Reb Menachem Mendel Futerfas (1906-1995), était un célèbre ‘hassid et l’un des meilleurs étudiants de Reb Zalman Moishe HaYitzchaki.
Il a passé 14 ans dans les goulags sibériens pour avoir ouvert clandestinement des écoles juives en URSS. Malgré les terribles conditions de détention, il réussit à ne jamais travailler le Chabbat et à avoir de la Matsa Chmoura à Pessa’h.
Après sa libération, le Rabbi lui demanda de devenir Machpia (guide spirituel) à la Yechiva de Kfar ‘Habad en Israël à partir de 1973. Ses rassemblements ‘hassidiques y étaient très réputés.
Dès le lancement de la campagne des Tefilines par le Rabbi en 1967, il se dévoua corps et âme pour la faire appliquer, malgré son âge et ses difficultés à se déplacer.
Il expliquait sa motivation par le besoin de compenser toutes les fois où il n’avait pu mettre les Tefilines en prison et par le désir de prouver concrètement son attachement au Rabbi.
Son service divin exceptionnel dans les pires conditions et son dévouement absolu aux directives du Rabbi ont fait de lui une figure légendaire et inspirante du ‘hassidisme Loubavitch.
Il est décédé le 4 Tamouz 5755 (2 juillet 1995) et est enterré à Londres.

 

1. L’ordre du service divin du hassid Rabbi Peretz Chen

Reb Mendel racontait sur le service divin de Rabbi Peretz Chen (le père du grand-père de Rabbi Berke Chen). Il se levait chaque matin à 3h et étudiait la Torah révélée pendant 4 heures. Ensuite il étudiait la ‘Hassidout pendant 4 heures puis priait pendant 4 heures. Si bien qu’à 15h il rentrait chez lui épuisé.
Reb Mendel a aussi raconté qu’il connaissait aussi le grand-père de Reb Berke Chen et que lui aussi était un hassid exceptionnel.

2. Le service divin doit être animé et embrasé par le feu de l’amour

Reb Mendel racontait une parabole du Baal Shem Tov sur un paysan qui avait un fils peu doué. Comme il n’était pas fait pour les études, son père voulut lui apprendre un métier. Il l’envoya chez un forgeron pour qu’il lui enseigne son art. Le fils resta longtemps chez le forgeron jusqu’à bien maîtriser le métier.
Le travail consistait à prendre un morceau d’argent, à le fondre au feu pour en changer la forme.
Quand le fils revint, son père paya le maître et lui acheta un atelier avec les outils nécessaires.
Le fils fit tout ce que le forgeron lui avait appris mais l’argent gardait la même forme sans pouvoir être transformé.
Le père alla voir le maître avec colère en disant: « Je t’ai tant payé et c’est ainsi que tu as instruit mon fils! »
Le forgeron lui dit: « Allons à l’atelier de ton fils voir ce qui n’allait pas. »
Arrivé sur place, le maître constata que l’élève avait tout préparé correctement sauf une chose qu’il avait oubliée: allumer le feu. Car cela, le maître ne le lui avait pas enseigné, pensant qu’il le ferait de lui-même.

Reb Mendel en tira la leçon suivante pour le service divin: le Choulhan Aroukh ne prescrit pas de prier avec ferveur car c’est une évidence. Il faut savoir qu’on doit allumer le feu de l’amour de Dieu. Alors notre être s’amollit et on peut transformer son âme animale.

3. Chacun est touché par des mots différents dans la prière

Reb Mendel raconta qu’un hassid du Maharash entra une fois en Ye’hidout (entretien privé) auprès de son Rebbe et énuméra tous les grands péchés qu’il avait commis.
Le Rebbe lui répondit par une parabole: Quand un bœuf est en bonne santé, on peut utiliser sa viande et son cuir. Mais s’il est malade, même sa viande et son cuir ne valent rien.
Le remède est de l’envoyer dans la forêt manger les herbes. Peut-être y trouvera-t-il l’herbe adaptée à sa maladie qui le guérira.

De même, dit le Rebbe, lis beaucoup de psaumes. Peut-être trouveras-tu un verset ou quelques mots qui te toucheront et t’éveilleront. Car chacun a des mots particuliers qui l’éveillent davantage.

4. Les rigueurs de Rabbi Hillel de Paritch

Reb Mendel racontait au sujet de Rabbi Hillel de Paritch, l’un des grands hassidim de l’Alter Rebbe, qu’il était extrêmement rigoureux. Par exemple, quand il se lavait les mains, il utilisait une coupe à trois anses, etc.
Une fois, des hassidim lui demandèrent pourquoi il était si rigoureux dans l’observance des mitzvot. Il répondit que toutes ces rigueurs avaient pour but de pouvoir ressentir plus profondément un concept ‘hassidique.

5. Abnégation pour le peuple juif

Le Rav et ‘Hassid Reb Yehezkel (Hatche) Feigin était Machpia’ (guide spirituel) à Loubavitch (il devint ensuite le secrétaire du Rabbi Rayatz).
Une fois, il entra en Ye’hidout auprès du Rabbi Rayatz et demanda au Rebbe de le décharger du fardeau qu’il portait, étant responsable de nombreuses tâches.
Non seulement le Rebbe n’accéda pas à sa requête mais il lui dit d’aller ouvrir une nouvelle école dans une certaine ville. Hatche se mit à pleurer et le Rebbe pleura avec lui. Il lui dit: « Sache que moi aussi j’ai à peine une demi-heure par jour pour étudier. Mais que peut-on faire? Il faut bien agir! »
Reb Mendel souligne que Hatche avait un tempérament émotionnel difficile et ne versait jamais de larmes, même à Roch Hachana et Yom Kippour. C’était la première fois qu’il éclatait en sanglots.

6. Annoncer de bonnes nouvelles au Rebbe

Reb Mendel raconta que son frère Reb Hanokh Hendel, qui était peintre, avait reçu du Rebbe la mission de peindre à quoi ressemblait le village de Loubavitch. Le Rebbe lui avait ordonné de ne consulter personne à ce sujet (car il avait un grand sens artistique). Après deux ans, il entra en Ye’hidout auprès du Rebbe et lui demanda comment il se sentait. Le Rebbe répondit: « Quand j’entends de bonnes nouvelles, je me sens très bien. » Reb Hanokh Hendel lui dit alors qu’il avait deux bonnes nouvelles:
1) Qu’il se sentait bien.
2) Qu’il avait fini de peindre le village de Loubavitch.
Le Rebbe en fut très satisfait.

7. Étudier avec les Tmimim les Maamarim du Rabbi Rayatz

Reb Mendel avait l’habitude d’étudier la ‘Hassidout chaque matin avec quelques élèves, parfois un ou deux, parfois plus.
Son usage était d’étudier avec les élèves uniquement les Maamarim (discours hassidiques) du Rabbi Rayatz.
Une fois, je demandai à Reb Mendel pourquoi il n’étudiait pas avec les élèves les Maamarim du Rebbe, le leader de notre génération. Il me répondit qu’il avait reçu du Rebbe l’instruction lors d’une Ye’hidout d’étudier avec les Tmimim les Maamarim du Rabbi Rayatz.
(Parmi les Maamarim que nous avons étudiés avec lui, il y avait des recueils de discours de 5700, 5701, 5706, 5707, les Kountrassim Gimel, Ita beZohar Helek Gimel dans les suppléments à la page 259 du Rabbi Rayatz, et d’autres encore.)

8. Le Maamar « Ita beZohar Helek Gimel » à la fin de 5659

L’un des Maamarim que Reb Mendel exigeait que les Tmimim étudient était le discours « Ita beZohar Helek Gimel » qui contient le passage « Celui qui est grand est en réalité petit, etc. », figurant à la fin du recueil de Maamarim de 5659. Il disait que ce Maamar résumait le célèbre discours ‘Haltzu du Rabbi Rachab qui traite du rejet de la Klipa de Midian (l’orgueil) et de l’importance de l’amour d’Israël.

9. Le ‘Hassid Reb David Horodoker

Reb Mendel raconta au sujet du ‘Hassid Reb David Horodoker qu’on disait de lui qu’il était un « intermédiaire » selon le Tanya. Il rapporta que toute coutume rigoureuse qu’il pratiquait, au lieu d’en parler positivement, il la dénigrait pour qu’on ne le tienne pas en estime pour cela.
Une fois, il y eut un enterrement à Loubavitch auquel le Rabbi Rachab assista. Ensuite, il entra dans la grande salle pour réciter le psaume « Yoshev beSéter Elyon » 7 fois comme il est d’usage.
Quand le Rebbe entra, de nombreux ‘hassidim entrèrent avec lui. Reb David était au milieu de la prière et ne remarqua pas du tout que le Rebbe était entré. Le Rabbi Rachab dit que c’était ce genre de service divin qu’il exigeait.

10. Avoir sa tête et son corps dans la Souccah et non dans la nourriture

Reb Mendel raconta qu’il est dit dans la loi juive qu’il faut entrer dans la Souccah et y demeurer avec sa tête et son corps.
À ce sujet, il cita un dicton ‘hassidique: Si quelqu’un est totalement absorbé par la nourriture qu’il mange, il est à craindre qu’il ne s’acquitte pas de son devoir, car sa tête et son corps sont dans la nourriture et non dans la Souccah.