Paroles des Hassidim : Quelques anecdotes racontées par le Rav Mendel Futerfas  – 1ère partie

Paroles des Hassidim : Quelques anecdotes racontées par le Rav Mendel Futerfas – 1ère partie

Reb Menachem Mendel Futerfas (1906-1995), était un célèbre ‘hassid et l’un des meilleurs étudiants de Reb Zalman Moishe HaYitzchaki.
Il a passé 14 ans dans les goulags sibériens pour avoir ouvert clandestinement des écoles juives en URSS. Malgré les terribles conditions de détention, il réussit à ne jamais travailler le Chabbat et à avoir de la Matsa Chmoura à Pessa’h.
Après sa libération, le Rabbi lui demanda de devenir Machpia (guide spirituel) à la Yechiva de Kfar ‘Habad en Israël à partir de 1973. Ses rassemblements ‘hassidiques y étaient très réputés.
Dès le lancement de la campagne des Tefilines par le Rabbi en 1967, il se dévoua corps et âme pour la faire appliquer, malgré son âge et ses difficultés à se déplacer.
Il expliquait sa motivation par le besoin de compenser toutes les fois où il n’avait pu mettre les Tefilines en prison et par le désir de prouver concrètement son attachement au Rabbi.
Son service divin exceptionnel dans les pires conditions et son dévouement absolu aux directives du Rabbi ont fait de lui une figure légendaire et inspirante du ‘hassidisme Loubavitch.
Il est décédé le 4 Tamouz 5755 (2 juillet 1995) et est enterré à Londres.

 

1. L’ordre du service divin du hassid Rabbi Peretz Chen

Reb Mendel racontait sur le service divin de Rabbi Peretz Chen (le père du grand-père de Rabbi Berke Chen). Il se levait chaque matin à 3h et étudiait la Torah révélée pendant 4 heures. Ensuite il étudiait la ‘Hassidout pendant 4 heures puis priait pendant 4 heures. Si bien qu’à 15h il rentrait chez lui épuisé.
Reb Mendel a aussi raconté qu’il connaissait aussi le grand-père de Reb Berke Chen et que lui aussi était un hassid exceptionnel.

2. Le service divin doit être animé et embrasé par le feu de l’amour

Reb Mendel racontait une parabole du Baal Shem Tov sur un paysan qui avait un fils peu doué. Comme il n’était pas fait pour les études, son père voulut lui apprendre un métier. Il l’envoya chez un forgeron pour qu’il lui enseigne son art. Le fils resta longtemps chez le forgeron jusqu’à bien maîtriser le métier.
Le travail consistait à prendre un morceau d’argent, à le fondre au feu pour en changer la forme.
Quand le fils revint, son père paya le maître et lui acheta un atelier avec les outils nécessaires.
Le fils fit tout ce que le forgeron lui avait appris mais l’argent gardait la même forme sans pouvoir être transformé.
Le père alla voir le maître avec colère en disant: « Je t’ai tant payé et c’est ainsi que tu as instruit mon fils! »
Le forgeron lui dit: « Allons à l’atelier de ton fils voir ce qui n’allait pas. »
Arrivé sur place, le maître constata que l’élève avait tout préparé correctement sauf une chose qu’il avait oubliée: allumer le feu. Car cela, le maître ne le lui avait pas enseigné, pensant qu’il le ferait de lui-même.

Reb Mendel en tira la leçon suivante pour le service divin: le Choulhan Aroukh ne prescrit pas de prier avec ferveur car c’est une évidence. Il faut savoir qu’on doit allumer le feu de l’amour de Dieu. Alors notre être s’amollit et on peut transformer son âme animale.

3. Chacun est touché par des mots différents dans la prière

Reb Mendel raconta qu’un hassid du Maharash entra une fois en Ye’hidout (entretien privé) auprès de son Rebbe et énuméra tous les grands péchés qu’il avait commis.
Le Rebbe lui répondit par une parabole: Quand un bœuf est en bonne santé, on peut utiliser sa viande et son cuir. Mais s’il est malade, même sa viande et son cuir ne valent rien.
Le remède est de l’envoyer dans la forêt manger les herbes. Peut-être y trouvera-t-il l’herbe adaptée à sa maladie qui le guérira.

De même, dit le Rebbe, lis beaucoup de psaumes. Peut-être trouveras-tu un verset ou quelques mots qui te toucheront et t’éveilleront. Car chacun a des mots particuliers qui l’éveillent davantage.

4. Les rigueurs de Rabbi Hillel de Paritch

Reb Mendel racontait au sujet de Rabbi Hillel de Paritch, l’un des grands hassidim de l’Alter Rebbe, qu’il était extrêmement rigoureux. Par exemple, quand il se lavait les mains, il utilisait une coupe à trois anses, etc.
Une fois, des hassidim lui demandèrent pourquoi il était si rigoureux dans l’observance des mitzvot. Il répondit que toutes ces rigueurs avaient pour but de pouvoir ressentir plus profondément un concept ‘hassidique.

5. Abnégation pour le peuple juif

Le Rav et ‘Hassid Reb Yehezkel (Hatche) Feigin était Machpia’ (guide spirituel) à Loubavitch (il devint ensuite le secrétaire du Rabbi Rayatz).
Une fois, il entra en Ye’hidout auprès du Rabbi Rayatz et demanda au Rebbe de le décharger du fardeau qu’il portait, étant responsable de nombreuses tâches.
Non seulement le Rebbe n’accéda pas à sa requête mais il lui dit d’aller ouvrir une nouvelle école dans une certaine ville. Hatche se mit à pleurer et le Rebbe pleura avec lui. Il lui dit: « Sache que moi aussi j’ai à peine une demi-heure par jour pour étudier. Mais que peut-on faire? Il faut bien agir! »
Reb Mendel souligne que Hatche avait un tempérament émotionnel difficile et ne versait jamais de larmes, même à Roch Hachana et Yom Kippour. C’était la première fois qu’il éclatait en sanglots.

6. Annoncer de bonnes nouvelles au Rebbe

Reb Mendel raconta que son frère Reb Hanokh Hendel, qui était peintre, avait reçu du Rebbe la mission de peindre à quoi ressemblait le village de Loubavitch. Le Rebbe lui avait ordonné de ne consulter personne à ce sujet (car il avait un grand sens artistique). Après deux ans, il entra en Ye’hidout auprès du Rebbe et lui demanda comment il se sentait. Le Rebbe répondit: « Quand j’entends de bonnes nouvelles, je me sens très bien. » Reb Hanokh Hendel lui dit alors qu’il avait deux bonnes nouvelles:
1) Qu’il se sentait bien.
2) Qu’il avait fini de peindre le village de Loubavitch.
Le Rebbe en fut très satisfait.

7. Étudier avec les Tmimim les Maamarim du Rabbi Rayatz

Reb Mendel avait l’habitude d’étudier la ‘Hassidout chaque matin avec quelques élèves, parfois un ou deux, parfois plus.
Son usage était d’étudier avec les élèves uniquement les Maamarim (discours hassidiques) du Rabbi Rayatz.
Une fois, je demandai à Reb Mendel pourquoi il n’étudiait pas avec les élèves les Maamarim du Rebbe, le leader de notre génération. Il me répondit qu’il avait reçu du Rebbe l’instruction lors d’une Ye’hidout d’étudier avec les Tmimim les Maamarim du Rabbi Rayatz.
(Parmi les Maamarim que nous avons étudiés avec lui, il y avait des recueils de discours de 5700, 5701, 5706, 5707, les Kountrassim Gimel, Ita beZohar Helek Gimel dans les suppléments à la page 259 du Rabbi Rayatz, et d’autres encore.)

8. Le Maamar « Ita beZohar Helek Gimel » à la fin de 5659

L’un des Maamarim que Reb Mendel exigeait que les Tmimim étudient était le discours « Ita beZohar Helek Gimel » qui contient le passage « Celui qui est grand est en réalité petit, etc. », figurant à la fin du recueil de Maamarim de 5659. Il disait que ce Maamar résumait le célèbre discours ‘Haltzu du Rabbi Rachab qui traite du rejet de la Klipa de Midian (l’orgueil) et de l’importance de l’amour d’Israël.

9. Le ‘Hassid Reb David Horodoker

Reb Mendel raconta au sujet du ‘Hassid Reb David Horodoker qu’on disait de lui qu’il était un « intermédiaire » selon le Tanya. Il rapporta que toute coutume rigoureuse qu’il pratiquait, au lieu d’en parler positivement, il la dénigrait pour qu’on ne le tienne pas en estime pour cela.
Une fois, il y eut un enterrement à Loubavitch auquel le Rabbi Rachab assista. Ensuite, il entra dans la grande salle pour réciter le psaume « Yoshev beSéter Elyon » 7 fois comme il est d’usage.
Quand le Rebbe entra, de nombreux ‘hassidim entrèrent avec lui. Reb David était au milieu de la prière et ne remarqua pas du tout que le Rebbe était entré. Le Rabbi Rachab dit que c’était ce genre de service divin qu’il exigeait.

10. Avoir sa tête et son corps dans la Souccah et non dans la nourriture

Reb Mendel raconta qu’il est dit dans la loi juive qu’il faut entrer dans la Souccah et y demeurer avec sa tête et son corps.
À ce sujet, il cita un dicton ‘hassidique: Si quelqu’un est totalement absorbé par la nourriture qu’il mange, il est à craindre qu’il ne s’acquitte pas de son devoir, car sa tête et son corps sont dans la nourriture et non dans la Souccah.

 

Lev Habad en Israël : Une unité d’accueil mobile de l’hôpital Kaplan inaugurée à Kfar Habad

Lev Habad en Israël : Une unité d’accueil mobile de l’hôpital Kaplan inaugurée à Kfar Habad

 

 

Une unité mobile d’accueil pour les familles des patients hospitalisés a été inaugurée au Centre médical Kaplan. Cette initiative de Habad rejoint le réseau national d’hospitalité actif dans 11 hôpitaux.

 

L’unité, un don généreux de M. et Mme Itzik et Naomi Shmueli de Rehovot, a été inaugurée lors d’une cérémonie festive dirigée par le Rav Levi Mendelson, directeur de Lev Habad. Étaient présents les émissaires Habad de Rehovot et des environs, la direction de l’hôpital, le Grand rabbin du réseau de santé Menahem Lepkivker, le Rav de l’hôpital Kaplan Roi Aïloz, et le maire de Rehovot Matan Dial.

Le Dr Eitan Lavon, directeur adjoint, et Moshe Gerlitz, directeur administratif, ont œuvré pour établir cette première unité et préparer l’infrastructure pour en ajouter d’autres. Le Rav Lepkivker a souligné l’importance de combiner l’hospitalité et la visite aux malades. Le Rav Aïloz a salué le dévouement 24h/24 des émissaires Idan Makanik et Nati Gershoni pour aider spirituellement et matériellement les patients, familles et équipes médicales.

Le maire Matan Dial et son adjoint le Rav Arie Lipsker ont loué les actions des émissaires et la générosité de M. Itzik Shmueli à travers la ville. Avant le dévoilement, le donateur a remercié les émissaires pour leur partenariat à l’image de « Issachar et Zevulun ».

Cette unité mobile, une idée originale des frères Rivkin traiteurs de Kfar Habad, permet d’accueillir les familles dans 11 hôpitaux du pays. Un bel exemple de charité et de soutien au système de santé par un organisme religieux bénévole, rendu possible grâce à la coopération de l’hôpital, de la mairie, des donateurs et des émissaires Habad.

 

Chabbat Ahdout 5784 au Séminaire Beth Rivkah

Chabbat Ahdout 5784 au Séminaire Beth Rivkah

Quelle expérience incroyable au séminaire de Beth Rivkah pour le Grand Chabbat Ahdout !

 

Plus de 120 jeunes filles se sont réunies pour vivre un moment hassidique unique d’unité et de préparation à Matan Torah lors du Chabbat parachat Bamidbar.

Les sourires radieux et l’énergie positive des participantes ont illuminé ce moment magique. Quel plaisir de les voir toutes ensemble !

Farbreguen et Seder nigounim!!

Le Rav Zushé Silberstein (Chaliah à Montréal) venu spécialement du Canada pour cet évènement a su nous faire vibrer avec de magnifiques paroles de Hassidout., et surtout des récits extraordinaires de son vécu avec le Rabbi.

Nous exprimons notre gratitude aux familles Alimi, Attal E., Celnik, Pinson, et Uzan, nos invités spéciaux, pour avoir enrichi cette expérience extraordinaire.

Un grand merci également au comité d’organisation les jeunes filles du séminaire pour leur travail exceptionnel. Que cette étincelle d’unité continue de briller et de répandre la joie !

 

 

Les bénédictions du matin d’après la Hassidout :  « וִיהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ – Que ce soit Ta Volonté… »  – Rav Yossef Itshak Havlin

Les bénédictions du matin d’après la Hassidout : « וִיהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ – Que ce soit Ta Volonté… » – Rav Yossef Itshak Havlin

Ce cours nous invite à une métamorphose profonde de notre rapport à D.ieu, à la Torah et aux Mitsvot, à travers la prière essentielle : « Que ce soit Ta volonté ».

Adapté d’un cours du Rav Yossef Its’hak Havlin sur « ללמוד איך להתפלל, apprendre comment prier? ».
Le Rav Havlin est le Rav de la communauté Habad du 770 de Ramat Shlomo à Jérusalem.
וִיהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, שֶׁתַּרְגִּילֵנוּ בְּתוֹרָתֶךָ, וְתַדְבִּקֵנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ, וְאַל תְּבִיאֵנוּ לֹא לִידֵי חֵטְא וְלֹא לִידֵי עֲבֵרָה וְעָוֹן וְלֹא לִידֵי נִסָּיוֹן וְלֹא לִידֵי בִזָּיוֹן, וְאַל יִשְׁלוֹט בָּנוּ יֵצֶר הָרָע, וְהַרְחִיקֵנוּ מֵאָדָם רָע, וּמֵחָבֵר רָע, וְדַבְּקֵנוּ בְּיֵצֶר טוֹב וּבְמַעֲשִׂים טוֹבִים, וְכוֹף אֶת יִצְרֵנוּ לְהִשְׁתַּעְבֶּד לָךְ, וּתְנֵנוּ הַיּוֹם וּבְכָל יוֹם לְחֵן וּלְחֶסֶד וּלְרַחֲמִים בְּעֵינֶיךָ וּבְעֵינֵי כָל רוֹאֵינוּ, וְתִגְמְלֵנוּ חֲסָדִים טוֹבִים. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ הַגּוֹמֵל חֲסָדִים טוֹבִים לְעַמּוֹ יִשְׂרָאֵל:
« Que ce soit Ta volonté, Éternel notre Dieu et Dieu de nos ancêtres, de nous habituer à Ta Torah, de nous attacher à Tes commandements, et de ne pas nous amener à la faute, ni à la transgression et au péché, ni à l’épreuve, ni à l’humiliation. Que le mauvais penchant ne nous domine pas, éloigne-nous de l’homme mauvais et du mauvais compagnon, attache-nous au bon penchant et aux bonnes actions, et force notre penchant à se soumettre à Toi. Accorde-nous aujourd’hui et chaque jour grâce, bonté et compassion à Tes yeux et aux yeux de tous ceux qui nous voient, et accorde-nous Tes bienfaits. Béni sois-Tu Éternel, qui accorde Ses bienfaits à Son peuple Israël. »

 

Ici se pose la question : toutes ces requêtes font partie du rôle du Juif. C’est son devoir de s’habituer à l’étude de la Torah, de s’attacher à l’observance des Mitsvot et d’éviter de commettre des fautes et des péchés. Pourquoi alors demandons-nous au Saint béni soit-Il de faire en quelque sorte le travail à notre place ? En fin de compte, c’est à nous d’accomplir tous les commandements et toute l’acceptation du joug divin.

On peut donc se demander : que demandes-tu au Saint béni soit-Il de faire pour toi ? Demandes-tu qu’Il résolve tous tes problèmes, afin que tu t’habitues sans effort et sans douleur ? C’est précisément ton travail, notre travail à nous ! Nous devons nous attacher à la Torah et nous éloigner des mauvaises influences, des mauvaises choses. Alors pourquoi, après avoir énuméré tout cela, commençons-nous à demander au Saint béni soit-Il : « De grâce, sauve-nous de toutes ces choses » ?

La Volonté de D.ieu n’est pas quelque chose d’extérieur au monde, qui agirait sur lui de l’extérieur. Elle est ce qui constamment crée et maintient le monde dans l’existence. Chaque instant, chaque créature, est une expression de cette Volonté divine qui veut que cela soit. C’est une idée vertigineuse : réaliser que le simple fait que nous soyons ici, maintenant, à respirer, penser, vivre, est l’effet d’une Volonté de D.ieu. Que si cette volonté cessait ne serait-ce qu’une seconde, tout s’évanouirait dans le néant. Que l’existence n’est pas un acquis, mais un don renouvelé à chaque instant.

Il y a une différence radicale entre la Volonté divine et la nôtre. Quand nous voulons quelque chose, c’est un désir extérieur à nous, un besoin que nous cherchons à combler. Et rien ne garantit que cela se réalisera. Alors que la Volonté de D.ieu EST la réalité. Pour D.ieu, vouloir et être ne font qu’un. Il n’y a pas d’écart entre Son désir et Son accomplissement, car c’est Son désir même qui fait être les choses.

Cela donne un sens nouveau  à la prière « Que ce soit Ta Volonté ». C’est en fait une invitation à nous brancher sur la source même de la vie, à aligner notre être sur ce qui fait être toute chose. Quand nous accomplissons la Volonté divine, ce n’est pas quelque chose que nous faisons « en plus » de notre existence. C’est une participation au mouvement le plus intime de la réalité, celui par lequel D.ieu insuffle la vie au monde. C’est nous laisser traverser et guider par la force qui anime chaque atome de l’univers.

Ainsi, en priant pour percevoir et accomplir la Volonté divine, nous demandons la plus haute des connexions : celle qui nous relie à l’Être qui est au-delà de l’être, et dont le désir est l’étincelle qui allume toute existence. Nous demandons à faire un avec le cœur battant du réel.

« Que ce soit Ta Volonté » est bien plus qu’un acte d’obéissance ou de soumission. C’est une aspiration à nous accorder au chant le plus profond de la Création, à devenir co-acteurs de l’œuvre sans cesse renouvelée par laquelle D.ieu fait être le monde.

Tout ce qui arrive dans le monde est la Volonté de D.ieu. Ainsi, ce que nous demandons au Saint béni soit-Il, c’est : « Que ce soit Ta Volonté », nous Lui demandons que Sa volonté soit révélée, que ce qu’Il veut devienne réalité. Dès qu’Il le veut, cela nous aide, car cela devient la réalité telle qu’elle doit être. Il donne à cela existence.

Cela ressemble à un maître qui enseigne à ses élèves la crainte et l’amour de D.ieu. Quand ils l’écoutent et se conduisent avec crainte du Ciel, il est satisfait. Si parmi les élèves se trouve aussi son fils, on peut supposer que le désir du maître que son fils suive le droit chemin est encore plus fort que son désir par rapport aux autres élèves. C’est évident que s’il a son enfant dans la classe, sa volonté sera beaucoup plus forte que pour le reste des élèves.

Naturellement, le fils le ressent, et la volonté ferme du père insuffle au fils les forces de faire la volonté de son père et de se conduire avec crainte du Ciel. Le fait que le fils voit ce que le père désire, cela-même l’amène à se comporter comme il faut.

C’est le point essentiel que nous devons toujours garder à l’esprit lorsque nous éduquons des enfants. Ce qui importe le plus dans l’éducation des enfants, ce n’est pas de leur dire « fais ceci, fais cela ». Le plus important est qu’ils voient quel est notre désir. S’il sait au fond de lui que notre désir est vraiment que ce soit cela que nous désirons, que nous ne désirons pas d’autres choses. Nous somme occupés à gagner notre vie, mais au final l’enfant perçoit que s’il réussit dans ses études, nous sommes beaucoup plus satisfait – c’est ce qu’il doit voir, que c’est notre valeur la plus haute. Dès qu’il sait que c’est notre désir, cela lui donne beaucoup de force pour travailler.

On raconte au sujet d’un Roch Yeshiva à qui on demanda comment il a réussi avec tous ses grands élèves. Il répondit : « C’est grâce à ma mère. Que faisait ta mère ? Ton père était un grand érudit ! » Il dit : « Une fois, je suis rentré à la maison et j’ai dit à ma mère que le lendemain, nous terminions l’étude d’un traité de Michna. « Tu y as participé? ». « Oui, j’y ai participé et demain aura lieu la conclusion du traité à l’école. »

Le lendemain, il rentre chez lui et voit sa mère cuisiner, préparer, s’affairer. Il lui demande : « Qu’est-ce que tu fais ? » Elle répond : « Je prépare quelque chose car nous avons un événement heureux ce soir. » Toute la journée, il voit les préparatifs autour de la nourriture, autour du repas qui aura lieu le soir.

Le soir, il demande : « Alors maman, pourquoi as tu préparé ce repas ? ». « Ce repas est en ton honneur, parce que tu as terminé le traité ! »

Ce que ce Roch Yeshiva a retenu, des années plus tard, ce n’est pas tant les paroles de sa mère que ses actes. Le fait qu’elle ait passé une journée entière à préparer un festin pour célébrer son accomplissement dans l’étude de la Torah lui a montré de façon tangible à quel point cela comptait pour elle.

Il a senti que sa réussite dans la Torah n’était pas juste une chose positive parmi d’autres aux yeux de sa mère, mais que c’était sa priorité absolue, ce qui la réjouissait plus que tout au monde. Et cette certitude a été pour lui un moteur extraordinaire. Savoir que chaque page étudiée, chaque traité terminé, était une source de joie immense pour sa mère lui a donné une énergie inépuisable pour progresser.

C’est un rappel puissant pour tous les parents : nos enfants sont extrêmement sensibles à nos réactions, à ce qui semble nous tenir le plus à cœur. Si nous disons que leur éducation juive est importante mais que nous ne manifestons pas la même joie pour une réussite à l’école juive que pour un succès sportif, ils le sentiront.

Si un parent dit à son enfant que les études sont importantes, mais qu’il consacre lui-même la majorité de son temps et de son énergie à l’acquisition de biens matériels, l’enfant discernera que malgré le discours, l’éducation n’est pas la priorité numéro un de ses parents. Les actes parlent plus fort que les paroles.

En revanche, si les parents manifestent un intérêt sincère et enthousiaste pour les progrès spirituel de leur enfant,  alors l’enfant intériorisera naturellement l’importance de l’étude. L’attitude et l’exemple des parents seront bien plus influents que de simples ordres.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais donner de directives aux enfants. Des règles et un cadre sont nécessaires. Mais ils seront mieux acceptés s’ils s’inscrivent dans un climat familial qui incarne au quotidien les valeurs prônées. L’enfant doit sentir de façon claire et constante ce qui tient vraiment à cœur à ses parents.

Éduquer par l’exemple demande évidemment plus d’efforts et de cohérence que de simplement édicter des règles. Mais c’est une approche à la fois plus respectueuse de l’enfant et plus efficace sur le long terme pour transmettre valeurs et priorités. L’enfant apprend ainsi non par crainte ou soumission, mais par imprégnation et identification.

Ce principe s’applique à bien des domaines au-delà des études : choix de vie, traits de caractère, engagement religieux, etc. Dans tous les cas, l’exemple vaudra toujours mieux que les longs discours. C’est une responsabilité importante mais aussi une magnifique opportunité pour les parents d’incarner au mieux ce qu’ils souhaitent transmettre à leurs enfants.

Exactement. Dans cette analogie, le Saint béni soit-Il est comparé à un père, et nous sommes comparés à Ses enfants. Tout comme un enfant est motivé à étudier et à se conduire correctement lorsqu’il perçoit que c’est le désir profond de son père, de même, discerner la Volonté divine nous donne la force de la réaliser.

Nous demandons donc à D.ieu de nous révéler Sa volonté, non pas comme un ordre extérieur, mais comme une aspiration intime que nous pouvons faire nôtre. « Que ce soit Ta Volonté » signifie : fais-nous voir et ressentir ce que Tu veux vraiment, au plus profond.

Car la Volonté de D.ieu n’est pas quelque chose d’extérieur à la réalité. Elle est ce qui constamment crée et maintient l’existence. Comme il est dit dans le texte, si cette volonté cessait, le monde cesserait aussitôt d’exister. Donc, quand nous alignons notre propre volonté sur celle de D.ieu, nous nous branchons sur la force qui fait être le monde. Cela nous donne une immense énergie pour accomplir Sa volonté.

Bien sûr, nous devons faire notre part, étudier et pratiquer. Mais nous demandons à D.ieu de nous y aider en imprimant Sa volonté en nous, pour qu’elle devienne source de motivation et d’énergie. Ainsi, observer la Torah ne sera plus une contrainte, mais l’expression de notre désir le plus authentique, à l’unisson avec celui de D.ieu.

C’est une prière très profonde : permets-nous de vouloir ce que Tu veux, et donne-nous de ressentir ton désir intime pour nous. C’est la clé d’une vie spirituelle à la fois joyeuse et intense. Non pas une obéissance aveugle et forcée, mais un élan partagé entre D.ieu comme père et source de l’être, et nous comme Ses enfants, aspirant à réaliser le désir de notre Père.

Nous demandons à D.ieu non seulement de nous accorder Sa bienveillance, mais de nous faire ressentir activement combien Il désire notre proximité avec Lui à travers l’étude et la pratique.

Il y a une grande différence entre savoir intellectuellement que D.ieu nous aime, et le ressentir de façon vivante et continue. Quand nous percevons clairement combien notre cheminement spirituel tient à cœur à D.ieu, cela change tout. Nos efforts ne sont plus une corvée imposée, mais la réponse à un appel, un élan partagé.

C’est pourquoi nous implorons : « Fais-nous voir et sentir combien Tu nous veux, combien Tu désires que nous étudiions et pratiquions ». Plus cette perception sera forte et limpide, plus nous serons portés dans nos efforts. Savoir que nous répondons à une aspiration divine intense décuple notre propre aspiration et notre persévérance.

Cette prière souligne que le moteur de la vie spirituelle n’est pas la crainte mais l’amour. Pas l’obéissance aveugle à des commandements, mais la réponse à un désir divin d’être proche de nous, de nous voir grandir et nous épanouir spirituellement. En priant ainsi, nous affirmons aussi que notre pratique religieuse n’est pas qu’une affaire privée. C’est une relation, un lien avec un D.ieu qui nous veut, au sens fort du terme. Réaliser qu’à travers chaque Mitsva, chaque temps d’étude, nous exauçons un désir divin, donne à nos actes une saveur et une vitalité incomparables.

Bien sûr, dans les moments de doute ou de routine, ce désir divin peut sembler abstrait ou lointain. D’où l’importance de cette prière répétée : « Fais-nous voir et ressentir, encore et encore, combien Tu veux notre proximité avec Toi ». C’est le antidote le plus puissant à la tiédeur spirituelle.

Le Tanya souligne un point essentiel sur le processus de repentir (techouva) et la relation à D.ieu. Après avoir reconnu ses erreurs et décidé de changer, on pourrait penser que le processus est terminé. Mais la Tanya nous dit qu’il y a encore une étape : apporter un présent au Roi, c’est-à-dire accomplir un geste supplémentaire pour exprimer notre attachement renouvelé à D.ieu.

Pourquoi est-ce important ? Le texte l’explique : pour restaurer pleinement notre relation à D.ieu, pour retrouver Sa satisfaction et Son amour envers nous. Il ne s’agit pas seulement de réparer des fautes, mais de raviver la connection, de montrer à D.ieu que nous aspirons activement à Son approbation et à Sa proximité.

En accomplissant une action positive après le repentir, nous signifions : « Non seulement je regrette mes erreurs passées, mais je désire ardemment être à nouveau proche de Toi, Te réjouir, attirer Ton regard bienveillant sur moi ». C’est une démarche active pour restaurer l’intimité avec D.ieu.

Et comme nous l’avons vu, ressentir que nous sommes voulus et aimés par D.ieu est une immense source de force. Savoir que nos efforts Lui procurent de la satisfaction nous remplit d’énergie pour avancer. Le « présent au Roi » après le repentir n’est donc pas une formalité superflue, mais un geste crucial pour revivifier notre lien à D.ieu et en puiser de l’élan.

Cela révèle une vision très belle du repentir dans le judaïsme. Il ne s’agit pas seulement d’effacer des fautes par culpabilité, mais de restaurer une proximité, de dire à D.ieu : « Je veux être à nouveau proche de Toi, je veux Te donner de la satisfaction ». C’est un processus positif et dynamique pour raviver la flamme de notre connection au Divin.

Cela montre aussi que le but ultime est une relation d’amour réciproque. Nous aspirons à être aimés de D.ieu, et cette expérience de Son amour nous galvanise dans notre pratique. Un juif ne se contente pas d’obéir mécaniquement, il cherche à réjouir un D.ieu qui le veut et l’attend. Magnifique conception de la vie spirituelle comme dialogue d’amour sans cesse approfondi.

Le Chabbat, nous lisons dans la prière « Agrée notre repos ». Le Chabbat n’est pas simplement un jour de congé, un temps d’arrêt dans nos activités profanes. C’est un jour où nous aspirons à un repos qui soit agréable à D.ieu, conforme à Sa volonté. En priant « Agrée notre repos », nous exprimons le désir que notre façon d’observer le Chabbat soit en harmonie avec ce que D.ieu attend de nous.

Il y a une grande différence entre un repos ordinaire et un « repos de Chabbat conforme à la Torah ». Ce n’est pas seulement une question de respect des règles, mais de l’esprit dans lequel nous vivons ce jour. Est-ce un temps d’oisiveté et de distractions, ou un temps de sanctification, de connexion à D.ieu et à nos aspirations les plus élevées ?

En demandant à D.ieu d’agréer notre repos, nous reconnaissons que le Chabbat n’est pas qu’une affaire privée. C’est une rencontre entre notre repos et le désir divin. Nous aspirons à ce que notre façon de vivre ce jour soit une source de satisfaction pour D.ieu, qu’elle Lui procure en quelque sorte du nachat. Ressentir que notre manière d’observer le Chabbat réjouit D.ieu est une immense source de motivation et de force. Savoir que nous répondons à une attente divine donne une saveur unique à chaque instant du Chabbat.

Cela éclaire d’un jour nouveau tous les détails des lois du Chabbat. Plutôt que des contraintes arbitraires, chaque « oui » et chaque « non » dessine l’espace d’une rencontre entre D.ieu et nous.

Ainsi, prier pour que notre repos soit agréé, c’est affirmer que le Chabbat est un rendez-vous d’amour, un temps pour nourrir notre lien au Divin et ressentir Sa présence bienveillante. C’est aspirer à ce que ce jour ne soit pas un simple intermède dans une vie profane, mais un sommet de connexion et de sanctification.

Cette prière nous rappelle la responsabilité et le privilège d’un Chabbat vécu en conscience, tourné vers D.ieu avec le désir de Lui procurer de la joie à travers notre façon d’habiter ce temps si particulier. C’est une invitation à faire de ce repos un chef-d’œuvre dédié à D.ieu, avec tout le soin et l’amour que cela implique.

D’un côté, il est clair que c’est à nous d’agir, d’étudier, de pratiquer les Mitsvot, de nous éloigner du mal. D.ieu nous a donné ces commandements et c’est notre responsabilité de les accomplir. Prier D.ieu de tout faire à notre place peut sembler comme une tentative de Lui renvoyer la balle, de fuir notre part du travail. Mais la réponse donnée ici est lumineuse. Quand nous prions « Que ce soit Ta Volonté », nous ne demandons pas à D.ieu de se substituer à nos efforts. Nous Lui demandons de nous révéler Sa volonté, de nous faire ressentir Son désir profond pour que nous étudiions et pratiquions. Car percevoir combien cela tient à cœur à D.ieu change tout dans notre façon de le vivre.

C’est toute la différence entre accomplir les Mitsvot mécaniquement, par habitude ou par crainte, et les réaliser avec le sentiment vivifiant de répondre à une attente divine. Quand nous sentons que D.ieu désire ardemment que nous fassions Chabbat, que nous étudiions la Torah, cela nous remplit d’une motivation et d’une énergie décuplées.

Prier pour ressentir le désir de D.ieu n’est donc pas une fuite de notre responsabilité, mais au contraire, un moyen de nous y engager avec une force renouvelée. C’est puiser dans notre lien à D.ieu l’élan pour mieux faire notre part du chemin.

C’est aussi une façon de ne jamais oublier que dans notre pratique des Mitsvot, nous ne sommes pas seuls face à une check-list d’obligations. Nous sommes engagés dans un dialogue permanent avec un D.ieu qui nous fait signe, qui nous espère, et dont l’approbation et l’amour sont notre plus grande source de joie et de vitalité.

Ainsi, en priant « fais-nous percevoir combien Tu veux que nous accomplissions les Mitsvot », nous ne fuyons pas notre rôle, mais nous y ancrons plus profondément, soutenus par la certitude d’un désir divin qui vient à notre rencontre et nous porte. Nous reconnaissons que notre service de D.ieu est une collaboration, où nos efforts pour faire Sa volonté répondent à Son attente aimante.

C’est une vision très belle du lien entre la prière et la pratique. Prier n’est pas un substitut à l’action, mais une façon de revivifier en permanence la conscience du désir de D.ieu, pour ensuite accomplir les Mitsvot, étudier et pratiquer avec une ferveur et un enthousiasme sans cesse renouvelés. Notre désir de percevoir la Volonté divine n’est pas une attente passive, mais une prière active. Nous demandons à D.ieu de nous révéler Son désir, de rendre manifeste à nos yeux à quel point Il aspire à ce que nous étudiions la Torah et observions Ses commandements.

Cette révélation peut prendre des formes diverses. Parfois, ce sont des signes providentiels, comme cette histoire de soldats épargnés grâce au respect du Chabbat. Parfois, c’est un sentiment intérieur, une conviction soudaine de l’importance d’une Mitsva. Ou encore, la parole d’un sage qui vient éclairer d’un jour nouveau le sens d’un commandement.

Mais quelle que soit la forme de cette révélation, son effet est puissant : elle nous montre de façon tangible que nos actes ont une résonance, qu’ils répondent à une attente divine. Et cette certitude est un formidable moteur pour notre service de D.ieu.

C’est comme un enfant qui reçoit un signe clair de l’amour et de la fierté de son père. Cela le remplit d’une énergie et d’une joie qui animent ensuite tous ses efforts. De même, percevoir que D.ieu agrée notre repos de Chabbat, qu’Il Se réjouit de nos Mitsvot, c’est recevoir un encouragement décisif sur le chemin de la Torah.

C’est cela que nous demandons dans nos prières : « Agrée notre repos », « Que ce soit Ta Volonté », autant de variations sur ce thème essentiel de la perception du désir divin. Car une vie spirituelle ne peut se maintenir uniquement sur l’habitude et la routine. Elle a besoin de ces moments de connexion renouvelée, où nous sentons que nous marchons avec D.ieu, répondant à Son appel.

D’où l’importance de ces prières répétées, appelant encore et encore la révélation de la Volonté divine. C’est une façon de maintenir notre cœur dans une attente, une écoute, un éveil. De laisser la porte ouverte aux signes que D.ieu nous envoie sur notre chemin pour nous fortifier.

Avant même d’étudier, nous bénissons D.ieu qui nous a donné la Torah, pour nous relier à cette Volonté divine de nous voir étudier. Ces bénédictions ne sont pas une simple formalité détachée de l’étude elle-même. Elles en sont le prélude indispensable, créant cet espace de connexion et de désir partagé qui va ensuite porter toute notre étude. Tout comme on ne peut manger sans rendre grâce, on ne peut étudier sans avoir d’abord fait de cette étude une rencontre avec le divin. Ainsi, ces bénédictions sur la Torah sont un exemple parfait de la façon dont la prière nous prépare à accomplir les Mitsvot, en ravivant notre conscience du lien à D.ieu et à Sa volonté.

Le Rabbi demande : étant donné que ces bénédictions sont liées au commandement d’étudier la Torah, pourquoi sont elles récitées dans la prière et non pas après la prière, avant l’étude ?

Pour comprendre cela, le Rabbi commence par demander pourquoi la Torah commence par la lettre Beth et non par la lettre Aleph ? L’idée fondamentale est que l’étude de la Torah comporte deux aspects :

L’étude de la Torah proprement dite concerne la Sagesse, les lois et les règles qu’elle contient. C’est quelque chose que l’on étudie avec notre intellect, en abordant toutes sortes de sujets et de raisonnements. Il s’agit de l’étude de la Torah au sens le plus simple et direct.

Mais il y a un point supplémentaire et primordial : avant tout, la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un. En étudiant la Torah, nous nous relions à Lui. C’est le point essentiel.

Il faut savoir que quand nous étudions la Torah, il y a certes le Beth, l’étude proprement dite. Mais avant le Beth, il y a le Aleph. Et le Aleph représente avant tout la connexion avec le Saint béni soit-Il.

Ainsi, la Torah commence par la lettre Beth pour nous enseigner que le Aleph, la relation au Divin, précède et fonde l’étude elle-même. Avant de nous plonger dans l’analyse intellectuelle, nous devons réaliser que nous nous apprêtons à rencontrer la Parole vivante de Dieu.

C’est pourquoi la prière et les bénédictions précèdent l’étude. Elles nous replacent dans cette conscience de la Source, de Celui qui nous parle à travers la Torah. Elles font de notre étude bien plus qu’un exercice intellectuel : une conversation intime avec notre Créateur.

En étudiant, nous ne faisons pas qu’acquérir un savoir, mais nous nous reconnectons à notre Source. Chaque mot étudié devient une rencontre, un moment de communion avec l’Infini qui a voulu se révéler à nous.

Garder cette conscience du Aleph transforme notre rapport à l’étude. Cela en fait un acte sacré, vibrant, porté par l’émerveillement de ce mystère : le Tout-Puissant qui se fait proche et se dévoile à travers ces mots que nous scrutons.

Le Rabbi rapporte un fait fascinant : lorsque Ptolémée a demandé aux 70 Anciens de traduire la Torah en grec, tous ont écrit « Elokim Bara Bereshit » (Dieu créa au commencement) au lieu de « Bereshit Bara Elokim » (Au commencement, Dieu créa).

Ce détail révèle quelque chose d’intéressant : ce sont justement ceux qui ont traduit la Torah pour des non-juifs qui ont commencé par la lettre Aleph. Le Rabbi explique que c’est tout à fait cohérent. En effet, pour les nations du monde, la Torah est perçue avant tout comme une sagesse intellectuelle.

Ainsi, en plaçant « Elokim » (Dieu) en premier, ils ont mis l’accent sur l’aspect intellectuel et philosophique : l’idée d’un Dieu créateur. C’est effectivement le Aleph qui prime ici : la Torah vue comme un système de pensée, une conception du monde et de son origine.

Mais pour le peuple juif, la Torah est bien plus que cela. Avant d’être un contenu de sagesse, elle est la parole d’un Dieu qui s’adresse à nous, qui nous appelle à une relation. Le Beth de « Bereshit » vient avant le « Elokim », car la connexion vivante au Divin précède et enveloppe l’étude intellectuelle.

Ainsi, l’inversion opérée par les traducteurs est hautement significative. Elle reflète deux approches fondamentalement différentes de la Torah : comme sagesse philosophique d’une part, comme parole de vie et d’alliance d’autre part.

Pour les juifs, la Torah n’est pas d’abord un objet d’étude, mais une invitation à la rencontre. Chaque mot est porteur d’une présence, chaque verset est une porte ouverte vers l’intimité divine. L’intellect a certes un rôle clé à jouer, mais il est au service de cette relation, il est l’outil qui nous permet d’entrer toujours plus profondément dans ce dialogue intime.

Cette différence d’approche n’enlève rien à la valeur de l’étude intellectuelle, mais elle la replace dans une perspective plus vaste. Étudier la Torah, c’est déployer toutes les ressources de notre intelligence pour mieux entendre et comprendre cette voix qui nous parle à travers le texte. C’est aiguiser notre esprit pour percevoir la Présence qui se dévoile à travers chaque mot, chaque lettre.

C’est pourquoi ces bénédictions font partie intégrante de la prière. Avant de commencer à étudier, nous devons nous relier à D.ieu et réaliser que l’essentiel de la Torah est cette connexion à Lui. Ensuite vient l’étude proprement dite, le Beth. Mais le Aleph, la relation au Divin, est primordial et s’exprime dans les bénédictions sur la Torah récitées pendant la prière.

 

 

Nemouel sort un nouveau single – גְּאֻלָּתֵנוּ – notre Délivrance

Nemouel sort un nouveau single – גְּאֻלָּתֵנוּ – notre Délivrance

 

Au cœur d’une période douloureuses sans fin, et d’une atmosphère de délivrance imminente, le chanteur ‘Habad Nemouel Harroch sort un nouveau single-clip soigné « Notre Délivrance » composé par El’hanan Elhadad, et arrangé par Eli Klein et Itzy Bari.

 

Au cœur d’une période d’actualités douloureuses sans fin, et d’une atmosphère de délivrance imminente, le chanteur ‘Habad Nemouel Harroch sort un nouveau single-clip soigné « Notre Délivrance » composé par El’hanan Elhadad, et arrangé par Eli Klein et Itzy Bari.

Nemouel a reçu « Notre Délivrance » il y a longtemps et la chanson semblait attendre ces jours-ci, des jours où tout est confus et où le sentiment de délivrance semble plus proche que jamais.
Pour cette chanson spéciale, Nemouel a tourné un clip émouvant, filmé dans les ruelles de Safed.

« Les habitants incroyables de Safed, qui sont aujourd’hui en première ligne, nous ont accueillis chaleureusement », a raconté Nemouel. « J’espère que nous réussirons à renforcer le peuple d’Israël et en particulier les habitants du nord avec cet espoir, et que nous méritions tous ensemble de voir la délivrance très bientôt ! ».

 

 

לֹא אֶפְחַד מִשּׁוּם דָּבָר גַּם אִם הַיּוֹם שֶׁכְּבָר נִגְמַר לֹא הִסְתַּדֵּר לִי.
לֹא אֶפְחַד וְרַק אוֹמַר עַל זֶה וְגַם עַל כָּל הַשְּׁאָר,
אַתָּה עוֹזֵר לִי לִהְיוֹת לִרְאוֹת וְגַם לִשְׁמֹעַ הַקּוֹלוֹת שֶׁרַק אוֹמְרִים תָּמִיד לֹא לְוַתֵּר.

וְתִפְתַּח אֶת הַשָּׁמַיִם לִתְפִילוֹת, אֵלֶיךָ הֵם תָּמִיד עוֹלוֹת וּמְבַקְּשׁוֹת עָלֵינוּ.
תֵּן תִּקְוָה וְרַחֲמִים בִּזְכוּת אָבוֹת, וְתֵן שֶׁכְּבָר נִזְכֶּה לִרְאוֹת גְּאֻלָּתֵנוּ גְּאֻלָּתֵנוּ.

וְרַק דָּבָר אֶחָד נִשְׁאַר, תָּמִיד תִּתֵּן לָנוּ תִּקְוָה תַּחֲזִיק יָדַיִם.
עַל זֶה נִשְׁמֹר מִכָּל מִשְׁמָר כִּי גַּם הַיּוֹם וְגַם מָחָר,
אַתָּה עוֹזֵר לִי לִהְיוֹת לִרְאוֹת וְגַם לִשְׁמֹעַ הַקּוֹלוֹת שֶׁרַק אוֹמְרִים תָּמִיד לֹא לְוַתֵּר.

וְתִפְתַּח אֶת הַשָּׁמַיִם לִתְפִילוֹת, אֵלֶיךָ הֵם תָּמִיד עוֹלוֹת וּמְבַקְּשׁוֹת עָלֵינוּ.
תֵּן תִּקְוָה וְרַחֲמִים בִּזְכוּת אָבוֹת, וְתֵן שֶׁכְּבָר נִזְכֶּה לִרְאוֹת גְּאֻלָּתֵנוּ גְּאֻלָּתֵנוּ.

וְתִפְתַּח אֶת הַשָּׁמַיִם לִתְפִילוֹת, אֵלֶיךָ הֵם תָּמִיד עוֹלוֹת וּמְבַקְּשׁוֹת עָלֵינוּ.
תֵּן תִּקְוָה וְרַחֲמִים בִּזְכוּת אָבוֹת, וְתֵן שֶׁכְּבָר נִזְכֶּה לִרְאוֹת גְּאֻלָּתֵנוּ גְּאֻלָּתֵנוּ.

תֵּן שֶׁכְּבָר נִזְכֶּה לִרְאוֹת גְּאֻלָּתֵנוּ.

Voici la traduction de la chanson :

Je n’aurai peur de rien même si la journée qui s’achève ne s’est pas bien passée pour moi
Je n’aurai pas peur et je dirai seulement, à ce sujet et pour tout le reste,
Tu m’aides à être, à voir et aussi à entendre les voix qui disent toujours de ne jamais abandonner

Et Tu ouvres les cieux aux prières, vers Toi elles montent toujours
Et demandent pour nous, donne espoir et miséricorde par le mérite des Patriarches
Et permets que nous méritions déjà de voir notre Délivrance, notre Délivrance

Et une seule chose reste toujours, donne-nous toujours de l’espoir
Tiens les mains, cela nous le garderons précieusement
Car aujourd’hui et aussi demain, Tu m’aides à être, à voir
Et aussi à entendre les voix qui disent toujours de ne jamais abandonner

Et Tu ouvres les cieux aux prières, vers Toi elles montent toujours
Et demandent pour nous, donne espoir et miséricorde par le mérite des Patriarches
Et permets que nous méritions déjà de voir notre Délivrance, notre Délivrance

Et Tu ouvres les cieux aux prières, vers Toi elles montent toujours
Et demandent pour nous, donne espoir et miséricorde par le mérite des Patriarches
Et permets que nous méritions déjà de voir notre Délivrance, notre Délivrance
Permets que nous méritions déjà de voir notre Délivrance

Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz a visité le Beth Habad en Hongrie

Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz a visité le Beth Habad en Hongrie

 

Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz a visité le Beth Habad ‘Keren Or’ – le centre de la communauté israélienne en Hongrie, dirigé par le Chalia’h Rav Shmuel Raskin.  Le ministre a salué le travail sacré de tous les Chlouhim du Rabbi à travers le monde. Ont participé à la rencontre les dignitaires de la communauté, avec l’ambassadeur d’Israël en Hongrie M. Yaakov Hadas Handelsman et l’équipe de l’ambassade, le président du KKL en Hongrie et Europe de l’Est M. Kobi Davit.

 

Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz a visité le Beth Habad ‘Keren Or’ – le centre de la communauté israélienne en Hongrie, dirigé par le Chalia’h Rav Shmuel Raskin – Rabbin de la communauté israélienne et président des institutions Habad Keren Or.
La rencontre s’est ouverte par une prière émouvante pour le retour immédiat des enlevés, pour la réussite et la guérison des soldats héroïques et pour tout le peuple d’Israël.

Le ministre a été impressionné par l’activité auprès de centaines de familles de la communauté et de milliers de visiteurs de tout le pays et du monde entier, et par l’activité du centre pour étudiants dirigé par le Chalia’h Rav Sholem Eizenberger.
Le ministre a salué le travail sacré de tous les Chlouhim du Rabbi à travers le monde.

Ont participé à la rencontre les dignitaires de la communauté, avec l’ambassadeur d’Israël en Hongrie M. Yaakov Hadas Handelsman et l’équipe de l’ambassade, le président du KKL en Hongrie et Europe de l’Est M. Kobi Davit.

Rav Raskin a remis au ministre son nouveau livre « Keren Or LaNeshama », avec une dédicace et une bénédiction.

 

Russie : Voyage des Temimim, à Kostroma, sur les traces de l’exil et de la libération du Rabbi précédent

Russie : Voyage des Temimim, à Kostroma, sur les traces de l’exil et de la libération du Rabbi précédent

13 puissantes images illustrant l'arrestation et la libération du sixième  Rabbi de Loubavitch - fr.chabad.orgL’exil du Rabbi précédent à Kostroma en 1927

  • Après 19 jours d’emprisonnement à Spalerno, le Rabbi est autorisé à rentrer chez lui pendant seulement 6 heures avant de devoir prendre le train le soir même pour son exil de 3 ans à Kostroma. S’il rate le train, il devra retourner en prison. Il doit se présenter dès son arrivée aux autorités de Kostroma qui le garderont sous surveillance.
  • Le Rabbi fait un discours émouvant à sa famille et aux ‘hassidim avant son départ, affirmant que seuls les corps sont soumis à l’exil, pas les âmes. Il appelle à rester ferme dans la pratique du judaïsme malgré les souffrances physiques.
  • À son arrivée à Kostroma, une petite ville avec peu de Juifs, les autorités l’informent des conditions strictes de son exil. Mais sa présence provoque un réveil spirituel, attirant même à la synagogue des Juifs qui ne la fréquentaient plus.

La libération du Rabbi précédent de son exil à Kostroma

  • Le groupe de Leningrad dédié à obtenir la libération du Rabbi a décidé de faire appel au procureur général soviétique Karlinko pour demander sa clémence, comptant sur l’influence de Madame Peshkova et les pressions politiques de l’étranger.
  • Le groupe de Moscou a d’abord exploré les chances de succès. On leur a conseillé d’attendre 6 mois, car le GPU s’opposerait fermement à une amnistie totale si tôt après l’exil du Rabbi. Malgré cela, ils ont persisté dans leurs efforts.
  • Madame Peshkova a intercédé auprès de Messing, le chef du GPU de Leningrad, mais celui-ci, responsable de l’emprisonnement du Rabbi, a refusé, prétextant un risque d’antisémitisme si le Rabbi était libéré contrairement aux prêtres chrétiens et musulmans.
  • Messing a menacé de contrer tout ordre de Moscou et d’emprisonner à nouveau le Rabbi s’il revenait à Leningrad. Le groupe de Moscou a néanmoins persisté et Madame Peshkova a fait pression dans les plus hautes sphères, finissant par réussir.
  • Le 12 Tamouz, jour de ses 47 ans, le Rabbi a été informé de sa libération totale lors de sa convocation hebdomadaire au GPU. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre à Kostroma, suscitant une grande joie.
  • Le Rabbi a prononcé un discours ‘hassidique ce jour-là devant une large assemblée. Le lendemain, il a reçu son certificat de libération puis quitté Kostroma le 14 Tamouz. Arrivé à Leningrad le 16, il n’y est resté que brièvement vu les menaces de Messing.
  • Dans une lettre, le Rabbi attribue l’adoucissement du verdict aux prières psalmodiées jour et nuit et à l’influence de l’étranger sur les dirigeants soviétiques. Il déclare aussi que cette épreuve lui a fait perdre tout attrait pour les plaisirs matériels.

 

Voyage à Kostroma des Temimim de la Yeshiva Heder Menahem de Moscou

Samedi soir, les élèves de 7e année de la Yeshiva Heder Menahem de Moscou ont conclu un Chabbat élevé et inspirant dans la ville de Kostroma en Russie, dans le cadre du « Voyage des Temimim » organisé par l’éducateur Rav Avremi Zaks avec le Chalia’h du Rabbi dans la ville, Rav Nissan Roupo.

Le voyage spécial des élèves montant à la Yeshiva du Heder Menahem de Moscou s’est déroulé le week-end dernier à Kostroma en Russie.

Dans le cadre du voyage, les élèves ont visité la vieille gare où le Rabbi précédent est arrivé pour son exil à Kostroma, et ont également visité le bâtiment et le balcon exact où le Rabbi précédent a été informé de sa libération finale le 12 Tammouz.

En plus des visites, les élèves ont profité d’une multitude d’attractions et d’expériences, notamment une visite d’une immense usine de production de lin, d’une piscine, de laser tag, d’un zoo et d’autres parcs à travers la ville, que l’éducateur Rav Avremi Zaks avait réservés à l’avance.

Les visites fascinantes, les repas et l’hébergement ont été superbement supervisés par le Chalia’h du Rabbi et rabbin de la ville de Kostroma, Rav Nissan Roupo.

Les Temimim Chlouhim du Heder Menahem de Moscou, Levi Dahan et Shalom Ourian, se sont joints au voyage pour animer des rassemblements ‘Hitvadout et fournir un programme fascinant pendant le long Chabbat.

Photos : Levi Dahan

 

3 chapitres du Rambam en 5 minutes ! : Mercredi 22 Sivan 5785

3 chapitres du Rambam en 5 minutes ! : Mercredi 22 Sivan 5785

Vous pouvez consulter le document complet en cliquant ce lien : Etude des 3 chapitres

 

Lois relatives aux vœux (Chapitres 4 à 6)

Chapitre Quatre – Vœux sous contrainte et annulation (16 lois)

I. Vœux permis par exception

1 – Vœux sous contrainte – Les vœux formulés par coercition, inadvertance ou exagération sont permis. Face aux agresseurs ou commissaires d’impôts non autorisés, si l’on ajoute des éléments au vœu demandé, tout reste permis.

2 – Intention mentale requise – Pour ces vœux forcés, il faut penser à une restriction temporelle (jour même, heure précise). On peut s’en remettre aux paroles du cœur en cas de force majeure, créant une divergence entre bouche et intention.

3 – Vœux d’incitation – Les vœux formulés pour inciter autrui sont permis sans déliaison rabbinique. Exemples : inviter à manger par vœu, négociation commerciale par vœu mutuel. Aucune résolution véritable n’est prise.

4 – Interdiction de l’intention d’annuler – Même pour ces quatre types de vœux permis, il est défendu de formuler des vœux dans l’intention de les annuler, car « il ne profanera pas sa parole ».

II. Procédures d’annulation

5 – Processus de déliaison – Celui qui regrette son vœu s’adresse à un sage compétent ou trois personnes ordinaires. Les règles d’annulation sont identiques à celles des serments.

6 – Timing d’annulation – L’annulation n’est possible que durant la période d’application du vœu, comme pour les serments.

7 – Vœux de consécration – Les vœux d’interdiction et de consécration (Temple, autel) peuvent être annulés. Exception : la substitution d’animaux consacrés ne peut être annulée.

8 – Annulation par père/mari – Le père ou mari peut annuler les vœux de consécration comme les vœux d’interdiction de sa fille/femme.

III. Vœux associés et conditionnels

9 – Vœux en chaîne – Si plusieurs personnes s’associent à un vœu par « et moi », l’annulation du premier libère tous, du dernier ne libère que lui, du second libère le second et les suivants.

10 – Objets multiples – Pour des objets associés dans un vœu, l’annulation du principal libère l’accessoire, mais pas l’inverse.

11 – Formulations différentes – « Vous tous » : annulation partielle libère tout. « Lui, lui, lui » : le premier libère tous, le dernier seulement lui-même, les autres nécessitent chacun un prétexte.

12 – Triple formulation – Vœu exprimé par naziréat, offrande et serment simultanément : un seul prétexte suffit pour tout annuler.

IV. Cas particuliers

13 – Sage de la communauté – On peut demander déliaison à un sage de la ville interdite ou à un sage juif si l’on s’interdit tous les juifs.

14 – Vœu conditionnel futur – « Interdits aujourd’hui si je vais demain » : interdiction immédiate par précaution. Flagellation si réalisation de la condition.

15 – Vœu conditionnel présent – « Interdits demain si j’y vais aujourd’hui » : liberté d’action présente, interdiction future selon réalisation.

16 – Jeûne modulable – Vœu de jeûner dix jours non déterminés : possibilité de report pour mitsva ou respect d’érudit. Jeûne oublié : achèvement obligatoire ou report selon les cas.

Chapitre Cinq – Vœux d’interdiction mutuelle (16 lois)

I. Mécanismes d’interdiction

1 – Interdiction unilatérale par donateur – « Je suis consacré pour toi » : le bénéficiaire ne peut profiter du donateur sans flagellation pour lui-même. Le donateur peut profiter du bénéficiaire.

2 – Interdiction unilatérale par receveur – « Tu es consacré pour moi » : le donateur ne peut profiter du bénéficiaire avec flagellation. Formulation mutuelle crée interdiction bilatérale.

3 – Limitation aux biens propres – Nul ne peut interdire les biens d’autrui à un tiers, sauf acceptation explicite par « Amen ».

II. Propriété et transmission

4 – Biens spécifiques – « Mon pain t’est interdit » : interdiction même si donné en cadeau, mais permis si hérité ou reçu d’un tiers après décès du propriétaire.

5 – Biens génériques – « Ces fruits t’est interdits » : interdiction permanente même après changement de propriétaire, sauf formulation « mes fruits ».

6 – Héritage filial – Père interdisant profit au fils : héritage normal sauf formulation explicite « vivant et mort ». Condition de sagesse du petit-fils possible.

7 – Transmission conditionnelle – Fils privé d’héritage peut transmettre à petit-fils sage selon condition paternelle.

8 – Usage des biens hérités – Fils sans droit au profit peut utiliser l’héritage pour dettes ou kétouba en informant les bénéficiaires.

III. Mélanges et dérivés

9 – Mélanges d’espèces – Aliment interdit par vœu/serment : les autres aliments cuits avec restent permis malgré le goût, car l’interdiction porte sur l’espèce.

10 – Exemple pratique – Viande ou vin interdits génériquement : soupe et légumes cuits avec demeurent permis malgré le goût.

11 – Biens spécifiques mélangés – Viande ou vin spécifiques interdits : si goût perceptible dans le mélange, interdiction s’étend. Sinon, permission.

12 – Mélange vin/vin – Vin spécifique interdit mélangé à autre vin : interdiction totale même une goutte dans un tonneau, car susceptible d’annulation.

IV. Produits dérivés

13 – Formulation « offrande » – « Ces fruits sont une offrande » : interdiction s’étend aux échanges, pousses et jus extraits.

14 – Formulation « consommation » – « Je ne mangerai/goûterai pas » : si graines se décomposent (blé, orge), permission des pousses. Si graines persistent (oignons, ail), interdiction prolongée. Doute sur les liquides extraits.

15 – Travail féminin – « L’œuvre de tes mains est offrande » : mêmes règles que loi 13-14 selon décomposition des graines reçues en salaire.

16 – Interdiction à autrui – Propriétaire interdisant ses fruits à un ami : doute sur pousses et échanges, donc interdiction de précaution sans flagellation en cas de transgression.

Chapitre Six – Applications pratiques des interdictions (18 lois)

I. Limitations alimentaires

1 – Ustensiles alimentaires – « Profit de ce qui te nourrit m’est interdit » : interdiction d’emprunter tamis, passoire, sac à fruits, âne de transport. Permission pour bijoux et ustensiles non alimentaires.

2 – Coutumes locales – Lieux où le prêt d’ustensiles est payant : interdiction même pour objets non alimentaires. Lieux gratuits : doute si profit indirect (prestige, passage raccourci).

3 – Distinction des interdictions – Différence entre interdiction totale et alimentaire : traversée de terrain et ustensiles non alimentaires gratuits.

II. Services et obligations

4 – Paiements pour autrui – L’interdit peut payer demi-sicle et dettes du propriétaire, car éviter réclamation n’est pas profit. Peut nourrir famille obligatoire, mais pas animaux (engraissement = profit).

5 – Services religieux – Cohen interdit peut officier (délégué divin). Mariage fille boguérét permis avec consentement, na’ara interdite (servitude implicite).

6 – Prélèvements religieux – Térouma et dîmes avec consentement général (« quiconque peut prélever »), mais pas délégation explicite.

7 – Enseignement – Torah orale permise (pas de salaire), Torah écrite selon coutume locale. Enseignement aux enfants toujours permis.

III. Soins et proximité

8 – Visite médicale – Visite de malade permise. Garde payante interdite, mais soins gratuits (mitsva) autorisés.

9 – Soins animaux – Interdiction soigner animal, mais conseils permis. Bain commun selon taille. Lit commun selon saison (réchauffement).

10 – Repas et boissons – Table commune permise, plateau commun interdit (risque de laisser bonnes parts). Exception : plateau restitué à propriétaire.

11 – Consolation et éléments – Coupe de consolation du propriétaire permise. Braise interdite, flamme permise.

IV. Propriétés et terres

12 – Locations – Bain/pressoir avec participation propriétaire : interdiction. Location complète : permission (profit du locataire).

13-14 – Année sabbatique (chemita) – Vœu pré-chemita : « ces biens » restent interdits, « mes biens » deviennent permis. Fruits accessibles hors champ, entrée interdite par précaution.

15 – Restriction alimentaire en chemita – Interdiction pré-chemita alimentaire : accès au champ interdit, fruits interdits. Interdiction pendant chemita : accès et consommation permis.

V. Précautions et exceptions

16 – Précautions transactionnelles – Interdictions de prêter, emprunter, vendre/acheter par précaution d’inversion des rôles.

17 – Travail commun et exceptions familiales – Éloignement au travail commun. Père peut fournir services mineurs au fils interdit (eau, bougie, poisson grillé) car intention limitée aux gros profits.

18 – Communication alternative – Vœu de silence : permission d’écrire ou communication indirecte par tiers selon directive des guéonim.