aux deux frères de se rapprocher et de partager leurs expériences, leurs connaissances et leurs réflexions sur la Torah et la Hassidout.
Le ‘Hassid, Rav Dov Ber ‘Hène, de mémoire bénie, raconta :
« Plus d’une fois, lorsque j’entrais dans la synagogue attenante à la demeure du Rabbi, j’apercevais Rav Israël Arié Leïb, que le Rabbi affectionnait particulièrement et auquel il manifestait une attention spéciale. Autour de lui se pressaient de nombreux ‘Hassidim remarquables avec lesquels il discutait de Hala’ha ou de ‘Hassidout. On lui posait toutes sortes de questions en Guemara et en ‘Hassidout : il écoutait, répondait, posait des questions, expliquait de façon toute naturelle comme si cela coulait de source. Les étudiants de la Yechiva de la ville avaient coutume de dire qu’il connaissait dans tous les sens « Same’h Vav », c’est-à-dire tous les Maamarim (discours ‘hassidiques) très profonds de l’année 1906. »
Rav Israël Arié Leïb entrait régulièrement chez Rabbi Yossef Yits’hak pour entendre de sa bouche des explications sur les sujets qui lui posaient problème en ‘Hassidout. Un jour, le Rabbi lui dit qu’il ne répondrait pas à l’une de ses questions car Reb Israël Arié Leïb n’était pas « un récipient capable d’absorber cela ». Il en ressortit complètement brisé et pleura. Quelques jours plus tard, il présenta une autre question au Rabbi, qui répondit alors à la question de la fois précédente. Par la suite, Reb Israël Arié Leïb affirma : « Apparemment, le fait que j’ai pleuré toute la nuit a fait de moi un « récipient », m’a rendu apte à comprendre la réponse. » – (d’après une histoire rapportée par un témoin digne de confiance).
À une autre occasion, le Rabbi déclara à propos des deux frères :
« Combien vous devez être tristes que votre père n’a pas le bonheur de vous voir ! »
À cette période, Rav Israël Arié Leïb fut inscrit à l’Université où ses études l’occupèrent un certain temps.
Rav Moché Doubinski raconta cette anecdote :
« Un Chabbat, le Rabbi prononça un Maamar (discours ‘hassidique) entièrement consacré à la connaissance rhétorique pure et profonde de la ‘Hassidout. Tous ceux qui écoutaient étaient stupéfaits et, à vrai dire, ne comprenaient pas grand-chose. Mais le visage de Rav Israël Arié Leïb restait impassible. Le Chabbat suivant, le Rabbi prononça un Maamar « normal » : Rav Israël Arié Leïb en fut si impressionné qu’il déclara qu’après un tel Maamar, « il fallait boire de la vodka ! » Après Chabbat, les ‘Hassidim organisèrent un « Farbrenguene » (réunion ‘hassidique) et Rav Israël Arié Leïb but, pleura et ne dit pas un mot. On l’entendait seulement de temps en temps soupirer et s’exclamer comme pour lui-même : « Et pourtant il faut du discernement ! » »
Un génie discret
Le ‘Hassid, Rav Ouri Ben Cha’har, qui étudia dans la Yechiva « A’heï Tmimim » à Tel Aviv, raconte un épisode qu’il n’oubliera pas :
« C’était le jour où nous fêtions la délivrance de Rabbi (Yossef Yits’hak Schneersohn) en 1939 ou 1940, dans la synagogue Loubavitch de Tel Aviv qui se trouvait à l’époque dans la rue Montéfiore. Après le Farbrenguen officiel, quelques ‘Hassidim restèrent pour une réunion plus intime. Je me souviens de la présence de Rav M. Gourarié, Rav Na’houm Goldschmidt, Rav Pin’hass Althaus et aussi, Rav Israël Arié Leïb. Le Rav Goldschmidt, qui était un ami proche de « Leïbl » était assis à côté de lui. Après que tous les deux aient bu une quantité appréciable de vodka, Rav Goldschmidt exigea quelque chose de « Leïbl » qui lui aussi exigea quelque chose de Na’houm. »
« Certaines choses, ils les demandaient, mais d’autres, apparemment, ils les exigeaient. Mais l’essentiel était le spectacle qu’ils offraient, comment ils se parlaient avec des paroles qui sortaient du cœur et des larmes qui coulaient de leurs yeux comme de l’eau, comme d’une source qui ne tarit pas. »
« Je n’étais alors qu’un jeune garçon et je ne comprenais pas de quoi ils parlaient mais je garde un souvenir ineffaçable de cette rencontre, avec tous ses détails, comme si cela se passait aujourd’hui. »
Les jours de Sim’hat Torah et Youd Teth Kislev (le 19 Kislev, anniversaire de la libération de Rabbi Schnéour Zalman des prisons tsaristes), il avait aussi l’habitude de boire beaucoup de vodka pendant les « Farbrenguens ».
Un jour, Rav Israël Arié Leïb se retrouva dans la Yechiva « Tom’hé Tmimim » en Pologne. Comme il était le fils de Rabbi Lévi Yits’hak, il se retrouva bien vite entouré par les étudiants. Il discutait avec le Rav Yehouda Héber, le Roch Yechiva (directeur) qui se mit à exposer un texte profond et difficile.
Rav Leïbl se taisait, ce qui laissait aux gens présents l’impression qu’il ne comprenait pas de quoi on parlait tant le sujet était ardu. Ce n’est que quand Rav Yehouda eut terminé que, soudain, Reb Leïbl se mit à parler sans s’arrêter, à la grande stupéfaction des participants qui étaient ébahis par la profondeur de ses paroles sur ce passage difficile.
Au cours des années, Reb Leïbl fut obligé de changer de nom et on ne l’appela plus que Gourarié. Même ses amis l’appelaient ainsi.
Aux côtés de son grand frère
En 1930, il fut obligé de s’enfuir de Russie. Il arriva en Europe et s’installa à Berlin.
Dans cette ville habitait déjà son frère, le Rabbi. Ensemble, ils écrivaient régulièrement à leur père avec lequel ils échangeaient des ‘Hidouchim (nouvelles explications de Torah), aussi bien de Guemara que de ‘Hassidout. De temps en temps, alors que le père leur envoyait ses ‘Hidouchim sous forme de fascicules, les fils répondaient avec des annotations et des remarques extraordinaires.
Dans le livre « Likouté Lévi Yits’hak » (p. 258 à 267), nous lisons les lettres que leur envoyait leur père à la date du 24 Tévet 1932, 19 Kislev et 9 Adar Chéni 1932. Voici quelques extraits de ces lettres : la lettre datée du Motsé Chabbat Chemot, 1932, jour de la Hiloula (anniversaire du décès) de Rabbi Schnéour Zalman, que son mérite nous protège, commence ainsi : « Mes fils chéris, mes trésors de valeur, qu’ils vivent… » et se termine : « Selon la volonté de votre père qui espère que la Miséricorde divine lui permettra de vous revoir en vie, en paix et avec tout le bien ».
D’autres lettres : « B.H. Veille du 19 Chevat 1932 Mes (fils) chéris, mes trésors, puissiez-vous vivre, …Puis-je vous demander, par faveur, de m’envoyer (aussi des remarques sur) les lettres que je vous ai envoyées le 11 Kislev de l’année dernière et du 24 Tévet de cette année…(J’espère que) vous écrirez des remarques sur tous les sujets qui y sont évoqués… Je vous ai envoyé en cadeau un grand fascicule, en express, le jeudi avant Pourim, en guise de Michloa’h Manot (cadeau de Pourim).Vous l’avez certainement reçu. Je vous en prie, confirmez-moi que vous l’avez reçu et consultez-le attentivement… Votre père qui vous aime de tout son cœur et de toute son âme, qui demande et espère de D.ieu, qu’Il aura une grande pitié pour que vous grandissiez et que vous réussissiez dans (l’étude de) la Torah, dévoilée et secrète, de plus en plus haut, pour que vous marchiez dans Ses voies et ses chemins, pour votre bien. Lévi Yits’hak CH. S.
« B.H. Veille du jeudi 9 Adar Chéni, 1932 Mes fils chéris, mes trésors, puissiez-vous vivre de longues années en bonne santé Afin d’accomplir la Mitsva de Pourim d’envoyer des cadeaux l’un à l’autre – (et le sens ici est d’un père à ses fils, ce qui est le secret du concept de père tandis que le « prochain », c’est le secret de « Z.O »). Inclus ici est un fascicule pour vous deux, le grand avec le petit ensemble…et que cette portion vous soit (aussi chère que) si elle était double. Quand vous l’étudierez attentivement et que vous vous fatiguerez à son sujet, je suppose que cela vous sera agréable. Il serait normal que je vous envoie aussi des Michloa’h Manot réelles mais, pour le moment, je suis obligé de me contenter de vous envoyer un cadeau de Torah, par lequel se termine la Meguila (rouleau d’Esther) : « Il parlait de paix pour tous ses descendants ». J’espère qu’avec l’aide de D.ieu, cela vous arrivera à temps pour le repas de Pourim et ce serait vraiment très gentil de votre part de me le confirmer immédiatement. Il serait juste que je vous écrive plus souvent mais – mes trésors – le fait d’écrire m’est très difficile. Cela me prend deux jours pour écrire. Que D.ieu nous aide afin que, l’année prochaine, nous puissions accomplir effectivement la Mitsva de Michloa’h Manot et nous réjouir ensemble durant le repas de Pourim, avec tout le bien révélé, pour nous aussi, Sélah. »
L’immigration en Erets Israël
En été 1933, il ne lui fut plus possible de rester en Allemagne et il décida de monter en Erets Israël. Pour cela, il avait besoin de toute urgence de documents restés en Allemagne nazie et cette démarche était très dangereuse.
Malgré le danger, le Rabbi proposa de prendre le risque lui-même et de voyager depuis Paris – où il s’était installé depuis – en Allemagne, afin d’aider son frère à se sauver.
Mais sa belle-sœur, la Rabbanit ‘Haya Mouchka – que son mérite nous protège – craignant pour la vie de son mari, s’engagea à remplir elle-même cette mission. Ce fut elle qui se rendit dans les bureaux du gouvernement nazi au cœur même de l’Allemagne et qui, grâce à son courage, réussit à mener à bien cette mission.
(De fait, pendant son séjour là-bas, elle dut également répondre à des questions personnelles. Les fonctionnaires allemands qui étaient chargés de remplir les papiers étaient très étonnés que tous les noms de famille – le sien, celui de son mari et les noms de leurs parents et même de la mère de son père – étaient tous des Schneersohn. Ceci éveilla la curiosité de l’administration qui soupçonna l’existence de faux papiers. Même quand les fonctionnaires furent obligés de reconnaître qu’il en était effectivement ainsi, ils lui dirent que quand ils allaient – bientôt – conquérir la France et qu’ils entreraient à Paris, ils sauraient la retrouver, elle et son mari : ils sauraient les interroger et les faire parler ! Mais, D.ieu merci, par des miracles évidents, le Rabbi et la Rabbanit parvinrent à fuir Paris avant leur arrivée…)
En 1934, après que tous les papiers nécessaires eurent été fournis, Rav Israël Arié Leïb put monter en Erets Israël et il s’installa à Tel Aviv. Il travailla comme fonctionnaire-bibliothécaire dans la Bibliothèque municipale de Tel Aviv.
Le mariage
En été 1939, il se fiança avec Melle Génia.
À cette époque, son père était déjà en exil, dans les profondeurs de la Russie, au Kazakhstan, en Asie centrale. Son épouse, la Rabbanit ‘Hanna l’y avait rejoint.
De fait, nulle personne de sa famille ne put participer à ce mariage.
« Un jour », raconta par la suite sa mère dans ses souvenirs de cette période d’exil, « Rabbi Lévi Yits’hak arriva à la maison, le visage éclatant de bonheur : « Nous avons une bonne nouvelle, Mazal Tov ! » Sa bonne humeur et son visage rayonnant m’avaient étonnée car depuis longtemps je ne l’avais vu aussi content. Il me montra une lettre qu’il venait de recevoir de M. Ittkine, de Krivoï-Rog qui annonçait qu’il venait de recevoir une nouvelle en provenance d’Erets Israël : notre fils Leïbl venait de se marier ! » Cette nouvelle était pour nous doublement une bonne nouvelle : c’était le premier signe de vie de notre fils depuis longtemps et, de plus, il se mariait ! Ce fut pour nous une étincelle de lumière qui éclaira l’obscurité de notre exil et cela nous encouragea et nous stimula pour la suite. »
Malgré les difficultés de cette période, Rav Israël Arié Leïb fournit d’énormes efforts pour rester en contact avec le Rabbi et avec les ‘Hassidim qui se trouvaient en Terre Sainte. Il s’installa dans un quartier peuplé de ‘Hassidim et il se rendait souvent dans les « Sim’hot » et les « Farbrenguen » (réunions ‘hassidiques).
Il aimait s’approfondir dans les Maamarim (discours ‘hassidiques) et, en particulier, avec le Rav Na’houm Goldschmidt (que son souvenir soit béni), un ami d’enfance avec lequel il étudiait régulièrement la ‘Hassidout. Il passa de longues nuits avec lui ainsi qu’avec Rav Moché Doubinski à discuter de ‘Hassidout. Il savait expliquer dans des mots simples des concepts profonds, avec une clarté remarquable.
Un jour, Reb Na’houm raconta comment il expliquait la ‘Hassidout : « Il parlait avec des mots très simples et apportait des exemples concrets. Une fois, alors qu’il citait les « mots » de la Kabbala, il soupira et dit : « Le fait que je suis obligé d’employer des mots pareils prouve que je n’ai pas encore vraiment compris ce dont il s’agit ! » J’ai toujours su qu’il avait une intelligence exceptionnelle, mais à ce point ?… »
L’amitié entre Rav Israël Arié Leïb et Reb Na’houm se prolongea bien après qu’ils eurent étudié ensemble au ‘Heder. Leurs relations se transformèrent en une amitié profonde, surtout à partir de l’année 1934, quand Rav Israël Arié Leïb arriva en Erets Israël, suivi de peu par Reb Na’houm.
Ils se rencontraient souvent. Le plus souvent, c’était Reb Na’houm qui lui rendait visite sur son lieu de travail, dans la Bibliothèque municipale de Tel Aviv. C’est là qu’ils discutaient avec passion de ‘Hassidout et d’autres sujets.
En 1941, après que son frère – le Rabbi – fut arrivé aux États-Unis, ils reprirent contact. Très souvent, le Rabbi lui envoyait depuis New York des livres et des fascicules qu’il publiait par l’intermédiaire de la Maison d’Édition Kehot. Plus d’une fois, il fut le premier en Terre sainte qui possédait les dernières parutions et il en faisait profiter les ‘Hassidim autour de lui.
Quand parut pour la première fois le calendrier « Hayom Yom » en 1943, le Rabbi l’envoya à son frère qui, en le recevant, fut enthousiasmé et s’exclama : « Mon frère m’a envoyé son premier manuscrit ! ». Après un certain temps, il se reprit et déclara avec tristesse : « Quel dommage que les gens ne savent pas et ne voient pas ce qui est caché dans ce livre ! »
Par la suite, après avoir lu un certain passage de ce livre, il s’exclama avec stupéfaction : « J’ai toujours su que mon frère avait une bonne tête mais à ce point là, je ne m’en doutais pas ! »
En 1945, le 20 Mar’hechvan, leur première et seule fille naquit. Elle s’appelle Dalia.
Les dernières années de sa vie
À part ses vastes connaissances en Torah, il était très doué pour les langues et pour diverses sciences. En 1948, il reçut une proposition unique de partir compléter ses connaissances en Angleterre. Rav Israël Arié Leïb se tourna vers Rabbi Yossef Yits’hak – de mémoire bénie – et reçut sa bénédiction.
Voici la lettre que lui écrivit Rabbi Yossef Yits’hak : B.H. 17 Kislev 5708 (1948) Brooklyn – Mon ami, qui fait partie de la belle famille, honoré et doué de grandes capacités M. Leïb, qu’il vive longtemps Paix et bénédiction En réponse à la lettre qu’il m’a envoyée le 26 Mar’hechvan dernier, à propos du fait qu’il a décidé de partir en Grande Bretagne pour son travail ; Ce qui m’intéresse, c’est de faire entrer – avec l’aide de D.ieu – la beauté de Chem dans les tentes de Yéfet, de montrer à la jeunesse juive qui admire et aspire à connaître les sciences profanes, qu’elles sont nulles par rapport à la profondeur de la sagesse de la Torah. Je suggère que lors de son voyage, il fasse connaissance avec les grands savants et ceux qui connaissent différentes langues, qu’il s’occupe de faire traduire les livres de la ‘Hassidout ‘HaBaD – en commençant par le livre du Tanya en Anglais, une traduction libre avec des notes fournies qui faciliteront la compréhension des concepts évoqués et leur contenu. Je suis intéressé (à ce qu’il fasse traduire) les biographies des différents Baal Chem, depuis Rabbi Adam jusqu’à notre maître le Baal Chem Tov et ses élèves, le Magguid de Mézéritch avec ses élèves et les livres qu’ils ont édités avec des histoires à leur propos…
En 1950, dans le cadre de son travail et de ses études, il accepta la proposition et partit s’établir en Angleterre, à Liverpool. Il continua là-bas ses études scientifiques, en particulier dans le domaine des mathématiques tout en donnant des cours et en rédigeant plusieurs communications sur ces sujets. Plusieurs de ces articles ont par la suite été publiés. On y découvre de nombreuses innovations en mathématiques.
Son décès
Le 13 Iyar 1952, Rav Israël Arié Leïb mourut. Après la levée de corps à Liverpool, son cercueil fut acheminé à Londres où eut lieu une autre cérémonie. De là, le cercueil fut transporté par bateau vers Paris puis en Israël.
On se demandait si le Rabbi se rendrait à l’enterrement mais, dans un télégramme qu’il envoya à Reb BenTsione ChemTov (qui s’occupa énormément de tout ce qui concernait cette inhumation), le Rabbi écrivit qu’il n’y avait pas assez de temps pour obtenir « un passeport et un visa » et qu’il ne convenait donc pas de retarder l’enterrement.
Selon les directives du Rabbi durant tout le temps du voyage en bateau, le cercueil fut inséré dans un autre cercueil.
Rav Israël Arié Leïb fut enterré dans le cimetière de Tsfat (Safed) et sur sa pierre tombale, on grava une inscription à la mémoire de son frère, Reb Dov Ber – que son sang soit vengé – qui avait été assassiné par les Nazis – que leur nom soit effacé – durant la Shoah et qui fut enterré dans une fosse commune.
Voici le texte inscrit sur la pierre tombale : Ici est enterré Le ‘Hassid doué de qualités Israël Arié Leîb Frère du ‘Hassid doué de qualités, Dov Ber – que son nom soit vengé – Fils du Rav et Gaone, du Rav et ‘Hassid et Kabbaliste, qui agit énormément pour la Torah et les Mitsvot Qui ramena de nombreuses personnes pour qu’elles ne fautent pas Lévi Yits’hak Descendant à la quatrième génération du Rabbi Tséma’h Tsédek Décédé le 13 Iyar 5712 Que son âme soit reliée au fil de la vie.
Le Rabbi se tint informé du bon déroulement du voyage et de l’enterrement, de la façon dont tenait la pierre tombale etc. Après l’enterrement, le Rabbi s’occupa de la nouvelle résidence de sa belle-sœur et de sa fille.
Vingt-cinq ans après le décès, un de ses amis d’enfance entra en Ye’hidout (entrevue privée) chez le Rabbi qui lui dit : « Vous avez bien connu mon frère, racontez-moi quelque chose sur lui ».
L’homme raconta ce qu’il raconta et le Rabbi lui dit :
« Il avait une bonne tête, une bonne mémoire mais il est parti si jeune… Quel dommage ! »
Le deuil
Reb Dov Ber Younik, de mémoire bénie, fidèle de la maison du Rabbi, raconta ce qui se passa alors quand le Rabbi apprit le décès de son frère ainsi que le déroulement de la semaine de deuil :
« Le matin du 13 Iyar 1952, je reçus un coup de téléphone de la regrettée Rabbanit ‘Haya Mouchka : je devais me rendre dans la maison du Rabbi (qui habitait alors au 346 Rue New York, au coin de la Rue Président, au quatrième étage). »
« Elle m’annonça alors que la santé de son beau-frère, Rav Israël Arié Leïb, le frère du Rabbi, n’était pas bonne : « Il ne va pas bien » puis elle ajouta immédiatement qu’elle ne savait pas comment sa belle-mère, la regrettée Rabbanit ‘Hanna accueillerait la nouvelle. Elle craignait qu’elle ne supporte pas la nouvelle. »
« De fait, au début je n’ai pas compris la gravité de la situation et je pensais qu’il s’agissait d’une crise cardiaque ou quelque chose de ce genre. »
« Après quelques minutes de réflexion, la Rabbanit me demanda d’appeler Rav Chmouël Lévitine. Je l’amenais immédiatement. Elle parla avec lui pendant à peu près une demi-heure et ce n’est qu’après cela qu’elle m’informa de la triste vérité. »
« Tôt le matin, la Rabbanit s’était rendue dans le magasin de friandises, Rue Nostrand. C’est là qu’elle téléphona à la famille de son beau-frère à Londres. On lui avait appris qu’il avait rendu l’âme à son Créateur. À son retour à la maison, le Rabbi ne s’y trouvait déjà plus car il était parti au 770. »
« Après la prière, Rav Chmouël Lévitine était entré dans le bureau du Rabbi et lui avait appris la mort de son frère. Il procéda également à la cérémonie de Kria (déchirer le haut du vêtement en signe de deuil) : il commença et le Rabbi continua la déchirure. Rav Leïb Groner l’aida. Puis le Rabbi écrivit une lettre – de sa main – à sa belle-sœur, je suppose que c’était une lettre de consolation et de réconfort et m’a demandé de l’envoyer par la poste. »
« Le Rabbi resta durant la semaine de deuil (« Chiva ») dans son bureau, au 770. Ce fut Rav ‘Hodakov qui fut le ‘Hazane pour chacune des prières qui se déroulaient en présence d’une assemblée volontairement restreinte. À la fin des sept jours de deuil, ce fut le regretté Rav Chnéour Zalman Dou’hman qui assuma le rôle de ‘Hazane (officiant) jusqu’au jour de l’anniversaire de deuil compris. »
« Le fait de ne réunir qu’un Minyane restreint faisait partie du plan préparé par le Rabbi afin que sa mère, la regrettée Rabbanit ‘Hanna ne soit pas mise au courant de la disparition de son fils car cela aurait nui à sa santé. »
Il convient ici de mentionner quelques-uns des moyens employés par le Rabbi pour cacher le triste événement à sa mère :
« Depuis que sa mère était arrivée aux États-Unis en 1947, le Rabbi avait pris l’habitude de lui rendre visite chez elle (elle habitait au 1418 Avenue President) chaque jour, le soir vers 19-20 heures. Afin qu’elle ne se doute de rien, le Rabbi maintint cette coutume même pendant les sept jours de « Chiva ». Pour qu’elle ne lui pose pas de questions sur le fait qu’il portait des chaussures en toile – qu’un trait blanc entourait – j’ai utilisé du cirage noir pour cacher ce fil blanc. »
« Le premier soir, j’ai accompagné le Rabbi jusqu’au coin de l’Avenue Président puis je suis revenu sur mes pas et je suis entré dans un magasin. De là, j’ai appelé la maison de la Rabbanit ‘Hanna. Quand le Rabbi entendit la sonnerie du téléphone, il dit à sa mère qu’elle devait répondre au téléphone et lui souhaita : « Bonne conversation ! » et il sortit de la maison. C’est ainsi que j’ai trouvé toutes sortes d’astuces, en changeant chaque soir de prétexte, tout cela pour que le Rabbi ne soit pas obligé de rester trop longtemps dans sa maison et qu’elle ne remarque pas qu’il respectait les lois du deuil, que D.ieu nous en préserve… »
« De même le Rabbi m’a dit à l’époque qu’il fallait éviter que des gens envoient des lettres de condoléance et me demanda de lui apporter le courrier de sa mère. Il vérifiait puis me demandait d’apporter les lettres qui convenaient dans sa boîte aux lettres. Cela dura plusieurs mois. »
« Sa belle-fille et sa petite-fille lui envoyaient des lettres et écrivaient que leur mari et père était très occupé avec ses études, ce qui faisait qu’il n’avait pas le temps d’écrire. Au bout de quelques mois, la Rabbanit confia à Reb Younik qu’elle s’inquiétait car elle ne recevait plus de lettres de son fils de Londres et que cela lui faisait de la peine. Et elle ajouta : « En parler à mon fils (le Rabbi), je ne le veux pas : il a suffisamment de soucis en dehors de cela. D’ailleurs, en général, j’essaie de ne lui raconter que des choses qui lui feront plaisir. » »
Reb Berel Younik expliqua à la Rabbanit ‘Haya Mouchka que sa belle-mère commençait à se douter que quelque chose, à Londres, ne se passait par comme il convient… Une semaine plus tard, le Rabbi lui confia une lettre que sa belle-sœur adressait à sa belle-mère – la Rabbanit ‘Hanna : dans la marge, le Rabbi avait ajouté quelques lignes, comme si elles avaient été écrites par son frère. Reb Younik la déposa dans la boîte aux lettres.
Ce soir-là, la Rabbanit ‘Hanna annonça, toute joyeuse, à Reb Younik qu’elle avait – enfin ! – reçu une lettre de son fils de Londres…
« Quelques jours avant Chavouot, le Rabbi attira mon attention sur le fait qu’il fallait organiser un système pour que la Rabbanit reçoive un télégramme au nom de son fils et de sa famille en l’honneur de la fête. Apparemment, telle était l’habitude de Rav Israël Arié Leïb : envoyer un télégramme à sa mère avant chaque fête. C’est pourquoi il fallait trouver un moyen d’envoyer un télégramme afin que la Rabbanit ne s’inquiète pas si elle ne recevait pas de télégramme… »
« J’ignorais comment il serait possible de « falsifier » un télégramme – continue Reb Younik – mais la Rabbanit (‘Haya Mouchka) me dit de me rendre au secrétariat du Rabbi, d’en prendre un télégramme quelconque qui serait arrivé ce jour-là et qu’elle me montrerait comment faire. J’ai apporté un télégramme ; elle prit une bouilloire, y fit bouillir de l’eau puis me montra comment utiliser la vapeur. Quand j’eus terminé, Reb Chalom Mendel Simpson écrivit un texte et le même jour, nous avons donc pu envoyer un télégramme à la Rabbanit ‘Hanna… »
« À propos des efforts que j’ai fournis à ce moment-là, le Rabbi m’a dit (il me semble que c’était à la fin de l’année de deuil) : « Je vous ai chargé d’une mission qui semble ne pas correspondre aux recommandations du Choul’hane Arou’h. Que D.ieu fasse que, grâce à cela, vous soyez quitte ! » »
« Nous avons agi ainsi, selon le vœu émis par le Rabbi et la Rabbanit (‘Haya Mouchka) pour chaque fête jusqu’au décès de la Rabbanit en 1964. Ils veillèrent jusqu’au bout à ce que la triste nouvelle ne parvienne pas aux oreilles de la Rabbanit ‘Hanna. »
Le fait est que la Rabbanit ‘Hanna ne sut jamais la vérité comme en atteste l’histoire suivante, rapportée par Reb Yé’hezkel Besser :
« Après le décès du frère du Rabbi, j’ai une fois rendu visite à la Rabbanit ‘Hanna (je lui rendais souvent visite car j’avais été très proche de son fils, Leïbl). La Rabbanit me demanda un jour quand je devais voyager en Europe. Je répondis : « La semaine prochaine ». »
« Elle me demanda si je devais faire une escale à Londres, je répondis que oui. Alors elle me demanda : « Pouvez-vous rendre visite à Leïbl ? » Je compris tout à coup qu’elle n’était pas au courant de la triste vérité… »
Sa famille
Son épouse, Génia de mémoire bénie ; sa fille unique, Dalia, puisse-t-elle vivre longtemps, et les fils de celle-ci : Ariel et Daniel.
La Brit Mila du fils aîné eut lieu à Washington et la Rabbanit envoya non seulement tout le repas de fête mais aussi dix hommes qui participèrent à la cérémonie. Rav Yé’hezkel Besser était le « Sandek » (celui qui tient le bébé sur ses genoux).
Il raconta que Dalia proposa de demander au Rabbi quel nom donner à l’enfant.
Rav Yé’hezkel en discuta avec la Rabbanit et, au bout d’un quart d’heure, celle-ci téléphona et déclara :
« C’est au père et à la mère de décider du nom ! » « Mais ils vous demandent ce que le Rabbi en dit ! » « C’est à eux de décider ! » « C’est le Rabbi qui a dit que c’est à eux de décider ? » Elle rit et dit : « Voulez-vous que je ne vous donne que mon opinion ? » « Non, je suis sûr que vous me rapportez les paroles du Rabbi ! » En riant, elle remarqua : « Cela, ce n’est pas moi qui l’ai dit ! »
Après cela, ils demandèrent aussi conseil quant à l’endroit où effectuer la Brit Mila et, finalement, elle eut lieu à Washington. L’enfant fut appelé Ariel d’après son grand-père, Israël Arié Leïb.
Un homme armé d’un couteau a attaqué des passants juifs dans une artère centrale du quartier de Golders Green, dans le nord de Londres, faisant deux blessés graves. L’incident s’inscrit dans une série alarmante d’attentats antisémites qui frappent la capitale britannique depuis plusieurs semaines. Les autorités ont procédé à de nombreuses arrestations, mais la communauté juive exprime une inquiétude croissante face à la montée de la violence.
Une attaque au couteau dans le cœur de Golders Green
Une attaque au couteau présumée a eu lieu mercredi dans une artère centrale du quartier de Golders Green, dans le nord de Londres. Selon les premiers rapports, un homme a été aperçu courant dans la rue, couteau à la main, tentant de poignarder des passants juifs. Les volontaires de l’organisation Shomrim sont rapidement intervenus sur les lieux, ont maîtrisé le suspect et l’ont retenu jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre.
Les policiers dépêchés sur place ont eu recours à un pistolet à impulsion électrique pour neutraliser l’individu, qui a ensuite été arrêté et conduit en garde à vue. Au cours de l’incident, deux personnes ont été blessées par arme blanche et ont reçu des soins médicaux de la part d’une organisation de secours. À l’heure actuelle, le suspect est toujours en détention et l’enquête se poursuit. Le mobile de l’attaque n’a pas encore été officiellement confirmé, mais les premiers éléments font fortement suspecter un acte à caractère antisémite.
La réaction des responsables politiques
En réaction à l’attentat de Golders Green, la vice-ministre des Affaires étrangères, députée Sharan Haskel, a déclaré : « L’attaque de Golders Green est la conséquence inévitable d’une politique qui offre un terreau fertile et encourage l’action d’éléments islamistes extrémistes. La tolérance envers une incitation effrénée, présentée sous couvert de « critique politique », sape directement la sécurité de la communauté juive et le droit fondamental de toute personne d’apparence juive de se rendre à la synagogue de son quartier en toute sécurité. Le gouvernement britannique doit reconnaître sa responsabilité envers les Juifs vivant dans le Royaume et agir avec fermeté contre l’antisémitisme montant, en comprenant que la rhétorique anti-israélienne se transforme en violence physique, en attentats terroristes dans les rues et en assassinat d’innocents. »
Une série d’arrestations liées à des projets d’attentats
L’antisémitisme à Londres ne cesse de faire des vagues. Quelques jours auparavant, deux hommes âgés de 19 et 26 ans avaient été arrêtés à Watford, ville voisine de Londres, soupçonnés d’avoir planifié de graves attaques antisémites contre la communauté juive de la capitale. Les deux suspects ont été placés en garde à vue par l’unité antiterroriste de la police.
Avec ces arrestations, le nombre total de personnes interpellées dans le cadre de cette affaire a atteint neuf en l’espace de trois jours. Sept autres suspects, arrêtés précédemment pour complot d’incendie criminel, ont été remis en liberté sous caution assortie de conditions restrictives et demeurent sous enquête.
La commissaire adjointe Vicki Evans, coordinatrice nationale de la lutte contre le terrorisme, a indiqué que l’enquête avance à un rythme soutenu : les autorités s’emploient à identifier et à arrêter toutes les personnes impliquées ou ayant participé à la planification de la récente vague d’incendies criminels antisémites dans le nord-ouest de la ville. Elle a précisé qu’une première condamnation avait déjà été prononcée dans cette affaire, et que sept autres suspects avaient été inculpés d’infractions liées à l’incendie volontaire.
Une vague d’incendies criminels contre des cibles juives
Depuis le mois de mars, plusieurs tentatives d’incendie criminel antisémites ont été perpétrées ou déjouées dans la ville, ciblant notamment des ambulances communautaires à Golders Green, ainsi que d’autres objectifs, dont deux synagogues et une organisation caritative juive. Un drone a également été signalé à proximité de l’ambassade d’Israël, une affaire toujours en cours d’investigation. La police a indiqué que depuis l’incident du 23 mars, vingt-cinq personnes ont été arrêtées, dont huit ont été inculpées et une a déjà été condamnée pour incendie criminel.
Peu de temps auparavant, une tentative d’incendie criminel avait visé une synagogue à Kenton, dans le nord de Londres — la troisième du genre contre des lieux de culte juifs en une semaine. La police locale a ouvert une enquête ; l’incident n’a pas fait de blessés.
Un groupe se réclamant d’une idéologie pro-iranienne, dénommé « Ashab al-Yamin », a revendiqué l’acte et publié sur des canaux Telegram une vidéo montrant un individu s’approchant du bâtiment et lançant une bouteille incendiaire en direction de celui-ci.
D’autres incidents dans différents quartiers de la capitale
Cet incident s’ajoute à une série d’événements similaires visant des cibles juives à Londres ces derniers temps. Le vendredi précédent, la police avait été appelée dans le quartier de Hendon après qu’un individu avait déposé un sac contenant des bouteilles de liquide inflammable devant un commerce juif et y avait mis le feu. Le mardi précédent, deux suspects masqués avaient lancé des cocktails Molotov et des briques en direction d’une synagogue réformée dans le quartier de Finchley. Le mois dernier, quatre ambulances de l’organisation Hatzolah avaient été incendiées devant une synagogue du quartier de Golders Green.
L’inquiétude de la communauté juive britannique
La communauté juive de Grande-Bretagne est profondément préoccupée par la situation. Le Grand Rabbin de Grande-Bretagne, sir Ephraïm Mirvis, a déclaré qu’une « campagne soutenue de violence et d’intimidation contre la communauté juive britannique prend de l’ampleur ».
L’organisation « Campaign Against Antisemitism » a vivement critiqué la gestion de cette vague d’attaques par les autorités, la qualifiant d’« échec catastrophique de l’État ». L’organisation a appelé le gouvernement britannique à désigner les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste, en tant que première mesure pour faire face à ce qu’elle décrit comme une radicalisation et une ingérence étrangère. Le président du Conseil des délégués des communautés juives, Phil Rosenberg, a de son côté souligné que la communauté juive « ne se laissera pas intimider par ces actes de haine ».
Le 12 Iyar marque le jour du Yahrtzeit de Rav ‘Haïm Yaakov Vidrevitz, ‘hassid du Tsema’h Tsedek et du Rabbi Maharach, qui servit comme Rav de Moscou avant de s’établir à New York, où il devint l’une des figures rabbiniques les plus marquantes de son époque. Infatigable défenseur de la vie juive traditionnelle dans une Amérique en pleine effervescence, il consacra ses forces au renforcement de la cacheroute et à la construction des micvaoths. Son génie, son wit légendaire et son influence profonde lui valurent une renommée qui dépassa largement les frontières de sa communauté.
Une jeunesse prodige à l’ombre du Tsema’h Tsedek
Rav ‘Haïm Yaakov Vidrevitz naquit à Dobromisla, dans le gouvernorat de Mohilev, le 8 Kislev 5596 (1835). Fils de Reb Binyamin, il maîtrisa très jeune l’ensemble du Talmud et des Poskim, révélant dès l’enfance un génie hors du commun. Issu d’un milieu non ‘hassidique, c’est sur les conseils d’un ami qu’il se rendit à Loubavitch pour rejoindre les yoshvim du Tsema’h Tsedek — ces jeunes hommes studieux qui venaient s’y établir pour de longues périodes d’étude, pris en charge par le Rabbi lui-même.
Après son mariage avec Tamara, il fut nommé Rav dans plusieurs bourgades de Russie Blanche. En 5636 (1876), le Rabbi Maharach l’envoya à Moscou pour y assumer la fonction de Rav ‘hassidique, poste qu’il occupa pendant quinze ans, lui valant le titre de « Moskver Rov ».
Le rayonnement du « Rav de Moscou »
À Moscou, sa réputation de grand Gaon et de Posek éminent se répandit dans tout l’Empire russe et au-delà. Les enfants du Tsema’h Tsedek lui confièrent la mission d’organiser les manuscrits et de préparer l’édition des responsa de leur père — un travail colossal qu’il mena à bien sur deux ans, et sans lequel ces écrits fondamentaux ne nous seraient pas parvenus.
Farouche adversaire des Maskilim qui cherchaient à transformer le mode de vie juif traditionnel, il se battit sans relâche pour préserver l’intégrité de la Halakha. C’est également le Rabbi Rachab qui l’appela à superviser la rénovation de la mikveh de Loubavitch, tombée en désuétude après le décès du Rabbi Maharach.
L’exil américain : un nouveau théâtre d’action
En 5651 (1891), dans le sillage des turbulences politiques qui secouèrent la Russie et de l’attentat contre le tsar, une grande partie des Juifs de Moscou fut expulsée. Rav Vidrevitz décida alors de prendre le chemin des rives américaines. Il fut nommé Rav de la synagogue Loubavitcher-Nyezhiner, sise sur Henry Street, dans le quartier de l’East Side de New York. Quatre ans plus tard, il eut la joie de retrouver l’éminent ‘hassid Reb Avraham ‘Haïm Rosenbaum, qui avait correspondu avec lui avant son départ et reçu l’assurance qu’il l’aiderait à s’établir à son arrivée.
À New York, son étoile brilla d’un éclat nouveau. Il accomplit une œuvre considérable pour renforcer la vie juive dans cette « medineh treyfa », s’attaquant tout particulièrement aux questions de cacheroute et de micvaoths. Il travailla aussi bien de manière indépendante qu’aux côtés du « Rav Hakolel », Rav Yaakov Yossef, pour instaurer un ordre là où régnait le chaos.
L’esprit, le verbe et la célébrité
Malgré un trouble de la parole, les gens venaient de loin pour entendre ses drashot et lui soumettre leurs litiges. Son esprit acéré et son génie juridique lui valurent une renommée dans toute la presse judéo-américaine en langue yiddish.
On raconte qu’un jour, un associé en affaires l’accusa publiquement de malhonnêteté. Sans se démonter, le Rav répondit à son contradicteur : « Moi, je suis un menteur, et toi, tu bégaies ! » L’autre, interloqué, répliqua : « C’est toi qui bégaies ! » — « Oui, dit le Rav, mais si tu m’accuses de tes propres défauts, je t’accuserai des miens ! »
Il porta à diverses reprises le titre de « Grand Rabbin d’Amérique », titre que ses détracteurs lui contestèrent. Lorsqu’on lui demanda qui l’avait nommé à ce poste, il répondit avec humour : « Le peintre en lettres ! »
Les tensions avec l’Agoudas HoRabbanim
Après le décès de Rav Yaakov Yossef — le Rav Hakolel — en 5662 (1902), la plupart des Rabbanim se regroupèrent pour former l’Agoudas HoRabbanim. Pour des raisons qui nous échappent, Rav Vidrevitz refusa d’y adhérer et entra même en opposition avec cette institution.
Lorsque l’Agoudas HoRabbanim déclara que seuls ses propres cacherout et ché’hita méritaient confiance, Rav Vidrevitz rétorqua publiquement que cette déclaration, quoique bien intentionnée, constituait un ‘Hilloul Hachem, car elle discréditait de nombreux Rabbanim pieux et compétents qui n’avaient pas rejoint l’organisation, dont les hechsherim étaient tout aussi fiables, voire supérieurs.
Ses adversaires — principalement des figures du monde lituanien — tentèrent de le dépeindre comme irrespectueux envers le Rav Hakolel et négligent en matière de Halakha. En réalité, c’est tout le contraire : il fut l’un de ceux qui se tint aux côtés de Rav Yossef, tandis que ses principaux opposants étaient deux éminents Rabbanim lituaniens.
Il prit également part au comité chargé de recruter Rav Yaakov Dovid Wilowski de Slutsk — le Ridvaz — pour succéder au Rav Hakolel, témoignant ainsi de son souci profond de l’unité et de la qualité du leadership rabbinique en Amérique.
La polémique Hirshenson
Rav Vidrevitz s’opposa avec vigueur à un Rav controversé récemment arrivé aux États-Unis, établi à Hoboken dans le New Jersey : le Rav ‘Haïm Hirshenson. Celui-ci, alarmé par l’état déplorable de la vie juive en Amérique, avait rédigé avec de bonnes intentions un ouvrage intitulé Halichot Olam, visant à introduire des assouplissements halakhiques pour les masses. Rav Vidrevitz publia de nombreux articles contre lui et ses écrits dans la revue Hamitspah, défendant l’intégrité du droit rabbinique traditionnel.
Une mort soudaine, une ville sous le choc
Rav Vidrevitz, qui résidait au 222 Henry Street, avait été reconnu depuis le décès de Rav Yaakov Yossef comme le Grand Rabbin de la ville. Depuis six mois déjà, sa santé déclinait, mais c’est une semaine avant sa mort que son état devint véritablement alarmant. Il s’éteignit brusquement tôt le matin du 12 Iyar 5671 (1911), et c’est à la demande expresse de sa famille que la levayah fut organisée dès l’après-midi même. La nouvelle de sa disparition se répandit comme une onde de choc dans tout l’East Side, causant une surprise et une douleur immenses. Il avait 75 ans.
Tout au long de ses années new-yorkaises, il avait été l’arbitre incontesté d’innombrables litiges familiaux dans le quartier. Homme de Torah autant qu’homme du monde, il recevait aussi bien les érudits que les simples gens, les industriels et les hommes d’affaires qui venaient soumettre leurs différends à sa sagesse.
Une levayah hors du commun : la ville s’arrête
Le cortège funèbre fut à la mesure de l’homme : long de près d’un kilomètre, il s’étira sur tout le parcours, même après que les piétons eurent finalement abandonné la marche, ne laissant plus que les calèches poursuivre leur route. La foule massée sur les trottoirs était si dense et si émue que des incidents éclatèrent lorsqu’un cocher tenta de forcer le passage à travers le cortège. Des voix s’élevèrent : « Faites-le reculer ! » Les uns frappaient les chevaux, d’autres s’agrippaient à la voiture pour la tirer en arrière, entraînant les bêtes avec elle. Le cocher résista d’abord, mais l’arrivée des policiers, qui lui ordonnèrent de cesser de vouloir s’imposer, finit par rétablir l’ordre.
Le convoi franchit finalement le pont de Williamsburg pour rejoindre le cimetière de Bayside, où Rav Vidrevitz fut inhumé auprès de son fils Yossef Tsvi, qui l’avait précédé dans la mort. Une grande matséva fut érigée sur leurs deux tombes.
Un hommage de la presse et une œuvre impérissable
Le Morgen-Journal, grand quotidien yiddish de l’époque, lui rendit cet hommage : il fut l’un des plus grands géonim de son temps, versé non seulement dans la Torah, mais aussi dans les affaires du monde ; de grands industriels et hommes d’affaires venaient le consulter pour trancher leurs litiges. Ses propres écrits ne furent jamais publiés en recueil, mais son souvenir demeure vivant dans les textes du Tsema’h Tsedek qu’il compila avec tant de soin, ainsi que dans ses contributions éparses à diverses publications et archives rabbiniques.
Des milliers de fidèles envahissent les rues de New York pour rendre un dernier hommage au Grand Rabbin Weiderowitz
Source : The New York Times, 11 mai 1911
La disparition du Grand Rabbin Yaakov Weiderowitz a plongé l’ensemble de la communauté juive du Lower East Side dans le deuil. Plus de cinq mille fidèles ont suivi le cortège funèbre à travers les artères animées de Manhattan, transformant une simple procession en un témoignage populaire d’une ampleur sans précédent. La cérémonie, marquée par les chants liturgiques des chœurs de six synagogues, restera gravée dans la mémoire collective comme les plus grandes funérailles jamais organisées dans ce quartier depuis la mort du Grand Rabbin Yaakov Yossef.
Un cortège d’un kilomètre traverse le Lower East Side
Le jeudi 11 mai 1911, plus de cinq mille membres des congrégations du Lower East Side ont accompagné la dépouille du Grand Rabbin Yaakov Weiderowitz le long de Henry Street, Pike Street, East Broadway et Hester Street, en direction du pont de Williamsburg. Le cortège a emprunté un itinéraire solennel, longeant six synagogues et trois institutions caritatives juives, devant lesquelles des chœurs stationnés sur le parvis entonnaient des élégies funèbres tandis que des officiants récitaient des prières pour le repos de l’âme du Grand Rabbin. Il s’agissait là des plus grandes funérailles organisées dans ce quartier depuis la mort du Grand Rabbin Yaakov Yossef, neuf ans auparavant.
Afin d’éviter que ne se reproduisent les scènes de désordre et d’émeute qui avaient accompagné ce précédent enterrement, une vingtaine de policiers avaient été dépêchés pour encadrer le convoi, maintenir le calme et empêcher toute interruption de la circulation durant le passage de la procession. Néanmoins, lorsqu’un cocher d’une voiture à cheval tenta de forcer le passage à travers le cortège au moment où les chants funèbres retentissaient devant l’école de Torah de East Broadway, des membres de la foule se précipitèrent sur l’attelage, saisirent les chevaux et repoussèrent le véhicule. Le conducteur résista, mais fut contraint de renoncer sous la pression des émeutiers ; il fallut l’intervention des forces de l’ordre pour le dégager et le mettre à l’abri.
La procession, longue de près d’un kilomètre, a progressé solennellement — même après que ceux qui la suivaient à pied se furent dispersés — et a finalement franchi le pont de Williamsburg en direction du cimetière de Bayside, à Brooklyn.
Biographie d’un grand serviteur de la communauté
Le Grand Rabbin Weiderowitz résidait au 222 Hester Street. Il était devenu la figure religieuse la plus éminente du Lower East Side depuis la mort du Grand Rabbin Yaakov Yossef, dont il avait été reconnu comme le successeur à la tête du rabbinat de la communauté. Son décès est survenu de manière soudaine, tôt dans la matinée du mercredi, alors qu’il avait souffert d’une santé déclinante durant les six derniers mois ; son état s’était considérablement aggravé au cours de la semaine précédente, au point que la nouvelle de sa mort, bien que redoutée, causa une grande consternation dans le quartier.
Né aux environs de Moscou voici soixante-dix ans, il était devenu Rav à l’âge de seize ans, après avoir étudié la loi talmudique. Il exerça ensuite ses fonctions rabbiniques à Moscou pendant vingt ans avant d’immigrer aux États-Unis en 1876, où il s’installa sur le Lower East Side, au cœur de la vie juive new-yorkaise. Son autorité religieuse, sa rigueur halakhique et sa proximité avec les fidèles lui valurent une réputation exceptionnelle, qui transparut dans l’ampleur populaire des funérailles qui lui furent consacrées.
Une erreur de presse concernant la veuve du général Hancock
Une dépêche en provenance de Memphis, Tennessee, publiée dans le Times du 8 mai, avait semblé annoncer le décès de Mme Winfield Scott Hancock, veuve du général et candidat à la présidence contre Garfield en 1880. Cette information était inexacte : c’est en réalité la veuve de Russell Hancock, fils du général, qui venait de mourir. La défunte, qui avait conservé le nom de Mme Hancock après s’être séparée de son second mari, Ellerton Dorr de Boston, résidait depuis vingt ans dans un domaine situé près de Brookdale, dans le Mississippi. Elle est survécue par un fils, le capitaine Winfield Scott Hancock Jr., en poste à Fort Constitution, dans le New Hampshire. C’est Oliver de Bois Roelker, du 303 West First Street, unique frère de la véritable veuve du général, qui a signalé cette erreur à la rédaction du Times. La première Mme Hancock, pour sa part, est décédée dans cette ville il y a plus de dix-sept ans.
Nécrologie : le contre-amiral William Campbell Gibson
Le contre-amiral William Campbell Gibson, officier en retraite de la Marine des États-Unis, est décédé hier à son domicile du 1412 Pacific Street, à Brooklyn. Né à Albany en 1838, il s’engagea dans le service volontaire au début de la guerre de Sécession. Il fut notamment commandant du vapeur affrété City of Peking et de l’Olympia en 1898, navire qui transporta le Premier régiment de volontaires de Californie jusqu’à Manille. En 1900, il prit le commandement du cuirassé Texas ; le 23 juillet de cette même année, jour de son soixante-deuxième anniversaire, il fut promu au rang de contre-amiral. Il avait épousé, à l’été 1875, Aurelia A. Holbrook. Il laisse dans le deuil son épouse et trois enfants.
Cent vingt Chlou’him et Chlou’hoth au service de la présence juive dans plus de 40 pays d’Europe et d’Afrique se sont réunis sur l’île grecque de Mykonos pour un Kinous régional de deux jours, transformant ce haut lieu de la vie nocturne en un véritable centre de continuité juive. Entre ateliers stratégiques, sessions de Torah et Farbrengouens animés jusqu’au cœur de la nuit, les émissaires ont partagé leurs expériences de terrain et renforcé leur détermination commune. Au-delà des défis, c’est un message de renaissance que ces Chlou’him ont ramené de Grèce : là où l’on crée un accès, les Juifs répondent.
Un carrefour inattendu pour la vie juive mondiale
Pendant deux jours, l’île ensoleillée de Mykonos, bien plus connue pour ses plages et sa vie nocturne que pour son dynamisme juif, s’est muée en un centre névralgique de la continuité du peuple juif. Cent vingt Chlou’him et Chlou’hoth, représentant la présence juive principale dans plus de 40 pays d’Europe et d’Afrique, se sont réunis pour un Kinous régional afin d’élaborer des stratégies, de collaborer et d’affronter ensemble une réalité partagée : dans de vastes régions du monde, ils sont souvent la seule adresse disponible pour toute vie juive.
Le Kinous, coordonné par le Rav Chnéour Nejar et le Rav Mendy Kotlarsky du bureau du Kinous, a été accueilli par les Chlou’him en chef de Grèce, le Rav Mendel et Né’hama Hendel, ainsi que par les Chlou’him de Mykonos, le Rav Ouziel Mochè et Chterna Sarah Friedland.
Deux jours entre planification stratégique et ressourcement spirituel
Ce rassemblement de deux jours a associé planification stratégique, ateliers pratiques, étude de la Torah et Farbrengouens nocturnes, créant ce que les participants ont décrit comme un sommet professionnel autant qu’un moment de ressourcement profondément personnel. Un programme parallèle a été organisé pour les Chlou’hoth, comprenant ateliers, sessions d’étude et Farbrengouens.
À une époque où beaucoup pointent le déclin de l’affiliation juive et la montée de l’antisémitisme en Europe, le message qui a émergé de Mykonos était remarquablement différent. Loin de tout repli, ces émissaires ont décrit une renaissance : des Juifs qui cherchent à renouer avec leurs racines dans des lieux où, jusqu’à récemment, il n’y avait rien pour les accueillir.
« Les Chlou’him constituent le système de soutien mondial du peuple juif », a déclaré le Rav Mendy Kotlarsky, directeur de la Conférence internationale des Chlou’him. « Dans nombre de ces pays, lorsqu’un Juif arrive, que ce soit pour affaires, voyage ou installation, le Chalia’h est souvent la seule adresse familière. Notre responsabilité est de veiller à ce qu’aucun Juif, où qu’il se trouve, ne se sente seul. »
Des émissaires au cœur des communautés fragiles
Le rassemblement a réuni des Chlou’him de villes et de régions où la vie juive est souvent fragile ou dispersée, beaucoup d’entre eux servant des populations marquées par des taux élevés de mariages mixtes, un accès limité à l’éducation juive et un isolement géographique. Et pourtant, dans ces environnements, des Juifs auparavant désengagés font un pas en avant dès qu’on leur en offre la moindre occasion.
Pour le Rav Mendy Sternbach, en poste à Lagos, cette réalité est vécue de manière très personnelle.
« Vivre dans une petite communauté signifie que construire et entretenir des relations est absolument essentiel », a-t-il confié. « Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser qui que ce soit passer entre les mailles du filet. »
Dans des villes comme Lagos, loin des grands centres de population juive, les défis sont constants, mais le sentiment de responsabilité l’est tout autant.
« Participer au Kinous me permet d’apprendre de collègues qui vivent des situations similaires et d’obtenir des conseils éprouvés », a ajouté le Rav Sternbach. « Malgré un voyage très long et coûteux, ma communauté soutient mon déplacement parce qu’elle estime en bénéficier elle aussi. »
Des sessions enrichissantes portées par des figures rabbiniques de premier plan
Les sessions du Kinous ont proposé des ateliers pratiques et des conférences animées par d’éminentes figures rabbiniques. Le Rav Mena’hem Mendel Gluckowsky, qui dirige la communauté Habad de Rehovot, a prononcé une conférence halakhique approfondie avant de présider un Farbrenguen nocturne. Le Rav Efraïm Mintz, directeur du Rohr Jewish Learning Institute, a animé des sessions sur l’expansion des initiatives d’étude de la Torah à l’échelle mondiale. Le Rav Dovid Naparstek s’est quant à lui penché sur les défis de la gestion efficace du temps dans le cadre de la Chélikhout.
D’autres sessions ont porté sur la communication avec les communautés en période de tensions mondiales, avec les interventions du Rav Its’hak Loewenthal, du Rav Noa’h Majesky et du Rav Tan’houm Matousof, qui ont offert des outils pratiques tirés de leur expérience de terrain.
Le programme du soir a inclus une assemblée formelle animée par le Chalia’h à Istanbul, le Rav Mendy Chitrik, accompagnée des allocutions d’ouverture du Rav Ouziel Mochè Friedland et du Rav Mendy Kotlarsky, qui ont souligné l’urgence du moment et la responsabilité que porte chaque Chalia’h. Le Rav Uri Medina et le Rav Mendel Siboni ont également pris la parole.
Des témoignages innovants sur le terrain
Une série de courtes présentations de style TED a mis en lumière des approches novatrices issues du terrain : tisser des liens avec des Juifs isolés, transformer des populations touristiques de passage en connexions communautaires durables, ou encore maintenir une identité juive forte dans des environnements multiculturels diversifiés.
« On entend souvent dire que la vie juive en dehors des grands centres est en déclin », a souligné le Rav Kotlarsky. « Ce que nous observons sur le terrain, c’est tout le contraire. Lorsqu’on crée un accès, lorsqu’on se montre présent de manière constante, les gens répondent. Des communautés entières se construisent une relation à la fois. »
Des récits de renaissance et de retour aux sources
Tout au long du Kinous, les participants ont partagé des récits d’individus redécouvrant leur patrimoine, de familles renonant avec la tradition et de nouvelles communautés prenant forme dans des lieux improbables. Une session collaborative centrale, intitulée Techouva B’Rov Yo’ets, a été consacrée à la prise de décision stratégique, au développement communautaire et à la mise en place d’infrastructures pérennes dans les communautés juives émergentes.
Le rassemblement a culminé lors d’un banquet central où le Rav Binyamin Wolf a prononcé l’allocution principale, rejoint par l’invité d’honneur Mochè Andrez, qui a évoqué son lien personnel avec Habad et sa mission mondiale.
Vers un monde où aucun Juif n’est laissé pour compte
Le rassemblement a également réaffirmé un engagement plus large : garantir qu’aucun Juif, quelle que soit la remoteness de sa localisation, ne soit privé d’accès à la vie juive. Des plans ont été discutés pour étendre la présence Habad dans des pays qui ne disposent pas encore de Beth Habad permanent, tout en renforçant la collaboration régionale entre les implantations existantes.
« Ce Kinous a été un renforcement pour les Juifs locaux et les visiteurs de Mykonos », a témoigné le Rav Friedland. « Mykonos n’est pas un endroit où la Torah et la vie juive ont traditionnellement été ressenties. Cette fois, la présence des Chlou’him, les Farbrengouens et la chaleur de la Yiddishkeit et de la ‘Hassidout ont imprégné tout l’environnement de vie juive. »
S’il fallait dégager un thème unificateur de Mykonos, ce serait celui d’une détermination tranquille mais inébranlable.
« La vision du Rabbi n’a jamais été limitée aux grandes villes ou aux communautés établies », a conclu le Rav Kotlarsky. « Elle visait à atteindre chaque Juif, où qu’il se trouve. Aujourd’hui, nous voyons cette vision prendre vie dans des endroits qui semblaient autrefois totalement hors de portée. »
Non pas à travers de grandes institutions ou des campagnes d’envergure, mais grâce à un lien personnel et constant, un Juif à la fois.
Gershon Burkis, membre du conseil religieux de Lod, a fondé la « Bibliothèque Ma’hanaïm », une initiative pionnière dans le domaine de l’édition de littérature de qualité pour enfants, ancrée dans les valeurs de la sainteté juive. Guidé à chaque étape par les conseils et la bénédiction du Rabbi de Loubavitch, il a bâti une œuvre qui rayonne depuis plusieurs décennies.
Les débuts dans l’édition : un petit livre de Tehilim
Quelques années après mon mariage, je me suis lancé dans l’édition. Ma première initiative fut la publication d’un livre de Tehilim miniature, au format quatre sur six centimètres. Lors d’un voyage auprès du Rabbi en 5735 (1975), j’eus le privilège d’être reçu en yé’hidout. J’avais prévu de lui remettre un exemplaire de ce Tehilim, mais le secrétaire, le Rav Leibel Groner, m’informa que, compte tenu de la charge importante et des contraintes de temps, il avait été décidé de ne plus remettre quoi que ce soit au Rabbi lors des yé’hidout : tout devait être déposé au secrétariat, qui se chargerait de le transmettre. Je m’exécutai.
Au cours de l’entretien, le Rabbi sortit du tiroir le Tehilim qui lui avait été remis au préalable et le feuilleta. Il s’enquit ensuite du succès commercial de l’ouvrage : « Comment ça marche ? » Après que je lui eus répondu « Baroukh Hachem », il ajouta : « J’ai entendu dire que dans l’armée, ça marche bien », voulant dire que les petits livres de Tehilim étaient très demandés parmi les soldats comme ségoula de protection et de salut. Puis le Rabbi demanda : « As-tu vu qu’il existe un ‘Houmach de ce format avec Rachi ? » Je lui répondis que dans ce format miniature, je n’avais vu qu’un ‘Houmach sans le commentaire de Rachi, publié par les éditions Sinaï. « Il existe un tel ‘Houmach avec le commentaire de Rachi », affirma le Rabbi, « bien que je ne sache pas si le texte du commentaire y soit exact. » Pendant des années, je cherchai le ‘Houmach dont le Rabbi avait parlé, et je finis par trouver un ‘Houmach miniature avec le commentaire de Rachi aux éditions Levin-Epstein, légèrement plus grand que mon Tehilim.
Six formats de Tehilim et l’essor de l’impression informatisée
Par la suite, je publiai des livres de Tehilim en six formats différents. À cette époque, l’informatique commençait à s’imposer dans le domaine de la composition et de l’impression, ce qui me permit de produire des textes avec une mise en page nouvelle et claire, en caractères lisibles, avec vocalisation et cantillation. Lorsque mon épouse se rendit auprès du Rabbi, elle lui remit le nouveau Tehilim, et il lui offrit un dollar supplémentaire : « Pour votre mari qui imprime. »
Un manque criant de livres de qualité pour enfants religieux
En voyant grandir mes enfants, je constatai qu’il existait un réel manque de lecture de qualité pour les enfants du public religieux et ‘haredi. Il y avait des livres de lecture généraux, dépourvus de contenus judaïques, de sainteté et de tradition d’Israël, et çà et là quelques livres pour enfants publiés dans le milieu ‘haredi — mais ceux-ci étaient pour la plupart des récits inventés, fruits de l’imagination de leurs auteurs. Ils intégraient certes des valeurs de Torah, de Mitsvot et de crainte du Ciel, mais j’estimai qu’il conviendrait de publier des histoires vraies et fondées, tirées des sources de nos Sages dans les aggadot du Talmud et les Midrachim, ou des récits de Tsadikim issus de la documentation de la vie et des comportements des sages d’Israël au fil des générations. De tels récits, retravaillés et formulés dans une langue adaptée aux enfants, accompagnés d’illustrations belles et attachantes, pourraient certainement exercer une influence bénéfique sur les enfants d’Israël.
La bénédiction du Rabbi et ses orientations précises
La fois suivante où je me rendis auprès du Rabbi, en 5737 (1977), j’entrai à nouveau en yé’hidout, et dans le billet que je lui remis, je l’interrogeai sur l’idée de publier des récits de Tsadikim et de nos Sages — « La chose en vaut-elle la peine ? » En réponse à cette question, le Rabbi dit : « Bien qu’il existe déjà des récits de ce genre, tu veilleras à ce que les histoires que tu publieras soient de la meilleure qualité. Après consultation d’experts dans le domaine, tu t’assureras que les illustrations soient de bon niveau et professionnelles, et que le papier et l’impression soient de qualité. Tout ce qui contribue à l’éducation mérite certainement qu’on s’en occupe. »
Dans le contexte du bouleversement politique qui se produisit alors en Israël avec l’arrivée de la droite au pouvoir et la formation du gouvernement par Mena’hem Begin — qui nomma un ministre de l’Éducation religieux, Zevouloun Hammer —, le Rabbi me prodigua un conseil supplémentaire : « Puisque les orientations éducatives sont sur le point de changer, il serait judicieux de consulter le ministère de l’Éducation sur ses objectifs et ses orientations. » De retour en Israël, je me rapprochai de l’inspecteur chargé des manuels scolaires au ministère de l’Éducation, et rencontrai même une commission spécialisée dans le domaine des livres pour enfants. L’un des points qu’on me souligna fut leur souhait de mettre l’accent sur les sages d’Israël issus des communautés orientales. En conséquence, je veillai effectivement à publier plusieurs récits de Tsadikim parmi les grands maîtres d’Israël séfarades.
La rencontre avec le peintre : authenticité et âme
L’une des premières tâches fut de trouver un illustrateur adapté. Après plusieurs recherches, je trouvai un peintre qui avait travaillé pour les éditions Sinaï sur une série de récits bibliques, et qui semblait avoir le potentiel pour illustrer dans le style requis par notre projet. Il nous fallut du temps pour le localiser, car nous n’avions ni son adresse ni son numéro de téléphone, mais nous finîmes par trouver son domicile à Bat Yam. Nous le rencontrâmes, nous discutâmes, et il fut impressionné par le projet. Il commença à illustrer pour nous.
Il s’appelait ‘Haïm (Henryk) Hekhtkopf, né à Varsovie, en Pologne. Pendant la guerre, il avait fui à Tachkent, en Union soviétique, mais il se souvenait parfaitement de l’atmosphère qui régnait à Varsovie avant la Shoah. Il investissait toute son énergie et son âme dans ses illustrations. Il commençait par réaliser des esquisses, réfléchissant longuement à la manière d’exprimer au mieux dans le dessin ce qu’il souhaitait représenter. Il menait des recherches historiques et adaptait les vêtements et le style au pays et à l’époque où se déroulait le récit. Ses illustrations étaient en effet d’une grande authenticité, pleines d’émotion et de vie.
Un illustrateur entièrement dévoué à Ma’hanaïm
Après qu’il eut commencé à travailler avec nous et que les livres eurent été publiés, des sollicitations lui parvinrent de toutes parts pour qu’il illustrât également pour d’autres, mais il les déclina toutes. « Je n’illustre que pour Ma’hanaïm », disait-il. C’était un Juif solitaire, veuf de sa seconde épouse. Il exprima un jour sa conviction que, selon lui, les seuls Juifs qui resteraient à la fin seraient ceux qui craignent D.ieu, et qu’il souhaitait que ses illustrations demeurent chez eux comme une sorte de stèle mémorielle.
La qualité d’impression comme directive du Rabbi
Après m’être mis d’accord avec l’illustrateur, je trouvai quelqu’un pour adapter et rédiger les histoires dans un style adapté aux enfants, et les premiers récits commencèrent à paraître. Nous fîmes tout notre possible pour imprimer les livres de la manière la plus professionnelle et la plus soignée, conformément aux instructions du Rabbi. Les illustrations en couleur étaient envoyées en Italie pour le processus dit de « séparation des couleurs », car à cette époque cette technologie n’existait pas en Israël et les équipements étaient désuets. En raison du coût élevé, une partie des illustrations était imprimée en noir et blanc. Cela exigea un effort particulier de la part de l’illustrateur, mais il travailla dur et parvint à créer des illustrations de qualité en nuances de gris. Au début, nous envoyions au Rabbi chaque nouveau fascicule paru, et à chaque fois nous avions le privilège qu’il y répondît, avec bénédictions et encouragements : « Les fascicules ont été reçus », « Grand merci », « Une parole en son temps », et ainsi de suite.
La yé’hidout de 5741 : l’importance de la diffusion
En 5741 (1981), j’eus à nouveau le privilège de me rendre auprès du Rabbi et d’être reçu en yé’hidout. Le Rabbi s’enquit de l’identité du distributeur des livres en Israël. Quand je lui indiquai le nom du commerçant, il demanda : « Il vend seulement des livres, ou il les distribue aussi ? Il sait commercialiser ? » Je lui expliquai qu’il tenait une librairie, mais qu’il s’occupait également de distribution en gros. Le Rabbi demanda ensuite qui distribuait les livres à l’étranger. Lorsque je lui dis que je n’avais pas encore trouvé, il insista : « Il faut veiller à avoir un distributeur également à l’étranger. » Il était clair que ces livres avaient trouvé grâce aux yeux du Rabbi, qui exprima même : « C’est une bonne chose qui mérite d’être diffusée le plus possible. »
Les dollars du Rabbi et le décompte des fascicules
Après que le Rabbi eut cessé de recevoir en yé’hidout, une nouvelle tradition s’instaura : la distribution de dollars pour l’accomplissement de Mitsvot, les dimanches. Dès lors, à chaque visite auprès du Rabbi, j’apportais avec moi tous les livres publiés depuis ma visite précédente, et je les lui remettais au moment où je passais devant lui lors de la distribution des dollars. Les secrétaires avaient l’habitude de prendre les livres apportés par les gens et de les mettre de côté, mais le Rabbi demandait toujours qu’on les sorte et qu’on compte le nombre de fascicules, et m’accordait un dollar supplémentaire pour chacun d’entre eux.
Cent trois récits, neuf langues et une réédition en cours
La collection complète comprend cent trois récits. Au départ, chaque récit paraissait sous forme de fascicule individuel, puis je publiai chaque groupe de quatre fascicules en un volume relié. Les récits furent également traduits et publiés en neuf langues : hébreu, yiddish, anglais, français, espagnol, russe, portugais, italien, et certains également en géorgien. Récemment, nous avons publié une partie des livres avec pelliculage et emballage plastifié, et nous travaillons actuellement à une réédition des livres, adaptée aux enfants en bas âge, dans un format agrandi, avec les récits retravaillés en vers.
Une bénédiction particulière sur « Ma’hanaïm »
Nous avons eu le mérite de voir une bénédiction particulière se poser sur la « Bibliothèque Ma’hanaïm ». Beaucoup ont publié des livres pour enfants, mais personne n’a réussi à tenir la durée, à progresser et à continuer de s’épanouir comme la « Bibliothèque Ma’hanaïm », qui offre aux enfants une véritable éducation et une crainte du Ciel pure — et tout cela grâce aux instructions et à la bénédiction reçues du Rabbi de Loubavitch.
La bibliothèque Ma’hanaïm : présentation générale
La Bibliothèque Ma’hanaïm est une maison d’édition connue principalement pour sa série de fascicules pour enfants intitulée « Mé-sipourey Tsadikim » (Des récits de Tsadikim), qui compte 120 histoires de Tsadikim.
La société fut fondée dans les années soixante-dix par Gershon et Penina Burkis, ‘Hassidim de Habad de Lod, en réponse au manque qui existait alors en matière de livres de lecture ‘haredim pour enfants. La série parut avec la bénédiction du Rabbi de Loubavitch, qui fut étroitement associé aux détails de l’édition. Il donna instruction de s’initier auprès des professionnels à l’art de l’édition de livres pour enfants, d’adapter les contenus au nouveau programme du ministère de l’Éducation — alors dirigé par le ministre Zevouloun Hammer sous le gouvernement de Mena’hem Begin —, et ordonna également que les fascicules soient diffusés aux États-Unis.
La série fut publiée dans un premier temps sous l’égide des institutions Habad de Kiryat Gat, puis de manière indépendante.
Contenu et réalisation de la série
La série « Mé-sipourey Tsadikim » rassemble des récits historiques de Tsadikim puisés dans diverses sources, rédigés par Penina Burkis et Bella Golombovitch. Les fascicules sont ornés d’illustrations, pour la grande majorité dues à ‘Haïm Henryk Hekhtkopf — les seize derniers récits ayant été illustrés par Sema’houv Zeli. En tête de chaque récit figure la mention suivante : « Remarque : les illustrations ont pour but de rendre le récit vivant pour l’enfant ; elles n’ont aucunement pour intention de représenter la figure du Tsadik. »
La série compte 120 histoires, disponibles en différents formats : plusieurs récits en volume relié, récits individuels en brochure souple, éditions pelliculées et plastifiées. Une partie d’entre eux a été traduite en neuf langues, dont l’anglais, l’espagnol, le français, le russe et le yiddish.
Au fil des ans, ces livres sont devenus des classiques incontournables dans le milieu ‘haredi — et ils le demeurent encore aujourd’hui, malgré un style quelque peu daté.
Des films inspirés de la série
Yehouda Groubeyis est marié à Malka (Mali), fille de Brakha Knoblovitch, l’une des rédactrices de la série « Mé-sipourey Tsadikim ». C’est par le biais de sa familiarité avec cette collection qu’il fut amené à réaliser plusieurs films du cinéma ‘haredi adaptés de certains volumes de la série : Koa’ham chel Tehilim (La force des Tehilim, adapté du récit « Grâce à la récitation des Tehilim »), HaDov HaMerakéd (L’ours dansant), HaDerékh LaTorah (La voie de la Torah), Tsedaka Tatsil MiMavet (La Tsedaka sauve de la mort, adapté du récit « Le mariage qui sauva »), Pidyon Chevouïm (Le rachat des captifs, adapté du livre « Le collier »), Dama ben Netina (adapté du livre « L’honneur dû au père »), et Nitsots BaAfelah (Une étincelle dans l’obscurité, adapté du récit « Des bougies dans les ténèbres »).
Dans la paracha Emor, la Torah ordonne de compter le Omer depuis Pessa’h jusqu’à Chavouot ; mais le mot hébreu וספרתם, traduit habituellement par vous compterez», exprime également l’idée de rayonnement, comme dans le terme even saphir — une pierre lumineuse. C’est sur ce double sens que Rabbi Chneor Zalman de Liadi, l’Ancien Rabbi, fonde tout son enseignement : la mitsva du compte du Omer vise à faire resplendir en nous la lumière divine en purifiant notre âme animale au cours des quarante-neuf jours qui séparent la sortie d’Égypte du don de la Torah. Ce Maamar — extrait du Likoutei Torah et traduit intégralement en français — dévoile la dynamique spirituelle de Pessa’h et de Chavouot, de la prière et de l’élévation de l’âme, jusqu’à la réception de la volonté divine dans les lettres mêmes de la Torah.
Chapitre premier — Vous compterez» : vous rayonnerez
La paracha Emor prescrit au peuple juif d’observer les fêtes solennelles. Elle inclut notamment la mitsva d’apporter l’offrande du Omer le deuxième jour de Pessa’h, et de compter les jours depuis cette offrande jusqu’à Chavouot. La Torah dit ainsi :
D.ieu parla à Moïse en disant : Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : lorsque vous entrerez dans le pays que Je vous donne et que vous en moissonnerez les grains, vous apporterez au prêtre une mesure — le Omer — des premières récoltes. Le prêtre agiteras le Omer devant D.ieu pour qu’il vous soit agréable ; le lendemain du premier jour de fête, le prêtre l’agitera. Vous compterez pour vous-mêmes à partir du lendemain du premier jour de fête, du jour où vous avez apporté le Omer agité : sept semaines complètes. Jusqu’au lendemain de la septième semaine, vous compterez cinquante jours, et vous présenterez une offrande de farine nouvelle à D.ieu.» (Vayikra 23, 9-10, 15-16)
Le mot hébreu וספרתם — vous compterez» — peut aussi être lu comme une expression de rayonnement, au même titre que even saphir, pierre de saphir» (Yé’hezkel 1, 26), car ils partagent la même racine hébraïque ס.פ.ר. De même, les Dix Sephirot» de l’Atsilout sont une expression de ce rayonnement : elles représentent les dix modalités par lesquelles D.ieu Se révèle à nous, en faisant rayonner Sa lumière divine vers le bas.
Attirer les Sephirot vers soi-même
C’est ainsi qu’il faut comprendre l’expression וספרתם לכם : Vous ferez rayonner en vous-mêmes les Dix Sephirot de l’Atsilout, afin qu’elles illuminent « pour vous » — lachem —, ici-bas, dans le monde physique.» Le compte du Omer ne se résume donc pas à dénombrer les jours qui mènent à Chavouot : sa signification intérieure réside dans un processus particulier par lequel la lumière divine est attirée en nous.
Dans le troisième chapitre du Tanya, l’Ancien Rabbi explique que l’âme divine de chaque Juif est issue des Dix Sephirot de l’Atsilout. Faire rayonner les Sephirot» en nous signifie permettre aux dix puissances de l’âme divine de se manifester pleinement, reflétant ainsi leur source d’En-Haut. En approfondissant l’étude de la Torah et la prière, nous attirons la lumière divine qui révèle notre âme divine, et ce renforcement de notre service de D.ieu sera expliqué tout au long de ce Maamar.
Pessa’h et Chavouot : l’élan et le retour
Pour comprendre cela, précisons que Pessa’h est le temps de la Sortie d’Égypte», tandis que Chavouot est le temps du Don de la Torah». Avant de recevoir la Torah, le peuple devait compter sept semaines complètes, et ce n’est qu’après cette préparation qu’il pouvait la recevoir.
Il est écrit : Les Chayot — les anges célestes — courent dans leur aspiration vers D.ieu, puis retournent à leur place spirituelle» (Yé’hezkel 1, 14). Cela montre que dans les mondes supérieurs, tout se déroule selon ces deux mouvements : l’élan (ratso) vers D.ieu, et le retour (chouv) vers sa place. De même, Pessa’h fut une expérience d’élan vers D.ieu, et Chavouot fut une expérience de retour — attirer la révélation divine dans notre domaine.
Pessa’h fut un élan car le peuple juif quitta l’Égypte à la hâte, comme il est écrit : Vous mangerez [le sacrifice de Pessa’h] en hâte» (Chemot 12, 11), et Vous êtes sortis [d’Égypte] en courant» (Devarim 16, 3). C’est que, à ce moment-là, la révélation divine vint d’En-Haut, de l’initiative de D.ieu, comme le dit la Haggada de Pessa’h : Le Roi des rois, le Saint béni soit-Il, Se révéla à eux et les délivra» — dans la précipitation. Or, pour l’époque de la Rédemption future, il est écrit : Vous ne sortirez pas à la hâte et vous n’irez pas en courant» (Yechayahou 52, 12) : il n’y aura plus de précipitation. La sortie d’Égypte fut donc un mouvement d’En-Bas vers le Haut, dans l’aspiration vers D.ieu.
Chavouot, en revanche, fut une expérience de retour (chouv), puisqu’il s’agissait du Don de la Torah — la révélation de la volonté divine ici-bas, comme il est écrit : D.ieu descendit sur le mont Sinaï» (Chemot 19, 20), c’est-à-dire un attrait depuis le Haut vers le bas.
La sortie d’Égypte quotidienne
Il est écrit : Tu te souviendras du jour de ta sortie d’Égypte tous les jours de ta vie» (Devarim 16, 3), et nos Sages enseignent : À chaque génération, chaque personne est tenue de se considérer comme si elle-même était sortie d’Égypte» (Pessa’him 10, 5). Cela signifie que chaque jour, un Juif doit vivre spirituellement la Sortie d’Égypte».
Cette sortie d’Égypte spirituelle a lieu quotidiennement lors de la récitation du Chema Israël, lorsque nous accomplissons le commandement : Tu aimeras D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces» — au point d’être arraché à toutes nos limitations. La récitation du Chema se conclut par : Je suis D.ieu qui vous ai fait sortir d’Égypte pour être votre D.ieu.»
Dans le Tanya, chapitre 47, l’Ancien Rabbi explique comment la récitation du Chema incarne l’idée de la Sortie d’Égypte» : le mot Mitsraïm (Égypte) provient du mot metsar — limitation. Dans notre contexte, la limitation en question est la contrainte spirituelle que l’âme animale impose à l’âme divine : ses désirs et pensées physiques enveloppent la personne et obstruent le désir de son âme divine de se connecter à D.ieu. Lorsqu’un Juif récite le Chema et médite sur l’Unité de D.ieu en se rappelant que la seule chose qui compte dans sa vie est de se donner entièrement à D.ieu, cela lui permet de briser les limitations spirituelles créées par l’âme animale.
Plus précisément, depuis la bénédiction Baroukh Che’amar jusqu’à la récitation du Chema, toute cette séquence constitue une préparation pour que la personne vive la Sortie d’Égypte» et accomplisse le commandement : Tu aimeras D.ieu.»
La contemplation des anges et l’éveil de l’amour
Cette préparation consiste à méditer profondément sur le fait que les armées des cieux se prosternent devant Toi [D.ieu]» (Né’hemia 9, 6), et sur ce que nous récitons dans la prière quotidienne qui précède le Chema : Les Ophanim et les Chayot sacrés, dans un fracas retentissant, s’élèvent face aux Séraphim et proclament : « Bénie soit la gloire de D.ieu depuis Sa demeure. »» Et encore : Les Chayot frémissent d’effroi devant le Trône de D.ieu», alors qu’ils portent et sont portés avec Son Trône» — et Il a des milliers de millions de myriades d’anges qui Le servent, tous constamment dans un état d’annulation totale d’eux-mêmes devant Lui.
Tel est le sens du verset : Pour faire connaître aux fils de l’homme Ses actes puissants et la glorieuse majesté de Sa royauté» (Téhilim 145, 12). Cela renvoie à la majesté de Sa royauté — Malkhout — devant laquelle tous les anges sont totalement anéantis. Ce sentiment d’annulation de soi devant D.ieu leur vient de leur conscience que Ta royauté est la royauté de tous les mondes» (ibid., v. 13).
La signification de Ta royauté est la royauté de tous les mondes» est que la vie de tous les mondes ne provient que du niveau de Ta royauté — la Malkhout de l’Atsilout — qui n’est que le rayonnement de Son Nom». De même qu’un nom ne fournit pas d’information directe sur la personne mais sert uniquement à la relier à autrui, la révélation de D.ieu par la Sephira de Malkhout ne révèle que le rapport de D.ieu aux mondes, et non D.ieu en Lui-même.
Cette descente de la Malkhout pour créer les mondes n’est pas comparable à la façon dont l’âme donne la vie au corps, où la force vitale essentielle de l’âme est réellement investie dans le corps. En revanche, l’Essence et la Réalité de D.ieu sont élevées et sublimes», et rien ne peut Le contenir» en quelque manière que ce soit. Il était, Il est et Il sera, éternellement, sans aucun changement, comme il est écrit : Je suis D.ieu, Je n’ai pas changé» (Mala’khi 3, 6), et : Tu étais le même avant que le monde soit créé, et Tu es le même après que le monde a été créé» — sans aucun changement, et rien ne peut Le couvrir ni Le dissimuler. C’est uniquement le Nom de Sa royauté glorieuse» qui est la source de vie et d’existence de tous les mondes.
L’infinité de D.ieu et l’insignifiance des mondes
Tel est le sens de Ta royauté est la royauté de tous les mondes» : tous les mondes, même s’il en existe des milliers de millions, et que de la terre au ciel la distance est de cinq cents années de marche» (Talmud, Guiga 13a), n’ont absolument aucune valeur comparative face à Sa Lumière, qui est littéralement Infinie. Comme il est connu : même un sur un million a une valeur relative, car il est une petite fraction de ce million. Mais un million face à l’Infini authentique n’a absolument aucune valeur relative.
C’est parce que les anges comprennent tout ce qui précède qu’ils se trouvent en permanence dans un état d’annulation totale devant D.ieu, qui est Infini. Ainsi, lorsqu’une personne méditera profondément sur tous ces concepts, elle en viendra naturellement à s’élancer avec aspiration vers D.ieu lors de la récitation du Chema, à accomplir le commandement Tu aimeras D.ieu de tout ton cœur» et à quitter toutes les limitations et frontières spirituelles de ce monde. Car toutes les créatures sont limitées — même les cieux ont pour limite cinq cents années de marche» —, qu’elles soient physiques ou spirituelles ; elles voilent et dissimulent la lumière de D.ieu, nous faisant voir le monde comme s’il avait une existence indépendante. Or, la seule chose qu’un Juif devrait désirer, c’est de se connecter à D.ieu Lui-même, qui est véritablement Infini.
Telle est la signification intérieure de la Sortie d’Égypte» : quitter toutes les limitations et frontières, comme expliqué ci-dessus.
L’exil et Je ne connais pas Havaya»
En exil en Égypte, Pharaon déclara : Je ne connais pas D.ieu — Havaya» (Chemot 5, 2). Le Nom Havaya représente D.ieu tel qu’Il est en Lui-même, au-delà de tout rapport avec la création — ce Nom, Pharaon ne le reconnaissait pas. Il ne connaissait que le Nom Elokim, qui désigne la façon dont D.ieu Se dissimule dans le processus de la création, afin que le monde puisse avoir une existence apparemment indépendante. Cette compréhension limitée — ne voir que Elokim et non Havaya — est l’idée spirituelle de l’Exil. En sortir, c’est la libération spirituelle.
Voilà pourquoi la récitation du Chema s’achève par : Je suis Havaya, votre D.ieu, qui vous ai fait sortir d’Égypte» — c’est précisément le niveau de Je suis Havaya» qui nous fait sortir de l’exil.
Résumé du premier chapitre
Le mot וספרתם — vous compterez le Omer» — est une expression de rayonnement : nous devons faire rayonner la lumière de D.ieu en nous pour permettre notre raffinement intérieur. Pessa’h est un temps d’élan hors des limitations spirituelles dans notre aspiration vers D.ieu. Chavouot est le temps du Don de la Torah, où nous ramenons la révélation divine dans notre monde. Entre ces deux moments, nous devons compter le Omer pour affiner l’âme animale, tout comme le peuple juif — qui avait fui l’Égypte avec une âme animale encore grossière — avait besoin de purifier cette âme avant de recevoir la Torah. À Chavouot, la Volonté essentielle de D.ieu fut révélée lorsqu’Il descendit sur le mont Sinaï pour nous enseigner la Torah.
Nous devons revivre spirituellement la Sortie d’Égypte chaque jour. Cela se produit lorsque nous récitons le Chema correctement, en prenant conscience de la sublimité infinie de D.ieu à travers la contemplation des anges qui se prosternent devant Lui. Les anges comprennent que toute la vie du monde ne provient que de la Malkhout de D.ieu — un simple rayonnement de Son Nom» — et que toutes les créatures, si nombreuses soient-elles, sont absolument incomparables à Sa Lumière Infinie. Cette compréhension nous permet d’éveiller en nous un amour de D.ieu lors du Chema, et ainsi de sortir d’Égypte» spirituellement. C’est là pourquoi l’Exil est associé à ne pas connaître Havaya» : l’exil spirituel signifie ne pas percevoir la vérité authentique de D.ieu, et la rédemption signifie en venir à une aspiration vers l’Essence de D.ieu, qui est au-delà de tous les mondes et de toutes les limitations.
Chapitre deux — Les patriarches et les trois types de prière
Tel est le sens de l’enseignement de nos Sages (Brakhot 26b) : Les prières quotidiennes furent instituées par nos patriarches, Avraham, Its’hak et Yaakov.»
Au niveau simple, cela signifie qu’Avraham priait le matin (instituant la prière de Cha’harit), Its’hak priait l’après-midi (instituant Min’ha), et Yaakov priait le soir (instituant Maariv). Mais l’Ancien Rabbi en propose une interprétation plus profonde.
Les Patriarches» représentent les trois attributs de D.ieu dans l’Atsilout : Hessed (bienveillance), Gevoura (rigueur) et Tiferet (harmonie entre les contraires). De ces trois attributs découlent l’amour et la crainte de D.ieu, ainsi que la miséricorde envers notre âme divine prisonnière de la matière. Ces trois émotions saintes s’incarnent respectivement en Avraham, qui personnifiait l’amour de D.ieu ; en Its’hak, qui personnifiait la crainte de D.ieu ; et en Yaakov, qui personnifiait l’éveil de la miséricorde pour notre âme divine.
Les trois types de versets dans la prière
Dire que les prières furent instituées par les Patriarches» signifie donc que chaque prière comporte trois types de versets correspondant aux trois Patriarches.
Il y a d’abord les versets décrivant la bonté de D.ieu envers nous, qui nous aident à éveiller en nous un amour pour Lui lors de la récitation du Chema. Cela correspond à Avraham, qui M’a aimé [D.ieu]» (Yechayahou 41, 8), et permet de révéler l’amour pour D.ieu caché dans l’âme divine, sous la forme d’un élan aspirant à se connecter à D.ieu. Cet éveil de l’amour conduit ensuite à l’accomplissement du verset : Et ces paroles de la Torah que Je te commande aujourd’hui seront sur ton cœur, et tu en parleras…» (Devarim 6, 6-7). Lorsqu’on aime D.ieu, on exprime cet amour en se reliant à Lui par l’étude de la Torah.
Même si, dans le deuxième paragraphe du Chema, il est écrit : Tu récolteras ton grain» (ibid. v. 14) — ce qui sous-entend qu’après avoir éprouvé l’amour de D.ieu, on sera encore impliqué dans des occupations matérielles —, cela n’enlève rien à son amour de D.ieu, car il a fait de l’étude de la Torah sa priorité et de son travail quelque chose de secondaire» (Brakhot 35b). Puisqu’il est passionné par son étude de la Torah et que c’est à cela qu’il pense au fond de lui toute la journée, le fait d’être contraint à des occupations matérielles de nombreuses heures par jour n’altère pas son amour pour D.ieu.
Cela illustre le verset : Car l’homme est comme un arbre des champs» (Bamidbar 20, 19). De même qu’un arbre fruitier a pour raison d’être principale son fruit, même s’il possède aussi des épines, des feuilles et un tronc, de même chez l’homme, l’essentiel est son fruit» : la Torah et les Mitsvot. Comme le disent nos Sages : Quels sont les fruits principaux de l’homme ? Ses Mitsvot» (Sota 46a). C’est le sens de la Torah comme priorité» : tout le reste de ses besoins corporels n’est que des feuilles» par rapport au fruit». L’essentiel n’est pas défini par la quantité, mais par la qualité — la majeure partie d’un arbre est son tronc, ses racines et ses feuilles, et pourtant l’importance d’un arbre fruitier réside tout entière dans ses fruits. Tout ce changement de perspective vient de l’amour de D.ieu, qui correspond à l’aspect d’Avraham.
Its’hak et la crainte de D.ieu
De même, Its’hak correspond à la Gevoura (rigueur) de D.ieu, qui éveille en l’homme la crainte de D.ieu — c’est la crainte d’Its’hak» (Béréchit 31, 42). Lorsqu’on voit comment D.ieu utilise Sa rigueur pour punir les méchants, cela inspire en nous la crainte de D.ieu. Les versets de la prière décrivant la puissance de D.ieu aident ainsi la personne à révéler dans son âme l’aspect d’Its’hak — la crainte de D.ieu innée.
Yaakov et la miséricorde envers l’âme divine
L’aspect de Yaakov correspond à l’éveil de la miséricorde envers son âme divine. Cela concerne celui dont le cœur est dur comme la pierre : malgré sa contemplation de toutes les notions évoquées ci-dessus, il n’arrive pas à éprouver l’amour de D.ieu lors de la récitation du Chema. Cela est dû à sa forte attache aux vanités de ce monde, qui lui donne le sentiment d’exister séparément de D.ieu, rendant son cœur aussi insensible que la pierre. La seule solution pour cette personne est d’éveiller une grande miséricorde envers son âme divine, prisonnière de la grossièreté matérielle de l’âme animale.
Cela s’accomplit par les versets de la prière sollicitant la miséricorde de D.ieu, comme : Roi sublime, par Ta grande miséricorde, aie pitié de nous» ; ou encore : Notre Père, Père miséricordieux, aie pitié de nous et place dans nos cœurs la compréhension pour connaître et discerner, percevoir, apprendre, enseigner, pratiquer et accomplir tous les enseignements de Ta Torah avec amour… afin que nous ne soyons jamais couverts de honte.»
La honte après la mort et la signification de ne jamais être couverts de honte»
Le sens de cette demande de ne jamais être couverts de honte est le suivant. Il est écrit : Car l’homme ne peut Me voir et rester en vie» (Chemot 33, 20), et nos Sages enseignent : De leur vivant, les hommes ne peuvent voir [D.ieu], mais à leur mort, ils Le voient» (Kalla Rabati 3). C’est que, du vivant de la personne, son âme est investie dans son corps, qui la voile et la dissimule, lui faisant voir ce monde comme s’il avait une existence propre et indépendante de D.ieu. Mais lorsque l’âme quitte le corps, la personne voit alors qu’en vérité l’existence réelle du monde n’était rien d’autre que l’Être et l’Essence de D.ieu Lui-même. Car D.ieu était, est et sera éternellement, sans aucun changement. La création du monde n’a apporté aucun changement en Lui : avant la création, Il était la seule existence, et maintenant encore, Il est la seule vraie existence.
Rien ne peut L’habiller ni Le dissimuler, et c’est une pure illusion que d’avoir regardé le monde comme ayant une existence propre et indépendante. Alors la honte sera immense, car presque toutes ses pensées et ses aspirations auront porté sur les vanités de ce monde et ses occupations, comme si lui-même et le monde étaient totalement déconnectés de D.ieu — ce qui est une effronterie et un irrespect extrêmes envers D.ieu. Car lorsque l’on est en présence d’un roi et que l’on est absorbé par ses propres petites affaires plutôt que par le roi, c’est une grande marque d’irrespect. Nous sommes toujours en présence de D.ieu, et il n’est aucun endroit où Il n’est pas». Aussi est-il irrespectueux envers D.ieu de s’adonner aux affaires matérielles sans aucune intention de Lui rendre service.
C’est pourquoi nous supplions : Par Ta grande miséricorde, aie pitié de nous et place dans nos cœurs la compréhension» — c’est-à-dire : que, même pendant que notre âme est encore investie dans notre corps, nous comprenions et percevions qu’en vérité tout est entièrement annulé devant D.ieu, exactement comme avant la création du monde, sans aucun changement. Ainsi, nous ne serons pas couverts de honte pour toujours» — même après notre mort.
Tel est le sens de Yaakov qui a délivré Avraham» (Yechayahou 29, 22) : par l’attribut de Yaakov — l’éveil de la miséricorde de D.ieu pour notre âme divine —, nous libérons notre amour caché pour D.ieu, l’aspect d’Avraham. Selon le ‘Hassidout (voir Tanya, chapitre 45), c’est par l’attribut de Yaakov que nous libérons notre amour caché de D.ieu.
Résumé du deuxième chapitre
Tel est le sens profond de l’enseignement : Les trois prières quotidiennes furent instituées par les Patriarches Avraham, Its’hak et Yaakov.» Les Patriarches représentent l’amour et la crainte de D.ieu, ainsi que l’éveil de la miséricorde envers notre âme.
Dans les prières, il y a donc trois sortes de versets. Les premiers décrivent la bonté de D.ieu et nous aident à éveiller l’amour pour Lui lors du Chema — ils correspondent à Avraham, qui incarnait l’amour de D.ieu. Cela pousse la personne à vouloir approfondir l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot, puisque ce sont les voies concrètes d’expression de cet amour. Même durant les heures passées dans des occupations matérielles, son désir intérieur sera de se connecter à D.ieu, et ces occupations seront secondaires.
Les deuxièmes versets décrivent la puissance et la majesté de D.ieu, aidant à éveiller un sentiment de crainte et de révérence — ils correspondent à Its’hak, qui incarnait la crainte de D.ieu.
Les troisièmes versets demandent à D.ieu d’avoir miséricorde de nos âmes — ils correspondent à Yaakov, qui incarnait le service d’éveil de la miséricorde. Cette miséricorde est nécessaire car nous sommes spirituellement insensibles à la vérité (qu’il n’y a rien en dehors de D.ieu), et nos cœurs sont émoussés face à l’amour de D.ieu. Nous demandons à D.ieu d’ouvrir notre esprit et notre cœur pour percevoir Son Unité authentique, afin de ne pas être couverts de honte pour toujours. Tel est le sens de Yaakov qui a délivré Avraham» : Yaakov», représentant l’éveil de la miséricorde, délivre Avraham», qui représente notre amour de D.ieu.
Le Tsema’h Tsédek ajoute qu’il existe une autre opinion dans la Guemara (Brakhot 26b), selon laquelle les trois prières quotidiennes correspondent aux trois sacrifices quotidiens dans le Beth Hamikdach. La signification intérieure est que la prière quotidienne vise non seulement à reconnecter l’âme divine à sa source en D.ieu, mais aussi à purifier et à élever l’âme animale — ce que symbolise le sacrifice (korban). Les deux opinions expriment donc deux aspects complémentaires du service de la prière : reconnecter l’âme divine à D.ieu, et purifier l’âme animale pour qu’elle aussi ait un lien avec D.ieu.
Chapitre trois — L’âme animale, le Omer et la préparation au don de la Torah
Tout ce qui précède — l’aspiration, la sortie d’Égypte — ne concerne que l’âme divine, qui est en exil dans les limitations et contraintes de l’âme animale et du monde physique qui la voilent. C’est ce qu’exprimait Pharaon — symbole de l’impureté — en disant : Je ne connais pas Havaya.»
Comme il est écrit : Je descendrai avec toi [l’âme divine] en Égypte, et Je te ferai aussi remonter» (Béréchit 46, 4). Cette parole fut adressée spécifiquement à Yaakov, qui représente l’âme divine dans sa forme contractée — une lettre youd (י) descendant dans l’âme animale grossière comme le talon (akev) du corps. Le nom Yaakov représente l’âme divine qui doit se contracter et descendre dans le corps, extension depuis son être parcelle de Havaya», depuis D.ieu tel qu’Il est au-delà de la création, jusqu’à s’investir dans l’âme animale.
De même, lors de la récitation du Chema, l’expérience de l’élan vers D.ieu — la Sortie d’Égypte» à travers l’amour de D.ieu — n’est ressentie que dans l’âme divine. L’âme animale, quant à elle, continue de vouloir manger et d’avoir d’autres jouissances physiques comme un animal.
La nécessité de purifier l’âme animale
Pour recevoir la Torah — qui est la révélation de la Volonté essentielle de D.ieu ici-bas —, il fallait d’abord que l’âme animale aussi nullifie son ego devant D.ieu. Cela s’accomplit par l’agitation du Omer et le compte du Omer, comme il est écrit : Le prêtre agitera le Omer devant D.ieu pour qu’il vous soit agréable ; le lendemain du premier jour de fête, le prêtre l’agitera» (Vayikra 23, 11).
L’offrande du Omer était préparée à partir de farine d’orge, qui est la nourriture des animaux domestiques. De même, dans le monde supérieur, il existe aussi un niveau d’anges appelés animaux» — ce sont les anges de la Merkava (le Char Divin). Le prophète Yé’hezkel eut une vision de ces anges lors de son exil, juste avant la destruction du Beth Hamikdach : dans une tempête de feu et de vent venu du nord, il perçut quatre anges aux quatre visages (visage d’homme, visage de lion à droite, visage de bœuf à gauche, visage d’aigle), exécutant la volonté divine. Ces anges constituent le Char Divin» (Merkava) de D.ieu, chacun tourné principalement dans une direction tout en possédant les quatre visages.
La Malkhout : source des âmes animales et des anges du Char
Ces anges de la Merkava sont appelés animaux sauvages» (Chayot), et l’orge est la nourriture des animaux domestiques» (Behema). La réponse à cette apparente contradiction est que le terme Behema inclut aussi le terme Chaya, comme le prouve la Guemara (Bava Kama 17b).
La Malkhout de l’Atsilout est appelée source générale des animaux» (Behema Rabba), car elle est la source de tous les anges appelés animaux». Ce niveau est aussi désigné par le Nom de D.ieu ayant la valeur numérique de 52 (Noun-Bet), qui est aussi la valeur numérique du mot Behema (animal). Cette correspondance numérique révèle que la Malkhout est parfois appelée Behema, car elle est la source des anges de la Merkava — qui ont le visage d’un lion» et les autres visages d’animaux — et, par extension, la source de l’âme animale de l’homme ici-bas. Comme il est écrit concernant la mer» que le roi Chelomo construisit comme bassin de purification pour les prêtres dans le Beth Hamikdach : Elle reposait sur douze bœufs, trois tournés vers le nord, trois vers l’ouest, trois vers le sud, trois vers l’est… et la mer était sur eux par en haut» (Melakhim I 7, 25). Ces douze bœufs représentent les anges de la Merkava, et la mer» au-dessus d’eux représente la Malkhout de l’Atsilout.
L’orge, les cinq aspects de limitation et la Malkhout
Le mot hébreu שעורה (orge) est formé des mêmes lettres que שעור ה — cinq aspects de limitation». Il existe cinq parties de la bouche qui permettent de moduler le souffle pour former les vingt-deux lettres de l’alphabet. De même, notre esprit possède cinq aspects de limitation qui permettent de transformer une connaissance abstraite ou générale en une conscience détaillée et formulable. Ces cinq aspects permettent à la Malkhout de créer des êtres limités et finis — anges et humains.
Ces anges et ces humains contiennent des étincelles de divinité issues du monde du Tohou, plus élevé que l’Atsilout. Lorsque la Malkhout crée des anges et les réunit avec D.ieu, elle reçoit elle-même un surcroît de révélation divine — de même que lorsqu’un animal mange de l’orge, il en tire de la vitalité, et une nouvelle récolte repousse. C’est pourquoi les anges et notre âme animale sont comparés à de l’orge : ils sont comme la nourriture» de la Malkhout. Comme nous le récitons dans la prière quotidienne : [D.ieu] crée des anges ministrants» — des anges qui sont créés chaque jour, puis s’annulent et se réabsorbent dans leur source au sein de la Malkhout, tout comme l’orge est consommé par un animal et qu’une nouvelle récolte repousse.
L’agitation du Omer et l’élévation vers Bina
Tel est le sens de Le prêtre agite le Omer» : ce prêtre représente le niveau de Hessed Elyon (bonté suprême), qui élève la Malkhout — la source générale des animaux» — par l’intermédiaire du Omer d’orge, lequel représente Chiur Hé (les cinq aspects de limitation) propres à la Malkhout. Cette élévation atteint le niveau de devant Havaya» — un niveau au-dessus et au-delà de la révélation du Nom de Havaya dans le Zeïr Anpin, c’est-à-dire le niveau de Bina (Compréhension).
C’est ce qu’exprime le verset en disant le lendemain du Chabbat» et non le lendemain du jour de fête» : car ce processus d’élévation atteint Bina, la huitième Sephira en remontant depuis le bas, qui est au-delà du Chabbat» — lequel correspond à Zeïr Anpin, la septième Sephira. Ainsi, le lendemain du Chabbat» désigne le huitième niveau, soit Bina. Cela répond à la question classique : puisque le Omer est toujours apporté le deuxième jour de Pessa’h, pourquoi le verset ne dit-il pas simplement le lendemain du jour de fête» ? La réponse est que l’expression le lendemain du Chabbat» est une référence à Bina, le huitième niveau, vers lequel la Malkhout — le Omer» — est élevée.
Le compte du Omer et l’attraction des lumières englobantes
Par ce processus d’élévation de la Malkhout à Bina, il est ensuite possible, grâce au compte du Omer, d’attirer des lumières englobantes» (Makifim) d’En-Haut vers le bas — dans la Malkhout (le Omer»), et de là dans notre âme animale.
Tel est le sens de l’annonce quotidienne : Aujourd’hui est le premier jour du Omer.» Le mot jour» (yom) représente la bonté et la révélation de D.ieu, comme il est écrit : Le jour, D.ieu commande d’envoyer Sa bonté» (Téhilim 42, 9). En disant aujourd’hui est un « jour » du Omer», ce jour» renvoie à la bonté de D.ieu d’En-Haut, que nous attirons vers le bas dans la Malkhout — le Omer» —, afin que cette révélation atteigne spécifiquement notre âme animale et lui permette de nullifier ses désirs devant D.ieu.
Tel est le sens du verset : [Le prêtre agitera le Omer devant D.ieu] pour votre agrément (lirzonchem)» — le but est de permettre la nullification de la volonté» et des désirs de notre âme animale devant D.ieu, ce qui s’accomplit en attirant ces lumières englobantes par le compte du Omer.
Quelles sont ces lumières englobantes ? Ce sont des niveaux de conscience de D.ieu que notre âme animale ne peut saisir pleinement — notamment la façon dont nous sommes inclus dans notre source en D.ieu et dont il n’y a véritablement rien de séparé de Lui. Cette conscience profonde, qui dépasse en quelque sorte notre expérience directe, demeure en nous et plane» au-dessus de notre conscience logique ordinaire, nous englobant» et nous empêchant de développer un ego démesuré.
Vous compterez pour vous-mêmes» : faire rayonner en soi
Tel est donc le sens de וספרתם לכם : attirer le rayonnement des lumières englobantes — issues de Bina, le lendemain du Chabbat» — en vous-mêmes» (lachem), afin de transformer l’âme animale et de nullifier ses désirs égocentriques à la volonté de D.ieu.
Bina-Compréhension est la source de ces lumières englobantes qui nous aident à transformer les désirs de l’âme animale. Celle-ci considère que le monde, et elle-même, sont séparés de D.ieu. C’est pourquoi elle ne voit aucun problème à s’enthousiasmer pour les choses physiques. Mais lorsqu’elle comprend profondément que le monde n’est pas séparé de D.ieu et que D.ieu est la Vraie Existence de toutes choses, elle réalise qu’il ne sert à rien de s’emballer pour le matériel, qui n’a aucune substance ni valeur en dehors du service de D.ieu. C’est là la signification intérieure du compte du Omer : acquérir une compréhension de D.ieu si profonde qu’elle peut changer la perspective et les sentiments de l’âme animale.
Le chemin vers le don de la Torah
Tel est le sens du compte du Omer depuis le jour où vous avez apporté le Omer» : à partir du jour» (révélation) où vous élevez le Omer (Malkhout) jusqu’au niveau de devant Havaya» (Bina), vous pouvez ensuite faire rayonner en vous-mêmes» — וספרתם לכם — en attirant cette compréhension profonde, afin de purifier les sept semaines» : les sept attributs émotionnels de l’âme animale, chacun comprenant sept aspects, soit quarante-neuf attributs spécifiques.
Après quoi peut venir le don de la Torah à Chavouot, qui est une révélation authentique de la Volonté de D.ieu depuis le Haut vers le bas, dans les lettres mêmes de la Torah que nous prononçons.
Cette révélation est plus élevée que celle de la prière — qui est l’expérience de la Sortie d’Égypte» par l’élan d’aspiration vers D.ieu dans le Chema, Tu aimeras D.ieu de tout ton cœur». Car cet amour, aussi profond soit-il, n’est pas une annulation totale de l’ego : il doit exister un certain moi» pour éprouver de l’amour.
En revanche, l’étude de la Torah est différente : c’est la parole authentique de D.ieu prononcée à travers la bouche de l’homme, comme il est écrit : J’ai placé Mes paroles dans ta bouche» (Yechayahou 51, 16) — c’est véritablement la parole de D.ieu qui s’exprime à travers nous. Comme nos Sages l’ont dit : Ces opinions et les opinions contraires sont les paroles du D.ieu vivant» (Erouvin 13b) — c’est-à-dire qu’elles sont réellement les paroles que D.ieu Lui-même prononce, une véritable révélation de Sa Volonté dans le monde d’En-Bas.
Cependant, nos Sages ont également enseigné : Quiconque dit qu’il n’a que la Torah sans la prière, n’a même pas la Torah» (Yevamot 109b). Car si l’on a un ego et qu’on se considère comme ayant une existence propre, indépendante de D.ieu, alors même lorsqu’on prononce des paroles de Torah, ce n’est pas D.ieu qui parle à travers soi — et ce n’est donc pas une révélation authentique de la Volonté divine. Il faut d’abord l’élan d’aspiration vers D.ieu lors de la prière, et c’est cet éveil d’En-Bas» qui provoque un éveil d’En-Haut», attirant la Volonté de D.ieu dans nos paroles de Torah.
La nécessité de l’élévation préliminaire de la Malkhout
Pour que la Volonté de D.ieu s’incarne dans les choses physiques de la Torah et des Mitsvot — comme la Trouma, la dîme (Maasser), les sacrifices (Korbanot) —, un effort supplémentaire est encore nécessaire, car il n’est pas dans la manière d’un roi de discuter de questions triviales». Pour que la révélation sublime de D.ieu pénètre dans les matières physiques de la Torah et des Mitsvot, la personne doit accomplir un travail particulier de transformation de son âme animale. De même qu’un roi s’occupe des affaires du royaume entier et n’a aucun intérêt à se préoccuper des détails mineurs de l’entretien de son palais, Dieu a besoin d’une raison particulière pour que Sa révélation pénètre dans les détails physiques de la Torah. Cette raison, c’est l’effort personnel de transformation de l’âme animale.
C’est pourquoi il fallait d’abord le processus de l’agitation du Omer par le prêtre — élevant la Malkhout jusqu’au niveau de Bina (devant Havaya»). Puis, grâce au compte du Omer, les lumières englobantes sont attirées dans la Malkhout (le Omer»), et de là dans notre âme animale, permettant de purifier les sept semaines» d’attributs émotionnels, jusqu’à ce que puisse venir le Don de la Torah à Chavouot — révélation de la Volonté de D.ieu ici-bas, dans les lettres mêmes de la Torah que nous prononçons.
Résumé du troisième chapitre
L’expérience de l’élan vers D.ieu le premier jour de Pessa’h ne concerne que l’âme divine. L’âme animale est trop grossière pour être transformée par une révélation venue d’En-Haut. Pour recevoir la Torah — la Volonté essentielle de D.ieu — dans notre corps physique et notre âme animale, nous devons transformer l’âme animale pour la rendre réceptive à D.ieu.
D.ieu nous a donné la mitsva d’agiter le Omer dans le Beth Hamikdach et de compter les jours du Omer. L’offrande était préparée d’orge — nourriture animale. De même, dans les mondes supérieurs, il existe un niveau d’anges appelés animaux» — les anges du Char Divin (Merkava) — dont la source est la Malkhout de l’Atsilout. Le mot orge» (Seora — שעורה) a les mêmes lettres que les cinq aspects de limitation» (Chiur Hé — שעור ה), référence à la Malkhout, qui possède ces cinq aspects pour créer des êtres finis. Lorsque des anges issus du monde du Tohou sont créés et réunis avec leur source par la Malkhout, celle-ci reçoit un surcroît de révélation divine — comparable au processus d’alimentation. C’est pourquoi la Malkhout est appelée le Omer».
L’idée de l’agitation du Omer d’orge est d’élever la Malkhout — et nous-mêmes — jusqu’au niveau de Bina-Compréhension (le lendemain du Chabbat» ou avant Havaya»). Par le compte ultérieur du Omer, nous attirons cette nouvelle révélation des lumières englobantes» (Makifim) de D.ieu depuis le niveau de Bina de l’Atsilout. Cette conscience très profonde de l’Unité et de l’Existence authentique de D.ieu — qu’il n’y a véritablement rien de séparé de Lui — englobe» notre esprit à un certain degré, nous permettant de changer la perspective et les désirs de notre âme animale.
Pour deux raisons, cette transformation de l’âme animale est une préparation nécessaire à la réception de la Torah à Chavouot. Premièrement, c’est seulement par cet éveil d’En-Bas» — notre effort de transformer l’âme animale — qu’il y a un éveil d’En-Haut» révélant la Volonté divine dans nos paroles de Torah et dans nos actes de Mitsvot. Deuxièmement, c’est seulement en nullifiant l’ego de l’âme animale et ses désirs matérialistes que nous devenons réceptifs à la révélation authentique de la Volonté de D.ieu en nous.
Enseignements pratiques du Maamar
Pour vivre la Sortie d’Égypte» spirituelle, nous devons éveiller en nous un amour pour D.ieu lors de la prière, notamment lors de la récitation du Chema. En décrivant le service des anges — qui frémissent d’effroi devant la grandeur infinie de D.ieu —, en comprenant que toute la vie du monde ne provient que de la Malkhout, un simple rayonnement du Nom» de D.ieu infiniment éloigné de Son Essence, en saisissant que toutes les myriades d’anges n’ont absolument aucune valeur comparative face à la Lumière Infinie de D.ieu — car un trillion face à l’Infini n’a aucune valeur relative, tout comme en revanche un entre un trillion a une valeur relative, les deux appartenant à la même catégorie de nombres —, une personne en vient à éveiller en elle l’amour pour D.ieu lors du Chema.
Une autre méditation aidant à éveiller cet amour est de contempler les versets décrivant la bonté de D.ieu envers nous tout au long des prières. Si le cœur de quelqu’un est dur et insensible, il devrait demander à D.ieu d’avoir pitié de l’âme divine emprisonnée dans la grossièreté de l’âme animale, en prenant conscience que viendra le moment où il verra qu’il n’y a jamais eu rien d’autre que D.ieu — et que l’on risque alors une grande honte de s’être consacré toute sa vie à des vanités sans vraie valeur, comme si l’on et le monde étaient totalement déconnectés de D.ieu.
Enfin, la signification intérieure du compte du Omer» (Séfirat HaOmer) est de faire rayonner (lisfor) la lumière divine dans notre âme animale (Omer), en développant une conscience plus profonde de l’Unité et de la Réalité de D.ieu. En nullifiant ainsi l’ego et les désirs matérialistes, nous pouvons véritablement vivre la Réception de la Torah» à Chavouot de façon révélée, et ressentir que D.ieu parle à travers nos paroles de Torah et que Sa Volonté est authentiquement révélée dans nos Mitsvot.
Fort du succès de ses deux premières éditions, la Hassidic Guest Series annonce une troisième rencontre, portée par la joie de Lag Baomer. Le Rav Moshe Vishedski, Rav de la Choul Beth Haya Mouchka à Paris, animera un grand Farbrenguen le lundi 4 mai 2026, veille de la fête. Une quatrième édition, exclusivement féminine, est d’ores et déjà prévue le 19 mai prochain.
Une troisième édition sous le signe de Lag Baomer
Fort du succès des deux premières rencontres, la Hassidic Guest Series franchit une nouvelle étape avec une soirée placée dans la joie de Lag Baomer. Pour cette troisième édition, l’honneur revient au Rav Moshe Vishedski, Rav de la Choul Beth Haya Mouchka à Paris, figure inspirante dont la présence promet une soirée mémorable.
Rendez-vous le 4 mai 2026 au Beth Loubavitch de Strasbourg
Le lundi 4 mai 2026 (17 Iyar 5786 / 2026), veille de Lag Baomer, un grand Farbrenguen animé par le Rav Moshe Vishedski se tiendra à 20h30 au Beth Loubavitch de Strasbourg. Cette soirée constitue une occasion unique de partager l’inspiration et la chaleur propres à Lag Baomer, dont les festivités débutent précisément ce soir-là. Pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, un lien YouTube permettant de suivre le Farbrenguen en direct sera communiqué ultérieurement.
Une soirée masculine, une quatrième édition féminine en préparation
Cette édition étant dédiée à un public masculin, les organisateurs ont la joie d’annoncer qu’une quatrième édition, exclusivement féminine, est déjà en préparation. Elle se tiendra le 19 mai prochain à 20h30. Les détails seront dévoilés prochainement — il est d’ores et déjà conseillé de bloquer la date.
Gratitude envers les soutiens de la communauté
Les organisateurs tiennent à exprimer leur profonde gratitude à toutes celles et ceux qui soutiennent leurs actions tout au long de l’année. C’est grâce à cet engagement précieux qu’il est possible de proposer des initiatives porteuses de sens, de joie et d’unité pour l’ensemble de la communauté.
Lorsque le Baal Chem Tov porta son regard sur le monde juif de son époque, il formula un constat sévère : quelque chose de fondamental s’était perdu dans la vie juive, et les plus grands maîtres de la génération en étaient eux-mêmes les premiers responsables. Des décennies plus tard, lors d’un interrogatoire gouvernemental, une parabole d’une beauté saisissante allait donner la réponse la plus limpide à la question qui traverse les siècles : pourquoi la Hassidout était-elle nécessaire ? Cette réponse, aussi profonde qu’intemporelle, mérite d’être méditée chaque jour de notre vie.
Rav Manis Friedman
Le constat du Baal Chem Tov : quelque chose sentait mauvais dans la vie juive
Lorsque le Baal Chem Tov fit son apparition sur la scène du monde juif au XVIIIe siècle, il ne détourna pas les yeux de la réalité qui l’entourait. Il regarda le monde — y compris la vie religieuse juive dans toutes ses dimensions — et il formula un jugement d’une franchise bouleversante : quelque chose s’était gravement dégradé. Non pas dans les textes, non pas dans la tradition elle-même, mais dans la manière dont les hommes la vivaient et la transmettaient.
Ce qui choquait profondément le Baal Chem Tov, c’était le fossé grandissant entre les élites rabbiniques et le peuple simple. Les plus grands Juifs de la génération — les dirigeants communautaires les plus respectés, les maîtres les plus savants — avaient perdu de vue ce qu’est réellement un Juif dans son essence la plus profonde. Au nom d’un rigorisme mal orienté, ils rejetaient les fidèles simples, les hommes et femmes du peuple qui n’avaient pas eu la chance de fréquenter les grandes Yéchivot, refusant même de les compter parmi les dix hommes requis pour former un minyan. Le Juif ignorant n’était plus un frère à relever, mais une honte à écarter.
Quelque chose sentait profondément mauvais dans la vie juive. Fallait-il pour autant baisser les bras et se résigner ? Certainement pas. Le Baal Chem Tov choisit de répondre à cette crise non par des condamnations, mais par une révolution intérieure : la Hassidout.
L’interrogatoire : la question qui valait trois mille ans d’histoire
C’est dans ce contexte historique qu’une parabole d’une rare profondeur fut transmise. Les autorités gouvernementales — dans le contexte de la Russie tsariste, toujours méfiante à l’égard des mouvements religieux juifs — soumirent le Rabbi à un interrogatoire officiel. Parmi les questions que lui posa l’un des ministres, il en était une qui touchait au cœur même de la raison d’être du mouvement hassidique : « Vous avez le Judaïsme depuis deux mille ans, depuis trois mille ans — et ce, sans la Hassidout. Pourquoi en auriez-vous besoin tout à coup ? Cela ressemble fort à un mouvement politique. Car si ce n’est pas de la politique, si ce n’est pas une ambition de pouvoir, pourquoi auriez-vous besoin de quelque chose de nouveau alors que vous avez pratiqué votre religion pendant trois millénaires sans elle ? Qu’est-ce donc que cette Hassidout ? »
La question était directe, presque provocatrice. Mais la réponse qui lui fut donnée — et c’est une réponse à laquelle chacun d’entre nous devrait réfléchir chaque jour — est d’une beauté et d’une clarté qui transcendent le cadre de cet interrogatoire pour rejoindre l’éternité.
Le Judaïsme est comme l’eau : source de vie, pure par essence
Le Judaïsme, répondit le Rabbi, ressemble à l’eau. Cette comparaison n’est pas anodine. Sans eau, il n’y a pas de vie — l’eau est la condition première, irréductible, de toute existence. Or l’eau possède une propriété remarquable du point de vue de la loi juive : elle ne peut jamais devenir tamé, rituellement impure. Contrairement à presque tous les autres éléments du monde, l’eau est un vecteur de pureté, non d’impureté. Une personne dans un état d’impureté rituelle qui s’immerge dans un mikvé — ce bain rituel aux eaux conformes aux exigences de la Hala’ha — en ressort purifiée. Et le mikvé, lui, demeure parfaitement pur. L’eau n’absorbe pas l’impureté qu’elle purifie. Elle reste ce qu’elle est.
Il en va de même pour le Judaïsme. La Torah, les Mitsvot, la yidichkeit — cette judéité vécue de l’intérieur — sont l’eau de vie de l’âme juive. Elles ne peuvent pas être souillées dans leur essence. La vérité divine qu’elles portent est absolue et immuable. Aucune déviation humaine, aucun abus, aucune trahison ne peut atteindre leur pureté fondamentale. Elles demeurent ce qu’elles sont depuis le don de la Torah au Sinaï.
Le problème : des polluants introduits dans les eaux pures
Ce qui se produit, en revanche — et c’est là que la parabole prend toute sa force —, c’est que des polluants, des déchets, des matières étrangères peuvent être introduits dans l’eau. Pensez à un lac d’une eau originellement cristalline. Avec le temps, les hommes y déversent leurs ordures, leurs rejets, leurs négligences. Le lac devient pollué. Mais — et c’est essentiel — ce n’est pas l’eau qui est devenue impure : c’est l’eau qui contient désormais des impuretés. La distinction peut sembler subtile, elle est en réalité fondamentale.
Il en va exactement de même avec la Torah et la pratique juive. Ceux qui étudient la Torah peuvent, sans même s’en rendre compte, y introduire des motivations étrangères à son esprit. On peut étudier pour de mauvaises raisons — par vanité, par désir de reconnaissance sociale, pour accéder à des positions d’honneur ou d’autorité, pour satisfaire un ego que l’on confond avec une aspiration spirituelle. On peut observer les Mitsvot de manière mécanique, sans y engager son cœur ni sa pensée. On peut faire de la Torah un instrument de domination plutôt qu’un chemin d’élévation. Ces scories — ces polluants — ne corrompent pas la Torah elle-même, qui demeure à jamais pure. Mais ils ternissent la manière dont les hommes la vivent, la transmettent et la perçoivent. Et c’est là que réside le danger.
La Hassidout, ce feu qui consume les impuretés sans toucher à l’eau
Comment purifier un lac pollué ? Il existe une méthode : on place l’eau sur le feu. Le feu ne peut pas brûler l’eau — cela est par définition impossible. Mais le feu consumera, l’un après l’autre, tous les déchets qui s’y trouvent. Il brûlera les ordures, il dissoudra les impuretés, il éliminera tout ce qui n’appartient pas à l’eau. Et lorsque le feu aura accompli son œuvre, l’eau sera là — pure, transparente, vivifiante — exactement comme elle l’avait toujours été, parce qu’elle n’avait en réalité jamais cessé de l’être.
Telle est la Hassidout. De temps à autre dans l’histoire, il est nécessaire de prendre les eaux de la yidichkeit — de la vie juive dans toute son étendue, avec toutes les scories que les générations successives y ont accumulées — et de les passer au feu, pour en consumer tout ce qui n’y a pas sa place. La Hassidout est ce feu. Un feu d’amour, un feu de passion pour D.ieu, un feu de joie dans l’accomplissement des Mitsvot, un feu d’amour pour chaque Juif sans exception — qu’il soit savant ou ignorant, riche ou pauvre, pieux ou éloigné.
Lorsque l’on fait passer la yidichkeit à travers le feu de la Hassidout, on n’invente rien de nouveau. On ne remplace pas le Judaïsme par autre chose. On révèle simplement ce qui a toujours été là : une judéité pure, authentique, lumineuse — une yidichkeit débarrassée de tout ce qui l’encombrait, rayonnant à nouveau dans toute sa clarté et sa beauté originelles.
Une réponse qui traverse les siècles
Le ministre qui interrogeait le Rabbi voulait sans doute une réponse politique, une justification stratégique, une explication sociologique. Il reçut quelque chose de bien plus grand : une vérité éternelle sur la nature même du Judaïsme et sur le rôle irremplaçable que la Hassidout y joue.
Cette vérité est aussi valable aujourd’hui qu’elle l’était au temps du Baal Chem Tov. Car les polluants changent de visage selon les époques, mais la tentation de vider les formes religieuses de leur substance, d’étudier la Torah pour de mauvaises raisons, de pratiquer par habitude plutôt que par conviction — cette tentation, elle, ne disparaît jamais. C’est pourquoi la Hassidout n’est pas un phénomène historique révolu. Elle est une nécessité permanente, un feu qui doit brûler en chacun de nous, chaque jour, pour que la lumière de la Torah rayonne dans toute sa pureté à travers nos vies.inaire.
À une époque où le monde semble plongé dans une confusion croissante, il est plus que jamais nécessaire de se tourner vers les paroles de nos Sages זצ »ל et les enseignements du Rabbi pour y trouver clarté et espoir. C’est dans cet esprit que nous avons le plaisir de vous présenter le nouveau Kovets : « Les Temps de Machia’h », un ouvrage didactique et accessible à tous, entièrement dédié aux sujets de la Géoula.
Le but de ce Kovets est de répondre à l’appel pressant du Rabbi de Loubavitch. Le Rabbi a souligné à maintes reprises que nous appartenons à la « septième génération », celle qui a pour mission de conclure le travail de l’exil et de faire descendre la Sainteté ici-bas. Selon ses paroles, la « voie directe » pour hâter le dévoilement du Machia’h est précisément l’étude approfondie de ces sujets.
En diffusant ce contenu au grand public, notre objectif est de permettre à chacun d’« ouvrir les yeux » sur la réalité messianique dans laquelle nous nous trouvons déjà. L’étude transforme notre perception du monde : elle nous aide à réaliser que la Délivrance n’est pas un rêve lointain, mais une étape concrète qui se tient au seuil de notre porte.
Que contient ce Kovets ?
Rédigé de manière limpide en langue française, cet ouvrage synthétise de nombreuses sources classiques (Rambam, Talmud, Midrach) ainsi que les Si’hot et Ma’amarim du Rabbi. Vous y trouverez des réponses détaillées sur :
La chronologie de la Délivrance : Les étapes successives, du rassemblement des exilés à la reconstruction du troisième Temple.
La nature des Temps Messianiques : Comment le monde conservera-t-il sa nature tout en étant transcendé par le dévoilement de la Divinité ?
L’importance de la foi et de l’attente : Pourquoi croire et attendre chaque jour est un pilier fondamental de notre foi.
Les signes des « Talons du Machia’h » : Comment comprendre les bouleversements de notre génération actuelle comme les prémices de la Rédemption.
Un outil pour chaque foyer.
Ce Kovets n’est pas seulement un recueil de connaissances ; c’est un guide pour renforcer notre engagement et notre préparation spirituelle. En étudiant ces textes, nous transformons notre quotidien et contribuons activement à faire pencher la balance en faveur de la Délivrance finale.
Nous vous invitons à parcourir ces pages, à les partager autour de vous et à vous unir à cet effort collectif pour mériter, très bientôt et de nos jours, la venue de notre Juste Machia’h.
Immédiatement, Now, la Délivrance !
Pour plus d’informations et pour la version papier, contactez l’auteur : Yossef Farouz au 06.35.49.38.63
À l’occasion du 5 Iyar, les élèves de la Yechiva Daat Menahem ont vécu une journée riche de sens, alliant action concrète et approfondissement spirituel, au cœur de Jérusalem.
Le programme a débuté par une sortie de Mivtsaïm à Givat Hata’hmoshet, lieu emblématique de la libération de Jérusalem lors de la guerre des Six Jours. Dans cet endroit chargé d’histoire et de don de soi de nos soldats, les élèves sont allés à la rencontre de nombreux passants pour mise des Téfilines, distribution de matériel de judaïsme et échanges chaleureux. Cela a permis la diffusion de la lumière de la Torah dans ce lieu bien particulier.
Mais cette journée ne s’est pas arrêtée à l’action. Elle s’est poursuivie par un moment de réflexion et de profondeur avec un cours captivant du Rav Shaul Sillam. Le Rav a développé la vision du Rabbi quant à l’Etat d’Israël et ses institutions. Ce même cours avait été donné par le Rav, la veille, au séminaire Darkei Haya Mouchka (ci-joint l’enregistrement, nous vous conseillons vivement de l’écouter, il remet toutes les idées au clair).
Dans son enseignement, le Rav Sillam a mis en lumière l’approche nuancée du Rabbi: reconnaître les bienfaits et les miracles liés à la création de l’État d’Israël, tout en gardant une perspective tournée vers la Délivrance complète et véritable, qui à plusieurs reprises a été repoussée en raison d’erreurs majeures des dirigeants de l’État. Et c’est par l’observance des Mitsvot et par la diffusion de la Hassidout que les portes de la délivrance s’ouvriront enfin à l’humanité.
La combinaison de Mivtsaïm sur le terrain avec l’étude de la Hassidout et sa diffusion, décrit parfaitement l’esprit de la Yechiva : agir dans le monde tout en l’éclairant par la pensée profonde de nos Maîtres.