Rav Mendel Futerfas, qui était le Mashpia dans la Yeshiva centrale Tomchei Temimim à Kfar Habad et un Hassid extraordinaire qui était connu pour sa grande perspicacité, avait l’habitude de raconter à ses élèves, les jeunes étudiants de la Yeshiva, la parabole suivante :

« Pendant les jours glacials de l’hiver en Russie, il faut chauffer la maison. Pour cela, il faut obtenir une grande quantité de bois, veiller à ce que le four brûle sans cesse, et ainsi la maison sera chaude et agréable, à une température raisonnable. »

« Mais pour qu’une atmosphère chaude et agréable règne dans la maison, il est nécessaire qu’à l’intérieur du four lui-même, la température ne soit pas simplement chaude et plaisante, mais bien plus élevée encore. Pour que dans la maison règne une température raisonnable, malgré le froid extérieur, le four lui-même doit être véritablement brûlant ! »

Rav Mendel Futerfas, à travers son allégorie saisissante du « poêle à bois », invite ses jeunes disciples à concevoir leurs années d’étude à la Yeshiva comme la construction d’une véritable « cheminée spirituelle », appelée à diffuser sa chaleur bienfaisante sur toute leur existence.

En filant cette métaphore, Rav Mendel nous dépeint l’étudiant en Torah comme un âtre sacré, dont la fonction est de brûler d’un feu intérieur pour répandre la lumière de la hassidout. Mais pour que cette cheminée spirituelle puisse remplir pleinement son office, il ne suffit pas d’un foyer timide où crépitent quelques maigres brindilles. Non, c’est un brasier intense et rugissant qu’il s’agit d’allumer en son sein, un feu nourri sans relâche par le bois de l’étude assidue et avivé par le souffle de la prière fervente.

Car c’est seulement en portant son engagement à incandescence, en jetant toutes ses forces dans la fournaise de la Torah, que le jeune homme pourra accumuler suffisamment de « chaleur hassidique » pour affronter le froid mordant de l’existence. Les années de Yeshiva sont le moment privilégié pour bâtir en soi cette cheminée intérieure, faite de briques de connaissance et cimentée par la dévotion. Une construction précieuse entre toutes, appelée à traverser les âges de la vie en irradiant constamment sa douce lueur.

Ainsi, lorsque l’étudiant quittera l’enceinte protectrice de la Yeshiva pour faire son entrée dans le monde, il emportera avec lui cette puissante source de chaleur nichée au creux de son âme. Face aux bourrasques glacées qui ne manqueront pas de l’assaillir, il pourra trouver réconfort auprès de son indestructible foyer intérieur. La flamme de la foi, patiemment cultivée durant sa jeunesse, continuera à brûler en lui, indéfectible, le guidant tel un phare dans la nuit.

Plus encore, en attisant jour après jour le feu de sa cheminée spirituelle par l’étude et la prière, il deviendra à son tour un « diffuseur de chaleur » pour son entourage. Son exemple rayonnant, la lumière hassidique qu’il dégagera naturellement, seront comme autant d’étincelles qui éveilleront d’autres âmes engourdies par le froid du matérialisme.

Voilà l’ultime message de Rav Mendel Futerfas : en façonnant nos jeunes années pour en faire le foyer d’une flamme sacrée, en construisant en notre cœur une cheminée spirituelle robuste et flamboyante, c’est le monde entier que nous pourrons, à notre humble mesure, contribuer à réchauffer. Une étincelle après l’autre, un frère après l’autre, propager la chaleur et la lumière de la hassidout, jusqu’à ce que la nuit de l’exil se dissipe enfin dans la lueur éclatante de la Délivrance.