Le séminaire d’été 2026 du Beth Loubavitch se tiendra à la station des Deux-Alpes, à l’Hôtel Panorama, du 2 au 23 août 2026

Le séminaire d’été 2026 du Beth Loubavitch se tiendra à la station des Deux-Alpes, à l’Hôtel Panorama, du 2 au 23 août 2026

 

Le Beth Loubavitch vous informe que le séminaire d’été se tiendra cette année à la station des Deux-Alpes, à l’Hôtel Panorama, du 2 au 23 août 2026.

Suite à une évolution récente des disponibilités de l’hôtel Panorama et face aux difficultés rencontrées par de nombreuses familles pour se loger, le Beth Loubavitch a décidé de retenir cet Hôtel , dont la capacité d’accueil permet d’organiser le séminaire dans de bonnes conditions.

Nous présentons nos excuses aux familles déjà engagées dans la location d’un appartement.

פסח כשר ושמח

Vendredi 31 juillet 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 4 – Ekev – Rav Levi Azimov

Vendredi 31 juillet 2026 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 4 – Ekev – Rav Levi Azimov


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ET SUR RADIO HASSIDOUT
RADIO HASSIDOUT

Ce pain du ciel qui, au lieu de rassasier, creusait la faim
Source : Likouté Si’hot volume 4 – (Si’ha de Chabbat Parachat Ekev 5721 [1961])

Pourquoi la manne, qui contenait toutes les saveurs du monde, laissait-elle pourtant le peuple d’Israël affamé ? Dans cette Si’ha du quatrième volume des Likoutei Si’hot, prononcée à Chabbat Ekev 5721 (1961), le Rabbi dénoue le paradoxe d’un pain qui était à la fois le comble de la richesse et le comble de la pauvreté. Une méditation sur l’épreuve du désert, sur la sagesse de la Torah face aux sciences profanes, et sur la nature véritablement spirituelle de l’âme juive.

Le désert, une préparation à la Terre promise

Il a déjà été dit à maintes reprises que l’intention exprimée par les mots «D.ieu, béni soit-Il, désira avoir une demeure dans les mondes inférieurs» ne commença véritablement à s’accomplir qu’après l’entrée du peuple d’Israël en Terre d’Israël, «une terre où l’on habite». Les quarante années passées au désert, quant à elles, constituèrent la préparation à ce service divin (avodah) en Terre d’Israël.

L’élévation véritable dans le service de D.ieu se révèle à l’heure où surgissent des épreuves et des obstacles à ce service, et où l’on ne se laisse pas ébranler par eux. Le service est alors plus profond, car les épreuves éveillent des forces intérieures plus profondes. C’est pourquoi ces quarante années au désert, temps de préparation à cette avodah, furent aussi un temps d’épreuve pour le peuple d’Israël, comme il est dit : «pour t’éprouver, afin de connaître ce qui est dans ton cœur, si tu observeras Ses commandements».

Les épreuves, de manière générale, se répartissent en deux catégories : l’épreuve de la pauvreté et l’épreuve de la richesse. Or, au désert, ces deux sortes d’épreuves étaient présentes, et toutes deux étaient liées à la manne. D’un côté, la manne recelait la plus grande des richesses. Non seulement elle était un pain venu du ciel, mais elle ne comportait aucun déchet, et l’on y percevait toutes les saveurs de tous les mets. À la différence du pain de la terre, borné à sa propre saveur et mêlé de rebut, la manne apportait avec elle jusqu’à des pierres précieuses et des perles : une richesse au sens le plus concret. D’un autre côté, la manne portait aussi une épreuve de pauvreté, comme il est dit : «qui te nourrit de manne… afin de t’éprouver». La Guemara explique que cette affliction tenait à ce que la manne ne procurait pas de satiété complète. Selon une première opinion : «celui qui a du pain dans son panier n’est pas semblable à celui qui n’en a pas», car la manne n’était donnée que pour le jour même, sans qu’on pût en garder pour le lendemain, et manquait ainsi la quiétude de celui qui possède du pain en réserve. Selon une seconde opinion : «celui qui voit ce qu’il mange n’est pas semblable à celui qui ne le voit pas», car on ne voyait pas les mets dont on percevait pourtant les saveurs en consommant la manne.

Comment deux contraires se rejoignent dans un seul pain

Il faut comprendre comment il se peut qu’en une seule et même chose, la manne, se fondent deux opposés : la pauvreté et la richesse.

La richesse contenue dans la manne (toutes les saveurs s’y trouvaient, ainsi que des pierres précieuses et des perles), réalité impossible dans le pain de la terre, s’explique par le fait qu’elle était un pain venu du ciel, une chose divine (Elokout) ; or, à l’égard du divin, il n’est aucune limite. C’est pourquoi la manne demeura, même après sa descente ici-bas, dans son essence divine : elle n’était pas bornée à certaines saveurs seulement, ni limitée aux seules qualités d’un type d’aliment (essentiellement le pain, du règne végétal), mais elle apportait avec elle jusqu’à la perfection du minéral (domem), pierres précieuses et perles.

De par son élévation, la manne était entièrement au-dessus du monde : elle ne dépendait pas du labour et des semailles en usage ici-bas, et se déversait depuis au-dessus du monde (et du temps) à l’intérieur du monde (et du temps). Et comme le temps se divise en jours distincts les uns des autres, la manne était donnée jour après jour, à l’image d’un don accordé selon la générosité de celui qui donne, et non d’un salaire, lequel dépend de l’ampleur du travail accompli. De même, on ne pouvait voir d’un œil humain toutes les choses dont on goûtait la saveur dans la manne, car un œil limité ne saurait saisir l’infini propre au divin.

Telles sont donc les deux dimensions, richesse et pauvreté, présentes dans la manne. En elle-même, la manne est le comble de la richesse, puisque son essence est spirituelle et qu’elle ne connaît aucune limite. Mais du point de vue du monde et de l’homme, elle recelait aussi le comble de la pauvreté, car l’homme ne possédait rien en elle qu’il pût revendiquer comme sien («il n’a pas de pain dans son panier»), et l’œil ne pouvait contenir la richesse qui s’y trouvait, au point de ne pas même la percevoir comme un simple aliment («il ne voit pas ce qu’il mange»). En toute chose que l’homme possède, il y a du moins quelque part qui est sienne ; la manne, en revanche, quoiqu’elle fût le comble de la richesse, était pour l’homme la plus grande des pauvretés, car il ne pouvait en désigner aucune part et dire : elle est mienne.

Le pain qui, loin de rassasier, affamait

À la lumière de ce qui précède se comprend aussi la précision du verset : «Il t’a affamé et t’a nourri de la manne». Non seulement la manne ne rassasiait pas, à la différence du pain de la terre (pour les deux raisons évoquées), mais «Il t’a affamé» : elle suscitait la faim. Comment, en apparence, la manne pouvait-elle éveiller la faim ?

Toute chose créée dans le monde l’est avec ses limites : elle a sa réalité propre et n’a nul lien avec une autre. Ainsi du pain de la terre : il est une nourriture et rien d’autre, et, en tant que nourriture même, il est borné à sa seule saveur ; c’est cette saveur qui est absorbée par l’homme et le rassasie. Il en va tout autrement lorsque l’homme, être limité, mange un pain venu du ciel, lequel est, on l’a dit, sans limite. Bien qu’il sente en la manne une richesse infinie, c’est au contraire cette impossibilité de l’absorber tout entière, et plus encore l’ignorance de la mesure même de ce qu’il en absorberait, qui font que tout ce qu’il en saisit demeure limité, tandis que les saveurs qu’il n’a pas saisies restent, elles, sans limite. Voilà ce qui éveille en lui la faim, car il se trouve attiré vers cet infini qu’il ne peut atteindre, «que tu ne connaissais pas et que tes pères ne connaissaient pas».

L’influx vient d’en haut, à condition de se faire vase vide

Et tel est l’enseignement que l’on tire de la manne : l’influx tel qu’il vient d’en haut est le comble de la richesse. Du point de vue de l’homme d’ici-bas, toutes les choses sont, on l’a dit, sous le régime de la limite, et ce n’est que d’en haut que peut venir une richesse véritable. Bien plus : même dans l’influx qui vient d’en haut, dès lors que l’homme se met à s’en mêler, non seulement il ne peut rien y ajouter, «celui qui recueillit beaucoup n’eut rien de trop», mais, à l’inverse, par son intervention il en vient à gâter, causant de la pauvreté jusque dans des domaines qui, en eux-mêmes, sont le comble de la richesse.

La voie pour recevoir cette richesse passe par le fait de se dépouiller, de s’affranchir de sa propre réalité, de sa volonté et de ses mesures personnelles, du sentiment de «ma force et la puissance de ma main», pour s’appuyer avec une confiance entière (bita’hon) sur D.ieu. L’homme devient alors un réceptacle apte à recevoir les influx d’en haut, y compris des influx matériels que la créature, de par sa limite, est absolument incapable de contenir.

La sagesse est une nourriture : deux pains, deux effets

La sagesse et l’intellect sont eux aussi désignés par le nom de nourriture : de même que l’aliment est absorbé dans l’intériorité de l’homme jusqu’à s’unir à lui, de même les objets de l’intellect sont assimilés au plus profond de son cerveau et s’unissent à lui. Dans cette nourriture-là se retrouvent également les deux types évoqués plus haut, le pain de la terre et le pain du ciel : l’intelligence humaine est le pain de la terre, tandis que l’intelligence divine, la Torah, sagesse même de D.ieu, est le pain du ciel. Et entre ces deux sortes de nourriture se retrouvent toutes les différences dites précédemment.

Toutes les sagesses, hormis la Torah, sont limitées : elles ne contiennent rien de plus que ce qu’elles sont. Non seulement elles ne renferment rien d’autre que de l’intellect, mais l’intellect lui-même, dans chaque raisonnement et chaque savoir, porte ses propres bornes, de même que dans le pain de la terre chaque mets n’a que sa seule saveur et rien de plus ; à cela s’ajoute qu’il se mêle du rebut à ces sagesses. Et pourtant, en dépit de la limite propre à l’intelligence humaine, ou plutôt à cause d’elle, ce savoir apaise l’esprit de l’homme et le rassasie, car il saisit et reçoit tout l’entendement qu’il est capable de recevoir («il a du pain dans son panier», «il voit et il mange»). Voilà pourquoi les sciences profanes conduisent à l’affirmation de soi et à l’orgueil.

Il n’en va pas de même de la sagesse de la Torah. Elle est tout entière vérité et ne comporte nul rebut, à D.ieu ne plaise ; elle est également sans limite, et toutes les saveurs s’y trouvent ; elle apporte de surcroît une richesse matérielle (pierres précieuses et perles) ; tout cela est le comble de la richesse. Mais c’est précisément pour cette raison que l’homme ne peut la saisir ni s’en emparer, et qu’il éprouve sans cesse combien il demeure éloigné d’atteindre la vérité et l’infini de la Torah. C’est pourquoi elle ne mène pas à l’affirmation de soi, mais à l’inverse : elle engendre l’effacement (bitoul) et l’humilité. «Qui accroît la connaissance accroît la douleur» : plus l’homme étudie et connaît la Torah, plus grandissent sa soif et sa faim de Torah («Il t’a affamé»).

Le mauvais penchant, cet artisan de sa propre œuvre

Le mauvais penchant (yétser hara) est un artisan habile dans son ouvrage. Lorsqu’il veut détacher un Juif de l’étude de la Torah en général, et de l’étude de sa dimension intérieure (pnimiyout haTorah) en particulier, et qu’il voit qu’il ne pourra en abaisser l’importance, car aux yeux des enfants d’Israël elle est infiniment précieuse, au point que même celui qui a fauté délibérément dans l’idolâtrie la tient encore pour «le désir de tes yeux», il forge alors dans sa pensée un raisonnement et plaide en sens inverse. Puisque la Torah est sans limite, dit-il, tu n’atteindras jamais son terme, quelle que soit ton étude ; bien plus, plus tu étudieras, plus tu constateras combien tu es loin de sa fin et de son achèvement. Dès lors, le plus «sensé» serait que tu t’occupes de choses à ta mesure, que tu te consacres aux réalités matérielles, lesquelles te combleront, puisque le matériel, lui, tu peux le saisir. Certes, il te faut aussi étudier la Torah, il faut connaître les lois pour savoir se conduire, et pèse d’ailleurs sur chacun l’obligation d’étudier, un chapitre le matin et un chapitre le soir au moins ; mais pour toi, un paragraphe du Choul’han Aroukh suffit, et si tu es scrupuleux (méhadèr), un chapitre le matin. Et à l’extrême du scrupule (méhadrin min haméhadrin) : un temps d’étude fixe chaque jour, sans pour autant te donner tout entier ni approfondir la Torah, chose que de toute façon tu ne saisiras pas, et qui ne fera que causer de la peine à un Juif, à savoir toi-même : «qui accroît la connaissance accroît la douleur». Il ajoute un autre argument : il suffirait d’étudier la partie révélée de la Torah (gliya deTorah), et non sa dimension intérieure, qui traite de réalités impalpables, dont certaines dépassent entièrement l’intelligence humaine.

Or il faut le savoir : l’épreuve par laquelle le mauvais penchant cherche à séduire l’homme, en le poussant à ne pas aspirer au «pain venu du ciel» et à ne s’occuper que de choses terrestres, n’est qu’un commencement, qui finira par l’égarer complètement, à D.ieu ne plaise, hors de la voie de la Torah. Céder au mauvais penchant sur un seul détail est déjà un pas vers une chute plus profonde dans ses filets, à D.ieu ne plaise. Nos Sages l’ont enseigné : le mauvais penchant est d’abord un «passant», puis un «hôte», et enfin il se fait le maître de la maison.

Là encore, le récit de la Torah au sujet de la manne nous instruit. Parce qu’ils déclarèrent : «notre âme est dégoûtée de ce pain misérable», refusant la manne, ce pain qui s’élève au-dessus de toute matérialité, et réclamant au contraire une nourriture mêlée de rebut, ils tombèrent jusqu’à «pleurer pour leurs familles», c’est-à-dire jusqu’aux affaires touchant aux unions interdites.

La vérité est tout à l’opposé

Quant à l’argument du mauvais penchant, selon lequel la spiritualité ne saurait combler l’homme, et selon lequel seul l’adonnement aux choses matérielles lui permettrait d’atteindre, peu ou prou, ses fins et son contentement, la vérité est tout l’inverse.

L’essence véritable d’un Juif est spirituelle. Si, à D.ieu ne plaise, il se coupe de la spiritualité pour se livrer à la matérialité, alors, si abondante que soit cette matérialité, elle ne le comblera nullement, car là n’est pas son essence. C’est au contraire la spiritualité, sa véritable essence, qui le comble : pourvu qu’il devienne un «vase vide», détaché et affranchi de sa propre réalité et de ses propres mesures, il se fait alors «réceptacle», capable de contenir en lui non seulement les réalités spirituelles, mais aussi les réalités matérielles. Il reçoit alors de la main pleine, ouverte, sainte et large de D.ieu, au-delà de ce qu’une créature est capable de contenir, car la matérialité et la spiritualité ne feront plus chez lui qu’un, et toutes deux seront sans limite.

 

Ekev : Le secret enfoui dans le talon

Ekev : Le secret enfoui dans le talon

La Paracha Ekev tire son nom du mot « talon », par lequel la Torah désigne les commandements que l’on serait tenté de fouler du pied. Pourtant, c’est précisément dans cette partie la plus basse et la plus négligée du corps que se dissimule la lumière divine la plus haute. De la plus modeste Mitsva jusqu’à l’essence même de D.ieu, ce commentaire du Rabbi déploie tout un itinéraire de l’âme.

 

 

 

 

Ne fouler aucun commandement du talon

Le point central de cette Paracha tient à un avertissement discret : ne jamais négliger le moindre des commandements divins. Même ce qui nous apparaît comme une Mitsva facile fait en réalité partie d’un tout. On peut rapprocher cet enseignement de celui du Baal Chem Tov, qui affirme que celui qui saisit un fragment de l’essence saisit l’essence tout entière. En tant que serviteurs de D.ieu, nous sommes tenus à une véritable intégrité : il n’existe pas de commandement que l’on pourrait fouler du talon, comme on écrase distraitement une chose sans valeur. Ce serait une grave erreur, et une profonde incompréhension de ce qu’est le service divin.

La profondeur, c’est habiter pleinement l’instant

Le Rabbi enseigne souvent une définition surprenante de l’homme profond : c’est celui qui s’investit totalement, de toute sa force, dans l’instant présent. Il ne fait aucune différence entre un moment qui lui paraît important et celui qui, plus humblement, ne fait que préparer cet instant. On se souvient de l’histoire de Rabbi Rachab. Ses étudiants s’étaient empressés d’entonner le niggoun que l’on chante avant que le Rabbi ne récite le Maamar. Or le Rabbi s’abstint de dire son Maamar et leur adressa, à la place, une véritable leçon de morale : la préparation au Maamar est aussi importante que le Maamar lui-même. D’une certaine manière, le niggoun fait déjà partie du discours qu’il annonce. Se hâter de franchir l’étape de la préparation, la traiter comme un préliminaire négligeable, c’est précisément fouler du talon ce qui compte.

Le lien entre le Rabbi et le Hassid

Lorsqu’un Hassid se présente devant le Tsadik pour solliciter une bra’ha, la bénédiction qu’il reçoit procède de son propre Bitoul, de sa soumission intérieure. Plus il s’efface devant le Rabbi, plus grande est son Emouna, et plus il suscite lui-même la bénédiction qui lui sera accordée. C’est son attitude et ce qu’il ressent au plus profond de lui qui provoquent la parole du Rabbi. Toute l’histoire se joue là : dans ce rapport où le disciple, en devenant réceptacle, rend possible la lumière qu’il attend.

Moché est la tête, le peuple est le talon

Le Rabbi lui-même relève que l’expression Roch Bné Israël, la tête des enfants d’Israël, forme les initiales du mot Rabbi. Or la tête ne parvient à un endroit que par le concours des pieds, et donc du talon. Moché déclare qu’il se tient au milieu du peuple : le peuple représente les pieds, et Moché la tête. L’ensemble des membres du corps figure la totalité des enfants d’Israël, et la tête, le guide, est reliée à chaque partie de ce corps, jusqu’au talon, la partie la plus basse. On se rappelle l’enseignement rapporté par Rachi et le Malbim : réunis au pied du Sinaï avant de recevoir la Torah, les enfants d’Israël avaient l’interdiction de se disperser, et nul, hormis Moché Rabbénou, n’était autorisé à gravir la montagne. Si un seul Juif avait quitté l’assemblée, tout l’édifice se serait effondré, comme un bâtiment dont on retire une pierre. Chaque Juif porte un rôle et une responsabilité, et l’unité du peuple fait sa force. À plus forte raison l’unité qui relie le Rabbi à l’ensemble d’Israël. Aux yeux de D.ieu, aucune Mitsva n’est plus importante qu’une autre.

La bénédiction cachée dans la malédiction

L’Admour Hazaken enseignait que chaque chose, même une malédiction dont D.ieu nous préserve, dissimule en réalité une bénédiction. On rapporte à ce sujet l’histoire de son fils, l’Admour Haemtsaï. Lorsqu’il entendait son père lire la liste des malédictions de la Torah, il les supportait sans peine. Mais un jour où son père s’était absenté, entendant ces mêmes malédictions de la bouche d’un autre lecteur, il s’évanouit. Car lorsque l’Admour Hazaken lisait, il dévoilait en même temps la bénédiction cachée, et son fils, réceptacle capable de percevoir l’intention profonde de son père, entendait cette bénédiction dissimulée derrière ce qui, extérieurement, se donne pour une malédiction.

Deux fois les Dix Commandements

Pourquoi la Torah rapporte-t-elle deux fois le Décalogue, une première fois dans la Paracha Yitro, une seconde dans la Paracha Vaet’hanan ? La première lecture représente le dévoilement de la parole de D.ieu ; la seconde, le moyen de l’intégrer en profondeur. Lorsque D.ieu parla, une lourde nuée recouvrit la montagne, qui s’effaçait devant cette présence. Il faut voir dans cette image la réalité tout entière qui s’estompe devant la parole divine, celle-là même qui est à l’origine de la création et qui la maintient en vie. Devant un tel dévoilement, l’homme connaît le Bitoul bimetsiout : les âmes des enfants d’Israël s’envolèrent de leur corps, et D.ieu dut recourir à la rosée de la résurrection des morts pour les ranimer. Seul Moché Rabbénou, intermédiaire entre D.ieu et l’assemblée d’Israël, put entendre cette voix. C’est pourquoi le peuple le pria de lui transmettre la parole divine, sans oser l’écouter directement. Là réside le rôle de Moché : mettre à la portée des enfants d’Israël la parole de D.ieu, comme on dresse sur une table des mets prêts à être consommés. Chaque loi doit ainsi être prête à l’usage, c’est-à-dire à être appliquée concrètement.

Dix femmes autour d’un seul four

Une des conditions essentielles pour intégrer la parole de D.ieu est l’amour de D.ieu. On l’illustre par une autre malédiction : dix femmes cuiront leur pain dans un même four. On imagine les disputes qu’une telle promiscuité peut engendrer. Mais la bénédiction cachée est immense : les dix femmes figurent les dix forces de l’âme, le pain représente la Torah, et le four, le feu qui permet de cuire ce pain, n’est autre que l’amour de D.ieu. De même que le pain doit être cuit pour être digéré et assimilé par le corps, de même la Torah a besoin du feu de l’amour de D.ieu pour être « cuite », consommée, digérée et intégrée, jusqu’à devenir une partie de nous-mêmes.

« Ani LeDodi » : le mois d’Elloul et ses deux mouvements

Il existe deux manières de servir D.ieu : l’une va du bas vers le haut, l’autre du haut vers le bas. Ce double service est inscrit dans le mois d’Elloul, mois du bilan moral, dont le nom forme les initiales du verset Ani LeDodi VeDodi Li, « je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi ». Ani LeDodi désigne le travail de l’homme du bas vers le haut, l’effort qu’il doit accomplir par ses propres forces, forcément limitées. VeDodi Li évoque l’aide du Ciel qui lui répond. Avant même que l’homme n’entreprenne cet effort, il reçoit déjà une assistance : pendant Elloul, le Roi est dans les champs, et les treize attributs de miséricorde brillent tout au long du mois. Trois dimensions se dégagent alors du service divin : le travail de Dodi, du bas vers le haut, qui consiste avant tout à purifier le corps par l’accomplissement des Mitsvot ; le travail de Dodli, dévoilement des forces de l’âme, propre au jour du Chabbat, où D.ieu accorde à chaque Juif une Nechama Yetera, une âme supplémentaire ; et enfin l’union des deux.

Premier et second Temple, Tsadikim et Baalei Techouva

Le Rabbi a consacré une Si’ha à la différence entre les deux Temples. Le premier représente le travail des Tsadikim, un dévoilement de lumière du haut vers le bas. Le second figure le travail du Baal Techouva, du bas vers le haut. Et il insistait sur ce point capital : la Techouva vient de l’homme lui-même, et c’est là ce qui lui confère le pouvoir de transformer réellement sa nature. Un dévoilement venu d’en haut peut nous éveiller, nous inspirer, nous donner l’envie de nous transformer, mais il ne nous transforme pas. Seule l’action qui procède de nous-mêmes pénètre en profondeur et change véritablement nos Midot. C’est pourquoi les secondes Tables, que Moché tailla de sa propre main, ne pouvaient être brisées comme les premières : parce qu’elles provenaient de l’homme lui-même.

Moché et Rabbi Akiva, ou le talon qui enseigne à la tête

Le traité Mena’hot rapporte une scène saisissante. Moché surprit un jour D.ieu en train de dessiner des couronnes, les taguim, sur certaines lettres de la Torah, et Il lui en demanda le sens. D.ieu lui répondit qu’un sage nommé Rabbi Akiva viendrait longtemps après lui et tirerait de chacune de ces couronnes des montagnes de lois. Moché demanda à le voir. D.ieu lui dit de se retourner, et il se retrouva, transporté dans le temps, assis dans la salle où Rabbi Akiva enseignait à ses élèves. Moché ne comprenait rien au contenu du cours et en fut moralement effondré, jusqu’à ce qu’un élève interrogeât le maître sur la source de son enseignement, et que Rabbi Akiva réponde : c’est une loi transmise à Moché au Sinaï. Réconforté, Moché revint devant D.ieu et Lui demanda pourquoi la Torah n’avait pas été donnée par cet homme, tellement plus qualifié que lui. Et D.ieu de répondre : « Tais-toi, tel est Mon dessein. » Rabbi Akiva vient bien après Moché, et pourtant il est capable de l’instruire. Son nom même, Akiva, évoque le mot akev, le talon, la partie la plus basse du corps. Moché Rabbénou représente Roch Bné Israël, la tête ; Rabbi Akiva incarne le Baal Techouva par excellence, lui qui, grâce à son épouse Rachel, s’éleva des profondeurs jusqu’aux sommets. Ainsi le talon recèle une lumière d’une hauteur insoupçonnée. La Sefira de Mal’hout est comparée à la lune : aujourd’hui elle ne fait que recevoir sa lumière du soleil, mais dans les temps futurs elle deviendra aussi grande que lui et rayonnera de sa propre lumière. De même, l’épouse vertueuse reçoit aujourd’hui la lumière de son mari, mais elle deviendra un jour la couronne de son mari.

La génération du talon

Le Rabbi a enseigné que le talon est la partie la plus grossière et la plus insensible du corps. C’est aussi la seule qui puisse pénétrer dans l’eau bouillante là où la tête recule. Cette image désigne notre génération, celle du talon du Machia’h, capable justement de plonger dans l’eau bouillante, c’est-à-dire d’agir avec la force de la Messirout Nefech, le don total de soi.

Servir D.ieu dans la joie

Selon l’enseignement du Rabbi, la nécessité de servir D.ieu dans la joie n’est pas seulement une qualité propre au Hassid. C’est une obligation, un ordre de D.ieu, une Halakha du Rambam, quelque chose d’absolument essentiel. Même lorsque nous sommes confrontés au long labeur de la purification du corps et de l’âme animale, ce travail doit être accompli dans la Simcha. L’ensemble de la Torah et des Mitsvot vise à révéler le grand Nom de D.ieu, dévoilement de l’essence de la lumière infinie ; et pour dévoiler ce grand Nom dans le monde, il faut suivre les voies de D.ieu, ce qui ne peut s’accomplir qu’au moyen de la joie. Tous les dévoilements sont liés à la joie.

L’union des deux : quand l’essence de D.ieu pénètre l’homme

En quoi consiste la perfection ? Elle réside dans l’union de ces deux services, à accomplir chaque jour et simultanément : dévoiler les forces de l’âme par l’étude de la Torah, et purifier le corps par l’action des commandements. La perfection survient lorsque la lumière divine venue d’en haut, qui dépasse totalement l’homme, se dévoile jusqu’au plus profond de lui, au point de ne plus faire qu’un avec lui. Comment une lumière au-delà de toutes les limites peut-elle s’inscrire dans les limites de l’homme ? Tel est le sujet qui, inlassablement, traverse toutes les Si’hot du Dvar Malkhout. Le dévoilement le plus haut, c’est celui du Yech Amiti, l’essence de D.ieu, pénétrant le Yech Nivra, la réalité créée : l’essence divine, éternelle, au-delà du temps et de l’espace, venant se dévoiler dans l’homme au niveau le plus bas de son existence. Et ce dévoilement suprême commence par le alef du mot Ani, et par ces commandements que l’on foule du talon.

Une histoire au tombeau du Baal Chem Tov

Une histoire vécue éclaire tout cet enseignement. À Mézhibouje, sur le kever du Baal Chem Tov, des Juifs prient à toute heure du jour et de la nuit, dans une vitalité si ininterrompue que l’on peine parfois à savoir s’il fait jour ou nuit. Une nuit, un Juif faisant partie d’un groupe de pèlerins pria un compagnon d’approcher et de se faire témoin. Devant la tombe sainte, il prononça un vœu : celui de réciter, chaque fois qu’il sortirait des toilettes, la bénédiction Acher Yatsar. On aurait pu s’attendre, en un tel lieu, à ce qu’un homme implore des enfants ou un mariage. Et voilà qu’un Juif demandait la force et la volonté d’accomplir cette bénédiction en apparence si modeste. C’est exactement ce que le Rabbi enseigne : on atteint les niveaux les plus élevés du dévoilement divin en commençant par le alef du mot Ani, par ces petits commandements que l’on croit moins importants que les autres. Ce Juif était parti d’Israël, avait voyagé des nuits entières pour venir demander la force d’une simple bénédiction, et l’on peut être certain qu’il est allé bien plus loin encore qu’il ne l’imaginait.

Puisse le Machia’h se dévoiler immédiatement.
 

Barouh Dayan Haemet : Reb Daniel Meyer ז’ל a quitté ce monde le 16 Av 5786

Barouh Dayan Haemet : Reb Daniel Meyer ז’ל a quitté ce monde le 16 Av 5786

 

La communauté juive de Nice est plongée dans la tristesse après le départ soudain de Reb Daniel Meyer a’h, fidèle Hassid Habad de la ville. Figure connue et respectée, il veillait depuis des années sur la Cacherout de la ville, garantissant à ses habitants une table fidèle à la loi de la Torah. Il laisse une épouse, trois enfants et de nombreux petits-enfants, tandis que la communauté se mobilise pour lui rendre un dernier hommage.

 

 

C’est avec une profonde émotion que la communauté juive de Nice a appris le départ brutal de Reb Daniel Meyer, de regrettée mémoire, fidèle Hassid Habad de la ville. Sa disparition soudaine a laissé sous le choc tous ceux qui le côtoyaient, tant sa présence discrète et fidèle faisait partie du quotidien de la vie juive niçoise. Chacun garde le souvenir d’un homme droit, dévoué et profondément attaché à sa communauté et à sa foi.

Un homme au service de la Cacherout

Beaucoup le connaissaient avant tout pour la fonction qu’il occupait au cœur de la communauté : il était Machguia’h Cacherout, surveillant de la Cacherout à Nice. Jour après jour, il veillait avec rigueur et dévouement à ce que la nourriture consommée par ses coreligionnaires respecte scrupuleusement les exigences de la loi juive. Ce rôle, souvent accompli dans l’ombre, exige une intégrité sans faille et une vigilance de chaque instant, et il l’assumait avec une conscience qui inspirait le respect de tous.

Une famille dans la peine

Père de trois enfants et grand-père comblé de plusieurs petits-enfants, il laisse aujourd’hui derrière lui une épouse et des enfants plongés dans le deuil. Autour d’eux, c’est toute une communauté qui partage leur douleur et se tient à leurs côtés en ces heures difficiles.

Un appel à la solidarité

Afin de permettre à la famille de faire face aux frais d’enterrement et de transport, un appel à la générosité de chacun est lancé. Accompagner un défunt vers sa dernière demeure et soutenir sa famille endeuillée constitue une grande Mitsva, un acte de bonté véritable envers celui qui n’est plus. Que chacun prenne part, selon ses moyens, à cette œuvre de Tsedaka, et puisse le mérite de cette bonté apporter réconfort et consolation à ceux qui restent.

JE SOUTIEN

 

Les funérailles auront lieu
Samedi soir, 1ᵉʳ août 2026 (19 Av 5786), à 00h00 (minuit)
📍Cimetière de Kiryat Gat
11, rue Israël Polak, Kiryat Gat
Carré Chomré Chabbat

Que le Tout-Puissant apporte réconfort à la famille parmi les endeuillés de Sion et de Jérusalem.

ברוך דיין האמת
ר’ דניאל בן ר’ שמעון מייאר ז »ל
מאנ »ש חב »ד ניס, צרפת

הלווייתו תתקיים
במוצאי שבת, י״ט במנחם־אב תשפ״ו
בשעה 00:00 (חצות הלילה)
📍 בית העלמין קריית גת
רחוב ישראל פולק 11, קריית גת
בחלקת שומרי שבת

המקום ינחם את המשפחה בתוך שאר אבלי ציון וירושלים.
והקיצו ורננו שוכני עפר, והוא בתוכם, עם ביאת משיח צדקנו במהרה בימינו, אמן.

Un million de dollars pour un million de silences dans les synagogues

Un million de dollars pour un million de silences dans les synagogues

 

Une initiative mondiale ambitionne de réunir un million d’engagements à ne plus parler durant la prière. Chaque participant devient éligible à un prix d’un million de dollars destiné à financer un projet d’envergure pour sa synagogue. Derrière ce défi hors norme se cache un combat ancien : rendre à la prière le silence et la sainteté qui lui reviennent.

 

 

 

Un million de Juifs sont invités à prendre une hachlata, une résolution d’une simplicité désarmante : ne plus parler pendant la prière.

Un million d’engagements pour la sainteté de la prière

Le Keren Tosfot Yom Tov a lancé « The Power of a Million » (La force du million), une initiative mondiale visant à recueillir un million d’engagements afin de renforcer la Kedoushat HaTefila, la sainteté de la prière. Chaque participant devient éligible à un prix d’un million de dollars au bénéfice de sa synagogue, une somme qui pourrait financer des travaux de rénovation, un Sefer Torah, un Mikvé ou tout autre projet d’ampleur.

Un mouvement international né d’une vision

Cette initiative figure parmi les vastes projets communautaires soutenus par le philanthrope Yoeli Landau, qui a fait du Keren Tosfot Yom Tov un mouvement international dédié à la promotion du silence durant la prière et la lecture de la Torah, la Kriat HaTorah. L’organisation a même lancé une publication en yiddish enseignant à quelque cinquante mille enfants la conduite qui convient à la synagogue.

Des avions affrétés vers Cracovie

Le Keren Tosfot Yom Tov a déjà su associer son message à des récompenses spectaculaires. En 2023, des centaines de gabbaïm et de gagnants de tombolas s’étaient envolés à bord d’avions spécialement affrétés vers Cracovie, après que les synagogues participantes eurent réuni les engagements à ne pas parler pendant la prière.

La bénédiction du Tosfot Yom Tov

Le célèbre Mi Chébérah composé par le Tosfot Yom Tov implore D.ieu de bénir « tous ceux qui gardent leur bouche et leur langue de toute parole durant la prière et la lecture de la Torah ». Il se poursuit par de puissantes bénédictions, appelant la protection contre le malheur et la maladie, et des enfants qui grandiront vers la Torah, la ‘Houppa et les bonnes actions.

Les paroles tranchantes du Rabbi

Le Rabbi aborda la question sans détour lors d’un Farbrenguen, le Chabbat de la Parachat Behaalotékha 5727 (1967). « Faut-il vraiment prononcer des paroles vaines précisément pendant la prière ?! » interrogea le Rabbi. « Prends cinq minutes de bavardage sur le temps que tu consacres à lire le journal ou à traiter tes affaires, mais pas durant la prière. »

L’année suivante, en 5728 (1968), lors d’un autre Farbrenguen, le Rabbi déclara qu’il fallait éveiller les gens à ne pas prononcer de paroles vaines à la synagogue, tout particulièrement pendant la prière et la lecture de la Torah, en appelant à un soin accru dans la réponse Barouh Hou ouvarouh Chemo et Amen.

Une réponse aux épreuves de Crown Heights

Entre toutes les explications possibles, le Rabbi désigna l’amélioration du respect dû à la prière. Lorsque plusieurs tragédies frappèrent Crown Heights vers la fin des années 5730 (fin des années 1970), Rav Its’hak Ushpal, alors à la tête de la ‘Hevra Kaddicha, demanda au Rabbi ce qui devait changer. Le Rabbi répondit que le point qui devait être corrigé, c’étaient les bavardages à la synagogue pendant la prière.

Le respect de la synagogue, une instruction ancienne

Il y a près de vingt ans, le Merkaz Anash lançait l’initiative « Shul Respect » afin d’introduire les instructions de nos Rabbis dans les synagogues Habad. Le projet publia un élégant fascicule, « You Shall Revere My Sanctuary » (Vous révérerez Mon sanctuaire), rassemblant des citations de nos Rabbis sur la sainteté d’une synagogue et la conduite à observer durant la prière. Les documents mettaient en lumière l’appel de l’Admour Haemtsaï, invitant chaque minyan à adopter une ferme résolution communautaire contre les bavardages et à désigner une personne chargée d’en garantir le respect.

Postville : un incendie d’une rare intensité ravage l’abbatoir fondé par les Rubashkin

Postville : un incendie d’une rare intensité ravage l’abbatoir fondé par les Rubashkin

Les pompiers sont intervenus tôt mardi matin pour combattre un violent incendie à l’abattoir de viande Agri Star Meat & Poultry plant, à Postville, dans l’Iowa, l’ancien site d’Agriprocessors fondé par la famille Rubashkin. Le brasier, d’une rare intensité, a plongé de nombreuses familles d’Anash de Postville dans l’inquiétude quant à l’avenir de l’établissement. La parnassa de centaines de travailleurs locaux se trouve aujourd’hui suspendue au sort de cet abattoir.

 

 

Un violent incendie signalé à l’aube

Les pompiers et les services de secours sont intervenus tôt dans la matinée de mardi pour combattre un important incendie à l’abattoir de viande et de volaille Agri Star, à Postville, dans l’Iowa, après que de la fumée eut été aperçue s’échappant de ce vaste complexe de transformation cachère.

L’alerte a été donnée peu après quatre heures du matin, une épaisse fumée s’élevant au-dessus du site tandis que les équipes de plusieurs casernes de la région affluaient pour maîtriser les flammes. Un employé de l’établissement a confirmé que les secours étaient à pied d’œuvre sur les lieux, sans que les autorités aient pu, à ce stade, préciser l’origine du sinistre ni l’ampleur des dégâts.

Pour l’heure, aucun blessé, aucune évacuation ni estimation significative des dommages n’a été confirmé. Les autorités n’ont pas davantage communiqué sur les causes du départ de feu.

Une communauté suspendue à l’avenir de l’abattoir

« C’est un incendie très violent, et les gens sont extrêmement inquiets quant au sort de l’abattoir », a confié le Chalia’h Rav Aharon Schimmel . « Beaucoup de personnes dans la région dépendent de cet établissement pour leur parnassa, et l’angoisse est grande parmi les travailleurs et leurs familles à l’idée de ce que cela pourrait signifier pour leur subsistance. »

Agri Star, propriété de Hershey Friedman, fait vivre des centaines d’employés, parmi lesquels des habitants de la localité et des abatteurs rituels.

Un long héritage dans l’industrie cachère

L’établissement possède une longue histoire dans le secteur de l’alimentation cachère. Fondé il y a plus de trois décennies sous le nom d’Agriprocessors par Reb Avraham Aharon Rubashkin, de regrettée mémoire, il fut exploité par ce dernier aux côtés de son fils, Reb Cholom Mordekhaï Rubashkin, jusqu’à devenir la plus grande entreprise de transformation de viande cachère des États-Unis, approvisionnant en viande et en volaille cachères les communautés de tout le pays.

À la suite du tristement célèbre raid fédéral mené contre Agriprocessors, puis des procédures judiciaires qui visèrent Reb Cholom Mordekhaï Rubashkin, l’abattoir finit par changer de propriétaire et poursuivit son activité sous le nom d’Agri Star.

Les autorités continuent de suivre l’évolution de la situation, tandis que les secours demeurent sur place et enquêtent sur les causes de l’incendie.

 

 

les filles de Jérusalem sortaient danser dans les vignes : pourquoi Tou Beav est le plus grand jour de joie d’Israël

les filles de Jérusalem sortaient danser dans les vignes : pourquoi Tou Beav est le plus grand jour de joie d’Israël

 

Quelques jours après le deuil de Ticha Beav, le calendrier juif bascule vers l’une de ses journées les plus lumineuses. Le quinze du mois d’Av, les filles de Jérusalem sortaient danser dans les vignes, vêtues de blanc et toutes égales, tandis qu’Israël célébrait de multiples raisons de se réjouir. Derrière un geste en apparence anodin, l’arrêt de la coupe du bois pour l’autel, se cache pourtant le secret le plus profond de cette joie.

 

 

Rav Menahem Altabé

 

Un jour de joie né au lendemain du deuil

Il y a quelques jours, nous avons observé Ticha Beav, le neuvième jour du mois d’Av, date de la destruction du premier et du second Temple. Aujourd’hui, nous célébrons Tou Beav, le quinzième jour de ce même mois, un grand jour de joie. La Michna enseigne qu’il n’y eut pas de plus beaux jours pour le peuple d’Israël que le quinze Av et Yom Kippour : ces jours-là, les filles de Jérusalem sortaient danser dans les vignes, et celui qui n’avait pas encore d’épouse s’y rendait pour trouver la sienne. Elles ne dansaient pas parce que c’était un jour de joie ; c’est au contraire parce que ce jour rayonnait déjà de joie que les jeunes filles allaient danser.

Pourquoi une telle joie ? Le Talmud en donne plusieurs raisons, que nous allons parcourir.

Les Juifs cessent de mourir dans le désert

Lorsque les enfants d’Israël sortirent d’Égypte, avant d’entrer en Terre sainte, ils demandèrent que l’on envoyât des explorateurs. Ceux-ci revinrent en affirmant que le pays était peuplé de géants trop puissants pour être vaincus, et le peuple se mit à pleurer, persuadé de ne jamais pouvoir entrer en Terre d’Israël. Cela se produisit le neuf Av. Ce jour-là, D.ieu décréta que cette génération resterait quarante ans dans le désert et que les six cent mille hommes âgés de vingt à soixante ans y mourraient.

Chaque année, quinze mille d’entre eux périssaient. La veille du neuf Av, chacun creusait sa tombe, s’y étendait pour dormir sans savoir s’il se réveillerait, et au matin quinze mille hommes étaient morts tandis que les autres demeuraient en vie. La quarantième année, il ne restait plus que quinze mille hommes voués à mourir. Ils descendirent dans leurs tombes le neuf Av, et se réveillèrent vivants le lendemain, puis chaque matin suivant. Ils crurent d’abord s’être trompés dans le calcul du calendrier, mais lorsqu’ils virent la pleine lune du quinze Av, ils comprirent que D.ieu les avait épargnés.

Les filles héritières libres d’épouser toutes les tribus

Lorsque les enfants d’Israël entrèrent en Terre sainte, afin d’éviter tout mélange des territoires entre les tribus, une fille sans frère, qui héritait donc de son père, ne pouvait se marier qu’au sein de sa propre tribu. Si une héritière de la tribu de Réouven épousait un homme de la tribu de Chimon, le territoire de Réouven passait à celui de Chimon. C’est la raison pour laquelle toutes les filles sans frère devaient se marier uniquement à l’intérieur de leur tribu.

Un autre décret pesait sur la tribu de Binyamin. À la suite des faits rapportés dans le livre des Juges, aux chapitres dix-neuf et vingt, les enfants d’Israël s’étaient engagés à ne pas donner leurs filles en mariage aux hommes de cette tribu. Des années plus tard, un quinze Av, ces deux décrets furent abolis : désormais, les filles d’Israël pouvaient s’unir à toutes les tribus, y compris à celle de Binyamin. Un jour de joie.

La route de Jérusalem à nouveau ouverte

Pour comprendre la raison suivante, il faut se souvenir de David, de son fils Salomon, puis de son petit-fils Re’havam, qui régna après lui. À la suite d’un différend, dix tribus se séparèrent pour suivre un autre roi, Yérovam, ne laissant que deux tribus attachées à la dynastie de David à Jérusalem.

Or la Torah ordonne de monter trois fois par an à Jérusalem, où régnait la lignée de David. Craignant que ses sujets, en montant à la ville, ne se rallient à l’autre roi, Yérovam fit dresser des barrages sur les routes pour empêcher le peuple d’y accéder. Bien des années plus tard, l’un de ses descendants, Ochéa ben Éla, retira ces barrages et proclama que quiconque le désirait pouvait de nouveau monter à Jérusalem. C’était un quinze Av.

Les morts de Bétar enfin ensevelis

Cinquante-deux ans après la destruction du Temple, Bar Kokhba se révolta contre les Romains. Ceux-ci dépêchèrent une armée immense, assiégèrent Jérusalem, puis poursuivirent le siège de la ville de Bétar, où Bar Kokhba et ses hommes s’étaient réfugiés. Après trois ans et demi, la ville tomba entre les mains des Romains.

Non contents de leur victoire, ceux-ci refusèrent d’ensevelir les morts. Leur chef, Adrianos, fit même dresser les corps en clôture autour de son domaine. Ce n’est que bien des années plus tard, un quinze Av, qu’un autre dirigeant accorda enfin l’autorisation de les enterrer ; et l’on découvrit alors que les corps ne s’étaient pas décomposés. Là encore, un motif de joie.

Le jour où l’on brisait les haches

Nous arrivons à l’opinion sur laquelle nous nous arrêterons aujourd’hui, celle de Rabba et de Rav Yossef. Selon eux, la raison essentielle de la joie du quinze Av tient à ce que, ce jour-là, on cessait de couper le bois destiné au Mizbéa’h, l’autel sur lequel étaient offerts les sacrifices. À partir du quinze Av, le soleil décline et perd de sa force ; le bois coupé ensuite conserve davantage d’humidité et risque d’être atteint de vers, ce qui le rend impropre à l’autel. L’achèvement de cette grande Mitsva était un motif de réjouissance.

Ce jour où l’on cessait de couper le bois était si important qu’on lui donna un nom particulier : Yom Tevar Maguel, le jour où l’on brisait les haches qui servaient à couper le bois.

La véritable raison : réparer la haine gratuite

Récapitulons. Les Juifs furent épargnés la dernière année et quinze mille hommes restèrent en vie ; les filles d’Israël purent épouser toutes les tribus ; le peuple put de nouveau monter à Jérusalem ; les morts de Bétar furent enfin ensevelis. Autant de raisons de se réjouir. Mais la raison présentée comme essentielle, l’arrêt de la coupe du bois, paraît à première vue bien modeste pour justifier une si grande joie, d’autant qu’on cessait de couper le bois simplement parce qu’il n’était plus possible de le faire. Pourquoi en faire tout un événement, au point de briser les haches et de donner à ce jour un nom singulier ? Détruire des outils que D.ieu nous a donnés n’est d’ailleurs pas anodin.

L’explication est la suivante : le quinze Av vient réparer le neuf Av. Le premier et le second Temple furent détruits à cause de la haine gratuite, la sinat ‘hinam. Les Juifs étudiaient la Torah et pratiquaient la charité, mais l’amour manquait, et la haine gratuite régnait. Lorsque vient le quinze Av, on vient réparer ce qui s’est produit le neuf Av et corriger la cause même de la destruction : en ajoutant dans l’amour gratuit, et en faisant tout pour que le Temple soit reconstruit.

Couper du bois, un acte d’amour du prochain

C’est précisément ce qu’exprimait la coupe du bois pour l’autel. Celui qui coupait ce bois ne l’offrait pas pour son propre sacrifice, mais pour que d’autres s’en servent, y compris pour les sacrifices communautaires et même pour des Juifs qu’il ne connaissait pas et qui ignoraient l’identité du donateur. On retrouve ici le degré le plus élevé de la Tsedaka, celui où le donateur ignore à qui il donne et le bénéficiaire ignore de qui il reçoit. Même celui qui apportait un sacrifice expiatoire recevait ce bois de tout cœur.

Et lorsque venait le quinze Av, ce bois prenait une valeur bien plus grande, car il devenait difficile à trouver ; l’offrir malgré tout constituait un acte d’amour du prochain extraordinaire. Cette charité se prolongeait d’ailleurs sur plusieurs mois, car jusqu’au mois de Nissan on ne pouvait plus couper de bois : chaque jour, d’autres Juifs bénéficiaient du bois déjà coupé et offert.

Briser le fer pour bâtir l’éternel

De là découle un second enseignement. Selon le Rambam, le but essentiel de la construction du Temple est de disposer d’un lieu où offrir les sacrifices. Or, en offrant du bois, on rend précisément ce service possible. Ainsi la cause de la destruction, la haine gratuite, se trouve annulée par l’amour du prochain, et s’ouvre la possibilité de bâtir le Temple et de lui faire accomplir sa fonction. C’est l’unité du peuple juif, la a’hdout, qui se trouve tout particulièrement soulignée dans ce service.

Voilà aussi pourquoi l’on brisait les haches. La Michna enseigne qu’aucun fer ne devait paraître dans le Temple, car le fer fut créé pour raccourcir la vie de l’homme, tandis que l’autel fut créé pour la prolonger : deux réalités contradictoires. Lorsque vient un jour où l’on ajoute dans l’union entre les Juifs et où l’on fait tout pour que le Temple existe, toutes les forces négatives s’effacent. Tant que la hache sert le Temple, on la conserve ; dès qu’elle ne sert plus, on en retranche la part négative. En brisant la hache, on annule la possibilité même de la destruction du Temple. Telle est la force de l’union d’Israël, qui fait exister le Temple pour l’éternité.

Toutes égales dans la ronde

C’est la raison pour laquelle, ce jour-là, les filles de Jérusalem sortaient danser ensemble. Toutes les catégories s’y mêlaient : les belles et les moins belles, les filles de familles nobles et celles de familles simples, sans aucune différence. Elles se vêtaient toutes d’une même couleur, un blanc neutre, égal pour toutes.

Bien plus, chacune empruntait le vêtement d’une jeune fille de rang inférieur au sien, afin que nulle ne fût embarrassée. La fille du roi revêtait l’habit blanc de la fille du Cohen Gadol, le grand prêtre ; la fille du grand prêtre, celui de la fille du Segan, son adjoint ; et ainsi de suite, jusqu’à la fille d’un simple Juif. Chacune partageait avec l’autre : c’était le jour de l’unité par excellence.

La ronde des justes autour de D.ieu

Cela correspond à la conclusion que le Talmud enseigne dans le traité Taanit : D.ieu formera une ronde pour tous les justes, tous les Tsadikim, car tous les Juifs sont justes dans le Gan Eden. La ronde exprime l’idée que nul n’est ni au commencement ni à la fin : tous sont exactement égaux, et D.ieu se tiendra au milieu. On pourra alors briser tout le négatif, briser le fer, briser tout ce qui abîme la vie ; au contraire, ce sera une longue vie, la résurrection, la vie éternelle offerte à tous.

Comme l’enseigne la Michna, on dira à ce moment-là : « Voici », et l’on pourra montrer D.ieu du doigt au sein de cette ronde, en Le désignant comme Celui que l’on a espéré jusqu’à présent.

Le Talmud conclut : à partir de Tou Beav, celui qui ajoute dans l’étude de la Torah, en particulier la nuit, D.ieu lui accorde une longue vie. Puisse-t-elle être donnée à chacun, une longue vie en bonne santé, avec tout le nécessaire, et puissions-nous très prochainement accomplir la parole du prophète et monter à Jérusalem avec Machia’h. 

 

 

 

 

Sept raisons pour lesquelles le 15 Av est considéré comme un jour de fête

Sept raisons pour lesquelles le 15 Av est considéré comme un jour de fête

לא היו ימים טובים לישראל
כחמישה עשר באב וכיום הכפורים

« Il n’y avait pas de jours meilleurs pour Israël
que le 15 Av et Yom Kippour »

 

Avant la destruction du Temple, le 15 Av était un ‘jour de fête’, comme il est dit dans le Talmud (Taanit 31) : « Rabbi Shimon ben Gamliel a dit : Il n’y avait pas de jours meilleurs pour Israël que le 15 Av et Yom Kippour, car en ces jours les filles de Jérusalem sortaient vêtues de blanc emprunté, afin de ne pas faire honte à celles qui n’en avaient pas, et les filles de Jérusalem sortaient et dansaient dans les vignes, et que disaient-elles ? ‘Jeune homme, lève donc tes yeux et regarde ce que tu choisis ! Ne fixe pas ton regard sur la beauté, mais sur la famille. La grâce est trompeuse et la beauté est vaine, la femme qui craint l’Éternel est celle qui sera louée.' »

En ces jours-là, comme mentionné, on observait la coutume d’un ‘jour de fête’. La saison de la moisson était terminée, le grain avait déjà été rassemblé dans les granges, les fruits aussi avaient été cueillis et stockés dans les entrepôts, et avec gratitude, nos ancêtres étaient maintenant libres de se consacrer à l’étude de la Torah, jour et nuit, comme le dit la Guemara dans le traité Taanit : « À partir de maintenant, celui qui ajoute – ajoutera », et Rashi explique : « Celui qui ajoute des nuits aux jours pour s’engager dans la Torah – ajoutera de la vie à sa vie. »

Depuis la destruction du Temple, on observe le 15 Av comme un demi-jour de fête et on ne dit pas de Tahanun (prières de supplication). C’est un jour approprié pour se réunir et prendre de bonnes résolutions – pour ajouter à l’étude de la Torah, pour ouvrir de nouvelles classes d’étude et renforcer celles qui existent.

Les sept raisons pour lesquelles le 15 Av est considéré comme un jour de fête

1 – « Rabbi Shimon ben Gamliel a dit : Il n’y avait pas de jours meilleurs pour Israël que le 15 Av et Yom Kippour, car en ces jours les filles de Jérusalem sortaient vêtues de blanc emprunté, afin de ne pas faire honte à celles qui n’en avaient pas. » (Taanit 30b, Baba Batra 121a).

2 –  « Rav Yehuda a dit au nom de Shmuel : C’est le jour où les tribus ont été autorisées à se marier entre elles » (Taanit ibid).

  •  C’est le jour où les tribus ont été autorisées à se marier entre elles, car depuis l’époque de Moïse, une fille héritant d’une propriété de la tribu de son père ne pouvait se marier qu’à un homme de sa tribu, afin que l’héritage ne passe pas d’une tribu à une autre, et le 15 Av, cela a été autorisé.

3 –  « Rav Yossef a dit au nom de Rav Nahman : C’est le jour où la tribu de Benjamin a été autorisée à entrer dans l’assemblée » (Taanit ibid).

  • À l’époque de la concubine de Guivea (Juges 19-21), les Israélites avaient juré à Mitzpa en disant (ibid. 21:1) : « Aucun d’entre nous ne donnera sa fille en mariage à Benjamin », en raison de la honte que Benjamin avait causée avec la concubine de Guivea. Ces deux interdictions, bien qu’elles aient été faites selon la Torah et le commandement, étaient difficiles pour Israël, c’est pourquoi ils ont eu une grande joie le jour où elles ont été levées.

4 – « Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yohanan : C’est le jour où ceux qui devaient mourir dans le désert ont cessé de mourir » (Taanit ibid).

  • Les 600 000 Israélites sur lesquels avait été décrété « Dans ce désert ils périront et y mourront » (Nombres 14:35), et 15 000 d’entre eux mouraient chaque 9 Av. Les 15 000 derniers ont aussi creusé leurs tombes et s’y sont couchés la nuit du 9 Av, mais Dieu leur a pardonné car ils étaient les derniers et ont été séparés pour la vie. Cependant, le matin du 9 Av, quand ils se sont levés, ils ne savaient pas encore qu’ils avaient été séparés pour la vie et pensaient qu’ils s’étaient peut-être trompés dans le calcul, alors ils sont retournés dans leurs tombes pendant encore cinq nuits. Quand le 15 Av est arrivé et qu’ils ont vu la pleine lune, ils ont compris que le décret avait été annulé pour eux et ils ont fait du 15 Av un jour de fête (Midrash Eicha et Baba Batra 121b).

5 – « Ulla a dit : C’est le jour où Hoshea ben Ela a supprimé les postes de garde que Jéroboam ben Nevat avait placés ».

  • Après la division du royaume d’Israël, Jéroboam ben Nevat, premier roi du royaume du Nord, craignait que ses sujets ne restent fidèles à Jérusalem. Pour consolider son pouvoir, il établit des centres de culte alternatifs à Dan et Béthel, et plaça des barrages sur les routes menant à Jérusalem pour empêcher les pèlerinages.
    Cette action eut des conséquences graves, creusant le fossé religieux et culturel entre les royaumes du Nord et du Sud. Des générations plus tard, Hoshea ben Ela, dernier roi du Nord, supprima ces barrages le 15 Av.
    Cet acte symbolisa une réunification spirituelle, permettant aux gens de reprendre librement le pèlerinage à Jérusalem. Le 15 Av devint ainsi un jour de célébration, marquant la restauration de la liberté de culte et la possibilité de guérir les anciennes divisions au sein du peuple juif.

6 –  « Rav Matana a dit : C’est le jour où les morts de Beitar ont été autorisés à être enterrés » (ibid).

  • Cette raison fait référence à un épisode tragique de l’histoire juive, connu sous le nom de la chute de Beitar. Beitar était une forteresse juive qui a été le dernier bastion de la révolte de Bar Kokhba contre l’Empire romain, sous le règne de l’empereur Hadrien, en l’an 135 de notre ère.
    Après un siège prolongé, les Romains ont finalement pris Beitar. La répression qui a suivi a été extrêmement brutale. Des milliers de Juifs, y compris des femmes et des enfants, ont été massacrés.
    Le décret d’Hadrien : Dans un acte de cruauté supplémentaire, l’empereur Hadrien a décrété que les corps des Juifs tués ne devaient pas être enterrés. C’était une punition particulièrement sévère dans la tradition juive, où l’enterrement rapide est considéré comme un acte de respect et de dignité envers les morts.
    Sept années d’attente : Pendant sept ans, les corps sont restés sans sépulture, ce qui était une source de grande détresse pour la communauté juive survivante.
    Le nouveau décret : Après sept ans, un nouveau dirigeant romain (probablement Antonin le Pieux, successeur d’Hadrien) est monté sur le trône. Il a annulé le décret d’Hadrien et a permis l’enterrement des victimes de Beitar.
    Le miracle : La tradition rabbinique rapporte que malgré les sept années d’exposition, les corps n’avaient pas décomposé, ce qui a été considéré comme un miracle.
    Le 15 Av : L’autorisation d’enterrer les morts a été donnée le 15 du mois d’Av, ce qui a ajouté une signification supplémentaire à cette date dans le calendrier juif.

7 – « Rabba et Rav Yossef ont tous deux dit : C’est le jour où ils ont cessé de couper du bois pour l’autel » (Taanit ibid).

  •  Car ils coupaient du bois pour alimenter le feu de l’autel dans le Temple, et ils le faisaient pendant toute la période estivale jusqu’au 15 Av, car à partir du 15, la force du soleil diminue, et il ne sèche pas rapidement le bois coupé, et des vers y entrent et le rendent impropre pour l’autel. Par conséquent, le jour où ils accomplissaient cette mitzva, ils en faisaient un jour de joie et l’appelaient ‘le jour de la rupture de la faucille’ – c’est-à-dire le jour où l’on brisait les faucilles et les haches.
  • La raison pour laquelle ils en ont fait un jour de fête le jour de l’achèvement de la coupe du bois : Parce que maintenant ils pouvaient se consacrer davantage à l’étude de la Torah, n’étant plus occupés à couper du bois (Rabbenu Gershom Meor HaGolah Baba Batra 121b s.v. Yom ShePasku).
  • Parce que ce jour-là, ils accomplissaient une si grande mitzva, et l’accomplissement d’une mitzva est une cause de joie (Rashbam ibid 121b s.v. Birkat HaTov VeHaMeitiv MiNisan).